dimanche, juin 30, 2019

La fin du monde, d'accord, mais en prenant mon temps.

Le spectacle du monde publie un supplément dans Valeurs Actuelles très bienvenu sur l'apocalypisme climatique.

Toutes ces histoires de connasses à couettes et et d'escrocs à costard (présidents, anciens présidents, et clowns toujours, les Gore, Obama, Macron, etc.) me broutent les couilles (oui, c'est une contrepéterie à l'envers).


Dans la forme.

Toujours, toujours, toujours, dans l'histoire, le discours apocalyptique a servi à promouvoir des politiques bien dégueulasses, bien meurtrières, bien injustes.


Sur le fond.

La description du CO2 comme gaz à effet de serre suivant le mécanisme qu'on nous vend est absurde. L'atmosphère est saturée en CO2 vis-à-vis du rayonnement infrarouge depuis des millénaires.

Vous pouvez en rajouter autant que vous voulez, ça ne change rien (c'est la définition de la saturation : dans un verre d'eau saturé en sucre, vous rajouter du sucre, il ne se dissout pas, il tombe au fond). Dans le temps où la quantité de gaz carbonique a doublé dans l'atmosphère, la température globale (j'ai tort d'utiliser cette notion très fragile) a augmenté de 0,4° C. S'il y a une relation entre les deux, elle fort mince.

Certes, on nous parle de modèles numériques qui prédisent une divergence, un effet avalanche, à bas e de vapeur d'eau. Qu'est-ce que j'en pense ? Hé bien, j'en ris. Je le sais, des modèles numériques dans l'incertitude des phénomènes en jeu, j'en ai fait (certes, pas sur le climat), je sais à quel point ils sont sensibles à ce que le modélisateur veut leur faire dire.

Les seuls modèles numériques qui fonctionnent sont ceux où le phénomène modélisé est hyper-connu et très déterministe, cas typique de la résistance des matériaux et de certaines (et encore pas toutes) modélisations aérodynamiques. Nous sommes exactement à l'inverse en climatologie.

Les modèles climatiques ne sont donc qu'un moyen fort onéreux de traduire en images les convictions a-priori des modélisateurs. C'est l'inverse de la science.

Si nous voulions faire avancer la climatologie, la priorité serait à l'observation tous azimuths, car les données sont très lacunaires, et au travail sur les mécanismes, pour ainsi dire inconnus à ce jour.

Mais la priorité choisie par les gouvernants n'est pas scientifique, faire avancer la climatologie, mais politique, faire avancer les lubies réchauffistes, car elles leur donnent du pouvoir.

Sur le fond du fond.

Le réchauffisme existe parce que le communisme et le christianisme reculent. Il est à la fois un moyen de contrôle politique et une pseudo-religion qui se substituent à ceux en disparition.

L'homme est toujours inquiet de l'incertitude de l'avenir. Prévoir la fin du monde est le moyen le plus courant qu'il ait trouvé pour s'en soulager.

J'en veux particulièrement aux chrétiens, même quand ils sont papes, de tomber dans ce panneau. S'il y a des gens qui devraient se méfier de ce genre de conneries millénaristes (1), dont le réflexe de méfiance devrait être automatique, c'est bien eux. Mais bon, l'intelligence chrétienne se perd, ma bonne dame.

Et le consensus des scientifiques, science is settled et tout ce barnum destiné à faire taire les opposants ?

Le réchauffisme est un millénarisme qui se pare de la caution scientifique. C'est sa particularité, sinon, c'est un millénarisme comme les autres.

Caution de la science ou caution de certains scientifiques ? C'est toute l'ambiguïté.

Tout d'abord, factuellement, il est faux de dire qu'il y a unanimité des scientifiques. Nous en sommes très très loin.

Et même si cela était, qu'est-ce que ça prouverait ? Les théories d'Einstein ne sont pas considérées comme (presque, il y a quelques détails qui grattent) vraies parce qu'il y a consensus, mais parce qu'elles ont permis d'expliquer et de prédire des phénomènes.

Une citation :

« Qui davantage qu'un intellectuel est certain de ne pas être manipulé ? L'homme de la rue se méfiera [parce qu'il se sait vulnérable], mais l'intellectuel dira : "Je ne suis pas manipulable". La vulnérabilité des élites réside précisément dans la certitude de ne pas être manipulables. »

J'ai un collègue (il se reconnaîtra, bisous) qui prétend qu'il peut écouter France Info parce que, lui, il sait trier. Je lui réponds à chaque fois que son attitude prouve juste qu'il connaît moins bien le fonctionnement de son propre cerveau que les gens de France Info. En l'occurrence, c'est la sagesse populaire qui a raison : il en reste toujours quelque chose.

Moi-même, je me sais manipulable, mais le savoir est le début de la prudence. Je me méfie de ce que je pense. Notamment, je me demande souvent ce que je pensais sur le même sujet il y a quelques années et pourquoi j'ai, ou je n'ai pas, changé d'avis.

Au fait, la citation ci-dessus est extraite du rapport parlementaire sur les sectes.

Alors, la caution de certains scientifiques sur ce sujet politico-religieux (comme je l'ai dit, le contenu froid, authentiquement scientifique, est très faible) du réchauffisme est-elle un argument recevable ?

Absolument pas. Je ne vous ferai pas la longue liste des scientifiques qui ont cautionné les pires âneries politiques.

Les scientifiques sont très facilement manipulables : ils sont souvent très étroits d'esprit, peu pragmatiques et peu sages en matières d'affaires humaines (je parle d'expérience).

Je peux même vous donner la technique pour les manipuler : leur faire croire que ce que vous voulez leur inculquer résulte d'une analyse rationnelle de leur part. Il y faut un peu de talent mais, une fois la graine semée, la machine est lancée, ils s'auto-alimentent, s'auto-persuadent. Ils mettent toutes leurs capacités intellectuelles, parfois grandes, à intégrer dans votre foutaise les faits qui la nient, c'est la dissonance cognitive.

Si ce genre de conneries n'avait pas fait des millions de morts (et en fera encore), ça serait très comique à observer du bord de la route.

On a même une explication  sociologique pour la crédulité particulière des scientifiques vis-à-vis du réchauffisme : la nécessité de mimer le souci du bien commun à l'heure où le statut social du scientifique baisse.

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(1) : je rappelle que le millénarisme est cette hérésie qui consiste à croire qu'on fera advenir le paradis sur terre pour mille ans en faisant les bonnes action (en général, ces bonnes action consistent à exterminer tous ceux qui ont l'impertinence d'être légèrement sceptiques).

Boris' Churchill moment ?

This is your ‘Churchill moment’ Boris - if youhave what it takes.

« Prorogue parliament » : on traduit souvent par « proroger le parlement » mais c’est un faux-ami. Ce n’est pas le parlement que l’on proroge mais les vacances parlementaires (ça peut avoir ce sens politique en français aussi, mais c'est ambigu). Autrement dit, dans les faits, le parlement est suspendu. C’est une décision prise par la reine sur l’avis du conseil privé.

Le scénario idéal est donc le suivant : Boris Johnson Premier Ministre demande à la reine de suspendre le parlement, qui a failli à sa mission de mettre en oeuvre la décision démocratique du Brexit, et gouverne par décrets jusqu’à ce que le Brexit soit un fait accompli, sachant que les lois relatives au Brexit existent déjà, ce qui manque c'est l'accord négocié sur les conditions du dit Brexit.

La campagne médiatique contre cette prorogation est déjà prête : « anti-démocratique », « dictatoriale » etc.

Ce scénario me semble tout à fait légitime. L’auteur a parfaitement raison de souligner que, par exemple, Churchill a été imposé au parlement, plus que réticent, par des manoeuvres de couloir.

Je ne sens pas Boris Johnson (de son vrai nom Alexander. Déjà, un type qui préfère se faire appeler Boris plutôt qu'Alexander ...). Pour mettre en oeuvre ce scénario, il faut un caractère décidé et des convictions fermes qui me semblent aux antipodes de ses coquetteries de vieux séducteur.

