dimanche, février 28, 2021
L'idolâtrie de la vie (O. Rey)
jeudi, octobre 22, 2020
L'entretien de Didier Raoult sur Radio Classique le 22 octobre 2020
vendredi, octobre 16, 2020
La fin du courage (C. Fleury)
Ce livre sur le courage est donc écrit par quelqu'un qui n'a aucun courage intellectuel, politique et social. Elle n'a même pas le courage de dire ce qui est pourtant évident : que la fin du courage est lié à la féminisation (ou l'inverse).
La personnalité de l'auteur ne disqualifie pas complètement l'ouvrage mais lui donne une force comique involontaire (il évoque irrésistiblement Coluche, légèrement transposé : « Elle nous vend du courage, elle n'a même pas un échantillon sur elle ») et en fait une leçon de choses sur l'inconséquence des intellectuels (comment voulez vous que mon anti-intellectualisme, qui considère les intellos comme des gens qui se payent de mots, ne soit pas alimenté par ce genre de prose ?).
Je ne serais sans doute pas allé au bout de ce petit livre mal écrit sans cet humour accidentel.
Livre désordonné, ce sont presque des haïkus :
Le capitalisme n'aime pas les courageux car ils ne sont pas interchangeables (le communisme, non plus, mais ça, Cynthia Fleury ne le dit pas).
Même si l'on est plus facilement courageux en groupe, le courage est toujours, au final, une décision individuelle. Dans tous les groupes, ceux qui veulent se planquer trouvent un moyen.
Un seul courageux peut sauver un groupe (Jeanne d'Arc, De Gaulle).
Le courage collectif peut-il être une somme de courages individuels ? Non, car, pour transformer le courage individuel en courage collectif, il faut que le groupe s'y reconnaisse. Il faut que le courage soit honoré, promu, récompensé.
Dans notre monde du narcissisme, où les gens sont très peu sûrs de leur personnalité (c'est un des points de base de C. Lasch sur notre monde narcissique : le narcissisme va de pair avec un affaiblissement, et non un renforcement, de la personnalité), le courage, qui est une expression forte de personnalité, dérange.
Ce dérangement provoqué par le courage n'est nulle part plus fort que dans le monde du travail, car c'est là où on veut le plus fort des hommes interchangeables (je ne vous refais pas l'analyse de l'expression « Ressources Humaines »).
Le courage a de l'humour. Quand on prend des risques, on ne se prend pas trop au sérieux. C'est l'humour mousquetaire de Jean Raspail.
Le courage saisit les occasions ou s'en crée. Le courage, en passant à l'action, ajoute une once d'intelligence en tranchant les discussions qui s'éternisent.
Le courageux sait que tout est vain et c'est pourquoi il préfère tirer un feu d'artifice plutôt que de mourir dans son lit.
Nos politiciens, qui s'agitent pour plaire, sont des contre-exemples, l'opposé exact du courage politique, qui agit pour faire. La lâcheté des peuples est de refuser de s'organiser pour résister (cela a été écrit avant les Gilets Jaunes, qui en sont un magnifique exemple).
Il me semblait important de parler de la fin du courage en ces temps de psychose du COVID où la lâcheté de mon peuple me fout une honte d'enfer.
dimanche, octobre 11, 2020
jeudi, septembre 03, 2020
mercredi, août 26, 2020
Texte de Nietzsche de 1878 qui explique la covidémence et le réchauffisme.
Dans la droite ligne de ce billet : Non sérieusement vous préférez être soigné par un médecin ou par un scientifique ?
Avenir de la science. La science donne à celui qui y consacre son travail et ses recherches beaucoup de satisfaction, à celui qui en apprend les résultats, fort peu. Mais comme peu à peu toutes les vérités importantes de la science deviennent ordinaires et communes, même ce peu de satisfaction cesse d’exister : de même que nous avons depuis longtemps cessé de prendre plaisir à connaître l’admirable Deux fois deux font quatre. Or, si la science procure par elle-même toujours de moins en moins de plaisir, et en ôte toujours de plus en plus, en rendant suspects la métaphysique, la religion et l’art consolateurs : il en résulte que se tarit cette grande source du plaisir, à laquelle l’homme doit presque toute son humanité.
