mardi, mars 31, 2009

Obama, un fasciste économique ?

Piqué sur l'excellent Econ Blog :

Here's what Sheldon Richman writes about "Fascism" in The Concise Encyclopedia of Economics:

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Where socialism sought totalitarian control of a society's economic processes through direct state operation of the means of production, fascism sought that control indirectly, through domination of nominally private owners. Where socialism nationalized property explicitly, fascism did so implicitly, by requiring owners to use their property in the "national interest"--that is, as the autocratic authority conceived it. (Nevertheless, a few industries were operated by the state.) Where socialism abolished all market relations outright, fascism left the appearance of market relations while planning all economic activities. Where socialism abolished money and prices, fascism controlled the monetary system and set all prices and wages politically. In doing all this, fascism denatured the marketplace. Entrepreneurship was abolished. State ministries, rather than consumers, determined what was produced and under what conditions.
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President Obama shouldn't get all the blame. Former President Bush took us a big step in that direction with his bailout. But when a President actually fires the president of a major company and decides to change the terms of that company's warranty on its products, that President has taken a major step. (H/T on the warranty point to Tyler Cowen.)


Cela mérite réflexion. En ces occasions, je me souviens toujours des propos de Robert Paxton : si le fascisme devait revenir sous une forme actuelle, ne croyez pas qu'il apparaitrait comme terrifiant. Au contraire, il se présenterait sous une forme rassurante, paternelle, comme Hitler rassurait les Allemands et Pétain les Français.

Bien sûr, je ne dis pas qu'Obama est un fasciste, mais certaines de ses initiatives me perturbent.

Sa manière de diriger GM indirectement est franchement inquiétante : le fameux «chapter 11», la loi américaine sur les faillites, permettrait bien mieux à GM de se restructurer bien mieux que par des injonctions gouvernementales.

De diverses interprétations d'un même événement

Deux avions légers se sont écrasés ces derniers mois à proximité de Saint-Cyr (dont un PA-28 dimanche de la semaine dernière). Dans les deux cas, il n'y a pas eu de morts et aucune victime en dehors des passagers de l'avion.

Les interprétations sont radicalement opposées :

> les riverains arguent que cela prouve le terrrrible danger qu'ils courent

> les pilotes prétendent au contraire que le danger est fortement exagéré par les riverains, puisque les accidents sont rares et que, quand ils se produisent, ils ne font pas de victimes hors de l'avion.

Soyons clairs : les accidents d'avions légers qui font des victimes extérieures sont absolument rarissimes.

Pour ma part, j'ai une conviction : les riverains qui gueulent sont essetiellement mus par la jalousie, par l'envie, et, pour bien des retraités, par l'ennui.

Combien de fois avons nous entendu comme argument que l'aviation est un sport de riches ? Réflexion stupide qui appelle deux commentaires :

1) Et alors ? Les riches, parce qu'ils sont riches, n'ont pas le droit de faire du sport ? Le foot dérange beaucoup plus de monde que nos avions, mais comme c'est un sport de pauvres, c'est permis ?

2) L'aviation n'est pas un sport de riches. Bien sûr, on y voit des dentistes et des radiologues et même des millionnaires, mais on y voit sutout des Français moyens passionnés. Un Jodel ne coûte pas plus cher qu'une voiture, il y a des gens qui préfèrent rouler en tacot et avoir un Jodel.

Mais cela n'est au fond pas une excuse : dans notre monde pseudo-rebelle et en réalité ultra-conformiste, il est mal vu d'avoir une passion qui n'est pas celle de la foule.

L'acierie, la charette à bras et le président

Je lis un article poignant sur la fermeture de l'acierie de Gandrange. Les employés se sentent doublement trahis : par leur patron et par Nicolas Sarkozy.

En réalité, leur patron ne les a pas trahis : nulle part dans leur contrat de travail, il n'était stipulé qu'il s'agissait d'un emploi à vie.

Ils traitent Lakshmi Mittal de prédateur, critique classique, mais eux-mêmes, ne sont-ils pas, dans cette logique, prédateurs quand ils vont au moins cher dans leur supermarché ?

Je comprends la nostalgie de voir disparaître leur outil de travail et leur emploi. Mais Si l'on avait suivi leur logique de sauvegarde de l'existant, nous en serions encore à la charette à bras.

C'est la rançon du progrès et la malédiction du capitalisme : la course à la rentabilité suscite sur la longue durée des progrès matériels qui profitent à tous. Cependant, localement et ponctuellement, cela donne lieu à des drames très voyants. Songeons pour nous rassurer à toutes ces petites boites et ces start-ups qui se créent en silence que la baisse du coût des matières premières, dont l'acier, favorise. C'est l'éternel ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas de Bastiat.

Il ya un seul véritable traitre dans cette histoire : Nicolas Sarkozy. Il a tenté de faire croire que, grâce à l'argent de l'Etat, l'avénement de l'automobile était compatible avec la perpétuation de la charette à bras. Cest une véritable malhonnêteté, qui la condamnera comme telle ?

Hélas, personne. Certains le critiqueront de ne pas avoir tenu sa promesse. Mais, pas un de nos médiatiques, qui sont tous socialistes plus ou moins honteux, ne le critiquera d'avoir fait une promesse intenable.

dimanche, mars 29, 2009

Je suis en train de changer d'avis sur l'endettement de l'Etat français

Jusqu'à maintenant je privilégiais comme effets possibles de l'endettement de l'Etat français (et des autres aussi d'ailleurs), dans l'ordre :

> un cycle d'hyper-inflation

> une banqueroute

Maintenant, à la suite de diverses lectures, j'en viens à penser qu'il y a une hypothèse encore plus plausible : la stagnation à la japonaise.

C'est à dire que nos Etats ne feront pas les excès qui mènent à la banqueroute, mais qu'ils seront également incapables de lancer un cycle inflationniste.

Le principal effet de l'endettement public est de déformer la structure économique.

L'économie libre écrasée par les impôts et la concurrence de la dette étatique ne s'écroulera pas, mais ne prospérera pas non plus.

Plus sur ce sujet dans quelques semaines.

Je livre à votre réflexion sur deux fichiers un peu lourds.

Planches Scitivaux

Audio Scitivaux

Il faut tourner les pages de la présentation à mesure du développement des commentaires audios (d'assez mauvaise qualité sonore).

Bonheur d'école (M. Le Bris)

C'est l'habituel anti-pédagogisme de Marc Le Bris, mais plus serein, plus mature.

Son livre est constitué d'exemples (grammaire, calcul, etc,) où l'on peut constater la rigueur, la précision et la cohérence d'une méthode progressive par rapport à l'amphigouri ampoulé des constructivistes.

Un exemple : la réponse aux problèmes de calcul sont toujours faits de la même manière : une phrase exprimant ce qu'on trouve, éventuellement reprenant la question, une ligne avec l'opération aboutissant au résultat avec le signe égal et avec une unité cohérente.

L'opération posée dans la marge avec éventuellement une preuve par neuf.

Combien coûte un panier de 5 pommes ? Chaque pomme coûte 1,2 €.

Un panier de 5 pommes à 1,2 € coûte :

1.2€ x 5 = 6 €

1.2
x 5
-------
6.0

Tout cela paraît simple, mais tout a une raison : permettre la généralisation de la démarche, séparer le raisonnement de l'opération, qui est un moyen, créer des moyens d'auto-contrôle, introduire les unités etc ...

Or, vous allez peut-être tomber l'armoire en apprenant cela si vous ne vous intéressez aux problèmes de l'école publique financée avec prodigalité grâce à vos impôts, mais la méthode officielle face à un tel problème est très différente : elle consiste pour l'élève à choisir dans un QCM quelle est la bonne opération.

C'est de la devinette, exactement comme les méthodes globales réduisent la lecture à de la devinette.

Le Bris est autrement intelligent, mais son intelligence est faite de modestie : il s'inspire très largement des programmes de 1923, dont la base est l'apprentissage quasi simultané des quatre opérations , car les enfants apprennent par comparaison.

Le Bris fixe des objectifs de CM2 qui peuvent paraître élevés, mais les ayant vécu sans difficulté, je les trouve de bon sens : maitrise du calcul mental (1), des quatre opérations, des surfaces et volumes, extraction de racines carrées à la main (2).

Enfin, on remarquera qu'il se base sur les solides idées éducatives de Naouri.

Je pense que la sérénité de Marc Le Bris vient qu'il est toujours ostracisé par la mafia pédagogiste qui règne sur l'EN, mais que celle-ci a perdu en pouvoir de nuisance, son ridicule et sa nocivité finissant par se savoir.

Les parents d'élèves rechignent de plus en plus à être victimes du terrorisme constructiviste (3). C'est ce que que les constructivistes appellent le «consumérisme scolaire» (hé oui, refuser qu'on conduise vos enfants à la dysorthographie comme on mène les moutons à l'abattoir, c'est un méprisable consumérisme).

(1) : ces jeunes qui prennent leur calculatrice pour faire, disons, 3*127 m'affligent, et, pour beaucoup, ils s'affligent eux-mêmes, ils sentent qu'il leur manque quelque chose. Il faut avoir vu le regard mi-haineux mi-honteux de la caissière emberlificotée dans sa calculatrice à qui vous donnez sans effort le résultat ; à tel point qu'aujourd'hui, je m'en abstiens, je garde le résultat pour ma vérification (parce qu'en plus, ils n'ont aucun recul, ce que dit la calculatrice est vraie).

(2) : la maitrise de la division et de l'extraction de racine carrée à la main prépare aux nombres irrationnels et constitue un exploit dont l'accomplissement apporte grande satisfaction.

(3) : je n'emploie pas ce mot à la légère, contester la méthode globale, c'est risquer de voir votre enfant mis à l'index.

samedi, mars 28, 2009

La crise de 1929 en Australie, encore des abrutis qui n'avaient pas entendu parler de Keynes. Ce ne sont pas nos «experts» à qui ça arriverait ...


De la bouche du gourou

Le Journal de Montréal, p. 29 Nathalie Elgrably-Lévy, 26 mars 2009

Cela fait déjà quelques semaines que j’ai envie de vous parler de l’Australie, mais ce n’est ni pour ses marsupiaux ni pour son célèbre Opéra. C’est plutôt parce que nous aurions intérêt à tirer quelques enseignements économiques de son histoire.

À l’instar de nombreux pays, l’Australie n’a pas échappé à la Grande Dépression. Mais le défi que cette île du bout du monde devait relever était d’autant plus considérable qu’elle était relativement désavantagée: elle était peu peuplée; son économie, relativement petite, reposait sur l’agriculture et les exportations minières; sa base industrielle était limitée; les investissements manquaient et, pour couronner le tout, les grèves étaient très fréquentes.

Mais, contre vents et marées, l’Australie réussit à se sortir de la Dépression plus rapidement que les États-Unis. Ainsi, en 1932, les taux de chômage aux États-unis et en Australie étaient respectivement de 23,6% et de 23%. En 1938, il atteignait encore 19% chez l’Oncle Sam, mais avait diminué à 8,9% au pays des kangourous.

L’Australie avait-elle accompli cet exploit grâce à un plan de relance encore plus ambitieux que le New Deal? Avait-elle généreusement aidé les entreprises en difficulté? Sa Banque Centrale avait-elle injecté d’importantes quantités de monnaie? Non! Rien de tout cela. Exception faite de dépenses minimes en infrastructures, l’Australie n’avait aucun plan de relance d’inspiration keynésienne, aucun plan de sauvetage, aucun budget de crise.

En revanche, le gouvernement de Canberra adopta le «Premiers’ Plan» dès 1931, par lequel il s’engageait à réduire les dépenses gouvernementales de 20%, y compris les dépenses militaires, à maintenir l’équilibre budgétaire, et à réduire aussi bien les salaires des travailleurs du secteur public que ceux du secteur privé.

Ces mesures, aux antipodes de l’interventionnisme que J. M. Keynes prônait alors, n’étaient pas le produit des délirantes élucubrations du premier ministre australien, James Scullin. Elles n’étaient que la concrétisation des bonnes vieilles théories économiques classiques selon lesquelles, comme l’exige le gros bon sens, un pays doit réduire sa consommation, épargner, investir et être plus productif s’il veut prospérer.