La comparaison churchillienne a ses limites : quand Winston accède au pouvoir, ça fait sept ans qu'il maintient le cap de l'anti-germanisme nazi, contre vents et marées, au risque de sa carrière et de sa réputation. Johnson n'a jamais montré un tel caractère.

Bref, le scénario le plus probable, c'est que Johnson n'ait pas les couilles de proroger le parlement, qu'il s'enlise dans des discussions avec un parlement aux 3/4 hostile au Brexit et que, pour sauver la face, il accepte un BRINO, Brexit In Name Only.

Autrement dit, qu'il réussisse, faux Leaver, là où Theresa May, vraie Remainer, a échoué : à baiser les Anglais.

Notons, petit piment, que la situation juridique est exactement à l'inverse : la loi décidant le Brexit étant votée, si plus rien ne se passait d'ici la fin du délai, le 31 octobre, le Brexit sans accord de sortie deviendrait effectif.

Mais là, encore, je ne sens pas Boris-Alexander capable de jouer cette carte.





samedi, juin 29, 2019

Jusqu'à quelle profondeur la culture est-elle enfouie ?

Le problème civilisationnel de notre temps, avec ses déclinaisons politiques, est assez simple : le narcissisme dissout nos sociétés, dont la culture est basée sur la liberté individuelle et collective, et la responsabilité qui va avec.

L'antique culture peut-elle resurgir ? La tentation est de sombrer dans un confortable désespoir en répondant négativement, pour la raison (qui est vrai) que les occidentaux sont déracinés et abrutis.

Mais les exemples de la Pologne, de l'Irlande et d'Israël invitent à la prudence, même si nos problèmes sont sans doute plus graves car notre malheur vient de nous-mêmes et non de l'extérieur.


Quelle canicule ?

Nous savons tous que l'hystérisation de l'actualité est un moyen de contrôle des foules. Quand les gens ont une peur panique, ils ne pensent pas aux choses qui fâchent. C'est, à mon avis, le fond de cette histoire de canicule.

Car la chaleur actuelle n'a rien d'extraordinaire à Paris, un quart d'heure de balade sur internet suffit à le vérifier. Il n'y a d'ailleurs pas besoin de cela : j'ai des souvenirs de nuits étouffantes, nous en sommes loin.

mercredi, juin 26, 2019

Macron : chauffard en fuite

A la recherche des Gilets Jaunes disparus

J'ai mis cet article parce que j'aime bien l'image de Macron chauffard en délite de fuite.

Son attitude vis-à-vis des Gilets Jaunes correspond exactement à ça : le type qui a fait une grosse saloperie et qui fait semblant de rien en espérant que personne ne l'a vu, que les choses vont entrer dans l'ordre d'elles-mêmes sans qu'il ait à assumer les conséquences.





Epoque de merde


L’embargo de Tours



par Benoît Rittaud.
Mardi soir, je devais présenter une conférence de vulgarisation de mathématiques à Tours. Cette conférence n’a pas eu lieu : l’organisateur l’a annulée à cause de mes opinions sur le climat.

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Pour ceux que la science intéresserait encore :

Une brèche dans le consensus

Nous vivons une époque tyrannique. Le goût de la liberté a été remplacé par l'appétit pour la licence (la différence entre les deux, c'est la responsabilité). La traduction politique en France est bien entendu la dictature Macron (je suis toujours étonné quand on conteste que nous vivions en dictature : au fond, je préfère les cyniques dineurs en ville parisiens décrits par E. Verhaeghe qui assument leurs penchants dictatoriaux aux imbéciles qui refusent de voir l'évidence).

Des tyrannies fanatiques, c'est aussi vieux que le monde et, encore plus, que la modernité (Savonarole, les anabaptistes de Munster, les sorcières de Salem, ...).

La particularité de notre époque est que la pression sociale à l'horizontale, entre prétendus égaux est très forte, à cause des réseaux appelées par antiphrase sociaux. Le lynchage et la peur du lynchage restreignent chaque jour ce que l'on peut dire et donc penser (car c'est un leurre de croire qu'on puisse penser collectivement des choses qu'on ne peut pas exprimer).

Normalement, suivant la formule d'Hölderlin « Là où croît le péril, croît le remède » (en tout cas, s'agissant de la tyrannie et dans notre culture occidentale, qui a la liberté au coeur), des anticorps sociaux devraient se mettre en place.

Mais, comme le fait remarquer Michel Drac avec finesse, il se pourrait bien qu'après un siècle d'expériences d'ingénierie sociale et de manipulation des foules, notre classe dirigeante ait enfin trouver la parade à cette réaction salutaire du corps social. C'est simple, mais il fallait y penser : changer de fanatisme avant que l'opposition se soit cristallisée.

On est ainsi passé de l'anti-racisme au réchauffisme. Une  chose n'a pas changé (qui devrait mettre la puce à l'oreille même des plus cons) : ce sont toujours les mêmes du bon coté du manche.


lundi, juin 24, 2019

Macron, président assumé de la bourgeoisie

Macron, président assumé de la bourgeoisie

Tout tient dans ces phrases :

Combien de temps un pouvoir peut-il se maintenir en place par le mépris et par la peur ? Il est assez douteux de croire que cette solution peut être éternelle, et même durable, mais après tout, tout ce qui est pris n’est plus à prendre.

« Canicule » : quels enfants allons nous laisser à notre monde ?

Le brevet des collèges reporté à cause de la « canicule », c'est, à mes yeux, la même chose que la légalisation du cannabis, objet de précédent billet. La pente de la facilité, l'esprit d'abandon.

Evidemment, c'est plus facile, plus immédiat, les félicitations pleuvent aussitôt en bouquets de tous les champions du laxisme.

Or, en essayant de protéger les enfants et les élèves de tout, nous, adultes, trahissons notre premier devoir qui est de les éduquer. Educare : conduire hors. Hors d'eux-mêmes, hors de l'enfance, hors de la puérilité.

L'être humain ne se développe que dans l'effort. En ôtant l'adversité, nous éradiquons aussi toute possibilité de développement (c'est le but recherché par certains idéologues. Mais la plupart des laxistes sont simplement des idiots utiles du nihilisme).

Je suis terrifié par les enfants que ce comportement anti-éducatif donne : des narcissiques plus ou moins colériques, mais arrêtés par le moindre obstacle. La grosse crise de colère, puis la dépression.

Ils ont d'autant plus un avis sur tout qu'ils sont ignares. Ce n'est pas la génération X, ou Y, ou Z, c'est la génération DK, comme Dunning-Kruger.


Une vraie canicule :




vendredi, juin 21, 2019

Pathétique : la marche vers la légalisation du cannabis

Pourquoi la «légalisation contrôlée» du cannabis serait une absurdité.

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Autoriser une vente « contrôlée » du cannabis par les buralistes comme le suggère une proposition de loi ou dépénaliser son usage comme le réclament les signataires d’un appel paru dans l’Obs sont des idées fumeuses. L’imagerie médicale montre le danger du cannabis, en particulier sur les jeunes. Et l’exemple désastreux du Colorado, où la légalisation a fait exploser le nombre d’admission aux urgences et facilité paradoxalement le marché noir, devrait nous inciter à la plus grande prudence.

Riche idée que celle du député ex-marcheur François-Michel Lambert et d’une poignée de ses collègues: proposer la vente par les buralistes d’un cannabis dont la qualité sera contrôlée par l’État (on a hâte de connaître les critères de recrutement des testeurs), vendu par la République française via une société nationale pour empêcher toute dérive (à voir comment l’État est capable de brader une société comme ADP dès que les caisses sont vides, on peut craindre le pire).

Veut-on faciliter le marché noir ?

