samedi, juin 12, 2010

Les révélations de Saint Yan

Saint Yan fut la Rome du pilotage français. Le SEFA (Service d'Exploitation de la Formation Aéronautique), branche de la DGAC, y forme encore une bonne partie des pilotes de ligne. La réputation de rigueur du SEFA est mondiale.

Une visite d'un grand intérêt aéronautique (où l'on apprit qu'on ne peut pas devenir pilote si l'on ne sait pas faire de vélo (1)) amena quelques révélations extra-aéronautiques.

Le SEFA a augmenté son activité de 40 % en cinq ans et son personnel est passé de 500 employés à 350. Les gens du SEFA semblent marris qu'on ne demande pas aux contrôleurs aériens, dépendant d'une autre branche de la DGAC, de faire un effort équivalent.

Première révélation : il y a dans l'administration française de gigantesques gisements de productivité.

A la question de savoir si il y avait une différence entre les filles et les garçons, la réponse fut qu'elles échouaient plus aux tests psycho-moteurs. Ces tests consistent à pratiquer un exercice de précision demandant de la concentration, tout en répondant à des questions et en prenant des décisions.

Bien sûr, les filles qui réussissent ces tests sont aussi bons pilotes que les garçons.

Deuxième révélation : les sexes existent, pas seulement les «genres», il y a de vrais différences entre les hommes et les femmes, pas réductibles à la culture.

Il nous fut aussi indiqué que les instructeurs devaient s'adapter à leurs élèves et qu'on constatait de vraies différences d'origine culturelle parmi les élèves venant d'horizons lointains dans la manière d'apprendre le pilotage.

Troisième révélation : les hommes de différentes origines ne sont pas interchangeables (2).

Que de révélations en une journée ! Heureusement que nous étions entre mal-pensants ...

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(1) : c'est très sérieux : c'est en vélo qu'on apprend les rudiments du contrôle de la vitesse et de la direction, si l'on n'a pas appris cela enfant, il manque des bases irrécupérables pour devenir pilote une fois adulte. Le SEFA a vécu l'expérience malheureuse d'élèves africains qui, n'ayant jamais fait de vélo, ne purent être pilotes. D'ailleurs, beaucoup des pionniers de l'aviation oeuvraient auparavant dans le cyclisme, premier sport mécanique. Par exemple, les frères Wright étaient fabricants de bicyclettes.

(2) : bien sûr, je précise pour les mal-comprenants que cet article est ironique. Toutes ses révélations n'en sont pas vraiment si vous lisez les bons livres et fréquentez les bons blogs, ou si vous avez gardé un peu de bon sens malgré le matraquage du maternalisme. Mais il est curieux (et navrant) que ces vérités d'évidence, en contradiction avec la vulgate bien-pensante, ne puissent plus être articulées sans tortiller du cul, sans mille précautions oratoires, que dans des domaines très techniques, comme l'aviation ou, éventuellement, dans le sport.

11 commentaires:

Anonyme a dit…

C'est tout l'avantage des professions qui sont confrontées à la physique. Il est difficile d'argumenter avec la gravité, de jouer au plus fin avec la densité de l'air, de se prétendre plus moral que le vent, ou de traiter les nuages de nazis.

jazzman a dit…

La bicyclette est ce qu'on appelle en réglage automatique un système vicieux.
Pour qu'un vélo tourne à droite, il faut commencer par tourner le guidon à gauche un bref instant, puis à droite. Ayons au passage une pensée émue pour ceux qui parlent de réguler le capitalisme.

Anonyme a dit…

J'espère que vous avez tort, Jazzman. Parce que sinon, la prochaine fois que je prendrai un vélo, j'essaierai de suivre vos instructions (au lieu de ne rien faire de spécial), et je me casserai forcément la figure au lieu de tourner.

jazzman a dit…
Ce commentaire a été supprimé par son auteur.
jazzman a dit…

Je m'attendais à ce genre de réflexion stupide, mais j'espérais qu'elle viendrait de quelqu'un de plus bête que vous, Bob...

Anonyme a dit…

Mais c'est votre réaction à ma réaction qui est stupide, Jazzman.