Presque huit décennies plus tard, l’héritage de Keynes domine encore l’économie politique. Faisant fi des enseignements de l’histoire, politiciens et commentateurs restent convaincus de la nécessité de dépenser massivement et de générer un déficit pour stimuler l’économie.

Exception faite du Nouveau-Brunswick qui a récemment annoncé d’importantes compressions de la fonction publique et un allégement du fardeau fiscal des contribuables et des entreprises, le reste du monde semble vouloir imiter, à divers degrés, les initiatives keynésiennes de Washington.

Au Québec, la ministre des Finances, madame Monique Jérôme-Forget, a fait également référence à J.M. Keynes pour justifier son dernier budget. Manifestement, le célèbre économiste britannique est devenu le gourou de la plupart des décideurs publics dont le comportement moutonnier n’a d’égal que leur manque de culture économique.

Pourtant, s’ils se donnaient la peine de se renseigner convenablement, ils apprendraient que les déficits, même s’ils sont suivis d’un retour à l’équilibre budgétaire, ne sont pas une panacée. Bien au contraire! Ils réaliseraient également que la pensée keynésienne qu’ils vénèrent tant a été totalement discréditée entre autres par Friedrich Hayek, récipiendaire du prix Nobel d’économie de 1974.

Mais surtout, ils découvriraient que, dans un article posthume, publié en 1946 dans le Economic Journal, Keynes lui-même admet avoir eu tort de dédaigner la pensée de l’école classique qu’il juge finalement empreinte d’une grande vérité. Ces politiciens qui veulent paraitre instruits en invoquant la pensée de Keynes auraient vraiment intérêt à lire ses écrits plutôt qu’à répéter ce que certains leur soufflent!

Nathalie Elgrably-Lévy est économiste senior à l'Institut économique de Montréal.

* Cette chronique a aussi été publiée dans Le Journal de Québec.

L'économie d'un camp

Voici un texte assez réjouissant et pédagogique, transmis par un lecteur. Un économiste prisonnier pendant la seconde guerre mondiale a étudié l'économie du camp :

Economie d'un camp

Malgré son caractère limité, ce texte est bien plus intelligent que 99 % de ce qu'on lit en ce moment sous le nom d'économie.

Camarades, refondons le capitalisme !

Une vision un peu moins hagiographique de Saint Obama

Democrats bid business adieu

Les Républicains qui disaient qu'Obama était un socialiste à la française (insulte juste un cran en dessous de bolchevique) auraient-ils raison ?

vendredi, mars 27, 2009

La pulsion spoliatrice (4) : les PDGs l'ont bien mérité

Les PDGs des grosses boites françaises ont tous un énorme défaut qui justifie qu'on leur pique tout leur salaire et même plus : un terrible manque d'humour.

Ils se prennent vraiment très au sérieux et, comme disait un collègue à moi maintenant à la retraite, le sérieux est la qualité des incompétents. On dit de quelqu'un qu'il est sérieux par défaut, quand on n'a rien de plus positif à dire.

C'est normal, ce sont tous, à quelques rares exceptions près, des hauts fonctionnaires parachutés, que voulez vous qu'ils aient comme compétence d'entrepreneur ? Alors ils sont obligés de se réfugier dans les apparences, le sérieux, la gravité.

Steve Jobs ou Richard Branson peuvent se permettre quelques plaisanteries, malgré leur mauvais caractère, on sait qu'il y a de la substance derrière. Mais M. XXX, sorti de son ministère pour être parachuté à la tête de la banque YYY ou du groupe ZZZ, comment pourrait il se laisser aller à plaisanter alors que sa crédibilité et sa légitimité sont plus que fragiles ? (1)

Le manque d'humour révèle une absence de distanciation, de recul et de modestie assez terrifiant, tout à fait apte à conforter l'adage «La différence entre un polytechnicien (ou un énarque) et un train, c'est que le train s'arrête quand il déraille».

Pour retomber sur l'actualité, le manque d'humour aide à se prendre pour un surhomme, ce qui justifie tous les bonus. C'est anti-libéral car, pour les libéraux, il n'y a pas de surhommes.

Pour une fois, je dois concéder un bon point aux politiciens, ils ont en général plus d'humour. D'une part, ils sont plus doués en relations humaines ; d'autre part, ils sont toujours martelés par l'opposition, ce qui, même quand on a la grosse tête, oblige à prendre une certaine distance, à la différence des PDGs, qu'aucune opposition ne vient ramener sur terre pour contrepoids de la flatterie des courtisans (2).

(1) : quand j'entends nos PDGs expliquer que leurs salaires astronomiques résultent que la compétition mondiale sur le marché des PDGs, je me tape le cul par terre de rire : la plupart sont là où ils sont à cause de leurs accointances avec l'Etat français, c'est difficilement exportable ! Alors le marché mondial ...

(2) : je ne sais plus qui a répondu à Louis XIV qui lui demandait quel était le poison le plus dangereux : «L'encens, Sire, l'encens».

Les enseignants pourront bénéficier d'un prêt à taux zéro

Les enseignants pourront bénéficier d'un prêt à taux zéro jusqu'à quinze mille euros. Ce n'est pas en soi dramatique. Mais c'est bien illustratif de cette France à deux vitesses où les uns cumulent les avantages (1) et les autres les inconvénients (le SMIC, la précarité, le logement introuvable, etc ...)

Heureusement, on peut toujours râler.

Ah merde, j'oubliais cette spécificité bien française : ce sont ceux qui ont le plus qu'on entend le plus, des fois qu'ils pourraient arracher encore un peu plus. Toujours plus, comme écrivait François de Closets il y a vingt cinq ans. Nihil novi sub sole. Mais tant va la cruche à l'eau ...

(1) : on peut y compter Serge Tchuruk

jeudi, mars 26, 2009

Une contribution de Bob

A la suite d'une remarque de ma part sur son usage du mot «greed», Robert Marchenoir réagit dans un commentaire qui mérite d'être cité en billet :

"Vous vous foutez du monde, Bob ! Et l'avidité, et la cupidité, ce ne sont pas des mots français peut-être ?"

La traduction du mot "greed" figure dans le dictionnaire, vous vous imaginez bien que cela ne m'a pas échappé.

Mais ce sont les médias et les hommes politiques américains qui utilisent, depuis quelque temps, le mot "greed" sans arrêt, pour dénoncer le phénomène que je décris.

Ni "cupidité", ni "avidité", ni un autre équivalent ne sont rentrés dans l'usage médiatique et politique français dans ce contexte.

En France, c'est l'expression péjorative de "super-profits" qui fait partie des tics de langage. Vous noterez que ce n'est pas la même chose que "greed". Il s'agit d'une notion relative à une entreprise, pas à un individu. Et elle condamne le profit en tant que tel (ce que les Américains ne font pas), et non l'inéquité de sa répartition.

Si les médias, les politiciens et les intellectuels français devaient utiliser couramment, comme un mot-clé, le concept de "cupidité" ou d' "avidité", ils seraient forcés de reconnaître implicitement que cette accusation s'applique aussi bien aux fonctionnaires, aux syndicalistes et aux corporatistes de tout poil, qu'aux très grands patrons du privé et aux super-financiers mondialisés.

Ils devraient sortir de l'explication exclusive du monde par la grille marxiste (c'est la faute à l'exploitation capitaliste) ou la grille sociologique Degauche (c'est la faute à la société), pour prendre en compte la responsabilité individuelle de chacun, qu'il soit RMiste ou grand patron.

Ils devraient avoir une approche libérale.


Bob a raison d'être attentif aux mots : ils révèlent souvent plus que leurs utilisateurs souhaitent.

mercredi, mars 25, 2009

La pulsion spoliatrice (3) : la loi du maximum

J'ai entendu cette allusion sur BFM, j'ai un peu creusé.

Certains proposent un plafonnement des salaires. Ils ont même déjà trouvé un nom, le SMAX (Salaire MAXimum).

Ce sont les pires démons égalitaristes français qui reviennent. Car si il y a dans tous les pays débat sur les rémunérations des patrons, nulle part ailleurs qu'en France on ne parle d'un plafonnement permanent décidé par l'Etat.

Cela rappelle de bien fâcheux souvenirs : dans la même logique de mettre fin aux «accaparements», le Comité de Salut Public avait décrété le loi du maximum pour plafonner le prix des denrées alimentaires.

Il en était résulté la dernière famine de l'histoire de France et cela avait fortement contribué à la chute du vampire Robespierre.

Rappelons brièvement le mécanisme. La loi fixa un maximum de prix des grains. Les paysans cachèrent donc les fameux grains pour les réserver au marché noir. Bien évidemment, cela fit la fortune de quelques escrocs et provoqua la famine, le gouvernement réagit en augmentant la répression, l'arbitraire et l'encouragement à la délation. La Terreur était à l'ordre du jour.

Non seulement le pays criait famine, mais l'atmosphère était irrespirable, jusqu'au coup de chance du 9 Thermidor ; enfin un complot contre les extrémistes qui réussit.

Le retour à l'économie libre provoqua la banqueroute des assignats. Non seulement l'économie dirigée est douloureuse, mais en sortir l'est également.

Non seulement nous sommes sourds à ce qui se passe à l'étranger qui nous dérange dans nos certitudes (1), mais nous sommes oublieux de notre propre histoire.

Beaucoup de fortunes sont parties, les jeunes diplomés des meilleures écoles s'exilent. N'est-ce pas assez ?

Il est vrai que nous sommes dans la même logique que «la Révolution n'a pas besoin de savants», qui a servi à couper la tête à Lavoisier. «La France n'a pas besoin de patrons ni de traders».

Tous fonctionnaires. L'égalité dans la médiocrité, quel idéal exaltant !

Comprenez moi bien. Je considère que certains salaires de PDG faillis sont injustifiés et le fruit d'un copinage immoral (cf Serge Tchuruk). Mais la fixation d'un salaire maximum par la loi serait une abomination : il est plus facile de créer une mauvaise loi que de l'abolir (2), les conséquences néfastes s'en prolongeraient bien après la crise actuelle.

Remplacer de mauvaises pratiques par de mauvaises lois, que voilà une idée splendide !

(1) : en Asie il n'est pas question de «refondation du capitalisme» ni de plafonnement des hauts salaires.

(2) : toujours dans notre vieux tropisme français de haine des riches, est créé en 1790 un impot sur les portes et fenêtres, suivant le raisonnement débile ouvertures = riche. C'est une loi imbécile et dénoncée comme telle par Victor Hugo qui se plaint que certaines maisons de paysans n'aient que la porte comme ouverture. Elle ne sera abolie qu'en 1920 ! Autrement dit, une loi absurde, démagogique, et vue comme telle dès son vote aura, par la force de l'inertie, tenue 130 ans. Législateurs, ne touchez à la loi que d'une main tremblante.

C'est tout à fait le cas de l'ISF. On estime qu'environ 120 Mds d'€ de capitaux sont sortis de France à cause de l'ISF. Ils auraient évidemment rapporté en impôts beaucoup plus que l'ISF. Et pourtant, personne n'ose supprimer cet impôt.

Qui doit payer pour sauver les banques ?

Vous trouverez dans l'article ci-dessous, en Français, des solutions, conformes à l'éthique du capitalisme et qui ne coûtent pas un sou au contribuable, pour sauver les banques en péril.

C'est bien la preuve que, contrairement à ce qu'on nous raconte, ce n'est pas le capitalisme qui est en danger.

Ce qui est en danger et se bat pour survivre, c'est l'économie dirigée, la connivence entre l'Etat et les dirigeants de grosses boites. C'est ce lien malsain que l'élite tente de préserver.

Qui doit payer pour sauver les banques ?

La folie injectrice (32) ne désarme pas : l'affaire Heuliez.

Pendant que la pulsion spoliatrice gagne en force, la folie injectrice continue.

Heuliez est un sous-traitant automobile au bord de la cessation de paiement.

