mercredi, décembre 21, 2022
Dowding & Churchill: The Dark Side of the Battle of Britain (Jack Dixon)
dimanche, décembre 18, 2022
Il y a encore des imbéciles séduits par ce vieux nazi d'Heidegger.
Ca n'a, hélas, plus guère d'importance puisque la pensée historiciste nazie d'Heidegger a quitté le domaine des discussions philosophiques et est devenue la pensée de notre temps.
J'ai déjà écrit ce que j'en pensais :
La renaissance de l'occident (P. Herlin)
Pour ceux que ça intéresse :
Strauss on Heidegger: 5 crucial textsjeudi, décembre 15, 2022
The fall of Forteresses (Elmer Bendiner)
Récit du raid du 17 août 1943 contre Schweinfurt, publié en 1980, par un navigateur de B17, devenu journaliste.
D'abord un peu de contexte.
Dans les années 20/30, l'Américain Mitchell et l'Italien Douhet popularisent le concept de bombardement stratégique à travers deux idées idiotes (il y avait les moyens à l'époque de savoir qu'elles étaient idiotes, c'est pourquoi ni la Russie, ni l'Allemagne, ni la France ne s'y sont engagées) :
1) Le bombardement des installations essentielles d'un ennemi peut mettre son économie à genoux et le forcer à la capitulation.
2) Des raids de bombardiers lourdement armés percent toujours les défenses.
Le bombardement stratégique a un peu fonctionné sur le Japon, à la géographie et à l'économie particulières (mais les sous-marins à long rayon d'action, qui ont coulé des millions de tonnes de premières premières, ont été plus efficaces. Un peu les parents pauvres du récit canonique, même si Hollywood leur a consacré quelques films). Sur l'Allemagne, pas du tout.
Les missiles intercontinenteaux et la bombe atomique remettront le bombardement stratégique à la mode, mais c'est une autre histoire.
Le rapport d'après-guerre sur ce sujet conclut que les bombardements stratégiques ont empêché l'Allemagne d'augmenter encore plus sa production de guerre qui a triplé en 3 ans. Piètre résultat, tout ça pour ça.
En 1941, Churchill autorise un programme de bombardement stratégique de nuit, concrètement, raser les villes allemandes (c'est tout ce que la précision de l'époque permet).
Il est très dubitatif (il a du bons sens), mais il est politiquement coincé : pour ne pas risquer que Staline cherche une paix séparée avec Hitler, il doit absolument montrer que la Grande-Bretagne « fait quelque chose » et bombarder les villes allemandes, c'est tout qu'elle peut faire.
Cette campagne de bombardement stratégique de nuit est un désastre humain, militaire et économique.
Désastre humain : bombarder les civils allemands n'était pas très éthique, même s'ils l'avaient bien cherché. Et les Britanniques ont eu plus d'officiers aviateurs tués pendant la seconde guerre mondiale que d'officiers d'infanterie pendant la première.
Désastre militaire : le résultat militaire de cette orgie de destruction a été à peu près nul.
Désastre économique : vu le coût astronomique des bombardiers lourds, cet argent aurait probablement été mieux employé ailleurs, dans la logistique par exemple (l'offensive alliée en Europe est tombée en panne d'essence en septembre 1944. Pour le prix d'un Lancaster, on avait 2 voire 3 DC3).
Les Américains se la jouent comme d'habitude, méprisants : on va voir ce qu'on va voir. Avec leurs bombardements de jour « de précision », ils vont donner une leçon à ses arriérés d'Anglais. Sauf que ... pas vraiment.lundi, décembre 05, 2022
Une énigme française (Jacques Semelin avec Laurent Larcher)
Le sujet est passionnant : 75 % des juifs en France (et 90 % des juifs français), soit environ 200 000 personnes, n'ont pas été déportés. Cette proportion est l'inverse de celle des Pays-Bas et de la Belgique. Elle est unique en Europe (sauf le Danemark).
Semelin a publié une somme sur le sujet en 2013 et ce livre ci est à la fois une synthèse et un récit de la réception du précédent.
L'auteur est frappé, dans les témoignages qu'il recueille, dans les années 2010 (donc des jeunes en 1940), que beaucoup lui disent que, malgré la peur, ce furent parmi les plus belles années de leur vie.
Les hypothèses connues
L'auteur écarte deux hypothèses :
1) Les Justes reconnus. Ils ne sont pas assez nombreux pour expliquer ce taux de survie. Environ 90 % ds non-déportés se sont débrouillés sans l'aide de réseaux constitués (ce qui ne signifie pas « sans aide du tout »).
2) Par idéologie, l'auteur écarte la thèse de Zemmour : la complaisance du gouvernement de Vichy pour les juifs français au détriment des juifs étrangers. Mais cette thèse a quelque consistance même si elle n'explique pas tout.
Et pourtant, Vichy
L'auteur est rapidement obligé de reconnaitre, « sans faire le jeu d'Eric Zemmour », que le gouvernement de Vichy est schizophrène vis-à-vis des juifs : il les persécute réellement mais, simultanément, cette persécution a des « oublis » tout à fait étonnants. Les juifs continuent à avoir droit aux aides sociales et ils ne sont pas interdits de travaux agricoles, ce qui permet à bon nombre de se réfugier à la campagne.
Les secrétaires de mairie, qui authentifiaient de faux actes de naissance, ont aussi eu un rôle utile.
Robert Paxton, cet Américain francophobe, a réussi l'exploit d'écrire un livre, La France de Vichy, en considérant comme négligeables la défaite et la présence (suivant les époques) de 600 000 à un million de militaires allemands sur le territoire français et donc en considérant comme libre et représentant la France le gouvernement de Vichy.
