mercredi, juillet 28, 2010

A propos de l'interdiction des corridas en Catalogne

Je ne suis pas amateur de corridas, mais je ne peux que m'attrister qu'un pas de plus soit fait dans le sens de la disparition d'une tradition, d'un particularisme. Ainsi, le mouvement tendant à faire des hommes des êtres déracinés et interchangeables a encore fait une petite conquête.

La chasse, la pêche et la corrida, rappelant, à leur façon, la nature organique et tragique de la vie, ramenaient l'homme à une certaine sagesse et avaient leur utilité. C'est pourquoi la bien-pensance Bisounours tient tellement à les éradiquer.

Cette humanité déracinée, sans rituels, sans traditions, sans passé, atomisée, aseptisée, seulement unie par la pulsion consumériste et par les communions sentimentales éphémères (Diana, Michael, ...) et, au final, déshumanisée qu'on nous vante et qu'on nous prépare chaque jour m'effraie.

Les arguments des opposants à la corrida me semblent un peu trop sentimentaux (1). En effet, je comprends qu'on puisse arguer de la cruauté de cette pratique. Mais les taureaux de combat vont disparaître si on interdit les corridas (2). C'est étrange de la part de gens qui vénèrent par ailleurs la bio-diversité.

De plus, c'est quand même un peu prendre Hemingway et Picasso pour des minables sanguinaires.

C'est pourquoi je considère comme décision déplorable l'interdiction. La situation antérieure me convient parfaitement : je ne m'intéresse pas à la corrida, mais je ne vois nulle raison de l'interdire.

La société s'ensauvage à grande vitesse et les abrutis à rollers se préoccupent des taureaux. Vous avez dit : démocratie, pouvoir aux abrutis ?

Ah, si seulement la raison pouvait encore triompher de l'effusion larmoyante tant prisée des medias et des imbéciles ...

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(1) : vous avez compris, suite à ce message, que sentimental, au sens actuel, est à mes yeux un synonyme de dangereux crétin.

(2) : ce ne sont pas des gentilles bêbêtes. Il y a quelques années une abrutie militante anglaise de la «cause animale» (au réalité, une cause d'auto-congratulation) avait décidée de pénétrer dans un enclos malgré les interdictions pour prouver qu'on calomniait Ces pauvres animaux. Elle est morte en moins de cinq minutes. Heureusement, il arrive encore que la connerie soit létale.

13 commentaires:

Ribellu a dit…

J'ai été étonné d'apprendre que la proposition d'interdiction des Corridas vient du parti indépendantiste.

Habituellement, ceux-ci se posent plutôt en défenseurs des traditions locales.

Epicier vénéneux a dit…

Le foie gras est en sursis.

Epicier vénéneux a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Pierre Robes-Roule a dit…

Curieux cette interdiction. Mais la Catalogne veut se faire moderne, plus que la Macha !

On verra avec les vidéo des abattoirs Halal ....

Jeannot a dit…

Les corridas en Catalogne c'est comme les crêpes en Corse...
La Tauromachie n'est pas une tradition catalane. L'arène de Barcelone ne propose que 16 corridas par an et ne doit son existence qu'aux seuls touristes qui veulent voir ce genre de spectacles en Catalogne.

Non, cette décision est avant tout politique en Espagne. C'est encore un pas de plus vers la scission de la Catalogne avec l'Espagne.

Il n'y a rien d'étonnant non plus à ce que cette proposition vienne des indépendantistes dans un contexte de proches élections où la mairie de Barcelone est (jusqu'à maintenant) encore aux mains du PS Catalan (affilié au PSOE de Zapatero).

fboizard a dit…

J'avais compris cette explication régionaliste. Mais cette décision me semble tout de même à courte vue.

fromageplus a dit…

Si vous avez une source à propos de la militante encornée, ça m'intéresse !

fboizard a dit…

F+

Je ne me souviens plus où j'ai lu ça.

Quand on dit à un opposant de la corrida que c'est une tradition et qu'elle mérite le respect en tant que telle, il voit rouge. Ces gens-là aspirent à être déracinés, à être délivrés de toute dette et de toute contrainte venues du passé. Ils veulent que rien ne les distingue.

Toujours cette obsession sociétale des bobos dans l'espoir d'anihiler la politique.

Au fond, ces gens sont avides de la Grande Fusion Maternaliste dans la foule sirupeuse, indifférenciée et mondialisée.

C'est tout à fait le constat de Dalrymple : notre époque a inventé l'individualisme sans individualité.

Je vois que je ne suis pas seul à considérer que le fait q'une tradition dérange les zozos n'est pas une raison suffisante pour la supprimer :

http://www.authueil.org/?2007/09/02/497-vive-la-corrida

fromageplus a dit…

Je propose qu'on découvre subitement des origines musulmanes à la corrida. Soudain, tout le monde s'intéresserait aux traditions venues d'ailleurs qui enrichissent notre culture – et auxquelles nous devons tant. De plus, critiquer la corrida serait dorénavant une insupportable stigmatisation raciste digne des HLPSDNH !

fboizard a dit…

F+

Vous avez raison : il est bien connu que nos traditions sont d'infâmes vieilleries oppressives à faire dispéraître d'urgence tandis que les traditions des autres sont d'adorables survivances qu'il faut à tout prix préserver.

Epicier,

Une chose pourrait sauver le foie gras : les canards et les oies étant des oiseaux migrateurs, qui font des réserves avant le départ en migration, le gavage ne provoque chez eux qu'un stress minime.

Leur attribuer une souffrance est un anthropomorphisme.

Hélas, une fois de plus, dans ce débat, la raison pèse bien peu face au sentimentalisme.

fboizard a dit…

Le plus navrant dans tout cela, c'est que les antis se réclament de l'animal. Mais ceux qui connaissent les taureaux de combat et les aiment, ce sont les aficionados.

Nous sommes toujours dans ce schéma gauchiste de proclamer son amour d'une entité abstraite (la nature, l'humanité, le peuple ..) pour mieux en ignorer ou en détester chacune des manifestations concrètes. Car si les corridas disparaissent, les toros aussi.

fboizard a dit…

Certains demandent la suppression de la corrida au nom du progrès. Mais il n’y a pas de progrès moraux. Scientifiques, matériels, médicaux, oui ; moraux, non. Un homme de 1810 n’est pas pire qu'un homme de 2010 (c’est une ridicule vanité que de croire le contraire). Des traditions cruelles ont disparu, mais notre époque où on tente encore de forger un homme nouveau n'est elle pas fort riche en cruautés ? Laissons nos traditions tranquilles, elles font moins de mal que bien des «nouvelletés».

Obsédé Textuel a dit…

Sur le créneau du sentimentalisme dégoulinant, après la toromachie n'oublions pas de supprimer les combats de coqs.... aux Antilles françaises, et les combats de chiens (volés)...dans les banlieues de haute culture.

Là je crois qu'on devra attendre...