jeudi, septembre 18, 2008

Travailler plus pour payer plus d'impôts

J'emprunte cet excellent titre, bien sûr détournement humoristique du sarkozien «travailler plus pour gagner plus», à Nicolas Baverez.

Il résume assez bien ma pensée sur le gouvernement actuel.

Ronald Reagan, grand pédagogue, avait deux ou trois slogans qu'on peut utiliser pour analyser la politique française :

1) Le socialisme, c'est : si ça bouge, taxe ; si ça bouge encore, réglemente ; si ça ne bouge plus, subventionne.

2) L'Etat n'est pas la solution, c'est le problème.

3) La phrase la plus terrifiante dela langue [française] est : «Je viens de la part de l'administration pour vous aider».

Il est clair qu'à l'aune de la première phrase, toute la classe politique française, à de rarissimes exceptions, est socialiste. Chaque politicien français se sent le devoir de se mêler de la vie de la société, d'orienter, de contraindre, de taxer, d'aider, mais surtout pas de laisser vivre.

Il n'y en a aucun qui envisage que le devoir d'un politicien puisse être de s'abstenir, de ne pas toucher, de faire confiance.

Et l'instrument favori de ces madame-sans-gêne est la fiscalité (toujous haussière bien entendu, puisque les baisses ne sont que temporaires tandis que les hausses sont permanentes).

La deuxième phrase, reformulée à la française, permet d'exprimer toutes les nuances de notre spectre politique avec sept lettres et deux parenthèses. Je m'explique :

La droite pense : «L'Etat est la solution de presque tous vos problèmes.»

La gauche pense : «L'Etat est la solution de (presque) tous vos problèmes.»

L'extrême-gauche, plus brutale, pense : «L'Etat est la solution de tous vos problèmes.»

Bien entendu, il n'en est pas un pour envisager les choses à la manière reaganienne.

Enfin, la troisième phrase décrit le piège dans lequel les étatistes nous ont enfermé. L'assistanat étouffe l'économie par l'intermédiaire des impots, provoque des drames, qui nécessitent encore plus d'assistanat, qui étouffe l'économie par l'intermédiaire des impots, qui provoque des drames, et ainsi de suite.

Il est extrêmement difficile de rompre avec l'assistanat, puisqu'on a dégradé la morale et les personnes au point que certains pensent désormais être indépendants quand ils ne dépendent plus que des subventions étatiques.

Le RSA, qui se révélera un RMI bis, les bénéficiaires n'étant pas plus actifs que les RMIstes ne sont insérés, n'est qu'une étape de cette logique folle.

Pour conclure, je suis fermement convaincu que, dans les arides comptes d'une nation, carrefour de tant de relations, on lit sa vie et que, dans les comptes de la France, on lit le je-m'en-foutisme, l'imprévoyance, l'insouciance, la servilité,le mépris, l'égoïsme, l'irresponsabilité, l'incompétence, la corruption des mœurs politiques.

La fameuse rupture tant promise devrait se lire dans les comptes publics, on ne l'y voit pas. C'est donc qu'elle n'existe pas. Tout le reste est pirouettes de saltimbanques pour épater les badauds.

7 commentaires:

Théo2toulouse a dit…

Je serais tenté de dire que "l'Etat est la cause de (presque) tous vos problèmes".

Robespierre a dit…

Je serai tenté de dire que dans ce pays, ca devient : "L'état est la soution. Même si vous n'avez pas de problème".

LOmiG a dit…

Totalement d'accord avec toi : la rupture attendue n'est pas venue, et les pirouettes et habiletés politiques, si elles permettront très certainement à Sarkozy d'être réélu en 2012, sont tout de même assez insupportables.


Ne désespérons pas d'un sursaut : Fillon est plus libéral qu'il n'y parait, et les conditions politiques pourraient l'amener à prendre plus de place dans la politique. Faillite de l'état français, par exemple ?
à bientôt,

fboizard a dit…

Je ne suis pas sûr que vous réalisiez dans quelle tourmente nous plongera la banqueroute de l'Etat. La dernière fois que l'Etat français a été au bord de la banqueroute, ça a été en 1788. Les Argentins gardent un souvenir pénible de leur dernière banqueroute.

Je ne crois pas à une révolution en cas de banqueroute, mais je ne parierais pas un euro sur la pertinence de cette conviction.

La grande troupe des assistés et des stato-dépendants aura le plus grand mal à admettre que ce sont eux qui ont ruiné l'Etat. Ils se rabattront donc sur les suspects habituels : la finance folle, les spéculateurs (1), les riches apatrides (2), les libéraux sans coeur (3) ...

En tous les cas, la tempête soufflera fort et bien des politiciens seront balayés, alors faire des prévisions ...

(1) : ceux-là sont un peu comme les vampires ou les réformes : on ne entend plus parler qu'on ne les voit.

(2) : on n'a pas dit «juifs», mais l'esprit y est.

(3) : c'est bien connu, seule la gauche et les statolâtres ont du coeur, savent ce qu'est la vraie solidarité, l'authentique générosité ... avec l'argent des autres.

Canut a dit…

A la lumière du contexte actuel et des renationalisations républicaines aux USA, Reagan, quel prophète ! Quand je vous disais que le QI des présidents des USA était en berne...
"La grande troupe des assistés et des stato-dépendants " vient d'augmenter avec la finance américaine, rien que ça ! Comme d'habitude, le dogme exige que la réalité se soumette à lui. Ce qui se passe aujourd'hui est donc la faute de l'état, il ne peut en être autrement. Ainsi soit-il.

fboizard a dit…

Cher Canut,

Vous me fatiguez à toujours tout caricaturer, on n'est pas à la télé.

Je n'ai jamais écrit que l'Etat américain était seul responsable de la crise financière actuelle, mais, oui, il a une part de responsabilité qui n'est pas négligeable.

Enfin, le capitalisme n'est pas un système parfait, il a ses crises, qui ne sont pas la fin du monde. Mais je préfère le capitalisme avec ses crises à l'économie administrée avec ses langueurs et ses injustices.

De toute façon, la question est définitivement tranchée par quatre siècles d'histoire : la prospérité et le progrès ne sont possibles durablement que dans une économie libre.

Théo2toulouse a dit…

"Comme d'habitude, le dogme exige que la réalité se soumette à lui."

Ce n'est pas le libéralisme que vous décrivez là, mais le Gosplan et le Führerprinzip. Un très bon exemple de cette soumission, c'est la famine en Ukraine de 1932. Canut pouvez-vous me citer un ministre libéral qui a organisé sciemment une famine ou un génocide pour soumettre la population ?