Analyse : Guantanamo, pour en terminer avec la propagande anti-américaine
Par Yves Roucaute, Professeur d'université Paris X Nanterre, agrégé de philosophie et de science politique*
07 juin 2006, (Rubrique Opinions Le Figaro)
En pleine guerre mondiale contre le terrorisme, «l'affaire de Guantanamo» est grave. Au lieu de soutenir ceux qui sont en première ligne dans cette guerre d'un nouveau type, livrée par les forces barbares à toutes les civilisations, le poison de l'antiaméricanisme ruine le moral de nos nations.
La propagande antiaméricaine nous ordonne de tourner nos regards vers Cuba. Non pas le Cuba réel, celui de Castro qui, après avoir tué plus de 100 000 Cubains depuis un demi-siècle, domine par la terreur. Non pas les geôles infectes castristes où croupissent plusieurs milliers de prisonniers politiques (336 officiellement). Dans le programme touristique du politiquement correct : «Le goulag de notre temps» est américain, les plages de sable chaud castristes.
Guantanamo donc. La propagande y dénonce l'isolement et le secret, réclame l'intervention des tribunaux américains, invente des prisonniers détenus sans raison, imagine tortures et viol des droits individuels.
Isolement et éloignement ? Il ne faut pas chercher bien loin pour trouver des précédents qui n'ont jamais été contestés. Quand, le 22 juin 1940, Hitler lance une offensive aérienne sans précédent contre l'Angleterre, Winston Churchill obtient du gouvernement canadien la détention de 3 000 soldats allemands capturés par l'armée britannique, conduits dans le plus total des secrets dans des camps isolés du nord de l'Ontario et à Kananaskis dans les Rocheuses. Trois raisons : il évite de voir ces détenus revenir au combat en cas d'évasion, prohibe, à partir de la prison, le passage d'informations, et interdit la construction de réseaux nazis. Quand on voit la façon dont les réseaux islamistes se constituent aujourd'hui dans les prisons françaises ou britanniques, le choix de l'isolement ne répond-il pas à la nature de la guerre asymétrique menée par les réseaux terroristes disséminés dans le monde ?
Le secret ? Il permet d'obtenir des informations sans que l'ennemi ne s'en doute, ne sachant qui est pris, ni quand. Il permet des infiltrations, des substitutions de personnes, des dévoilements de complicités, des jeux de désinformation. Provisoire, ce type d'incarcération n'en demeure pas moins stratégique. Et il sauve des milliers de vies.
L'intervention des tribunaux ? Par quelle étrange vue tortueuse de l'esprit s'imposerait-elle nécessairement ? Comme dans toute guerre, l'enfermement de l'ennemi capturé ne vise pas d'abord à juger, mais à empêcher de combattre et à enquêter. Certes, après un certain temps, les informations sont obtenues et le secret de la capture est éventé. Quand cessent l'intérêt pour le renseignement et la possibilité de reprendre les armes, libération et renvoi dans le pays d'origine sont d'usage. C'est pourquoi les Américains libèrent peu à peu les détenus. En ce qui concerne les contestations actuelles, après la décision de la Cour suprême (juin 2004, affaire Rasul/Bush) et le Detainee Treatment Act de décembre 2005, le débat juridique se poursuit, mais nul être sensé ne peut espérer voir les détenus dangereux de Guantanamo gambader en liberté ou monter des réseaux dans des prisons ordinaires.
Les conditions de détention ? Les républiques ne sont pas sans obligations. Comme le montre Kant, elles se différencient à jamais des tyrannies en ce que toute violation de la dignité de l'homme y est punie. En l'oubliant, un soldat signe un double crime : il viole une loi naturelle et sabote les fondements moraux du pays. Laissons là les tartuffes qui feignent pour leur propagande de confondre exactions et règle. Les tribunaux américains répondent à ce souci moral : ils ont prononcé des sanctions à la suite des révélations d'Abou Ghraïb et non un discours de bienvenue au paradis d'Allah.
Mais où sont les preuves de torture de Guantanamo ? Le fameux rapport de la commission des droits de l'homme de l'ONU (février 2005) sur lequel s'appuient les antiaméricains, laisse pantois. Cette commission, qui comptait dans ses rangs la Chine communiste, le Cuba castriste, l'Arabie saoudite... avait trouvé inconvenante la méfiance des autorités militaires qui acceptaient leur venue mais ne voulaient pas les laisser interroger les détenus. En conséquence, elle a refusé de mettre un pied dans le camp et a établi son rapport grâce notamment aux témoignages des... prisonniers islamistes libérés.
Dernier avatar de la propagande ? Un médiocre «documentaire-fiction», The Road to Guantanamo, ours d'or au Festival de Berlin, aux ficelles si grosses qu'elles font regretter Sergeï Eisenstein et Léni Riefenstahl. N'y avait-il vraiment aucune raison de suspecter les trois héros du film, détenus à Guantanamo ? Doit-on prendre pour argent comptant leurs assertions quant aux tortures subies dont il ne subsiste aucune marque ? Victimes de la malchance, ils seraient partis au Pakistan pour un mariage à Karachi, lieu de rendez-vous des islamistes du monde entier en partance pour l'Afghanistan. Puis, ils se rendent 1 200 kilomètres plus loin à Kandahar, centre de commandement d'al-Qaida, lieu de rendez-vous de la filière pakistanaise. Ils musardent jusqu'à Kaboul, où de nombreux renforts talibans arrivent avec eux. Intervention alliée oblige, nos flâneurs se retrouvent ensuite à la frontière pakistanaise où se sont repliés les islamistes. Poursuivis par la malchance, ils sont arrêtés par l'Alliance du Nord, avec des talibans armés, qui les remet aux autorités américaines.
L'antiaméricanisme apparaît chaque jour davantage comme le nouvel opium du peuple. Le coeur d'un monde sans âme d'où la moralité est exclue, le repère fantasque des consciences perdues par la chute du mur de Berlin. Si la vraie force des républiques réside dans la vertu, comme le montra Montesquieu, la vertu se mesure au courage de se battre pour elles. Guantanamo, c'est ce courage.
* Professeur d'université Paris-X Nanterre, agrégé de philosophie et de science politique, auteur de Le néo-conservatisme est un humanisme (PUF)
mercredi, juin 07, 2006
mardi, juin 06, 2006
Le plein, s'il vous plaît (Jean-Marc Jancovici, Alain Grandjean)
Ce livre fait deux prédictions :
> L'effet de serre va avoir des conséquences catastrophiques. Je suis très dubitatif : nos modèles climatiques ne sont pas assez au point pour évaluer correctement les effets des gaz rejetés par l'homme sur le climat, et, surtout, même si il y a une élévation de température, il me paraît très aventuré de considérer que les conséquences seront négatives (et négatives pour qui ? Où ? Comment ?). En vérité, nous n'en savons rien.
> Le pétrole s'épuise rapidement, il n'y a pas d'énergies de substitution possibles (1). Or, le pétrole est indispensable à notre mode de vie à un point que nous ne réalisons bien souvent pas : transports, alimentation (2), habitat, matériaux, etc ...
L'ère du pétrole extrêmement cher puis inexistant bouleversera nos modes de vie.
Je fais un aparté pour vous dire que je lis en ce moment le regretté Philippe Muray, qui abhorrait l'idéologie dominante actuelle, faite d'hédonisme, de matriarcat à outrance (3), de totalitarisme des bons sentiments, de mime de la liberté pour couvrir la dictature du conformisme, d'anti-catholicisme (4), de jeunisme (5), de statopathie (6) etc...
Quel rapport avec le pétrole ? Je pense que la "fin de l'histoire" (absolu du soi, pertes de la relativité des choses, effacement du memento mori) dans laquelle nous baignons n'est possible que grâce à la formidable débauche d'énergie bon marché permise par le pétrole.
Bernanos l'avait déjà senti : il écrivait que le drame du monde moderne était d'avoir déraciné les imbéciles, de leur avoir permis de se déplacer abondamment. Le roller devrait figurer aux armoiries du modernisme : le crétin à roulettes, "festif", "sympa", "concerné" (pas que cerné !) et "solidaire" est le summum du Festivus festivus ; si en plus il est noir ou homosexuel, c'est l'orgasme.
Bref, toutes les fariboles lango-delanoïstes, les délires bien-pensants des compulsifs du procès (vous savez, ceux qui vous font taire au nom de la liberté, vous excluent au nom du droit à la différence et vous guilliotineraient volontiers au nom du bonheur) et autres fadaises de la branchitude "solidaire" ne sont possibles que grâce au pétrole. Car le jour où il faudra de nouveau travailler dur pour manger, pour se soigner, où les longs déplacements seront de nouveau une exception, ces futiles crétineries seront balayées par le retour à l'essentiel : manger, s'abriter, se reproduire, éduquer les enfants.
Il se peut bien qu'au milieu de la catastrophe, renaisse l'esprit. Après tout, c'est "dans le moyeu de nos guerres", "peloté à toutes mains, guelfe aux gibelins, gibelin aux guelfes" que Montaigne a écrit ses Essais.
Pour en revenir au pétrole, les auteurs préconisent une augmentation progressive des taxes sur le pétrole, de manière à ce que les changements de comportement anticipent la pénurie, solution excellente sur le papier mais qui n'a aucune chance d'advenir.
De plus, pour terminer sur une note pleine d'optimisme, si les partisans de l'effet de serre catastrophique ont raison, il est judicieux de rappeler que Montesquieu considère les climats chauds comme propices à la dictature.
(1) : par exemple, si le pétrole devait être remplacé par les biocarburants, avec la consommation actuelle, il faudrait ensemencer 95 % de la France de colza rien que pour les besoins en transports !!! Même chose pour les éoliennes et le solaire. Quant aux barrages électriques, 95 % des sites possibles sont déjà équipés en France. L'énergie renouvelable la plus prometteuse est celle dont on parle moins : la géothermie, mais elle ne peut pas avoir d'application dans les transports, qui consomment un quart de notre énergie.
(2) : sans pétrole, pas d'engrais, pas de transport, agriculture moins intensive : on ne peut plus manger de la viande à tous les repas, car la production de viande coûte bien plus d'énergie que le production de végétaux.
(3) : Muray râle avec humour contre cette idée distillée par les psycho-féministes comme quoi tout homme hétéro serait un homosexuel refoulé. La dernière tentation du Christ de Scorcese faisait déjà de Jesus un homosexuel refoulé. C'est difficile à accepter de nos jours une vraie différence (c'est pourquoi on insiste tant, en toute hypocrisie, sur le "respect des différences" pour mieux nier les vraies différences, qui ne sont pas de couleur de peau), une différence aussi fondamentale que celle de l'homme et de la femme. Non, l'homme n'est pas une femme comme les autres.
(4) défense du catholicisme par Muray : le catholicisme est la religion de la médiation (Jésus et l'Eglise sont des intermédiaires entre Dieu et l'homme), donc du mâle (par opposition à la féminité fusionnelle) donc du passage à l'âge adulte (voir St Paul sur l'abandon de ce qui appartient à l'enfance, à la fusion maternante), à l'âge de raison. C'est pourquoi le catholicisme est si détesté de nos jours : il défend l'érotisme (qui recèle une part de mystère et de convoitise) contre le sexe, la distance contre la proximité, le collectif contre l'individuel (ce qui, paradoxe apparent, préserve la liberté individuelle), la maturité contre l'enfance perpétuelle.
Muray fait d'ailleurs au passage une remarque : il n'est pas surpris que Mitterrand ait eu recours à la "voyante" Elisabeth Tessier ; aujourd'hui, le socialisme part vers le romantisme (romantisme qui, comme par hasard, est aux sources du Da Vinci Code, qui fait du Jean de la cène un androgyne, une Marie-Madeleine cachée), le fusionnel, le matriarcat, il est donc tout naturel qu'il tombe dans les supersititions et les hérésies qui vont avec. Il en découle par exemple logiquement la difficulté des socialistes à combattre les sectes, puisqu'ils n'ont plus les principes philosophiques le permettant.