C’est pourquoi une culture supérieure doit donner à l’homme un cerveau double, quelque chose comme deux compartiments du cerveau, pour sentir, d’un côté, la science, de l’autre, ce qui n’est pas la science : existant côte à côte, sans confusion, séparables, étanches : c’est là une condition de santé. Dans un domaine est la source de force, dans l’autre le régulateur : les illusions, les préjugés, les passions doivent servir à échauffer, l’aide de la science qui connaît doit servir à éviter les conséquences mauvaises et dangereuses d’une surexcitation.
Si l’on ne satisfait point à cette condition de la culture supérieure, on peut prédire presque avec certitude le cours ultérieur de l’évolution humaine : l’intérêt pris à la vérité cessera à mesure qu’elle garantira moins de plaisir ; l’illusion, l’erreur, la fantaisie, reconquerront pas à pas, parce qu’il s’y attache du plaisir, leur territoire auparavant occupé : la ruine des sciences, la rechute dans la barbarie est la conséquence prochaine ; de nouveau l’humanité devra recommencer à tisser sa toile, après l’avoir, comme Pénélope, détruite pendant la nuit. Mais qui nous est garant qu’elle en retrouvera toujours la force ?
Non sérieusement vous préférez être soigné par un médecin ou par un scientifique ?
L'occident est vraiment atteint d'une très grave maladie intellectuelle : le vaudou scientiste (covidémence, réchauffisme).
Stéphane Edouard démonte à la batte de base-ball un prof et le féminisme contemporain.
jeudi, juillet 30, 2020
Les modèles ...
ICU : Intensive Care Units. Patients en soins intensifs.
mercredi, juillet 29, 2020
Réchauffisme et covidisme : même combat.
Passons les en revue :
1) le scientisme. La croyance fétichiste dans la science définie comme l'affirmation de certitudes inébranlables, de prévisions forcément justes, issues de modèles numériques hautement fantaisistes et de données chiffrées très contestables.
2) la peur irrationnelle. L'hypothèse disant qu'un éventuel réchauffement climatique est très néfaste relève de la croyance et non de la science. Au contraire, l'évolution des techniques, notamment agricoles, conduit à penser que nous saurions profiter des avantages et compenser, au moins en partie, les inconvénients. S'agissant du COVID, maintenant que l'on commence à y voir clair : le nombre de morts est sur-évalué, on a classé à peu près n'importe quoi « mort COVID » (anecdote : on a classé aux Etats-Unis « mort COVID » un accident de moto sous prétexte que le motard avait été testé positif !) et on sait que la population vulnérable commence au-delà de 70 ans. De plus, on a des remèdes (IHU, Zelenko). Bref, pas vraiment de quoi avoir peur (et puis, l'épidémie est finie en Europe depuis deux mois).
Nous finirons dans l'ordre de grandeur de la grippe de Hong-Honk en 1969. Nous devrions sérieusement nous interroger sur la différence de réaction entre 1969 et 2020 : sang-froid voire indifférence en 1969. Panique quasi-mondiale en 2020 (pas de panique en Afrique, rationalité en Asie).
Raoult, qui est loin de n'avoir dit que des conneries, a écrit un livre il y a quelques années, pour dire que l'Europe était devenue le continent de la peur (une des étiquettes pour les billets de ce blog) et que ça allait nous jouer des tours. Jean-Paul II disait « N'ayez pas peur ! » mais il est mort.
3) le remède-miracle. Les énergies « renouvelables » d'un coté, la vaccin de l'autre.
4) l'exigence de coercition. Il faut taxer, brider, empêcher, interdire, légiférer ... et faire taire.
5) la pseudo-nécessité du gouvernement mondial pour faire face. au problème Inutile que j'y revienne, Bill (Gates) vous expliquera
6) la complicité des mammouths mondialisés dans la contagion de la peur. Là aussi, Bill a des choses à vous expliquer.
