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vendredi, mai 08, 2020
Fête de Jeanne d'Arc, une sainte qui avait de couilles (révérence gardée).
Je suis très impressionné par la personnalité de Jeanne d'Arc. Je l'aurais en face de moi, je n'en mènerais pas large.
mardi, février 25, 2020
Le 25 février 1429
Jeanne d'Arc rencontre le roi Charles VII au château de Chinon
Par Riches Heures le samedi, 27 novembre 2010, 11:33 - Histoire - Lien permanent
Dans la Chronique de la Pucelle, attribuée à Cousinot de Montreuil, on relève une tentative de tromper la Pucelle sur l'identité de son interlocuteur. La supercherie est aussi évoquée brièvement dans le Journal du siège d'Orléans et dans la Chronique de Jean Chartier, dont voici un extrait (légèrement modernisé) :
Et celle-ci venue devant le roy fist les inclinations et révérences acoustumées de faire aux roys comme si elle eust esté nourrie en sa cour. Et en sa soumission et salutation dist, en adressant sa parolle au roy : "Dieu vous donne bonne vie, gentil roy." Malgré qu'elle ne le congnoissoit pas et qu'elle ne l'avoit jamais veu, et qu'il y avoit plussieurs seigneurs pompeusement et richement vestuz et mieux que ne l'estoit le roy. C'est pourquoi il respondit à ladite Jehanne : "Je ne suys pas celui qui suys roys, Jehanne." Et en luy monstrant l'un des seigneurs, dit : "Voilà le roy !" A quoy elle respondi : "A ! non ! gentil prince, c'estes vous, et non autres".
Une image d'Epinal
La version la plus colorée, celle dont nous avons tous lu ou entendu un jour ou l'autre une adaptation, est l'œuvre d'un greffier de l'hôtel de ville de La Rochelle. Il ne fut pas le témoin oculaire des faits qu'il rapporte, mais il en était indubitablement contemporain :
L'an de grâce mil quatre cent vingt et neuf fut maire de La Rochelle honorable homme sire Hugues Guibert. Item le XXIIIe jour dudit mois de febvrier, vint devers le Roy nostre seigr, qui estoit à Chinon, une Pucelle de l'âge de XVI à XVII ans, née de Vaucouleur en la duché de Laurraine, laquelle avoit nom Jehanne et estoit en habit d'homme : c'est assavoir qu'elle avoit pourpoint noir, chausses estachées, robbe courte de gros gris noir, cheveux ronds et noirs, et un chappeau noir sur la teste. Et avoit en sa compagnie quatre escuiers qui la conduisoyent. Et quant elle fut arrivée au lieu dit de Chinon où le Roy estoit, comme dist est, elle demanda parler à luy. Et alors on luy monstra Monsgr Charles de bourbon, feignant que ce fust le Roy. Mais elle dit tantost que ce n'estoit pas le Roy, qu'elle le recognoitroit bien si elle le voyait, malgré qu'elle ne l'eût jamais vu. Après on luy fit venir un escuier, feignant que c'estoit le Roy. Mais elle devina bien qu'il ne l'estoit pas. Et tantost après, le Roy saillit d'une chambre, et dès qu'elle le vit, elle dit que c'estoit luy et luy dit qu'elle estoit venue à luy de par le Roy du Ciel, et qu'elle vouloit parler à luy. Et dit-on qu'elle luy dit certaines choses en secret, dont le Roy fut bien esmerveillé.
Cette version n'est cependant pas systématiquement confirmée par les témoins de la rencontre interrogés à l'occasion du procès en réhabilitation, tels Maître Réginald Thierry, chirurgien du roi, ou le sire Raoul de Gaucourt. Voici une partie de la déposition de ce dernier :
Il la vit quand elle se présenta à la vue de la majesté royale avec grande humilité et simplicité, comme une pauvre petite bergère, et il entendit les paroles suivantes qu'elle adressa au roi en ces termes : "Très illustre sire dauphin, je suis venue envoyée par Dieu, pour porter secours à vous et au royaume".
Simon Charles, président de la Chambre des Comptes à l'époque de l'enquête, était ambassadeur à Venise au moment des faits. Il a toutefois bénéficié du récit de Jean de Metz, qui avait selon ses dires "conduit cette Jeanne au roi". Voici ce qu'il raconte :
Lorsqu'elle entra au château de Chinon, pour venir devant le roi, celui-ci hésitait encore, suivant l'avis des grands de sa cour, à s'entretenir avec elle ; mais alors on annonça au roi que Robert de Baudricourt lui avait écrit qu'il envoyait cette femme, et que celle-ci avait passé par les territoires des ennemis du roi, qu'elle avait traversé à des gués beaucoup de rivières, presque miraculeusement, pour arriver jusqu'au roi. Pour cette raison le roi fut poussé à l'entendre, et donna audience à Jeanne. Lorsque le roi sut qu'elle venait, il se tira à part, en s'écartant des autres ; mais Jeanne le reconnut bien et lui fit sa révérence. Elle s'entretint avec lui pendant un long espace de temps. Après l'avoir entendue, le roi paraissait joyeux.
Ainsi débuta la fulgurante carrière de Jeanne d'Arc.
Cette version n'est cependant pas systématiquement confirmée par les témoins de la rencontre interrogés à l'occasion du procès en réhabilitation, tels Maître Réginald Thierry, chirurgien du roi, ou le sire Raoul de Gaucourt. Voici une partie de la déposition de ce dernier :
Il la vit quand elle se présenta à la vue de la majesté royale avec grande humilité et simplicité, comme une pauvre petite bergère, et il entendit les paroles suivantes qu'elle adressa au roi en ces termes : "Très illustre sire dauphin, je suis venue envoyée par Dieu, pour porter secours à vous et au royaume".
Simon Charles, président de la Chambre des Comptes à l'époque de l'enquête, était ambassadeur à Venise au moment des faits. Il a toutefois bénéficié du récit de Jean de Metz, qui avait selon ses dires "conduit cette Jeanne au roi". Voici ce qu'il raconte :
Ainsi débuta la fulgurante carrière de Jeanne d'Arc.
mardi, juin 18, 2019
samedi, juillet 01, 2017
La triple donation de la France
Je crois avoir déjà raconté cet épisode, mais comme il est parmi les plus extraordinaires de l'histoire de France, ça vaut le coup de le redire :
Nous sommes à Saint-Benoît-sur-Loire, le 21 juin 1429, vers 16 heures. Jehanne s’adresse à Charles :
« Sire, me promettez-vous de me donner ce que je vous demanderai ? » Le dauphin hésite, puis consent.
« Sire, donnez-moi votre royaume. » Stupéfait, il hésite de nouveau ; mais, tenu par sa promesse et subjugué par l’ascendant surnaturel de la jeune fille, il répond : « Jehanne, je vous donne mon royaume » (1ère donation).
