lundi, août 03, 2020

Glissement

Avec la perspicacité qui vous caractérise, vous avez sans doute remarqué que nous sommes subtilement passés du comptage des morts du COVID au comptage des cas de COVID.

Or, comme pour toutes les maladies à réservoir animal, il est absolument impossible d’avoir zéro cas (il y a quelques cas de peste tous les ans).

Nos autorités (bienveillantes, forcément bienveillantes), se sont mises donc en position d’état d’urgence sanitaire perpétuel, qui complète harmonieusement un état d’urgence terroriste perpétuel (les lois d’exception ayant été normalisées).

Elle est pas belle, la vie libre et démocratique ?

samedi, août 01, 2020

Une généticienne donne son avis sur l'épidémie de COVID, les masques, le confinement, la chloroquine ...

J'aurais pu être généticien !

Comme moi, elle est absolument terrifiée par l'idée du vaccin douteux et inutile obligatoire.



vendredi, juillet 31, 2020

Très très très ...




Contre le génocide par substitution (Renaud Camus)



Protocole Zelenko : Scott Adams (dessinateur de Dilbert) a oublié d'être con.




Vous noterez qu'il tient le même raisonnement qu'un NN Taleb, la dissymétrie des risques.

En matière d'intelligence, on vole des kilomètres au-dessus d'un énarque, d'un Véran, d'un Macron, d'une Karine Lacombe.

jeudi, juillet 30, 2020

Une video sur Poutine qui dit beaucoup sur nous.


Dégonfler la baudruche Onfray



La popularité de Michel Onfray est symptomatique de notre préférence collective pour les fausses valeurs car elles sont plus accessibles que les vraies valeurs.

Onfray est une escroquerie :

1) morale. C'est un défaitiste. Il n'est bon qu'à se coucher. Les défaitistes ont tort par principe.

2) intellectuelle. La littérature anti-Onfray est devenue un genre en soi (Monsieur Onfray au pays des mythes. RÉPONSES SUR JÉSUS ET LE CHRISTIANISME, Michel Onfray, une imposture intellectuelle, Contre Onfray, Michel Onfray, la raison du vide). Je ne sais pas ce que valent ces livres, mais je sais que les écrits d'Onfray sur le christianisme ne valent pas un pet de lapin.


Addendum : je ne suis pas le seul à penser qu'Onfray est un connard.



Les modèles ...

Vous savez que je considère les modèles numériques, qu'ils soient épidémiologiques ou climatiques, comme du fétichisme, pas de la science. Bref, je raconte n'importe quoi :




ICU : Intensive Care Units. Patients en soins intensifs.

Le bobo confiné


Le pire, c'est que c'est à peine caricatural. Je connais (de loin ... enfin de pas trop près) des gens vraiment comme ça.

mercredi, juillet 29, 2020

Réchauffisme et covidisme : même combat.

Les parallèles entre la peur du réchauffement climatique et la peur du COVID sont nombreux parce qu'elles ont pour cause une même maladie spirituelle et intellectuelle, qui touche principalement l'occident.

Passons les en revue :

1) le scientisme. La croyance fétichiste dans la science définie comme l'affirmation de certitudes inébranlables, de prévisions forcément justes, issues de modèles numériques hautement fantaisistes et de données chiffrées très contestables.

2) la peur irrationnelle. L'hypothèse disant qu'un éventuel réchauffement climatique est très néfaste relève de la croyance et non de la science. Au contraire, l'évolution des techniques, notamment agricoles, conduit à penser que nous saurions profiter des avantages et compenser, au moins en partie, les inconvénients. S'agissant du COVID, maintenant que l'on commence à y voir clair : le nombre de morts est sur-évalué, on a classé à peu près n'importe quoi « mort COVID » (anecdote : on a classé aux Etats-Unis « mort COVID » un accident de moto sous prétexte que le motard avait été testé positif !) et on sait que la population vulnérable commence au-delà de 70 ans. De plus, on a des remèdes (IHU, Zelenko). Bref, pas vraiment de quoi avoir peur (et puis, l'épidémie est finie en Europe depuis deux mois).

Nous finirons dans l'ordre de grandeur de la grippe de Hong-Honk en 1969. Nous devrions sérieusement nous interroger sur la différence de réaction entre 1969 et 2020 : sang-froid voire indifférence en 1969. Panique quasi-mondiale en 2020 (pas de panique en Afrique, rationalité en Asie).

Raoult, qui est loin de n'avoir dit que des conneries, a écrit un livre il y a quelques années, pour dire que l'Europe était devenue le continent de la peur (une des étiquettes pour les billets de ce blog) et que ça allait nous jouer des tours. Jean-Paul II disait « N'ayez pas peur ! » mais il est mort.

3) le remède-miracle. Les énergies « renouvelables » d'un coté, la vaccin de l'autre.

4) l'exigence de coercition. Il faut taxer, brider, empêcher, interdire, légiférer ... et faire taire.

5) la pseudo-nécessité du gouvernement mondial pour faire face. au problème Inutile que j'y revienne, Bill (Gates) vous expliquera

6) la complicité des mammouths mondialisés dans la contagion de la peur. Là aussi, Bill a des choses à vous expliquer.

7) le martèlement médiatique. On se souvient du croque-mort en chef Salomon égréant ses chiffres tous les soirs. Si on avait pareil avec n'importe quelle maladie, on aurait créé aussi une panique.

Je laisse à votre jugement la cause commune à ces deux lubies pour abrutis. Je vous rappelle cette phrase de Claude Tresmontant, que je lis en ce moment : « Les grandes catastrophes humaines sont préparées par des fautes dans l'ordre de la pensée ».

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Superstition

Nombreux sont les saints qui ont enchaîné et tué un dragon. C’était, notamment, le symbole de la victoire du christianisme sur le paganisme.

[…]

Aujourd’hui on ne croit plus en ces fariboles de l’obscurantisme. D’ailleurs on ne croit plus en rien. C’est donc le moment de réinventer les pires superstitions. Ce n’est plus un très grand dragon qui terrorise, c’est un tout petit virus. Mais la terreur est la même et le culte est aussi exigeant. Les grands-prêtres si rationnels qui nous gouvernent (et plus encore, si c’était possible, qui gouvernent les médias), ne pouvant plus offrir d’enfants (le Moloch du droit à l’avortement les a déjà pris) ont offert quelques vieux par la grâce du Rivotril. Mais surtout il fallait imposer la dictature du dieu virus. Et elle connaît aujourd’hui un regain, avec l’obligation du port du masque. Or il s’agit réellement, clairement, évidemment, d’une superstition. Voyez celui-ci, tout seul dans son jardin, avec un masque. Voyez celui-là, tout seul dans sa voiture, avec un masque. Comment craignent-ils d’être « contaminés » ? Qui craignent-ils de « contaminer » ? Et je vois ces braves gens, contaminés par la propagande de la nouvelle religion, qui déambulent dans les rues avec un masque, dans des villages et des bourgs où il n’y a pas eu la moindre contamination depuis le début de l’épidémie. Et qui sont persuadés de faire acte de vertu. D’être des saints de la nouvelle religion.