7) le martèlement médiatique. On se souvient du croque-mort en chef Salomon égréant ses chiffres tous les soirs. Si on avait pareil avec n'importe quelle maladie, on aurait créé aussi une panique.
Je laisse à votre jugement la cause commune à ces deux lubies pour abrutis. Je vous rappelle cette phrase de Claude Tresmontant, que je lis en ce moment : « Les grandes catastrophes humaines sont préparées par des fautes dans l'ordre de la pensée ».
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Superstition
Nombreux sont les saints qui ont enchaîné et tué un dragon. C’était, notamment, le symbole de la victoire du christianisme sur le paganisme.
[…]
Aujourd’hui on ne croit plus en ces fariboles de l’obscurantisme. D’ailleurs on ne croit plus en rien. C’est donc le moment de réinventer les pires superstitions. Ce n’est plus un très grand dragon qui terrorise, c’est un tout petit virus. Mais la terreur est la même et le culte est aussi exigeant. Les grands-prêtres si rationnels qui nous gouvernent (et plus encore, si c’était possible, qui gouvernent les médias), ne pouvant plus offrir d’enfants (le Moloch du droit à l’avortement les a déjà pris) ont offert quelques vieux par la grâce du Rivotril. Mais surtout il fallait imposer la dictature du dieu virus. Et elle connaît aujourd’hui un regain, avec l’obligation du port du masque. Or il s’agit réellement, clairement, évidemment, d’une superstition. Voyez celui-ci, tout seul dans son jardin, avec un masque. Voyez celui-là, tout seul dans sa voiture, avec un masque. Comment craignent-ils d’être « contaminés » ? Qui craignent-ils de « contaminer » ? Et je vois ces braves gens, contaminés par la propagande de la nouvelle religion, qui déambulent dans les rues avec un masque, dans des villages et des bourgs où il n’y a pas eu la moindre contamination depuis le début de l’épidémie. Et qui sont persuadés de faire acte de vertu. D’être des saints de la nouvelle religion.
C’est une nouvelle illustration de la vérité selon laquelle quand on ne croit plus à la vraie religion on tombe dans la superstition, surtout quand on se croit rationnel, et d’autant plus esclave qu’on se croit « libéré ».
Mais comme pour tout, il y a le bon côté des choses, qui permet de sourire un peu. Sans masque. Puisque, évidemment, je ne célèbre pas mardi-gras en été, il m’est interdit par la nouvelle religion d’entrer dans les boutiques. Il faut donc faire autrement pour acheter à manger. C’est l’occasion de découvrir des marchés que je ne connaissais pas, avec de sympathiques commerçants – ceux-là qui n’ont pas de masques et qui ne sont donc pas des adeptes de la nouvelle religion, et le montrent de façon ostensible et, redisons-le, souriante, ce que ne peuvent pas faire les sinistres adeptes masqués de la nouvelle religion.
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Je suis très inquiet parce que, au stade de folie où nous sommes, toutes les catastrophes sont possibles.
On nous a enfilé le réchauffement climatique, le COVID, c'est l'escalade dans la connerie. Alors, pour la suite, je crains le pire. Le suicide collectif des blancs pour faire plaisir aux noirs ? La conversion à l'islam pour apaiser les dieux du « vivrensemble » ? Autre chose aussi farfelu et aussi con ?
lundi, juillet 06, 2020
La renaissance de l'occident (P. Herlin)
J'ai souvent écrit sur ce blog qu'Hitler avait politiquement gagné la seconde guerre mondiale. Ce livre confirme mon intuition comme jamais.
Philippe Herlin nous dit qu'il l'a surtout gagnée philosophiquement (ce qui explique sa victoire politique) grâce à Martin Heidegger.
Le nazi Heidegger
On sait depuis toujours que Heidegger a adhéré au parti nazi, le NSDAP, en mai 1933, mais il a réussi à présenter après-guerre ce ralliement comme une simple marque d'ambition, peut-être excessive, mais sans conséquence philosophique. Il a aussi expurgé ses oeuvres.