Bien sûr, comme tout ce qui salit la France, Paxton a déclenché l'enthousiasme de l'intelligentsia (et, en plus, si ça vient d'Amérique, c'est l'orgasme). Le paxtonisme est devenu la doctrine officielle de l'Etat Français, qui est aujourd'hui le pire ennemi de la France. Les traitres Chirac, Sarkozy, Hollande, Macron en ont fait des tonnes sur « Vichy, c'était la France, la France est coupable ».
Bien que gauchiste, et « sans réhabiliter Vichy », Semelin a l'honnêteté de constater que le gouvernement de Vichy a tenté de finasser avec une situation contrainte (mais que les collabos avaient choisie en demandant l'armistice).
Beaucoup de fonctionnaires plus ou moins hauts ne pouvaient ignorer que leurs subordonnés faisaient des faux papiers à la chaine et ont laissé faire.
La campagne, l'exode, la zone libre, la SNCF.
L'exode a « naturellement » poussé des juifs vers la campagne, et plutôt au sud, en zone qui restera libre jusqu'à la fin 1942. S'ils n'y sont pas restés, des contacts ont souvent été pris. Et comme le réseau de la SNCF était très ramifié, ils ont pu atteindre des trous du cul du monde.
C'est là qu'intervient un facteur primordial : les Français. Une famille juive qui débarque au fin fond de la Drôme à Trifouillis-les-Calbutes ne peut passer inaperçue. Pourtant, contrairement à la légende « délation, sport national », il y a eu très peu de dénonciations.
Les Français
La délation est dissymétrique : le silence de centaines de personnes est nécessaire pour protéger une famille juive mais une seule dénonciation suffit à l'exposer.
Or, contrairement à la légende de millions de lettres de délations, on n'a identifié à Paris que 3000 lettres de dénonciations de juifs. C'est trop, certes, mais c'est à comparer au 30 % de lettres de dénonciation de juifs, c'est-à-dire des centaines de milliers, de la Pologne. C'est corroboré par de nombreux témoignages « Ils savaient et ils n'ont rien dit ».
Paxton, encore lui, nous raconte qu'il y a chez les Français un antisémitisme viscéral. Peut-être, mais il ne se retrouve pas dans les chiffres.
C'est toujours la différence entre la théorie et la pratique : des Français militants politiques, antisémites en théorie, ont sauvé des juifs, en pratique.
Le contexte économique aide : quand il y a deux millions d'hommes prisonniers en Allemagne, voir arriver au village un ouvrier agricole, un tailleur ou un médecin, c'est une bonne nouvelle.
Le contexte politique aussi : en 1942, au moment des grandes rafles, l'entrée en guerre des Etats-Unis et l'échec allemand devant Moscou ont marqué les esprits. Les Français, dans leur grande majorité, savent que les Alliés vont gagner la guerre.
Semelin identifie cinq fonctions parmi les Français qui aident les juifs : l'ange-gardien, l'hôte, le nourricier, le faussaire, le passeur.
Un élément très important : les catholiques. On a beaucoup mis l'accent sur les protestants, comme à Chambon-sur-Lignon, mais les catholiques étaient bien plus nombreux.
Notre époque manichéenne a beaucoup de mal à comprendre la complexité. Les évêques étaient pétainistes pour la plupart, mais encourageaient en sous-main et aidaient leurs ouailles à sauver des juifs. Mgr Rémond à Nice organise le sauvetage de milliers de juifs (l'historien René Rémond ignorait l'action de son oncle).
La lettre pastorale de Mgr Saliège est un tournant politique. Elle se répand comme une trainée de poudre. Elle est lue à la BBC (de Gaulle fera de Saliège l'unique évêque Compagnon de la Libération). Surtout, elle a un effet politique : Laval s'en sert auprès des Allemands pour expliquer que, devant l'opinion publique qui se cabre, il ne peut accélérer les déportations.
Si le sujet n'était pas si grave, on pourrait dire qu'il y a en 1942-1944 un championnat de France du sauvetage de juifs entre les couvents.
Serge Klarsfeld conclut : « Les juifs ont envers les catholiques une dette immense ».
Pourquoi cette ignorance du grand public du rôle salvateur des catholiques ? L'explication la plus simple est la meilleure : à cause de l'anti-catholicisme militant de ceux qui causent dans le poste.
Dans le film Un sac de billes, le rôle du prêtre est négatif alors que dans le roman autobiographique qui a servi de base au film, il est positif. Dans la série télévisée Un village français, on ne voit pas un curé, ce qui est totalement invraisemblable pour un village français de cette période.
Heureusement, dans Papy fait de la Résistance, Michel Blanc sauve l'honneur, en curé qui attend avec impatience le parachutage de la nouvelle lune et qui a autre chose à faire que de s'occuper de Michel Taupin-Christian Clavier. La Trappe des Dombes a caché des dizaines de tonnes d'armes et de matériel de sabotage !
Défier Paxton
Le livre de Semelin est bien reçu ... sauf par les paxtoniens. C'est tout naturel puisque le rôle officieux mais bien réel des paxtoniens est de salir les Français (je ne serai vraiment pas étonné si on découvre un jour que Paxton était financé, comme Jean Monnet, par une de ces fondations américaines qui nous veulent tant de bien).
Mais les chiffres entravent le raisonnement paxtonien et Semelin est soutenu par les juifs.
Cet enculé de Chirac
En bon gauchiste, l'auteur a apprécié en 1995 le discours du Vel d'Hiv « La France commettait l'irréparable ... ». Aujourd'hui, à la lumière de ses recherches, il trouve ce discours fautif.
Il est plus que fautif, il est ignoble, bien raccord avec ce triste sire qu'était Chirac. Philippe Seguin a dit en quelques phrases cinglantes tout le mal qu'il faut en penser.