Je tombe aisément d'accord avec cette défense du catholicisme par Muray : j'y retrouve le catholicisme de Montaigne. Michel adorait disputer, observer, réfléchir, mais tout vouloir juger par soi-même lui semblait présomptueux et, s'il comprenait bien les raisons des protestants, il ne s'en remettait pas moins à l'autorité de l'Eglise pour faire le lien entre Dieu et lui, ne se sentant pas l'orgueil d'aller contre une tradition validée par les siècles.
(5) avant de conclure "La jeunesse est un naufrage", Muray rappelle l'usage des jeunes fait par tous les totalitarismes, qui devrait déjà éveiller notre méfiance, et que ce qui distingue la jeunesse, état transitoire, est l'immaturité. Le jeunisme actuel lui semble donc une facette de notre haine du savoir, de la distance, de la hiérarchie ; notre préférence pour les sentiments, la fusion et la spontanéité.
(6) statopathie : dépendance de l'Etat maternant tellement extrême qu'elle en devient une maladie. P. Muray cite Richard Durn : militant associatif exemplaire, il participait à un tas d'activités "festives" et "solidaires", au point, peut-on soupçonner, de fondre son être dans la collectivité. Situation extrême et dangereuse : quand il a eu la conviction que la collectivité lui avait manqué d'égards, il est allé abattre quelques élus à Nanterre avant de se suicider dans les locaux de la police. Son suicide a empêché la tenue d'un procès qui aurait été fort instructif sur la décomposition de la personnalité dans notre société panurgesque.
> L'effet de serre va avoir des conséquences catastrophiques. Je suis très dubitatif : nos modèles climatiques ne sont pas assez au point pour évaluer correctement les effets des gaz rejetés par l'homme sur le climat, et, surtout, même si il y a une élévation de température, il me paraît très aventuré de considérer que les conséquences seront négatives (et négatives pour qui ? Où ? Comment ?). En vérité, nous n'en savons rien.
> Le pétrole s'épuise rapidement, il n'y a pas d'énergies de substitution possibles (1). Or, le pétrole est indispensable à notre mode de vie à un point que nous ne réalisons bien souvent pas : transports, alimentation (2), habitat, matériaux, etc ...
L'ère du pétrole extrêmement cher puis inexistant bouleversera nos modes de vie.
Je fais un aparté pour vous dire que je lis en ce moment le regretté Philippe Muray, qui abhorrait l'idéologie dominante actuelle, faite d'hédonisme, de matriarcat à outrance (3), de totalitarisme des bons sentiments, de mime de la liberté pour couvrir la dictature du conformisme, d'anti-catholicisme (4), de jeunisme (5), de statopathie (6) etc...
Quel rapport avec le pétrole ? Je pense que la "fin de l'histoire" (absolu du soi, pertes de la relativité des choses, effacement du memento mori) dans laquelle nous baignons n'est possible que grâce à la formidable débauche d'énergie bon marché permise par le pétrole.
Bernanos l'avait déjà senti : il écrivait que le drame du monde moderne était d'avoir déraciné les imbéciles, de leur avoir permis de se déplacer abondamment. Le roller devrait figurer aux armoiries du modernisme : le crétin à roulettes, "festif", "sympa", "concerné" (pas que cerné !) et "solidaire" est le summum du Festivus festivus ; si en plus il est noir ou homosexuel, c'est l'orgasme.
Bref, toutes les fariboles lango-delanoïstes, les délires bien-pensants des compulsifs du procès (vous savez, ceux qui vous font taire au nom de la liberté, vous excluent au nom du droit à la différence et vous guilliotineraient volontiers au nom du bonheur) et autres fadaises de la branchitude "solidaire" ne sont possibles que grâce au pétrole. Car le jour où il faudra de nouveau travailler dur pour manger, pour se soigner, où les longs déplacements seront de nouveau une exception, ces futiles crétineries seront balayées par le retour à l'essentiel : manger, s'abriter, se reproduire, éduquer les enfants.
Il se peut bien qu'au milieu de la catastrophe, renaisse l'esprit. Après tout, c'est "dans le moyeu de nos guerres", "peloté à toutes mains, guelfe aux gibelins, gibelin aux guelfes" que Montaigne a écrit ses Essais.
Pour en revenir au pétrole, les auteurs préconisent une augmentation progressive des taxes sur le pétrole, de manière à ce que les changements de comportement anticipent la pénurie, solution excellente sur le papier mais qui n'a aucune chance d'advenir.
De plus, pour terminer sur une note pleine d'optimisme, si les partisans de l'effet de serre catastrophique ont raison, il est judicieux de rappeler que Montesquieu considère les climats chauds comme propices à la dictature.
(1) : par exemple, si le pétrole devait être remplacé par les biocarburants, avec la consommation actuelle, il faudrait ensemencer 95 % de la France de colza rien que pour les besoins en transports !!! Même chose pour les éoliennes et le solaire. Quant aux barrages électriques, 95 % des sites possibles sont déjà équipés en France. L'énergie renouvelable la plus prometteuse est celle dont on parle moins : la géothermie, mais elle ne peut pas avoir d'application dans les transports, qui consomment un quart de notre énergie.
(2) : sans pétrole, pas d'engrais, pas de transport, agriculture moins intensive : on ne peut plus manger de la viande à tous les repas, car la production de viande coûte bien plus d'énergie que le production de végétaux.
(3) : Muray râle avec humour contre cette idée distillée par les psycho-féministes comme quoi tout homme hétéro serait un homosexuel refoulé. La dernière tentation du Christ de Scorcese faisait déjà de Jesus un homosexuel refoulé. C'est difficile à accepter de nos jours une vraie différence (c'est pourquoi on insiste tant, en toute hypocrisie, sur le "respect des différences" pour mieux nier les vraies différences, qui ne sont pas de couleur de peau), une différence aussi fondamentale que celle de l'homme et de la femme. Non, l'homme n'est pas une femme comme les autres.
(4) défense du catholicisme par Muray : le catholicisme est la religion de la médiation (Jésus et l'Eglise sont des intermédiaires entre Dieu et l'homme), donc du mâle (par opposition à la féminité fusionnelle) donc du passage à l'âge adulte (voir St Paul sur l'abandon de ce qui appartient à l'enfance, à la fusion maternante), à l'âge de raison. C'est pourquoi le catholicisme est si détesté de nos jours : il défend l'érotisme (qui recèle une part de mystère et de convoitise) contre le sexe, la distance contre la proximité, le collectif contre l'individuel (ce qui, paradoxe apparent, préserve la liberté individuelle), la maturité contre l'enfance perpétuelle.
Muray fait d'ailleurs au passage une remarque : il n'est pas surpris que Mitterrand ait eu recours à la "voyante" Elisabeth Tessier ; aujourd'hui, le socialisme part vers le romantisme (romantisme qui, comme par hasard, est aux sources du Da Vinci Code, qui fait du Jean de la cène un androgyne, une Marie-Madeleine cachée), le fusionnel, le matriarcat, il est donc tout naturel qu'il tombe dans les supersititions et les hérésies qui vont avec. Il en découle par exemple logiquement la difficulté des socialistes à combattre les sectes, puisqu'ils n'ont plus les principes philosophiques le permettant.
Je tombe aisément d'accord avec cette défense du catholicisme par Muray : j'y retrouve le catholicisme de Montaigne. Michel adorait disputer, observer, réfléchir, mais tout vouloir juger par soi-même lui semblait présomptueux et, s'il comprenait bien les raisons des protestants, il ne s'en remettait pas moins à l'autorité de l'Eglise pour faire le lien entre Dieu et lui, ne se sentant pas l'orgueil d'aller contre une tradition validée par les siècles.
(5) avant de conclure "La jeunesse est un naufrage", Muray rappelle l'usage des jeunes fait par tous les totalitarismes, qui devrait déjà éveiller notre méfiance, et que ce qui distingue la jeunesse, état transitoire, est l'immaturité. Le jeunisme actuel lui semble donc une facette de notre haine du savoir, de la distance, de la hiérarchie ; notre préférence pour les sentiments, la fusion et la spontanéité.
(6) statopathie : dépendance de l'Etat maternant tellement extrême qu'elle en devient une maladie. P. Muray cite Richard Durn : militant associatif exemplaire, il participait à un tas d'activités "festives" et "solidaires", au point, peut-on soupçonner, de fondre son être dans la collectivité. Situation extrême et dangereuse : quand il a eu la conviction que la collectivité lui avait manqué d'égards, il est allé abattre quelques élus à Nanterre avant de se suicider dans les locaux de la police. Son suicide a empêché la tenue d'un procès qui aurait été fort instructif sur la décomposition de la personnalité dans notre société panurgesque.
dimanche, juin 04, 2006
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FFF
Un bon Almodovar mais tout de même pas le génie de Parle avec elle.
Je regrette toutefois que ce film participe du mouvement de queerification (de queer, "pédale" en Anglais) : les femmes y sont bien, mais les hommes hétérosexuels ne peuvent être que d'affreux obsédés, ne reculant pas devant l'inceste. Dommage.
Quitte à choquer la bien-pensance, la relation normale, y compris dans sa complexité, est la relation hétérosexuelle.
Je sais que je risque de déclencher des torrents d'insultes en sous-entendant que la relation homosexuelle est anormale, mais quoi ? Je le pense, je n'empêche pas les homosexuels de vivre leur vie et ça me gênerait qu'on les en empêche.
Je me contente d'être parfaitement indifférent à l'orientation sexuelle de Pierre, Paul ou Jacques, tout en pensant que s'il avait fallu compter sur les homosexuels pour perpétuer l'espèce, nous étions mal partis.
Un bon Almodovar mais tout de même pas le génie de Parle avec elle.
Je regrette toutefois que ce film participe du mouvement de queerification (de queer, "pédale" en Anglais) : les femmes y sont bien, mais les hommes hétérosexuels ne peuvent être que d'affreux obsédés, ne reculant pas devant l'inceste. Dommage.
Quitte à choquer la bien-pensance, la relation normale, y compris dans sa complexité, est la relation hétérosexuelle.
Je sais que je risque de déclencher des torrents d'insultes en sous-entendant que la relation homosexuelle est anormale, mais quoi ? Je le pense, je n'empêche pas les homosexuels de vivre leur vie et ça me gênerait qu'on les en empêche.
Je me contente d'être parfaitement indifférent à l'orientation sexuelle de Pierre, Paul ou Jacques, tout en pensant que s'il avait fallu compter sur les homosexuels pour perpétuer l'espèce, nous étions mal partis.
80 % d'une classe d'âge au bac (suite de la suite)
J'ai plaisir à lire Montaigne, mais aussi Stendhal, qui mérite l'opprobre pour cause de droitisme (voir message précédent).
Quel crime ont donc commis les élèves pour être privés de la Chartreuse de Parme ?
Le 15 mai 1796, le général Bonaparte fit son entrée dans Milan à la tête de cette jeune armée qui venait de passer le pont de Lodi, et d'apprendre au monde qu'après tant de siècles César et Alexandre avaient un successeur. Les miracles de bravoure et de génie dont l'Italie fut témoin en quelques mois réveillèrent un peuple endormi; huit jours encore avant l'arrivée des Français, les Milanais ne voyaient en eux qu'un ramassis de brigands, habitués à fuir toujours devant les troupes de Sa Majesté Impériale et Royale: c'était du moins ce que leur répétait trois fois la semaine un petit journal grand comme la main, imprimé sur du papier sale.