Le fait qu'il ait eu pour élève et pour maitresse la juive Hannah Arendt l'a beaucoup aidé dans cette entreprise de dénazification.
Quelques rares vigilants, comme Leo Strauss et Gunther Anders (qui ont été ses élèves), ont soutenu que la philosophie d'Heidegger, expurgée ou non, était fondamentalement nazie.
Seulement voilà : après sa mort en 1976, Heidegger a fait publier par son fils ses oeuvres complètes non-expurgées selon un calendrier rigoureux.
En 2014 (rappel de la première guerre mondiale qui a transformé l'Allemagne et permis l'avénement d'Hitler ? Vu le fétichisme des dates nazi, ce n'est pas impossible), sortent les « cahiers noirs », journal intime dont l'existence même était inconnue.
Plus aucun doute n'est permis, Heidegger l'a voulu ainsi.
Gallimard, très hypocritement, traduit national-sozialismus par socialisme national, c'est ridicule, ça ne trompe que ceux qui ont envie d'être trompés.
Une philosophie du nazisme
Que raconte la philosophie d'Heidegger ? Elle substitue les Existentiaux aux Universaux. Bon, OK, ce n'est pas super clair. C'est normal, c'est Heidegger.
Eclaircissons : à l'impératif kantien et chrétien « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas que l'on te fasse », Heidegger substitue l'impératif nietzchéen « Sois ce que tu es ». Inutile d'insister sur le potentiel de violence que recèle cet effacement de l'autre et ce recentrage sur soi.
Pour Heidegger, la Vérité platonicienne, universelle, comme but à la portée de l'effort de tous, n'existe pas. La Vérité est subjective, livrée à des initiés (nous sommes là en plein dans la gnose détectée par Jean-Louis Harouel comme le mal moderne. Voir ici et là), éventuellement par un gourou. Et si le gourou s'appelle Adolf, c'est un prénom comme un autre.
La subjectivité enferme chacun en soi-même et déclare la guerre aux autres.
Nous sommes dans les lourds systèmes philosophiques allemands qui séduisent tant les intellectuels français, avec le potentiel de de violence qui les accompagne. Si j'ai enfermé toute la connaissance dans mon système, tout ce qui le conteste est un ennemi à abattre.
L'avantage de parler obscurément
Heidegger s'exprime en charabia, c'est quasiment illisible. Il a des phrases à la con comme « L'homme est le berger de l'Etre » qui plaisent beaucoup aux pédants universitaires français.
Cet obscurité permet de rendre acceptables, car non comprises, des choses horribles. Ainsi, en 1947, il écrit une phrase alambiquée sur « l'attitude des jeunes Allemands face à la mort », qui apparaît, une fois décryptée, comme un éloge du nazisme et de ses atrocités.
Et Hannah Arendt ?
Femme et juive, Hannah Arendt est une idole de notre temps, elle est intouchable. Hé bien, Herlin ose l'égratigner.
Plus que l'élève et la maitresse d'Heidegger, elle fut sa compagne intellectuelle, la passeuse de ses oeuvres. Une juive passeuse du philosophe du nazisme ? Oui, c'est l'ironie de l'histoire.
Arendt est fonctionnaliste, c'est-à-dire qu'elle considère que les nazis sont quasiment irresponsables, pris dans l'engrenage du fonctionnement du régime nazi. Ceci explique qu'elle fasse scandale avec Eichmann à Jerusalem, où elle parle de banalité du mal (pas au sens chrétien, où nous sommes tous pécheurs, mais au sens que, bien ou mal, pour les fonctionnaires, c'est indifférent).
Arendt dédouane les intellectuels (donc Heidegger) de toute culpabilité dans les totalitarismes : ces systèmes sont décrits comme la rencontre d'une bande mafieuse et du populisme. La dénonciation du « populisme » comme mal politique suprême vient de là.
Comme Heidegger, Arendt considère que la culture occidentale est morte et doit être jetée par dessus bord.