En 1997, repentance des évêques (mais pas tous) fort peu judicieuse. Une caractéristique des évêques contemporains est, qu'ayant perdu la Foi, il ne sont plus éclairés par sa lumière et ont fort peu de discernement.
Le halo protecteur ?
Enfin, un mot personnel : le comportement lâche, voire activement méchant, de 90 % Français à l'occasion du délire covidiste (qui n'est pas fini, puisque la justice n'est pas passée) ôte tout droit à notre génération d'émettre un jugement moral sur d'autres générations.
En juin 1940, le choc explique beaucoup. Mais, en avril 2020, au choc de la première assignation à résidence (baptisée « confinement » par les menteurs professionnels), je n'ai pas souvenir que nous fussions très nombreux à dénoncer cette folie totalitaire dont nous commençons à peine à subir les conséquences.
Je peux témoigner que les non-'vaccinés' n'ont pas senti ce halo protecteur dont parlent nombre de Résistants et de juifs. Sauf deux restaurants qui ont « oublié » à répétition de nous demander notre paSS, sur la grosse dizaine que nous avons tentés. Si les restaurateurs crèvent aujourd'hui, je ne verserai pas une larme.
Nous sommes presque en 2023 et on ne peut pas dire que le récit délirant (« Nous avons fait, et faisons, au mieux dans une terrible épidémie ») soit remis en cause par la contrition (« Nous avons été cons comme des bites, pris de panique par un rhume et nous avons eu un comportement ignoble et ridicule, que nous regrettons ») dans la masse de la population.
jeudi, décembre 01, 2022
Huit heures à Berlin (Blake et Mortimer)
dimanche, novembre 27, 2022
Le capitalisme malade de sa monnaie (E. Husson, N. Palma)
1) De l'importance de la politique monétaire
Les imbéciles qui (comme moi) ne comprennent rien aux questions monétaires disent souvent (pas comme moi) qu'elles ne comptent pas.
Exemple classique de ces imbéciles : si on leur dit que l'Euro a détruit l'industrie française, appauvri l'Italie et transformé l'Europe en empire teuton, ils répondent que ce n'est pas vrai, que le vrai problème est que la France et l'Italie n'ont pas fait les réformes de l'Allemagne.
Autrement dit, les questions monétaires comptent tellement peu que pour en pallier les inconvénients, il « suffit » de transformer les Français et les Italiens en Allemands. Bonjour le truc secondaire !
2) Quelques exemples de politique monétaire avec de grandes conséquences
Premier exemple tiré de l'histoire : tout le monde connaît l'arriération du sud de l'Italie sur le nord. Mais qui sait que le sud était en rattrapage dans les années 1830-1860 et que l'union monétaire des années 1865-1870 a figé les positions puis a fait régresser relativement le sud ? Un problème qu'on se traine 150 ans après mérite qu'on réfléchisse à ses causes.
Accords du Plaza : 1985, l'industrie japonaise est en plein boom au point de menacer l'industrie américaine. Les Etats-Unis forcent la main des Japonais pour une réévaluation du Yen (« accords » c'est un mot gentil pour « diktat washingtonien »). L'économie japonaise ne s'en est toujours pas remise.
Plus près de nous : la réunification de l'Allemagne se fait au cours démagogique de 1 mark de l'ouest pour 1 mark de l'est. La Bundesbank avait prévenu qu'en dessous de 1 pour 3, on courait à la catastrophe. Trente ans plus tard, l'Allemagne de l'est est toujours sinistrée.
Charles Gave a déjà expliqué mille fois que l'Euro est pire qu'un bombardement atomique pour les industries du sud de l'Europe, n'y revenons pas.
Autrement dit, il n'y a guère de sujet politique plus important, avec des conséquences très graves et quasi-irréversibles, que la gestion de la monnaie. Mais comme c'est vite complexe, on se passe de l'avis du peuple (création de la FED en 1913) ou on le manipule (Maastricht 1992).
En particulier, aucun transfert ne peut compenser une union monétaire foireuse et on se traine les conséquences pendant des décennies voire des siècles. Ceux qui disent « Certes, l'Euro est foireux mais il n'y a qu'à faire ci ou ça pour compenser » sont juste des cons : la solution aux problèmes posés par l'Euro, c'est la fin de l'Euro. Point.
3) Bi-métallisme, le meilleur système monétaire
Le bi-métallisme, système à deux étalons métalliques, généralement or et argent, est le plus souple.
Suivant l'adage de Gresham « La mauvaise monnaie chasse la bonne », les gens épargnent, thésaurisent et investissent avec la « bonne » monnaie (l'or) et utilisent dans la vie quotidienne la « mauvaise » monnaie (l'argent).
Il n'y a pas besoin d'épiloguer sur la souplesse d'un tel système, elle saute aux yeux. Il a certes un certain degré de complexité mais que maitrisaient parfaitement nos ancêtres qui n'avaient que le boulier.
4) L'étalon-or, un pis-aller
Par rapport au système bi-métallique, on perd un degré de liberté passant à l'étalon-or. C'est un système beaucoup plus rigide car directement dépendant d'un seul métal. C'est pourquoi ce système est intrinsèquement déflationniste : l'économie ne peut pas croitre si on manque d'or-métal pour financer les nouvelles activités.
La rigidité de l'étalon-or peut être utilisée comme une arme. L'imposition de l'étalon-or par la Grande-Bretagne au XIXème siècle a fait exploser les systèmes bi-métalliques de l'Inde et de la Chine et a facilité grandement la conquête de ces pays. L'étalon-or est responsable de gigantesques famines en Inde (à méditer par ceux qui croient que la monnaie est un truc de techniciens fumeux sans conséquences dans la vie réelle).
