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mardi, février 11, 2020

Le sentimentalisme comme suicide civilisationnel

Dalrymple demande s'il faut rire ou pleurer de ce père d'une victime du terrorisme qui espère que ce qui est arrivé à son fils ne servira pas de prétexte à allonger les peines des terroristes.

Ce sentimentalisme ridicule commence dès l'enfance. Le sentimentalisme est une anti-éducation.

Nombre de connasses (mais aussi quelques connards) appellent leurs rejetons « mon ange » voire « mon petit ange ». Il est clair que cette mièvrerie sirupeuse va fabriquer des adultes de choc, aptes à affronter les difficultés de la vie avec sérénité et persévérance, en se tenant droit.

Et tout est comme ça. Le but des parents est de rendre leurs enfants « heureux », c'est-à-dire de n'en rien en exiger et de ne rien leur apprendre qui demande quelque effort.

Au fond, les parents ne savent plus à quoi ils servent, à part subvenir aux besoins matériels. Parce qu'ils considèrent les enfants comme un produit de consommation, ou au moins, un objet de désir.

Il est difficile de se sentir des exigences éducatives vis-à-vis d'enfants considérés comme des animaux de compagnie en moins obéissants. La plaisanterie de Coluche « y en a qu' ont des enfants parce qu'ils n'ont pas pu avoir de chiens » devient en occident une vérité anthropologique (les chiens sont désormais aussi mal éduqués que les enfants).

Le Figaro se lamente à propos des écrans (Enfants et écrans : les contradictions des parents) mais c'est toute l'attitude des parents qui est contradictoire : ils voudraient faire plaisir à leurs enfants comme à leur chien, ils voudraient qu'ils se tiennent tranquilles comme leur chien mais ils voudraient aussi qu'ils soient intelligents comme des hommes ayant bénéficié de l'éducation la plus exigeante.

Il y a là une contradiction que rien ne peut résoudre, alors, la plupart du temps, on va au plus facile, l'exigence éducative est sacrifiée, pas forcément dans le discours (on se raconte des histoires, on relativise), mais dans les faits, dans les comportements.

Et on obtient la génération de lamentables abrutis que nous connaissons.

samedi, novembre 03, 2018

Macron : « Z'est le retour des zheures les plus zombres de notre histoire. Mein Führeur ! »

J'avais décidé de ne pas parler des pauvres conneries de Macron sur le retour des années 30 puisque tout le monde l'a fait : 3 articles dans Causeur, 2 dans Atlantico, 2 dans le Figaro, 1 chez Bruno Bertez, 1 chez de Castelnau, ...

Mais, bon allez, deux, trois, petits articles :

Macron Trahison !

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Sur les déclarations de Manu l’extra-lucide, on ne peut que déplorer une fois encore l’argent public gaspillé à produire des énarques qui parlent avec assurance de choses dont ils ignorent tout. Comme d’habitude, il a plaqué sur la réalité une vision idéologique de l’histoire, celle qui lui a été enseignée.
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« Retour des années 30 » : Macron fait joujou avec l’histoire

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Comme le montre sa dernière sortie sur « le retour des années 30 », le rapport du jeune Macron à la vieille histoire fonctionne comme un extraordinaire révélateur. Du conformisme des jeunes élites, de l’inaptitude à penser l’irréductibilité des événements sans recourir à des cadres pré-établis, et de l’hubris de l’hyper-contemporanéité.
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Macron est un crétin narcissique inculte qui a de petites habiletés, bref, un François Hollande avec encore moins de retenue  (ne pas oublier cette parole fondamentale de François Hollande : « Macron, c'est moi en mieux » c'est-à-dire en pire).

Je me souviens de gens autour de moi disant « Macron, il est brillant », ce à quoi je répondais en riant « La brillance, une qualité de cireur de pompes ». Et je pensais à part moi que l'appétit de servilité dénoncé par La Boétie n'est pas mort.

Ces admirateurs transis ramènent moins leur fraise, ces temps-ci. Mais ont-ils compris que la source de leur erreur est une combinaison de superficialité, de conformisme et probablement d'irresponsabilité ? Bien sûr que non. Ils sont prêts à refaire exactement la même erreur pour un autre : répéter la pensée conforme du moment, c'est tout de même moins fatigant, et moins dangereux, que de réfléchir.