C’est l’argument n°1 des tenants de la légalisation: dépénaliser aurait comme vertu première de démanteler les réseaux mafieux existants, en proposant dans des officines autorisées des substances contrôlées… tout en produisant une plus-value substantielle pour l’État, toujours à la recherche d’un nouveau moyen de remplir ses caisses. Il suffit pourtant d’observer l’exemple du Colorado, où le cannabis est en vente libre depuis 2014, pour se rendre compte de l’absurdité de ce calcul. La drogue «légale», au coût alourdi par les taxes, pousse assez vite les consommateurs réguliers à se tourner vers leurs anciens dealers qui font fi de la législation sur le volume de leur production et peuvent afficher des prix concurrentiels. Pire: des trafiquants, dont certains liés à des cartels de Cuba ou du Mexique, profitent de la loi pour blanchir leur trafic, produisant légalement au Colorado pour alimenter les réseaux mafieux des États voisins, où le cannabis peut être vendu avec des profits plus importants. Le Colorado est en train de revoir sa législation sur le volume «autorisé» de plants mais le mal est fait et la DEA (la police anti-drogue) passe désormais trois fois plus de son temps à régler des trafics de cannabis depuis la légalisation… La France a-t-elle pour vocation d’accueillir et de subventionner des plantations «d’herbe» qui iront grossir la fortune d’organisations criminelles en Europe et dans le monde?

Danger pour les jeunes ! Le cannabis sur des cerveaux encore immatures provoque des dégâts considérables.

Faciliter l’usage du cannabis c’est risquer sa banalisation parmi les populations les plus vulnérables, c’est-à-dire les jeunes. Au Colorado encore, les urgences médicales ont vu en quelques années tripler l’admission d’usagers ayant sous-estimé les effets du cannabis, consommé inhalé ou aussi (l’imagination des officines étant sans limites) par voie orale sous forme de bonbons ou de biscuits contenant du THC (tétrahydrocannabinol, la principale substance psychotrope de la plante). Car l’imagerie médicale, ainsi que toute une littérature scientifique, le prouvent sans appel: le cannabis sur des cerveaux encore immatures provoque des dégâts considérables, occasionnant des troubles cognitifs et des complications neuro-vasculaires indéniables. La totale réversibilité des effets est discutée notamment chez la personne dont le développement cérébral n’est pas achevé au moment de la consommation (fœtus, adolescent). Le rôle du cannabis est régulièrement rapporté comme à l’origine d’AVC ischémiques, de syndromes de vasoconstriction «réversible» (SVCR): certes, les rétrécissements vasculaires sont réversibles mais leurs conséquences neurologiques pas toujours. L’usage du cannabis multiplie par deux les risques d’accidents de la route, augmente les niveaux de stress, l’irritabilité. Consommé chroniquement, il endommage la capacité de concentration et d’apprentissage. La France a-t-elle pour vocation de créer une jeunesse déclassée, une armée de «z ombies » faciles à contrôler ? L’appât d’un gain sur lesquels certains ont déjà commencé de spéculer (on parle de près de deux milliards par an !) justifie-t-il de gâcher les promesses d’avenir de ce pays ?
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Je pense, comme ce sénateur médecin, qu'il y a derrière cette poussée vers la légalisation du cannabis, en plus d'une cupidité à vomir, un calcul politique cynique façon Meilleur des mondes : une population d'abrutis au cannabis est bien plus facile à contrôler. Elle peut avoir des éruptions violentes, mais en aucun  cas organiser une révolution.

Et c'est aussi une petite pierre de l'arabisation de la France.

Comme d'habitude, les commentateurs du Figaro sont atterrants : « Euh quoi euh, c'est la libertééé », avec l'argument Coluche de l'alcool légal (sauf que Coluche plaisantait, lui). C'est stupide : on peut au contraire répondre que l'alcool est légal pour des raisons culturelles et que ce n'est pas la peine d'en rajouter.

Il n'y a pas que sur ce sujet que la décadence est manifeste :

« PMA-GPA: le jugement ambigu de l’opinion reflète un affaiblissement du civisme »

Au fond, c'est très classique.

Depuis l'antiquité, on le sait, la décadence a trois étapes : morale, intellectuelle et physique.

On commence, parce qu'on est trop riche, trop puissant et trop tranquille, par considérer que tout est permis, c'est la décadence morale (pour nous, les années 60).

Ensuite, puisqu'on cesse d'être exigeant, l'éducation et l'instruction s'effondrent. C'est la décadence intellectuelle. Pour nous, les années 80-90. Touche pas à mon pote était non seulement douteux en morale, mais intellectuellement très pauvre. Ce que Louis Pauwels a baptisé le sida mental.

Puis vient la décadence physique. Les Romains décadents ne devaient pas baiser des masses. Chez nous, obésité et stérilité.






jeudi, juin 20, 2019

« The orderly management of decline »

« The orderly management of decline » : le management ordonné du déclin.

C'est une définition anglaise de la technocratie. Je la trouve très juste.

Elle se marie bien avec puissance de capitulation, dont je vous parlais l'autre jour.

Et c'est cohérent avec le fait que l'arch-technocrate Macron est aussi l'anti-France personnifiée.



Notre Dame, victime des bouffeurs de curés du ministère ?

L'imposture islamique et la mollesse catholique

The Islamic Curtain, and Ours

Comme ce prêtre italien, je pense que l'islam est le pire canular joué à l'humanité depuis 1 400 ans.

Je m'en tiens (et je n'ai aucune raison de faire autrement) à la position classique de l'Eglise, celle de Saint Thomas d'Aquin : l'islam est le religion de l'anti-Christ, fausse, cruelle, violente,  spirituellement et intellectuellement très pauvre, qui rend impossible la relation d'amour de Dieu et de sa créature qui est au coeur de la foi dans le Christ. Notamment, l'islam contrevient à la règle d'or « Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse ».

Je suis donc peiné quand un homme a des complaisance pour l'islam. Je suis doublement peiné quand cet homme se dit chrétien. Je suis infiniment peiné quand cet homme est un prêtre, qu'il soit pape ou pseudo-martyr (1).

Les conneries à sens unique, genre prières en commun dans les églises (a-t-on déjà vu un curé prier dans une mosquée à l'invitation de l'imam ?), qui sont vus (à juste raison) par les musulmans comme un aveu de faiblesse, ça commence à me péter les rouleaux.

Mais je sais bien ce que beaucoup de prétendus chrétiens ont le tempérament plus religieux que vraiment chrétien. L'essentiel pour eux, c'est d'avoir une religion, n'importe laquelle, celle du Christ aujourd'hui et -pourquoi pas ?- celle de Mahomet demain. Et je crois que beaucoup de prêtres sont dans ce cas. Ils sont curés, ils auraient pu être imams et, le jour approprié, peut-être le deviendront-ils.

Cette fragilité des convictions est facilitée par la faiblesse et l'incertitude du magistère.

Il y a déjà un précédent historique : le Maghreb de Saint Augustin a peu résisté aux cavaliers arabes parce qu'il était fragilisé par les querelles entre chrétiens.


Et pendant qu'on y est, sur un sujet connexe (puisqu'il s'agit toujours de la pulsion suicidaire de l'occident) :

A propos de la représentation des « Suppliantes » à la Sorbonne : l’hypocrisie des élites


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(1) : je n'écris pas « pseudo » par mépris mais par goût de la vérité. Quoi qu'en dise Rome, on n'a aucune preuve que Christian de Chergé est mort en martyr. La thèse de la bavure de l'armée algérienne n'a jamais été démentie.

La scientologie, ça les inquiète, pas l'islam ...

Les gens sont tout de même curieux.

La Scientologie s’installe à Saint-Denis, un casse-tête pour les élus locaux

mercredi, juin 19, 2019

Après la levée en masse, le coucher en masse

Michel Goya: « Faire dormir des adolescents dans un dortoir ne renforcera pas la cohésion nationale ! »

Des jeunes portent l’uniforme du Service National Universel.
FIGAROVOX/TRIBUNE - Le gouvernement a lancé en ce mois de juin une première expérimentation du service national universel, qui devrait être généralisé dès l’an prochain. Mais pour Michel Goya, ancien officier et historien, cet ersatz de service militaire n’est pas à la hauteur de ses ambitions.

