samedi, mars 03, 2007

Le grand méchant marché (A. Landier, D. Thesmar)

FFF

Sous titré "Décryptage d'un fantasme français", ce livre essaie de d'expliquer l'aversion française au marché.

Les auteurs essaient de trouver des explications rationnelles.

> L'économie libérale n'a pas tous les défauts qu'on lui donne en France : les "licenciements boursiers" n'existent pas, les OPAs hostiles (ie hostiles à la direction en place) créent plus de valeur que les OPAs amicales et la bourse est parfaitement capables de voir à long terme (exples : Texas Instruments, Microsoft, Google, ...)

> Ce rejet du marché est spécifiquement français. Dans aucun autre pays, y compris en Amérique Latine, on ne retrouve un phénomène aussi massif.

> L'aversion à l'économie libérale n'est pas culturelle. Les explications culturalistes oublient que la France de la IIIème république était fort libérale sous tous ses aspects (notamment une grande détention d'actions par les particuliers), à l'exception d'une hostilité à la concurrence étrangère.

> Les auteurs considèrent d'abord une erreur d'attribution : la nostalgie des Trente Glorieuses attribue au dirigisme des vertus qu'il n'a pas. La croissance de ces années est avant tout du à un phénomène de rattrapage de notre retard économique que le dirigisme n'a fait qu'accompagner.

> A la faveur du dirigisme, s'est créée une caste de patrons-fonctionnaires ou de fonctionnaires-patrons, qui ne brillent pas par leur excès de compétences à diriger une entreprise, qui ont tout intérêt à dénigrer les mécanismes (pressions d'actionnaires, chute du cours de bourse, OPA hostile, ...) qui peuvent les remettre en cause. Les patrons qui pestent contre le court-termisme de la bourse ont surtout peur de perdre leur place à court terme.


> Le système de retraite par répartition donne des créances, des droits à la retraite, en contrepartie de cotisations. Ce système pousse donc les Français à se comporter en créanciers, averses au risque, et non entrepreneurs. Ce système a aussi fait que, par absence de fonds de pension, le capital des entreprises français est détenu dans une proportion inconnue ailleurs par des étrangers. Ce système est donc triplement néfaste : pour la démographie (sujet d'un précédent message), pour le capital des sociétés françaises et pour l'attitude générale des Français vis-à-vis de l'économie.

Les préconisations des auteurs découlent de cette analyse :

> Liquider les restes de l'économie mixte et ses ravages (et les auteurs ne parlent pas d'EADS !)

> Remettre à plat les mécanismes redistributifs pour les rendre plus justes (et j'ajouterais : plus légers)

> Favoriser toutes les actions de mécénat qui réconcilie avec la richesse.

> Enfin, changer le système de retraites, passer de la répartition, qui ne convient plus du tout à notre régime démographique, à la capitalisation.

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