samedi, septembre 30, 2006

Extraites d'hebdoblog

Dialogue en Islam

Quand le pape propose un dialogue avec l'islam, il se trouve des organisations musulmanes ou prétendues telles , pour protester de par le monde ; mais quand des musulmans tuent d'autres musulmans , en nombre , de préférence devant des mosquées , en Irak , en Afghanistan et au Soudan , il ne se trouve nulle organisation musulmane pour crier d'indignation. Pour le Darfour , génocide intra-islamique , seuls les occidentaux , en particulier des organisations humanitaires américaines , s'inquiètent. Les musulmans , que disent-ils ? Le dialogue entre Islam et Christianisme est beaucoup moins urgent qu'un dialogue entre les musulmans . Mais comment dit-on Benoit XVI en arabe ?

[J'ajoute : où sont passés les pétitionnaires compulsifs, ? Je ne les vois pas se hâter pour défendre Robert Redeker, "condamné à mort", obligé de vivre en errant sous protection policière, pour avoir écrit dans le Figaro ce qu'il pense de l'Islam. Il semble plus aisé de s'offusquer des propos de Benoit XVI. Principes à deux vitesses ou simple lâcheté ? Il est vrai que le troupeau des intellectuels nous a surtout appris qu'il méritait le mépris, alors je ne suis pas surpris.]

Guy Sorman, New York , 29 septembre 2006
29 septembre 2006 à 17:37

Aux Etats-Unis , la civilisation recule

Profitant de l’assemblée générale de l’ONU, les ministres français se succèdent à New York. Leurs propos et leurs commentaires sur les Etats-Unis ravissent les délégués des kleptocraties, majoritaires : sans doute le gouvernement français en retire-t-il le sentiment exaltant de conserver une clientèle mondiale. Mais est-ce la bonne ?

Pour avoir rencontré certains de ces ministres, on est frappé par leur ignorance innocente des Etats-Unis. Selon l’un d’entre eux, « la civilisation américaine recule ». Certes, mais comment expliquer que les meilleurs étudiants, artistes, entrepreneurs français et autres souhaitent travailler aux Etats-Unis ? Selon une autre de nos éminences, « il faut que les Européens sauvent l’Amérique contre elle-même ». C’est-à-dire, après explication de texte, contre les électeurs américains qui ont le mauvais goût de voter pour le Parti républicain et les conservateurs.

Ce que les visiteurs pressés, qui ne quittent pas les bons quartiers de Manhattan, ne voient pas, c’est combien les Etats-Unis ne ressemblent plus à leur rêve. Ce pays est de moins en moins européen : l’immigration, depuis quarante ans, en a fait une nation plus à l’image du monde qu’une copie conforme de la vieille Europe. La religiosité américaine, qui n’est pas neuve, mais s’amplifie et devient de plus en plus mystique , est incompréhensible aux Européens.

Pour les Français particulièrement, civilisation et religion sont antinomiques : un préjugé Voltairien qui ne fonctionne pas aux Etats-Unis. La démocratie américaine est aussi trop démocratique au regard de la corporation politique française. Un troisième de ces ministres trouve « indigne » la classe politique américaine qui ne fait que refléter la volonté du peuple, au lieu de le guider. « Les politiciens américains n’ont pas le sens des responsabilités », commentait notre homme.

Il existe mille raisons d’être antiaméricain : c’est facile, c’est sans risque, il n’est pas même nécessaire de s’en justifier. Mais la plus mauvaise raison, c’est de ne rien comprendre à ce pays et de ne surtout pas vouloir comprendre. Un antiaméricanisme qui serait fondé sur la connaissance reste à inventer : mais il exigerait de se renseigner, ce qui est très fatiguant et n’entre pas dans l’agenda du ministre.

Guy Sorman, New York , 29 septembre 2006
29 septembre 2006 à 16:16

jeudi, septembre 28, 2006

A part ça, l'islam n'est pas violent

TOULOUSE, 27 sept 2006 (AFP) - Un professeur menacé après avoir publié une tribune sur l'islam

Un professeur de philosophie, exerçant dans un lycée près de Toulouse, a été menacé et placé sous protection après avoir publié mi-septembre une tribune dans Le Figaro, a-t-on appris de sources concordantes.

"Le proviseur a réuni tous les enseignants vendredi matin, il a expliqué que l'enseignant était menacé de mort et qu'il était provisoirement remplacé dans l'établissement et placé sous protection", a indiqué à l'AFP un membre de l'équipe éducative de ce lycée de la banlieue de Toulouse.

Selon cette source, qui a souhaité conserver l'anonymat, le proviseur a souligné que "le lycée n'était pas menacé et qu'il y aurait un filtrage un peu plus pointu à la porte".

Les forces de l'ordre ont également confirmé que le professeur de philosophie, Robert Redeker, avait été menacé. Cependant, elles ont refusé de divulguer la moindre précision supplémentaire "pour des raisons de sécurité".

Dans une page débats de son édition du 19 septembre, le journal Le Figaro avait publié un long article de M. Redecker intitulé "Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre?".

L'enseignant y évoquait notamment la polémique suscitée par les propos du Pape Benoît XVI sur l'islam ainsi que la "haine et (la) violence" qui habitent le texte du Coran.

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Oui, je sais, on va encore me dire qu'il ne faut pas généraliser. Mais enfin, quand on pense que qu'une représentation d'Idoménée a été annulée en Allemagne par peur de "choquer" les musulmans, on se dit qu'il y a qu'une chose dont il faut avoir peur : la peur elle-même.

Alors, redisons le sans peur et sans reproche : il y a dans le Coran des recommandations barbares et primitives et chacun est libre d'en discuter, on est même libre de dire que le Coran c'est de la merde, si on en ressent l'envie.

Les méthodes de lecture : globalement, ça bouge !

Méthode globale : les parents font pression sur les enseignants

C'est un peu dur, me direz vous, que les enseignants soient assaillis par les parents au nom d'une directive ministérielle.

A cela, je fais deux réponses :

> L'utilisation de méthodes globales plus ou moins déguisées n'a pas des fondements pédagogiques mais des fondements idéologiques, même si on peut soupçonner que cette origine idéologique paraît tellement naturelle qu'elle en est devenue inconsciente chez certains.

De toute façon, la résistance à la méthode syllabique est, elle, consciemment politique : le ministre a dit, donc je résiste. Il est en conséquence normal que la réaction soit elle aussi politique.

> De plus, il faut être cohérent : les enseignants arguent de la liberté pédagogique, or ce sont les mêmes qui tiennent à tout prix à ce que l'éducation reste nationale et centralisée. Il faut choisir : soit l'éducation est nationale et c'est le ministre qui décide, soit on décentralise et chacun est libre.

En fait, l'idéal professoral qui transparaît est : la nation paye mais les profs font ce qu'ils veulent et n'ont de comptes à rendre qu'à leurs pairs, indulgents sauf quand on est de droite.

