jeudi, juin 30, 2011

La régression intellectuelle de la France (P. Nemo)

Ce livre, qui devait s'intituler Le suicide intellectuel de la France, est très bien expliqué ailleurs sur le web et je vous ai déjà parlé de la conférence de Philippe Nemo.

La particularité de Philippe Nemo est de démontrer en termes limpides, ouvrage après ouvrage, en quoi le gauchisme est une religion. C'est pourquoi en cadeau et pour vous inciter à lire ce livre, je vous offre le passage sur la religion de gauche.

mercredi, juin 29, 2011

Confusion entre libéralisme et mondialisme

J'étais surpris d'entendre des gens dire de bonne foi que la France était victime du libéralisme.

Pour moi, avec 57 % du PIB en dépenses publiques, la France pouvait être victime de beaucoup de choses, mais certainement pas du libéralisme.

Puis, j'ai fini par comprendre que ces gens appelaient libéralisme en réalité le mondialisme, cette utopie décrite par Flora Montcorbier dans Le communisme de marché.

Le mondialisme réduit l'homme à sa dimension de producteur-consommateur, aux désirs sans cesse exacerbés par les publicitaires. Ainsi, les conditions sont réunies pour consommer du Coca-Cola et des iPhones d'un bout à l'autre de la planète.

La différence avec le libéralisme ? C'est simple, le libéralisme n'est pas une utopie, il prend les hommes tels qu'ils sont, il n'essaie de faire émerger un homme nouveau. Il ne déracine pas l'homme, ne nie pas ses particularités. Le libéral croit qu'un certain nombre de droits fondamentaux sont partagés par tous les hommes mais qu'en dehors de ces droits assez restreints, il n'a pas légitimité à intervenir.

En vertu de cette méfiance vis-à-vis de la raison raisonnante, grâce à laquelle les puissants cerveaux des ingénieurs sociaux veulent refaire le monde, le libéralisme a de puissantes affinités avec le conservatisme. Dans son célèbre article Pourquoi je ne suis pas conservateur, FA Hayek dégage malgré tout ces axes de rapprochement avec les conservateurs.

Le mondialisme réduit l'homme à sa dimension marchande, ce que n'a jamais fait le libéralisme (sauf dans les caricatures de ses ennemis, qui sont souvent devenus ... mondialistes!).

Prenons l'exemple du «mariage» homosexuel, puisqu'il est à la mode. Le libéral considérera que la mariage est le fruit des traditions et que l'Etat ne l'a pas inventé. L'Etat n'a donc pas légitimité à intervenir suivant les humeurs du moment pour le modifier.

Au contraitre, le mondialiste considérant l'homme comme uniquement un porteur de pulsions et de désirs immédiats, visant à uniformiser les hommes, sera évidemment favorable au «mariage» homosexuel puisque tout ce qui est rites et traditions l'irrite.

Autre exemple : l'Euro. Tout bon libéral a cette construction technocratique en horreur. Tout mondialiste l'exalte et nous décrit l'horreur de l'abandonner.

C'est bien parce qu'il y a grande parenté entre mondialisme et socialisme (ou communisme, pour reprendre le titre de Flora Montcorbier) que des socialistes français comme DSK, Pascal Lamy ou Christine Lagarde (1) sont aussi à l'aise dans la mondialisation.

Je vous laisse méditer sur ce billet très succinct, je pense que vous comprenez la distinction que j'ai à l'esprit.

*************
(1) : la politique qu'elle a mise en oeuvre en tant que ministre ma la fait classer vommesocialiste.

mardi, juin 28, 2011

La réalité est raciste ? Pas de problème, l'INSEE est là pour vous aider à nier la réalité

Claude Guéant, vous connaissez ?

Cloclo, c'est l'ex-Fuhrer de l'Elysée et l'actuel Conducator de la place Beau Veau. Comme il est énarque, il se croit multi-compétent. Il lui suffit de regarder la couverture d'un dossier pour connaître par coeur ce qu'il y a dedans. Rien qu'à regarder une machine à laver, il sait mieux comment ça marche que la mère Denis. Enfin ... c'est ce que croient tous les énarques et qui fait rire les crétins (tous les autres, en langage énarque).

Bref, gonflé de sa présomption de muti-compétence, le Cloclo, il nous a amplement démontré sa multi-incompétence : infoutu de vendre un Rafale, infoutu de commencer à débuter l'entame de la réduction de l'immigration, infoutu d'empêcher les déficits de grimper jusqu'au ciel, infoutu d'empêcher les ministres d'être cons etc. Bref, chez Pedro Sanchez, plombier en bas de ma rue, ça fait longtemps que le Cloclo il aurait été lourdé. Heureusement, notre classe politique est bonne fille : on peut y être nul, il suffit juste de ne pas l'être beaucoup plus que les copains, pardon, les complices.

Mais voilà, le Cloclo, il fouette sévère : c'est confortable les palais d'aristocrates rupins avec serviteurs, cuistots, chauffeurs, motards, bectance de luxe, moquette épaisse et impôts allégés. Alors, il aimerait pas se prendre un coup de tatane dans les valseuses un certain dimanche de fin avril 2012.

La peur n'évite pas le danger mais peut redonner un soupçon d'intelligence aux imbéciles. On appelle ça l'instinct de conservation dans les milieux distingués, la chiasse dans les autres milieux.

Le Cloclo, il a pas inventé la lune, mais il a tout de même fini par comprendre que les Français commençaient à marner grave du ciboulot d'être un peu envahis sur les bords de chances-pour-la-France style pub Couscous Garbit ou Y a bon Banania. Et qu'en fait de chances-pour -la - France, les franchouilles, ces infâmes racisses c'est bien connu, ils commencent à trouver que c'est surtout une chance pour les trafiquants de kalachs et de beu. Le mollah Omar sur sa mobylette ça fait rire à 12 000 km. A 12 m, à la mosquée d'en face, et en plus financé par les Allocs et la Sécu, ça fait beaucoup moins rire.

Bref, le Cloclo, qui n'a jamais rien fait de sérieux pour s'attaquer à ces problèmes, sort la grosse artillerie, et vlan ! Voilà-t-y pas qu'il nous balance que deux tiers des enfants d'immigrés sont en échec scolaire. Peu importe que le Haut Conseil de l'Intégration dise plutôt 38 %. 38 %, deux tiers, c'est presque pareil, on va pas pinailler pour un chiffre du simple au double.

Puis, de toute façon, maintenant, échec scolaire, c'est vague. Aujourd'hui, quand à 12 ans tu sais écrire ton nom sans fautes et que t'as pas tabassé ton prof dans les trois derniers mois, t'es pas en échec scolaire. Si tu poignardes ton prof mais que ton père bat ta mère, t'es pas en échec scolaire. Par contre, si, après avoir lu tous les livres, tu dis que les arabes faisaient du trafic d'esclaves, t'es en échec scolaire.

Et puis y a l'INSEE, qui nous explique que tout ça, c'est sociâââl. Ben voyons. Ceux là, ils vivent avec nos impôts mais ils nous prennent vraiment pour des tanches. J'ai remarqué que c'était souvent le cas chez les cancrelats qui vivaient de nos impôts : on devrait arrêter de raquer pour leur montrer qu'on est pas si con.

C'est tellement sociâââl l'échec scolaire qu'on se demande bien comment les niaqwés s'en sortent, on se demande bien comment la paysannerie franchouille s'est sorti de l'analphabétisme. Mais, bon, hein, si en plus faut répondre à ce genre de questions vaseuses, on est pas arrivé.

J'suis pas Nostradamus. Mais j'peux vous prédire un truc : la panique aidant, le Cloclo, il a pas fini de déconner à pleins tubes. Hélas, il est pas le seul : la fête de la musique, question cacophonie, elle va être dépassée, atomisée, ridiculisée, à coté de la campagne de 2012. Quand vous croirez être au bout, que vous vous direz «plus con, on peut pas faire», paf ! Vous aurez droit à une connerie de niveau mondial, interplanétaire, galactique et le sourire coincé de l'énarque tenu par les couilles à cause de mauvais sondages, la lueur dans les yeux du Cloclo, vous diront «Tu vois, pôv'e pomme, que plus con, on peut faire».

lundi, juin 27, 2011

Nous n'avons pas les mêmes valeurs

Lu sur Atlantico.

L'horreur monte d'un cran en Afghanistan, où une petite fille de huit ans a été instrumentalisée par des talibans pour mener une attaque suicide. Ils lui ont remis un paquet explosif, avec pour mission de le remettre aux occupants d'une voiture de police. D'après les autorités locales, l'enfant n'aurait pas été au courant du contenu du paquet. C'est ce qu'a expliqué un communiqué du ministre afghan de l'Intérieur :

"L'enfant, de bon coeur et en toute bonne foi, a pris le sac et s'est dirigée vers le véhicule de police. Alors qu'elle s'approchait, l'ennemi a déclenché l'explosion à distance, tuant la petite fille innocente."

Samedi, déjà, une autre attaque suicide avait fait au moins 38 morts à l'est du pays.

dimanche, juin 26, 2011

L'art de l'automobile - collection Ralph lauren

Ralph Lauren n'est pas une véritable amoureux de l'automobile : il aime les voitures bien propres, nettes, qui brillent. Mortes. A l'évidence, il ne se délecte pas de l'odeur de l'huile et du pneu.

Cependant, sa collection est exceptionnelle. Je vous conseille d'y aller : vous n'aurez probablement jamais dans votre vie l'occasion de revoir de tels chefs d'oeuvre.



Exposition L’Art de l’automobile... par LesArtsDecoratifs

La dernière de Zemmour chez Ruquier

Juste pour fêter ça. Parce que c'était vraiment trop facile se payer cette c...asse d'Isabelle Alonso. C'est facile, certes, mais on ne peut pas laisser tous ces abrutis de la bien-pensance déblatérer leurs poncifs sous prétexte qu'ils sont vraiment trop cons et que ça ne vaut même pas la peine de leur répondre.


Clash Alonso Vs Zemmour & Naulleau [Lité] Onpc... par peanutsie

La solution française pour la Grèce

La solution française pour la Grèce consiste à ce que les politiciens français donnent aux politiciens grecs les sous des contribuables français en faisant bien attention de ne pas demander l'avis des légitimes propriétaires de cet argent. Bien sûr, comme c'est maquillé derrière une indécrottable complexité, ça va passer comme une lettre à la poste. Pourquoi se gêner ?

C'est super hyoer génial ! Encore, encore ! Bis ! Bis !

samedi, juin 25, 2011

La décadence, l'imposture et la tragédie (A. Argoud)

Antoine Argoud est un des putschistes d'Alger et dirigeant de l'OAS.

Le cynique qui profite de la décadence, c'est De Gaulle. L'imposteur, c'est De Gaulle. Et le salaud qui fait la tragédie, c'est De Gaulle.

La haine anti-gaullliste d'Argoud est si forte qu'on est un peu étonné qu'il n'écrive pas que le premier vagissement gaullien était destiné à tromper sa nourrice.

A notre époque où tout le monde se dit gaulliste, il n'est pas sans intérêt de lire ce pamphlet, d'autant plus qu'Argoud, avec ses excès, n'est pas un médiocre.

Sur la période que je connais le mieux, la seconde guerre mondiale, Argoud reprend l'habituel refrain de l'armistice qui sauve les meubles et pousse Hitler à l'erreur fatale qui consiste à ne pas envahir l'Afrique du Nord, future base d'attaque contre lui. Il nous rejoue le coup de de Gaulle ambitieux sans scrupules qui fait carrière comme diviseur-épurateur de la malheureuse France vaincue.

Ces arguments se heurtent aux objections suivantes : Hitler avait-il en 1940 l'intention d'envahir l'Afrique du Nord ? Non. En avait-il les moyens ? Non. Les signataires français de l'armistice avaient-ils conscience de faire commettre une faute (éventuelle) à Hitler ? Non. Est-ce que l'armistice a empêché Hitler de faire débarquer Rommel en Afrique quand il en a eu envie ? Non.

Argoud s'appuie sur certaines déclarations de Churchill en omettant de les mettre en perspective.

