vendredi, juillet 24, 2009

L'intégrisme philosophique

Une des plaies de notre époque est l'intégrisme philosophique, l'idée que tout peut être ordonné à partir de principes philosophiques.

Quelques exemples :

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> les hommes sont égaux en droit

> le mariage est un droit (ce point est très contestable)

> donc les homosexuels ont le droit de se marier
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> ma liberté s'arrête là où commence celle des autres

> tant que je ne dérange personne je peux faire ce que je veux

> donc je peux vendre mes organes sur eBay
*************
> ma liberté s'arrête là où commence celle des autres

> tant que je ne dérange personne je peux faire ce que je veux

> donc je peux me droguer tant que je veux
*************
> s'habiller est un droit

> la burqa est un vêtement

> donc je peux porter la burqa si je veux
*************

Vous voyez le genre.

L'intégrisme philosophique s'illusionne sur le pouvoir de la raison, il sous-évalue la pertinence de ce qui est, il néglige la capacité filtratrice du temps qui passe, il n'est pas assez intelligent pour être modeste. Mais plus que tout, je lui reproche son mépris de l'homme : il croit que les hommes et les sociétés humaines, aux usages et aux raisons infiniment variés et nuancés, peuvent être taillés à la serpe et ramenés à quelques phrases sorties d'un puissant cerveau.

En somme, l'intégrisme philosophique n'est qu'une demi-intelligence, assez bien adaptée aux demi-intellectuels, journalistes, profs, fonctionnaires, ingénieurs, politiciens, qui peuplent notre époque. Même les idiots, bien endoctrinés, peuvent pratiquer l'intégrisme philosophique.

Comme me manque dans ce monde moderne la souplesse d'esprit d'un Montaigne, «divers et ondoyant», qui jugeait qu'il fallait obéir aux lois, «non parce qu'elles sont justes, mais parce qu'elles sont lois», ce qui ne l'empêchait pas par ailleurs d'en être un critique féroce. Même un Blaise Pascal me suffirait.

Il n'y a ni blanc ni noir, il n'y a que des nuances de gris : le raisonnement ne peut pas tout, mais il ne peut pas rien. Il faut de l'intelligence et de la réflexion, mais modestes et conscientes de leurs limites.

Quand j'entends des éminences monter des raisonnements abracadabrants pour expliquer que, parce que leurs hautes intelligences en jugent ainsi,il faut tout changer de l'éducation, de la famille, du mariage, de la nation, des traditions, de la justice, j'hésite entre la consternation et la pitié.

22 commentaires:

Pierre Robes-Roule a dit…

la rhétorique, ça tue l'intelligence

Pierre Robes-Roule a dit…

et le syncrétisme la décision

Théo2toulouse a dit…

Je vais vous traumatiser Frank : les cinq propositions que vous aites sont pour moi conformes à la définition de je me fais du libéralisme :

"donc les homosexuels ont le droit de se marier"

Ce n'est pas à l'Etat de décider qui a le droit ou non de se marier. Si je décide que c'est mon plombier ou mon facteur qui célèbrera mon mariage y compris avec un homme, ça ne regarde personne d'autre que celles qui seront concernées. la vie sentimentale des hommes n'appartient pas à l'Etat et l'amour qui les unit n'a pas à faire l'objet d'une déclaration en mairie.

Je vous signale qu'en France, un célibataire homosexuel a le droit d'adopter des enfants.

"donc je peux vendre mes organes sur eBay"

Tout à fait d'accord. D'ailleurs, ça résoudrait le problème de la pénurie d'organes. Parce que faire comme en Chine, flinguer des condamnés pour faire du trafic d'organes, c'est assez répugnant comme procédé. Mieux vaut un marché libre des organes, comme en Iran.

"donc je peux me droguer tant que je veux"

Si je suis le libre propriétaire de mon corps, j'ai le droit d'ingérer ce qui me plaît. Ensuite veiller à ne pas devenir un boulet pour les autres.

"donc je peux porter la burqa si je veux"

Si c'est pour une soirée déguisée, où est le problème ?

tiberius a dit…

Théo2toulouse ce n'est pas du libéralisme car il faut prendre la société telle quelle est. Si vous vous droguez les autres payerons pour votre vice (secu, police...) pas très libéral.
Le mariage l'état c'est approprié indument ce droit qu'il l'abandonne mais s'il veut le conserver qu'il n'en fasse pas n'importe quoi.

fboizard a dit…

«Je vous signale qu'en France, un célibataire homosexuel a le droit d'adopter des enfants.»