Heidegger, grand-père de la French theory
Il se trouve que la philosophie d'Heidegger a eu une énorme influence à droite, mais aussi et surtout à gauche entre, disons, 1945 et 1990. Il a influencé les destructeurs Sartre, Derrida, Foucault. Il est donc le père, ou plutôt, le grand-père, de la French theory qui règne aujourd'hui sur les universités occidentales.
Je me souviens de mon professeur d'histoire de seconde dans les années 80, gauchiste à veste en peau de mouton retournée et sandales, nous expliquant (le sujet était déjà d'actualité) que l'adhésion d'Heidegger au NSDAP n'avait aucun impact sur sa philosophie et que tout cela était monté en épingle par les méchants réactionnaires. On sait maintenant ce qu'il en est.
Samuel Huntington donne cinq signes qui manifestent le déclin moral de l'occident :
1) le développement des comportements anti-sociaux (drogue, violence, etc.).
2) le déclin de la famille (filles-mères, « familles » mono-parentales, divorces etc. Hé oui, le refus de s'engager pour la vie et de se marier est d'une profonde lâcheté morale). L'exaltation de l'homosexualité en fait partie.
3) le déclin de la vie sociale (tous collés devant la télé).
4) la faiblesse de l'éthique et la préférence pour la complaisance.
5) la désaffection pour le savoir et l'activité intellectuelle. L'effondrement du niveau scolaire.
Ionesco, qui a vécu l'avénement de la Garde de Fer nazie en Roumanie, disait qu'il ne voyait pas de différence entre les casseurs nazis de 1940 et les casseurs gauchistes de 1968. Le même type humain, le même profil psychologique, la même conception de la politique.
Inutile de s'attarder sur les affinités philosophiques et historiques entre l'islamisme et le nazisme, elles ont été maintes fois décrites. A titre d'anecdote : l'Iran et l'Egypte furent parmi les tout premiers pays à traduire Heidegger. Je rappelle que Mein Kampf se vend très bien de nos jours dans les pays musulmans.
S'il n'y a pas de Vérité, d'absolu, de nature humaine, mais seulement une condition humaine (La condition de l'homme moderne, titre d'Hannah Arendt), tout est relatif. Comme dit Leo Strauss, le cannibalisme n'est plus qu'une affaire de goût.
Le seul juge est alors l'histoire : je suis là parce que je viens d'où je viens et que j'ai l'histoire que j'ai. Mais alors, pourquoi mes idées et ma vie seraient plus pertinentes que celles d'il y a cent ans, mille ans, deux mille ans ? Parce que je vis une histoire exceptionnelle (construire le Reich de mille ans), que j'ai un projet exceptionnel (changer l'homme : communisme, végétarisme, veganisme, transhumanisme) ou parce que je vis une catastrophe exceptionnelle (écologisme, réchauffisme).
J'entends souvent Ivan Rioufol et Eric Zemmour s'étonner que l'écologie conservatrice de droite n'arrive pas à percer. C'est qu'ils prennent l'écologie au sérieux, ce que ne font pas les « vrais » écolos. Pour eux, l'écologie n'est qu'un prétexte à assouvir leur haine anti-humaniste, ce que ne permet pas l'écologie conservatrice.
Quel remède ? Le droit naturel.
Cette expression « droit naturel » est source de confusion. On imagine Cro-Magnon tapant sa Cro-Magnonne (ou l'inverse : il devait déjà y avoir des rouleaux à pâtisserie dans les cavernes), au fond de sa grotte enfumée. Il y a de ça, mais pas seulement ! Le droit naturel est celui qui découle de la nature humaine, il est invariable dans le temps, il n'a pas pour juge l'histoire.
La philosophie du droit naturel, le jusnaturalisme, est la philosophie classique depuis Platon. Elle a été abandonnée par les conservateurs sous le coup de la panique et sous l'impulsion de Burke (que j'aime pourtant beaucoup) pendant notre révolution, qui a bouleversé tant de choses.