Mais ils ont une excuse : la « communication » est devenue une extraordinaire machine à  biaiser les problèmes, à ne jamais poser les questions droit, à susciter des impressions plutôt que des réflexions, à jouer sur l'image plutôt que sur la pensée, à tout noyer dans un maelström de sentiments au lieu de construire un discours.

Il y a toujours eu une grande part d'irrationnel dans la politique. L'innovation moderne est de l'avoir industrialisée. Les « communicants » au service du pouvoir sont des milliers, si on compte les administrations et leurs satellites. La question est de savoir si cette industrialisation de la perversion de la politique par la communication permet encore à la démocratie de vivre.

J'ai des doutes si gros que je considère que nous ne sommes déjà plus en démocratie. Car le vote éclairé n'existe plus.

EDITORIAL, DE LA FONCTION CLIVANTE DU POPULISME, SON UTILITÉ POUR MAINTENIR LA FICTION DE LA DÉMOCRATIE LIBÉRALE.


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L’accusation de populisme , c’est une arme qui est utilisée par les élites et leurs suiveurs, leurs harkis pour essayer de tuer socialement, démocratiquement ou républicainement ceux qui ne pensent pas comme eux. C’est le contraire d’un mot inclusif, c’est un mot qui disqualifie. Ce mot est balancé comme une insulte parce qu’il est chargé de connections soigneusement tracées et entretenues: racisme, antisémite, nazisme. Grâce à cela il est utilisé comme disqualification à la parole, comme une nullification : vous êtes un populiste , donc vous n’avez ni le droit à la parole ni le droit d’exister .

Il est frappant de voir que ceux qui l’utilisent se présentent comme centristes, comme refusant le clivage droite/gauche comme Macron. En fait ils tracent un autre clivage, celui du centre marécageux qui rejette les extrêmes. Ce clivage c’est d’un côté le camp du bien massifié, dont on a fait disparaître les identités et les déterminations et de l’autre le camp du mal, le camp de ceux qui sont structurés qui ont une colonne vertébrale, qui tiennent debout par des références et des convictions. Le camp du bien martelle: « vous devriez avoir honte de ce que votre populisme évoque; votre devriez avoir honte des associations d’idées que nous y accolons car en dernière analyse, quand tout le cheminement des associations d’idées a été parcouru, vous êtes raciste, antisémite, ringard, égoïste, bref nazi ».

[…]

ll faut cesser de s’interroger sur « nazi » car le contenu du mot est un piège, c’est une diversion. Il faut s’interroger sur l’utilisation du mot, démystifier cette utilisation, montrer en quoi elle est scélérate. Si vous entrez dans la discussion sur le nazisme vous êtes foutus, car là on touche au sacré, on touche à des interdits qui sont maintenant définitifs. La seule chose à faire est de discuter de l’utilisation du mot, de contester l’usage de cette arme que constitue la nazification de l’adversaire. Mais attention l’adversaire est rusé et quelque fois il ne vous nazifie pas directement, il joue par la bande! Ainsi Macron varie les attaques et quelquefois il se borne a évoquer … la similitude avec les Années Trente. Il joue sur les amalgames, la polysémie, les associations d’idées. Ce que bien sur tout le monde comprend , mais il ne l’a pas dit n’est ce pas que vous êtes un nazi, c’est vous qui le dites.

Désigner, nommer des populistes, c’est diviser le champ social pour régner

J’y insiste car pour lire régulièrement les travaux des think tanks européistes, je sais que c’est une stratégie élaborée, pensée, qui a été mise au point dans la perspective des élections européennes de 2019; faute de pouvoir se vanter d ‘un succès de gestion les européistes ont mis au point une fois de plus une stratégie scélérate qui consiste à cliver salement, honteusement, à diviser les peuples. Ils se contentent de gagner, ils n’ambitionnent plus de recueillir des adhésions. Ils se foutent d’être légitimes. Et à cette stratégie il faut reconnaître que les partis de gauche type Mélenchon prêtent leur concours. Pour avoir une place à table, un strapontin, et pour survivre ces pseudo partis de gauche comme Diem 25 ou les Insoumis, se soumettent au clivage imposé par les dominants et les européistes.

