A me lire, vous pouvez me trouver extrêmement sévère, voire injuste, pour nos hommes politiques.
Au fil de mes messages, vous trouvez les qualificatifs suivants : lâches, pusillanimes, incompétents, paresseux, parasites, velléitaires.
Mais c'est qu'ils ne sont pas soumis à la norme commune, puisqu'ils veulent être plus haut dans la société, il est normal qu'ils soient jugés autrement que le commun.
Une fois de plus, je laisse parler Montaigne :
A ceux qui nous regissent et commandent, qui tiennent le monde en leur main, ce n'est pas assez d'avoir un entendement commun : de pouvoir ce que nous pouvons. Ils sont bien loing au dessoubs de nous, s'ils ne sont bien loing au dessus. Comme ils promettent plus, ils doivent aussi plus.
La seule limite à cette sévérité : nous savons que nous sommes tous des hommes, donc imparfaits et impurs. L'illusion de la perfection et de la pureté conduit au fascisme et à la dictature.
L'impureté est démocratique, tout est une question de seuil. Clémenceau le formulait ainsi :
La politique, c'est comme l'andouillette : ça doit sentir la merde, mais pas trop.
J'ai l'odorat sensible.
lundi, janvier 31, 2005
Cinéma : Aviator
FFF
Pas mal. Bien filmé. Di Caprio a des allures de Welles dans Citizen Kane. Quelques longueurs (sur 2 h 45, il ya bien un quart d'heure en trop).
Subtil jeu sur les couleurs : terne, presque noir et blanc au début, contrasté avec les progrès du technicolor.
Ce n'est pas un film de génie mais les bons moments se succèdent.
Une réplique d'anthologie quand Hugues lance à Katherine Hepburn avec un mépris absolu : "N'oublie pas que tu n'es qu'une star de cinéma."
Hugues à la famille Hepburn (gauchiste, filmée de manière cinglante) : "Si vous méprisez tant l'argent, c'est que vous en avez déjà." (ça irait assez bien à nos socialistes parisiens)
L'accident d'avion, le record de vitesse, Hollywood des années 30, les obsessions de Hugues.
Et une vision de politique américaine qui fait les passages les plus intéressants du film.
Un film foisonnant et une bonne détente.
Pas mal. Bien filmé. Di Caprio a des allures de Welles dans Citizen Kane. Quelques longueurs (sur 2 h 45, il ya bien un quart d'heure en trop).
Subtil jeu sur les couleurs : terne, presque noir et blanc au début, contrasté avec les progrès du technicolor.
Ce n'est pas un film de génie mais les bons moments se succèdent.
Une réplique d'anthologie quand Hugues lance à Katherine Hepburn avec un mépris absolu : "N'oublie pas que tu n'es qu'une star de cinéma."
Hugues à la famille Hepburn (gauchiste, filmée de manière cinglante) : "Si vous méprisez tant l'argent, c'est que vous en avez déjà." (ça irait assez bien à nos socialistes parisiens)
L'accident d'avion, le record de vitesse, Hollywood des années 30, les obsessions de Hugues.
Et une vision de politique américaine qui fait les passages les plus intéressants du film.
Un film foisonnant et une bonne détente.
27 heures ?
Résumé :
Le commissaire Maigret a dû tirer quelques furieuses bouffées à la lecture de l'enquête publiée par « Le Figaro » sur la durée effective du travail dans la police. Loin des 35 heures légales, celle-ci serait de 27 heures. « Damned » ! Comment est-ce possible ?
Un scénario exactement identique s'était produit en janvier 1999 lorsqu'un honorable conseiller à la Cour des comptes, M. Roché, avait publié un rapport très documenté sur la durée réelle du travail des divers corps de fonctionnaires et duquel il ressortait notamment que les policiers travaillaient 32 h 40 min par semaine. Les mêmes cris offensés avaient recouvert les chiffres d'alors et le funeste rapport avait rejoint la poussière sur une étagère.
Le plus consternant dans cette affaire n'est pas le psychodrame ridicule auquel elle a donné lieu ; c'est qu'elle a révélé que personne n'était capable de fournir le moindre chiffre fiable. Elle a en quelque sorte confirmé les déclarations fracassantes de Claude Allègre, alors ministre de l'Education nationale, avouant avec une fausse ingénuité qu'il ignorait, à plusieurs milliers d'unités près, le nombre de fonctionnaires de son ministère. Quelle grande entreprise privée confrontée à une concurrence acharnée pourrait être gérée de la sorte ? Aucune ! Entre 35 et 27 heures, il y a un écart de 29 %. Dans l'univers concurrentiel, de nombreux marchés se jouent sur des marges de 2 % à 3 %. L'Etat se permet des incertitudes dix fois supérieures. C'est cela aussi, et peut-être d'abord, la crise de l'Etat.
27 heures ?
Le commissaire Maigret a dû tirer quelques furieuses bouffées à la lecture de l'enquête publiée par « Le Figaro » sur la durée effective du travail dans la police. Loin des 35 heures légales, celle-ci serait de 27 heures. « Damned » ! Comment est-ce possible ?
Un scénario exactement identique s'était produit en janvier 1999 lorsqu'un honorable conseiller à la Cour des comptes, M. Roché, avait publié un rapport très documenté sur la durée réelle du travail des divers corps de fonctionnaires et duquel il ressortait notamment que les policiers travaillaient 32 h 40 min par semaine. Les mêmes cris offensés avaient recouvert les chiffres d'alors et le funeste rapport avait rejoint la poussière sur une étagère.
Le plus consternant dans cette affaire n'est pas le psychodrame ridicule auquel elle a donné lieu ; c'est qu'elle a révélé que personne n'était capable de fournir le moindre chiffre fiable. Elle a en quelque sorte confirmé les déclarations fracassantes de Claude Allègre, alors ministre de l'Education nationale, avouant avec une fausse ingénuité qu'il ignorait, à plusieurs milliers d'unités près, le nombre de fonctionnaires de son ministère. Quelle grande entreprise privée confrontée à une concurrence acharnée pourrait être gérée de la sorte ? Aucune ! Entre 35 et 27 heures, il y a un écart de 29 %. Dans l'univers concurrentiel, de nombreux marchés se jouent sur des marges de 2 % à 3 %. L'Etat se permet des incertitudes dix fois supérieures. C'est cela aussi, et peut-être d'abord, la crise de l'Etat.
27 heures ?
La trouille des profs et des bidasses
Une des raisons pour lesquelles le gouvernement ne tient pas son objectif de taux de remplacement de départ à la retraite est qu'il n'ose pas toucher à l'Education Nationale et à l'armée, les deux plus gros employeurs publics.
Pour l'armée, la question est vite réglée : l'armée britannique, comparable à la nôtre, a moins d'effectifs et plus d'équipements. On devrait pouvoir s'en inspirer.
Pour l'Education Nationale, je comprends trop bien le problème : la trouille des grèves de profs et des manifs d'associations de parents d'élèves (dont les dirigeants sont à 95 % des profs : juge et partie, comme c'est confortable).
Diminuer les effectifs de profs ne devraient pas être trop difficile. En effet, les effectifs d'élèves diminuent dans l'enseignement primaire et bientôt dans le secondaire.
On va nous ressortir la fameuse réduction des effectifs par classe, mais il m'a semblé comprendre au fil de mes lectures plusieurs points sur cette question controversée :
_ il existe un effet de seuil, tant qu'on atteint pas ce seuil (10-15 élèves par classe), la diminution des effectifs baisse le stress des profs mais améliore peu ou pas les résultats scolaires
_ les effectifs par classe ne sont pas la variable la plus significative pour expliquer les résultats scolaires
De là à croire que l'argument de la réduction des effectifs n'est que le masque du corporatisme enseignant, il y a un pas que je franchis sans remords.
Dans les discours, les profs sont toujours très ouverts à la nouveauté, car ils se croient progressistes. Mais dès qu'on leur en propose une, de nouveauté, ce n'est jamais la bonne car ils ont conservateurs (1).
Mais je ne leur donne pas entièrement tort : pour arrêter d'être conservateur, pour accepter de quitter sa place présente, il faut avoir une idée, au moins vague, de ce que le futur réserve.
Or les gouvernements ont enchaîné les réformes sans afficher un principe fort (la justice serait bien -l'égalité des chances me paraît trop technocartique), sans présenter une feuille de route et sans faire sentir une volonté d'aboutir.
Claude Allègre, qui avait bien senti le problème de persévérance, n'a pas été soutenu jusqu'au bout par son premier ministre Jospin. Quant à ses idées de réforme, je ne m'en souviens plus bien.
(1) : Eventuellement, pour bloquer la discussion, ils peuvent aussi faire état de leur extrême sensiblité, les pauvres choux : un ministre leur dit un mot qui fait beaucoup de peine, genre "mammouth", et, hop, c'est la cabane sur le chien, la gorge qui se noue, la bonne volonté trahie, la colère qui monte, la honte au front, la fin des haricots, la grande scène de la cruelle déception amoureuse de l'Acte III, bref, la grève jusqu'à ce que le ministre fautif parcourt, à genoux un cierge à la main, la distance rue de Grenelle-Matignon, en clamant sa contrition, sous le regard moqueur des journalistes et dans l'indifférence des passants, seuls les chiens peut-être sont vaguement compatissants, et encore, les chiens de beaux quartiers sont des cons : essayez donc d'avoir une conversation décontractée avec un Yorkshire ou un lévrier afghan.
Pour l'armée, la question est vite réglée : l'armée britannique, comparable à la nôtre, a moins d'effectifs et plus d'équipements. On devrait pouvoir s'en inspirer.
Pour l'Education Nationale, je comprends trop bien le problème : la trouille des grèves de profs et des manifs d'associations de parents d'élèves (dont les dirigeants sont à 95 % des profs : juge et partie, comme c'est confortable).
Diminuer les effectifs de profs ne devraient pas être trop difficile. En effet, les effectifs d'élèves diminuent dans l'enseignement primaire et bientôt dans le secondaire.
On va nous ressortir la fameuse réduction des effectifs par classe, mais il m'a semblé comprendre au fil de mes lectures plusieurs points sur cette question controversée :
_ il existe un effet de seuil, tant qu'on atteint pas ce seuil (10-15 élèves par classe), la diminution des effectifs baisse le stress des profs mais améliore peu ou pas les résultats scolaires
_ les effectifs par classe ne sont pas la variable la plus significative pour expliquer les résultats scolaires
De là à croire que l'argument de la réduction des effectifs n'est que le masque du corporatisme enseignant, il y a un pas que je franchis sans remords.
Dans les discours, les profs sont toujours très ouverts à la nouveauté, car ils se croient progressistes. Mais dès qu'on leur en propose une, de nouveauté, ce n'est jamais la bonne car ils ont conservateurs (1).
Mais je ne leur donne pas entièrement tort : pour arrêter d'être conservateur, pour accepter de quitter sa place présente, il faut avoir une idée, au moins vague, de ce que le futur réserve.
Or les gouvernements ont enchaîné les réformes sans afficher un principe fort (la justice serait bien -l'égalité des chances me paraît trop technocartique), sans présenter une feuille de route et sans faire sentir une volonté d'aboutir.
Claude Allègre, qui avait bien senti le problème de persévérance, n'a pas été soutenu jusqu'au bout par son premier ministre Jospin. Quant à ses idées de réforme, je ne m'en souviens plus bien.
(1) : Eventuellement, pour bloquer la discussion, ils peuvent aussi faire état de leur extrême sensiblité, les pauvres choux : un ministre leur dit un mot qui fait beaucoup de peine, genre "mammouth", et, hop, c'est la cabane sur le chien, la gorge qui se noue, la bonne volonté trahie, la colère qui monte, la honte au front, la fin des haricots, la grande scène de la cruelle déception amoureuse de l'Acte III, bref, la grève jusqu'à ce que le ministre fautif parcourt, à genoux un cierge à la main, la distance rue de Grenelle-Matignon, en clamant sa contrition, sous le regard moqueur des journalistes et dans l'indifférence des passants, seuls les chiens peut-être sont vaguement compatissants, et encore, les chiens de beaux quartiers sont des cons : essayez donc d'avoir une conversation décontractée avec un Yorkshire ou un lévrier afghan.
Gribouille gouverne
Un encadré intéressant dans Le Monde permet de comprendre comment ce gouvernement raisonne et fonctionne. C'est assez terrifiant.
L'objectif de ne remplacer qu'un fonctionnaire partant à la retraite sur deux est maintenu. Jusque là, j'approuve, bien que je considère que c'est le minimum d'effort possible et non le maximum (1). C'est ensuite que ça se gâte : il ne faut plus en parler.
Il faut parler des embauches de fonctionnaires. En effet, les départs à la retraites s'accélérant, si on conserve un taux de remplacement fixe, les embauches vont mécaniquement augmenter.
Seulement voilà, cette kolossalle finesse présente trois inconvénients majeurs :
_ connaissant le fantastique courage de ce gouvernement, on peut soupçonner qu'il va oublier l'objectif en même temps qu'il va arrêter de l'afficher (d'ailleurs même en l'affichant il ne le tient pas l'objectif)
_ c'est prendre les fonctionnaires pour des cons et les mépriser.
_ surtout, c'est amoindrir la légitimité du gouvernement : soit l'objectif du taux de remplacement est légitime et il faut l'expliquer et le défendre ; soit il est illégitime et, en douce ou en public, il faut l'abandonner.
(1) : comme je le dis et le répète, ce taux de remplacement devrait être re-situé dans un débat plus vaste sur "A quoi sert le service public ?" mais le gouvernement est trop bête et/ou trop lâche pour lancer ce débat, soit il croit les Français incapables d'y faire face (L'éternel "Nous sommes un excellent gouvernement, nous n'avons pas le peuple que nous méritons") ou encore un peu des deux.
L'objectif de ne remplacer qu'un fonctionnaire partant à la retraite sur deux est maintenu. Jusque là, j'approuve, bien que je considère que c'est le minimum d'effort possible et non le maximum (1). C'est ensuite que ça se gâte : il ne faut plus en parler.
Il faut parler des embauches de fonctionnaires. En effet, les départs à la retraites s'accélérant, si on conserve un taux de remplacement fixe, les embauches vont mécaniquement augmenter.
Seulement voilà, cette kolossalle finesse présente trois inconvénients majeurs :
_ connaissant le fantastique courage de ce gouvernement, on peut soupçonner qu'il va oublier l'objectif en même temps qu'il va arrêter de l'afficher (d'ailleurs même en l'affichant il ne le tient pas l'objectif)
_ c'est prendre les fonctionnaires pour des cons et les mépriser.
_ surtout, c'est amoindrir la légitimité du gouvernement : soit l'objectif du taux de remplacement est légitime et il faut l'expliquer et le défendre ; soit il est illégitime et, en douce ou en public, il faut l'abandonner.
(1) : comme je le dis et le répète, ce taux de remplacement devrait être re-situé dans un débat plus vaste sur "A quoi sert le service public ?" mais le gouvernement est trop bête et/ou trop lâche pour lancer ce débat, soit il croit les Français incapables d'y faire face (L'éternel "Nous sommes un excellent gouvernement, nous n'avons pas le peuple que nous méritons") ou encore un peu des deux.
Elections, processus robuste
A condition que l'organisation soit telle que l'honnêteté du scrutin soit globalement garantie, le processus électoral est robuste, aux violences, aux attentats, aux intempéries.
En effet, nous oublions souvent, blasés que nous sommes, que le simple fait qu'on demande leur avis aux gens est extrêmemement motivant.
Hélas, en Irak, ma crainte que le vote soit très "ethnique" a été confirmée. Il est difficile de faire la part, dans l'abstention sunnite, de la résignation à un gouvernement chiite et des pressions sociales.
Néanmoins, il sera légitime de répondre au futurs protestataires et terroristes sunnites : "Hé bien quoi ? Vous n'aviez qu'à aller voter.".
En effet, nous oublions souvent, blasés que nous sommes, que le simple fait qu'on demande leur avis aux gens est extrêmemement motivant.
Hélas, en Irak, ma crainte que le vote soit très "ethnique" a été confirmée. Il est difficile de faire la part, dans l'abstention sunnite, de la résignation à un gouvernement chiite et des pressions sociales.
Néanmoins, il sera légitime de répondre au futurs protestataires et terroristes sunnites : "Hé bien quoi ? Vous n'aviez qu'à aller voter.".
dimanche, janvier 30, 2005
Les religions, obsédées sexuelles
Le Vatican polémique avec l'Espagne sur les histoires de mariage homosexuel et de préservatif ; l'Islam, même pas intégriste, montre une trouille des femmes qui me paraît ahurissante.
Quand on lit l'actualité, on a l'impression que les religions, et notamment les religions révélées monothéistes, sont obsédées par le sexe et éprouvent une véritable terreur de toute liberté, baptisée permissivité, dans ce domaine.
Ayant quelques amis grenouilles de bénitier, je connais le contre-argument : c'est notre monde moderne qui est obsédé par le sexe, l'Eglise (ou l'Islam ou le judaïsme) parle de tas d'autres choses mais on ne retient que le sexe dans ses propos et on le grossit démesurément (vantard, va).
Je ne suis pas convaincu que le problème vienne de l'obsession sexuelle de notre monde et non des religions.
Si les propos du pape ou d'un mollah quelconque dérangent tant et font tant de bruit, c'est à mon avis parce que :
_ le décalage entre les prescriptions des autorités religieuses et les aspirations ou les pratiques des individus est grand
_ toute prescription dans un domaine aussi intime est perçue comme une restriction de la liberté, une atteinte à l'individu
En fait, je crois que le problème est là : contrôler la sexualité à travers des prescriptions, culpabilisantes pour qui y croit, c'est contrôler les individus.
On est passé de "Si tu te touches, tu deviendras sourd et tu y iras en enfer" à "Si tu mets une capote, tu iras en enfer", mais le principe est le même : tant que les ouailles ne font pas librement ce qu'elles veulent de leur cul, qu'elles en réfèrent au curé ou qu'elles aient mauvaise conscience, on les tient.
C'est connu par tous les adjudants et les entraîneurs de foot : maintenir un certain niveau de frustration peut être favorable à la performance et à la discipline. Cette comparaison est peu flatteuse, mais l'attitude des églises sur la question est-elle flatteuse ? Un martien s'intéressant à ces questions trouverait-il que "ça vole haut" ?
Quand on lit l'actualité, on a l'impression que les religions, et notamment les religions révélées monothéistes, sont obsédées par le sexe et éprouvent une véritable terreur de toute liberté, baptisée permissivité, dans ce domaine.
Ayant quelques amis grenouilles de bénitier, je connais le contre-argument : c'est notre monde moderne qui est obsédé par le sexe, l'Eglise (ou l'Islam ou le judaïsme) parle de tas d'autres choses mais on ne retient que le sexe dans ses propos et on le grossit démesurément (vantard, va).
Je ne suis pas convaincu que le problème vienne de l'obsession sexuelle de notre monde et non des religions.
Si les propos du pape ou d'un mollah quelconque dérangent tant et font tant de bruit, c'est à mon avis parce que :
_ le décalage entre les prescriptions des autorités religieuses et les aspirations ou les pratiques des individus est grand
_ toute prescription dans un domaine aussi intime est perçue comme une restriction de la liberté, une atteinte à l'individu
En fait, je crois que le problème est là : contrôler la sexualité à travers des prescriptions, culpabilisantes pour qui y croit, c'est contrôler les individus.
On est passé de "Si tu te touches, tu deviendras sourd et tu y iras en enfer" à "Si tu mets une capote, tu iras en enfer", mais le principe est le même : tant que les ouailles ne font pas librement ce qu'elles veulent de leur cul, qu'elles en réfèrent au curé ou qu'elles aient mauvaise conscience, on les tient.
C'est connu par tous les adjudants et les entraîneurs de foot : maintenir un certain niveau de frustration peut être favorable à la performance et à la discipline. Cette comparaison est peu flatteuse, mais l'attitude des églises sur la question est-elle flatteuse ? Un martien s'intéressant à ces questions trouverait-il que "ça vole haut" ?
samedi, janvier 29, 2005
Démographie et économie
En France, débattre de démographie est tabou : la gauche a peur de tomber dans le natalisme, estampillé de droite, la droite craint d'être ringarde. Et pourtant ...
Et pourtant, le vieillissement et le non-renouvellemet des générations sont un évènement majeur. Que la situation soit pire ailleurs ne devrait pas nous consoler qu'elle soit mauvaise en France.
Le simple bon sens, même si il faut s'en méfier, nous dit que le déclin économique est inscrit dans cette transformation de la France en maison de retraite géante.
Plus largement, c'est à un suicide collectif par la grève des bébés auquel nous assisons.
Mais, après tout, cet auto-châtiment n'est peut-être qu'une juste punition infligée par notre mauvaise conscience : en un siècle, nous avons suscité deux guerres mondiales et un génocide industriel, notre société vaut-elle de se perpétuer ?
Et pourtant, le vieillissement et le non-renouvellemet des générations sont un évènement majeur. Que la situation soit pire ailleurs ne devrait pas nous consoler qu'elle soit mauvaise en France.
Le simple bon sens, même si il faut s'en méfier, nous dit que le déclin économique est inscrit dans cette transformation de la France en maison de retraite géante.
Plus largement, c'est à un suicide collectif par la grève des bébés auquel nous assisons.
Mais, après tout, cet auto-châtiment n'est peut-être qu'une juste punition infligée par notre mauvaise conscience : en un siècle, nous avons suscité deux guerres mondiales et un génocide industriel, notre société vaut-elle de se perpétuer ?
Comment la CIA voit l'Europe
Dans un essai prospectif, la CIA sonde le futur.
Pour elle, les puissances d'avenir sont la Chine, l'Inde, mais nullement l'Europe (démographie déclinante, croissance à la traîne, chômage endémique...). Le rapport mentionne aussi « l'élargissement sans fin de l'Europe » comme un dissolvant de la cohésion européenne, comme un obstacle à toute ambition de puissance.
C'est un pronostic sans doute fort juste. Et piquant si l'on sait que l'Amérique plaide vivement... pour l'élargissement de l'Europe à la Turquie.
D'ailleurs, moi aussi, je plaide pour l'élargissement à la Turquie, un peu pour les mêmes raisons que la CIA : je considère que l'Europe-puissance, acteur mondial, est déjà morte et que l'élargissemnt compte donc principalement sous l'angle économique.
En tout cas, la vision de la CIA est instructive sur les défis qui nous attendent.
Quand je regarde l'avenir, je me demande si je ne devrais pas émigrer au Canada. Mais ce n'est pour l'instant qu'une pensée fugitive.
Pour elle, les puissances d'avenir sont la Chine, l'Inde, mais nullement l'Europe (démographie déclinante, croissance à la traîne, chômage endémique...). Le rapport mentionne aussi « l'élargissement sans fin de l'Europe » comme un dissolvant de la cohésion européenne, comme un obstacle à toute ambition de puissance.
C'est un pronostic sans doute fort juste. Et piquant si l'on sait que l'Amérique plaide vivement... pour l'élargissement de l'Europe à la Turquie.
D'ailleurs, moi aussi, je plaide pour l'élargissement à la Turquie, un peu pour les mêmes raisons que la CIA : je considère que l'Europe-puissance, acteur mondial, est déjà morte et que l'élargissemnt compte donc principalement sous l'angle économique.
En tout cas, la vision de la CIA est instructive sur les défis qui nous attendent.
Quand je regarde l'avenir, je me demande si je ne devrais pas émigrer au Canada. Mais ce n'est pour l'instant qu'une pensée fugitive.
Un juge s'en va
Résumé :
Jusqu'au 17 janvier, Laurent Lèguevaque était juge d'instruction à Tours. En démissionnant, fait très rare dans la magistrature, ce franc-tireur de 38 ans entend dénoncer les raideurs du monde judiciaire.
Tant pis pour les "ça ne se fait pas", même si les statistiques de la chancellerie leur donnent raison : au cours des dix dernières années, seules douze démissions de la magistrature ont été enregistrées - dont six en 1998, allez savoir pourquoi ; une seule en 2004, aucune durant les quatre années précédentes. C'est dire si Laurent Lèguevaque est un cas.
Il tire un bilan sombre jusqu'au défaitisme : "Ce métier est devenu nul. Ce n'est d'ailleurs plus un métier, juste une carrière." Ses collègues ne lui semblent préoccupés que d'avancement, de postes à pourvoir et d'appuis à solliciter, si bien que la magistrature n'est plus, à ses yeux, qu'"un corps de fonctionnaires voué au conformisme et à la soumission". Presque penaud, il admet avoir cru que les juges d'instruction étaient différents, que leur fonction d'enquêteur leur donnait une latitude plus grande, une indépendance plus authentique. "Cela a peut-être été vrai, mais cela ne l'est plus", estime-t-il, avant de résumer le tout en une formule : "On nous prend toujours pour des chevaliers blancs ; on n'est plus que des goélands mazoutés."
A l'écouter, l'ordinaire de ces magistrats qui font trembler les puissants est dénué de passion : on n'attend plus d'eux que la tenue de dossiers alimentés par d'autres - policiers, gendarmes, experts, procureurs, avocats. "La machine fait de nous des paperassiers, des petits hommes gris qu'on dissuade de mettre beaucoup d'eux-mêmes dans leur travail. A force de vouloir nous contrôler, elle nous uniformise, elle nous étouffe."
Il ne se montre ni amer ni déprimé, parsème son récit d'épisodes drolatiques qu'il relate avec moins de douleur que de dérision. "J'ai l'impression de revenir d'un long voyage dans une peuplade avec laquelle je n'aurais pas su communiquer."
Après leur entrevue, le président du tribunal lui a téléphoné pour l'avertir qu'il n'avait pas le droit d'abandonner son poste sans attendre l'arrêté du ministre, qui entérine sa démission. Lui y a vu un excès de formalisme, une manifestation de plus de cette "passion du normatif" qui noie les juges dans le détail et leur fait perdre de vue l'essentiel. Quand son supérieur a brandi la menace d'un "mandat d'arrêt", il assure avoir eu envie de lui répondre : "Chiche !"
Le conformisme vestimentaire de ses collègues l'agace. La déférence recommandée pour s'adresser à la hiérarchie l'insupporte. "La courtoisie avec les mis en examen, elle, peut vous être reprochée, remarque-t-il. Un jour, un collègue m'a dit avec horreur : "Comment fais-tu pour serrer la main d'un violeur d'enfant ?" Je lui ai répondu : "Je demande qu'on lui enlève ses menottes."" Ça ne l'a pas fait rire du tout."
Lien : Un juge s'en va
Jusqu'au 17 janvier, Laurent Lèguevaque était juge d'instruction à Tours. En démissionnant, fait très rare dans la magistrature, ce franc-tireur de 38 ans entend dénoncer les raideurs du monde judiciaire.
Tant pis pour les "ça ne se fait pas", même si les statistiques de la chancellerie leur donnent raison : au cours des dix dernières années, seules douze démissions de la magistrature ont été enregistrées - dont six en 1998, allez savoir pourquoi ; une seule en 2004, aucune durant les quatre années précédentes. C'est dire si Laurent Lèguevaque est un cas.
Il tire un bilan sombre jusqu'au défaitisme : "Ce métier est devenu nul. Ce n'est d'ailleurs plus un métier, juste une carrière." Ses collègues ne lui semblent préoccupés que d'avancement, de postes à pourvoir et d'appuis à solliciter, si bien que la magistrature n'est plus, à ses yeux, qu'"un corps de fonctionnaires voué au conformisme et à la soumission". Presque penaud, il admet avoir cru que les juges d'instruction étaient différents, que leur fonction d'enquêteur leur donnait une latitude plus grande, une indépendance plus authentique. "Cela a peut-être été vrai, mais cela ne l'est plus", estime-t-il, avant de résumer le tout en une formule : "On nous prend toujours pour des chevaliers blancs ; on n'est plus que des goélands mazoutés."
A l'écouter, l'ordinaire de ces magistrats qui font trembler les puissants est dénué de passion : on n'attend plus d'eux que la tenue de dossiers alimentés par d'autres - policiers, gendarmes, experts, procureurs, avocats. "La machine fait de nous des paperassiers, des petits hommes gris qu'on dissuade de mettre beaucoup d'eux-mêmes dans leur travail. A force de vouloir nous contrôler, elle nous uniformise, elle nous étouffe."
Il ne se montre ni amer ni déprimé, parsème son récit d'épisodes drolatiques qu'il relate avec moins de douleur que de dérision. "J'ai l'impression de revenir d'un long voyage dans une peuplade avec laquelle je n'aurais pas su communiquer."
Après leur entrevue, le président du tribunal lui a téléphoné pour l'avertir qu'il n'avait pas le droit d'abandonner son poste sans attendre l'arrêté du ministre, qui entérine sa démission. Lui y a vu un excès de formalisme, une manifestation de plus de cette "passion du normatif" qui noie les juges dans le détail et leur fait perdre de vue l'essentiel. Quand son supérieur a brandi la menace d'un "mandat d'arrêt", il assure avoir eu envie de lui répondre : "Chiche !"
Le conformisme vestimentaire de ses collègues l'agace. La déférence recommandée pour s'adresser à la hiérarchie l'insupporte. "La courtoisie avec les mis en examen, elle, peut vous être reprochée, remarque-t-il. Un jour, un collègue m'a dit avec horreur : "Comment fais-tu pour serrer la main d'un violeur d'enfant ?" Je lui ai répondu : "Je demande qu'on lui enlève ses menottes."" Ça ne l'a pas fait rire du tout."
Lien : Un juge s'en va
Parlement : quelques statistiques édifiantes
88 % des parlementaires sont des hommes (pas de transexuels déclarés, donc 12 % des femmes)
50 % viennent de la fonction publique (je croyais que c'était plus) (1)
75 % des députés ont plus de 50 ans et 50 % des sénateurs plus de 60 ans
82 % cumulent des mandats (dont entre 21 % des députés et 28 % des sénateurs trois mandats et plus) : situation proprement unique parmi les démocraties (2)
Aucun issu de l'immigration récente
91 % des étudiants se défient des partis politiques (il y a sûrement un rapport avec les statistiques précédentes)
Eloquent, non ?
Bien entendu, l'interdiction absolu du cumul des mandats est le préalable indispensable à tout changement. Mais, quand on vit de ses mandats, qu'on s'est installé dans le confort du parasitisme républicain, comment voter contre soi ?
(1) en Grande-Bretagne, un fonctionnaire doit démissionner une fois élu et un haut fonctionnaire en se présentant à l'élection (donc sans être sûr d'être élu) !!!
(2) : en général les cumulards sont moins de 15 %, d'ailleurs beaucoup de pays (ie Grande-Bretagne, Allemagne) n'ont même pas de législation anti-cumul, le problème étant réglé par la culture démocratique
50 % viennent de la fonction publique (je croyais que c'était plus) (1)
75 % des députés ont plus de 50 ans et 50 % des sénateurs plus de 60 ans
82 % cumulent des mandats (dont entre 21 % des députés et 28 % des sénateurs trois mandats et plus) : situation proprement unique parmi les démocraties (2)
Aucun issu de l'immigration récente
91 % des étudiants se défient des partis politiques (il y a sûrement un rapport avec les statistiques précédentes)
Eloquent, non ?
Bien entendu, l'interdiction absolu du cumul des mandats est le préalable indispensable à tout changement. Mais, quand on vit de ses mandats, qu'on s'est installé dans le confort du parasitisme républicain, comment voter contre soi ?
(1) en Grande-Bretagne, un fonctionnaire doit démissionner une fois élu et un haut fonctionnaire en se présentant à l'élection (donc sans être sûr d'être élu) !!!
(2) : en général les cumulards sont moins de 15 %, d'ailleurs beaucoup de pays (ie Grande-Bretagne, Allemagne) n'ont même pas de législation anti-cumul, le problème étant réglé par la culture démocratique
Non au specticisme sur les élections en Irak
Je crois qu'il faut hélas tempérer les espoirs.
La démocratie, ce n'est pas seulement, ni même peut-être principalement, le droit de vote. En ce moment, je m'intéresse beaucoup à la Révolution française et les questions de l'époque se posent encore en Irak (et en France) :
_ comment obtenir d'une assemblée la meilleure décision ?
_ quelles sont les conditions pour être citoyen ?
_ comment le peuple souverain peut-il s'exprimer librement tout en restant uni et préservé de la démagogie ?
_ comment faire pour que la représentation nationale ne confisque pas le pouvoir ?
_ comment faire pour que les dirigeants éclairent et décident tout en n'outrepassant pas leur mandat représentatif (question très actuelle en France) ?
D'après Raymond Aron, avant même le droit de vote, une caractéristique essentielle de la démocratie est l'alternance au pouvoir : l'homme qui exerce le pouvoir aujourd'hui sait qu'il le perdra un jour qui n'est pas trop lointain et que son successeur ne sera peut-être pas bienveillant à son égard. Cela empêche la plupart des folies.
Or, quand les citoyens ne se sentent pas suffisamment libres et détachés par rapport à leur origine ethnique, comme c'est le cas en Irak, les votes reflètent la structure ethnique du pays et non des choix politiques. L'alternance est alors quasiment impossible puisque la composition ethnique d'un pays évolue très lentement. Cela bloque dès le départ le fonctionnement démocratique : une majorité sûre d'être au pouvoir pour l'éternité et une minorité sûre d'être exclue du pouvoir, cette situation est néfaste.
Les différentes factions irakiennes vont "se compter" (comme on dit au PS à propos des courants lors du vote des motions, sauf qu'au PS ça frise le ridicule, alors qu'en Irak, il y a des morts tous les jours). Mais en quoi cela sera-t-il bon pour l'avenir du pays ?
Il reste à espérer que les électeurs seront plus intelligents que les prévisionnistes (c'est arrivé plus d'une fois) et qu'ils nous réservent une bonne surprise.
Mais, et c'est là où je voulais en venir, malgré mes doutes, il y a un point fondamental qu'il faut garder en mémoire : la construction de la démocratie dans un pays est un long processus et il n'y a pas d'autre solution pour avoir un pays juste et prospère (1). Il n'est jamais trop tôt pour commencer.
Les élections en Afghanistan n'ont pas été la catastrophe annoncée, mais une étape sur une route encore très longue. espérons qu'il en sera de même en Irak.
Cette conviction, cet espoir, est supérieur à tous les doutes.
J'ai peur que les Français, Chirac en tête, refassent l'erreur mitterrandienne (2) de préférer la stabilité à la démocratie (3).
(1) : c'est pourquoi je trouve la multipolarité chiraquienne dangereuse : en dehors de la démocratie, point de justice. Je suis plus proche du point de vue américain même si je n'apprécie pas les manières de Bush.
(2) : Chirac ressemble tant à Mitterrand que ça n'a rien d'étonnant
(3) : des gens qui égorgent leurs adversaires ne sont pas des résistants avec lesquels la discussion est possible, ce sont des terroristes qu'il faut buter jusque dans les chiottes, comme dit Vladimir.
La démocratie, ce n'est pas seulement, ni même peut-être principalement, le droit de vote. En ce moment, je m'intéresse beaucoup à la Révolution française et les questions de l'époque se posent encore en Irak (et en France) :
_ comment obtenir d'une assemblée la meilleure décision ?
_ quelles sont les conditions pour être citoyen ?
_ comment le peuple souverain peut-il s'exprimer librement tout en restant uni et préservé de la démagogie ?
_ comment faire pour que la représentation nationale ne confisque pas le pouvoir ?
_ comment faire pour que les dirigeants éclairent et décident tout en n'outrepassant pas leur mandat représentatif (question très actuelle en France) ?
D'après Raymond Aron, avant même le droit de vote, une caractéristique essentielle de la démocratie est l'alternance au pouvoir : l'homme qui exerce le pouvoir aujourd'hui sait qu'il le perdra un jour qui n'est pas trop lointain et que son successeur ne sera peut-être pas bienveillant à son égard. Cela empêche la plupart des folies.
Or, quand les citoyens ne se sentent pas suffisamment libres et détachés par rapport à leur origine ethnique, comme c'est le cas en Irak, les votes reflètent la structure ethnique du pays et non des choix politiques. L'alternance est alors quasiment impossible puisque la composition ethnique d'un pays évolue très lentement. Cela bloque dès le départ le fonctionnement démocratique : une majorité sûre d'être au pouvoir pour l'éternité et une minorité sûre d'être exclue du pouvoir, cette situation est néfaste.
Les différentes factions irakiennes vont "se compter" (comme on dit au PS à propos des courants lors du vote des motions, sauf qu'au PS ça frise le ridicule, alors qu'en Irak, il y a des morts tous les jours). Mais en quoi cela sera-t-il bon pour l'avenir du pays ?
Il reste à espérer que les électeurs seront plus intelligents que les prévisionnistes (c'est arrivé plus d'une fois) et qu'ils nous réservent une bonne surprise.
Mais, et c'est là où je voulais en venir, malgré mes doutes, il y a un point fondamental qu'il faut garder en mémoire : la construction de la démocratie dans un pays est un long processus et il n'y a pas d'autre solution pour avoir un pays juste et prospère (1). Il n'est jamais trop tôt pour commencer.
Les élections en Afghanistan n'ont pas été la catastrophe annoncée, mais une étape sur une route encore très longue. espérons qu'il en sera de même en Irak.
Cette conviction, cet espoir, est supérieur à tous les doutes.
J'ai peur que les Français, Chirac en tête, refassent l'erreur mitterrandienne (2) de préférer la stabilité à la démocratie (3).
(1) : c'est pourquoi je trouve la multipolarité chiraquienne dangereuse : en dehors de la démocratie, point de justice. Je suis plus proche du point de vue américain même si je n'apprécie pas les manières de Bush.
(2) : Chirac ressemble tant à Mitterrand que ça n'a rien d'étonnant
(3) : des gens qui égorgent leurs adversaires ne sont pas des résistants avec lesquels la discussion est possible, ce sont des terroristes qu'il faut buter jusque dans les chiottes, comme dit Vladimir.
vendredi, janvier 28, 2005
Super-knock
Un médecin généraliste de Moselle est convoqué pour explications par le conseil de l'ordre : il établit 80 prescriptions par jour (en moyenne !).
A 20 euros la consultation, ça fait 1600 euros par jour ouvré.
Quand on dit (ce que les médecins ne veulent pas entendre) que la répartition sur le territoire français est inadaptée, on ne doit pas se tromper beaucoup.
A 20 euros la consultation, ça fait 1600 euros par jour ouvré.
Quand on dit (ce que les médecins ne veulent pas entendre) que la répartition sur le territoire français est inadaptée, on ne doit pas se tromper beaucoup.
Chirac à Davos : il a encore sorti une connerie
Décidément, celui-là, chaque fois qu'il l'ouvre, c'est pour dire une connerie.
En France, dès qu'il y a un problème, le premier réflexe est de voter une loi et de créer un impôt. Chirac propose donc un impôt mondial pour réduire la pauvreté. Ridicule.
Si les impôts réduisaient la pauvreté, nous serions bien placés en France pour le savoir, ça fait trente ans que les impôts augmentent et je n'ai pas remarqué que la pauvreté reculait.
C'est aussi con que l'idée de créer des emplois publics ou subventionnés pour diminuer le chômage. Si ça marchait, nous aurions en France le même taux de chômage qu'en Grande-Bretagne : 3,5 %, vu que ça fait trente ans que les effectifs de fonctionnaires grimpent.
C'est le contraire qui est vrai : trop de dépenses publiques (donc trop de prélèvements, impots + emprunts, sur l'économie marchande) tuent le dynamisme économique, augmentent le chômage et la pauvreté.
Réduire la pauvreté est un noble objectif. La solution repose sur un principe simple : aide toi et le ciel t'aidera.
C'est un simple constat : l'aide déversée sur des pays dont les structures, notamment politiques, ne sont pas prêtes donne bonne conscience aux blancs mais ne sert à rien. Les exemples, en Afrique particulièrement, abondent.
Or la lutte contre la corruption et pour plus de liberté ne peut venir que de l'intéreur. Avant que cela arrive, l'aide financière est gaspillée, après, elle est inutile.
Ce qu'on peut faire pour vraiment aider les pays pauvres, c'est supprimer les subventions à nos paysans (bien évidemment Chirac évite d'en parler) et y investir dès que la situation le permet (car l'investissement crée des emplois et des revenus stables).
En France, dès qu'il y a un problème, le premier réflexe est de voter une loi et de créer un impôt. Chirac propose donc un impôt mondial pour réduire la pauvreté. Ridicule.
Si les impôts réduisaient la pauvreté, nous serions bien placés en France pour le savoir, ça fait trente ans que les impôts augmentent et je n'ai pas remarqué que la pauvreté reculait.
C'est aussi con que l'idée de créer des emplois publics ou subventionnés pour diminuer le chômage. Si ça marchait, nous aurions en France le même taux de chômage qu'en Grande-Bretagne : 3,5 %, vu que ça fait trente ans que les effectifs de fonctionnaires grimpent.
C'est le contraire qui est vrai : trop de dépenses publiques (donc trop de prélèvements, impots + emprunts, sur l'économie marchande) tuent le dynamisme économique, augmentent le chômage et la pauvreté.
Réduire la pauvreté est un noble objectif. La solution repose sur un principe simple : aide toi et le ciel t'aidera.
C'est un simple constat : l'aide déversée sur des pays dont les structures, notamment politiques, ne sont pas prêtes donne bonne conscience aux blancs mais ne sert à rien. Les exemples, en Afrique particulièrement, abondent.
Or la lutte contre la corruption et pour plus de liberté ne peut venir que de l'intéreur. Avant que cela arrive, l'aide financière est gaspillée, après, elle est inutile.
Ce qu'on peut faire pour vraiment aider les pays pauvres, c'est supprimer les subventions à nos paysans (bien évidemment Chirac évite d'en parler) et y investir dès que la situation le permet (car l'investissement crée des emplois et des revenus stables).
Cycle mou, Pacte flou - Les Echos.fr
Un article Paul Fabra dans les Echos.
Résumé :
Sous prétexte qu'il peut exister de « bons » déficits, on a oublié, et pas seulement en France et en Allemagne, de s'en prendre à la dangereuse et insidieuse anomalie - parce qu'elle est une entrave à l'activité économique et, donc, à l'emploi (et à l'emploi stable) - qui caractérise notre temps : le déficit permanent. Il se présente soit sous forme ouverte (dans les deux pays cités, par exemple), soit de manière latente, comme c'est le cas dans les pays où l'équilibre est obtenu en laissant se dégrader le patrimoine public. Pis : une telle détérioration commence à se manifester aussi dans des pays hautement déficitaires comme le nôtre.