C’est une nouvelle illustration de la vérité selon laquelle quand on ne croit plus à la vraie religion on tombe dans la superstition, surtout quand on se croit rationnel, et d’autant plus esclave qu’on se croit « libéré ».

Mais comme pour tout, il y a le bon côté des choses, qui permet de sourire un peu. Sans masque. Puisque, évidemment, je ne célèbre pas mardi-gras en été, il m’est interdit par la nouvelle religion d’entrer dans les boutiques. Il faut donc faire autrement pour acheter à manger. C’est l’occasion de découvrir des marchés que je ne connaissais pas, avec de sympathiques commerçants – ceux-là qui n’ont pas de masques et qui ne sont donc pas des adeptes de la nouvelle religion, et le montrent de façon ostensible et, redisons-le, souriante, ce que ne peuvent pas faire les sinistres adeptes masqués de la nouvelle religion.

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Je suis très inquiet parce que, au stade de folie où nous sommes, toutes les catastrophes sont possibles.

On nous a enfilé le réchauffement climatique, le COVID, c'est l'escalade dans la connerie. Alors, pour la suite, je crains le pire. Le suicide collectif des blancs pour faire plaisir aux noirs ? La conversion à l'islam pour apaiser les dieux du « vivrensemble » ? Autre chose aussi farfelu et aussi con ?


Fascination

mardi, juillet 28, 2020

Cathédrale de Nantes : bon texte de Génération Identitaire.

Cathédrale de Nantes : les catholiques méritent-ils ce qui leur arrive ?

PAR  | 28 JUILLET 2020


Les trois départs de feux à la cathédrale de Nantes ont détruit entièrement un orgue du XVIIe siècle, fruit du travail d’artisan qui caractérise l’ingéniosité et la tension vers le Beau dans la civilisation européenne. Mépris incroyable à l’égard d’une foi bimillénaire qui a fait notre continent, destruction volontaire d’un trésor comme les autres nations n’en connaissent pas : on est sidéré par l’inconscience des incendiaires devant la splendeur d’un chef-d’œuvre gothique comme les touristes en visitent, fascinés, chaque année.

Remarquons qu’après Grenoble (l’incendie de Saint-Jacques en 2019), c’est encore une capitale de l’extrême-gauche qui est le siège d’une attaque anti-chrétienne. De plus, la nuit suivante, c’est la cathédrale de Rennes, autre ville rouge, qui a été la cible d’une tentative d’incendie criminel, heureusement sans suite, les flammes n’ayant pas dépassé les portes du lieu saint. Enfin, des militants extrémistes s’en amusent sans vergogne, à l’instar de leur slogan qui fleurit sur les t-shirts : « La seule église qui illumine est celle qui brûle ».

Quels qu’en soient la cause directe et les auteurs, l’attentat contre la cathédrale de Nantes a un responsable avéré : le clergé immigrationniste, qui confondant miséricorde et faiblesse, pèche gravement et de la manière la plus puérile en confiant la maison de Dieu à de sinistres inconnus. Cela n’est pas sans rappeler la collaboration de la paroisse Saint-Etienne du Rouvray, où le Père Hamel a trouvé la mort sous la lame du couteau islamiste : un terrain voisin de l’église avait été cédé aux musulmans pour y construire une mosquée. Retour de bâton ? Comment peut-on s’en féliciter ?

Ce serait ignorer qu’il ne s’agit pas seulement d’un prêtre qui a été tué, ou d’un lieu de culte catholique, mais d’un Européen représentant une religion qui a irrigué la France et l’Europe au Moyen Age ainsi que d’un culte qui marque de son empreinte architecturale, musicale, littéraire et psychologique une grande partie de notre identité. Que l’on soit catholique ou non, c’est un fait.

Il est clair que la faiblesse d’un certain clergé contribue de façon active aux ravages de l’immigration-invasion. Mais les prêtres sont des hommes, soumis aux erreurs de leur époque et aux mêmes mensonges idéologiques que les autres. Certes, on attend d’eux qu’ils se situent au-delà de ces préoccupations, mais c’est oublier qu’un prêtre est aussi un citoyen, fruit du temps et de l’espace. Cela n’excuse pas, mais fournit un début d’explication. Fondamentalement, le catholicisme est-il coupable de ce qui lui arrive ? Porte-t-il en lui les germes de sa propre mort ?

Au contraire, on peut trouver dans le catholicisme l’amour des nôtres avant les autres, comme le 4e commandement (« Honore ton père et ta mère ») que le Catéchisme explicite ainsi, lui donnant force d’obligation pour les catholiques : « Le quatrième commandement s’adresse expressément aux enfants dans leurs relations avec leurs père et mère, parce que cette relation est la plus universelle. Il concerne également les rapports de parenté avec les membres du groupe familial. Il demande de rendre honneur, affection et reconnaissance aux aïeux et aux ancêtres. » (article 2199).

Pour Saint Augustin, « Celui qui ne prend pas soin des siens est pire qu’un infidèle ». À la chute de l’empire romain, les évêques assurent la défense des cités contre l’envahisseur, Léon le Grand arrête Attila aux portes de Rome et les pays phares de la chrétienté, de l’Espagne à la Serbie, constitueront un bouclier défensif au profit de l’Europe, en face de la marée islamique. Aux sièges de Belgrade et de Vienne, à Malte, à Lépante, des moines capucins ou franciscains, connus pour leur pauvreté extrême et leur ascèse exigeante, mais aussi des Hospitaliers, mèneront les plus farouches guerriers au combat. Le bienheureux Marco d’Aviano, Saint Jean de Capistran, le pape Saint Pie V qui réunit plusieurs royaumes et républiques de la Méditerranée nord-occidentale contre les Turcs à Lépante – brisant l’expansionnisme maritime ottoman, etc. Bien sûr, le meilleur exemple pour nous autres Français demeure Sainte Jeanne d’Arc, qui combattit sans haine mais avec détermination : « Si Dieu aime ou non les Anglais, je ne sais. Mais ils seront tous boutés hors de France, sauf ceux qui y périront. »

Il n’y qu’à partir de la fin du XIXe siècle, lors de son ralliement à la République en 1873, qui le lui rendra fort mal, que des voix autorisées dans l’Eglise développeront, lentement mais sûrement, un discours plus en phase avec les nouvelles idoles politiques : le virage mondain. Et encore faudra-t-il attendre les années 60, et uniquement en Occident, pour que l’immigrationnisme se répande dans le clergé. Bien que le pape François lui donne une audience importante, le phénomène est donc très circonscrit dans l’histoire et l’espace, relativement marginal à l’échelle de l’histoire de l’Église. Pour retrouver le chemin de l’intérêt européen, l’Église doit donc faire le ménage chez elle et retrouver sa pureté. Quant aux militants identitaires, autant fils des Celtes, des Francs, d’Athènes et de Rome que de Compostelle, ils n’ont pas fini de dénoncer le clergé immigrationniste tout en défendant l’Église, la plus vieille institution de notre continent, encore debout après 2000 ans d’existence tumultueuse.