Michel Goya est colonel (ER) des troupes de marine, docteur en histoire et ancien titulaire de la chaire d’histoire militaire à l’École de guerre. Il a récemment publié Les vainqueurs. Comment la France a gagné la Grande Guerre (Tallandier, 2018).

Ça y est, c’est parti, le nouveau service national universel (SNU) est lancé. Il comprendra donc deux phases. La première consistera, selon le jargon officiel, «en une occasion de vie collective permettant à chaque jeune de créer des liens nouveaux, d’apprendre une façon neuve de vivre en commun, et de développer sa culture d’engagement pour affermir sa place et son rôle au sein de la société». En clair, il s’agit d’un internat de deux semaines vers l’âge de 16 ans, suivi quelques mois plus tard d’un projet de groupe de deux semaines également. Dans une deuxième phase, chaque jeune sera encouragé à poursuivre volontairement une période d’engagement d’au moins trois mois, dans un service public ou un organisme d’intérêt public.
Revenons sur la première phase. La ministre des Armées l’a décrite l’an dernier comme «une période où les jeunes vivront ensemble, apprendront à se connaître, se comprendre, s’apprécier, quelles que soient leurs origines, leurs croyances ou leurs orientations. Ce sera utile pour notre jeunesse». Cela ne vous rappelle rien?
Après avoir annoncé un service national obligatoire de plusieurs mois pour les jeunes adultes, on a abouti à des colonies de vacances pour adolescents organisés par l’État.
Edmont Cottinet a créé la première colonie de vacances en 1880. Dans son esprit, ce centre collectif au grand air était destiné à l’autonomisation des enfants et surtout à l’apprentissage du vivre-ensemble (ou parlait alors de fraternité). Cette idée a très vite été reprise par différentes communautés religieuses, politiques ou même des entreprises, jusqu’à toucher des millions d’enfants dans les années 1950, puis de décliner en même temps que tous les groupes qui avaient des projets de société.
Voici donc en 2019 qu’après avoir annoncé un service national obligatoire de plusieurs mois (avec une formation militaire) pour les jeunes adultes, on a abouti à des colonies de vacances pour adolescents organisés par l’État. Pourquoi pas, mais commençons par admettre qu’il ne peut s’agir là d’un service national, ne serait-ce que parce qu’il n’y a pas de service rendu à la nation. Les différentes formes de services, dont le service militaire, consistaient, après une formation initiale, à un «retour sur investissement» de quelques mois, voire de plusieurs années dans le cadre des réserves. Que cela ait pu constituer une «occasion de vivre ensemble» et contribuer à la formation de la citoyenneté n’était qu’un effet induit de l’affaire, non son objet premier. Ajoutons qu’à l’agonie du service national dans les années 1990, en même temps que celle des colonies de vacances, le quart seulement d’une classe d’âge effectuait sa composante militaire. Les filles, sauf de rares volontaires, étaient exemptées et les fils des milieux aisés disposaient de nombreux biais pour y surseoir ou effectuer un service dans des conditions plus confortables. Les bienfaits du «vivre ensemble» apparaissaient alors plutôt comme un impôt supplémentaire imposé aux garçons de la «France d’en bas». On notera au passage que de nombreux promoteurs des vertus du SNU, hommes ou femmes et le président compris, auraient pu effectuer en leur temps le service national s’ils l’avaient voulu. Aucun ne l’a alors jugé digne de lui...
Le SNU n’apporte pas grand-chose à la nation dans sa phase obligatoire. La réunion «obligatoire et universelle» de mineurs à des fins d’apprentissage, que ce soit dans un collège ou en plein air, n’est pas un service, mais un projet éducatif, ce qui relève donc pleinement du ministère de l’Éducation nationale (et en aucun par exemple des militaires ou alors pourquoi pas des juges, des gardiens de prison, des préfets, des policiers, des chargés de mission de l’Élysée, etc.).
Ce qui pouvait créer de la cohésion dans un régiment d’appelés, ce n’était pas le dortoir, mais les épreuves, les marches, les entraînements, le froid...
On cherche ensuite ce qui, durant ces quinze jours de vie collective, ne pourrait être appris au lycée. On ne trouve que deux choses. La Marseillaise, le respect au drapeau et l’uniforme d’abord, non que cela soit techniquement impossible de le faire au lycée, mais on comprend bien que cela y traumatiserait une partie du corps enseignant qui hurle déjà au fascisme rampant. Au-delà de cette innovation, toujours subtilement discutée sur les réseaux sociaux, le cœur du projet de société est de faire dormir dans un dortoir et hors de chez eux des adolescents pendant quatorze jours. On est loin de la «levée en masse» de 1793 et il faudra quand même expliquer un minimum par quel processus scientifique on ressoudera la nation avec ce qui est plutôt un «coucher en masse». Ce qui pouvait créer de la cohésion dans un régiment d’appelés, ce n’était pas le dortoir, mais les épreuves, les marches, les entraînements, le froid, bref des choses difficiles à faire ensemble pendant des mois. Il y a peu de chances que l’on mette les futures classes de jeunes à l’épreuve.
Si on ne voit pas très bien ce que tout cela apportera de nouveau, on voit bien en revanche ce que cela affaiblira, car tout cela va coûter très cher. Il est question d’un budget annuel de 1,5 milliard d’euros pour la phase obligatoire du SNU, sans compter les dépenses d’infrastructure initiales. Et cet argent sera forcément ponctionné quelque part, soit dans la poche des contribuables, soit dans les autres ministères. Comme cette dernière hypothèse est la plus probable, on peut déjà annoncer que les services publics verront leurs moyens réduits par le SNU.
Le service national universel pouvait être un vrai projet ambitieux et un vrai projet de société, mais en réalité, il n’y avait sans doute que deux options cohérentes.
La première aurait été le retour à une forme de service national élargi à l’ensemble du service public. Cela supposait de surmonter l’interdiction juridique du travail forcé pour les adultes (ce qu’interdit aujourd’hui la CEDH), et bien sûr de traquer les inévitables resquilleurs, condition sine qua non de la justice de ce service. L’effort était considérable, mais on peut imaginer qu’un renfort de 800 000 jeunes aurait pu être utile à des services publics en grande difficulté.
Il fallait concrétiser à tout prix un engagement de campagne.
La seconde consistait à s’appuyer sur l’existant. On fera remarquer combien la définition de la troisième phase du SNU («un engagement de trois mois au moins, exclusivement volontaire, dans nos armées, nos forces de police, chez nos pompiers, nos gendarmes, dans des collectivités ou encore dans les associations») ressemble étrangement à un service civique un peu élargi. Or, chaque contrat, rémunéré, de service civique de 6 à 12 mois coûte moins du double de ce que coûteront ces quinze jours d’internat... On peut concevoir que le premier investissement public serait incomparablement plus utile et rentable pour l’individu et la nation que le second. On pourrait évoquer aussi bien sûr les autres serviteurs volontaires, comme les pompiers ou les réservistes aux ministères des Armées ou de l’Intérieur, et imaginer ce que l’on pourrait y faire avec 1,5 milliard d’euros.
Finalement, on ne pouvait pas s’appuyer sur l’existant car il fallait concrétiser à tout prix un engagement de campagne, et on a reculé devant l’ampleur de l’œuvre qui aurait été nécessaire pour revenir à un vrai service national.
La montagne a donc accouché d’une très coûteuse souris, qui sera immédiatement chassée par tous.

lundi, juin 17, 2019

Liliane Lurçat : après la télé … Les réseaux qui rendent fous.

Liliane Lurçat, récemment décédée, avait écrit d’excellents livres analysant les ravages de la télévision sur les enfants.

