AU LENDEMAIN DU BREXIT, AUCUNE PLUIE DE SAUTERELLES SUR LE ROYAUME-UNI
Le Brexit est un double échec pour la classe dirigeante française :
1) incapable d'analyser correctement l'événement lui-même.
2) incapable de placer correctement la France dans ce nouveau contexte et d'en tirer des conséquences autres que mesquines, technocratiques et à courte vue.
Ces gens qui se croient supérieurement intelligents au point d'en montrer une insupportable morgue sont bêtes, mais bêtes ...
Pourquoi parlé-je d' « échec personnel de classe », terme qui semble oxymorique, soit c'est personnel, soit c'est collectif ?
Parce que chaque personne de la France d'en haut avec laquelle j'ai discuté du Brexit semblait impliquée personnellement (ce que je crois : sa vision du monde et de lui-même était mise en cause. Le Brexit le fait passer de gentil mondialiste à méchant mondialiste) et qu'elles étaient absolument unanimes à dénigrer le Brexit, parfois avec des excès proches de la démence (ce que les Anglais ont baptisé le BDS Brexit Derangement Sydrom. Je ne me lasse pas de rappeler cet article extraordinaire Dear Richard Madeley: 'My husband’s views on Brexit and climate change are killing off our sex life').
Au fait, si vous voulez comprendre le Brexit :
Sur le continent, nous n'avons plus ces moments de communion patriotique naturels.
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dimanche, février 02, 2020
samedi, décembre 28, 2019
Le patriotisme, un concept étranger à notre classe dirigeante
One Nation Toryism rests on patriotism, a concept the Left struggles to understand.
C’est tout à fait transposable en France, sauf que le corps électoral français (de plus en plus différent du peuple, vu le taux d’abstention) a porté au pouvoir un anti-patriote : Macron est le Destructeur, l’anti-France personnifiée. Voter Macron au 1er tour, au 2ème tour, au 3ème tour, au 122ème tour, c’est de la trahison. Je l’ai expliqué à des collègues qui, bien évidemment, ont voté trahison. Je suis un grand diplomate.
Christophe Guilluy a tout dit : « Le vote Macron est un vote patrimonial ». Qu’en termes délicats ces choses là sont dites.
Ou cet exquis dialogue de Serge Federbusch que j'aime à répéter :
_ Que représentent les Gilets Jaunes (sous-entendu, les vrais, du début, pas les récupérateurs gauchistes du Système (1)) ?
_ Le patriotisme.
_ Et Macron ?
_ Le contraire.
***************
(1) :

C’est tout à fait transposable en France, sauf que le corps électoral français (de plus en plus différent du peuple, vu le taux d’abstention) a porté au pouvoir un anti-patriote : Macron est le Destructeur, l’anti-France personnifiée. Voter Macron au 1er tour, au 2ème tour, au 3ème tour, au 122ème tour, c’est de la trahison. Je l’ai expliqué à des collègues qui, bien évidemment, ont voté trahison. Je suis un grand diplomate.
Christophe Guilluy a tout dit : « Le vote Macron est un vote patrimonial ». Qu’en termes délicats ces choses là sont dites.
Ou cet exquis dialogue de Serge Federbusch que j'aime à répéter :
_ Que représentent les Gilets Jaunes (sous-entendu, les vrais, du début, pas les récupérateurs gauchistes du Système (1)) ?
_ Le patriotisme.
_ Et Macron ?
_ Le contraire.
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(1) :

jeudi, décembre 19, 2019
Le Brexit rend-il l'indépendance trop chère pour les Ecossais ?
Il ya quelques jours encore, je pensais que le Brexit menait quasi-inéluctablement à l'indépendance de l'Ecosse. Il semble que je me sois trompé :
Boris Johnson's hard Brexit makes Scottish independence all but impossible, whatever the emotions.
Et on sait que, pour les Ecossais, un sou est un sou.
Le sujet est à la mode puisque Zemmour et Bock-Coté en ont parlé hier soir :
Boris Johnson's hard Brexit makes Scottish independence all but impossible, whatever the emotions.
Et on sait que, pour les Ecossais, un sou est un sou.
Le sujet est à la mode puisque Zemmour et Bock-Coté en ont parlé hier soir :
vendredi, décembre 13, 2019
Et nous, Français ?
Un grand peuple dans une petite île (1) vient d’affirmer sa volonté de vivre dans l’indépendance.
Et nous, Français ?
Allons nous encore vivre longtemps dans la peur ? Peur de sortir de l’Euro ? Peur de sortir de l’UE ? Peur d'affirmer notre indépendance, notre volonté de prendre nos décisions sans en référer à personne, sans nous subordonner à quiconque ?
Il faut aborder ces sujets en face, sans timidité, ni fausses promesses.
Nous sommes aussi un grand peuple. Ne l’oublions pas.
***************
(1) : Bernanos : (de mémoire) « Si on devait raconter l'histoire de l'Angleterre, ça commencerait comme un conte pour enfants : il était une fois, dans une petite île, un grand peuple, seul contre tous ... ».
Et nous, Français ?
Allons nous encore vivre longtemps dans la peur ? Peur de sortir de l’Euro ? Peur de sortir de l’UE ? Peur d'affirmer notre indépendance, notre volonté de prendre nos décisions sans en référer à personne, sans nous subordonner à quiconque ?
Il faut aborder ces sujets en face, sans timidité, ni fausses promesses.
Nous sommes aussi un grand peuple. Ne l’oublions pas.
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(1) : Bernanos : (de mémoire) « Si on devait raconter l'histoire de l'Angleterre, ça commencerait comme un conte pour enfants : il était une fois, dans une petite île, un grand peuple, seul contre tous ... ».
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Rhâââ lovely !
La victoire écrasante de Johnson est une joie sans mélange, d'autant plus avec des succès importants dans l'Angleterre ex-industrielle ex-Labour.
Après Trump et Salvini, c'est le signal que l'authentique démocratie et la liberté collective, celles qui s'affranchissent du gouvernement des juges, des médias et des minorités, bref de l'oligarchie bobo, bien-pensante, politiquement correcte, anti-nationale, restent possibles.
La France, avec son choix désastreux de la subordination à l’Allemagne (trahison caractérisée de nos dirigeants), va beaucoup souffrir de ce renouveau anglais (plus que britannique) mais quel espoir pour le peuple français.
J’espère que Johnson sera à la hauteur et commencera par punir les traîtres, les parlementaires frequent travellers Londres-Bruxelles ces trois dernières années. J'ajoute une pensée émue pour Nigel Farage, qui a été un grand patriote comme il n'y en a plus dans les politiciens français.
Une fois de plus (vieille habitude dans notre histoire), les Français amoureux de liberté vont porter leurs vœux de l'autre côté de la Manche (mais nous avions déjà commencé : je n'ai cessé de prier pour cette victoire !). Je pense à René Char dans son maquis de Haute-Provence (circonstances individuelles plus dramatiques mais la France n'est pas moins en danger aujourd'hui) : « C'est contre nous chasse perpétuelle. Pluie : nostalgie Londres ».
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Après Trump et Salvini, c'est le signal que l'authentique démocratie et la liberté collective, celles qui s'affranchissent du gouvernement des juges, des médias et des minorités, bref de l'oligarchie bobo, bien-pensante, politiquement correcte, anti-nationale, restent possibles.
La France, avec son choix désastreux de la subordination à l’Allemagne (trahison caractérisée de nos dirigeants), va beaucoup souffrir de ce renouveau anglais (plus que britannique) mais quel espoir pour le peuple français.
J’espère que Johnson sera à la hauteur et commencera par punir les traîtres, les parlementaires frequent travellers Londres-Bruxelles ces trois dernières années. J'ajoute une pensée émue pour Nigel Farage, qui a été un grand patriote comme il n'y en a plus dans les politiciens français.
Une fois de plus (vieille habitude dans notre histoire), les Français amoureux de liberté vont porter leurs vœux de l'autre côté de la Manche (mais nous avions déjà commencé : je n'ai cessé de prier pour cette victoire !). Je pense à René Char dans son maquis de Haute-Provence (circonstances individuelles plus dramatiques mais la France n'est pas moins en danger aujourd'hui) : « C'est contre nous chasse perpétuelle. Pluie : nostalgie Londres ».
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6am update: Boris Johnson's landslide election win |
Route to victory: Boris Johnson and girlfriend Carrie Symonds at his count. CREDIT: REUTERS
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It was an extraordinary night. Boris Johnson has won a landslide election victory, smashing through Labour's "red wall" by winning over millions of working-class voters. Political Editor Gordon Rayner reports that a predicted majority of about 80 seats would be the Conservatives' best result since 1987 - and means the Prime Minister can forge ahead with his plan to get Britain out of the EU by Jan 31. At just after 5am, the Tories crossed the 326-seat threshold for a majority. By 6am, they had won 358 seats. Follow our live results tracker, which allows you to search by constituency. As Sterling enjoyed its biggest surge in a decade, Mr Johnson said his government "has been given a powerful new mandate to get Brexit done, to unite this country and take it forward". These maps and charts show how the majority was won and this round-up has the night's biggest winners and losers. What happens next? Read our guide. And Matt - of course - stole the night, comedy-wise, with his cartoon.
When former mining constituency Blyth Valley turned blue at shortly before 11.30pm, it was clear an extraordinary realignment of politics was taking place. The earthquake moment was just the start of a wave of unexpected Tory victories in swathes of the Midlands and the North - some traditional Labour seats voting Conservative for the very first time. Camilla Tominey has a full analysis of how it set in motion a Churchillian triumph not seen since the days of Margaret Thatcher. PS: Keep an eye on your inbox at lunchtime for a special midday edition of Front Page, bringing you the latest election fallout and expert analysis. |
Corbyn urged to quit as party faces up to huge losses
Jeremy Corbyn is facing mounting calls to step aside immediately after announcing he will not lead his party into another election campaign. The Labour leader called for a "process of reflection" following the crushing defeat, which is expected to be the worst since Michael Foot led the party to disaster in 1983. But in a move that is likely to provoke fury among Labour MPs, Mr Corbyn indicated that he could cling on during that period until the party was ready to "move on". Deputy Political Editor Anna Mikhailova explains how it all fell apart for Mr Corbyn. And Gareth Davies examines the likely options for next leader.