La Pucelle exige qu’un acte notarié en soit solennellement dressé et signé par les quatre secrétaires du Roi ; après quoi, voyant celui-ci tout interdit et embarrassé, elle dit : « Voici le plus pauvre chevalier de France : il n’a plus rien. » Puis aussitôt, très grave et s’adressant aux secrétaires : « Écrivez : Jehanne donne le royaume à Jésus-Christ » (2ème donation).
Et immédiatement après : « Jésus rend le royaume à Charles » (3ème donation).
À partir de ce moment, Charles se décide à entreprendre la campagne du sacre.
« Si Charles VII et ses successeurs avaient compris, dira l’historien jésuite Jean-Baptiste Ayroles, ils auraient fait enchâsser le merveilleux parchemin dans l’or et dans la soie ; ils l’auraient entouré de pierres précieuses, car ils n’avaient pas dans leur trésor de diamants comparables. Ils l’auraient relu et médité tous les jours. Non seulement ils seraient aujourd’hui sur le trône, mais l’univers serait dans les bras de Jésus-Christ et ce serait la France qui l’y aurait placé. »
Nous sommes à Saint-Benoît-sur-Loire, le 21 juin 1429, vers 16 heures. Jehanne s’adresse à Charles :
« Sire, me promettez-vous de me donner ce que je vous demanderai ? » Le dauphin hésite, puis consent.
« Sire, donnez-moi votre royaume. » Stupéfait, il hésite de nouveau ; mais, tenu par sa promesse et subjugué par l’ascendant surnaturel de la jeune fille, il répond : « Jehanne, je vous donne mon royaume » (1ère donation).
La Pucelle exige qu’un acte notarié en soit solennellement dressé et signé par les quatre secrétaires du Roi ; après quoi, voyant celui-ci tout interdit et embarrassé, elle dit : « Voici le plus pauvre chevalier de France : il n’a plus rien. » Puis aussitôt, très grave et s’adressant aux secrétaires : « Écrivez : Jehanne donne le royaume à Jésus-Christ » (2ème donation).
Et immédiatement après : « Jésus rend le royaume à Charles » (3ème donation).
À partir de ce moment, Charles se décide à entreprendre la campagne du sacre.
« Si Charles VII et ses successeurs avaient compris, dira l’historien jésuite Jean-Baptiste Ayroles, ils auraient fait enchâsser le merveilleux parchemin dans l’or et dans la soie ; ils l’auraient entouré de pierres précieuses, car ils n’avaient pas dans leur trésor de diamants comparables. Ils l’auraient relu et médité tous les jours. Non seulement ils seraient aujourd’hui sur le trône, mais l’univers serait dans les bras de Jésus-Christ et ce serait la France qui l’y aurait placé. »
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vendredi, avril 01, 2016
La bourgeoisie pétainiste
Pris dans un entretien de Philippe de Villiers :
************
Je vais vous dire ce que j’ai vécu : depuis 30 ans j’ai dit des choses, j’ai prévenu, et on s’est moqué de moi. Des braves gens, des bons chrétiens qui m’ont dit « oui mais, quand même, on a Giscard », « oui mais, quand même, Chirac », « oui mais, quand même, Sarkozy », et maintenant ils disent « Fillon ». Ils ne savent pas qui sont ces gens-là. Ils ont cru à Maastricht, ils ont cru au mondialisme, ils ont cru à l’européisme, bon. Et là ils croient encore, ils vont croire à Juppé.
************
Philippe de Villiers aurait pu remonter plus haut et évoquer Pétain. Mais il est plus charitable que moi.
J'en viens à ne plus supporter cette bourgeoisie pétainiste (je me suis déjà expliqué sur cette désignation ici). J'en connais pas mal de membres, qui sont par ailleurs assez sympathiques -à condition de ne pas parler de politique.
Je pense que ces gens qui refusent toujours les solutions radicales même quand elles sont nécessaires sont les vrais meurtriers de la France, parce qu'ils la paralysent, l'oppressent, l'étouffent, l'empêchent de renverser la table (ce qui est différent de faire table rase).
De Gaulle a eu ce mérite en 1940 de comprendre que la sagesse à courte vue est parfois une folie, et que, inversement, être déraisonnable et excessif est quelquefois la voie du salut.
J'en profite pour ajouter ce passage du mêle entretien sur Jeanne d'Arc :
************
Je pense que les grandeurs d’établissement ont toujours eu un problème avec Jeanne d’Arc. Je pense qu’il y a ceux qui l’ont livrée, ceux qui l’ont condamnée, ceux qui l’ont brûlée, ceux qui ont tenté de la faire oublier. Et donc aujourd’hui encore Jeanne d’Arc pose un problème. Tout simplement parce qu’elle sort du cadre de ceux qui ne croient qu’au spirituel et du cadre de ceux qui ne croient qu’au temporel ; puisqu’elle est dans l’histoire de France le plus beau et sans doute le seul trait d’union entre le ciel et la terre ; puisqu’elle est guidée par ses voix.
************
Dédié à CL qui se reconnaîtra.
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Je vais vous dire ce que j’ai vécu : depuis 30 ans j’ai dit des choses, j’ai prévenu, et on s’est moqué de moi. Des braves gens, des bons chrétiens qui m’ont dit « oui mais, quand même, on a Giscard », « oui mais, quand même, Chirac », « oui mais, quand même, Sarkozy », et maintenant ils disent « Fillon ». Ils ne savent pas qui sont ces gens-là. Ils ont cru à Maastricht, ils ont cru au mondialisme, ils ont cru à l’européisme, bon. Et là ils croient encore, ils vont croire à Juppé.
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Philippe de Villiers aurait pu remonter plus haut et évoquer Pétain. Mais il est plus charitable que moi.
J'en viens à ne plus supporter cette bourgeoisie pétainiste (je me suis déjà expliqué sur cette désignation ici). J'en connais pas mal de membres, qui sont par ailleurs assez sympathiques -à condition de ne pas parler de politique.
Je pense que ces gens qui refusent toujours les solutions radicales même quand elles sont nécessaires sont les vrais meurtriers de la France, parce qu'ils la paralysent, l'oppressent, l'étouffent, l'empêchent de renverser la table (ce qui est différent de faire table rase).
De Gaulle a eu ce mérite en 1940 de comprendre que la sagesse à courte vue est parfois une folie, et que, inversement, être déraisonnable et excessif est quelquefois la voie du salut.
J'en profite pour ajouter ce passage du mêle entretien sur Jeanne d'Arc :
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Je pense que les grandeurs d’établissement ont toujours eu un problème avec Jeanne d’Arc. Je pense qu’il y a ceux qui l’ont livrée, ceux qui l’ont condamnée, ceux qui l’ont brûlée, ceux qui ont tenté de la faire oublier. Et donc aujourd’hui encore Jeanne d’Arc pose un problème. Tout simplement parce qu’elle sort du cadre de ceux qui ne croient qu’au spirituel et du cadre de ceux qui ne croient qu’au temporel ; puisqu’elle est dans l’histoire de France le plus beau et sans doute le seul trait d’union entre le ciel et la terre ; puisqu’elle est guidée par ses voix.