Il passe directement à la guerre d'Algérie. Saut étrange car la formation à la guerre contre-insurrectionnelle s'est faite en Indochine pour la plupart des officiers, il est vrai qu'Argoud n'y a pas participé. On ne comprend pas la guerre d'Algérie si l'on n'a pas en tête l'exemple indochinois.

Argoud est très clair : le but de la guerre contre-insurrectionnelle est la conquête de la population, afin que les terroristes s'y sentent étrangers. Pour lui, cela passe par le triptyque protéger, encadrer, contrôler. Protéger signifie contrer le chantage sur la population pratiqué par les terroristes. Pour Argoud, cela implique nécessairement à un moment ou à un autre l'usage de la torture pour extraire des renseignements sur les terroristes cachés dans la population (voir la video ci-dessous) :


Yacef Saadi vs Colonel Roger Trinquier 1970 par Ali_La_Pointe

Argoud était contre la «corvée de bois», l'exécution au cours d'une fausse évasion. Lui était pour la justice sommaire mais publique, qui s'assume, qui a valeur démonstrative.

Argoud différencie la morale publique, collective, de la morale privée, individuelle. Il comprend qu'un homme puisse avoir des scrupules à torturer, pas un pays (Jean Dutourd fait exactement la même distinction, l'humour en plus, dans Les taxis de la Marne). Pour lui, le refus collectif de la torture, qui fait passer la morale individuelle avant la morale collective, est une lâcheté qui révèle la décadence du pays (1). Il oppose aux dénonciateurs de la torture le même genre d'argument qu'on oppose habituellement aux pacifistes : ceux-ci sont irresponsables en préférant sacrifier l'avenir à leur confort d'âme immédiat.

Ne pas s'engager, ne pas se battre, ne pas torturer, c'est douillet. Mais, face à des ennemis qui n'ont pas ces scrupules (et l'homme étant ce qu'il est, il y a toujours des ennemis qui n'ont pas ces scrupules), cette attitude conduit à la perte de la société dans laquelle on vit et cette perte est à terme bien plus lourde de malheurs que les mesures violentes, refusées par les belles âmes. Si l'on fait dans la comptabilité macabre, que pèsent les quelques milliers de torturés par l'armée française face aux dizaines de milliers de harkis assassinés dans des conditions atroces par le FLN, certains ébouillantés vifs ?

On trouve sur internet une critique par Pierre Viansson-Ponté des méthodes d'Argoud. Cette critique manque d'élévation et d'intelligence : elle me paraît digne d'un adolescent point trop finaud … Ou d'un intellectuel germanopratin. En effet, le raisonnement «il a torturé donc c'est un salaud. Ouh là là, c'est mal la torture» évacue le problème avant même qu'il ne soit posé. Aucun de ceux qui ont approché Argoud ne l'a décrit comme un minable (2), et pourtant, après une réflexion et une analyse dont il s'explique clairement dans son livre, il a décidé de torturer et de pratiquer la justice sommaire publique. La posture purement moralisatrice passe à coté des difficultés de la vraie vie, celle où un homme de devoir est obligé de choisir entre trahir sa mission et torturer. Cette attitude de père-la-morale est d'autant plus ridicule que c'est dans ce même milieu des moralisateurs gauchistes qu'il s'est trouvé des «porteurs de valises» pour aider le FLN à préparer des attentats qui n'épargnaient ni les femmes ni les enfants (3).

Je comprends les arguments d'Argoud. Utiliser la morale individuelle pour juger la pertinence d'une politique est plus qu'une erreur, c'est un péril mortel. Je me félicite de ne pas être devant le choix de torturer ou de trahir. Pourtant, il se peut que notre génération ou la suivante ait à choisir le niveau de violence acceptable au cours de la guerre raciale qui s'annonce (4).

La force rétrospective de ce livre vient aussi que l'argument gaullien «Colombey les deux mosquées» (5) a perdu beaucoup de sa valeur : nous avons abandonné l'Algérie et cela à peine retardé la contre-colonisation de dix ans. Alors quoi ? Nous avons abandonné le pétrole et le gaz algériens mais nous sommes envahis comme si l'Algérie était encore française. Les défenseurs des limes retrouvent de la pertinence.

Pour l'anecdote, Argoud s'est reconverti dans la graphologie. Il a été expert dans l'affaire du petit Gregory avant d'être rapidement mis sur la touche. On ne s'étonnera pas que son analyse de l'écriture de De Gaulle révèle un caractère trompeur. La conclusion d'Argoud est terrible :







Vous pourrez aussi trouver un passionnant entretien avec Argoud par Jacques Chancel en 1974 (je note au passage que c'est un exemple que l'expression était plus libre à l'époque. On n'ose imaginer en 2011 une telle émission sur une radio publique. On entend déjà les Fouquier-Tinville du «dérapage» appeler au licenciement de l'animateur) :

Argoud - Radioscopie

A la fin, il y a un passage sur les intellectuels absolument savoureux encore aujourd'hui. Le passage sur les généraux est également très actuel : les généraux français sont promus en proportion de leur servilité. Ce sont des roseaux, éventuellement peints en fer, ce qui qui aggrave le problème. Cette souplesse d'échine des officiers supérieurs est une plaie de l'armée française, moins visible mais aussi dommageable que la proportion de maghrébins mal intégrés.

Alors ? Vous avez compris que je suis opposé à Argoud sur son analyse du pétainisme. Je suis plus proche de lui sur son analyse de la guerre d'Algérie. Cependant, c'est un bonheur d'être confronté avec un homme si droit en notre monde de mollusques.

Si je pense que la France est en pleine décadence, je ne suis pas désespéré. Je crois qu'il est dans l'essence de certains hommes d'être droits envers et contre tout, y compris contre leur époque. Je ne prends pas plaisir à ce que 99 % des Français soient des lavettes et je n'ai pas la réponse à la question «serais-je capable de me sacrifier ?», mais je sais qu'il y aura toujours quelques hommes dont la droiture et l'esprit de sacrifice rachèteront bien des crimes, des fautes et des lâchetés.

*******************
(1) : remarquons qu'on peut lire presque tous nos problèmes à la lueur de cette confusion funeste. Q'un individu veuille accueillir un immigré à ses frais et sous sa responsabilité, pourquoi pas ? Mais qu'il en tire que la société doive l'imiter est une folie. Qu'un individu veuille se montrer solidaire avec les pauvres et leur donner de l'argent, pourquoi pas ? Mais qu'il oblige la société à faire de même, erreur fatale. Etc.

(2) : ce qui n'est pas le cas d'Aussaresses par exemple.

(3) : c'est ce genre de propos, à la Le Monde, qui me conforte dans l'idée que la posture moralisatrice est la facilitée des idiots.

(4) : parmi les déclarations du maire écologiste de Sevran qui ont fait sensation, on note : «D'ici quatre ou cinq ans, si le manque d'effectif policier persiste, les forces armées seront envoyées dans les banlieues.» Pour ma part, je crois que cela sera le cas quels que soient les effectifs policiers

(5) «C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité. Sinon, la France ne serait plus la France. Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. Qu'on ne se raconte pas d'histoires ! Les musulmans, vous êtes allés les voir ? Vous les avez regardés avec leurs turbans et leur djellabas ? Vous voyez bien que ce ne sont pas des Français ! Ceux qui prônent l'intégration ont une cervelle de colibri, même s'ils sont très savants. Essayez d'intégrer de l'huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d'un moment, ils se sépareront de nouveau. Les Arabes sont des Arabes, les Français sont des Français. Vous croyez que le corps français peut absorber dix millions de musulmans, qui demain seront vingt millions et après-demain quarante ? Si nous faisions l'intégration, si tous les Arabes et Berbères d'Algérie étaient considérés comme Français, comment les empêcherait-on de venir s'installer en métropole, alors que le niveau de vie y est tellement plus élevé ? Mon village ne s'appellerait plus Colombey-les-Deux-Églises, mais Colombey-les-Deux-Mosquées !»

Conversation entre De Gaulle et Alain Peyrefitte le 5 mars 1959 suite aux événements d'Algérie
C’était de Gaulle, tome 1, Alain Peyrefitte, éd. éditions de Fallois/Fayard, 1994 (ISBN 9782213028323), p. 52

Le mariage homosexuel autorisé par l'Etat de NY : une avancée ...

Le mariage homosexuel autorisé par l'Etat de NY : une avancée ... vers le précipice de la décadence et de la folie.

Allez, trêve de plaisanterie, ce qui m'irrite le plus dans ses histoires de «mariage» homosexuel, c'est cet appétit de destruction de toute intelligence, de tout ordre, de tout discernement.

Une société qui est conne au point de légaliser le mariage homosexuel est vouée à la disparition. Mon drame, c'est que cette société, c'est celle dans laquelle je vis.


**************
Publié sur Valeurs Actuelles

Anne-Marie Le Pourhiet : “Une abolition du discernement”

Entretien par Laurent Dandrieu le jeudi, 23/06/2011


Pour le professeur de droit public, la question du mariage homosexuel est un non-sens.

La gauche et une partie de la droite se sont déclarées pour le “mariage homosexuel” : quʼen pensez-vous ?

Leur position nʼa tout simplement pas de sens : un jugement rationnel ne peut pas être “pour” une contradiction logique. Le mariage se définit comme lʼunion dʼun homme et dʼune femme, et la finalité de son institution juridique est de garantir la stabilité du couple et la protection de sa descendance. Cʼest ce que consacre lʼarticle 12 de la Convention européenne des droits de lʼhomme : « À partir de lʼâge nubile, lʼhomme et la femme ont le droit de se marier et de fonder une famille selon les lois nationales régissant lʼexercice de ce droit. » La revendication du lobby gay tend donc à dénaturer la définition du mariage pour lui faire perdre son sens et sa fonction. Cʼest comme si lʼon disait que la marche est discriminatoire parce quʼelle consiste à se déplacer en mettant un pied devant lʼautre et que ceci nʼest pas accessible aux unijambistes ni aux nourrissons. Pour le coup, on marche vraiment sur la tête et le code civil va devenir “folle”.

Que répond la juriste à ceux qui justifient ce “mariage” par une sorte de “droit à lʼamour” ?

Lʼamour nʼa rien à faire dans le code civil. Bien au contraire, lʼinstitution du mariage tend à stabiliser une union et les obligations qui en découlent au-delà du sentiment amoureux, toujours plus ou moins éphémère. Cʼest dʼailleurs la raison pour laquelle la génération actuelle de “zappeurs” boude le mariage au profit des unions “jetables” comme le Pacs.
Cet argument de lʼamour est stupide mais aussi dangereux car il peut être opposé à toutes les normes qui régissent le mariage. Si un homme aime trois femmes qui lʼaiment aussi, on va arguer que lʼinterdiction de la polygamie est discriminatoire ; si un frère et une sœur sʼaiment, il faudra lever lʼinterdiction des mariages entre parents ; si des adolescents de 14 ans sʼaiment, il faudra supprimer la condition dʼâge nubile...

Tous les grands totems et tabous qui structurent nos sociétés sont susceptibles dʼêtre torpillés au nom de lʼamour et par lʼidéologie du gender qui prône lʼindifférenciation généralisée et le relativisme absolu. On le voit avec le mouvement de lʼécologie profonde (deep ecology) qui prône lʼindistinction entre lʼhomme et lʼanimal et qualifie de “spécisme” (discrimination à raison de lʼespèce) le fait de refuser des droits aux animaux. Le Conseil constitutionnel rappelle régulièrement que le principe dʼégalité nʼimpose pas de traiter de la même façon des situations différentes, mais la rhétorique du gender consiste à alléguer quʼil nʼy a pas de différence entre hétérosexualité et homosexualité puisquʼil nʼy a pas de différence entre hommes et femmes... CQFD.

Y a-t-il un fondement idéologique commun derrière ces revendications multiples


Une partie de la droite ne semble pas du tout apercevoir le caractère néomarxiste de ces doctrines où lʼon a remplacé la dictature du prolétariat par celle des minorités ethniques, sexuelles ou autres et où lʼon propose de réaliser au forceps une égalité de fait en employant les mêmes procédés liberticides que dans les régimes totalitaires.