Parce que la lâcheté coupable de gouvernements successifs a laissé trop longtemps la syndicalocratie FSU diriger l'éducation nationale, les profs ont pu croire que qui ne dit mot consent et que leur revendication d'irresponsabilité aux frais du contribuable était légitime.

Elle ne l'est pas. Et comme cette revendication d'irresponsabilité est consubstantielle à toute administration mammouthesque, il faut tuer le mammouth éducationnel, le dépecer et vendre les morceaux aux collectivités locales ou au privé. Et vivent les chèques-éducation.

mercredi, septembre 27, 2006

C'est une révolte ? Non sire, c'est une révolution (Charles Gave)

Charles Gave est un gestionnaire de fonds basé à Hong-Kong qui a écrit quelques livres pour se délasser.

Il doit être adepte de l'axiome selon lequel le grand art est atteint, non pas lorsqu'il n'y a plus rien à ajouter, mais lorqu'il n'y a plus rien à retirer.

En économie, cela me semble particulièrement vrai : les complexités économiques sont des rideaux de fumée émis par des experts auto-proclamés ou cooptés pour masquer qui obtient de l'argent de qui et pour quoi.

Gave considère trois acteurs fondamentaux de l'économie :

> l'entrepreneur, il risque beaucoup, il échoue, il a une espérance de vie réduite (hé oui : un patron de 40 ans a moins d'espérance de vie qu'un fonctionnaire) mais, si il gagne, il gagne beaucoup. L'entrepreneur, si tout va bien, touche les profits.

> le rentier cherche à placer son épargne avec peu de risques. Il touche la rente.

> le banquier fait l'intermédiaire entre les deux catégories précédentes en mutualisant les risques. Il touche sa commission.

Pour l'instant, nous sommes dans le schéma de Guizot, tant moqué par les imbéciles : "Enrichissez vous, par le travail et par l'épargne."

Interviennent deux autres acteurs, illégitimes ceux-là :

> le banquier central qui est inutile et qui peut perturber gravement le système en fixant les taux au jour le jour.

> L'Etat, qui prend à Paul pour habiller Pierre. Ce qui, selon Mark Twain, est une politique assurée du soutien de Pierre.

L'économie va bien quand les profits rapportent plus que la rente. Et, inversement, elle va mal quand la rente rapporte plus que les profits. En effet, les profits sont l'encouragement au risque et à l'innovation.

Comme de bien entendu, les pays où profits > rente sont les USA, la Grande-Bretagne, la Nouvelle-Zélande, etc. Les pays où rente > profits sont, vous l'avez deviné, la France, l'Italie, l'Allemagne, etc.

Cette explication est très solide pour une raison simple : elle repose sur la nature humaine. Pourquoi prendre le risque d'innover si ça ne paye pas ? Il ne faudrait tout de même pas prendre les gens pour des cons.

Or, plusieurs évolutions sont arrivées qui, convergeant, ont fait une révolution :

1) Le modèle technocratique issu de la révolution française est mort avec l'URSS qui en était l'héritière. Restent face à face les USA (primauté de la liberté, innovation et common law) et l'islam (primauté de la soumission, temps immobile et loi divine). Le champ de bataille est l'Europe et l'issue est incertaine.

2) Certains secteurs sont porteurs : l'éducation, la santé, l'épargne, la logistique et la recherche. Or, en Europe, et spécialement en France, ces secteurs sont partiellement ou complètement étatisés, ce qui est la voie la plus sûre vers le gaspillage et la non-rentabilité. Or, si, par la faute de l'Etat, nous ne sommes pas compétitifs dans les secteurs porteurs, comment allons nous nous en sortir ? L'exemple de la Finlande qui est en tête des classements OCDE (auxquels la France refuse de participer) depuis qu'elle a libéralisé son système éducatif devrait faire réfléchir (mais je s ne suis pas naïf : la plupart cherchent à être renforcés dans leurs opinions, non à réfléchir).

3) La mobilité des capitaux et de l'information renforce la spécialisation (théorie des "avantages comparatifs" : si Pierre est 10 fois plus rentable que Paul en fabrication de chapeaux et seulement 2 fois plus rentable en fabrication de chaussures, Pierre aura intérêt à se concentrer sur les chapeaux et à laisser la fabrication des chaussures à Paul, bien que Pierre soit plus fort dans les deux domaines.)

De plus, la concurrence fiscale est accrue par la mobilité des capitaux et des hommes, d'où la croissance de l'impôt volontaire : l'impot ici ne me plaît pas ? Je vais voir ailleurs. Déjà pratiqué par les sportifs et les artistes, ce consumérisme fiscal ne peut que s'accroitre.

Cette mise en concurrence des Etats est primordiale pour comprendre le monde qui vient. Je m'intéresse à l'éducation, mais, en France, l'Etat a quasiment le monopole de l'éducation ou du moins y exerce une concurrence déloyale. Si un jour je décide de gagner ma vie en créant mon école, ce n'est pas en France que je le ferai. De même si ma vocation est de construire une clinique.

4) Les entreprises s'organisent en "plate-formes" : elles gardent chez eux ce qui rapporte et est récurrent (la conception et la commercialisation) et font faire à l'étranger ce qui a peu de marges et est risqué (la production). C'est ce qui explique que ceux qui croient que le déficit commercial américain est grave ont tort (1).

5) Quand on met tout ensemble, on obtient un résultat simple : les Etats dinosaures et les technocraties sont condamnées.

6) La France a beaucoup de mal avec cette nouvelle donne : en 20 ans, l'économie communiste (étatique) y a grandi au détriment de l'économie capitaliste.

Toutes les histoires sur l' "ultralibéralisme" source des maux de la France sont de la foutaise destinée à masquer le fait l'Etat et ses protégés se gobergent au détriment des l'économie marchande.

Les calembredaines gauchistes ont bien du mal à cacher un fait simplissime : la part du PNB de la dépense collectiviste a grimpé régulièrement ces dernières décennies.

7) Or, en France, le système est verrouillé : les entrepreneurs, qui seraient leur véritables concurrents pour le pouvoir, sont poussés à l'exil par les technocrates. Maragaret Thatcher n'était pas une énarque, mais un professeur de chimie, fille d'épiciers.

De plus, à chaque échéance électorale, nous n'avons le choix qu'entre un fonctionnaire de gauche et un fonctionnaire de droite.

8) L'euro est aussi condamné (je m'en suis suffisamment expliqué, je prévois une sortie de l'euro vers 2012).

9) Bref, la dette publique va augmenter, le changement est pourtant inévitable et, comme le système est verrouillé, ce changement sera violent.

La France a le choix entre le scénario canadien (on se bat pour réformer) et les scénario argentin (on spolie les créanciers). Il y a quelques raisons de penser que le deuxième scénario sera choisi.

Conclusion : n'investissez pas en obligations de l'Etat français, pas d'assurance-vie en euros, même si il y a des avantages fiscaux (d'ailleurs, cela devrait mettre la puce à l'oreille : si c'était naturellement si avantageux, pourquoi donner un avantage fiscal ?), les obligations publiques sont beaucoup plus risquées qu'on croit couramment.