Paradoxalement, la bonne nouvelle d'un fort abaissement du déficit budgétaire français (ramené à 43,9 milliards d'euros contre une prévision initiale de 55,1 milliards dans la loi de Finances) a fait ressortir le côté purement formaliste des politiques budgétaires inspirées par le Pacte de stabilité et de croissance que le Conseil européen se propose de rénover les 22-23 mars prochain. L'amélioration est le résultat de plus-values fiscales (IS et TVA) fortuites et totalement inespérées. Ce miracle qui n'en est pas un pourrait bien changer la nature même du problème posé.
Le déficit reste à 3,6 % du PNB, soit au-dessus des 3 % considérés par les traités européens, comme le maximum à ne pas dépasser sauf circonstances exceptionnelles. François Copé n'en a pas moins dit que l'amélioration budgétaire « récompense la politique du gouvernement depuis deux ans et demi ».
Quelle récompense ? Quelle politique ? Dans le but de se rapprocher progressivement des 3 %, il a été procédé à une compression indifférenciée des dépenses sur plusieurs années consécutives, compression modérée, mais compression tout de même. Cette absence de discrimination vaut à elle seule comme forte présomption d'une absence de politique budgétaire proprement dite. Elle suppose optimale l'actuelle répartition des dépenses, puisque le gouvernement, se donnant pour mission de les plafonner (par rapport, toutefois à un PNB nominal en augmentation), décide de le faire globalement. Dans la mesure où ce n'est pas le cas, il s'agit d'un tour de passe-passe. La consolidation des comptes publics la facilite.
Ainsi, « pour la première fois depuis 1992, l'Etat aurait-il tenu en 2003 ses engagements » en matière d'effectifs. Ceux-ci ont diminué cette année-là de quelque 2.000 fonctionnaires. Un chiffre très inférieur à la marge d'erreur dans l'évaluation des effectifs ! Mais laissons de côté cette considération. Le rapport publié par l'Observatoire de l'emploi public note (« Les Echos » du 19 janvier) que les réductions d'effectifs, concentrées sur deux postes budgétaires seulement (1) - Education nationale et Culture - se sont traduites entièrement par « des transferts de personnels vers d'autres administrations ». Or, dans toute la mesure où le défaut principal, sinon unique, des déficits actuels, c'est leur permanence, une véritable politique corrective impliquerait une sévère sélection entre les dépenses, étant entendu qu'il conviendrait de « faire de la place » pour en augmenter quelques-unes dans les secteurs où les effectifs sont notoirement insuffisants.
Les politiques en question continuent à s'appuyer sur le concept de « stabilisateurs automatiques ». Encore aujourd'hui, la majorité des esprits continuent d'admettre, sans doute parce que beaucoup de raisonnements reposent sur lui, le schéma ultra-connu : en période d'expansion, les recettes fiscales augmentent, ponctionnant opportunément du pouvoir d'achat au moment où la surchauffe menace ; pour des raisons inverses, la contraction des rentrées d'impôts en période de récession serait bienvenue, tandis que le déficit qui en résulte présenterait l'avantage d'injecter du pouvoir d'achat au moment où la demande en a besoin. Qui a dit que l'économie était une science pessimiste ? Mais qui savait la semaine dernière qu'on était déjà si bien engagé dans la phase ascendante du cycle que l'Etat avait commencé d'en engranger les sous-produits fiscaux ?
Ne sommes-nous pas en train d'entrer dans une période d'évanescence du cycle économique ? Ce n'est pas que des politiques économiques adéquates - consistant précisément à laisser jouer les fameux stabilisateurs - auraient fini par en avoir raison. La réalité serait au contraire qu'une économie nourrissant en permanence un endettement public considérable se trouverait par là même anémiée du fait qu'une part grandissante de l'épargne nationale - ou internationale - est absorbée par le financement de la dette publique. D'où résulte, notamment, que la croissance, quand croissance il semble y avoir, « crée peu d'emplois ». Mais si elle crée peu d'emplois, on est en droit de douter de la solidité de cette croissance, voire de son existence. Cette croissance insaisissable, on se demandait avant-hier si elle finirait bien par décoller ! Le comble est qu'on la découvre à travers les statistiques fiscales. Une économie d'endettement est une économie agitée : elle engendre du chiffre d'affaires (TVA). Les restructurations détruisent des emplois, mais gonflent les profits (rentrées d'IS).
Dans son fonctionnement idéal, le Pacte de stabilité prévoit que les pays dégagent des surplus budgétaires en période de croissance. Ils y gagneront des marges de manoeuvre nécessaires quand, la récession étant venue, le moment le sera aussi pour le secteur public d'accroître ses dépenses déficitaires. La Commission Barroso ne cache pas son intention de (re)mettre en route, moyennant certaines concessions, cette belle machine. Mais ce savant balancement est-il encore de mise quand les vents soufflent simultanément dans toutes les directions, quand la conjoncture devient aussi volatile que les marchés financiers ?
(1) Ajoutons que c'est sans doute aussi le cas, mais plus discrètement, au ministèredes Finances.
Lien :Cycle mou, Pacte flou
Résumé :
Sous prétexte qu'il peut exister de « bons » déficits, on a oublié, et pas seulement en France et en Allemagne, de s'en prendre à la dangereuse et insidieuse anomalie - parce qu'elle est une entrave à l'activité économique et, donc, à l'emploi (et à l'emploi stable) - qui caractérise notre temps : le déficit permanent. Il se présente soit sous forme ouverte (dans les deux pays cités, par exemple), soit de manière latente, comme c'est le cas dans les pays où l'équilibre est obtenu en laissant se dégrader le patrimoine public. Pis : une telle détérioration commence à se manifester aussi dans des pays hautement déficitaires comme le nôtre.
Paradoxalement, la bonne nouvelle d'un fort abaissement du déficit budgétaire français (ramené à 43,9 milliards d'euros contre une prévision initiale de 55,1 milliards dans la loi de Finances) a fait ressortir le côté purement formaliste des politiques budgétaires inspirées par le Pacte de stabilité et de croissance que le Conseil européen se propose de rénover les 22-23 mars prochain. L'amélioration est le résultat de plus-values fiscales (IS et TVA) fortuites et totalement inespérées. Ce miracle qui n'en est pas un pourrait bien changer la nature même du problème posé.
Le déficit reste à 3,6 % du PNB, soit au-dessus des 3 % considérés par les traités européens, comme le maximum à ne pas dépasser sauf circonstances exceptionnelles. François Copé n'en a pas moins dit que l'amélioration budgétaire « récompense la politique du gouvernement depuis deux ans et demi ».
Quelle récompense ? Quelle politique ? Dans le but de se rapprocher progressivement des 3 %, il a été procédé à une compression indifférenciée des dépenses sur plusieurs années consécutives, compression modérée, mais compression tout de même. Cette absence de discrimination vaut à elle seule comme forte présomption d'une absence de politique budgétaire proprement dite. Elle suppose optimale l'actuelle répartition des dépenses, puisque le gouvernement, se donnant pour mission de les plafonner (par rapport, toutefois à un PNB nominal en augmentation), décide de le faire globalement. Dans la mesure où ce n'est pas le cas, il s'agit d'un tour de passe-passe. La consolidation des comptes publics la facilite.
Ainsi, « pour la première fois depuis 1992, l'Etat aurait-il tenu en 2003 ses engagements » en matière d'effectifs. Ceux-ci ont diminué cette année-là de quelque 2.000 fonctionnaires. Un chiffre très inférieur à la marge d'erreur dans l'évaluation des effectifs ! Mais laissons de côté cette considération. Le rapport publié par l'Observatoire de l'emploi public note (« Les Echos » du 19 janvier) que les réductions d'effectifs, concentrées sur deux postes budgétaires seulement (1) - Education nationale et Culture - se sont traduites entièrement par « des transferts de personnels vers d'autres administrations ». Or, dans toute la mesure où le défaut principal, sinon unique, des déficits actuels, c'est leur permanence, une véritable politique corrective impliquerait une sévère sélection entre les dépenses, étant entendu qu'il conviendrait de « faire de la place » pour en augmenter quelques-unes dans les secteurs où les effectifs sont notoirement insuffisants.
Les politiques en question continuent à s'appuyer sur le concept de « stabilisateurs automatiques ». Encore aujourd'hui, la majorité des esprits continuent d'admettre, sans doute parce que beaucoup de raisonnements reposent sur lui, le schéma ultra-connu : en période d'expansion, les recettes fiscales augmentent, ponctionnant opportunément du pouvoir d'achat au moment où la surchauffe menace ; pour des raisons inverses, la contraction des rentrées d'impôts en période de récession serait bienvenue, tandis que le déficit qui en résulte présenterait l'avantage d'injecter du pouvoir d'achat au moment où la demande en a besoin. Qui a dit que l'économie était une science pessimiste ? Mais qui savait la semaine dernière qu'on était déjà si bien engagé dans la phase ascendante du cycle que l'Etat avait commencé d'en engranger les sous-produits fiscaux ?
Ne sommes-nous pas en train d'entrer dans une période d'évanescence du cycle économique ? Ce n'est pas que des politiques économiques adéquates - consistant précisément à laisser jouer les fameux stabilisateurs - auraient fini par en avoir raison. La réalité serait au contraire qu'une économie nourrissant en permanence un endettement public considérable se trouverait par là même anémiée du fait qu'une part grandissante de l'épargne nationale - ou internationale - est absorbée par le financement de la dette publique. D'où résulte, notamment, que la croissance, quand croissance il semble y avoir, « crée peu d'emplois ». Mais si elle crée peu d'emplois, on est en droit de douter de la solidité de cette croissance, voire de son existence. Cette croissance insaisissable, on se demandait avant-hier si elle finirait bien par décoller ! Le comble est qu'on la découvre à travers les statistiques fiscales. Une économie d'endettement est une économie agitée : elle engendre du chiffre d'affaires (TVA). Les restructurations détruisent des emplois, mais gonflent les profits (rentrées d'IS).
Dans son fonctionnement idéal, le Pacte de stabilité prévoit que les pays dégagent des surplus budgétaires en période de croissance. Ils y gagneront des marges de manoeuvre nécessaires quand, la récession étant venue, le moment le sera aussi pour le secteur public d'accroître ses dépenses déficitaires. La Commission Barroso ne cache pas son intention de (re)mettre en route, moyennant certaines concessions, cette belle machine. Mais ce savant balancement est-il encore de mise quand les vents soufflent simultanément dans toutes les directions, quand la conjoncture devient aussi volatile que les marchés financiers ?
(1) Ajoutons que c'est sans doute aussi le cas, mais plus discrètement, au ministèredes Finances.
Lien :Cycle mou, Pacte flou
La Russie poutinienne
Il y a naturellement des raisons à la régression politique que connaît ainsi la Russie. Shleifer et Treisman écrivent dans « Foreign Affairs » qu'elle n'est, comme le Mexique ou l'Argentine, qu'une « démocratie capitaliste à revenu moyen ». La médiocrité du revenu, poursuivent-ils, entraîne celles de la démocratie et du capitalisme. Vladimir Poutine s'en est tenu à une logique analogue devant les experts occidentaux qu'il a reçus à Novo-Ogarevo le 6 septembre dernier. La Russie, leur a-t-il confié, a la démocratie, les médias et le marché que lui permettent l'immaturité de ses citoyens, la dépendance de ses journalistes et son faible niveau de prospérité.
La thèse est sombre, mais se défend. Je doute simplement que le président russe ait décidé de tout niveler par le bas en vertu d'une quelconque philosophie du développement. On le sent plutôt guidé par la conception disciplinaire du patriotisme qu'il a acquise au service du « glaive et du bouclier ». Avec ce bagage, on orchestre les élections, on ne laisse pas les médias clabauder, on se méfie des patrons cosmopolites et on barricade le dernier carré de l'empire - le carré slave que Soljenitsyne avait déjà élu pour « réaménager notre Russie » - contre les débordements de l'Occident.
Le patriotisme de Poutine n'a pas que des inconvénients. Il est son côté vrai. C'est par là que le courant est passé avec la majorité de son peuple. En voilà un qui ne reproche manifestement pas à son président des tendances réactionnaires qu'il ressent lui-même, notamment en raison de promesses d'entrée dans le « monde civilisé » que la révolution libérale n'a pas bien tenues à ses yeux. Populaire hors du cercle de l'intelligentsia et de la presse écrite, le régime poutinien n'est donc pas une dictature. Il n'est pas non plus une Restauration. Poutine ne se bat pas pour la résurrection d'un système, il lutte pour le redressement d'un pays. Ce faisant, il oppose à ses interlocuteurs occidentaux des arguments d'intérêt national qu'ils peuvent comprendre. D'autant mieux, s'agissant des Américains, qu'ils ne sont pas pour rien dans l'absence de patriotisme reproché à Ioukos, comme dans les derniers craquements de l'espace communautaire russe. Les arguments du Kremlin passeraient mieux, cependant, s'ils n'invoquaient pas constamment l'inviolabilité du « chez soi » pour justifier l'arbitraire, la brutalité et les contre-vérités. La révolution civilisatrice lancée par Gorbatchev, et dont on fêtera les vingt ans le 11 mars prochain, montrait au contraire qu'il faut ouvrir grand sa porte aux principes qui gouvernent les grandes nations modernes.
La thèse est sombre, mais se défend. Je doute simplement que le président russe ait décidé de tout niveler par le bas en vertu d'une quelconque philosophie du développement. On le sent plutôt guidé par la conception disciplinaire du patriotisme qu'il a acquise au service du « glaive et du bouclier ». Avec ce bagage, on orchestre les élections, on ne laisse pas les médias clabauder, on se méfie des patrons cosmopolites et on barricade le dernier carré de l'empire - le carré slave que Soljenitsyne avait déjà élu pour « réaménager notre Russie » - contre les débordements de l'Occident.
Le patriotisme de Poutine n'a pas que des inconvénients. Il est son côté vrai. C'est par là que le courant est passé avec la majorité de son peuple. En voilà un qui ne reproche manifestement pas à son président des tendances réactionnaires qu'il ressent lui-même, notamment en raison de promesses d'entrée dans le « monde civilisé » que la révolution libérale n'a pas bien tenues à ses yeux. Populaire hors du cercle de l'intelligentsia et de la presse écrite, le régime poutinien n'est donc pas une dictature. Il n'est pas non plus une Restauration. Poutine ne se bat pas pour la résurrection d'un système, il lutte pour le redressement d'un pays. Ce faisant, il oppose à ses interlocuteurs occidentaux des arguments d'intérêt national qu'ils peuvent comprendre. D'autant mieux, s'agissant des Américains, qu'ils ne sont pas pour rien dans l'absence de patriotisme reproché à Ioukos, comme dans les derniers craquements de l'espace communautaire russe. Les arguments du Kremlin passeraient mieux, cependant, s'ils n'invoquaient pas constamment l'inviolabilité du « chez soi » pour justifier l'arbitraire, la brutalité et les contre-vérités. La révolution civilisatrice lancée par Gorbatchev, et dont on fêtera les vingt ans le 11 mars prochain, montrait au contraire qu'il faut ouvrir grand sa porte aux principes qui gouvernent les grandes nations modernes.
Mes politiques préférés
Dans l'ordre :
Nelson Mandela
Ignacio Lula da Silva
Bill Clinton
Tony Blair
Vous comprenez que chaque élection française me pose probléme !
Nelson Mandela
Ignacio Lula da Silva
Bill Clinton
Tony Blair
Vous comprenez que chaque élection française me pose probléme !
Réponse à la devinette
Si les Russes n'ont eu qu'un otage au Liban, c'est qu'ils ont prisaussitôt un mec du Hezbollah. Qu'ils l'ont ensuite renvoyé chez lui. Dans une valise. Découpé en morceaux.
Très russe, comme méthode de négociation !
Très russe, comme méthode de négociation !
jeudi, janvier 27, 2005
Livre : Laughter and tears (George Rarey)
FFFF
Rarey était publicitaire à Greenwich. Après le 7 décembre 1941, il s'est retrouvé aviateur, lui qui n'avait même pas le permis de conduire.
Il est mort en Normandie à l'été 1944.
Laughter and tears a été par son fils (qui n'a pas connu son père) à partir des dessins laissés par son père, des témoignages de camarades et des lettres envoyées à sa mère.
La grande valeur de ce livre très émouvant, c'est son humour qui le rend si proche. La continuité est particulièrement dérangeante : on sent que le publicitaire bobo avant la lettre et le pilote de chasseur bombardier ne font qu'un.
C'est un sentiment très proche de ce qu'on a ressenti au 11 septembre 2001 : plus rien ne sera jamais comme avant et pourtant, c'est la même vie qui continue.
Rarey était publicitaire à Greenwich. Après le 7 décembre 1941, il s'est retrouvé aviateur, lui qui n'avait même pas le permis de conduire.
Il est mort en Normandie à l'été 1944.
Laughter and tears a été par son fils (qui n'a pas connu son père) à partir des dessins laissés par son père, des témoignages de camarades et des lettres envoyées à sa mère.
La grande valeur de ce livre très émouvant, c'est son humour qui le rend si proche. La continuité est particulièrement dérangeante : on sent que le publicitaire bobo avant la lettre et le pilote de chasseur bombardier ne font qu'un.
C'est un sentiment très proche de ce qu'on a ressenti au 11 septembre 2001 : plus rien ne sera jamais comme avant et pourtant, c'est la même vie qui continue.
Humour (involontaire) de l'idéologie
J'ai un collègue communiste, Bruno, que j'aime beaucoup, et que je conserve précieusement parce que, à mon avis, un communiste au XXIème siècle est aussi anachronique qu'un dinosaure.
Malheureusement, ses convictions le font quelquefois déraper. C'est ainsi qu'il s'est laissé aller à deux déclarations historiques dont j'espère qu'elle vous feront autant rire que moi :
_ "De Gaulle était un fasciste"
_ "Louis XVI a été guillotiné par le capitalisme"
Saisissant, non ?
Malheureusement, ses convictions le font quelquefois déraper. C'est ainsi qu'il s'est laissé aller à deux déclarations historiques dont j'espère qu'elle vous feront autant rire que moi :
_ "De Gaulle était un fasciste"
_ "Louis XVI a été guillotiné par le capitalisme"
Saisissant, non ?
Pour Jean Prévost (Jérome Garcin)
FFFF
Normalien, sportif, intellectuel et résistant, Jean Prévost a eu deux torts :_ mourir au maquis du Vercors_ avoir systématiquement raison avant tout le monde
Comme c'est particuliérement irritant, pour les lâches et les imbéciles, qui forment ensemble une majorité, ceux-ci se sont empressés de lui rendre hommage et de l'oublier.
Jérome Garcin s'efforce de réparer cet oubli par une petite biographie vigoureuse et passionnée.
A noter : Jean Prévost a écrit une biographie de Montaigne en trois jours (pour se prouver qu'il pouvait le faire), a présenté sa thèse sur Stendhal en même temps qu'il organisait le maquis du Vercors et est mort la veille de la disparition de son grand ami Saint-Exupéry.
Je ne peux donc m'empêcher de croire que les amitiés littéraires réunissent, au-delà de la mort et du temps.
En ces temps d'anti-américanisme primaire, je vous signale que Jean Prévost à écrit en 1939 un livre, Usonie, qui est quasi-introuvable, sur les Etats-Unis, où il parlait déjà d'écologie (c'est pour vous illustrer cette tendance irritante de Prévost d'avoir raison avant les autres).
Normalien, sportif, intellectuel et résistant, Jean Prévost a eu deux torts :_ mourir au maquis du Vercors_ avoir systématiquement raison avant tout le monde
Comme c'est particuliérement irritant, pour les lâches et les imbéciles, qui forment ensemble une majorité, ceux-ci se sont empressés de lui rendre hommage et de l'oublier.
Jérome Garcin s'efforce de réparer cet oubli par une petite biographie vigoureuse et passionnée.
A noter : Jean Prévost a écrit une biographie de Montaigne en trois jours (pour se prouver qu'il pouvait le faire), a présenté sa thèse sur Stendhal en même temps qu'il organisait le maquis du Vercors et est mort la veille de la disparition de son grand ami Saint-Exupéry.
Je ne peux donc m'empêcher de croire que les amitiés littéraires réunissent, au-delà de la mort et du temps.
En ces temps d'anti-américanisme primaire, je vous signale que Jean Prévost à écrit en 1939 un livre, Usonie, qui est quasi-introuvable, sur les Etats-Unis, où il parlait déjà d'écologie (c'est pour vous illustrer cette tendance irritante de Prévost d'avoir raison avant les autres).
Livre : Mémoires d'un agent secret de la France libre
FFFF
Gilbert Renault (dit colonel Rémy) était :
a.. producteur de cinéma
b.. catholique
c.. breton
d.. sympathisant d'Action Française
e.. père de 8 enfants
Vous voyez le genre.
Gilbert Renault :
a.. est allé à Londres dès le 17 juin 1940 (comme beaucoup de résistants de la première heure, ce n'est pas le discours de De Gaulle, que pratiquement personne n'a entendu, qui l'a décidé, mais la voix chevrotante du vieillard Pétain appelant le 17 à la résignation et à la capitulation.)
b.. a créé le réseau Confrérie Notre Dame (placé sous le patronage de Notre Dame des victoires, on est catho ou on ne l'est pas)
c.. a développé le plus important réseau de renseignement de France
d.. a échappé trois fois de justesse à l'arrestation
Plus connu sous le nom de colonel Rémy, ces Mémoires d'un agent secret de la France libre sont à lire : on se dit qu'il aurait du jouer au Loto, vu sa chance, tellement il a survécu à des aventures rocambolesques (pour lui, ce n'était pas la chance, c'était la Providence. Après tout, pourquoi pas ?).
Après guerre, il s'est brouillé avec De Gaulle et les gaullistes quand il a eu le malheur d'affirmer que De Gaulle lui avait confié que Pétain avait servi de bouclier, ce que Charlot a toujours nié avoir dit.
Gilbert Renault (dit colonel Rémy) était :
a.. producteur de cinéma
b.. catholique
c.. breton
d.. sympathisant d'Action Française
e.. père de 8 enfants
Vous voyez le genre.
Gilbert Renault :
a.. est allé à Londres dès le 17 juin 1940 (comme beaucoup de résistants de la première heure, ce n'est pas le discours de De Gaulle, que pratiquement personne n'a entendu, qui l'a décidé, mais la voix chevrotante du vieillard Pétain appelant le 17 à la résignation et à la capitulation.)
b.. a créé le réseau Confrérie Notre Dame (placé sous le patronage de Notre Dame des victoires, on est catho ou on ne l'est pas)
c.. a développé le plus important réseau de renseignement de France
d.. a échappé trois fois de justesse à l'arrestation
Plus connu sous le nom de colonel Rémy, ces Mémoires d'un agent secret de la France libre sont à lire : on se dit qu'il aurait du jouer au Loto, vu sa chance, tellement il a survécu à des aventures rocambolesques (pour lui, ce n'était pas la chance, c'était la Providence. Après tout, pourquoi pas ?).
Après guerre, il s'est brouillé avec De Gaulle et les gaullistes quand il a eu le malheur d'affirmer que De Gaulle lui avait confié que Pétain avait servi de bouclier, ce que Charlot a toujours nié avoir dit.
Dans le silence du coeur
Par les livres, j'ai eu une bonne éducation anti-totalitaire : Camus, Malraux, puis à 14 ans, L'archipel du goulag (20 ans après, je ne pourrais plus lire un tel pavé !), Si c'est un homme, L'espèce humaine, La condition de l'homme moderne, George Orwell, Voltaire, Montaigne, Stendhal.
C'est pourquoi je suis sensible à la commémoration de la libération d'Auswitch.
Cependant, j'ai peur qu'on en fasse trop, et pas assez bien, qu'il y ait plus de quantité que de qualité.
L'intériorisation est nécessaire.
C'est pourquoi je vous propose une minute de silence, après la lecture de ce message, une vraie minute, regardez vos montres, pour penser à "tous les rayés et à tous les tondus qui ne sont pas revenus des bagnes", Par exemple, à cette Française qui gifle à toute volée la gardienne SS qui l'insulte en sachant que cela signifie la mort, à ces combattants du ghetto de Varsovie qui préférèrent mourir debout et à Anne Frank.
C'est pourquoi je suis sensible à la commémoration de la libération d'Auswitch.
Cependant, j'ai peur qu'on en fasse trop, et pas assez bien, qu'il y ait plus de quantité que de qualité.
L'intériorisation est nécessaire.
C'est pourquoi je vous propose une minute de silence, après la lecture de ce message, une vraie minute, regardez vos montres, pour penser à "tous les rayés et à tous les tondus qui ne sont pas revenus des bagnes", Par exemple, à cette Française qui gifle à toute volée la gardienne SS qui l'insulte en sachant que cela signifie la mort, à ces combattants du ghetto de Varsovie qui préférèrent mourir debout et à Anne Frank.
Les retraites américaines
Les noirs vivant moins longtemps et les femmes plus longtemps, certains républicains suggèrent de moduler les cotisations retraite en fonction de la race et du sexe (les noirs cotisant moins, les femmes plus).
C'est une proposition intéressante. L'analyse me conduit à la rejeter, mais faites l'effort d'y réfléchir quelques instants. Et faites l'effort de réfléchir à la vision de la société qui sous-tend une telle proposition.
C'est une proposition intéressante. L'analyse me conduit à la rejeter, mais faites l'effort d'y réfléchir quelques instants. Et faites l'effort de réfléchir à la vision de la société qui sous-tend une telle proposition.
mercredi, janvier 26, 2005
Louis Chirac
Je ne suis pas anarchiste. Je pense qu'un Etat est nécessaire au bon fonctionnement d'une société. Mais j'ai l'impression que la IIIème République n'a été qu'une parenthèse dans l'histoire de France. Le bon vieux temps de l'administration royale égalisant les conditions sous sa poigne (plus ou moins) de fer est revenu.
Cela annoncerait par voie de conséquence le retour de la France explosive. C'est la thèse tocquevilienne, comme quoi les ferments de révolution sont plus nombreux en France car la société civile, nivelée par l'administration, dispose de peu de moyens et de culture démocratique pour exprimer ses conflits autrement que par la violence. De plus, les révolutions sont plus faciles, puisqu'il suffit de changer la tête de l'Etat tout puissant (Louis XVI par Robespierre, Robespierre par Bonaparte, Bonaparte par Louis XVIII, etc ...).
Les analyses de Tocqueville sont vieilles d'un siècle et demi, mais elles pourraient peut-être encore s'appliquer. N'exagérons pas, je ne prends pas les vessies pour des lanternes, les "grandes" grèves de 1995, caprices de privilégiés (1), pour les prémices de la révolution.
Il n'empêche que l'alternance systématique depuis 20 ans et l'impuissance des gouvernants à commencer à réfléchir à concevoir des moyens éventuels d'élaborer dans un futur presque proche une ébauche de balbutiement de brouillon de projet politique ne manquent pas de me préoccuper.
J'ai probablement tort, puisque notre bien-aimé Président, l'inénarrable Jacques C., ne trouve rien de plus urgent que de s'inquiéter de la biodiversité (toujours sur ce mode compassionel, compatissant -on sent qu'il souffre avec la fauvette bleue à bec argenté du Bas-Poitou- qui donne si fort envie de lui flanquer des beignes).
Je ne sais pas pourquoi, ça me fait penser à Louis XVI, bien ennuyé par ses turbulences politiques qui lui gachait ses chasses lors de l'été 1789. C'est vrai, tous ces gens qui attendent de leurs dirigeants qu'ils arrêtent de s'agiter et qu'ils agissent, c'est d'un triste, c'est petit, mesquin, bourgeois quoi, vous ne trouvez pas ?
Cette association d'idées est sans doute un effet de mon mauvais esprit.
(1) privilégiés au sens propre : qui bénéficient de conditions dérogatoires à la loi commune (retraites, emploi)
Cela annoncerait par voie de conséquence le retour de la France explosive. C'est la thèse tocquevilienne, comme quoi les ferments de révolution sont plus nombreux en France car la société civile, nivelée par l'administration, dispose de peu de moyens et de culture démocratique pour exprimer ses conflits autrement que par la violence. De plus, les révolutions sont plus faciles, puisqu'il suffit de changer la tête de l'Etat tout puissant (Louis XVI par Robespierre, Robespierre par Bonaparte, Bonaparte par Louis XVIII, etc ...).
Les analyses de Tocqueville sont vieilles d'un siècle et demi, mais elles pourraient peut-être encore s'appliquer. N'exagérons pas, je ne prends pas les vessies pour des lanternes, les "grandes" grèves de 1995, caprices de privilégiés (1), pour les prémices de la révolution.
Il n'empêche que l'alternance systématique depuis 20 ans et l'impuissance des gouvernants à commencer à réfléchir à concevoir des moyens éventuels d'élaborer dans un futur presque proche une ébauche de balbutiement de brouillon de projet politique ne manquent pas de me préoccuper.
J'ai probablement tort, puisque notre bien-aimé Président, l'inénarrable Jacques C., ne trouve rien de plus urgent que de s'inquiéter de la biodiversité (toujours sur ce mode compassionel, compatissant -on sent qu'il souffre avec la fauvette bleue à bec argenté du Bas-Poitou- qui donne si fort envie de lui flanquer des beignes).
Je ne sais pas pourquoi, ça me fait penser à Louis XVI, bien ennuyé par ses turbulences politiques qui lui gachait ses chasses lors de l'été 1789. C'est vrai, tous ces gens qui attendent de leurs dirigeants qu'ils arrêtent de s'agiter et qu'ils agissent, c'est d'un triste, c'est petit, mesquin, bourgeois quoi, vous ne trouvez pas ?
Cette association d'idées est sans doute un effet de mon mauvais esprit.
(1) privilégiés au sens propre : qui bénéficient de conditions dérogatoires à la loi commune (retraites, emploi)
Fitna, la guerre au coeur de l'islam (G. Kepel)
FFF
Kepel considère que l'islamisme terroriste est une forme de guerre civile à l'intérieur du monde musulman, suite à l'échec de l'islamisme politique.
En lisant son livre, on peut renvoyer Américains et Européens dos à dos :
_ les Américains, aveuglés par l'idéologie neo-conservatrice, ont subi une défaite intellectuelle majeure en étant incapables d'analyser la situation orientale dans toute sa complexité. Ils ont attaqué l'ennemi (l'Irak) qui convenait à leur puissance (une armée classique) à la place de leur véritable ennemi (Ben Laden & Co) en réformant leurs forces pour s'y adapter. Pour Kepel, c'est une transposition stupide de la pensée de la guerre froide : islamisme = communisme, Moyen-Orient = pays de l'est, Irak = URSS.
_ les Européens, pour leur part, font preuve d'aveuglement en sens inverse : ils ne se rendent pas compte, malgré les attentats de Madrid, que la guerre contre l'islamisme terroriste les concerne tout autant que les Américains -quelques idiots inconscients se réjouissant même plus ou moins d'un possible échec américain en Irak- et que le résultat de cette guerre se joue chez eux, dans la capacité de leurs populations musulmanes à élaborer une doctrine compatible avec la vie moderne.
Kepel me paraît assez effrayé par les capacités d'endoctrinement des intégristes dans les banlieues françaises et invitent clairement à ne pas céder au chantage médiatique aux droits de l'homme, au droit à la différence et tout ce qu'on nous ressort dans les affaires de voile.
Ils qualifient les écolos, les catholiques et les gauchistes qui croient lutter pour la liberté de choix en défendant le voile d' "idiots utiles" (utiles aux islamistes), comme au bon vieux temps du communisme triomphant. En effet, la pression sociale et familiale est tellement forte que la liberté de ne pas choisir le voile est quasi-inexistante pour celles qui sont face au problème.
Le tableau est assez sombre : Al Quaida est dans une impasse politique qui le force à l'escalade de la violence et les gouvernements occidentaux se sont laissés aller à une dérive sécuritaire, dommageable pour le rayonnement des idéaux démocratiques , sans que l'efficacité de celle-ci soit prouvée.
Il reste un espoir au moyen-orient, tout entier basé sur une évolution positive de la majorité irakienne chiite, mais cet espoir d'amélioration est bien mince.
Kepel ne s'attarde pas sur le conflit israelo-palestinien : il semble penser que c'est une question fondamentale mais qu'elle est suffisamment connue en long en large et en travers pour ne pas y revenir.
Je pense qu'une politique forte à mettre en oeuvre chez nous est un programme forcené de substitution du pétrole, afin de ne plus être vulnérable de ce coté-là aux soubresauts orientaux et de couper les pétro-dollars aux islamistes de tout poil. Hélas, pour des raisons que je comprends mais qui ne me semblent pas à hauteur des enjeux,les gouvernements occidentaux répugnent à s'engager dans cette voie.
Kepel considère que l'islamisme terroriste est une forme de guerre civile à l'intérieur du monde musulman, suite à l'échec de l'islamisme politique.
En lisant son livre, on peut renvoyer Américains et Européens dos à dos :
_ les Américains, aveuglés par l'idéologie neo-conservatrice, ont subi une défaite intellectuelle majeure en étant incapables d'analyser la situation orientale dans toute sa complexité. Ils ont attaqué l'ennemi (l'Irak) qui convenait à leur puissance (une armée classique) à la place de leur véritable ennemi (Ben Laden & Co) en réformant leurs forces pour s'y adapter. Pour Kepel, c'est une transposition stupide de la pensée de la guerre froide : islamisme = communisme, Moyen-Orient = pays de l'est, Irak = URSS.
_ les Européens, pour leur part, font preuve d'aveuglement en sens inverse : ils ne se rendent pas compte, malgré les attentats de Madrid, que la guerre contre l'islamisme terroriste les concerne tout autant que les Américains -quelques idiots inconscients se réjouissant même plus ou moins d'un possible échec américain en Irak- et que le résultat de cette guerre se joue chez eux, dans la capacité de leurs populations musulmanes à élaborer une doctrine compatible avec la vie moderne.
Kepel me paraît assez effrayé par les capacités d'endoctrinement des intégristes dans les banlieues françaises et invitent clairement à ne pas céder au chantage médiatique aux droits de l'homme, au droit à la différence et tout ce qu'on nous ressort dans les affaires de voile.
Ils qualifient les écolos, les catholiques et les gauchistes qui croient lutter pour la liberté de choix en défendant le voile d' "idiots utiles" (utiles aux islamistes), comme au bon vieux temps du communisme triomphant. En effet, la pression sociale et familiale est tellement forte que la liberté de ne pas choisir le voile est quasi-inexistante pour celles qui sont face au problème.
Le tableau est assez sombre : Al Quaida est dans une impasse politique qui le force à l'escalade de la violence et les gouvernements occidentaux se sont laissés aller à une dérive sécuritaire, dommageable pour le rayonnement des idéaux démocratiques , sans que l'efficacité de celle-ci soit prouvée.
Il reste un espoir au moyen-orient, tout entier basé sur une évolution positive de la majorité irakienne chiite, mais cet espoir d'amélioration est bien mince.
Kepel ne s'attarde pas sur le conflit israelo-palestinien : il semble penser que c'est une question fondamentale mais qu'elle est suffisamment connue en long en large et en travers pour ne pas y revenir.
Je pense qu'une politique forte à mettre en oeuvre chez nous est un programme forcené de substitution du pétrole, afin de ne plus être vulnérable de ce coté-là aux soubresauts orientaux et de couper les pétro-dollars aux islamistes de tout poil. Hélas, pour des raisons que je comprends mais qui ne me semblent pas à hauteur des enjeux,les gouvernements occidentaux répugnent à s'engager dans cette voie.
mardi, janvier 25, 2005
Un mot à propos de l'expo Miyazaki-Moebius
Autant j'aime bien les auteurs autant l'expo m'a paru un peu courte.
Ce WE je vais essayer le musée Snecma à Melun-Villaroche. Je vous raconterai.
Ce WE je vais essayer le musée Snecma à Melun-Villaroche. Je vous raconterai.
Je me prépare à être Président des Etats Unis d'Amérique
En effet, je viens de voir la liste officielle des derniers livres lus par mon ami George W. Je vais les lire, je vous raconterai.
Le déficit est une drogue (mortelle)
Hop ! Le déficit budgétaire est moins important que prévu de 10 milliards d'euros et Le Monde demande déjà que le gouvernement distribue du pouvoir d'achat.
Passons sur le fait, pourtant économiquement fondamental, que l'idée même que le gouvernement puisse distribuer du pouvoir d'achat n'a aucun sens (le gouvernement ne fait que re-distribuer -la syllabe supplémentaire est très importante- du pouvoir d'achat, il n'en crée pas.).
Mais, mon bon monsieur, si le déficit est moins important que prévu, ce qu'il faut faire est très simple : absolument rien ; ni baisser les impots ni augmenter les fonctionnaires. Le déficit est moins important que prévu : saluons la nouvelle, c'est toujours ça qui n'ira pas grossir la dette.
Quant à baisser les impôts, je suis contre : la diminution des dépenses, si elle arrive un jour (in'ch Allah), doit servir à annuler le déficit.
Quant à augmenter les fonctionnaires, je suis contre une augmentation générale. Et le total des augmentations indivduelles doit être calculé de manière à ce qu'il reste un bénéfice sur le taux de non-remplacement des départs à la retraite.
Comme un fonctionnaire retraité coûte 60 % d'un actif, on ne peut commencer à distribuer des sous qu'avec un taux de remplacement inférieur à 5/10 (on tient compte du fait que certains fonctionnaires finissent quand même par mourir et que leur retraite ne coûte plus rien). Comme 10 % des fonctionnaires partent à la retraite chaque année, si on ne remplaçait aucun départ à la retraite, on pourrait distribuer 5 % d'augmentation moyenne. Mais comme, d'autre part, il est essentiel pour l'économie que le déficit se réduise, il ne reste plus grand'chose à distribuer (1), et tout cela en supposant que les départs à la retraite ne sont pas remplacés, ce qui est très loin d'être le cas en réalité.
(1) je suis sincèrement navré de faire ce constat : les intérêts du pays et les intérêts des fonctionnaires sont divergents, au moins en matière de flouze.
Passons sur le fait, pourtant économiquement fondamental, que l'idée même que le gouvernement puisse distribuer du pouvoir d'achat n'a aucun sens (le gouvernement ne fait que re-distribuer -la syllabe supplémentaire est très importante- du pouvoir d'achat, il n'en crée pas.).
Mais, mon bon monsieur, si le déficit est moins important que prévu, ce qu'il faut faire est très simple : absolument rien ; ni baisser les impots ni augmenter les fonctionnaires. Le déficit est moins important que prévu : saluons la nouvelle, c'est toujours ça qui n'ira pas grossir la dette.
Quant à baisser les impôts, je suis contre : la diminution des dépenses, si elle arrive un jour (in'ch Allah), doit servir à annuler le déficit.
Quant à augmenter les fonctionnaires, je suis contre une augmentation générale. Et le total des augmentations indivduelles doit être calculé de manière à ce qu'il reste un bénéfice sur le taux de non-remplacement des départs à la retraite.
Comme un fonctionnaire retraité coûte 60 % d'un actif, on ne peut commencer à distribuer des sous qu'avec un taux de remplacement inférieur à 5/10 (on tient compte du fait que certains fonctionnaires finissent quand même par mourir et que leur retraite ne coûte plus rien). Comme 10 % des fonctionnaires partent à la retraite chaque année, si on ne remplaçait aucun départ à la retraite, on pourrait distribuer 5 % d'augmentation moyenne. Mais comme, d'autre part, il est essentiel pour l'économie que le déficit se réduise, il ne reste plus grand'chose à distribuer (1), et tout cela en supposant que les départs à la retraite ne sont pas remplacés, ce qui est très loin d'être le cas en réalité.
(1) je suis sincèrement navré de faire ce constat : les intérêts du pays et les intérêts des fonctionnaires sont divergents, au moins en matière de flouze.
Montaigne en voyage
En 1580, Montaigne, prétextant de sa "maladie pierreuse" (calculs rénaux), part en voyage à travers l'Europe (France, Allemagne, Suisse, Italie) pour un an et demi, officiellement à la recherche de la meilleure cure thermale.
Il aime les voyages, s'il avait eu à choisir son destin, il aurait passé sa vie "le cul sur la selle". Voyageur curieux, il fait son miel de tout.
Ce qu'il dit de son écolier s'applique à lui-même : "Il sondera la portée d'un chacun : un bouvier, un masson, un passant, il faut tout mettre en besogne, et emprunter chacun selon sa marchandise : car tout sert en mesnage : la sottise mesmes, et foiblesse d'autruy luy sera instruction. A contreroller les graces et façons d'un chacun, il s'engendrera envie des bonnes, et mespris des mauvaises.
Qu'on luy mette en fantasie une honneste curiosité de s'enquerir de toutes choses : tout ce qu'il y aura de singulier autour de luy, il le verra : un bastiment, une fontaine, un homme, le lieu d'une battaille ancienne, le passage de Cæsar ou de Charlemaigne."
Sur ses motivations,il dit "Je sais bien ce je fuis et non pas ce que je cherche".
Et il précise sa pensée : "Nous n'avons pas faict marché, en nous mariant, de nous tenir continuellement accouez, l'un à l'autre, comme je ne sçay quels petits animaux que nous voyons d'une maniere chiennine. Et ne doibt une femme avoir les yeux si gourmandement fichez sur le devant de son mary, qu'elle n'en puisse veoir le derriere, où besoing est. "
Voilà qui est clair ! Mais un an et demi, tout de même ...
Il aime les voyages, s'il avait eu à choisir son destin, il aurait passé sa vie "le cul sur la selle". Voyageur curieux, il fait son miel de tout.
Ce qu'il dit de son écolier s'applique à lui-même : "Il sondera la portée d'un chacun : un bouvier, un masson, un passant, il faut tout mettre en besogne, et emprunter chacun selon sa marchandise : car tout sert en mesnage : la sottise mesmes, et foiblesse d'autruy luy sera instruction. A contreroller les graces et façons d'un chacun, il s'engendrera envie des bonnes, et mespris des mauvaises.
Qu'on luy mette en fantasie une honneste curiosité de s'enquerir de toutes choses : tout ce qu'il y aura de singulier autour de luy, il le verra : un bastiment, une fontaine, un homme, le lieu d'une battaille ancienne, le passage de Cæsar ou de Charlemaigne."
Sur ses motivations,il dit "Je sais bien ce je fuis et non pas ce que je cherche".