C'est bien dommage pour lui et ses employés, mais tout le monde sait que l'industrie automobile est en sur-capacité. Avant la crise, des chiffres circulaient de 10 usines en trop en Europe. Evidemment, la résolution d'une sur-capacité passe par une diminution des capacités, c'est-à-dire par la faillite des plus faibles.

Essayer de faire vivre des sociétés agonisantes dans un secteur surcapacitaire, c'est de l'acharnement thérapeuthique couteux et sans intérêt (1). Ca ne fait que retarder l'assainissement, donc la sortie de crise. C'est pourquoi, tout à fait logiquement, la commission consultée sur l'opportunité d'une aide étatique à Heuliez a rendu un avis négatif.

Le gouvernement, par incompétence, par démagogie, passe outre : nous sommes dans un cas très net où, pour des bénéfices immédiats, d'ailleurs assez illusoires, ler gouvernement retarde la sortie de crise et hypothèque l'avenir.

Et ne parlons pas de justice : que doivent penser les concurrents d'Heuliez en meilleure situation, mieux gérés ou plus chanceux, et qui pensaient profiter de sa défaillance ?

Ah , oui, j'oubliais le prétexte officiel de ce sauvetage est qu'Heuliez développe une voiture électrique. Je m'urine dessus de rire : si la voiture électrique est rentable, point besoin des subsides étatiques. Si elle ne l'est pas, les subventions ne seront que de l'argent bien mal dépensé. Je vais vous révéler un secret de Polichinelle : la voiture électrique n'a aucun intérêt commercial, les consommateurs n'en veulent pas (2). C'est juste une pompe à finances pour soutirer des subventions et des aides.

Le plus comique, c'est que le PDG de General Motors l'avait dit il y a deux ans en des termes très crus. Maintenant qu'il a besoin de subventions, il dit exactement le contraire, mais je ne pense qu'il ait changé d'avis dans sa tête.

Une affaire Heuliez, ça n'est pas grave, mais des dizaines, des centaines, comme c'est bien parti, et c'est toute la sortie de crise qui est retardée (3). Super ! Avoir des politiciens si mauvais, c'est à se taper la tête contre les murs.

(1) : de plus, ça favorise la corruption et les magouilles. Rappelons nous la fameuse affaire Air Lib : ça aurait couté moins cher de faire à chaque employé un chèque de deux ans de salaire que de soutenir vainement cette compagnie pendant deux ans, et il n'y aurait pas eu de détournements de fonds. Avons nous la mémoire si courte ? Quand j'entends qu'il faut nationaliser les banques, je pense au Crédit Lyonnais. Suis je le seul à me souvenir au delà de la semaine dernière ?

(2) : les voitures électriques ne sont absolument pas mûres pour atteindre le confort des voitures à combustion interne.

Même à prix égal, ce qui est loin d'être le cas, la clientèle prête à accepter les inconvénients d'une voiture électrique pour pouvoir afficher une bonne conscience écolo est très restreinte.

Les voitures électriques concerneront un jour le grand public, mais ce jour n'est pas encore arrivé et, à mon avis, il est beaucoup plus éloigné qu'on le croit généralement (si je pariais, je dirais une trentaine d'années : à moins d'une percée technique par définition surprenante, le problème de la recharge et du stockage de l'électricité se résoudra très lentement). De plus, la clé me semble être également commerciale : je ne suis pas sûr que la propriété privée soit la meilleure formule pour les voitures électriques, peut-être qu'un système de location en libre service serait plus adapté.

D'ici là, le moteur à pétrole a encore de très beaux jours devant lui, quitte à ce qu'il soit de plus en plus un générateur électrique transportable, comme dans les voitures hybrides.

(3) : rappelons que c'est exactement ce qui s'est passé durant le New Deal : la pire rechute de la crise de 1929 aux USA se situe en 1937, c'est-à-dire cinq ans après l'élection de Roosevelt. Contrairement à ce qu'on entend partout, on ne tire aucune leçon du passé, on refait les mêmes erreurs.

La pulsion spoliatrice (2) : taxons à 90 %

Benoit Hamon, jamais en retard d'une bonne idée en matière de démagogie, propose d'améliorer la rémunération des patrons par l'attribution d'actions gratuites taxées à 90 %.

Cela témoigne d'un net progrès des socialistes : c'est tout de même plus intelligent que de conseiller de pendre les patrons au premier réverbère qui passe. On se console comme on peut.

Si on se montre un peu plus exigeant, on peut tout de même poser la question aux socialistes si là se trouve vraiment leur priorité du moment.

Car la question de la rémunération des patrons est symbolique. Certes, la politique est aussi faite de symboles, mais il ne faut pas tomber dans le piège qui consiste à en exagérer l'importance et à ne faire que dans le symbolique. Surtout quand le symbole est aussi mal choisi : la désignation d'un bouc-émissaire n'est pas positive, elle ne fait pas avancer le schmilblick.

Vous me direz que, voyant ce que proposent les socialistes quand ils sortent du symbolique, mieux vaut qu'ils y restent, c'est un moindre mal.

Remarquez bien que la bêtise des socialistes français pâlit face à celle du gouvernement Obama : il creuse un déficit abyssal pour un pseudo-plan de relance dont les trois-quarts (d'après les calculs les plus indulgents) sont consacrés à des mesures n'ayant rien à voir avec la relance (1) et tout avec des intérêts particuliers. Comme l'a dit avec franchise le secrétaire général de la Maison Blanche, il s'agit de faire «un bon usage de la crise».

Pour l'instant, rien ne m'incite revenir sur mon analyse : les gouvernements, qui préfèrent n'importe quelle action, même néfaste, plutôt que l'abstention (2), transforment une récession violente en dépression longue et profonde.

La leçon du New Deal n'est pas d'assommer les riches, mais de brasser de l'air : à défaut de prendre de bonnes décisions (3), ce dont ils semblent incapables, les gouvernements peuvent au moins s'abstenir d'en prendre de mauvaises et gagner du temps en attendant la reprise.

A cette aune, les gouvernements européens sont plus futés que celui des USA.

C'est pourquoi l'attitude de N. Sarkozy consistant à gronder les banquiers de la Société Générale est ridicule au premier abord, mais pas trop bête au fond si elle permet au gouvernement de ne pas s'engager dans des décisions idiotes en payant l'indignation de mots.

Reste à savoir combien de temps le gouvernement pourra tenir ce grand écart entre les mots courroucés et l'absence d'intervention.

Evidemment, bien meilleur serait un discours de vérité disant que la France souffre de son Etat hypertrophié, que des réformes radicales permettraient de profiter de la reprise qui arrivera inévitablement.

(1) : en supposant que l'effet de relance existe

(2) : rappelons que c'est exactement le même mode de pensée qui a amené le New Deal, dont beaucoup estiment qu'il a prolongé la crise. D'après ce que j'en ai lu, je penche vers l'opinion d'Alfred Sauvy : le New Deal était nécessaire pour sauver la démocratie, pour convaincre l'opinion que le gouvernement n'était pas impuissant, mais économiquement néfaste.

Je suis en train de lire The forgotten man, qui, à travers des témoignages, essaie de donner une vision équilibrée, bien que très critique, du New Deal.

(3) : rappelons : baisser le gaspillage public, organiser la faillite des banques plombées ...

dimanche, mars 22, 2009

Les coucougnettes des politiciens français

Dans un commentaire d'un précédent message, j'ai évoqué l'absence chez nos politiciens de cette partie de l'anatomie qui fait dire, même d'une femme, «qu'il en a».

Le propos paraît futile et l'accusation gratuite.

Pourtant, je pense que mon idée n'est pas si dénuée de fondements qu'elle semble au premier abord.

Le processus politique et électoral français comporte tant de filtres qu'il sélectionne les personnalités fortes en terme d'ambition individuelle mais ne portant aucune idée neuve ou dérangeante.

La première étape de cette sélection commence dès l'entrée dans la vie politique.

Des lois favorisent l'engagement politique des fonctionnaires. Dès le début, il y a donc dans notre système un biais étatiste (il y a des fonctionnaires libéraux, salut Vincent, mais c'est comme les poissons volants ...)

Ensuite, le cursus honorum se produit sur le même mode.

Enfin, ultime robustesse du système de filtrage, on élit de vieux politiciens. La jeunesse relative de S. Royal ou de N. Sarkozy est trompeuse : ce sont en réalité des vieux de la politique, ils font de la politique depuis trente ans, c'est-à-dire depuis deux fois plus longtemps que Barack Obama.

Si, par exception, de jeunes, en apparence, politiciens réussissent, c'est qu'ils sont déjà vieux et pourris dans leur tête, Nathalie Kociusco-Morizet en est un exemple typique (1).

Ce système tolère les excentricités en matière de style, le bling-bling de Nicolas ou la bravitude de Ségolène, créant des choix illusoires, pour être d'autant plus intransigeant sur le fond des idées, qui sont remarquables d'uniformité.

Il est flagrant que tous les libéraux et les réformateurs potentiels, de Raymond Barre à Alain Madelin, ont été impitoyablement éliminés (2).

A la fin, le filtre, mi sur les idées, mi sur le caractère, est d'une efficacité exceptionnel dans l'éradication de tout ferment de changement. A bien des égards, j'ai l'impression que la société politique n'a pas été aussi bloquée depuis l'agonie de l'Ancien Régime.

C'est comme le Titanic : on a les meilleurs joueurs de pipeau du monde pour l'orchestre, mais pas de capitaine pour éviter l'iceberg.

Par ailleurs, les coucougnettes sont une excellente spécialité sous le patronage, comme il se doit d'Henri IV.

(1) : par exemple, la grosse ficelle consistant à traiter de lâches les députés UMP à propos des OGMs est un vieux truc de routiers de la démagogie : on «parle peuple», on prend une position à l'encontre de son camp, ce qui donne une impression de courage et de franchise à l'opinion publique, et l'on devient intouchable, ce qui est bien sûr le contraire du courage et de la franchise. Pour marquer son désaccord, elle pouvait démissionner (ah ben zut alors ! Elle n'y a pas pensé. Comme c'est bête).

(2) : on peut arguer que leur manque de succès électoraux tient tout simplement à l'impopularité de leurs idées et non à un quelconque système de filtre. C'est sans doute vrai en grande partie, mais pas totalement me semble-t-il.

Nos enfants sont-ils menacés d'enlèvement ?

Scène de la vie quotidienne : dans une ferme ouverte au public, une petite fille disparaît de la vue de sa mère dans un moment d'inattention. La mère s'inquiète ... d'un enlèvement !

Moi, je me suis inquiété qu'elle se fasse mordre. Et, effectivement, elle était partie caresser un âne qui lui avait plu.

Dans ces circonstances, je ne peux m'empêcher de penser à Naouri : la propagation de l'infantolâtrie passe par l'exacerbation des dangers fantasmatiques que les enfants courent. Nos medias répètent inlassablement «vos enfants sont en danger», d'où sur-protection, sur-valorisation, maternage excessif et ... sur-consommation des enfants-rois.

Evidemment, c'est ce qui fait la force de ces fantasmes, il est quasiment impossible de raisonner.

Les réformes ratées du président Sarkozy (P. Chauc, P. Zylberberg)

Les auteurs passent en revue les prétendues réformes de notre Nico national et montrent que non seulement, elles n'atteignent pas les objectifs affichés, mais aggravent les problèmes qu'elles prétendent résoudre (le cas des régimes de retraite privilégiés et des taxis est flagrant).

Les auteurs attribuent cet échec général à deux causes qu'on a évité, par manque de courage et de lucidité, de traiter :

> la non-représentativité des syndicats (point clé évité : la transparence de leurs finances) (1)

> manque de compétence et de travail du parlement (point clé évité : le cumul des mandats)

Sans m'opposer à ce diagnostic, j'ajoute deux causes encore plus fondamentales à mes yeux :

> Sarkozy n'est pas libéral, alors que la France a besoin de libéraux.

> il n'était pas préparé à exercer le pouvoir, juste à le conquérir. Il n'avait pas de projets de loi tout prêts à passer en plein «état de grâce».