Enfin, avec quelqu'un de bien élevé j'aurais parlé de méprise, mais bref.

jazzman a dit…

J'essaierai de suivre vos instructions (au lieu de ne rien faire de spécial)...
S'il ne fallait pas faire quelque chose de spécial, pourquoi les enfants ont-ils tant de peine à appprendre à rouler en vélo ? D'abord parce qu'ils sont guidés par des adultes qui n'ont pas réfléchi à la question et qui disent qu'il ne faut rien faire de spécial.
Les motards qui ont une bécane de plus de 100 kg en sont beaucoup plus conscients. Ils disent qu'ils balancent la moto dans le virage.
Pour tourner à droite, il faut d'abord commencer à tomber vers la droite, ce qui peut se faire soit comme j'ai indiqué, soit en déplaçant son centre de gravité, soit en mélangeant les deux...
Avec une moto de 100 tonnes à pneus larges, on ne pourrait plus éviter de réfléchir.

Anonyme a dit…

Bon. Je vois que la subtilité et l'auto-dérision ne paient pas, sur le Web.

Je vais donc être un peu plus lourd et expliquer mon commentaire (qui n'a pas en soi grand intérêt, mais puisqu'on y est...).

Vous vous êtes bêtement vexé parce que vous avez cru que je remettais en cause votre affirmation.

Je suis au contraire parti du principe qu'elle était exacte.

J'ai écrit : j'espère que vous avez tort, parce que sinon...

Ce qui signifie que je me plaçais dans l'hypothèse où votre méthode vélocipédique était la bonne.

Et j'ai poursuivi : j'essaierai de suivre vos instructions au lieu de ne rien faire de spécial, et je me casserai la figure.

Ce qui signifie que les gens qui font du vélo le font à l'instinct, sans appliquer de méthode particulière, et sans savoir pourquoi ni comment cela fonctionne.

Vous aurez compris que je sais faire du vélo.

Cela signifie aussi qu'à partir du moment où vous tentez d'appliquer consciemment, dans une activité corporelle, une méthode que vous appliquiez auparavant sans vous en apercevoir et sans la connaître, vous risquez fort de l'appliquer maladroitement et d'échouer.

Et j'ai écrit tout cela sans prendre position sur le fond de la question, sur lequel je n'ai pas de compétence particulière. Quand je fais du vélo et que je veux tourner à droite, j'y arrive. C'est tout ce qui m'importe et je n'en sais pas plus. Je ne suis pas professeur de tournage à droite.

Cela dit, maintenant que vous avez révélé que votre thèse vient des règles de conduite motocycliste, j'ai un doute sur votre théorie. Il n'y a aucune raison particulière de penser qu'une méthode adaptée à un deux-roues de cent kilos mû par un moteur à essence est adaptée à un deux-roues de dix kilos mû par la force humaine.

jazzman a dit…

Ce n'est pas ma thèse, c'est un classique du réglage automatique qui s'applique à tous les 2 roues avec guidon. Elle devient de plus en plus évidente à mesure que le poids du pilote devient négligeable, c'est tout.
Si faire du vélo était instictif, cela ne demanderait pas un pénible apprentissage.
Il y a des gens qui ne peuvent s'empêcher de balancer la première vanne qui leur vient à l'esprit chaque fois que l'on aborde un sujet qu'ils ignorent. C'est systématique à la TV et très fréquent sur le web. C'est fatigant.
Si vous vous jugez subtil et plein d'auto-dérision, c'est votre affaire.

Anonyme a dit…

OK, Jazzman, j'ai été très patient, maintenant je vais vous le dire autrement puisque vous persistez à ne pas comprendre : vous êtes un sale con incapable de vous comporter en société civilisée, infoutu de vous excuser simplement quand vous interprétez un commentaire de travers et vous croyez autorisé en conséquence à insulter vos interlocuteurs, et suffisamment mal embouché pour vous permettre d'en rajouter une couche en rejetant la faute de votre grossièreté sur autrui.

On se passera très bien de vos leçons de vélo, merci bien.

H. a dit…

Il serait intéressant d'appliquer le ratio vécu par le centre de Saint Yan (baisse d'effectif et augmentation de l'activité) à la fonction publique. Le résultat serait impressionnant. Comme vous le dites bien, les gisements de productivité dans ce secteur sont énormes. Qui aura le courage de trancher le nœud gordien?