Je sais, c'est malheureux. Même l'adoption par une célibataire, homosexuelle ou pas, je suis contre.

Elle veut un enfant ? Qu'elle se trouve un mari, c'est fait pour ça.

fboizard a dit…

Au fait, Théo, vous tombez exactement dans le travers que je dénonce : estimer que les idées sorties de votre cerveau, puissant je n'en doute pas, valent à coup sûr mieux que 10 000 ans de pratique par quelques milliards d'hommes.

sachmo a dit…

monsieur boizard,
les exemples que vous donnez relèvent de l'éthique individuelle et non pas de l'éthique universelle ce qui permet de mieux vous connaître.
cordialement.

fboizard a dit…

Développez : je ne comprends pas votre distinction éthique individuelle, distinction éthique universelle appliquée aux exemples cités.

Quant à mieux me connaître, il y a d'autres messages plus explicites sur ce blog.

tiberius a dit…

Vous ne pouvez vous prévaloir de 10 000 de pratique pour imposer vos vues. En effet cela revient à faire valoir la tradition, cela aucune valeur dans une société moderne (en opposition à traditionnelle). On ne peut pas non plus sous prétexte des 10 000 ans faire le contraire si nous sommes encore dans la société des lumières, il m’arrive d’en douter, c’est la raison qui doit guider nos actes. Pour ce qui est du mariage homosexuel, l’état est vraiment mal venu pour s’en occuper en effet le rôle d’un état auquel nous aliénons beaucoup de nos libertés doit être de faire prospérer la société. Le mariage homosexuel en l’état c’est la mort, il existe et a existé des peuples où les femmes ne faisaient pas d’enfant (voir triste tropique si ma mémoire est bonne) mais les prenait à des femmes d’autres ethnies. Ce genre de pratique peu compatible avec notre respect des différents droits permet à une société de se perpétuer malgré des unions stériles. Comme nous n’allons pas adopter ces façons exotiques, le mariage homosexuel n’est que la ruine de la société.
Je précise que des religions (au moins une partie des protestants) acceptent le mariage homosexuel mais en France l’état s’étant arrogé un monopole ce n’est pas possible. Le mariage tant qu’il est une affaire privée, faites le avec qui ou quoi vous voulez mais qu’en il a un caractère républicain cela concerne tout le monde.

Anonyme a dit…

"Ce n'est pas à l'Etat de décider qui a le droit ou non de se marier. Si je décide que c'est mon plombier ou mon facteur qui célèbrera mon mariage y compris avec un homme, ça ne regarde personne d'autre que celles qui seront concernées. la vie sentimentale des hommes n'appartient pas à l'Etat et l'amour qui les unit n'a pas à faire l'objet d'une déclaration en mairie."

Houlàlà Théo, ça c'est absurde sur tellement de points que c'est difficile de savoir par où commencer. Je précise : c'est absurde, que l'on soit libéral ou pas.

"Ce n'est pas à l'Etat de décider qui a le droit ou non de se marier."

Alors montrez-moi un pays, un seul, où ce n'est pas le cas.

"Si je décide que c'est mon plombier ou mon facteur qui célèbrera mon mariage y compris avec un homme, ça ne regarde personne d'autre que celles qui seront concernées."

Merci de nous indiquer quels mariages, dans le monde et dans l'histoire, ont été célébrés par "mon plombier" ou par "mon facteur".

"La vie sentimentale des hommes n'appartient pas à l'Etat et l'amour qui les unit n'a pas à faire l'objet d'une déclaration en mairie."

Le mariage n'a rien à voir avec l'amour.

Un mariage, par définition, c'est l'autorisation et la reconnaissance par la société de l'union irrévocable d'un couple, dans le but de procréer et d'élever des enfants.

Prétendre que l'Etat ne doit donc pas se mêler de mariage, tout en réclamant le droit de se marier, c'est donc exiger que l'eau ne mouille pas ; c'est revendiquer la création, par voie législative, d'une variété de feu qui ne brûle pas.

Maintenant, vous pouvez toujours prétendre que le mariage, c'est l'activité qui consiste à poser du papier peint, ou à enculer les chèvres.

Vous pouvez.

Mais faut quand même pas prendre les gens pour des cons.

fboizard a dit…

Tiberius,

J'insiste : je peux me prévaloir de 10 000 ans de tradition.

