A me lire, vous pouvez me trouver extrêmement sévère, voire injuste, pour nos hommes politiques.
Au fil de mes messages, vous trouvez les qualificatifs suivants : lâches, pusillanimes, incompétents, paresseux, parasites, velléitaires.
Mais c'est qu'ils ne sont pas soumis à la norme commune, puisqu'ils veulent être plus haut dans la société, il est normal qu'ils soient jugés autrement que le commun.
Une fois de plus, je laisse parler Montaigne :
A ceux qui nous regissent et commandent, qui tiennent le monde en leur main, ce n'est pas assez d'avoir un entendement commun : de pouvoir ce que nous pouvons. Ils sont bien loing au dessoubs de nous, s'ils ne sont bien loing au dessus. Comme ils promettent plus, ils doivent aussi plus.
La seule limite à cette sévérité : nous savons que nous sommes tous des hommes, donc imparfaits et impurs. L'illusion de la perfection et de la pureté conduit au fascisme et à la dictature.
L'impureté est démocratique, tout est une question de seuil. Clémenceau le formulait ainsi :
La politique, c'est comme l'andouillette : ça doit sentir la merde, mais pas trop.
J'ai l'odorat sensible.
lundi, janvier 31, 2005
Cinéma : Aviator
FFF
Pas mal. Bien filmé. Di Caprio a des allures de Welles dans Citizen Kane. Quelques longueurs (sur 2 h 45, il ya bien un quart d'heure en trop).
Subtil jeu sur les couleurs : terne, presque noir et blanc au début, contrasté avec les progrès du technicolor.
Ce n'est pas un film de génie mais les bons moments se succèdent.
Une réplique d'anthologie quand Hugues lance à Katherine Hepburn avec un mépris absolu : "N'oublie pas que tu n'es qu'une star de cinéma."
Hugues à la famille Hepburn (gauchiste, filmée de manière cinglante) : "Si vous méprisez tant l'argent, c'est que vous en avez déjà." (ça irait assez bien à nos socialistes parisiens)
L'accident d'avion, le record de vitesse, Hollywood des années 30, les obsessions de Hugues.
Et une vision de politique américaine qui fait les passages les plus intéressants du film.
Un film foisonnant et une bonne détente.
Pas mal. Bien filmé. Di Caprio a des allures de Welles dans Citizen Kane. Quelques longueurs (sur 2 h 45, il ya bien un quart d'heure en trop).
Subtil jeu sur les couleurs : terne, presque noir et blanc au début, contrasté avec les progrès du technicolor.
Ce n'est pas un film de génie mais les bons moments se succèdent.
Une réplique d'anthologie quand Hugues lance à Katherine Hepburn avec un mépris absolu : "N'oublie pas que tu n'es qu'une star de cinéma."
Hugues à la famille Hepburn (gauchiste, filmée de manière cinglante) : "Si vous méprisez tant l'argent, c'est que vous en avez déjà." (ça irait assez bien à nos socialistes parisiens)
L'accident d'avion, le record de vitesse, Hollywood des années 30, les obsessions de Hugues.
Et une vision de politique américaine qui fait les passages les plus intéressants du film.
Un film foisonnant et une bonne détente.
27 heures ?
Résumé :
Le commissaire Maigret a dû tirer quelques furieuses bouffées à la lecture de l'enquête publiée par « Le Figaro » sur la durée effective du travail dans la police. Loin des 35 heures légales, celle-ci serait de 27 heures. « Damned » ! Comment est-ce possible ?
Un scénario exactement identique s'était produit en janvier 1999 lorsqu'un honorable conseiller à la Cour des comptes, M. Roché, avait publié un rapport très documenté sur la durée réelle du travail des divers corps de fonctionnaires et duquel il ressortait notamment que les policiers travaillaient 32 h 40 min par semaine. Les mêmes cris offensés avaient recouvert les chiffres d'alors et le funeste rapport avait rejoint la poussière sur une étagère.
Le plus consternant dans cette affaire n'est pas le psychodrame ridicule auquel elle a donné lieu ; c'est qu'elle a révélé que personne n'était capable de fournir le moindre chiffre fiable. Elle a en quelque sorte confirmé les déclarations fracassantes de Claude Allègre, alors ministre de l'Education nationale, avouant avec une fausse ingénuité qu'il ignorait, à plusieurs milliers d'unités près, le nombre de fonctionnaires de son ministère. Quelle grande entreprise privée confrontée à une concurrence acharnée pourrait être gérée de la sorte ? Aucune ! Entre 35 et 27 heures, il y a un écart de 29 %. Dans l'univers concurrentiel, de nombreux marchés se jouent sur des marges de 2 % à 3 %. L'Etat se permet des incertitudes dix fois supérieures. C'est cela aussi, et peut-être d'abord, la crise de l'Etat.
27 heures ?
Le commissaire Maigret a dû tirer quelques furieuses bouffées à la lecture de l'enquête publiée par « Le Figaro » sur la durée effective du travail dans la police. Loin des 35 heures légales, celle-ci serait de 27 heures. « Damned » ! Comment est-ce possible ?
Un scénario exactement identique s'était produit en janvier 1999 lorsqu'un honorable conseiller à la Cour des comptes, M. Roché, avait publié un rapport très documenté sur la durée réelle du travail des divers corps de fonctionnaires et duquel il ressortait notamment que les policiers travaillaient 32 h 40 min par semaine. Les mêmes cris offensés avaient recouvert les chiffres d'alors et le funeste rapport avait rejoint la poussière sur une étagère.
Le plus consternant dans cette affaire n'est pas le psychodrame ridicule auquel elle a donné lieu ; c'est qu'elle a révélé que personne n'était capable de fournir le moindre chiffre fiable. Elle a en quelque sorte confirmé les déclarations fracassantes de Claude Allègre, alors ministre de l'Education nationale, avouant avec une fausse ingénuité qu'il ignorait, à plusieurs milliers d'unités près, le nombre de fonctionnaires de son ministère. Quelle grande entreprise privée confrontée à une concurrence acharnée pourrait être gérée de la sorte ? Aucune ! Entre 35 et 27 heures, il y a un écart de 29 %. Dans l'univers concurrentiel, de nombreux marchés se jouent sur des marges de 2 % à 3 %. L'Etat se permet des incertitudes dix fois supérieures. C'est cela aussi, et peut-être d'abord, la crise de l'Etat.
27 heures ?
La trouille des profs et des bidasses
Une des raisons pour lesquelles le gouvernement ne tient pas son objectif de taux de remplacement de départ à la retraite est qu'il n'ose pas toucher à l'Education Nationale et à l'armée, les deux plus gros employeurs publics.
Pour l'armée, la question est vite réglée : l'armée britannique, comparable à la nôtre, a moins d'effectifs et plus d'équipements. On devrait pouvoir s'en inspirer.
Pour l'Education Nationale, je comprends trop bien le problème : la trouille des grèves de profs et des manifs d'associations de parents d'élèves (dont les dirigeants sont à 95 % des profs : juge et partie, comme c'est confortable).
Diminuer les effectifs de profs ne devraient pas être trop difficile. En effet, les effectifs d'élèves diminuent dans l'enseignement primaire et bientôt dans le secondaire.
On va nous ressortir la fameuse réduction des effectifs par classe, mais il m'a semblé comprendre au fil de mes lectures plusieurs points sur cette question controversée :
_ il existe un effet de seuil, tant qu'on atteint pas ce seuil (10-15 élèves par classe), la diminution des effectifs baisse le stress des profs mais améliore peu ou pas les résultats scolaires
_ les effectifs par classe ne sont pas la variable la plus significative pour expliquer les résultats scolaires
De là à croire que l'argument de la réduction des effectifs n'est que le masque du corporatisme enseignant, il y a un pas que je franchis sans remords.
