samedi, janvier 25, 2020

Do We Need God to be Good?: An Anthropologist Considers the Evidence. (CR Hallpike)

Livre polémique : l'argumentation scientifique sonne juste mais est peu étayée, on est obligé de faire confiance à l'auteur (vous me direz, c'est plus ou moins toujours le cas).

L'auteur commence par tailler en pièces les évolutionnistes (au sens d'évolutions graduelles dues à la pression sélective de la nécessité) dès qu'ils abordent l'être humain. Il donne plusieurs exemples montrant que ceux-ci sont des athées fanatiques qui croient ce qu'ils ont envie de croire.

Il cite quelques cas assez marrants, comme l'explication de la mâchoire carrée des hommes par la boxe (sic !) puis il passe à du lourd.

1, 2, beaucoup

Je connaissais l'argument du langage (dans le billet en lien, je me plains du fanatisme dont parle Hallpike). Notre auteur du jour prend la chose par l'autre bout : la faculté de compter.

Les évolutionnistes n'ont jamais prouvé que des chasseurs-cueilleurs, comme on imagine nos ancêtres, ont besoin de compter au-delà de « un, deux, beaucoup » et, d'ailleurs, il existe des peuplades reculées qui comptent justement ainsi, « un, deux, beaucoup » (des fois, je me demande si Castaner n'en fait pas partie).

Or, on a montré que les hommes de ces peuplades ont la faculté d'apprendre à compter de manière beaucoup plus complexe. Très gênant pour les évolutionnistes : comme le langage, voilà une faculté humaine justifiée par aucune nécessité.

Si les évolutionnistes ont raison, il faut trouver des nécessités qui expliquent chez nos ancêtres l'apparition du langage et du comptage. Or, nos cousins les singes n'en ont à l'évidence pas besoin, il faut donc des conditions de vie très différentes et là ça coince. On cite le passage de la forêt à la savane, est-ce suffisant ?

La démarche des évolutionnistes est la suivante : ils partent du principe que leur théorie est vraie et inventent des nécessités qui justifient l'apparition des facultés qu'ils observent. Cette méthode peut être féconde, à condition de prouver à un moment ou un autre que les nécessités imaginées ont réellement existé, sinon, sans vérification expérimentale, on tombe dans le raisonnement circulaire : je prouve que ma théorie est vraie en partant de l'hypothèse qu'elle est vraie. C'est cela que Hallpike appelle croire ce qu'ils ont envie de croire.

Evidemment, l'évolutionnisme a le plus grand mal à expliquer la capacité du cerveau humain à comprendre la physique quantique, ce n'est guère utile pour la cueillette des bananes.

Bref, l'évolutionnisme : zéro pour les micro-organismes (voir par exemple Didier Raoult) et zéro pour l'homme. Entre les deux, pourquoi pas ?

Ce préliminaire étant acquis (je vous rappelle que le temps joue contre la théorie de l'évolutionnisme appliquée au propre de l'homme : plus le temps passe sans preuve convaincante, plus elle est fragile), allons aux choses sérieuses.

L'évolutionnisme étant éliminée pour comprendre le propre de l'homme, Hallpike propose de comparer de la manière la plus extensive possible les populations existantes.

Et l'on constate que l'homme est social à un degré infiniment plus élevé que n'importe quelle espèce animale.

Un enfant de 12 mois est capable spontanément de ramasser un objet qu'un adulte a fait tomber et de le lui redonner. Cela suppose des capacités sociales hors d'échelle par rapport aux animaux (vous y réfléchirez).

Les 10 commandements plus quelques autres

La partie sociale des 10 commandements (« tu ne commettras pas de meurtre », « tu ne voleras pas », « tu ne porteras pas de faux témoignage » ...) est universelle parce que ce sont les règles de bon sens pour permettre aux hommes de vivre en société. Pas besoin de croire en Dieu et de crapahuter le Sinaï pour les adopter.

En revanche, dès qu'on sort des relations sociales les plus simples (non, je ne parle pas des lobotomisés du gouvernement Macron), elles ne suffisent pas. Il y a besoin d'une morale plus élaborée.

A suivre ... (j'ai tellement de livres en cours que j'ai mis  la lecture de celui-ci en pause).



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