Les auteurs se trompent en écrivant que Sarkozy n'est pas Thatcher parce qu'il ne passe pas en force. Il n'est pas Thatcher parce qu'il n'est pas libéral, qu'il n'est pas préparé et qu'il n'a pas fait le travail d'identification des points névralgiques des réformes.

J'ai l'amère satisfaction d'avoir anticipé tout cela dès la campagne électorale. Malheureusement, je n'arrive pas à anticiper d'évolutions positives.

Dois-je me résoudre, comme Claude Reichman, à considérer que les Français sont trop bêtes, trop égoïstes et trop mal dirigés pour réformer, que seule une révolution, quand cette société bloquée sera insupportable, changera les choses, peut-être en pire ?

(1) : rappelons que les syndicats qui disent représenter les travailleurs font preuve d'un humour certain. Ils représentent essentiellement des fonctionnaires. Or, «fonctionnaires travailleurs» est un oxymore ! (je sais, c'est facile. Bon, je sors ...)

samedi, mars 21, 2009

Une «nouvelle» réfutation du réchauffisme

Rappelons, juste pour rire, que cette réfutation (véritable sens de l'Anglais falsification) est connue et validée depuis cent ans !

Le papier qui suit n'en est qu'au stade de la pré-revue, mais il ne fait que compiler des arguments existants depuis longtemps.

Depuis quelques années déjà, je suis persuadé que le «réchauffisme» est vide de tout contenu scientifique, par contre, il est d'un prodigieux intérêt sociologique.

The falsification of the CO2 greenhouse effect within the frame of physics

Extrait :

Already the natural greenhouse eff ect is a myth. The CO2-greenhouse eff ect, however is a mirage. The horror visions of a risen sea level, melting pole caps and developing deserts in North America and in Europe are fictitious consequences of ficctitious physical mechanisms as they cannot be seen even in the climate model computations. The emergence of hurricanes and tornados cannot be predicted by climate models, because all of these deviations are ruled out. The main strategy of modernCO2-greenhouse gas defenders seems to hide themselves behind more and more pseudoexplanations,which are not part of the academic education or even of the physics training.

En défense du pape

Peut-être n'avez vous pas suivi les histoires de déclaration du pape à propos du préservatif et du SIDA.

Mais, au moins, devant l'unanimité dénonciatrice et accusatrice, vous n'avez pu vous empêcher de vous dire : «Quand on pense tous la même chose, c'est qu'on ne pense pas. C'est suspect.»

Et préserve nous du mal

jeudi, mars 19, 2009

L'obsession spoliatrice (1) : prendre l'argent aux riches, c'est justice

Prendre l'argent aux riches, c'est justice.

C'est ce qu'on lit et ce qu'on entend ces jours-ci.

Après la folie injectrice, il est bien naturel que nous passions à l'obsession spoliatrice, version moderne de la fable où la cigale, après avoir distribué des avantages exquis tout l'été aux copains, aux clients et aux gueulards, utilise le fisc pour braquer la fourmi.

J'aimerais bien qu'on m'explique pourquoi c'est juste de prendre plus d'argent, en proportion de leurs revenus, aux riches qu'aux autres.

Ils ne l'ont pas volé cet argent, que je sache. Pourquoi devraient ils moins en jouir que les autres ?

Quand je pose cette question, on commence par me répondre : «Comme ils sont plus riches, il est normal qu'ils fassent plus d'efforts de solidarité». Vous savez ce que je pense de la «solidarité» étatique, un voile pudique dissimulant une lutte sans merci pour participer au recel du vol fiscal. Cette réponse me fait donc bien rire.

J'insiste. Cela finit généralement par : «ils n'ont pas besoin de tout ça».

Nous voilà alors au fond du problème. Ceux qui ont moins estiment, c'est assez naturel, que ceux qui ont beaucoup plus qu'eux versent dans le superflu. Pourquoi une Aston Martin quand une Clio suffit ?

Certes, mais c'est affaire d'opinion personnelle. Et si moi je retire un vif plaisir de conduire mon Aston Martin bleu ciel à sièges rose bonbon que j'ai gagnée à la sueur de mon front, quelle est la légitimité de m'en empêcher ? Tout simplement aucune.

Toute atteinte à la propriété privé me préoccupe, même si je suis loin d'avoir les moyens de l'Aston Martin de mes rêves.

Je n'oublie pas, contrairement à d'autres, que le propriété est le garant matériel de la liberté. C'est parce que je fais ce que je veux de ce que je possède et dont je suis responsable, que je suis libre.

Voltaire l'avait bien compris, lui qui avait méthodiquement entrepris de faire fortune : sans argent, pas de domaine de Fernet-Voltaire hors d'atteinte de la colère des puissants.

C'est pourquoi les attaques contre la propriété sont toujours des formes dissimulées d'offensives contre la liberté.

C'est vrai qu'il y en a pour qui restreindre la liberté d'autrui n'est pas gênant, voire est souhaitable. Je ne suis pas de ceux-là.

De nos jours, il suffit d'avoir un bon plan de communication pour justifier et faire accepter (avec les meilleures intentions du monde, bien entendu !) n'importe quelle atteinte aux droits élémentaires.

Voilà pour l'aspect philosophique.

Quant à l'aspect pratique, est-ce seulement nécessaire d'en parler ? La France est ce pays qui importe des pauvres et exporte des riches. Et nous nous croyons intelligents !


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Quant à l'éditorial du Figaro de ce matin, je l'approuve :

Frondeuse France

L'éditorial de Yves Thréard du 19 mars.

Donc la grève et des manifestations. Comme le 29 janvier. Et en attendant les prochaines. Aux incertitudes que provoque la crise économique s'oppose une évidence : la grogne sociale est partie pour durer. A-t-elle d'ailleurs jamais cessé ?

Depuis 1974 et le premier choc pétrolier, la France n'en finit pas d'exprimer ses mécontentements en ordre rangé sur les pavés de la République. Contrairement à d'autres pays, elle n'a jamais connu le plein-emploi, pas plus que de fortes périodes de croissance. Elle n'a jamais accepté de se réformer en profondeur. Elle ne s'est jamais affranchie de la surenchère exercée par des syndicats pourtant numériquement faibles. Elle préfère défiler dans la rue quand le temps se gâte plutôt que de trouver des solutions négociées. Contrairement à d'autres, enfin, elle est l'otage de ses fonctionnaires et agents assimilés, toujours en première ligne.

Depuis Pompidou, les présidents passent, les ciels cléments sont de courte durée, mais les récriminations permanentes. Giscard d'Estaing, Mitterrand, Chirac sont, chacun, arrivés porteurs d'espoirs avant de se transformer en gestionnaires obligés du fameux modèle social français issu de la guerre. Cédant sous la pression des résistances, de la «gréviculture» ou des hoquets de la conjoncture internationale.

Et maintenant, avec Sarkozy ? On est tenté de répondre que rien, ou presque, n'a changé sous les crânes de la contestation. Même en accédant à toutes les revendications, diffuses et confuses, présentées par les syndicats, la colère resterait jusqu'au-boutiste. Pareille faveur, qui se traduirait immanquablement par une augmentation des salaires et des dépenses publiques, déboucherait sur une dangereuse faillite qui, elle-même, engendrerait une violente explosion sociale.

La tempête économique est une dramatique réalité - il ne s'agit pas de la nier -, mais elle ne suffit pas à expliquer la singulière réaction française, mélange d'inquiétudes fondées et de révoltes spontanées. Depuis près de quarante ans, cet état d'esprit frondeur est comme inscrit dans notre ADN. Une profession crie son indignation, un avantage catégoriel est menacé, une réforme dérange des habitudes, il se trouve toujours, dans les sondages, une majorité de l'opinion pour applaudir l'étendard de la protestation sur son passage. Ainsi, 78 % des Français estiment justifiée la mobilisation d'aujourd'hui.

Contre quoi ? La mauvaise politique économique du gouvernement ? Sauf à raser gratis, comme on l'a déjà dit, celui-ci a une faible marge de manœuvre. Mais nul ne l'admettra. La solution est aussi mondiale.

Contre qui ? On retrouve, bien sûr, Nicolas Sarkozy, sa personnalité autant que sa politique. Dans la crise, l'antisarkozysme est devenu, pour beaucoup, un nouvel humanisme, posture morale suspectant tout ce qui touche à l'argent, aux entreprises, aux patrons, au pouvoir. En fait, les manifestants rêvent d'un ordre nouveau, mais qui n'entamerait pas leurs propres avantages et droits acquis. Paradoxe ancien, bien français, qui dépasse, de loin, la seule défiance à Nicolas Sarkozy.

mercredi, mars 18, 2009

Le droit et la liberté (Bruno Leoni)

Ce livre est très important, et pourtant il est oublié car trop iconoclaste.

Leoni distingue droit et législation :

> le droit est constaté par des professionnels. C'est la common law des Anglo-saxons ou le droit civil romain. Un juge crée du droit seulement si il est saisi d'une affaire par les parties. Il s'aide de règles non écrites et de la jurisprudence, il est donc en relation avec les autres cas similaires et avec le passé. Ce droit est sûr bien que non-écrit car les règles utilisées sont d'évidence, connues de tous et intangibles (tu ne tueras point, etc ...)

> la législation est décrétée par un ou des législateurs. Cette législation, bien qu'écrite, est peu sûre, car ce qu'une loi a fait, une autre peut le défaire. De plus, elle ne repose pas sur l'expérience mais sur les lubies du législateur.

Leoni écrit qu'il y a la même différence entre droit et législation qu'entre économie de marché et économie centralisée et pour des raisons identiques.

De même qu'il n'y a pas de surhommes capables de planifier l'économie dans leurs surpuissants cerveaux, il n'y a pas de surhommes capables d'anticiper les conséquences de la législation dans leur surpuissants cerveaux.

Il cite un texte tout à fait étonnant de Caton (c'est pas jeune) expliquant que bien fous ceux qui auraient la prétention de sortir de leur cerveau de bonnes lois. Ils n'ont pas tout simplement pas la connaissance divine nécessaire à cela.

Or, en changeant juste quelques mots, on obtient la réfutation de l'économie centralisée par Hayek, basée sur le manque d'informations. Rien de nouveau sous le soleil !

Pour Leoni, cette alliance du droit et de l'économie libre est très profonde, c'est pourquoi il pense que l'envahissement législatif, le contraire du droit, porte en lui la fin de l'économie libre et donc de la prospérité.

Il fait une remarque intéressante : les Romains, qui vivaient moins longtemps que nous, avaient conscience, ils l'ont écrit, que leur manière de secréter du droit était durable et résistante aux circonstances, qu'elle était un cadeau aux générations futures.

Inversement, nous, qui pouvons espérer vivre deux fois plus longtemps qu'un Romain, semblons incapables de nous projeter dans l'avenir. Nous multiplions les éphèmères législations de circonstance.

Par une de ces pirouettes dont l'histoire est friande, les législations d'Europe continentale ont été inspirées par le droit romain écrit tardif, qui était contraire en esprit au droit civil non écrit qui a fait pendant des siècles la force du droit romain. Néanmoins, ce droit romain écrit s'est révélé extrêmement durable puisque certains pays l'utilisaient encore dans les années 50 (1), mais sans comprendre que ce qui en faisait la supériorité était d'être l'inscription sur le papier d'un droit a posteriori, résultant de cas concrets dont les juges avaient dégagé les principes, et non d'une législation a priori.

Evidemment, tout ce que je vous raconte là est hautement confidentiel : pas un seul des parlementaires français n'est au courant.

A lire ce livre, on réalise combien nous, même les libéraux, sommes habitués au constructivisme, à la société construite d'en haut par quelques «surhommes».

(1) : nous sommes bien heureux quand les lois actuelles tiennent dix ans, alors dix siècles ...

Crise : la démagogie à fond la caisse

Il y a des domaines où la crise provoque de salutaires remises en question. Absolument pas chez les politiciens.

La crise les rend encore plus bêtes qu'avant.