Je partage complètement cette analyse.

(1) Dell vend un ordinateur à 1000 $, dedans il y a :

> Conception Dell (100 $ sont 50 $ de marge)

> Logiciels Microsoft (200 $ dont 150 $ de marge)

> Puce Intel (200 $ dont 100 $ de marge)

> "Hard" fabriqué en Chine (500 $ dont 50 $ de marge)

Calcul économiste :

USA a exporté : logiciel + puce : 400 $

USA a importé : "hard" chinois : 500 $

Conclusion : 100 $ de déficit commercial : catastrophe.

Calcul analyste financier :

Marge USA : 300 $

Marge Chine : 50 $

Conclusion : les Chinois ont intérêt à investir aux USA qui font plus de marge. Tout va bien, les bénéfices des Chinois grimpent et ceux des Américains s'envolent. L'économiste a juste fait l'erreur de considérer que les marges sont en moyenne les mêmes partout.

mardi, septembre 26, 2006

New Oriental Education

Quoi ? Vous ne connaissez pas New Oriental Education ?

C'est une boite d'enseignement privé à but très lucratif chinoise qui a trois millions (3 000 000) d'élèves.

Elle vient de s'introduire à la bourse de New-York : EDU

Bon, nous en étions où de la discussion sur la "carte scolaire" et de celle sur l'autonomie des universités ?

Pour les calmer, on va leur envoyer Gérard Aschieri et et nos apparatchiks d'IUFM !!!

lundi, septembre 25, 2006

Qui gouverne le monde?

Je me suis permis de copier le ce message du blog de Guy Sorman.

J'avoue que le juridisme onusien à la française promu par le duo villepino-chiraquien m'inspire honte et dépit. Et le fait qu'il semble soutenu par une majorité de Français accroit mon désarroi.

C'est donc avec joie que j'ai accueilli ce texte, dont je me suis contenté de mettre en évidence les passages les plus significatifs pour les pressés et pour les paresseux.

J'avoue éprouver un plaisir certain à savoir que je suis du bon coté du manche, je veux dire, du bon coté de la morale. Car, si il m'arrive de douter de bien des choses, il y a du moins une chose dont je suis sûr : je me sens plus près de Bush et de Blair que de Ahmadinejad, de Poutine, de Khadafi et de Hu Jintao.

Que ceux qui font objectivement le jeu de ces derniers y réfléchissent à deux fois : rien ne nous sera épargné au nom de je ne sais quelle complaisance pour tel ou tel dictateur, aucune compromission n'éloignera de nous le calice quand viendra l'épreuve.

Car l'épreuve viendra, l'histoire est tragique, faut-il que nous l'ayons oublié ?

Bien trop tard, les artisans du désastre regretteront-ils de s'être rués à la servitude, suivant l'expression de Tacite ?

Car, il faut être bien naïf ou bien lâche pour ne pas comprendre que tous ces gestes onusiens que nous croyons si raisonnables, si intelligents (mais nous tromponns nous vraiment nous-mêmes ?) sont interprétés par ceux qui se considèrent comme nos ennemis comme autant d'aveux de faiblesse, de symptomes de soumission.



Qui gouverne le monde?

Le gouvernement mondial n’est pas pour demain, Dieu merci. Assemblée générale annuelle de l’ONU : me trouvant à New York, aux premières loges, pour écouter tous les chefs d’Etat pérorer à la tribune, je me réjouis du peu de pouvoir de cette assemblée.

Mon regard serait-il superficiel ? Certains, dans la diplomatie française en particulier, pratiquent une vision transcendantale de l’ONU : oui, ces chefs d’Etat sont pour la plupart des tyrans et des kleptocrates, mais tous ensemble, leurs vices particuliers se métamorphoseraient en une sagesse générale.

En ce moment, à New York, les vices sont tout de même plus évidents que la sagesse : en profitent directement les hôtels, restaurants, boîtes de nuit et services d’escorte payés par les impôts , les razzias et la confiscation de l’aide internationale. Ces exactions sont infligées par les kleptocrates aux peuples les plus pauvres ; le président de la Banque mondiale a dénoncé la facture d’hôtel d’un million de dollars du président du Congo , pays qui ne parvient pas à rembourser ses dettes. Mais il y a pire que la corruption.

À la tribune de l’ONU, la palme de la clownerie et du mensonge aura cette année été fort disputée. On s’attendait à ce que le président iranien l’emporte ; mais, malgré un regard quelque peu allumé, sa dénonciation lancinante, répétitive de l’injustice de l’ordre mondial, anesthésia la salle et la presse. La surprise vint donc de Chavez, le Vénézuélien, qui, grimaces à l’appui, dénonça l’odeur de soufre qui planait encore sur l’estrade où le diable Bush avait parlé la veille. On sait aussi que converti en agent littéraire, il brandit un livre de Noam Chomsky qui, selon Chavez, révélait bien le complot de l’Amérique contre le monde. Les ouvrages délirants de Chomsky sont à peu près aussi scientifiques que le fut en son temps le Protocole des sages de Sion, qui dénonce l’emprise juive sur la planète. Mais Chomsky étant juif lui-même, c’est à l’Iranien Ahmadinejad que revient le prix spécial de l’antisémitisme.

S’étonnant de l’importance excessive que l’on accorde à l’extermination des Juifs d’Europe, Ahmadinejad a demandé la création d’une instance indépendante pour vérifier l’existence ou non de l’Holocauste ! S’il est prouvé qu’elle a eu lieu, ajoute le Président iranien, les Européens en sont responsables et il convient que les Israéliens s’en retournent en Europe, où ils seront logés et nourris. Inutile de se demander pourquoi le gouvernement iranien cherche à se doter d’une bombe atomique ? Sinon pour rayer Israël de la carte du Proche-Orient : nul d’ailleurs dans les couloirs de l’ONU ne doute de ce projet iranien . Comme l’a observé l’ambassadeur des Etats-Unis à l’ONU , l’Iran disposant de quatre siècles de réserve de pétrole et de gaz, n’a aucun besoin de centrales nucléaires pour produire de l’énergie.

Face au délire et plus grave, face à la détermination de ce gouvernement iranien, Jacques Chirac aura aussi créé une surprise qui mérite une mention spéciale du jury. Alors que la France, jusque-là, était d’accord avec les Etats-Unis pour sanctionner l’Iran et bloquer, si faire se peut, son programme nucléaire, le Président français annonça à la tribune qu’il ne croyait pas aux sanctions ; si le Conseil de sécurité en adoptait, précisa Chirac , il fallait qu’elles soient douces.

Les Américains , apparemment pas prévenus de ce volte-face, ont fait bonne figure, considérant sans doute que Chirac, en fin de parcours, était « irrelevant » et les Français de vrais faux alliés.

La presse américaine en conclut que des entreprises françaises, soutenues par Jacques Chirac, devaient réaliser de bonnes affaires en Iran : une interprétation quelque peu superficielle – à mon sens – qui sous-estime le désir véritable de Jacques Chirac de se poser en leader des pays non alignés et en défenseur des grandes civilisations menacées par l’américanisation culturelle. Chirac fut d’ailleurs, pour son ultime prestation à l’ONU, aussi chaleureusement applaudi que Chavez et Ahmadinejad.

