mercredi, septembre 30, 2009

Apocalypse (Costelle et Clarke)

Documentaire saisissant. J'ai cependant relevé deux ou trois erreurs, que j'ai oubliées, faute de les avoir notées.

La colorisation a fait polémique, elle ne me choque pas : un documentaire n'est pas une œuvre d'art, la colorisation n'est pas une trahison de l'artiste. Il est vrai qu'elle introduit un arbitraire qui ne se trouvait pas le document original.

Je suis bien plus dérangé par le choix de conserver en noir et blanc tout ce qui a trait aux persécutions raciales. C'est singulariser à l'excès cet aspect de la guerre : à mon sens, on ne peut pas coloriser les fêtes nazies et et refuser la couleur pour les camps d'extermination. Ce sont deux versants d'un tout.

En faisant des persécutions raciales industrialisées une singularité irréductible, on les place petit à petit en dehors de l'humain et on s'interdit de les analyser froidement et de les comprendre. Je reconnais que c'est bien pratique : ah, si l'on pouvait considérer que cela est le fait de non-humains ...Mais non.

C'est d'autant plus dangereux que, avec des techniques de propagande filles de Goebbels mais bien plus perfectionnées, nous sommes en train de retomber dans la politique raciste : par symétrie, ce n'est plus le pur qui est exalté, mais le métis, ce n'est plus l'autochtone, mais l'allogène, cependant, reste cette notion détestable qu'il y aurait un type d'homme supérieur. J'ai très mal ressenti les fêtes électorales d'Obama et les propos de ses partisans.

Vous me direz que j'exagère, qu'il n'y a rien dans notre monde actuel comparable aux persécutions hitlériennes. En êtes vous si sûrs ? L'industrie a changé, nous n'en sommes plus au fordisme avec ses grosses usines, l'industrie est répartie, éclatée un peu partout. La persécution a suivi cette mode : moins voyante, plus diffuse.

Mais il y a des millions d'hommes meurent dans des bidonvilles sordides, chassés de leurs habitudes et de leurs traditions, au nom du «progrès» qui ici signifie uniformisation, négation des différences. Combien de peuples déracinés, de cultures saccagées au nom de «mercadence et de la trafique» ?

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