lundi, janvier 09, 2012

Cessation de paiement de l'Etat-mamma ? La SNCF organise les répétitions. Achetez vos billets en avant-première.

Le Figaro :

«Credit crunch». L'expression anglo-saxonne pour dire «assèchement du crédit» pourrait vite entrer dans le langage commun. Les 290.000 pensionnés de la Caisse de prévoyance et de retraite des personnels de la SNCF ont eux, en tout cas, découvert la réalité bien concrète de ce concept.

Le 30 décembre dernier, les retraités du rail n'ont reçu qu'un tiers de leur pension trimestrielle au lieu des 100 % versés jusque-là par avance. Il leur faudra patienter jusqu'au 9 janvier pour toucher le solde. La raison? Selon nos informations, le Crédit agricole qui fournissait jusque-là la trésorerie de quelque 1,5 milliard d'euros a jeté en partie l'éponge.

Aides ponctuelles

La même mésaventure est arrivée au régime de retraite de l'énergie et des mines, dont dépendent les personnels d'EDF, GDF-Suez ou encore RTE. «L'échéance du paiement des pensions au 1er octobre 2011 a été tenue avec un encours de trésorerie exceptionnel de l'Acoss (l'organisme qui gère la trésorerie de la Sécurité sociale, NDLR) à la suite de la décision d'une banque de ne consentir que 400 millions d'euros sur les 600 millions prévus», ont révélé les syndicats. Ces deux régimes de retraite spéciaux, qui paient par avance les pensions, ont été victimes d'un phénomène qui gagne du terrain et menace aujourd'hui les collectivités territoriales, sociétés d'économies mixtes ou hôpitaux.

Dès 2009, le Crédit agricole, la Société générale et les Caisses d'épargne n'avaient pas caché qu'ils ne pourraient plus financer à plus de 15 ans les investissements des grands acteurs publics et parapublics, compte tenu des contraintes imposées par le régulateur. Depuis cet été, la situation s'est nettement dégradée: les banques elles-mêmes peinent à se financer. Elles comptent leurs sous sur tous les financements, y compris à court terme, et choisissent leurs clients. Or elles privilégient plutôt les entreprises au détriment d'un secteur parapublic moins rentable pour elles.


Ce qu'il y a de bien avec cette histoire, c'est que c'est une répétition de ce qui se passera pour les millions de fonctionnaires d'Etat le jour où l'Agence France Trésor n'arrivera pas à lever ses 7 Mds d'€ bi-hebdomadaires. Ils seront moins surpris (s'ils lisent La Lime ou Le Fig).

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