jeudi, août 02, 2007

22 700 : quelques ordres de grandeur

Le gouvernement annonce qu'il va supprimer 22 700 postes de fonctionnaires par non-remplacement des départs à la retraite. Je crois qu'il ne tiendra même pas cet objectif, il n'a pas de conceptions assez fermes et il est englué par trop de mauvaises habitudes.

Mais admettons un instant qu'il tienne cet objectif, il est temps de se remettre quelques ordres de grandeur en tête :

> 22 700 postes représentent moins de 0.5 % des effectifs de la fonction publique, tous statuts confondus, autrement dit c'est un gain de productivité ridicule, que n'importe quel patron, public ou privé, devrait avoir honte d'afficher. Il y a des cas où il vaut mieux se taire.

> 22 700 postes, c'est aussi l'ordre de grandeur de l'incertitude sur le nombre de fonctionnaires. Ca donne carrément une impression d'escroquerie que de promettre un gain qui est dans l'incertitude de la mesure.

> 22 700 postes, c'est moins d'un tiers de 70 000 fonctionnaires qui partent à la retraite. Or, comme un fonctionnaire retraité (pléonasme ?) coûte les deux tiers d'un fonctionnaire actif (oxymore ?), ça veut dire que le gain financier pour l'Etat est proche de zéro.

Si le gouvernement voulait vraiment diminuer l'effectif public, il communiquerait en pourcentage.

Au lieu de cela, il communique en absolu, ce qui est toujours impressionnant, puisque la plupart des Français ignorent qu'il y a en moyenne 50 000 fonctionnaires et assimilés par département.

Bref, on est encore dans un schéma immobiliste et hypocrite : "J'ai la volonté de réforme, mais, malheureusement, la clameur populaire m'en empêche."

On nous prend vraiment pour des imbéciles. Mais vous vous en doutiez, n'est-ce pas ?

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Si je consents aussi à penser qu'avec un tel chiffre, la promesse d'un fonctionnaire partant à la retraite sur deux ne sera pas remplacé n'est pas tenue, je ne peux m'empécher de penser que vous êtes, une fois n'est pas coutume, un peu impatient.
En effet, déjà, il y a 5 ans, le vénérable JP Raffarin faisait ce calcul et, si je ne me trompe pas, ce fut vaillamment quelques 1500 postes qui furent supprimés, sous les lazzis et les quolibets des syndicats et de la gauche en colère.
En ce sens, alors que notre fonction publique nationale n'avait eu de cesse de croître depuis 25 ans, en 2003, pour la première fois, un coup d'arrêt était mis.
Certes, 1/3 n'est pas 1/2. Toutefois, je préfère un Président qui, bon an mal an, continuera à faire entre 1/3 et 1/2 tous les ans, plutôt que de vouloir faire au moins 1/2 une fois et de chiraquiser, heu non reculer, mais ça veut dire la même chose, les années suivantes.
Si on s'en tient à la fourchette basse du 1/3, cela fera en 5 ans entre 120 000 et 150 000 postes de fonctionnaires supprimés.
Ce chiffre peut paraître dérisoire en pourcentage - de l'ordre de 3 % - mais imaginer qu'il se fait dans un maquis de statuts, de corps et de prime qui rende tout effort de synergie et de redéploiement des effectifs quasiment impossible - j'en sais quelque chose puisque fonctionnaire moi même dans un ministère où l'on trouve des corps qui tradionnellement évolue au ministère des finances, de l'équipement, de l'agriculture et de la santé, nous sommes payés très différemment pour faire le même boulot - .
( Au passage, petite devinette, de quel ministère s'agit-il ? ).

au final, certes, 0.5 % c'est peu et sans doute insuffisant, mais sans réforme profonde des statuts, difficile de faire mieux.

PS: déjà, vous devriez entendre les diatribes de certains collègues sur ces fameux 0.5 %: on brise/casse/détruit le service public. Et quand on leur demande pourquoi telle ou telle tâche devrait revenir au service public, alors là, il n'y a plus personne.
Manière de dire que l'arcqueboutage sur les moyens est souvent le cache misère d'une absence de réflexion sur les fins - et cela aussi au niveau politique - du service public.

fboizard a dit…

Vous oubliez juste que les départs à la retraite massifs, qui permettent les diminutions d'effectifs indolores par non remplacement, n'auront qu'un temps.

Après, la solution sera de licencier des fonctionnaires, ce qui ne me choque absolument pas, mais qui me semble tabou en France.

Anonyme a dit…

Effectivement,
Pour information, je vous copie l'adresse suivante qui indique qu'au Portugal, le gouvernement socialiste a décidé de contractualisé... 80 % de la fonction publique...

Sur le site de Koztoujours
http://www.koztoujours.fr/?p=411