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Defeat for Lib Dem leader caps disastrous campaign
Liberal Democrat leader Jo Swinson suffered a humiliating "Portillo moment" after losing her seat to the SNP by just 149 votes. One of the biggest shock results of the night came only weeks after the 39-year-old declared she could be Britain's next Prime Minister and win "hundreds of seats". Ms Swinson blamed a “wave of nationalism” after defeat in her East Dunbartonshire seat. Bill Gardner reports on the humbling of the Lib Dem's first female leader who wanted to head up a "Remain Alliance".
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mardi, octobre 22, 2019
Brexit : révélateur de la révolte des élites
Comment l’individualisme risque de détruire la démocratie
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La crise du Brexit serait résolue depuis longtemps si les baby-boomers avaient gardé le sens du collectif. Mais non, 1968 aura installé chez nous comme chez vous l’idée qu’il n’y a que des individus, qui s’assemblent et se séparent selon leur bon plaisir. Le parlement britannique est aujourd’hui la conjuration des egos.
Le pire de tous est John Bercow, qui a substitué l’arbitraire à l’arbitrage. Je ne crois pas qu’il s’agisse d’un problème uniquement britannique. Nous assistons à une crise de la démocratie. La démocratie est un régime politique comme les autres au sens où aucun régime politique ne peut substituer s’il est rongé par l’individualisme.
Lorsqu’Aristote distinguait entre les bons et les mauvais régimes, envisageant que la monarchie tourne en tyrannie, que l’aristocratie devienne oligarchie ou que la démocratie devienne démagogie, il désignait ce risque: l’arbitraire d’un ou plusieurs individus. Je vous propose, mon cher ami, de cesser de fonctionner selon l’opposition démocratie libérale/démocratie illibérale. Il y a la démocratie individualiste et la démocratie responsable !
Dans responsabilité, il y a réponse, répondant: j’imagine qu’une démocratie puisse être conservatrice ou social-démocratie, dans les deux cas, l’individu sait qu’il ne peut pas se comporter comme une monade irresponsable.
*********************
A parliamentary dictatorship. This zombie parliament is holding the nation to ransom.
*********************
And then they say they are defending parliamentary sovereignty. This is a lie, and they know it is. In truth they are doing grave harm to parliamentary sovereignty. Parliamentary sovereignty derives from the will of the people. Where else could it derive from ? And yet this parliament explicitly agitates against the will of the people, to the end of continuing to sacrifice this country’s sovereignty and to outsource its lawmaking power to the foreign technocracy in Brussels.
To sideline the British people and cling to the interfering technocracy of the EU is to trash the history and meaning of parliament, its sovereignty, and its relationship with the people. In a sense, the events of the past few days – and of the past three years – have been valuable. They have made it clear that the greatest block to democracy in the UK is right here in the UK itself. It is our own out-of-touch and morally emaciated elites who represent the greatest threat to democratic life in this country. To use a radical old slogan: the enemy is at home.
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La crise du Brexit serait résolue depuis longtemps si les baby-boomers avaient gardé le sens du collectif. Mais non, 1968 aura installé chez nous comme chez vous l’idée qu’il n’y a que des individus, qui s’assemblent et se séparent selon leur bon plaisir. Le parlement britannique est aujourd’hui la conjuration des egos.
Le pire de tous est John Bercow, qui a substitué l’arbitraire à l’arbitrage. Je ne crois pas qu’il s’agisse d’un problème uniquement britannique. Nous assistons à une crise de la démocratie. La démocratie est un régime politique comme les autres au sens où aucun régime politique ne peut substituer s’il est rongé par l’individualisme.
Lorsqu’Aristote distinguait entre les bons et les mauvais régimes, envisageant que la monarchie tourne en tyrannie, que l’aristocratie devienne oligarchie ou que la démocratie devienne démagogie, il désignait ce risque: l’arbitraire d’un ou plusieurs individus. Je vous propose, mon cher ami, de cesser de fonctionner selon l’opposition démocratie libérale/démocratie illibérale. Il y a la démocratie individualiste et la démocratie responsable !
Dans responsabilité, il y a réponse, répondant: j’imagine qu’une démocratie puisse être conservatrice ou social-démocratie, dans les deux cas, l’individu sait qu’il ne peut pas se comporter comme une monade irresponsable.
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A parliamentary dictatorship. This zombie parliament is holding the nation to ransom.
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And then they say they are defending parliamentary sovereignty. This is a lie, and they know it is. In truth they are doing grave harm to parliamentary sovereignty. Parliamentary sovereignty derives from the will of the people. Where else could it derive from ? And yet this parliament explicitly agitates against the will of the people, to the end of continuing to sacrifice this country’s sovereignty and to outsource its lawmaking power to the foreign technocracy in Brussels.
To sideline the British people and cling to the interfering technocracy of the EU is to trash the history and meaning of parliament, its sovereignty, and its relationship with the people. In a sense, the events of the past few days – and of the past three years – have been valuable. They have made it clear that the greatest block to democracy in the UK is right here in the UK itself. It is our own out-of-touch and morally emaciated elites who represent the greatest threat to democratic life in this country. To use a radical old slogan: the enemy is at home.
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lundi, octobre 21, 2019
Brexit : comme d'habitude, Charles Gave pèche par excès d'optimisme
Le Brexit me semble un point de bascule fondamental, comme a pu l'être l'élection de Trump (et sera sa ré-élection). C'est pourquoi je vous en parle tant.
Comme dans sa prédiction de l'éclatement de l'Euro, Charles Gave sous-estime, dans le processus de Brexit, le vice des opposants à la démocratie.
Il n'empêche que ses analyses sont bonnes, même si le poids relatif des forces en présence est mal apprécié :
Les forces de la Réaction Mondialiste défaites en rase campagne, ou l’Austerlitz de Boris Johnson
*************
Je dois l’avouer, j’ai un faible pour Boris Johnson (BOJO) et pour une raison très simple: il est tout ce que j’aime chez les Anglais [moi aussi, vous l'avez compris. Comme j'apprécie Trump. Il faut être un connard de bourgeois qui dissimule son immobilisme et son égoïsme derrière des considérations de forme pour ne pas voir les qualités, évidentes, de ces deux-là] . Le personnage est foutraque, désorganisé, extrêmement cultivé, absolument convaincu d’être absolument unique et totalement imprévisible, ce qui fait que tous ceux qui, eux, sont complètement prévisibles le méprisent autant que Rommel méprisait Montgomery [très mauvais exemple : Monty était une nullité crasse. Il aurait pu citer Marlborough, Wellington ou Nelson] ou Napoléon les « boutiquiers Anglais ». Et chacun doit se souvenir ici de qui a gagné en fin de parcours [les Anglais sont l'inverse des Allemands : bons en finance et en stratégie. Une des raisons de leur victoire contre Napoléon est que la Grande-Bretagne - qui n'a fini de rembourser qu'en 1900, si mes souvenirs sont justes, a emprunté à un taux moitié de celui de la France]…
[...]
L’idée des partisans du maintien en Europe étant bien sûr que, de refus en refus, les électeurs se lasseraient peut-être et que le Brexit finirait par ne pas avoir lieu.
Le parlement ayant collé un amendement qui valait refus au projet de Brexit qui vient d’être présenté aux députés à Londres, BOJO a donc rédigé la lettre comme il s’y était engagé, mais a refusé de la signer et y a joint une autre lettre, signée celle-ci, demandant à ses partenaires du continent d’expliquer aux parlementaires britanniques qu’il n’y a plus rien à négocier et que c’était à prendre ou à laisser.
Ce qui met les européens dans une situation difficile puisque dans la déclaration européenne des Droits de l’Homme, dont la Grande-Bretagne est signataire, il y a un article qui prévoit que si un chef de gouvernement est forcé de signer contre ses convictions un traité, alors ce traité est nul et non avenu. Ce qui est EXACTEMENT le cas de la Loi forçant BOJO à écrire sa lettre. Et ce qui met surtout les « remainers » dans une situation impossible. En effet, le seul choix qui leur reste est soit de voter pour le plan de BOJO, soit de refuser de voter pour ce plan et dans ce cas de figure, comme il est déjà trop tard pour changer de Premier Ministre ou pour dissoudre le Parlement, nous aurions une sortie de la Grande-Bretagne sans aucun accordle 31 Octobre au soir.
Et donc le choix est simple : ou tous les salopiaux qui s’opposaient à la volonté populaire en utilisant artifice de procédure après artifice de procédure votent pour le Brexit de BOJO, ou bien alors, la Grande-Bretagne sort sans aucun accord.
Pour être clair, BOJO leur dit : « La maison est en feu, vous préférez sauter du dixième ou du vingtième étage ? »
En connaissant un certain nombre, je n’ai aucun mal à imaginer leur rage à l’idée de s’être fait piéger comme des rats par quelqu’un qu’ils méprisent, car ces gens-là méprisent tous ceux qui aiment leur pays qui par définition, ne peuvent être que des imbéciles faciles à tromper.
*************
La où Charles Gave se trompe : conformément au petit manuel du bon stratège, Boris Johnson a refusé de se plier aux règles et aux discours imposés par ses ennemis, les a pris au mot et les a vaincus partiellement. Certes.