Marx n'a pas compris que ce qu'il prenait pour des crises finales du capitalisme était en réalité des crises provoquées par la rareté de l'or qui servait d'étalon : moins d'or circulant, moins de monnaie, crise.
5) Le pire des systèmes : la monnaie fiduciaire
La monnaie fiduciaire, la fiat monnaie, c'est la monnaie qui repose, non sur un étalon, mais sur la confiance. Un bout de papier sur lequel il y a marqué « 10 euros », non gagé sur un actif matériel (or, argent, pierre etc.), vaut 10 euros parce que vous faites confiance au type qui l'a imprimé.
Ne tournons pas autour du pot, ça finit toujours pareil : la tentation d'abuser de la confiance est trop forte, la planche à billets (électronique ou matériel) tourne à l'excès : hyperinflation, monnaie détruite.
C'est notre système depuis que les Etats-Unis ont suspendu la convertibilité du dollar en or le 15 août 1971.
Conséquence : l'once d'or qui valait 35 $ en 1971 coûte plus de 1 700 $ en 2022. Le dollar a donc perdu 98 % de sa valeur en or. Tant que les gens ne se méfient pas de la monnaie, cela n'a aucune conséquence visible dans la vie de tous les jours (quoique, voir conséquence suivante), jusqu'au jour où ... Certains économistes (vous savez, ces collègues des astrologues) pensent que la Chine peut faire s'écrouler le dollar du jour au lendemain rien qu'en rendant public le montant de ses énormes réserves d'or (le raisonnement est que les acteurs économiques préféreraient le yuan adossé à l'or au dollar adossé à rien).
Avec une autre conséquence : comme l'Etat peut financer ses déficits avec de la monnaie de singe, il devient envahissant et inefficace, toujours. C'est la politique rigolote que nous proposent Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon et que fait déjà, en réalité, Emmanuel Macron aidé (jusqu'à quand ?) par la BCE. Au point qu'un économiste a pu résumer en disant que la monnaie fiduciaire revient à confondre la monnaie et le crédit de l'Etat.
6) Le dollar comme arme : le drame de la politique américaine
6.1) Les deux guerres mondiales
Quittons les généralités et venons-en à l'histoire récente.
La logique de l'étalon-or est la suivante :
a) un pays augmente ses encaisses-or pour une raison ou pour une autre.
b) il peut émettre plus de monnaie gagée sur l'or sans la dévaluer.
c) son pouvoir d'achat vis-à-vis de l'étranger augmentant, son déficit commercial se creuse. L'or sort pour payer les dettes vis-à-vis de l'étranger, le système se rééquilibre.
Grâce aux deux guerres mondiales, les réserves d'or des Etats-Unis par rapport au total mondial sont passées de 15 % en 1913 à 75% en 1944.
Mais les Etats-Unis n'ont pas respecté les règles implicites du système de l'étalon-or, ils n'ont pas émis plus de dollars (prétendument pour lutter contre l'inflation). L'or stocké à Fort Knox a donc été retiré du circuit commercial mondial, stérilisé.
Cette politique, qui peut paraitre technique, est un acte d'hostilité caractérisé. Elle est directement responsable des crises des années 20 et 30 et donc de la seconde guerre mondiale.
Or, la « philosophie allemande » (Marx, Hegel), totalement aveugle aux phénomènes monétaires, régnant en maitre, personne à l'époque n'a vraiment compris la source du problème (sauf le gouverneur de la FED de New-York, Benjamin Strong, dans sa correspondance privée !). On est dans une vérification expérimentale de la phrase de Claude Tresmontant « Les catastrophes humaines sont toujours précédées de catastrophes intellectuelles ».
Churchill aussi s'est accroché à l'étalon-or en 1925 mais il a eu l'honnêteté d'admettre qu'il avait été un très mauvais Chancelier de l'Echiquier (ministre des finances) et que d'ailleurs il n'y comprenait rien.
Apothéose de cette politique folle : en 1934, Roosevelt confisque l'or des particuliers (ah ! La grande démocratie libérale !) et dévalue le dollar (de 20 $ l'once à 35 $).
La France, avec la dévaluation Poincaré, a été plus intelligente et plus coopérative.
On notera que Hitler, très intuitif comme à son habitude, a mieux compris le rôle catastrophique de cette rétention de l'or par les Américains que les économistes professionnels (mais, fidèle à son obsession, il en attribue la cause à la « juiverie »). Les cons qui, comme Keynes ou Marx, prennent l'or pour « une relique barbare », refusent de comprendre que baser la monnaie que un actif matériel (or, argent, cuivre, ...) est un facteur de stabilité, de transparence, de justice, d'équité et, enfin, de liberté.
Toujours est-il que, si l'Allemagne est coupable de la seconde guerre mondiale, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne en sont responsables pour les raisons économiques ci-dessus, et aussi pour des raisons diplomatiques que j'ai expliquées ailleurs.
6.2) de 1944 à 1971
Le dollar ayant conquis l'hégémonie, les Américains inversent leur politique. Ce sont les accords de Bretton Woods. Le dollar est convertible en or (par les banques centrales, pas par les particuliers) et toutes les monnaies sont convertibles en dollars. Seuls les pays de la sphère soviétique refusent.
De 1944 à 1971, le stock d'or américain passe 21 700 tonnes à 3 900 tonnes.
Fabuleux coup d'essuie-glace : un, je thésaurise l'or mondial pour mettre à genoux les autres ; deux, une guerre mondiale plus tard, je le libère pour finir de les enfoncer dans ma soumission. Mais les Américains sont des gentils (en tout cas, c'est ce que nous dit Hollywood).