La réception la plus glaciale, on le devine, fut réservée au Président des Etats-Unis.

Les Etats-Unis ont tout pour déplaire à l’assemblée des kleptocrates. Tout d’abord, le contribuable américain paye l’essentiel des frais de fonctionnement de l’ONU et de la réception à New York. Nul invité n’a le désir de remercier son hôte. Ensuite, les Américains n’ont que le mot démocratie à la bouche, une insulte permanente pour les trois quarts des délégués. Enfin, George W. Bush a fait appel à l’ONU pour une mission concrète et urgente : stopper le génocide au Darfour . Un massacre qui bouleverse actuellement l’opinion publique américaine mais a laissé l’Assemblée générale des Nations Unies totalement indifférente. Les représentants russes et chinois au Conseil de sécurité s’opposent d’ailleurs à une intervention au Darfour ; perpétuant leurs propres massacres contre les Tchétchènes, les Tibétains et les Ouïgours , ils ne veulent pas créer de précédent humanitaire . Chacun ne doit-il pas rester boucher chez lui ?

Cette passivité de l’ONU face au Darfour ou à l’Iran se drape dans les deux alibis majeurs de la communauté internationale : souveraineté nationale et respect des civilisations. La plupart des génocides sont conduits sous couvert de la souveraineté nationale, exercée par des tyrans, à l’abri des frontières arbitraires. Mais ces tyrans sont maintenant confrontés au droit d’ingérence humanitaire qui conteste la souveraineté nationale.

C’est là qu’intervient la Civilisation. Cet alibi, plus chic, a pris le relais de la souveraineté. Au nom de la Civilisation ( en général définie , proclamée et incarnée par des personnages peu civilisés eux-même), on va refuser la liberté d’expression (Chine) ou la liberté religieuse (Arabie, Soudan ) . Paradoxe des paradoxes : l’ONU, qui est en principe l’assemblée de l’humanité, dénie aux peuples leur appartenance à la nature humaine. Vu de l’ONU , un Chinois est chinois avant d’être un homme doté de droits naturels.

Les Américains sont à peu près les seuls, en compagnie de quelques Anglo-saxons, à estimer qu’il existe, par-delà les frontières et les civilisations, une humanité qui a droit – entre autres – à la liberté. Mais, par chance, l’ONU n’est pas le gouvernement du monde : dans la mesure où ce gouvernement existe, il est américain.

C’est un fait , que l’on aime ou non... Même Chavez, Ahmadinejad, les Chinois, les Russes et les Français sont – de fait – des sujets involontaires de la Pax Americana.Chavez ? Il traite les Américains de fascistes mais à qui vend-il le pétrole du Venezuela ,sinon aux Etats-Unis ? Les Chinois ? Si la flotte américaine disparaissait de l’Océan Pacifique, combien de containers d’exportations chinoise atteindraient-ils, sans être piratés, les côtes de Californie et les consommateurs américains ? Et combien de tankers pétroliers navigueraient-ils sans obstacle des côtes iraniennes aux ports chinois ? Tout le système mondial de communication et d’échanges est, en réalité, garanti par la présence physique des forces américaines sur l’ensemble de la planète.

Ce qui vaut pour les communications physiques est tout aussi vérifiable pour la circulation de la monnaie , le Dollar ( géré par le Federal Board ), des capitaux (régulés par Wall Street) ou des informations (Internet géré aux Etats-Unis ).Mais une lourde menace pèse sur la Pax americana : Chavez ? Non. Ahmadinejad ? Pas plus. La menace véritable vient du contribuable américain. Imaginons que celui-ci fasse ses comptes et en déduise que la Pax americana lui coûte plus qu’elle ne rapporte aux Etats-Unis : il apparaîtrait alors que pire que la Pax Americana, bien pire que l’impérialisme américain, serait leur disparition. Imaginez un monde dirigé depuis l’ONU !

Guy Sorman, New York 25 septembre 2006

Répression jusque dans le bac à sable

Quatre garçons de cinq ans jouent au docteur avec une petite fille du même âge et la déshabillent.

C'est le drame : sans témoignage direct, le directeur de l'école s'empresse de punir et d'exclure.

Laurent Greilsamer, chroniqueur du Monde, journal connu pour son esprit pondéré, non-partisan et nuancé, fait aussitôt le parallèle avec la répression sarkozienne.

Quelles foutaises ! Cependant cette anecdote m'inquiète à cause des éléments suivants :

> absence de sens de la hiérarchie des choses, de recul, de responsabilité.

> peur du sexe (plus le sexe s'étale, moins on sait y faire sa place)

> sacralisation des enfants, qui est antinomique de l'idée même d'éducation.

vendredi, septembre 22, 2006

Suède : quand la bien-pensance gauchiste est désarçonnée

La bien-pensance gauchiste pensait avoir trouvé en Suède, un paradis, un modèle, comment concilier collectivisme et économie de marché ; je m'y suis aussi laissé aller. Le rêve, le pied, le bonheur : l'économie de marché et ses richesses sans l'affreux, l'horrible, le terrible libéralisme (car chaque bien-pensant aime sa liberté mais pas celle des autres).

Seulement voilà : les électeurs suédois n'ont pas "bien" voté, ils ont voté libéral. Alors que fait Le Monde ? Avec un culot qui laisse pantois, il explique que les Suédois n'ont pas voté si libéral que ça, qu'ils en avaient ras-le-bol du sortant et que leur vote témoigne surtout de leur envie de nouveauté (bref, qu'ils ne savaient pas bien pour qui ils votaient).

Et si, au contraire, les électeurs suédois savaient parfaitement ce qu'ils faisaient ? Si ils en avaient eu marre qu'une fraction de plus en plus réduite de la population soit obligée par l'Etat de payer pour une fraction de plus en plus grande de profiteurs, d'oisifs, de subventionnés et d'assistés de toutes sortes ?

Un mouvement analogue se dessine en Grande-Bretagne où David Cameron pourrait avoir ses chances contre Gordon Brown.

Or, quand on y regarde, l'Etat suédois est beaucoup plus efficace que l'Etat français et l'Etat britannique beaucoup moins présent. On pourrait donc imaginer que les Français auraient depuis longtemps demandé à leur Etat de se remettre en cause, dans ses missions, dans ses procédures et dans son comportement.

Le seul rempart de l'Etat contre une plus grande exigence de la part des citoyens-contribuables-administrés français est la croyance étatique, largement répandue et entretenue. La croyance étatique s'énonce comme suit : sans l'Etat, la France serait en guerre civile, l'Etat est le garant de l'égalité et de la paix entre les Français et peut être considéré, de ce fait, comme d'essence supérieure. En conséquence, il n'est pas sage de le contester au delà de détails et encore moins d'en exiger une réduction de son emprise sur la société.