Cela me semble une suite logique et une forme d’hommage de passer au cran suivant, les réseaux qui rendent fou :



Ils ont conduit les Alliés à la victoire (D. Feldmann)

D. Feldmann s'intéresse à l'échelon « N-2 », ni commandant suprême , ni commandant de groupe d'armées mais commandant d'armée.

1) : A. Patch. Commande la 7ème armée américaine qui remonte de la Provence à l'Allemagne. Pragmatique, imaginatif, modeste, efficace. Il fait avec ce qu'il a. Il n'ennuie pas ses supérieurs. Le commandant d'armée idéal. Il manque de sens politique pour aller au niveau supérieur.

2) J. de Lattre de Tassigny. Commande la 1ère armée française à la droite de Patch. C'est tout le contraire : la diva. Il gagne largement son surnom « le théâtre de Marigny». Peu pragmatique sans être imaginatif. Injuste, instable, volontiers manipulateur. Peu efficace.

En revanche, il a un sens politique qui fera ultérieurement sa réussite en Indochine, où il est détaché des aspects opérationnels, dans lesquels il n'excelle pas.

Inférieur à Leclerc à tous égards (d'où les frictions entre les deux, qui se détestent, le bon étant subordonné au nettement moins bon). Les pertes de la 2ème DB augmentent dès qu'elle est placée sous le commandement de de Lattre.

3) H. Crerar. Commande la 1ère armée canadienne qui va de la Normandie à l'Allemagne, intégrée au dispositif de Montgomery. C'est un administratif, malgré une grande expérience comme artilleur pendant la première guerre mondiale. Il n'est pas à l'aise dans l'opérationnel, qu'il laisse à ses subordonnés.

C'est un politique qui n'a que peu d'impact militaire. Il a eu beaucoup de chance de la 1ère armée canadienne ne fut, de par son placement, jamais sous la pression d'une contre-attaque allemande.

4) C. Hodges. Commande la 1ère armée américaine, placée entre Montgomery et Patton. Sa promotion vient de sa familiarité avec la bande à Eisenhower. C'est un Patch sans les qualités militaires. Son armée est connue pour avoir libéré Paris.

L'armée américaine lui doit le massacre de la forêt de Hurtgen. Il s'est acharné sur un objectif secondaire favorisant outrageusement le défenseur allemand. Il a fallu que son supérieur Bradley intervienne pour qu'il remette la situation en perspective et cesse des attaques très meurtrières sans grand intérêt stratégique.

Ayant épuisé ses réserves dans des combats stériles et s'étant lui-même épuisé dans une vaine agitation, il s'effondre physiquement lors de l'offensive allemande des Ardennes mais n'est pas relevé de son commandement à cause de son copinage avec Bradley et Eisenhower.

Capricieux, injuste, mesquin, il n'a rien qui attire la considération.

5) G. Patton. Commande la 3ème armée américaine, celle qui est le plus à l'ouest, puis au sud du dispositif, à partir de la Normandie. C'est une grande gueule très attachée à son image, au point de falsifier son journal intime a posteriori, mais y a-t-il quelque chose derrière la façade ?

Il n'est engagé que le 1er août, Bradley et Eisenhower se méfiant de lui pour la phase statique de la bataille de Normandie. La poursuite en Bretagne puis le long de la Loire convient parfaitement à son tempérament de fonceur. Personne n'aurait avancé aussi vite que lui sur son front : 600 km en 20 jours (mais Patch au sud ou des généraux russes -ou allemands- ont fait aussi bien).

En revanche, dès que les Allemands se réorganisent et résistent, il fait preuve d'un manque de flexibilité et d'imagination étonnant à ce niveau. Il persiste à attaquer frontalement les fortifications de Metz, alors que, plus au sud, Nancy est vulnérable (le général français Juin est même obligé de lui indiquer cette vulnérabilité !).

De plus, ses voisins des armées limitrophes, Hodges et Devers, se vengent de son coté diva en ne l'aidant pas autant qu'ils pourraient si leurs relations étaient bonnes.

Il n'est pas économe ni soigneux de ses hommes. C'est bien dommage.

Par contre, sa contre-attaque de l'offensive allemande des Ardennes est excellente, ainsi que sa percée vers le Rhin.

Eisenhower pense que Patton est à son niveau maximum comme général d'armée et qu'il ne faut pas le promouvoir. Les généraux allemands, un temps impressionnés en Tunisie, ont pris la mesure du personnage et ne semblent pas le redouter outre mesure. Ils positionnent plus de troupes contre Patch.

Les Allemands disent de lui qu'il est le meilleur général de blindés allié (en fait, il est le seul !). C'est un compliment aigre -doux : il n'est que général de blindés. Il ne viendrait à l'idée de personne de traiter Von Manstein de général de blindés.

Enfin, il est d'un antisémitisme violent qui en aurait fait un bon nazi. Ca la fout un peu mal.

Bref, pas un général exceptionnel.

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Je savais déjà Eisenhower et Montgomery assez médiocres. Les autres, à l'exception de Patch (et de Devers, de Juin et de Leclerc), ne sont guère mieux, quand ils ne sont pas franchement pires, comme Hodges.

Bref, les généraux alliés ne sortent pas grandis de cet ouvrage. Ils manquent plusieurs fois des occasions décisives. Ils se comportent plus comme des administrateurs que comme des généraux.

Peut-être ont-ils déjà basculé dans notre monde, celui où on manage plus qu'on ne dirige.

Il est vrai que, après avoir stagné à des grades de colonel dans l'entre deux guerres, ils ont bénéficié d'une ascension fulgurante. En grillant les étapes, ils ont sans doute manqué quelques apprentissages. Et aussi quelques filtres.

dimanche, juin 16, 2019

Pêle-mêle : stratégie, abbaye, Liliane Lurçat

Pourquoi le monde de demain consacrera les nations

L’abbaye de Boulaur, ses vaches et son verger





Liliane Lurçat (1928-2019) contre les idéologues du pédagogisme

Liliane Lurçat a expliqué de manière limpide pourquoi et comment le désastre scolaire n'était pas du à une quelconque fatalité, mais à l'action déterminée d'individus avec un but précis, suivis d'une cohorte d'imbéciles.

Ses livres sur les ravages de la télévision valent aussi d'être lus.


samedi, juin 15, 2019

Idées noires

Je broie du noir.

La « cheffe » de l'IGPN : « Pas de violences policières » ... alors qu'il existe des centaines de vidéos.

Tout homme de bonne volonté, simplement honnête, devrait être révolté par un mensonge si grossier. Ce n'est pas une question de parti politique, c'est une question d'intégrité personnelle, de pouvoir se regarder dans la glace, d'honneur (cette notion devenue si rare).

Mais non, pas les bourgeois. Je comprends Bloy et Péguy qui les vomissaient.

Michel Onfray, avec son défaitisme habituel, se répand en racontant que, de toute façon, jamais aucune révolution n'a bénéficié au peuple.

A part les quelques centaines de milliers qui gravitent autour des Gilets jaunes, les Français, rien. Amorphes. Veules. Une clique détruit consciencieusement, méthodiquement, leur pays et ... que dalle.

Chacun vit dans son petit monde, isolé.








vendredi, juin 14, 2019

Décadence et pérennité

Des commentateurs m'apportent (pourquoi ? Ils veulent m'achever ?) des exemples montrant à quel point l'Europe de l'ouest est décadente.

Ca fait 50 ans que ça dure, ça durera peut-être encore 50 ans. Mais nous savons bien qu'une civilisation aussi décadente que la nôtre n'est pas pérenne. Il n'y a pas d'exemples dans l'histoire d'un tel relâchement de tout avec une civilisation qui survit.

Y aura-t-il une enclave préservée, façon Byzance ? Une transformation-transmission, façon  chrétienté ? Je ne sais pas.

Mais, en tout cas, la certitude que cette civilisation décadente va disparaître me rassure.