Reconnaissons aux Américains que ce pseudo retour à l'étalon-or ramène une prospérité qui avait disparu depuis des décennies.
Digression : les Américains ont un moteur, le messianisme puritain qui les pousse à conquérir le monde, à s'imposer comme le « world last hope ». A côté de cela, l'isolationnisme, qui est aussi une tendance américaine.
Le système dollar-or continue cahin-caha, assurant la suprématie américaine.
Le 4 février 1965, Charles de Gaulle (conseillé par Jacques Rueff) demande en conférence de presse le retour à l'étalon-or, pour que la référence commune ne dépende pas d'un pays particulier. Raymond Barre, Valéry Giscard d'Estaing et Georges Pompidou s'allient contre de Gaulle sur ce sujet en invoquant la nécessité de ne pas se mettre à dos les Américains (j'aime bien Pompidou, mais c'est quand même le début de la trahison).
Mongénéral n'est pas entendu, bien au contraire : en mars 1968, le pool or est dissous, ouvrant une période intermédiaire jusqu'au décrochage du dollar de l'or en 1971.
De Gaulle demande (ordonne !) aussi à la Banque de France d'exiger systématiquement la contrepartie en or de ses dollars.
Comme on voit, la CIA n'avait pas qu'une raison de financer les imbécilités de mai 68.
6.3) 1971 grande année
Quelques abrutis font, par judéoophobie plus ou moins consciente (« la loi Rotschild ») une fixette sur la loi de 1973 qui n'a rien changé. On comprend bien pourquoi : ça permet de faire l'impasse sur les deux vraies dates pivots, qui sont taboues, 1971 (taboue parce qu'il ne faut pas contester la suprématie américaine) et 1983 (taboue parce qu'il ne faut pas contester l'étatisme -achat de voix par les déficits publics- ou l'européisme, voire les deux).
La vraie date pivot est 1971 : le dollar est libéré de l'étalon-or, le monstre est lâché.
Oswald Spengler, en1922 (Le déclin de l'Occident), écrit que la monnaie-papier est faustienne (une autre façon de dire « diabolique »), que cet abandon de la sagesse antique de la monnaie métallique est grosse des catastrophes toujours causées par l'orgueil sans entraves.
Les dirigeants de la Bundesbank sont très imprégnés de l'hostilité fasciste à l'étalon-or (certains sont tout simplement d'anciens nazis). Mais leur prudence limite en Europe les dangers de la fiat monnaie. Cependant, le ver est dans le fruit.
Les auteurs pensent qu'il y a un lien entre le refus de l'étalon-or et le retour du religieux dans la politique américaine. Ils font remarquer que c'est en 1971 que la devise As good as gold a été remplacé par In God we trust sur les billets verts. Les expéditions messianiques de regime change n'auraient pu être financées sans douleur dans un système d'étalon-or.
7) L'Euro, ce monstre monétaire
Pour les promoteurs de la monnaie unique européenne des années 70, un des arguments, rarement explicité mais fort, est d'éviter la confrontation avec les Etats-Unis sur l'étalon-or. Ceux qui ont cru, comme moi, que l'Euro ferait concurrence au dollar sont juste des crétins : les promoteurs de l'Euro étaient les plus inféodés aux Américains, ça aurait du nous mettre la puce à l'oreille.
L'Euro est fondamentalement vicié. Dans la vision totalement idéologique et irréaliste de ses promoteurs, l'union monétaire doit forcer l'union politique. Or, la monnaie, c'est du droit et de la liberté dans votre poche. Il faut donc d'abord l'union politique (le droit et la liberté) pour pouvoir faire ensuite la monnaie.
8) Le monde cauchemardesque produit par le règne du dollar
Ce titre est celui de la dernière partie du livre.
Fidèles à leurs équations « bi-métallisme => libéralisme naturel » et « Monnaie fiat => déséquilibres automatiques et protectionnisme », les auteurs soutiennent que le règne du dollar est le moteur de toutes (presque ?) les catastrophes internationales depuis un siècle.
C'est comme cela qu'ils expliquent le « néo-libéralisme », ce libéralisme dégénéré en capitalisme de connivence. Ils font remarquer que Reagan et Thatcher se réclamaient beaucoup de Hayek mais qu'ils se sont bien gardés d'appliquer une de ses principales recommandations : le retour à l'étalon-or.
C'est un monde de déséquilibre et de privilèges. Je ne vois guère l'intérêt d'épiloguer : si vous ne l'avez pas compris, vous ne savez pas dans quel monde vous vivez.
9) Marx et Aristote
Karl Marx considère qu'il y a un sens de l'histoire qui entraine les hommes à leur insu, comme sur un tapis roulant.
Aristote considère à l'inverse que l'histoire est faite de l'accumulation des choix éthiques de chacun, qu'aucune histoire n'est nécessaire, que toutes les histoires sont contingentes (si le nez de Cléopâtre ...).
Le marxisme donne les sociétés les plus inégalitaires parce qu'il nie totalement l'éthique.
Les auteurs sont résolument aristotéliciens.
Mais les élites occidentales sont très imprégnées de marxisme. Le néo-libéralisme est comme le marxisme : il nie l'éthique (c'est sa différence avec le libéralisme classique). Pas étonnant qu'il engendre un raz-de-marée de mépris de classe, de morgue social et un délire génocidaire comme l'écologie (priver les gens de gaz, de pétrole, d'électricité, ou en quadrupler le prix -ce qui revient au même, c'est génocidaire).
Et tout cela est permis par l'escroquerie de la monnaie fiat.
10) Le retour au bi-métallisme ?
Les auteurs proposent un mécanisme de retour au bi-métallisme.
Je ne m'étends pas, à l'heure où la liberté de chaque homme est menacée, comme même Orwell ne l'avait pas imaginé, par la monnaie fiat en mille fois pire, la monnaie numérique de banque centrale.