Dans les discours, les profs sont toujours très ouverts à la nouveauté, car ils se croient progressistes. Mais dès qu'on leur en propose une, de nouveauté, ce n'est jamais la bonne car ils ont conservateurs (1).
Mais je ne leur donne pas entièrement tort : pour arrêter d'être conservateur, pour accepter de quitter sa place présente, il faut avoir une idée, au moins vague, de ce que le futur réserve.
Or les gouvernements ont enchaîné les réformes sans afficher un principe fort (la justice serait bien -l'égalité des chances me paraît trop technocartique), sans présenter une feuille de route et sans faire sentir une volonté d'aboutir.
Claude Allègre, qui avait bien senti le problème de persévérance, n'a pas été soutenu jusqu'au bout par son premier ministre Jospin. Quant à ses idées de réforme, je ne m'en souviens plus bien.
(1) : Eventuellement, pour bloquer la discussion, ils peuvent aussi faire état de leur extrême sensiblité, les pauvres choux : un ministre leur dit un mot qui fait beaucoup de peine, genre "mammouth", et, hop, c'est la cabane sur le chien, la gorge qui se noue, la bonne volonté trahie, la colère qui monte, la honte au front, la fin des haricots, la grande scène de la cruelle déception amoureuse de l'Acte III, bref, la grève jusqu'à ce que le ministre fautif parcourt, à genoux un cierge à la main, la distance rue de Grenelle-Matignon, en clamant sa contrition, sous le regard moqueur des journalistes et dans l'indifférence des passants, seuls les chiens peut-être sont vaguement compatissants, et encore, les chiens de beaux quartiers sont des cons : essayez donc d'avoir une conversation décontractée avec un Yorkshire ou un lévrier afghan.
Pour l'armée, la question est vite réglée : l'armée britannique, comparable à la nôtre, a moins d'effectifs et plus d'équipements. On devrait pouvoir s'en inspirer.
Pour l'Education Nationale, je comprends trop bien le problème : la trouille des grèves de profs et des manifs d'associations de parents d'élèves (dont les dirigeants sont à 95 % des profs : juge et partie, comme c'est confortable).
Diminuer les effectifs de profs ne devraient pas être trop difficile. En effet, les effectifs d'élèves diminuent dans l'enseignement primaire et bientôt dans le secondaire.
On va nous ressortir la fameuse réduction des effectifs par classe, mais il m'a semblé comprendre au fil de mes lectures plusieurs points sur cette question controversée :
_ il existe un effet de seuil, tant qu'on atteint pas ce seuil (10-15 élèves par classe), la diminution des effectifs baisse le stress des profs mais améliore peu ou pas les résultats scolaires
_ les effectifs par classe ne sont pas la variable la plus significative pour expliquer les résultats scolaires
De là à croire que l'argument de la réduction des effectifs n'est que le masque du corporatisme enseignant, il y a un pas que je franchis sans remords.
Dans les discours, les profs sont toujours très ouverts à la nouveauté, car ils se croient progressistes. Mais dès qu'on leur en propose une, de nouveauté, ce n'est jamais la bonne car ils ont conservateurs (1).
Mais je ne leur donne pas entièrement tort : pour arrêter d'être conservateur, pour accepter de quitter sa place présente, il faut avoir une idée, au moins vague, de ce que le futur réserve.
Or les gouvernements ont enchaîné les réformes sans afficher un principe fort (la justice serait bien -l'égalité des chances me paraît trop technocartique), sans présenter une feuille de route et sans faire sentir une volonté d'aboutir.
Claude Allègre, qui avait bien senti le problème de persévérance, n'a pas été soutenu jusqu'au bout par son premier ministre Jospin. Quant à ses idées de réforme, je ne m'en souviens plus bien.
(1) : Eventuellement, pour bloquer la discussion, ils peuvent aussi faire état de leur extrême sensiblité, les pauvres choux : un ministre leur dit un mot qui fait beaucoup de peine, genre "mammouth", et, hop, c'est la cabane sur le chien, la gorge qui se noue, la bonne volonté trahie, la colère qui monte, la honte au front, la fin des haricots, la grande scène de la cruelle déception amoureuse de l'Acte III, bref, la grève jusqu'à ce que le ministre fautif parcourt, à genoux un cierge à la main, la distance rue de Grenelle-Matignon, en clamant sa contrition, sous le regard moqueur des journalistes et dans l'indifférence des passants, seuls les chiens peut-être sont vaguement compatissants, et encore, les chiens de beaux quartiers sont des cons : essayez donc d'avoir une conversation décontractée avec un Yorkshire ou un lévrier afghan.
Gribouille gouverne
Un encadré intéressant dans Le Monde permet de comprendre comment ce gouvernement raisonne et fonctionne. C'est assez terrifiant.
L'objectif de ne remplacer qu'un fonctionnaire partant à la retraite sur deux est maintenu. Jusque là, j'approuve, bien que je considère que c'est le minimum d'effort possible et non le maximum (1). C'est ensuite que ça se gâte : il ne faut plus en parler.
Il faut parler des embauches de fonctionnaires. En effet, les départs à la retraites s'accélérant, si on conserve un taux de remplacement fixe, les embauches vont mécaniquement augmenter.
Seulement voilà, cette kolossalle finesse présente trois inconvénients majeurs :
_ connaissant le fantastique courage de ce gouvernement, on peut soupçonner qu'il va oublier l'objectif en même temps qu'il va arrêter de l'afficher (d'ailleurs même en l'affichant il ne le tient pas l'objectif)
_ c'est prendre les fonctionnaires pour des cons et les mépriser.
_ surtout, c'est amoindrir la légitimité du gouvernement : soit l'objectif du taux de remplacement est légitime et il faut l'expliquer et le défendre ; soit il est illégitime et, en douce ou en public, il faut l'abandonner.
(1) : comme je le dis et le répète, ce taux de remplacement devrait être re-situé dans un débat plus vaste sur "A quoi sert le service public ?" mais le gouvernement est trop bête et/ou trop lâche pour lancer ce débat, soit il croit les Français incapables d'y faire face (L'éternel "Nous sommes un excellent gouvernement, nous n'avons pas le peuple que nous méritons") ou encore un peu des deux.
L'objectif de ne remplacer qu'un fonctionnaire partant à la retraite sur deux est maintenu. Jusque là, j'approuve, bien que je considère que c'est le minimum d'effort possible et non le maximum (1). C'est ensuite que ça se gâte : il ne faut plus en parler.
Il faut parler des embauches de fonctionnaires. En effet, les départs à la retraites s'accélérant, si on conserve un taux de remplacement fixe, les embauches vont mécaniquement augmenter.
Seulement voilà, cette kolossalle finesse présente trois inconvénients majeurs :
_ connaissant le fantastique courage de ce gouvernement, on peut soupçonner qu'il va oublier l'objectif en même temps qu'il va arrêter de l'afficher (d'ailleurs même en l'affichant il ne le tient pas l'objectif)
_ c'est prendre les fonctionnaires pour des cons et les mépriser.
_ surtout, c'est amoindrir la légitimité du gouvernement : soit l'objectif du taux de remplacement est légitime et il faut l'expliquer et le défendre ; soit il est illégitime et, en douce ou en public, il faut l'abandonner.
(1) : comme je le dis et le répète, ce taux de remplacement devrait être re-situé dans un débat plus vaste sur "A quoi sert le service public ?" mais le gouvernement est trop bête et/ou trop lâche pour lancer ce débat, soit il croit les Français incapables d'y faire face (L'éternel "Nous sommes un excellent gouvernement, nous n'avons pas le peuple que nous méritons") ou encore un peu des deux.
Elections, processus robuste
A condition que l'organisation soit telle que l'honnêteté du scrutin soit globalement garantie, le processus électoral est robuste, aux violences, aux attentats, aux intempéries.