Bien sûr, je préférerais que notre civilisation ancienne soit préservée, mais c'est probablement trop tard. Un territoire byzantin me suffirait.




jeudi, juin 13, 2019

A une femme (Victor Hugo)

Victor Hugo
Jussuf Abbo, Jeune femme, lithographie, 1922
Jussuf Abbo, Jeune femme, lithographie, 1922
Enfant ! si j’étais roi, je donnerais l’empire,
Et mon char, et mon sceptre, et mon peuple à genoux
Et ma couronne d’or, et mes bains de porphyre,
Et mes flottes, à qui la mer ne peut suffire,
Pour un regard de vous !
Si j’étais Dieu, la terre et l’air avec les ondes,
Les anges, les démons courbés devant ma loi,
Et le profond chaos aux entrailles fécondes,
L’éternité, l’espace, et les cieux, et les mondes,
Pour un baiser de toi !
Victor Hugo, Les feuilles d’automne

mercredi, juin 12, 2019

France : liberté, j'oublie ton nom !

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 Curmudgeon

Sur l’abdication des libertés :

Le caractère oppressif de beaucoup d’États actuels, dû aux progrès de leur emprise (sur des domaines où ils ne sont pas nécessairement les mieux placés pour améliorer les choses) commence à être perçu de plus en plus clairement.

Cette montée de l’oppression aboutit à une situation comparable à celles, anc iennes, qu’on nous a appris à considérer comme des tyrannies insupportables. Des tutelles pesantes auxquelles on nous enjoint de croire que nous avons désormais échappé, grâce aux Lumières, à la République, au féminisme, à la libération des « mœurs » (en fait souvent une pression régulatrice), à la Science, etc.

(1) Cet article de Peter Hitchens, à l’occasion de conférences d’un juge et historien, montre, et parfois de façon chiffrée, la prolifération des régulations en Angleterre, devenu un pays étouffant, un pays qui ne correspond plus du tout à son image fictive.

https://hitchensblog.mailonsunday.co.uk/2019/06/why-you-should-listen-to-the-2019-reith-lectures-.html

(2) Cet article de l’économiste américain Walter Williams observe que, en s’occupant de tout, la puissance publique politise tout, et que, de par sa nature, l’appréhension politique des divergences fait proliférer les conflits. Et quand un conflit est tranché politiquement, on est dans un cas de jeu à somme nulle, avec gagnants et perdants.

https://www.20minutes.fr/insolite/2534583-20190606-mois-lgbt-tgv-arc-ciel-va-circuler-france-jusqu-7-juillet

(3) Mais j’ajouterai que ce nouveau despotisme est également favorisé par en bas, par une multitude de relais idéologiques, journalistes devenus praticiens de l’agit-prop, associations militantes diverses, enseignants propagandistes, entreprises pilotées par des fanatiques de l’ingénierie sociale.

Ce resserrement des mailles s’accompagne (par un paradoxe qui n’est qu’apparent peut-être) d’un avachissement des mœurs, d’une fadeur sentimentale kitsch dont cette photo (la troisième, les bonshommes avec leur toutou en peluche) donne une image caractéristique :

Et d’une démission envers des menaces internes et externes graves. En effet : (4) « Alors que la France - ses écoles, ses hôpitaux, ses urgences, ses villes - s’asphyxient lentement sous le flot incessant d’une immigration venue principalement du tiers monde, la classe politique et médiatique reste aboulique devant ce défi civilisationnel. La perspective d’un "grand remplacement" est devenue une idée informulable pour les censeurs, alors même que l’Onu a elle-même théorisé les "migrations de remplacement". Il n’est pourtant pas besoin d’être "complotiste" pour comprendre qu’à ce rythme fou la France ne sera plus la France dans quelques décennies. L’assimilation ne fonctionne plus depuis longtemps. » Ivan Rioufol

http://blog.lefigaro.fr/rioufol/2019/06/limmigration-en-parler-le.html

12:56 p.m., Wednesday June 12 | Other comments by Curmudgeon
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Nous sommes nombreux à partager cette poignante inquiétude. Nombreux, mais pas au point de constituer autre chose qu'une grosse minorité.

Je suis frappé en discutant avec les amis, collègues, parents que l'étouffement progressif de nos libertés gêne finalement très peu de monde. Je sais, je vis dans la population particulièrement bête et moutonnière des parisiens (il est loin le temps où il y avait d'authentiques rebelles à Paris. De nos jours, la rebellion y est institutionnalisée, fléchée). Mais je ne suis pas sûr que la population soit si différente ailleurs en France (après tout, les Gilets jaunes actifs ne sont qu'une poignée).

Nos ancêtres, pour peu qu'ils fissent leur service militaire (pour les hommes), qu'ils payassent (ça fait bizarre) leurs impôts et s'en tinssent aux dix commandements, étaient libres de vivre comme ils l'entendaient et d'entretenir les opinions qu'ils voulaient.

Si on passait un peu les bornes, on était classé comme excentrique et c'était tout. Depuis la fin de la Renaissance, on ne brulait plus ni les sorciers ni les sorcières.

Aujourd'hui, la liste des interdits, des obligations et des recommandations pressantes est quasi-infinie.

Je ne sais pas quoi y faire. Je connais la solution traditionnelle, aussi vieille que l'humanité : l'émigration. Quand un pays devient trop étouffant, on prend son baluchon et on s'en va (ce que font d'ailleurs beaucoup de jeunes Français). Mais quand on n'a pas l'envie de le faire ? Qu'on persiste, peut-être bêtement, à aimer son pays, malgré tout ?


mardi, juin 11, 2019

Zemmour président en 2022 ?

C’est la rumeur qui court en ce moment à Paris : il y aurait une forte pression, notamment de Patrick Buisson, sur Eric Zemmour pour qu’il se présente aux présidentielles en 2022.

Il ferait un tabac. Il correspond au profil que je définis depuis quelques temps : un homme des médias qui n’en a pas peur (Coluche, Beppe Grillo, Trump). Ce n’est pas gagné d’avance mais il aurait beaucoup plus de chances que Marine Le Pen. Nul doute qu’il attirerait les talents autour de lui.

Cependant, le Système, se sentant menacé, se battra avec une férocité sans limite. Comme toute mafia, il s’attaquera à sa famille, à ses parents, à sa femme, à ses enfants, sans aucune retenue. Il n'oubliera de retourner aucune pierre. S’il a eu une amende pour excès de vitesse il y a 20 ans, on le saura. S’il a peloté une stagiaire il y a 30 ans, on le saura aussi. Le Système inventera même des accusations. Même le RN et la FI, ces partis installés, s’y mettront.

Or, Eric Zemmour sait tout cela. C’est pourquoi je doute qu’il y aille. Je ne sous-estime pas son patriotisme, mais, à ce point, cela serait véritablement héroïque.

Et puis, il y aura la difficile question d’argent : en France, tout est fait pour qu’un nouveau parti ne puisse pas émerger faute de financement. Celui de la campagne d’Emmanuel Macron était illégal (probablement. On ne saura jamais avec certitude, faute de procès), l'appareil judiciaire a fermé les yeux. Elle ne sera pas aussi coulante pour Zemmour, au contraire.

Bref, ça serait bien pour la France s’il y allait, mais je n’y crois pas, il est trop raisonnable, trop conscient de ce qui lui arriverait. A moins que, par un coup de folie, il se prenne pour Murat à Austerlitz.

Mais on sait déjà qui détient la clef de la décision de Zemmour : Emmanuel Macron.

Macron et les macronistes, quels que soient les discours dont ils habillent leurs saloperies, c'est l'anti-France. Je le sais, vous le savez et, surtout, Zemmour le sait. Toute la question est de savoir si Jupiter-Narcisse fera la dégueulasserie de trop qui déclenchera Zemmour : « Allons. En selle ! Fais ce que dois et advienne que pourra ! ».

Les chouans sont allés chercher Charette sous son lit. Alors, aller chercher Zemmour à la Rotonde, ça ne devrait pas être insurmontable.

