vendredi, mai 25, 2018

Hon-y-groie




Vous le savez, puisque je radote, je pense que « Big is beautiful » et « L’union fait la force », érigés en dogmes, sont des conneries. Une de ces idées à la mode que rien ne fonde. Cela nous justifie l’européisme et les fusions-acquisitions géantes, au nom de la taille critique.

Mais, quand on est intelligent, on sait qu’il y a un autre proverbe, plus pertinent : « Mieux être seul que mal accompagné ».

Pour l’économie, le problème est réglé : il y a eu des centaines (milliers ?) d’études sur la question.

La réponse est nette et sans bavures : cette notion de taille critique n’a aucun sens économique, ni au niveau d’une entreprise ni à celui d’un pays. En réalité, c’est un argument bateau utilisé pour masquer d’autres arguments qu’on ne veut pas donner (comme le fait que lorsqu’on fusionne deux entreprises, le salaire des dirigeants gonfle). Quand on justifie une fusion-acquisition ou une union économique par la taille critique, c’est qu’on ne sait pas pourquoi on le fait ou qu’on le fait pour de mauvaises raisons.

Economiquement, mieux vaut être la Suisse (qui, ironie de l’histoire, est une confédération) que l’UE.

Mais il n’y a pas que l’économie dans la vie. A ce moment-là, on me dit « Et les milliards de Chinois ? Et l’hégémonie américaine ? Il faut bien avoir la ‘taille critique’ politique pour les combattre ? ».

A cela, je réponds « La taille ne fait rien à l’affaire ». Plus exactement, la course à la taille pour la taille a des inconvénients qui en tuent les avantages : c’est toujours cela que les partisans du gigantisme refusent de voir. Refus non contre la théorie, ce qui serait pardonnable, mais contre la réalité et l’expérience historique.

Je ne sache pas que l’UE, union dysfonctionnelle s’il en est, résiste particulièrement aux Etats-Unis et à la Chine. Rome, Venise, l’Angleterre : tous des nains au départ. Il est même probable quand on regarde l’histoire de la France et de la Chine, que la taille est plus souvent un handicap qu’une chance.

Quant au domaine militaire, la bombe atomique a un pouvoir égalisateur. Entre le petit Israël et le grand Iran vous donnez qui gagnant ?

Bref, ces histoires de taille, c’est pour les crétins. Ce qu’il faut, c’est une bonne stratégie. Quelquefois, elle demande de s’unir, mais la plupart du temps, non.

Aujourd’hui, la France se porterait bien mieux et aurait plus d’influence internationale hors de l’UE, délivrée de la tutelle berlinoise et orientée vers le grand large.

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