Mais Charles Gave oublient que les ennemis du Brexit n'ont pas eux, à respecter la loi, puisqu'ils ont les juges dans leur poche, qui jugeront toujours, même contre la plus élémentaire évidence, que tout ce qu'ils font est légal. Etre délivré de cette contrainte de respecter la loi est un immense avantage pour les Remainers. A l'opposé, Boris est surveillé par les juges comme une petite fille dans un square par Marc Dutroux (qui va bientôt être libéré, alors qu'il aurait du être pendu depuis longtemps !).
Donc c'est loin d'être encore gagné pour les patriotes anglais. Mais ça progresse.
Comme dans sa prédiction de l'éclatement de l'Euro, Charles Gave sous-estime, dans le processus de Brexit, le vice des opposants à la démocratie.
Il n'empêche que ses analyses sont bonnes, même si le poids relatif des forces en présence est mal apprécié :
Les forces de la Réaction Mondialiste défaites en rase campagne, ou l’Austerlitz de Boris Johnson
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Je dois l’avouer, j’ai un faible pour Boris Johnson (BOJO) et pour une raison très simple: il est tout ce que j’aime chez les Anglais [moi aussi, vous l'avez compris. Comme j'apprécie Trump. Il faut être un connard de bourgeois qui dissimule son immobilisme et son égoïsme derrière des considérations de forme pour ne pas voir les qualités, évidentes, de ces deux-là] . Le personnage est foutraque, désorganisé, extrêmement cultivé, absolument convaincu d’être absolument unique et totalement imprévisible, ce qui fait que tous ceux qui, eux, sont complètement prévisibles le méprisent autant que Rommel méprisait Montgomery [très mauvais exemple : Monty était une nullité crasse. Il aurait pu citer Marlborough, Wellington ou Nelson] ou Napoléon les « boutiquiers Anglais ». Et chacun doit se souvenir ici de qui a gagné en fin de parcours [les Anglais sont l'inverse des Allemands : bons en finance et en stratégie. Une des raisons de leur victoire contre Napoléon est que la Grande-Bretagne - qui n'a fini de rembourser qu'en 1900, si mes souvenirs sont justes, a emprunté à un taux moitié de celui de la France]…
[...]
L’idée des partisans du maintien en Europe étant bien sûr que, de refus en refus, les électeurs se lasseraient peut-être et que le Brexit finirait par ne pas avoir lieu.
Le parlement ayant collé un amendement qui valait refus au projet de Brexit qui vient d’être présenté aux députés à Londres, BOJO a donc rédigé la lettre comme il s’y était engagé, mais a refusé de la signer et y a joint une autre lettre, signée celle-ci, demandant à ses partenaires du continent d’expliquer aux parlementaires britanniques qu’il n’y a plus rien à négocier et que c’était à prendre ou à laisser.
Ce qui met les européens dans une situation difficile puisque dans la déclaration européenne des Droits de l’Homme, dont la Grande-Bretagne est signataire, il y a un article qui prévoit que si un chef de gouvernement est forcé de signer contre ses convictions un traité, alors ce traité est nul et non avenu. Ce qui est EXACTEMENT le cas de la Loi forçant BOJO à écrire sa lettre. Et ce qui met surtout les « remainers » dans une situation impossible. En effet, le seul choix qui leur reste est soit de voter pour le plan de BOJO, soit de refuser de voter pour ce plan et dans ce cas de figure, comme il est déjà trop tard pour changer de Premier Ministre ou pour dissoudre le Parlement, nous aurions une sortie de la Grande-Bretagne sans aucun accordle 31 Octobre au soir.
Et donc le choix est simple : ou tous les salopiaux qui s’opposaient à la volonté populaire en utilisant artifice de procédure après artifice de procédure votent pour le Brexit de BOJO, ou bien alors, la Grande-Bretagne sort sans aucun accord.
Pour être clair, BOJO leur dit : « La maison est en feu, vous préférez sauter du dixième ou du vingtième étage ? »
En connaissant un certain nombre, je n’ai aucun mal à imaginer leur rage à l’idée de s’être fait piéger comme des rats par quelqu’un qu’ils méprisent, car ces gens-là méprisent tous ceux qui aiment leur pays qui par définition, ne peuvent être que des imbéciles faciles à tromper.
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La où Charles Gave se trompe : conformément au petit manuel du bon stratège, Boris Johnson a refusé de se plier aux règles et aux discours imposés par ses ennemis, les a pris au mot et les a vaincus partiellement. Certes.
Mais Charles Gave oublient que les ennemis du Brexit n'ont pas eux, à respecter la loi, puisqu'ils ont les juges dans leur poche, qui jugeront toujours, même contre la plus élémentaire évidence, que tout ce qu'ils font est légal. Etre délivré de cette contrainte de respecter la loi est un immense avantage pour les Remainers. A l'opposé, Boris est surveillé par les juges comme une petite fille dans un square par Marc Dutroux (qui va bientôt être libéré, alors qu'il aurait du être pendu depuis longtemps !).
Donc c'est loin d'être encore gagné pour les patriotes anglais. Mais ça progresse.
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trahison de la classe dirigeante
samedi, octobre 19, 2019
Pourquoi l'amendement Letwin est inconstitutionnel (du danger de confier la politique à des égocentriques)
Aujourd'hui, Boris Johnson a échoué à faire passer son deal avec l'UE. L'amendement Letwin, sur lequel Boris a buté, est selon toute probabilité inconstitutionnel :
The Letwin amendment is unconstitutional
Pour la raison fondamentale que ce n'est pas le parlement qui négocie les traités mais le gouvernement et que, si le parlement n'est pas d'accord avec le gouvernement, il le renverse et provoque des élections.
Mais, justement, les Remainers ont peur de nouvelles élections, c'est pourquoi ils louvoient avec la procédure pour désavouer le gouvernement sans le renverser. C'est très anti-démocratique mais who cares ? Le peuple ? Rien à foutre !
D'un bout à l'autre de la procédure de Brexit, le parlement des élites en révolte a été violemment anti-démocratique, déployant une foule d'artifices pour ne pas implémenter le résultat, qui lui déplaît, du référendum :
This has been the most useless, insincere, two-faced Parliament in our history
MPs 'shattering trust in democracy' by paralysing delivery of referendum result, claims former Lord Chief Justice
C'est ce qui arrive quand on confie la politique à des égocentriques sans couilles.
Les révolutionnaires ont des couilles : ils veulent renverser l'ordre établi.
Les petits magouilleurs n'ont pas de couilles : ils veulent pervertir l'ordre établi de l'intérieur, pour satisfaire leur égo pathologique, qui ne veut pas se plier aux traditions et veut laisser sa marque, sans prendre de risque.
En France, ça donne la dénaturation de la Vème République à coups de révisions constitutionnelles « anodines » (27, me semble-t-il depuis Pompidou). Merci les enculés de service (Giscard, Chirac, Sarkozy, etc.).
En Angleterre, ça donne les magouilles de Major, Blair, Cameron, Gauke, Hammond, Bercow et, enfin, Letwin, « ce genre de personnes "brillantes" qui tirent sur les portes marquées "Pousser" ».
Cette attitude super-égocentrique conduit peu à peu à un complet détachement des réalités, au point que des plaisantins peuvent parler d'un Brexit Derangement Syndrome.
Nous sommes entrés dans la pathologie millénariste.
Je vous rappelle cet article extraordinaire :
'My husband’s views on Brexit and climate change are killing off our sex life'
La suite des évènements ? Je ne sais pas.
Mais Boris Johnson m'épate. Je le prenais pour un clown intelligent, voire rusé. Mais c'est un comédien qui tient le rôle de sa vie et qui est prêt à mourir sur scène s'il le faut.
Si je devais parier ce soir, je parierais sur la victoire de Boris. Quand ? Comment ? Je ne sais pas. Mais j'ai bien l'impression qu'à la fin, il sera, avec l'appui du peuple anglais écoeuré par ses élites en révolte, le dernier debout (comme il est cultivé, il connaît peut-être Clemenceau : « Le vainqueur, c'est celui qui arrive à ne pas s'avouer vaincu un quart d'heure de plus que son ennemi »).
Et bien sûr, son héros Churchill :

The Letwin amendment is unconstitutional
Pour la raison fondamentale que ce n'est pas le parlement qui négocie les traités mais le gouvernement et que, si le parlement n'est pas d'accord avec le gouvernement, il le renverse et provoque des élections.
Mais, justement, les Remainers ont peur de nouvelles élections, c'est pourquoi ils louvoient avec la procédure pour désavouer le gouvernement sans le renverser. C'est très anti-démocratique mais who cares ? Le peuple ? Rien à foutre !
D'un bout à l'autre de la procédure de Brexit, le parlement des élites en révolte a été violemment anti-démocratique, déployant une foule d'artifices pour ne pas implémenter le résultat, qui lui déplaît, du référendum :
This has been the most useless, insincere, two-faced Parliament in our history
MPs 'shattering trust in democracy' by paralysing delivery of referendum result, claims former Lord Chief Justice
C'est ce qui arrive quand on confie la politique à des égocentriques sans couilles.
Les révolutionnaires ont des couilles : ils veulent renverser l'ordre établi.
Les petits magouilleurs n'ont pas de couilles : ils veulent pervertir l'ordre établi de l'intérieur, pour satisfaire leur égo pathologique, qui ne veut pas se plier aux traditions et veut laisser sa marque, sans prendre de risque.
En France, ça donne la dénaturation de la Vème République à coups de révisions constitutionnelles « anodines » (27, me semble-t-il depuis Pompidou). Merci les enculés de service (Giscard, Chirac, Sarkozy, etc.).
En Angleterre, ça donne les magouilles de Major, Blair, Cameron, Gauke, Hammond, Bercow et, enfin, Letwin, « ce genre de personnes "brillantes" qui tirent sur les portes marquées "Pousser" ».
Cette attitude super-égocentrique conduit peu à peu à un complet détachement des réalités, au point que des plaisantins peuvent parler d'un Brexit Derangement Syndrome.
Nous sommes entrés dans la pathologie millénariste.