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Dédié à CL qui se reconnaîtra.
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Jeanne d'Arc,
Maréchal Juppé nous voilà !,
Pétain
dimanche, mars 20, 2016
Jeanne d'Arc, le procès de Rouen par Jacques Trémolet du Villers
Jeanne d'Arc est la plus haute figure de l'histoire de France. Seul saint Louis peut lui être comparé. Les autres, Louis XIII (que j'aime beaucoup), Louis XIV, Napoléon, De Gaulle sont des nains à coté. C’est un scandale, qui en dit long sur nos politiciens, qu’un parti ait le monopole de la référence (et de la révérence) à Jeanne (il n'en était pas ainsi au XIXème siècle).
La vie de Jeanne d'Arc est extraordinaire, seul un abruti complet manquera de s'en apercevoir. L'explication de cette vie hors du commun diffère, celle de Jeanne est simple : elle a suivi le commandement de Dieu par l'intermédiaire de Sainte Marguerite, de Sainte Catherine et de Saint Michel. D'autres ont imaginé par erreur une bâtardise royale.
Le commentaire d'un avocat, Jacque Trémolet de Villers, sur le procès de Rouen est intéressant.
Par principe, il est inique de faire un procès à un vaincu, c'est aussi pourquoi je suis très mal à l'aise avec le procès de Nuremberg (Churchill préférait une exécution sans jugement). Le procès de Jeanne est une tache indélébile, à travers les âges, sur l'Angleterre et sur l'université de Paris. C'est le prototype des procès politiques.
Trémolet insiste sur les conditions matérielles du procès : Jeanne jeûne (c’est Carême). En dehors du procès, elle est enchainée. Pourtant, elle fait mieux que se défendre. Elle attaque (« Comme d'habitude » diraient les familiers de Jeanne, formidable combattante). En permanence, elle oppose à la légalité des juges la légitimité de la loi divine (Antigone encore actuelle : la justice française est légale, mais de moins en moins juste, ce qui la décrédibilise et fait le lit de l’anarchie). Dans ces conditions effroyables, elle arrive encore à plaisanter et à rire.
L'auteur compare ce procès à ceux de Cambronne, de Ney, de Pétain. Tous ces généraux chargés d'honneurs, impressionnés par l'appareil judiciaire, se réfugient derrière leur avocat. Jeanne a dix-neuf ans et pas d'avocat, elle est seule face à un juge et quarante-deux assesseurs, surdiplomés de l'université, des gens « brillants », comme diraient nos imbéciles mondains. C'est le combat éternel du monde contre l'esprit. Le monde a tout, le pouvoir, l'argent, la police, les prisons, l'armée, la pompe, les honneurs, les places, mais il n'a pas la foi.
Trémolet rappelle cette scène bien connue, dont nous avons plusieurs témoignages :
Jeanne, après Orléans, après Patay, dit à Charles VII : « Sire, me donnerez vous tout ce que je demande ? »
Charles VII, intrigué : « Jeanne, je ne peux rien te refuser ».
Jeanne : « Donnez moi votre royaume ».
Charles VII, surpris, subjugué, ne prend pas le temps de réfléchir : « Je te le donne ».
Jeanne : « Vous êtes le plus pauvre chevalier du monde, vous n'avez plus rien. Faites venir un notaire ».
De plus en plus décontenancé, Charles VII, Charles « rien », à ce moment là, fait venir un notaire. On imagine l'étrange attente du notaire.
Jeanne : « Notez. Moi, Jeanne, je donne le royaume de France au Christ. Et le Christ le donne au roi Charles ».
Y a-t-il dans l'histoire de France scène plus extraordinaire ?
A Rouen, Jeanne se bat. Ces réponses sont simples, précises, fortes et justes. C'est ce qui la caractérise le mieux : la force et la justesse. Face à des pédants, à des vicieux, à des louvoyeurs, elle parle d'or et touche juste. Imaginez quelque chose comme des François Hollande ou le gouvernement Valls jugeant une bergère. Mais il est vrai, le combat est inégal : ils n'ont que leurs ambitions mesquines et leur cupidité sans fond, elle a Dieu. C'est ce procès qui fait d'elle une sainte.
Comme dit Alain-Fournier, elle parle « un français de Christ », la langue que parlerait Jésus en français. Pas une phrase qu'un enfant de sept ans ne puisse comprendre et pourtant Cocteau, qu'on ne peut pas soupçonner de bondieuserie, la trouvait le plus grand poète de France.
Les passages où elle parle de ses voix sont sublimes. Jeanne est toujours très claire, comme aucun saint à part Saint François d'Assise. Elle dialogue avec Sainte Marguerite, Sainte Catherine et Saint Michel, mais au-dessus, il y a le commandement de Dieu, supérieur à tout. « Quand j'eus l'âge de treize ans, une voix vint de Dieu pour m'aider à me bien conduire. La première fois, j'eus grand peur. La voix vint à midi, c'était l'été au jardin de mon père ... ».
Il faut être un coeur pourri comme Voltaire pour ne pas être touché par Jeanne. Michelet avait mieux compris.
Trémolet de Villers remarque que le dialogue avec ses voix et sa confession quotidienne lui ont permis de construire cette profondeur étonnante (la vraie simplicité demande énormément de travail).
Par petites touches, elle définit la vraie laïcité : elle sépare ce qui ressort du domaine des gens d'Eglise et ce qui concerne la politique. Face à l'université de Paris, prise d'un délire de cléricalisme, qui voudrait que les clercs aient le droit de donner leurs avis sur tout, elle pose des limites. Que de résonances modernes !
Quand Jeanne répond « Croyez vous en l'Eglise militante ? Oui, mais Notre Sire premier servi », elle remet les choses à leur place : l'Eglise n'est le corps du Christ que pour autant qu'elle Lui est soumise. Un ecclésiastique qui donnerait des consignes politiques ou sociales contraires au commandement divin et à la conscience chrétienne ne devrait pas être obéi. On comprend la fureur des docteurs de l'université de Paris qui prétendent régenter les âmes.
Autre résonance moderne, il y a a la justice des individus, mais il y a aussi la justice des nations. Dieu peut prendre parti pour la France quand l'Angleterre viole le droit. Cela n'étonnera que ceux qui ont oublié que Dieu a pris souvent le parti d'Israël.
Le procès tourne à l'odieux. On assiste à ce scandale inouï : des clercs font du chantage aux sacrements à une chrétienne qui les réclame à bon droit. On sent une haine personnelle contre Jeanne. C'est la haine du cuistre verbeux contre le savant naturel, du causeur contre le faiseur, du mondain contre le saint, du vicieux contre l'homme droit, du vendu contre le pur, de celui qui parle de Dieu contre celle qui parle à Dieu (Sainte Thérèse d'Avila : « Il vaut mieux parler à Dieu que parler de Dieu »).