Tous ces gens qui s'arrogent le droit de réclamer ceci ou cela au nom du respect n'ont même pas le respect de nos aïeux.

Théo,

Vous me faites pitié. Lisez Montaigne, ou Albert Cohen.

L'amour n'a rien à voir avec le mariage, c'est une escroquerie, j'en parlais il y a peu à ma respectable épouse.

L'amour ne solidifie pas un mariage, il le fragilise, car l'amour passe. Et si vous n'êtes as convaincu, le taux de divorces parle pour moi.

L'amour, les amants, les maitresses, le cinq à sept ont été inventés pour ça.

Tiens, par amour de vous, je vais recopier un passage de Mangeclous.

Anonyme a dit…

En parlant d'enculer les chèvres...

Les ultra-libéraux dogmatiques et les homosexuels occidentaux devraient se méfier avant de revendiquer que l'institution du mariage devienne n'importe quoi.

Ils devraient se rappeler que dans l'islam, on peut se marier pour une heure. Et faire sanctionner ce mariage par un imam.

Ils devraient se rappeler cette confession, faite il y a quelques jours par un membre de la milice islamique au service du pouvoir iranien, qui a révélé qu'une partie de son travail, dans le passé, a consisté à violer des jeunes filles emprisonnées, juste avant leur exécution.

Ben, oui : la loi iranienne interdit d'exécuter une femme vierge. Mais elle autorise le mariage de convenance, pour des rapports sexuels de passage.

Par conséquent, les jeunes filles condamnées à mort étaient officiellement "mariées" en prison à ce milicien, qui les violait ensuite le matin de leur exécution.

On pouvait alors les tuer en toute quiétude islamique.

Les homosexuels boboïsants et revendicatifs de l'Occident feraient bien de se rappeler le sort qui leur est réservé en Iran, et que je ne décrirais pas ici, car il est encore plus horrible.

Je rappelle que l'Occident est déjà plein de musulmans qui se livrent à des ratonnades anti-homosexuels, aux Pays-Bas, aux Etats-Unis et ailleurs.

Voilà ce qui arrive quand on met n'importe quoi sous le mot de "mariage".

Anonyme a dit…

"estimer que les idées sorties de votre cerveau, puissant je n'en doute pas, valent à coup sûr mieux que 10 000 ans de pratique par quelques milliards d'hommes."
"Si vous vous droguez les autres payerons pour votre vice"
Bob qui parle d'"ultra-libéraux"...

conservatisme, quand tu nous tiens !
On pourrait effectivement répondre point par point. Par ex, la bonne vieille technique du poing dans la gueule, tradition fièrement partagée par toute l'humanité et lachement abandonnée dans les pays civilisés à faible population celto-alcoolique. Qu'il suffit d'autoriser le commerce de l'herbe pour économiser pas mal d'argent en frais de police et de justice pour un vice qui de toute façon existe. De permettre à un individu d'adopter, quelque soit sa sexualité, comme Franck l'avait si bien exposé il y a peu dans un post sur la filiation dans le droit et l'usage romain.

Qu'il s'agisse là d'une inquiétude légitime face à la déliquescence de la rigueur morale et de la quête d'excellence littéraire ou scientifique, ça me va... l'école est un vaste sujet.
Inquiétude face à l'égalitarisme des hommes et des idées, ça me va aussi
mais renier les principes philosophiques (en conservant Montaigne en justification ultime) qui ont été à la fois l'origine et la pierre angulaire de ce blog... je n'en reviens pas.
Quel virage conservateur !
La rioufolisation de Franck est proprement spectaculaire, et cache mal une anxiété vis à vis de l'avenir dont Montaigne disait : "Nous ne sommes jamais chez nous, nous sommes toujours au-delà.
La crainte, le désir, l’espérance, nous projettent vers l’avenir et nous ôtent le sens de ce qui est, pour nous distraire avec ce qui sera, même lorsque que nous n’y serons plus.
« Malheureux les esprits anxieux de l’avenir » Sénèque"
ou encore :
"Comme le dit ce poète ancien, cité par Plutarque :
« Ne nous fâchons pas contre les évènements ; ils n’ont cure de nos colères »
Mais nous ne serons jamais assez sévères contre les dérèglements de notre esprit"

fboizard a dit…

virage n'est pas si important que vous le croyez, je suis toujours libéral.

Mais avez vous déjà vu une société libérale s'épanouir dans une société en perdition ?