11) En conclusion
J'espère vous avoir convaincus que la monnaie n'est pas une question parmi d'autres, que c'est une question centrale et qu'aucune mesure ne remplace une bonne ou une mauvaise politique monétaire.
Pour la France, l'intégration dans l'Euro est une politique monétaire suicidaire (c'est, entre autres, un moyen de pression mondialiste sur toutes les politiques de la France, aussi éloignées de la monnaie qu'elles paraissent, l'immigration par exemple). La BCE peut faire à volonté couler les banques françaises et augmenter les taux d'emprunt de l'Etat. C'est une menace suffisante pour qu'aucun gouvernement français n'adopte une politique anti-mondialiste. Sauf un gouvernement authentiquement souverainiste qui voudrait, de toute façon, sortir de l'Euro.
Suivant Pareto et avec l'image utilisée par Charles Gave, tous les problèmes de la France se poseront encore et encore, sans jamais être vraiment résolus, même avec la meilleure volonté du monde, avec l'impression qu'on ne sait pas exactement pourquoi (les imbéciles ne savent pas, les frexiteurs eux savent), jusqu'à ce que la baleine Euro remonte à la surface.
Ceux qui disent qu'il est possible de résoudre un seul des problèmes de la France sans sortir de l'Euro sont soit des imbéciles soit des escrocs (Eric Zemmour, Marine Le Pen, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon). La sortie de l'Euro est une condition absolument nécessaire, mais non suffisante, à la résolution des problèmes de la France. Ceux qui comprennent l'expression « nécessaire mais non suffisante » comprennent le problème de l'Euro.
Croire qu'on peut faire des réformes sans dévaluation par rapport à nos voisins (donc sans sortir de l'Euro) est simplement du sadisme social (de Gaulle et Thatcher, qu'on ne peut accuser de laxisme, ont dévalué simultanément à leurs reformes). Ca fait plaisir quand on est un bourgeois sadique, mais il n'y a aucune chance que ça marche.
Assurément, le Frexit serait catastrophique. Mais moins que le naufrage continu que nous vivons sous l'empire de l'Euro. Si les Français veulent vivre, la France doit sortir de l'Euro immédiatement.
Et je ne vous parle pas du très proche Euro numérique, qui serait une prison pour chaque individu comme le monde n'en jamais connue, même sous la dictature la plus féroce.
Et bien conscient de mes lacunes, j'ai acheté :
samedi, novembre 12, 2022
Une saison gâtée (Charles Rist)
Partisan de l'étalon-or, il est encore aujourd'hui une autorité reconnu du monétarisme.
Ce livre est son journal entre 1939 et 1945.
Lui ne le sait pas (son journal a été très peu retouché) mais le lecteur le sait : son fils ainé (il en en a 5), Jean, son préféré (ça se sent), centralien dans la métallurgie, juste parmi les nations, sera tué par les Allemands à la bataille du Forez le 21 août 1944. Il existe toujours une médaille Jean Rist des industries métallurgiques.
Il est aisé de se moquer des RMS (les Résistants du Mois de Septembre) mais il ne faut pas oublier que les Résistants de l'été 44, pour tardifs (pas Jean Rist) qu'ils furent, se sont vraiment battus et ce fut l'hécatombe (comme en témoignent les monuments un peu partout en France). L'efficacité militaire de la Résistance armée fut pratiquement nulle (ce n'est pas le cas des réseaux de renseignements) mais elle a sauvé l'honneur.
Ce contexte étant posé, que pensè-je de ce journal ?
Il est passionnant.
Charles Rist a des propos extrêmement durs pour la bourgeoisie française, petite et grande. Plus que certains communistes ! Il saisit tout de suite que la défaite est due à l'incapacité du gouvernement et du commandement, qui fuient leurs responsabilités en accusant les tares supposées du peuple français.
Il est impitoyable pour les militaires qu'ils accusent d'incompétence dans leur métier, la guerre, par paresse intellectuelle et par obsession anti-communiste. Aucune imagination. Routine, carriérisme. Je ne suis pas totalement sûr que les militaires d'aujourd'hui soient beaucoup mieux. Il cite Mac Mahon « On sous-estime toujours le manque de courage des généraux ».
Très révolutionnaire républicain, anti-catholique et anti-réactionnaire, son côté protestant, c'est le seul domaine où il écrit des vraies conneries.
Mais sa compréhension de l'information rend modeste et c'est là qu'est l'intérêt.
C'est un homme très bien informé et aux analyses souvent justes.
Il a entendu l'appel du 18 juin. Il comprend tout de suite ce que le pétainisme a de plus rance et que l'hypothèse sur laquelle il repose entièrement, la défaite prochaine de la Grande-Bretagne ( « L'Angleterre aura le cou tordu comme un poulet » de ce crétin-traitre de Weygand), est erronée. Dès l'été 1940, il n' a aucun doute que les Etats-Unis rentreront en guerre un jour aux côtés de la Grande-Bretagne et que l'Allemagne sera vaincue.
A la publication du statut des juifs d'octobre 1940 (qui le scandalise), il comprend (mieux que 99 % des historiens de 2022 !) immédiatement ce qu'il doit à la pression des Allemands et à la volonté de leur complaire.
Il a des notes rétrospectivement amusantes : dès janvier 1943, il écrit que les généraux allemands survivants rejetteront leurs fautes sur Hitler. Ce que certains historiens de 2022 (de moins en moins nombreux, heureusement), qui se fient aveuglément aux témoignages d'après-guerre, n'ont toujours pas compris.