Et il précise sa pensée : "Nous n'avons pas faict marché, en nous mariant, de nous tenir continuellement accouez, l'un à l'autre, comme je ne sçay quels petits animaux que nous voyons d'une maniere chiennine. Et ne doibt une femme avoir les yeux si gourmandement fichez sur le devant de son mary, qu'elle n'en puisse veoir le derriere, où besoing est. "
Voilà qui est clair ! Mais un an et demi, tout de même ...
A380 contre ipod
Dans l'un de ses éditoriaux, « Business Week » revient sur la cérémonie de lancement de l'A380. L'hebdomadaire de souligner une nouvelle fois à quel point « cet énorme avion à deux ponts est un oiseau impressionnant », mais surtout « un remarquable étalage de prouesses technologiques et industrielles », qu'il s'agisse des matériaux composites utilisés pour alléger son poids ou bien de la flotte de barges et de camions gigantesques qui ont servi pour transporter à Toulouse ses énormes composants.
Autant « Business Week » ne semble pas douter du succès commercial de cet avion, même s'il souligne qu'avec 149 commandes fermes rien n'est encore acquis pour ce projet dont le point mort sera atteint lorsqu'il comptera enfin 250 achats. Autant l'hebdomadaire s'interroge sur les leçons que les chefs d'Etat présents le 18 janvier à Toulouse ont voulu tirer de cet événement en affichant « leur enthousiasme pour la création de champions européens dans les domaines du transport, des télécoms et de l'énergie ».
« Le problème, souligne «Business Week», c'est que les gouvernements sont bien connus pour leur maladresse à choisir les bons champions industriels. La France, par exemple, a consacré des milliards à tenter de bâtir une industrie informatique nationale. » Aussi l'hebdomadaire américain recommande plutôt aux gouvernements de doper les efforts en matière de recherche et de développement, dont les dépenses représentent 2 % du produit intérieur brut alors qu'elles atteignent 2,8 % aux Etats-Unis. Et l'éditorialiste de conclure en affirmant que l'Europe serait bien avisée d'améliorer les crédits d'impôts pour la recherche, de faciliter les formalités ou d'alléger le fardeau fiscal qui pèse sur les start-up. « Le super jumbo Airbus est impressionnant, rappelle-t-il. Mais l'iPod d'Apple Computer l'est tout autant. »
Je ne vous étonnerais pas (si vous avez lu mes messages précédents) en vous disant que l'intervention étatique en économie (1) me paraît illégitime et inefficace. Les échecs (aurais je la cruauté de rappeler Bull et le Crédit Lyonnais ?) sont plus nombreux que les réussites.
C'est pourquoi l'idée d'agence de l'innovation me fout une trouille bleue : encore un machin couteux et néfaste.
L'Etat veut faire quelque chose pour l'industrie, sans effets secondaires dévastateurs parce que partant d'un principe économique sain ? Facile : qu'il annule le déficit et qu'il réduise la dette. Sans même baisser les impots, l'effet serait positif.
Mais j'ai bien peur que, pour la génération actuelle de politiciens, l'idée que ce que l'Etat puisse faire de mieux dans certains cas, c'est de ne pas s'en mêler, de ne pas avoir d'avis, est irrémédiablement perdue.
(1) pour moi, "intervention étatique" s'oppose à "politique économique", qui consiste non pas à orienter le cours de la vie économique mais à fournir un cadre réglementaire stable, clair et stimulant. Donc, suivant cette définition, tout ce qu'on nomme aujourd'hui "politique industrielle", c'est de l'interventionnisme (fébrile) et non de la politique.
Par exemple, un débat public sur la bio-éthique, sur la génétique, sur les cellules-souche (débat qui a eu lieu chez ces ignares d'Américains pendant les présidentielles) permettrait de fournir au entreprises de recherche en biologie un cadre réglementaire stable car issu d'un processus démocratique.
Autant « Business Week » ne semble pas douter du succès commercial de cet avion, même s'il souligne qu'avec 149 commandes fermes rien n'est encore acquis pour ce projet dont le point mort sera atteint lorsqu'il comptera enfin 250 achats. Autant l'hebdomadaire s'interroge sur les leçons que les chefs d'Etat présents le 18 janvier à Toulouse ont voulu tirer de cet événement en affichant « leur enthousiasme pour la création de champions européens dans les domaines du transport, des télécoms et de l'énergie ».
« Le problème, souligne «Business Week», c'est que les gouvernements sont bien connus pour leur maladresse à choisir les bons champions industriels. La France, par exemple, a consacré des milliards à tenter de bâtir une industrie informatique nationale. » Aussi l'hebdomadaire américain recommande plutôt aux gouvernements de doper les efforts en matière de recherche et de développement, dont les dépenses représentent 2 % du produit intérieur brut alors qu'elles atteignent 2,8 % aux Etats-Unis. Et l'éditorialiste de conclure en affirmant que l'Europe serait bien avisée d'améliorer les crédits d'impôts pour la recherche, de faciliter les formalités ou d'alléger le fardeau fiscal qui pèse sur les start-up. « Le super jumbo Airbus est impressionnant, rappelle-t-il. Mais l'iPod d'Apple Computer l'est tout autant. »
Je ne vous étonnerais pas (si vous avez lu mes messages précédents) en vous disant que l'intervention étatique en économie (1) me paraît illégitime et inefficace. Les échecs (aurais je la cruauté de rappeler Bull et le Crédit Lyonnais ?) sont plus nombreux que les réussites.
C'est pourquoi l'idée d'agence de l'innovation me fout une trouille bleue : encore un machin couteux et néfaste.
L'Etat veut faire quelque chose pour l'industrie, sans effets secondaires dévastateurs parce que partant d'un principe économique sain ? Facile : qu'il annule le déficit et qu'il réduise la dette. Sans même baisser les impots, l'effet serait positif.
Mais j'ai bien peur que, pour la génération actuelle de politiciens, l'idée que ce que l'Etat puisse faire de mieux dans certains cas, c'est de ne pas s'en mêler, de ne pas avoir d'avis, est irrémédiablement perdue.
(1) pour moi, "intervention étatique" s'oppose à "politique économique", qui consiste non pas à orienter le cours de la vie économique mais à fournir un cadre réglementaire stable, clair et stimulant. Donc, suivant cette définition, tout ce qu'on nomme aujourd'hui "politique industrielle", c'est de l'interventionnisme (fébrile) et non de la politique.
Par exemple, un débat public sur la bio-éthique, sur la génétique, sur les cellules-souche (débat qui a eu lieu chez ces ignares d'Américains pendant les présidentielles) permettrait de fournir au entreprises de recherche en biologie un cadre réglementaire stable car issu d'un processus démocratique.
lundi, janvier 24, 2005
Petit plaisir de pilote
je trainais une frustration de pilote qui n'a pas volé depuis le 22 novembre pour cause de météo contrariante.
Voyant qu'un beau temps relatif s'établissait aujourd'hui sur la région parisienne, je me suis organisé pour voler.
Avec mon instructeur préféré, nous avons décollé avec 15 noeuds de vent, rafales à 20, plein travers (rare à Toussus le vent plein travers). L'avion, un DR 315, est officiellement limité à 22 noeuds plein travers, c'est-à-dire qu'au dessus, nous ne sommes plus assurés si l'atterrissage se passe mal.
C'était des atterrissages de dahu, avion très incliné dans le vent à l'arrondi pour compenser, mais je me suis bien amusé. Quelques rafales à 25 noeuds.
C'est amusant comme tout de fignoler dans ses conditions parce qu'il n'y a pas de marges : trop vite, l'avion ne pose pas ; trop lent, le vent prend le dessus.
La dernière finale bien calée, sur le plan, la vitesse bien scotchée, avec le nez qui compense la dérive, un vrai plaisir.
Les pilotes comprendront, les autres n'ont qu'à apprendre à piloter.
Voyant qu'un beau temps relatif s'établissait aujourd'hui sur la région parisienne, je me suis organisé pour voler.
Avec mon instructeur préféré, nous avons décollé avec 15 noeuds de vent, rafales à 20, plein travers (rare à Toussus le vent plein travers). L'avion, un DR 315, est officiellement limité à 22 noeuds plein travers, c'est-à-dire qu'au dessus, nous ne sommes plus assurés si l'atterrissage se passe mal.
C'était des atterrissages de dahu, avion très incliné dans le vent à l'arrondi pour compenser, mais je me suis bien amusé. Quelques rafales à 25 noeuds.
C'est amusant comme tout de fignoler dans ses conditions parce qu'il n'y a pas de marges : trop vite, l'avion ne pose pas ; trop lent, le vent prend le dessus.
La dernière finale bien calée, sur le plan, la vitesse bien scotchée, avec le nez qui compense la dérive, un vrai plaisir.
Les pilotes comprendront, les autres n'ont qu'à apprendre à piloter.
Des espions sous contrôle du Pentagone opéreraient dans le monde
Résumé de l'article :
Le Pentagone aurait créé une agence de renseignement secrète qui mène des opérations clandestines à l'étranger, sous le contrôle direct du ministre de la défense américain, Donald Rumsfeld, écrivait le Washington Post dans son édition du dimanche 23 janvier.
Cette unité, appelée Unité de soutien stratégique (Strategic Support Branch), opérerait déjà depuis deux ans notamment en Irak et en Afghanistan, selon le Post, qui cite des documents et des entretiens avec des membres de cette unité, sous le couvert de l'anonymat.
Cette organisation secrète doit également fournir des informations sur le côté "humain" du renseignement, comme les interrogatoires de prisonniers et le recrutement d'espions étrangers.
Parmi ces agents peuvent figurer des personnalités tristement célèbres dont l'association officielle avec le gouvernement américain serait embarrassante, toujours selon les documents cités par le Post.
S'appuyant sur des documents du Pentagone et des entretiens avec des officiels, le journal affirme que M. Rumsfeld a créé cette structure pour en finir avec sa "dépendance quasi totale" à l'égard de la CIA en matière de "renseignement humain" (par opposition au renseignement technologique basé sur les observations satellite ou les écoutes).
Le général William Boykin [connu pour son intégrisme et ses propos anti-musulmans], sous-secrétaire adjoint chargé du renseignement, a admis que M. Rumsfeld souhaitait assumer le commandement de certaines missions jusque-là conduites par la CIA, poursuit le Washington Post, dont les informations recoupent partiellement l'article publié la semaine passée dans le New Yorker et qui affirme lui aussi que "la CIA continuera d'être rétrogradée" et que "Rumsfeld deviendra encore plus important durant le second mandat" de George W. Bush.
"La guerre contre le terrorisme serait étendue et placée en réalité sous le contrôle du Pentagone", ajoutait Seymour Hersh dans le New Yorker.
Cette division secrète serait financée par un redéploiement interne du budget du Pentagone, échappant de fait à un contrôle parlementaire, et sa création n'a pas été explicitement approuvée par le Congrès, poursuit le Post.
Cette création donne à M. Rumsfeld un pouvoir que n'avait pas ses prédécesseurs sur les activités de renseignement, alors même que le Congrès cherche à regrouper toutes les agences travaillant dans ce domaine sous l'autorité d'un chef unique.
M. Rumsfeld est très opposé à cette idée, et a largement contribué à retarder la réforme des services de renseignement entreprise par le Congrès.
Cité dans le Post, Thomas O'Connell, secrétaire assistant à la défense chargé des opérations spéciales, déclare que Donald Rumsfeld s'est débarrassé du "mode de pensée obtus" et des "mentalités timorées" d'anciens responsables du Pentagone.
Analyse :
On ne peut exagérer l'importance de cette nouvelle.
Elle montre à quel point Washington est aujourd'hui dirigé par des idéléogues (idéologie : quand la réalité et le discours se contredisent, tout mettre en oeuvre pour nier la réalité). Cette attitude est grosse de décisions désastreuses.
De plus, c'est un contournement (un de plus) par le Pentagone de l'idéal américain de contrôle démocratique des institutions.
Norman Mailer a écrit peu après le 11 septembre 2001 pour dire qu'il trouvait que le gouverment Bush avait des initiatives fascisantes. On voit bien dans la phrase sur les "timorés" le culte de la force et de l'action pour l'action.
C'est outrancier d'aller plus loin que de parler de tendances ; mais il est vrai que l'idéal démocratique, pourtant mis en avant vers l'extérieur, ne semble pas au coeur des pensées de l'équipe Bush.
Lien :Des espions sous controle du Pentagone
Le Pentagone aurait créé une agence de renseignement secrète qui mène des opérations clandestines à l'étranger, sous le contrôle direct du ministre de la défense américain, Donald Rumsfeld, écrivait le Washington Post dans son édition du dimanche 23 janvier.
Cette unité, appelée Unité de soutien stratégique (Strategic Support Branch), opérerait déjà depuis deux ans notamment en Irak et en Afghanistan, selon le Post, qui cite des documents et des entretiens avec des membres de cette unité, sous le couvert de l'anonymat.
Cette organisation secrète doit également fournir des informations sur le côté "humain" du renseignement, comme les interrogatoires de prisonniers et le recrutement d'espions étrangers.
Parmi ces agents peuvent figurer des personnalités tristement célèbres dont l'association officielle avec le gouvernement américain serait embarrassante, toujours selon les documents cités par le Post.
S'appuyant sur des documents du Pentagone et des entretiens avec des officiels, le journal affirme que M. Rumsfeld a créé cette structure pour en finir avec sa "dépendance quasi totale" à l'égard de la CIA en matière de "renseignement humain" (par opposition au renseignement technologique basé sur les observations satellite ou les écoutes).
Le général William Boykin [connu pour son intégrisme et ses propos anti-musulmans], sous-secrétaire adjoint chargé du renseignement, a admis que M. Rumsfeld souhaitait assumer le commandement de certaines missions jusque-là conduites par la CIA, poursuit le Washington Post, dont les informations recoupent partiellement l'article publié la semaine passée dans le New Yorker et qui affirme lui aussi que "la CIA continuera d'être rétrogradée" et que "Rumsfeld deviendra encore plus important durant le second mandat" de George W. Bush.
"La guerre contre le terrorisme serait étendue et placée en réalité sous le contrôle du Pentagone", ajoutait Seymour Hersh dans le New Yorker.
Cette division secrète serait financée par un redéploiement interne du budget du Pentagone, échappant de fait à un contrôle parlementaire, et sa création n'a pas été explicitement approuvée par le Congrès, poursuit le Post.
Cette création donne à M. Rumsfeld un pouvoir que n'avait pas ses prédécesseurs sur les activités de renseignement, alors même que le Congrès cherche à regrouper toutes les agences travaillant dans ce domaine sous l'autorité d'un chef unique.
M. Rumsfeld est très opposé à cette idée, et a largement contribué à retarder la réforme des services de renseignement entreprise par le Congrès.
Cité dans le Post, Thomas O'Connell, secrétaire assistant à la défense chargé des opérations spéciales, déclare que Donald Rumsfeld s'est débarrassé du "mode de pensée obtus" et des "mentalités timorées" d'anciens responsables du Pentagone.
Analyse :
On ne peut exagérer l'importance de cette nouvelle.
Elle montre à quel point Washington est aujourd'hui dirigé par des idéléogues (idéologie : quand la réalité et le discours se contredisent, tout mettre en oeuvre pour nier la réalité). Cette attitude est grosse de décisions désastreuses.
De plus, c'est un contournement (un de plus) par le Pentagone de l'idéal américain de contrôle démocratique des institutions.
Norman Mailer a écrit peu après le 11 septembre 2001 pour dire qu'il trouvait que le gouverment Bush avait des initiatives fascisantes. On voit bien dans la phrase sur les "timorés" le culte de la force et de l'action pour l'action.
C'est outrancier d'aller plus loin que de parler de tendances ; mais il est vrai que l'idéal démocratique, pourtant mis en avant vers l'extérieur, ne semble pas au coeur des pensées de l'équipe Bush.
Lien :Des espions sous controle du Pentagone
Abandon de poste
On savait déjà Jacques Chirac une cellule de soutien psychologique à lui tout seul. Voilà que Hervé Gaymard déclare que la France souffre de dépression nerveuse.
Comparaison n'est pas raison. On sent bien l'utilité pour nos dirigeants de telles analogies : la dépression est une maladie floue, avec des causes "naturelles" difficiles à cerner, à ranger dans la catégorie des aleas de la météo et les tsunamis.
Mais, à mon avis (voir mes messages précédents), rien n'est plus faux : la cause du malaise des
Français est parfaitement identifiable à qui veut se donner la peine de regarder. C'est l'obstination des politiques à appliquer depuis vingt ans les mêmes recettes inefficaces, dont la seule vertu est, au fond, de renforcer le pouvoir de l'Etat et donc le leur propre pouvoir.
Or, mécanisme psychologique bien connu, pour que les Français retrouvent confiance en eux et en l'avenir, il faut leur faire confiance et leur donner la parole.
Cela ne veut pas dire céder au premier braillard bovésiste venu, c'est une autre forme de fuite des responsabilités. Cela veut dire organiser une décentralisation où ils sentent autre chose que des jeux d'appareils et une vraie volonté de l'Etat de lâcher du lest en leur faveur.
Pour marquer le coup, il faudrait commencer par une mesure symbolique qui montrerait que la réforme, ce n'est pas toujours pour le français moyen mais aussi pour les hommes politiques : supprimer les départements.
Comparaison n'est pas raison. On sent bien l'utilité pour nos dirigeants de telles analogies : la dépression est une maladie floue, avec des causes "naturelles" difficiles à cerner, à ranger dans la catégorie des aleas de la météo et les tsunamis.
Mais, à mon avis (voir mes messages précédents), rien n'est plus faux : la cause du malaise des
Français est parfaitement identifiable à qui veut se donner la peine de regarder. C'est l'obstination des politiques à appliquer depuis vingt ans les mêmes recettes inefficaces, dont la seule vertu est, au fond, de renforcer le pouvoir de l'Etat et donc le leur propre pouvoir.
Or, mécanisme psychologique bien connu, pour que les Français retrouvent confiance en eux et en l'avenir, il faut leur faire confiance et leur donner la parole.
Cela ne veut pas dire céder au premier braillard bovésiste venu, c'est une autre forme de fuite des responsabilités. Cela veut dire organiser une décentralisation où ils sentent autre chose que des jeux d'appareils et une vraie volonté de l'Etat de lâcher du lest en leur faveur.
Pour marquer le coup, il faudrait commencer par une mesure symbolique qui montrerait que la réforme, ce n'est pas toujours pour le français moyen mais aussi pour les hommes politiques : supprimer les départements.
dimanche, janvier 23, 2005
Bouquins : Fortune de France (Robert Merle)
FFFF
C'est vite lu : il n'y a qu'une bonne douzaine de tômes. Les aventures de Pierre de Siorac, par Robert Merle, tout au long des guerres de religion.
L'auteur étant mort récemment, la série est finie. Sur la fin, ça commençait à faiblir, mais les premiers tomes sont vraiment instructifs, captivants et agréables.
Robert Merle a truffé ses récits d'expressions savoureuses du XVIème siècle sans en rendre la lecture difficile.
Allez, je m'en vas à la repue de midi avec une faim chiennine.
samedi, janvier 22, 2005
Marcel Rufo : Adolescents et famille
Un lien vers une conférence très marrante et très instructive de Marcel Rufo sur les adolescents.
Lien : Marcel Rufo : Adolescents et famille
Lien : Marcel Rufo : Adolescents et famille
Une inspiration vénitienne
A Venise, les charges politiques n'étaient exercées que par les riches et quelqu'un désigné ne pouvait refuser sa charge. Pourquoi ?
Parce que les charges coûtaient cher et procuraient plus de soucis que d'honneur.
La république de Venise a vécu 700 ans.
Je ne sais pas comment nous pourrions nous en inspirer, mais, d'une manière ou d'une autre, il faudrait tuer toute possibilité de carrière politique. Les malheureuses expériences Chirac et
Mitterrand de carriéristes au long cours devraient nous vacciner.
La limitation drastique du renouvellement et du cumul des mandats (2 mandats en même temps max, 2 mandats consécutifs max) serait un bon début.
Parce que les charges coûtaient cher et procuraient plus de soucis que d'honneur.
La république de Venise a vécu 700 ans.
Je ne sais pas comment nous pourrions nous en inspirer, mais, d'une manière ou d'une autre, il faudrait tuer toute possibilité de carrière politique. Les malheureuses expériences Chirac et
Mitterrand de carriéristes au long cours devraient nous vacciner.
La limitation drastique du renouvellement et du cumul des mandats (2 mandats en même temps max, 2 mandats consécutifs max) serait un bon début.
Le noeud gordien
J'ai appris au cours de mes études d'ingénieur que, quand on n'arrive pas à résoudre un problème, il faut le reformuler. Au cours d'un stage "Gestion des conflits", j'ai appris le même genre de technique.
C'est la technique qu'a appliquée Alexandre en tranchant le noeud gordien : il a posé différemment le problème de délier le noeud.
J'ai une haute opinion de la fonction politique et pas mal de mépris pour ceux qui l'exercent. Pourquoi ?
Parce que ce sont des prisonniers.
Ils sont prisonniers d'être des politiques professionnels et de faire carrière pendant des décennies (Luc Ferry et Francis Mer pensent que c'est parce qu'ils ne savent pas faire grand'chose d'autre !). Cela impose de ne pas déplaire. Ils sont lâches.
On tombe donc dans la fiction du consensus et on se donne l'illusion de l'action avec la couteuse agitation étatique.
Cela vient du vieux fond de monarchisme français : un seul peuple uni sous la poigne du roi et de son administration.
Mais la démocratie est bien différente : des groupes opposent légitimement leurs intérêts. Chasseurs et écolos, salariés et fonctionnaires, jeunes et vieux, etc ...
Puisque les vieilles techniques, consensus et interventions étatiques, se sont révélées depuis vingt ans impuissantes, tranchons le noeud :
_ divisons les Français, faisons surgir les débats sur les sujets qui fâchent, arrêtons de ne parler que de sujets compasionnels (tsunami, lutte contre le cancer, etc ...)
_ au lieu de nous demander ce que l'Etat peut faire, demandons nous ce qu'il peut arrêter de faire
C'est la technique qu'a appliquée Alexandre en tranchant le noeud gordien : il a posé différemment le problème de délier le noeud.
J'ai une haute opinion de la fonction politique et pas mal de mépris pour ceux qui l'exercent. Pourquoi ?
Parce que ce sont des prisonniers.
Ils sont prisonniers d'être des politiques professionnels et de faire carrière pendant des décennies (Luc Ferry et Francis Mer pensent que c'est parce qu'ils ne savent pas faire grand'chose d'autre !). Cela impose de ne pas déplaire. Ils sont lâches.
On tombe donc dans la fiction du consensus et on se donne l'illusion de l'action avec la couteuse agitation étatique.
Cela vient du vieux fond de monarchisme français : un seul peuple uni sous la poigne du roi et de son administration.
Mais la démocratie est bien différente : des groupes opposent légitimement leurs intérêts. Chasseurs et écolos, salariés et fonctionnaires, jeunes et vieux, etc ...
Puisque les vieilles techniques, consensus et interventions étatiques, se sont révélées depuis vingt ans impuissantes, tranchons le noeud :
_ divisons les Français, faisons surgir les débats sur les sujets qui fâchent, arrêtons de ne parler que de sujets compasionnels (tsunami, lutte contre le cancer, etc ...)
_ au lieu de nous demander ce que l'Etat peut faire, demandons nous ce qu'il peut arrêter de faire
La machine infernale tourne à fond
Voici une dépêche Reuters :
L'Agence France Trésor (AFT) a procédé jeudi à une adjudication sur la ligne d'obligations assimilables du Trésor indexées sur l'inflation française hors-tabac (OATI) à échéance 25 juillet 2029 pour un montant de 406 millions d'euros.
L'AFT a également procédé à une adjudication sur la ligne d'obligations assimilables du Trésor indexées sur l'inflation européenne hors-tabac (OATeI) à échéance 25 juillet 2015 d'un montant de 1,089 milliard d'euros, selon un communiqué.
Sur ces deux lignes, la date de règlement a été fixée au 25 janvier 2005.
Sur la ligne OATeI à 1,60%, échéance 25 juillet 2015, le taux moyen pondéré (TMP) a été de 1,40% contre 1,57% lors de la dernière adjudication, le 18 novembre 2004.
Sur la ligne OATI à 3,40%, échéance 25 juillet 2029, le TMP a été de 1,74% contre 2,36% lors de la dernière adjudication, le 15 juillet 2004.
Qu'est ce que ça veut dire en bon Français ? Ca veut dire que non seulement l'Etat français continue à s'endetter à fond et que, redoutable innovation, cela se fait maintenant à des taux indexés sur l'inflation.
Donc une reprise de l'inflation nous soulagerait beaucoup moins qu'auparavant. Bref, nous sommes de plus en plus piégés par la dette.
A quelque chose malheur est bon, ça nous évitera peut-être la fausse solution de l'inflation.
Encore qu'il ne faut pas trop espérer : nos gouvernants sont tout à fait capables de cumuler les erreurs.
L'Agence France Trésor (AFT) a procédé jeudi à une adjudication sur la ligne d'obligations assimilables du Trésor indexées sur l'inflation française hors-tabac (OATI) à échéance 25 juillet 2029 pour un montant de 406 millions d'euros.
L'AFT a également procédé à une adjudication sur la ligne d'obligations assimilables du Trésor indexées sur l'inflation européenne hors-tabac (OATeI) à échéance 25 juillet 2015 d'un montant de 1,089 milliard d'euros, selon un communiqué.
Sur ces deux lignes, la date de règlement a été fixée au 25 janvier 2005.
Sur la ligne OATeI à 1,60%, échéance 25 juillet 2015, le taux moyen pondéré (TMP) a été de 1,40% contre 1,57% lors de la dernière adjudication, le 18 novembre 2004.
Sur la ligne OATI à 3,40%, échéance 25 juillet 2029, le TMP a été de 1,74% contre 2,36% lors de la dernière adjudication, le 15 juillet 2004.
Qu'est ce que ça veut dire en bon Français ? Ca veut dire que non seulement l'Etat français continue à s'endetter à fond et que, redoutable innovation, cela se fait maintenant à des taux indexés sur l'inflation.
Donc une reprise de l'inflation nous soulagerait beaucoup moins qu'auparavant. Bref, nous sommes de plus en plus piégés par la dette.
A quelque chose malheur est bon, ça nous évitera peut-être la fausse solution de l'inflation.
Encore qu'il ne faut pas trop espérer : nos gouvernants sont tout à fait capables de cumuler les erreurs.
Les mots
Un petit éditorial du Point :
Comment, en notre beau pays, habiller l'inertie politique ? Par quelles postures faire oublier l'impuissance lorsque les vaches sacrées de l'« avantage acquis » et la tyrannie du statu quo paralysent le pouvoir ? Comment faire illusion, comment s'illusionner ?
Pierre Mazeaud, président du Conseil constitutionnel, pointe publiquement l'incontinence législative : on demande à des lois pléthoriques de répondre à tout incident public monté en graine. Lois de circonstance, vides de dispositions « normatives », gonflées de déclarations d'intention, de proclamations édifiantes, de « politiquement correct » et autres vessies déguisées en lanternes.
Pierre Mazeaud parle d'or. Mais le verbiage législatif n'est qu'une variété de l'empire du Verbe substitué à l'action. A entendre nos caciques, on doit parfois se pincer : ne sont-ils pas eux-mêmes - et souvent depuis belle lurette ! - acteurs d'un pouvoir dont ils déplorent si justement les défaillances ? Jusque dans l'exercice annuel des voeux, à l'Elysée, à Matignon, le « voeu pieux » relève de l'art déclaratif, lequel nomme, énonce, promet, se grise de projets contradictoires, bref remplace par l'invocation le plat calendrier des mesures à prendre. A croire que la représentation élue ne retient que sa fonction « représentative », sa capacité à épouser les aspirations publiques. Et oublie l'action qu'elle a pour mission de conduire. Que devient un « pouvoir » qui peut de moins en moins ?
Ce n'est pas, bien sûr, de gaieté de coeur que le pouvoir réforme avec tant de lenteur, de craintes et de renoncements. Il espère toujours que le temps et la méthode Coué permettront à la France de combler le retard qui se creuse. Il redoute qu'en pressant le pas la résistance, ici ou là, de quelque Bastille syndicale n'allume une mauvaise mèche et que se dresse l'épouvantail d'une flambée incontrôlée de grèves du service public.
Il se trouve, hélas, qu'à ce jeu-là et au fil des ans une médiocrité résignée envahit la nation. La croissance patine à 1,95 % de moyenne entre 1992 et 2002. Quant au chômage - que presque toutes les grandes démocraties réduisent avec succès -, il est désormais si bien établi chez nous qu'on en vient à se féliciter... qu'il n'augmente pas. Nicolas Baverez n'est plus seul à peindre « la France qui tombe ». Le bilan de l'excellent Camdessus, les évaluations de l'OCDE ou de la Banque européenne d'investissements, les confidences de quelques hiérarques de Bercy, voire le rapport Beffa sur les retards de nos industries de pointe, tout suggère que l'atermoiement coûte de plus en plus cher et rend le rattrapage de plus en plus illusoire. Il nous faudrait une cure à l'anglaise, ou désormais à l'allemande. Nous en sommes loin !
Pour ne rien arranger, avec la mondialisation et les bas salaires d'Asie, la compétition s'accroît pour toutes nos entreprises, tandis que les exigences d'un actionnariat boulimique excluent les moins rentables. Ainsi se débattent-elles de plus en plus entre une « concurrence destructrice d'emplois et une exigence croissante de rentabilité immédiate ».
Le libéral bon teint qui me peint cet étouffoir ne recommande pas pour autant le bouche-à-bouche étatique. Ce n'est pas d'assistances nouvelles, et encore moins de dirigisme, que nos entreprises ont besoin. Elles veulent tout simplement moins de charges et moins d'interdits pour courir mieux. Ce n'est pas chez nous que fonctionne la « destruction créatrice » où les emplois détruits sont aussitôt remplacés par des emplois au moins aussi nombreux nés de l'innovation. N'y rêvons pas ! L'« exception française » refuse cette voie libérale qui réussit ailleurs. Elle se cramponne au vieil emplâtre social partout ailleurs rejeté.
Alors, prenons garde que sous la feinte sérénité de la France d'en haut ne se répande dans la France d'en bas une dangereuse nappe de grisou !
Comme on l'imagine, dans ce climat, la consultation référendaire du prochain printemps devient épineuse. L'acrimonie nationale y trouvera une occasion - déplacée mais commode - de se débonder. Elle s'ajoutera à l'hypothèque de la question turque, peu aisée à écarter du débat tant l'adhésion ottomane implique une certaine idée de l'Europe qui déplaît à des Européens aussi convaincus que je puis l'être. Les stratèges de cet élargissement mirobolant, quand ils effacent si légèrement de leurs calculs les disparités culturelles, rappellent fâcheusement l'aveuglement de notre politique d'immigration. Elle était évidemment nécessaire, mais la naïveté et l'incurie avec lesquelles elle fut gérée en ont fait un boulet. Et ont contrarié l'intégration qui en eût fait un atout.
Alors quoi ? Le vote « oui » - mais oui ! - reste tout de même le seul raisonnable. On ne va pas « jeter » l'Europe existante sous le prétexte que des songe-creux songent à la dénaturer ! L'Europe est pour la France le seul viatique. Mais gare au grand steeple-chase de printemps !
© le point 13/01/05 - N°1687 - Page 3 - 769 mots
Comment, en notre beau pays, habiller l'inertie politique ? Par quelles postures faire oublier l'impuissance lorsque les vaches sacrées de l'« avantage acquis » et la tyrannie du statu quo paralysent le pouvoir ? Comment faire illusion, comment s'illusionner ?
Pierre Mazeaud, président du Conseil constitutionnel, pointe publiquement l'incontinence législative : on demande à des lois pléthoriques de répondre à tout incident public monté en graine. Lois de circonstance, vides de dispositions « normatives », gonflées de déclarations d'intention, de proclamations édifiantes, de « politiquement correct » et autres vessies déguisées en lanternes.
Pierre Mazeaud parle d'or. Mais le verbiage législatif n'est qu'une variété de l'empire du Verbe substitué à l'action. A entendre nos caciques, on doit parfois se pincer : ne sont-ils pas eux-mêmes - et souvent depuis belle lurette ! - acteurs d'un pouvoir dont ils déplorent si justement les défaillances ? Jusque dans l'exercice annuel des voeux, à l'Elysée, à Matignon, le « voeu pieux » relève de l'art déclaratif, lequel nomme, énonce, promet, se grise de projets contradictoires, bref remplace par l'invocation le plat calendrier des mesures à prendre. A croire que la représentation élue ne retient que sa fonction « représentative », sa capacité à épouser les aspirations publiques. Et oublie l'action qu'elle a pour mission de conduire. Que devient un « pouvoir » qui peut de moins en moins ?
Ce n'est pas, bien sûr, de gaieté de coeur que le pouvoir réforme avec tant de lenteur, de craintes et de renoncements. Il espère toujours que le temps et la méthode Coué permettront à la France de combler le retard qui se creuse. Il redoute qu'en pressant le pas la résistance, ici ou là, de quelque Bastille syndicale n'allume une mauvaise mèche et que se dresse l'épouvantail d'une flambée incontrôlée de grèves du service public.
Il se trouve, hélas, qu'à ce jeu-là et au fil des ans une médiocrité résignée envahit la nation. La croissance patine à 1,95 % de moyenne entre 1992 et 2002. Quant au chômage - que presque toutes les grandes démocraties réduisent avec succès -, il est désormais si bien établi chez nous qu'on en vient à se féliciter... qu'il n'augmente pas. Nicolas Baverez n'est plus seul à peindre « la France qui tombe ». Le bilan de l'excellent Camdessus, les évaluations de l'OCDE ou de la Banque européenne d'investissements, les confidences de quelques hiérarques de Bercy, voire le rapport Beffa sur les retards de nos industries de pointe, tout suggère que l'atermoiement coûte de plus en plus cher et rend le rattrapage de plus en plus illusoire. Il nous faudrait une cure à l'anglaise, ou désormais à l'allemande. Nous en sommes loin !
Pour ne rien arranger, avec la mondialisation et les bas salaires d'Asie, la compétition s'accroît pour toutes nos entreprises, tandis que les exigences d'un actionnariat boulimique excluent les moins rentables. Ainsi se débattent-elles de plus en plus entre une « concurrence destructrice d'emplois et une exigence croissante de rentabilité immédiate ».
Le libéral bon teint qui me peint cet étouffoir ne recommande pas pour autant le bouche-à-bouche étatique. Ce n'est pas d'assistances nouvelles, et encore moins de dirigisme, que nos entreprises ont besoin. Elles veulent tout simplement moins de charges et moins d'interdits pour courir mieux. Ce n'est pas chez nous que fonctionne la « destruction créatrice » où les emplois détruits sont aussitôt remplacés par des emplois au moins aussi nombreux nés de l'innovation. N'y rêvons pas ! L'« exception française » refuse cette voie libérale qui réussit ailleurs. Elle se cramponne au vieil emplâtre social partout ailleurs rejeté.
Alors, prenons garde que sous la feinte sérénité de la France d'en haut ne se répande dans la France d'en bas une dangereuse nappe de grisou !
Comme on l'imagine, dans ce climat, la consultation référendaire du prochain printemps devient épineuse. L'acrimonie nationale y trouvera une occasion - déplacée mais commode - de se débonder. Elle s'ajoutera à l'hypothèque de la question turque, peu aisée à écarter du débat tant l'adhésion ottomane implique une certaine idée de l'Europe qui déplaît à des Européens aussi convaincus que je puis l'être. Les stratèges de cet élargissement mirobolant, quand ils effacent si légèrement de leurs calculs les disparités culturelles, rappellent fâcheusement l'aveuglement de notre politique d'immigration. Elle était évidemment nécessaire, mais la naïveté et l'incurie avec lesquelles elle fut gérée en ont fait un boulet. Et ont contrarié l'intégration qui en eût fait un atout.
Alors quoi ? Le vote « oui » - mais oui ! - reste tout de même le seul raisonnable. On ne va pas « jeter » l'Europe existante sous le prétexte que des songe-creux songent à la dénaturer ! L'Europe est pour la France le seul viatique. Mais gare au grand steeple-chase de printemps !
© le point 13/01/05 - N°1687 - Page 3 - 769 mots
Petite devinette
Pourquoi les Russes n'ont ils eu, au temps de la guerre du Liban, qu'un otage, qui a par ailleurs été libéré assez rapidement ?
Réponse dans quelques messages.
Réponse dans quelques messages.
L'avantage comparatif et l'indemnisation du chômage
Le principe de l'avantage comparatif (voir message précédent) garantit que chacun trouve un travail où il est plus productif. Il en découle deux conséquences directes :
_ les emplois subventionnés , par définition non-productifs (puisqu'ils n'auraient pas été créé sans subventions) faussent le fonctionnement du principe de l'avantage comparatif. Au final ils aggravent le chômage. C'est la blague du clown qui creuse un trou pour boucher le trou précédent, il y a toujours un trou sauf qu'à la fin le clown est épuisé.
_ le chômage n'est que passager. L'indemnisation du chômage n'est donc pas nécessaire, la solidarité naturelle, c'est-à-dire la famille, suffisant à pourvoir à l'urgence (cas asiatique), ou l'indemnisation du chômage ne peut être que passagère (cas suisse et britannique). Les pays scandinaves sont dans une situation intermédiaire.
On peut en conclure que l'indemnisation du chômage au long cours n'est que le revers de la médailles des emplois aidés et subventionnés.
Pour retrouver le plein emploi, supprimons le déficit public en supprimant les allocations chômage au long cours.
Ca ne serait même pas rétrograde socialement : ceux qui imaginent que la pauvreté sera augmentée font l'habituelle erreur de raisonner à richesse et travail constants. Or, la richesse et le travail augmenteraient si tout le monde travaillait.
C'est bien ce qui s'est passé dans l'Allemagne des annnées 50 : pas de "champions nationaux" soutenus par le gouvernement, indemnisations chômage dégressives, un forte éthique capitaliste et gouvernement mettant en place un cadre légal stable et clair.
En conséquence de cette réussite, le parti socialiste allemend a abandonné dès 1957 au congrès de Bad Godesberg toute référence au marxisme et à la rupture avec le capitalisme. Cela vient probablement du fait que les socialistes allemands sont des traîtres (comme les Anglais d'ailleurs).
Vérité difficile à entendre.
Mais la dignité de chaque homme est dans son travail productif car il contribue ainsi à la société, la preuve en est qu'un client est prêt à payer pour obtenir le résultat de ce travail.
Combien méprisant à coté de cela apparaissent les emplois subventionnés et le chômage au long cours. Traiter les chomeurs comme des cancéreux économiques incurables, n'est ce pas du mépris ? Payer les chomeurs de longue durée à rester à la maison, n'est ce pas leur signifier qu'ils ne sont bons à rien d'autre ?
_ les emplois subventionnés , par définition non-productifs (puisqu'ils n'auraient pas été créé sans subventions) faussent le fonctionnement du principe de l'avantage comparatif. Au final ils aggravent le chômage. C'est la blague du clown qui creuse un trou pour boucher le trou précédent, il y a toujours un trou sauf qu'à la fin le clown est épuisé.
_ le chômage n'est que passager. L'indemnisation du chômage n'est donc pas nécessaire, la solidarité naturelle, c'est-à-dire la famille, suffisant à pourvoir à l'urgence (cas asiatique), ou l'indemnisation du chômage ne peut être que passagère (cas suisse et britannique). Les pays scandinaves sont dans une situation intermédiaire.
On peut en conclure que l'indemnisation du chômage au long cours n'est que le revers de la médailles des emplois aidés et subventionnés.
Pour retrouver le plein emploi, supprimons le déficit public en supprimant les allocations chômage au long cours.
Ca ne serait même pas rétrograde socialement : ceux qui imaginent que la pauvreté sera augmentée font l'habituelle erreur de raisonner à richesse et travail constants. Or, la richesse et le travail augmenteraient si tout le monde travaillait.
C'est bien ce qui s'est passé dans l'Allemagne des annnées 50 : pas de "champions nationaux" soutenus par le gouvernement, indemnisations chômage dégressives, un forte éthique capitaliste et gouvernement mettant en place un cadre légal stable et clair.
En conséquence de cette réussite, le parti socialiste allemend a abandonné dès 1957 au congrès de Bad Godesberg toute référence au marxisme et à la rupture avec le capitalisme. Cela vient probablement du fait que les socialistes allemands sont des traîtres (comme les Anglais d'ailleurs).
Vérité difficile à entendre.
Mais la dignité de chaque homme est dans son travail productif car il contribue ainsi à la société, la preuve en est qu'un client est prêt à payer pour obtenir le résultat de ce travail.
Combien méprisant à coté de cela apparaissent les emplois subventionnés et le chômage au long cours. Traiter les chomeurs comme des cancéreux économiques incurables, n'est ce pas du mépris ? Payer les chomeurs de longue durée à rester à la maison, n'est ce pas leur signifier qu'ils ne sont bons à rien d'autre ?
Bouquin : Le diable et le chomage (P. Fabra)
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Pas vraiment un livre récent puisqu'il regroupe les chroniques de Paul Fabra dans Le Monde et Les Echos entre 1985 et 1998. Pour la première fois, j'aborde un raisonnement économique qui me paraît honnête et rigoureux.
En effet, je trouve en général les livres et les traités d'économie à la limite de la littérature de l'absurde, très dans le style "si les pauvres avaient plus d'argent, ils seraient moins pauvres", mais dit avec des termes techniques abscons qui enlèvent toute saveur et tout humour.
Les chroniques actuelles de Paul Fabra dans Les Echos donnent toujours des points de vue économiques intéressants. Je ne suis donc pas surpris que ce livre soit plein d'intérêt. C'est même le meilleur livre que j'ai lu sur des sujets de société depuis fort longtemps. C'est pourquoi je vous prie d'excuser ce long résumé peu adapté à un blog.
"Le chomâge, fatalité ou nécessité ?", dont j'ai fait le compte-rendu récemment, synthétisait les études récentes sur le chômage comme phénomène d'étude. Ce livre ci adopte un point de vue plus macroéconomique mais il en appuie les conclusions.