Je suis stupéfait par leur propension à alimenter la chasse aux boucs-émissaires, essentiellement les banquiers les patrons, comme si l'économie pouvait se passer des uns et des autres.

C'est de la part des politiciens d'une profonde stupidité : à jouer la radicalité et à cracher sur le système existant, on prend le risque de l'escalade, de promouvoir les plus radicaux et plus cracheurs.

Surtout, de même que la mauvaise monnaie chasse la bonne, les mauvaises idées, simplistes, simplettes, pas fatiguantes à comprendre, chassent les bonnes idées, subtiles, aussi mouvantes que la réalité changeante.

C'est dire que les politiciens font obstruction à la sortie de crise dans le domaine économique, j'en ai déjà parlé, mais également dans les domaines politiques et intellectuels.

Depuis quelques années, je me pose la question de la démocratie représentative, qui pour moi, sauf à Singapour (?), est, globalement, un échec sur les questions économiques et morales.

Je connais quelques libéraux qui pensent que c'est un système d'oppression des minorités (la minorité élémentaire étant l'individu) par la majorité.

Quelqu'un a-t-il de bonnes lectures sur le sujet ?

mardi, mars 17, 2009

Aristote au Mont Saint Michel (S. Gouguenheim)

Ce livre s'intéresse à la transmission de l'héritage grec au Moyen-Age. Il soutient la thèse que cette transmission s'est principalement faite par les syriaques chrétiens implantés en terre d'Islam et par les Byzantins.

Evidemment, elle est opposée à la thèse «officielle» comme quoi cet héritage serait passé par les penseurs arabes envers lesquels l'Occident aurait de ce fait une immense dette (prosternation obligatoire).

La thèse de Gouguenheim ne surprendra pas les libres penseurs : il suffit de rappeler que pas un des grands maitres de l'Islam médiéval ne maîtrisait le Grec et que, le moins que l'on puisse dire, la philosophie islamique n'a pas été imprégnée de pensée grecque. Il n'est donc pas besoin de connaissances très pointues pour émettre quelques doutes sur la thèse «officielle».

N'étant pas spécialiste de la chose, je ne peux guère juger de l'exactitude du fond, mais ça a l'air de tenir la route.

Nota : ce livre a permis à des gauchistes en mal de publicité de se faire connaître en l'accusant de racisme et en se faisant mousser dans les journaux complices par le biais d'une pétition. Ceci n'aurait aucune importance (comme toute agitation gauchiste) si les censeurs n'étaient parvenus à leurs fins, c'est-à-dire à ternir la réputation du sceptique (par rapport à la thèse bien-pensante) et à entraver sa carrière.

On notera avec amusement que le journal Le Monde a publié une critique positive de cet ouvrage avant la polémique puis en a dit du mal ensuite. Plusieurs hypothèses (non exclusives) : le critique du Monde n'a pas lu ce livre, il ne l'a pas compris, il change d'avis suivant le sens du vent.

L'infâme bouclier fiscal fait péter les plombs à Bayrou

On apprend qu'en 2008 le bouclier fiscal a bénéficié à 14 000 foyers dont les deux tiers avaient un revenu fiscal inférieur à 12 000 €.

Voilà qui devrait faire taire les critiques de ceux que nous savons si soucieux des pauvres.

Bien entendu, il n'y avait pas besoin de ces chiffres pour approuver le bouclier fiscal : toute personne saine d'esprit devrait trouver normal que l'Etat ne puisse pas prendre plus de la moitié de ses revenus à quelqu'un (1).

Sauf, bien entendu, à considérer que l'Etat a tous les droits.

Evidemment, c'est là que le bât blesse : certains, sous prétexte que les dirigeants de l'Etat sont issus d'un vote, pensent qu'effectivement l'Etat à tous les droits d'opprimer les minorités (malheur aux vaincus !), la minorité élémentaire étant l'individu.

Cette conception a pour conséquence que l'étatisme génére la guerre de tous contre tous : dans cette vision des choses, qui est celle qui prévaut en France, celui qui met l'Etat de son coté, qui le commande d'une manière ou d'une autre, gagne tout. Celui qui perd l'Etat perd toute protection, il est soumis à l'arbitraire : si l'Etat veut taxer les voitures roses à pois jaunes (il trouvera bien une raison pour justifier cette action), les propriétaires de voitures roses à pois jaunes souffriront.

Il est donc primordial, tous les moyens sont bons, pour gagner la haute main sur l'Etat.

Les manifestations et les privilèges de fonctionnaires qui, vu de Mars, semblent scandaleux et injustifiés (2) s'expliquent en réalité très bien dans ce contexte. Voilà une catégorie qui sait commander l'Etat.

De ce point de vue, le bouclier fiscal est une sorte de miracle : le poids de ceux qui en bénéficient sur l'Etat est quasi nul.

François Bayrou se prononce en faveur de la suppression du bouclier fiscal et d'une taxation «exceptionnelle» des plus riches. C'est économiquement idiot et moralement abusif, mais politiquement c'est bien vu («Les riches, combien de bulletins de vote ?»).

Ce petit monsieur, possédé par sa mégalomanie et par son appétit de pouvoir, est décidément bien décevant.

Pas un pour rattraper l'autre. Pour dire la vérité. A savoir que la France ne souffre pas de ses riches, mais de son trop-plein d'assistés, d'irresponsables, d'inamovibles bénéficiaires de droits exquis, de conservateurs en tous genres.

Décidément, la crise ne rend pas intelligent.

(1) : le bouclier fiscal n'est d'ailleurs pas une vraie protection de 50 % puisque n'entrent pas en ligne de compte les impots indirects, TVA TIPP et compagnie.

(2) pour quelle obscure morale pourrait justifier que les fonctionnaires cumulent la sécurité de l'emploi, des jours de grève payés, un pouvoir d'achat qui progresse plus vite que la moyenne et une retraite avantageuse ?

lundi, mars 16, 2009

Vivons nous une crise comme celle de 29 ?

J'avoue que je suis peu touché par le climat actuel d'hystérie. L'hystérie semble être le mode habituel de communication des journalistes modernes(1).

Cela glisse sur moi. C'est peut-être une inconséquence de ma part.

Pourtant, je crois avoir de solides notions de ce que fut la crise des années 30, j'oserais même dire avec quelque prétention, plus que beaucoup de journalistes qui en parlent tant et plus.

L'économie se remettra. Ma seule véritable crainte, ce sont les folies politiques qui pourraient arriver avant cette reprise.

Les années 30 ne furent pas avares en politiques délirantes, du New Deal au nazisme.

(1) : «hystérie» ayant la même racine que «uterus», cela pourrait être vécu comme une preuve supplémentaire de la maternalisation de notre société.

Cette crise qui rend fou !

La Tribune.fr - 13/03/2009 à 08:59 - 394 mots

Par Erik Izraelewicz, directeur de la rédaction de La Tribune.

Locataires, devez-vous toujours payer, chaque mois, votre loyer ? Chef d'entreprise, est-il bien nécessaire de continuer à respecter les lois de la République, à faire confiance en la neutralité de l'Etat ? Questions incongrues, bien sûr. Questions que soulèvent pourtant les interventions publiques, hier, de deux ministres de la République justement, Christine Boutin et Laurent Wauquiez.

La première, ministre du Logement, a expliqué, au Parisien d'abord, sur RMC ensuite, qu'elle prendrait la défense, à tout prix, des locataires qui, de "mauvaise foi ou pas" (sic), sont sous le coup d'un jugement d'expulsion. On comprend l'implication, personnelle, de la ministre - elle a vécu, elle-même, enfant, cette douloureuse expérience. On sait que, avec la crise et la fin de l'hiver, les temps sont difficiles. On admet que la compassion fasse partie de la fonction politique.

Tout cela n'autorise pas néanmoins à dire n'importe quoi. Comme tout marché, celui du logement est, on l'a vu trop souvent, hypersensible au moindre signal. Et celui donné par la ministre hier est dangereux. Il encourage les locataires à ne pas s'inquiéter de leurs devoirs, au risque de décourager les propriétaires. On ne peut penser que l'objectif de la ministre est d'aggraver la pénurie de logements. On ne s'y prendrait pas autrement pourtant !

Idem du côté de Laurent Wauquiez, le secrétaire d'Etat à l'Emploi. Généralement mieux inspiré, le ministre appelait hier tout simplement les syndicats à attaquer en justice le groupe Continental pour non-respect des lois françaises - le groupe allemand venait d'annoncer la fermeture de son usine de Clairoix (1.100 salariés), dans l'Oise. Avant d'intervenir, le ministre aurait pu prendre connaissance, comme il aurait dû le faire avant ses propos sur Total la veille, de la réalité des faits.

Là encore, Continental, comme Total, n'ont sans doute pas fait preuve d'un grand sens de la communication. On peut comprendre aussi la colère des salariés. Mais est-ce vraiment le rôle des politiques, qui plus est des dirigeants de l'Etat, que de l'exacerber ?

La crise rend fou ! On aurait en réalité préféré entendre la voix du gouvernement le week-end dernier lorsque, sur le territoire de la République, en Guadeloupe, des dirigeants syndicaux ont menacé les entreprises d'expulsion si elles refusaient de céder à leur diktat. Sur ce sujet-là, scandaleux s'il en est, aucun membre du gouvernement ne s'est exprimé fermement. On ne peut que s'en étonner. Et s'en inquiéter.

Les paradis fiscaux, le Guantanamo de la crise économique ?

Sur la radio BFM, il y a des commentaires quelquefois étonnants. Ainsi de la description des paradis fiscaux comme le Guantanamo de la crise économique.

Dans la «guerre contre le terrorisme», il n'y a pas de front, pas de prisonniers et pas de victoires nettes. Guantanamo était une tentative de donner à l'opinion publique des prisonniers visibles.

De même, cette histoire de paradis fiscaux, c'est de l'esbroufe pour satisfaire l'opinion publique mais ça n'a aucun rapport avec la crise (1).

Enfin, c'est tout le sel de l'histoire : les paradis fiscaux de l'Europe continentale, Suisse, Luxembourg, Liechtenstein sont attaqués, mais les paradis fiscaux sous protection anglo-saxonne, ile de Man, Caïmans etc, sont laissés tranquilles.

Autrement dit, les couillons qui hurlent contre les paradis fiscaux, qui sont souvent des anti-américains, font le jeu des paradis fiscaux sous protectorat anglo-saxon.

(1) : de plus, vous savez que je pense que les paradis fiscaux sont une bonne chose.

Redécouvrons Douglas Sirk


Baptisé pompeusement «le roi du mélodrame hollywoodien», Douglas Sirk fut longtemps méprisé des critiques se piquant d'intellectualisme.

Puisqu'ici on ne partage pas ce snobisme, réjouissons nous de l'édition en DVD de ces principales œuvres.

Son film le plus connu est Ecrit sur du vent.

Il me reste à voir Mirage de la vie et La ronde de l'aube.

Pour l'instant, mon film préféré de Sirk est Un temps pour aimer, un temps pour mourir. Rarement l'Allemagne de la guerre a été aussi bien rendue (notons que le nombre de morts dans ce film de guerre est très limité. Les effets spéciaux à la tonne, l'hémoglobine au mètre cube et les morts par milliers n'avaient pas encore remplacé le talent du metteur en scène).

Les films de Sirk ont des couleurs resplendissantes, rose bonbon, jaune canari, vert des petits pois anglais etc ...

Et c'est du mélo premier degré.

En lisant la NRH (la Prusse, Katyn, le catho)

La NRH, la Nouvelle Revue d'Histoire, est ce mensuel délicieusement incorrect tenu par Dominique Venner.

Il est anti-gaulliste, anti-américain et anti-libéral, quelquefois jusqu'au ridicule dans ces trois domaines, le tout de tendance très droitière (vous remarquerez que l'énoncé «anti-gaulliste, anti-américain et anti-libéral» pourrait également s'appliquer à une tendance très gauchiste).

Il est donc loin de recueillir mon approbation sans réserves. Néanmoins, il fait un peu d'air frais dans la lourde atmosphère de la bien-pensance, qui n'a pas seulement tort, ça peut arriver à tout le monde, mais qui est bête, mais bête ... Et intolérante à hauteur de sa bêtise, c'est dire !