Philippe Muray avait bien perçu quʼentre le communisme et le communautarisme, il nʼy a que quelques lettres de différence : les méthodes des “Khmers roses” nʼont rien à envier à celles de leurs cousins rouges, à commencer par le fait dʼinterdire toute expression dʼune dissidence intellectuelle, immédiatement qualifiée de “phobie”, cʼest-à-dire de maladie mentale à éradiquer par un traitement psychiatrique adéquat. Il convient aussi dʼinculquer la doxa à la jeunesse en rendant son enseignement obligatoire dans les écoles : dʼoù lʼintroduction à lʼécole des cours dʼ“identité de genre”... Tout un programme que la droite serait cependant bien inspirée dʼabandonner à la gauche.

Comment expliquer quʼil y ait à droite une perméabilité intellectuelle à ces dérives ? Il y a une part de clientélisme électoral, une part aussi de sensiblerie victimaire ; il y a aussi une grande faiblesse intellectuelle, qui transforme certains élus en perroquets des lobbies. Dʼautant que ceux-ci savent provoquer la trouille, par des tactiques terroristes maccarthystes. Ce qui fait quʼaujourdʼhui le Parlement devient de plus en plus une Chambre dʼenregistrement des souhaits des minorités. Or celles-ci veulent nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Lʼimpératif de non-discrimination est en train de devenir une abolition du discernement.

vendredi, juin 24, 2011

L'Euro durera-t-il plus longtemps que le Franc sarrois ?

Le franc sarrois

«Un jeune qui passe immédiatement devant un tribunal ne cherchera pas à s'améliorer» : les commentaires des lecteurs.

«Un jeune qui passe immédiatement devant un tribunal ne cherchera pas à s'améliorer» : les commentaires des lecteurs.

Je suis épaté par les commentaires des lecteurs du Monde : très peu de commentaires Bisounours, lénifiants et laxistes. Si même les abonnés du Monde se mettent à avoir du bon sens (certes, un peu tard), il y a encore de l'espoir.

Un exemple d'oligarchie

Certains me demandent ce qu'est l'oligarchie. En voici un exemple dans une video que je vous ai déjà présentée.

Marc de Scitvaux profère quelques évidences économiques incontestables, sur la Grèce, sur l'Euro. Or que voit-on ? Le journaliste Jean-Marc Sylvestre paraît en plein désarroi, signe qu'il n'est pas un arbitre neutre dans un débat, mais le porteur d'une idéologie, qu'il partage avec la représentante de Goldman Sachs, qui se trouve soudain contestée, à sa grande surprise.

C'est cela l'oligarchie : des gens qui se trouvent défendre la même vision du monde alors qu'ils font semblant de nous jouer la comédie de la séparation des pouvoirs.

Débat Fourest, Joffrin, Le Pen

Débat Le Pen

Ah si, les journalistes pouvaient être le dixième aussi pugnaces avec les membres de l'oligarchie qu'ils le sont avec Marine Le Pen ...

Ceci dit, je trouve que Marine Le Pen a été nulle : elle est prise dans ses contradictions. A force de vouloir donné des gages au progressisme, elle perd sa cohérence et ne peut plus se défendre. Par exemple, sur la question des maghrébins dans l'armée, elle aurait du assumer.

Elle a lâché la proie pour l'ombre : pour se débarrasser de l'image sulfureuse de son père, elle a mis le doigt dans l'engrenage des concessions aux valeurs gauchistes. Elle ne tiendra pas la distance.

Plus que jamais, je suis persuadé que le prochain président s'appellera Sarkozy.

France, armée et immigration

France, armée et immigration

La régression intellectuelle de la France (conférence institut Turgot)

Philippe Nemo soutient que les lois Pleven, Gayssot et Taubira, en créant un délit d'opinion même (et surtout) pour des vérités (1) entraînent une régression intellectuelle qui nous ramène au haut Moyen-Age, avant que la scholastique n'établisse la distinction entre le pêché, qui relève de Dieu seul, et le crime, qui relève de la justice humaine.

Or, une parole n'est pas un acte, une parole ne peut être un crime (2), c'est un pêché. En rétablissant le délit d'opinion, la France subit un terrible retour en arrière et verse dans la pensée magique : certaines paroles entraineraient mécaniquement certains actes, comme le sorcier qui diit la prière de la pluie fait tomber la pluie. Du temps de l'inquisition, au moins la doctrine était connue et donc l'hérésie aussi, il n'y avait pas d'insécurité juridique, on savait facilement de quel coté de la ligne on était. Avec la moderne police de la pensée, il n'y a même pas cette élémentaire sécurité : tout est laissé à l'appréciation très subjective des juges.

Pour Nemo, internet est impuissant à contrer cette régression intellectuelle car ce qui compte, c'est la parole publique, le fait que, non seulement, tout le monde entende, mais que tout le monde sache que tout le monde a entendu, ce qui n'est pas le cas sur internet.

Les conséquences ? Les mêmes que l'inquisition en Espagne. Même s'il reste de brillantes individualités (réfugiées sur internet), le fait que certains sujets soient tabous dans le débat public provoque une arriération par rapport aux pays qui ne sont pas si cons.

Nemo est très pessimiste : le titre initial de son livre était «Le suicide intellectuel de la France». Moi non plus, je ne suis pas optimiste. Je pense que, par exemple, si Marine Le Pen arrivait au pouvoir, par pure hypothèse, même elle n'abolirait les lois de délits d'opinion : elle reculerait devant l'oligarchie et se servirait de cette absence d'abolition comme d'un gage de son progressisme. Quant aux autres, ce sont eux qui ont fait ces lois suicidaires.

Il faut en prendre son parti : les gauchistes ont écrasé leurs adversaires et gagné la bataille politique, ils ont réussi à verrouiller le système de manière à ce qu'on ne puisse plus exprimer que leurs idées et en plus, ils se payent le luxe d'organiser de faux débats et de fausses polémiques pour entretenir l'illusion que la liberté de pensée existe toujours.

La vraie liberté existera quand on pourra débattre sans auto-censure et publiquement de la race, de la religion, du sexe.

En attendant ce jour béni, que faire ? Passer le témoin. Les idées ne vivent pas dans l'éther, elles sont portées par des hommes. La génération des soixante-huitards est en train enfin de laisser la place qu'elle occupe depuis trop longtemps pour tout le peu de bien qu'elle y a fait. Sachons être prêts.

*************
(1) : les propos qui ont fait condamner Eric Zemmour et Christian Vanneste sont incontestables. D'ailleurs, ils n'ont pas été contestés : on a reproché aux condamnés de les avoir tenus publiquement, non d'avoir soutenus des propositions fausses.

(2) : sauf une diffamation ou une injure contre une personne précise : là, on peut tenter d'analyser objectivement les conséquences. Ca n'a rien à voir avec une assertion générale comme «tous les hommes prénommés François sont des traitres».

mercredi, juin 22, 2011

L'Euro sauvé par la Chine ? (Ce n'est pas une contrepèterie)

Certains me tiennent le raisonnement suivant : les Chinois n'ont pas intérêt à ce que les pays européens, gros clients, fassent banqueroute. Ils vont donc acheter la dette des Etats européens.

Cela ne me paraît pas idiot mais appelle quelques remarques :

> il me semble que c'est déjà le processus en cours depuis quelques années et que nous en atteignons le bout.

> à mesure que la consommation intérieure chinoise prend le relais de la consommation européenne, cette manoeuvre perd de son intérêt pour les Chinois.

> les Chinois demandent des contreparties dont je ne suis pas sûr qu'elles sont politiquement acceptables pour les européens.

> certes, les Chinois acceptent des risques de pertes sur la dette américaine et sur la dette européenne pour accroitre leur pouvoir politique, c'est la technique du noeud coulant. Mais ils ne peuvent à eux seuls financer ces deux zones économiques.

> Enfin, l'aide chinoise éventuelle ne règle pas le problème majeur du différentiel de compétitivité entre membres de la zone Euro.

Sans nier que cette analyse explique la possible prolongation du foutoir sur les dettes européennes, je pense qu'elle éclaire plus le passé que l'avenir : la complaisance chinoise explique pourquoi la crise de dettes a été si longue à se déclencher, pas comment elle va se résoudre. Il est illusoire de croire que l'épargne mondiale va continuer à s'investir dans les pays occidentaux juste par pure bonté, pour empêcher notre niveau de vie de nantis de baisser. Chine ou pas Chine, on n'a jamais vu une dette monter jusqu'au ciel, tout a une fin.

Bref, je reste convaincu qu'un ou plusieurs Etats européens vont faire défaut (d'une certaine manière, la Grèce fait déjà défaut, puisque ses dettes sont payées par d'autres) et que l'Euro se réduira jusqu'à n'être plus que la monnaie d'une nouvelle ligue hanséatique. Et cela ne sera pas la fin du monde.

Je pense que les banquiers qui disent à leurs clients que l'Euro n'est pas agonisant sont de mauvais banquiers ou des banquiers menteurs (ou les deux à la fois : les performances des banquiers auxquels j'ai eu à faire ne m'incitent pas à une grande estime pour la profession).

Il me semble que, pour être banquier, il faut le même genre de qualités que pour être politicien, ce qui, sous ma plume, est tout sauf un compliment. D'ailleurs, les gens qui ne savent rien faire, comme Daniel Bouton ou Jean-Marie Messier, finissent banquiers. Ils semblent meilleurs en lobbying auprès des Etats pour se faire sauver avec l'argent du contribuable que dans leur métier de base de banquiers, puisque, en cas de banqueroutes de plusieurs Etats européens, hypothèse tout à fait prévisible, pour ne pas dire prévue (par Milton Friedman il y a dix ans, par exemple), les grosses banques seraient en faillite.

Le droit de faillite est l'essence du capitalisme : c'est parce que l'échec n'est pas un saut dans l'inconnu mais une situation régie par le droit qu'il est possible de prendre des risques. Autrement dit, je préfère une mise en faillite de la BNP ou de la Société Générale, et les quelques mois (et non les quelques années, comme prétendent les banksters pour nous bourrer le mou et nous forcer à les sauver de leurs mauvaises décisions) de chaos qui s'en suivraient à la prolongation, aux frais du contribuable, envers et contre tout, de banques mal gérées. En effet, ces quelques mois de chaos seraient payés par un assainissement de la situation financière pour un demi-siècle.



Ce billet est dédié à Florence L.

Gérer les faillites bancaires

Cet article de Vincent Bénard est fondamental. Nos gouvernants soutiennent la Grèce à bout de bras avec nos sous par cynisme et incompétence. Cynisme : ils ne veulent pas avouer que le jeu qu'ils nous ont imposé, l'Euro, était un jeu de dupes. Incompétence : ils sont terrifiés à l'idée d'une série de faillites de grandes banques. Or, il existe des moyens de mettre les grandes banques en faillite sans que le reste de l'économie souffre trop.

Gérer les faillites bancaires

mardi, juin 21, 2011

La Grèce va-t-elle sortir de l'Euro ?

Pour moi, c'est une évidence.

Ceux qui disent que le PIB de la Grèce ne représente que 2% du PIB dela zone Euro et qu'en conséquence les problèmes de dette grecques sont faciles à régler ont raison sur ce point. Mais ils posent mal le problème.

Le problème de dette de la Grèce n'est que le symptôme de son manque de compétitivité : les Grecs ne peuvent pas être compétitifs avec la monnaie allemande et les taux d'intérêts allemands. De la même façon, les Antilles ne sont pas compétitives avec la monnaie française, c'est pourquoi la métropole envoie un flux régulier d'argent vers les Antilles.

La solution aux problèmes grecs est donc économiquement simple : des transfert continus de l'Allemagne vers la Grèce. C'est l'objet des fonds europÈens.

Le problème n'est pas économique, il est politique. Les Allemands veulent-ils payer pour les Grecs ?

Jusqu'à maintenant, on biaisait : les Allemands payaient pour les Grecs sans le savoir. On se débrouillait entre technocrates à Bruxelles pour faire des tours de passe-passe incompréhensibles pour l'homme de la rue. Les Allemand Ètaient biaisés par les technocrates bruxellois.

Cela va-t-il continuer ? Mon pronostic est que non : le dentrifice est sorti du tube où il était enfermé et s'est répandu dans tous les medias. D'autant plus qu'après la Grèce, viendront le Portugal, l'Espagne, l'Italie et la France.