L'idée centrale de Fabra est bien connue puisqu'elle était déjà dans la note de Denis Olivennes pour la fondation Saint-Simon il y a quinze ans "La préférence française pour le chômage" : le chômage est élevé en France parce que c'est le prix à payer de mauvaise conceptions économiques et de la préservation de rentes de situation, qui se fait toujours au détriment de ceux qui n'ont pas de situation.
L'essentiel est vite résumé : le traitement social du chomâge traite les effets (la précarité, l'exclusion, la pauvreté), non la cause. La cause est le manque de capital productif accumulé, c'est-à-dire d'argent disponible pour créer des emplois.
Les comptes nationaux raisonnant en flux -croissance du PIB, déficit du commerce extérieur etc, le capital productif accumulé n'apparaît jamais.
Or, il semble pourtant que ça soit, par exemple, le facteur le plus efficace pour expliquer les ravages de l'explosion d'une spéculative. Spéculer sur l'immobilier, ça revient à investir dans des locaux qui resteront vides après l'explosion de la bulle et donc à détourner l'argent d'un investissement en capital plus productif.
Ce défaut de capital productif accumulé est du à une mauvaise répartition de l'argent : trop aux actionnaires, trop aux salariés, trop aux créanciers, trop à l'Etat, pas assez pour investir et pour créer des emplois.
On note tout de suite qu'il y a une pierre dans chaque jardin.
On remarque que, au nom de cette idée, Fabra s'oppose aussi au néo-libéralisme, qui est, comme l'étatisme, une doctrine du capitalisme sans capital.
La théorie néo-libérale moderne fait de la dette, qui a un coût, un moyen de financement équivalent au capital. Or, c'est fondamentalement faux : l'actionnaire s'engage dans la société (perversion actuelle : il spécule) tandis que le créancier attend un revenu fixe.
Le capital n'est pas un coût mais un apport de fonds propres. La dette est un coût.
La préférence actuelle -préférence financière, Fabra distingue bien "financier" et "économique"- pour la dette, qui permet de générer des effets de levier, a un coût qui soustrait l'argent à l'investissement et donc à l'emploi. Le comble de l'absurde est l'habitude de certaines sociétés de racheter leurs propres actions plutôt que d'investir l'argent disponible.
Bien entendu, c'est le contraire qu'il faudrait faire : maintenir la dette et les dividendes a un niveau raisonnable et investir les profits.
L'exemple positif type est Air Liquide : appel aux banques restreint, confiance aux actionnaires (qui sont en contrepartie très fidèles).
Ou encore Rhode & Schwarz, société moyenne familiale allemande de haute technologie, fondée en 1935, dont la particularité est de ne jamais avoir fait appel à un banque pour emprunter. Ce qui n'a pas empêché son développement. Je reconnais que c'est un exemple extrême.
Fabra pense que ce n'est pas aux salariés d'abord d'être flexibles mais aux structures, à commencer par la première d'entre elles, l'Etat, mais aussi les entreprises et leurs dirigeants (Fabra manifeste bien peu d'estime pour ce qui s'appelait encore le CNPF). De plus, des salaires élevés ne sont pas forcément l'ennemi de l'emploi (voir aussi cette démonstration dans "Le chomâge, fatalité ou nécessité ?").
Pour Fabra, les intérêts de la dette et les salaires des employés sont directement concurrents vis-à-vis des ressources de l'entreprise, c'est pourquoi cette culture de la dette entretient le chômage.
Accuser la mondialisation ou les progrès techniques est anti-économique. Raisonnons par l'absurde, supposons que, effectivement, les progrès techniques et la mondialisation soient à la cause du chômage. Croyez vous qu'en fermant les frontières et en arrêtant toute recherche scientifique, le chômage sera résorbé ?
Cette préférence pour la dette qui mine l'économie est d'origine étatique : les énormes émissions d'obligations d'Etat épuisent les réserves de liquidités, qui devraient "normalement" s'investir dans le privé pour créer de la richesse, maintiennent des taux bas -paradoxe apparent- en créant une accoutumance à la sécurité et fournissent aux sociétés privés des instruments pour s'endetter (produits dérivés). Cet immense (marché de titres publics supérieur de 40 % au marché des titres privés) marché de taux alimente la financiarisation de la société.
C'est pourquoi la gauche française est malhonnête, idiote ou aveugle quand elle se plaint de la financiarisation de la société et ne se bat pas (c'est le moins qu'on puisse dire) pour annuler les déficits publics, qui alimentent pourtant cette financiarisation.
Toutes les mesures de taxations proposées sur les mouvements spéculatifs ressemblent à un limiteur de vitesse sur une Ferrari : quand on veut vraiment restreindre la vitesse, on achète une voiture moins puissante ou on supprime le carburant. De même, il faudrait couper le moteur de la spéculation en lui otant son carburant : les titres d'Etat.
Les pays scandinaves font tous les jours la preuve qu'on peut concilier libéralisme tempéré et protection sociale.On sait bien que ce qui empêche de résoudre le problème du chômage est l'anti-libéralisme. Et puisqu'ils sont cohérents, les scandinaves, la Suède, en bon pays social-démocrate, a annulé le déficit public et le Danemark suit la même voie, la Norvège aussi.
De plus, le service de la dette (les intérêts) sera en 2005 le premier budget de l'Etat, paralysant toute initiative politique.
La dette d'Etat entretient le chômage et la stagnation économique. Les intérêts tuent la politique.
De plus, cette dette étatique alimente une toute-puissance de l'Etat qui est anti-démocratique (Ah, la fameuse "autorisation préalable pour les constructions ne nécéssitant pas de permis de construire" ou "la déclaration préfectorale des aires d'atterrissages de ballons") puisque la base de la démocratie est la confiance dans le citoyen libre et responsable.
Il faut faire confiance aux hommes. Au fond, il faut choisir, ou avoir une industrie, ou avoir un ministère de l'industrie, on ne peut pas avoir les deux.
Comment en sortir ? Fabra propose de supprimer l'ISF, qui est un impôt qui ne rapporte pas grand-chose mais qui "punit" les riches, et de lever un impôt sur le patrimoine à l'assiette beaucoup plus étendu mais au taux plus bas (de 4% à 12 %). Cet impôt serait ponctuel, payable sur trois ans et devrait annuler la totalité de la dette de l'Etat.
L'assiette serait calculée de manière à ce qu'il pèse sur les 20 % de ménage qui possède 80 % du patrimoine.
Cet impôt devrait donc rapporter en moyenne la dette répartie sur l'ensemble des ménages, c'est-à-dire 30 000 euros par ménage en moyenne, en réalité, il pèserait beaucoup plus sur les ménages imposés, de l'ordre de 150 000 euros en moyenne.
Cela peut paraître énorme mais c'est le prix de la prospérité. De plus, le taux de prélèvements étant assez bas, cela devrait être assez relativement peu douloureux. Ca ne toucherait que les ménages qui peuvent se le permettre.
Posez vous deux questions : Etes vous satisfait de l'économie française des vingt dernières années ? Voulez vous continuer ainsi ?
Bien sûr, pour éviter que le cycle infernal ne recommence, il faudrait en même temps qu'on annule la dette, annuler le déficit. Voire fixer constitutionellement que l'Etat ne peut pas être déficitaire ; en toute rigueur, il faudrait préciser "sauf en cas de guerre", mais cette précision pousserait certains à la guerre permanente, par exemple des opérations de "maintien de l'ordre" dans un ex-colonie.
Annuler le déficit revient à réduire de 20 % les dépenses publiques, chose qui est assez aisée tant les gaspillages sont nombreux (voir "L'Etat, le grand gaspillage" de Jacques Marseille).
Je pense (c'est mon opinion, ce n'est plus celle de Fabra) qu'une vraie décentralisation est une nécessité à la fois politique et économique. Il faudrait donc réduire les dépenses de l'Etat de 50 % (estimation à la grosse pour fixer les idées) afin de transférer des pouvoirs et des moyens aux collectivités locales. C'est plus difficile, mais en remettant à plat les pratiques d'assistanat, c'est tout à fait possible. Autant une forte protection sociale est indispensable, autant l'assistanat est néfaste. Aujourd'hui, nous sommes dans une logique folle, résignée et méprisante qui consiste à aider les chômeurs à vivre au chômage plutôt que les aider à trouver du travail.
Décentralisation et réduction des pouvoirs de l'Etat seraient une vraie révolution (presque) tranquille. Mais les individus en seraient à la fois plus prospères et plus libres, la société plus juste.
En fait, c'est la cohérence du dispositif, répartissant les efforts, qui le rendrait politiquement viable :
_ les assujettis au super-impôt constaterait que l'Etat fait des réformes radicales
_ les fonctionnaires bousculés, voire licenciés, verraient que les riches sont mis à contribution
Tous victimes ? Bien au contraire, car l'ensemble de la société française ne s'en porterait que mieux.
Evidemment, si l'inspiration est économique, la conséquence est libérale. Notre société est libérale par essence, puisqu'elle est politiquement libérale. Le fait que "libéral" soit devenu une insulte en dit long sur notre malaise et notre crise identitaire mais ne nous aide pas à en sortir.
La conception française, qui découle directement de l'anti-libéralisme, que la quantité de travail est fixée, qu'il faut la partager et que l'Etat peut (et doit) créer des emplois est ravageuse : on ne partage en fait que le chomage et on entrave les emplois viables.
Pour montrer à quel point la logique de la réduction du temps de travail dans un but économique est absurde, il suffit de se rappeler que la réduction maximale du temps de travail qu'on puisse imaginer, c'est le chômage.
Je me pose la question de la poule et de l'oeuf : l'antilibéralisme a-t-il créé la protection des rentes de situation ou la protection des rentes de situation a-t-il créé l'antilibéralisme ?
La réforme proposée est loin d'être impossible : il "suffirait" de faire de la politique, et non de l'électoralisme à courte vue. L'idée directrice est vite définie "Depuis trente ans, les pénuries et les inégalités s'aggravent ; travaillons pour plus de prospérité et plus de justice."
Enfin je ne suis pas naïf, je sais à quel point les idéologies (1), à droite ou à gauche, parasitent la réflection et le débat. Mais pourquoi ne pas compter sur l'intelligence des Français ?
********************
Quant aux entreprises, Fabra trouve que l'osmose des élites publiques vers les élites privées fait oublier les sains principes du capitalisme. Les règles de la gestion publique, gestion sans capital -c'est ce qui la distingue du privé, déteignent fâcheusement sur la gestion privée.
Quand on voit les "réussites" d'ex-hauts fonctionnaires dans le privé, les Messier, Tchuruk, Haberer, Bilger, qui tous mis leur boite au bord de la faillite et ne l'ont sauvé qu'au prix de licenciements et de destructions de valeur massifs, on peut que l'approuver.
Les histoires d'effets de levier, de répartition des gains de productivité entre travail et capital, c'est de la foutaise. La seule chose qui compte dans une économie capitaliste, c'est la rentabilité du capital. Cette règle simple a plusieurs conséquences intéressantes :
1) la rentabilité du capital tend à s'égaliser. En effet, si un secteur est momentanément plus rentable, plus de capitaux vont s'y investir, la rentablité du capital va chuter jusqu'à un point d'équilibre qui est le même pour tous les secteurs puisque les capitaux sont mobiles.
Le capital ne doit être rémunéré plus que le marché (ça ne servirait qu'à attirer de nouveaux actionnaires), si il y a profit après distribution du dividende, il doit être investi pour faire fructifier le capital.
2) les gains de productivité ne vont ni au travail ni au capital mais au consommateur. En effet, si quelqu'un trouve le moyen de produire moins cher, il baissera son prix pour conquérir des clients (sauf si la concurrence est faussée, par exemple par des mesures étatiques ou monopolistiques). L'exemple de la chute continue du prix de l'électronique est suffisamment éloquent.
Le gain de pouvoir d'achat du client peut être utilisé ailleurs.
C'est ainsi que les gains de productivité agricole ont fait diminuer la part de la nourriture dans le budget des ménages, les loisirs ont augmenté leur part d'autant.
3) la productivité, qui justifie bien des licenciements, est un outil statistique trompeur, d'ailleurs les staticiens parlent de "productivité apparente", le qualificatif est d'importance. En effet, la logique de la productivité est de dire : si je produis 100 bidules avec 100 employés, en faisant un effort, je dois pouvoir produire 100 bidules avec 95 employés, c'est toujours 5 salaires économisés.
Or la logique du capitalisme est inverse, elle est d'essayer de produire 105 bidules sans investissements supplémentaires, y compris, si nécessaire, en embauchant.
4) le capital d'une entreprise y est de manière durable, il a vocation à se transmettre de génération en génération. Tout ce qui le fragilise, et notamment l'endettement, doit être regardé avec circonspection. Si une entreprise s'endette pour financer une expansion, quelles ressources a-t-elle en période de crise ? Aucune, elle est nue, elle licencie, elle vend par morceaux, bref elle bouffe son capital. Fabra écrivait cela en 1997, vous noterez que les évènements des années 2000 ont largement conforté son analyse.
J'ajoute que la logique voudrait plutôt que, les périodes d'expansion étant financées par le capital, les crises soient abordées vierges de dettes, la dette pouvant alors être un outil (à utiliser prudemment) pour surmonter une mauvaise passe ou pour profiter plus aisément de la détresse de concurrents moins prudents.
Un certain Jean du Puits ou de la Cascade ou quelque chose comme ça a déjà fait une fable sur une histoire de cigale et de fourmi, je ne vais pas vous la refaire.
Le fait que les entreprises familiales ont un actionnariat qui n'oublie que le capital a vocation à la pérennité explique peut-être qu'elle connaissent un regain d'intérêt en période de crise.
Hélas, Fabra n'explique pas comment cette bonne vieille culture capitaliste va faire son retour chez des managers piqués aux stock-options comme les boeufs sont piqués aux hormones.
*********************
Je vous cite la table des matières, qui fournit un bon résumé :
Livre I : une économie de paix gérée comme une économie de guerre [ce parallèle que l'auteur fait entre gestion actuelle des entreprises et des Etats et économie de guerre est particulièrement riche.]
1) L'accumulation de la dette
2) La déflation par la dette publique
3) L'effondrement de la culture bancaire et financière (2)
4) Contorsions pour contourner le problème du remboursement
5) Pour en sortir
6) Communisme = économie de guerre
Livre II : la fausse fatalité du sous-emploi permanent
1) L'alibi de la mondialisation
2) L'alibi des nouvelles technologies
3) L'alibi du salaire minimum et des salaires trop élevés
4) Une économie sous-oxygénée : la prétendue insuffisance d'épargne
5) Le franc Mitterrand-Chirac et le chômage
6) L'ascension d'une idée destructrice : les 35 heures
7) Sacrifiés sur l'autel de la productivité : jusqu'où ?
8) Les emplois subventionnés : où l'Etat mine en vain le marché
9) Cacophonie de la politique anti-chômage
10) Bousculer l'état d'esprit
11) Capitalisme avec capital = emplois
12) La compétition et le désavantage comparatif
(1) idéologie : discours sur la réalité primant cette réalité. Principe : si la réalité et le discours sont en contradiction, c'est la réalité qui a tort, il convient de la nier ou de la réinterpréter. L'objet de l'idéologie est de masquer la réalité et ses évolutions (tout au long des années 50-60, le PCF mettait en avant la "paupérisation du prolétariat" alors que tous les ouvriers ne se sont jamais autant enrichis ; aujourd'hui, la droite critique le manque de flexibilité alors que le recours aux interimaires et au temps partiel permettent une flexibilité jusqu'alors inconnue). Le moteur de l'idéologie est la fuite de la tension psychologique et intellectuelle que requiert une remise en cause permanente.
Combattre les idéologies est d'abord un combat intérieur reposant sur deux règles : s'en tenir fermement et sans concession à des principes, sans projection sur la réalité, rester ouvert dès qu'il s'agit de la projection sur la réalité. Par exemple, la résistance à l'oppression doit être un principe sans compromis ; par contre, décréter que le capitalisme est toujours et dans toutes les situations oppresseur, c'est de l'idéologie.
Le vice de base de l'idéologie est de considérer que la réalité, infiniment variée et changeante, peut être enfermée dans un discours cohérent.
(2) "la culture bancaire et financière" qui s'effondre à laquelle pense Fabra est celle qui consiste à investir pour créer des richesses, par opposition à celle qui consiste à boursicoter sur les marchés de taux
Pas vraiment un livre récent puisqu'il regroupe les chroniques de Paul Fabra dans Le Monde et Les Echos entre 1985 et 1998. Pour la première fois, j'aborde un raisonnement économique qui me paraît honnête et rigoureux.
En effet, je trouve en général les livres et les traités d'économie à la limite de la littérature de l'absurde, très dans le style "si les pauvres avaient plus d'argent, ils seraient moins pauvres", mais dit avec des termes techniques abscons qui enlèvent toute saveur et tout humour.
Les chroniques actuelles de Paul Fabra dans Les Echos donnent toujours des points de vue économiques intéressants. Je ne suis donc pas surpris que ce livre soit plein d'intérêt. C'est même le meilleur livre que j'ai lu sur des sujets de société depuis fort longtemps. C'est pourquoi je vous prie d'excuser ce long résumé peu adapté à un blog.
"Le chomâge, fatalité ou nécessité ?", dont j'ai fait le compte-rendu récemment, synthétisait les études récentes sur le chômage comme phénomène d'étude. Ce livre ci adopte un point de vue plus macroéconomique mais il en appuie les conclusions.
L'idée centrale de Fabra est bien connue puisqu'elle était déjà dans la note de Denis Olivennes pour la fondation Saint-Simon il y a quinze ans "La préférence française pour le chômage" : le chômage est élevé en France parce que c'est le prix à payer de mauvaise conceptions économiques et de la préservation de rentes de situation, qui se fait toujours au détriment de ceux qui n'ont pas de situation.
L'essentiel est vite résumé : le traitement social du chomâge traite les effets (la précarité, l'exclusion, la pauvreté), non la cause. La cause est le manque de capital productif accumulé, c'est-à-dire d'argent disponible pour créer des emplois.
Les comptes nationaux raisonnant en flux -croissance du PIB, déficit du commerce extérieur etc, le capital productif accumulé n'apparaît jamais.
Or, il semble pourtant que ça soit, par exemple, le facteur le plus efficace pour expliquer les ravages de l'explosion d'une spéculative. Spéculer sur l'immobilier, ça revient à investir dans des locaux qui resteront vides après l'explosion de la bulle et donc à détourner l'argent d'un investissement en capital plus productif.
Ce défaut de capital productif accumulé est du à une mauvaise répartition de l'argent : trop aux actionnaires, trop aux salariés, trop aux créanciers, trop à l'Etat, pas assez pour investir et pour créer des emplois.
On note tout de suite qu'il y a une pierre dans chaque jardin.
On remarque que, au nom de cette idée, Fabra s'oppose aussi au néo-libéralisme, qui est, comme l'étatisme, une doctrine du capitalisme sans capital.
La théorie néo-libérale moderne fait de la dette, qui a un coût, un moyen de financement équivalent au capital. Or, c'est fondamentalement faux : l'actionnaire s'engage dans la société (perversion actuelle : il spécule) tandis que le créancier attend un revenu fixe.
Le capital n'est pas un coût mais un apport de fonds propres. La dette est un coût.
La préférence actuelle -préférence financière, Fabra distingue bien "financier" et "économique"- pour la dette, qui permet de générer des effets de levier, a un coût qui soustrait l'argent à l'investissement et donc à l'emploi. Le comble de l'absurde est l'habitude de certaines sociétés de racheter leurs propres actions plutôt que d'investir l'argent disponible.
Bien entendu, c'est le contraire qu'il faudrait faire : maintenir la dette et les dividendes a un niveau raisonnable et investir les profits.
L'exemple positif type est Air Liquide : appel aux banques restreint, confiance aux actionnaires (qui sont en contrepartie très fidèles).
Ou encore Rhode & Schwarz, société moyenne familiale allemande de haute technologie, fondée en 1935, dont la particularité est de ne jamais avoir fait appel à un banque pour emprunter. Ce qui n'a pas empêché son développement. Je reconnais que c'est un exemple extrême.
Fabra pense que ce n'est pas aux salariés d'abord d'être flexibles mais aux structures, à commencer par la première d'entre elles, l'Etat, mais aussi les entreprises et leurs dirigeants (Fabra manifeste bien peu d'estime pour ce qui s'appelait encore le CNPF). De plus, des salaires élevés ne sont pas forcément l'ennemi de l'emploi (voir aussi cette démonstration dans "Le chomâge, fatalité ou nécessité ?").
Pour Fabra, les intérêts de la dette et les salaires des employés sont directement concurrents vis-à-vis des ressources de l'entreprise, c'est pourquoi cette culture de la dette entretient le chômage.
Accuser la mondialisation ou les progrès techniques est anti-économique. Raisonnons par l'absurde, supposons que, effectivement, les progrès techniques et la mondialisation soient à la cause du chômage. Croyez vous qu'en fermant les frontières et en arrêtant toute recherche scientifique, le chômage sera résorbé ?
Cette préférence pour la dette qui mine l'économie est d'origine étatique : les énormes émissions d'obligations d'Etat épuisent les réserves de liquidités, qui devraient "normalement" s'investir dans le privé pour créer de la richesse, maintiennent des taux bas -paradoxe apparent- en créant une accoutumance à la sécurité et fournissent aux sociétés privés des instruments pour s'endetter (produits dérivés). Cet immense (marché de titres publics supérieur de 40 % au marché des titres privés) marché de taux alimente la financiarisation de la société.
C'est pourquoi la gauche française est malhonnête, idiote ou aveugle quand elle se plaint de la financiarisation de la société et ne se bat pas (c'est le moins qu'on puisse dire) pour annuler les déficits publics, qui alimentent pourtant cette financiarisation.
Toutes les mesures de taxations proposées sur les mouvements spéculatifs ressemblent à un limiteur de vitesse sur une Ferrari : quand on veut vraiment restreindre la vitesse, on achète une voiture moins puissante ou on supprime le carburant. De même, il faudrait couper le moteur de la spéculation en lui otant son carburant : les titres d'Etat.
Les pays scandinaves font tous les jours la preuve qu'on peut concilier libéralisme tempéré et protection sociale.On sait bien que ce qui empêche de résoudre le problème du chômage est l'anti-libéralisme. Et puisqu'ils sont cohérents, les scandinaves, la Suède, en bon pays social-démocrate, a annulé le déficit public et le Danemark suit la même voie, la Norvège aussi.
De plus, le service de la dette (les intérêts) sera en 2005 le premier budget de l'Etat, paralysant toute initiative politique.
La dette d'Etat entretient le chômage et la stagnation économique. Les intérêts tuent la politique.
De plus, cette dette étatique alimente une toute-puissance de l'Etat qui est anti-démocratique (Ah, la fameuse "autorisation préalable pour les constructions ne nécéssitant pas de permis de construire" ou "la déclaration préfectorale des aires d'atterrissages de ballons") puisque la base de la démocratie est la confiance dans le citoyen libre et responsable.
Il faut faire confiance aux hommes. Au fond, il faut choisir, ou avoir une industrie, ou avoir un ministère de l'industrie, on ne peut pas avoir les deux.
Comment en sortir ? Fabra propose de supprimer l'ISF, qui est un impôt qui ne rapporte pas grand-chose mais qui "punit" les riches, et de lever un impôt sur le patrimoine à l'assiette beaucoup plus étendu mais au taux plus bas (de 4% à 12 %). Cet impôt serait ponctuel, payable sur trois ans et devrait annuler la totalité de la dette de l'Etat.
L'assiette serait calculée de manière à ce qu'il pèse sur les 20 % de ménage qui possède 80 % du patrimoine.
Cet impôt devrait donc rapporter en moyenne la dette répartie sur l'ensemble des ménages, c'est-à-dire 30 000 euros par ménage en moyenne, en réalité, il pèserait beaucoup plus sur les ménages imposés, de l'ordre de 150 000 euros en moyenne.
Cela peut paraître énorme mais c'est le prix de la prospérité. De plus, le taux de prélèvements étant assez bas, cela devrait être assez relativement peu douloureux. Ca ne toucherait que les ménages qui peuvent se le permettre.
Posez vous deux questions : Etes vous satisfait de l'économie française des vingt dernières années ? Voulez vous continuer ainsi ?
Bien sûr, pour éviter que le cycle infernal ne recommence, il faudrait en même temps qu'on annule la dette, annuler le déficit. Voire fixer constitutionellement que l'Etat ne peut pas être déficitaire ; en toute rigueur, il faudrait préciser "sauf en cas de guerre", mais cette précision pousserait certains à la guerre permanente, par exemple des opérations de "maintien de l'ordre" dans un ex-colonie.
Annuler le déficit revient à réduire de 20 % les dépenses publiques, chose qui est assez aisée tant les gaspillages sont nombreux (voir "L'Etat, le grand gaspillage" de Jacques Marseille).
Je pense (c'est mon opinion, ce n'est plus celle de Fabra) qu'une vraie décentralisation est une nécessité à la fois politique et économique. Il faudrait donc réduire les dépenses de l'Etat de 50 % (estimation à la grosse pour fixer les idées) afin de transférer des pouvoirs et des moyens aux collectivités locales. C'est plus difficile, mais en remettant à plat les pratiques d'assistanat, c'est tout à fait possible. Autant une forte protection sociale est indispensable, autant l'assistanat est néfaste. Aujourd'hui, nous sommes dans une logique folle, résignée et méprisante qui consiste à aider les chômeurs à vivre au chômage plutôt que les aider à trouver du travail.
Décentralisation et réduction des pouvoirs de l'Etat seraient une vraie révolution (presque) tranquille. Mais les individus en seraient à la fois plus prospères et plus libres, la société plus juste.
En fait, c'est la cohérence du dispositif, répartissant les efforts, qui le rendrait politiquement viable :
_ les assujettis au super-impôt constaterait que l'Etat fait des réformes radicales
_ les fonctionnaires bousculés, voire licenciés, verraient que les riches sont mis à contribution
Tous victimes ? Bien au contraire, car l'ensemble de la société française ne s'en porterait que mieux.
Evidemment, si l'inspiration est économique, la conséquence est libérale. Notre société est libérale par essence, puisqu'elle est politiquement libérale. Le fait que "libéral" soit devenu une insulte en dit long sur notre malaise et notre crise identitaire mais ne nous aide pas à en sortir.
La conception française, qui découle directement de l'anti-libéralisme, que la quantité de travail est fixée, qu'il faut la partager et que l'Etat peut (et doit) créer des emplois est ravageuse : on ne partage en fait que le chomage et on entrave les emplois viables.
Pour montrer à quel point la logique de la réduction du temps de travail dans un but économique est absurde, il suffit de se rappeler que la réduction maximale du temps de travail qu'on puisse imaginer, c'est le chômage.
Je me pose la question de la poule et de l'oeuf : l'antilibéralisme a-t-il créé la protection des rentes de situation ou la protection des rentes de situation a-t-il créé l'antilibéralisme ?
La réforme proposée est loin d'être impossible : il "suffirait" de faire de la politique, et non de l'électoralisme à courte vue. L'idée directrice est vite définie "Depuis trente ans, les pénuries et les inégalités s'aggravent ; travaillons pour plus de prospérité et plus de justice."
Enfin je ne suis pas naïf, je sais à quel point les idéologies (1), à droite ou à gauche, parasitent la réflection et le débat. Mais pourquoi ne pas compter sur l'intelligence des Français ?
********************
Quant aux entreprises, Fabra trouve que l'osmose des élites publiques vers les élites privées fait oublier les sains principes du capitalisme. Les règles de la gestion publique, gestion sans capital -c'est ce qui la distingue du privé, déteignent fâcheusement sur la gestion privée.
Quand on voit les "réussites" d'ex-hauts fonctionnaires dans le privé, les Messier, Tchuruk, Haberer, Bilger, qui tous mis leur boite au bord de la faillite et ne l'ont sauvé qu'au prix de licenciements et de destructions de valeur massifs, on peut que l'approuver.
Les histoires d'effets de levier, de répartition des gains de productivité entre travail et capital, c'est de la foutaise. La seule chose qui compte dans une économie capitaliste, c'est la rentabilité du capital. Cette règle simple a plusieurs conséquences intéressantes :
1) la rentabilité du capital tend à s'égaliser. En effet, si un secteur est momentanément plus rentable, plus de capitaux vont s'y investir, la rentablité du capital va chuter jusqu'à un point d'équilibre qui est le même pour tous les secteurs puisque les capitaux sont mobiles.
Le capital ne doit être rémunéré plus que le marché (ça ne servirait qu'à attirer de nouveaux actionnaires), si il y a profit après distribution du dividende, il doit être investi pour faire fructifier le capital.
2) les gains de productivité ne vont ni au travail ni au capital mais au consommateur. En effet, si quelqu'un trouve le moyen de produire moins cher, il baissera son prix pour conquérir des clients (sauf si la concurrence est faussée, par exemple par des mesures étatiques ou monopolistiques). L'exemple de la chute continue du prix de l'électronique est suffisamment éloquent.
Le gain de pouvoir d'achat du client peut être utilisé ailleurs.
C'est ainsi que les gains de productivité agricole ont fait diminuer la part de la nourriture dans le budget des ménages, les loisirs ont augmenté leur part d'autant.
3) la productivité, qui justifie bien des licenciements, est un outil statistique trompeur, d'ailleurs les staticiens parlent de "productivité apparente", le qualificatif est d'importance. En effet, la logique de la productivité est de dire : si je produis 100 bidules avec 100 employés, en faisant un effort, je dois pouvoir produire 100 bidules avec 95 employés, c'est toujours 5 salaires économisés.
Or la logique du capitalisme est inverse, elle est d'essayer de produire 105 bidules sans investissements supplémentaires, y compris, si nécessaire, en embauchant.
4) le capital d'une entreprise y est de manière durable, il a vocation à se transmettre de génération en génération. Tout ce qui le fragilise, et notamment l'endettement, doit être regardé avec circonspection. Si une entreprise s'endette pour financer une expansion, quelles ressources a-t-elle en période de crise ? Aucune, elle est nue, elle licencie, elle vend par morceaux, bref elle bouffe son capital. Fabra écrivait cela en 1997, vous noterez que les évènements des années 2000 ont largement conforté son analyse.
J'ajoute que la logique voudrait plutôt que, les périodes d'expansion étant financées par le capital, les crises soient abordées vierges de dettes, la dette pouvant alors être un outil (à utiliser prudemment) pour surmonter une mauvaise passe ou pour profiter plus aisément de la détresse de concurrents moins prudents.
Un certain Jean du Puits ou de la Cascade ou quelque chose comme ça a déjà fait une fable sur une histoire de cigale et de fourmi, je ne vais pas vous la refaire.
Le fait que les entreprises familiales ont un actionnariat qui n'oublie que le capital a vocation à la pérennité explique peut-être qu'elle connaissent un regain d'intérêt en période de crise.
Hélas, Fabra n'explique pas comment cette bonne vieille culture capitaliste va faire son retour chez des managers piqués aux stock-options comme les boeufs sont piqués aux hormones.
*********************
Je vous cite la table des matières, qui fournit un bon résumé :
Livre I : une économie de paix gérée comme une économie de guerre [ce parallèle que l'auteur fait entre gestion actuelle des entreprises et des Etats et économie de guerre est particulièrement riche.]
1) L'accumulation de la dette
2) La déflation par la dette publique
3) L'effondrement de la culture bancaire et financière (2)
4) Contorsions pour contourner le problème du remboursement
5) Pour en sortir
6) Communisme = économie de guerre
Livre II : la fausse fatalité du sous-emploi permanent
1) L'alibi de la mondialisation
2) L'alibi des nouvelles technologies
3) L'alibi du salaire minimum et des salaires trop élevés
4) Une économie sous-oxygénée : la prétendue insuffisance d'épargne
5) Le franc Mitterrand-Chirac et le chômage
6) L'ascension d'une idée destructrice : les 35 heures
7) Sacrifiés sur l'autel de la productivité : jusqu'où ?
8) Les emplois subventionnés : où l'Etat mine en vain le marché
9) Cacophonie de la politique anti-chômage
10) Bousculer l'état d'esprit
11) Capitalisme avec capital = emplois
12) La compétition et le désavantage comparatif
(1) idéologie : discours sur la réalité primant cette réalité. Principe : si la réalité et le discours sont en contradiction, c'est la réalité qui a tort, il convient de la nier ou de la réinterpréter. L'objet de l'idéologie est de masquer la réalité et ses évolutions (tout au long des années 50-60, le PCF mettait en avant la "paupérisation du prolétariat" alors que tous les ouvriers ne se sont jamais autant enrichis ; aujourd'hui, la droite critique le manque de flexibilité alors que le recours aux interimaires et au temps partiel permettent une flexibilité jusqu'alors inconnue). Le moteur de l'idéologie est la fuite de la tension psychologique et intellectuelle que requiert une remise en cause permanente.
Combattre les idéologies est d'abord un combat intérieur reposant sur deux règles : s'en tenir fermement et sans concession à des principes, sans projection sur la réalité, rester ouvert dès qu'il s'agit de la projection sur la réalité. Par exemple, la résistance à l'oppression doit être un principe sans compromis ; par contre, décréter que le capitalisme est toujours et dans toutes les situations oppresseur, c'est de l'idéologie.
Le vice de base de l'idéologie est de considérer que la réalité, infiniment variée et changeante, peut être enfermée dans un discours cohérent.
(2) "la culture bancaire et financière" qui s'effondre à laquelle pense Fabra est celle qui consiste à investir pour créer des richesses, par opposition à celle qui consiste à boursicoter sur les marchés de taux
Contre une politique de "champions nationaux"
Le capitalisme repose sur deux principes :
_ la compétition, principe qui est à peu près compris par nos gouvernants, et encore, ils ne voient souvent qu'une lutte à mort
_ l'avantage comparatif, qui est totaement ignoré de nos gouvernants, sauf, de temps en temps, au niveau international, où il est confondu malencontreusement avec la compétition
Ricardo, au XIXème siècle, comme quoi ce n'est pas une découverte récente, expliquait très simplement en quoi consiste l'avantage comparatif :
Imaginons qu'il n'y ait que deux produits, les chapeaux et les chaussures, et que deux producteurs, Pierre et Paul.
Pierre est deux fois plus productif que Paul dans les souliers et trois plus productif que Paul dans les chapeaux. Il a intérêt à laisser Paul faire les souliers et à se consacrer aux chapeaux.
Ou encore, comme disait un économiste, dont j'ai oublié le nom : "Même si je tape deux fois plus vite à la machine que ma secrétaire, j'ai tout de même intérêt à embaucher une secrétaire car je suis dix fois meilleur économiste qu'elle et donc je dois y consacrer tout mon temps."
Ce principe d'une économie d'échanges garantit que chacun y trouve sa place, dans le travail où il est le moins mauvais.
Or, la constitution de "champions nationaux" contredit ce principe. En effet, cela consiste à fausser artificiellement la compétition et le mécanisme de l'avantage comparatif ne peut plus jouer : l'argent utilisé au profit des "champions nationaux" l'est au détriment des activités moins "prestigieuses" (cette notion de prestige n'a aucun sens économique) sur lesquels le principe de l'avantage comparatif joue à plein.
On s'étonne de la faiblesse des PME françaises, la raison n'est pas à en chercher ailleurs que dans la faveur dont bénéficient les grands groupes.
A contrario, le Japon tente de préserver un tissu de PME en gardant la concurrence la plus saine possible ; en effet, plus une activité est fragile, plus les pratiques de concurrence déloyale sont mortelles.
Bref, envisager l'économie de marché comme la loi de la jungle où le plus fort,le "champion national", met à mort les autres prouve une méconnaissance totale de ses mécanismes. Il en résulte des décisions désastreuses.
Que cette erreur soit fort répandue dans tous les pays n'enlève rien à sa nocivité.
L'économie de marché repose sur le contrat (entre client et fournisseur, entre employeur et employé), toute action en faveur de l'éconmie devrait contribuer à rendre ces relations contractuelles plus claires et non en des interventions, forcément brouillonnes, dans l'espoir vain d'orienter l'économie dans tel ou tel sens.
C'est en ce sens que je disais précédemment que le capitalisme souffre plus de l'oubli de ses principes que de ses contradictions.
_ la compétition, principe qui est à peu près compris par nos gouvernants, et encore, ils ne voient souvent qu'une lutte à mort
_ l'avantage comparatif, qui est totaement ignoré de nos gouvernants, sauf, de temps en temps, au niveau international, où il est confondu malencontreusement avec la compétition
Ricardo, au XIXème siècle, comme quoi ce n'est pas une découverte récente, expliquait très simplement en quoi consiste l'avantage comparatif :
Imaginons qu'il n'y ait que deux produits, les chapeaux et les chaussures, et que deux producteurs, Pierre et Paul.
Pierre est deux fois plus productif que Paul dans les souliers et trois plus productif que Paul dans les chapeaux. Il a intérêt à laisser Paul faire les souliers et à se consacrer aux chapeaux.
Ou encore, comme disait un économiste, dont j'ai oublié le nom : "Même si je tape deux fois plus vite à la machine que ma secrétaire, j'ai tout de même intérêt à embaucher une secrétaire car je suis dix fois meilleur économiste qu'elle et donc je dois y consacrer tout mon temps."
Ce principe d'une économie d'échanges garantit que chacun y trouve sa place, dans le travail où il est le moins mauvais.
Or, la constitution de "champions nationaux" contredit ce principe. En effet, cela consiste à fausser artificiellement la compétition et le mécanisme de l'avantage comparatif ne peut plus jouer : l'argent utilisé au profit des "champions nationaux" l'est au détriment des activités moins "prestigieuses" (cette notion de prestige n'a aucun sens économique) sur lesquels le principe de l'avantage comparatif joue à plein.
On s'étonne de la faiblesse des PME françaises, la raison n'est pas à en chercher ailleurs que dans la faveur dont bénéficient les grands groupes.
A contrario, le Japon tente de préserver un tissu de PME en gardant la concurrence la plus saine possible ; en effet, plus une activité est fragile, plus les pratiques de concurrence déloyale sont mortelles.
Bref, envisager l'économie de marché comme la loi de la jungle où le plus fort,le "champion national", met à mort les autres prouve une méconnaissance totale de ses mécanismes. Il en résulte des décisions désastreuses.
Que cette erreur soit fort répandue dans tous les pays n'enlève rien à sa nocivité.
L'économie de marché repose sur le contrat (entre client et fournisseur, entre employeur et employé), toute action en faveur de l'éconmie devrait contribuer à rendre ces relations contractuelles plus claires et non en des interventions, forcément brouillonnes, dans l'espoir vain d'orienter l'économie dans tel ou tel sens.
C'est en ce sens que je disais précédemment que le capitalisme souffre plus de l'oubli de ses principes que de ses contradictions.
Pourquoi le progrès technique n'est pas cause du chômage (complément)
Dire que la hausse de la productivité cause le chômage est contradictoire. Si le travail est plus productif, il rapporte plus, ça vaut d'autant plus le coup d'embaucher !
En réalité, ce qu'il y a de sous-jacent, c'est la vieille lune marxiste comme quoi le capitalisme de vrait s'écrouler sous ses propres contradictions.
Ce qui me menace réellement le capitalisme aujourd'hui est beaucoup plus l'infidélité à ses principes fondateurs : compétition et avantage comparatif (voir message suivant, le temps que je rédige).
En réalité, ce qu'il y a de sous-jacent, c'est la vieille lune marxiste comme quoi le capitalisme de vrait s'écrouler sous ses propres contradictions.
Ce qui me menace réellement le capitalisme aujourd'hui est beaucoup plus l'infidélité à ses principes fondateurs : compétition et avantage comparatif (voir message suivant, le temps que je rédige).
vendredi, janvier 21, 2005
Le vernis culturel
Le peuple de Mozart et de Goethe a mis méthodiquement des juifs au four.
La culture n'empêche pas les atrocités. C'est la conscience, qui est par nature individuelle et aléatoire, qui les empêche.
Aujourd'hui, des soldats isaréliens, américains et anglais torturent avec l'assentiment, au moins passif, d'une large part de la population.
La culture n'empêche pas les atrocités. C'est la conscience, qui est par nature individuelle et aléatoire, qui les empêche.
Aujourd'hui, des soldats isaréliens, américains et anglais torturent avec l'assentiment, au moins passif, d'une large part de la population.
jeudi, janvier 20, 2005
Lycéens et Auschwitz : le malaise
Des lycéens ont été sanctionnés pour avoir tenu des propos antisémites et eu des attitudes déplacées à Auschwitz lors d'un voyage scolaire.
Il ne faut absolument négliger l'immense potentiel de connerie des adolescents, du fait de leur immaturité.
Mais on peut aussi se demander si il n'y a pas là une dérive de la part des adultes : toutes les situations fortes sont particulièrement difficiles à supporter pour des adolescents. Nous connaissons tous ces ricanements et ces ironies faciles lors de la représentation de grandes tragédies.
C'est peut-être l'idée même de visite de groupe qui pose problème. En groupe, on est en représentation, à plus forte raison des adolescents. La situation est bien peu propice à l'intériorisation.
C'est pourquoi la lecture préalable d'un livre, "Si c'est un homme" par exemple, qui est nécessairement solitaire est sans doute obligatoire.
Il ne faut absolument négliger l'immense potentiel de connerie des adolescents, du fait de leur immaturité.
Mais on peut aussi se demander si il n'y a pas là une dérive de la part des adultes : toutes les situations fortes sont particulièrement difficiles à supporter pour des adolescents. Nous connaissons tous ces ricanements et ces ironies faciles lors de la représentation de grandes tragédies.
C'est peut-être l'idée même de visite de groupe qui pose problème. En groupe, on est en représentation, à plus forte raison des adolescents. La situation est bien peu propice à l'intériorisation.
C'est pourquoi la lecture préalable d'un livre, "Si c'est un homme" par exemple, qui est nécessairement solitaire est sans doute obligatoire.
Bouquin :"Si c'est un homme" (Primo Levi)
FFFF
En ces temps de commémration de l'ouverture des camps de concentration hitlériens, "Si c'est un homme" de Primo Levi est incontournable.
Bouleversant, quand il essaie d'habituer cette Allemande à ne pas détourner le regard et à le voir comme un être humain.
Il s'oppose à "L'espèce humaine " d'Antelme. Antelme croit que les camps de concentration ne sont que le paroxysme de la société humaine, notamment capitaliste. Levi croit encore en la culture.
En ces temps de commémration de l'ouverture des camps de concentration hitlériens, "Si c'est un homme" de Primo Levi est incontournable.