Je renonce simplement à être un libéral dogmatique.

Quelquefois, l'urgence commande.

Oui, j'ai peur de l'avenir, mais la peur est parfois (souvent ?) bonne conseillère.

Denis a dit…

Une coquille: "Un mariage, par définition, c'est l'autorisation et la reconnaissance par la société de l'union irrévocable d'un couple, dans le but de procréer et d'élever des enfants."

m'est avis que

Mariage: ...reconnaissance par la société du lien administratif... de deux INDIVIDUS Homo sapiens dans le but...
de bon leur semble.

La définition première est trop christo-compatible ou Benedictus XVI compliant

Est-ce la meilleure ?: là c'est une affaire d'opinion personnelle

@robert: Vous semblez intarissable sur l'Iran ?
Quelles sont vos sources dans les propos et comportement que vous écrivez ?( saine curiosité...)

Vermicel a dit…

Bonjour Denis,

Je vous suis entièrement.

Cordialement
Jean-Christophe

Vermicel a dit…

Bonjour Franck,

M'est avis que vous faîtes erreur. L'union des homosexuels par le mariage ne doit pas être une question de rhétorique ou de sémantique, mais une question de liberté et d'amour.

Cordialement
Jean-Christophe

sloonz a dit…

Je lis régulièrement ce blog avec plaisir. Mais sur ce coup, je ne vous suis pas. Vous nous refaites le vieux coup du "il n'existe pas de principes absolus", qui enrageait tant Bastiat.

Si vous pensez qu'aucun universel n’est applicable en politique, alors cessez de vous réclamer du libéralisme. Car cela signifie que la nature humaine, la loi naturelle et le droit naturel, qui sont des universaux, sont impropres à l’action politique. Cela revient à défendre relativisme le plus absolu. Si vous agissez sans principe général, alors vous agissez selon votre arbitraire. À quoi bon la démocratie libérale, donc ?

À quoi vous conduit votre scepticisme (compréhensible) à l’égard de la raison ? Sur le rationalisme le plus naïf, celui qui pense que l’intelligence à l’aide de sa seule puissance peut déterminer rationnellement tous les tenants et tous les aboutissements dans toutes les situations particulières, sans l’aide du moindre « principe abstrait ».

Prenons l’exemple de la consommation de cannabis, bien représentatif. Vous refusez le principe libéral de liberté et de responsabilité, au nom d’un scepticisme sur la puissance de la raison. À quoi cela vous conduit-il ? À déterminer par la seule puissance de votre intelligence, sans prendre appui sur le moindre principe, quelle est la mesure la plus adaptée : autorisation ou interdiction de la consommation de cannabis. Et vous voilà condamné à déterminer tous les tenants et aboutissements de chaque alternative, sans reconnaître que votre intelligence seule ne peut embrasser la complexité de toute la société, et que seule l'expérience accumulée dans des principes abstrait est capable de venir à bout d'une telle complexité.

Vous faites preuve de la même naïveté que les anciens conservateurs qui refusaient l’abrogation des lois sur la consommation d’alcool, sous le prétexte que les ouvriers iraient consommer la totalité de leur paie dans l’alcool. De la même naïveté que les socialistes qui, constatant que les bas salaires rendent la vie précaire à ceux qui les reçoivent, décident d’instaurer un salaire minimum. De la même naïveté que ceux qui, constatant que les hauts loyers ont le même effet que les bas salaires, instaurent des loyers maximum. Mais sur ces exemples, l’expérience nous montre que ce rationalisme naïf a été impuissant à prendre en compte tous les effets pervers. En vertu de quoi pourrait-on faire plus confiance à ce rationalisme naïf dans ce cas-ci ?

Anonyme a dit…

C'est rigolo, cette insistance de certains libéraux français à réclamer le droit de se droguer librement.

"Si vous agissez sans principe général...", dit Sloonz, pour justifier la drogue.

Ben, justement. Le refus de la drogue est un principe.

Prétendre que se droguer relèverait de la "liberté" et de la "responsabilité", c'est tout de même la plus belle escroquerie intellectuelle qui soit.

Un drogué n'est ni libre ni responsable, c'est le moins que l'on puisse dire.

Dans un ou deux siècles, les historiens considéreront que l'emprise de la drogue sur la société occidentale aura été l'un des plus importants phénomènes du XXème siècle, et sans doute du suivant.