Clément Martin

Adolf traite le COVID.


On n'a pas fini d'être dans la merde.

Puisqu'on en parle :


La Frônce des énarques, monsieur !

La saga des décrets chloroquine et masques : erratum

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Cette histoire de Décrets vient de m’apporter une réponse à une énigme personnelle de 20 ans. Reçu par F Salat-Baroux (SciencePo-ENA, Conseiller Social puis Secrétaire général de l’Elysée), suite à une demande pour les chirurgiens auprès du Président Chirac, lorsque nous nous plaignions de l’appendicectomie à 95 euros, 21 jours de suivi compris, nous avions eu droit à une réponse qui nous avait laissé pantois : « Trouvez-vous normal qu’un chirurgien gagne plus qu’un énarque ? ». Je viens d’avoir la réponse : parce que si les chirurgiens agissaient comme un énarque, en changeant sans arrêt sans savoir où ils vont, le patient serait mort trois fois de suite.
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Notre folie à nous

Français, vous reprendrez bien une louche de jihadisme ?

On peut accuser nos dirigeants, qui, c'est vrai, méritent tous d'être fusillés séance tenante (nombreux volontaires pour faire partie du peloton d'exécution).

Mais le mal est plus profond : les Français sont tellement abrutis, déshumanisés (d'après Chesterton, l'homme est une machine à croire), ils tiennent tellement à la vie matérielle, qu'ils ne comprennent plus qu'on puisse tenir à une croyance au point d'en mourir. Ils pensent que, puisque nous sommes déjà morts, nous n'avons plus d'ennemis, que deux ou trois mamours, un psy et un téléphone portable gratos suffisent à régler le problème de gens qui ont trouvé un sens de la vie qui vaut, à leurs yeux, la peine d'en mourir.

Nous les prenons pour des fous parce que cela nous arrange, cela évite de nous poser trop de questions, parce que nous refusons de voir qu'ils sont ce que nous ne sommes plus : des hommes, même égarés.

Marq a raison d'appeler cela notre folie à nous.

lundi, juillet 27, 2020

Historicité des Evangiles

Si la lecture du billet Le Christ hébreu vous est trop pénible, voici une video :

The issue is never the issue. The issue is always the revolution.

Saul Alinsky, mort en 1972, est un universitaire gauchiste américain dont l'objectif était de détruire la société américaine (dans un livre dédié à Lucifer ! Au moins, les choses sont claires).

Il a eu comme élève Hillary Clinton. Barack Obama a plusieurs fois déclaré s'en inspirer. On notera qu'il a eu une influence sur les milieux catholiques français. France Insoumise l'a mis à l'honneur à son université d'été de 2017.

C'est lui qui a inventé le concept de « démocratie participative » : vous voyez, ce n'est pas le truc gentillet qui va de soi que nous présentent les journalistes pourris. C'est une arme de guerre contre la démocratie, comme l'a montré récemment en France la « conférence sur le climat ». C'est facile de comprendre pourquoi : des assemblées restreintes sont beaucoup plus facilement manipulables par des agitateurs fanatiques à la Cohn-Bendit qu'un corps électoral qui vote à bulletins secrets.

N'importe quel crasseux de l'UNEF sait manipuler une AG de boutonneux.

Sa stratégie est qu'il ne faut pas attaquer la démocratie frontalement mais l'attaquer par plusieurs biais, le supplice des mille coupures. D'où le slogan « The issue is never the issue. The issue is always the revolution », autrement dit « Le sujet n'est jamais le sujet. Le sujet est toujours la révolution ». Les féministes, anti-racistes, écologistes n'en ont rien à foutre des femmes, des noirs et de la nature (ça se voit dans la prise de décisions concrètes), ce qu'ils veulent, c'est détruire la société.

Le moyen, c'est de diviser la société en communautés, chacune focalisée sur un problème (d'où la « démocratie participative »). Ainsi, on obtient la guerre de tous contre tous et la société est détruite. C'est trop dans l'actualité pour que j'y insiste.

L'exemple de Black Lives Matter :

Saul Alinsky and the BLM Movement

Nos ennemis sont des enculés, pas des idiots.

Le remède est simple (dans le principe) : la transcendance. Montrer qu'un homme n'est pleinement humain que s'il se dévoue à construire et à transmettre quelque chose de plus grand que lui (et ne pas hésiter à montrer des conséquences positives concrètes). Encore faut-il avoir cet idéal unificateur. Pour la France et l'Europe, je ne vois pas d'autre candidat que le Christ, mais peut-être manqué-je d'imagination.


dimanche, juillet 26, 2020

Le Christ hébreu (C. Tresmontant)

Soyons clair et sans détours, le titre de cet ouvrage m'a immédiatement fait penser à ça :



De Tresmontant, je connais le fils, critique gastronomique à Causeur. Je pars de loin !

Allez, trêve de plaisanteries, au boulot !

Ce livre de Claude Tresmontant de 1983 est passionnant par son audace intellectuelle. Il démontre (je n'ose écrire « de manière définitive » parce que je ne suis pas un spécialiste mais, en tout cas, de manière très convaincante) que l'hypothèse issue de l'exégèse allemande du XIXème siècle, à savoir que la mise par écrit des Evangiles est tardive (fin du 1er siècle, début du 2ème siècle), est erronée.

Ce livre (son destin) est, aussi, désespérant : il n'a pas été tant contredit qu'ignoré. Quant on regarde Wikipedia, c'est toujours l'hypothèse tardive qui prévaut.

Les arguments de Tresmontant

♘ argument historique : les troupes de Titus incendient Jerusalem et rasent le temple en 70. Il n'y en a aucune trace dans les Evangiles (les traces présentées comme telles par les exégètes sont très peu convaincantes. Même moi, simple amateur, je m'étais fait la réflexion). D'après l'hypothèse tardive, c'est comme si les disciples d'un prophète berlinois des années 1930 (prénom Adolf pas obligatoire) transcrivaient son enseignement dans les années 70 sans jamais laisser un seul indice de ce qu'avait subi Berlin en 1945. Très peu vraisemblable.

♘ argument culturel : les juifs du 1er siècle n'étaient pas des papous de Nouvelle-Guinée (il y a des papous en Nouvelle-Guinée ?). Le taux d'alphabétisation était loin d'être ridicule et Jerusalem pullulait de lettrés. Là encore, il n'est pas très vraisemblable que les disciples aient attendu 70 ans pour coucher sur le papyrus l'enseignement du maitre. Tresmontant pense même que certains passages sont de la prise de notes directe, comme ses étudiants.