En effet, nous oublions souvent, blasés que nous sommes, que le simple fait qu'on demande leur avis aux gens est extrêmemement motivant.
Hélas, en Irak, ma crainte que le vote soit très "ethnique" a été confirmée. Il est difficile de faire la part, dans l'abstention sunnite, de la résignation à un gouvernement chiite et des pressions sociales.
Néanmoins, il sera légitime de répondre au futurs protestataires et terroristes sunnites : "Hé bien quoi ? Vous n'aviez qu'à aller voter.".
En effet, nous oublions souvent, blasés que nous sommes, que le simple fait qu'on demande leur avis aux gens est extrêmemement motivant.
Hélas, en Irak, ma crainte que le vote soit très "ethnique" a été confirmée. Il est difficile de faire la part, dans l'abstention sunnite, de la résignation à un gouvernement chiite et des pressions sociales.
Néanmoins, il sera légitime de répondre au futurs protestataires et terroristes sunnites : "Hé bien quoi ? Vous n'aviez qu'à aller voter.".
dimanche, janvier 30, 2005
Les religions, obsédées sexuelles
Le Vatican polémique avec l'Espagne sur les histoires de mariage homosexuel et de préservatif ; l'Islam, même pas intégriste, montre une trouille des femmes qui me paraît ahurissante.
Quand on lit l'actualité, on a l'impression que les religions, et notamment les religions révélées monothéistes, sont obsédées par le sexe et éprouvent une véritable terreur de toute liberté, baptisée permissivité, dans ce domaine.
Ayant quelques amis grenouilles de bénitier, je connais le contre-argument : c'est notre monde moderne qui est obsédé par le sexe, l'Eglise (ou l'Islam ou le judaïsme) parle de tas d'autres choses mais on ne retient que le sexe dans ses propos et on le grossit démesurément (vantard, va).
Je ne suis pas convaincu que le problème vienne de l'obsession sexuelle de notre monde et non des religions.
Si les propos du pape ou d'un mollah quelconque dérangent tant et font tant de bruit, c'est à mon avis parce que :
_ le décalage entre les prescriptions des autorités religieuses et les aspirations ou les pratiques des individus est grand
_ toute prescription dans un domaine aussi intime est perçue comme une restriction de la liberté, une atteinte à l'individu
En fait, je crois que le problème est là : contrôler la sexualité à travers des prescriptions, culpabilisantes pour qui y croit, c'est contrôler les individus.
On est passé de "Si tu te touches, tu deviendras sourd et tu y iras en enfer" à "Si tu mets une capote, tu iras en enfer", mais le principe est le même : tant que les ouailles ne font pas librement ce qu'elles veulent de leur cul, qu'elles en réfèrent au curé ou qu'elles aient mauvaise conscience, on les tient.
C'est connu par tous les adjudants et les entraîneurs de foot : maintenir un certain niveau de frustration peut être favorable à la performance et à la discipline. Cette comparaison est peu flatteuse, mais l'attitude des églises sur la question est-elle flatteuse ? Un martien s'intéressant à ces questions trouverait-il que "ça vole haut" ?
Quand on lit l'actualité, on a l'impression que les religions, et notamment les religions révélées monothéistes, sont obsédées par le sexe et éprouvent une véritable terreur de toute liberté, baptisée permissivité, dans ce domaine.
Ayant quelques amis grenouilles de bénitier, je connais le contre-argument : c'est notre monde moderne qui est obsédé par le sexe, l'Eglise (ou l'Islam ou le judaïsme) parle de tas d'autres choses mais on ne retient que le sexe dans ses propos et on le grossit démesurément (vantard, va).
Je ne suis pas convaincu que le problème vienne de l'obsession sexuelle de notre monde et non des religions.
Si les propos du pape ou d'un mollah quelconque dérangent tant et font tant de bruit, c'est à mon avis parce que :
_ le décalage entre les prescriptions des autorités religieuses et les aspirations ou les pratiques des individus est grand
_ toute prescription dans un domaine aussi intime est perçue comme une restriction de la liberté, une atteinte à l'individu
En fait, je crois que le problème est là : contrôler la sexualité à travers des prescriptions, culpabilisantes pour qui y croit, c'est contrôler les individus.
On est passé de "Si tu te touches, tu deviendras sourd et tu y iras en enfer" à "Si tu mets une capote, tu iras en enfer", mais le principe est le même : tant que les ouailles ne font pas librement ce qu'elles veulent de leur cul, qu'elles en réfèrent au curé ou qu'elles aient mauvaise conscience, on les tient.
C'est connu par tous les adjudants et les entraîneurs de foot : maintenir un certain niveau de frustration peut être favorable à la performance et à la discipline. Cette comparaison est peu flatteuse, mais l'attitude des églises sur la question est-elle flatteuse ? Un martien s'intéressant à ces questions trouverait-il que "ça vole haut" ?
samedi, janvier 29, 2005
Démographie et économie
En France, débattre de démographie est tabou : la gauche a peur de tomber dans le natalisme, estampillé de droite, la droite craint d'être ringarde. Et pourtant ...
Et pourtant, le vieillissement et le non-renouvellemet des générations sont un évènement majeur. Que la situation soit pire ailleurs ne devrait pas nous consoler qu'elle soit mauvaise en France.
Le simple bon sens, même si il faut s'en méfier, nous dit que le déclin économique est inscrit dans cette transformation de la France en maison de retraite géante.
Plus largement, c'est à un suicide collectif par la grève des bébés auquel nous assisons.
Mais, après tout, cet auto-châtiment n'est peut-être qu'une juste punition infligée par notre mauvaise conscience : en un siècle, nous avons suscité deux guerres mondiales et un génocide industriel, notre société vaut-elle de se perpétuer ?
Et pourtant, le vieillissement et le non-renouvellemet des générations sont un évènement majeur. Que la situation soit pire ailleurs ne devrait pas nous consoler qu'elle soit mauvaise en France.
Le simple bon sens, même si il faut s'en méfier, nous dit que le déclin économique est inscrit dans cette transformation de la France en maison de retraite géante.
Plus largement, c'est à un suicide collectif par la grève des bébés auquel nous assisons.
Mais, après tout, cet auto-châtiment n'est peut-être qu'une juste punition infligée par notre mauvaise conscience : en un siècle, nous avons suscité deux guerres mondiales et un génocide industriel, notre société vaut-elle de se perpétuer ?
Comment la CIA voit l'Europe
Dans un essai prospectif, la CIA sonde le futur.
Pour elle, les puissances d'avenir sont la Chine, l'Inde, mais nullement l'Europe (démographie déclinante, croissance à la traîne, chômage endémique...). Le rapport mentionne aussi « l'élargissement sans fin de l'Europe » comme un dissolvant de la cohésion européenne, comme un obstacle à toute ambition de puissance.
C'est un pronostic sans doute fort juste. Et piquant si l'on sait que l'Amérique plaide vivement... pour l'élargissement de l'Europe à la Turquie.
D'ailleurs, moi aussi, je plaide pour l'élargissement à la Turquie, un peu pour les mêmes raisons que la CIA : je considère que l'Europe-puissance, acteur mondial, est déjà morte et que l'élargissemnt compte donc principalement sous l'angle économique.
En tout cas, la vision de la CIA est instructive sur les défis qui nous attendent.
Quand je regarde l'avenir, je me demande si je ne devrais pas émigrer au Canada. Mais ce n'est pour l'instant qu'une pensée fugitive.
Pour elle, les puissances d'avenir sont la Chine, l'Inde, mais nullement l'Europe (démographie déclinante, croissance à la traîne, chômage endémique...). Le rapport mentionne aussi « l'élargissement sans fin de l'Europe » comme un dissolvant de la cohésion européenne, comme un obstacle à toute ambition de puissance.