Je vois mal les Allemands ne pas rechigner. Et vous, Français ? Si on vous disait que la Grèce vous a déjà couté 535 € chacun, voudriez-vous continuer ?

lundi, juin 20, 2011

Euro : toute sortie est définitive. Les tickets ne sont pas remboursés

Les européistes sont dans leur genre des poètes, et de grands menteurs (peut-être que les plus atteints croient à leurs mensonges).

Voici le conte de fée qu'ils commencent à nous raconter : la Grèce sort de l'Euro provisoirement, règle ses problèmes de dettes en dévaluant massivement, puis réintègre l'Euro au bout d'un nombre indéterminé d'années. Et embrassons nous Folleville.

En réalité, dans ce schéma, la Grèce réintègrera l'Euro quand il gèlera en enfer.

En effet, imaginons que la Grèce réintègre l'Euro après avoir épongé sa dette. Nous retombons sur le problème fondamental de l'Euro : un même taux d'intérêt et une même monnaie pour des économies radicalement différentes, à la compétitivité dibvergente, sans transferts ni de richesses ni d'hommes, puisque le problème fondamental n'est pas réglé : les Grecs ne sont pas des Allemands. Il n'existe ni peuple européen ni nation européenne. Tant que les européistes n'auront pas compris ce vice fondamental de l'Euro, ils persisteront dans l'erreur.

Mais la Grèce ne réintégrera pas l'Euro une fois qu'elle en sera sortie : les peuples sont moins cons que des technocrates aveuglés par leur idéologie. Les souffrances de l'entrée dans l'Euro et les souffrances de la sortie de l'Euro seront un vaccin dont l'efficacité durera plusieurs décennies.

Bref, toute sortie de l'Euro est définitive. Et c'est tant mieux.

Le droit de vote à 16 ans ? Et pourquoi pas à 8 ans ?

Des démagogues nous proposent le droit de vote à 16 ans. Encore une poussée de jeunisme chez les vieux.

Tout recule : l'âge du mariage, l'âge du premier enfant, l'âge du premier emploi, l'âge de la fin des études. De plus, certains érigent le non-éducation et l'immaturité en idéal de vie. Relever l'âge du droit de vote paraît plus cohérent avec les évolutions de nos sociétés. Et il faudrait l'avancer ? De qui se moque-t-on ?

Soyons logiques : 8 ans me paraît excellent, c'est l'âge où on se fait une joie de lire les bulletins de vote.

dimanche, juin 19, 2011

Appel du 18 juin

J'ai un jour de retard, et comme il n'existe pas d'enregistrement, voici un film de juillet 1940 :

La bataille de Dong Khe (E. Bergot)

La bataille de la RC4 est une tragédie comme il y en a peu dans l'histoire de France, pourtant riche en défaites. Les journaux de l'époque l'ont comparée à la mort de Montcalm devant Québec en 1759.

Environ 20 % des pertes françaises de la guerre d'Indochine qui a duré 9 ans ont eu lieu dans les deux semaines de la bataille de la RC4.

La stratégie : les communistes ont pris le pouvoir en Chine et aident abondamment le Viet Minh. La RC4, de Lang Son à Cao Bang, longe la frontière avec la Chine et est très difficile à défendre, du fait d'une géographie tourmentée qui permet de monter des embusacades tous les dix kilomètres. En revanche, les points d'appui de cette route, situés sur des pitons, sont imprenables si ils sont bien armés et ravitaillés.

Faut-il évacuer la RC4 et choisir un meilleur terrain ou maintenir une présence pour empêcher les Viets de s'organiser ? La première solution est celle des «classiques» et la seconde celle des «modernes», orientés vers la guérilla. La première est choisie, il est difficile de juger après coup.

Ce drame commence par une haute trahison : le rapport préconisant l'évacuation de la RC4 est transmis au Viet-Minh, qui a six mois pour se préparer. C'est l'affaire Revers.

En tous les cas, l'organisation de cette évacuation accumule les lâchetés, les incompétences, les folies :

1) Un commandement inepte : un colonel Constans qui reste à Lang Son et commande par radio, un colonel Le Page dépassé par les événements. Le commandement a toujours eu un ou deux jours de retard dans sa compréhension de la situation.

2) Des troupes, notamment nord-africaines, pas à la hauteur de cette tâche quasiment impossible.

3) Des colonnes trop lourdes et pas assez rapides.

4) Une diversion qui ne divertit pas les bataillons Viet-Minhs mais les moyens aériens français.

En revanche, du coté Viet-Minh, une stratégie claire et un commandement décidé :

1) Prendre Dong Khe, mal défendu, pour que les Français soient privés de point d'appui au milieu du parcours.

2) Laisser les Français pénétrer sur la RC4 sans réagir, reprenant le conseil de Napoléon : «Quand vous voyez l'ennemi faire une erreur, n'intervenez pas, laissez le aller jusqu'au bout de son erreur».

3) Saboter la route de manière à priver les Français de leurs moyens matériels, artillerie et camions.

4) Chasser les Français de la route par harcèlement.

5) Une fois chassés de la route, après trois jours dans la jungle sans ravitaillement, les sept bataillons français sont anéantis.

Une fois que tout est dit de la bêtise de l'armée française, il reste à saluer l'héroïsme des combattants: le premier Bataillon Etranger Parachutiste se sacrifie en une série de charges démentes pour ouvrir la voie.

samedi, juin 18, 2011

Par le sang versé (P. Bonnecarrère)

Par le sang versé est le chef d'oeuvre de Paul Bonnecarrère, même si j'aime beaucoup Qui ose vaincra.

Le titre fait bien entendu allusion à la possibilité pour les légionnaires de devenir français «par le sang versé». A cette époque pas si lointaine, on n'hésitait pas à dire qu'on devenait français «par le sang reçu ou par le sang versé».

Le sous-titre est trompeur : ce livre ne s'intéresse qu'à une partie de la Légion, dans une période restreinte, les débuts de la guerre d'Indochine. Il est centré sur les aventures du légendaire capitaine Matteï.

On y voit que, comme d'habitude, le sang des hommes versé à profusion compense la bêtise, la lâcheté et l'incompétence des généraux (une blague courait dans la troupe : «dans n'importe quelle situation, il y a toujours deux stratégies possibles : la bonne et celle de l'Etat-Major»). Par exemple, lors de cet épisode écoeurant où les légionnaires sont envoyés faire les démineurs belges : avec une masse, ils tapent régulièrement sur les rails d'une voie ferrée piégée par les Viets. 42 morts.

On y croise des personnages, : un ministre de Vichy condamné à mort par contumace, qui s'engage à 52 ans comme sergent et rédige ses rapports en latin, un ancien médecin de la Wehrmacht, un ancien as de la Luftwaffe, un Polonais qui ne dessoule pas, ou encore ce curé qui fait la tournée des popotes avec les prostitués («Vous voulez baiser avant ou après la messe ?») etc. Mais le plus frappant est Mattei : comme les grands artistes ont une période de fécondité exceptionnelle de quelques années , lui fut un grand guerrier pendant la guerre d'Indochine.

A la fin de la tragédie de la RC4, désastre comme il en est peu dans l'histoire de France (j'y reviendrai), Mattei fait bombarder un de ses propres blockhaus (qu'il avait eu l'idée de faire renforcer au préalable) pendant douze heures, empêchant les Viets de s'en approcher et maintenant la RC4 ouverte. Il sauve ainsi ce qui pouvait encore être sauvé.

Un grand livre d'aventure.

Communicants de DSK : ce sont bien des enfoirés

Je note cette phrase sur le site Atlantico :

«Gilles Finchelstein, Ramzi Khiroun ou Anne Hommel, les trois mousquetaires de la communication de DSK, ont refusé de faire le voyage pour afficher publiquement leur soutien à leur ancien poulain».

Ce sont bien des enfoirés : les rats quittent le navire, ils abandonnent l'homme qui a fait leur carrière, qu'ils nous présentaient il y a quelques semaines encore comme le sauveur de la France et dont ils espéraient places et prébendes en cas de victoire.

Rien d'étonnant : «communicant» est un euphémisme pour «menteur professionnel», puisqu'ils ont fait de la tromperie sur les hommes et les choses leur métier. On n'est donc pas surpris que la morale, la gratitude et la décence ne fassent pas partie de leurs habitudes.

Il est dommage qu'on donne à ces escrocs par profession tant de pouvoir.

Sortir du bio !

Je publie cet article du Monde pour deux raisons. La première est que je l'ai trouvé drôle.

********************
Sortir du bio !

A la suite de la catastrophe de Basse-Saxe, créons, sur le modèle admirable de Sortir du nucléaire, une association intitulée : "Sortir du bio". Les raisons d'y adhérer, amis écologistes, sont fortes et nombreuses.

Tout d'abord, le bio tue. La fameuse bactérie ECEH, sortie des serres de Gärtnerof a déjà fait plus de trente victimes. Cette catastrophe est d'autant plus significative – et inquiétante – qu'elle survient en Allemagne. L'Allemagne est l'un des pays les plus prudents du monde (qui prévoit jusqu'au cas d'un tsunami en Bavière), connu pour sa propreté méticuleuse, et le pays où les Verts sont le plus étroitement associés au pouvoir.

La vérité est que le bio foule aux pieds le principe de précaution : personne ne peut démontrer que les produits bio sont toujours et en tous lieux absolument sans danger pour l'homme et, ce qui est plus grave encore, pour la nature. A Gärnerof, ils sont fabriqués dans des serres chauffées au gaz ou au charbon qui rejettent de grandes quantités de CO2, notre ennemi no1. Il faut donc les interdire en France, comme on vient d'interdire l'exploitation des gaz de schiste.

Ensuite, le bio coûte cher. Toutes les études le montrent, les produits bio sont vendus à un prix environ 30 % plus élevé que les produits agricoles ordinaires. Leur achat signe et signale l'appartenance aux couches supérieures de la société. De plus, ces produits sont souvent fabriqués et vendus par des groupes capitalistes qui réalisent des profits et paient des dividendes injustifiés. Le bio s'appuie ainsi sur les structures de classe, et les renforce. Il est proprement réactionnaire. C'est une autre bonne raison de le mettre hors-la-loi.

Troisièmement, le bio affame les peuples déshérités. Les denrées bio produites et consommées en Europe se substituent souvent à des denrées agricoles importées d'Afrique, d'Amérique latine, d'Asie. Plus les bourgeois européens consomment de produits bio, moins les paysans pauvres du tiers-monde produisent et vendent. L'achat de produits bio casse donc leur maigre gagne-pain, les enfonce dans la misère. Il creuse encore le fossé causé par le FMI et l'impérialisme américain entre peuples du Nord et peuples du Sud. Tous ceux qui s'indignent avec Stephane Hessel de ce fossé et qui militent pour le combler voudront avec nous sortir du bio.

Rejoignez notre association. Si vous venez assez nombreux, je pourrai me salarier en tant que président, me présenter à une primaire écologiste, me porter candidat à l'élection présidentielle, et faire ainsi enfin sortir la France, puis l'Europe, du bio – en même temps que du nucléaire.

Rémy Prud'homme, professeur des universités

********************

La deuxième raison pour laquelle j'ai publié cet article est que son ironie permet de critiquer à la fois l'association Sortir du nucléaire, qu'il parodie, et les sectateurs du bio. Or, 90 % des commentateurs du Monde ont ignoré, malgré un premier paragraphe explicite, cette dimension parodique. Pas vous, cher lecteur, n'est-ce pas ?

Le sacré et la bien-pensance

La bien-pensance cherche à réduire les hommes à leur dimension horizontale de producteur-consommateur, d'où la négation de tout ce qui est vertical, c'est-à-dire inscrit dans le temps, dans l'Etre : race, culture, histoire, religion, famille, etc ...

L'arme ultime contre la bien-pensance, c'est le sacré. Le sacré est ce qui mérite qu'on y sacrifie sa vie : Dieu, la patrie, la famille.

En effet, l'homme réduit à des droits sans devoirs, l'homme obsédé par son ego, l'homme des droits-de-l'hommistes, est privé de sa dimension sacrée. Tout ce qui lui rend sa dimension sacrée est une épine dans le flanc de la bien-pensance, c'est pourquoi le salut viendra de ceux dont la vocation est le sacrifice (pas nécessairement de la vie) : militaires, prêtres, enseignants de banlieue difficile, policiers dans la rue ...