Je vous rappelle cet article extraordinaire :
'My husband’s views on Brexit and climate change are killing off our sex life'
La suite des évènements ? Je ne sais pas.
Mais Boris Johnson m'épate. Je le prenais pour un clown intelligent, voire rusé. Mais c'est un comédien qui tient le rôle de sa vie et qui est prêt à mourir sur scène s'il le faut.
Si je devais parier ce soir, je parierais sur la victoire de Boris. Quand ? Comment ? Je ne sais pas. Mais j'ai bien l'impression qu'à la fin, il sera, avec l'appui du peuple anglais écoeuré par ses élites en révolte, le dernier debout (comme il est cultivé, il connaît peut-être Clemenceau : « Le vainqueur, c'est celui qui arrive à ne pas s'avouer vaincu un quart d'heure de plus que son ennemi »).
Et bien sûr, son héros Churchill :
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brexit,
trahison de la classe dirigeante
The day of days for Boris
Ce soir, nous saurons si la politique d'Alexander, dit Boris, Johnson pour le Brexit a réussi ou si la Grande-Bretagne repart pour un tour d'incertitude, ce qui ne serait pas la fin pour Boris, mais tout de même un grave revers.
S'il réussit, ça sera un exploit digne d'entrer dans l'histoire : renverser une négociation mal engagée, sur un sujet essentiel, et faire passer le nouvel accord alors qu'on n'a plus de majorité. On peut compter sur les doigts de la main d'un menuisier maladroit le nombre de Premier sMinistres qui ont ce niveau de réussite.
Evidemment, ça ne sera pas la fin, ni même le commencement de la fin, mais la fin du commencement, puisqu'il restera une période de de deux ans pour négocier un tas de points en suspens. Mais les choses seront enfin engagées.
Je relis la biographie de Churchill par Johnson. Bien sûr, en parlant de Winston, Boris parle aussi de lui.
C'est brouillon, quelquefois erroné, et Boris révèle une certaine lâcheté en essayant de tirer Churchill vers le politiquement correct. Mais l'essentiel y est.
L'histoire est très souvent tragique. Dans ces cas là, les « raisonnables » sont en vérité des mous, et, la plupart du temps, des traîtres. En effet, quand le drame pointe son nez, le plus raisonnable, à court terme, est de se coucher. Comme dit George Orwell, le moyen le plus rapide de mettre fin à une guerre, c'est de la perdre.
Autour de cette question du caractère tragique de l'histoire, il y a une dialectique du court terme et du tactique, contre le long terme et le stratégique.
Revenons à Winston Churchill.
Fin mai 1940. Depuis quelques jours, le ministre des affaires étrangères, « raisonnable », Halifax pousse ses pions pour une paix négociée avec Hitler. Il ne l'aime pas, mais c'est la solution qui lui paraît la plus responsable, alors que les nouvelles catastrophiques de cette guerre mal engagée se succèdent d'heure en heure. Les discours grandiloquents de Churchill lui tapent sur les nerfs.
Winston n'arrive pas à arrêter Halifax au War Cabinet, faute d'appuis politiques suffisants. Il sent le sol se dérober sous ses pieds. Le 26 mai au soir, il est tellement angoissé qu'il ne mange ni ne boit et que ses amis osent à peine lui adresser la parole.
Le 28 mai, il fait ce que certains historiens ont qualifié de coup d'Etat. Sous un prétexte oiseux, il réunit le War Cabinet au parlement, à Westminster, au lieu du 10 Downing Street. Puis, il se débrouille pour réunir dans une petite salle le cabinet élargi, l'Outer Cabinet, dont beaucoup de membres sont au parlement pour les débats. Et là, il se fait acclamer sur un discours jusqu'au boutiste. Il vient de renverser la table. Halifax est battu.
Halifax pouvait magouiller dans le dos du War Cabinet, qui ne s'opposait pas à lui franchement, mais il ne peut plus aller contre la volonté si bruyamment exprimée de l'Outer Cabinet. Churchill a gagné par surprise.
Quand l'affaire est mal engagée, il ne faut pas changer de place à table, il faut renverser la table, y compris physiquement (Churchill commence par changer le lieu du conseil de cabinet). Il faut changer de pied, introduire une rupture nécessairement violente, pour casser la pente fatale.
J'ai déjà eu cette conversation cent fois avec des électeurs de second tour de Macron, qui sont trop bêtes, ou trop lâches ou pas assez patriotes, pour admettre que la France a besoin de cette rupture avec la pente qui nous tue, pente que représente à merveille Macron, et que, si cette rupture passe par le vote pour Marine Le Pen, malgré tous ses défauts, qu'il en soit ainsi.
Boris Johnson l'a très compris. Sa rupture est d'avoir pris au sérieux « no deal is better than a bad deal ». Theresa May le disait aussi mais donnait l'impression par tous ses actes de ne pas y croire un seul instant, d'être toujours prête à tout céder pour éviter un no deal.
Johnson a donné des signes concrets qu'il y croyait, Il s'est mis dans une attitude kamikaze, obligeant ses ennemis à sortir des faux-semblants. Le renversement de table, c'est quand il a osé acter qu'il avait perdu la majorité en virant de son parti 21 MPs Remainers. Depuis, il n'a cessé de monter dans les sondages, ce qui terrifie ses adversaires.
Cette évolution vers la fermeté a forcé l'UE, qui a montré tout du long son opposition à la démocratie, sa mauvaise foi et son impérialisme, à sortir de sa position intransigeante. Les Remainers, qui disaient que c'était impossible (tout est toujours impossible, quand on n'a pour seule envie de se coucher), se sont trompés de bout en bout.
Nous vivons une époque où des politiciens se remettent à faire de la politique, Trump, Johnson, Salvini, Poutine, Erdogan ...
Nous n'en sommes pas là en France, où le débat reste a-politique, toujours posé en termes moraux qui arrangent la classe dominante. Voter Le Pen n'a pas tel avantage ou tel inconvénient, c'est mal, ça rappelle les zeureslesplussombres.
Le seul personnage public qui fait de la politique au niveau où elle doit être, c'est-à-dire tragique et de long terme, c'est Zemmour. Il est courageux, mais ça ne fait pas lourd au milieu des plus de mille parlementaires et ministres qui politicaillent minablement.
A 7h00, heure française, les pointages sont : 320 pour le deal de Boris, 312 contre (composition : 638 votants + 11 non-votants + 1 suspendu = 650. Majorité à 320 votants. Le Speaker , non-votant, peut voter en cas de match nul). Le suspense est entier.
S'il réussit, ça sera un exploit digne d'entrer dans l'histoire : renverser une négociation mal engagée, sur un sujet essentiel, et faire passer le nouvel accord alors qu'on n'a plus de majorité. On peut compter sur les doigts de la main d'un menuisier maladroit le nombre de Premier sMinistres qui ont ce niveau de réussite.
Evidemment, ça ne sera pas la fin, ni même le commencement de la fin, mais la fin du commencement, puisqu'il restera une période de de deux ans pour négocier un tas de points en suspens. Mais les choses seront enfin engagées.
Je relis la biographie de Churchill par Johnson. Bien sûr, en parlant de Winston, Boris parle aussi de lui.
C'est brouillon, quelquefois erroné, et Boris révèle une certaine lâcheté en essayant de tirer Churchill vers le politiquement correct. Mais l'essentiel y est.
L'histoire est très souvent tragique. Dans ces cas là, les « raisonnables » sont en vérité des mous, et, la plupart du temps, des traîtres. En effet, quand le drame pointe son nez, le plus raisonnable, à court terme, est de se coucher. Comme dit George Orwell, le moyen le plus rapide de mettre fin à une guerre, c'est de la perdre.
Autour de cette question du caractère tragique de l'histoire, il y a une dialectique du court terme et du tactique, contre le long terme et le stratégique.
Revenons à Winston Churchill.
Fin mai 1940. Depuis quelques jours, le ministre des affaires étrangères, « raisonnable », Halifax pousse ses pions pour une paix négociée avec Hitler. Il ne l'aime pas, mais c'est la solution qui lui paraît la plus responsable, alors que les nouvelles catastrophiques de cette guerre mal engagée se succèdent d'heure en heure. Les discours grandiloquents de Churchill lui tapent sur les nerfs.
Winston n'arrive pas à arrêter Halifax au War Cabinet, faute d'appuis politiques suffisants. Il sent le sol se dérober sous ses pieds. Le 26 mai au soir, il est tellement angoissé qu'il ne mange ni ne boit et que ses amis osent à peine lui adresser la parole.
Le 28 mai, il fait ce que certains historiens ont qualifié de coup d'Etat. Sous un prétexte oiseux, il réunit le War Cabinet au parlement, à Westminster, au lieu du 10 Downing Street. Puis, il se débrouille pour réunir dans une petite salle le cabinet élargi, l'Outer Cabinet, dont beaucoup de membres sont au parlement pour les débats. Et là, il se fait acclamer sur un discours jusqu'au boutiste. Il vient de renverser la table. Halifax est battu.
Halifax pouvait magouiller dans le dos du War Cabinet, qui ne s'opposait pas à lui franchement, mais il ne peut plus aller contre la volonté si bruyamment exprimée de l'Outer Cabinet. Churchill a gagné par surprise.
Quand l'affaire est mal engagée, il ne faut pas changer de place à table, il faut renverser la table, y compris physiquement (Churchill commence par changer le lieu du conseil de cabinet). Il faut changer de pied, introduire une rupture nécessairement violente, pour casser la pente fatale.
J'ai déjà eu cette conversation cent fois avec des électeurs de second tour de Macron, qui sont trop bêtes, ou trop lâches ou pas assez patriotes, pour admettre que la France a besoin de cette rupture avec la pente qui nous tue, pente que représente à merveille Macron, et que, si cette rupture passe par le vote pour Marine Le Pen, malgré tous ses défauts, qu'il en soit ainsi.