[…]

L’opposition entre les libéraux et les populistes ou entre les libéraux et les il-libéraux est, vue sous cet angle une mystification de plus, un piège et à mon sens il fait la récuser dès maintenant car c’est cette opposition qui permet au système des élites de se maintenir.

La vraie opposition n’a pas besoin de nom. Elle n’est même pas à inventer , même pas à formuler, elle s’imposera d’elle même sans mot d’ordre et sans discours. Sans mise en forme car elle sera pure force de rejet brutal. Car les inventions ne sont que prolongements du passé; non la vraie opposition se produira d’elle même sous une forme inconnue, elle sera produite par le réel , par la souffrance, par le mal être, pas par les hommes ou par des guides.

Il n’y a pas de prophète de ce qui n’existe pas encore et n’est donc pas nommable. La vraie révolution se fera bien sur, elle sera d’abord révolte des forces vives, brutes, dionysiaques, non canalisées, non mises en mots.
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Tout espoir est-il perdu ? Non.

Car l'histoire ne s'arrête jamais. La fabrique industrielle du consentement ne rencontre pas d'ennemi terme à terme. En revanche, elle a un tel effet dissolvant sur les sociétés que se créent des ilots en retrait, des gens qui arrêtent de jouer le jeu.

Nous ne sommes pas si loin de la lutte contre la tyrannie préconisée par La Boétie. Non pas la lutte armée, mais le retrait : arrêter d'écouter et, dans la mesure du possible, d'obéir. Cela semble bien faible, puisque le Système continue à prélever les impôts qui le font vivre.

Et pourtant, c'est de ces interstices hors-Système que viendra sa chute. Une révolte des bonnets rouges en plus grand, une révolution islamiste, une croisade chrétienne ... on peut imaginer tout ce qu'on veut, puisque, de toute façon, on ne peut prévoir l'avenir (seul quelqu'un d'aussi con qu'un énarque prend au sérieux la prospective).

Il faut adopter une approche systémique antifragile, à la Taleb : non pas s'épuiser à prévoir un avenir imprévisible, mais se bâtir les moyens intellectuels, financiers, sociaux et politiques de saisir par le cheveux les chances qui surgiront.

Le révolution française ne s'est pas faite autrement : c'est parce que les sociétés de pensée et les salons parisiens d'un coté, l'armée d'un autre coté, avaient préparé le terrain qu'on vit surgir à la première occasion les Mirabeau, Danton, Robespierre, Hoche,  Bonaparte, Lannes, Davout ...



jeudi, avril 16, 2015

Terreur sentimentale (pour foules de même)

Sarkozy aime-t-il les gens ?

Soyons clairs : la conclusion de Maxime Tandonnet est idiote. Il écrit pour nous expliquer, très bien, que le fait que Nicolas Sarkozy aime ou non les gens n'est pas pertinent. Et il conclut par un «moi, je le sais, Sarkozy aime les gens». Son article aurait été parfait s'il s'était abstenu du dernier paragraphe.

Manuel Valls m'effraie : ce mélange d'arrogance, d'autisme et de certitude fait les bons tchekistes.

Mais je suis sans illusion. Il n'est pas une exception de notre monde politique mais le représentant.

Le sentimentalisme est terrifiant car il est irrationnel, déraisonnable, on ne peut pas discuter avec lui, et, en même temps, d'une force prodigieuse. Il est une arme pour les manipulateurs les plus vicieux, dont Valls, Hollande et leur camarilla.

Il est de plus en plus difficile, même dans des conversations privées, de rationaliser les excès de sentimentalisme, que cela soit à propos du décès de Lady Diana ou de l'immigration (pour prendre un large spectre).

Cet envahissement par le sentimentalisme signe assez puissamment notre déclin intellectuel et moral pour qu'il ne soit pas nécessaire d'insister.




dimanche, janvier 11, 2015

Je ne suis pas allé à la marche à Charlie (et je suis bien content)

C'est à la fin de la foire qu'on compte les bouses (j'aime bien cette expression).

Bon, ça y est, les «marches» à Charlie sont finies. Gigantesques, historiques et patati et patata. Et alors ?