L'industrie de la drogue n'existait pas au temps de Bastiat. C'est bien joli de parler en termes de droits "naturels" et "universels", mais rien n'est naturel ni universel en la matière.

Il n'y a rien de plus culturel que des "droits". Et donc d'historique. Le libéralisme lui-même est un mouvement d'idées inscrit dans l'histoire. Si vous pouviez parler des "droits naturels" libéraux à la quasi-totalité des hommes ayant vécu dans le monde, ils vous regarderaient avec des yeux ronds en vous prenant pour un fou.

A notre époque même, il y a au minimum un milliard trois cent millions d'hommes, les musulmans, qui considèrent comme blasphématoire ce que vous, vous appelez des droits "universels" et "naturels". Et qui infligent la peine de mort pour le trafic de drogue, voire la simple possession.

Il faut avoir un peu d'humilité, tout de même, quand on prétend parler de politique et de société.

L'importance et la nocivité de la consommation de drogue parmi les populations occidentales est un phénomène historique qui a des conséquences incalculables.

Il suffit d'ouvrir les yeux et de prendre un peu de recul pour le constater. Il y a un moment où l'égoïsme des usagers récréatifs français de cannabis, riches et bien insérés dans la société, devient quand même insupportable.

Si vous voulez plaider la libéralisation de la drogue, alors apportez-nous des études, des faits, des chiffres sur les expériences qui ont été réellement menées en la matière : en Suisse, aux Pays-Bas, en Amérique, en France avec les produtis de substitution à l'héroïne, etc. Tentez de nous convaincre du bien-fondé d'une telle libéralisation sur la base de ce qui a réellement été expérimenté.

Et discutons sur des faits précis, de notre époque, au lieu d'invoquer de façon quasi-religieuse le bouquin à Bastiat (que la paix soit sur Son Saint Nom, et sur celui des ses disciples).

Et tenez compte du fait, aussi, que la production et le commerce de la drogue sont, de façon prépondérante, aux mains des musulmans, dont la religion et la culture sont fondamentalement anti-libérales, comme je l'ai dit, et qui, pour une part notable d'entre eux, s'en servent explicitement (ils le disent) pour affaiblir, piller, détruire la société occidentale puis s'emparer de ses territoires.

Quand vous serez réduit à l'état de dhimmi dans une Europe majoritairement islamisée, ça vous fera une belle jambe de pouvoir vous taper votre petit joint tranquillle. Si tant est que vos nouveaux maîtres musulmans vous en laissent le loisir, et ne vous coupent pas une main ou un pied pour vous punir de vos sales habitudes "libérales".

Anonyme a dit…

Denis :

http://tinyurl.com/n2jprd

sloonz a dit…

Il n'y a rien de plus culturel que des "droits". Et donc d'historique. Le libéralisme lui-même est un mouvement d'idées inscrit dans l'histoire. Si vous pouviez parler des "droits naturels" libéraux à la quasi-totalité des hommes ayant vécu dans le monde, ils vous regarderaient avec des yeux ronds en vous prenant pour un fou.
Je ne crois pas que ce soit vraiment l’endroit pour lancer un débat sur le droit naturel (d’autant plus que l’interface de blogger m’insupporte au plus haut point, je ne vais pas rester longtemps ici), mais ce que les libéraux appelent « droit naturel » n’a rien à voir avec un supposé dénominateur commun de toutes les conception juridiques partagées par l’humanité depuis l’aube des temps — ce qui serait évidemment absurde, historiquement.

Sur tout le reste, vous vous méprenez totalement sur la nature de mon intervention.

Je n’ai pas défendu la légalisation de la consommation de drogues.

Je n’ai pas dit que puisque Bastiat avait voté pour la suppression de la prohibition de la consommation d’alcool, alors nous devions « religieusement » le suivre sur le débat semblable qu’est la légalisation des drogues, en bons « zélotes » libéraux.

Si vous aviez lu et correctement interprété mon message, je ne faisais que critiquer le raisonnnement naïf (et constructiviste) « je vois que la drogue pose des problèmes, donc il faut interdire la consommation de drogues » — s’arrêter aux conséquences directes et visibles d’une mesure sans prendre en compte ses effets pervers.

À priori, l’auteur de ce blog, se disant libéral, a correctement intégré ceci : ce n’est pas parce que les salaires bas ont des conséquences déplaisantse pour ceux qui les reçoivent que le SMIC est une bonne mesure — à cause de ses effets secondaires pervers. Il est possible que ceci s’applique à la consommation de drogues.