Boris Johnson l'a très compris. Sa rupture est d'avoir pris au sérieux « no deal is better than a bad deal ». Theresa May le disait aussi mais donnait l'impression par tous ses actes de ne pas y croire un seul instant, d'être toujours prête à tout céder pour éviter un no deal.
Johnson a donné des signes concrets qu'il y croyait, Il s'est mis dans une attitude kamikaze, obligeant ses ennemis à sortir des faux-semblants. Le renversement de table, c'est quand il a osé acter qu'il avait perdu la majorité en virant de son parti 21 MPs Remainers. Depuis, il n'a cessé de monter dans les sondages, ce qui terrifie ses adversaires.
Cette évolution vers la fermeté a forcé l'UE, qui a montré tout du long son opposition à la démocratie, sa mauvaise foi et son impérialisme, à sortir de sa position intransigeante. Les Remainers, qui disaient que c'était impossible (tout est toujours impossible, quand on n'a pour seule envie de se coucher), se sont trompés de bout en bout.
Nous vivons une époque où des politiciens se remettent à faire de la politique, Trump, Johnson, Salvini, Poutine, Erdogan ...
Nous n'en sommes pas là en France, où le débat reste a-politique, toujours posé en termes moraux qui arrangent la classe dominante. Voter Le Pen n'a pas tel avantage ou tel inconvénient, c'est mal, ça rappelle les zeureslesplussombres.
Le seul personnage public qui fait de la politique au niveau où elle doit être, c'est-à-dire tragique et de long terme, c'est Zemmour. Il est courageux, mais ça ne fait pas lourd au milieu des plus de mille parlementaires et ministres qui politicaillent minablement.
A 7h00, heure française, les pointages sont : 320 pour le deal de Boris, 312 contre (composition : 638 votants + 11 non-votants + 1 suspendu = 650. Majorité à 320 votants. Le Speaker , non-votant, peut voter en cas de match nul). Le suspense est entier.
samedi, septembre 14, 2019
samedi, septembre 07, 2019
Brexit : le combat exemplaire
La bataille du Brexit synthétise tous les maux des pays occidentaux.
D’un côté, des élites révoltées qui font sécession et crachent sur leurs pays et sur leurs peuples. Elles sont, au sens propre, immorales, car elles se considèrent au-dessus de la morale commune. Elles n’ont aucun scrupule, aucune retenue, puisque ce qu’elles veulent est automatiquement considéré comme juste par le le simple fait qu’elles le veulent. Elles sont unis par une morgue de classe inconnue dans l’histoire de ces derniers siècles. Comme disait Philippe Muray, le terme « élites » leur convient fort peu parce qu’elles ne se sentent aucun devoir, que des droits. Elles n’ont qu’une arme, qu’elles emploient à fond : la maîtrise du débat public, dans son vocabulaire, dans son contenu, dans son tempo.
Je suis persuadé que Thérèse a toujours été une Remainer de combat et que la manière dont elle a pourri, retardé, embrouillé le processus du Brexit, pour fatiguer et démobiliser le citoyen britannique, est délibérée.
Dès qu’on parvient à leur faire perdre la maîtrise du débat public, comme Trump, elles perdent les pédales.
D’un autre côté, des peuples grands-remplacés, atomisés, déséduqués, folklorisés, abrutis par les écrans, abrutis aussi par la décomposition familiale, stériles, obèses, matraqués par des peurs et des injonctions bas de gamme. Ils ont encore un instinct de survie, faible, mais ils n’ont plus les instruments intellectuels et sociaux de la révolte. C’est pourquoi ils font des jacqueries et non des révolutions.
Le Brexit a ceci de particulier qu’une partie (hélas très minoritaire) des élites assume toujours ses devoirs et se tient aux côtés du peuple. En France, la classe dirigeante est passée en totalité du côté de la guerre contre son peuple.
La mère de toutes les batailles, dans le cas du Brexit comme dans d’autres, c’est la frontière : casser le lien cosmopolite qui fait qu’un bobo français se sent plus à l’aise à New-York qu’à Montluçon.
Si le Brexit réussit, ça sera une bonne nouvelle pour tous les peuples qui ne veulent pas mourir (donc ça exclut les Suédois).
D’un côté, des élites révoltées qui font sécession et crachent sur leurs pays et sur leurs peuples. Elles sont, au sens propre, immorales, car elles se considèrent au-dessus de la morale commune. Elles n’ont aucun scrupule, aucune retenue, puisque ce qu’elles veulent est automatiquement considéré comme juste par le le simple fait qu’elles le veulent. Elles sont unis par une morgue de classe inconnue dans l’histoire de ces derniers siècles. Comme disait Philippe Muray, le terme « élites » leur convient fort peu parce qu’elles ne se sentent aucun devoir, que des droits. Elles n’ont qu’une arme, qu’elles emploient à fond : la maîtrise du débat public, dans son vocabulaire, dans son contenu, dans son tempo.
Je suis persuadé que Thérèse a toujours été une Remainer de combat et que la manière dont elle a pourri, retardé, embrouillé le processus du Brexit, pour fatiguer et démobiliser le citoyen britannique, est délibérée.
Dès qu’on parvient à leur faire perdre la maîtrise du débat public, comme Trump, elles perdent les pédales.
D’un autre côté, des peuples grands-remplacés, atomisés, déséduqués, folklorisés, abrutis par les écrans, abrutis aussi par la décomposition familiale, stériles, obèses, matraqués par des peurs et des injonctions bas de gamme. Ils ont encore un instinct de survie, faible, mais ils n’ont plus les instruments intellectuels et sociaux de la révolte. C’est pourquoi ils font des jacqueries et non des révolutions.
Le Brexit a ceci de particulier qu’une partie (hélas très minoritaire) des élites assume toujours ses devoirs et se tient aux côtés du peuple. En France, la classe dirigeante est passée en totalité du côté de la guerre contre son peuple.
La mère de toutes les batailles, dans le cas du Brexit comme dans d’autres, c’est la frontière : casser le lien cosmopolite qui fait qu’un bobo français se sent plus à l’aise à New-York qu’à Montluçon.
Si le Brexit réussit, ça sera une bonne nouvelle pour tous les peuples qui ne veulent pas mourir (donc ça exclut les Suédois).
Libellés :
brexit,
La lie,
trahison de la classe dirigeante
mercredi, septembre 04, 2019
Brexit : l’extraordinaire leçon de choses
Le Brexit a le mérite de montrer à tous (en tout cas, à ceux qui ont le courage de regarder les choses en face) ce que les plus lucides, isolés et désespérés, savaient déjà :
1) la popularité de l’archéo-socialiste Corbyn monte à la City. Et la bouse monte chaque fois qu’il y a une mauvaise nouvelle pour Johnson et descend aux bonnes nouvelles. Plutôt Corbyn que le Brexit, quelle meilleure illustration du capitalisme de connivence ?
2) l’arch-Remainer Hammond négocie des accords avec Corbyn. C’est une trahison du parti conservateur. Mais, en plus, il prend conseil auprès de Barnier. Si les mots ont encore un sens (après deux siècles de journalisme, j’en doute), c’est un crime de haute trahison. Comment mieux montrer l’absence de patriotisme de la caste mondialiste ?
3) les parlementaires Remainers ont tordu le règlement du parlement dans tous les sens pour s’opposer au résultat sans ambiguïté d’un référendum. Aucune retenue, aucun scrupule. Le mépris sans frein de la démocratie.
4) tout cela avec un discours mielleux sur la démocratie et l’intérêt national. Cela confirme qu’il ne faut pas écouter ce que ces gens disent, il faut regarder ce qu’ils font.
5) la solution de sortie de crise qui se dessine est un retour aux urnes. Un rappel que la légitimité se forge, entre autres, dans l’élection sincère et non faussée, avec des choix clairs.
Je suis persuadé que Theresa May a sciemment saboté le Brexit et fait tout ce qu’elle pouvait pour le rendre impossible. Jusqu’à maintenant, réussite exemplaire. Mais c’est à la fin de la foire qu’on compte les bouses.
Rappelons l’enjeu pour tous les Européens : il s’agit de faire mentir Jean-Claude Juncker et son « Il n’y a pas de vote démocratique possible contre les traités européens ».
1) la popularité de l’archéo-socialiste Corbyn monte à la City. Et la bouse monte chaque fois qu’il y a une mauvaise nouvelle pour Johnson et descend aux bonnes nouvelles. Plutôt Corbyn que le Brexit, quelle meilleure illustration du capitalisme de connivence ?
2) l’arch-Remainer Hammond négocie des accords avec Corbyn. C’est une trahison du parti conservateur. Mais, en plus, il prend conseil auprès de Barnier. Si les mots ont encore un sens (après deux siècles de journalisme, j’en doute), c’est un crime de haute trahison. Comment mieux montrer l’absence de patriotisme de la caste mondialiste ?
3) les parlementaires Remainers ont tordu le règlement du parlement dans tous les sens pour s’opposer au résultat sans ambiguïté d’un référendum. Aucune retenue, aucun scrupule. Le mépris sans frein de la démocratie.
4) tout cela avec un discours mielleux sur la démocratie et l’intérêt national. Cela confirme qu’il ne faut pas écouter ce que ces gens disent, il faut regarder ce qu’ils font.
5) la solution de sortie de crise qui se dessine est un retour aux urnes. Un rappel que la légitimité se forge, entre autres, dans l’élection sincère et non faussée, avec des choix clairs.
Je suis persuadé que Theresa May a sciemment saboté le Brexit et fait tout ce qu’elle pouvait pour le rendre impossible. Jusqu’à maintenant, réussite exemplaire. Mais c’est à la fin de la foire qu’on compte les bouses.