C'est un pronostic sans doute fort juste. Et piquant si l'on sait que l'Amérique plaide vivement... pour l'élargissement de l'Europe à la Turquie.
D'ailleurs, moi aussi, je plaide pour l'élargissement à la Turquie, un peu pour les mêmes raisons que la CIA : je considère que l'Europe-puissance, acteur mondial, est déjà morte et que l'élargissemnt compte donc principalement sous l'angle économique.
En tout cas, la vision de la CIA est instructive sur les défis qui nous attendent.
Quand je regarde l'avenir, je me demande si je ne devrais pas émigrer au Canada. Mais ce n'est pour l'instant qu'une pensée fugitive.
Un juge s'en va
Résumé :
Jusqu'au 17 janvier, Laurent Lèguevaque était juge d'instruction à Tours. En démissionnant, fait très rare dans la magistrature, ce franc-tireur de 38 ans entend dénoncer les raideurs du monde judiciaire.
Tant pis pour les "ça ne se fait pas", même si les statistiques de la chancellerie leur donnent raison : au cours des dix dernières années, seules douze démissions de la magistrature ont été enregistrées - dont six en 1998, allez savoir pourquoi ; une seule en 2004, aucune durant les quatre années précédentes. C'est dire si Laurent Lèguevaque est un cas.
Il tire un bilan sombre jusqu'au défaitisme : "Ce métier est devenu nul. Ce n'est d'ailleurs plus un métier, juste une carrière." Ses collègues ne lui semblent préoccupés que d'avancement, de postes à pourvoir et d'appuis à solliciter, si bien que la magistrature n'est plus, à ses yeux, qu'"un corps de fonctionnaires voué au conformisme et à la soumission". Presque penaud, il admet avoir cru que les juges d'instruction étaient différents, que leur fonction d'enquêteur leur donnait une latitude plus grande, une indépendance plus authentique. "Cela a peut-être été vrai, mais cela ne l'est plus", estime-t-il, avant de résumer le tout en une formule : "On nous prend toujours pour des chevaliers blancs ; on n'est plus que des goélands mazoutés."
A l'écouter, l'ordinaire de ces magistrats qui font trembler les puissants est dénué de passion : on n'attend plus d'eux que la tenue de dossiers alimentés par d'autres - policiers, gendarmes, experts, procureurs, avocats. "La machine fait de nous des paperassiers, des petits hommes gris qu'on dissuade de mettre beaucoup d'eux-mêmes dans leur travail. A force de vouloir nous contrôler, elle nous uniformise, elle nous étouffe."
Il ne se montre ni amer ni déprimé, parsème son récit d'épisodes drolatiques qu'il relate avec moins de douleur que de dérision. "J'ai l'impression de revenir d'un long voyage dans une peuplade avec laquelle je n'aurais pas su communiquer."
Après leur entrevue, le président du tribunal lui a téléphoné pour l'avertir qu'il n'avait pas le droit d'abandonner son poste sans attendre l'arrêté du ministre, qui entérine sa démission. Lui y a vu un excès de formalisme, une manifestation de plus de cette "passion du normatif" qui noie les juges dans le détail et leur fait perdre de vue l'essentiel. Quand son supérieur a brandi la menace d'un "mandat d'arrêt", il assure avoir eu envie de lui répondre : "Chiche !"
Le conformisme vestimentaire de ses collègues l'agace. La déférence recommandée pour s'adresser à la hiérarchie l'insupporte. "La courtoisie avec les mis en examen, elle, peut vous être reprochée, remarque-t-il. Un jour, un collègue m'a dit avec horreur : "Comment fais-tu pour serrer la main d'un violeur d'enfant ?" Je lui ai répondu : "Je demande qu'on lui enlève ses menottes."" Ça ne l'a pas fait rire du tout."
Lien : Un juge s'en va
Jusqu'au 17 janvier, Laurent Lèguevaque était juge d'instruction à Tours. En démissionnant, fait très rare dans la magistrature, ce franc-tireur de 38 ans entend dénoncer les raideurs du monde judiciaire.
Tant pis pour les "ça ne se fait pas", même si les statistiques de la chancellerie leur donnent raison : au cours des dix dernières années, seules douze démissions de la magistrature ont été enregistrées - dont six en 1998, allez savoir pourquoi ; une seule en 2004, aucune durant les quatre années précédentes. C'est dire si Laurent Lèguevaque est un cas.
Il tire un bilan sombre jusqu'au défaitisme : "Ce métier est devenu nul. Ce n'est d'ailleurs plus un métier, juste une carrière." Ses collègues ne lui semblent préoccupés que d'avancement, de postes à pourvoir et d'appuis à solliciter, si bien que la magistrature n'est plus, à ses yeux, qu'"un corps de fonctionnaires voué au conformisme et à la soumission". Presque penaud, il admet avoir cru que les juges d'instruction étaient différents, que leur fonction d'enquêteur leur donnait une latitude plus grande, une indépendance plus authentique. "Cela a peut-être été vrai, mais cela ne l'est plus", estime-t-il, avant de résumer le tout en une formule : "On nous prend toujours pour des chevaliers blancs ; on n'est plus que des goélands mazoutés."
A l'écouter, l'ordinaire de ces magistrats qui font trembler les puissants est dénué de passion : on n'attend plus d'eux que la tenue de dossiers alimentés par d'autres - policiers, gendarmes, experts, procureurs, avocats. "La machine fait de nous des paperassiers, des petits hommes gris qu'on dissuade de mettre beaucoup d'eux-mêmes dans leur travail. A force de vouloir nous contrôler, elle nous uniformise, elle nous étouffe."
Il ne se montre ni amer ni déprimé, parsème son récit d'épisodes drolatiques qu'il relate avec moins de douleur que de dérision. "J'ai l'impression de revenir d'un long voyage dans une peuplade avec laquelle je n'aurais pas su communiquer."
Après leur entrevue, le président du tribunal lui a téléphoné pour l'avertir qu'il n'avait pas le droit d'abandonner son poste sans attendre l'arrêté du ministre, qui entérine sa démission. Lui y a vu un excès de formalisme, une manifestation de plus de cette "passion du normatif" qui noie les juges dans le détail et leur fait perdre de vue l'essentiel. Quand son supérieur a brandi la menace d'un "mandat d'arrêt", il assure avoir eu envie de lui répondre : "Chiche !"
Le conformisme vestimentaire de ses collègues l'agace. La déférence recommandée pour s'adresser à la hiérarchie l'insupporte. "La courtoisie avec les mis en examen, elle, peut vous être reprochée, remarque-t-il. Un jour, un collègue m'a dit avec horreur : "Comment fais-tu pour serrer la main d'un violeur d'enfant ?" Je lui ai répondu : "Je demande qu'on lui enlève ses menottes."" Ça ne l'a pas fait rire du tout."
Lien : Un juge s'en va
Parlement : quelques statistiques édifiantes
88 % des parlementaires sont des hommes (pas de transexuels déclarés, donc 12 % des femmes)
50 % viennent de la fonction publique (je croyais que c'était plus) (1)
75 % des députés ont plus de 50 ans et 50 % des sénateurs plus de 60 ans
82 % cumulent des mandats (dont entre 21 % des députés et 28 % des sénateurs trois mandats et plus) : situation proprement unique parmi les démocraties (2)
Aucun issu de l'immigration récente
91 % des étudiants se défient des partis politiques (il y a sûrement un rapport avec les statistiques précédentes)
Eloquent, non ?
Bien entendu, l'interdiction absolu du cumul des mandats est le préalable indispensable à tout changement. Mais, quand on vit de ses mandats, qu'on s'est installé dans le confort du parasitisme républicain, comment voter contre soi ?