Cauchon eut du être touché par la simplicité et par la droiture de Jeanne mais, comme pharaon face à Moïse, il avait le cœur endurci.
Jeanne suit le chemin du Christ. Après les Rameaux, après les victoires, le doute, l'angoisse, l'agonie, la Passion. Pour elle, la maladie, peut-être l'empoisonnement, le viol, ou la tentative, le bûcher.
Je m'interroge sur l'évêque Cauchon (pour qui l'historiographie moderne est très sévère : durant le procès, il a été menteur et vicieux, acharné à perdre Jeanne, il n'a montré aucun des attributs qu'on attend d'un juge impartial), qui a vécu onze ans après Jeanne : a-t-il eu des remords ? A-t-il souvent pensé à elle ? La phrase de Jeanne, qui vaut malédiction, « Evêque, je meurs par vous » le hantait-elle dans son sommeil ? Dès le procès, des témoins, y compris des Anglais, ont été émus par Jeanne, au point que cela explique qu'une partie du procès fut tenu à huis clos. Ou le fait d'être docteur de l'université de Paris, comme aujourd'hui énarque, suffit-il à stériliser définitivement toute intelligence du cœur ? Si l'on croit que l'évêque ressemblait à François Hollande ou à Alain Juppé, cela n'incite guère à l'optimisme.
D’une certaine manière, Jeanne gagne : l’accusation qu’on retient contre elle, les vêtements d’homme, est ridicule, même pour l’époque. Il faut être bien perdu dans le labyrinthe de ses arguties et de ses subtilités à deux balles, comme un docteur de l’université de Paris, pour ne pas s’en apercevoir. Le procès en réhabilitation ne posera pas grande difficulté de ce point de vue.
D'autre autre manière, céleste, elle gagne aussi, sans aucun doute, sans aucune restriction. Elle est sainte, ses accusateurs ne sont rien. A de certains moments, on a l'impression que le procès de Rouen ne s'est tenu que pour qu'on puisse garder trace écrite de sa vie exemplaire et donner à comprendre pleinement qu'elle est une sainte. Un des assesseurs, après le supplice, anéantit deux mois de procès d'une simple phrase : « J'aimerais que mon âme soit où je crois qu'est l'âme de cette fille ».
La conclusion de Trémolet de Villers vaut qu'on la médite : Jeanne n'est pas seulement une sainte, et quelle sainte, elle a aussi mérité le titre de Docteur de l'Eglise. Il est plaisant d'imaginer le dialogue de Sainte Jeanne d'Arc et de Saint Thomas d'Aquin, de la fille tout feu tout flammes (si je puis dire avec respect) et du bos mutus.
Alors que nous entrons en Semaine Sainte, nous pouvons penser à cette sainte fille de France. Elle avait tout ce qui nous manque : foi, courage, bon sens, esprit combatif.
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Je ne peux résister au plaisir de vous citer ce qu'un Anglais écrit sur elle. Bon, cet Anglais n'est pas n'importe qui, c'est Chesterton :
Puis j’ai songé à ce qu’il y avait de courage, de fierté, de pathétique dans ce pauvre Nietzsche, à sa révolte contre la vacuité et la pusillanimité de notre époque. J’ai pensé à son appel à l’équilibre extatique du danger, à sa nostalgie des galops des grands chevaux, à son appel aux armes. Jeanne d’Arc avait tout cela et encore quelque chose de plus : elle n’exaltait pas le combat, elle combattait. Nous savons qu’elle n’avait pas peur d’une armée, alors que Nietzsche, pour autant que nous le sachions, avait peur d’une vache. Tolstoï se contentait de célébrer le paysan ; elle était une paysanne. Nietzsche se contentait de célébrer le guerrier ; elle était une guerrière. Elle les a battus tous deux sur leur propre terrain, celui de leurs idéaux contradictoires, plus noble que l’un, plus violente que l’autre.
C’était aussi une femme pratique et efficace, tandis que nos deux extravagants spéculateurs, eux, ne font rien. Il était impossible que ne me vînt à l’esprit la pensée que Jeanne avec sa Foi détenait, peut-être, un secret d’unité et d’utilité morales, maintenant perdu.
Et je ne voudrais tout de même pas conclure sur un Anglais, voici le discours de Malraux pour les fêtes johanniques :
Discours des fêtes Jeanne d’Arc à Rouen, par André Malraux
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« Comment vous parlaient vos voix ? » lui avait-on demandé quand elle était vivante. "Elles me disaient « Va fille de Dieu, va fille au grand cœur… »" Ce pauvre cœur qui avait battu pour la France comme jamais cœur ne battit, on le retrouva dans les cendres, que le bourreau ne put ou n’osa ranimer. Et l’on décida de le jeter à la Seine, « afin que nul n’en fît des reliques ».
Elle avait passionnément demandé le cimetière chrétien.
Alors naquit la légende.
Le cœur descend le fleuve. Voici le soir. Sur la mer, les saints et les fées de l’arbre-aux-fées de Domrémy l’attendent. Et à l’aube, toutes les fleurs marines remontent la Seine, dont les berges se couvrent de chardons bleus des sables, étoilés par les lys…
La légende n’est pas si fausse. Ce ne sont pas les fleurs marines que ces cendres ont ramenées vers nous, c’est l’image la plus pure et la plus émouvante de France. Ô Jeanne sans sépulcre et sans portrait, toi qui savais que le tombeau des héros est le cœur des vivants, peu importent tes vingt mille statues, sans compter celles des églises : à tout ce pour quoi la France fut aimée, tu as donné ton visage inconnu. Une fois de plus, les fleurs des siècles vont descendre. Au nom de tous ceux qui sont ou qui seront ici, qu’elles te saluent sur la mer, toi qui a donné au monde la seule figure de victoire qui soit aussi une figure de pitié !
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La vie de Jeanne d'Arc est extraordinaire, seul un abruti complet manquera de s'en apercevoir. L'explication de cette vie hors du commun diffère, celle de Jeanne est simple : elle a suivi le commandement de Dieu par l'intermédiaire de Sainte Marguerite, de Sainte Catherine et de Saint Michel. D'autres ont imaginé par erreur une bâtardise royale.
Le commentaire d'un avocat, Jacque Trémolet de Villers, sur le procès de Rouen est intéressant.
Par principe, il est inique de faire un procès à un vaincu, c'est aussi pourquoi je suis très mal à l'aise avec le procès de Nuremberg (Churchill préférait une exécution sans jugement). Le procès de Jeanne est une tache indélébile, à travers les âges, sur l'Angleterre et sur l'université de Paris. C'est le prototype des procès politiques.