Les progressistes et les conservateurs ont en commun de prendre l'histoire pour juge : les progressistes vers le futur, les conservateurs vers le passé. Et comme les progressistes sont dans le sens du courant, ce sont toujours eux qui gagnent à la fin.
Comme dit Chesterton, les progressistes font des erreurs et les conservateurs empêchent qu'elles soient corrigées. Ou, pour le dire encore autrement, les conservateurs sont des progressistes avec vingt ans de retard.
Comment s'en sortir ?
En étant orthogonal à ce piège historiciste, en refusant l'histoire comme juge. Pour cela, il faut affirmer des principes absolus, intemporels, combattre le relativisme.
Le simulacre de mariage pour les homosexuels, la location du ventre des femmes, c'est abject hier, aujourd'hui, demain, toujours, parce que c'est une atteinte à la dignité humaine.
Cela confirme mon intuition : on ne peut être vraiment conservateur qu'en étant chrétien, sinon on va droit à l'échec, on est piégé par les progressistes. Car le grand porteur du droit naturel sous nos latitudes, c'est l'Eglise (catholique ou orthodoxe, sur ce sujet, ça ne change pas grand'chose).
Une question annexe mais dont la réponse est éclairante : pourquoi y a-t-il tant de juifs (Arendt, Derrida et tant d'autres) parmi les déconstructeurs ? George Steiner, récemment décédé, répond : « Par révolte inconsciente contre la Loi ».
Il n'y a pas moins relativiste que le juif traditionnel : il peut passer des heures à discuter du Bien et du Mal. Hitler est passé par là et a traumatisé les juifs avec son judéocide industriel. La Loi aurait-elle menti ? Le Mal serait-il vainqueur ? D'où le relativisme des juifs après guerre (on peut contester : Freud n'est pas né après 1945). Cette explication renforce l'idée que, décidément, Hitler n'a pas tout perdu.
Le problème de la transcendance
Il ne peut y avoir de véritable droit naturel que s'il y a une transcendance qui donne une référence absolue, sinon c'est la porte ouverte au relativisme déchainé. Socrate le disait déjà (comme quoi ces problèmes ne sont nouveaux) : « Si l'homme est le mesure de toute chose, qu'est-ce qui mesure l'homme ? »
Ce n'est pas un hasard si les deux déclarations qui se rapprochent le plus du droit naturel (même si elles sont contestables), la déclaration d'indépendance américaine et le première déclaration des droits de l'homme française, font référence à Dieu et à l'Etre Suprême.
Athènes et Jerusalem
Depuis Saint Paul prêchant en Grèce et et comparaissant devant l'aréopage d'Athènes (1), nous savons (de Marseille) que l'occident se définit intellectuellement comme la tension permanente entre la révélation et la raison, sans que jamais l'une ne l'emporte définitivement sur l'autre.
Nous ne serions pas la plus extraordinaire civilisation que la terre ait portée (seule la civilisation chinoise peut se comparer à la nôtre en durée, richesse et diversité et peut-être celle de l'Egypte ancienne. La civilisation de tel ou tel royaume africain ou océanien est bien intéressante à étudier, mais non, désolé, nous ne jouons pas dans la même cour) sans cette tension permanente qui la nourrit.
NN Taleb
Que vient faire Nassim Nicholas Taleb dans cette histoire ? Un attrait de ce petit livre est qu'il cite des auteurs pour qui j'ai une grande estime.
Vous avez que je considère Taleb comme l'un des plus grands intellectuels vivants. Je tiens sa manière de faire enrager les intellectuels tamponnés, comme les universitaires couverts de diplômes, pour un des plaisirs de la lecture.
Sa vision des effets d'échelle rétablit le droit naturel : puisqu'il est difficile pour un décideur de prévoir toutes les conséquences de ses décisions, la morale (pas la moraline) doit servir de guide.
Or, que dit la morale ? C'est fort bien exposé dans Jouer sa peau. La première règle morale est que le décideur doit subir les conséquences de ses décisions.
