lundi, octobre 21, 2019

Brexit : comme d'habitude, Charles Gave pèche par excès d'optimisme

Le Brexit me semble un point de bascule fondamental, comme a pu l'être l'élection de Trump (et sera sa ré-élection). C'est pourquoi je vous en parle tant.

Comme dans sa prédiction de l'éclatement de l'Euro, Charles Gave sous-estime, dans le processus de Brexit, le vice des opposants à la démocratie.

Il n'empêche que ses analyses sont bonnes, même si le poids relatif des forces en présence est mal apprécié :

Les forces de la Réaction Mondialiste défaites en rase campagne, ou l’Austerlitz de Boris Johnson

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Je dois l’avouer, j’ai un faible pour Boris Johnson (BOJO) et pour une raison très simple: il est tout ce que j’aime chez les Anglais [moi aussi, vous l'avez compris. Comme j'apprécie Trump. Il faut être un connard de bourgeois qui dissimule son immobilisme et son égoïsme derrière des considérations de forme pour ne pas voir les qualités, évidentes, de ces deux-là] . Le personnage est foutraque, désorganisé, extrêmement cultivé, absolument convaincu d’être absolument unique et totalement imprévisible, ce qui fait que tous ceux qui, eux, sont complètement prévisibles le méprisent autant que Rommel méprisait Montgomery [très mauvais exemple : Monty était une nullité crasse. Il aurait pu citer Marlborough, Wellington ou Nelson] ou Napoléon les « boutiquiers Anglais ». Et chacun doit se souvenir ici de qui a gagné en fin de parcours [les Anglais sont l'inverse des Allemands : bons en finance et en stratégie. Une des raisons de leur victoire contre Napoléon est que la Grande-Bretagne - qui n'a fini de rembourser qu'en 1900, si mes souvenirs sont justes, a emprunté à un taux moitié de celui de la France]


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L’idée des partisans du maintien en Europe étant bien sûr que, de refus en refus, les électeurs se lasseraient peut-être et que le Brexit finirait par ne pas avoir lieu. 


Le parlement ayant collé un amendement qui valait refus au projet de Brexit qui vient d’être présenté aux députés à Londres, BOJO a donc rédigé la lettre comme il s’y était engagé, mais a refusé de la signer et y a joint une autre lettre, signée celle-ci, demandant à ses partenaires du continent d’expliquer aux parlementaires britanniques qu’il n’y a plus rien à négocier et que c’était à prendre ou à laisser. 


Ce qui met les européens dans une situation difficile puisque dans la déclaration européenne des Droits de l’Homme, dont la Grande-Bretagne est signataire, il y a un article qui prévoit que si un chef de gouvernement est forcé de signer contre ses convictions un traité, alors ce traité est nul et non avenu. Ce qui est EXACTEMENT le cas de la Loi forçant BOJO à écrire sa lettre. Et ce qui met surtout les « remainers » dans une situation impossible. En effet, le seul choix qui leur reste est soit de voter pour le plan de BOJO, soit de refuser de voter pour ce plan et dans ce cas de figure, comme il est déjà trop tard pour changer de Premier Ministre ou pour dissoudre le Parlement, nous aurions une sortie de la Grande-Bretagne sans aucun accordle 31 Octobre au soir.


Et donc le choix est simple : ou tous les salopiaux qui s’opposaient à la volonté populaire en utilisant artifice de procédure après artifice de procédure votent pour le Brexit de BOJO, ou bien alors, la Grande-Bretagne sort sans aucun accord. 


Pour être clair, BOJO leur dit : « La maison est en feu, vous préférez sauter du dixième ou du vingtième étage ? »


En connaissant un certain nombre, je n’ai aucun mal à imaginer leur rage à l’idée de s’être fait piéger comme des rats par quelqu’un qu’ils méprisent, car ces gens-là méprisent tous ceux qui aiment leur pays qui par définition, ne peuvent être que des imbéciles faciles à tromper.


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La où Charles Gave se trompe : conformément au petit manuel du bon stratège, Boris Johnson a refusé de se plier aux règles et aux discours imposés par ses ennemis, les a pris au mot et les a vaincus partiellement. Certes.

Mais Charles Gave oublient que les ennemis du Brexit n'ont pas eux, à respecter la loi, puisqu'ils ont les juges dans leur poche, qui jugeront toujours, même contre la plus élémentaire évidence, que tout ce qu'ils font est légal. Etre délivré de cette contrainte de respecter la loi est un immense avantage pour les Remainers. A l'opposé, Boris est surveillé par les juges comme une petite fille dans un square par Marc Dutroux (qui va bientôt être libéré, alors qu'il aurait du être pendu depuis longtemps !).

Donc c'est loin d'être encore gagné pour les patriotes anglais. Mais ça progresse.




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