Il ne cesse de râler contre le manque de combativité des anglo-saxons par comparaison aux Russes. C'est marrant à lire en 2022 parce que cette critique a été entièrement effacée par Hollywood. Pourtant, tous ceux qui connaissent cette période savent que nos Alliés de l'ouest ont eu de gros problèmes de motivation des troupes, spécialement de l'infanterie, et de qualité des généraux.
Le culte de la force et l'esprit systématique des Allemands le mettent hors de lui. Il juge que ce sont des gens tout juste capables de créer des systèmes philosophiques abscons (Rist parle et lit couramment l'allemand) et des symphonies extraordinaires.
Et pourtant, il ne cesse de rapporter des bobards, qu'on appellerait aujourd'hui des « théories du complot », en constatant que ce n'est vraiment pas facile de faire le tri du vrai et du faux. C'est une leçon : quand on commente, on s'égare vite.
Cependant, avec quelques principes simples (les militaires français sont des crétins (1), les Allemands sont des abrutis, les anglo-saxons et les Russes sont tenaces), Rist arrive à des analyses et à des prévisions étonnamment justes.
Extrait :
On n'a pas suffisamment remarqué l'origine des dictateurs : Mussolini instituteur, Staline séminariste, Hitler médiocre dessinateur, fils d'un petit employé des douanes, Laval pion de lycée fils de bouchère. Tous de petits bourgeois à éducation primaire, de faux intellectuels : tous sans scrupules, pleins de ressentiments et de désirs refoulés de richesse, et doués d'une forte volonté, aidée de ruse. Pas de purs paysans, pas de purs ouvriers, pas d'aristocrates ni de grands bourgeois dans ce groupe. Passion du pouvoir et haine des gens plus heureux ou plus cultivés, avec le mépris des faiblesses des meilleurs et plus encore de leurs scrupules, nés de l'éducation ou de la tradition. Tous sans religion et méprisant les croyances religieuses.
C'est marrant : pour moi, cette description correspond exactement à Sandrine Rousseau, Anne Hidalgo, Eric Piolle (maire de Grenoble) ou Grégory Doucet (maire de Lyon) et à beaucoup de ministres actuels.
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(1) : c'est amusant quand on sait tout le mal que Churchill, de Gaulle, Staline et Hitler pensaient des militaires. C'était moins vrai aux Etats-Unis.
jeudi, octobre 20, 2022
Louis XV (P. Del Perugia)
Il annonce la couleur : on ne peut pas dire qu'il soit un grand démocrate. Pour lui, la démocratie est un régime tout juste bon pour des boutiquiers anglais mais certainement pas pour un grand peuple qui reçoit son destin de Dieu. Quant aux fameuses Lumières, je n'insisterai pas, il en pense la même chose que moi.
L'orphelin
Les Orléans, ces extrêmes-centristes, comme aujourd'hui les Bayrou et les Raffarin, dont le destin est toujours de trahir la France et de la mettre en danger de mort, rôdent, avides et hypocrites.
En France, le parti de la modération est toujours celui de la trahison.
Sur son lit de mort, Louis XIV prend, pour son successeur, quelques unes des décisions les plus judicieuses de son règne.
Sur décision de Louis XIV, l'enfant-roi sera élevé au château de Vincennes, par Madame de Ventadour (« maman Tadour ») et par l'évêque de Fleury. C'est un coup de génie. La cour de Versailles se désintéresse de ce petit roi dont elle croit qu'il va être vite emporté par sa santé fragile. Il a donc une enfance presque normale, où l'on fait bien attention qu'il puisse fréquenter des enfants du peuple (ce petit-fils de province connait beaucoup mieux le peuple français, et l'aime beaucoup plus, qu'un bourgeois-bolchévique urbain d'aujourd'hui).
Fleury est de ces personnalités en apparence ternes, qui dissimulent une ambition d'acier si on leur donne l'occasion de la nourrir. Il protège le roi en arrière-plan. Quant la cour orléaniste commencera à voir en lui un danger dans la compétition politique, il sera trop tard pour elle. Louis XIV a été fin juge de l'évêque.
Le caractère de Louis XV se ressentira toujours de cette enfance sans protection familiale. Il craindra toujours les têtes nouvelles et gardera un fond de renfermement. Il est très pieux d'éducation et très inquiet de nature.
En 1725, à quinze ans, il épouse Marie Leszczynska, de sept ans son ainée, choix surprenant et pas très heureux. Mais elle fait l'essentiel pour la France : donner des successeurs, ce qui évite les dangereuses incertitudes dynastiques.
L'année suivante, le roi fait un coup de majesté comme ses aïeux Louis XIII et Louis XIV. Le premier ministre, le duc de Bourbon, imposé par les Orléans, passe la journée à la chasse avec le roi. Le soir venu, au pied de son carrosse, le capitaine des gardes lui remet une lettre de cachet pour l'exil avec les mots qui ont terrifié des générations de courtisans, les mêmes que Vitry à Concini, que d'Artagnan à Fouquet : « Par ordre du roi ! ».
Del Perugia est violemment anti-jésuite. Moi aussi (1). Concernant spécifiquement Louis XV, ils ont utilisé ses adultères pour lui faire un chantage absolument ignoble et, grâce à leur influence sur la reine, pour retourner la famille royale contre leur père. Ce sont des pourritures.
lundi, octobre 17, 2022
Nécessaire ?
Dans la video en pied de billet, Ariane Bilheran dit les choses suivantes :
1) Nous vivons un délire totalitaire qui ira jusqu'au bout. Il changera d'objet (COVID, puis Ukraine, puis « crise climatique », puis autre chose ...) pour ne pas que les gens se mithridatisent et se révoltent.