♘ argument lexicographique : c'est 99 % du livre et c'est très pénible à lire. Tresmontant recense beaucoup (si ce n'est toutes) d'expressions dans le texte grec des Evangiles qui sont des décalques mot à mot d'expressions hébraïques incompréhensibles (comme « les fils de la tente nuptiale ») à un lecteur de culture grecque . En revanche, elles sont compréhensibles à un lecteur de langue grecque et de culture hébraïque comme l'étaient les juifs dispersés autour de la Méditerranée. Tresmontant en conclut que les Evangiles ont été écrits pour ces juifs dispersés et non pour les gentils. Donc les Evangiles ont été écrits avant l'évangélisation des païens. Or, elle commence très tôt, dans les années 40 (premier voyage missionnaire de Paul : 44).

♘ argument de la cohérence : les Evangiles sont très cohérents entre eux (certes, cette cohérence est renforcée par l'élimination des évangiles apocryphes). Il est invraisemblable qu'une falsification tardive des textes (hypothèse allemande : rédaction tardive et les rédacteurs se sont laissé aller à leur fantaisie) génère une telle cohérence. Puisqu'on admet que la rédaction n'a pas eu lieu à un endroit unique à une date précise, il ne peut y avoir de coordination dans le mensonge.

Tresmontant a des mots très sévères pour l'hypothèse allemande (et il parle de ... Heidegger !). Je ne les répète pas, on va encore me taxer de germanophobie. Ca fait penser à la blague anglaise : « Shakespeare est un imposteur. Ses pièces ont été écrites par un auteur mystérieux ... qui s'appelait aussi Shakespeare ». 

Tresmontant étrille l'école allemande, dont la démarche sous-entend qu'on ne peut connaître que les croyances des premiers chrétiens à propos du Christ et non le Christ lui-même.

Pour Tresmontant, il y a beaucoup de confusion sur le mot « foi », puisque le mot hébreu qu'on traduit ainsi fait référence à une connaissance objective, on n'est pas loin du contresens pur et simple.

Tresmontant remarque que Jésus ne dit jamais « notre Père », il dit soit « mon Père », soit « votre Père » (« quand vous priez, dites "notre Père ..." » est un équivalent de « votre Père »). En christologie orthodoxe, c'est l'évidence : Jésus, Dieu fait homme, ne peut avoir les mêmes relations au Père que les hommes ordinaires. Cette règle n'est jamais prise en défaut. Là encore, cela prouve la grande cohérence des Evangiles.

♘ argument des noms : ce n'est pas dans Tresmontant, mais comme je trouve cet argument élégant, j'en profite. La fréquence des noms dans les Evangiles correspond à la fréquence des noms trouvés par les archéologues sur les tombes du 1er siècle, qui n'est pas la même que sur les tombes du 2ème siècle. C'est impossible à falsifier : essayez, en notre époque de Kevin et de Samantha, d'écrire un roman sur la France de 1900 en ayant une répartition juste des noms.

Je n'ai aucun problème à me couler dans les raisonnements de Tresmontant. L'hypothèse tardive a toujours heurté mon bon sens. Voilà des gens dont on sait qu'ils voyagent beaucoup autour de la Méditerranée, qu'ils correspondent beaucoup, qu'ils ont parmi leurs correspondants des lettrés et ils auraient attendu 70 ans pour rassembler la parole du maitre dans un écrit ? Ca ne tient pas la route.

Il suffit d'aller à la messe pour le savoir : il y a toujours un missel, un lectionnaire, un support écrit. Vous me direz « ce n'est pas la même époque ». Assurément. Mais la contrainte reste : comment enseigner à une communauté dispersée ? L'enseignement oral, comme Homère ? Bien sûr, mais quand on a l'écrit, on serait bien bête de ne pas l'utiliser. 

L'Evangile selon Saint Jean

Tresmontant fait un sort particulier à l'Evangile selon Saint Jean.

Chacun sait qu'il est le plus théologique, le plus intellectuel. A l'évidence, Jean a compris des choses, des allusions, des références, que les autres n'ont pas bien comprises. Pour Tresmontant, Jean est un jeune prêtre du temple, c'est pourquoi il reste anonyme, il se désigne toujours par une périphrase « le disciple que Jésus aimait », « le disciple qui s'est penché sur la poitrine du Seigneur ». Il ne veut pas d'ennuis avec la police, comme dirait Coluche.

Et loin d'être le dernier évangile (d'après l'opinion dominante), c'est le plus précoce (je suis très content : je le pense depuis longtemps. OK, je sais, biais de confirmation).  L'article Wikipedia que je vous ai mis en lien au début est totalement faux sur les conditions de rédaction.

Tresmontant en repasse une couche sur la philosophie nihiliste allemande, fondamentalement anti-juive et anti chrétienne. Il n'a pas besoin qu'Heidegger lui dise en personne qu'il est nazi puisque Tresmontant a bien compris que sa philosophie l'est. Notez que Tresmontant écrit cela en pleine époque où il est de bon ton dans l'intelligentsia française de dédouaner l'existentialiste en chef de son nazisme.

Tresmontant ne peut cacher son admiration de Saint Thomas d'Aquin, qui redresse des erreurs de traduction par des raisonnements théologiques.

Tresmontant passe une rafale aux exégètes abrutis qui prennent le Cantique des Cantiques pour un recueil de chansons de corps de garde. Il faut vraiment n'avoir aucune sensibilité. Toujours le problème du spécialiste-mais-idiot. Evidemment, si on considère que Saint Bernard a déjà tout dit sur le Cantique des Cantiques, il y a nettement moins besoin d'exégètes et c'est embêtant de perdre son boulot.

Tresmontant en profite pour assassiner une fois de plus les penseurs allemands Fichte, Kant (visiblement, il n'est pas ébloui par la morale kantienne), Hegel, Marx, Nietzsche et Heidegger. Comme ils ne supportent pas l'idée juive de création, ils réduisent (comme le pape et le clergé de 2020 !) Jésus à une morale insipide pour le discréditer (je ne sais pas si le discrédit est le but du clergé et du pape actuels mais ils y parviennent très bien). Bien sûr, Jésus est beaucoup plus que cela, il est le fondateur de la Nouvelle Alliance. 

Le corps

Tresmontant fait un sort (sans le savoir) à Michel Onfray : la Bible et donc l'Eglise ne méprisent pas le corps, loin de là. Il s'appuie sur le Cantique des Cantiques et d'autres exemples et sur le vocabulaire hébreu, qui ne sépare pas le corps et l'âme de manière nette.

Il dit explicitement qu'il n'est pas gnostique, ce qui nous ramène à Harouel. Il a bien compris que la gnose pourrit le monde actuel.