Les années à venir vont être intéressantes.

vendredi, juin 17, 2011

Mariage homosexuel : la campagne 2012, ça troue le cul

Je sais le titre de ce billet est vulgaire. Toutes mes excuses ...

Ceux, dont je suis, qui pensaient que la campagne présidentielle de 2012 serait navrante baignaient dans un optimisme béat. A ce niveau de ridicule, il va devenir difficile de trouver des mots.

Aujourd'hui, il semble que le maraige homosexuel mérite d'être débattu. Allons toujours plus loin dans la bêtise et acceptons de débattre de cette mesure nihiliste (1) ... Très peu pour moi.

Finalement, il y a de la cohérence dans tout cela : une parodie de démocratie pratique une parodie de débat au sujet d'une parodie de mariage.

***************
(1) : on pourrait finir par aboutir à ce résultat ironique : à force de dépouiller le mariage civil de tout sacré et de le rendre grotesque, on fera du mariage religieux le seul qui ait une valeur.

Quelques nouvelles des présidentielles

Lors du diner LHC, j'étais partisan de ne pas parler des présidentielles car nous n'aurons le choix qu'entre blanc bonnet et bonnet blanc. On m'a expliqué que les présidentielles rapportaient de l'audience. Mu par l'appat du gain, je me résous au service minimum.

François Hollande : il m'est sympathique mais il perdra les élections, comme Martine Aubry. Il est trop prisonnier du politiquement correct.

Le peuple déteste le politiquement correct (même Terra Nova, lobby strauss-kahnien, l'admet). La gauche politiquement correct gagne les élections où le peuple ne se déplace pas pour voter et perd celles où il se déplace pour voter, c'est-à-dire les présidentielles. Seule Ségolène Royal l'a compris, d'où son iconoclasme vis-à-vis du politiquement correct. C'est l'analyse d'E. Zemmour depuis logtemps. Je la partage.

Nicolas Sarkozy : lui aussi est prisonnier du politiquement correct, un peu en paroles, beaucoup en action. Aucune des mesurettes qu'il a prises n'est à la hauteur des enjeux justement parce qu'il a eu peur d'attaquer de front et en actes le politiquement correct. Se faisant, il a trahi sa promesse de rupture. Il ne pourra une deuxième fois nous faire le coup de «j'ai changé».

Les Verts : leur culture groupusculaire les aide à infiltrer les medias. En revanche, elle les désavantage dès qu'il sagit de s'oragniser : mettez trois Verts dans une pièce, et vous aurez deux scissions et trois ou quatre haines bien recuites.

En 2012, tout se jouera au premier tour. Si Sarkozy parvient au deuxième tour, il est élu. S'il n'y parvient pas, c'est le candidat de gauche qui est élu.

Le «vote utile», chantage de l'oligarchie

Le «vote utile» consiste à centrer le vote sur les partis dits de gouvernement et à encourager les électeurs à voter pour quelqu'un qu'on n'aime pas sous prétexte qu'on déteste encore plus son adversaire : «Votez Sarkozy, même si vous le détestez, parce qu'Aubry, c'est pire.»

Bien, entendu, cette pratique favorise à outrance les deux gros partis, qui sont les véhicules de l'oligarchie.

Il faut avoir le courage de reconnaitre que la différence entre les deux est trop faible, pour que la détestation de l'un oblige à voter pour l'autre.

Si je ne vote pas Sarkozy, Aubry passera. Et alors ? Puisque les deux sont à mes yeux quasiment équivalents, est-ce bien nécessaire d'en faire un fromage ?

Mieux vaut briser le cercle vicieux de la fausse alternance pratiquée par l'oligarchie depuis quarante ans, soit en s'abstenant, soit en votant à l'extrême.

La sécurité routière, vecteur de la guerre idéologique

Article un peu bâclé mais aux idées très justes :

La sécurité routière, vecteur de la guerre idéologique

jeudi, juin 16, 2011

La philo dès la seconde, et pourquoi pas l'orthographe, pendant qu'on y est ?

La philo dès la seconde ? Encore une de ces lumineuses idées qui consistent à se concentrer sur l'accessoire pour mieux négliger l'essentiel.

Vraiment, il n'y a plus rien à tirer de l'éducation nazionale : elle tourne systématiquement le dos à tout ce qui pourrait ressembler à un début de tentative de velléité d'assumer sa mission.

Elle est devenue l'«entertainer» numéro un. Entre la sortie pédagogique dans un squat de rappers et la classe d'histoire d'endoctrinement multiculturel, on fera café philo.

mercredi, juin 15, 2011

L'oligarchie au pouvoir (Y. Blot)

Ce livre, essentiellement de constats, sera suivi à l'automne d'un livre de propositions pour mettre en oeuvre la solution d'Yvan Blot, la démocratie directe.

Je résume le propos de l'ouvrage :

> nous vivons en oligarchie. La démocratie n'est qu'une façade trompeuse. Y. Blot se fonde sur des sondages, des études ou des réalités objectives, comme le «revote» sur le traité constitutionnel européen. L'oligarchie elle-même avoue son refus de la démocratie quand elle fait du populisme l'insulte suprême.

> l'oligarchie a besoin pour régner d'hommes déshumanisés, consommateurs interchangeables. En effet, l'homme vivant dans l'instant, réduit à ses seuls rôles de producteur et de consommateur est incapable de révolte, puisqu'il n'est pas : l'Etre humain s'inscrit dans le temps et c'est précisément ce que lui refuse la plongée permanente dans l'immédiateté. (La télévision joue un rôle essentiel dans cette déshumanisation, c'est de moi, pas de Blot).

> L'oligarchie vise donc à éliminer tout ce qui fait l'Etre particulier de chaque homme : racines, culture, sexe, famille, mode de vie, traditions, religion, race, histoire, langue etc.

> C'est pourquoi l'oligarchie est immigrationniste (destruction des races et des racines), laïciste (destruction des religions), anti-militariste (destruction du sacrifice), libertaire (destruction de la famille et des sexes), pédagogiste (destruction de la transmission de la langue et de l'histoire) etc.

D'une manière générale, l'oligarchie s'oppose à tout ce qui se tient droit, à tout ce qui résiste au désir immédiat. On comprend alors mieux son obsession de la dépénénalisation du cannabis ou du «mariage» homosexuel.

> Ce n'est pas l'effet d'un complot (quoique, sur ce point, je suis moins affirmatif qu'Y. Blot), mais d'une vision du monde partagée, le Gestell, qui voit en l'homme une matière première, une ressource humaine.

> mais «partout croit le danger, croit le remède». En effet, le Gestsell ne survit que parce qu'il est indolore : ceux qui en souffrent ne comprennent pas la source de leur mal. Or, parmi ceux qui sont le plus atteints de ses effets, certains sentent plus ou moins clairement d'où vient leur souffrance, les victimes de l'immigration, de la délinquance, du déracinement. Ils ne sont pas toujours conscients : par exemple, je reçois la lettre de UFAL (Union des Familles Laïques) d'obédience communiste. Ces gens comprenent les maux de l'école mais n'en détectent la source que dans un prétendu libéralisme, ce qui est à coté de la plaque.

Les victimes du Gestell ne sont pas encore organisées, l'oligarchie y veille, mais d'elles viendront les futurs héros, ceux qui auront compris et se dresseront.

> l'idéal est la Suisse, ou mieux encore, le Liechtenstein : un prince incarnant la permanence, la continuité historique, et une démocratie directe dessaisissant l'oligarchie. Yvan Blot s'amuse à faire la liste des articles de la déclaration des droits de l'homme bafoués par notre consititution et qui permettraient de fonder une démocratie directe. Plus sur ce sujet dans le prochain livre.

Je vous conseille cette lecture fort instructive, car elle donne un structure cohérente, théorique et philosophique à ce que beaucoup d'entre nous ressentent.

Liberté d'opinion et lois de censure : les processus de régression de la pensée juridique française

Un article de Philippe Nemo sur la censure actuelle :

Liberté d'opinion et lois de censure : les processus de régression de la pensée juridique française

Un mot : j'entendais Maxime le fox terrier répliquer à Eric Zemmour qui se plaignait de la censure du politiquement correct que la parole était plus libre aujourd'hui qu'avant les années 70.

C'est absolument faux : la parole de gauche, libertaire et destructrice de l'ordre, est peut-être plus libre (et encore je n'en suis pas sûr) mais la parole dans l'ensemble est plus restreinte. L'éventail de ce qu'on peut dire est beaucoup plus étroit. La censure de fait commence au centre droit (par exemple, réactions aux propos de Wauquiez sur l'assistanat) et la censure juridique au conservatisme.

Une preuve ? Vous pouvez le faire vous-même. Relisez ou regardez les oeuvres de naguère et comptez les prétextes à procès aujourd'hui.

Jean Raspail en a trouvé une cinquantaine dans Le camp des saints. Mais sans aller dans les ouvrages polémiques, j'en ai vu deux dans les Tontons flingueurs, film grand public et bon enfant de 1963.

La fin de l'Euro : un entretien de JJ Rosa dans le Figaro

INTERVIEW - Faillite en Irlande, mouvements de rue en Grèce et en Espagne, inquiétude en France: l'euro s'est révélé un fardeau intolérable pour nombre d'économies européennes, estime l'économiste Jean-Jacques Rosa, qui recommande une dévaluation de la monnaie unique et un retour au franc.

LE FIGARO. - Peut-on dire que la France est en partie malade de l'euro?

Jean-Jacques ROSA. - Oui, car vous ne pouvez pas appliquer la même politique monétaire, c'est-à-dire le même taux de change et le même taux d'intérêt, à des économies dont les trajectoires et les structures sont différentes. Notre économie n'évolue pas de la même façon que celle de la Grèce ou de l'Allemagne: les taux d'inflation divergent, les phases conjoncturelles ne coïncident pas, et il n'y a pas de taux de change idéal et unique, globalement applicable.

Le taux de change détermine vos exportations et vos importations, il est lui-même lié aux taux d'intérêt, et si vous n'avez pas le bon change par rapport aux conditions de votre économie, cela pénalise votre croissance. Tel est le point fondamental. La monnaie unique est un fiasco pour les économies nationales qu'elle a privées d'un amortisseur de crise essentiel dans les remous de la grande récession. Les eurosceptiques ont donc eu raison sur toute la ligne en cernant les nuisances à venir de la monnaie unique, mais la victoire de la raison a quelque chose d'amer.

Déplorez-vous qu'une politique d'intégration de l'Europe n'ait pas précédé sa construction économique ?

La politique peut corriger les inconvénients d'une même monnaie appliquée à des économies différentes. Aux Etats-Unis, par exemple, où le Massachusetts ne fonctionne pas comme le Texas, l'appareil étatique fédéral et l'impôt fédéral font que, lorsque le Texas est en plein boom, les rentrées fiscales provenant de cet Etat permettent de subventionner le Massachusetts qui est en récession. Les Etats-Unis peuvent donc supporter une monnaie commune qui, idéalement, ne convient pas à la fois au Texas et au Massachusetts, mais les transferts fiscaux permettent d'amortir le choc. Nous n'avons pas cela en Europe.

Faut-il des Etats-Unis d'Europe? C'était l'objectif des fédéralistes, mais une telle construction n'est pas possible pour des raisons de fond. Les Etats-Unis se sont constitués au XIXe siècle, dans un contexte d'impérialisme et d'extension territoriale des nations. Un siècle et demi plus tard, et particulièrement depuis la révolution de l'information des années 1970-1980, nous observons l'exacte tendance inverse. L'Empire soviétique a éclaté. Les nations se fragmentent, on l'a vu en Europe de l'Est, et les nations qui ne comportent que quelques millions d'habitants sont le plus souvent prospères. Ainsi des pays nordiques, de la Suisse, du Canada ou de la Nouvelle-Zélande. Grâce à l'ouverture des marchés mondiaux et à la révolution de l'information, au lieu d'être un handicap, la petite dimension est devenue un avantage. Et les plus petits pays sont nécessairement plus ouverts au commerce extérieur. Dans un monde de libre circulation, même si elle vient d'un tout petit pays, une entreprise peut se développer et vendre sur tous les marchés de forts volumes à faible coût.