Parce que le défilé de la victoire, c'est clair : on en a chié mais, à la fin, on en a foutu plein la gueule à l'ennemi, on a violé ses femmes, pillé ses maisons et pendu deux ou trois traitres. Bref, on a gagné. On défile, on se bourre la gueule et on passe à autre chose.

Mais les marches à Charlie ?

On s'est frotté le lard entassés comme des sardines et on a pleurniché avec des inconnus dont on écrase habituellement les pieds dans le métro tout en gueulant dans son portable sans égard pour le voisinage.

Et ensuite ? Que faut-il comprendre ? Que c'est l'équivalent du défilé de la déclaration de guerre ? Le départ la fleur au fusil, la victoire en chantant nous ouvre la barrière, la liberté guide nos pas, du nord au midi la trompette guerrière et tout et tout ?

Pour une déclaration de guerre, c'est pas bin nerveux. L'ennemi n'est même pas désigné. Pire, on rechigne à le désigner. C'est pas bien de le désigner . Dans ces trois expressions, trouvez l'intrus : terrorisme catholique, terrorisme bouddhique, terrorisme islamique. Tic, tac, tic tac ... Quoi que c'est-y la bonne réponse ?

Moi, les marches à Charlie, ça me rappelle bien un truc : les marches blanches, qui n'ont jamais empêché Dutroux de violer les petites filles.

Comme il faut pas être con, que me faire usiner le derrière, c'est pas mon truc, j'en tire les conséquences : demain, je mets mon slip en kevlar (on sait jamais, s'ils ont un Dutroux muze), j'achète un Coran et je passe à la mosquée du coin pour me faire des copains.  Quand la Ripoublique Islamique Modérée du Frankistan sera proclamée, je serai du bon coté du manche.


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L'excellent titre de Christian Vanneste :

Plus on marche, moins on avance ?

et

Mobilisation sans précédent contre la guerre et la mort





lundi, avril 21, 2014

Marre du sentimentalisme

A l'évidence, Christian Vanneste n'apprécie pas les fleuves lacrymaux médiatiques. A propos de la libération des otages de Syrie (dans Indécente mise en scène) :

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Il y a d’abord l’ambiance générale. On étale la sentimentalité comme une vertu. On pleure, on s’épanche, on embrasse. Un grand pays devrait faire preuve de plus de dignité, d’une plus grande retenue dans l’émotion, d’une plus grande fermeté à l’encontre des preneurs d’otages. Exhiber ainsi sa faiblesse, c’est accroître la tentation pour tous les ravisseurs potentiels du monde, de commencer ou de recommencer tant l’opinion publique est sensible à ces enlèvements, notamment lorsqu’il s’agit de journalistes, dont les médias, par une solidarité compréhensible, vont sans cesse rappeler la situation. Il serait plus dissuasif de dire que celui qui s’en prend à un Français a peu de chances de demeurer impuni. La France a mis un certain temps pour récupérer Carlos, mais elle y est parvenue. Depuis que l’Etat n’est plus un père protecteur, mais une « Big Mother », les discours virils et les actions répressives sont plutôt mal venus. L’Etat n’est plus commandeur mais quémandeur.
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Un autre grand pourfendeur du sentimentalisme, Dalrymple :

Enfants gâtés pourris, les dégâts du sentimentalisme

Comme souvent dans les phénomènes sociaux, cause et conséquence se renforcent l'un l'autre. Je lie, bien évidemment, ce sentimentalisme puéril et ridicule au déclin collectif de l'intelligence.

A tout cela, on peut et on doit opposer l'orthocivisme, le civisme qui consiste à se tenir droit.

mercredi, juillet 28, 2010

A propos de l'interdiction des corridas en Catalogne

Je ne suis pas amateur de corridas, mais je ne peux que m'attrister qu'un pas de plus soit fait dans le sens de la disparition d'une tradition, d'un particularisme. Ainsi, le mouvement tendant à faire des hommes des êtres déracinés et interchangeables a encore fait une petite conquête.

La chasse, la pêche et la corrida, rappelant, à leur façon, la nature organique et tragique de la vie, ramenaient l'homme à une certaine sagesse et avaient leur utilité. C'est pourquoi la bien-pensance Bisounours tient tellement à les éradiquer.