Rasoir d'Ockham

Bref, l'hypothèse la plus vraisemblable, celle qui demande le moins de contorsions intellectuelles (rasoir d'Ockham), est qu'il a existé un prophète juif nommé Jésus, mort crucifié, dont les disciples croyaient qu'il était Dieu fait homme, qu'il était revenu des morts, et qu'ils ont rédigé des recueils de sa vie et de ses paroles, que nous connaissons sous le nom d'Evangiles, quelques années (et non quelques décennies) après ces événements. 

Le biais de l'exégèse moderne  

Il y a en exégèse moderne une tendance qui consiste, sans forcément le dire de manière aussi brutale, à prendre les premiers chrétiens pour des menteurs, ou, au minimum, des falsificateurs. 

Notamment, toutes les identifications traditionnelles (comme : auteur du quatrième Evangile = disciple que Jésus aimait) sont considérées comme douteuses. Bien sûr, c'est illogique, on ne voit pas pourquoi les identifications traditionnelles seraient forcément erronées.

En revanche, on comprend bien pourquoi les exégètes contemporains font cette hypothèse : si les Evangiles et les traditions sont à peu près vrais, il y a nettement moins besoin d'exégètes, tout a déjà été dit et beaucoup mieux que par nos modernes savants.

L'exégèse dominante évolue en forme « oui mais non ». On admet quand même qu'il ait pu y avoir des écrits précoces mais on fixe toujours la rédaction des Evangiles à une date tardive. C'est évidemment une feinte de balayeur pas très reluisante. 

Je crois que le fond du problème, c'est que, nous, modernes, croyons qu'il y a toujours quelque chose à découvrir, une vérité cachée. Mais ils se peut, dans le cas des Evangiles, que non, que, en gros, la tradition soit véridique.

L'enjeu religieux

Bien sûr, cette querelle exégétique a un enjeu religieux : plus on repousse l'écriture des Evangiles par rapport à la prédication de Jésus, plus la pertinence de l'Eglise diminue. Plus on peut l'accuser de falsification. Et inversement. Si les Evangiles sont précoces, la probabilité qu'ils soient authentiques augmente.

Pas étonnant que l'hypothèse tardive soit populaire dans les pays protestants. Il est dommage que bien des exégètes catholiques ou orthodoxes soient tombés dans le panneau. 

Comme en toute chose, il est bon d'aller à l'essentiel : l'hypothèse tardive vient d'incroyants (même quand ils sont prêtres !) qui veulent justifier leur incroyance. Et si l'Eglise catholique (pas toute entière) adhère à cette thèse, c'est juste une preuve supplémentaire qu'elle a perdu la foi.

Ca nous ramène à l'actualité : Raoult, la chloroquine, tout ça ... Ce n'est pas parce qu'une hypothèse est la mieux argumentée (celle de Tresmontant ou de Raoult) qu'elle est admise par la majorité. Il y a des biais, des enjeux, des positions à défendre, des cours à ne pas démentir, des carrières à ne pas discréditer. 

Vous remarquerez que la démarche intellectuelle de rejet est la même : l'érudition pointue, l'expertise, annihilent le bons sens, le recul, la mise en perspective. 








samedi, juillet 25, 2020

Il n'y a pas de montée de l'insécurité.

Richelieu. L'aigle et la colombe (A. Teyssier).

Ca fait du bien à lire après le cloaque nazi des déconstructeurs. Ca change des sinistres clowns qui  nous dirigent en 2020. Les romantiques nous laissé l'image fausse de l'homme rouge des Trois Mousquetaires. Pourtant, Victor Hugo ne peut s'empêcher de lui rendre hommage.

Richelieu (1585-1642) est un fervent catholique au point d'en être superstitieux, c'en est même amusant. Il est aussi un théologien tout à fait honnête. Le nihilisme n'est vraiment pas son truc.

Richelieu, malgré des journées de travail harassantes, de quatorze, quinze, heures, entend ou célèbre la messe tous les jours.

On remarquera que deux hommes qui ont joué un grand rôle dans la construction ou le rétablissement de l'Etat français étaient catholiques, non seulement de foi intime, mais aussi dans leur manière de penser la politique : Richelieu et De Gaulle.

Mais ils ne mélangent pas les ordres : au confesseur du roi qui lui donne son avis politique, Richelieu répond vertement qu'il n'y entend rien, qu'il se mêle de ses affaires, c'est-à-dire de la religion et de rien d'autre.

Le cardinal est un homme d'Etat exceptionnel, qui a une règle : l'homme d'Etat pèche par omission, en ne faisant pas ce qu'il doit faire. Beaucoup plus que par action, car l'homme d'Etat a le droit de se tromper.

Il forme avec Louis XIII un couple très efficace.

Les dépêches de Richelieu sont élégantes, nettes, concises, sans mots pédants. Sa volonté est claire. C'est l'anti-énarque.

La théologie du pouvoir

Un Prince chrétien est à nul autre pareil : comme le Christ s'est sacrifié sur la croix, il doit se sacrifier pour le bien du royaume. Le pouvoir est un sacrifice quotidien. Nous sommes très loin des jouisseurs du pouvoir macrono-umpistes.

Comme l'Eglise est la tunique sans couture du Christ, l'unité du royaume est première. Non pas dans l'immédiat, mais dans l'avenir. Le Prince doit toujours avoir un coup d'avance. Richelieu émerveille les observateurs par sa capacité à anticiper les objections, à prévoir les coups fourrés.

Un but, des moyens

La politique de Richelieu est très clairement affiché dès ses premiers mémoires à Louis XIII en 1624 et ne variera pas de ses 18 ans de ministère. Sa franchise et sa fermeté font beaucoup pour la confiance que lui accorde ce roi aux multiples qualités mais si peu sûr de lui.

Le but : l'ordre au-dedans, la puissance au-dehors (on aimerait que nos politiciens aient ces objectifs là et aussi clairs dans leur tête).

Les moyens : rétablir le prestige de la couronne en réduisant les grands féodaux et l'Etat dans l'Etat huguenot, s'allier aux protestant anglais et allemands contre les Habsbourg d'Espagne et d'Autriche.

Rétablir les finances et la puissance militaire de la France.

L'action : le grignotage

La France étant très affaiblie, à l'intérieur et à l'extérieur, Richelieu ne peut attaquer bille en tête. Il adopte une stratégie périphérique de patience : il grignote, il circonvient. Sa persévérance sans faille, face à des adversaires moins résolus, le sert.

Subtilement (de sa part, c'est presque normal), il met Rome de son côté, en faisant comprendre au pape, par divers émissaires, que, certes, la France s'allie avec des princes protestants allemands tandis que l'Espagne se réclame d'un catholicisme intransigeant, mais que, dans l'équilibre concret des pouvoirs en Europe, le pape a moins à craindre de la France que de l'empire des Habsbourg.

Il réussit à définir une politique religieuse qui n'est ni gallicane ni ultra-montaine.

Ce faisant, il désamorce une partie du contenu religieux de la querelle entre dévots et huguenots.