Taleb le dit et nous en avons l'expérience tous les jours : la bureaucratie est un mécanisme pour isoler le décideur des conséquences de ses décisions. Pas étonnant que le nazisme fut très bureaucratique, c'est dans sa nature.
De même pour les gauchistes sociétaux. C'est aussi inutile d'exposer à un immigrationniste les méfaits de l'immigration que de discuter avec un SS du malheur des juifs.
Non, le nazisme n'est pas mort le 30 avril 1945, il a muté.
Contrairement à ce que je raconte souvent, le nazisme n'est pas mort le 30 avril 1945. Il a juste muté (comme l'avait d'ailleurs pressenti Hitler !).
Non, l'héritier du nazisme n'est pas la famille Le Pen. C'est l'islamo-gauchisme.
Rester droit et se battre
Le droit naturel, le jusnaturalisme, c'est un peu compliqué en politique. Le plus simple, c'est de se dire de droite.
Mais pas la droite conservateurs contre progressistes, combat qui finit toujours pas être gagné par les progressistes, comme nous l'avons vu.
Il faut être de la droite qui a des principes (et non des valeurs) intemporels.
Le premier combat est la natalité. Heidegger, toujours lui, dit que le sommet de la politique est d'amener l'ennemi à s'auto-exterminer. C'est exactement ce que font les occidentaux sous le prétexte de « sauver le planète ».
Le deuxième combat est la langue, il ne faut pas se laisser imposer la langue de l'ennemi, il ne faut pas laisser dénaturer notre propre langue. Parler un bon français est un plaisir et une nnécessité.
L'éternel combat
Au fond, c'est l'éternel combat : le Mal contre le Bien, la gnose contre le Christ, Bourdieu contre Bossuet.
Les gauchistes se veulent des libérateurs. Comme Lucifer. Ils veulent nous libérer de notre humanité.
A nous de savoir leur répondre.
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(1) : Les Actes des Apôtres
Référence : Actes 17:16-34
Comme Paul les attendait à Athènes, il sentait au dedans de lui son esprit s'irriter, à la vue de cette ville pleine d'idoles.
17 Il s'entretenait donc dans la synagogue avec les Juifs et les hommes craignant Dieu, et sur la place publique chaque jour avec ceux qu'il rencontrait.
18 Quelques philosophes épicuriens et stoïciens se mirent à parler avec lui. Et les uns disaient : Que veut dire ce discoureur ? D'autres, l'entendant annoncer Jésus et la résurrection, disaient : Il semble qu'il annonce des divinités étrangères.
19 Alors ils le prirent, et le menèrent à l'Aréopage, en disant : Pourrions-nous savoir quelle est cette nouvelle doctrine que tu enseignes ?
20 Car tu nous fais entendre des choses étranges. Nous voudrions donc savoir ce que cela peut être.
21 Or, tous les Athéniens et les étrangers demeurant à Athènes ne passaient leur temps qu'à dire ou à écouter des nouvelles.
22 Paul, debout au milieu de l'Aréopage, dit : Hommes Athéniens, je vous trouve à tous égards extrêmement religieux.
23 Car, en parcourant votre ville et en considérant les objets de votre dévotion, j'ai même découvert un autel avec cette inscription : A un dieu inconnu ! Ce que vous révérez sans le connaître, c'est ce que je vous annonce.
24 Le Dieu qui a fait le monde et tout ce qui s'y trouve, étant le Seigneur du ciel et de la terre, n'habite point dans des temples faits de main d'homme ;
25 il n'est point servi par des mains humaines, comme s'il avait besoin de quoi que ce soit, lui qui donne à tous la vie, la respiration, et toutes choses.
26 Il a fait que tous les hommes, sortis d'un seul sang, habitassent sur toute la surface de la terre, ayant déterminé la durée des temps et les bornes de leur demeure ;
27 il a voulu qu'ils cherchassent le Seigneur, et qu'ils s'efforçassent de le trouver en tâtonnant, bien qu'il ne soit pas loin de chacun de nous,
28 car en lui nous avons la vie, le mouvement, et l'être. C'est ce qu'ont dit aussi quelques-uns de vos poètes : De lui nous sommes la race...