Au Moyen Age, les Lombards républicains avaient fait preuve d'une bravoure égale à celle des Français, et ils méritèrent de voir leur ville entièrement rasée par les empereurs d'Allemagne. Depuis qu'ils étaient devenus de fidèles sujets leur grande affaire était d'imprimer des sonnets sur de petits mouchoirs de taffetas rose quand arrivait le mariage d'une jeune fille appartenant à quelque famille noble ou riche. Deux ou trois ans après cette grande époque de sa vie, cette jeune fille prenait un cavalier servant: quelquefois le nom du sigisbée choisi par la famille du mari occupait une place honorable dans le contrat de mariage. Il y avait loin de ces moeurs efféminées aux émotions profondes que donna l'arrivée imprévue de l'armée française. Bientôt surgirent des moeurs, nouvelles et passionnées. Un peuple tout entier s'aperçut, le 15 mai 1796, que tout ce qu'il avait respecté jusque-là était souverainement ridicule et quelquefois odieux. Le départ du dernier régiment de l'Autriche marqua la chute des idées anciennes: exposer sa vie devint à la mode; on vit que pour être heureux après des siècles de sensations affadissantes, il fallait aimer la patrie d'un amour réel et chercher les actions héroïques. On était plongé dans une nuit profonde par la continuation du despotisme jaloux de Charles-Quint et de Philippe II; on renversa leurs statues, et tout à coup l'on se trouva inondé de lumière. Depuis une cinquantaine d'années, et à mesure que l'Encyclopédie et Voltaire éclataient en France, les moines criaient au bon peuple de Milan, qu'apprendre à lire ou quelque chose au monde était une peine fort inutile, et qu'en payant bien exactement la dîme à son curé et lui racontant fidèlement tous ses petits péchés, on était à peu près sûr d'avoir une belle place au paradis. Pour achever d'énerver ce peuple autrefois si terrible et si raisonneur, l'Autriche lui avait vendu à bon marché le privilège de ne point fournir de recrues a son armée.
En 1796 l'armée milanaise se composait de vingt-quatre faquins habillés de rouge, lesquels gardaient la ville de concert avec quatre magnifiques régiments de grenadiers hongrois. La liberté des moeurs était extrême, mais la passion fort rare; d'ailleurs, outre le désagrément de devoir tout raconter au curé, sous peine de ruine même en ce monde, le bon peuple de Milan était encore soumis à certaines petites entraves monarchiques qui ne laissaient pas que d'être vexantes. Par exemple l'archiduc ', qui résidait à Milan et gouvernait au nom de l'empereur, son cousin, avait eu l'idée lucrative de faire le commerce des blés. En conséquence, défense aux paysans de vendre leurs grains jusqu'à ce que Son Altesse eût rempli ses magasins.
En mai 1796, trois jours après l'entrée des Français, un jeune peintre en miniature, un peu fou, nommé Gros, célèbre depuis, et qui était venu avec l'armée entendant raconter au grand Café des Servi (à la mode alors) les exploits de l'archiduc, qui de plus était énorme, prit la liste des glaces imprimée en placard sur une feuille de vilain papier jaune. Sur le revers de la feuille il dessina le gros archiduc; un soldat français lui donnait un coup de baïonnette dans le ventre, et, au lieu du sang, il en sortait une quantité de blé incroyable. La chose nommée plaisanterie ou caricature n'était pas connue en ce pays de despotisme cauteleux. Le dessin laissé par Gros sur la table du Café des Selvi parut un miracle descendu du ciel; il fut gravé dans la nuit, et le lendemain on en vendit vingt mille exemplaires.
Le même jour, on affichait l'avis d'une contribution de guerre de six millions, frappée pour les besoins de l'armée française, laquelle, venant de gagner six batailles et de conquérir vingt provinces, manquait seulement de souliers, de pantalons, d'habits et de chapeaux.
La masse de bonheur et de plaisir qui fit irruption en Lombardie avec ces Français si pauvres fut telle que les prêtres seuls et quelques nobles s'aperçurent de la douleur de cette contribution de six millions, qui, bientôt, fut suivie de beaucoup d'autres. Ces soldats français riaient et chantaient toute la journée; ils avaient moins de vingt-cinq ans, et leur général en chef, qui en avait vingt-sept', passait pour l'homme le plus âgé de son armée. Cette gaieté, cette jeunesse, cette insouciance, répondaient d'une façon plaisante aux prédications furibondes des moines qui, depuis six mois, annonçaient du haut de la chaire sacrée que les Français étaient des monstres, obligés, sous peine de mort, à tout brûler et à couper la tête à tout le monde. A cet effet, chaque régiment marchait avec la guillotine en tête.
Dans les campagnes l'on voyait sur la porte des chaumières le soldat français occupé à bercer le petit enfant de la maîtresse du logis, et presque chaque soir quelque tambour, jouant du violon, improvisait un bal. Les contredanses se trouvant beaucoup trop savantes et compliquées pour que les soldats, qui d'ailleurs ne les savaient guère, pussent les apprendre aux femmes du pays, c'étaient celles-ci qui montraient aux jeunes Français la Monférine, la Sauteuse et autres danses italiennes.
Quel crime ont donc commis les élèves pour être privés de la Chartreuse de Parme ?
Le 15 mai 1796, le général Bonaparte fit son entrée dans Milan à la tête de cette jeune armée qui venait de passer le pont de Lodi, et d'apprendre au monde qu'après tant de siècles César et Alexandre avaient un successeur. Les miracles de bravoure et de génie dont l'Italie fut témoin en quelques mois réveillèrent un peuple endormi; huit jours encore avant l'arrivée des Français, les Milanais ne voyaient en eux qu'un ramassis de brigands, habitués à fuir toujours devant les troupes de Sa Majesté Impériale et Royale: c'était du moins ce que leur répétait trois fois la semaine un petit journal grand comme la main, imprimé sur du papier sale.
Au Moyen Age, les Lombards républicains avaient fait preuve d'une bravoure égale à celle des Français, et ils méritèrent de voir leur ville entièrement rasée par les empereurs d'Allemagne. Depuis qu'ils étaient devenus de fidèles sujets leur grande affaire était d'imprimer des sonnets sur de petits mouchoirs de taffetas rose quand arrivait le mariage d'une jeune fille appartenant à quelque famille noble ou riche. Deux ou trois ans après cette grande époque de sa vie, cette jeune fille prenait un cavalier servant: quelquefois le nom du sigisbée choisi par la famille du mari occupait une place honorable dans le contrat de mariage. Il y avait loin de ces moeurs efféminées aux émotions profondes que donna l'arrivée imprévue de l'armée française. Bientôt surgirent des moeurs, nouvelles et passionnées. Un peuple tout entier s'aperçut, le 15 mai 1796, que tout ce qu'il avait respecté jusque-là était souverainement ridicule et quelquefois odieux. Le départ du dernier régiment de l'Autriche marqua la chute des idées anciennes: exposer sa vie devint à la mode; on vit que pour être heureux après des siècles de sensations affadissantes, il fallait aimer la patrie d'un amour réel et chercher les actions héroïques. On était plongé dans une nuit profonde par la continuation du despotisme jaloux de Charles-Quint et de Philippe II; on renversa leurs statues, et tout à coup l'on se trouva inondé de lumière. Depuis une cinquantaine d'années, et à mesure que l'Encyclopédie et Voltaire éclataient en France, les moines criaient au bon peuple de Milan, qu'apprendre à lire ou quelque chose au monde était une peine fort inutile, et qu'en payant bien exactement la dîme à son curé et lui racontant fidèlement tous ses petits péchés, on était à peu près sûr d'avoir une belle place au paradis. Pour achever d'énerver ce peuple autrefois si terrible et si raisonneur, l'Autriche lui avait vendu à bon marché le privilège de ne point fournir de recrues a son armée.
En 1796 l'armée milanaise se composait de vingt-quatre faquins habillés de rouge, lesquels gardaient la ville de concert avec quatre magnifiques régiments de grenadiers hongrois. La liberté des moeurs était extrême, mais la passion fort rare; d'ailleurs, outre le désagrément de devoir tout raconter au curé, sous peine de ruine même en ce monde, le bon peuple de Milan était encore soumis à certaines petites entraves monarchiques qui ne laissaient pas que d'être vexantes. Par exemple l'archiduc ', qui résidait à Milan et gouvernait au nom de l'empereur, son cousin, avait eu l'idée lucrative de faire le commerce des blés. En conséquence, défense aux paysans de vendre leurs grains jusqu'à ce que Son Altesse eût rempli ses magasins.
En mai 1796, trois jours après l'entrée des Français, un jeune peintre en miniature, un peu fou, nommé Gros, célèbre depuis, et qui était venu avec l'armée entendant raconter au grand Café des Servi (à la mode alors) les exploits de l'archiduc, qui de plus était énorme, prit la liste des glaces imprimée en placard sur une feuille de vilain papier jaune. Sur le revers de la feuille il dessina le gros archiduc; un soldat français lui donnait un coup de baïonnette dans le ventre, et, au lieu du sang, il en sortait une quantité de blé incroyable. La chose nommée plaisanterie ou caricature n'était pas connue en ce pays de despotisme cauteleux. Le dessin laissé par Gros sur la table du Café des Selvi parut un miracle descendu du ciel; il fut gravé dans la nuit, et le lendemain on en vendit vingt mille exemplaires.
Le même jour, on affichait l'avis d'une contribution de guerre de six millions, frappée pour les besoins de l'armée française, laquelle, venant de gagner six batailles et de conquérir vingt provinces, manquait seulement de souliers, de pantalons, d'habits et de chapeaux.
La masse de bonheur et de plaisir qui fit irruption en Lombardie avec ces Français si pauvres fut telle que les prêtres seuls et quelques nobles s'aperçurent de la douleur de cette contribution de six millions, qui, bientôt, fut suivie de beaucoup d'autres. Ces soldats français riaient et chantaient toute la journée; ils avaient moins de vingt-cinq ans, et leur général en chef, qui en avait vingt-sept', passait pour l'homme le plus âgé de son armée. Cette gaieté, cette jeunesse, cette insouciance, répondaient d'une façon plaisante aux prédications furibondes des moines qui, depuis six mois, annonçaient du haut de la chaire sacrée que les Français étaient des monstres, obligés, sous peine de mort, à tout brûler et à couper la tête à tout le monde. A cet effet, chaque régiment marchait avec la guillotine en tête.
Dans les campagnes l'on voyait sur la porte des chaumières le soldat français occupé à bercer le petit enfant de la maîtresse du logis, et presque chaque soir quelque tambour, jouant du violon, improvisait un bal. Les contredanses se trouvant beaucoup trop savantes et compliquées pour que les soldats, qui d'ailleurs ne les savaient guère, pussent les apprendre aux femmes du pays, c'étaient celles-ci qui montraient aux jeunes Français la Monférine, la Sauteuse et autres danses italiennes.
80 % d'une classe d'âge au bac (suite)
On en est là
Et qu'on comprenne bien : faire "étudier" les mémoires d'Hervé Vilard n'est pas une malheureuse exception agitée par les réactionnaires fascisants que sont les tenants de la transmission du savoir, c'est l'esprit même des programmes actuels.
L'étude de Montaigne, elle, est une exception, contraire aux programmes car susceptible :
> de provoquer l'ennui des élèves (le principal ennemi de l'école "pédagogiste" n'est pas l'ignorance mais l'ennui, l'école doit donc s'épuiser en imbécilités pour distraire un public, les enfants, qui a aussi besoin d'ennui pour grandir. Ce combat farouche, déspéré et désespérant contre l'ennui, est tout à fait cohérent avec l'idéologie dominante qui voit la maturité comme le Mal et l'enfance éternelle comme le souverain Bien.)
> de rencontrer l'incompréhension car trop "éloigné du "quotidien", comme si l'objet du savoir (il est vrai que nous avons à faire à des gens haïssant la connaissance) n'était pas "d'éloigner du quotidien".
> et de, crime suprême, attentat anti-Bien, lèse-Solidarité, créer chez certains un véritable esprit critique ; esprit critique, par essence individualiste, en tous points opposé au vide spirituel du mutin de Panurge bêlant "F comme fasciste ; N comme nazi".
Nous sommes dans cette malheureuse époque où Maupassant (1), Stendhal, Aymé et Montaigne sont considérés comme subversifs au point que nous devons en éviter l'abord aux jeunes gens.
Ceci me confirme dans l'idée que tout savoir est subversif et que le but de notre système éducatif est de fabriquer des moutons en privant les élèves de tout contact, même léger, avec cette perversion pestilentielle qu'on nomme culture, ce en quoi il faut bien admettre qu'il réussit au-delà de toute mesure. Mais j'hésite encore à applaudir ce splendide exploit.
