Comment faire émerger les personnalités anti-Système ? Cette question doit nous obséder pendant les cinq ans qui viennent.
Premier point à liquider tout de suite.
On va me reprocher, même si j'emploie le pluriel, d'avoir le culte, illusoire, de l'homme providentiel. Je l'assume : le lieu commun que seul le combat des idées compte et que les personnalités pour le mener apparaitront d'elles-mêmes, automatiquement, sans efforts et sans plan préconçu, et autant que de besoin, est une idée de perdants, de gens qui se cherchent une excuse commode parce que, justement, ils n'arrivent pas à faire émerger ces personnalités.
Il faut regarder les choses en face. Quand on laisse faire le hasard, on a Eric Zemmour qui est bon mais à des années-lumières de conquérir le pouvoir politique, Marine Le Pen qui est plus près de la conquête mais mauvaise comme un cochon ou Dupont-Aignan qui est plutôt bon mais qui a bien du mal à se faire entendre. En face, eux, ils arrivent à faire Macron.
Comment s'y prendre ?
Ces personnalités, il faut les détecter, les bichonner dans l'ombre, les sélectionner, puis quand elles sont prêtes, les pousser dans la lumière. C'est un des rôles des partis politiques, mais, comme il n'y a pas de parti représentant nos idées, il va falloir faire autrement.
Il est primordial, maintenant que la dédiabolisation des idées patriotes est en bonne voie (à défaut de la dédiabolisation de la famille Le Pen) d'occuper le terrain social, de faire son coming out patriote. Les idées patriotes, au moins sur l'immigration, sont majoritaires (d'après les sondages) mais sont socialement encore trop discrètes.
Une fois le patriotisme admis comme une idée politique honorable, ce qu'il n'est pas aujourd'hui (il est admis d'être vaguement patriote, abstraitement patriote, mais dès qu'on discute des mesures concrètes cohérentes avec ce patriotisme, c'est l'horreur sociale, l'équivalent de la marquise qui rôte en présence de la reine d'Angleterre), les patriotes se rendront compte qu'ils ne sont pas minoritaires et en position de faiblesse.
L'émergence de personnalités sera alors beaucoup plus naturelle et l'enchainement détecter, sélectionner, bichonner, promouvoir ne sera plus un raid vers le pôle Sud par un commando naturiste.
Pour l'instant, nous n'en sommes qu'au début, aussi étrange que cela puisse paraître car on se rappelle que le referendum de 2005 date d'il y a douze ans.
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lundi, mai 08, 2017
dimanche, mai 07, 2017
Comment faire émerger des personnalités anti-Système ?
C'est le corollaire de la question « Comment se débarrasser de Marine Le Pen ? ».
Le Système, justement parce qu'il est le Système, a toutes les facilités. Il a accès aux personnalités dès leur plus jeune âge, il peut tester et sélectionner, aider, encourager, faire mûrir ... La carrière de l'ambitieux Macron en est l'illustration parfaite.
En face, aucune de ces facilités, bien au contraire. Le front anti-FN a été très efficace sur un point fondamental : depuis trente ans qu'il fait des scores à deux chiffres, la FN n'a pas conquis assez de mandats locaux pour se constituer une pépinière de cadres expérimentés.
Comme le fait remarquer Eric Zemmour, pour la première fois dans notre histoire, la France d'en bas n'a pas de porte-parole de talent dans la France d'en haut (c'est un des signes que la France n'existe peut-être plus). Il n'y a pas de Lamartine, d'Hugo, de Jaurès en 2017. L'unanimité de la France d'en haut à appeler à voter Macron, c'est-à-dire à foutre un coup de botte dans la gueule de la France d'en bas, est terrifiante. Seuls Jean-Luc Mélenchon et Nicolas Dupont-Aignan, à qui il faut rendre un hommage appuyé pour cela, ont eu le courage de faire autre chose.