Une Europe fédérale aboutirait donc, selon vous, à une régression ?

Regardez l'Histoire: après la Première Guerre mondiale, dans une économie où les marchés étaient fragmentés et le protectionnisme de règle, le calcul économique consistait à dire: puisqu'il n'y a plus d'accès à un marché mondial, nous devons avoir notre grand marché impérial. Telles ont été les politiques de la Grande-Bretagne et de la France. Ces temps-là sont révolus. Il vaut mieux vendre partout dans le monde plutôt que de se limiter à un sous-ensemble régional.

À qui profite l'euro ?

Je me suis posé cette question dès l'écriture de L'Erreur européenne, en 1998, alors que la monnaie unique n'était encore qu'à l'état de projet. C'était un tel contresens économique! Pourquoi tous ces gens de gouvernement, fort intelligents, ont-ils choisi de s'engouffrer dans cette nasse? Il s'agissait à l'époque d'obliger les Européens réticents à construire un super-Etat, par l'artifice technique de l'union monétaire qui les contraindrait tôt ou tard à accepter aussi l'union budgétaire, et donc un Etat fédéral. Certains milieux patronaux ne sont pas demeurés en reste. L'euro a été soutenu de bout en bout par une coalition de dirigeants politiques, d'élites administratives, de responsables du grand patronat, parce que toutes nos industries européennes sont le plus souvent cartellisées.

L'intérêt d'un cartel est de fixer les prix ensemble, pour supprimer ainsi la concurrence, hausser les tarifs et dégager des profits plus importants. Le mouvement, élargi à l'Europe, est clair: un cartel national fonctionnera sans grand problème dans un espace fermé, sous la houlette d'autorités professionnelles adéquates. Mais dès que l'on ouvre les frontières, on se trouve aux prises avec des concurrents qui ne jouent pas le même jeu. D'où la tentation de reconstituer un cartel dans une zone plus large, avec ces nouveaux concurrents. Se pose alors le problème du contrôle des prix convenus. Si le taux de change bouge chaque jour, la tâche devient complexe. Il faut renégocier en permanence, alors que si vous supprimez les variations de change, tout redevient simple, comme à l'intérieur d'une seule économie nationale. La volonté de reconstituer le cartel industriel au niveau européen fonde la volonté de supprimer toute variation de change. Les Etats, finalement, considérés comme des entreprises, sont dans la même situation...

Cette simplification que vous reconnaissez n'a-t-elle pas des aspects positifs ?

Cela dépend pour qui ! Positifs assurément pour les cartels qui augmenteront leurs profits, mais certainement pas pour tous les autres joueurs: les cartels font monter les prix et contractent les volumes de production aux dépens des citoyens et des consommateurs. «Les gens d'une même profession, observe Adam Smith dans La Richesse des nations,ne se rencontrent que rarement, même pour s'amuser ou se distraire, sans que leur conversation n'aboutisse à quelque collusion au détriment du public...»

Manière élégante de faire du populisme...

Mais il arrive que le populisme ait raison. Il peut certes devenir outrancier et préconiser de fausses solutions, mais il reste qu'en démocratie écouter le peuple est le principe fondamental.

Le peuple va-t-il pour autant réclamer la suppression de l'euro ?

Je ne le pense pas dans l'immédiat, parce qu'il faut d'abord comprendre qu'une très large part de nos difficultés provient de cette erreur économique majeure, ce qui nécessite une assez bonne connaissance des mécanismes monétaires. Mais il n'est pas nécessaire d'être un expert pour sentir que quelque chose ne va pas et comprendre que nous faisons fausse route.

Que répondez-vous aux économistes qui voient dans l'abandon de l'euro une porte ouverte sur l'apocalypse ?

L'Etat et les entreprises ayant des dettes libellées en euros détenues à l'étranger, sortir de la monnaie unique et dévaluer le nouveau franc soutiendrait l'activité mais majorerait le poids de cette dette, exprimée désormais en francs. Les charges des contribuables et des entreprises en seraient alourdies, ce qui, en sens inverse, ralentirait la croissance. On pourrait alors envisager de ne rembourser ces dettes que pour partie (un défaut partiel de paiement), mais alors les créanciers internationaux ne nous feraient plus confiance, d'où difficulté accrue de trouver du crédit à l'étranger. Les taux d'intérêt augmenteraient, ce qui pénaliserait les finances publiques et l'activité des entreprises.

Tels sont les principaux arguments des tenants de la monnaie unique. À cela deux réponses: en abaissant le coût de nos produits à l'étranger, la dévaluation stimulera la croissance, et nous donnera par conséquent davantage de moyens pour le service de la dette.

La seconde réponse est conditionnelle: dévaluer l'euro préalablement à l'instauration d'un nouveau franc nous procurera tous les avantages de la dévaluation, mais sans majorer la dette extérieure. En effet, il ne sera plus nécessaire de dévaluer le nouveau franc après la sortie de l'euro, puisque la dépréciation de ce dernier aura déjà reconstitué notre compétitivité. Il n'y aura donc pas de nécessité de dévaluer le franc proprement dit, ni par conséquent de majoration de la dette extérieure.

La solution est là: dévaluer la monnaie unique pour en sortir ensuite sans dommages. Ce n'est nullement une utopie. Aujourd'hui, l'euro vaut à peu près 1,42 dollar. Lorsqu'il a été créé, c'était à parité: un dollar contre un euro. Il est même tombé à un moment à 0,85. Abaisser son prix en dollars n'est donc pas impossible à réaliser.

Comment expliquez-vous alors le dogme si souvent réitéré d'une monnaie forte ?

À quoi sert une monnaie forte sinon à abaisser le coût des emprunts à l'étranger? Avec une monnaie forte, les prêteurs se disent qu'ils ne seront pas volés au moment du remboursement, si bien qu'ils n'exigent pas de taux d'intérêt élevés. En revanche, avec une monnaie faible, les prêteurs exigeront des taux majorés pour compenser par avance une éventuelle perte de capital. La conclusion à en tirer est qu'une monnaie unique et forte est une redoutable machine à emprunter parce qu'elle abaisse le coût de l'emprunt. Le cas espagnol illustre parfaitement l'aspect pervers de cette facilité. Avec 6% d'inflation environ dans le pays et un taux d'intérêt fixé par la BCE à 2%, les ménages et investisseurs locaux empruntent au taux réel de -4%. D'où une frénésie d'investissement immobilier qui a provoqué un déséquilibre complet de l'activité nationale et de la position patrimoniale des emprunteurs. Ils sont allés beaucoup trop loin, puisqu'ils étaient subventionnés pour emprunter...

Globalement, au niveau européen, il ne faut pas non plus se cacher que ces facilités de financement ont exonéré certains gouvernements des efforts nécessaires en termes de réformes structurelles et de réduction des dépenses. Au lieu d'imposer une libéralisation de l'économie, l'euro a encouragé le statu quo et a paralysé les réformes véritables.

La France peut-elle concrètement retourner à une monnaie nationale ?

Tous les pays issus du démembrement de l'URSS l'ont fait. Du rouble, ils sont passés à des monnaies nationales. Dans les années 1990, après la scission de la République tchèque et de la Slovaquie, j'ai posé la question au président tchèque Vaclav Klaus de la difficulté de créer ainsi sa propre monnaie. Il m'a répondu en exactement deux mots: «Une semaine»... En une génération, une soixantaine de pays sont sortis d'une union monétaire. Aussi, lorsqu'on nous présente cette proposition comme une sorte d'horrible et exceptionnel fantasme, il faut bien prendre conscience qu'elle n'a rien que de très banal. Aujourd'hui, la monnaie est essentiellement scripturale, concrètement, des comptes en banque. Du jour au lendemain vous décrétez que votre compte de 3000 euros est désormais de 3000 francs...

À quoi correspondra exactement cette équivalence entre l'euro et le franc ?

Chez le boulanger, la baguette qui était à un euro, passera à un franc - à quoi cela sert-il? A restaurer la compétitivité internationale de nos entreprises. Cela se fera soit après une dévaluation de l'euro, comme je le préconise, avec de réels effets sur les importations, les exportations et la croissance, ou bien après la recréation du franc. Dans ce dernier cas, nous pourrons aussi en profiter pour rétablir notre compétitivité non seulement vis-à-vis des pays tiers, mais aussi vis-à-vis de l'Allemagne. Ce qui ouvrirait enfin de réelles perspectives de retour à une croissance soutenue dans un pays où l'exportation représente un tiers environ de l'acti vité totale. Le résultat de la sortie de l'euro ne peut qu'être positif, tant pour la croissance que pour notre capacité de remboursement de la dette, qui repose au bout du compte sur l'accroissement du revenu national.

Dans votre livre vous posez la question: comment tout cela va-t-il se terminer ?

Mal pour l'euro, j'imagine, mais les configurations potentielles des choix de chacun des 16 partenaires de la zone - entre sortie isolée et maintien dans un groupe restreint - sont trop nombreuses pour que l'on puisse deviner à l'avance le scénario le plus probable. Néanmoins, il y a urgence. L'euro étant surévalué par rapport au dollar, les industries françaises sont pénalisées par rapport à tous les pays dont la monnaie est liée au dollar. Nous sommes aussi surévalués par rapport à l'Allemagne, sans possibilité aucune de correction par le change. Cela fait beaucoup de handicaps pour nos exportateurs et nos industries concurrencées par les importations.

L'urgence n'est-elle pas plus pressante encore pour les PIGS ?

Avec des inflations plus élevées que la nôtre - et surtout que l'allemande -, une compétitivité fortement dégradée, des problèmes aigus de dette, certains de ces pays vont sortir très probablement de la zone euro. Je pense à la Grèce, mais aussi au Portugal, à l'Irlande, et peut-être même l'Espagne.

C'est une prédiction sérieuse ?

Pour les Grecs, assurément. Le pire est le problème du renouvellement de la dette qui arrive à terme. Il leur faudra réemprunter beaucoup entre 2012 et 2014. On multiplie donc les plans de prétendu sauvetage, alors qu'en vérité on alourdit encore leur dette en pourcentage du revenu national. Et les plans d'austérité contractent davantage l'activité écono mique, si bien que le rapport de la dette à la capacité de remboursement augmente au lieu de se réduire. Chaque prêt aggrave leur problème. D'où les réactions de rue à Athènes ou à Madrid. Pour s'en sortir, ils ne pourront que renoncer à rembourser une partie de la dette et dévaluer, c'est-à-dire sortir de l'euro.

Et nous ?

Seuls les pays les moins pénalisés par la monnaie forte pourraient rester dans l'euro: l'Allemagne et ses voisins, les Pays-Bas, l'Autriche. Si les moins bons débiteurs sortent, les marchés internationaux auront davantage confiance dans la monnaie unique. Je doute alors que l'on puisse obtenir une dévaluation importante de l'euro, comme je le souhaite. Or, à supposer que l'euro monte encore, la France devrait alors recourir à une dévaluation majeure qui augmenterait beaucoup sa dette externe. D'où la nécessité d'envisager une rapide sortie. Entre 2012 et 2014, nous allons vivre une phase critique. Si les pays du Sud sortent de la zone euro avant la France, ce sera mauvais pour nous.

Le cartel multinational de l'euro ne durera pas, la guerre de sécession a déjà commencé, dites-vous...

Oui, pour toutes les raisons évoquées précédemment: un ensemble de pays pour lesquels une monnaie unique n'est pas un élément positif peut malgré tout fonctionner s'il dispose d'un Etat central et de finances publiques fédérales, comme aux Etats-Unis. C'est ce qu'avaient en tête les partisans de l'euro qui voulaient construire un super-Etat continental. Malheureusement cette erreur de stratégie, historique, a produit des conséquences économiques désastreuses. On s'est engagé dans la voie conduisant à la centralisation pour s'apercevoir finalement qu'elle était impraticable du fait des disparités entre pays. La guerre de sécession a donc commencé.