Bien sûr, il s'agit d'une pétition de principe (encore !). Rien ne démontre que la France exploserait sans l'Etat. Au contraire, de nombreux indices indiquent que c'est l'impostion de directives administratives à tous, nécessairement inadaptées à chacun, vrais lits de Procuste, qui est génératrice de tensions.

Telle la mère abusive, la tutelle administrative infantilise les Français en un cercle vicieux : les Français dépendent en tout ou presque de l'administration, ont pris de ce fait la mauvaise habitude d'en attendre beaucoup, et l'administration prend prétexte de cette dépendance pour renforcer son emprise, se payant le luxe au passage d'ironiser sur le peuple qui la critique tout en en attendant trop ; schéma bien connu des parents toxiques : je ne te laisse pas la liberté et les moyens de l'expérimenter et j'argue de cette inexpérience de la liberté pour t'en laisser encore moins.

L'homme qui vit encore chez ses parents à 40 ans encourt le ridicule. Il peut se révolter par bouffées pour relâcher la pression puis retomber dans la routine, vieille tradition française, ou sombrer dans la neurasthénie et l'auto-dénigrement, également vieille tradition française ou s'émanciper, calmement mais fermement. La France pour diverses raisons n'est parvenue à ce dernier stade que temporairement, sous l'Ancien Régime et sous la IIIème République.

Mais il se pourrait bien qu'on arrive à un moment décisif. Par exemple, le début de remise en cause de la "carte scolaire" est significatif : y a-t-il plus infantilisant pour des parents que l'administration considèrant qu'elle sait mieux qu'eux où leurs enfants doivent aller à l'école ?

Bien sûr, je ne m'attends pas un sursaut thatcherien, il n'est probablement pas né l'homme politique français qui parviendra à la présidence avec le slogan de Ronald Reagan : "L'Etat n'est pas la solution, c'est le problème."

Néanmoins, à défaut d'une révolution, une nette évolution est possible, peut-être même probable : en effet, par son comportement, l'Etat mérite de moins en moins le respect, perd son caractère sacré ; de plus en plus de Français comprennent que l'Etat est d'abord au service de lui-même et de ses personnels, et, seulement en deuxième intention, au service du pays.

J'ai été surpris par les réactions plutôt positives à l'évocation de la réforme des "régimes spéciaux" (c'est-à-dire privilégiés) de retraite. Il est vrai que certaines situations, "roulants" de la SNCF par exemple, atteignent de tels sommets d'iniquité par rapport au régime général qu'il faut la plus extrême mauvaise foi ou un égoïsme opiniatre (1), denrées abondantes, pour ne point convenir qu'il y a effectivement une injustice.

(1) : je me souviens d'un conducteur de train marseillais gréviste qu'on interrogeait sur le fait de savoir s'il n'avait pas quelques remords à gravement emmerder dans leurs déplacements des gens qui travaillaient plus que lui, gagnaient moins et partaient à la retraite plus tard. Réponse sans complexe : "Putè ! Ils ont leurs problèmes, moi j'ai les miens."

En lisant Commentaire, le turban, le voile et la galanterie

Ca y est, la livraison de Commentaire automne 2006 est arrivée ; comme d'habitude, avec son lot d'articles qui changent de la bouillie médiatique quotidienne.

Une féministe fait l'éloge de la galanterie. Ses collègues féministes ont eu tort de considérer la galanterie comme un symbole d'infériorité : c'est aux femmes d'apprendre la galanterie aux hommes, c'est un moyen de signifier qu'elles ne sont pas qu'une proie du désir masculin.

La galanterie sous-entend que les hommes sont capables d'être apprivoisés, civilisés, par les femmes.

Notre galant auteur remarque très justement, je le constate tous les jours, que les jeunes filles d'aujourd'hui, ayant perdu toute notion de ce qu'est la galanterie et ne l'apprenant donc plus aux garçons, perdent ainsi un instrument de pacification et de contrôle des relations avec les garçons.

Je suis étonné de la violence, de la brutalité des relations entre les jeunes gens que je vois autour de moi, le mot le plus doux que j'ai entendu récemment étant "connard".

Ce détour par la galanterie m'a permis de comprendre pourquoi je ne suis absolument pas dérangé par le turban sikh ou la kippa juive mais que je suis choqué par le voile musulman : le voile signifie que toute femme est potentiellement une proie pour les hommes, qui ne sont pas capables de maîtriser leurs pulsions, d'où le besoin d'une protection symbolique.

Le voile est donc l'opposé de la galanterie. Or, contrairement à tout ce qu'on nous raconte sur l'oppression des femmes en Occident, il y a dans la culture occidentale une veine courtoise très ancienne et très ancrée (ce qui ne veut pas dire que tous les Français sont galants !)

Je me sens insulté à juste raison par le symbole du voile : je ne suis pas un satyre, même potentiel !

Enfin, est-ce un hasard si gallant signifie courageux en Anglais ?

Tempête dans un verre d'eau trouble

Il y a une chose qu'on ne pourra pas reprocher à Nicolas Sarkozy : faire sauter les tabous de la bien-pensance. Evidemment, il s'attaque à ceux qu'il veut bien mettre en cause ; par exemple, il n'évoque pas la montée des violences ou le fait que la police travaille autant d'heures au total qu'en 1950 avec un effectif double.

Néanmoins, les réactions initiales à sa critique contre les juges pour enfants de Bobigny ont été affligeantes : on lui a dénié le droit de critiquer au nom de "la séparation des pouvoirs". Bien étonnante conception de la séparation des pouvoirs qui garantirait aux juges impunité, irresponsabilité et louanges obligatoires ; réponse d'autant plus ridicule que si il y a bien une démocratie au monde qui n'a jamais rien compris à la séparation des pouvoirs, c'est la patrie de Montesquieu.

Comme sur la "carte scolaire", c'est seulement dans un deuxième temps que sont venus les arguments un peu intelligents.

Nous tombons vraiment bien bas de ne pouvoir supporter une parole qui dérange qu'en excommuniant, qu'en criaillant.

Peut-être mon "nous" est-il excessif : après tout, ne sont vraiment choqués par les propos sarkoziens que des magistrats dont le corporatisme tient lieu de culture, de passé, de présent et d'avenir, d'air qu'ils respirent, de substrat aux relations mondaines, de pierre de touche de l'avancement.

Quant aux autres, humbles citoyens, il ne semble pas considérer comme inconvenant d'exprimer un avis sur tel ou tel tribunal dont on sait bien qu'il ne sont pas tous également sévères ou indulgents.

La même remarque peut d'ailleurs s'appliquer à la "carte scolaire" ou aux régimes "spéciaux" (comprendre : outrageusement avantageux, ce qui est "spécial", c'est la dérogation au droit commun) de retraite : la France étant une société à statuts, mosaïque de corporatismes, briser un tabou, c'est presque immanquablement mettre en cause une corporation, et vice-versa.

Peu importe le fond du propos (je donnerais en l'occurence tort à NS), le simple fait de vouloir mettre en cause, bousculer, changer est, indépendamment de la direction du mouvement, vécu comme une aggression.