Rappelons l’enjeu pour tous les Européens : il s’agit de faire mentir Jean-Claude Juncker et son « Il n’y a pas de vote démocratique possible contre les traités européens ».
jeudi, août 29, 2019
A propos du « coup d'Etat » de Boris Johnson
Les institutions politiques britanniques sont très complexes car elles sont un empilage de lois et de traditions. Il n'y a pas à proprement parler de constitution. Même s'il arrive aux Anglais d'employer ce mot. Il n'a pas le même sens qu'en France ou aux Etats-Unis.
Cela leur donne une grande souplesse : par exemple, le référendum (consultatif) style Brexit est une innovation.
Cette souplesse, dans mon esprit de Français, je la comprends : pas de constitution écrite égale souplesse, c'est facile à piger.
En revanche, j'ai plus de mal à comprendre la solidité de ces institutions. Pour moi, c'est un fait d'expérience, il me suffit de comparer l'histoire de la France et l'histoire de la Grande-Bretagne, mais je n'en discerne pas vraiment les causes (si vous avez des suggestions ...).
J'ai en tête ce passage du film L'armée des ombres où Paul Meurisse et Lino Ventura, débarquant à Londres de France occupée comme des extraterrestres.
***********
Parliament has no right to plot a Brexit coup
Robert Tombs
The Victorians created the fairy story that our ancient liberties reside in Westminster, and Remainers are exploiting it.
Speaker Bercow tells the Edinburgh Fringe that “the House of Commons must have its way”. The Remainer MP Stephen Doughty proclaims that parliament has been “the crucible of our democracy . . . for thousands [sic] of years’” Sir John Major and Sir Malcolm Rifkind fulminate about the sovereignty of parliament and allude darkly to the Stuarts and civil war. The ghost of Charles I is resurrected in Boris Johnson, it would seem, with Dominic Cummings his Earl of Strafford.
When I hear such nonsense — inflammatory nonsense, at that — I put much of the blame on another opinionated MP, Thomas Babington Macaulay. His History of England (1848-55) was a bestseller, aimed at a vast public. In his own words, it would “supersede the last fashionable novel on the tables of young ladies”. He established the Victorian myth that parliament was the centre of our history and the fount of our liberties — the myth embodied in that vast and crumbling pile of pseudo-historical stonework on the banks of the Thames.
Macaulay wanted people to believe that his Whig Party and those he identified as its ancestors had shaped the nation by an unremitting struggle against monarchy: “a great party” over the centuries had “steadily asserted the privileges of the people and wrested prerogative after prerogative from the Crown”. He made the parliamentary struggle against the Stuarts from the 1640s to the 1680s the climax and centrepiece of British history. The previous centuries he found uninteresting — the idea of ancient English liberties he thought too populist a notion.
Macaulay’s narrative provided the emotive underpinning of the Victorian invention of parliamentary sovereignty, elaborated by lawyers such as AV Dicey and journalists such as Walter Bagehot. Parliament, they argued, could pass any law that was not physically impossible. This notion of parliamentary sovereignty is an elitist, pre-democratic vision dating back to the time when only a few wealthy men had the vote, and long before the era of inalienable human rights. But it has now been resuscitated in even more extreme form by Messrs Bercow and acolytes. They seem to believe that parliament, or the House of Commons alone, or even an improvised and temporary majority within it, can exercise sovereignty and govern in opposition both to the Crown and to the electorate.
This would indeed be sovereignty, absolute sovereignty. It has little or no legal, political or historical legitimacy. It is important to note that even Dicey, in the Victorian heyday of parliament, considered its power to be that of making laws, “neither more nor less”. It did not have the power to govern. The Crown — the government, the executive — has its own legitimate functions, and direct responsibility to the nation, as in every democratic system. The role of parliament is to hold government to account, not to be the government. To go beyond this is a flagrant usurpation of power.
Only once before has the Commons, in fact a small but determined minority, seized power on its own, abolishing the monarchy and the Lords, proclaiming itself sovereign and its Speaker head of state, and threatening with death any who denied its claims. This was in the 1640s, the period Macaulay and his present-day followers seem to find inspiring. It created perhaps the most unpopular, bigoted and repressive government we have ever suffered.
Parliament has certainly been an important and distinctive part of our history. It is one of the pillars of the state. When it functions properly, it is a vehicle for popular representation and a defender of rights. But the idea that parliament is and has always been the centre of our national life and the source of our freedom and democracy is a caricature of history. Our most basic and cherished freedoms have nothing to do with parliament, which they pre-date. The right to justice is defined in Magna Carta (1215). So is judgment by our peers.
The end of torture is due to the common law refusal to accept statements made under duress. Trial by jury came about because the church put a stop to trials by ordeal. Defence against arbitrary arrest goes back to the ancient common law writ of habeas corpus. These liberties were elaborated by Crown judges. It is simply untrue that the Crown has been in our history the source of oppression or that the people, through parliament, have been in continual struggle with it.
Parliament’s role, once it came into regular existence in the 13th century, and more crucially after 1688, was chequered. Even the publication of its debates had to be forced from it, and its response to democracy — gradually widening the franchise to tenants, to householders, to workers, to women — was a whole century of foot-dragging from the 1820s to the 1920s. On several occasions it was the use of the royal prerogative that forced parliament’s hand.
Those plotting some sort of parliamentary coup against a government trying to carry out a policy approved by the electorate (and previously voted for by parliament) should not get away with justifying their actions by invoking historical fairy tales. Parliament, far from being the “crucible of democracy”, was for most of its history the preserve of the powerful and the privileged. We must not allow today’s MPs to put the clock back and do untold damage to the institution they claim to defend.
Robert Tombs is author of The English and Their History.
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Cela leur donne une grande souplesse : par exemple, le référendum (consultatif) style Brexit est une innovation.
Cette souplesse, dans mon esprit de Français, je la comprends : pas de constitution écrite égale souplesse, c'est facile à piger.
En revanche, j'ai plus de mal à comprendre la solidité de ces institutions. Pour moi, c'est un fait d'expérience, il me suffit de comparer l'histoire de la France et l'histoire de la Grande-Bretagne, mais je n'en discerne pas vraiment les causes (si vous avez des suggestions ...).
J'ai en tête ce passage du film L'armée des ombres où Paul Meurisse et Lino Ventura, débarquant à Londres de France occupée comme des extraterrestres.
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Parliament has no right to plot a Brexit coup
Robert Tombs
The Victorians created the fairy story that our ancient liberties reside in Westminster, and Remainers are exploiting it.
Speaker Bercow tells the Edinburgh Fringe that “the House of Commons must have its way”. The Remainer MP Stephen Doughty proclaims that parliament has been “the crucible of our democracy . . . for thousands [sic] of years’” Sir John Major and Sir Malcolm Rifkind fulminate about the sovereignty of parliament and allude darkly to the Stuarts and civil war. The ghost of Charles I is resurrected in Boris Johnson, it would seem, with Dominic Cummings his Earl of Strafford.
When I hear such nonsense — inflammatory nonsense, at that — I put much of the blame on another opinionated MP, Thomas Babington Macaulay. His History of England (1848-55) was a bestseller, aimed at a vast public. In his own words, it would “supersede the last fashionable novel on the tables of young ladies”. He established the Victorian myth that parliament was the centre of our history and the fount of our liberties — the myth embodied in that vast and crumbling pile of pseudo-historical stonework on the banks of the Thames.
Macaulay wanted people to believe that his Whig Party and those he identified as its ancestors had shaped the nation by an unremitting struggle against monarchy: “a great party” over the centuries had “steadily asserted the privileges of the people and wrested prerogative after prerogative from the Crown”. He made the parliamentary struggle against the Stuarts from the 1640s to the 1680s the climax and centrepiece of British history. The previous centuries he found uninteresting — the idea of ancient English liberties he thought too populist a notion.
Macaulay’s narrative provided the emotive underpinning of the Victorian invention of parliamentary sovereignty, elaborated by lawyers such as AV Dicey and journalists such as Walter Bagehot. Parliament, they argued, could pass any law that was not physically impossible. This notion of parliamentary sovereignty is an elitist, pre-democratic vision dating back to the time when only a few wealthy men had the vote, and long before the era of inalienable human rights. But it has now been resuscitated in even more extreme form by Messrs Bercow and acolytes. They seem to believe that parliament, or the House of Commons alone, or even an improvised and temporary majority within it, can exercise sovereignty and govern in opposition both to the Crown and to the electorate.
This would indeed be sovereignty, absolute sovereignty. It has little or no legal, political or historical legitimacy. It is important to note that even Dicey, in the Victorian heyday of parliament, considered its power to be that of making laws, “neither more nor less”. It did not have the power to govern. The Crown — the government, the executive — has its own legitimate functions, and direct responsibility to the nation, as in every democratic system. The role of parliament is to hold government to account, not to be the government. To go beyond this is a flagrant usurpation of power.
Only once before has the Commons, in fact a small but determined minority, seized power on its own, abolishing the monarchy and the Lords, proclaiming itself sovereign and its Speaker head of state, and threatening with death any who denied its claims. This was in the 1640s, the period Macaulay and his present-day followers seem to find inspiring. It created perhaps the most unpopular, bigoted and repressive government we have ever suffered.
Parliament has certainly been an important and distinctive part of our history. It is one of the pillars of the state. When it functions properly, it is a vehicle for popular representation and a defender of rights. But the idea that parliament is and has always been the centre of our national life and the source of our freedom and democracy is a caricature of history. Our most basic and cherished freedoms have nothing to do with parliament, which they pre-date. The right to justice is defined in Magna Carta (1215). So is judgment by our peers.
The end of torture is due to the common law refusal to accept statements made under duress. Trial by jury came about because the church put a stop to trials by ordeal. Defence against arbitrary arrest goes back to the ancient common law writ of habeas corpus. These liberties were elaborated by Crown judges. It is simply untrue that the Crown has been in our history the source of oppression or that the people, through parliament, have been in continual struggle with it.