Mais le fond de tous les totalitarismes restera : l'homme n'est pas une fin mais un moyen, sacrifiable à un bien commun fantasmé, avec tous les comportements profondément immoraux, inhumains, génocidaires, au nom de ce bien collectif délirant, tels que nous avons déjà connus pendant la folie covidiste et que nous reverrons encore et encore.
Les prétextes (COVID, Ukraine, « urgence climatique » ...) ne sont que cela, des prétextes, même si les plus vulnérables y croient sincèrement. L'important, c'est la pulsion suicidaire, sacrificiel et sectaire, qui est commune à tous ces prétextes.
Certains voient superficiellement des incohérences (« Sauver des vies » pendant le COVID contre « Sacrifier des vies pour l'Ukraine ») mais la cohérence profonde persiste : toujours sacrifier les individus, sacrifier le bonheur de vivre, sacrifier les libertés.
La phrase d'Ariane Bilheran « On est coupable de vivre » va au cœur du problème.
A travers ses différents reproches (reproche de polluer, reproche de consommer de l'essence, reproche de transmettre le COVID, reproche de manger de la viande, reproche de ne pas vouloir cohabiter avec n'importe qui, reproche de se déplacer en voiture et en avion etc.), la caste nous reproche de vivre, elle a clairement un projet génocidaire (d'ailleurs les plus fous, Gates, Harari, Alexandre nous le disent ouvertement).
2) Le bout du délire totalitaire, c'est la destruction aussi totale que possible (pensez à l'Allemagne en 1945).
3) Ariane Bilheran se demande si l'humanité survivra à la guerre atomique qu'elle pense désormais inévitable. Physiquement, c'est certain : au fin fond de l'Afrique et de l'Amérique du Sud, il restera toujours des hommes après la guerre atomique, mais psychologiquement ne déprimeront-ils pas ? Ne se laisseront-ils pas mourir ? Feront-ils assez d'enfants pour que l'humanité survive ? L'espérance de vie de l'humanité est de 50 ans : si toutes les femems refusent de faire des enfants, au bout de 50 ans, elles sont
4) Enfin, Ariane Bilheran réfléchit : et si ce délire totalitaire était nécessaire (« nécessaire » ne signifie pas « souhaitable ») ? La nécessité étant la liquidation d'une civilisation décadente. L'empire romain noyé dans un esclavage délirant.
Cette question terrible mérite d'être posée.
jeudi, septembre 15, 2022
L'internationale nazie (A Bilheran)
Cet opuscule complète The psychology of totaliarianism, de Mattias Desmet, dont le principal défaut est de ne faire aucune place à la perversité des dirigeants et à la fabrique du consentement. Ariane Bilheran reprend l’intuition de Jacques Ellul en août 1945.
Hitler a perdu la guerre militaire mais a gagné la guerre politique, il a imposé subrepticement sa vision de l’homme comme moyen et non comme fin.
On sait bien que les anciens nazis ont peuplé les organismes internationaux : CEE, OTAN, ONU … Et que des descendants d'anciens nazis les peuplent toujours.
La question est : quelle part de l’idéologie nazie ont-ils apporté dans ces organismes ?
La Grande-Bretagne et les Etats-Unis ont combattu le nazisme (1) au nom de leur libéralisme. Le feraient-ils encore aujourd'hui ? J’ai un gros doute.
Depuis 2012, la Russie dépose tous les ans à l'ONU une motion condamnant la glorification du nazisme. Les USA et l'Ukraine, les autres pays occidentaux s'abstiennent.
Ariane Bilheran, inspirée par un passage d'Hannah Arendt (je suis toujours méfiant vis-à-vis d'Hannah Arendt : je n'oublie jamais qu'elle a été l'élève, la maitresse et la passeuse d'idées d'un nazi pur sucre), écrit que les nazis ont délibérément sacrifié l'Allemagne pour pouvoir se disperser dans le monde entier.
C'est leur attribuer des capacités de sang-froid et d'anticipation surhumaines, c'est du roman. Cela lui fait écrire de grosses bêtises (Martin Bormann a survécu, le sigle de l'OTAN est inspiré par un sigle SS, ...).
La vérité est plus prosaïque (rasoir d'Ockham) : dans la panique générale de 1945, les nazis ont pu improviser et sauver de petits bouts parce qu'ils avaient à leur service l'organisation de l'Etat allemand.
Ariane Bilheran passe donc complètement à côté du sujet à mon avis, qui est celui des accointances des idées nazies avec la modernité, qui leur ont permis de survivre aisément à travers quelques personnes bien placées, nazis très mollement repentis ou leurs descendants, justement sans avoir besoin de complot machiavélique.
Elle aurait pu développer sur Henry Ford et Charles Lindbergh, à la fois parangons de modernité et authentiques nazis. Ou IBM. Ou encore sur les affinités entre la pulsion anti-humaine des écolos et le nazisme. Ou sur la persistance de la haine du catholicisme.
Elle parle de Bill Gates, dont le père était copain comme cochon avec Margaret Sanger, fondatrice du Planning Familial, eugéniste folle, qui a eu des rapports très ambigus avec le nazisme. Elle parle de George Soros, jeune juif qui a participé à l'extermination d'autres juifs. Mais c'est insuffisant.
Bref, c'est la première fois que je trouve qu'Ariane Bilheran manque de finesse. Elle est influencée par sa vie en Amérique du Sud, où on croit à ses théories, dommage.
Ceci étant dit, oui, le nazisme est plus vivant que jamais : le soutien fanatique des gouvernements occidentaux aux Ukrainiens quelque peu nazis en témoigne tous les jours. Sans compter l'implémentation toujours plus avancée des idées nazies dans notre quotidien (eugénisme, euthanasie, transhumanisme, biologisme, société de contrôle, technocratie, haine du catholicisme, judéophobie, islamophilie, etc.).