(1) en Grande-Bretagne, un fonctionnaire doit démissionner une fois élu et un haut fonctionnaire en se présentant à l'élection (donc sans être sûr d'être élu) !!!
(2) : en général les cumulards sont moins de 15 %, d'ailleurs beaucoup de pays (ie Grande-Bretagne, Allemagne) n'ont même pas de législation anti-cumul, le problème étant réglé par la culture démocratique
50 % viennent de la fonction publique (je croyais que c'était plus) (1)
75 % des députés ont plus de 50 ans et 50 % des sénateurs plus de 60 ans
82 % cumulent des mandats (dont entre 21 % des députés et 28 % des sénateurs trois mandats et plus) : situation proprement unique parmi les démocraties (2)
Aucun issu de l'immigration récente
91 % des étudiants se défient des partis politiques (il y a sûrement un rapport avec les statistiques précédentes)
Eloquent, non ?
Bien entendu, l'interdiction absolu du cumul des mandats est le préalable indispensable à tout changement. Mais, quand on vit de ses mandats, qu'on s'est installé dans le confort du parasitisme républicain, comment voter contre soi ?
(1) en Grande-Bretagne, un fonctionnaire doit démissionner une fois élu et un haut fonctionnaire en se présentant à l'élection (donc sans être sûr d'être élu) !!!
(2) : en général les cumulards sont moins de 15 %, d'ailleurs beaucoup de pays (ie Grande-Bretagne, Allemagne) n'ont même pas de législation anti-cumul, le problème étant réglé par la culture démocratique
Non au specticisme sur les élections en Irak
Je crois qu'il faut hélas tempérer les espoirs.
La démocratie, ce n'est pas seulement, ni même peut-être principalement, le droit de vote. En ce moment, je m'intéresse beaucoup à la Révolution française et les questions de l'époque se posent encore en Irak (et en France) :
_ comment obtenir d'une assemblée la meilleure décision ?
_ quelles sont les conditions pour être citoyen ?
_ comment le peuple souverain peut-il s'exprimer librement tout en restant uni et préservé de la démagogie ?
_ comment faire pour que la représentation nationale ne confisque pas le pouvoir ?
_ comment faire pour que les dirigeants éclairent et décident tout en n'outrepassant pas leur mandat représentatif (question très actuelle en France) ?
D'après Raymond Aron, avant même le droit de vote, une caractéristique essentielle de la démocratie est l'alternance au pouvoir : l'homme qui exerce le pouvoir aujourd'hui sait qu'il le perdra un jour qui n'est pas trop lointain et que son successeur ne sera peut-être pas bienveillant à son égard. Cela empêche la plupart des folies.
Or, quand les citoyens ne se sentent pas suffisamment libres et détachés par rapport à leur origine ethnique, comme c'est le cas en Irak, les votes reflètent la structure ethnique du pays et non des choix politiques. L'alternance est alors quasiment impossible puisque la composition ethnique d'un pays évolue très lentement. Cela bloque dès le départ le fonctionnement démocratique : une majorité sûre d'être au pouvoir pour l'éternité et une minorité sûre d'être exclue du pouvoir, cette situation est néfaste.
Les différentes factions irakiennes vont "se compter" (comme on dit au PS à propos des courants lors du vote des motions, sauf qu'au PS ça frise le ridicule, alors qu'en Irak, il y a des morts tous les jours). Mais en quoi cela sera-t-il bon pour l'avenir du pays ?
Il reste à espérer que les électeurs seront plus intelligents que les prévisionnistes (c'est arrivé plus d'une fois) et qu'ils nous réservent une bonne surprise.
Mais, et c'est là où je voulais en venir, malgré mes doutes, il y a un point fondamental qu'il faut garder en mémoire : la construction de la démocratie dans un pays est un long processus et il n'y a pas d'autre solution pour avoir un pays juste et prospère (1). Il n'est jamais trop tôt pour commencer.
Les élections en Afghanistan n'ont pas été la catastrophe annoncée, mais une étape sur une route encore très longue. espérons qu'il en sera de même en Irak.
Cette conviction, cet espoir, est supérieur à tous les doutes.
J'ai peur que les Français, Chirac en tête, refassent l'erreur mitterrandienne (2) de préférer la stabilité à la démocratie (3).
(1) : c'est pourquoi je trouve la multipolarité chiraquienne dangereuse : en dehors de la démocratie, point de justice. Je suis plus proche du point de vue américain même si je n'apprécie pas les manières de Bush.
(2) : Chirac ressemble tant à Mitterrand que ça n'a rien d'étonnant
(3) : des gens qui égorgent leurs adversaires ne sont pas des résistants avec lesquels la discussion est possible, ce sont des terroristes qu'il faut buter jusque dans les chiottes, comme dit Vladimir.
La démocratie, ce n'est pas seulement, ni même peut-être principalement, le droit de vote. En ce moment, je m'intéresse beaucoup à la Révolution française et les questions de l'époque se posent encore en Irak (et en France) :
_ comment obtenir d'une assemblée la meilleure décision ?
_ quelles sont les conditions pour être citoyen ?
_ comment le peuple souverain peut-il s'exprimer librement tout en restant uni et préservé de la démagogie ?
_ comment faire pour que la représentation nationale ne confisque pas le pouvoir ?
_ comment faire pour que les dirigeants éclairent et décident tout en n'outrepassant pas leur mandat représentatif (question très actuelle en France) ?
D'après Raymond Aron, avant même le droit de vote, une caractéristique essentielle de la démocratie est l'alternance au pouvoir : l'homme qui exerce le pouvoir aujourd'hui sait qu'il le perdra un jour qui n'est pas trop lointain et que son successeur ne sera peut-être pas bienveillant à son égard. Cela empêche la plupart des folies.
Or, quand les citoyens ne se sentent pas suffisamment libres et détachés par rapport à leur origine ethnique, comme c'est le cas en Irak, les votes reflètent la structure ethnique du pays et non des choix politiques. L'alternance est alors quasiment impossible puisque la composition ethnique d'un pays évolue très lentement. Cela bloque dès le départ le fonctionnement démocratique : une majorité sûre d'être au pouvoir pour l'éternité et une minorité sûre d'être exclue du pouvoir, cette situation est néfaste.
Les différentes factions irakiennes vont "se compter" (comme on dit au PS à propos des courants lors du vote des motions, sauf qu'au PS ça frise le ridicule, alors qu'en Irak, il y a des morts tous les jours). Mais en quoi cela sera-t-il bon pour l'avenir du pays ?
Il reste à espérer que les électeurs seront plus intelligents que les prévisionnistes (c'est arrivé plus d'une fois) et qu'ils nous réservent une bonne surprise.
Mais, et c'est là où je voulais en venir, malgré mes doutes, il y a un point fondamental qu'il faut garder en mémoire : la construction de la démocratie dans un pays est un long processus et il n'y a pas d'autre solution pour avoir un pays juste et prospère (1). Il n'est jamais trop tôt pour commencer.
Les élections en Afghanistan n'ont pas été la catastrophe annoncée, mais une étape sur une route encore très longue. espérons qu'il en sera de même en Irak.
Cette conviction, cet espoir, est supérieur à tous les doutes.
J'ai peur que les Français, Chirac en tête, refassent l'erreur mitterrandienne (2) de préférer la stabilité à la démocratie (3).
(1) : c'est pourquoi je trouve la multipolarité chiraquienne dangereuse : en dehors de la démocratie, point de justice. Je suis plus proche du point de vue américain même si je n'apprécie pas les manières de Bush.
(2) : Chirac ressemble tant à Mitterrand que ça n'a rien d'étonnant
(3) : des gens qui égorgent leurs adversaires ne sont pas des résistants avec lesquels la discussion est possible, ce sont des terroristes qu'il faut buter jusque dans les chiottes, comme dit Vladimir.
vendredi, janvier 28, 2005
Super-knock
Un médecin généraliste de Moselle est convoqué pour explications par le conseil de l'ordre : il établit 80 prescriptions par jour (en moyenne !).