Quelques notations au hasard de la lecture :

> l'abolition de la Prusse en 1947 par les autorités d'occupation au nom de son passé nazi est un contre-sens historique. Le berceau du nazisme est la Bavière, à l'autre bout du pays. les conservateurs prussiens étaient bien représentés dans les maigres rangs de la résistance au nazisme. Cette disparition de la Prusse, coeur spirituel de l'Allemagne, fait partie, d'après D. Venner, je lui en laisse la responsabilité, du plan américain d'affaiblissement de l'Europe.

> le film Katyn, d'Andrej Wajda, sera diffusé en catimini dans notre beau pays. Bref, en France, il est encore tabou en 2009 d'éclairer crument le communisme dans sa vérité. C'est cohérent avec la popularité étonnante (1) du fils spirituel du maréchal-fusilleur, le facteur de Neuilly.

> la NRH est farouchement pétainiste et en même temps conservatrice. Rappelons tout de même, pour rigoler, que le bon catholique, marié avec enfants, était à Londres, tandis que le célibataire athée vivant dans le scandale était à Vichy.

(1) : étonnante pour qui connaît la violence et la dangerosité de ses doctrines.

dimanche, mars 15, 2009

L'adolescent, animal le plus inutile et le plus nuisible de la création ?

Merci Roselyne !

Les adolescents (je refuse résolument comme bas, vulgaire et outrageusement démagogue, tentant d'établir une familiarité que je repousse avec dégoût, le diminutif «ados») que je connais, surtout ceux du genre attardés, ne m'inspirent guère de sentiments positifs.

Cependant, je sens bien chez certains des qualités un peu fermes qui ont le plus grand mal à éclore dans le magma sirupeux qui leur tient lieu de biotope.

Coincés entre des parents paumés, qui essaient désespérément de se comporter comme des copains pour ne pas s'avouer qu'ils vieillissent (quels égoïstes !) et une école où la mollesse et l'abdication sont un art de vivre, ils éprouvent bien des difficultés à être autre chose que des invertébrés.

L'ancienne méthode pour détacher radicalement les ex-enfants de leurs parents et les transformer instantanément en hommes avait certes quelques inconvénients, mais elle était rudement efficace, on appelait cela la guerre, ou sa pâle imitation, le service militaire.

Mais on peut aussi noter que l'éducation à la vieille française savait faire des hommes sans recourir trop abondamment à la guerre.

jeudi, mars 12, 2009

Qu'est-ce qu'une famille ? (5)

Une famille, c'est un endroit où l'on apprend à ne pas se saisir d'un fusil pour tuer quinze personnes parce qu'on est un adolescent frustré.

Je fais bien sûr allusion à la récente tragédie en Allemagne.

Ces adolescents tueurs qui font régulièrement l'actualité me semblent toujours des enfants qu'on n'a pas guéri de leur syndrome infantile de toute-puissance.

Ce sont des enfants-rois qui, devenant adolescents, s'aperçoivent qu'ils ne seront pas des adultes-rois, en souffrent et l'expriment en se montrant une dernière fois tout-puissants, en donnant la mort.

Marcel Rufo dit que la plupart des crises d'adolescence sont considérablement aggravées par le manque de résistance des parents, qui, selon lui, devraient se comporter à la façon des syndicalistes de la SCNF : aucune concession n'est négociable, sauf au prix d'un effort extrême.

Aldo Nouari va encore plus loin : la crise d'adolescence n'est qu'un syndrome infantile de toute-puissance mal soigné, un problème créé parla carence des parents. Une bonne éducation dans l'enfance, avec un vrai couple de parents et, notamment, un vrai père, et la crise d'adolescence est réduite au minimum.

On m'a rapporté le cas, hélas banal, d'une petite fille de cinq ans qui se comporte comme une mégère. Que croyez vous qu'il arrive ? La mère discutaille pendant des heures «Ma chérie, c'est pas bien, et gnagnagna et gnagnagna ...» La fillette, avec son intelligence pas si bête de fillette, comprend qu'elle peut faire tout ce qu'elle veut, puisqu'elle n'est jamais sanctionnée.

Je peux sans grands risques de me tromper prédire qu'elle ne sera pas une adolescente facile.

Si je prends mon cas, j'ai fait quelques bêtises mais rien de sérieux. D'une part, je suis issu d'une vraie famille avec un vrai père, pas une mère-bis, pas une famille «moderne», décomposée, voire multi-décomposée.

D'autre part, ma scolarité m'a amené à m'éloigner physiquement de mes parents, ce qui est loin d'être une mauvaise chose. Quand on a construit un lycée dans ma petite ville d'origine, Beaugency, j'ai trouvé cela stupide et je persiste bien longtemps après qu'il est entré en service : le fait d'être obligé de faire tous les jours le trajet Orléans-Beaugency était excellent pour notre éducation, cela faisait sortir les bouseux de leur cambrousse. Maintenant, par démagogie, on encourage les bouseux à rester dans leur bouse (1).

Dans ce processus qui consiste à faire sortir les adolescents de leur gangue infantile, à les guérir de leur sentiment de toute-puissance, en leur faisant prendre leur autonomie et tester leurs limites, les activités physiques sont primordiales. Pierre-Gilles de Gennes avait une proposition fort originale mais qui vaut d'être considérée : faire faire des stage dans les garages automobiles. Un écrou grippé, ça résiste, et ce n'est pas en piquant une crise de colère qu'on le décoince, mais avec de la technique, une méthode et quelques efforts. Et c'est également très bon pour l'intellect : dans la conception d'une autombile, se trouvent distillées des années de savoir-faire d'ingénieurs.

Mon propos n'est pas purement théorique, je connais un exemple : un ami qui restaure un avion a mis à contribution son neveu. Celui-ci, pas vraiment une flèche à l'école, y a montré des qualités d'application et de rigueur tout à fait inattendues. C'était quand même mieux que de trainer ses savates à glander chez papa-maman.

Il est vrai également que, dans un environnement laxiste et maternaliste, c'est plus difficile d'élever des enfants correctement, c'est-à-dire avec un peu de rigueur (non, ce n'est pas gros mot) et de risque (maintenant, faites faire du vélo à un gosse sans casque et on vous zyeute comme un violeur récidiviste).

(1) : sans compter, mais c'est une autre histoire, qu'un lycée doit avoir une taille minimale pour être intéressant.

mercredi, mars 11, 2009

La folie injectrice (31) : Keynes toujours pas ressuscité

LA MAGIQUE DÉMONSTRATION DE LORD KEYNES

« Keynes est mort », avait constaté Milton FRIEDMAN en 1975. La crédibilité scientifique de « La Théorie Générale » (1936) avait en effet été totalement ruinée par les analyses des adversaires du keynésianisme, mais aussi par les échecs de toutes les politiques qu’il avait inspirées. Aujourd’hui, avec la crise, et la façon dont y répondent les politiciens, c’est le retour de l’Etat, c’est le retour de Keynes. Mais la démonstration de Keynes aurait-elle retrouvé quelque valeur explicative ? Certainement pas : elle est toujours aussi fallacieuse. Cela mérite d’être dit, car il faut démasquer une supercherie aujourd’hui fatale.

Keynes veut prouver qu’une économie de marché laissée à elle-même débouche mécaniquement sur le chômage massif. Une intervention de l’Etat est donc indispensable pour retrouver le « plein emploi ». Reste à le démontrer. Pour y parvenir Keynes introduira pas moins de huit hypothèses, qui sont huit raccourcis sans aucun fondement. Pour expliquer ces tours de passe-passe je dois d’abord résumer le cheminement de la théorie Générale. Écoutons Lord Keynes.

Dans une économie, en un moment donné, le niveau de l’emploi global dépend du niveau de la demande globale anticipé par les entrepreneurs : ils n’embaucheront que s’ils ont la perspective de vendre leur production. La demande globale a deux composantes, la consommation et l’investissement. La consommation privée manque de dynamisme, à cause d’une « loi psychologique fondamentale » : plus de revenu conduit à plus d’épargne (la « propension marginale à consommer » son revenu excédentaire est inférieure à un). La léthargie de la consommation peut-elle être compensée par le dynamisme de l’investissement ? L’investisseur regarde ce que lui rapporte sa dépense en équipement (« efficacité marginale du capital ») et ce que lui coûte l’emprunt nécessaire pour la financer (taux d’intérêt). Or, l’efficacité marginale ne cessant de diminuer au fur et à mesure de l’accumulation du capital, il faudrait que le taux d’intérêt s’abaisse également.

Le taux d’intérêt dépend d’un choix de l’épargnant : veut-il placer son épargne ou la conserver sous forme liquide ? La demande de liquidité est faite de trois composantes : encaisses de transaction (avoir toujours un volant de trésorerie), de précaution (faire face à des dépenses inattendues), de spéculation. Les encaisses de transaction et de précaution sont stables, tandis que les encaisses de spéculation augmentent avec la baisse des taux d’intérêt. Donc, en dessous d’un taux d’intérêt critique, la préférence pour la liquidité devient totale, l’épargnant ne veut plus engager son argent, trop mal rémunéré. Si les banques mettent des liquidités sur le marché en créant de la monnaie, celle-ci ne fait plus retour sous forme d’investissement, elle grossira une encaisse devenue stérile : c’est la « trappe monétaire ».

L’investissement ne peut donc pas davantage relancer l’économie que la consommation. La « demande globale spontanée » est insuffisante. Faute de débouchés suffisants, les entrepreneurs n’ont donc aucune raison d’embaucher. Aussi l’insuffisance de la demande globale spontanée doit-elle être compensée par une demande de la part des pouvoirs publics : les dépenses de l’Etat vont prendre le relais pour assurer un plein emploi qui sans cela ne sera jamais atteint. CQFD.

Magistral, magique, irréfutable. Voici maintenant les huit hypothèses sous-jacentes.


1° L’emploi global dépend de la demande globale. On est dans le « global », et une relation mécanique s’établit entre l’embauche de toutes les entreprises et leurs débouchés. Les entrepreneurs embauchent ou licencient au hasard de la conjoncture qu’ils anticipent. Il n’y a donc aucune flexibilité dans le processus de production, qui est le même pour tous.

2° Seule la demande est prise en compte parce qu’à court terme les entrepreneurs ne modifient pas les conditions de leur offre, les effets d’un investissement et de la productivité n’interviennent qu’à long terme, or « à long terme nous serons tous morts », disait Keynes.





3° La consommation n’augmente pas aussi vite que le revenu. Cette « loi psychologique » a été démentie par la mise en évidence (par Friedman) d’un « revenu permanent » : les consommateurs ne changent pas leurs habitudes à la moindre variation de leurs gains.


4° L’efficacité marginale du capital diminuerait. Keynes veut faire croire à la « baisse tendancielle des profits » imaginée par Ricardo et Marx. Pourquoi la baisse ? Qui l’a vue ?


5° La théorie des encaisses suppose que l’épargnant ne considère que le taux d’intérêt lié à la spéculation. Les ménages ont en réalité une demande d’encaisses réelles tout à fait stable. Ils connaissent leur niveau « d’encaisses réelles désirées » et n’ont pas l’habitude d’accumuler de l’argent qui ne sert à rien, l’argent supplémentaire ne passe pas « à la trappe ».


6° Le financement de la dépense publique importe peu. Le budget peut être mis en déficit. Donc on ignore « l’effet d’éviction » : pas besoin d’impôt pour relancer l’activité, donc pas de risque que la dépense publique « évince » la dépense privée.


7° Les déficits de l’Etat sont financés par la banque centrale. Cette création monétaire mène à l’inflation, Keynes en convient, mais l’inflation est le prix à payer pour le plein emploi.


8° La relance va s’opérer grâce au miracle du multiplicateur d’investissement public : un euro de dépense publique permet de distribuer des dizaines d’euros à ceux qui retrouvent un emploi, dans un programme de grands travaux par exemple.