La seule personnalité de talent qui a émergé de la droite patriote a un parcours atypique. C'est Eric Zemmour (un débat Macron - Zemmour aurait eu une toute autre allure). Et il n'a pu émerger que parce qu'il n'est pas vraiment, au moins à court terme, un danger pour le Système. Il n'essaie pas de conquérir le pouvoir et il est très seul. S'il faisait partie d'une organisation se donnant pour objectif la conquête explicite du pouvoir ou le noyautage discret, les choses seraient différentes.
Pour l'instant, je n'ai pas de solution à proposer. Je ne sais pas. Le Système gouverne mal mais se défend bien.
C'est bien beau de se congratuler sur internet ou d'organiser des conférences dans des cafés où il y a trois pelés et deux tondus ou de soutenir un parti dont on sait qu'il n'arrivera jamais au pouvoir. Mais il faut regarder les choses en face : en France, le Système est plus fort et moins menacé que jamais.
En tout cas, le 7 mai 2017 est un jour de deuil et une date historique : celle de la mort de la démocratie française (1). Est-ce momentané ? Je l'ignore. J'espère que non.
*************
(1) : pour ceux qui auraient des doutes. Est-ce qu'on appelle démocratie un pays où la presse, la justice, la finance et l'appareil d'Etat sont tout entiers en faveur d'un candidat contre un autre ? On critique Poutine, mais il a aujourd'hui plus d'opposition que Macron !
Le Système, justement parce qu'il est le Système, a toutes les facilités. Il a accès aux personnalités dès leur plus jeune âge, il peut tester et sélectionner, aider, encourager, faire mûrir ... La carrière de l'ambitieux Macron en est l'illustration parfaite.
En face, aucune de ces facilités, bien au contraire. Le front anti-FN a été très efficace sur un point fondamental : depuis trente ans qu'il fait des scores à deux chiffres, la FN n'a pas conquis assez de mandats locaux pour se constituer une pépinière de cadres expérimentés.
Comme le fait remarquer Eric Zemmour, pour la première fois dans notre histoire, la France d'en bas n'a pas de porte-parole de talent dans la France d'en haut (c'est un des signes que la France n'existe peut-être plus). Il n'y a pas de Lamartine, d'Hugo, de Jaurès en 2017. L'unanimité de la France d'en haut à appeler à voter Macron, c'est-à-dire à foutre un coup de botte dans la gueule de la France d'en bas, est terrifiante. Seuls Jean-Luc Mélenchon et Nicolas Dupont-Aignan, à qui il faut rendre un hommage appuyé pour cela, ont eu le courage de faire autre chose.
La seule personnalité de talent qui a émergé de la droite patriote a un parcours atypique. C'est Eric Zemmour (un débat Macron - Zemmour aurait eu une toute autre allure). Et il n'a pu émerger que parce qu'il n'est pas vraiment, au moins à court terme, un danger pour le Système. Il n'essaie pas de conquérir le pouvoir et il est très seul. S'il faisait partie d'une organisation se donnant pour objectif la conquête explicite du pouvoir ou le noyautage discret, les choses seraient différentes.
Pour l'instant, je n'ai pas de solution à proposer. Je ne sais pas. Le Système gouverne mal mais se défend bien.
C'est bien beau de se congratuler sur internet ou d'organiser des conférences dans des cafés où il y a trois pelés et deux tondus ou de soutenir un parti dont on sait qu'il n'arrivera jamais au pouvoir. Mais il faut regarder les choses en face : en France, le Système est plus fort et moins menacé que jamais.
En tout cas, le 7 mai 2017 est un jour de deuil et une date historique : celle de la mort de la démocratie française (1). Est-ce momentané ? Je l'ignore. J'espère que non.
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(1) : pour ceux qui auraient des doutes. Est-ce qu'on appelle démocratie un pays où la presse, la justice, la finance et l'appareil d'Etat sont tout entiers en faveur d'un candidat contre un autre ? On critique Poutine, mais il a aujourd'hui plus d'opposition que Macron !
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