A 20 euros la consultation, ça fait 1600 euros par jour ouvré.
Quand on dit (ce que les médecins ne veulent pas entendre) que la répartition sur le territoire français est inadaptée, on ne doit pas se tromper beaucoup.
A 20 euros la consultation, ça fait 1600 euros par jour ouvré.
Quand on dit (ce que les médecins ne veulent pas entendre) que la répartition sur le territoire français est inadaptée, on ne doit pas se tromper beaucoup.
Chirac à Davos : il a encore sorti une connerie
Décidément, celui-là, chaque fois qu'il l'ouvre, c'est pour dire une connerie.
En France, dès qu'il y a un problème, le premier réflexe est de voter une loi et de créer un impôt. Chirac propose donc un impôt mondial pour réduire la pauvreté. Ridicule.
Si les impôts réduisaient la pauvreté, nous serions bien placés en France pour le savoir, ça fait trente ans que les impôts augmentent et je n'ai pas remarqué que la pauvreté reculait.
C'est aussi con que l'idée de créer des emplois publics ou subventionnés pour diminuer le chômage. Si ça marchait, nous aurions en France le même taux de chômage qu'en Grande-Bretagne : 3,5 %, vu que ça fait trente ans que les effectifs de fonctionnaires grimpent.
C'est le contraire qui est vrai : trop de dépenses publiques (donc trop de prélèvements, impots + emprunts, sur l'économie marchande) tuent le dynamisme économique, augmentent le chômage et la pauvreté.
Réduire la pauvreté est un noble objectif. La solution repose sur un principe simple : aide toi et le ciel t'aidera.
C'est un simple constat : l'aide déversée sur des pays dont les structures, notamment politiques, ne sont pas prêtes donne bonne conscience aux blancs mais ne sert à rien. Les exemples, en Afrique particulièrement, abondent.
Or la lutte contre la corruption et pour plus de liberté ne peut venir que de l'intéreur. Avant que cela arrive, l'aide financière est gaspillée, après, elle est inutile.
Ce qu'on peut faire pour vraiment aider les pays pauvres, c'est supprimer les subventions à nos paysans (bien évidemment Chirac évite d'en parler) et y investir dès que la situation le permet (car l'investissement crée des emplois et des revenus stables).
En France, dès qu'il y a un problème, le premier réflexe est de voter une loi et de créer un impôt. Chirac propose donc un impôt mondial pour réduire la pauvreté. Ridicule.
Si les impôts réduisaient la pauvreté, nous serions bien placés en France pour le savoir, ça fait trente ans que les impôts augmentent et je n'ai pas remarqué que la pauvreté reculait.
C'est aussi con que l'idée de créer des emplois publics ou subventionnés pour diminuer le chômage. Si ça marchait, nous aurions en France le même taux de chômage qu'en Grande-Bretagne : 3,5 %, vu que ça fait trente ans que les effectifs de fonctionnaires grimpent.
C'est le contraire qui est vrai : trop de dépenses publiques (donc trop de prélèvements, impots + emprunts, sur l'économie marchande) tuent le dynamisme économique, augmentent le chômage et la pauvreté.
Réduire la pauvreté est un noble objectif. La solution repose sur un principe simple : aide toi et le ciel t'aidera.
C'est un simple constat : l'aide déversée sur des pays dont les structures, notamment politiques, ne sont pas prêtes donne bonne conscience aux blancs mais ne sert à rien. Les exemples, en Afrique particulièrement, abondent.
Or la lutte contre la corruption et pour plus de liberté ne peut venir que de l'intéreur. Avant que cela arrive, l'aide financière est gaspillée, après, elle est inutile.
Ce qu'on peut faire pour vraiment aider les pays pauvres, c'est supprimer les subventions à nos paysans (bien évidemment Chirac évite d'en parler) et y investir dès que la situation le permet (car l'investissement crée des emplois et des revenus stables).
Cycle mou, Pacte flou - Les Echos.fr
Un article Paul Fabra dans les Echos.
Résumé :
Sous prétexte qu'il peut exister de « bons » déficits, on a oublié, et pas seulement en France et en Allemagne, de s'en prendre à la dangereuse et insidieuse anomalie - parce qu'elle est une entrave à l'activité économique et, donc, à l'emploi (et à l'emploi stable) - qui caractérise notre temps : le déficit permanent. Il se présente soit sous forme ouverte (dans les deux pays cités, par exemple), soit de manière latente, comme c'est le cas dans les pays où l'équilibre est obtenu en laissant se dégrader le patrimoine public. Pis : une telle détérioration commence à se manifester aussi dans des pays hautement déficitaires comme le nôtre.
Paradoxalement, la bonne nouvelle d'un fort abaissement du déficit budgétaire français (ramené à 43,9 milliards d'euros contre une prévision initiale de 55,1 milliards dans la loi de Finances) a fait ressortir le côté purement formaliste des politiques budgétaires inspirées par le Pacte de stabilité et de croissance que le Conseil européen se propose de rénover les 22-23 mars prochain. L'amélioration est le résultat de plus-values fiscales (IS et TVA) fortuites et totalement inespérées. Ce miracle qui n'en est pas un pourrait bien changer la nature même du problème posé.
Le déficit reste à 3,6 % du PNB, soit au-dessus des 3 % considérés par les traités européens, comme le maximum à ne pas dépasser sauf circonstances exceptionnelles. François Copé n'en a pas moins dit que l'amélioration budgétaire « récompense la politique du gouvernement depuis deux ans et demi ».
Quelle récompense ? Quelle politique ? Dans le but de se rapprocher progressivement des 3 %, il a été procédé à une compression indifférenciée des dépenses sur plusieurs années consécutives, compression modérée, mais compression tout de même. Cette absence de discrimination vaut à elle seule comme forte présomption d'une absence de politique budgétaire proprement dite. Elle suppose optimale l'actuelle répartition des dépenses, puisque le gouvernement, se donnant pour mission de les plafonner (par rapport, toutefois à un PNB nominal en augmentation), décide de le faire globalement. Dans la mesure où ce n'est pas le cas, il s'agit d'un tour de passe-passe. La consolidation des comptes publics la facilite.
Ainsi, « pour la première fois depuis 1992, l'Etat aurait-il tenu en 2003 ses engagements » en matière d'effectifs. Ceux-ci ont diminué cette année-là de quelque 2.000 fonctionnaires. Un chiffre très inférieur à la marge d'erreur dans l'évaluation des effectifs ! Mais laissons de côté cette considération. Le rapport publié par l'Observatoire de l'emploi public note (« Les Echos » du 19 janvier) que les réductions d'effectifs, concentrées sur deux postes budgétaires seulement (1) - Education nationale et Culture - se sont traduites entièrement par « des transferts de personnels vers d'autres administrations ». Or, dans toute la mesure où le défaut principal, sinon unique, des déficits actuels, c'est leur permanence, une véritable politique corrective impliquerait une sévère sélection entre les dépenses, étant entendu qu'il conviendrait de « faire de la place » pour en augmenter quelques-unes dans les secteurs où les effectifs sont notoirement insuffisants.
Les politiques en question continuent à s'appuyer sur le concept de « stabilisateurs automatiques ». Encore aujourd'hui, la majorité des esprits continuent d'admettre, sans doute parce que beaucoup de raisonnements reposent sur lui, le schéma ultra-connu : en période d'expansion, les recettes fiscales augmentent, ponctionnant opportunément du pouvoir d'achat au moment où la surchauffe menace ; pour des raisons inverses, la contraction des rentrées d'impôts en période de récession serait bienvenue, tandis que le déficit qui en résulte présenterait l'avantage d'injecter du pouvoir d'achat au moment où la demande en a besoin. Qui a dit que l'économie était une science pessimiste ? Mais qui savait la semaine dernière qu'on était déjà si bien engagé dans la phase ascendante du cycle que l'Etat avait commencé d'en engranger les sous-produits fiscaux ?