Trémolet insiste sur les conditions matérielles du procès : Jeanne jeûne (c’est Carême). En dehors du procès, elle est enchainée. Pourtant, elle fait mieux que se défendre. Elle attaque (« Comme d'habitude » diraient les familiers de Jeanne, formidable combattante). En permanence, elle oppose à la légalité des juges la légitimité de la loi divine (Antigone encore actuelle : la justice française est légale, mais de moins en moins juste, ce qui la décrédibilise et fait le lit de l’anarchie). Dans ces conditions effroyables, elle arrive encore à plaisanter et à rire.
L'auteur compare ce procès à ceux de Cambronne, de Ney, de Pétain. Tous ces généraux chargés d'honneurs, impressionnés par l'appareil judiciaire, se réfugient derrière leur avocat. Jeanne a dix-neuf ans et pas d'avocat, elle est seule face à un juge et quarante-deux assesseurs, surdiplomés de l'université, des gens « brillants », comme diraient nos imbéciles mondains. C'est le combat éternel du monde contre l'esprit. Le monde a tout, le pouvoir, l'argent, la police, les prisons, l'armée, la pompe, les honneurs, les places, mais il n'a pas la foi.
Trémolet rappelle cette scène bien connue, dont nous avons plusieurs témoignages :
Jeanne, après Orléans, après Patay, dit à Charles VII : « Sire, me donnerez vous tout ce que je demande ? »
Charles VII, intrigué : « Jeanne, je ne peux rien te refuser ».
Jeanne : « Donnez moi votre royaume ».
Charles VII, surpris, subjugué, ne prend pas le temps de réfléchir : « Je te le donne ».
Jeanne : « Vous êtes le plus pauvre chevalier du monde, vous n'avez plus rien. Faites venir un notaire ».
De plus en plus décontenancé, Charles VII, Charles « rien », à ce moment là, fait venir un notaire. On imagine l'étrange attente du notaire.
Jeanne : « Notez. Moi, Jeanne, je donne le royaume de France au Christ. Et le Christ le donne au roi Charles ».
Y a-t-il dans l'histoire de France scène plus extraordinaire ?
A Rouen, Jeanne se bat. Ces réponses sont simples, précises, fortes et justes. C'est ce qui la caractérise le mieux : la force et la justesse. Face à des pédants, à des vicieux, à des louvoyeurs, elle parle d'or et touche juste. Imaginez quelque chose comme des François Hollande ou le gouvernement Valls jugeant une bergère. Mais il est vrai, le combat est inégal : ils n'ont que leurs ambitions mesquines et leur cupidité sans fond, elle a Dieu. C'est ce procès qui fait d'elle une sainte.
Comme dit Alain-Fournier, elle parle « un français de Christ », la langue que parlerait Jésus en français. Pas une phrase qu'un enfant de sept ans ne puisse comprendre et pourtant Cocteau, qu'on ne peut pas soupçonner de bondieuserie, la trouvait le plus grand poète de France.
Les passages où elle parle de ses voix sont sublimes. Jeanne est toujours très claire, comme aucun saint à part Saint François d'Assise. Elle dialogue avec Sainte Marguerite, Sainte Catherine et Saint Michel, mais au-dessus, il y a le commandement de Dieu, supérieur à tout. « Quand j'eus l'âge de treize ans, une voix vint de Dieu pour m'aider à me bien conduire. La première fois, j'eus grand peur. La voix vint à midi, c'était l'été au jardin de mon père ... ».
Il faut être un coeur pourri comme Voltaire pour ne pas être touché par Jeanne. Michelet avait mieux compris.
Trémolet de Villers remarque que le dialogue avec ses voix et sa confession quotidienne lui ont permis de construire cette profondeur étonnante (la vraie simplicité demande énormément de travail).
Par petites touches, elle définit la vraie laïcité : elle sépare ce qui ressort du domaine des gens d'Eglise et ce qui concerne la politique. Face à l'université de Paris, prise d'un délire de cléricalisme, qui voudrait que les clercs aient le droit de donner leurs avis sur tout, elle pose des limites. Que de résonances modernes !
Quand Jeanne répond « Croyez vous en l'Eglise militante ? Oui, mais Notre Sire premier servi », elle remet les choses à leur place : l'Eglise n'est le corps du Christ que pour autant qu'elle Lui est soumise. Un ecclésiastique qui donnerait des consignes politiques ou sociales contraires au commandement divin et à la conscience chrétienne ne devrait pas être obéi. On comprend la fureur des docteurs de l'université de Paris qui prétendent régenter les âmes.
Autre résonance moderne, il y a a la justice des individus, mais il y a aussi la justice des nations. Dieu peut prendre parti pour la France quand l'Angleterre viole le droit. Cela n'étonnera que ceux qui ont oublié que Dieu a pris souvent le parti d'Israël.
Le procès tourne à l'odieux. On assiste à ce scandale inouï : des clercs font du chantage aux sacrements à une chrétienne qui les réclame à bon droit. On sent une haine personnelle contre Jeanne. C'est la haine du cuistre verbeux contre le savant naturel, du causeur contre le faiseur, du mondain contre le saint, du vicieux contre l'homme droit, du vendu contre le pur, de celui qui parle de Dieu contre celle qui parle à Dieu (Sainte Thérèse d'Avila : « Il vaut mieux parler à Dieu que parler de Dieu »).
Cauchon eut du être touché par la simplicité et par la droiture de Jeanne mais, comme pharaon face à Moïse, il avait le cœur endurci.
Jeanne suit le chemin du Christ. Après les Rameaux, après les victoires, le doute, l'angoisse, l'agonie, la Passion. Pour elle, la maladie, peut-être l'empoisonnement, le viol, ou la tentative, le bûcher.
Je m'interroge sur l'évêque Cauchon (pour qui l'historiographie moderne est très sévère : durant le procès, il a été menteur et vicieux, acharné à perdre Jeanne, il n'a montré aucun des attributs qu'on attend d'un juge impartial), qui a vécu onze ans après Jeanne : a-t-il eu des remords ? A-t-il souvent pensé à elle ? La phrase de Jeanne, qui vaut malédiction, « Evêque, je meurs par vous » le hantait-elle dans son sommeil ? Dès le procès, des témoins, y compris des Anglais, ont été émus par Jeanne, au point que cela explique qu'une partie du procès fut tenu à huis clos. Ou le fait d'être docteur de l'université de Paris, comme aujourd'hui énarque, suffit-il à stériliser définitivement toute intelligence du cœur ? Si l'on croit que l'évêque ressemblait à François Hollande ou à Alain Juppé, cela n'incite guère à l'optimisme.
D’une certaine manière, Jeanne gagne : l’accusation qu’on retient contre elle, les vêtements d’homme, est ridicule, même pour l’époque. Il faut être bien perdu dans le labyrinthe de ses arguties et de ses subtilités à deux balles, comme un docteur de l’université de Paris, pour ne pas s’en apercevoir. Le procès en réhabilitation ne posera pas grande difficulté de ce point de vue.
