lundi, décembre 20, 2004

Y -at-il un gouvernement libéral (ultra, forcément ultra) en France ?

Je suis surpris d'entendre des gens de gauche me parler de la politique sournoisement libérale du gouvernement actuel.

A mon avis, ce qui explique cette position contraire à la réalité que je vois, est que le meilleur moyen d'exister est de diaboliser l'adversaire."Libéral", surtout pour la gauche française, est autant une insulte que "pédophile", son emploi est tout naturel. C'est trop compliqué et trop risqué de définir un projet, mieux vaut dire du mal du gouvernement.

La politique prétendue libérale du gouvernement ? D'aussi loin que remonte ma mémoire du gouvernement Raffarin, je ne me souviens pas de mesures libérales. Clientélistes, oui, droitières, oui, libérales, non. (Les privatisations sont lancées depuis longtemps, peut-être l'abolition des 35 h ?)

Même si j'ai cherché sincèrement, il se peut que j'ai oublié, si vous en connaissez, ça m'intéresse.

Est-ce à dire que la politique du gouvernement est incohérente ?

Non, elle est cohérente par défaut, ce qui donne cette impression justifiée de sournoiserie.

Dans tous les cas, le gouvernement, sous la pression des évènements, cherche la ligne de moindre résistance, celle qui bouscule le moins. Or, la moins mauvaise solution pour répondre à ce critère, dans un système à l'efficacité déclinante, réside dans l'adoption de mesures techniques obscures qui n'intéressent personne, sans toucher au système : augmenter un peu plus l'assiette de cela, modifier le calcul du droit à ceci, tripatouiller tel taux, réviser le barème machin etc ... Par là-dessus, se rajoutent quelques mesures clientélistes , pour les buralistes ou pour les médecins, destinées à faire croire qu'on agit.

Le tableau d'ensemble est le suivant : diminution des prestations sociales saupoudrée de clientélisme.

Cette situation ne découle pas à mon avis d'une intention machiavélique mais au contraire d'une incapacité à définir une politique, comme un filet d'eau suit une pente prédictible et définie, parce que justement il n'a aucune volonté, parce qu'il se soumet à la loi de la gravitation.

Au fond, les intentions du gouvernement comptent peu : qu'il soit machiavélique ou incapable, qu'importe ; seul le résultat compte. Sur ce point, je rejoins les communistes et les socialistes, ce gouvernement est néfaste.

Les Français sont pris en étau entre un monde qui change sans leur demander leur avis et des structures inadaptées héritées du passé. Aujourd'hui, ils se crispent sur le passé parce que personne ne leur propose un avenir séduisant.

Une politique clairement posée est nécessaire pour rassurer les Français. Le secret de la popularité de Noicolas Sarkozy n'est pas à chercher ailleurs : il annonce ce qu'il va faire et il le fait (ou donne l'impression de le faire).

Qu'ancun autre homme de droite n'essaie de reprendre cette méthode pourtant si simple est peu flatteur pour la droite, je passe.

La gauche joue le retour au pouvoir par balancier électoral. C'est de bonne guerre électoraliste, mais que c'est court par rapport aux enjeux nationaux ! Que c'est court !

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