Et on rigolerait bien. De cet humour des troupes montant à l'assaut.

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Pour compléter :

PNF + PÔLE FINANCIER : UNE JURIDICTION D’EXCEPTION AU SERVICE DE MACRON ?

Et par Eric Verhaeghe (un ancien du MEDEF, hein. Pas un rouge le couteau entre les dents) :

2019 : l’année où Macron a transformé la France en Etat policier

Aussi :

Des donateurs de la cagnotte Leetchi en soutien à Christophe Dettinger entendus par la police

France : liberté, j'oublie ton nom.

Navrant, le nombre de commentateurs du Figaro qui, au nom de leur petite frousse bourgeoise, sont prêts à abdiquer les libertés les plus élémentaires.

Et, spécialement pour mes amis électeurs de Macron de deuxième tour :

T'imagines si on avait eu Marine ?

lundi, juin 10, 2019

Une journée d'agonie

Une journée d'agonie. C'est ainsi que Charles De Gaulle qualifie le 10 juin 1940.

Le gouvernement quitte Paris pour Tours, puis Bordeaux.

Sur le plan politique, le choix de Bordeaux plutôt que de Brest ou, mieux, d'Alger, sous-entend déjà la capitulation.



Et je rappelle, parce que j'y tiens beaucoup, que la France aurait pu continuer la guerre :


Le plan hitlérien était une mécanique de haute précision et supportait assez mal l'imprévu.

Le grain de sable qui commença à le faire dérailler fut l'opiniâtreté et l'intelligence churchilliennes.

Nous aurons le regret éternel que ce ne fut pas l'opiniâtreté et l'intelligence françaises.

L'Eglise n'est pas une ONG

Texte en américain, mais assez facile à lire :

The Church Is Not an NGO

J'aime bien cette définition de l'Eglise actuelle (il écrit « liberal », mais j'ai le plus grand mal à traduire ce terme en français sans faire de contre-sens) :

« A God without wrath brought men without sin into a Kingdom without judgment through the ministrations of a Christ without a Cross.»

« Un Dieu sans colère fait entrer l'humanité sans péché dans un Royaume sans jugement par le ministère d'un Christ sans Croix ».

Dans ses conditions, il paraît naturel et logique de ne pas se lever le dimanche matin pour aller à la messe.

Comme l'auteur de cet article l'écrit fort bien, les « libéraux » (devrais-je traduire par les « laxistes » ? Les « mondains »  ?) ont vidé les églises par leur réthorique politique, mais ils croient que c'est le seul moyen de ramener les fidèles perdus. Ainsi, plus les églises se vident, plus les les « libéraux » insistent sur le message qui les a faits fuir.

Ne dit-on pas que persévérer dans l'erreur est, à proprement parler, diabolique ?





« Une telle puissance de capitulation ... »

Apprenant l'assassinat de Jaurès, qu'il avait admiré, et peu avant sa propre mort, héroïque celle-là, Péguy a confié : « Je suis bien obligé de dire que c'est une chose horrible. Et pourtant ... Il y a en lui une telle puissance de capitulation. Que ferait-il en cas de défaite ? ».

Une telle puissance de capitulation. L'expression me frappe, car elle me semble exactement correspondre à notre classe politique de 2019.

Bien sûr, l'envergure intellectuelle d'un Jaurès est perdue. Ce ne sont plus que des petits hommes gris sans intérêt. Mais, ramassés tous ensemble, mis en tas, assemblés en gerbes, quelle puissance de capitulation !

On pense aussitôt à Macron, aux macronistes, aux électeurs macronistes, de premier tour, de deuxième tour, de troisième tour, de cent-vingt-septième tour. Ils se font une politique revendiquée, et s'en glorifient, de toujours capituler, le plus servilement et le plus rapidement possible. Et cette capitulation est puissante : les capitulards n'hésitent pas à faire éborgner des Français pour pouvoir se coucher devant l'Allemagne. Cependant, ils ne sont pas seuls.

Regardez les autres : LR, FI, RN. C'est bien simple : pour anticiper leurs actions, il suffit de deviner ce qui est le plus lâche, le plus facile, le plus immédiatement rentable, c'est à coup sûr ce qu'ils vont faire.

Pourquoi le gaullisme a-t-il disparu de notre paysage politique ? Parce c'est l'anti-capitulation. Ce n'est pas pour rien que De Gaulle fut marqué par Péguy.

Quelle est cette société, la nôtre, qui peut produire une telle puissance de capitulation chez ses politiciens ? Quelles sont ses valeurs ? Son avenir ? Quelles sont mes responsabilités dans ce naufrage intellectuel et moral ?


Drogue dans la haute : un article décapant de Peter Hitchens

Our Elite is Corrupted by Drugs

Je rêve de voir un tel article en France.

J'ai souvent entendu dire (sans preuves, bien évidemment) que Giscard, Sarkozy et Macron carburent (ou carburaient) à la cocaïne.

Cette corruption va loin (et devient même comique) puisque les voisins d'un cardinal au Vatican ont porté plainte pour tapage nocturne. La police romaine est intervenue et elle a découvert un bien joli tableau. Son Eminence a terminé à l'hôpital : en pleine orgie homosexuelle, Monsignore était camé jusqu'aux yeux.

Bourgeois cathos : bourgeois d'abord, cathos si ça ne coûte pas grand'chose.

Nous discutions hier soir, autour d'une bonne bouteille et de homards (1) avec un ami qui connaît bien la population de bourgeois cathos (Neuilly, Versailles, XVIème et leurs équivalents provinciaux). Ils ont massivement voté Macron.

Nous sommes tombés d'accord qu'il n'y avait là aucune surprise, qu'à de rares exceptions hautement louables, ce sont des hypocrites, des pharisiens et des sépulcres mal blanchis, et que, lorsque les choses vraiment sérieuses sont en jeu, c'est-à-dire que leurs intérêts pécuniaires ont menacés, ils oublient de suite leurs prétendues convictions religieuses. C'est vrai dans la vie publique (le vote Macron (2)), mais aussi dans la vie privée (en cas de mésalliance qui menace l'héritage, la charité chrétienne s'évanouit à une vitesse sidérante).

Il y a quelques mois, Eric Zemmour posait la question (que je soupçonne d'être réthorique de sa part) de savoir si les bourgeois cathos de la Manif Pour Tous choisiraient d'être du coté du peuple avec les Gilets jaunes ou du coté de leurs intérêts avec Macron. Nous avons désormais la réponse, et je serais très surpris ... si elle avait surpris Zemmour.

Il connaît l'histoire, il sait qu'à part en 1914 et en 1958, la classe bourgeoise fut du coté de la trahison.

Nous ne sommes pas les seuls à le penser (commentaire du Figaro) :



Ces gens-là aiment beaucoup l'argent. Ils ne feraient pas la folie, comme certains pauvres, d'être généreux de leurs deniers. Ils donnent plus volontiers leur temps que leur argent.

J'ai longtemps cru que c'était parce que les familles nombreuses coûtent cher. Mais j'en connais maintenant plusieurs où les enfants sont casés et la ladrerie n'a pas reculé.

Benoit Malon, ancien communard, en 1881 : « Quand les choses vraiment graves sont en jeu, c'est-à-dire leurs intérêts financiers, [malgré leurs divisions politiques apparentes], les bourgeois se retrouvent unis comme un seul homme pour se défendre ».

Ces bourgeois cathos posent deux problèmes :

1) ils pourrissent la politique par leur anti-patriotisme.

2) plus grave, ils pourrissent l'Eglise. Si les disciples du Christ sont des pensionnaires du Rotary, quelle valeur a Son message ? On dit que le pape François déteste les catholiques européens parce qu'il les prend tous pour des Versaillais. Il devrait mieux se renseigner, mais, dans cette limite, je le comprends.

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(1) : homards (on en trouve en soldes) : 15 minutes thermostat 9, vous les coupez en deux dans le sens de la longueur (vous pouvez presser le contenu des têtes pour l'incorporer à une mayonnaise) et vous les flambez au cognac ou, plus original, au whisky (il faut bien que ce médicament anglais serve à quelque chose).