Ne sommes-nous pas en train d'entrer dans une période d'évanescence du cycle économique ? Ce n'est pas que des politiques économiques adéquates - consistant précisément à laisser jouer les fameux stabilisateurs - auraient fini par en avoir raison. La réalité serait au contraire qu'une économie nourrissant en permanence un endettement public considérable se trouverait par là même anémiée du fait qu'une part grandissante de l'épargne nationale - ou internationale - est absorbée par le financement de la dette publique. D'où résulte, notamment, que la croissance, quand croissance il semble y avoir, « crée peu d'emplois ». Mais si elle crée peu d'emplois, on est en droit de douter de la solidité de cette croissance, voire de son existence. Cette croissance insaisissable, on se demandait avant-hier si elle finirait bien par décoller ! Le comble est qu'on la découvre à travers les statistiques fiscales. Une économie d'endettement est une économie agitée : elle engendre du chiffre d'affaires (TVA). Les restructurations détruisent des emplois, mais gonflent les profits (rentrées d'IS).
Dans son fonctionnement idéal, le Pacte de stabilité prévoit que les pays dégagent des surplus budgétaires en période de croissance. Ils y gagneront des marges de manoeuvre nécessaires quand, la récession étant venue, le moment le sera aussi pour le secteur public d'accroître ses dépenses déficitaires. La Commission Barroso ne cache pas son intention de (re)mettre en route, moyennant certaines concessions, cette belle machine. Mais ce savant balancement est-il encore de mise quand les vents soufflent simultanément dans toutes les directions, quand la conjoncture devient aussi volatile que les marchés financiers ?
(1) Ajoutons que c'est sans doute aussi le cas, mais plus discrètement, au ministèredes Finances.
Lien :Cycle mou, Pacte flou
Résumé :
Sous prétexte qu'il peut exister de « bons » déficits, on a oublié, et pas seulement en France et en Allemagne, de s'en prendre à la dangereuse et insidieuse anomalie - parce qu'elle est une entrave à l'activité économique et, donc, à l'emploi (et à l'emploi stable) - qui caractérise notre temps : le déficit permanent. Il se présente soit sous forme ouverte (dans les deux pays cités, par exemple), soit de manière latente, comme c'est le cas dans les pays où l'équilibre est obtenu en laissant se dégrader le patrimoine public. Pis : une telle détérioration commence à se manifester aussi dans des pays hautement déficitaires comme le nôtre.
Paradoxalement, la bonne nouvelle d'un fort abaissement du déficit budgétaire français (ramené à 43,9 milliards d'euros contre une prévision initiale de 55,1 milliards dans la loi de Finances) a fait ressortir le côté purement formaliste des politiques budgétaires inspirées par le Pacte de stabilité et de croissance que le Conseil européen se propose de rénover les 22-23 mars prochain. L'amélioration est le résultat de plus-values fiscales (IS et TVA) fortuites et totalement inespérées. Ce miracle qui n'en est pas un pourrait bien changer la nature même du problème posé.
Le déficit reste à 3,6 % du PNB, soit au-dessus des 3 % considérés par les traités européens, comme le maximum à ne pas dépasser sauf circonstances exceptionnelles. François Copé n'en a pas moins dit que l'amélioration budgétaire « récompense la politique du gouvernement depuis deux ans et demi ».
Quelle récompense ? Quelle politique ? Dans le but de se rapprocher progressivement des 3 %, il a été procédé à une compression indifférenciée des dépenses sur plusieurs années consécutives, compression modérée, mais compression tout de même. Cette absence de discrimination vaut à elle seule comme forte présomption d'une absence de politique budgétaire proprement dite. Elle suppose optimale l'actuelle répartition des dépenses, puisque le gouvernement, se donnant pour mission de les plafonner (par rapport, toutefois à un PNB nominal en augmentation), décide de le faire globalement. Dans la mesure où ce n'est pas le cas, il s'agit d'un tour de passe-passe. La consolidation des comptes publics la facilite.
Ainsi, « pour la première fois depuis 1992, l'Etat aurait-il tenu en 2003 ses engagements » en matière d'effectifs. Ceux-ci ont diminué cette année-là de quelque 2.000 fonctionnaires. Un chiffre très inférieur à la marge d'erreur dans l'évaluation des effectifs ! Mais laissons de côté cette considération. Le rapport publié par l'Observatoire de l'emploi public note (« Les Echos » du 19 janvier) que les réductions d'effectifs, concentrées sur deux postes budgétaires seulement (1) - Education nationale et Culture - se sont traduites entièrement par « des transferts de personnels vers d'autres administrations ». Or, dans toute la mesure où le défaut principal, sinon unique, des déficits actuels, c'est leur permanence, une véritable politique corrective impliquerait une sévère sélection entre les dépenses, étant entendu qu'il conviendrait de « faire de la place » pour en augmenter quelques-unes dans les secteurs où les effectifs sont notoirement insuffisants.
Les politiques en question continuent à s'appuyer sur le concept de « stabilisateurs automatiques ». Encore aujourd'hui, la majorité des esprits continuent d'admettre, sans doute parce que beaucoup de raisonnements reposent sur lui, le schéma ultra-connu : en période d'expansion, les recettes fiscales augmentent, ponctionnant opportunément du pouvoir d'achat au moment où la surchauffe menace ; pour des raisons inverses, la contraction des rentrées d'impôts en période de récession serait bienvenue, tandis que le déficit qui en résulte présenterait l'avantage d'injecter du pouvoir d'achat au moment où la demande en a besoin. Qui a dit que l'économie était une science pessimiste ? Mais qui savait la semaine dernière qu'on était déjà si bien engagé dans la phase ascendante du cycle que l'Etat avait commencé d'en engranger les sous-produits fiscaux ?
Ne sommes-nous pas en train d'entrer dans une période d'évanescence du cycle économique ? Ce n'est pas que des politiques économiques adéquates - consistant précisément à laisser jouer les fameux stabilisateurs - auraient fini par en avoir raison. La réalité serait au contraire qu'une économie nourrissant en permanence un endettement public considérable se trouverait par là même anémiée du fait qu'une part grandissante de l'épargne nationale - ou internationale - est absorbée par le financement de la dette publique. D'où résulte, notamment, que la croissance, quand croissance il semble y avoir, « crée peu d'emplois ». Mais si elle crée peu d'emplois, on est en droit de douter de la solidité de cette croissance, voire de son existence. Cette croissance insaisissable, on se demandait avant-hier si elle finirait bien par décoller ! Le comble est qu'on la découvre à travers les statistiques fiscales. Une économie d'endettement est une économie agitée : elle engendre du chiffre d'affaires (TVA). Les restructurations détruisent des emplois, mais gonflent les profits (rentrées d'IS).
Dans son fonctionnement idéal, le Pacte de stabilité prévoit que les pays dégagent des surplus budgétaires en période de croissance. Ils y gagneront des marges de manoeuvre nécessaires quand, la récession étant venue, le moment le sera aussi pour le secteur public d'accroître ses dépenses déficitaires. La Commission Barroso ne cache pas son intention de (re)mettre en route, moyennant certaines concessions, cette belle machine. Mais ce savant balancement est-il encore de mise quand les vents soufflent simultanément dans toutes les directions, quand la conjoncture devient aussi volatile que les marchés financiers ?
(1) Ajoutons que c'est sans doute aussi le cas, mais plus discrètement, au ministèredes Finances.