Encore plus symptomatique de cette hypersensibilité au mouvement, les profs : à peine avez-vous articulé "ré" que certains sont déjà en train de hurler à l'assassinat de l'éducation et de la république avant que vous n'ayez pu dire "forme" ! Ridicule. Alors même que certains profs font à leur niveau de gros efforts pour faire évoluer la situation, toute idée venue "d'en haut" est frappée d'anathème.

On trouve là encore un symptôme de la relation des citoyens à la mère abusive étatique : on a avec elle non pas des comportements d'adultes mais d'adolescents rebelles.

Enfin, qui va profiter de tout ce ramdam ? NS et SR, ceux qui "parlent vrai" ceux qui ont compris que "populiste" est une insulte pour 20 % des Français et un compliment pour les 80 % qui restent.

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Addendum du 25/09/2006 : un sondage du Figaro dit que 77 % des Français approuvent les déclarations de NS. Mon 80 % n'était pas si mal estimé !

Nicolas Baverez, "déclinologue" célèbre, considère que la réunification de la France avec ses quartiers pourris est un défi du même ordre que la réunification allemande, à la fois économique et morale (comment réapprendre à des assistés, vivant de petits et de gros trafics, à travailler ?)

Quant à Jacques Chirac posant au défenseur de l'indépendance de la justice, c'est à mourir de rire.

jeudi, septembre 21, 2006

Iran : une seule solution, la vitrification ?

Vous lirez l'article suivant :

L'inspirateur caché d'Ahmadinejad

Il ne fait que renforcer les questions que je me pose depuis quelques temps. Je ne crois pas que le monde puisse s'accomoder d'un Iran, avec ses dirigeants actuels, doté de la bombe atomique.

Réforme de l'école : peut-on croire Nicolas Sarkozy ?

Cet article des Echos fait écho à mes doutes : les ministres passent et les pédagogistes qui dirigent le mammouth restent. J'ai une solution radicale : vendre les écoles et les enseignants qui vont avec à qui en voudra,essentiellement les collectivités localres, et distribués des chèques éducation aux parents. Simple, non ?

Réforme de l'école : peut-on croire Nicolas Sarkozy ?
[ 21/09/06 ]

Nicolas Sarkozy a compris que l'école va mal et qu'il faut de toute urgence rassurer les parents d'élèves et enseignants déboussolés. C'est ce qu'il a essayé de faire le 3 septembre dernier à l'université des jeunes populaires UMP : critique de la méthode globale et des expérimentations pédagogiques, remise en question du passage automatique des élèves dans la classe supérieure, promesse de lutte contre les incivilités à l'école, revalorisation de la transmission des connaissances et de l'apprentissage des métiers.

Nicolas Sarkozy veut donner à tout prix l'image de quelqu'un qui parle vrai, sans langue de bois. Mais, en réalité, il ne fait que dresser un constat désormais largement partagé, à droite comme à gauche. Et, puisque le consensus existe, le problème n'est plus de savoir ce qu'il faut faire, mais comment mettre en oeuvre les solutions sur lesquelles la majorité des citoyens s'accorde pour sauver l'école.

Or, à aucun moment, Nicolas Sarkozy n'annonce qu'il compte s'attaquer au problème de gouvernance de l'Education nationale. Comment fera-t-il appliquer les nouvelles directives s'il était élu en mai prochain ? Car la question est : qui détient le pouvoir à l'Education nationale ? Qui est capable d'insuffler le changement dans l'état actuel des choses ?

La vérité, c'est que la plus grande administration de notre pays n'est pas contrôlée par le ministre qui est à sa tête. Elle est contrôlée par les pédagogistes, et par les réseaux syndicaux qui les soutiennent, y compris les fédérations de parents d'élèves inféodées aux syndicats.

A l'heure où la réforme des méthodes de lecture est censée être mise en place, ces puissants réseaux diffusent dans toutes les écoles des brochures pour expliquer aux parents combien il serait mauvais que leur enfant apprenne à lire avec des méthodes syllabiques... Est-il utile de préciser que cette résistance est financée avec l'argent public ? Et les enseignants de continuer dans leur grande majorité à utiliser les mêmes méthodes semi-globales comme si de rien n'était, avec l'aval de leur hiérarchie.

Lorsque Gilles de Robien annonce le 4 septembre dans « Le Figaro » qu'il va s'attaquer à la réforme de l'enseignement de la grammaire et du calcul en primaire, et notamment que les quatre opérations devront être apprises le plus tôt possible, les mêmes pédagogistes répliquent le lendemain que le ministre ne comprend décidément rien et que, selon leurs études, l'apprentissage précoce de la division est néfaste. Et l'on peut compter sur leur force d'inertie pour que jamais la réforme du calcul ne se mette en place. Ces pédagogistes, soutenus par les inspecteurs et les syndicats majoritaires de l'Education nationale, sont peu nombreux. Mais ce sont eux qui empêchent l'application de toute réforme.

Dans l'état actuel des choses, l'Education nationale est ingouvernable. Nicolas Sarkozy gagnera à coup sûr de la popularité à bon compte en se déclarant favorable aux réformes souhaitées par 80 % des Français. Mais ses paroles ne sont que poudre aux yeux, car il se garde bien de s'attaquer au vrai problème, auquel se heurtent tous les ministres de l'Education depuis vingt ans : vaincre la résistance acharnée des inspecteurs, des forteresses syndicales, des « pédagogistes », et aujourd'hui aussi des maîtres d'IUFM.

Pour être crédible, Nicolas Sarkozy doit remettre en cause les structures et l'organisation de notre système éducatif. Il doit toucher aux subventions versées par le ministère aux associations satellites des syndicats qui font la promotion des « nouvelles » théories pédagogiques. Il doit réduire les mises à disposition d'enseignants aux syndicats. Il doit revoir le fonctionnement, et le pouvoir, des commissions paritaires dominées par les syndicats, qui font la pluie et le beau temps dans les nominations et les mutations du personnel.

Pour l'instant, il n'a pas risqué le moindre mot à ce sujet.

ISABELLE HANNART est secrétaire générale de SOS Education.

mercredi, septembre 20, 2006

Etiemble (les entretiens de Bernard Pivot)

Ce DVD d'un entretien réalisé en 1988 pour Apostrophes est un régal. Etiemble est essayiste, éditeur, poète, etc. mais le titre qu'il préfère est emmerdeur.

Il est surtout connu pour Parlez vous franglais ? , publié en 1966. C'est très réducteur pour cet homme maniant quinze langues (Turc, Chinois, etc.).

En tous les cas, il disait "fin de semaine" et "bonne vente". Cet homme très droit n'hésitait pas à appeler un con par son nom et estimait qu'un écrivain devait savoir mourir pour un imparfait du subjonctif raté.

Je ne dis pas qu'il fût facile à vivre et que j'eusse été d'accord en tout avec lui : je me méfie des idéalistes, je ne suis point si droit. Mais il était doté d'un humour pince-sans-rire et avait le goût de Montaigne, il ne se peut qu'il fût totalement infréquentable.

