mardi, juillet 06, 2010

Affaire Woerth-Bettencourt : les délices empoisonnées de la politicaillerie

Pourquoi l'affaire Woerth-Bettencourt prend-elle tant d'importance ?

Tout d'abord, parce que les journalistes sont des rebelles qui chassent en meute. Ensuite, parce que l'envie est un puissant moteur chez les Français.

Mais hélas, je crois qu'il y a une autre cause,certes secondaire mais qui pèse tout de même son poids. Les politiciens français, de droite comme de gauche, ne sont pas des hommes d'Etat, ce sont des politicards, habitués de la cuisine électorale, qui aiment cela et s'y sentent bien.

Or, les temps sont durs, ils exigent justement des hommes d'Etat. Comme tous les incompétents quand ils se sentent dépassés par les événements (n'oublions pas que va commencer la discussion budgétaire), nos politiciens, de tous les partis, reviennent à ce qu'ils savent faire : la politicaille.

Bien sûr, les affaires Woerth-Bettencourt (parlons au pluriel) ne sont pas anodines, mais il ne faut pas non plus se monter le bourrichon, ce n'est pas le scandale du siècle.

Mais imaginons une situation inverse de la situation que nous vivons : Nicolas Sarkozy est un véritable homme d'Etat, il en impose par son comportement et son allure, il a appelé la pays à l'effort. Ses exigences sont fortes mais justes. Croyez vous que cette affaire aurait fait un tel scandale ?

C'est bien parce que nous doutons de la compétence de nos politiciens que nous sommes si sensibles à leurs dérives.

Quand il y a tempête, on pardonne au capitaine ferme sur la barre d'avoir un penchant pour la bouteille. Mais si on sent le capitaine défaillant, on commence par exiger qu'il arrête de boire.

Nota : les journalistes ne sont pas des anges blancs luttant contre le vilain pouvoir noir. Mediapart et Edwy Plenel, en pointe sur les affaires actuelles, ont aussi leur propre programme, très politique. Cela ne veut pas dire qu'ils mentent, mais clairement, ils donnent à tout cela un ton qui est tout sauf neutre. Il me semble sage que nous, humbles spectateurs, gardions vis à vis des deux camps qui s'affrontent une solide circonspection.

8 commentaires:

Unknown a dit…

Merci d'avoir écrit « délices » au féminin, le respect de ce type de règle se fait rare de nos jours...

fboizard a dit…

C'est quoi cette photo ? Ton état après un passage dans une cellule communiste ? Une écoute prolongée des discours de Martine Aubry ?

Péniche Paul Poiret Amours, Orgues, Délices

Unknown a dit…

C'était à New York, en février 2006, le soir. Et, le soir, en février, à New York, il fait froid, très froid.

Anonyme a dit…

"Ecoute les orgues, elles jouent pour toi ; il est terrible, cet air là !"

Concernant Médiapart, et les média en général, je pense qu'il est plus sain qu'ils aient une ligne politique claire et définie.
Rien de pire en effet que la fausse objectivité que l'on retrouve dans l'audiovisuel.
Cette obligation d'objectivité est d'ailleurs imposée par le CSA. Elle est ridicule, car le traitement d'une information est inéluctablement subjectif. Elle entraine donc le traitement biaisé de l'info dans les rédactions (très majoritaires) dont la sensibilité penche naturellement vers le Bon, le Juste...
et qui creuse le faussé entre les journalistes et leurs auditeurs.

Au moins, quand je lis l'huma ou la tribune, je connais la ligne éditoriale ; idem pour Backshish ou FdSouche.
En revanche, quand j'écoute Inter ou que je regarde C+ ou France Télévisions, j'ai vraiment l'impression d'une idéologie qui avance masquée, sous des airs de ne pas y toucher...

Enfin, encore un mot sur Médiapart : ils viennent de signer leur arret de mort professionnel. Il s'agit des pires méthodes de la presse people où l'on écrit sans recul ni enquête ce que n'importe qui peut dire à propos de n'importe quoi.

Curmudgeon a dit…

A propos de ce que dit Pythéas, si Mediapart ne semble pas afficher de ligne collective, un de ses collaborateurs, Philippe Riès, ancien de l'AFP, a sur son blog de Mediapart ce jeudi 8 juillet 2010 un texte "Journaliste" où il explique clairement sa position, qui, chose étonnante, est "placée sour le double parainnage de Frédéric Bastiat et de Ludwig von Mises" (il renvoie à un texte du 30 mars 2008).

Criticus a dit…

@ Curmudgeon : avez-vous le lien ?

Curmudgeon a dit…

Le lien pour Riès est :

http://www.mediapart.fr/club/blog/philippe-ries

Criticus a dit…

Merci.

Philippe Riès est gonflé de faire de l'AFP un parangon d'indépendance...