Au total, la théorie de Keynes est une théorie de la demande, du court terme, de la nocivité de l’épargne. L’entrepreneur n’est pris en compte que pour ses anticipations pessimistes, il n’y a ni innovation, ni création d’emplois. L’épargnant ne sait pas quoi faire de son argent. Le travailleur subit les méfaits de la conjoncture. Seul l’Etat peut sauver tout le monde.


Voilà la démonstration terminée, le magicien a sorti son lapin. Au prix de raccourcis et d’erreurs, il est arrivé à ses fins. C’est ce que le doyen Alain BARRERE avait appelé « le finalisme keynésien ». La fin justifie les moyens.

Quand va-t-on en finir avec la magie, et avec le magicien ?

Jacques Garello

Le 9 mars 2009

La folie injectrice (30) : «un biais idéologique»

D'après le journal Le Monde, ceux qui refusent la nationalisation des banques seraient victimes d'un «biais idéologique», une maladie honteuse, une psychorigidité malencontreuse, qui peine les technocrates qui nous entourent, à l'esprit si souple et à l'imagination si féconde.

Rappelons tout de même qu'il y a quelques excellentes raison, bien réelles et non le produit d'un fantasmatique «biais idéologique» de s'opposer à la nationalisation des banques :

> les Etats se sont révélés, toujours et presque partout, de très mauvais banquiers et pour des raisons faciles à comprendre : le clientélisme, la démagogie, la négligence de la rentabilité, l'incompétence.

> cette solution n'est probablement ni la meilleure ni la plus juste. La solution de triage d'A. Kling paraît beaucoup plus pertinente : faillite des banques les plus mal en point (le ratio mu peut être un critère de choix), aide aux banques en difficultés passagères, liberté pour les autres.

> on nous martèle à longueur de journées qu'une faillite bancaire, c'est la catastrophe. Mais la catastrophe pour qui ? Ses dirigeants, ses actionnaires, ses créanciers et ses employés. Ca fait du monde, mais ce n'est pas non plus la terre entière. Le maintien en survie artificielle des banques zombies prolonge la crise. Actuellement, on ne sauve pas les banques, mais les banquiers.

Mais la tentation est trop forte pour les hommes de l'Etat de mettre leurs pattes partout.

La nationalisation de certaines banques n'a de sens que si elle est une forme déguisée de mise en faillite et de liquidation. Malheureusement, les pulsions politiciennes étant ce qu'elles sont, il y a très peu de chances que ça se passe ainsi.

En réalité, le «biais idéologique» ne serait-il pas du coté des étatistes ?

mardi, mars 10, 2009

Folie injectrice (29) : too big to exist ?

Comme le signale Guy Sorman, Paul Volcker a encore dit des choses qui méritent considération.

Certaines banques, assurances et entreprises sont, parait-il, «too big to fail». Volcker inverse le raisonnement en disant que certaines sont tellement gigantesques qu'elles sont ingérables, «too big to exist».

Voilà une manière de penser qui n'a visiblement pas traversé l'Atlantique, puisque le groupuscule d'activistes étatistes de l'Elysée entreprend de faire une «big bank» saine (?) en mariant deux banques malades.

La folie injectrice (28) : la fin de l'Etat-Mamma n'est peut-être pas pour demain

La France est plus qu'à demi une URSS : : 55 % du PIB vient de l'Etat, plus de la moitié des adultes touchent leur revenu principal de l'Etat.

Comme l'URSS et pour les mêmes raisons, l'Etat français est impossible à réformer, trop de gens ont intérêt à s'opposer à la moindre tentative d'évolution, même du plus pur bon sens (voir les manifestations grotesques des enseignants-chercheurs). Le système est trop fort et trop répandu.

L'Etat français a donc le choix entre l'écroulement ou la continuation sans changement.

Bien sûr, beaucoup de signes pointent vers l'écroulement : la combinaison de la crise et du vieillissement de la population crée un mur de dettes impressionnant.

Mais il reste à l'Etat des armes pour éviter à la fois l'écroulement et la réforme : l'inflation et l'augmentation des impots.

Bien sûr, l'usage de ces deux armes est extrêmement difficile, mais, la panique aidant, je ne doute pas que les technocrates feront encore une fois la preuve de leur néfaste imagination en la matière.

Si, en 1975, on avait dit aux «experts» : «Ceci est le dernier budget en équilibre. Pendant les 40 ans qui viennent, l'Etat français sera systématiquement et significativement en déficit», pas un n'y aurait cru.

L'écroulement ne me paraît pas l'hypothèse la plus probable. Mon scénario favori est «le parasite tue son hôte». A force d'inflation et de taxes, la spoliation des épargnants et des entreprenants sera radicale, mais l'Etat, les hommes de l'Etat et leurs assistés ne feront aucun effort, subiront des peines insignifiantes.

lundi, mars 09, 2009

Vivent les paradis fiscaux

Nos politiciens utilisent une vieille ficelle de la politique : «Vous êtes responsables d'une catastrophe ? Pas grave. Détournez l'attention. Trouvez un bouc-émissaire.»

Aujourd'hui, ce sont les paradis ficaux qui gagnent la médaille d'or du bouc-émissaire, au nom d'un joyeux mélange.

On confond volontairement fiscalité accueillante, secret bancaire et blanchiment d'argent sale.

> Un pays, sous prétexte qu'il a une fiscalité écrasante, n'a aucune légitimité et aucun droit à exiger des autres pays qu'ils fassent les mêmes erreurs. La Suisse assassine moins les riches ? Rien n'empêche la France de s'aligner.

> Les pays à secret bancaire les plus célèbres ont des lois qui permettent à la justice d'enquêter, le secret bancaire n'est pas, ou pas autant qu'on le dit, une protection pour l'argent sale.

Vu des enfers fiscaux, comme la France, les paradis ont plusieurs vertus :

> ils limitent les excès dans l'excès fiscal. Certes, la fiscalité française est aberrante de lourdeur, mais si il n'y avait pas le courant de fuite des riches vers la Belgique ou la Suisse, ça serait sans doute pire.

> le secret bancaire préserve un espace de liberté. Je sais bien que, pour des gens maternés et assistés à longueur de journées, la liberté a perdu tout attrait, mais, moi, il me plaît de savoir qu'il reste dans le monde des endroits où l'Etat ne se mêle pas de tout.

dimanche, mars 08, 2009

Qu'est-ce qu'une famille ? (4)

Je pense à Montaigne.

Il dit qu'il eut le «meilleur père qui fut oncques».

Mais il semble bien que celui-ci lui coupa les vivres parce qu'il menait une vie parisienne trop dispendieuse, l'établit sans trop lui demander son avis à Bordeaux et fit une très forte pression pour qu'il se marie.

Ses relations avec sa mère furent exécrables.

Pour ce qu'on en sait, ses rapports avec ses sept frères et sœurs ne semblent pas avoir été très étroits. Il ne parait pas avoir eu beaucoup d'affinités avec son jeune frère, qui fit le voyage d'Italie en sa compagnie.

Quant à son épouse, il écrit qu'il fut plus patient et plus fidèle qu'il n'aurait imaginé au début de leur mariage, ce qui est lourd de sous-entendus. Il écrit encore : « Le mariage est une cage ; les oiseaux en dehors désespèrent d'y entrer, ceux dedans désespèrent d'en sortir. »

Il a d'ailleurs ce mot admirable, tellement dans son style, probablement provoqué par les récriminations conjugales à propos de ses incessants voyages : «la femme ne doit pas avoir les yeux tant attachés au devant de son mari qu'elle ne puisse en voir le derrière».

Montaigne considère que l'amour n'a rien à faire dans un mariage. Le mariage d'amour est pour lui une lubie d'homme léger et irresponsable.

Tous ses enfants sont morts en bas âge, sauf une fille dont il ne cache pas s'être désintéressé.

Enfin, si il se retire dans sa tour, c'est pour fuir les soucis domestiques.

Donc, la famille Montaigne est tout ce qu'il y a de plus traditionnel et on n'y respire pas un bonheur sans nuages.

En tire-t-il la conclusion qu'il faut changer tout cela ?

Bien au contraire. Il considère comme une vanité damnable les prétentions des esprits forts à sortir de nouvelles lois toutes armées de leur puissant cerveaux («il y a grand amour de soy et presomption, d'estimer ses opinions jusques-là, que pour les establir, il faille renverser une paix publique»).

Lui, dont la pensée fait si souvent le «cheval échappé», a bien compris que la société humaine et les hommes qui la composent ont besoin de structures stables. Allant jusqu'au bout de sa logique, il écrit qu'il faut obéir aux lois «non parce qu'elles sont justes mais parce qu'elles sont lois».

Ce n'est certes pas lui qui aurait versé dans les ridicules innovations juridiques («Le legislateur des Thuriens ordonna, que quiconque voudroit ou abolir une des vieilles loix, ou en establir une nouvelle, se presenteroit au peuple la corde au col : afin que si la nouvelleté n'estoit approuvee d'un chacun, il fust incontinent estranglé.») dont on nous tympanise, au nom des caprices et des désirs des uns et des autres («L'aller legitime, est un aller froid, poisant et contraint : et n'est pas pour tenir bon, à un aller licencieux et effrené.»).

Bref, je ne ferai pas parler un mort, surtout celui-ci, mais je n'ai guère de doute que les «nouvelletés» législatives qu'on nous prépare ne l'aurait pas fait bondir d'enthousiasme.

Qu'est ce qu'une famille ? (3)

Vous noterez que si la loi donnant un statut au «beau-parent» (qui n'a en réalité rien d'un parent, il est juste le compagnon du vrai parent, en général la mère) passe, cela affaiblira d'autant, mécaniquement, le statut du vrai parent, le père le plus souvent : plus une autorité est partagée, plus elle s'affaiblit pour chacun de ceux qui l'exercent.

Quoi qu'en disent les défenseurs de cette loi(1), on nage en plein maternalisme triomphant.

(1) : dont l'argument le plus idiot est «il faut vivre avec son temps.» Comme les Allemands des années 30 ? (je sais la reductio ad hitlerum est stupide, mais c'est le genre d'argument simpliste que même les gauchistes peuvent comprendre. Je suis gentil, je me mets à la portée de mes adversaires).

Caudron C460

Quand les Américains construisent une réplique d'avion français ...

Caudron C 460


Tout cela est financé par un milliardaire.

Ca ne risque pas d'arriver en France : chez nous, on a la «justice sociale» chevillée au corps. Chez nous, les milliardaires, on les pressure, on les chasse, on les fait rentrer dans leur coquille. Alors, évidemment, si il arrivait à l'un d'entre eux d'afficher un goût quelque peu personnel en finançant la sauvegarde du patrimoine aéronautique, on saurait le remettre à sa place, le rappeler à la modestie, lui envoyer le fisc.

Quel merveilleux pays que la France !

samedi, mars 07, 2009

Qu'est-ce qu'une famille ? (2)

Dans le message précédent, j'ai refusé d'entrer dans des considérations psychologiques ou anthropologiques, mais je peux tenter.

On me dit qu'il n'est pas prouvé que l'adoption par des homosexuels est néfaste pour les enfants. Quand j'écris qu'il n'est pas prouvé que les OGMs sont néfastes, on m'oppose le principe de précaution pour les refuser. Et, généralement, ce sont les mêmes personnes qui portent les deux arguments.

Il est curieux que les plus précautionneux, jusqu'à la bigoterie, en matières techniques, soient les plus téméraires en matières morales. Vraiment nous n'avons pas les mêmes valeurs.

Indépendamment du destin individuel des enfants, on ne sait pas quels effets auraient sur la société, à l'horizon de plusieurs générations, la reconnaissance des couples homosexuels comme familles.

Par contre, on sait d'où une telle reconnaissance vient et on sait, on en voit les conséquences tous les jours, que ce mouvement est néfaste.

Je veux parler de l'effacement, voire de la négation du père, c'est-à-dire de l'autre, car dans une famille, le père est toujours l'autre, l'étranger qui vient perturber la fusion de la mère et de l'enfant.