Elle n'oppose pas uniquement des Etats entre eux, mais des populations soucieuses de leur niveau de vie, d'une part, et des Trésors publics, grandes banques et grandes entreprises, d'autre part, qui entendent défendre jusqu'au bout leur avantage d'emprunteurs et leurs cartels intra-européens. Cette guerre ne s'arrêtera qu'avec la dissolution de l'euro. Catastrophe économique oblige : le mouvement est amorcé.

mardi, juin 14, 2011

A propos du «mariage» homosexuel

Le «mariage» homosexuel ne peut être qu'une parodie (une des rares paroles justes de Jacques Chirac).

En revanche, nulle discrimination : personne n'empêche un homosexuel de se marier et d'avoir des enfants, avec une femme.

Nulle ironie de ma part. Au contraire, un sérieux à toute épreuve : c'est le mélange des genres, sexuels, amoureux, familiaux et juridiques, qui est fou

vendredi, juin 10, 2011

Le mystère Battisti

La gauche telle qu'en elle-même ...

Les 170 jours de Dien Bien Phu (E. Bergot)

Je ne vais pas vous refaire le récit de la bataille. On le trouve sur internet.

Quelques points saillants :

> La France pouvait gagner la bataille : 5 % de l'armée française en Indochine était engagée à Dien Bien Phu contre 60 % de l'armée Viet Minh. Cela laissait de la marge d'initiative au commandement si il avait eu du caractère et de la compétence.

> les soldats français combattaient non pas pour que l'Indochine restât française, personne n'y croyait, mais pour une certaine idée de la liberté. De Lattre a dit que c'était la guerre française la plus altruiste depuis les croisades. Ce n'est pas la liberté qui est entrée à Saigon en 1975.

> les Français de métropole s'en foutaient, sauf les communistes qui sabotaient l'effort de guerre (Jacques Duclos : «faire battre l'armée française partout où elle se trouve»).

> à Dien Bien Phu, 11 721 soldats de l'union française ont été capturés. 3 290 ont été rendus. La France n'a jamais demandé de comptes sur les disparus. Veule indifférence qui préfigure l'abandon des harkis.

Les anciens d'Indo avaient quelques raisons de se sentirent trahis et d'être amers. Ce n'est donc pas étonnant qu'on en retrouvât dans les putschistes d'Algérie.

Je comprends ceux qui considèrent que nos deux guerres coloniales perdues furent le signe du destin que, désormais, nous entrions en décadence. Les volontaires pour Dien Bien Phu, qui ont sauté alors que tout espoir était perdu, l'avaient compris.

..

jeudi, juin 09, 2011

L'Euro est mort, mais les Européistes ne le savent pas encore

L'Euro est mort, mais les Européistes ne le savent pas encore

L'Euro est mort, mais les Européistes ne le savent pas encore. Ou font semblant de ne pas le savoir.

Le mécanisme mortel est limpide : la Grèce est obligée de dévaluer pour s'en sortir, donc de revenir à la drachme. L'Euro s'évaluant à mesure que les pays-boulets le quittent, le Portugal, puis l'Espagne, puis la France suivent. L'Euro devient la monnaie de la ligue hanséatique moderne.

La seule manière d'échapper à ce mécanisme : réduire la dette grecque, c'est-à-dire donner de l'argent à la Grèce (ou acheter des créances grecques en sachant qu'elles ne seront pas remboursées).

C'est une idée qui peut se défendre économiquement mais en aucun cas politiquement. Justement parce qu'il n'y a pas de peuple européen. On peut demander aux New-Yorkais donner de l'argent aux Californiens, pas aux Allemands de se serrer la ceinture pour les Grecs.

C'est le naufrage de l'européisme, produit de la bien-pensance. La caractéristique principale de la bien-pensance est la négation de la réalité : elle nous explique que les hommes sont des femmes comme les autres, que les races n'existent pas, que tout le monde il est égal, que le mariage n'unit pas un homme et une femme, que l'effort n'est pas la condition de l'instruction, que la nation européenne existe ...

Il fallait bien qu'un jour ou l'autre, la réalité se manifestât sur un point ou sur un autre. Aujourd'hui, c'est sur l'Europe : la nation européenne n'existe pas, le peuple européen n'existe pas.

Cela n'empêche pas l'Europe d'exister, comme entité géographique, historique et culturelle, certainement pas comme entité politique. L'Europe politique est un fantasme de technocrates et de politicards qui rêvent d'étendre ainsi leur pouvoir.

«Si vous êtes contre l'Euro, vous êtes un mauvais Européen.» C'est une escroquerie de confondre l'Europe avec le projet européiste. Montaigne, qui voyagea de France en Italie en passant par l'Allemagne et la Suisse sans recourir à l'Euro, était-il un mauvais Européen ?

En congé de virilité

Roselyne Bachelot propose d'étendre le congé paternité. C'est un petit pas de plus dans le sens, bien engagé, de transformer les hommes en femmes.

Cette volonté soviétique de changer les hommes me paraitrait seulement ridicule :

1) Si je n'étais pas un homme ! Je ne sais pas, je me serais peut-être trouvé bien d'être une femme, mais voilà, je suis un homme et j'estime plus que ridicule, navrant, de faire semblant d'être une femme.

2) Si l'homme n'avait pas des fonctions de défense et d'autorité. Peut-être que dans une société Bisounours idéale, ces fonctions n'auraient pas lieu d'être, et donc la virilité non plus, mais nous vivons dans le vrai monde, où la faiblesse ne suscite pas un surcroît d'applaudissements, mais un surcroît d'agressivité de la part des forts.

Paraît-il que les sexes n'existent plus, il ne resterait que des "genres", échangeables à volonté. Nous sommes plongés en pleine irréalité typique de la bien-pensance actuelle.

Ce qui est marrant, c'est que ce «progrès» est fait pour «la présence du père dans la famille». Encore une fois, la bien-pensance sirupeuse mélange tout, ne comprend rien : ce n'est pas la présence du père dans la famille qui est nécessaire, c'est son action, son exemple et son influence sur l'Èducation, en un mot (mot honni, horrible), son autorité, c'est totalement diffèrent. Ce n'est certainement pas en transformant l'homme en mère-bis qu'on renforcera son autorité.

Il vaut mieux un père travailleur peu présent qu'un père chomeur très présent.

Je crains que le réveil soit fort brutal. Les barbares sont à nos portes, comme de tous temps (certains les ont même déjà franchies), ils ne s'embarrassent pas de congés paternité.

mercredi, juin 08, 2011

La République pour les nuls

Quand le Pelicastre cause politique, c'est un bonheur :

La République pour les nuls

Pour moi, la république est un régime politique parmi d'autres, et pas le meilleur.

Pour ceux qui veulent détruire la France en la fondant dans l'Humanité, c'est un moyen de terreur. Dans les urnes, comme le remarque Peli, le front républicain s'oppose au front national : on ne saurait mieux dire que leur république est une arme contre notre nation.

..

Bienvenue dans la société de la peur !


Bienvenue dans la société de la peur !


La chronique d'Yves de Kerdrel (Le Figaro).

Petit résumé, en accéléré, de la semaine passée. L'Allemagne a surpris l'Europe entière en décidant d'arrêter, en dix ans, tous ses réacteurs nucléaires. Un couperet qui est la conséquence de la catastrophe de Fukushima. Puis une étude, attribuée à l'Organisation mondiale de la santé, a établi pour la première fois un lien entre l'usage intensif du téléphone portable et un possible cancer du cerveau. À cela s'est ajoutée une panique irrationnelle qui a amené des millions de consommateurs à fuir les concombres, en raison d'une bactérie présumée tueuse découverte en Allemagne.

Sauf à vivre en ermite, il y avait de quoi se dire, ces derniers jours, que la peur a fini par l'emporter sur la raison. Au point de créer un climat anxiogène, dont nous n'avons pas besoin, dans un monde qui, lui, tourne de plus en plus vite, quelles que soient les peurs et les phobies que l'on nous invente.

Depuis que l'homme se tient debout et qu'il pense, il a conscience que par la connaissance et l'intelligence, il peut dominer les situations les plus difficiles et surmonter les peurs, fussent-elles millénaristes. C'est ce que l'on appelle le mythe de Prométhée, par référence à ce Titan grec qui se rendit sur le char du soleil avec une torche afin de donner le feu aux hommes. Ensuite, il leur enseigna la métallurgie et d'autres arts, c'est-à-dire le savoir, de manière à ce qu'ils puissent se mesurer aux dieux. Le philosophe Gaston Bachelard a parlé du complexe de Prométhée à propos de cette soif de connaissance qui «nous pousse à savoir autant que nos pères, plus que nos pères, autant que nos maîtres, plus que nos maîtres».

Et s'il y a bien un pays où le mythe de Prométhée a amené des générations d'hommes et de femmes à apprendre, à comprendre, à prendre des risques, à inventer et à innover, c'est bien la France. Une France marquée par les philosophes des Lumières et leur fameuse «raison éclairée» qu'importèrent les tout jeunes États-Unis d'Amérique. Une France également marquée par le positivisme. Une France qui a connu le miracle des Trente Glorieuses où se sont trouvés associés le progrès technique et la croissance économique.

«Le phare de la pensée positive»

Cette France, qui était considérée comme «le phare de la pensée positive», est aujourd'hui le seul pays à avoir donné au principe de précaution une valeur constitutionnelle. Faut-il s'étonner dans ces conditions que les «bourgeois-bohèmes» qui rêvent d'un pays sans atome, sans usine et sans voiture, installent progressivement la peur dans les esprits. Pendant qu'à Tokyo, les Japonais font la queue pour acheter les légumes poussant dans la région de Fukushima, nous autres regardons d'un œil torve n'importe quelle rondelle de concombre. Comme Shakespeare faisait dire à Roméo : «C'est de ta peur que j'ai peur.» Tel est aujourd'hui l'état d'esprit qui semble régner dans notre «vieille Europe».

Jamais l'âge moyen des Français, des Allemands, des Suisses ou des Belges n'a été aussi élevé. Il se situe au-delà de 42 ans de l'autre côté du Rhin, plus près de 41 ans de ce côté-ci, comme en Belgique, et autour de 40 ans en Suisse. À l'inverse, il s'établit à 24 ans en Inde, 28 ans au Brésil et 32 ans en Chine. Or ce sont là les trois puissances qui enregistrent aujourd'hui la plus forte croissance économique. Des sociétés aussi jeunes n'ont pas d'autre solution que de prendre des risques pour avoir leur part de la mondialisation. Alors que les pays de la «vieille Europe» préfèrent conserver leurs acquis, leurs rentes et faire de leur pays un musée.

C'est sans doute ce qui justifie que la même semaine où l'institut de l'environnement du Brésil a donné son autorisation à la construction du barrage géant de Belo Monte qui produira, sans pollution, autant d'électricité que trois réacteurs nucléaires, la France fermait définitivement le dossier du gaz de schiste, à l'initiative des parlementaires. Alors que le sous-sol français contient un siècle de consommation nationale en gaz, nous allons garder nos réserves sous nos pieds, préférant dépendre pour nos approvisionnements de la Libye ou de la Russie. Il fut pourtant une époque où la France du général de Gaulle et de Guillaumat était fière d'exploiter le sous-sol de Lacq.

Si cette entrée dans une société de la peur est désolante, ce n'est pas tant parce qu'elle reflète le vieillissement de nos modes de pensée, ou notre manque de confiance dans l'avenir, mais plutôt parce qu'elle est une négation de tout ce que l'intelligence humaine peut réaliser. Et cela intervient, de surcroît, au moment précis où le monde entier bascule dans une société de la connaissance et du savoir. Le pied de nez que nous avons fait à Prométhée, en consacrant le principe de précaution, constitue bien, à la fois, une injure à la raison, une insulte aux savants qui nous ont précédés et un mépris incroyable pour la France dont hériteront nos enfants.

mardi, juin 07, 2011

Un duel Marine - Nathalie ?

Nathalie Kosciusko-Morizet dit pis que pendre de Marine Le Pen. C'est son droit.

NKM m'insupporte, me tape sur les nerfs. Pardonnez la violence de l'expression : c'est une salope. Vous pourrez trouver le propos excessif, mais ma réaction est viscérale. A ce stade de détestation, le ressentiment est nourri par le physique : son allure de BCBG éthérée m'irrite. Mais là n'est pas le fond de mon mépris.