(1) : JP Brighelli cite une anecdote à rire ou à pleurer suivant le tempérament de chacun : un de ces jeunes pofesseurs de Français comme les IUFM en produisent d'abondance, gravement incompétent, mais délicieusement généreux, "solidaire" et bien-pensant, lui explique qu'il ne fait pas lire Stendhal et Maupassant à ses élèves car ces auteurs sont de droite.
Un être peu au fait de ce qui se passe dans notre merveilleux système éducatif s'étonnerait de cette irruption déplacée de la politique dans l'enseignement de la littérature, mais, en affranchis que nous sommes, nous nous contentons de hausser les sourcils (c'est moins fatigant que de hausser les épaules : quand on est submergé par tant de connerie, il faut s'économiser, par prudence : on ne sait jamais quelle prochaine invention diaboliquement conne pourrait mobiliser toute l'énergie prudemment épargnée).
J'imagine les quelques lignes acides dont Stendhal commenterait son enrôlement post-mortem chez l'Antechrist droitiste.
Brighelli, peut-être mû par un pressentiment, soulève la question de Maupassant. Le jeune crétin à roulettes (car je me plais à l'imaginer en adepte du roller) lui répond que Maupassant n'ayant pas pris position (sous entendu dreyfusarde) dans l'affaire Dreyfus, il préfère en éviter l'étude à ses élèves.
Nous apprenons ainsi que la science du XIXème siècle est passée à coté d'un progrès extraordinaire : la résurrection. En effet, au moment de "l'Affaire", Maupassant était mort depuis trois ans.
Et qu'on comprenne bien : faire "étudier" les mémoires d'Hervé Vilard n'est pas une malheureuse exception agitée par les réactionnaires fascisants que sont les tenants de la transmission du savoir, c'est l'esprit même des programmes actuels.
L'étude de Montaigne, elle, est une exception, contraire aux programmes car susceptible :
> de provoquer l'ennui des élèves (le principal ennemi de l'école "pédagogiste" n'est pas l'ignorance mais l'ennui, l'école doit donc s'épuiser en imbécilités pour distraire un public, les enfants, qui a aussi besoin d'ennui pour grandir. Ce combat farouche, déspéré et désespérant contre l'ennui, est tout à fait cohérent avec l'idéologie dominante qui voit la maturité comme le Mal et l'enfance éternelle comme le souverain Bien.)
> de rencontrer l'incompréhension car trop "éloigné du "quotidien", comme si l'objet du savoir (il est vrai que nous avons à faire à des gens haïssant la connaissance) n'était pas "d'éloigner du quotidien".
> et de, crime suprême, attentat anti-Bien, lèse-Solidarité, créer chez certains un véritable esprit critique ; esprit critique, par essence individualiste, en tous points opposé au vide spirituel du mutin de Panurge bêlant "F comme fasciste ; N comme nazi".
Nous sommes dans cette malheureuse époque où Maupassant (1), Stendhal, Aymé et Montaigne sont considérés comme subversifs au point que nous devons en éviter l'abord aux jeunes gens.
Ceci me confirme dans l'idée que tout savoir est subversif et que le but de notre système éducatif est de fabriquer des moutons en privant les élèves de tout contact, même léger, avec cette perversion pestilentielle qu'on nomme culture, ce en quoi il faut bien admettre qu'il réussit au-delà de toute mesure. Mais j'hésite encore à applaudir ce splendide exploit.
(1) : JP Brighelli cite une anecdote à rire ou à pleurer suivant le tempérament de chacun : un de ces jeunes pofesseurs de Français comme les IUFM en produisent d'abondance, gravement incompétent, mais délicieusement généreux, "solidaire" et bien-pensant, lui explique qu'il ne fait pas lire Stendhal et Maupassant à ses élèves car ces auteurs sont de droite.
Un être peu au fait de ce qui se passe dans notre merveilleux système éducatif s'étonnerait de cette irruption déplacée de la politique dans l'enseignement de la littérature, mais, en affranchis que nous sommes, nous nous contentons de hausser les sourcils (c'est moins fatigant que de hausser les épaules : quand on est submergé par tant de connerie, il faut s'économiser, par prudence : on ne sait jamais quelle prochaine invention diaboliquement conne pourrait mobiliser toute l'énergie prudemment épargnée).
J'imagine les quelques lignes acides dont Stendhal commenterait son enrôlement post-mortem chez l'Antechrist droitiste.
Brighelli, peut-être mû par un pressentiment, soulève la question de Maupassant. Le jeune crétin à roulettes (car je me plais à l'imaginer en adepte du roller) lui répond que Maupassant n'ayant pas pris position (sous entendu dreyfusarde) dans l'affaire Dreyfus, il préfère en éviter l'étude à ses élèves.
Nous apprenons ainsi que la science du XIXème siècle est passée à coté d'un progrès extraordinaire : la résurrection. En effet, au moment de "l'Affaire", Maupassant était mort depuis trois ans.
vendredi, juin 02, 2006
Une triste (mais hélas tout à fait prévisible) nouvelle trouvée chez Yvan Rioufol
Dimanche, rue des Rosiers, dans un quartier juif de Paris, une trentaine de Noirs armés de bâtons a défilé en criant des menaces antisémites. Silence des droits de l’hommistes.
mercredi, mai 31, 2006
More of the same
JL Borloo et D. de Villepin se disputent la paternité de la baisse du chomage annoncée ce jour.
Si le chomage n'était pas un drame, cette bataille pour accrocher le lumière serait une comédie, de piètre qualité d'ailleurs.
Cette baisse du chomage est en trompe-l'oeil puisque l'emploi marchand n'a pas bougé d'un poil.
En effet, depuis trente ans qu'on fait du "traitement social du chomage", le mécanisme est parfaitement connu (le plan Borloo n'a aucune originalité, contrairement à ce que prétend son auteur) : les subventions aident à créer des emplois non rentables, qui n'auraient pas été crés spontanément sans les aides.
Puisque, par définition, ces emplois ne sont pas rentables, ils coûtent, au total, aides et salaire additionnés, plus cher qu'ils ne rapportent ; simplement, par l'effet de la subvention, le coût de l'absence de rentabilité est déplacé : ce n'est plus l'entreprise qui le supporte, sans quoi elle n'aurait pas fait cette embauche, mais l'Etat, c'est à dire en dernier ressort le contribuable.
Autrement dit, on déshabille Pierre, contribuable, le privant d'un usage de son argent dont on ne sait pas si il est économiquement judicieux ou non, pour habiller Pierre, subventionné, pour un usage de l'argent ainsi distribué dont on est certain qu'il n'est pas économiquement judicieux, puisqu'il vient créer un emploi qui coûte plus qu'il rapporte (c'est-à-dire qu'il paye un travail qui ne vaut pas le coup). C'est un recette sûre pour gaspiller.
Bref, le "traitement social du chomage" à la française est anti-économique et, donc, est condamné à échouer une fois les effets d'aubaine transitoires passés.
Le plan Théodule finit toujours pas être mis au placard, puisque, par construction il n'est pas pérenne. Les subventions s'interrompent et avec elles les emplois aidés associés, en espérant que le prélèvement sur l'économie pour financer le plan Théodule n'a pas détruit trop d'emplois par ailleurs.
Bilan : au mieux le chomage n'a pas baissé, au pire il a augmenté.
Ce que je décris là n'est nullement théorique : c'est ce qu'on observe en France depuis trente ans, période durant laquelle il n'y a eu aucune baisse prolongée du chomage et bien des hausses.
Faut-il désespérer ? De la politique peut-être, de l'économie, certainement pas.
Car la solution contre le chomage est maîtrisée, c'est le traitement économique du chomage. Il consiste à diminuer les dépenses publiques pour dégager des ressources en capital privé, à améliorer spectaculairement la qualité du système d'enseignement, à libéraliser au maximum le marché du travail (ce qui n'empêche en aucun cas de protéger les individus), à décentraliser le fonctionnemment des pouvoirs publics pour favoriser les initiatives locales, à laisser mourir sans remords les entreprises agonisantes, et, enfin, à considérer le commerce mondial comme une chance et non comme un danger.
Toutes idées appliquées avec succès chez quelques uns de nos voisins.
Si le chomage n'était pas un drame, cette bataille pour accrocher le lumière serait une comédie, de piètre qualité d'ailleurs.
Cette baisse du chomage est en trompe-l'oeil puisque l'emploi marchand n'a pas bougé d'un poil.
En effet, depuis trente ans qu'on fait du "traitement social du chomage", le mécanisme est parfaitement connu (le plan Borloo n'a aucune originalité, contrairement à ce que prétend son auteur) : les subventions aident à créer des emplois non rentables, qui n'auraient pas été crés spontanément sans les aides.
Puisque, par définition, ces emplois ne sont pas rentables, ils coûtent, au total, aides et salaire additionnés, plus cher qu'ils ne rapportent ; simplement, par l'effet de la subvention, le coût de l'absence de rentabilité est déplacé : ce n'est plus l'entreprise qui le supporte, sans quoi elle n'aurait pas fait cette embauche, mais l'Etat, c'est à dire en dernier ressort le contribuable.
Autrement dit, on déshabille Pierre, contribuable, le privant d'un usage de son argent dont on ne sait pas si il est économiquement judicieux ou non, pour habiller Pierre, subventionné, pour un usage de l'argent ainsi distribué dont on est certain qu'il n'est pas économiquement judicieux, puisqu'il vient créer un emploi qui coûte plus qu'il rapporte (c'est-à-dire qu'il paye un travail qui ne vaut pas le coup). C'est un recette sûre pour gaspiller.
Bref, le "traitement social du chomage" à la française est anti-économique et, donc, est condamné à échouer une fois les effets d'aubaine transitoires passés.
Le plan Théodule finit toujours pas être mis au placard, puisque, par construction il n'est pas pérenne. Les subventions s'interrompent et avec elles les emplois aidés associés, en espérant que le prélèvement sur l'économie pour financer le plan Théodule n'a pas détruit trop d'emplois par ailleurs.
Bilan : au mieux le chomage n'a pas baissé, au pire il a augmenté.
Ce que je décris là n'est nullement théorique : c'est ce qu'on observe en France depuis trente ans, période durant laquelle il n'y a eu aucune baisse prolongée du chomage et bien des hausses.
Faut-il désespérer ? De la politique peut-être, de l'économie, certainement pas.
Car la solution contre le chomage est maîtrisée, c'est le traitement économique du chomage. Il consiste à diminuer les dépenses publiques pour dégager des ressources en capital privé, à améliorer spectaculairement la qualité du système d'enseignement, à libéraliser au maximum le marché du travail (ce qui n'empêche en aucun cas de protéger les individus), à décentraliser le fonctionnemment des pouvoirs publics pour favoriser les initiatives locales, à laisser mourir sans remords les entreprises agonisantes, et, enfin, à considérer le commerce mondial comme une chance et non comme un danger.
Toutes idées appliquées avec succès chez quelques uns de nos voisins.
De le liberté d'expression en France
Voici trois de mes opinions :
> je considère que faire passer une loi décrétant l'esclavage passé crime contre l'humanité est un anachronisme regrettable. La notion de crime contre l'humanité ne s'applique pas à mes yeux à l'esclavage passé (combattons d'ailleurs plutôt l'esclavage présent). Ce mélange de confusion et de démagogie conduit à dévaloriser la loi.
> J'estime qu'on exagère en évoquant trop souvent et hors de propos la Shoah et l'antisémitisme. Bien qu'étant plutôt pro-sioniste, je trouve que la souffrance passée sert trop fréquemment d'alibi et d'étouffoir.
> Je suis contre l'adoption par les homosexuels. D'une part, j'estime que c'est prendre un risque psychologique pour l'enfant afin de satisfaire les désirs égoïstes des "parents" (exactement comme une femme qui sciemment "fait un bébé toute seule".) ; d'autre part, il y a là à mes yeux une incohérence, une inconséquence, une façon de vouloir le beurre et l'argent du beurre. Tout le monde a le droit d'être homosexuel, mais pourquoi ne pas assumer jusqu'au bout ? Un couple d'hommes ou un couple de femmes ne peuvent pas faire d'enfants, c'est ainsi. Si vous voulez des enfants, ne soyez pas homosexuel. Homosexuel ou parent, il faut choisir.