Bouleversant, quand il essaie d'habituer cette Allemande à ne pas détourner le regard et à le voir comme un être humain.
Il s'oppose à "L'espèce humaine " d'Antelme. Antelme croit que les camps de concentration ne sont que le paroxysme de la société humaine, notamment capitaliste. Levi croit encore en la culture.
Pourquoi la mondialisation et le progrès technique ne sont pas les causes du chômage
Le progrès technique :
Une remarque historique préliminaire : si le progrès technique causait le chômage, ce dernier aurait du être à son pic en 1960. Or, on sait bien qu'il n'en ait rien.
L'homme a toujours eu besoin d'outils pour travailler, même le balayeur a besoin d'un balai. L'amélioration des outils, le progrès techniques, libère l'homme de certaines tâches pour qu'il puisse se consacrer à d'autres. Si il en résulte un gain de productivité, le client en bénéficie et c'est du pouvoir d'achat libéré pour autre chose.
Un exemple parlant, c'est l'augmentation de la productivité agricole par la mécanisation : la part de la nourriture dans le budget des ménages a baissé, la part des loisirs et des produits manufacturés a augmenté d'autant, il y a eu un exode rural, les paysans sont devenus des ouvriers. Il n'y a pas eu pour autant de chômage structurel durable. Le niveau de vie a augmenté.
Alors ? On retombe sur notre histoire de manque de capital productif accumulé. Pour créer des nouvelles industries, pour augmenter la richesse globale et le pouvoir d'achats, il faut des investissements, il faut des sous pour construire des usines, des laboratoires, des boutiques etc ... C'est parce que de nouvelles industries ne prennent pas complètement le relais des anciennes qu'il y a du chômage. Et c'est parce que l'épargne est absorbé par la dette publique qu'il y a sous-investissement.
La mondialisation :
Ca va avec l'explication sur le progrès.
Si les Chinois sont peu payés, c'est parce que leur travail ne vaut pas plus. Dans les pays industrialisés, les travailleurs ne sont pas en compétition avec les petits Chinois, ils ont leurs créneaux à eux. Quand on abandonne l'industrie textile, cela signifie que ce n'est plus une tâche assez précieuse pour notre niveau de richesse, exactement comme les paysans abandonnaient la terre pour se livrer au travail ouvrier mieux valorisé.
Seulement, les industries nouvelles peinent à prendre le relais, mais cela, ce n'est pas de la faute des Chinois, c'est notre problème. On en revient à la question de la sous-capitalisation.
Par exemple, je suis tout à fait surpris par la lenteur des progrès des énergies alternatives au pétrole. Comme par hasard (mais en est-ce vraiment un ?), la société qui développe les véhicules hybrides est Toyota : une société pas endettée (elle est assise sur une montagne de cash), chiche avec ses actionnaires et pas exceptionnellement généreuse avec ses salariés.
Autre exemple, on se plaint du peu de recherche finançée par le privé en France, n'y a-t-il pas un rapport avec des dépenses publiques à 55 % du PIB ?
Une remarque historique préliminaire : si le progrès technique causait le chômage, ce dernier aurait du être à son pic en 1960. Or, on sait bien qu'il n'en ait rien.
L'homme a toujours eu besoin d'outils pour travailler, même le balayeur a besoin d'un balai. L'amélioration des outils, le progrès techniques, libère l'homme de certaines tâches pour qu'il puisse se consacrer à d'autres. Si il en résulte un gain de productivité, le client en bénéficie et c'est du pouvoir d'achat libéré pour autre chose.
Un exemple parlant, c'est l'augmentation de la productivité agricole par la mécanisation : la part de la nourriture dans le budget des ménages a baissé, la part des loisirs et des produits manufacturés a augmenté d'autant, il y a eu un exode rural, les paysans sont devenus des ouvriers. Il n'y a pas eu pour autant de chômage structurel durable. Le niveau de vie a augmenté.
Alors ? On retombe sur notre histoire de manque de capital productif accumulé. Pour créer des nouvelles industries, pour augmenter la richesse globale et le pouvoir d'achats, il faut des investissements, il faut des sous pour construire des usines, des laboratoires, des boutiques etc ... C'est parce que de nouvelles industries ne prennent pas complètement le relais des anciennes qu'il y a du chômage. Et c'est parce que l'épargne est absorbé par la dette publique qu'il y a sous-investissement.
La mondialisation :
Ca va avec l'explication sur le progrès.
Si les Chinois sont peu payés, c'est parce que leur travail ne vaut pas plus. Dans les pays industrialisés, les travailleurs ne sont pas en compétition avec les petits Chinois, ils ont leurs créneaux à eux. Quand on abandonne l'industrie textile, cela signifie que ce n'est plus une tâche assez précieuse pour notre niveau de richesse, exactement comme les paysans abandonnaient la terre pour se livrer au travail ouvrier mieux valorisé.
Seulement, les industries nouvelles peinent à prendre le relais, mais cela, ce n'est pas de la faute des Chinois, c'est notre problème. On en revient à la question de la sous-capitalisation.
Par exemple, je suis tout à fait surpris par la lenteur des progrès des énergies alternatives au pétrole. Comme par hasard (mais en est-ce vraiment un ?), la société qui développe les véhicules hybrides est Toyota : une société pas endettée (elle est assise sur une montagne de cash), chiche avec ses actionnaires et pas exceptionnellement généreuse avec ses salariés.
Autre exemple, on se plaint du peu de recherche finançée par le privé en France, n'y a-t-il pas un rapport avec des dépenses publiques à 55 % du PIB ?
Notre économie de guerre
Comparaison n'est pas raison, cependant le parallèle entre notre économie et une économie de guerre est éclairant :
Economie de guerre : les jeunes sont sacrifiés
Notre économie : le chômage des jeunes est le plus important chez les moins de 25 ans
Economie de guerre : les dépenses sont financées par le déficit
Notre économie : les dépenses sont financées par le déficit
Economie de guerre : les taux d'intérêt sont bas car les bons du trésor sont les seuls placements
Notre économie : les taux d'intérêts sont bas car le volume des bons du trésor est supérieur de 40 à 50 % aux titres privés
Economie de guerre : l'Etat administre l'économie
Notre économie : l'Etat intervient sur les prix, sur les salaires, sur les relations entre clients et fournisseurs, sur les relations entre employeurs et employés, sur la concurrence, favorise ou défavorise certaines orientations du marché.
Economie de guerre : les jeunes sont sacrifiés
Notre économie : le chômage des jeunes est le plus important chez les moins de 25 ans
Economie de guerre : les dépenses sont financées par le déficit
Notre économie : les dépenses sont financées par le déficit
Economie de guerre : les taux d'intérêt sont bas car les bons du trésor sont les seuls placements
Notre économie : les taux d'intérêts sont bas car le volume des bons du trésor est supérieur de 40 à 50 % aux titres privés
Economie de guerre : l'Etat administre l'économie
Notre économie : l'Etat intervient sur les prix, sur les salaires, sur les relations entre clients et fournisseurs, sur les relations entre employeurs et employés, sur la concurrence, favorise ou défavorise certaines orientations du marché.
Pour une politique de rupture ?
Aujourd'hui, nous sommes dans un cycle infernal :
dépenses publiques -> sous-investissement -> déflation larvée -> chômage -> intervention étatique -> dépenses publiques
Ce cercle vicieux entraîne la France sur la pente d'un appauvrissement progressif mais certain. L'appauvrissement, comme l'éclatement des bulles spéculatives, se fait par saccades, les longues glissades sont suivies de courtes périodes de rémission, des secteurs surnagent pendant que d'autres, plus nombreux, s'écroulent. Ils se trouvent donc toujours des docteurs Tant-mieux pour nous expliquer que tout cela n'est pas si grave.
Je m'adresse donc à ceux qui ont pris conscience du problème (tant pis pour les docteurs Tant-mieux).
Je me demande comment en sortir.
Paul Fabra (je vous poste le résumé de La diable et le chômage après demain) propose un super-impôt ponctuel sur le patrimoine destiné à éteindre une fois pour toutes la dette de l'Etat et de repartir sur de bonnes bases, c'est à dire zéro déficit et zéro dette.
Economiquement, c'est la bonne solution. Mais politiquement ?
Après tout, chacun voit midi à sa porte et certains croient encore qu'il faut augmenter les dépenses publiques. Comment appliquer cette politique ?
Nos politiciens se comportent comme des amateurs papillonants. Aucune concentration ni ligne directrice. Ce qui ne manque pas de provoquer un désarroi profond chez les citoyens.
Pourquoi ? Parce que le mauvais réflexe en période de crise est de renforcer les pouvoirs de l'Etat (c'est normal, nos énarques sont formés à cela), de faire de l'activisme étatique. Cette réaction, appliquée systématiquement depuis vingt ans, a sans conteste prouvé son inadaptation. Nos hommes politiques s'en rendent bien compte, mais comme c'est la seule réaction qu'ils ont dans leur éventail (l'éventail à un pli, c'est petit !), ils ne savent pas, et n'envisagent même pas vraiment, de faire quelque chose d'autre.
Là est la véritable pensée unique. Et ils persévèrent dans l'erreur, mais avec mauvaise conscience, d'où la multiplication des observatoires Théophile et des comités Théodule : l'Etat s'étend encore, mais il n'ose plus agir ouvertement, alors, pour s'occuper, il observe, il consulte.
Acculés, les gouvernants peuvent aussi choisir de se débarrasser du problème plutôt que de le résoudre en le transférant "à Bruxelles".
On sait les anciennes idées impuissantes mais on n'en a pas de nouvelles, alors on navigue à vue.
D'où cette impression d'impuissance et de fébrilité.
Lionel Jospin s'était excusé d'avoir dit, à propos des licenciements chez Michelin, que l'Etat ne peut pas tout. Grave capitulation de l'intelligence devant le préjugé. Au contraire, il aurait du enfoncer ce clou démocratique. Non, l'Etat ne peut pas tout et c'est très bien ainsi.
Donc, point de départ de tout, des principes corrects :
- ce que l'Etat fait doit être mesuré, évalué, corrigé. L'Etat est responsable devant les citoyens
- la vie économique a sa logique propre qui repose sur le contrat qui lie les individus. L'intervention de l'Etat dans cette logique la perturbe et risque d'introduire des injustices. L'Etat ne doit pas vouloir se mêler de tout, sous peine de se condamner lui-même à l'inefficacité.
- le rôle économique de l'Etat est de fournir un cadre stable et pérenne pour les relations entre acteurs économiques, non d'influer au gré des circonstances sur les relations entre les acteurs dans un sens ou dans un autre.
- le capital productif accumulé crée la richesse et l'emploi
Muni de ces principes, il reste à élaborer un projet :
Il doit être :
- cohérent. Les principes sont là pour ça.
- transparent : pas de sous-entendus ou de non-dits- exhaustif. Sachant que tous les problèmes ne peuvent être anticipés, on se reportera aux principes pour décider en face d'un problème inattendu
- souple. L'exhaustivité est un but, inaccessible. L'adaptation doit être en accord avec les principes.
Pour s'accorder au rythme de la vie politique actuel, ce projet doit être minutieusement préparé dans l'opposition, de manière à ce que la majorité des lois et décrets s'y rattachant soit publiée dans les trois premiers mois après l'arrivée au pouvoir. Après six mois, les quelques lois qui pourraient encore passer seraient liées à des réglages et des ajustements, mais le coeur du dispositif serait en place.
On touche là un grave poblème : la faiblesse des "think tank" et des partis politiques français. Nous n'avons pas de "shadow cabinet" à l'anglaise.
dépenses publiques -> sous-investissement -> déflation larvée -> chômage -> intervention étatique -> dépenses publiques
Ce cercle vicieux entraîne la France sur la pente d'un appauvrissement progressif mais certain. L'appauvrissement, comme l'éclatement des bulles spéculatives, se fait par saccades, les longues glissades sont suivies de courtes périodes de rémission, des secteurs surnagent pendant que d'autres, plus nombreux, s'écroulent. Ils se trouvent donc toujours des docteurs Tant-mieux pour nous expliquer que tout cela n'est pas si grave.
Je m'adresse donc à ceux qui ont pris conscience du problème (tant pis pour les docteurs Tant-mieux).
Je me demande comment en sortir.
Paul Fabra (je vous poste le résumé de La diable et le chômage après demain) propose un super-impôt ponctuel sur le patrimoine destiné à éteindre une fois pour toutes la dette de l'Etat et de repartir sur de bonnes bases, c'est à dire zéro déficit et zéro dette.
Economiquement, c'est la bonne solution. Mais politiquement ?
Après tout, chacun voit midi à sa porte et certains croient encore qu'il faut augmenter les dépenses publiques. Comment appliquer cette politique ?
Nos politiciens se comportent comme des amateurs papillonants. Aucune concentration ni ligne directrice. Ce qui ne manque pas de provoquer un désarroi profond chez les citoyens.
Pourquoi ? Parce que le mauvais réflexe en période de crise est de renforcer les pouvoirs de l'Etat (c'est normal, nos énarques sont formés à cela), de faire de l'activisme étatique. Cette réaction, appliquée systématiquement depuis vingt ans, a sans conteste prouvé son inadaptation. Nos hommes politiques s'en rendent bien compte, mais comme c'est la seule réaction qu'ils ont dans leur éventail (l'éventail à un pli, c'est petit !), ils ne savent pas, et n'envisagent même pas vraiment, de faire quelque chose d'autre.
Là est la véritable pensée unique. Et ils persévèrent dans l'erreur, mais avec mauvaise conscience, d'où la multiplication des observatoires Théophile et des comités Théodule : l'Etat s'étend encore, mais il n'ose plus agir ouvertement, alors, pour s'occuper, il observe, il consulte.
Acculés, les gouvernants peuvent aussi choisir de se débarrasser du problème plutôt que de le résoudre en le transférant "à Bruxelles".
On sait les anciennes idées impuissantes mais on n'en a pas de nouvelles, alors on navigue à vue.
D'où cette impression d'impuissance et de fébrilité.
Lionel Jospin s'était excusé d'avoir dit, à propos des licenciements chez Michelin, que l'Etat ne peut pas tout. Grave capitulation de l'intelligence devant le préjugé. Au contraire, il aurait du enfoncer ce clou démocratique. Non, l'Etat ne peut pas tout et c'est très bien ainsi.
Donc, point de départ de tout, des principes corrects :
- ce que l'Etat fait doit être mesuré, évalué, corrigé. L'Etat est responsable devant les citoyens
- la vie économique a sa logique propre qui repose sur le contrat qui lie les individus. L'intervention de l'Etat dans cette logique la perturbe et risque d'introduire des injustices. L'Etat ne doit pas vouloir se mêler de tout, sous peine de se condamner lui-même à l'inefficacité.
- le rôle économique de l'Etat est de fournir un cadre stable et pérenne pour les relations entre acteurs économiques, non d'influer au gré des circonstances sur les relations entre les acteurs dans un sens ou dans un autre.
- le capital productif accumulé crée la richesse et l'emploi
Muni de ces principes, il reste à élaborer un projet :
Il doit être :
- cohérent. Les principes sont là pour ça.
- transparent : pas de sous-entendus ou de non-dits- exhaustif. Sachant que tous les problèmes ne peuvent être anticipés, on se reportera aux principes pour décider en face d'un problème inattendu
- souple. L'exhaustivité est un but, inaccessible. L'adaptation doit être en accord avec les principes.
Pour s'accorder au rythme de la vie politique actuel, ce projet doit être minutieusement préparé dans l'opposition, de manière à ce que la majorité des lois et décrets s'y rattachant soit publiée dans les trois premiers mois après l'arrivée au pouvoir. Après six mois, les quelques lois qui pourraient encore passer seraient liées à des réglages et des ajustements, mais le coeur du dispositif serait en place.
On touche là un grave poblème : la faiblesse des "think tank" et des partis politiques français. Nous n'avons pas de "shadow cabinet" à l'anglaise.
Fonctionnaires : Tony a des idées
Le gouvernement Blair veut faire passer le nombre de fonctionnaires de l'aministration centrale de 512 000 postes (chiffre déjà ridicule par rapport aux effectif français) à 408 000, soit une réduction de 20 %.
Bien entendu, il n'y a qu'une seule explication possible : Blair est un faux socialiste et un vrai salaud d'ultra-libéral.
Bien sûr, introduire dans le débat qu'il n'y a en Grande-Bretagne que 4 % de chômage sans trop maquiller les chiffres et chez nous 10 % en magouillant beaucoup les statistiques, c'est vicier la discussion, faire preuve de mauvaise foi.
Les deux choses n'ont évidemment aucun rapport, n'est ce pas ?
Bien entendu, il n'y a qu'une seule explication possible : Blair est un faux socialiste et un vrai salaud d'ultra-libéral.
Bien sûr, introduire dans le débat qu'il n'y a en Grande-Bretagne que 4 % de chômage sans trop maquiller les chiffres et chez nous 10 % en magouillant beaucoup les statistiques, c'est vicier la discussion, faire preuve de mauvaise foi.
Les deux choses n'ont évidemment aucun rapport, n'est ce pas ?
Au nom du père
Je trouve qu'on bricole beaucoup ces derniers temps avec les relations de filiation : mariage homosexuel, choix du patronyme.
Il est étrange que le "principe de précaution", tellement invoqué par ailleurs pour entraver les recherches scientifiques, soit passé sous silence sur ces sujets pourtant fort importants.
L'enfant portait le nom du père parce que la filiation avec la mère est physique et celle avec le père symbolique : "maman sûrement, papa peut-être".
Etait l'enfant du père celui qu'il avait reconnu comme tel et qui portait son nom.
Vous me direz qu'avec la génétique, la recherche en paternité, même chez les morts, voire la sordide affaire Yves Montand, est aisée.
Soit, mais je ne pense pas que l'évolution de la psychologie suive le rythme de la science.
Enfin, en ces temps de doutes identitaires, je pense que ce "progressisme" sur des sujets où il n'y avait franchement pas urgence est de nature à favoriser le malaise.
Il est étrange que le "principe de précaution", tellement invoqué par ailleurs pour entraver les recherches scientifiques, soit passé sous silence sur ces sujets pourtant fort importants.
L'enfant portait le nom du père parce que la filiation avec la mère est physique et celle avec le père symbolique : "maman sûrement, papa peut-être".
Etait l'enfant du père celui qu'il avait reconnu comme tel et qui portait son nom.
Vous me direz qu'avec la génétique, la recherche en paternité, même chez les morts, voire la sordide affaire Yves Montand, est aisée.
Soit, mais je ne pense pas que l'évolution de la psychologie suive le rythme de la science.
Enfin, en ces temps de doutes identitaires, je pense que ce "progressisme" sur des sujets où il n'y avait franchement pas urgence est de nature à favoriser le malaise.
mercredi, janvier 19, 2005
Connerie par procuration (suite)
J'ai réfléchi : les sondages donnent 65 % de la population sympathisant avec les grévistes fonctionnaires.
Mais si on enlève les 55 % de fonctionnaires, assimilés, leur famille et les inactifs qui ne sont pas touchés par les grèves, disons 55 % de la population, il ne reste plus que 22 % de sympathisants (10 % sur 45 %).
Cette histoire de grève par procuration n'est pas un mensonge mais une hypocrisie : elle reflète surtout la forte proportion de fonctionnaires dans la population.
Quelqu'un plus versé que moi dans les sondages pourrait-il vérifier si ce que je dis tient la route ?
Mais si on enlève les 55 % de fonctionnaires, assimilés, leur famille et les inactifs qui ne sont pas touchés par les grèves, disons 55 % de la population, il ne reste plus que 22 % de sympathisants (10 % sur 45 %).
Cette histoire de grève par procuration n'est pas un mensonge mais une hypocrisie : elle reflète surtout la forte proportion de fonctionnaires dans la population.
Quelqu'un plus versé que moi dans les sondages pourrait-il vérifier si ce que je dis tient la route ?
Les sévices publics à la française
En ces temps de grèves des fonctionnaires et assimilés, on voit un paradoxe bien curieux, du moins au premier abord :
- les mêmes qui expliquent qu'ils font grève pour défendre les services publiques refusent farouchement toute idée de service minimum obligatoire.
C'est étrange, car le service minimum se fait en Allemagne (où la grève des fonctionnaires est même interdite), en Italie, en Grande-Bretagne.
Quand on réfléchit aux principes, c'est encore plus déroutant : si, comme on nous l'affirme, la particularité des salariés de la fonction et des entreprises publiques est de fournir un travail d'intérêt général au service de la collectivité toute entière, le refus du service minimum s'apparente à une trahison de leur mission.
Défendre sa mission en la trahissant : ce comportement paradoxal risque de donner des résultats inattendus.
Allons, je dévoile le pot aux roses, puisque nous le connaissons tous : l'ambition des grévistes n'est pas de défendre les services publics mais leur situation. Dans leur tête, il traîne une équation que rien ne démontre et que beaucoup d'éléments contredisent : "défense de nos intérêts = défense des services publics".
- les mêmes qui expliquent qu'ils font grève pour défendre les services publiques refusent farouchement toute idée de service minimum obligatoire.
C'est étrange, car le service minimum se fait en Allemagne (où la grève des fonctionnaires est même interdite), en Italie, en Grande-Bretagne.
Quand on réfléchit aux principes, c'est encore plus déroutant : si, comme on nous l'affirme, la particularité des salariés de la fonction et des entreprises publiques est de fournir un travail d'intérêt général au service de la collectivité toute entière, le refus du service minimum s'apparente à une trahison de leur mission.
Défendre sa mission en la trahissant : ce comportement paradoxal risque de donner des résultats inattendus.
Allons, je dévoile le pot aux roses, puisque nous le connaissons tous : l'ambition des grévistes n'est pas de défendre les services publics mais leur situation. Dans leur tête, il traîne une équation que rien ne démontre et que beaucoup d'éléments contredisent : "défense de nos intérêts = défense des services publics".
mardi, janvier 18, 2005
Connerie par procuration
Voici le retour des sempiternelles grèves de la fonction publiques et Le Monde nous ressort la non moins sempiternelle blague de la grève par procuration, sondages à l'appui.
Que peut-il y avoir en commun entre un fonctionnaire protégé, bénéficiant de conditions sociales fort avantageuses, et un employé dans une PME au bord de la faillite ?
Une envie de protester ? Soit. Une peur de l'avenir, un désir qu'on ne touche à rien ? Pourquoi pas ?
Mais ce mouvement d'humeur ne repose sur rien : non seulement, les intérêts des fonctionnaires et des salariés du privé ne convergent pas, mais ils s'opposent franchement (mon opinion de fond est que les dépenses publiques trop imposantes créent le chômage).
Je sais, je connais le mythe du bon petit peuple opprimé par les puissants, patrons et politiciens mêlés.
Je trouve effarant que nous ne soyions pas passés à l'âge adulte de la démocratie, où il est normal que les intérêts s'opposent, qu'on en débatte et qu'on prenne les décisions au mieux de l'intérêt général.
D'ailleurs, malgré les sondages, j'ai bien du mal à croire à la "grève par procuration", je sens là-dessous une tromperie, un maquillage :
- si on demande à quelqu'un : "les fonctionnaires ont ils raison de faire grève ?" la réponse "oui" sous-entend peut-être "chacun sur cette terre défend ses avantages" et ne présume pas de la réponse à la question" les fonctionnaires servent ils l'intérêt général en défendant leurs avantages ?".
En tout état de cause, je ne pense pas qu'on aille dans la bonne direction.
Je vais réfléchir un peu plus avant sur cette histoire de grève par procuration, je vous en reparle.
Que peut-il y avoir en commun entre un fonctionnaire protégé, bénéficiant de conditions sociales fort avantageuses, et un employé dans une PME au bord de la faillite ?
Une envie de protester ? Soit. Une peur de l'avenir, un désir qu'on ne touche à rien ? Pourquoi pas ?
Mais ce mouvement d'humeur ne repose sur rien : non seulement, les intérêts des fonctionnaires et des salariés du privé ne convergent pas, mais ils s'opposent franchement (mon opinion de fond est que les dépenses publiques trop imposantes créent le chômage).
Je sais, je connais le mythe du bon petit peuple opprimé par les puissants, patrons et politiciens mêlés.
Je trouve effarant que nous ne soyions pas passés à l'âge adulte de la démocratie, où il est normal que les intérêts s'opposent, qu'on en débatte et qu'on prenne les décisions au mieux de l'intérêt général.
D'ailleurs, malgré les sondages, j'ai bien du mal à croire à la "grève par procuration", je sens là-dessous une tromperie, un maquillage :
- si on demande à quelqu'un : "les fonctionnaires ont ils raison de faire grève ?" la réponse "oui" sous-entend peut-être "chacun sur cette terre défend ses avantages" et ne présume pas de la réponse à la question" les fonctionnaires servent ils l'intérêt général en défendant leurs avantages ?".
En tout état de cause, je ne pense pas qu'on aille dans la bonne direction.
Je vais réfléchir un peu plus avant sur cette histoire de grève par procuration, je vous en reparle.
Grèves dans la fonction publique
La même mauvaise comédie qui recommence toujours :
_ le gouvernement incapable de définir une politique (là est le plus gros problème)
_ les syndicats d'autant plus remontés qu'ils ont fait de l'autisme et de leur rivalité les deux moteurs de leur action
_ les fonctionnaires confits dans la religion des "avantages acquis"
Si au moins la grève pouvait durer assez longtemps pour que le budget 2005 en soit soulagé, ça serait toujours ça de pris.
Oui, je sais, ça témoigne d'une résignation à la politique du pire. Ca témoigne aussi que je ne crois pas qu'une baisse d'activité dans les administrations soit une catastrophe inter-planétaire (sauf dans les transports en commun).
Il faudra un jour causer sérieusement des "services publics à la française", que le monde entier ne nous envie pas.
Bouquin : Candide, illustré par Jean-Marc Rochette
FFFF
J'y pense parce que je l'ai revu récemment sur une étagère et que le séïsme de Lisbonne y est évoqué. Une belle idée de cadeau, pas trop chère (je n'ai plus le prix en tête, mais ce n'est pas la ruine) et bien agréable.
Ce n'est pas mon conte de Voltaire préféré, j'aime mieux Zadig, mais Candide est tout de mêm plein de cet humour voltairien si réjouissant ("jubilatoire" en novlangue parisianiste) et les dessins de Rochette se marient bien.
J'y pense parce que je l'ai revu récemment sur une étagère et que le séïsme de Lisbonne y est évoqué. Une belle idée de cadeau, pas trop chère (je n'ai plus le prix en tête, mais ce n'est pas la ruine) et bien agréable.
Ce n'est pas mon conte de Voltaire préféré, j'aime mieux Zadig, mais Candide est tout de mêm plein de cet humour voltairien si réjouissant ("jubilatoire" en novlangue parisianiste) et les dessins de Rochette se marient bien.
ue philosopher, c'est apprendre à mourir
C'est le titre d'un essai de Montaigne. J'y pense par esprit d'escalier.
J'ai posté un message intitulé "Révolution intellectuelle" où j'exposais ma conception libérale de la société par rapport à une conception étatiste.
Un ami qui a ses bonnes oeuvres, il encadre des jeunes des "quartiers difficiles", me signale que les dits jeunes sont très peu réceptifs aux questions de responsabilité et de liberté. Il ne me dit pas tout à fait que ce sont des veaux que la Star Ac suffit à satisfaire, mais bon, je l'extrapole sans vergogne.
Je me dis que pour être bon citoyen, c'est-à-dire libre et responsable, il faut savoir qui l'on est, donc d'où l'on vient et où l'on va.
Si on ne se préoccupe que des origines, on risque de tomber dans l'identitaire, voir dans le fondamentalisme. Indépendamment de la barbarie qui y est attaché, l'identitaire me déplaît aussi par sa paresse intellectuelle : ça ne va pas chercher loin.
C'est pourquoi il faut rappeler où l'on va, le terme du voyage qui unit tous les hommes : manger les pissenlits par la racine.
Or, dans notre société, on se cache au maximum sa propre mort au point de s'en étonner quand la mort arrive autre part qu'à la télé : un médecin racontait que la famille d'un homme de 77 ans, atteint d'un cancer, déjà victime d'un infarctus, et mort à l'hopital d'un second infarctus était étonnée et à deux doigts de mettre en cause la qualité des soins.
Si on en croit Montaigne (philosopher, c'est apprendre à mourir), nous manquons singulièrement de philosophie et de sagesse.
J'ai posté un message intitulé "Révolution intellectuelle" où j'exposais ma conception libérale de la société par rapport à une conception étatiste.
Un ami qui a ses bonnes oeuvres, il encadre des jeunes des "quartiers difficiles", me signale que les dits jeunes sont très peu réceptifs aux questions de responsabilité et de liberté. Il ne me dit pas tout à fait que ce sont des veaux que la Star Ac suffit à satisfaire, mais bon, je l'extrapole sans vergogne.
Je me dis que pour être bon citoyen, c'est-à-dire libre et responsable, il faut savoir qui l'on est, donc d'où l'on vient et où l'on va.
Si on ne se préoccupe que des origines, on risque de tomber dans l'identitaire, voir dans le fondamentalisme. Indépendamment de la barbarie qui y est attaché, l'identitaire me déplaît aussi par sa paresse intellectuelle : ça ne va pas chercher loin.
C'est pourquoi il faut rappeler où l'on va, le terme du voyage qui unit tous les hommes : manger les pissenlits par la racine.
Or, dans notre société, on se cache au maximum sa propre mort au point de s'en étonner quand la mort arrive autre part qu'à la télé : un médecin racontait que la famille d'un homme de 77 ans, atteint d'un cancer, déjà victime d'un infarctus, et mort à l'hopital d'un second infarctus était étonnée et à deux doigts de mettre en cause la qualité des soins.
Si on en croit Montaigne (philosopher, c'est apprendre à mourir), nous manquons singulièrement de philosophie et de sagesse.
Quelques conseils de prudence de Montaigne pour commencer la journée
C'est pour moy un doux commerce, que celuy des belles et honnestes femmes.
Si l'ame n'y a pas tant à jouyr qu'au premier [premier commerce : l'amitié], les sens corporels qui participent aussi plus à cettuy-cy, le ramenent à une proportion voisine de l'autre : quoy que selon moy, non pas esgalle.
Mais c'est un commerce où il se faut tenir un peu sur ses gardes : et notamment ceux en qui le corps peut beaucoup, comme en moy.
Je m'y eschauday en mon enfance : et y souffris toutes les rages, que les poëtes disent advenir à ceux qui s'y laissent aller sans ordre et sans jugement. Il est vray que ce coup de fouët [la "chaude pisse" ?] m'a servy depuis d'instruction.
Si l'ame n'y a pas tant à jouyr qu'au premier [premier commerce : l'amitié], les sens corporels qui participent aussi plus à cettuy-cy, le ramenent à une proportion voisine de l'autre : quoy que selon moy, non pas esgalle.
Mais c'est un commerce où il se faut tenir un peu sur ses gardes : et notamment ceux en qui le corps peut beaucoup, comme en moy.
Je m'y eschauday en mon enfance : et y souffris toutes les rages, que les poëtes disent advenir à ceux qui s'y laissent aller sans ordre et sans jugement. Il est vray que ce coup de fouët [la "chaude pisse" ?] m'a servy depuis d'instruction.
Une adresse utile pour ceux qui utilisent le web comme référence
Le web véhicule une foultitude de bobards qui accrochent d'autant mieux qu'ils correspondent à des fantasmes et à des peurs.
Avant de propager ces rumeurs, vérifiez sur ce site, français au nom disgracieux, qui s'efforce de les analyser:
Lien : hoaxbuster
Avant de propager ces rumeurs, vérifiez sur ce site, français au nom disgracieux, qui s'efforce de les analyser:
Lien : hoaxbuster
Les théories du complot
François Furet explique pourquoi les théories du "complot aristocratique" sont devenues le moteur de la radicalisation révolutionnaire :
la révolution se voyait (la réalité était moins rose) comme ouverte à tous, égalitaire, d'intérêt général et bonne.
L'ennemi idéal et fantasmatique était donc, à l'inverse : caché, groupusculaire, d'intérêt particulier et mauvais. Ca correspond assez bien à un comploteur.
Il me semble que cette manière de voir explique encore actuellement le succès des théories du complot, d'autant plus que s'ajoute cet élément moderne : la complexité technique.
On en vient alors à des fantasmes du genre : aucun avion ne s'est écrasé sur le Pentagone.
la révolution se voyait (la réalité était moins rose) comme ouverte à tous, égalitaire, d'intérêt général et bonne.
L'ennemi idéal et fantasmatique était donc, à l'inverse : caché, groupusculaire, d'intérêt particulier et mauvais. Ca correspond assez bien à un comploteur.
Il me semble que cette manière de voir explique encore actuellement le succès des théories du complot, d'autant plus que s'ajoute cet élément moderne : la complexité technique.
On en vient alors à des fantasmes du genre : aucun avion ne s'est écrasé sur le Pentagone.
Vandalisme postal
Voici des postiers en train d'arracher (il me semble) la boite aux lettres d'un ministre, qualiferiez vous cette action de :
a) puéril
b) idiote
c) révélatrice d'un mépris de la divergence d'opinion
Je regarde ce geste sans sympathie et sans humour : je tiens trop au "Je ne suis pas d'accord avec vous mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous puissiez exprimer vos opinions" pour ne pas être choqué par ce que ce geste révèle d'irrespect pour le dissentiment.
a) puéril
b) idiote
c) révélatrice d'un mépris de la divergence d'opinion
Je regarde ce geste sans sympathie et sans humour : je tiens trop au "Je ne suis pas d'accord avec vous mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous puissiez exprimer vos opinions" pour ne pas être choqué par ce que ce geste révèle d'irrespect pour le dissentiment.
La guerre propre
De source officielle, les USA auraient largué 30 000 engins lors de la guerre d'Irak. Avec une charge de 250 kg au minimum, ça fait 7500 tonnes d'esplosifs au grand minimum.
Depuis, Fallouja a été rasée.
Or, et vous en trouverez une bonne analyse sur Tom Dispatch, la guerre est faite "virtuellement" par une équipe qui s'est totalement intoxiquée à son idéologie (idéologie : discours destinée à masquer la réalité).
Cette équipe est faite de gens qui ont évité la guerre du Vietnam et le seul qui l'a faite, Powell, a été viré.
Tom Dispatch
Depuis, Fallouja a été rasée.
Or, et vous en trouverez une bonne analyse sur Tom Dispatch, la guerre est faite "virtuellement" par une équipe qui s'est totalement intoxiquée à son idéologie (idéologie : discours destinée à masquer la réalité).
Cette équipe est faite de gens qui ont évité la guerre du Vietnam et le seul qui l'a faite, Powell, a été viré.
Tom Dispatch
lundi, janvier 17, 2005
Bouquin : Penser la Révolution Française (F. Furet)
FFFF
Un jour, un collègue communiste m'a déclaré : "Louis XVI a été guillotiné par le capitalisme." Devant mon air bête et surpris, il a précisé : "... ou plutôt, par le libéralisme bourgeois."
Je suis resté quelques instants désarçonné, comme deux ronds de flan. Je venais de me faire prendre sans vert par une technique que je connaissais pourtant bien, vieille comme l'idéologie : la réinterprétation de l'histoire en fonction de catégories anachroniques adaptées aux combats du moment.
Mais qu'on en soit encore là en 2004, je n'aurais pas cru.
Bien sûr, quiconque connaît la complexité de la société pré-révolutionnaire et l'évolution de la révolution ne peut que se taper le cul par terre de rire de telles interpétations (à noter que Marx lui-même n'a jamais été si simpliste).
C'est un des grands mérites de Furet de ne pas prendre pour argent comptant le discours de la révolution sur elle-même (le peuple contre l'aristocratie).
Après avoir executé pour le plaisir quelques historiens pseudo-marxistes, il restitue la Révolution dans toutes ses contradictions, ses énigmes et, partant, sa richesse :
_ la rupture et la continuité. L'idée tocquevilienne que le pouvoir a changé de mains, du roi à l'Etat, mais que les structures du pouvoir, absolutiste, n'ont pas évolué se lie avec la suite précipitée des évènements
_ la ville et la campagne, qui font la même révolution avec pourtant des aspirations opposées
_ les tensions au sein de la noblesse, finalement plus importantes pour la dynamique initiale de la révolution que les rapports avec le reste de la société
_ et de fort intéressantes questions : par exemple, quel rôle ont joué les déracinés urbains, fruits de l'exode rural, dans la radicalisation ?
Furet est décidément mort trop tôt. Un historien aussi rigoureux et droit, ça manque.
Un jour, un collègue communiste m'a déclaré : "Louis XVI a été guillotiné par le capitalisme." Devant mon air bête et surpris, il a précisé : "... ou plutôt, par le libéralisme bourgeois."
Je suis resté quelques instants désarçonné, comme deux ronds de flan. Je venais de me faire prendre sans vert par une technique que je connaissais pourtant bien, vieille comme l'idéologie : la réinterprétation de l'histoire en fonction de catégories anachroniques adaptées aux combats du moment.
Mais qu'on en soit encore là en 2004, je n'aurais pas cru.
Bien sûr, quiconque connaît la complexité de la société pré-révolutionnaire et l'évolution de la révolution ne peut que se taper le cul par terre de rire de telles interpétations (à noter que Marx lui-même n'a jamais été si simpliste).
C'est un des grands mérites de Furet de ne pas prendre pour argent comptant le discours de la révolution sur elle-même (le peuple contre l'aristocratie).
Après avoir executé pour le plaisir quelques historiens pseudo-marxistes, il restitue la Révolution dans toutes ses contradictions, ses énigmes et, partant, sa richesse :
_ la rupture et la continuité. L'idée tocquevilienne que le pouvoir a changé de mains, du roi à l'Etat, mais que les structures du pouvoir, absolutiste, n'ont pas évolué se lie avec la suite précipitée des évènements
_ la ville et la campagne, qui font la même révolution avec pourtant des aspirations opposées
_ les tensions au sein de la noblesse, finalement plus importantes pour la dynamique initiale de la révolution que les rapports avec le reste de la société
_ et de fort intéressantes questions : par exemple, quel rôle ont joué les déracinés urbains, fruits de l'exode rural, dans la radicalisation ?
Furet est décidément mort trop tôt. Un historien aussi rigoureux et droit, ça manque.
Révolution intellectuelle
Je prends conscience, au fil de mes lectures, à quel point la conception ascendante de la politique qui me paraît naturelle est éloignée de la culture de la majorité de mes concitoyens.
Conception ascendante de la politique : le citoyen est fondamentalement libre et responsable. Il peut déléguer une part de cette liberté et de cette responsabilité à l'Etat afin d'assurer certaines fonctions de la vie en collectivité. L'individu est premier, l'Etat n'est qu'un moyen d'organisation.
Conception descendante de la politique : l'Etat représente l'intérêt général, il est le dispensateur des bienfaits (emplois, subventions). En retour, les citoyens peuvent choisir ses dirigeants par l'intermédiaire d'élections.
Ma conception, par essence libérale, est assez adapté à l'individualisme moderne.
Mais, une vision étatiste est tout aussi adaptée à l'indivdualisme : les individus sont libres de faire des caprices consuméristes (choisir la couleur de la bagnole) mais, pour les choses importantes, papa-Etat s'occupe de tout.
Conception ascendante de la politique : le citoyen est fondamentalement libre et responsable. Il peut déléguer une part de cette liberté et de cette responsabilité à l'Etat afin d'assurer certaines fonctions de la vie en collectivité. L'individu est premier, l'Etat n'est qu'un moyen d'organisation.
Conception descendante de la politique : l'Etat représente l'intérêt général, il est le dispensateur des bienfaits (emplois, subventions). En retour, les citoyens peuvent choisir ses dirigeants par l'intermédiaire d'élections.
Ma conception, par essence libérale, est assez adapté à l'individualisme moderne.
Mais, une vision étatiste est tout aussi adaptée à l'indivdualisme : les individus sont libres de faire des caprices consuméristes (choisir la couleur de la bagnole) mais, pour les choses importantes, papa-Etat s'occupe de tout.
Le Koursk (la suite)
Un aimable lecteur m'a transmis un lien vers le site d'un journaliste de Sciences et Vie qui développe la thèse suivante, mes commentaires entre crochets :
1) le Koursk embarque des Chinois pour leur faire une démontrastion de torpille MHD [torpille à haute vitesse s'entourant d'un nuage de vapeur pour réduire le frottement de l'eau : un peu science-fiction mais nullement impossible, l'équivalent avec du plasma existe pour les avions, Dassault est très officiellement payé pour l'étudier]
2) les Américains coulent volontairement le Koursk pour protester contre ce transfert de technologie [Ca lève ma principale objection au documentaire diffusé sur France 2 : je ne voyais pas les Américains couler le Koursk sous le coup de la panique après une collision. Les Américains voyant les Chinois comme leurs adversaires du XXIème siècle, une telle réaction n'est pas invraisemblable]
3) les Russes donne par ultra-sons au Koursk l'ordre de fermer ses écoutilles [un dispositif permettant au contrôleur de donner des ordres indépendamment de l'équipage existe sur les avions russes, il ne serait pas surprenant qu'un tel dispositif existe aussi sur les sous-marins]
4) l'équipage du Koursk est tout à fait récupérable, mais comme seuls les morts sont fiables pour garder un secret, on attend. [effectivement, à l'époque, on racontait à la fois que le Koursk n'était pas très profond et qu'on ne pouvait pas récupérer l'équipage. Pour le moins contradictoire. La vie humaine vue du Kremlin n'a pas une valeur fantastique]
5) une crise américano-russe publique est évitée.
6) le Koursk est renfloué pour récupérer ses joujoux nucléaires et autres babioles que les Russes veulent garder pour eux
6) L'océan est le monde du silence !
Il se peut très bien que tout cela soit du fantasme (ou de la désinformation !) mais il ne faut jamais oublier que les sous-marins sont les armes les plus efficaces des arsenaux et, comme tels, sont considérés comme l'arme de la dernière chance en cas de conflit nucléaire. Cela peut justifier bien des sacrifices, surtout quand il s'agit de sacrifier les autres.
J'ai toujours tendance à trouver les théories du complot ridicules, mais là, j'ai des difficultés à soulever des objections sérieuses. Ce qui ne veut pas dire que c'est vrai.