La droiture n'a pas que des inconvénients : il s'est vite éloigné des séductions communistes et ne se réfugiait pas dans des distinguos d'entomologiste, contrairement à tant d'autres encore aujourd'hui, pour dénoncer une barbarie quand il en voyait une. Il était suffisamment sensible pour saisir l'indécence qu'il y a en de certaines polémiques sur le point de savoir ce qui sépare nazisme et communisme, quand c'est dans le but de "sauver ce qui peut être sauvé" du communisme : si une idéologie aboutit à des dizaines de millions de morts, on ne sauve rien, on jette tout le fourbi et on garde juste une image pour effrayer les petits enfants (je n'ai jamais bien compris au nom de quelle indulgence "communiste" n'est pas une insulte à l'égal de "fasciste".)

Enfin, en nos temps où l'éducation fait débat, il n'est pas inutile de signaler ce qu'Etiemble, né en 1909, raconte : à la sortie du collège, il connaissait par coeur intégralement une dizaine de pièces classiques et était prêt à jurer que c'était le cas pour l'ensemble, ou presque, de ses condisciples.
"Par coeur ? Quelle horreur ! C'est bête !" diront nos modernes. C'est mécanique d'apprendre par coeur, mais est-ce bête ?

Qu'on en juge : cela fait travailler la mémoire et donne le goût de l'effort, ce n'est déjà pas si mal, mais, surtout, ce qui est su à quinze ans est un précieux bagage pour le restant de ses jours, qu'on l'enrichisse au lycée ou qu'on le réveille bien plus tard, ou même qu'on l'oublie (ce n'est pas pareil d'avoir l'outil et de ne pas s'en servir que de ne pas l'avoir). Qui n'a éprouvé satisfaction à tirer de son cerveau la citation appropriée, le vers qui foudroie ? J'en connais qui cite Clausewitz à tout propos, je me demande même si, lui soumettant un problème de mécanique automobile, il ne trouverait pas la citation clauswitzienne adaptée.

dimanche, septembre 17, 2006

Pétitions de principe

J'ai déjà parlé des pétitions de principe : il s'agit de propositions tenues pour évidentes, et sur lesquelles on batit souvent des raisonnements, alors qu'en réalité elles ne sont pas démontrées voire sont complètement fausses.

Voici trois exemples de pétitions de principe de gauche, pour que vous compreniez bien la chose :

L'Etat sait mieux que les citoyens ce qui est bon pour eux.

La dépense est bonne et l'épargne mauvaise.

La justice sociale existe et l'Etat en est le gardien.

Or je tombe régulièrement dans les journaux sur des pétitions de principe au point que je devrais en faire un catalogue.

Voici par exemple une trouvée récemment dans Le Monde :

La part du capital dans le revenu augmente au détriment du travail.

A supposer que cette distinction entre revenus du capital et revenus du travail ait un sens, ce qui est loin d'être évident (1), l'affirmation ci-dessus est au mieux une pétition de principe, au pire un mensonge : ceux qui entreprennnent à leurs risques et périls de différencier revenus du travail et revenus du capital (2) prétendent que cette répartition est à peu près stable sur un siècle et, si il ya une évolution, elle est plutôt en faveur du travail.

Pourquoi alors cette pétition de principe ? Tout simplement parce qu'elle répond au schéma marxiste si ancré "Patrons méchants exploiteurs capitalistes, ouvriers gentils exploités".

(1) a-t-on déjà vu un capital rapporter sans travail et un travail rapporter sans capital ?

(2) distinction qui n'a par ailleurs aucun intérêt économique : quand on a une somme à investir, on ne se dit pas "Combien vais-je en mettre dans le travail et combien dans le capital ?" mais "comment vais-je équilibrer revenus et risques ?"

samedi, septembre 16, 2006

Réchauffement climatique, j'en repasse une couche

Je ne raconte rien de nouveau, mais la propagande officielle sur le sujet est si présente que j'éprouve le besoin d'une piqure de rappel.

Voici le point de vue de Guy Sorman.

Sur le réchauffement , pour faire vite :

1 / Sans doute , le climat se réchauffe-t-il , mais pas de manière uniforme sur toute la planéte , ni constante ; les mesures sont difficiles , le mouvement trés lent.

2 / Le réchauffement a des effets positifs ( agriculture en Russie et au Canada ) et négatifs.

3 / L'activité humaine contribue au réchauffement , mais sans doute trés peu .

4 / Toute action sur le réchauffement sera donc marginale. L'effet du traité de Kyoto s'il était appliqué serait non quantifiable parce qu'insignifiant .

5 / Il faut comparer les bénéfices escomptés d'une lutte contre les gaz à effet de serre avec les conséquences négatives , en particulier sur le développement ( voir Inde et Chine ) .

6 / La plupart des postures sur le climat sont... des postures : idéologie , quête de pouvoir ( Al Gore ) et d'argent. Pourquoi pas ? Toute idéologie avance masquée par la pseudo -science .

7 / Toute recherche sur des énergies nouvelles est justifiée.

Mon propre point de vue est très proche : cette histoire de réchauffement climatique est un assemblage de pétitions de principe :

1 / On me dit "La terre se réchauffe." Je dis "Peut-être, mais les preuves en sont assez évanescentes."

2 / On me dit "L'homme est responsable de ce réchauffement." Je dis : "Les modèles climatiques sont rudimentaires. On ne m'a absolument rien prouvé jusqu'à maintenant." Par exemple, on me dit que l'homme dégage du CO2 et que le CO2 est un gaz à effet de serre, donc que l'homme réchauffe la planète. Si c'est vrai, cette contribution est-elle significative ? En réalité, on ne connaît pas assez bien le cycle naturel du carbone pour pouvoir dire quoi que ce soit sérieusement.

3 / On me dit "Le réchauffement est une catastrophe." Je dis : "Ah bon ? Pourquoi ? Là encore, vous ne m'avez rien prouvé." L'idée même qu'un phénomène puisse être uniformément bon ou mauvais est certainement idiote. Si réchauffement il y a, il sera bon à certains endroits et mauvais à d'autres, et l'homme s'adaptera comme il l'a toujours fait.

4 / On me dit "Puisqu'il y a réchauffement, qu'il est catastrophique et que l'homme est responsable, il faut faire quelque chose." Je dis "Votre raisonnement repose sur du sable et il est hors de question d'agir à partir de raisonnements qui n'en sont pas, il y a d'autres priorités dans le monde bien plus importantes, SIDA, éducation, etc."

Bref, on me fait 4 affirmations péremptoires et, après examen, je me retrouve avec 4 doutes et 1 certitude : il est urgent de consacrer ses ressources à des sujets plus prioritaires.