Parliament’s role, once it came into regular existence in the 13th century, and more crucially after 1688, was chequered. Even the publication of its debates had to be forced from it, and its response to democracy — gradually widening the franchise to tenants, to householders, to workers, to women — was a whole century of foot-dragging from the 1820s to the 1920s. On several occasions it was the use of the royal prerogative that forced parliament’s hand.
Those plotting some sort of parliamentary coup against a government trying to carry out a policy approved by the electorate (and previously voted for by parliament) should not get away with justifying their actions by invoking historical fairy tales. Parliament, far from being the “crucible of democracy”, was for most of its history the preserve of the powerful and the privileged. We must not allow today’s MPs to put the clock back and do untold damage to the institution they claim to defend.
Robert Tombs is author of The English and Their History.
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dimanche, juillet 28, 2019
Mon estimation d'un vrai Brexit au 31/10/2019
Mon estimation des chances d'un vrai Brexit (1) au 31/10/2019 : 51/49.
Les Remainers sont largement majoritaires aux Communes (merci Thérèse). Ils peuvent renverser le gouvernement Johnson et provoquer des élections législatives à tout moment.
La question est simple : qu'est-ce qui est le plus fort, chez eux, l'idéologie européiste ou la peur de perdre leur siège ?
Si Boris Johnson arrive à réaliser un vrai Brexit dans ces circonstances merdiques, ce sera un grand exploit et il sera digne d'être comparé, pour le talent politique, à son modèle Churchill.
J'ai parié une bouteille de champagne avec Edouard Husson que la Grande-Bretagne sera encore dans l'UE le 1/11 au matin.
Mais j'espère perdre.
**************
(1) : je ne vais pas pinailler sur la définition du vrai Brexit. Comme la souveraineté ne se divise pas, nous le reconnaîtrons aisément.
Les Remainers sont largement majoritaires aux Communes (merci Thérèse). Ils peuvent renverser le gouvernement Johnson et provoquer des élections législatives à tout moment.
La question est simple : qu'est-ce qui est le plus fort, chez eux, l'idéologie européiste ou la peur de perdre leur siège ?
Si Boris Johnson arrive à réaliser un vrai Brexit dans ces circonstances merdiques, ce sera un grand exploit et il sera digne d'être comparé, pour le talent politique, à son modèle Churchill.
J'ai parié une bouteille de champagne avec Edouard Husson que la Grande-Bretagne sera encore dans l'UE le 1/11 au matin.
Mais j'espère perdre.
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(1) : je ne vais pas pinailler sur la définition du vrai Brexit. Comme la souveraineté ne se divise pas, nous le reconnaîtrons aisément.
samedi, juillet 27, 2019
Au moins, on va s'amuser
Au moins, avec Johnson, c'est comme avec avec Trump, on va s'amuser. Je n'en peux plus de ces technocrates qui, en plus d'être des traitres incompétents, sont sinistres, avec leur humour de gardiens de camp de concentration.
On pourrait se croire sauvé par les (peu nombreux) LREMistes atypiques. Même pas.
Quoique certains arrivent à faire rire malgré eux (j'ai bien aimé l'humour pince-sans-rire de ce texte) :
L’interview lunaire de Corinne Vignon ne rassure pas les futurs retraités
Quand on lit sa biographie, on se dit qu'elle débarque effectivement de la lune. Il ne doit pas être impossible de passer de décoratrice d'intérieur, voyance, astrologie, bien-être animal à spécialiste des retraites. Encore faut-il y travailler sérieusement, cela semble avoir manqué.
Revenons à Boris J.
Today Boris Johnson becomes Britain’s prime minister.
Contrairement à l'auteur, je m'explique très bien la haine que Johnson, comme Trump, génère.
Les maitres de notre monde sont (c'est une bonne partie de nos problèmes) des besogneux conformistes, sans talent, sans profondeur (d'où leur manque d'humour) et sans personnalité (mais avec beaucoup d'ambition, de cynisme et d'estime d'eux-mêmes), à tous les niveaux, même les plus proches de vous (c'est un des effets de la forclusion du père et de la transformation de l'école).
Inutile que je vous fasse un dessin : les May, les Merkel, les Macron. A un moment ou à un autre, leurs adversaires les ont traités de robots. Ca ne viendrait pas à l'idée pour qualifier Johnson.
Des hommes comme Trump ou Johnson (ce n'est pas un hasard s'ils sont le produit d'écoles à l'ancienne) sont une menace directe pour le monde qui a fait nos maitres actuels. Pire que cela, c'est une mise en accusation de leur personnalité : ainsi, il existe d'autres types possibles de dirigeants que les abrutis de technocrates dans leur costume sombre qui se bouffent des milliers de planches Powerpoint.
Churchill travaillait beaucoup, mais la maitrise des dossiers était le cadet de ses soucis. Ses écrits fourmillent d'approximations et d'erreurs ... sur l'accessoire.
Il me semble que Johnson pourrait avoir un point commun avec Churchill.
Les reproches qui leur furent adressés sont étrangement similaires : brouillons, fantasques, pas fiables, changeants, traitres même, inconstants, superficiels.
Mais Churchill a trouvé dans la lutte contre l'Allemagne nazie la grande cause qui lui a permis de dompter ses tendances à la dispersion.
Il se peut que le Brexit ait le même effet sur Johnson. Nous verrons. Nous serons bientôt fixés.
Revenons à l'humour. Churchill : « Nous sommes tous des vers. Mais je crois que je suis un ver luisant ».
On pourrait se croire sauvé par les (peu nombreux) LREMistes atypiques. Même pas.
Quoique certains arrivent à faire rire malgré eux (j'ai bien aimé l'humour pince-sans-rire de ce texte) :
L’interview lunaire de Corinne Vignon ne rassure pas les futurs retraités
Quand on lit sa biographie, on se dit qu'elle débarque effectivement de la lune. Il ne doit pas être impossible de passer de décoratrice d'intérieur, voyance, astrologie, bien-être animal à spécialiste des retraites. Encore faut-il y travailler sérieusement, cela semble avoir manqué.
Revenons à Boris J.
Today Boris Johnson becomes Britain’s prime minister.
Contrairement à l'auteur, je m'explique très bien la haine que Johnson, comme Trump, génère.
Les maitres de notre monde sont (c'est une bonne partie de nos problèmes) des besogneux conformistes, sans talent, sans profondeur (d'où leur manque d'humour) et sans personnalité (mais avec beaucoup d'ambition, de cynisme et d'estime d'eux-mêmes), à tous les niveaux, même les plus proches de vous (c'est un des effets de la forclusion du père et de la transformation de l'école).
Inutile que je vous fasse un dessin : les May, les Merkel, les Macron. A un moment ou à un autre, leurs adversaires les ont traités de robots. Ca ne viendrait pas à l'idée pour qualifier Johnson.
Des hommes comme Trump ou Johnson (ce n'est pas un hasard s'ils sont le produit d'écoles à l'ancienne) sont une menace directe pour le monde qui a fait nos maitres actuels. Pire que cela, c'est une mise en accusation de leur personnalité : ainsi, il existe d'autres types possibles de dirigeants que les abrutis de technocrates dans leur costume sombre qui se bouffent des milliers de planches Powerpoint.
Churchill travaillait beaucoup, mais la maitrise des dossiers était le cadet de ses soucis. Ses écrits fourmillent d'approximations et d'erreurs ... sur l'accessoire.
Il me semble que Johnson pourrait avoir un point commun avec Churchill.
Les reproches qui leur furent adressés sont étrangement similaires : brouillons, fantasques, pas fiables, changeants, traitres même, inconstants, superficiels.
Mais Churchill a trouvé dans la lutte contre l'Allemagne nazie la grande cause qui lui a permis de dompter ses tendances à la dispersion.
Il se peut que le Brexit ait le même effet sur Johnson. Nous verrons. Nous serons bientôt fixés.
Revenons à l'humour. Churchill : « Nous sommes tous des vers. Mais je crois que je suis un ver luisant ».
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dimanche, juin 30, 2019
Boris' Churchill moment ?
This is your ‘Churchill moment’ Boris - if youhave what it takes.
« Prorogue parliament » : on traduit souvent par « proroger le parlement » mais c’est un faux-ami. Ce n’est pas le parlement que l’on proroge mais les vacances parlementaires (ça peut avoir ce sens politique en français aussi, mais c'est ambigu). Autrement dit, dans les faits, le parlement est suspendu. C’est une décision prise par la reine sur l’avis du conseil privé.
Le scénario idéal est donc le suivant : Boris Johnson Premier Ministre demande à la reine de suspendre le parlement, qui a failli à sa mission de mettre en oeuvre la décision démocratique du Brexit, et gouverne par décrets jusqu’à ce que le Brexit soit un fait accompli, sachant que les lois relatives au Brexit existent déjà, ce qui manque c'est l'accord négocié sur les conditions du dit Brexit.
La campagne médiatique contre cette prorogation est déjà prête : « anti-démocratique », « dictatoriale » etc.
Ce scénario me semble tout à fait légitime. L’auteur a parfaitement raison de souligner que, par exemple, Churchill a été imposé au parlement, plus que réticent, par des manoeuvres de couloir.
Je ne sens pas Boris Johnson (de son vrai nom Alexander. Déjà, un type qui préfère se faire appeler Boris plutôt qu'Alexander ...). Pour mettre en oeuvre ce scénario, il faut un caractère décidé et des convictions fermes qui me semblent aux antipodes de ses coquetteries de vieux séducteur.
La comparaison churchillienne a ses limites : quand Winston accède au pouvoir, ça fait sept ans qu'il maintient le cap de l'anti-germanisme nazi, contre vents et marées, au risque de sa carrière et de sa réputation. Johnson n'a jamais montré un tel caractère.
Bref, le scénario le plus probable, c'est que Johnson n'ait pas les couilles de proroger le parlement, qu'il s'enlise dans des discussions avec un parlement aux 3/4 hostile au Brexit et que, pour sauver la face, il accepte un BRINO, Brexit In Name Only.