1) le Koursk embarque des Chinois pour leur faire une démontrastion de torpille MHD [torpille à haute vitesse s'entourant d'un nuage de vapeur pour réduire le frottement de l'eau : un peu science-fiction mais nullement impossible, l'équivalent avec du plasma existe pour les avions, Dassault est très officiellement payé pour l'étudier]
2) les Américains coulent volontairement le Koursk pour protester contre ce transfert de technologie [Ca lève ma principale objection au documentaire diffusé sur France 2 : je ne voyais pas les Américains couler le Koursk sous le coup de la panique après une collision. Les Américains voyant les Chinois comme leurs adversaires du XXIème siècle, une telle réaction n'est pas invraisemblable]
3) les Russes donne par ultra-sons au Koursk l'ordre de fermer ses écoutilles [un dispositif permettant au contrôleur de donner des ordres indépendamment de l'équipage existe sur les avions russes, il ne serait pas surprenant qu'un tel dispositif existe aussi sur les sous-marins]
4) l'équipage du Koursk est tout à fait récupérable, mais comme seuls les morts sont fiables pour garder un secret, on attend. [effectivement, à l'époque, on racontait à la fois que le Koursk n'était pas très profond et qu'on ne pouvait pas récupérer l'équipage. Pour le moins contradictoire. La vie humaine vue du Kremlin n'a pas une valeur fantastique]
5) une crise américano-russe publique est évitée.
6) le Koursk est renfloué pour récupérer ses joujoux nucléaires et autres babioles que les Russes veulent garder pour eux
6) L'océan est le monde du silence !
Il se peut très bien que tout cela soit du fantasme (ou de la désinformation !) mais il ne faut jamais oublier que les sous-marins sont les armes les plus efficaces des arsenaux et, comme tels, sont considérés comme l'arme de la dernière chance en cas de conflit nucléaire. Cela peut justifier bien des sacrifices, surtout quand il s'agit de sacrifier les autres.
J'ai toujours tendance à trouver les théories du complot ridicules, mais là, j'ai des difficultés à soulever des objections sérieuses. Ce qui ne veut pas dire que c'est vrai.
dimanche, janvier 16, 2005
Déclin ? Peut-être. Régressions ? Certainement !
Je suis en train de terminer la lecture de "Le diable et le chômage" de Paul Fabra, dont le compte-rendu terminera mon cycle de commentaires économiques.
Je vous transmets un article des Echos du même Fabra.
PAUL FABRA
Le débat sur le thème lancinant du déclin de la France s'est terminé en
queue de poisson. On pouvait s'en douter. Le mot est trop chargé
d'émotivité pour ne pas inviter à toutes les digressions, à toutes les
esquives et, finalement, pour ne pas aboutir à un non-lieu ! Reste l'énorme
problème posé par la persistance de phénomènes régressifs, aggravés par
le fait qu'ils ne sont pas toujours perçus pour tels. Le moment semble
arrivé de les regarder à neuf. Les repères habituels ne permettent plus de
s'y retrouver.
Hervé Gaymard, à peine installé à Bercy, a décidé d'avancer de deux mois
la procédure d'élaboration du budget 2006. La mise en vigueur à partir du
1er janvier de l'année prochaine d'une présentation entièrement nouvelle
pousse à cette anticipation. Le nouveau budget ne sera plus le décalque du
précédent. Enfin une solution de continuité ! Si seulement nos ministres
osaient faire table rase de leurs errements passés ! Encore faudrait-il
qu'ils prennent toute la mesure négative des actions menées au nom de
l'emploi par les pouvoirs publics et mises sur le dos du contribuable.
Toutes nuances (ou allégeances) confondues, la majorité et le gouvernement
semblent accrocher leurs espoirs à la continuation, voire à l'élargissement
de la politique d'allégement du coût du travail (en tout cas pour les bas
salaires), sans oublier la prime pour l'emploi. La caution donnée à ce genre
d'initiative par certains économistes d'outre-Atlantique ne change rien au
fond de l'affaire. Ce n'est pas à l'Etat de compléter la rémunération des
plus mal payés de nos salariés. 9 millions d'entre eux reçoivent une
(maigre) PPE. Si les ayants droit sont si nombreux, la raison la plus
importante en est que le cadre général (fiscal, juridique, etc.) dans lequel
les petites et moyennes entreprises exercent leur activité comporte encore
trop d'obstacles à leur déploiement.
Vainement, l'Etat tente de corriger les dysfonctionnements de l'appareil
d'Etat résultant de l'énormité des charges d'assistance de tout poil qu'il
assume indûment. La PPE, qui vient d'être augmentée - ce n'est qu'un début
! -, a enclenché un processus régressif dangereux pour la société
française. Le capitalisme français est déchargé de toute responsabilité
quant à l'augmentation urgente du niveau de vie des ménages les plus
modestes. Les parlementaires allemands avaient compris cela il y a une dizaine
d'années.
Plus fondamentalement, chercher à obtenir une meilleure « compétitivité »
des entreprises en abaissant, sur une échelle plus ou moins large, le «
coût du travail » confine à l'absurde. Le coût du travail, c'est le revenu
de Français. Et diminuer ce coût, ce n'est pas autre chose que réduire,
dans le partage de la valeur ajoutée, la part revenant aux salariés au
profit de celle qui est distribuée sous forme de profits et d'intérêts aux
apporteurs de fonds qui fournissent aux entreprises les ressources dont elles
ont besoin. Mais ces profits et ces intérêts font aussi partie intégrante
du coût de production entendu au sens économique du terme. La vérité est
qu'on est en plein brouillard. Malgré l'assouplissement (qui devrait être
cette fois sérieux) des 35 heures, le Medef tient aux subventions
compensatoires. Mais quel chef d'entreprise digne de ce nom peut tolérer
longtemps que sa rentabilité dépende d'un régime d'exception ?
Il est vrai que la question se pose en termes différents pour une entreprise
en particulier. La dispense de payer les charges sociales pourra être le
facteur déclencheur d'une embauche. Mais cela n'indique qu'une chose. Les
gouvernements successifs se sont fourvoyés dans leur politique dite sociale.
Leur intervention a consisté à augmenter par voie d'autorité le salaire
minimum afin de réduire l'écart avec la moyenne des salaires. Une
authentique politique économique favoriserait les conditions générales de
l'activité économique. Le SMIC aurait dû rester ce qu'il était à
l'origine : un garde-fou, pas un instrument systématique d'interférence sur
le marché de l'emploi. Les entreprises les plus performantes montrent ce
qu'il convient d'obtenir d'un nombre toujours croissant d'employeurs. Les
salaires les plus bas qu'elles versent sont sensiblement plus élevés que le
salaire minimum.
Par rapport à quoi juge-t-on le « coût du travail » trop élevé ?
Espérons que ce n'est pas par rapport aux salaires en Chine ou dans le Deccan
! Le raisonnement économique standard brouille irrémédiablement le sens de
cette question cruciale. Soit dit en passant, ce raisonnement n'a guère
changé depuis deux siècles (malgré les efforts des meilleurs et des plus
consciencieux économistes !). Il s'appuie sur un préjugé qui fournit
l'apparence d'une explication évidente. Tout se passerait comme si les
consommateurs, en achetant biens et services, seraient les véritables
pourvoyeurs de l'emploi. Accepterait-on cette façon simpliste de présenter
les choses que la question resterait entière. Les consommateurs n'auraient
fait que rembourser les salaires déjà versés aux travailleurs qui ont
produit des marchandises déjà existantes.
En réalité, l'embauche dépend directement du volant de ressources (pouvoir
d'achat stocké en attente) - propres ou empruntées - dont disposent les
entreprises et qu'elles veulent bien consacrer à l'entretien et à l'embauche
des « travailleurs » (ouvriers, ingénieurs, informaticiens, chercheurs,
etc.). Le préjugé dénoncé plus haut - l'emploi est fonction de la vigueur
de la consommation - est revenu sur le devant de la scène, avec une force
inégalée. Il détourne l'attention de l'incidence des pratiques du
capitalisme contemporain sur une situation de l'emploi désastreuse en France,
en Allemagne et d'autres pays de la zone euro, mais qui est loin d'être
vécue comme vraiment satisfaisante en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis
(stagnation relative des salaires et précarité accrue). Pourtant, ce dernier
pays bénéficie d'un colossal transfert de pouvoir d'achat émanant de
l'étranger grâce au système dollar.
Sous la conduite des marchés financiers, un redoutable processus régressif
est en cours dans les pays d'Occident. Les grandes sociétés rachètent leurs
propres actions alors qu'il faudrait lever des capitaux frais pour donner
effet au potentiel de croissance et de prospérité représenté par les
millions d'hommes et de femmes qui ont renoncé contre leur gré à chercher
un emploi. Le contre-exemple français illustre à l'envi l'impasse dans
laquelle toute une société s'enferme à partir du moment où le travail y a
cessé d'être perçu comme la source unique du progrès économique et
social.
Je vous transmets un article des Echos du même Fabra.
PAUL FABRA
Le débat sur le thème lancinant du déclin de la France s'est terminé en
queue de poisson. On pouvait s'en douter. Le mot est trop chargé
d'émotivité pour ne pas inviter à toutes les digressions, à toutes les
esquives et, finalement, pour ne pas aboutir à un non-lieu ! Reste l'énorme
problème posé par la persistance de phénomènes régressifs, aggravés par
le fait qu'ils ne sont pas toujours perçus pour tels. Le moment semble
arrivé de les regarder à neuf. Les repères habituels ne permettent plus de
s'y retrouver.
Hervé Gaymard, à peine installé à Bercy, a décidé d'avancer de deux mois
la procédure d'élaboration du budget 2006. La mise en vigueur à partir du
1er janvier de l'année prochaine d'une présentation entièrement nouvelle
pousse à cette anticipation. Le nouveau budget ne sera plus le décalque du
précédent. Enfin une solution de continuité ! Si seulement nos ministres
osaient faire table rase de leurs errements passés ! Encore faudrait-il
qu'ils prennent toute la mesure négative des actions menées au nom de
l'emploi par les pouvoirs publics et mises sur le dos du contribuable.
Toutes nuances (ou allégeances) confondues, la majorité et le gouvernement
semblent accrocher leurs espoirs à la continuation, voire à l'élargissement
de la politique d'allégement du coût du travail (en tout cas pour les bas
salaires), sans oublier la prime pour l'emploi. La caution donnée à ce genre
d'initiative par certains économistes d'outre-Atlantique ne change rien au
fond de l'affaire. Ce n'est pas à l'Etat de compléter la rémunération des
plus mal payés de nos salariés. 9 millions d'entre eux reçoivent une
(maigre) PPE. Si les ayants droit sont si nombreux, la raison la plus
importante en est que le cadre général (fiscal, juridique, etc.) dans lequel
les petites et moyennes entreprises exercent leur activité comporte encore
trop d'obstacles à leur déploiement.
Vainement, l'Etat tente de corriger les dysfonctionnements de l'appareil
d'Etat résultant de l'énormité des charges d'assistance de tout poil qu'il
assume indûment. La PPE, qui vient d'être augmentée - ce n'est qu'un début
! -, a enclenché un processus régressif dangereux pour la société
française. Le capitalisme français est déchargé de toute responsabilité
quant à l'augmentation urgente du niveau de vie des ménages les plus
modestes. Les parlementaires allemands avaient compris cela il y a une dizaine
d'années.
Plus fondamentalement, chercher à obtenir une meilleure « compétitivité »
des entreprises en abaissant, sur une échelle plus ou moins large, le «
coût du travail » confine à l'absurde. Le coût du travail, c'est le revenu
de Français. Et diminuer ce coût, ce n'est pas autre chose que réduire,
dans le partage de la valeur ajoutée, la part revenant aux salariés au
profit de celle qui est distribuée sous forme de profits et d'intérêts aux
apporteurs de fonds qui fournissent aux entreprises les ressources dont elles
ont besoin. Mais ces profits et ces intérêts font aussi partie intégrante
du coût de production entendu au sens économique du terme. La vérité est
qu'on est en plein brouillard. Malgré l'assouplissement (qui devrait être
cette fois sérieux) des 35 heures, le Medef tient aux subventions
compensatoires. Mais quel chef d'entreprise digne de ce nom peut tolérer
longtemps que sa rentabilité dépende d'un régime d'exception ?
Il est vrai que la question se pose en termes différents pour une entreprise
en particulier. La dispense de payer les charges sociales pourra être le
facteur déclencheur d'une embauche. Mais cela n'indique qu'une chose. Les
gouvernements successifs se sont fourvoyés dans leur politique dite sociale.
Leur intervention a consisté à augmenter par voie d'autorité le salaire
minimum afin de réduire l'écart avec la moyenne des salaires. Une
authentique politique économique favoriserait les conditions générales de
l'activité économique. Le SMIC aurait dû rester ce qu'il était à
l'origine : un garde-fou, pas un instrument systématique d'interférence sur
le marché de l'emploi. Les entreprises les plus performantes montrent ce
qu'il convient d'obtenir d'un nombre toujours croissant d'employeurs. Les
salaires les plus bas qu'elles versent sont sensiblement plus élevés que le
salaire minimum.
Par rapport à quoi juge-t-on le « coût du travail » trop élevé ?
Espérons que ce n'est pas par rapport aux salaires en Chine ou dans le Deccan
! Le raisonnement économique standard brouille irrémédiablement le sens de
cette question cruciale. Soit dit en passant, ce raisonnement n'a guère
changé depuis deux siècles (malgré les efforts des meilleurs et des plus
consciencieux économistes !). Il s'appuie sur un préjugé qui fournit
l'apparence d'une explication évidente. Tout se passerait comme si les
consommateurs, en achetant biens et services, seraient les véritables
pourvoyeurs de l'emploi. Accepterait-on cette façon simpliste de présenter
les choses que la question resterait entière. Les consommateurs n'auraient
fait que rembourser les salaires déjà versés aux travailleurs qui ont
produit des marchandises déjà existantes.
En réalité, l'embauche dépend directement du volant de ressources (pouvoir
d'achat stocké en attente) - propres ou empruntées - dont disposent les
entreprises et qu'elles veulent bien consacrer à l'entretien et à l'embauche
des « travailleurs » (ouvriers, ingénieurs, informaticiens, chercheurs,
etc.). Le préjugé dénoncé plus haut - l'emploi est fonction de la vigueur
de la consommation - est revenu sur le devant de la scène, avec une force
inégalée. Il détourne l'attention de l'incidence des pratiques du
capitalisme contemporain sur une situation de l'emploi désastreuse en France,
en Allemagne et d'autres pays de la zone euro, mais qui est loin d'être
vécue comme vraiment satisfaisante en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis
(stagnation relative des salaires et précarité accrue). Pourtant, ce dernier
pays bénéficie d'un colossal transfert de pouvoir d'achat émanant de
l'étranger grâce au système dollar.
Sous la conduite des marchés financiers, un redoutable processus régressif
est en cours dans les pays d'Occident. Les grandes sociétés rachètent leurs
propres actions alors qu'il faudrait lever des capitaux frais pour donner
effet au potentiel de croissance et de prospérité représenté par les
millions d'hommes et de femmes qui ont renoncé contre leur gré à chercher
un emploi. Le contre-exemple français illustre à l'envi l'impasse dans
laquelle toute une société s'enferme à partir du moment où le travail y a
cessé d'être perçu comme la source unique du progrès économique et
social.
Quelques vérités
Les hénaurmes dépenses publiques (55 % du PIB) ont des effets ravageurs :
_ par l'intermédiaire de l'impôt et de la dette, elles assèchent l'épargne disponible pour l'investissement productif, seul créateur d'emplois durables et sont directement cause du chomâge (1 emploi subventionné par les impôts = 1 -au moins- emploi détruit ailleurs par les impots). Les dépenses d'Etat sont utiles (sauf exceptions douteuses) mais pas productives (1), comme la consommation d'ailleurs (2). NE SURTOUT PAS CROIRE LES HALLUCINATIONS KEYNESIENNES COMME QUOI LE DEFICIT RELANCERAIT L'ECONOMIE, sinon, après 30 ans de déficits, la France serait dans une situation florissante.
_ une partie de ces dépenses est financée par la dette, qui porte un intérêt. Comme le savent tous les surendettés, les intérêts s'accumulent : il y a dix ans, le service de la dette (les intérêts) était le troisième budget, en 2005, ça sera le premier.
Cela limite considérablement la marge de manoeuvre politique au point de la réduire à quasi rien. D'où en grande partie, l'impression que les politiciens n'ont "que de la gueule" (j'en profite pour signaler à tous les tenants de "les sous, ce n'est pas un problème" que beaucoup des vastes problèmes politico-philosophiques sur les démocraties modernes peuvent se ramener à cette triviale affaire de brouzoufes).
_ l'omniprésence de l'Etat, notamment par le biais de tous ceux, fonctionnaires ou subventionnés, qui dépendent de lui, porte atteinte au fonctionnement démocratique
L'objectif pour une vraie relance de l'économie est donc de diminuer les dépenses publiques d'environ 20 % (montant du déficit).
Première possibilité :
_ méthode Thatcher belge : on taille dans toutes les dépenses. C'est la méthode par défaut qu'appliquent sous la contrainte les gouvernements français. C'est la facilité intellectuelle : chaque année, la charge de la dette grimpe, comme on hésite tout de même à creuser trop visiblement le trou, on taille à gauche, on taille à droite, en espérant que les mécontents s'équilibreront.
Deuxième possibilité :
_ méthode scandinave : à quoi sert l'Etat ? Comment l'organiser au mieux ? Cette méthode est politique, comme quoi parler d'argent n'est pas fuir la politique mais l'exposer en termes clairs.
Vous devinez où va ma préférence.
(1) : productives : qui produisent une accumulation de capital : mécanisme capitaliste : capital -> profit->investisssement-> emploi -> profit etc ... Les dépenses d'Etat sont non productives puisque elles ne génèrent pas de profit. C'est d'ailleurs pourquoi elles ne pourront jamais venir à bout du chomâge.
(2) croire que la consommation relance l'économie est une illusion, c'est l'investissement qui compte.
_ par l'intermédiaire de l'impôt et de la dette, elles assèchent l'épargne disponible pour l'investissement productif, seul créateur d'emplois durables et sont directement cause du chomâge (1 emploi subventionné par les impôts = 1 -au moins- emploi détruit ailleurs par les impots). Les dépenses d'Etat sont utiles (sauf exceptions douteuses) mais pas productives (1), comme la consommation d'ailleurs (2). NE SURTOUT PAS CROIRE LES HALLUCINATIONS KEYNESIENNES COMME QUOI LE DEFICIT RELANCERAIT L'ECONOMIE, sinon, après 30 ans de déficits, la France serait dans une situation florissante.
_ une partie de ces dépenses est financée par la dette, qui porte un intérêt. Comme le savent tous les surendettés, les intérêts s'accumulent : il y a dix ans, le service de la dette (les intérêts) était le troisième budget, en 2005, ça sera le premier.
Cela limite considérablement la marge de manoeuvre politique au point de la réduire à quasi rien. D'où en grande partie, l'impression que les politiciens n'ont "que de la gueule" (j'en profite pour signaler à tous les tenants de "les sous, ce n'est pas un problème" que beaucoup des vastes problèmes politico-philosophiques sur les démocraties modernes peuvent se ramener à cette triviale affaire de brouzoufes).
_ l'omniprésence de l'Etat, notamment par le biais de tous ceux, fonctionnaires ou subventionnés, qui dépendent de lui, porte atteinte au fonctionnement démocratique
L'objectif pour une vraie relance de l'économie est donc de diminuer les dépenses publiques d'environ 20 % (montant du déficit).
Première possibilité :
_ méthode Thatcher belge : on taille dans toutes les dépenses. C'est la méthode par défaut qu'appliquent sous la contrainte les gouvernements français. C'est la facilité intellectuelle : chaque année, la charge de la dette grimpe, comme on hésite tout de même à creuser trop visiblement le trou, on taille à gauche, on taille à droite, en espérant que les mécontents s'équilibreront.
Deuxième possibilité :
_ méthode scandinave : à quoi sert l'Etat ? Comment l'organiser au mieux ? Cette méthode est politique, comme quoi parler d'argent n'est pas fuir la politique mais l'exposer en termes clairs.
Vous devinez où va ma préférence.
(1) : productives : qui produisent une accumulation de capital : mécanisme capitaliste : capital -> profit->investisssement-> emploi -> profit etc ... Les dépenses d'Etat sont non productives puisque elles ne génèrent pas de profit. C'est d'ailleurs pourquoi elles ne pourront jamais venir à bout du chomâge.
(2) croire que la consommation relance l'économie est une illusion, c'est l'investissement qui compte.
Une inspiration pour l'Education Nationale ?
Ce n'est pas par méchanceté que je dis cela, mais maintenant que l'URSS a disparu, je ne vois qu'une structure au monde un tant soit peu comparable à l'Education Nationale française : le Department of Defense, plus connu sous son sobriquet de Pentagone.
Il semble admis que le système perdure, détaché du souci d'efficacité, d'actualisation, d'évaluation.
Or toute la question est là. En effet, toutes les questions de programmes, de moyens, de savoirs minimaux sont causalement secondaires, car toute énergie, tous moyens, injectés dans un système sclérosé sont perdus, malgré leurs éventuelles qualités intrinsèques.
On en vient à cette aberration : un de ces pédagogues que le monde entier nous envie fait l'éloge de la routine. Les réformes passent, les enseignants restent, il convient donc pour un minimum d'efficacité et de permanence que la base s'efforce de faire "comme d'habitude" quelles que soient les idées venues d'en haut.
Quand on en vient à ce degré de résignation face à une organisation dont le but initial, servir l'éduction de la Nation, est depuis longtemps oublié, on peut se dire que toute politique de changement est bienvenue.
Les résistances au changement dans le "mammouth" sont bien connues :
_ faible ouverture (1) et endogamie (je connais un prof, fils de profs, mariée à une prof, qui envisage que sa fille (un an) soit prof)
_ peurs générées par des réformes mal conçues, mal expliquées, mal appliquées
_ corporatisme aigu (d'autant plus aigu qu'il hésite à se nommer : c'est bien connu, les profs ne défendent jamais leur beefsteak, si ils font grève, c'est par altruisme pour défendre l' "éduction de vos enfants")
Or, la première condition pour vaincre des résistances au changement est de tracer une route avec avantages et inconvénients explicites. C'est la faillite complète des politiques de ne pas savoir tracer cette route.
Que la décentralisation ne soit pas une priorité absolue dans la tête de chacun des acteurs, à commencer par les enseignants, en dit long sur le faible niveau d'exigences vis-à-vis de l'organisation.
(1) : les profs se croient ouverts parce qu'ils lisent des livres, mais rien ne remplace l'expérience pour une vraie ouverture.
Il semble admis que le système perdure, détaché du souci d'efficacité, d'actualisation, d'évaluation.
Or toute la question est là. En effet, toutes les questions de programmes, de moyens, de savoirs minimaux sont causalement secondaires, car toute énergie, tous moyens, injectés dans un système sclérosé sont perdus, malgré leurs éventuelles qualités intrinsèques.
On en vient à cette aberration : un de ces pédagogues que le monde entier nous envie fait l'éloge de la routine. Les réformes passent, les enseignants restent, il convient donc pour un minimum d'efficacité et de permanence que la base s'efforce de faire "comme d'habitude" quelles que soient les idées venues d'en haut.
Quand on en vient à ce degré de résignation face à une organisation dont le but initial, servir l'éduction de la Nation, est depuis longtemps oublié, on peut se dire que toute politique de changement est bienvenue.
Les résistances au changement dans le "mammouth" sont bien connues :
_ faible ouverture (1) et endogamie (je connais un prof, fils de profs, mariée à une prof, qui envisage que sa fille (un an) soit prof)
_ peurs générées par des réformes mal conçues, mal expliquées, mal appliquées
_ corporatisme aigu (d'autant plus aigu qu'il hésite à se nommer : c'est bien connu, les profs ne défendent jamais leur beefsteak, si ils font grève, c'est par altruisme pour défendre l' "éduction de vos enfants")
Or, la première condition pour vaincre des résistances au changement est de tracer une route avec avantages et inconvénients explicites. C'est la faillite complète des politiques de ne pas savoir tracer cette route.
Que la décentralisation ne soit pas une priorité absolue dans la tête de chacun des acteurs, à commencer par les enseignants, en dit long sur le faible niveau d'exigences vis-à-vis de l'organisation.
(1) : les profs se croient ouverts parce qu'ils lisent des livres, mais rien ne remplace l'expérience pour une vraie ouverture.
Les excellentes relations transatlantiques (épisode 1237)
Les Américains, et leurs bons alliés britanniques, ces Ganelons, font la promotion des armées légères (aérotransportables) et "réseaux-centrées" (le méchant barbarisme).
Or, les leçons de la guerre d'Irak sont à l'inverse (voir les articles du New York Times) :
_ les chars lourds sont indispensables en milieu urbain car ils permettent de combattre au contact sans trop de risques, contrairement au véhicules légers, que leur légéreté contraint à tirer d'abord et à discuter ensuite
_ l'aérotransportabilité n'est pas toujours indispensable. Dans la plupart des crises nécessitant le combat terrestre, le transport par bateau (ou même par chemin de fer) est suffisant.
_ les combats de chars ont été dirigés "à la Rommel" : le chef, jamais très loin des éléments de tête, dirige et coordonne le combat par radio, car, ô découverte merveilleuse et (presque !!!) inattendue, rien ne vaut la voix humaine pour informer, ordonner et motiver.
Pourquoi vous parler de cela, qui, finalement, est assez technique et concerne surtout les militaires ?
C'est qu'on peut alors penser que la "guerre réseaux-centrée" est à l'Europe ce que la "guerre des étoiles" fut à l'URSS : un moyen pour les Américains de lancer une coûteuse course aux armements où l'adversaire serait lessivé. L'adversaire est, l'occurrence, l'Europe.
Qu'en conclure ? Que chaque pays doit mener sa politique propre, qui est quelquefois de coopération, quelquefois de non-coopération, quelquefois d'opposition; les Britanniques excellent à ce jeu. La France a plus de mal à faire preuve de souplesse.
Or, les leçons de la guerre d'Irak sont à l'inverse (voir les articles du New York Times) :
_ les chars lourds sont indispensables en milieu urbain car ils permettent de combattre au contact sans trop de risques, contrairement au véhicules légers, que leur légéreté contraint à tirer d'abord et à discuter ensuite
_ l'aérotransportabilité n'est pas toujours indispensable. Dans la plupart des crises nécessitant le combat terrestre, le transport par bateau (ou même par chemin de fer) est suffisant.
_ les combats de chars ont été dirigés "à la Rommel" : le chef, jamais très loin des éléments de tête, dirige et coordonne le combat par radio, car, ô découverte merveilleuse et (presque !!!) inattendue, rien ne vaut la voix humaine pour informer, ordonner et motiver.
Pourquoi vous parler de cela, qui, finalement, est assez technique et concerne surtout les militaires ?
C'est qu'on peut alors penser que la "guerre réseaux-centrée" est à l'Europe ce que la "guerre des étoiles" fut à l'URSS : un moyen pour les Américains de lancer une coûteuse course aux armements où l'adversaire serait lessivé. L'adversaire est, l'occurrence, l'Europe.
Qu'en conclure ? Que chaque pays doit mener sa politique propre, qui est quelquefois de coopération, quelquefois de non-coopération, quelquefois d'opposition; les Britanniques excellent à ce jeu. La France a plus de mal à faire preuve de souplesse.
Nous, consommateurs schizophrènes
La mondialisation, c'est mal, caca. Les délocalisations, c'est bien pas bien, caca aussi.
Mais, dites moi, qu'est ce qui permet d'avoir un joli pull à 5 € et un lecteur de DVD à 30 €, comme je l'ai vu récemment ?
Mais, dites moi, qu'est ce qui permet d'avoir un joli pull à 5 € et un lecteur de DVD à 30 €, comme je l'ai vu récemment ?
vendredi, janvier 14, 2005
Je vais bientôt changer de sujet
Il y a quelques mois, avant que j'ouvre ce blog, j'étais préoccupé par la place de l'Etat en France pour des questions de politique "pure".
Puis j'en suis venu rapidement à parler gros sous parce que je pense que toute la structure politico-économique de notre pays est déformée par des dépenses publiques excessives.
Ayant presque fini le tour de la question, au moins pour un temps, je vais bientôt retourner à la politique et eux questions du genre : quel lien entre la volonté générale et les aspirations individuelles ?
Puis j'en suis venu rapidement à parler gros sous parce que je pense que toute la structure politico-économique de notre pays est déformée par des dépenses publiques excessives.
Ayant presque fini le tour de la question, au moins pour un temps, je vais bientôt retourner à la politique et eux questions du genre : quel lien entre la volonté générale et les aspirations individuelles ?
Encore une histoire de sous
Je vous parle encore quelques temps des sous de l'Etat :
Les hénaurmes dépenses publiques (55 % du PIB) ont des effets ravageurs :
_ par l'intermédiaire de l'impôt et de la dette, elles assèchent l'épargne disponible pour l'investissement productif, seul créateur d'emplois durables et sont directement cause du chomâge (1 emploi subventionné par les impôts = 1 -au moins- emploi détruit ailleurs par les impots). Les dépenses d'Etat sont utiles (sauf exceptions douteuses) mais pas productives (1), comme la consommation d'ailleurs (2). NE SURTOUT PAS CROIRE LES HALLUCINATIONS KEYNESIENNES COMME QUOI LE DEFICIT RELANCERAIT L'ECONOMIE
_ une partie de ces dépenses est financée par la dette, qui porte un intérêt. Comme le savent tous les surendettés, les intérêts s'accumulent : il y a dix ans, le service de la dette (les intérêts) était le troisième budget, en 2005, ça sera le premier.
Cela limite considérablement la marge de manoeuvre politique au point de la réduire à quasi rien. D'où en grande partie, l'impression que les politiciens n'ont "que de la gueule" (j'en profite pour signaler à tous les tenants de "les sous, ce n'est pas un problème" que beaucoup des vastes problèmes politico-philosophiques sur les démocraties modernes peuvent se ramener à cette triviale affaire de brouzoufes).
_ l'omniprésence de l'Etat, notamment par le biais de tous ceux, fonctionnaires ou subventionnés, qui dépendent de lui, porte atteinte au fonctionnement démocratique
L'objectif pour une vraie relance de l'économie est donc de diminuer les dépenses publiques d'environ 20 % (montant du déficit).
Première possibilité :
_ méthode Thatcher belge : on taille dans toutes les dépenses. C'est la méthode par défaut qu'appliquent sous la contrainte les gouvernements français. C'est la facilité intellectuelle : chaque année, la charge de la dette grimpe, comme on n'hésite tout de même à creuser trop visiblement le trou, on taille à gauche, on taille à droite, en espérant que les mécontents s'équilibreront.
Deuxième possibilité :
_ méthode scandinave : à quoi sert l'Etat ? Comment l'organiser au mieux ? Cette méthode est politique, comme quoi parler d'argent n'est pas fuir la politique mais l'exposer en termes clairs.
Vous devinez où va ma préférence.
(1) : productives : qui produisent une accumulation de capital : mécanisme capitaliste : capital -> profit->investisssement-> emploi -> profit etc ... Les dépenses d'Etat sont non productives puisque elles ne génèrent pas de profit. C'est d'ailleurs pourquoi elles ne pourront jamais venir à bout du chomâge.
(2) croire que la consommation relance l'économie est une illusion, c'est l'investissement qui compte.
Les hénaurmes dépenses publiques (55 % du PIB) ont des effets ravageurs :
_ par l'intermédiaire de l'impôt et de la dette, elles assèchent l'épargne disponible pour l'investissement productif, seul créateur d'emplois durables et sont directement cause du chomâge (1 emploi subventionné par les impôts = 1 -au moins- emploi détruit ailleurs par les impots). Les dépenses d'Etat sont utiles (sauf exceptions douteuses) mais pas productives (1), comme la consommation d'ailleurs (2). NE SURTOUT PAS CROIRE LES HALLUCINATIONS KEYNESIENNES COMME QUOI LE DEFICIT RELANCERAIT L'ECONOMIE
_ une partie de ces dépenses est financée par la dette, qui porte un intérêt. Comme le savent tous les surendettés, les intérêts s'accumulent : il y a dix ans, le service de la dette (les intérêts) était le troisième budget, en 2005, ça sera le premier.
Cela limite considérablement la marge de manoeuvre politique au point de la réduire à quasi rien. D'où en grande partie, l'impression que les politiciens n'ont "que de la gueule" (j'en profite pour signaler à tous les tenants de "les sous, ce n'est pas un problème" que beaucoup des vastes problèmes politico-philosophiques sur les démocraties modernes peuvent se ramener à cette triviale affaire de brouzoufes).
_ l'omniprésence de l'Etat, notamment par le biais de tous ceux, fonctionnaires ou subventionnés, qui dépendent de lui, porte atteinte au fonctionnement démocratique
L'objectif pour une vraie relance de l'économie est donc de diminuer les dépenses publiques d'environ 20 % (montant du déficit).
Première possibilité :
_ méthode Thatcher belge : on taille dans toutes les dépenses. C'est la méthode par défaut qu'appliquent sous la contrainte les gouvernements français. C'est la facilité intellectuelle : chaque année, la charge de la dette grimpe, comme on n'hésite tout de même à creuser trop visiblement le trou, on taille à gauche, on taille à droite, en espérant que les mécontents s'équilibreront.
Deuxième possibilité :
_ méthode scandinave : à quoi sert l'Etat ? Comment l'organiser au mieux ? Cette méthode est politique, comme quoi parler d'argent n'est pas fuir la politique mais l'exposer en termes clairs.
Vous devinez où va ma préférence.
(1) : productives : qui produisent une accumulation de capital : mécanisme capitaliste : capital -> profit->investisssement-> emploi -> profit etc ... Les dépenses d'Etat sont non productives puisque elles ne génèrent pas de profit. C'est d'ailleurs pourquoi elles ne pourront jamais venir à bout du chomâge.
(2) croire que la consommation relance l'économie est une illusion, c'est l'investissement qui compte.
jeudi, janvier 13, 2005
La grue et le ministre
Une grue est tombée à Valenciennes, le ministre va organiser une réunion sur le sujet qui décide de l'avenir de la France.
Une question purement technique sans grande importance traitée par un ministre : et vous trouvez encore que je suis grincheux de dire que l'Etat se mêle de tout sans queue ni tête ?
Une question purement technique sans grande importance traitée par un ministre : et vous trouvez encore que je suis grincheux de dire que l'Etat se mêle de tout sans queue ni tête ?
Douste-Blabla manque de références
Mise en place du médecin référent, bien. Payé à l'acte, très mal.
La logique du médecin référent est d'être payé à la tête, afin qu'il ait intérêt à voir chaque malade le moins possible (pour pouvoir en enregistrer plus) et donc faire plus de prévention.
De plus, on sait par l'expérience d'autres pays que le "1 euro/consultation qui responsabilise" accroît les inégalités (certains des plus pauvres hésitent devant le 1 euro) sans faire baisser la consommation de soins (qu'est-ce que 1 euro pour les gens qui ont les moyens et qui sont les plus gros consommateurs ?)
Bref, encore une demi réforme ni faite ni à faire.
Or, ce que je dis n'a rien n'a rien de révolutionnaire, vous trouvez ça dans tous les livres qui traitent de systèmes de santé.
Nos ministres sont-ils des imbéciles ? Pour certains, c'est probable, mais ce n'est qu'une réponse partielle.
L'essentiel tient en ceci :
_ les ravages de la "communication" : prendre les Français pour des imbéciles incapables de comprendre des problèmes complexes. Les conseillers en communication le disent et le répètent : "Faites passer des messages simples." L'utilisation de cette expression tarabiscotée "faire passer des messages" devrait pourtant suffire à les identifier comme charlatans.
_ l'absence de politique. Soyons clair : si l'on demandait au ministre comment il voit le système de santé dans dix ans, quel est son objectif politique et social ("réduire les dépenses" est un objectif comptable partiel et impuissant à entrainer l'adhésion), je doute qu'il puisse répondre.
Or, justement, je pense que ce qui manque aux Français, c'est un vrai projet politique.
Par absence d'imagination, on se rabat alors sur les mesures clientélistes (chassez le naturel, il revient au galop) ; en l'occurence, on fait plaisir aux spécialistes.
La logique du médecin référent est d'être payé à la tête, afin qu'il ait intérêt à voir chaque malade le moins possible (pour pouvoir en enregistrer plus) et donc faire plus de prévention.
De plus, on sait par l'expérience d'autres pays que le "1 euro/consultation qui responsabilise" accroît les inégalités (certains des plus pauvres hésitent devant le 1 euro) sans faire baisser la consommation de soins (qu'est-ce que 1 euro pour les gens qui ont les moyens et qui sont les plus gros consommateurs ?)
Bref, encore une demi réforme ni faite ni à faire.
Or, ce que je dis n'a rien n'a rien de révolutionnaire, vous trouvez ça dans tous les livres qui traitent de systèmes de santé.
Nos ministres sont-ils des imbéciles ? Pour certains, c'est probable, mais ce n'est qu'une réponse partielle.
L'essentiel tient en ceci :
_ les ravages de la "communication" : prendre les Français pour des imbéciles incapables de comprendre des problèmes complexes. Les conseillers en communication le disent et le répètent : "Faites passer des messages simples." L'utilisation de cette expression tarabiscotée "faire passer des messages" devrait pourtant suffire à les identifier comme charlatans.
_ l'absence de politique. Soyons clair : si l'on demandait au ministre comment il voit le système de santé dans dix ans, quel est son objectif politique et social ("réduire les dépenses" est un objectif comptable partiel et impuissant à entrainer l'adhésion), je doute qu'il puisse répondre.
Or, justement, je pense que ce qui manque aux Français, c'est un vrai projet politique.
Par absence d'imagination, on se rabat alors sur les mesures clientélistes (chassez le naturel, il revient au galop) ; en l'occurence, on fait plaisir aux spécialistes.
mercredi, janvier 12, 2005
A nous, la petite Anglaise !
Ellen Mac Arthur (dont nous ne manquerons pas, par chauvinisme, de rappeler l'attachement à la France) est bien partie par battre le record du tour du monde en solitaire et descendre sous la barre des 70 jours.
Cet authentique exploit n'est pas un hasard : préparation minutieuse, équipe professionnelle, rigueur.
Seuls bémols dans cette perfection : il n'est pas sûr que ses qualités mrines aient été pleinement mises à lépreuve (assistance météo permanente) et elle n'organise peut-être pas le même élan créateur chez les architectes qu'Eric Tabarly ou que Peter Blake en leurs temps.
Mais placer la comparaison si haut indique déjà à quel niveau elle est parvenue.
Bravo, Ellen.
Cet authentique exploit n'est pas un hasard : préparation minutieuse, équipe professionnelle, rigueur.
Seuls bémols dans cette perfection : il n'est pas sûr que ses qualités mrines aient été pleinement mises à lépreuve (assistance météo permanente) et elle n'organise peut-être pas le même élan créateur chez les architectes qu'Eric Tabarly ou que Peter Blake en leurs temps.
Mais placer la comparaison si haut indique déjà à quel niveau elle est parvenue.
Bravo, Ellen.
Les cons ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnait (exemple 1237)
Je pense que le texte ci-dessous se passe de commentaire :
Pour M. Le Pen, "l'occupation allemande n'a pas été particulièrement inhumaine"
Il présente en outre la Gestapo - police politique qui fait partie des organisations jugées criminelles par le tribunal de Nuremberg - comme une police protectrice de la population.
Interrogé sur les "commémorations de la fin de la seconde guerre mondiale" par Rivarol, hebdomadaire antisémite et négationniste, M. Le Pen n'hésite pas à affirmer qu'"en France du moins, l'occupation allemande n'a pas été particulièrement inhumaine, même, ajoute-t-il, s'il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550 000 kilomètres carrés".
Evoquant le "drame d'Oradour-sur-Glane", Jean-Marie Le Pen laisse entendre que la vérité n'est pas celle que l'on croit et déclare qu'"il y aurait beaucoup à dire". Il fait ainsi écho, sans s'y référer explicitement, à une thèse révisionniste bien connue des lecteurs de Rivarol : selon cette thèse, des explosifs auraient été dissimulés par les résistants dans l'église où le 10 juin 1944 la division SS Das Reich avait enfermé 642 civils (parmi eux, 245 femmes et 207 enfants) avant de mettre le feu au bâtiment. Cette thèse justifie le massacre en parlant de mesure de représailles aux activités des maquis. Ces affirmations, proférées notamment dans une cassette vidéo par Vincent Reynouard, un néonazi reconnu coupable à plusieurs reprises de négationnisme, ont valu à leur auteur d'être condamné, le 4 juin 2004, à vingt-quatre mois de prison, dont six mois ferme, par la cour d'appel de Limoges, pour "apologie de crime de guerre".
M. Le Pen explique enfin, toujours dans cet entretien, que "si les Allemands avaient multiplié les exécutions massives dans tous les coins comme l'affirme la vulgate, il n'y aurait pas eu besoin de camps de concentration pour les déportés politiques".
Pour M. Le Pen, "l'occupation allemande n'a pas été particulièrement inhumaine"
Il présente en outre la Gestapo - police politique qui fait partie des organisations jugées criminelles par le tribunal de Nuremberg - comme une police protectrice de la population.
Interrogé sur les "commémorations de la fin de la seconde guerre mondiale" par Rivarol, hebdomadaire antisémite et négationniste, M. Le Pen n'hésite pas à affirmer qu'"en France du moins, l'occupation allemande n'a pas été particulièrement inhumaine, même, ajoute-t-il, s'il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550 000 kilomètres carrés".
Evoquant le "drame d'Oradour-sur-Glane", Jean-Marie Le Pen laisse entendre que la vérité n'est pas celle que l'on croit et déclare qu'"il y aurait beaucoup à dire". Il fait ainsi écho, sans s'y référer explicitement, à une thèse révisionniste bien connue des lecteurs de Rivarol : selon cette thèse, des explosifs auraient été dissimulés par les résistants dans l'église où le 10 juin 1944 la division SS Das Reich avait enfermé 642 civils (parmi eux, 245 femmes et 207 enfants) avant de mettre le feu au bâtiment. Cette thèse justifie le massacre en parlant de mesure de représailles aux activités des maquis. Ces affirmations, proférées notamment dans une cassette vidéo par Vincent Reynouard, un néonazi reconnu coupable à plusieurs reprises de négationnisme, ont valu à leur auteur d'être condamné, le 4 juin 2004, à vingt-quatre mois de prison, dont six mois ferme, par la cour d'appel de Limoges, pour "apologie de crime de guerre".