D'autre autre manière, céleste, elle gagne aussi, sans aucun doute, sans aucune restriction. Elle est sainte, ses accusateurs ne sont rien. A de certains moments, on a l'impression que le procès de Rouen ne s'est tenu que pour qu'on puisse garder trace écrite de sa vie exemplaire et donner à comprendre pleinement qu'elle est une sainte. Un des assesseurs, après le supplice, anéantit deux mois de procès d'une simple phrase : « J'aimerais que mon âme soit où je crois qu'est l'âme de cette fille ».
La conclusion de Trémolet de Villers vaut qu'on la médite : Jeanne n'est pas seulement une sainte, et quelle sainte, elle a aussi mérité le titre de Docteur de l'Eglise. Il est plaisant d'imaginer le dialogue de Sainte Jeanne d'Arc et de Saint Thomas d'Aquin, de la fille tout feu tout flammes (si je puis dire avec respect) et du bos mutus.
Alors que nous entrons en Semaine Sainte, nous pouvons penser à cette sainte fille de France. Elle avait tout ce qui nous manque : foi, courage, bon sens, esprit combatif.
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Je ne peux résister au plaisir de vous citer ce qu'un Anglais écrit sur elle. Bon, cet Anglais n'est pas n'importe qui, c'est Chesterton :
Puis j’ai songé à ce qu’il y avait de courage, de fierté, de pathétique dans ce pauvre Nietzsche, à sa révolte contre la vacuité et la pusillanimité de notre époque. J’ai pensé à son appel à l’équilibre extatique du danger, à sa nostalgie des galops des grands chevaux, à son appel aux armes. Jeanne d’Arc avait tout cela et encore quelque chose de plus : elle n’exaltait pas le combat, elle combattait. Nous savons qu’elle n’avait pas peur d’une armée, alors que Nietzsche, pour autant que nous le sachions, avait peur d’une vache. Tolstoï se contentait de célébrer le paysan ; elle était une paysanne. Nietzsche se contentait de célébrer le guerrier ; elle était une guerrière. Elle les a battus tous deux sur leur propre terrain, celui de leurs idéaux contradictoires, plus noble que l’un, plus violente que l’autre.
C’était aussi une femme pratique et efficace, tandis que nos deux extravagants spéculateurs, eux, ne font rien. Il était impossible que ne me vînt à l’esprit la pensée que Jeanne avec sa Foi détenait, peut-être, un secret d’unité et d’utilité morales, maintenant perdu.
Et je ne voudrais tout de même pas conclure sur un Anglais, voici le discours de Malraux pour les fêtes johanniques :
Discours des fêtes Jeanne d’Arc à Rouen, par André Malraux
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« Comment vous parlaient vos voix ? » lui avait-on demandé quand elle était vivante. "Elles me disaient « Va fille de Dieu, va fille au grand cœur… »" Ce pauvre cœur qui avait battu pour la France comme jamais cœur ne battit, on le retrouva dans les cendres, que le bourreau ne put ou n’osa ranimer. Et l’on décida de le jeter à la Seine, « afin que nul n’en fît des reliques ».
Elle avait passionnément demandé le cimetière chrétien.
Alors naquit la légende.
Le cœur descend le fleuve. Voici le soir. Sur la mer, les saints et les fées de l’arbre-aux-fées de Domrémy l’attendent. Et à l’aube, toutes les fleurs marines remontent la Seine, dont les berges se couvrent de chardons bleus des sables, étoilés par les lys…
La légende n’est pas si fausse. Ce ne sont pas les fleurs marines que ces cendres ont ramenées vers nous, c’est l’image la plus pure et la plus émouvante de France. Ô Jeanne sans sépulcre et sans portrait, toi qui savais que le tombeau des héros est le cœur des vivants, peu importent tes vingt mille statues, sans compter celles des églises : à tout ce pour quoi la France fut aimée, tu as donné ton visage inconnu. Une fois de plus, les fleurs des siècles vont descendre. Au nom de tous ceux qui sont ou qui seront ici, qu’elles te saluent sur la mer, toi qui a donné au monde la seule figure de victoire qui soit aussi une figure de pitié !
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samedi, mars 05, 2016
Le pouvoir de l'anneau
La famille de Villiers et moults donateurs ramènent l'anneau (présumé) de Jeanne d'Arc en France.
L'anneau de Jeanne d'Arc au Puy du Fou !
Tout un symbole qu'à l'Etat défaillant, voire hostile, se substituent des Français de bonne volonté.
Je ne vous ai jamais caché pour admiration pour sainte Jeanne d'Arc.
Au moins autant que ses actions, ses paroles frappent, parce que, comme le disait Malraux, elles vont à l'essentiel : « Jeanne, si Dieu veut la victoire des Français, qu'a-t-il besoin de vos armées ? Les hommes d'armes combattront. Et Dieu donnera la victoire ».
Jeanne, comme le Christ, n'était pas dénuée d'humour. Cela me fait toujours rire d'imaginer La Hire, soudard « de l'exploit des champs plus que de la cérémonie des cours », toujours le mot ordurier à la bouche, obligé par Jeanne de jurer « Par mon baton ! ».
Rien ne se fera sans la foi.
Les islamistes sont puissants parce qu'ils ont la foi. Certes, une foi pervertie et maléfique, mais une foi tout de même.
Je vous poste à nouveau un ancien billet :
L'anneau de Jeanne d'Arc au Puy du Fou !
Tout un symbole qu'à l'Etat défaillant, voire hostile, se substituent des Français de bonne volonté.
Je ne vous ai jamais caché pour admiration pour sainte Jeanne d'Arc.
Au moins autant que ses actions, ses paroles frappent, parce que, comme le disait Malraux, elles vont à l'essentiel : « Jeanne, si Dieu veut la victoire des Français, qu'a-t-il besoin de vos armées ? Les hommes d'armes combattront. Et Dieu donnera la victoire ».
Jeanne, comme le Christ, n'était pas dénuée d'humour. Cela me fait toujours rire d'imaginer La Hire, soudard « de l'exploit des champs plus que de la cérémonie des cours », toujours le mot ordurier à la bouche, obligé par Jeanne de jurer « Par mon baton ! ».
Rien ne se fera sans la foi.
Les islamistes sont puissants parce qu'ils ont la foi. Certes, une foi pervertie et maléfique, mais une foi tout de même.
Je vous poste à nouveau un ancien billet :
VENDREDI, JANVIER 06, 2012
Pour célébrer Jeanne d'Arc
D'autres que moi, Michelet, Sainte Thérèse de Lisieux, Anouilh, Péguy, Bernanos, Malraux, ont bien mieux célébré Jeanne d'arc que je pourrai jamais le faire.
Mais, étant né et ayant grandi dans le Val de Loire, je ne peux rester totalement silencieux. Les noms de par chez moi, Orléans, Beaugency, Jargeau, Patay scandent les victoires de Jeanne. Chaque village a sa pierre où Jeanne s'est assise, sa mare où Jeanne a fait boire son cheval (à tel point qu'on peut supposer que Jeanne a passé la majeure partie à s'asseoir et à faire boire son cheval).