Il est cohérent qu'une société qui s'efforce d'abolir le père, c'est-à-dire, j'y insiste, l'autre (2), irrémédiablement autre, en arrive à voir deux semblables comme une famille.

Ce mouvement, qu'à défaut de mieux j'appelle maternalisme, a des effets qu'il est facile de constater : des enfants-rois, tyranniques, capricieux, égoïstes, ignares, qui deviennent des adultes immatures, narcissiques, dépressifs, abrutis.

La reconnaissance des couples homosexuels comme familles, c'est l'aboutissement du maternalisme : on arriverait enfin à éliminer définitivement le père, ce gêneur, et à fusionner dans un magma bisounours, bien tristement car l'altérité enrichit.

Vu le piètre résultat des épisodes précédents du maternalisme, je préférerais qu'on évite cette apothéose que serait la reconnaissance des couples homosexuels comme familles.

(2) : cet effort de négation de l'altérité se voit dans l'idéologie antiraciste, qui ne consiste pas à être indifférent aux races (je me fous qu'Obama soit noir), mais à nier qu'elles existent.

vendredi, mars 06, 2009

Qu'est-ce qu'une famille ?

Une famille est l'union, irrévocable, sauf sous des conditions très astreignantes, d'un homme et d'une femme (ou de plusieurs), en vue de la procréation et de l'élevage d'enfants.

Toutes les cultures qui ont adopté des pratiques différentes ont disparu ou subsistent à l'état de traces. Je considère donc que cette définition est validée par des millénaires d'expérience et que la remettre en cause est extrêmement aventureux, pour ne pas dire complètement fou.

Cette définition de la famille peut être justifiée par des considérations psychologiques et anthropologiques, mais, par pragmatisme, je me contente de la justification expérimentale, qui me paraît plus que suffisante.

Il en découle logiquement quelques conséquences :

> un couple homosexuel n'est pas une famille, puisque la potentialité de procréation n'existe pas. Donc pas d'enfants pour un couple homosexuel (1).

> un couple normal (2) sans enfants est une famille : la potentialité d'enfants n'a pas disparu.

> une «famille monoparentale» n'est pas une famille, sauf dans le cas du décès de l'absent (car, dans ce cas, il y a une dissolution physique de la famille, mais pas symbolique).

> la suppression du divorce pour faute est une erreur : dans la mesure où l'engagement est considéré comme irrévocable au moment où il est pris (on ne se marie pas avec l'idée de divorcer plus tard), le rompre doit pouvoir être considéré comme une faute, en fonction des circonstances.

> un couple non marié avec enfants est une famille puisque la présence d'enfants crée de fait un engagement à les éduquer. cependant, la réticence ou le refus de faire reconnaître cette union par la société (le mariage) est un signe de fragilité.

> l'adoption par une célibataire (c'est quasiment impossible pour un homme), qui est légalement possible, reste à mes yeux une erreur du législateur.

Cette vision est à contre-courant. Cependant, je suis cohérent puisque je pense que la société occidentale est engagée dans un suicide collectif, dont la dissolution de la famille est à la fois un symptôme et un moyen.

Une première remarque : les couples homosexuels demandent leur reconnaissance en tant que familles au nom de la non-discrimination. Quand on aborde la famille sous mon angle, on ne fait pas de discrimination spécifique pour les homosexuels. La seule discrimination que je fais est basée sur l'expérience anthropologique et elle est plus large, puisqu'elle exclut de la famille toute structure non constituée d'un homme et d'une femme, réellement (ou symboliquement dans le cas d'un décès).

Une deuxième remarque : je sais bien qu'il y a des situations fort complexes et qu'il faut faire avec. Mais je refuse que la loi, donc la société, leur donne sa caution. Il y a une différence entre ce qui est toléré et ce qui est reconnu (je précise, afin qu'on ne me sorte pas l'argument habituel des connards «vous dites cela parce que vous n'êtes pas dans cette situation» que je connais une famille décomposée de très près).

Avant que vous ne soyez tentés de m'appliquer des vocables infamants (rétrograde, conservateur, etc), réfléchissez bien qu'ils n'apportent rien au débat : que je sois ceci ou cela ne compte pas.

Ce qui compte, c'est de savoir ce que les innovations légales en cours apportent.

Or, je vois bien les risques qu'elles portent, la dissolution de la famille, donc de la société (3), mais ce qu'elles apportent ? La satisfaction de caprices et de désirs d'adultes, l'approbation de la destruction de la famille, du papillonnage sexuel et sentimental, qui n'ont aucun intérêt pour la société, sauf à considérer qu'ils favorisent l'épanouissement de ses membres, ce qui est très loin d'être démontré (4).

Enfin, je sais bien que les progrès médicaux, notamment la contraception, ont un impact considérable, mais il me semble trop tôt, quelques décennies de recul, pour modifier la définition légale de la famille.

Reste une lueur d'espoir : quelques signes, comme le référendum californien refusant le mariage homosexuel, montrent que les hommes commencent à être fatigués de vivre dans une société où règne la confusion des choses et des valeurs.

(1) : un des membres du couple peut bien être le père ou la mère, l'autre membre n'est rien d'autre vis-à-vis de l'enfant que le compagnon de son père ou de sa mère, absolument rien d'autre. En tout état de cause, la loi n'a pas à donner à cette situation le statut juridique de la famille.

(2) : vous comprenez bien que c'est volontairement que je fais la distinction couple normal / couple homosexuel, et non couple hétérosexuel / couple homosexuel, qui introduit une équivalence infondée.

(3) : ce n'est pas pour rien qu'on dit la famille est la base de la société. Il est donc cohérent que ceux qui travaillent à détruire la famille (et n'y réussissent que trop bien) soient principalement ceux qui disent vouloir changer de société.

(4) : les divorcés que je connais ne me paraissent pas plus épanouis que la moyenne.

jeudi, mars 05, 2009

L'esprit frappeur

Je m'étais bien juré de n'en rien dire mais je ne résiste pas à la tentation. Certains me le reprocheront. D'ailleurs, je me le reproche déjà.

Aurélie Filipetti, député PS, porte plainte contre son compagnon, Tomas Piketty (1), économiste du PS (2), pour violences conjugales.

Décidément, dans le camp du Bien et de la Solidarité, on a la conjugalité difficile (voir François et Ségolène, Anne et Dominique).

Evidemment, le problème ne se pose pas pour les gens de droite : étant quasiment des nazis, ils n'étonneraient personne si ils massacraient femme et enfants à la tronçonneuse.

(1) : Thomas Piketty est un Emmanuel Todd bis : parce que, dans sa jeunesse, il a écrit un bouquin pas trop con qui a été bien reçu, il croit que toutes les conneries qu'il sort sont des vérités inspirées par Dieu lui-même.

(2) : je sais , c'est un oxymore.

mercredi, mars 04, 2009

La folie injectrice (27) : tous n'en sont pas victimes

Le Wall Street Journal raconte que les «venture capitalists», c'est-à-dire les amorceurs d'entreprise, font des pétitions et tiennent des blogs pour expliquer que les entreprises naissantes n'ont pas besoin de l'argent de l'Etat, n'en auront jamais besoin, qu'il est néfaste et que tous les entrepreneurs véritables devraient le refuser sans hésiter.

Quand je vois les cohortes de patrons français qui vont pleurer à larmes de crocodile pour avoir les sous détenus par Sarko, je me dis : «Véritables entrepreneurs, comptez vous !»

Les PMEs françaises à l'exportation

Sur la radio BFM, les débatteurs s'interrogeaient gravement sur la meilleure manière de faire exporter les PMEs françaises.

D'un coup, Christian Poyau, président de Croissance Plus, lassé par ses discutailleries, a sorti : «C'est simple, il suffit de baisser les impôts.»

Quelques brèves

> une loi favorisant l'homoparentalité est en préparation : que nous fassions des enfants des sujets d'expérimentation pour adultes refusant d'assumer complètement leur personnalité et leurs choix en dit long sur la perte de repères de notre société.

> il paraît que les menaces de mort dont font l'objet quelques éminences gouvernementales sont le fruit de leur politique (sous-entendu, ils l'ont bien cherché). Ca en dit long sur la perte de repères de notre société.

> il est demandé au MEDEF gaudeloupéen de reconnaître qu'il a une responsabilité dans l'esclavage ou dans l'absence de réparation de celui-ci. Ca en dit long sur la perte de repères de notre société.


> le déficit public s'élève à 5.6 % du PIB. Vous noterez l'hypocrisie de la formulation. Si la franchise était de mise, on dirait le déficit public s'élève à 20 % du budget (estimation grossière à cause des magouilles comptables, qui enverraient des citoyens ordinaires en prison, auxquelles se livrent les politiciens). Ca en dit long sur la perte de repères de notre société.

> des associations proposent de prohiber la prostitution. Ignorer la nature humaine à ce point est confondant. Ca en dit long sur la perte de repères de notre société.

> le journal Le Monde se scandalise qu'un site internet payant, faismesdevoirs.com, se propose de faire les devoirs de ses clients. Là encore, c'est se scandaliser que le soleil se lève et se couche. Le Monde ferait mieux de réfléchir sur les causes du malaise de l'école (mais ça, c'est tabou quand on a un lectorat enseignant). Ca en dit long sur la perte de repères de notre société.

> d'après Jack Lang, Raoul Castro veut réformer sa démocratie (sans commentaire).

Je plaisante avec «Ca en dit long sur la perte de repères de notre société», mais il vaut mieux rire de certaines choses plutôt que d'en pleurer.

mardi, mars 03, 2009

Guadeloupe : c'est carnaval

Le carnaval, c'est quand les valeurs sont inversées, quand ce sont les bouffons qui règnent. C'est exactement ce qui se passe en Guadeloupe.

Personne ne semble avoir relevé l'absurdité de l'injonction du gouvernement au Medef local de «faire preuve de sens des responsabilités», alors que c'est justement le seul à ne pas se soumettre au chantage des émeutiers.

lundi, mars 02, 2009

Esprit pratique contre esprit de système

Taleb donne un exemple amusant d'opposition entre esprit de système et esprit pratique.

Pour apprendre le Chinois, un homme à l'esprit de système, disons un énarque ou un polytechnicien, achètera une grammaire et un dictionnaire. Un homme à l'esprit pratique se trouvera une petite amie chinoise.

Dans la même veine, on m'a parlé d'une normalienne énarque fort brillante, adjointe d'un PDG connu ultérieurement pour son appétit de pouvoir et ses stocks-options, dont la particularité était de faire des exposés limpides, brillants, à la conclusion invariablement erronée.

dimanche, mars 01, 2009

Gran Torino

Certains disent que c'est le dernier rôle de Clint Eastwwod, ça sent à plein nez la grosse ficelle de publicitaire.

Cependant, il y a bien un coté crépusculaire.

Le charme de tout ce film que je vous encourage à voir est qu'il paraît sans cesse sur le point de tomber dans la caricature mais qu'à chaque instant un trait d'humour ou de tendresse lui redonne son épaisseur humaine.

C'est aussi une ode délicate et nuancée à l'Amérique profonde. Il est d'ailleurs amusant que les critiques des journaux français que j'ai lus aient totalement raté cet aspect du film (un critique du Monde fait remarquer sur son blog, jamais il n'aurait osé l'écrire dans le journal, que le droitier Eastwood semble plus proche du peuple que bien des réalisateurs démocrates, qui, à l'instar des degôches français, aiment le peuple avec condescendance et à distance de sécurité).

Cerise sur le gateau, ce film est une claque au «vivrensemblisme» à la mode chez les pontes (qui vivent entre eux. «Vivre ensemble», c'est pour les autres).

Un peu comme l'arrière-goût d'un bon vin, je prends un second plaisir aux films de Clint Eastwood : je me souviens que les critiques degôches qui encensent aujourd'hui Eastwood traitaient l'inspecteur Harry de nazi (ce qui est une absurdité : Harry est un asocial, individualiste forcené. Mais, sous la plume d'un degôche, une ânerie monumentale devient un moment de la conscience humaine, antifasciste, forcément antifasciste).

C'est un excellent film, tout public.