29 Ainsi donc, étant la race de Dieu, nous ne devons pas croire que la divinité soit semblable à de l'or, à de l'argent, ou à de la pierre, sculptés par l'art et l'industrie de l'homme.
30 Dieu, sans tenir compte des temps d'ignorance, annonce maintenant à tous les hommes, en tous lieux, qu'ils aient à se repentir,
31 parce qu'il a fixé un jour où il jugera le monde selon la justice, par l'homme qu'il a désigné, ce dont il a donné à tous une preuve certaine en le ressuscitant des morts...
32 Lorsqu'ils entendirent parler de résurrection des morts, les uns se moquèrent, et les autres dirent : Nous t'entendrons là-dessus une autre fois.
33 Ainsi Paul se retira du milieu d'eux.
34 Quelques-uns néanmoins s'attachèrent à lui et crurent, Denys l'aréopagite, une femme nommée Damaris, et d'autres avec eux.
lundi, juin 29, 2020
Municipales : le suicide français continue.
dimanche, juin 21, 2020
La maladie de l'expert fou (encéphalopathie spongieuse et bovine)
vendredi, juin 19, 2020
Les Anglais sont aussi fous que nous (sinon plus) et les Américains, c'est pas mal non plus.
Il va être de plus en difficile de contester ce que racontaient les Bernanos, Péguy, Gomez Davila et compagnie : la vie moderne rend fou et fabrique un type d'hommes inférieur.
mercredi, juin 10, 2020
L'ambiance se dégrade ...
Cette déclaration politique de M. le ministre de l'Intérieur est d'un intérêt exceptionnel au regard de ce qu'elle nous apprend, ou nous confirme, sur l'évolution de la politique et de la société actuelles dans le monde occidental et en particulier en France. La source essentielle de l'autorité ne se situe plus dans les règles juridiques, c'est-à-dire le droit international, la Constitution, les lois et les règlements, mais dans l'émotion mondiale qui dès lors qu'elle est saine, prédomine sur le droit. Ces paroles ne font que traduire une vérité soigneusement occultée du monde contemporain. Une image fortement médiatisée, bouleversante, déclenchant une vague d'émotion planétaire, partie de n'importe quel point du village global, l'emporte par sa puissance sur toute norme juridique existante.
Les conséquences de ce phénomène sont titanesques. Il signifie que les notions de souveraineté, de démocratie, de frontières, d'Etat, sont réduites à néant. Il suffit d'une image, venue de n'importe quel point du globe pour balayer d'un revers de main les principes, les règles de droit que les peuples se sont forgées par la voie du suffrage universel. L'autorité de l'Etat s'efface, comme balayée par de grandes vagues d'émotion mondiale. "L'émotion saine", déclenchée par delà les frontières se traduit donc , sur le terrain par l'affaiblissement ou la disparition des règles du jeu fondatrices de la vie sociale, forgées par la voie démocratique. Or, comme le disait Charles Péguy, "L'ordre et l'ordre seul, en définitive, fait la liberté". Ce sont bien les règles de l'Etat de droit qui protègent les hommes, les femmes, les familles, de la violence et de la tyrannie des gangs et des mafias ou autre formes de terreur. "Qui veut faire l'ange fait la bête" disait aussi Pascal. Ou comment la logique de "l'émotion saine" peut déboucher à terme sur le chaos et le pire des despotismes.
NB: ce billet (comme les commentaires éventuels qui le suivront) n'est pas de critique ou de débat autour d'une personnalité, à l'image des tonnes de réactions qui s'expriment sur les réseaux sociaux, mais une modeste tentative de réflexion politique inspirée par une déclaration.
Maxime TANDONNET
samedi, juin 06, 2020
Le débat n'a pas eu lieu.
Que peuvent-ils faire ? Reconnaître qu'ils se sont trompé ?
Pas du tout ! Puisqu'ils ont perdu le débat, ils nient qu'il ait eu lieu !
Nous vivons une époque formidable !