Ceci invalide le raisonnement, pas la conclusion.

Si on ne peut s’arrêter aux conséquences visibles, comment répondre à cette problématique ? Vous l’avez dit : par l’expérience, celle de pays voisins, ou du passé. Si nous n’avions pas d’expériences à portée de main ? C’est ici que les principes philosophiques de liberté et de responsabilité entrent en œuvre : légaliser.

Ce que je critiquais, c’était uniquement le rejet de principes philosophiques abstraits dans ce dernier cas — car nous n’avons rien d’autre, l’expérience ayant montré que la « toute-puissante Raison », dans des cas semblables (contrôle des prix, par exemple), induisait souvent en erreur. Les principes abstraits libéraux ont motntré leur efficacité dans des cas semblables. Sans expérience à portée de main, il est donc plus sage de les suivre que de suivre sa propre raison.

Sur la légalisation de la consommation de drogue en elle-même, je dois vous admettre que je me désintéresse complètement de ce sujet.

J’espère que vous pardonnerez mon manque d’imagination, mais je ne vois pas ce que les musulmans viennent faire ici…

Anonyme a dit…

Il se trouve que je m’y suis intéressé il y a une dizaine d’années. C’était alors à la mode, et les feuilles de choux progressistes se tiraient la bourre à coup d’enquêtes et d’études.
Depuis, j’ai peu changé d’avis : s’il faut être intelligent pour se droguer – j’y inclus la dégustation d’un Santenay 1er cru – on ne peut pourtant pas prendre tous nos contemporains pour des imbéciles.

Alors Bob, dites nous ce que vous prenez !
De bouffées délirantes en effets secondaires hautement paranoïaques, c’est pas très tentant, mais ça pourrait intéresser la recherche médicale.

Néanmoins, pour le plaisir, je relève les points les plus (ahurissants ? fantasmés ?) hauts en couleur de votre texte :
« Prétendre que se droguer relèverait de la "liberté" et de la "responsabilité", c'est tout de même la plus belle escroquerie intellectuelle qui soit. »
ça demande une argumentation : on vent bien de la colle, des aérosols à l’air sec, etc. Les gens sont donc libres de se droguer quand ils veulent (et je peux vous dire que ça se défonce sévère dans les toilettes des internats), mais pas avec ce qu’ils veulent.
Il s’agit donc bien de liberté et de responsabilité.
D’autre part, je suis propriétaire de mon corps ; si je souhaite m’encrasser la tuyauterie en faisant du footing autour du périph’ ou par n’importe quel autre moyen, qui êtes vous pour me l’interdire ? Je sais c’est con vu comme ça, mais c’est hélas un point fondamental du libéralisme.

« Dans un ou deux siècles, les historiens considéreront que l'emprise de la drogue sur la société occidentale aura été l'un des plus importants phénomènes du XXème siècle, et sans doute du suivant. »
Auriez-vous été marxiste dans votre jeunesse ? Vous en avez le phrasé prophétique si particulier.
Les XVIIe et XVIIIe siècles sont souvent cités comme la plus grande période que la France ait connue. Pourtant, la consommation d’alcool n’a jamais été aussi élevée que durant cette période (faut que je retrouve la référence éloquente lue il n’y a pourtant pas si longtemps). Si j’étais aussi peu scrupuleux fantaisiste que vous, je dirais qu’il y a un lien.

« L'industrie de la drogue n'existait pas au temps de Bastiat. » la drogue serait plus propre si elle était artisanale ?
« L'importance et la nocivité de la consommation de drogue parmi les populations occidentales est un phénomène historique qui a des conséquences incalculables. »
Comment prendre au sérieux quelqu’un qui parle de ‘la drogue’ ? Un minimum de raisonnement porterait sur ‘les drogues’. On attend avec impatience l’argumentation d’une telle affirmation.

« la production et le commerce de la drogue sont, de façon prépondérante, aux mains des musulmans, » Avec Bob, les colombiens ne sont en fait que des arabes habilement déguisés (grâce à la gomina et aux cols pelle à tarte). Je ne parle même pas des mafias siciliennes dont les liens millénaires avec les barbaresques n’en font que des suppôts de l’Universal Charia Inc

« Il faut avoir un peu d'humilité, tout de même, quand on prétend parler de politique et de société. » Toujours cette histoire de paille et de poutre.