M. Le Pen explique enfin, toujours dans cet entretien, que "si les Allemands avaient multiplié les exécutions massives dans tous les coins comme l'affirme la vulgate, il n'y aurait pas eu besoin de camps de concentration pour les déportés politiques".
Pragmatisme
Le pragmatisme est mis à toutes les sauces.
Originellement, c'est le souci porté à l'interprétation des "pragmata", les faits qui dépassent, qui font tache, et qui permettent peut-être de comprendre l'ensemble en dépensant le minimum d'énergie.
Par exemple, dans une assemblée de messieurs avec des chapeaux rouges, vous vous intéresserez au seul qui a un chapeau blanc. Si vous découvrez qu'on l'appelle "Votre Sainteté", vous allez assez vite comprendre de quoi il s'agit.
Un autre exemple, au début des années 80, Emmanuel Todd a prévu la fin de l'URSS en étudiant la mortalité infantile.
Vous voyez, c'est à la fois plus précis et plus intelligent que le prétendu pragmatisme dont on rebat les oreilles.
Originellement, c'est le souci porté à l'interprétation des "pragmata", les faits qui dépassent, qui font tache, et qui permettent peut-être de comprendre l'ensemble en dépensant le minimum d'énergie.
Par exemple, dans une assemblée de messieurs avec des chapeaux rouges, vous vous intéresserez au seul qui a un chapeau blanc. Si vous découvrez qu'on l'appelle "Votre Sainteté", vous allez assez vite comprendre de quoi il s'agit.
Un autre exemple, au début des années 80, Emmanuel Todd a prévu la fin de l'URSS en étudiant la mortalité infantile.
Vous voyez, c'est à la fois plus précis et plus intelligent que le prétendu pragmatisme dont on rebat les oreilles.
Un moment de sérénité dans ce monde agité
Pas un battement de cil. Pas un mot, une phrase, un geste qui trahisse une émotion. Le maître zen vietnamien Thich Nhat Hanh, 80 ans, savoure ce moment dans la sérénité et la discipline de la Pleine Conscience qui est au cœur de son enseignement bouddhiste.
A Roissy, mardi 11 janvier, entouré d'une nuée de nonnes en robe marron, crâne rasé - dont l'inséparable sœur Chan Khong -, de novices, de bikkus (moines ordonnés), il attend son vol pour Hanoï, un vol espéré depuis trente-neuf ans.
Le 11 mai 1966, le thaï (maître bouddhiste) a quitté son pays pour une tournée de conférences contre la guerre qui ravageait alors son pays. On ne le laissera plus rentrer.
Début 2004, alors qu'il donnait un enseignement en Californie, il a été subitement approché par des membres du consulat vietnamien qui lui ont proposé de rentrer.
Thich Nhat Hanh a posé trois conditions : que dix de ses livres soient publiés sur le champ (quatre le seront, dont Soyez libres là où vous êtes !) ; qu'il puisse donner des conférences publiques ; qu'il soit accompagné d'une délégation du Village des pruniers. Ainsi une centaine de fidèles ont-ils convergé, mardi, des Etats-Unis et de toute l'Europe vers le Vietnam. Le maître pourra aussi faire des conférences à Hanoï, Ho Chi Minh-Ville, Huê et être reçu par les autorités.
Thich Nhat Hanh rentre dans un pays qu'il ne reconnaîtra pas, mais là, sur une banquette de Roissy, il est sur un nuage. L'esprit de triomphe et de revanche ne l'atteint pas. "Le Vietnam a sans doute changé, dit-il. J'y vais pour comprendre et pratiquer l'Ecoute profonde. Le temps des peurs, des suspicions, des discriminations doit passer." Dans trois mois, il a donné rendez-vous à ses fidèles en France.
Lien : Thich Nhat Nahn de retour au Vietnam
A Roissy, mardi 11 janvier, entouré d'une nuée de nonnes en robe marron, crâne rasé - dont l'inséparable sœur Chan Khong -, de novices, de bikkus (moines ordonnés), il attend son vol pour Hanoï, un vol espéré depuis trente-neuf ans.
Le 11 mai 1966, le thaï (maître bouddhiste) a quitté son pays pour une tournée de conférences contre la guerre qui ravageait alors son pays. On ne le laissera plus rentrer.
Début 2004, alors qu'il donnait un enseignement en Californie, il a été subitement approché par des membres du consulat vietnamien qui lui ont proposé de rentrer.
Thich Nhat Hanh a posé trois conditions : que dix de ses livres soient publiés sur le champ (quatre le seront, dont Soyez libres là où vous êtes !) ; qu'il puisse donner des conférences publiques ; qu'il soit accompagné d'une délégation du Village des pruniers. Ainsi une centaine de fidèles ont-ils convergé, mardi, des Etats-Unis et de toute l'Europe vers le Vietnam. Le maître pourra aussi faire des conférences à Hanoï, Ho Chi Minh-Ville, Huê et être reçu par les autorités.
Thich Nhat Hanh rentre dans un pays qu'il ne reconnaîtra pas, mais là, sur une banquette de Roissy, il est sur un nuage. L'esprit de triomphe et de revanche ne l'atteint pas. "Le Vietnam a sans doute changé, dit-il. J'y vais pour comprendre et pratiquer l'Ecoute profonde. Le temps des peurs, des suspicions, des discriminations doit passer." Dans trois mois, il a donné rendez-vous à ses fidèles en France.
Lien : Thich Nhat Nahn de retour au Vietnam
Obèse pour l'éternité
Crémation impossible pour un défunt trop corpulent
AFP | 12.01.05 | 09h40
Un ancien boucher toulousain décédé la semaine dernière n'a pas pu être incinéré comme prévu mardi en raison de sa corpulence, le poids de son corps et du cercueil dépassant les 150 kilos, indique la Dépêche du Midi dans son édition de mercredi.L'impossibilité de procéder à la crémation en banlieue toulousaine n'a été annoncée qu'au dernier moment à la famille de cet habitant du quartier de la Patte d'oie, mort d'une défaillance cardiaque liée à un problème de diabète, explique le journal."On nous propose une crémation à Canet-en-Roussillon (Pyrénées-orientales) la semaine prochaine. C'est une honte", a estimé la famille. C'est finalement la municipalité de Toulouse qui a réglé le problème en trouvant une place mercredi matin au crématorium de Capdenac (Aveyron). Elle prend également en charge les frais de la crémation, précise le journal.
AFP | 12.01.05 | 09h40
Un ancien boucher toulousain décédé la semaine dernière n'a pas pu être incinéré comme prévu mardi en raison de sa corpulence, le poids de son corps et du cercueil dépassant les 150 kilos, indique la Dépêche du Midi dans son édition de mercredi.L'impossibilité de procéder à la crémation en banlieue toulousaine n'a été annoncée qu'au dernier moment à la famille de cet habitant du quartier de la Patte d'oie, mort d'une défaillance cardiaque liée à un problème de diabète, explique le journal."On nous propose une crémation à Canet-en-Roussillon (Pyrénées-orientales) la semaine prochaine. C'est une honte", a estimé la famille. C'est finalement la municipalité de Toulouse qui a réglé le problème en trouvant une place mercredi matin au crématorium de Capdenac (Aveyron). Elle prend également en charge les frais de la crémation, précise le journal.
lundi, janvier 10, 2005
Glucksmann, Montaigne et l'Irak
André Glucksmann, un "philosophe" (une spécialité française, comme le fromage, quelque fois la même odeur et la même intelligence, mais, comme pour les fromages, il y en a une poignée qui valent le détour. Seulement, les fromages, eux, ne sont pas narcissiques) déclare dans un interview :
"Lire Montaigne aurait davantage d'impact que les imprécations anti-américaines de Jacques Chirac."
Entièrement d'accord puisque je considère préférable de lire Montaigne que d'écouter le verbiage de n'importe quel membre de notre classe politique, ce brouillard d'hommes. Le jour où l'un d'entre eux dira des choses me faisant dresser l'oreille d'intérêt, je vous le signalerai (j'espère que ce jour arrivera).
Néanmoins, puisque moi aussi je peux me laisser aller à la facilité de faire parler les morts, je me demande quelle est l'opinion de Montaigne sur l'Irak :
"Le bien public requiert qu'on trahisse, et qu'on mente, et qu'on massacre : resignons cette commission à gens plus obeissans et plus soupples. [...] Le Prince, quand une urgente circonstance, et quelque impetueux et inopiné accident, du besoing de son estat, luy fait gauchir sa parolle et sa foy, ou autrement le jette hors de son devoir ordinaire, doibt attribuer cette necessité, à un coup de la verge divine : Vice n'est-ce pas, car il a quitté sa raison, à une plus universelle et puissante raison : mais certes c'est malheur.
De maniere qu'à quelqu'un qui me demandoit : Quel remede ? nul remede, fis-je, s'il fut veritablement gehenné entre ces deux extremes, il le falloit faire : mais s'il le fit, sans regret, s'il ne luy greva de le faire, c'est signe que sa conscience est en mauvais termes. "
Approbation de George Bush pourvu que sa conscience le travaillât.
ou :
"Nous nous sommes servis de leur ignorance, et inexperience, à les plier plus facilement vers la trahison, luxure, avarice, et vers toute sorte d'inhumanité et de cruauté, à l'exemple et patron de nos moeurs.
Qui mit jamais à tel prix, le service de la mercadence [commerce] et de la trafique ? Tant de villes rasees, tant de nations exterminees, tant de millions de peuples, passez au fil de l'espee, et la plus riche et belle partie du monde bouleversee, pour la negotiation des perles et du poivre [ou du pétrole]: Mechaniques victoires. Jamais l'ambition, jamais les inimitiez publiques, ne pousserent les hommes, les uns contre les autres, à si horribles hostilitez, et calamitez si miserables."
Condamnation toujours actuelle du missionnaire en armure.
Mais Montaigne, soyons honnête, avait trop de personnalité pour qu'on le fasse parler contre son gré.
"Lire Montaigne aurait davantage d'impact que les imprécations anti-américaines de Jacques Chirac."
Entièrement d'accord puisque je considère préférable de lire Montaigne que d'écouter le verbiage de n'importe quel membre de notre classe politique, ce brouillard d'hommes. Le jour où l'un d'entre eux dira des choses me faisant dresser l'oreille d'intérêt, je vous le signalerai (j'espère que ce jour arrivera).
Néanmoins, puisque moi aussi je peux me laisser aller à la facilité de faire parler les morts, je me demande quelle est l'opinion de Montaigne sur l'Irak :
"Le bien public requiert qu'on trahisse, et qu'on mente, et qu'on massacre : resignons cette commission à gens plus obeissans et plus soupples. [...] Le Prince, quand une urgente circonstance, et quelque impetueux et inopiné accident, du besoing de son estat, luy fait gauchir sa parolle et sa foy, ou autrement le jette hors de son devoir ordinaire, doibt attribuer cette necessité, à un coup de la verge divine : Vice n'est-ce pas, car il a quitté sa raison, à une plus universelle et puissante raison : mais certes c'est malheur.
De maniere qu'à quelqu'un qui me demandoit : Quel remede ? nul remede, fis-je, s'il fut veritablement gehenné entre ces deux extremes, il le falloit faire : mais s'il le fit, sans regret, s'il ne luy greva de le faire, c'est signe que sa conscience est en mauvais termes. "
Approbation de George Bush pourvu que sa conscience le travaillât.
ou :
"Nous nous sommes servis de leur ignorance, et inexperience, à les plier plus facilement vers la trahison, luxure, avarice, et vers toute sorte d'inhumanité et de cruauté, à l'exemple et patron de nos moeurs.
Qui mit jamais à tel prix, le service de la mercadence [commerce] et de la trafique ? Tant de villes rasees, tant de nations exterminees, tant de millions de peuples, passez au fil de l'espee, et la plus riche et belle partie du monde bouleversee, pour la negotiation des perles et du poivre [ou du pétrole]: Mechaniques victoires. Jamais l'ambition, jamais les inimitiez publiques, ne pousserent les hommes, les uns contre les autres, à si horribles hostilitez, et calamitez si miserables."
Condamnation toujours actuelle du missionnaire en armure.
Mais Montaigne, soyons honnête, avait trop de personnalité pour qu'on le fasse parler contre son gré.
Film : Liberté, égalité, choucroute
Chef d'oeuvre d'humour lourdingue
La Révolution Française vue par Jean Yanne : un calife débarque pour étudier la guillotine et la révolution est bouleversée.
Quelques exemples : Robespierre : "Appelez moi Robie."
Le serment du jeu de paume devient : "Nous, représentants de la vraie gauche, jurons de rester unis, quitte à nous allier avec l'adversaire pour garder la majorité."
La Révolution Française vue par Jean Yanne : un calife débarque pour étudier la guillotine et la révolution est bouleversée.
Quelques exemples : Robespierre : "Appelez moi Robie."
Le serment du jeu de paume devient : "Nous, représentants de la vraie gauche, jurons de rester unis, quitte à nous allier avec l'adversaire pour garder la majorité."
L'Europe politique, c'est bien fini
Comme je vous l'évoquais dans un message précédent, sous la pression des Pays-Bas et du Royaume-Uni, au grand ravissement des USA, le consortium Galileo renonce à un usage militaire du système de positionnement par satellite européen.
Cela ampute les revenus potentiels de Galileo et le met à mal.
De fait, cela tue aussi toute opération militaire européenne d'envergure sans l'assentiment des USA puisque leurs clés militaires de GPS sont indispensables aux armées modernes.
Et, comme "sans la menace de la force armée, la diplomatie n'est qu'aboiements de roquets", cela signifie tout simplement que l'Europe politique vient de signer son acte de décès (elle était déjà morte).
Comme quoi, une mesure "bassement" technique peut vider de son sens le grandiose débat sur l'intégration européenne.
Aux partisans de l' "Europe-puissance", je dis : "Ne gaspillez pas votre énergie, c'est déjà foutu."
Lien : Galileo se saborde
Cela ampute les revenus potentiels de Galileo et le met à mal.
De fait, cela tue aussi toute opération militaire européenne d'envergure sans l'assentiment des USA puisque leurs clés militaires de GPS sont indispensables aux armées modernes.
Et, comme "sans la menace de la force armée, la diplomatie n'est qu'aboiements de roquets", cela signifie tout simplement que l'Europe politique vient de signer son acte de décès (elle était déjà morte).
Comme quoi, une mesure "bassement" technique peut vider de son sens le grandiose débat sur l'intégration européenne.
Aux partisans de l' "Europe-puissance", je dis : "Ne gaspillez pas votre énergie, c'est déjà foutu."
Lien : Galileo se saborde
Un constat sévère sur les usages de la "machine" politique
Les points de vue de Luc Ferry et de Francis Mer rejoignent un diagnostic que j'ai posé par ailleurs :
_ l'Etat, à vouloir se mêler de tout, ne fait plus rien bien
_ en l'absence de projet politique, par bêtise ou par peur de dire clairement ce qu'on veut faire, on navigue à vue. Ou comme l'a dit Nicolas S. en pensant à Jacques C. : "Quand l'objectif est de durer, on ne fait plus rien."
Lien : Un constat sévère sur les usages de la "machine" politique
_ l'Etat, à vouloir se mêler de tout, ne fait plus rien bien
_ en l'absence de projet politique, par bêtise ou par peur de dire clairement ce qu'on veut faire, on navigue à vue. Ou comme l'a dit Nicolas S. en pensant à Jacques C. : "Quand l'objectif est de durer, on ne fait plus rien."
Lien : Un constat sévère sur les usages de la "machine" politique
dimanche, janvier 09, 2005
DVD : Lost in translation
FFFF
Décidément, l'avantage des des DVD est de permettre de voir des films bien :
un acteur vieillissant (Bill Murray) vient tourner une publicité fort bien payée au Japon. Dépaysé, décalé, il est un peu perdu.
Une jeune femme (Scarlett Johansson) accompagne son maris photographe, elle aussi est déboussolée.
La rencontre des deux crée une tendresse.
Un vrai bon film, avec sa personnalité, son ambiance, servi par d'excellents acteurs. Scarlett Johansson pourrait bien suivre une carrière à la Audrey Hepburn : star pour les gens qui recherchent plus que des gros nichons.
Décidément, l'avantage des des DVD est de permettre de voir des films bien :
un acteur vieillissant (Bill Murray) vient tourner une publicité fort bien payée au Japon. Dépaysé, décalé, il est un peu perdu.
Une jeune femme (Scarlett Johansson) accompagne son maris photographe, elle aussi est déboussolée.
La rencontre des deux crée une tendresse.
Un vrai bon film, avec sa personnalité, son ambiance, servi par d'excellents acteurs. Scarlett Johansson pourrait bien suivre une carrière à la Audrey Hepburn : star pour les gens qui recherchent plus que des gros nichons.
Koursk, vérité poutinienne
Plusieurs spécialistes accréditent la thèse que le sous-marin russe Koursk a été coulé par les Américains
La thèse est folle, mais ce monde n'est-il pas devenu un peu fou ? Selon Jean-Michel Carré, auteur du long documentaire dans la case «Contre-Courant», le Koursk, le plus sophistiqué des sous-marins nucléaires russes, a été envoyé par le fond par... une torpille américaine ! Difficile à concevoir certes, mais le film, qui n'instruit qu'à charge (explosive), est on ne peut plus troublant...
Rappel des faits. Peu de temps après son «sacre» (les images de son intronisation valent à elles seules le détour), Vladimir Poutine décide de gigantesques manoeuvres navales en mer de Barents, dans le but à la fois de réinstaurer le prestige militaire de la Fédération de Russie et d'impressionner les quelques hauts militaires chinois discrètement invités à assister à cette démonstration de force. Point d'orgue de ces manoeuvres : le lancement, par le Koursk, d'une torpille ultramoderne appelée «Schkval», capable de filer sous l'eau à la vitesse prodigieuse de... 500 km/h. Contre 60 en moyenne pour ses concurrentes occidentales. Une vitesse et une puissance, grâce à sa tête en uranium appauvri, qui confèrent au Koursk le surnom de «tueur de porte-avions». De quoi, selon Jean-Michel Carré, sérieusement inquiéter les Américains, peu pressés de voir les Chinois acquérir une telle arme. Les manoeuvres sont donc sous haute surveillance : deux submersibles US, un autre anglais, deux navires espion, l'un de l'Otan, l'autre norvégien. Ce 12 août au matin, le Koursk annonce par radio qu'il remonte à 18 mètres sous la surface de l'eau, à profondeur périscopique, et entame la procédure de lancement de la fameuse «Schkval». Puis le silence. Seulement brisé par le bruit de deux explosions. Pour un spécialiste anglais, l'affaire est entendue : le sous-marin vient d'être victime de la vétusté de son matériel embarqué et de l'explosion d'une vieille torpille au peroxyde d'hydrogène. «C'était une explication acceptable, explique Jean-Michel Carré. Durant cette période, des torpilles fonctionnaient aussi avec ce produit et l'accident du Sidon (sous-marin britannique en 1955) convainc la quasi-totalité des flottes du monde de l'abandonner. Mais il était tentant de faire croire que les finances réellement défectueuses de la Russie pour ses armées les avaient poussées à continuer à utiliser ce produit performant et bon marché.» Les militaires russes dénoncent violemment cette explication, puis, bizarrement, en font la version officielle. Ou sont démis de leurs fonctions et généreusement reclassés loin des investigations...
Après plusieurs mois d'enquête, Jean-Michel Carré avance une tout autre relecture des événements. L'un des deux sous-marins US présents sur la zone, le Toledo, aurait manoeuvré très près du Koursk pour manifester la désapprobation des Etats-Unis, jusqu'à le percuter de front par accident. Dans l'affolement qui suivit, l'autre submersible américain, le Memphis, aurait tiré une torpille MK48 sur le Koursk afin de protéger la fuite du Toledo. Et c'est cette dernière qui aurait envoyé le sous-marin russe par le fond. Les questions posées par le documentaire sont pour le moins logiques : «Pourquoi a-t-on officiellement mis 30 heures pour retrouver le Koursk alors qu'on pouvait le voir à la surface ?» «Pour imaginer la profondeur de la mer à cet endroit, qui était de 108 mètres, il suffit de se dire que, mis à la verticale sur son «museau», le Koursk aurait dépassé de l'eau de 50 mètres...» «Pourquoi les marins, forcément détenteurs de la vérité, n'ont pas été sauvés alors que tout porte à croire qu'une opération de sauvetage juste après les faits aurait été couronnée de succès ?» «Pourquoi une alerte nucléaire, avec décollage de la chasse russe, est-elle décidée au plus haut niveau si une implication agressive américaine n'est pas avérée ?» «Pourquoi le directeur de la CIA, George Tenet, s'est-il personnellement et secrètement rendu à Moscou trois jours après les faits ?» «Pendant la semaine qui suivit le drame, de nombreuses conversations téléphoniques se poursuivront entre les deux présidents (Poutine et Clinton), souligne Jean-Michel Carré. Une dette russe envers les Américains est annulée, un nouveau prêt est accordé, Bill Clinton décide d'arrêter le programme de bouclier antimissiles...»
Connaîtra-t-on jamais la vérité ? Le silence des familles des victimes a été grassement acheté et les journaux russes qui se permettent la moindre enquête sur le sujet sont immédiatement perquisitionnés par le FSB. «Paradoxalement, conclu Jean-Michel carré, l'hypothèse développée dans ce film montre que les présidents russe et américain ont réussi à éviter une crise majeure et démontre leur stature de chefs d'Etat des deux nations les plus militarisées du monde.»
Qu'en penser ? D'abord, bien que les adeptes des théories doivent y trouver leur compte, ça n'a rien à voir avec le fantasme du Boeing qui ne serait pas écrasé sur la Pentagone le 11 septembre.
Cette thèse est solide, je ne vois qu'une objection : pourquoi le Memphis aurait-il tiré sur le Koursk ?
Les sous-mariniers ne sont pas connus pour perdre facilement leur sang-froid.
C'est probablement aussi près de la vérité que nous pourrons approcher avant plusieurs décennies et l'ouverture des archives.
La conclusion, une crise majeure évitée, est plutôt réconfortante.
La thèse est folle, mais ce monde n'est-il pas devenu un peu fou ? Selon Jean-Michel Carré, auteur du long documentaire dans la case «Contre-Courant», le Koursk, le plus sophistiqué des sous-marins nucléaires russes, a été envoyé par le fond par... une torpille américaine ! Difficile à concevoir certes, mais le film, qui n'instruit qu'à charge (explosive), est on ne peut plus troublant...
Rappel des faits. Peu de temps après son «sacre» (les images de son intronisation valent à elles seules le détour), Vladimir Poutine décide de gigantesques manoeuvres navales en mer de Barents, dans le but à la fois de réinstaurer le prestige militaire de la Fédération de Russie et d'impressionner les quelques hauts militaires chinois discrètement invités à assister à cette démonstration de force. Point d'orgue de ces manoeuvres : le lancement, par le Koursk, d'une torpille ultramoderne appelée «Schkval», capable de filer sous l'eau à la vitesse prodigieuse de... 500 km/h. Contre 60 en moyenne pour ses concurrentes occidentales. Une vitesse et une puissance, grâce à sa tête en uranium appauvri, qui confèrent au Koursk le surnom de «tueur de porte-avions». De quoi, selon Jean-Michel Carré, sérieusement inquiéter les Américains, peu pressés de voir les Chinois acquérir une telle arme. Les manoeuvres sont donc sous haute surveillance : deux submersibles US, un autre anglais, deux navires espion, l'un de l'Otan, l'autre norvégien. Ce 12 août au matin, le Koursk annonce par radio qu'il remonte à 18 mètres sous la surface de l'eau, à profondeur périscopique, et entame la procédure de lancement de la fameuse «Schkval». Puis le silence. Seulement brisé par le bruit de deux explosions. Pour un spécialiste anglais, l'affaire est entendue : le sous-marin vient d'être victime de la vétusté de son matériel embarqué et de l'explosion d'une vieille torpille au peroxyde d'hydrogène. «C'était une explication acceptable, explique Jean-Michel Carré. Durant cette période, des torpilles fonctionnaient aussi avec ce produit et l'accident du Sidon (sous-marin britannique en 1955) convainc la quasi-totalité des flottes du monde de l'abandonner. Mais il était tentant de faire croire que les finances réellement défectueuses de la Russie pour ses armées les avaient poussées à continuer à utiliser ce produit performant et bon marché.» Les militaires russes dénoncent violemment cette explication, puis, bizarrement, en font la version officielle. Ou sont démis de leurs fonctions et généreusement reclassés loin des investigations...
Après plusieurs mois d'enquête, Jean-Michel Carré avance une tout autre relecture des événements. L'un des deux sous-marins US présents sur la zone, le Toledo, aurait manoeuvré très près du Koursk pour manifester la désapprobation des Etats-Unis, jusqu'à le percuter de front par accident. Dans l'affolement qui suivit, l'autre submersible américain, le Memphis, aurait tiré une torpille MK48 sur le Koursk afin de protéger la fuite du Toledo. Et c'est cette dernière qui aurait envoyé le sous-marin russe par le fond. Les questions posées par le documentaire sont pour le moins logiques : «Pourquoi a-t-on officiellement mis 30 heures pour retrouver le Koursk alors qu'on pouvait le voir à la surface ?» «Pour imaginer la profondeur de la mer à cet endroit, qui était de 108 mètres, il suffit de se dire que, mis à la verticale sur son «museau», le Koursk aurait dépassé de l'eau de 50 mètres...» «Pourquoi les marins, forcément détenteurs de la vérité, n'ont pas été sauvés alors que tout porte à croire qu'une opération de sauvetage juste après les faits aurait été couronnée de succès ?» «Pourquoi une alerte nucléaire, avec décollage de la chasse russe, est-elle décidée au plus haut niveau si une implication agressive américaine n'est pas avérée ?» «Pourquoi le directeur de la CIA, George Tenet, s'est-il personnellement et secrètement rendu à Moscou trois jours après les faits ?» «Pendant la semaine qui suivit le drame, de nombreuses conversations téléphoniques se poursuivront entre les deux présidents (Poutine et Clinton), souligne Jean-Michel Carré. Une dette russe envers les Américains est annulée, un nouveau prêt est accordé, Bill Clinton décide d'arrêter le programme de bouclier antimissiles...»
Connaîtra-t-on jamais la vérité ? Le silence des familles des victimes a été grassement acheté et les journaux russes qui se permettent la moindre enquête sur le sujet sont immédiatement perquisitionnés par le FSB. «Paradoxalement, conclu Jean-Michel carré, l'hypothèse développée dans ce film montre que les présidents russe et américain ont réussi à éviter une crise majeure et démontre leur stature de chefs d'Etat des deux nations les plus militarisées du monde.»
Qu'en penser ? D'abord, bien que les adeptes des théories doivent y trouver leur compte, ça n'a rien à voir avec le fantasme du Boeing qui ne serait pas écrasé sur la Pentagone le 11 septembre.
Cette thèse est solide, je ne vois qu'une objection : pourquoi le Memphis aurait-il tiré sur le Koursk ?
Les sous-mariniers ne sont pas connus pour perdre facilement leur sang-froid.
C'est probablement aussi près de la vérité que nous pourrons approcher avant plusieurs décennies et l'ouverture des archives.
La conclusion, une crise majeure évitée, est plutôt réconfortante.
samedi, janvier 08, 2005
Expo Miyazaki-Moebius
Je signale cette expo à l'hotel de la monnaie, quai Conti à Paris.
Espérons que ça sera le prétexte pour sortir porco Rosso en DVD.
Tlj 10 à 19 h, 22 h le merc. Gratuit pour les moins de 6 ans jusqu'au 13 mars 2005
Espérons que ça sera le prétexte pour sortir porco Rosso en DVD.
Tlj 10 à 19 h, 22 h le merc. Gratuit pour les moins de 6 ans jusqu'au 13 mars 2005
Tsunami, le déclin de l'écologisme ?
J'ai entendu à la radio le propos suivant :
"Le tsunami du 26 décembre pourrait avoir des conséquences philosophiques équivalentes au tremblement de terre de Lisbonne en 1755. Voltaire et Rousseau se sont opposés : l'un pensant qu'on devait faire au mieux avec le mal venu de la nature, l'autre que le mal venait des hommes.
Il est possible que le raz-de-marée remette en cause la vision écologiste selon laquelle les instruments créés par l'homme sont mauvais par essence, bons par accident quand ils le sont, et que le bonheur se trouve dans le retour à la nature.
On voit bien que le progrès n'est pour rien dans la récente catastrophe et que plus de progrès aurait été une aide."
L'idée qui se cache plus ou moins derrière l'écologisme est bien celle-là : l'homme est fondamentalement mauvais, son pêché originel est de vouloir maîtriser et exploiter la nature, ambition surhumaine qui ne peut qu'amener des catastrophes.
C'est pourquoi l'écologisme ouvre la voie aux discours sur la décroissance et autres politiques restrictives. Les écolos français sont la plupart du temps comme les pastèques : verts à l'extérieur, rouges à l'intérieur, sujets à penser que le problème, c'est le profit et la libre entreprise.
Je n'ai pas besoin d'insister beaucoup sur ma complète opposition à cette vision : encore une fois, ma tendance est de faire confiance aux hommes ; pas béatement, je sais qu'ils sont capables de catastrophes.
L'histoire apprend tout de même qu'on vit mieux aujourd'hui qu'hier : confort matériel, médecine, instruction, etc ...
Il est vrai qu'on peut se poser la question du spirituel : les religions vécues au quotidien remplacées par des versions "customisées" new-age, c'est bien pauvre. Ecouter ou lire un horoscope prête, suivant l'humeur, à rire ou à pleurer de la crédulité des destinataires. De ce coté-là, nous avons probablement perdu sur nos aïnés.
Pour revenir à mes moutons, je pense que l'écologisme a encore de beaux jours devant lui, mais j'espère que nous avons passé le plus dur de la période des abrutis verts genre José Bové.
J'ajoute pour qu'il n'y ait pas de méprise que je pense que la préoccupation de la nature est une responsabilité de l'humanité, mais que, d'une part, ça ne soit pas être la seule et que, d'autre part, c'est le développement qui permettra de prendre mieux soin de la nature et non l'entrave et la décroissance.
"Le tsunami du 26 décembre pourrait avoir des conséquences philosophiques équivalentes au tremblement de terre de Lisbonne en 1755. Voltaire et Rousseau se sont opposés : l'un pensant qu'on devait faire au mieux avec le mal venu de la nature, l'autre que le mal venait des hommes.
Il est possible que le raz-de-marée remette en cause la vision écologiste selon laquelle les instruments créés par l'homme sont mauvais par essence, bons par accident quand ils le sont, et que le bonheur se trouve dans le retour à la nature.
On voit bien que le progrès n'est pour rien dans la récente catastrophe et que plus de progrès aurait été une aide."
L'idée qui se cache plus ou moins derrière l'écologisme est bien celle-là : l'homme est fondamentalement mauvais, son pêché originel est de vouloir maîtriser et exploiter la nature, ambition surhumaine qui ne peut qu'amener des catastrophes.
C'est pourquoi l'écologisme ouvre la voie aux discours sur la décroissance et autres politiques restrictives. Les écolos français sont la plupart du temps comme les pastèques : verts à l'extérieur, rouges à l'intérieur, sujets à penser que le problème, c'est le profit et la libre entreprise.
Je n'ai pas besoin d'insister beaucoup sur ma complète opposition à cette vision : encore une fois, ma tendance est de faire confiance aux hommes ; pas béatement, je sais qu'ils sont capables de catastrophes.
L'histoire apprend tout de même qu'on vit mieux aujourd'hui qu'hier : confort matériel, médecine, instruction, etc ...
Il est vrai qu'on peut se poser la question du spirituel : les religions vécues au quotidien remplacées par des versions "customisées" new-age, c'est bien pauvre. Ecouter ou lire un horoscope prête, suivant l'humeur, à rire ou à pleurer de la crédulité des destinataires. De ce coté-là, nous avons probablement perdu sur nos aïnés.
Pour revenir à mes moutons, je pense que l'écologisme a encore de beaux jours devant lui, mais j'espère que nous avons passé le plus dur de la période des abrutis verts genre José Bové.
J'ajoute pour qu'il n'y ait pas de méprise que je pense que la préoccupation de la nature est une responsabilité de l'humanité, mais que, d'une part, ça ne soit pas être la seule et que, d'autre part, c'est le développement qui permettra de prendre mieux soin de la nature et non l'entrave et la décroissance.
DVD : Jésus de Montréal
FFFF
Film magnifique de Denys Arcand : une troupe de théâtre canadienne, constituée pour l'occasion, joue la Passion du Christ (rien à voir avec Mel Gibson) en s'aidant des dernières découvertes de la recherche.
Mais la réalité double la fiction.
Prix du jury Cannes 1989
Prix oecuménique Cannes 1989 (je suis surpris parce que ça me semblait iconoclaste, mais il faut croire que non).
Film magnifique de Denys Arcand : une troupe de théâtre canadienne, constituée pour l'occasion, joue la Passion du Christ (rien à voir avec Mel Gibson) en s'aidant des dernières découvertes de la recherche.
Mais la réalité double la fiction.
Prix du jury Cannes 1989
Prix oecuménique Cannes 1989 (je suis surpris parce que ça me semblait iconoclaste, mais il faut croire que non).
Emprunts publics, emprunts privés
Quelle est la différence entre un emprunt d'Etat et un emprunt privé ?
La créance sur un emprunt privé a une contre-partie sur laquelle le créancier peut tirer : c'est l'appartement que vous apportez en garantie dans le cas d'un prêt immobilier, les actions de l'entreprise dans le cas d'un investissment.
Si cet emprunt est investi dans quelque chose qui garde sa valeur (un appartement) ou permet d'en créer, cet emprunt est productif.
Par contre, dans le cas du crédit à la consommation, il y a destruction de valeur : par exemple, dès son achat une voiture perd 30 % de sa valeur (la voiture peut néanmoins être un investissement, dans le cas d'un chauffeur de taxi).
Un emprunt d'Etat n'a pas de gage en face de la créance sur lequel le créancier puisse tirer, il est garanti par l'impôt futur.
C'est pourquoi on dit que impôt et emprunt d'Etat sont équivalents : il n'y a pas de contre-partie en valeur ni pour le contribuable ni pour le détenteur de bon du trésor. C'est pourquoi l'emprunt d'Etat est une forme de prélèvement sur l'économie productive au même titre que l'impôt.
Le déficit d'aujourd'hui est financé intégralement par des prélèvements actuels sur l'économie.
C'est pourquoi aussi il est faux de dire que nous transmettons une dette à nos enfants : nous leur transmettons des bons du trésor en contre-partie.
Alors, tout est pour le mieux ?
Justement, non. Car si l'impôt et l'emprunt d'Etat sont équivalents pour l'emprunteur, l'Etat, ils ne le sont nullement pour l'économmie.
Les emprunts d'Etat ne sont pas productifs, l'Etat ne crée pas de richesses. De plus, ils déforment toutes les relations économiques, la srtructure des taux et des investissemnts.
Le meilleur exemple est que la somme des titres d'Etats est moitié plus importante que la somme des titres privés (actions + obligations privées).
Bien entendu, comme le réel se venge toujours sur les aisances qu'on prend avec lui, le chômage est là.
Ce n'est nullement un hasard si les prospères années Clinton étaient aussi celles où la budget fédéral était équilibré.
On peut aussi noter que le budget suédois est en excédent de 2% du PIB, suivant la logique que le budget doit être équilibré et que, en plus, il faut dégager une petite marge pour les futurs retraites.
Mais j'ai bien conscience que ces propos sont absolument inaudibles en France.
La créance sur un emprunt privé a une contre-partie sur laquelle le créancier peut tirer : c'est l'appartement que vous apportez en garantie dans le cas d'un prêt immobilier, les actions de l'entreprise dans le cas d'un investissment.
Si cet emprunt est investi dans quelque chose qui garde sa valeur (un appartement) ou permet d'en créer, cet emprunt est productif.
Par contre, dans le cas du crédit à la consommation, il y a destruction de valeur : par exemple, dès son achat une voiture perd 30 % de sa valeur (la voiture peut néanmoins être un investissement, dans le cas d'un chauffeur de taxi).
Un emprunt d'Etat n'a pas de gage en face de la créance sur lequel le créancier puisse tirer, il est garanti par l'impôt futur.
C'est pourquoi on dit que impôt et emprunt d'Etat sont équivalents : il n'y a pas de contre-partie en valeur ni pour le contribuable ni pour le détenteur de bon du trésor. C'est pourquoi l'emprunt d'Etat est une forme de prélèvement sur l'économie productive au même titre que l'impôt.
Le déficit d'aujourd'hui est financé intégralement par des prélèvements actuels sur l'économie.
C'est pourquoi aussi il est faux de dire que nous transmettons une dette à nos enfants : nous leur transmettons des bons du trésor en contre-partie.
Alors, tout est pour le mieux ?
Justement, non. Car si l'impôt et l'emprunt d'Etat sont équivalents pour l'emprunteur, l'Etat, ils ne le sont nullement pour l'économmie.
Les emprunts d'Etat ne sont pas productifs, l'Etat ne crée pas de richesses. De plus, ils déforment toutes les relations économiques, la srtructure des taux et des investissemnts.
Le meilleur exemple est que la somme des titres d'Etats est moitié plus importante que la somme des titres privés (actions + obligations privées).
Bien entendu, comme le réel se venge toujours sur les aisances qu'on prend avec lui, le chômage est là.
Ce n'est nullement un hasard si les prospères années Clinton étaient aussi celles où la budget fédéral était équilibré.
On peut aussi noter que le budget suédois est en excédent de 2% du PIB, suivant la logique que le budget doit être équilibré et que, en plus, il faut dégager une petite marge pour les futurs retraites.
Mais j'ai bien conscience que ces propos sont absolument inaudibles en France.
vendredi, janvier 07, 2005
Un nouvel otage français en Irak ?
On est sans nouvelle d'une journaliste de Libération et de son interprète. Peut-être est-elle otage ou pire.
Je sais que ce que je vais dire ne va pas plaire, mais n'y a-t-il pas une part d'irresponsabilité à continuer à être journaliste occidentale en Irak ?
Certes, les risques pris pour rapporter une vérité sont l'honneur du métier de journaliste, mais en l'occurrence, ces risques sont assurés en dernier ressort par la France, qui fera son possible pour la sortir de ce guêpier.
C'est peut-être le prix à payer pour l'information. Mais n'est ce pas aussi une manière pour les journalistes de faire payer par la collectivité leur passion d'être au coeur de l'évènement ?
Car je me pose une question : est-ce bien utile que Libé ait une envoyée spéciale en Irak ?
Seymour Hersch, journaliste connu pour avoir "sorti" des scandales retentissants sur le Vietnam et sur l'Irak, n'est jamais allé sur place : ils utilisent ses informateurs, notamment au Pentagone, pour se procurer les informations que d'autres tentent de cacher.
Ce n'est pas parce qu'on est sur place qu'on est mieux informé.
J'espère que tout se terminera bien.
Je sais que ce que je vais dire ne va pas plaire, mais n'y a-t-il pas une part d'irresponsabilité à continuer à être journaliste occidentale en Irak ?
Certes, les risques pris pour rapporter une vérité sont l'honneur du métier de journaliste, mais en l'occurrence, ces risques sont assurés en dernier ressort par la France, qui fera son possible pour la sortir de ce guêpier.
C'est peut-être le prix à payer pour l'information. Mais n'est ce pas aussi une manière pour les journalistes de faire payer par la collectivité leur passion d'être au coeur de l'évènement ?
Car je me pose une question : est-ce bien utile que Libé ait une envoyée spéciale en Irak ?
Seymour Hersch, journaliste connu pour avoir "sorti" des scandales retentissants sur le Vietnam et sur l'Irak, n'est jamais allé sur place : ils utilisent ses informateurs, notamment au Pentagone, pour se procurer les informations que d'autres tentent de cacher.
Ce n'est pas parce qu'on est sur place qu'on est mieux informé.
J'espère que tout se terminera bien.
Tsunami, le faux réalisme de Kofi Annan : des raisons d'espérer
Article des Echos de de P. Fabra :
Lien : le faux réalisme de Kofi Annan - Les Echos.fr
Résumé :
Un grand auteur du XIXe siècle, dont il va être question plus loin, a écrit des choses sans doute définitives pour expliquer rationnellement un phénomène qui, disait-il, « a si souvent passé pour un miracle ». Il parlait « de la grande rapidité avec laquelle les pays se relèvent d'une grande dévastation ; la disparition, en un temps très court, de toutes traces laissées par des tremblements de terre, des inondations, des cyclones, et par les ravages de la guerre ».
Hasardons cette prévision optimiste : il n'y a jamais eu tant de raisons pour faire crédit à des peuples qu'aux peuples d'Asie d'aujourd'hui. Sur les décombres laissés par le tsunami, et dans l'espace étroit d'un très petit nombre d'années, ils construiront un cadre de vie et de travail bien supérieur à celui qui existait avant que ne surgissent ces vagues de mort !
Notre vue est faussée par l'image d'un « capital » national (ici, l'ensemble des biens immobilisés - équipements et machines, bâtiments publics et privés, matériels de transports, etc., à la disposition de ses habitants) hérité d'un travail passé. Une illusion d'optique nous fait imaginer que le produit accumulé de ce travail passé nous a été physiquement « transmis ». Mais, dit J. S. Mill : « Le capital est maintenu en état de fonctionnement non par conservation mais par reproduction perpétuelle. » L'abbaye de Westminster existe depuis plusieurs siècles, mais, remarque notre auteur, il s'agit d'un bien non économique. A l'exception des ponts et des aqueducs, très rares sont les biens économiques qui durent longtemps !
Selon lui, la plus grande partie, en valeur, de la richesse existant en Angleterre a été produite, ou reproduite, au cours des douze derniers mois ; seulement une très petite portion de cet « agrégat » (dans le texte) existait dix ans auparavant. D'un pays qui serait entièrement dévasté par un ennemi ou par un tremblement de terre J. S. Mill va jusqu'à écrire : ce qui a été ainsi détruit l'aurait été dans un délai presque aussi bref par les habitants eux-mêmes et, par eux, reconstruit en un temps aussi court.