Il ne contrevient, à mes yeux du moins, en rien à la morale de penser que l'anachronisme est une faute de jugement, qu'exciper trop souvent de ses blessures est un manque de pudeur et un chantage sentimental, et que ne pas assumer complètement des différences de moeurs librement choisies est une lâcheté.
Pourtant, la législation française étant ce qu'elle est, je me demande si je ne tombe pas sous le coup de la loi pour chacune de ces opinions.
Le simple fait que je puisse avoir ce doute en dit long sur le conformisme qui paralyse gravement la pensée et l'expression en France. On ne devrait pas avoir la moindre incertitude s'agissant du plus intime l'opinion et la liberté de l'exprimer.
Pour vous poser le problème avec plus d'humour, croyez que Pierre Desproges serait quitte de poursuites judiciaires si il ressuscitait et concluait de nouveau son sketch collaboration/résistance par "L'embêtant dans la collaboration, c'est de dénoncer les juifs. C'est pas joli, joli. Mais l'embêtant dans la résistance, c'est qu'il fallait vivre avec." ?
> je considère que faire passer une loi décrétant l'esclavage passé crime contre l'humanité est un anachronisme regrettable. La notion de crime contre l'humanité ne s'applique pas à mes yeux à l'esclavage passé (combattons d'ailleurs plutôt l'esclavage présent). Ce mélange de confusion et de démagogie conduit à dévaloriser la loi.
> J'estime qu'on exagère en évoquant trop souvent et hors de propos la Shoah et l'antisémitisme. Bien qu'étant plutôt pro-sioniste, je trouve que la souffrance passée sert trop fréquemment d'alibi et d'étouffoir.
> Je suis contre l'adoption par les homosexuels. D'une part, j'estime que c'est prendre un risque psychologique pour l'enfant afin de satisfaire les désirs égoïstes des "parents" (exactement comme une femme qui sciemment "fait un bébé toute seule".) ; d'autre part, il y a là à mes yeux une incohérence, une inconséquence, une façon de vouloir le beurre et l'argent du beurre. Tout le monde a le droit d'être homosexuel, mais pourquoi ne pas assumer jusqu'au bout ? Un couple d'hommes ou un couple de femmes ne peuvent pas faire d'enfants, c'est ainsi. Si vous voulez des enfants, ne soyez pas homosexuel. Homosexuel ou parent, il faut choisir.
Il ne contrevient, à mes yeux du moins, en rien à la morale de penser que l'anachronisme est une faute de jugement, qu'exciper trop souvent de ses blessures est un manque de pudeur et un chantage sentimental, et que ne pas assumer complètement des différences de moeurs librement choisies est une lâcheté.
Pourtant, la législation française étant ce qu'elle est, je me demande si je ne tombe pas sous le coup de la loi pour chacune de ces opinions.
Le simple fait que je puisse avoir ce doute en dit long sur le conformisme qui paralyse gravement la pensée et l'expression en France. On ne devrait pas avoir la moindre incertitude s'agissant du plus intime l'opinion et la liberté de l'exprimer.
Pour vous poser le problème avec plus d'humour, croyez que Pierre Desproges serait quitte de poursuites judiciaires si il ressuscitait et concluait de nouveau son sketch collaboration/résistance par "L'embêtant dans la collaboration, c'est de dénoncer les juifs. C'est pas joli, joli. Mais l'embêtant dans la résistance, c'est qu'il fallait vivre avec." ?
Une citation sur le "patriotisme" économique
Il est tout à fait naturel qu'on ressente la nostalgie de ce qui était l'Empire, tout comme on peut regretter la douceur des lampes à huile, la splendeur de la marine à voile, le charme du temps des équipages. Mais quoi ! il n'y a pas de politique qui vaille en dehors des réalités.
Bien sûr, Charles de Gaulle ne pensait pas à l'économie en disant cela. Mais je trouve que cette citation s'applique parfaitement au "patriotisme" économique, qui n'est à mes yeux qu'un chauvinisme rétrograde.
Il ne s'agit pas de ma part de naïveté, au contraire : peu importe la nationalité des actionnaires et des dirigeants tant que l'argent rentre.
Or, rien de tel pour faire rentrer l'argent que la sécurité juridique (1) et un marché ouvert, tout le contraire du "patriotisme économique".
D'autres que nous pratiquent le chauvinisme économique ? Et alors ? Nous ne sommes pas obligés de les suivre dans leurs erreurs.
(1) : c'est-à-dire le contraire de l'intervention étatique à la tête du client : pourquoi hurler contre Mittal pour défendre Arcelor et pas contre Colony Capital pour défendre Taittinger ? C'est l'arbitraire brut et aléatoire, sans queue ni tête.
Bien sûr, Charles de Gaulle ne pensait pas à l'économie en disant cela. Mais je trouve que cette citation s'applique parfaitement au "patriotisme" économique, qui n'est à mes yeux qu'un chauvinisme rétrograde.
Il ne s'agit pas de ma part de naïveté, au contraire : peu importe la nationalité des actionnaires et des dirigeants tant que l'argent rentre.
Or, rien de tel pour faire rentrer l'argent que la sécurité juridique (1) et un marché ouvert, tout le contraire du "patriotisme économique".
D'autres que nous pratiquent le chauvinisme économique ? Et alors ? Nous ne sommes pas obligés de les suivre dans leurs erreurs.
(1) : c'est-à-dire le contraire de l'intervention étatique à la tête du client : pourquoi hurler contre Mittal pour défendre Arcelor et pas contre Colony Capital pour défendre Taittinger ? C'est l'arbitraire brut et aléatoire, sans queue ni tête.
mardi, mai 30, 2006
A propos de ségolisme
Je vous faisais part il y a quelques jours de l'avis peu flatteur d'Alain Etchegoyen sur la dame rose. Voici un complément
Le ségolisme cache-misère idéologique des socialistes
Le ségolisme cache-misère idéologique des socialistes
Un mot de Favilla dans Les Echos
On en est là :
Plus fascinant [que les partis extrêmes] est le comportement des partis de gouvernement.
Dotés d'une solide majorité parlementaire, le pouvoir et l'UMP réussissent à faire oublier leur gestion somme toute acceptable du pays par les vapeurs délétères de Clearstream. Après avoir maladroitement tenté d'enfumer Nicolas Sarkozy par des manoeuvres subalternes, « on » cherche maintenant à diffracter l'enquête par divers fumigènes ; la « victime », de son côté, commence à craindre que toutes ces nuées n'occultent son mâle discours...
Mais, en face, les socialistes sont près de sauver la droite par la confusion du leur. Pris au piège de leur projet compliqué et toujours en discussion, ils interdisent pourtant à leur futur candidat de s'en écarter, ce qui ne lui facilitera pas la tâche ; leur dernière controverse les oppose sur la date de sa désignation, la durée de la campagne interne, l'opportunité ou non d'en laisser téléviser les débats.
Et, quand des responsables du parti, soucieux de la future majorité, n'excluent pas de prendre langue un jour avec François Bayrou - nouvel opposant depuis son vote de censure -, ils se voient quasiment menacés d'excommunication pour collusion avec la droite. On peut être stupéfait d'un tel refus de l'esprit d'examen, d'une aussi grande prégnance de l'exclusion des autres, sorte de racisme politique, d'une référence aussi butée à on ne sait quels principes inscrits dans on ne sait quel Coran. Aveuglé par l'obsession des « voix de gauche », le PS semble s'enfermer à nouveau dans les effluves de sa fumerie, comme l'opiomane se blottit dans la sienne. On ne s'étonnera pas qu'après cela, le moment venu, l'électeur délaisse les urnes à la recherche d'un bol d'air.
Plus fascinant [que les partis extrêmes] est le comportement des partis de gouvernement.
Dotés d'une solide majorité parlementaire, le pouvoir et l'UMP réussissent à faire oublier leur gestion somme toute acceptable du pays par les vapeurs délétères de Clearstream. Après avoir maladroitement tenté d'enfumer Nicolas Sarkozy par des manoeuvres subalternes, « on » cherche maintenant à diffracter l'enquête par divers fumigènes ; la « victime », de son côté, commence à craindre que toutes ces nuées n'occultent son mâle discours...
Mais, en face, les socialistes sont près de sauver la droite par la confusion du leur. Pris au piège de leur projet compliqué et toujours en discussion, ils interdisent pourtant à leur futur candidat de s'en écarter, ce qui ne lui facilitera pas la tâche ; leur dernière controverse les oppose sur la date de sa désignation, la durée de la campagne interne, l'opportunité ou non d'en laisser téléviser les débats.
Et, quand des responsables du parti, soucieux de la future majorité, n'excluent pas de prendre langue un jour avec François Bayrou - nouvel opposant depuis son vote de censure -, ils se voient quasiment menacés d'excommunication pour collusion avec la droite. On peut être stupéfait d'un tel refus de l'esprit d'examen, d'une aussi grande prégnance de l'exclusion des autres, sorte de racisme politique, d'une référence aussi butée à on ne sait quels principes inscrits dans on ne sait quel Coran. Aveuglé par l'obsession des « voix de gauche », le PS semble s'enfermer à nouveau dans les effluves de sa fumerie, comme l'opiomane se blottit dans la sienne. On ne s'étonnera pas qu'après cela, le moment venu, l'électeur délaisse les urnes à la recherche d'un bol d'air.
Le Caiman

F
De très loin, le plus mauvais film de Nanni Moretti : ça n'arrête pas de gueuler (caricature d'italianité), le politiquement correct et obligatoire couple homosexuel (du mauvais Almodovar) et un anti-berlusconisme tellement primaire qu'il en est ridicule.
Vivement le prochain Moretti , car c'est un cinéaste que j'apprécie, mais personne n'est parfait et il vient de faire un méchant film.
En photo d'illustration, je vous ai mis tout ce qui est agréable dans ce film.
Nota : l'enthousiasme de Télérama et du Monde en dit long sur leurs critères "cinématographiques" : l'antiberlusconisme vaut brevet de 7ème art.
lundi, mai 29, 2006
Un blog intéresant
C'est la blog d'un officier d'Etat-Major, vous y trouverez des propos sur l'actualité (notamment sur l'Irak, loin de la bouillie pour chats que nous sert la presse française (1)) et sur l'histoire (par exemples sur les guerres de Vendée).
Ludovic Monnerat
(1) : chaque fois que je lis des conneries dans la presse, généralement inspirées par l'esprit partisan et par un paresseux conformisme, je crois que le fond a été atteint, puis je suis déçu : il y a toujours pire.
Rappelons quelques faits en faveur de la politique de la coalition (les faits défavorables seront rappelés par d'autres que moi) :
> la guerre a mis fin à l'horrible dictature de Saddam Hussein.
> les timides velléités démocratiques des dictatures de la région sont dues à la peur du désormais voisin américain.
> l'Irak a un gouvernement élu.
> Le chaos vient des irakiens, ou plutôt de leurs factions, pas des coalisés.
Ludovic Monnerat
(1) : chaque fois que je lis des conneries dans la presse, généralement inspirées par l'esprit partisan et par un paresseux conformisme, je crois que le fond a été atteint, puis je suis déçu : il y a toujours pire.
Rappelons quelques faits en faveur de la politique de la coalition (les faits défavorables seront rappelés par d'autres que moi) :
> la guerre a mis fin à l'horrible dictature de Saddam Hussein.
> les timides velléités démocratiques des dictatures de la région sont dues à la peur du désormais voisin américain.
> l'Irak a un gouvernement élu.
> Le chaos vient des irakiens, ou plutôt de leurs factions, pas des coalisés.
Un épisode inconnu du Monde
Le Monde, dont c'est le droit, souhaite faire la promotion du film Indigènes de Rachid Bouchareb.