Il me plaît pas mal, ce Benoit XVI



Etre athée ne m'empêche pas d'avoir un avis sur le pape et celui-ci ne déplaît pas pour l'instant :

> il a rappelé que l'Eglise avait une mission spirituelle avant d'avoir une mission sociale ; cela n'est pas inutile quand on voit l'égarement des évêques de France dans les questions d'immigration illégale. (1)

> il a aussi rappelé, peut-être maladroitement, que l'Islam avait un problème avec la violence et avec la raison (l'Eglise catholique aussi, mais elle y a sérieusement travaillé). C'est une évidence, mais il était bon de la rappeler. (2) D'ailleurs l'hystérie qui s'empare de l'Islam médiatisé sur ce sujet me confirme que la vérité blesse, ce qui n'est pas une raison pour la taire.

Il se trouve des musulmans prêts à se battre jusqu'au dernier chrétien pour prouver que l'Islam est une religion de paix.

"Demande pardon au monsieur..."

(1) un évêque qui dit qu'un chrétien doit accueillir l'étranger fait son boulot de pasteur ; un évêque qui déclare urbi et orbi que 60 millions de Français doivent régulariser 200 000 immigrés illégaux fait de la politique, sans en avoir ni la compétence, ni la légitimité (Rendez à César ...).

(2) : les cris d'orfraie de notre pleutre bien pensance n'empêchent le bon gros sens commun de se manifester, il suffit de discuter autour de soi : l'Islam a des préceptes violents, comme toutes les religions, mais, contrairement aux autres religions dominantes, il n'a pas (ou pas encore) maitrisé cette violence.

Le problème est que le bon gros sens commun, laissé à lui-même par la désertion de l'élite face à la vérité, peut fort bien dériver vers le racisme. Encore une trahison des clercs.

Du rififi chez les donneurs de leçons

On savait depuis longtemps que les dirigeants d'ATTAC étaient des escrocs intellectuels, voilà qu'ils se révèlent des escrocs tout court.

Schadenfreude

Ca ne vous étonnera pas que je n'en sois pas étonné ! En effet, anti-libéralisme et mépris de la démocratie sont frères.

ATTAC, c'est les matons s'entretuant pour garder la clé d'une prison qui ne sera jamais construite.

vendredi, septembre 15, 2006

Ca fout les jetons

J'ai relevé ce scénario catastrophe (avec quelques corrections) dans un commentaire du blog de Guy Sorman, c'est à peu prés ce que je pense quand j'ai le cafard. Heureusement que je n'ai pas souvent le cafard !

2031...

L'UE dissloquée, les Etats-nations ont repris leur rôle. Se forme une alliance atlantiste avec l'Allemagne, l'Angleterre et la Pologne, qui défendent les valeurs démocratiques de l'Occident sur le continent.

Les pays islamiques tels que la France, la Hollande, la Belgique, l'Espagne et l'Italie se rebellent et deviennent les principales bases terroristes du monde. Ruinée par l'assistanat et les privilèges d'Etat, la France devient une bande de Gaza géante où la liberté d'expression s'éteint au nom "du respect des croyances". Une guerre européenne éclate entre l'alliance islamique et l'alliance atlantiste en 2025.

Les pays scandinaves ferment leurs frontières à tous les musulmans, ce qui est également le cas de la Suisse et de l'Autriche, préférant miser sur une immigration massive d'Européens fuyant les pays islamiques cités.

Vaincue par les forces américaines, allemandes, polonaises et britanniques, l'extrémité ouest du continent européen est occupée pendant toute la durée du XXIe siècle.

Dans le même temps, le conflit européen s'élargit à un quatrième conflit mondial où Israël utilise l'arme atomique pour se défendre des tirs de l'Iran et renverse le régime des mollahs. Un corps expéditionnaire américain envahit le Liban, alors que les forces américaines de l'Irak renversent le régime Assad en Syrie.


A terme, les dictatures moyen-orientales épuisées sont renversées, le pétrole saoudien est en mains américaines. Les musulmans sont étroitement surveillés et l'accès à la Mecque est interdit pendant dix ans.

Profitant du conflit mondial, la Chine tente d'envahir le Japon en décrépitude, lequel répond en lançant une attaque nucléaire qui raye Shangaï de la carte. Soutenu par l'Australie, la Corée du Sud et l'Indonésie, le Japon contre-attaque. En même temps, une crise économique fait imploser le régime chinois, et Hong-Kong se rebelle. Le régime chinois s'effondre et ses leaders sont pendues place Tiananmen par la foule hystérique. Un nouveau régime chinois démocratique, avec pour capitale Hong-Kong, renait des cendres de l'ancien empire.

L'humanité sort de la quatrième guerre mondiale en ayant perdu le septième de sa population, soit un milliard de personnes, l'Europe est exsangue et sous tutelle, la Chine ectoplasmique, le Moyen Orient hors jeu, et les Etats-Unis sont, encore et toujours, la première puissance du monde dans tous les domaines.

On parle de modifications génétiques pour rendre l'homme non-violent.

jeudi, septembre 14, 2006

La France, patrie du marxisme triomphant, épisode 123 987

Mes commentaires en rouge gras

PHILIPPE HERZOG : PREMIER PRÉSIDENT DE L’INSTITUT POUR L'ÉDUCATION FINANCIÈRE DU PUBLIC


Philippe Herzog, Président de Confrontations Europe, ancien député COMMUNISTE européen et membre du Conseil d’Analyse Economique, "machin" étatique créé pour founir une sinécure aux frais du contribuable à quelques parasites bien connectés, auprès du Premier ministre, a accepté (il est trop bon : c'est nous qui payons) de présider l’Institut pour l'éducation financière du public, nouvellement créé.

Si "l'éducation financière du public" à coups de faucille et de marteau a un quelconque résultat positif, je fais don d'un mois de salaire au PCF.

Nous aurions été le 1er avril, ma réaction eut été différente ! En effet, le cocasse de la situation est tout de même qu'un communiste, par définition, est quelqu'un qui s'est trompé du tout au tout en économie.

Autant donner la présidence du Comité pour le développement de la viande chevaline à un végétarien ou la présidence du Conservatoire à Madonna.

La France est ce pays extraordinaire où les gouvernants ne sont pas effrayés par la moindre connerie, ne sont pas retenus par le moindre scrupule, où la décence est une notion inconnue ; où la mesure, l'intelligence, la modestie apparaissent, en matière de gouvernement, comme des fautes de goût infamantes.

Liban : la victoire en trompe l'oeil

Je vous mets cet article des Echos pour mémoire, car ceux qui lisent ce blog régulièrement ont eu droit il y a un mois à la même analyse (défaite militaire du Hezbollah, situation politique du Hezb à l'intérieur du Liban fragilisée) à contre-courant des approximations partisanes pro-Hezbollah de nos journaux de bien-pensance. Mieux vaut tard que jamais. Cocorico !

La victoire en trompe l'oeil

Ca me confirme dans l'idée qu'avec de bonnnes sources, en recoupant les informations, et en ayant une grille de lecture des événements pas trop bête (1), on peut arriver grâce à internet à se faire une image de la situation.

(1) : c'est ce qui a le plus manqué aux journaux français, obnubilés par l'émotionel, le "massacre des civils" et la réponse "disproportionnée" d'Israel.