A l'intérieur, il ne dit rien, mais il agit. Il laisse dépérir des prébendes et des commissions. Il « oublie » de faire nommer des successeurs quand des postes deviennent vacants.

Peu à peu, l'ordre et les finances se rétablissent.

Quand les ennemis (intérieurs et extérieurs) de la France prennent conscience du danger, il est déjà trop tard pour eux.

Pourtant, il n'arrivera jamais à se mettre dans une position telle qu'il puisse supprimer la vénalité des offices, alors qu'il a bien conscience que c'est indispensable à long terme.

L'action : la mise au pas

Richelieu est patient mais il tout de même pressé par le temps. Sa santé est fragile et le désordre n'a que trop duré.

En 1626, le roi convoque une assemblée des notables, qui refuse de prendre ses responsabilités. Richelieu est déçu, il passe outre, il va de l'avant sans le support de cette auguste assemblée. On le traitera de tyran, mais si les classes dirigeantes ne lui avaient pas abandonné le pouvoir pour mieux défendre leurs intérêts au mépris du bien commun, on n'en serait pas là (air connu). Toujours est-il que la prochaine assemblée de notables se tiendra en 1788 avec les suites que l'on sait.

Dès qu'il a un peu de marge de manoeuvre financière, après trois ans de pouvoir, il passe à l'action.

En 1627, commence le siège de La Rochelle. Il va durer onze mois et être terrible pour les habitants. Mais rien ne peut détourner le roi de son exigence d'ordre et de justice : pas d'Etat dans l'Etat.

La scène, digne d'une image d'Epinal, du roi prêtant main forte aux terrassiers de la digue voulue par Richelieu, afin d'empêcher le ravitaillement anglais, n'est pas seulement de la propagande. Ou, plutôt, elle est de la propagande significative, véridique. Le roi ne cédera pas : il connaît la leçon de son père Henri IV (que les Français de 2020 sont en train d'apprendre à nouveau à leurs dépens),  « il n'y a pire perte que la perte de l'Etat ». 



Mais Richelieu étant ce qu'il est, c'est ensuite lui qui se démène, après la reddition, pour que La Rochelle retrouve sa prospérité.

Le mauvais exemple

Nous avons un témoignage très sûr, puisque Michel de Marillac, garde des sceaux, et opposant au cardinal, est d'accord sur ce point avec Richelieu : la noblesse, d'épée et de robe (1), donne un très mauvais exemple d'égoïsme, de vanité, de corporatisme, de mépris du bien commun et, bien trop souvent, de trahison pure et simple (contrairement à ce qu'on entend parfois, la conscience nationale était déjà formée et la trahison était bien vécue comme telle).

Richelieu s'efforce de rappeler aux nobles que leurs grands privilèges sont la contrepartie de bien lourds devoirs. C'est pourquoi il n'hésite à faire tomber des têtes (Chalais, Montmorency-Boutteville, Saint-Mars. Dans deux cas, la famille du condamné fait enlever le bourreau, espérant sursoir l'exécution. Elle la transforme juste en horrible boucherie par un maladroit désigné volontaire. Bourreau, c'est un métier).

Les réseaux

Il faut bien comprendre que Richelieu ne dispose pas d'une administration moderne. Il doit se constituer des réseaux d'informateurs et de relais. Ayant compris l'importance de l'opinion publique naissante, il a aussi une armée de libellistes à son service.

La journée des dupes

La 10 novembre 1630, la reine-mère Marie de Médicis (représentante de la féodalité, qui ne raisonne qu'en termes de relations personnelles et non d'intérêt national, que son époux Henri IV surnommait élégamment « la grosse banquière ») croit obtenir du roi Louis XIII (qui a 30 ans) le renvoi de Richelieu. La rumeur court Paris tout le 11 novembre. Richelieu songe à se retirer de lui-même, ses amis l'encouragent à rester « qui quitte la table perd la partie ».

Louis XIII est un roi très peu sûr de lui, maintenu dans l'ignorance et dans l'abandon toute son enfance, mais il a une haute idée de ses devoirs. Malgré le poids du génie de Richelieu, il décide de le garder. Le 11 novembre au soir, il l'invite à son pavillon de chasse de Versailles. Les anti-Richelieu ont été joués. Leur haine pour le cardinal n'aura plus de limites.

La haute politique

La question qui oppose Richelieu au parti dévot, au-delà des ambitions personnelles qui ne comptent pas pour rien, est la suivante : quelle est la priorité ? Mettre au pas les huguenots français, y compris en s'appuyant sur l'Espagne, ou lutter contre les Habsbourg bien que la France ne soit pas totalement en état de marche ?

Pour Richelieu, une fois le siège de La Rochelle victorieux, il est plus que temps de se retourner contre l'empire des Habsbourg qui encercle la France (Pays-Bas, Autriche, Italie, Espagne) mais qui a d'énormes difficultés de communication (essayez donc de faire passer des troupes d'Italie aux Pays-Bas).

J'ai tendance à penser que Richelieu avait raison.


Louis-Dieudonné

Le 5 septembre 1638, nait, après 23 ans de mariage, Louis-Dieudonné, futur Louis XIV. Cet héritier est une délivrance, et pourtant, le pire reste à venir.

L'affaire Cinq-Mars

A partir de 1639, le roi s'éprend d'un jeune favori, le marquis de Cinq-Mars (l'inclination homosexuelle est claire, même si elle ne fut pas consommée). Loin d'être le héros qu'en a fait Alfred de Vigny, Effiat est vaniteux, fourbe, méchant et ambitieux. Il méprise le roi comme on méprise un amant qui se laisse trop humilier.

Il s'acoquine avec Monsieur, frère du roi, Gaston d'Orléans, dans un complot qui vise ni plus ni moins à assassiner Richelieu, à mettre Louis XIII sous tutelle et à conclure avec l'Espagne une paix défavorable à la France. L'Etat est en danger.

Heureusement, comme souvent, les comploteurs sont peu discrets et le cardinal bien renseigné. Cinq Mars a eu l'imprudence de se moquer du roi devant témoins, propos qui sont rapportés à Louis XIII. Le complot est dévoilé et la foudre royale tombe. Les têtes des conspirateurs aussi.

Mais cette affaire a créé une faille entre le roi et son principal ministre : Louis XIII a fait des confidences à Cinq Mars disant que le joug du cardinal lui pèse. Pour les quelques mois qui restent à vivre à Richelieu, Louis XIII lui en voudra de l'avoir remis dans son devoir. Et Richelieu s'attriste de la faiblesse de caractère du monarque. 

Une agonie sereine

Le cardinal est perclus de maladies (dont des hémorroïdes qui le font surnommer « cul pourri » par ses ennemis). Son agonie est longue. Sa sérénité effraie même ses amis. 

Voilà un homme qui ordonné des exécutions, déclaré des guerres et qui ne semble pas effrayé de rencontrer son Créateur.