Mais c'est pousser le bouchon très loin que de présenter la contribution des indigènes des colonies à la Libération comme un épisode inconnu, sous entendu, les Français sont incorrigiblement oublieux et ingrats.
Si il n'y avait que cela, les commémorations du débarquement en Provence en août 2004 et la polémique autour du "rôle positif de la colonisation" suffiraient à invalider votre propos en rappelant que le passé colonial est un sujet sensible pour tous les Français, largement présent dans les médias et toujours porteurs de passion ; il est donc difficile de suivre arguant de l'ignorance du public.
Le Monde délaisserait-il l'objectivité pour se laisser aller à un tiers-mondisme sournois ?
Mais c'est pousser le bouchon très loin que de présenter la contribution des indigènes des colonies à la Libération comme un épisode inconnu, sous entendu, les Français sont incorrigiblement oublieux et ingrats.
Si il n'y avait que cela, les commémorations du débarquement en Provence en août 2004 et la polémique autour du "rôle positif de la colonisation" suffiraient à invalider votre propos en rappelant que le passé colonial est un sujet sensible pour tous les Français, largement présent dans les médias et toujours porteurs de passion ; il est donc difficile de suivre arguant de l'ignorance du public.
Le Monde délaisserait-il l'objectivité pour se laisser aller à un tiers-mondisme sournois ?
Ségolène serait soupe au lait
Voici un extrait d'un article, dont j'ai repris le titre, de Dominique Dhombres :
Un des invités, dimanche soir, était le philosophe Alain Etchegoyen, ancien collaborateur de Claude Allègre et de Ségolène Royal au ministère de l'éducation nationale. Sur cette dernière, il faisait entendre une voix discordante. "Son succès dans le champ politique me laisse penser qu'elle doit disposer d'atouts qui m'ont échappé, avoir des traits de caractère que je n'ai pas perçu", disait-il.
Selon lui, la dame en question "ne pense qu'à faire des coups médiatiques". Elle ne se préoccupe que de son image. Elle ne travaille pas. Et soupe au lait, avec ça ! Capable de piquer des colères terribles pour une tasse de café qui traîne. Dominique de Villepin n'était pas davantage épargné. "Vous le voyez trois quarts d'heure, et vous avez l'impression d'avoir fait le tour complet du personnage". Il faudrait interroger à ce sujet le général Rondot, qui l'a beaucoup fréquenté. Hélas, désormais, il se tait.
Je pense que M. Etchegoyen est passé à travers l'essentiel sans le voir. Que Mme Royal travaille peu, connaisse mal ses dossiers et n'ait pas grand'chose à dire est une évidence pour qui lit la presse ou s'est intéressé au passage ministériel de la dame.
C'est la phrase "elle doit disposer d'atouts qui m'ont échappé, avoir des traits de caractère que je n'ai pas perçu" qui a attiré mon attention. Alain Etchegoyen croit que le succès sondagier de Mme Royal repose sur des faits positifs, je crois au contraire que son succès s'ancre dans le négatif : par rejet des autres candidats, les Français projette sur l'image lisse et sans saveur de Mme Royal leur fantasme de candidat idéal.
Ainsi, le recours au prénom : qui n'a pas rêvé de tutoyer un Président de la République, de l'appeler par son prénom ? Mais, quand vient l'heure de glisser le bulletin dans l'urne, la familiarité rejoint le rayon des imaginations fumeuses et discrédite le candidat qui en bénéficie.
A mes yeux, le simple fait qu'on appelle Mme Royal par son prénom suffit à montrer qu'elle ne sera pas élue et qu'elle occupe juste le terrain, comme un intermède avant les choses sérieuses.
Evidemment, je peux me tromper.
Un des invités, dimanche soir, était le philosophe Alain Etchegoyen, ancien collaborateur de Claude Allègre et de Ségolène Royal au ministère de l'éducation nationale. Sur cette dernière, il faisait entendre une voix discordante. "Son succès dans le champ politique me laisse penser qu'elle doit disposer d'atouts qui m'ont échappé, avoir des traits de caractère que je n'ai pas perçu", disait-il.
Selon lui, la dame en question "ne pense qu'à faire des coups médiatiques". Elle ne se préoccupe que de son image. Elle ne travaille pas. Et soupe au lait, avec ça ! Capable de piquer des colères terribles pour une tasse de café qui traîne. Dominique de Villepin n'était pas davantage épargné. "Vous le voyez trois quarts d'heure, et vous avez l'impression d'avoir fait le tour complet du personnage". Il faudrait interroger à ce sujet le général Rondot, qui l'a beaucoup fréquenté. Hélas, désormais, il se tait.
Je pense que M. Etchegoyen est passé à travers l'essentiel sans le voir. Que Mme Royal travaille peu, connaisse mal ses dossiers et n'ait pas grand'chose à dire est une évidence pour qui lit la presse ou s'est intéressé au passage ministériel de la dame.
C'est la phrase "elle doit disposer d'atouts qui m'ont échappé, avoir des traits de caractère que je n'ai pas perçu" qui a attiré mon attention. Alain Etchegoyen croit que le succès sondagier de Mme Royal repose sur des faits positifs, je crois au contraire que son succès s'ancre dans le négatif : par rejet des autres candidats, les Français projette sur l'image lisse et sans saveur de Mme Royal leur fantasme de candidat idéal.
Ainsi, le recours au prénom : qui n'a pas rêvé de tutoyer un Président de la République, de l'appeler par son prénom ? Mais, quand vient l'heure de glisser le bulletin dans l'urne, la familiarité rejoint le rayon des imaginations fumeuses et discrédite le candidat qui en bénéficie.
A mes yeux, le simple fait qu'on appelle Mme Royal par son prénom suffit à montrer qu'elle ne sera pas élue et qu'elle occupe juste le terrain, comme un intermède avant les choses sérieuses.
Evidemment, je peux me tromper.
dimanche, mai 28, 2006
Le rêve européen confisqué ?
Le titre de ce message reprend, avec un point d'interrogation en plus, celui d'un article du Monde :
Le rêve européen confisqué
C'est tout de même étrange, ces gens qui votent Non à un projet européen majeur et qui s'étonnent que l'Europe s'arrête.
Ils diront qu'ils n'ont pas voté pour que l'Europe s'arrête mais pour la révolution en Europe : c'est abusif, les partisans de Villiers et de Le Pen, qui ont aussi voté Non, faut-il le rappeler, ne sont certainement pas favorables à la révolution en Europe, en tout cas pas la même que celle du postier et du faux agriculteur (1).
De toute façon, ça n'était pas la question posée.
(1) : c'est ça, la démocratie : une voix d'un lepéniste pèse ni plus ni moins que celle d'un trotskiste, c'est pourquoi il n'y aucune raison que ça soit l'interprétation gauchiste du Non qui l'emporte.
Le rêve européen confisqué
C'est tout de même étrange, ces gens qui votent Non à un projet européen majeur et qui s'étonnent que l'Europe s'arrête.
Ils diront qu'ils n'ont pas voté pour que l'Europe s'arrête mais pour la révolution en Europe : c'est abusif, les partisans de Villiers et de Le Pen, qui ont aussi voté Non, faut-il le rappeler, ne sont certainement pas favorables à la révolution en Europe, en tout cas pas la même que celle du postier et du faux agriculteur (1).
De toute façon, ça n'était pas la question posée.
(1) : c'est ça, la démocratie : une voix d'un lepéniste pèse ni plus ni moins que celle d'un trotskiste, c'est pourquoi il n'y aucune raison que ça soit l'interprétation gauchiste du Non qui l'emporte.
Des parents d'élèves toujours plus procéduriers
Je me sens fondé à reprocher à l'éducation nationale (qui a déjà le tort de donner à croire que son rôle est d'éduquer et non d'instruire) son abdication devant les caprices des élèves (1) ; cependant je dois reconnaître que, quand les parents se comportent comme d'infâmes malotrus, je dois admettre que ça devient difficile d'oeuvrer.
(1) récemment, un adolescent m'a montré les films qu'il tourne avec son portable pendant les cours (il est en 1ère). Pourquoi lui est-il permis d'utiliser son portable en classe ? Pourquoi un tel chahut (l'action ressemblait plus à un combat de catch, hélas pour une fois je n'exagère pas, qu'à un cours d'histoire, désignation officielle et purement théorique du bordel filmé par le jeune homme) ? Néanmoins, puisque tout cela n'avait pas l'air le moins de monde perturber le professeur qui continuait à débiter son boniment, avec quelques magnifiques retraits du buste pour éviter de ci de là un avion en papier (je n'invente rien), c'est sûrement que je suis un réactionnaire qui n'a rien compris à l'éducation.
Des parents d'élèves toujours plus procéduriers
Marie-Estelle Pech
27 mai 2006, (Rubrique France Le Figaro)
Drogue, violences, absentéisme : le nombre des conseils de discipline explose. Mais les familles rejettent souvent l'autorité scolaire.
C'est Anne Kerkhove qui a été élue hier présidente nationale des Parents d'élèves de l'enseignement public (Peep), la deuxième fédération de parents d'élèves, lors de son congrès annuel au Mans. Cette Lyonnaise de 50 ans «souhaite ramener le calme. Les luttes de pouvoir doivent cesser», a-t-elle annoncé alors que la Peep est marquée depuis deux ans par des tensions internes, sur fond de malversations financières et de luttes de clans.
Depuis quelques années, les parents de la Peep notent une multiplication des recours aux conseils de discipline avec des exclusions quasi systématiques. «On a de plus en plus de problèmes de drogue», s'est inquiété un représentant de l'Essonne lors d'un groupe de travail consacré hier à ce sujet lors du congrès annuel. Les passages devant les conseils de discipline pour des violences verbales et physiques sont également en hausse tout comme les problèmes d'absentéisme.
Des «phénomènes nouveaux» sont de plus en plus sanctionnés comme les blogs injurieux envers les enseignants et les jeux violents entre enfants. Ou encore les cas de photos «volées» d'enseignants, parfois dans des postures peu avantageuses, prises avec des téléphones portables. Ces incivilités accrues, associées à une judiciarisation toujours plus grande de la société, cantonnent souvent les relations entre parents et enseignants à un dialogue de sourds.
D'autant plus que les parents se sentent souvent démunis et méfiants face aux procédures de l'Education nationale.
Les familles sont nombreuses à avoir recours aux services d'un avocat. Le but est généralement d'«éviter l'exclusion», explique Pierre-Gérard Bazillou, vice-président de la Peep Paris. Cette sanction pose en effet souvent des problèmes de transports aux familles puisque l'enfant est ensuite scolarisé dans un autre établissement.
Les parents défendent parfois leurs enfants envers et contre tout. «C'est une honte que le surveillant ne se soit pas rendu compte plus tôt que mon enfant transportait de la drogue. Il a mal fait son boulot !», a déjà entendu un conseil de discipline. D'autres assurent mordicus que leur fils était en état de «légitime défense» alors qu'il avait tabassé son petit camarade après lui avoir subtilisé sa calculette. Une congressiste se souvient de ces quatre enfants qui avaient fait «exploser» les toilettes d'un établissement de Clermont-Ferrand et qui risquaient l'exclusion. Ils étaient venus avec quatre avocats en robe dont le bâtonnier de la ville. Ces derniers ont très longuement expliqué que les parents «méritants» ne devaient pas subir un tel désaveu. «Etre assisté d'un avocat n'est pas une bonne solution. Cela dédouane un peu rapidement l'élève et les parents de leurs responsabilités», déplore-t-elle.
Les parents contestent aussi les décisions en faisant appel devant les rectorats. Parce qu'on ne les a pas suffisamment écoutés en première instance, expliquent-ils. «Le plus souvent parce qu'ils sont mal informés mais aussi pour régler leurs comptes avec l'Education nationale», note un représentant de la Peep à la commission d'appel des conseils de discipline au rectorat de Paris. D'autres, très procéduriers, formulent ensuite un recours devant les tribunaux administratifs. Comme ce père dont le garçon vendait de la drogue dans son collège parisien et qui estimait «scandaleux» que son fils soit sanctionné.