Il y a quelques années, un farfelu a prétendu avoir découvert l'armure de Jeanne. Aussitôt, la ville d'Orléans a trouvé un budget pour une enquête.
Que dire ?
Les chrétiens reconnaitront dans le parcours de Jeanne de nombreuses similitudes avec la vie du Christ. Nous aurons garde de rappeler qu'elle ne fut pas seulement une résistante, mais une sainte, et pas n'importe laquelle, une sainte patronne de la France.
Les patriotes verront en elle le personnage le plus haut de notre histoire, les poètes le plus pur. Les historiens peuvent bien évaluer le rôle de Yolande d'Aragon, belle-mère de Charles VII, détailler et analyser les péripéties et le contexte, ils examinent tout de même le plus singulier de nos grands hommes. Et les aventuriers les plus téméraires paraissent de gentils garçons devant cette jeune femme brulée vive avant d'avoir atteint vingt ans.
C'est aussi un chef de guerre : y a-t-il victoire plus écrasante que Patay ? Moins de cinq morts coté français, environ deux mille chez les Anglais. L'armée anglaise est décapitée, elle perd le gros de ses officiers et de ses archers. La France y gagne une supériorité terrestre qui va durer deux siècles et demi.
Bien sûr, sa réputation a souffert, de petits esprits sectaires, comme Voltaire, ou d'imbéciles comme Luc Besson (qui a réussi là où les Anglais ont échoué : faire passer Jeanne pour folle). Mais elle est bien au-dessus de ces minables.
A mes yeux, le plus éblouissant, ce sont ces paroles, tranchantes et nettes comme l'acier, ces paroles qui émeuvent les examinateurs de Poitiers et embarrassent les juges vendus de Rouen. Cocteau parlait d'elle comme de l'écrivain de France «que j'admire le plus».
Sa leçon pour notre temps ? La foi. On ne fait rien de grand sans l'esprit. L'homme n'est pas seulement de matière. Mais la foi déplace les montagnes. Et avec la foi, la vérité, la parole nette, simple et précise, pas les discours ampoulés avec des mots trafiqués.
Nota : beaucoup de films sur Jeanne d'Arc, comme celui de Besson, sont en-dessous du médiocre. Néanmoins, celui de Rivette, avec Sandrine Bonnaire, a une vraie valeur, grâce à l'attention scrupuleuse aux faits (il est faux de dire qu'on connaît très peu sur Jeanne, au contraire) et à l'humilité du cinéaste.
Mais, étant né et ayant grandi dans le Val de Loire, je ne peux rester totalement silencieux. Les noms de par chez moi, Orléans, Beaugency, Jargeau, Patay scandent les victoires de Jeanne. Chaque village a sa pierre où Jeanne s'est assise, sa mare où Jeanne a fait boire son cheval (à tel point qu'on peut supposer que Jeanne a passé la majeure partie à s'asseoir et à faire boire son cheval).
Il y a quelques années, un farfelu a prétendu avoir découvert l'armure de Jeanne. Aussitôt, la ville d'Orléans a trouvé un budget pour une enquête.
Que dire ?
Les chrétiens reconnaitront dans le parcours de Jeanne de nombreuses similitudes avec la vie du Christ. Nous aurons garde de rappeler qu'elle ne fut pas seulement une résistante, mais une sainte, et pas n'importe laquelle, une sainte patronne de la France.
Les patriotes verront en elle le personnage le plus haut de notre histoire, les poètes le plus pur. Les historiens peuvent bien évaluer le rôle de Yolande d'Aragon, belle-mère de Charles VII, détailler et analyser les péripéties et le contexte, ils examinent tout de même le plus singulier de nos grands hommes. Et les aventuriers les plus téméraires paraissent de gentils garçons devant cette jeune femme brulée vive avant d'avoir atteint vingt ans.
C'est aussi un chef de guerre : y a-t-il victoire plus écrasante que Patay ? Moins de cinq morts coté français, environ deux mille chez les Anglais. L'armée anglaise est décapitée, elle perd le gros de ses officiers et de ses archers. La France y gagne une supériorité terrestre qui va durer deux siècles et demi.
Bien sûr, sa réputation a souffert, de petits esprits sectaires, comme Voltaire, ou d'imbéciles comme Luc Besson (qui a réussi là où les Anglais ont échoué : faire passer Jeanne pour folle). Mais elle est bien au-dessus de ces minables.
A mes yeux, le plus éblouissant, ce sont ces paroles, tranchantes et nettes comme l'acier, ces paroles qui émeuvent les examinateurs de Poitiers et embarrassent les juges vendus de Rouen. Cocteau parlait d'elle comme de l'écrivain de France «que j'admire le plus».
Sa leçon pour notre temps ? La foi. On ne fait rien de grand sans l'esprit. L'homme n'est pas seulement de matière. Mais la foi déplace les montagnes. Et avec la foi, la vérité, la parole nette, simple et précise, pas les discours ampoulés avec des mots trafiqués.
Nota : beaucoup de films sur Jeanne d'Arc, comme celui de Besson, sont en-dessous du médiocre. Néanmoins, celui de Rivette, avec Sandrine Bonnaire, a une vraie valeur, grâce à l'attention scrupuleuse aux faits (il est faux de dire qu'on connaît très peu sur Jeanne, au contraire) et à l'humilité du cinéaste.
vendredi, janvier 06, 2012
Pour célébrer Jeanne d'Arc
D'autres que moi, Michelet, Sainte Thérèse de Lisieux, Anouilh, Péguy, Bernanos, Malraux, ont bien mieux célébré Jeanne d'arc que je pourrai jamais le faire.
Mais, étant né et ayant grandi dans le Val de Loire, je ne peux rester totalement silencieux. Les noms de par chez moi, Orléans, Beaugency, Jargeau, Patay scandent les victoires de Jeanne. Chaque village a sa pierre où Jeanne s'est assise, sa mare où Jeanne a fait boire son cheval.
Il y a quelques années, un farfelu a prétendu avoir découvert l'armure de Jeanne. Aussitôt, la ville d'Orléans a trouvé un budget pour une enquête.
Que dire ?
Les chrétiens reconnaitront dans le parcours de Jeanne de nombreuses similitudes avec la vie du Christ. Nous aurons garde de rappeler qu'elle ne fut pas seulement une résistante, mais une sainte, et pas n'importe laquelle, une sainte patronne de la France.
Les patriotes verront en elle le personnage le plus haut de notre histoire, les poètes le plus pur. Les historiens peuvent bien évaluer le rôle de Yolande d'Aragon, belle-mère de Charles VII, détailler et analyser les péripéties et le contexte, ils examinent tout de même le plus singulier de nos grands hommes. Et les aventuriers les plus téméraires paraissent de gentils garçons devant cette jeune femme brulée vive avant d'avoir atteint vingt ans.
