mardi, novembre 07, 2006

Bientôt le pétrole à 20 $ le baril ?

Non, je ne me suis pas trompé d'un zéro.

En effet, le pétrole n'est pas une substance magique.

Il est négocié sur des marchés mondiaux, son prix obéit à la loi de l'offre et de la demande, spéculation comprise.

Simplement, il faut prendre en compte que les investissements sont énormes et les délais très longs.

Les décisions d'aujourd'hui auront des conséquences dans quelques années.

Les phases de baisse et de hausse sont parfaitement connues (même si il y a des exceptions, qui comme toujours, confirment la règle) :

> Le mécanisme de hausse : prix bas aujourd'hui => pas d'investissements pétroliers et croissance mondiale facilitée => quelques années plus tard, offre limitée et demande accrue => hausse des prix pétroliers

> Le mécanisme de baisse : prix hauts aujourd'hui => investissements pétroliers massifs et croissance mondiale entravée => quelques années plus tard, offre abondante et demande limitée => baisse des prix pétroliers.

Comme l'offre et la demande se rééquilibrent lentement, les mouvements, à la hausse comme à la baisse, sont longs et profonds et donnent à penser qu'ils sont irréversibles. Les mêmes qui nous promettaient un baril à 10 $ il y a dix ans nous promettent aujourd'hui un baril à 200 $.

De nombreux signes laissent à penser que nous sommes à la fin d'un cycle de hausse, auquel cas il n'est pas idiot d'envisager un baril à 20 $ dans quelques années.

Bien sûr, le pétrole étant une ressource finie (1), son extraction passera nécessairement par un maximum après quoi il y aura décroissance jusqu'à zéro. Les prix augmenteront alors, à moins qu'à cette époque, nous ayons appris à nous passer de pétrole.

Jusqu'à ce que ce maximum d'extraction soit atteint, il n'y a aucune raison que le prix du pétrole soit tendanciellement à la hausse, la course entre offre et demande continuant avec chacun des deux compétiteurs en tête à tour de rôle, sans limitation ni pour l'un ni pour l'autre.

Mais avons nous déjà atteint ce maximum ? Certains le croient. Je n'en sais fichtre rien.

De plus, même si l'offre de pétrole diminuait, la course entre offre et demande ne serait pas terminée : il "suffirait" qu'un produit de substitution s'impose pour que la demande chute plus vite que l'offre et que la tendance longue soit baissière. C'est même l'hypothèse la plus probable à long terme : on apprendra bien un jour à se passer du pétrole.

Cependant, même si nous étions entrés dans la période longue de hausse tendancielle des prix pétroliers, cela n'empêcheraient pas les réactions à la baisse sur de plus courtes périodes, du fait des décalages temporels entre variations de l'offre et variations de la demande.

C'est pourquoi je vous fais part sans trop d'inquiétude de mon hypothèse de prix pétroliers nettement plus bas qu'aujourd'hui, mais ma boule de cristal n'est pas assez performante pour vous dire exactement quand et combien. Dommage, il y aurait une fortune à faire !

Bon évidemment, il s'agit là de mécanismes élémentaires dans une économie de marché, mais, justement, il m'avait semblé comprendre que les Français ne sont pas très familiers de l'économie libre, d'où ce rappel !


(1) : il y a tout de même des gens qui font l'hypothèse que le pétrole serait généré continument par la pression et la température des entrailles de la terre, auquel cas il serait en quantité quasi-infinie à l'échelle humaine. Ca paraît assez farfelu.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

un excellent site sur le sujet qui pourra peut être éclairer votre boule de cristal:
http://wolf.readinglitho.co.uk/francais/index.html

Anonyme a dit…

Je viens de regarder le site proposé et je me permets de faire part de trois commentaires.

D'une part, après le contre choc pétrolier de 1986 - qui vit le prix du baril chuter en quelques mois de presque $30 à $8 environ - pour ne plus jamais remonter en moyenne au dessus des $20 jusqu'au tournant des années 2000 - mis à part l'épisode de la première guerre du Golfe - le niveau des découvertes a été relativement faible. Ce qui tend à confirmer ce qu'évoque l'auteur du blog. Pendant des années, les différentes compagnies n'ont pas su/pu/voulu explorer pour la recherche de nouveaux gisements. Il faut dire aussi qu'il y a toujours la crainte de voir un gouvernement remettre en cause le titre de propriété (même de concession) accordé à une compagnie étrangère une fois que celle ci, par ses capitaux et sa technique - les majors occidentales restent à la point dans ce domaine -, a mis à jour un gisement important ( demander à Shell pour la Russie ou au brésilien Pétrobas pour la Bolivie).

D'autre part, les progrès techniques permettent quelques fois de découvrir des gisements très importants à des endroits insouponnés/innaccessibles auparavant. La découverte d'un gisement gigantesque au large des côtes texanes au cour du printemps 2006 en apporte la preuve.

Par ailleurs, le site mis en ligne - mais j'ai peut être manqué le coche - ne parle pas des pétroles lourds et autres schistes bitumeux - Onéroque au Vénézuéla ou Alberta au Canada - qui pourraient sans problème doubler les reserves existantes. Le hic, c'est que ces ressources nécessitent des investissements initiaux plus élevés que pour les bruts légers.

En ce sens, avant de parler de déplétion pétrolière, il me semble - avis d'un ''citoyen'' ;-D - que la première problèmatique est la déplétion du pétrole PEU CHER ( avec les conséquences environnementales éventuelles d'une économie basée sur la consommation d'énergies fossiles )et donc le fait qu'avec un simple mécanisme des prix - i.e. un prix durablement élevé du pétrole et/ou une monté lente de celui-ci - s'opère simplement une diversification énergétique tant au niveau des particuliers que des industriels.