(1) récemment, un adolescent m'a montré les films qu'il tourne avec son portable pendant les cours (il est en 1ère). Pourquoi lui est-il permis d'utiliser son portable en classe ? Pourquoi un tel chahut (l'action ressemblait plus à un combat de catch, hélas pour une fois je n'exagère pas, qu'à un cours d'histoire, désignation officielle et purement théorique du bordel filmé par le jeune homme) ? Néanmoins, puisque tout cela n'avait pas l'air le moins de monde perturber le professeur qui continuait à débiter son boniment, avec quelques magnifiques retraits du buste pour éviter de ci de là un avion en papier (je n'invente rien), c'est sûrement que je suis un réactionnaire qui n'a rien compris à l'éducation.
Des parents d'élèves toujours plus procéduriers
Marie-Estelle Pech
27 mai 2006, (Rubrique France Le Figaro)
Drogue, violences, absentéisme : le nombre des conseils de discipline explose. Mais les familles rejettent souvent l'autorité scolaire.
C'est Anne Kerkhove qui a été élue hier présidente nationale des Parents d'élèves de l'enseignement public (Peep), la deuxième fédération de parents d'élèves, lors de son congrès annuel au Mans. Cette Lyonnaise de 50 ans «souhaite ramener le calme. Les luttes de pouvoir doivent cesser», a-t-elle annoncé alors que la Peep est marquée depuis deux ans par des tensions internes, sur fond de malversations financières et de luttes de clans.
Depuis quelques années, les parents de la Peep notent une multiplication des recours aux conseils de discipline avec des exclusions quasi systématiques. «On a de plus en plus de problèmes de drogue», s'est inquiété un représentant de l'Essonne lors d'un groupe de travail consacré hier à ce sujet lors du congrès annuel. Les passages devant les conseils de discipline pour des violences verbales et physiques sont également en hausse tout comme les problèmes d'absentéisme.
Des «phénomènes nouveaux» sont de plus en plus sanctionnés comme les blogs injurieux envers les enseignants et les jeux violents entre enfants. Ou encore les cas de photos «volées» d'enseignants, parfois dans des postures peu avantageuses, prises avec des téléphones portables. Ces incivilités accrues, associées à une judiciarisation toujours plus grande de la société, cantonnent souvent les relations entre parents et enseignants à un dialogue de sourds.
D'autant plus que les parents se sentent souvent démunis et méfiants face aux procédures de l'Education nationale.
Les familles sont nombreuses à avoir recours aux services d'un avocat. Le but est généralement d'«éviter l'exclusion», explique Pierre-Gérard Bazillou, vice-président de la Peep Paris. Cette sanction pose en effet souvent des problèmes de transports aux familles puisque l'enfant est ensuite scolarisé dans un autre établissement.
Les parents défendent parfois leurs enfants envers et contre tout. «C'est une honte que le surveillant ne se soit pas rendu compte plus tôt que mon enfant transportait de la drogue. Il a mal fait son boulot !», a déjà entendu un conseil de discipline. D'autres assurent mordicus que leur fils était en état de «légitime défense» alors qu'il avait tabassé son petit camarade après lui avoir subtilisé sa calculette. Une congressiste se souvient de ces quatre enfants qui avaient fait «exploser» les toilettes d'un établissement de Clermont-Ferrand et qui risquaient l'exclusion. Ils étaient venus avec quatre avocats en robe dont le bâtonnier de la ville. Ces derniers ont très longuement expliqué que les parents «méritants» ne devaient pas subir un tel désaveu. «Etre assisté d'un avocat n'est pas une bonne solution. Cela dédouane un peu rapidement l'élève et les parents de leurs responsabilités», déplore-t-elle.
Les parents contestent aussi les décisions en faisant appel devant les rectorats. Parce qu'on ne les a pas suffisamment écoutés en première instance, expliquent-ils. «Le plus souvent parce qu'ils sont mal informés mais aussi pour régler leurs comptes avec l'Education nationale», note un représentant de la Peep à la commission d'appel des conseils de discipline au rectorat de Paris. D'autres, très procéduriers, formulent ensuite un recours devant les tribunaux administratifs. Comme ce père dont le garçon vendait de la drogue dans son collège parisien et qui estimait «scandaleux» que son fils soit sanctionné.
samedi, mai 27, 2006
J'avais oublié de parler de la SOGERMA
Mes commentaires entre crochets.
Sogerma : l'Etat schizophrène
L'éditorial de Gaëtan de Capèle (Le Figaro)
24 mai 2006, (Rubrique Opinions)
Le déploiement de force gouvernemental pour voler au secours de la Sogerma, cette filiale de maintenance aéronautique du groupe EADS dont le site de Mérignac est promis à la fermeture, doit sans nul doute faire chaud au coeur du millier de salariés concernés [qui ont tous déjà reçu une proposition de reclassement]. Pris en main par le premier ministre lui-même, qui a mobilisé à cette occasion pas moins de six ministres, ce dossier est en passe de devenir une affaire nationale, comme le furent, à l'époque, la fermeture de l'usine de Vilvorde par Renault ou encore les «licenciements boursiers» de Michelin. Sur le fond des choses, même si l'on ne peut s'empêcher de penser, surtout par les temps qui courent, qu'il y avait hier trop de caméras de télévision en Gironde pour que ce branle-bas de combat soit totalement dénué d'arrière-pensées, on peut comprendre que les pouvoirs publics s'emparent du sujet. Pour l'économie locale, un plan social de cette ampleur, même accompagné de propositions de reconversion au sein du groupe EADS, est catastrophique. Tout ce qui peut concourir à limiter les dégâts, par exemple avec des mesures de reconversion industrielle du site, doit donc être entrepris. [EADS propose de "faire un geste" si l'Etat lui passe des commandes. Pourquoi le contribuable, par exemple le smicard de Trifouillis les Ouailles, payerait-il pour que les employés de Sogerma gardent leurs emplois ?]
Pour autant, si l'on veut bien considérer que, dans cette affaire, chacun doit prendre ses responsabilités, il faut admettre que celle de la direction d'EADS était d'interrompre une dangereuse hémorragie. Quelle société privée, confrontée quotidiennement aux réalités d'une compétition mondiale sans concession, peut se permettre de voir l'une de ses filiales perdre un tiers de son chiffre d'affaires sans réagir ? Surtout si, comme dans le cas de la Sogerma, il ne s'agit pas d'un simple trou d'air conjoncturel, mais d'un fonds de commerce qui se volatilise inexorablement : toutes les grandes compagnies aériennes assurent désormais elles-mêmes la maintenance de leurs appareils et les low-costs la confient à des pays tout aussi low-costs. On notera au passage que, lorsqu'il s'agit de ses propres deniers, le gouvernement ne raisonne pas autrement. Le ministère de la Défense n'a-t-il pas lui-même participé aux déboires de la Sogerma en attribuant, au terme d'appels d'offres, des contrats d'entretien d'avions militaires à un concurrent portugais ?
Enfin, on ne peut s'empêcher de renvoyer les pouvoirs publics à leurs propres contradictions. Premier actionnaire d'EADS avec 15% du capital, l'Etat français est représenté à son conseil d'administration. A ce titre, il valide la stratégie du groupe et exige de lui, comme il se doit, une gestion rigoureuse, ainsi qu'une rentabilité de bon aloi, seul gage de survie face à un concurrent de la dimension de Boeing. A ce titre encore, il a eu à connaître de la situation de la Sogerma et du projet d'EADS la concernant, apparemment sans s'en émouvoir, jusqu'à ce qu'il soit porté sur la place publique. Une schizophrénie de plus en plus difficile à assumer [mais l'hypocrisie, elle, est assumée sans complexes].
Sogerma : l'Etat schizophrène
L'éditorial de Gaëtan de Capèle (Le Figaro)
24 mai 2006, (Rubrique Opinions)
Le déploiement de force gouvernemental pour voler au secours de la Sogerma, cette filiale de maintenance aéronautique du groupe EADS dont le site de Mérignac est promis à la fermeture, doit sans nul doute faire chaud au coeur du millier de salariés concernés [qui ont tous déjà reçu une proposition de reclassement]. Pris en main par le premier ministre lui-même, qui a mobilisé à cette occasion pas moins de six ministres, ce dossier est en passe de devenir une affaire nationale, comme le furent, à l'époque, la fermeture de l'usine de Vilvorde par Renault ou encore les «licenciements boursiers» de Michelin. Sur le fond des choses, même si l'on ne peut s'empêcher de penser, surtout par les temps qui courent, qu'il y avait hier trop de caméras de télévision en Gironde pour que ce branle-bas de combat soit totalement dénué d'arrière-pensées, on peut comprendre que les pouvoirs publics s'emparent du sujet. Pour l'économie locale, un plan social de cette ampleur, même accompagné de propositions de reconversion au sein du groupe EADS, est catastrophique. Tout ce qui peut concourir à limiter les dégâts, par exemple avec des mesures de reconversion industrielle du site, doit donc être entrepris. [EADS propose de "faire un geste" si l'Etat lui passe des commandes. Pourquoi le contribuable, par exemple le smicard de Trifouillis les Ouailles, payerait-il pour que les employés de Sogerma gardent leurs emplois ?]
Pour autant, si l'on veut bien considérer que, dans cette affaire, chacun doit prendre ses responsabilités, il faut admettre que celle de la direction d'EADS était d'interrompre une dangereuse hémorragie. Quelle société privée, confrontée quotidiennement aux réalités d'une compétition mondiale sans concession, peut se permettre de voir l'une de ses filiales perdre un tiers de son chiffre d'affaires sans réagir ? Surtout si, comme dans le cas de la Sogerma, il ne s'agit pas d'un simple trou d'air conjoncturel, mais d'un fonds de commerce qui se volatilise inexorablement : toutes les grandes compagnies aériennes assurent désormais elles-mêmes la maintenance de leurs appareils et les low-costs la confient à des pays tout aussi low-costs. On notera au passage que, lorsqu'il s'agit de ses propres deniers, le gouvernement ne raisonne pas autrement. Le ministère de la Défense n'a-t-il pas lui-même participé aux déboires de la Sogerma en attribuant, au terme d'appels d'offres, des contrats d'entretien d'avions militaires à un concurrent portugais ?
Enfin, on ne peut s'empêcher de renvoyer les pouvoirs publics à leurs propres contradictions. Premier actionnaire d'EADS avec 15% du capital, l'Etat français est représenté à son conseil d'administration. A ce titre, il valide la stratégie du groupe et exige de lui, comme il se doit, une gestion rigoureuse, ainsi qu'une rentabilité de bon aloi, seul gage de survie face à un concurrent de la dimension de Boeing. A ce titre encore, il a eu à connaître de la situation de la Sogerma et du projet d'EADS la concernant, apparemment sans s'en émouvoir, jusqu'à ce qu'il soit porté sur la place publique. Une schizophrénie de plus en plus difficile à assumer [mais l'hypocrisie, elle, est assumée sans complexes].
jeudi, mai 25, 2006
Le PS est-il idiot, cynique ou démagogue, ou un peu de tout cela à la fois ?
J'ai oublié de vous rapporter l'opinion de Michel Charasse : le PS a pris goût à la distribution des places et au clientélisme et rien ne vaut pour cela les mandats locaux.
Si le PS veut gagner les prochaines municipales, il a intérêt à laisser la droite gagner les présidentielles, en vertu du mouvement habituel de balancier.
C'est pourquoi les socialistes ne vont pas vraiment se battre en 2007, ils vont mettre Mme Royal, qui n'a pas la carrure, comme candidate et ils accuseront les Français de leur inconséquence : "Les Français sont trop rétrogrades pour élire une femme."
Ca n'est que l'opinion de Michel Charasse, le scénario me paraît trop alambiqué, mais, venant des socialistes, qui ont depuis longtemps perdu toute rectitude, on peut s'attendre à tout.
Le PS n'est plus depuis déjà qu'une machine à conquérir (à coup de slogans vides de contenu) et à se distribuer les places.