Il s'en est expliqué lui-même à la fois comme théologien et comme homme d'Etat : l'homme d'Etat a des devoirs qui ne sont pas ceux de l'homme ordinaire. Les vertus privées ne sont pas les vertus publiques. Or, d'après l'étalon qu'il nous donne, Richelieu n'a pas failli à ses devoirs publics.


Une philosophie politique

Nous sommes trop habitués à l'Eglise catholique des eunuques, des couilles molles et des pédés, telle qu'elle est depuis un demi-siècle, à cette Eglise suicidaire (car, oui, encourager, ou même simplement tolérer, l'immigration musulmane massive en Europe - comme le font trop de mitrés- est un suicide pour l'Eglise romaine. La seule position admissible, c'est le combat contre cette immigration, comme nous avons combattu aux croisades).

Par lâcheté, par pusillanimité, par manque de foi (je le dis et l'assume), l'Eglise s'est réfugiée dans le culte de l'individu, négligeant totalement les collectivités (en cela, elle a cédé à la mode beaucoup plus qu'elle ne croit). En particulier, elle se complait dans la pitié pour certains individus, se voilant la face sur la dangerosité de cette pitié pour une civilisation entière.

Ce détour par l'Eglise contemporaine est pour vous faire comprendre Richelieu par contraste.

Richelieu n'était pas de cette Eglise là, il était d'une Eglise qui croyait à la nécessité de la Foi agissante. Ce n'est évidemment pas un hasard si les écrits politiques du cardinal alternent avec les écrits théologiques. Les deux sont indissociables dans son esprit. Il ne pensait pas pécher en étant un ministre dur et exigeant, ses critères étaient la justice et le bien commun.

Un ministre de cette trempe nous manque.





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(1) : sous la monarchie, les parlements sont des cours de justice. Les parlementaires sont donc des magistrats. Un de leur rôle est d'enregistrer les lois. Ils peuvent s'opposer au roi en usant de leur droit de remontrance. Le roi peut briser cette opposition, en forçant l'enregistrement, ce qu'on appelle un lit de justice. S'ils continuent à résister, le roi peut les exiler.

Ils touchent les « épices ». C'est, tout simplement, de la corruption institutionnalisé, pour rendre des jugements en faveur de telle partie (la plus riche, évidemment). Louis XV et Louis XVI essaieront de réformer ce sytème mauvais.
Un peu comme les bobos d'aujourd'hui, la noblesse de robe, les robins (dont faisait partie Montesquieu), souvent ridiculisés par Molière, est entièrement absorbée par les soucis égoïstes et corporatistes et néglige totalement le bien commun.

Ils ont été un obstacle constant pour les rois depuis Henri IV (sauf pour Louis XIV, qui a su les mettre au pas). Leur bêtise, leur égoïsme, ont fini par avoir la peau de la monarchie. Voltaire les appelait « les boeufs-tigres, bêtes comme des boeufs, méchants comme des tigres ».

Dans La disgrâce de Turgot, Edgar Faure a bien analysé comment les parlementaires tenaient lieu d'opinion publique à une époque où celle-ci n'avait pas de voix et comment ils ont été liquidés quand les événements révolutionnaires lui en ont donné une.

François Mitterrand, qui connaissait l'histoire de France, a dit un jour : « les juges ont eu la peau de l'ancien régime, prenez garde qu'ils n'aient pas la peau de celui-ci ». En France, par tradition, les magistrats sont des irresponsables malfaisants. Et rien dans l'actualité ne contredit ce jugement historique.

Le seul traitement qui convient aux magistrats français est celui de Louis XIV, se présentant au parlement de Paris le fouet à la main, ou celui de son grand-père Henri IV, s'adressant au parlement de Toulouse avec les grosses dents « je sais ce que vous avez dans le ventre et, croyez moi, je saurai vous faire entendre raison, pour le bien de mes Etats, dont je suis seul garant ».


vendredi, juillet 24, 2020

Désertion, incendies, profanations : l'Eglise de France mérite ce qui lui arrive.



Je le dis souvent : vous voulez faire quelque chose pour la France ? Allez à la messe tous les dimanches.

J'oublie d'ajouter que ça demande du courage : vous risquez d'entendre et de voir des choses qui vont provoquer chez vous une bonne grosse honte.  Mais (au moins si vous habitez dans une grande ville) il y a des solutions : on trouve toujours une paroisse avec un curé pas trop atteint.

Identité française: un sursaut est-il encore possible ? Il y a coïncidence entre l’écroulement de notre culture et celui de l’Église.


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On ne peut pas comprendre la médiocrité – quand ce n’est pas carrément l’absence – des réactions de notre personnel politique face aux permanents actes anti-chrétiens si l’on oublie que la République s’est construite contre l’Eglise. Pour parler comme les libéraux, c’est son « logiciel », dans son « ADN ». Un an avant la loi de 1905, l’affaire des fiches révélait, au sein de l’armée, un vaste système de fichage – commandé par le ministère – visant à brider l’avancement des officiers catholiques.

Cependant que les anticléricaux, athées, libre-penseurs en tout genre menaient virilement le combat culturel dans les gazettes et les écoles, l’Etat expulsait les congrégations, soutenait les loges et, donc, abattait enfin « l’infâme ».

On le sait, durant une génération, l’Eglise tenta de résister, cherchant un modus vivendi avec la République qui la haïssait. Mais, après le catholicisme social d’un Lamennais qui était un aberrant compromis avec l’air du temps, l’affreux sulpicianisme dans lequel elle sombrait à la veille de la guerre disait combien elle manquait déjà de chair. Elle se soumit et commença à produire un nouveau genre de catholiques, honteux, plus obsédés par les œuvres que par leur salut. Victorieuse, la République s’amusait des querelles qui animaient son ancienne ennemie héréditaire.

Cela dit, il y avait les fidèles, qui continuaient de se rendre à la messe. En 2018, dans Comment notre monde a cessé d’être chrétien, l’historien Guillaume Cuchet démontrait comment, jusqu’au début des années 1960, les églises étaient encore pleines ; c’est à ce moment-là, en quelques années seulement, qu’elles se vidèrent. Les enfants du baby-boom furent donc les premiers à refuser le rituel. Parce que leurs parents furent également les premiers à ne plus les y contraindre.

Vatican II, qui est l’introduction de l’esprit du protestantisme dans l’Eglise, justifia ce reniement en promouvant la liberté de conscience. En réduisant pour ainsi dire la foi à une affaire personnelle, ce concile péteux, cornaqué par des personnes extérieures à l’Eglise, fut un prodigieux accélérateur du déclin de celle-ci.

Le temps de Dieu n’est pas celui des hommes ; c’est en suivant ce principe que, durant deux millénaires, l’Eglise put traverser cent hérésies et révolutions ; en s’arrimant au monde par peur de se l’aliéner, elle perdit sa force, sa grandeur et son charme. De nos jours, il n’y a plus que dans certains monastères et dans le mouvement dit traditionnaliste que l’on trouve encore des clercs érudits, souriants, combattifs, plus préoccupés par les âmes du peuple de Dieu que par le sort des migrants et avec qui l’on peut prier sans être perturbé par d’immondes dessins d’enfants ou des chants qu’on dirait écrits par une chaisière fan de Calogero.