Autrement dit, qu'il réussisse, faux Leaver, là où Theresa May, vraie Remainer, a échoué : à baiser les Anglais.
Notons, petit piment, que la situation juridique est exactement à l'inverse : la loi décidant le Brexit étant votée, si plus rien ne se passait d'ici la fin du délai, le 31 octobre, le Brexit sans accord de sortie deviendrait effectif.
Mais là, encore, je ne sens pas Boris-Alexander capable de jouer cette carte.
« Prorogue parliament » : on traduit souvent par « proroger le parlement » mais c’est un faux-ami. Ce n’est pas le parlement que l’on proroge mais les vacances parlementaires (ça peut avoir ce sens politique en français aussi, mais c'est ambigu). Autrement dit, dans les faits, le parlement est suspendu. C’est une décision prise par la reine sur l’avis du conseil privé.
Le scénario idéal est donc le suivant : Boris Johnson Premier Ministre demande à la reine de suspendre le parlement, qui a failli à sa mission de mettre en oeuvre la décision démocratique du Brexit, et gouverne par décrets jusqu’à ce que le Brexit soit un fait accompli, sachant que les lois relatives au Brexit existent déjà, ce qui manque c'est l'accord négocié sur les conditions du dit Brexit.
La campagne médiatique contre cette prorogation est déjà prête : « anti-démocratique », « dictatoriale » etc.
Ce scénario me semble tout à fait légitime. L’auteur a parfaitement raison de souligner que, par exemple, Churchill a été imposé au parlement, plus que réticent, par des manoeuvres de couloir.
Je ne sens pas Boris Johnson (de son vrai nom Alexander. Déjà, un type qui préfère se faire appeler Boris plutôt qu'Alexander ...). Pour mettre en oeuvre ce scénario, il faut un caractère décidé et des convictions fermes qui me semblent aux antipodes de ses coquetteries de vieux séducteur.
La comparaison churchillienne a ses limites : quand Winston accède au pouvoir, ça fait sept ans qu'il maintient le cap de l'anti-germanisme nazi, contre vents et marées, au risque de sa carrière et de sa réputation. Johnson n'a jamais montré un tel caractère.
Bref, le scénario le plus probable, c'est que Johnson n'ait pas les couilles de proroger le parlement, qu'il s'enlise dans des discussions avec un parlement aux 3/4 hostile au Brexit et que, pour sauver la face, il accepte un BRINO, Brexit In Name Only.
Autrement dit, qu'il réussisse, faux Leaver, là où Theresa May, vraie Remainer, a échoué : à baiser les Anglais.
Notons, petit piment, que la situation juridique est exactement à l'inverse : la loi décidant le Brexit étant votée, si plus rien ne se passait d'ici la fin du délai, le 31 octobre, le Brexit sans accord de sortie deviendrait effectif.
Mais là, encore, je ne sens pas Boris-Alexander capable de jouer cette carte.
vendredi, juin 07, 2019
Nigel à l'épreuve
Le Brexit Party de Nigel Farage n'a pas réussi à conquérir le siège de Peterborough, lors d'une législative partielle, alors que toute les conditions favorables semblaient réunies.
On peut faire un tas d'hypothèses « et si », mais le résultat est là.
On peut en dire la même chose que du score du RN aux Européennes : sans être mauvais, il est tout de même décevant.
Je me demande si les Français et les Anglais ne manquent pas de courage : ils votent pour des partis plus ou moins anti-Système quand ceux-ci sont loin du pouvoir, mais quand ils s'en approchent, certains hésitent.
Je me demande si ces électeurs ne se seraient pas dégonflés au moment de glisser le bulletin dans l'urne, si le Brexit avait été donné en tête par les sondages lors du référendum.

On peut faire un tas d'hypothèses « et si », mais le résultat est là.
On peut en dire la même chose que du score du RN aux Européennes : sans être mauvais, il est tout de même décevant.
Je me demande si les Français et les Anglais ne manquent pas de courage : ils votent pour des partis plus ou moins anti-Système quand ceux-ci sont loin du pouvoir, mais quand ils s'en approchent, certains hésitent.
Je me demande si ces électeurs ne se seraient pas dégonflés au moment de glisser le bulletin dans l'urne, si le Brexit avait été donné en tête par les sondages lors du référendum.
vendredi, mai 24, 2019
Thérèse ne laisse que des braises
Theresa May est restée 2 ans de trop.
2 bilans au lance-flammes :
The blunt truth is, Theresa May was a terrible Prime Minister, and we're better off without her.
This is a sorry end for a Prime Minister who never believed in Brexit.
Et en français :
Theresa May, la femme qui avait le mieux compris le défi politique du Brexit tout en se révélant incapable de le traduire en actes. (Husson est beaucoup trop indulgent pour May)
**************
Le plus étonnant, c’est que le Premier ministre ait accepté alors la grosse ficelle de l’Union Européenne consistant à agiter la question de la frontière irlandaise. Elle aurait dû rompre les négociations à ce moment-là, si elle ne l’avait pas fait plus tôt. Donald Trump lui a conseillé une méthode de négociation beaucoup plus dure mais elle n’a pas suivi le conseil.
**************
Surtout, le problème de fond n’est pas réglé : les 2/3 des parlementaires, y compris Tories, sont hostiles à un vrai Brexit. Et ils ne veulent pas dissoudre, par peur de Farage et de Corbyn. Et comme ce sont eux qui désignent le Premier Ministre … Johnson a très peu de chances. Les Anglais risquent de se récolter un mou qui ne fera guère mieux que May.
La leçon pour un Français qui rêve que son pays se libère de l'UE ? Après la trahison de Tsipras, le surplace d'Orban et de Salvini, l'échec de May, c'est très clair : la libération est un vrai combat où l'ennemi européiste se permet tous les mauvais coups. Bisounours s'abstenir.
Ce n'est pas un mignonnet comme Dupont-Aignan ou réciteur de traités comme Asselineau qui y arriveront. Il faut un guerrier et je n'en vois point à l'horizon.
2 bilans au lance-flammes :
The blunt truth is, Theresa May was a terrible Prime Minister, and we're better off without her.
This is a sorry end for a Prime Minister who never believed in Brexit.
Et en français :
Theresa May, la femme qui avait le mieux compris le défi politique du Brexit tout en se révélant incapable de le traduire en actes. (Husson est beaucoup trop indulgent pour May)
**************
Le plus étonnant, c’est que le Premier ministre ait accepté alors la grosse ficelle de l’Union Européenne consistant à agiter la question de la frontière irlandaise. Elle aurait dû rompre les négociations à ce moment-là, si elle ne l’avait pas fait plus tôt. Donald Trump lui a conseillé une méthode de négociation beaucoup plus dure mais elle n’a pas suivi le conseil.
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Surtout, le problème de fond n’est pas réglé : les 2/3 des parlementaires, y compris Tories, sont hostiles à un vrai Brexit. Et ils ne veulent pas dissoudre, par peur de Farage et de Corbyn. Et comme ce sont eux qui désignent le Premier Ministre … Johnson a très peu de chances. Les Anglais risquent de se récolter un mou qui ne fera guère mieux que May.
La leçon pour un Français qui rêve que son pays se libère de l'UE ? Après la trahison de Tsipras, le surplace d'Orban et de Salvini, l'échec de May, c'est très clair : la libération est un vrai combat où l'ennemi européiste se permet tous les mauvais coups. Bisounours s'abstenir.
Ce n'est pas un mignonnet comme Dupont-Aignan ou réciteur de traités comme Asselineau qui y arriveront. Il faut un guerrier et je n'en vois point à l'horizon.
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samedi, mai 18, 2019
Des nouvelles du Brexit
La situation n'a pas bougé d'un pouce depuis la catastrophique dissolution de 2017.
Dans la démocratie parlementaire britannique, pour qu'une certaine politique soit pratiquée, il faut une majorité parlementaire qui approuve cette politique.
Or, il n'y a pas, et de loin, de majorité parlementaire pro-Brexit (le rapport de force est de 3/4-1/4). Même un Premier Ministre très pro-Brexit ne pourrait renverser un tel rapport de forces, ce n'est pas une poignée de pour-cents à faire basculer.
La dissolution est une voie bouchée : des raisons très pratiques (mode de scrutin, découpage des circonscriptions, implantation des partis) font qu'on ne peut espérer la victoire d'un parti pro-Brexit avant plusieurs années.
Même un second référendum ne serait qu'un pis-aller : faire re-voter jusqu'à ce que le peuple vote « bien » est antidémocratique et laisse des traces de long terme (sauf quand on est con comme un Hollandais).
Bref, comme en France, l'opposition entre ceux d'en haut et ceux d'en bas rend un pays occidental ingouvernable.
Dans la démocratie parlementaire britannique, pour qu'une certaine politique soit pratiquée, il faut une majorité parlementaire qui approuve cette politique.
Or, il n'y a pas, et de loin, de majorité parlementaire pro-Brexit (le rapport de force est de 3/4-1/4). Même un Premier Ministre très pro-Brexit ne pourrait renverser un tel rapport de forces, ce n'est pas une poignée de pour-cents à faire basculer.
La dissolution est une voie bouchée : des raisons très pratiques (mode de scrutin, découpage des circonscriptions, implantation des partis) font qu'on ne peut espérer la victoire d'un parti pro-Brexit avant plusieurs années.
Même un second référendum ne serait qu'un pis-aller : faire re-voter jusqu'à ce que le peuple vote « bien » est antidémocratique et laisse des traces de long terme (sauf quand on est con comme un Hollandais).
Bref, comme en France, l'opposition entre ceux d'en haut et ceux d'en bas rend un pays occidental ingouvernable.
mercredi, avril 10, 2019
Des nouvelles du Brexit
La blague qui court au sein du parti Tory : « Le dernier qui démissionne éteint Theresa en partant ».
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