«L'impôt citoyen» au programme
L'éditorial d'Alexis Brézet
25 mai 2006, (Rubrique Opinions Le Figaro)
Grande nouvelle : les socialistes ont un programme. Entre deux empoignades sur le calendrier des investitures, l'égalité de traitement due aux différents présidentiables ou le meilleur moyen de barrer la route à Ségolène Royal, les éléphants du PS ont trouvé le temps d'accoucher d'un texte. Certes, ce «projet de projet» n'a rien de définitif mais il est, tel quel, d'une lecture fort instructive.
Pour l'essentiel, le document est un décalque de la synthèse péniblement dégagée au congrès du Mans, en novembre 2005. On y reconnaît la même rhétorique incantatoire («retrouver le plein-emploi en divisant par deux le chômage d'ici à 2012» ; «0 enfant pauvre à l'horizon 2020»), le même prurit abrogatif («remplacement» de la loi Fillon sur les retraites, suppression du CNE, renationalisation d'EDF, retour sur la loi Sarkozy qui «précarise» les immigrés) et la même surenchère «sociétale» (vote des étrangers aux élections locales et, bien sûr, «ouverture du mariage et de l'adoption aux couples de même sexe»). L'évolution – car évolution il y a – se situe du côté de la dépense publique, jamais chiffrée mais dont la «dynamique» est désormais programmée sur dix ans.
Passons sur l'empilement des «priorités» budgétaires : la Recherche, dont les moyens doivent augmenter de 10% tous les ans ; l'Education installée «au premier rang des impératifs» ; la Culture, qui sera dotée «de nouveaux moyens financiers». Mais il faudra financer aussi la «réactivation» des emplois-jeunes dans le secteur public, la retraite minimale garantie (à un niveau proche du smic), l'allocation autonomie pour les jeunes, la suppression des mesures d'économie sur l'assurance-maladie et, si elle voit le jour, la fameuse «couverture professionnelle universelle». Sans oublier le programme énergétique (il faut bien penser aux Verts) censé faire passer, d'ici à 2020, la part des énergies renouvelables de 20 à 50% !
Côté recettes, les socialistes, qui ne s'inquiètent de la dette que pour s'engager à annuler celle des pays pauvres, sont plus laconiques. Mais ils ont trouvé un sésame, un abracadabra : «l'impôt citoyen.» Le concept paraît un peu flou (l'impôt citoyen est-il un impôt qui pèse sur les citoyens ? – la liste semblait déjà longue ; serait-ce un impôt réclamé par les citoyens ? – on attend les pancartes) mais l'idée générale qui sous-tend ce projet de fusionner l'impôt sur le revenu et la CSG n'est que trop claire : il s'agit de faire peser un fardeau toujours plus lourd sur un nombre de contribuables toujours plus réduit (1). Soit exactement l'inverse de ce que préconisent depuis vingt ans tous les experts, droite et gauche confondues, qui se sont penchés sur «l'exception fiscale française».
Dans les quarante pages de ce catalogue de la dépense, on cherchera en vain une allusion à «l'assouplissement» du Code du travail, naguère évoqué par les socialistes, ou à cette «agilité» que Ségolène Royal dit souhaiter pour notre économie. Le smic à 1 500 euros ? La généralisation des 35 heures ? L'entreprise paiera. En route pour 2007, le PS a enclenché la marche arrière. Mais sa guimbarde est «citoyenne», incontestablement.
[(1) : l'effet de ciseaux (ceux qui payent -de façon plus que proportionnelle à leurs revenus- n'ont droit à rien ou presque parce que les prestations sont soumises à plafond de ressources, ceux qui ne payent pas ont droit à tout) a maintes fois été décrit et analysé dans ses conséquences néfastes, cela ne semble guère émouvoir le PS. Visiblement, la justice n'est pas son souci.]
Si le PS veut gagner les prochaines municipales, il a intérêt à laisser la droite gagner les présidentielles, en vertu du mouvement habituel de balancier.
C'est pourquoi les socialistes ne vont pas vraiment se battre en 2007, ils vont mettre Mme Royal, qui n'a pas la carrure, comme candidate et ils accuseront les Français de leur inconséquence : "Les Français sont trop rétrogrades pour élire une femme."
Ca n'est que l'opinion de Michel Charasse, le scénario me paraît trop alambiqué, mais, venant des socialistes, qui ont depuis longtemps perdu toute rectitude, on peut s'attendre à tout.
Le PS n'est plus depuis déjà qu'une machine à conquérir (à coup de slogans vides de contenu) et à se distribuer les places.
«L'impôt citoyen» au programme
L'éditorial d'Alexis Brézet
25 mai 2006, (Rubrique Opinions Le Figaro)
Grande nouvelle : les socialistes ont un programme. Entre deux empoignades sur le calendrier des investitures, l'égalité de traitement due aux différents présidentiables ou le meilleur moyen de barrer la route à Ségolène Royal, les éléphants du PS ont trouvé le temps d'accoucher d'un texte. Certes, ce «projet de projet» n'a rien de définitif mais il est, tel quel, d'une lecture fort instructive.
Pour l'essentiel, le document est un décalque de la synthèse péniblement dégagée au congrès du Mans, en novembre 2005. On y reconnaît la même rhétorique incantatoire («retrouver le plein-emploi en divisant par deux le chômage d'ici à 2012» ; «0 enfant pauvre à l'horizon 2020»), le même prurit abrogatif («remplacement» de la loi Fillon sur les retraites, suppression du CNE, renationalisation d'EDF, retour sur la loi Sarkozy qui «précarise» les immigrés) et la même surenchère «sociétale» (vote des étrangers aux élections locales et, bien sûr, «ouverture du mariage et de l'adoption aux couples de même sexe»). L'évolution – car évolution il y a – se situe du côté de la dépense publique, jamais chiffrée mais dont la «dynamique» est désormais programmée sur dix ans.
Passons sur l'empilement des «priorités» budgétaires : la Recherche, dont les moyens doivent augmenter de 10% tous les ans ; l'Education installée «au premier rang des impératifs» ; la Culture, qui sera dotée «de nouveaux moyens financiers». Mais il faudra financer aussi la «réactivation» des emplois-jeunes dans le secteur public, la retraite minimale garantie (à un niveau proche du smic), l'allocation autonomie pour les jeunes, la suppression des mesures d'économie sur l'assurance-maladie et, si elle voit le jour, la fameuse «couverture professionnelle universelle». Sans oublier le programme énergétique (il faut bien penser aux Verts) censé faire passer, d'ici à 2020, la part des énergies renouvelables de 20 à 50% !
Côté recettes, les socialistes, qui ne s'inquiètent de la dette que pour s'engager à annuler celle des pays pauvres, sont plus laconiques. Mais ils ont trouvé un sésame, un abracadabra : «l'impôt citoyen.» Le concept paraît un peu flou (l'impôt citoyen est-il un impôt qui pèse sur les citoyens ? – la liste semblait déjà longue ; serait-ce un impôt réclamé par les citoyens ? – on attend les pancartes) mais l'idée générale qui sous-tend ce projet de fusionner l'impôt sur le revenu et la CSG n'est que trop claire : il s'agit de faire peser un fardeau toujours plus lourd sur un nombre de contribuables toujours plus réduit (1). Soit exactement l'inverse de ce que préconisent depuis vingt ans tous les experts, droite et gauche confondues, qui se sont penchés sur «l'exception fiscale française».
Dans les quarante pages de ce catalogue de la dépense, on cherchera en vain une allusion à «l'assouplissement» du Code du travail, naguère évoqué par les socialistes, ou à cette «agilité» que Ségolène Royal dit souhaiter pour notre économie. Le smic à 1 500 euros ? La généralisation des 35 heures ? L'entreprise paiera. En route pour 2007, le PS a enclenché la marche arrière. Mais sa guimbarde est «citoyenne», incontestablement.
[(1) : l'effet de ciseaux (ceux qui payent -de façon plus que proportionnelle à leurs revenus- n'ont droit à rien ou presque parce que les prestations sont soumises à plafond de ressources, ceux qui ne payent pas ont droit à tout) a maintes fois été décrit et analysé dans ses conséquences néfastes, cela ne semble guère émouvoir le PS. Visiblement, la justice n'est pas son souci.]
mercredi, mai 24, 2006
Pour y voir dans l'affaire Clearstream
Vous entendez parler de l'affaire Clearstream et vous n'y comprenez rien ? Moi non plus et, pourtant, je peux vous expliquer l'essentiel.
Lorsque des frégates ont été vendues à Taiwan, les entreprises françaises d'armement ont payé des commissions à des intermédiaires plus ou moins véreux pour gagner le marché.
C'était clairement illégal et il y a un procès en cours à Taiwan qui pourrait couter des milliards d'euros, qui, bon an mal an, seraient payés par l'Etat français et par les entreprises en question ; un Crédit Lyonnais bis.
De plus, et c'est là que se trouve le coeur de l'affaire Clearstream, les intermédiaires plus ou moins véreux dont je parle plus haut ont reversé une partie des commissions, c'est ce qu'on appelle les rétro-commissions. Combien et à qui ? Mystère total. On parle de 900 M€ à des hommes et des partis politiques, bien évidemment français.
Clearstream, structure de compensation financière, aurait servi à ce lessivage géant.
Les sommes en jeu sont telles (par exemple, elles font que les 45 M€ évoqués par le Canard Enchainé sur un compte de Chirac au Japon ne sont pas invraisemblables) qu'elles justifient bien des vilenies, y compris des meurtres.
C'est pourquoi ceux qui traitent le corbeau, Jean-Louis Gergorin, de paranoïaque sont soit légers soit manipulateurs. C'était d'ailleurs une technique des soviétiques de faire passer les dissidents pour fous. Je ne défend pas JLG, je pense juste qu'il faut se garder de trop affirmer dans ce genre d'affaires.
L'affaire Clearstream apparaît souvent comme un aparté dans la rivalité Sarkozy-Villepin. En réalité, c'est une des nombreuses ondes de choc de l'affaire des frégates de Taiwan.
On ne sait toujours pas où est passé l'argent. Mais si on découvrait, par exemple, que les partis politiques se sont partagés des centaines de millions d'euros issus de la corruption, la rivalité Villepin-Sarkozy serait le cadet de nos soucis politiques.
Lorsque des frégates ont été vendues à Taiwan, les entreprises françaises d'armement ont payé des commissions à des intermédiaires plus ou moins véreux pour gagner le marché.
C'était clairement illégal et il y a un procès en cours à Taiwan qui pourrait couter des milliards d'euros, qui, bon an mal an, seraient payés par l'Etat français et par les entreprises en question ; un Crédit Lyonnais bis.
De plus, et c'est là que se trouve le coeur de l'affaire Clearstream, les intermédiaires plus ou moins véreux dont je parle plus haut ont reversé une partie des commissions, c'est ce qu'on appelle les rétro-commissions. Combien et à qui ? Mystère total. On parle de 900 M€ à des hommes et des partis politiques, bien évidemment français.
Clearstream, structure de compensation financière, aurait servi à ce lessivage géant.
Les sommes en jeu sont telles (par exemple, elles font que les 45 M€ évoqués par le Canard Enchainé sur un compte de Chirac au Japon ne sont pas invraisemblables) qu'elles justifient bien des vilenies, y compris des meurtres.
C'est pourquoi ceux qui traitent le corbeau, Jean-Louis Gergorin, de paranoïaque sont soit légers soit manipulateurs. C'était d'ailleurs une technique des soviétiques de faire passer les dissidents pour fous. Je ne défend pas JLG, je pense juste qu'il faut se garder de trop affirmer dans ce genre d'affaires.
L'affaire Clearstream apparaît souvent comme un aparté dans la rivalité Sarkozy-Villepin. En réalité, c'est une des nombreuses ondes de choc de l'affaire des frégates de Taiwan.
On ne sait toujours pas où est passé l'argent. Mais si on découvrait, par exemple, que les partis politiques se sont partagés des centaines de millions d'euros issus de la corruption, la rivalité Villepin-Sarkozy serait le cadet de nos soucis politiques.
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