C'est aussi un chef de guerre : y a-t-il victoire plus écrasante que Patay ? Moins de cinq morts coté français, environ deux mille chez les Anglais. L'armée anglaise est décapitée, elle perd le gros de ses officiers et de ses archers. La France y gagne une supériorité terrestre qui va durer deux siècles et demi.
Bien sûr, sa réputation a souffert, de petits esprits sectaires, comme Voltaire, ou d'imbéciles comme Luc Besson (qui a réussi là où les Anglais ont échoué : faire passer Jeanne pour folle). Mais elle est bien au-dessus de ces minables.
A mes yeux, le plus éblouissant, ce sont ces paroles, tranchantes et nettes comme l'acier, ces paroles qui émeuvent les examinateurs de Poitiers et embarrassent les juges vendus de Rouen. Cocteau parlait d'elle comme de l'écrivain de France «que j'admire le plus».
Sa leçon pour notre temps ? La foi. On ne fait rien de grand sans l'esprit. L'homme n'est pas seulement de matière. Mais la foi déplace les montagnes. Et avec la foi, la vérité, la parole nette, simple et précise, pas les discours ampoulés avec des mots trafiqués.
Nota : beaucoup de films sur Jeanne d'Arc, comme celui de Besson, sont en-dessous du médiocre. Néanmoins, celui de Rivette, avec Sandrine Bonnaire, a une vraie valeur, grâce à l'attention scrupuleuse aux faits (il est faux de dire qu'on connaît très peu sur Jeanne, au contraire) et à l'humilité du cinéaste.
Mais, étant né et ayant grandi dans le Val de Loire, je ne peux rester totalement silencieux. Les noms de par chez moi, Orléans, Beaugency, Jargeau, Patay scandent les victoires de Jeanne. Chaque village a sa pierre où Jeanne s'est assise, sa mare où Jeanne a fait boire son cheval.
Il y a quelques années, un farfelu a prétendu avoir découvert l'armure de Jeanne. Aussitôt, la ville d'Orléans a trouvé un budget pour une enquête.
Que dire ?
Les chrétiens reconnaitront dans le parcours de Jeanne de nombreuses similitudes avec la vie du Christ. Nous aurons garde de rappeler qu'elle ne fut pas seulement une résistante, mais une sainte, et pas n'importe laquelle, une sainte patronne de la France.
Les patriotes verront en elle le personnage le plus haut de notre histoire, les poètes le plus pur. Les historiens peuvent bien évaluer le rôle de Yolande d'Aragon, belle-mère de Charles VII, détailler et analyser les péripéties et le contexte, ils examinent tout de même le plus singulier de nos grands hommes. Et les aventuriers les plus téméraires paraissent de gentils garçons devant cette jeune femme brulée vive avant d'avoir atteint vingt ans.
C'est aussi un chef de guerre : y a-t-il victoire plus écrasante que Patay ? Moins de cinq morts coté français, environ deux mille chez les Anglais. L'armée anglaise est décapitée, elle perd le gros de ses officiers et de ses archers. La France y gagne une supériorité terrestre qui va durer deux siècles et demi.
Bien sûr, sa réputation a souffert, de petits esprits sectaires, comme Voltaire, ou d'imbéciles comme Luc Besson (qui a réussi là où les Anglais ont échoué : faire passer Jeanne pour folle). Mais elle est bien au-dessus de ces minables.
A mes yeux, le plus éblouissant, ce sont ces paroles, tranchantes et nettes comme l'acier, ces paroles qui émeuvent les examinateurs de Poitiers et embarrassent les juges vendus de Rouen. Cocteau parlait d'elle comme de l'écrivain de France «que j'admire le plus».
Sa leçon pour notre temps ? La foi. On ne fait rien de grand sans l'esprit. L'homme n'est pas seulement de matière. Mais la foi déplace les montagnes. Et avec la foi, la vérité, la parole nette, simple et précise, pas les discours ampoulés avec des mots trafiqués.
Nota : beaucoup de films sur Jeanne d'Arc, comme celui de Besson, sont en-dessous du médiocre. Néanmoins, celui de Rivette, avec Sandrine Bonnaire, a une vraie valeur, grâce à l'attention scrupuleuse aux faits (il est faux de dire qu'on connaît très peu sur Jeanne, au contraire) et à l'humilité du cinéaste.
Zemmour sur Jeanne d'Arc
Y'a du monde au pied du bucher de Jeanne d'Arc
Plus personne ne dit «sainte Jeanne d'Arc» ...
Vous avez compris, c'est devenu rituel, ce qui m'a fait rire est la phrase finale du lâche présentateur qui se dédouane.
Plus personne ne dit «sainte Jeanne d'Arc» ...
Vous avez compris, c'est devenu rituel, ce qui m'a fait rire est la phrase finale du lâche présentateur qui se dédouane.
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Jeanne d'Arc,
zemmour
jeudi, novembre 10, 2011
Jeanne d'Arc
Ecoutant Radio Courtoisie, j'entendais que Jeanne d'Arc était la personnalité exceptionnelle de l'histoire de France, celle qu'on ne trouve nulle part ailleurs.
Pour moi, comme pour tout Français ayant vécu dans l'Orléanais, c'est une évidence : chef de guerre à dix-huit ans, renversant le cours de la guerre, faisant couronner un roi au bord de l'abdication, entamant la marche vers la fin de la guerre de cent ans, brulée et sainte à dix-neuf ans, Jeanne est un trait de lumière dans le ciel de l'histoire de France.
Si ce n'était que cela, ses réponses lumineuses lors de ses différents procès suffiraient à justifier une place à part. Combien de citations de notre histoire valent «Les hommes d'armes combattront et Dieu donnera la victoire» ?
Peu importent les récupérations ultérieures, puisqu'elle fut récupérée par la gauche au XIXème siècle et par la droite au XXème.
Il est juste qu'elle soit la personnalité ayant le plus de statues en France.
Discours d'André Malraux à Rouen
Pour moi, comme pour tout Français ayant vécu dans l'Orléanais, c'est une évidence : chef de guerre à dix-huit ans, renversant le cours de la guerre, faisant couronner un roi au bord de l'abdication, entamant la marche vers la fin de la guerre de cent ans, brulée et sainte à dix-neuf ans, Jeanne est un trait de lumière dans le ciel de l'histoire de France.
Si ce n'était que cela, ses réponses lumineuses lors de ses différents procès suffiraient à justifier une place à part. Combien de citations de notre histoire valent «Les hommes d'armes combattront et Dieu donnera la victoire» ?
Peu importent les récupérations ultérieures, puisqu'elle fut récupérée par la gauche au XIXème siècle et par la droite au XXème.
Il est juste qu'elle soit la personnalité ayant le plus de statues en France.
Discours d'André Malraux à Rouen
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