Cette humanité déracinée, sans rituels, sans traditions, sans passé, atomisée, aseptisée, seulement unie par la pulsion consumériste et par les communions sentimentales éphémères (Diana, Michael, ...) et, au final, déshumanisée qu'on nous vante et qu'on nous prépare chaque jour m'effraie.

Les arguments des opposants à la corrida me semblent un peu trop sentimentaux (1). En effet, je comprends qu'on puisse arguer de la cruauté de cette pratique. Mais les taureaux de combat vont disparaître si on interdit les corridas (2). C'est étrange de la part de gens qui vénèrent par ailleurs la bio-diversité.

De plus, c'est quand même un peu prendre Hemingway et Picasso pour des minables sanguinaires.

C'est pourquoi je considère comme décision déplorable l'interdiction. La situation antérieure me convient parfaitement : je ne m'intéresse pas à la corrida, mais je ne vois nulle raison de l'interdire.

La société s'ensauvage à grande vitesse et les abrutis à rollers se préoccupent des taureaux. Vous avez dit : démocratie, pouvoir aux abrutis ?

Ah, si seulement la raison pouvait encore triompher de l'effusion larmoyante tant prisée des medias et des imbéciles ...

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(1) : vous avez compris, suite à ce message, que sentimental, au sens actuel, est à mes yeux un synonyme de dangereux crétin.

(2) : ce ne sont pas des gentilles bêbêtes. Il y a quelques années une abrutie militante anglaise de la «cause animale» (au réalité, une cause d'auto-congratulation) avait décidée de pénétrer dans un enclos malgré les interdictions pour prouver qu'on calomniait Ces pauvres animaux. Elle est morte en moins de cinq minutes. Heureusement, il arrive encore que la connerie soit létale.

dimanche, juillet 25, 2010

Spoilt rotten, the toxic cult of sentimentality (T. Dalrymple)

La thèse de Dalrymple est simple : le culte de la sentimentalité est anti-éducatif et ensauvage notre monde.

Casanova (dont vous lirez les Mémoires dans la collection Bouquins avec plaisir), grand connaisseur de l'âme humaine remarquait déjà que ceux qui manifestent le plus ostensiblement leurs sentiments sont loin d'être les plus sensibles et tentent en réalité de masquer leur totale indifférence à tout ce qui n'est pas eux.

Comme d'habitude, ce livre de Dalrymple trouve son humour noir hilarant dans la diversité des exemples cités.

Il insiste sur le fait que la sentimentalité dans l'éducation des enfants est une forme élaborée de maltraitance et de fuite de leurs responsabilités par les adultes (thème que vous connaissez bien sur ce blog : on couvre les enfants de cadeaux et on les traite en rois pour se faire pardonner de ne pas leur donner ces deux choses élémentaires et indispensables : une famille stable et une éducation qui les prépare aux duretés de la vie).

Après s'être attardé sur les ravages de la sentimentalité dans les relations entre Britanniques (les progrès de la sentimentalité marchant de pair avec ceux de la brutalité et de l'oppression (1)), Dalrymple se livre à un exercice d'analyse du désastre provoqué par la sentimentalité dans nos relations avec les pays du tiers-monde.

Avec son alacrité habituelle, il conclut que la sentimentalité et son compagnon, le multiculturalisme, ne valent pas mieux qu'un discours d'ivrogne à la fin d'une journée bien arrosée (sic): ça serait bien si tous les hommes étaient frères, si il n'y avait plus de guerres et patati et patati, mais toutes ces conneries dignes d'un John Lennon ne dispensent pas d'exercer sa raison.

Et Dalrymple termine sur cette citation, en français s'il vous plaît, de Pascal (2) :

Travaillons donc à bien penser. Voilà le principe de la morale.

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(1) : ceux qui se souviennent des jours qui ont suivi la mort de la princesse Diana, grand moment d'hystérie sentimentaliste, n'ont pas oublié qu'il était fort mal vu de critiquer cette imbécile frivole et égocentrique et qu'on avait tout intérêt à ne pas exprimer ses pensées si on ne voulait pas passer pour un nazi. Pour les sentimentalistes, on a le droit de tout dire, à condition de dire comme eux.

(2) : Pascal est l'anti-festiviste par excellence. La lecture régulière de Pascal, Montaigne et Stendhal protège de bien des maladies intellectuelles qui menacent l'honnête homme plongé dans notre monde affolé.