Disons-le tout net : l’Eglise en France n’a pas volé le triste destin qui est le sien aujourd’hui. En tant qu’institution, elle œuvre sans relâche, avec une admirable constance, à sa propre destruction. Face à l’effondrement de la pratique religieuse, elle continue de servir la soupe insipide qui fait fuir tant de jeunes gens qui, à un âge où l’on est souvent saisi par un magnifique sursaut d’absolu, préfèrent logiquement se tourner vers d’autres religions, à commencer bien sûr par l’islam. La crise des vocations, elle, découle directement du célibat des prêtres devenu insupportable non pas du fait de tentations plus nombreuses mais de l’acceptation de ces dernières, d’une miséricorde mal comprise et encore plus mal professée. Comme l’Eglise réformée dont elle suit le pathétique chemin, l’Eglise catholique se transforme en une sorte d’association où, le dimanche, par habitude plus que par conviction, des CSP+ hagards viennent prendre leur dose hebdomadaire d’« humanisme » en écoutant beugler de girondes Africaines évadées de Sister Act.

[…]

L’« émotion » parfaitement artificielle que cet incendie [de Notre Dame de Paris] a produite dans les médias – un peu à la manière du saccage de l’Arc de Triomphe durant le mouvement des Gilets jaunes – disait moins, en tout cas chez les politiques, le chagrin de voir fondre la mère des cathédrales du pays que celui de perdre une fraction de ces dizaines de millions de touristes sans lesquels la France ne serait plus le bronze-cul de l’Europe et le musée du monde.

D’ailleurs, l’attentif aura remarqué que, dans la langue politico-journalistique, Notre-Dame était appelée « monument » ; sa qualité d’église était secondaire et même accessoire ; à travers ce spectaculaire brasier, c’étaient pour les revenus tirés du patrimoine qu’éditocrates, économistes et parlementaires pleuraient. Certes, il y eut bien quelques brefs « sujets » sur des catholiques à serre-tête qui, à l’instar des impuissants « Veilleurs » de la Manif pour Tous, faisaient leur chapelet à Saint-Michel. Mais ils ne firent rien d’autre, animés par un fatalisme que leur envient les bouddhistes auxquels ces vétérans des JMJ et de Taizé ressemblent tant sans le savoir.

[Incendie de la cathédrale de Nantes]

Par la voix du nouveau Premier ministre, ce pauvre Jean Castex qui nous ramène aux heures les plus sombres de la IVe République, l’Etat s’est engagé à réparer les dégâts comme l’avait fait, avec son emphase coutumière, Macron pour Notre-Dame. Je n’ai pas vérifié, je le confesse, mais je parie que, face à cet énième sacrilège, l’Eglise s’est contentée de pondre une déploration sans âme, « équilibrée », qui n’accuse personne et ne réclame rien, et qui doit même remercier, en plus des vaillants pompiers, les autorités venues pour une fois soutenir les catholiques en tant que minorité.

A l’heure où une jeune aide-soignante lyonnaise, Axelle, vient de mourir sous les coups de la « diversité », il convient de noter qu’il y a coïncidence entre l’écroulement de notre culture et celui de l’Eglise. C’est très clairement dans les années 1960 que la France a commencé à ne plus être la France.

L’immigration africaine de masse, l’internationalisme socialo-communiste, la construction européenne, la sous-culture américaine, la colère des petits-bourgeois libertaires s’allient alors pour nous faire basculer dans une autre temporalité, un autre paradigme. On assiste à une grande inversion des valeurs. Comme une digue, l’Eglise contenait ce mouvement ; en tombant, elle entraîne le pays dans sa chute. Car comme l’écrit Malraux, une « civilisation est tout ce qui s’agrège autour d’une religion ».

C’est le catholicisme qui a fait la France, modelé ses mœurs et forgé ses coutumes. Le principe libéral selon lequel une société tient par le contrat est un échec total, hormis pour de rares privilégiés qui, dans leur Aventin de Montreuil, profitent égoïstement des fruits de leurs idéaux cependant que le peuple, lui, vit dans une constante insécurité culturelle et une insécurité tout court.

La nature ayant, bien entendu, horreur du vide, l’islam, par le truchement du regroupement familial et d’une natalité exubérante d’abord, vient remplacer le catholicisme. Et ce ne sont pas les risibles « valeurs de la République » qui vont l’en empêcher ; au contraire, elles se mettent à son service.

Durant cinq décennies, les libéraux ont cru que les musulmans finiraient par apostasier, par se convertir eux aussi à la poursuite du bonheur, c’est-à-dire au néant. Désormais, en plus de ces libéraux qui continuent d’y croire contre toute évidence, contre les faits – mais il est vrai que le réel ne les intéresse pas, que pour eux le faux est un moment du vrai – nombre d’entre eux s’accommodent de l’islamisation du pays et la subséquente violence qu’elle engendre. Ces derniers sont comme le personnage principal du Soumission de Houellebecq : ils font avec, convaincus en leur for intérieur, comme tout bon libéral qui se respecte, que tout change, évolue, qu’il faut s’adapter, et que l’on n’y peut rien.

Seule la tradition est révolutionnaire. Il ne saurait y avoir de reconquête sans réveil de l’Eglise – n’en déplaise à l’excellent Michel Onfray. Ceux qui, dans notre camp, prétendent que nous pourrons nous en sortir sans sueur et sans larmes sont soit d’une naïveté criminelle, soit des imbéciles, soit des pleutres.

Français, combien d’entre vous devront mourir avant que vous le compreniez ? 
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COVID : la folie en arrange plus d'un.

La réalité est claire et sans ambiguïté : l'épidémie de COVID est finie en France depuis deux mois.

Il suffit de regarder les courbes tout à fait officielles du rapport de Santé Publique France du 23 juillet, c'est flagrant (ne vous contentez pas du résumé, orienté pour faire peur).



Alors pourquoi ces conneries avec les masques ? Pourquoi cette folie collective ?

La réponse est très simple : le pouvoir. Le masque est une muselière.

La peur est un excellent moyen de contrôle des populations, surtout les populations d'abrutis.

Comprenez moi : je ne méprise pas mes compatriotes mais je pense qu'ils sont abrutis par le monde actuel (moi aussi, sans doute, mais j'espère un peu moins que la moyenne, par chance, par caractère et par formation).

Que faire ?

Refuser de mettre le masque dans toutes les situations où vous êtes prêt à assumer les conséquences de ce comportement. C'est un choix individuel honorable. Comme dit Soljenitsyne, d'abord, ne pas mentir. Et le masque est une forme de mensonge.