Particulièrement significatif et « moderne » - les modernes existeraient-ils sans ces vrais précurseurs, les « pré-modernes » du magnifique et lamentable XIXe siècle ! - apparaîtra l'argument décisif mis en avant : « La possibilité d'une prompte réparation dépendra de l'état où se trouvent les habitants. Si la population active n'a pas été en forte proportion amoindrie ou expulsée (« extirpated »), alors ayant toujours le même savoir-faire et les mêmes connaissances («the same skill and knowledge»), vivant sur la même terre dont les «améliorations permanentes» seront indemnes et où les bâtiments durables probablement ne seront que partiellement endommagés, presque toutes les conditions seront pour elle réunies pour qu'elle puisse par son travail produire autant qu'elle le faisait avant le désastre. »
En effet, la première condition posée n'a aucun motif, sauf disparition d'une portion importante de la population elle-même, d'avoir cessé d'être satisfaite. On a bien lu : il s'agit de rien de moins que des compétences techniques (« skill ») et des connaissances. La « knowledge economy » n'est pas un attribut de la prétendue nouvelle économie !
Faut-il mettre les points sur les « i » du capitalisme mécanique mais rédempteur ? La courte période pendant laquelle on n'aura pas encore reconstitué la capacité productive sera marquée par un niveau de vie abaissé pour les travailleurs et des profits accrus pour les « capitalistes ». Mais où, ailleurs qu'en Asie, la solidarité familiale joue-t-elle plus universellement ? N'est-ce pas une illusion que de croire que le capitalisme, fût-il de notre temps, puisse survivre dans son essence (chaque personne en âge de travailler est responsable de sa propre subsistance et de celle des êtres qui dépendent de lui ou d'elle) en l'absence de « valeurs » de ce genre ?
Lien : le faux réalisme de Kofi Annan - Les Echos.fr
Résumé :
Un grand auteur du XIXe siècle, dont il va être question plus loin, a écrit des choses sans doute définitives pour expliquer rationnellement un phénomène qui, disait-il, « a si souvent passé pour un miracle ». Il parlait « de la grande rapidité avec laquelle les pays se relèvent d'une grande dévastation ; la disparition, en un temps très court, de toutes traces laissées par des tremblements de terre, des inondations, des cyclones, et par les ravages de la guerre ».
Hasardons cette prévision optimiste : il n'y a jamais eu tant de raisons pour faire crédit à des peuples qu'aux peuples d'Asie d'aujourd'hui. Sur les décombres laissés par le tsunami, et dans l'espace étroit d'un très petit nombre d'années, ils construiront un cadre de vie et de travail bien supérieur à celui qui existait avant que ne surgissent ces vagues de mort !
Notre vue est faussée par l'image d'un « capital » national (ici, l'ensemble des biens immobilisés - équipements et machines, bâtiments publics et privés, matériels de transports, etc., à la disposition de ses habitants) hérité d'un travail passé. Une illusion d'optique nous fait imaginer que le produit accumulé de ce travail passé nous a été physiquement « transmis ». Mais, dit J. S. Mill : « Le capital est maintenu en état de fonctionnement non par conservation mais par reproduction perpétuelle. » L'abbaye de Westminster existe depuis plusieurs siècles, mais, remarque notre auteur, il s'agit d'un bien non économique. A l'exception des ponts et des aqueducs, très rares sont les biens économiques qui durent longtemps !
Selon lui, la plus grande partie, en valeur, de la richesse existant en Angleterre a été produite, ou reproduite, au cours des douze derniers mois ; seulement une très petite portion de cet « agrégat » (dans le texte) existait dix ans auparavant. D'un pays qui serait entièrement dévasté par un ennemi ou par un tremblement de terre J. S. Mill va jusqu'à écrire : ce qui a été ainsi détruit l'aurait été dans un délai presque aussi bref par les habitants eux-mêmes et, par eux, reconstruit en un temps aussi court.
Particulièrement significatif et « moderne » - les modernes existeraient-ils sans ces vrais précurseurs, les « pré-modernes » du magnifique et lamentable XIXe siècle ! - apparaîtra l'argument décisif mis en avant : « La possibilité d'une prompte réparation dépendra de l'état où se trouvent les habitants. Si la population active n'a pas été en forte proportion amoindrie ou expulsée (« extirpated »), alors ayant toujours le même savoir-faire et les mêmes connaissances («the same skill and knowledge»), vivant sur la même terre dont les «améliorations permanentes» seront indemnes et où les bâtiments durables probablement ne seront que partiellement endommagés, presque toutes les conditions seront pour elle réunies pour qu'elle puisse par son travail produire autant qu'elle le faisait avant le désastre. »
En effet, la première condition posée n'a aucun motif, sauf disparition d'une portion importante de la population elle-même, d'avoir cessé d'être satisfaite. On a bien lu : il s'agit de rien de moins que des compétences techniques (« skill ») et des connaissances. La « knowledge economy » n'est pas un attribut de la prétendue nouvelle économie !
Faut-il mettre les points sur les « i » du capitalisme mécanique mais rédempteur ? La courte période pendant laquelle on n'aura pas encore reconstitué la capacité productive sera marquée par un niveau de vie abaissé pour les travailleurs et des profits accrus pour les « capitalistes ». Mais où, ailleurs qu'en Asie, la solidarité familiale joue-t-elle plus universellement ? N'est-ce pas une illusion que de croire que le capitalisme, fût-il de notre temps, puisse survivre dans son essence (chaque personne en âge de travailler est responsable de sa propre subsistance et de celle des êtres qui dépendent de lui ou d'elle) en l'absence de « valeurs » de ce genre ?
Va don' ! Hé, maquereau !
Quel rapport entre le souteneur vivant du travail des femmes qui moissonnent le steak dans les champs de bitume pour leur homme et le poisson ?
Aucun, "maquereau" vient de "maque", apocope de "maquignon". Le sens de ce vocable, pourtant explicite -juger les chevaux ou les pouliches, même metier, s'est sous doute perdu dans un bar louche.
Aucun, "maquereau" vient de "maque", apocope de "maquignon". Le sens de ce vocable, pourtant explicite -juger les chevaux ou les pouliches, même metier, s'est sous doute perdu dans un bar louche.
jeudi, janvier 06, 2005
Agence de l'innovation :encore un bidule chiraquien
Le Chi nous a encore fait le coup du type qui débarque et qui décide prendre des mesures énergiques. Comme si il n'était pas président depuis dix ans !
Son histoire d'agence française de l'innovation, c'est de la foutaise :
_ les marchés sont européens. Dans la recherche, ce qui relève du local/régional/national, ce sont les technopôles, les programmes sont à faire au niveau européen (je reconnais que c'est difficile)
_ le financement n'est pas assuré ; or le seul financement sain aujourd'hui, c'est un prélèvement sur la masse salariale de la fonction publique, donc moins de fonctionnaires. Pour cause de trouillomètre gouvernementale à zéro, il est douteux que ce gisement de pépettes soit exploité.
De plus, les problèmes fondamentaux de la recherche française ne sont pas traités :
_ universités en décrépitude
_ insuffisance dela recherche sur fonds privés
_ structures et personnels publiques vieillissants
Bref, c'est encore une promesse qui ne sera pas tenue (comme la baignade dans la Seine ou le désamiantage de Jussieu), un interventionnisme malsain et "mal-t-à propos" (voir mon message sur le volontarisme politique et celui sur l'éléphant sur la table)
Son histoire d'agence française de l'innovation, c'est de la foutaise :
_ les marchés sont européens. Dans la recherche, ce qui relève du local/régional/national, ce sont les technopôles, les programmes sont à faire au niveau européen (je reconnais que c'est difficile)
_ le financement n'est pas assuré ; or le seul financement sain aujourd'hui, c'est un prélèvement sur la masse salariale de la fonction publique, donc moins de fonctionnaires. Pour cause de trouillomètre gouvernementale à zéro, il est douteux que ce gisement de pépettes soit exploité.
De plus, les problèmes fondamentaux de la recherche française ne sont pas traités :
_ universités en décrépitude
_ insuffisance dela recherche sur fonds privés
_ structures et personnels publiques vieillissants
Bref, c'est encore une promesse qui ne sera pas tenue (comme la baignade dans la Seine ou le désamiantage de Jussieu), un interventionnisme malsain et "mal-t-à propos" (voir mon message sur le volontarisme politique et celui sur l'éléphant sur la table)
L'éléphant sur la table
Je suis toujours surpris de cette myopie française, au point d'y voir une certaine mauvaise foi, pour ne pas dire une mauvaise foi certaine : le poids des dépenses publiques dans l'économie française est la source de nos malaises et personne, ou presque, ne semble le voir. C'est comme un éléphant au milieu de la table dont tout le monde détournerait le regard.
Les prélèvements obligatoires représentent 44 % du PIB, les dépenses publiques 55 %, la différence est financée par la dette, qui est une autre forme de prélèvements sur l'économie nationale par l'intermédiaire de l'épargne investie en bons du trésor (assurances-vie).
Cet interventionnisme économique étatique envahissant, qui contredit à plein la théorie de la libéralisation croissante, souffre de deux défauts rédhibitoires :
1) il n'est pas légitime : par son ampleur, il paralyse le jeu contractuel entre les acteurs de l'économie. Par exemple, le financement des pré-retraites et la retraite obligatoire faussent la relation entre employé et employeur.
On en vient à ce paradoxe apparent que l'Etat garantit la concurrence, qui est une forme conflictuelle de relation économique, et fausse le contrat, qui est une forme coopérative de relation économique.
Or, sauf à considérer les libertés individuelles comme nocives, cette intrusion dans les relations contractuelles est illégitime.
2) il n'est pas efficace : la ponction constante sur l'économie productive aboutit à un capitalisme sans capital (qui est aussi favorisé par l'amour de la dette du néo-libéralisme) et à une économie sans emploi.
Le résulat est consternant : étatisme et néo-libéralisme font bon ménage sur le dos des employés.
Le but de l'Etat ne devrait pas être d'intervenir et de réguler. L'Etat doit édicter des règles et es faire respecter, afin que les relations entre les individus qui composent la société soient justes et équilibrées, libres d'oppression.
Je pense que l'interventionnisme généralisé, les emplois subventionnés, la mise sur des voies de garage payées par l'Etat ne sont qu'une fuite, à cause de l'incapacité à faire confiance aux citoyens libres.
NB : on présente souvent les années florissantes 50-70 comme la période du dirigisme à cause de l'existence du Plan. C'est oublier un peu vite que le poids des dépenses publiques dans l'économie nationale était trois fois moins important qu'aujourd'hui.
Les prélèvements obligatoires représentent 44 % du PIB, les dépenses publiques 55 %, la différence est financée par la dette, qui est une autre forme de prélèvements sur l'économie nationale par l'intermédiaire de l'épargne investie en bons du trésor (assurances-vie).
Cet interventionnisme économique étatique envahissant, qui contredit à plein la théorie de la libéralisation croissante, souffre de deux défauts rédhibitoires :
1) il n'est pas légitime : par son ampleur, il paralyse le jeu contractuel entre les acteurs de l'économie. Par exemple, le financement des pré-retraites et la retraite obligatoire faussent la relation entre employé et employeur.
On en vient à ce paradoxe apparent que l'Etat garantit la concurrence, qui est une forme conflictuelle de relation économique, et fausse le contrat, qui est une forme coopérative de relation économique.
Or, sauf à considérer les libertés individuelles comme nocives, cette intrusion dans les relations contractuelles est illégitime.
2) il n'est pas efficace : la ponction constante sur l'économie productive aboutit à un capitalisme sans capital (qui est aussi favorisé par l'amour de la dette du néo-libéralisme) et à une économie sans emploi.
Le résulat est consternant : étatisme et néo-libéralisme font bon ménage sur le dos des employés.
Le but de l'Etat ne devrait pas être d'intervenir et de réguler. L'Etat doit édicter des règles et es faire respecter, afin que les relations entre les individus qui composent la société soient justes et équilibrées, libres d'oppression.
Je pense que l'interventionnisme généralisé, les emplois subventionnés, la mise sur des voies de garage payées par l'Etat ne sont qu'une fuite, à cause de l'incapacité à faire confiance aux citoyens libres.
NB : on présente souvent les années florissantes 50-70 comme la période du dirigisme à cause de l'existence du Plan. C'est oublier un peu vite que le poids des dépenses publiques dans l'économie nationale était trois fois moins important qu'aujourd'hui.
Volontarisme politique : une remarque de Paul Fabra
Je cite :
En dehors des définitions philosophique, thélogique et psychologique, le dictionnaire Robert définit "volontarisme" comme désignant "l'attitude d'une personne qui croit pouvoir soumettre le réel à ses volontés."
Le meilleur synonyme qu'on puisse trouver est le mot "arbitraire" pris dans son sens neutre : "qui dépend de la seule volonté, n'est pas lié à l'observation de règles".
Le prestige attribué au volontarisme dans la politique française contemporaine suscite de graves interrogations, c'est le moins qu'on puisse dire. Il découle de la tradition du despote éclairé (laquelle pose deux questions redoutables : fut-elle éclairée, une forme de pouvoir despotique est-elle acceptable ? Et qu'est-ce qui garantit qu'il soit éclairé s'il est despotique ?)
Plus prosaïquement, le volontarisme doit son ascendant à l'idée, fortement ancrée chez tous les peuples longtemps soumis à des régimes autoritaires liés à la gloire nationale, que les gouvernants entourés d'experts méritants disposent d'un monopole de la connaissance ("They know best") de ce qui est bon pour les gouvernés.
On retrouve la thèse tocquevillienne sur l'absence de culture démocratique des Français.
En dehors des définitions philosophique, thélogique et psychologique, le dictionnaire Robert définit "volontarisme" comme désignant "l'attitude d'une personne qui croit pouvoir soumettre le réel à ses volontés."
Le meilleur synonyme qu'on puisse trouver est le mot "arbitraire" pris dans son sens neutre : "qui dépend de la seule volonté, n'est pas lié à l'observation de règles".
Le prestige attribué au volontarisme dans la politique française contemporaine suscite de graves interrogations, c'est le moins qu'on puisse dire. Il découle de la tradition du despote éclairé (laquelle pose deux questions redoutables : fut-elle éclairée, une forme de pouvoir despotique est-elle acceptable ? Et qu'est-ce qui garantit qu'il soit éclairé s'il est despotique ?)
Plus prosaïquement, le volontarisme doit son ascendant à l'idée, fortement ancrée chez tous les peuples longtemps soumis à des régimes autoritaires liés à la gloire nationale, que les gouvernants entourés d'experts méritants disposent d'un monopole de la connaissance ("They know best") de ce qui est bon pour les gouvernés.
On retrouve la thèse tocquevillienne sur l'absence de culture démocratique des Français.
La torture et le contre terrorisme
L'argument souvent présenté pour justifier la torture est : "Si vous capturez un homme dont vous savez qu'il connaît les détails d'un attentat qui peut faire des dizaines de victimes, hésiterez vous à le sacrifier pour sauver plusieurs des vôtres ?"
Cet argument est souvent posé sous forme interrogative car il renvoie chacun à sa conscience. Puisque le problème se pose réellement, examinons le :
1) L'efficacité est douteuse : on n'est jamais sûr à l'avance de ce qu'un homme sait. On peut torturer un ignorant.
Plus les questions sont ciblées, plus on a de chances d'obtenir des réponses si le prisonnier les connaît.
Les sévices généralisés, "tous azimuts", façon Abu Graib ou Guantanamo, sont peu susceptibles d'amener des renseignements directement exploitables, tout au plus peut on compléter la connaissance des méthodes des terroristes ; d'ailleurs, ces sévices n'entrent pas dans le scénario précis de l'argument que je cite.
2) La fiabilité est douteuse. Comme le faisait déjà remarquer Montaigne au XVIème siècle à propos des tortures judiciaires, la douleur peut tout aussi bien faire avouer des mensonges que des vérités, sans compter les demi-vérités.
Les Anglais, suivant l'adage, que "plus on a de peine à obtenir un renseignement, plus on y croit", ont envoyé à des réseaux infiltrés par la gestapo des résistants français désinformés. Certains ont avoué sous la torture ce que les Anglais attendaient qu'ils avouent, induisant ainsi les Allemands en erreur.
3) La torture est politiquement ravageuse. Le préjudice à long terme en annulant tous les maigres gains à court terme.
Les paras de Massu ont gagné la bataille d'Alger grâce à la torture mais ils ont perdu la guerre.
Un bricolage est le "théorème d'Aussarès", du nom du général français qui a enseigné sa théorie dans toute l'Amérique Latine : il faut faire disparaître physiquement le torturé, par exemple en le jetant à la mer avec des bottes en béton, entretenir l'incertitude sur son sort, de manière à ce qu'il soit plus malaisé de le transformer en martyr. Mais cette "solution" est momentanée : quand le nombre des disparus devient trop important, l'effet politique est tout aussi dévastateur, c'est le phénomène des "folles de la place de mai" en Argentine.
Autre exemple : en France, au printemps 1944, la Gestapo moissonnait les réseaux, l'espérance de vie d'un résistant était inférieure à six mois, pourtant, cela n'a pas empêché la Résistance de gonfler ses effectifs.
Pour conclure, la torture est inefficace donc inutile, ce qui la rend injustifiable, même pour les plus cyniques.
En réalité, l'usage de la torture est le symptôme de maux multiples :
- incapacité à infiltrer l'adversaire (c'est particulièrement flagrant dans le cas actuel en Irak : la pénurie d'arabisants à la CIA a été longuement détaillée. Le bureau de la DGSE à Kaboul n'a qu'un interprète en pashtoun)
- impasse politique : on diabolise l'opposant parce qu'on ne sait rien proposer pour résoudre le conflit et on torture par défaut, par absence de stratégie.
Ce symptôme de désarroi moral et de perte de vision politique est particulièrement flagrant quand il s'agit de démocraties comme la France, par le passé, par les USA et par Israël aujourd'hui. Dans leur cas, la torture est un terrible aveu de faiblesse.
Cet argument est souvent posé sous forme interrogative car il renvoie chacun à sa conscience. Puisque le problème se pose réellement, examinons le :
1) L'efficacité est douteuse : on n'est jamais sûr à l'avance de ce qu'un homme sait. On peut torturer un ignorant.
Plus les questions sont ciblées, plus on a de chances d'obtenir des réponses si le prisonnier les connaît.
Les sévices généralisés, "tous azimuts", façon Abu Graib ou Guantanamo, sont peu susceptibles d'amener des renseignements directement exploitables, tout au plus peut on compléter la connaissance des méthodes des terroristes ; d'ailleurs, ces sévices n'entrent pas dans le scénario précis de l'argument que je cite.
2) La fiabilité est douteuse. Comme le faisait déjà remarquer Montaigne au XVIème siècle à propos des tortures judiciaires, la douleur peut tout aussi bien faire avouer des mensonges que des vérités, sans compter les demi-vérités.
Les Anglais, suivant l'adage, que "plus on a de peine à obtenir un renseignement, plus on y croit", ont envoyé à des réseaux infiltrés par la gestapo des résistants français désinformés. Certains ont avoué sous la torture ce que les Anglais attendaient qu'ils avouent, induisant ainsi les Allemands en erreur.
3) La torture est politiquement ravageuse. Le préjudice à long terme en annulant tous les maigres gains à court terme.
Les paras de Massu ont gagné la bataille d'Alger grâce à la torture mais ils ont perdu la guerre.
Un bricolage est le "théorème d'Aussarès", du nom du général français qui a enseigné sa théorie dans toute l'Amérique Latine : il faut faire disparaître physiquement le torturé, par exemple en le jetant à la mer avec des bottes en béton, entretenir l'incertitude sur son sort, de manière à ce qu'il soit plus malaisé de le transformer en martyr. Mais cette "solution" est momentanée : quand le nombre des disparus devient trop important, l'effet politique est tout aussi dévastateur, c'est le phénomène des "folles de la place de mai" en Argentine.
Autre exemple : en France, au printemps 1944, la Gestapo moissonnait les réseaux, l'espérance de vie d'un résistant était inférieure à six mois, pourtant, cela n'a pas empêché la Résistance de gonfler ses effectifs.
Pour conclure, la torture est inefficace donc inutile, ce qui la rend injustifiable, même pour les plus cyniques.
En réalité, l'usage de la torture est le symptôme de maux multiples :
- incapacité à infiltrer l'adversaire (c'est particulièrement flagrant dans le cas actuel en Irak : la pénurie d'arabisants à la CIA a été longuement détaillée. Le bureau de la DGSE à Kaboul n'a qu'un interprète en pashtoun)
- impasse politique : on diabolise l'opposant parce qu'on ne sait rien proposer pour résoudre le conflit et on torture par défaut, par absence de stratégie.
Ce symptôme de désarroi moral et de perte de vision politique est particulièrement flagrant quand il s'agit de démocraties comme la France, par le passé, par les USA et par Israël aujourd'hui. Dans leur cas, la torture est un terrible aveu de faiblesse.
Hystérie collective de solidarité affichée ?
L'article que vous trouverez au lien ci-dessous me semble plein de bon sens.
Lien : merci à Médecin sans frontières
Pour ma part, je répugne aux passions collectives qui tournent vite au narcissisme (que nous nommes bons, que nous sommes généreux, que nous sommes compatissants). Qu'il s'agisse de manifestations anti-FN ou de Téléthon, je suis sceptique sur ses orgies massives de bien-pensance et de bons sentiments à pas cher.
Je préfère l'engagement individuel de longue durée ou un silence pudique.
Résumé de l'article :
Tout se passe comme si le cœur avait peu à peu pris le pas sur la raison, comme si la générosité s'alimentait d'elle-même (alors qu'elle fut plutôt timide au moment où elle aurait été la plus urgente, dans les tout premiers jours qui ont suivi la catastrophe). Désormais, Etats, entreprises, ONG, particuliers, collectivités locales rivalisent dans la course aux dons, cravachés par des médias qui donnent le sentiment de s'alimenter et d'alimenter ce qui est en train de devenir une sorte d'hystérie collective de la générosité affichée.
Dans ce concert de bons sentiments, MSF vient de faire entendre une voix discordante en décidant de cesser de faire appel aux dons. Cette déclaration lui vaut l'opprobre collectif des autres ONG, toutes unies pour l'occasion. Pourtant, si une association est capable plus qu'une autre d'analyser très rapidement une situation de catastrophe naturelle et de mobiliser en un temps record les capacités logistiques et médicales pour y répondre efficacement, c'est bien MSF, qui, depuis sa création en 1971, n'a cessé d'améliorer sa force de réaction rapide. Cette efficacité, qui lui permet d'être presque toujours la première présente en cas de crise grave, lui a valu le prix Nobel de la paix en 1999.
Lien : merci à Médecin sans frontières
Pour ma part, je répugne aux passions collectives qui tournent vite au narcissisme (que nous nommes bons, que nous sommes généreux, que nous sommes compatissants). Qu'il s'agisse de manifestations anti-FN ou de Téléthon, je suis sceptique sur ses orgies massives de bien-pensance et de bons sentiments à pas cher.
Je préfère l'engagement individuel de longue durée ou un silence pudique.
Résumé de l'article :
Tout se passe comme si le cœur avait peu à peu pris le pas sur la raison, comme si la générosité s'alimentait d'elle-même (alors qu'elle fut plutôt timide au moment où elle aurait été la plus urgente, dans les tout premiers jours qui ont suivi la catastrophe). Désormais, Etats, entreprises, ONG, particuliers, collectivités locales rivalisent dans la course aux dons, cravachés par des médias qui donnent le sentiment de s'alimenter et d'alimenter ce qui est en train de devenir une sorte d'hystérie collective de la générosité affichée.
Dans ce concert de bons sentiments, MSF vient de faire entendre une voix discordante en décidant de cesser de faire appel aux dons. Cette déclaration lui vaut l'opprobre collectif des autres ONG, toutes unies pour l'occasion. Pourtant, si une association est capable plus qu'une autre d'analyser très rapidement une situation de catastrophe naturelle et de mobiliser en un temps record les capacités logistiques et médicales pour y répondre efficacement, c'est bien MSF, qui, depuis sa création en 1971, n'a cessé d'améliorer sa force de réaction rapide. Cette efficacité, qui lui permet d'être presque toujours la première présente en cas de crise grave, lui a valu le prix Nobel de la paix en 1999.
lundi, janvier 03, 2005
L'étrange jeunesse des néo-conservateurs
Au premier abord, cela peut sembler étonnant, mais beaucoup des néo-conservateurs américains ont été trotskystes ou communistes dans leur jeunesse.
A la réflexion, ils appliquent les mêmes méthodes : entrisme, groupuscules d'influence, isolement par rapport aux partis politiques traditionnels, primauté de l'idéologie sur les réalités, refus des compromis.
Un cas d'école de : les extrêmes se rejoignent.
A la réflexion, ils appliquent les mêmes méthodes : entrisme, groupuscules d'influence, isolement par rapport aux partis politiques traditionnels, primauté de l'idéologie sur les réalités, refus des compromis.
Un cas d'école de : les extrêmes se rejoignent.
DVD : Le dictateur (C. Chaplin)
FFFF
Quand le film sort en novembre 1940, on peut dire que deux hommes se dressent à la face du monde contre Hitler : Winston Churchill et Charlie Chaplin.
Improbable chef d'oeuvre, tant les obstacles furent nombreux : même des juifs tentèrent d'empêcher ce film, par peur d'augmenter les persécutions.
L'édition "collector" comporte un documentaire retraçant le curieux parallèle entre Chaplin et Hitler, qui sont nés la même semaine et dont les vies sont par moments étrangement similaires.
Il est certain que Hitler s'est fait diffuser ce film au moins deux fois et il aurait beaucoup ri, paraît-il.
De plus, il y a des images en couleurs du tournage dues au frère de Charlot et retrouvées à sa mort.
Quand le film sort en novembre 1940, on peut dire que deux hommes se dressent à la face du monde contre Hitler : Winston Churchill et Charlie Chaplin.
Improbable chef d'oeuvre, tant les obstacles furent nombreux : même des juifs tentèrent d'empêcher ce film, par peur d'augmenter les persécutions.
L'édition "collector" comporte un documentaire retraçant le curieux parallèle entre Chaplin et Hitler, qui sont nés la même semaine et dont les vies sont par moments étrangement similaires.
Il est certain que Hitler s'est fait diffuser ce film au moins deux fois et il aurait beaucoup ri, paraît-il.
De plus, il y a des images en couleurs du tournage dues au frère de Charlot et retrouvées à sa mort.
Bouquin : Une vie française (JP Dubois)
FF
Petit roman biographique à l'humour décapant dont les chapitres portent les noms des présidents (De Gaulle, Pompidou, etc ...) .
Petit roman biographique à l'humour décapant dont les chapitres portent les noms des présidents (De Gaulle, Pompidou, etc ...) .
Mon opposition est proportionelle à ma surprise
J'apprends que certains parlent de changer la loi électorale pour les députés afin de passer à une proportionelle intégrale ou partielle.
Je tombe de l'armoire : la question, qui irrigue toute la politique française de 1789 à 1958, de savoir comment concilier la souveraineté du peuple et son expression en vue de former un gouvernement viable, me paraissait régler par le scrutin uninominal à deux tours.
Ce mode de vote permet de dégager des majorités claires et les Français ne se sont pas privés de l'utiliser pour changer les gouvernements qui leur déplaisaient.
Alors pourquoi le modifier ?
Je crois, hélas, que la réponse est toute simple : que la politique serait plus sereine si elle se faisait entre gens bien, compétents, qu'elle passionne, bref, entre politiciens professionnels, dans l'ombre des cabinets, en quelques manoeuvres de couloirs.
Les électeurs sont turbulents comme la mer, changeants comme le ciel, ne votent pas toujours pour les sommités, même très intelligentes. Si on pouvait s'en passer le plus longtemps possible, ça serait mieux.
Alors autant faire des listes entre soi. Au moins, les célébrités en tête de liste seraient sûres d'être élues : elles ne seraient plus menacées par la précarité électorale due à ces grands enfants capricieux que sont les électeurs. Et la réduction de la précarité n'est il pas un noble but ?
Vous trouvez mon interprétation trop négative ? Rappelez vous comment les dernières sénatoriales ont servi de refuge à des épaves politiques, incapables de se "réinsérer" dans la "vraie vie", Charles Pasqua, Dominique Voynet, par exemple.
Croyez vous que cette classe qui a si peur de partager le quotidien de ceux qu'elle ait censé représenter manquerait d'imagination pour justifier de figer les rentes de situation ?
Minable tout ça, n'est-ce pas ?
Je ne suis pas pour les têtes au bout d'une pique, mais je ne peux m'empêcher de penser que ça ferait quelque fois du bien !
Je tombe de l'armoire : la question, qui irrigue toute la politique française de 1789 à 1958, de savoir comment concilier la souveraineté du peuple et son expression en vue de former un gouvernement viable, me paraissait régler par le scrutin uninominal à deux tours.
Ce mode de vote permet de dégager des majorités claires et les Français ne se sont pas privés de l'utiliser pour changer les gouvernements qui leur déplaisaient.
Alors pourquoi le modifier ?
Je crois, hélas, que la réponse est toute simple : que la politique serait plus sereine si elle se faisait entre gens bien, compétents, qu'elle passionne, bref, entre politiciens professionnels, dans l'ombre des cabinets, en quelques manoeuvres de couloirs.
Les électeurs sont turbulents comme la mer, changeants comme le ciel, ne votent pas toujours pour les sommités, même très intelligentes. Si on pouvait s'en passer le plus longtemps possible, ça serait mieux.
Alors autant faire des listes entre soi. Au moins, les célébrités en tête de liste seraient sûres d'être élues : elles ne seraient plus menacées par la précarité électorale due à ces grands enfants capricieux que sont les électeurs. Et la réduction de la précarité n'est il pas un noble but ?
Vous trouvez mon interprétation trop négative ? Rappelez vous comment les dernières sénatoriales ont servi de refuge à des épaves politiques, incapables de se "réinsérer" dans la "vraie vie", Charles Pasqua, Dominique Voynet, par exemple.
Croyez vous que cette classe qui a si peur de partager le quotidien de ceux qu'elle ait censé représenter manquerait d'imagination pour justifier de figer les rentes de situation ?
Minable tout ça, n'est-ce pas ?
Je ne suis pas pour les têtes au bout d'une pique, mais je ne peux m'empêcher de penser que ça ferait quelque fois du bien !
Cinéma : Maria pleine de grâce
FFF
Film plein de grace : une jeune colombienne fait la "mule". Elle avale des capsules de cocaïne pour leur faire passer la douane. Et ça donne un film subtil et tendre.
Film plein de grace : une jeune colombienne fait la "mule". Elle avale des capsules de cocaïne pour leur faire passer la douane. Et ça donne un film subtil et tendre.
Bouquin : L'observateur engagé (G. Martinet)
FFF
G. Martinet est un ami de JP Vernant, auteur de La traversée des frontières dont je vous ai fait le compte-rendu.
Livre autobiographique dans la même tonalité bien agréable.
Communiste, résistant, démissionnaire du PC, co-fondateur du PSU, co-fondateur du Nouvel Observateur, disciple de Mendès-France, rallié au PS de Mitterrand (sans illusion sur le bonhomme), ambassadeur en Italie, prof à l'ENA, Martinet a bien vécu le siècle dernier.
Politiquement, il fait un parallèle entre christianisme et communisme, considérant, d'expérience, que le communisme a beaucoup emprunté plus ou moins inconsciemment à la religion. Il fait la remarque évidente que, en Europe, l'implantation du communisme était la plus forte là où la tradition du catholicisme était la plus implantée.
D'après lui, la gauche française n'a, dans sa majorité, pas tiré les conséquences de la chute du mur de Berlin : la planification et l'étatisation sont inefficaces, n'améliorent pas la situation des plus démunis.
En conclusion, il émet une mise en garde très forte contre les utopies, soit de rupture avec le capitalisme, soit d'imposition de la démocratie universelle, qui entravent le travail sur le monde tel qu'il est et qui limitent les progrès plutôt que de les favoriser.
Notamment, ayant vécu le Front Populaire, la Libération, Mai 68 et Mai 81, il est sceptique sur ces "journées" historiques, grande tradition française, qui ont trop souvent l'allure d'un soufflé : belles et joyeuses dans la chaleur de l'action, mais vite retombées sans, en réalité, avoir changé grand-chose en profondeur.
Il considère, je l'approuve sans réserves, que le monde actuel est à la fois suffisamment gros d'inégalités et rempli de possibilités pour que son amélioration soit un défi passionnant pour les prochaines générations, sans qu'il y ait besoin de se projeter dans une vision utopique.
Enfin, puisque Martinet était un ami du regretté François Furet, je vous rappelle "Le passé d'une illusion : essai sur l'idée communiste au XXème siècle" qui est, à mon avis, dans un style différent et dans des circonstances autres, un ouvrage quasi de la même qualité que "L'étrange défaite" de Marc Bloch, ce qui n'est pas un mince compliment.
G. Martinet est un ami de JP Vernant, auteur de La traversée des frontières dont je vous ai fait le compte-rendu.
Livre autobiographique dans la même tonalité bien agréable.
Communiste, résistant, démissionnaire du PC, co-fondateur du PSU, co-fondateur du Nouvel Observateur, disciple de Mendès-France, rallié au PS de Mitterrand (sans illusion sur le bonhomme), ambassadeur en Italie, prof à l'ENA, Martinet a bien vécu le siècle dernier.
Politiquement, il fait un parallèle entre christianisme et communisme, considérant, d'expérience, que le communisme a beaucoup emprunté plus ou moins inconsciemment à la religion. Il fait la remarque évidente que, en Europe, l'implantation du communisme était la plus forte là où la tradition du catholicisme était la plus implantée.
D'après lui, la gauche française n'a, dans sa majorité, pas tiré les conséquences de la chute du mur de Berlin : la planification et l'étatisation sont inefficaces, n'améliorent pas la situation des plus démunis.
En conclusion, il émet une mise en garde très forte contre les utopies, soit de rupture avec le capitalisme, soit d'imposition de la démocratie universelle, qui entravent le travail sur le monde tel qu'il est et qui limitent les progrès plutôt que de les favoriser.
Notamment, ayant vécu le Front Populaire, la Libération, Mai 68 et Mai 81, il est sceptique sur ces "journées" historiques, grande tradition française, qui ont trop souvent l'allure d'un soufflé : belles et joyeuses dans la chaleur de l'action, mais vite retombées sans, en réalité, avoir changé grand-chose en profondeur.
Il considère, je l'approuve sans réserves, que le monde actuel est à la fois suffisamment gros d'inégalités et rempli de possibilités pour que son amélioration soit un défi passionnant pour les prochaines générations, sans qu'il y ait besoin de se projeter dans une vision utopique.
Enfin, puisque Martinet était un ami du regretté François Furet, je vous rappelle "Le passé d'une illusion : essai sur l'idée communiste au XXème siècle" qui est, à mon avis, dans un style différent et dans des circonstances autres, un ouvrage quasi de la même qualité que "L'étrange défaite" de Marc Bloch, ce qui n'est pas un mince compliment.
Pourquoi s'emmerder avec le Moyen-Orient ?
La situation au Moyen-Orient, du fait de ses conséquences politiques (terrorisme, population immigrée) et économiques (pétrole), devrait être une obsession française. Malheureusement, nous en semblons loin et ça m'inquiète on ne peut plus, encore bien plus, plus que la réforme de l'Etat ou le chomage. Car, si le pire n'est jamais sûr, le pire dans cette région est potentiellement désastreux.
La pensée sous-jacente à notre insouciance est : les Américains sont autant, sinon plus, embarrassés que nous par le terrorisme et par la dépendance au pétrole, laissons les prendre en charge la situation, contentons nous de discours moralisateurs, les paroles ne coûtent rien.
J'ai malheureusement deux objections :
1) il n'est jamais bon de remettre son destin dans les mains d'autrui.Qui garantit qu'à long terme nos intérêts ne divergeront pas au point que ce qui sera bon pour les Américains sera mauvais pour les Français ?
2) un échec des Américains nous toucherait aussi. Or, les Américains semblent (ce n'est pas encore certain) sur la route de l'échec : "married to failure", selon le mot Barbra Tuchman à propos du Vietnam.
La pensée sous-jacente à notre insouciance est : les Américains sont autant, sinon plus, embarrassés que nous par le terrorisme et par la dépendance au pétrole, laissons les prendre en charge la situation, contentons nous de discours moralisateurs, les paroles ne coûtent rien.
J'ai malheureusement deux objections :
1) il n'est jamais bon de remettre son destin dans les mains d'autrui.Qui garantit qu'à long terme nos intérêts ne divergeront pas au point que ce qui sera bon pour les Américains sera mauvais pour les Français ?
2) un échec des Américains nous toucherait aussi. Or, les Américains semblent (ce n'est pas encore certain) sur la route de l'échec : "married to failure", selon le mot Barbra Tuchman à propos du Vietnam.
dimanche, janvier 02, 2005
Bouquin : Le chomage, fatalité ou nécessité ?
FFFF
Un livre qui fait le point sur ce que les différentes études, surtout étrangères, révèlent du chômage.
Le principal reproche que les auteurs font aux responsables français est d'ailleurs de refuser d'étudier sérieusement le chômage, de s'en tenir aux a-priori dans un sens ou dans l'autre.
Or, justement, la connaissance des mécanismes économiques et sociaux du chômage a beaucoup progressée.
Chaque jour, en France, 10 000 emplois sont détruits... et 10 000 emplois sont créés.
Un phénomène qui concerne tous les pays industrialisés. Connu des experts, il change la manière de penser le chômage, mais aussi les politiques pour le combattre.
Quitte à bousculer les idées reçues, il est clair que, non :
_ non, le chômage n'est pas une fatalité due à la mondialisation et au capitalisme financier
_ non, un bon salaire minimum n'est pas toujours l'ennemi de l'emploi (démonstration faite par une étude sur les employés de fast-foods américains)
_ non, la législation sur les licenciements ne protège pas l'emploi
_ non, il ne faut pas beaucoup attendre de la formation professionnelle (car formation initiale =3 x formation continue : 1 année d'études supplémentaires ouvre les m^mes possiblités d'emplois que 3 années de formation continue)
_ non, le travail ne se " partage " pas, car il se recompose par d'incessants mouvements de créations et de destructions d'emploi.
À ce titre, si paradoxal que cela puisse paraître, le chômage est nécessaire : il est indispensable à la croissance.
Voilà ce qu'enseignent les recherches les plus récentes, fondées sur des enquêtes de terrain conduites en France et dans de nombreux pays.
Il est urgent d'évaluer les résultats des politiques publiques d'emploi à la lumière de ces découvertes.
Il y a quantité de pistes intéressantes.
Car le temps n'est pas encore venu de dire que l'on a " tout essayé " pour combattre le chômage. Les auteurs vont même jusqu'à dire qu'on n'a encore rien essayé puisqu'on a rien mesuré, évalué, suivi, perfectionné.
Un livre qui fait le point sur ce que les différentes études, surtout étrangères, révèlent du chômage.
Le principal reproche que les auteurs font aux responsables français est d'ailleurs de refuser d'étudier sérieusement le chômage, de s'en tenir aux a-priori dans un sens ou dans l'autre.
Or, justement, la connaissance des mécanismes économiques et sociaux du chômage a beaucoup progressée.
Chaque jour, en France, 10 000 emplois sont détruits... et 10 000 emplois sont créés.
Un phénomène qui concerne tous les pays industrialisés. Connu des experts, il change la manière de penser le chômage, mais aussi les politiques pour le combattre.
Quitte à bousculer les idées reçues, il est clair que, non :
_ non, le chômage n'est pas une fatalité due à la mondialisation et au capitalisme financier
_ non, un bon salaire minimum n'est pas toujours l'ennemi de l'emploi (démonstration faite par une étude sur les employés de fast-foods américains)
_ non, la législation sur les licenciements ne protège pas l'emploi
_ non, il ne faut pas beaucoup attendre de la formation professionnelle (car formation initiale =3 x formation continue : 1 année d'études supplémentaires ouvre les m^mes possiblités d'emplois que 3 années de formation continue)
_ non, le travail ne se " partage " pas, car il se recompose par d'incessants mouvements de créations et de destructions d'emploi.
À ce titre, si paradoxal que cela puisse paraître, le chômage est nécessaire : il est indispensable à la croissance.
Voilà ce qu'enseignent les recherches les plus récentes, fondées sur des enquêtes de terrain conduites en France et dans de nombreux pays.
Il est urgent d'évaluer les résultats des politiques publiques d'emploi à la lumière de ces découvertes.
Il y a quantité de pistes intéressantes.
Car le temps n'est pas encore venu de dire que l'on a " tout essayé " pour combattre le chômage. Les auteurs vont même jusqu'à dire qu'on n'a encore rien essayé puisqu'on a rien mesuré, évalué, suivi, perfectionné.
samedi, janvier 01, 2005
Les piètres performances de la zone euro
Résumé (article complet avec le lien)
Les autorités européennes auraient tout juste [en politique économique], et les autorités nationales tout faux. Peut-être est-ce vrai, mais cela mérite au moins d'être débattu. C'est précisément là où réside le problème. Il n'existe pas d'espace public où un débat sur la politique de la tutelle [européenne] puisse être organisé et soumis à l'arbitrage des électeurs.
Certes, le Parlement européen fait ce qu'il peut, mais ses pouvoirs en ce domaine sont des plus limités, et la réélection de ses membres n'est que très faiblement corrélée (c'est un euphémisme) à leur capacité à infléchir la politique macroéconomique de l'Europe.
L'indépendance suppose la responsabilité, et la responsabilité la sanction de la démocratie. Une telle novation ferait de la zone euro le modèle de coopération renforcée dont l'Europe a tant besoin pour dessiner son avenir.
Lien : Les piètres performances de la zone euro
Les autorités européennes auraient tout juste [en politique économique], et les autorités nationales tout faux. Peut-être est-ce vrai, mais cela mérite au moins d'être débattu. C'est précisément là où réside le problème. Il n'existe pas d'espace public où un débat sur la politique de la tutelle [européenne] puisse être organisé et soumis à l'arbitrage des électeurs.
Certes, le Parlement européen fait ce qu'il peut, mais ses pouvoirs en ce domaine sont des plus limités, et la réélection de ses membres n'est que très faiblement corrélée (c'est un euphémisme) à leur capacité à infléchir la politique macroéconomique de l'Europe.
L'indépendance suppose la responsabilité, et la responsabilité la sanction de la démocratie. Une telle novation ferait de la zone euro le modèle de coopération renforcée dont l'Europe a tant besoin pour dessiner son avenir.
Lien : Les piètres performances de la zone euro
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