Elle représente tout ce qui me dégoute dans la fausse droite : le moralisme bon marché, l'hypocrisie, la mollesse intellectuelle, l'abdication devant le terrorisme gauchiste, le sacrifice aux totems verts, la démagogie. Les gens du genre NKM sont ce que Philippe Muray appelait les passeurs des idées de gauche, comme il y a des passeurs de drogue. Les idées que la gauche défend ouvertement, eux les rendent tolérables et leur fournissent une légitimité en ne les attaquant pas, en les adoptant à moitié, en se soumettant systématiquement au référentiel moral de la gauche. Quand on partage les valeurs de la gauche, comment peut-on ensuite ne pas en partager les idées ?

Elle ne vaut pas plus qu'une caricature de dame patronnesse.

C'est une bourgeoise bobo, née avec une cuillère en argent dans la bouche, dans une famille qui lui permettait d'être ministre sans à peine lever le petit doigt (ou presque), elle n'a jamais souffert et eu à se battre pour assurer le quotidien. Et elle vient jouer la grande âme, fait part de ses leçons de morale à un petit peuple qui a la trouille, du chômage, de la dépossession, de la déchéance. C'est dégueulasse.

NKM fera une grande carrière, elle a déjà tous les vices des vieux politicards. Elle pourra faire équipe avec son alter ego masculin, François Baroin.

Je ne suis pas sûr qu'un duel NKM-MLP serait passionnant, mais cela la remettrait peut-être en place. En tout cas, ça ne vaudrait pas un autre duel :


Les Petroleuses Brigitte Bardot vs Claudia... par sexe-symbole

lundi, juin 06, 2011

Retour sur l'aveu d'un maire dépassé

Retour sur l'aveu d'un maire dépassé

Par Ivan Rioufol le 6 juin 2011 10h02

Cette semaine écoulée m'a tenu un peu plus éloigné des médias. Cependant, il me semble que les propos de Stéphane Gatignon, maire Génération écologie de Sevran (Seine-Saint-Denis), réclamant des "Casques bleus" pour "des opérations de maintien de paix" dans sa commune n'ont pas eu la résonance qu'ils méritaient. A ceux qui mettent en garde contre la libanisation progressive de certains quartiers, qualifiés aimablement de "sensibles", cet appel à la militarisation d'espaces publics n'est pas une surprise. Mais il est incroyable que cela vienne d'un élu Vert dont la famille politique, la gauche, ne cesse de dénoncer les fantasmes et l'extrémisme de ceux qui constatent l'extension des isolats ethniques au cœur de la République. Or c'est bien ce phénomène que décrit l'élu dépassé, confronté à des échanges quotidiens de tirs entre bandes rivales ayant pris possession de zones hors-la-loi. Ne serait-il pas temps de s'interroger sur la faillite du vivre-ensemble, quand il ne peut être respecté sans l'aide de la force publique?

La gauche ne peut plus se défiler, si elle veut redevenir crédible. Le repliement communautaire, encouragé par des discours sottement universalistes où tout deviendrait interchangeable (1), va devenir une menace pour l'ordre public. Il est urgent de redonner un contenu à des valeurs jugées dépassées comme la nation, la nationalité, l'Etat, le peuple, le citoyen, la loi souveraine, la frontière : autant de concepts qui, s'ils ont été relativisés par le discours mondialiste convenu, sont restés proches de la société civile, qui entend bien préserver son harmonie, sa culture, son mode de vie. C'est chez elle, cette France oubliée, que se trouvent les véritables Indignés. Ils ont peu à voir avec le prêchi-prêcha moralisateur et auto-satisfait de Stéphane Hessel. Ils ne sont pas, non plus, des électeurs acquis, loin de là, à Marine Le Pen. Répondre à cette France exaspérée n'est pas flatter le FN, comme aimeraient le faire croire ceux qui, à droite comme à gauche, voudraient maintenir la tête dans le sable.

Dominique de Villepin a raison quand il s'adresse ainsi à son "Cher Nicolas", sur son nouveau blog : "L'état de stupeur et de sidération dans lequel s'enfonce la France m'inquiète, et je ne vous entends pas". Ce constat est fait ici depuis longtemps. Lui-même a été un des acteurs des Trente calamiteuses. Cependant, quand l'ancien premier ministre conseille au chef de l'Etat de "retourner dans le pays pour mesurer les attentes et affronter courageusement les déceptions", il pourrait s'appliquer également ce conseil, en ne privilégiant plus seulement la France des cités ( "la France des quartiers", dit-il) et ses votes. Villepin comprendrait également que les électeurs rebelles, qui rejettent les hommes politiques et les partis qui se sont tant trompés, ne veulent plus d'égos surdimensionnés, de mots creux et de ces envolées lyriques qui restent son talent suranné.

(1) Lire à ce propos l'analyse qu'en fait Yvan Blot, à partir du concept du Gestell développé par Martin Heidegger ( L'oligarchie au pouvoir, Editions Economica)

Je participerai, ce lundi, à On refait le monde, sur RTL (19h10-20h)
Je participerai, mardi, à Choisissez votre camp, sur LCI (10h-11h)

Dernière heure: je participerai, ce lundi, à C dans l'air, sur l'affaire DSK (France 5, 17h50-19h)

samedi, juin 04, 2011

Le siècle de Sartre

Article paru dans Le Monde d'aujourd'hui.

Typiquement gauchiste : les gauchistes sont tout à fait disposés à reconnaître leurs erreurs, pourvu que ce soit avec cinquante ans de retard et que ça ne porte plus à conséquence. Nul doute que dans quarante ans, ils nous expliqueront en quoi ils se sont trompés sur les 35h.

Ils tirent même gloire de leur repentance, comme d'un signe d'intelligence. C'est particulièrement irritant pour ceux qui n'ont pas eu «l'intelligence» de se tromper et qui ont été trainés dans la boue («tout anticommuniste est un chien») pour avoir fait immédiatement l'analyse correcte.

***************************
Le siècle de Sartre


Les éditions Grasset ont la bonne idée de publier les entretiens donnés par Jean-Paul Sartre à John Gerassi entre 1970 et 1974. Ces dizaines d'heures d'échanges constituent un document implacable sur le philosophe de Saint-Germain-des-Prés. Ces cinq cents pages se suffisent, en voici quelques pépites.

Sartre avoue ne s'être jamais senti coupable de rien durant toute sa vie ; il confesse avoir été dépressif avant-guerre et s'être fait suivre par des crabes auxquels il parlait dans la rue ; l'expérience de la mescaline puis une consommation d'amphétamines aggraveront les choses ; de façon récurrente, il insulte le général de Gaulle tour à tour "maquereau réac", "merde", "crétin pompeux", "monstre", "foutu salaud", "porc". L'insulte est régulière, Malraux est lui aussi un "porc" et ses travaux sont "de la merde". Il utilise cinq fois le mot "trahison"pour caractériser le remariage de sa mère avec un beau-père haï, honni, et..."gaulliste jusqu'au bout des ongles" ; avant ce funeste jour dans sa vie, le philosophe couchait dans la chambre de sa mère. Il parle de l'insincérité de Beauvoir dans ses Mémoires (on y voit en effet un Sartre "évadé" du stalag, alors qu'il a été libéré, peut-être par intervention de Drieu la Rochelle). Elle signale qu'il n'a écrit qu'une fois en juin 1941 dans Comoedia, une revue collaborationniste, avant de comprendre son erreur, alors qu'il y publie un hommage funèbre à Giraudoux ("antisémite et défenseur de Hitler en 1939" - lire Pleins pouvoirs) le 5 février 1944, etc. Sur sa compagne nécessaire, il ajoute que son livre hagiographique de la Chine maoïste, La Longue Marche, a surtout été écrit en bibliothèque, plus à partir de livres et d'articles que de constats effectués sur place...

Politiquement : Sartre avoue n'avoir pas compris le nazisme en 1933, alors qu'il vivait en Allemagne ; il dit n'avoir pas voté en 1936 et regardé les défilés du Front populaire avec indifférence ; il signale qu'il a défendu l'intervention en Espagne, pourvu qu'on ne lui demande pas d'y participer concrètement ; il a justifié le pacte germano-soviétique ; il a été apolitique au stalag, précise qu'il n'a causé aucun désordre dans le camp, mais qu'il faisait de cette docilité... une "forme d'engagement" ; il dit qu'en 1947 il n'est toujours pas politisé. Il compagnonne ensuite avec les violences révolutionnaires du siècle : il soutient l'URSS, les pays de l'Est, la Chine de Mao, il minimise les victimes de la Révolution culturelle et doute qu'elle ait pu en entraîner ; il publie dix-huit articles favorables à Castro ; il réitère la légende d'une rupture avec le PCF après Prague, mais regrette que le Parti communiste français n'ait pas pris le pouvoir en mai 68 ; il prétend qu'en mai de Gaulle a demandé à Massu de prendre le pouvoir ; il écrit sur Daniel Cohn-Bendit : "Il était loin d'être brillant. Je ne l'aimais pas tellement" ; et sur Raymond Aron : "De toute évidence, il est totalement, complètement, systématiquement de deuxième ordre, fondamentalement c'est un con et un imbécile." Il célèbre l'illégalisme révolutionnaire et fait l'éloge du "bain de sang" pour des raisons politiques ; à propos de Cuba, il extrapole une théorie générale du gouvernement par la terreur : "Pour réussir, une révolution doit aller jusqu'au bout. Pas question de s'arrêter à mi-chemin. La droite utilisera toujours la terreur pour lui barrer la route, donc la révolution doit recourir à la terreur pour l'arrêter." Il légitime et justifie l'usage de la peine de mort pour des raisons politiques ; il soutient les attentats terroristes des Palestiniens en 1972 : "Les Palestiniens n'ont pas d'autre choix, faute d'armes, de défenseurs, que le recours au terrorisme. (...) L'acte de terreur commis à Munich, ai-je dit, se justifiait à deux niveaux : d'abord, parce que tous les athlètes israéliens aux Jeux olympiques étaient des soldats, et ensuite, parce qu'il s'agissait d'une action destinée à un échange de prisonniers."

Il défend la "bande à Baader" : "D'un point de vue moral et révolutionnaire, les enlèvements et les meurtres d'industriels allemands commis par le groupe sont absolument justifiés", et ceci : "Le groupe Baader-Meinhof se conduisait tout à fait bien. Ils n'ont jamais tué un seul innocent. Ils traquaient les porcs vicieux à l'intérieur de leur société, et les colonels américains qui rampaient devant eux" ; il fait de Claude Lanzmann "un bon bourgeois" qui "chante les louanges d'Israël"sans voir "ce qui arrive aux pauvres Palestiniens, chassés de leur terre, leurs maisons saisies sans indemnisation, leurs enfants chassés des écoles, harcelés du matin jusqu'au soir, battus par des étrangers armés jusqu'aux dents. Lanzmann voit les Israéliens comme des victimes de l'Holocauste. Et pour lui quiconque critique la politique israélienne est antisémite. Point". Il légitime le "revanchisme"comme fondement de la justice populaire : "L'idée de vengeance est une idée morale." Il défend Kim-Il-Sung, le dictateur nord-coréen ; il affirme que ne pas écrire contre la répression de la Commune, c'était se faire le complice des Versaillais puis, parlant de Goncourt et Flaubert, qu'"on aurait dû les abattre" - sans préciser qu'il n'écrivit pas contre l'occupation allemande et qu'on n'a pas intérêt à relire aujourd'hui Paris sous l'Occupation ("Situations", III), un texte de 1945 qui manifeste plus d'empathie pour les officiers allemands, tellement aimables qu'ils"offraient, dans le métro, leur place aux vieilles femmes, ils s'attendrissaient volontiers sur les enfants et leur caressaient la joue", que pour les aviateurs alliés qui mettaient la sécurité des civils en question. Le philosophe trouve qu'en entretenant leurs locomotives pour qu'elles soient en état de marche, d'une certaine manière, les cheminots collaboraient : "Le zèle qu'ils mettaient à défendre notre matériel servait la cause allemande"...

La conclusion de Gerassi à ce livre d'entretiens est la suivante : "Sartre n'est pas seulement le plus grand moraliste de ce siècle. C'est également son plus grand prophète." Sans commentaire...

Article paru dans l'édition du 05.06.11