(2) : les surplus d'impôts Macron ne leur font pas plaisir, mais c'est peanuts par rapport à ce que leur couterait une vraie réforme économique comme la sortie de l'Euro.

samedi, juin 08, 2019

Les mensonges des commémorations du 6 juin 2019

J'éprouve d'autant plus de plaisir à vous transmettre cet article venu de Vu du droit que S. Ferreira est l'auteur de quelques livres d'histoire militaire intéressants (je ne vous ai parlé que d'un). Ferreira n'est d'ailleurs pas le seul à trouver ces commémorations biaisées plus fortes que le café.

De plus, souligner la contradiction qu'il y a entre le contenu des discours et le grand éloignement dans lequel on a tenu le public me paraît très judicieux. Cela révèle l'exercice de grande hypocrisie, dépassant les limites du supportable, qu'est la politique en 2019.



COMMÉMORATION DU JOUR J : LA FIN DE L’HISTOIRE ?

7 JUIN 2019

SYLVAIN FERREIRA

L’Histoire prise en otage






Les commémorations officielles du 75e anniversaire du Jour-J s’achèvent avec la cérémonie internationale de Courseulles-sur-Mer, site ô combien symbolique du retour du général de Gaulle en France le 14 juin 1944. Après les cérémonies de Caen pour rendre hommage aux résistants français assassinés le 6 juin par les Allemands, la cérémonie franco-britannique de Ver-sur-Mer ce matin, et le grand show américain de Colleville-sur-Mer en milieu de journée, Emmanuel Macron a jugé que sa présence à cette dernière cérémonie était facultative. Il a préféré déléguer à Edouard Philippe le soin de représenter la France. C’est la seconde fois depuis le début de son mandat que le locataire de l’Elysée s’illustre par son absence à une cérémonie commémorative ; la première c’était le 8 août 2018 dans sa bonne ville d’Amiens où il n’avait pas daigné honorer nos alliés britanniques de sa présence pour commémorer le succès commun de nos armes contre l’Allemagne impériale en 1918. Cette nouvelle bourde inqualifiable est justifiée par des impératifs d’agenda, nous disent les services de communication de Sibeth Ndiaye. Nos alliés apprécieront la capacité d’Emmanuel Macron à planifier ses activités en fonction du calendrier.

Mais, au-delà de cette faute, une autre absence a marqué ces commémorations, cette fois à l’insu de l’intéressé. En effet, le président Vladimir Poutine n’a tout simplement pas été convié sur les plages de Normandie ! Pire, au cours de son discours ce matin au cimetière américain d’Omaha Beach, Emmanuel Macron n’a pas jugé bon d’évoquer le rôle de l’Armée rouge au cours de l’été 1944 alors qu’il a tenu à rappeler le rôle de tous les pays d’Europe dans l’opération Overlord. Malgré le poids monstrueux supporté par l’Union soviétique au cours de la guerre, malgré les trois grandes offensives menées (Bagration – Lvov/Sandomierz – Iasi/Kishinev) par l’Armée rouge entre le 22 juin et le 20 août 1944 sur un front qui va alors de Leningrad à la mer Noire, Emmanuel Macron n’a donc pas jugé opportun ni d’inviter son homologue russe, ni même de mentionner le rôle déterminant de l’Armée rouge. Cela est d’autant plus inacceptable que la chancelière Merkel était quant à elle bien présente. Rappelons également que l’Union soviétique a payé le plus lourd tribut à la victoire finale contre le nazisme avec la perte de 27 à 30 millions de ses citoyens, des milliers de villages ont subi le même sort qu’Oradour-sur-Glane, et enfin sur l’ensemble de la guerre 4 soldats allemands sur 5 furent tués par l’Armée rouge. Cette insulte à l’histoire ne peut être justifiée par les tensions diplomatiques actuelles. L’histoire ne peut pas être l’otage des querelles du présent entre les alliés d’hier.

Enfin, les commémorations officielles ont été marquées par l’absence d’un acteur majeur dont personne n’ose parler : le public, relégué loin des lieux de rassemblement des « grands » de ce monde. Les mesures de sécurité prises pour assurer la sécurité des officiels ont abouti, dès 6h du matin et jusqu’à 23h, à la fermeture de la RN13 entre Caen et Isigny-sur-mer – une artère régionale vitale – puis à la fermeture progressive des routes secondaires au nord de cet axe interdisant à la fois l’accès aux plages, mais aussi les déplacements des habitants, y compris ceux qui travaillent. Depuis le début du Centenaire de la Grande Guerre, cette mise à l’écart du public est devenue une norme. Elle marque encore un peu plus la fracture entre d’un côté l’hypocrisie du discours mémoriel officiel et de l’autre l’accaparement des cérémonies par des « élites » qui, souvent, mènent des politiques contradictoires avec ce qu’elles viennent célébrer. L’exemple d’Emmanuel Macron est d’une rare pertinence dans ce domaine, puisqu’il est le fossoyeur du programme politique du Conseil National de la Résistance et qu’il assimile Vichy à la France depuis son élection.

La kermesse de la mémoire

En marge des commémorations officielles, le tourisme de mémoire a mobilisé des milliers de personnes depuis le début du mois et jusqu’à la fin du week-end de Pentecôte pour permettre au public de plonger dans l’histoire du Jour-J. Pourtant, si la volonté initiale est louable, les manifestations qui en découlent ne le sont pas forcément. Tout d’abord, l’ambiance générale constatée sur place manque souvent de mesure et de recueillement, sauf lorsqu’on visite les nécropoles. Ensuite, le label « Jour-J » est devenu un produit commercial à l’instar du Christ et de la Vierge Marie à Lourdes. Par exemple, si les commerçants de Bayeux affichent sur leurs vitrines d’émouvantes photos de leurs échoppes telles qu’elles étaient en 1944, ce n’est pas que par goût de transmission de l’Histoire.

Les musées sont également touchés par ce problème. Ceux visités la semaine dernière proposent eux aussi – à des degrés divers – des étagères chargées de livres d’histoire qui côtoient celles pleines des verres et de mugs ou d’autres souvenirs d’un goût plus ou moins douteux. Que penser par exemple des chapeaux roses pour les petites filles frappées de l’insigne de la Big Red One – la 1re division d’infanterie américaine – proposés par l’Overlord Museum à deux pas du cimetière de Colleville-sur-Mer ? De même, les musées participent à la construction d’une image fausse du débarquement qui est unanimement présenté comme « la plus grande opération militaire » de l’Histoire. Là encore, comme l’absence remarquée d’invitation au président Poutine, il n’est jamais fait mention des opérations gigantesques, bien plus importantes que le débarquement, mises en œuvre au même moment par les Soviétiques. Par ailleurs, la présence de nombreux reconstituteurs pose également question quant au sérieux et à l’authenticité de leur démarche historique. Si certains sont d’un sérieux quasi professionnel qui permet aux plus jeunes d’approcher et de comprendre les réalités de la vie quotidienne des combattants de l’époque, d’autres ressemblent plus à des amateurs au comportement parfois plus festif que scientifique, voire irresponsable lorsqu’ils sont au volant de leurs véhicules.

Bref, loin du discours officiel et derrière le vernis des présentations télévisées, l’Histoire ne sort pas grandie de cette 75e commémoration du débarquement allié en Normandie. Le Centenaire de la Grande Guerre avait déjà montré de nombreux signes de faiblesses en la matière [comme je l'anticipais et le craignais] et, malheureusement, le Jour-J ne fait que les confirmer. Il appartient donc aux historiens mais aussi au public averti de travailler encore et encore pour porter un message clair, dégagé des intérêts partisans afin de transmettre l’histoire correctement.

Sylvain Ferreira

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Au fait, la propagande hollywoodienne, ça marche :


En doutiez vous ?