Lien :Cycle mou, Pacte flou
La Russie poutinienne
Il y a naturellement des raisons à la régression politique que connaît ainsi la Russie. Shleifer et Treisman écrivent dans « Foreign Affairs » qu'elle n'est, comme le Mexique ou l'Argentine, qu'une « démocratie capitaliste à revenu moyen ». La médiocrité du revenu, poursuivent-ils, entraîne celles de la démocratie et du capitalisme. Vladimir Poutine s'en est tenu à une logique analogue devant les experts occidentaux qu'il a reçus à Novo-Ogarevo le 6 septembre dernier. La Russie, leur a-t-il confié, a la démocratie, les médias et le marché que lui permettent l'immaturité de ses citoyens, la dépendance de ses journalistes et son faible niveau de prospérité.
La thèse est sombre, mais se défend. Je doute simplement que le président russe ait décidé de tout niveler par le bas en vertu d'une quelconque philosophie du développement. On le sent plutôt guidé par la conception disciplinaire du patriotisme qu'il a acquise au service du « glaive et du bouclier ». Avec ce bagage, on orchestre les élections, on ne laisse pas les médias clabauder, on se méfie des patrons cosmopolites et on barricade le dernier carré de l'empire - le carré slave que Soljenitsyne avait déjà élu pour « réaménager notre Russie » - contre les débordements de l'Occident.
Le patriotisme de Poutine n'a pas que des inconvénients. Il est son côté vrai. C'est par là que le courant est passé avec la majorité de son peuple. En voilà un qui ne reproche manifestement pas à son président des tendances réactionnaires qu'il ressent lui-même, notamment en raison de promesses d'entrée dans le « monde civilisé » que la révolution libérale n'a pas bien tenues à ses yeux. Populaire hors du cercle de l'intelligentsia et de la presse écrite, le régime poutinien n'est donc pas une dictature. Il n'est pas non plus une Restauration. Poutine ne se bat pas pour la résurrection d'un système, il lutte pour le redressement d'un pays. Ce faisant, il oppose à ses interlocuteurs occidentaux des arguments d'intérêt national qu'ils peuvent comprendre. D'autant mieux, s'agissant des Américains, qu'ils ne sont pas pour rien dans l'absence de patriotisme reproché à Ioukos, comme dans les derniers craquements de l'espace communautaire russe. Les arguments du Kremlin passeraient mieux, cependant, s'ils n'invoquaient pas constamment l'inviolabilité du « chez soi » pour justifier l'arbitraire, la brutalité et les contre-vérités. La révolution civilisatrice lancée par Gorbatchev, et dont on fêtera les vingt ans le 11 mars prochain, montrait au contraire qu'il faut ouvrir grand sa porte aux principes qui gouvernent les grandes nations modernes.
La thèse est sombre, mais se défend. Je doute simplement que le président russe ait décidé de tout niveler par le bas en vertu d'une quelconque philosophie du développement. On le sent plutôt guidé par la conception disciplinaire du patriotisme qu'il a acquise au service du « glaive et du bouclier ». Avec ce bagage, on orchestre les élections, on ne laisse pas les médias clabauder, on se méfie des patrons cosmopolites et on barricade le dernier carré de l'empire - le carré slave que Soljenitsyne avait déjà élu pour « réaménager notre Russie » - contre les débordements de l'Occident.
Le patriotisme de Poutine n'a pas que des inconvénients. Il est son côté vrai. C'est par là que le courant est passé avec la majorité de son peuple. En voilà un qui ne reproche manifestement pas à son président des tendances réactionnaires qu'il ressent lui-même, notamment en raison de promesses d'entrée dans le « monde civilisé » que la révolution libérale n'a pas bien tenues à ses yeux. Populaire hors du cercle de l'intelligentsia et de la presse écrite, le régime poutinien n'est donc pas une dictature. Il n'est pas non plus une Restauration. Poutine ne se bat pas pour la résurrection d'un système, il lutte pour le redressement d'un pays. Ce faisant, il oppose à ses interlocuteurs occidentaux des arguments d'intérêt national qu'ils peuvent comprendre. D'autant mieux, s'agissant des Américains, qu'ils ne sont pas pour rien dans l'absence de patriotisme reproché à Ioukos, comme dans les derniers craquements de l'espace communautaire russe. Les arguments du Kremlin passeraient mieux, cependant, s'ils n'invoquaient pas constamment l'inviolabilité du « chez soi » pour justifier l'arbitraire, la brutalité et les contre-vérités. La révolution civilisatrice lancée par Gorbatchev, et dont on fêtera les vingt ans le 11 mars prochain, montrait au contraire qu'il faut ouvrir grand sa porte aux principes qui gouvernent les grandes nations modernes.
Mes politiques préférés
Dans l'ordre :
Nelson Mandela
Ignacio Lula da Silva
Bill Clinton
Tony Blair
Vous comprenez que chaque élection française me pose probléme !
Nelson Mandela
Ignacio Lula da Silva
Bill Clinton
Tony Blair
Vous comprenez que chaque élection française me pose probléme !
Réponse à la devinette
Si les Russes n'ont eu qu'un otage au Liban, c'est qu'ils ont prisaussitôt un mec du Hezbollah. Qu'ils l'ont ensuite renvoyé chez lui. Dans une valise. Découpé en morceaux.
Très russe, comme méthode de négociation !
Très russe, comme méthode de négociation !
jeudi, janvier 27, 2005
Livre : Laughter and tears (George Rarey)
FFFF
Rarey était publicitaire à Greenwich. Après le 7 décembre 1941, il s'est retrouvé aviateur, lui qui n'avait même pas le permis de conduire.
Il est mort en Normandie à l'été 1944.
Laughter and tears a été par son fils (qui n'a pas connu son père) à partir des dessins laissés par son père, des témoignages de camarades et des lettres envoyées à sa mère.
La grande valeur de ce livre très émouvant, c'est son humour qui le rend si proche. La continuité est particulièrement dérangeante : on sent que le publicitaire bobo avant la lettre et le pilote de chasseur bombardier ne font qu'un.
C'est un sentiment très proche de ce qu'on a ressenti au 11 septembre 2001 : plus rien ne sera jamais comme avant et pourtant, c'est la même vie qui continue.
Rarey était publicitaire à Greenwich. Après le 7 décembre 1941, il s'est retrouvé aviateur, lui qui n'avait même pas le permis de conduire.
Il est mort en Normandie à l'été 1944.
Laughter and tears a été par son fils (qui n'a pas connu son père) à partir des dessins laissés par son père, des témoignages de camarades et des lettres envoyées à sa mère.
La grande valeur de ce livre très émouvant, c'est son humour qui le rend si proche. La continuité est particulièrement dérangeante : on sent que le publicitaire bobo avant la lettre et le pilote de chasseur bombardier ne font qu'un.
C'est un sentiment très proche de ce qu'on a ressenti au 11 septembre 2001 : plus rien ne sera jamais comme avant et pourtant, c'est la même vie qui continue.
Humour (involontaire) de l'idéologie
J'ai un collègue communiste, Bruno, que j'aime beaucoup, et que je conserve précieusement parce que, à mon avis, un communiste au XXIème siècle est aussi anachronique qu'un dinosaure.
Malheureusement, ses convictions le font quelquefois déraper. C'est ainsi qu'il s'est laissé aller à deux déclarations historiques dont j'espère qu'elle vous feront autant rire que moi :
_ "De Gaulle était un fasciste"
_ "Louis XVI a été guillotiné par le capitalisme"
Saisissant, non ?
Malheureusement, ses convictions le font quelquefois déraper. C'est ainsi qu'il s'est laissé aller à deux déclarations historiques dont j'espère qu'elle vous feront autant rire que moi :
_ "De Gaulle était un fasciste"
_ "Louis XVI a été guillotiné par le capitalisme"
Saisissant, non ?
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