vendredi, mars 06, 2020

Les followers de l'apocalypse



Comme j'ai du temps de libre, je m'amuse sur Twitter.

C'est fou le nombre de personnes qui veulent absolument croire que le COVID-19 (quel beau nom !) est une catastrophe planétaire, l'apocalypse viral.

Quand je leur apporte des contre-arguments, au lieu de se réjouir « Chouette, nous allons peut-être éviter un drame », ils le prennent fort mal, comme si je les insultais personnellement, c'est tout de suite le tutoiement et le ton agressif.

Ils croient peut-être que je prends ainsi parti pour le gouvernement, mais ça me semble plus profond.

Mon analyse est simplement nuancée : je pense que le bilan sera équivalent à une grippe ou au SRAS plus ou moins, mais je n'en suis pas sûr et, en raison de cette incertitude, je pense qu'il faut prendre quelques précautions : se laver les mains, pas de bise et pas de poignée de main (faire la gueule, quoi), limiter les voyages et être encore plus rigoureux quand on est en contact avec des vieux.

Au-delà de ces précautions, nous tombons dans la psychose.

Or, pour beaucoup, cette position est complètement inaudible.

Vraiment étrange, cette Schadenfreude.

Je pense qu'il y a un phénomène grégaire classique : en période de tension, de peur, celui qui contredit la meute est particulièrement mal vu. Encore plus que d'habitude.

Mais il y a aussi autre chose, que j'ai du mal à cerner. Un désir d'apocalypse, de fin du monde. Est-ce l'effet de l'ennui ? Au point de vouloir être témoin et participant d'une épidémie historique ? Ou est-ce  un cas d'affolement tel qu'on se jette en avant pour mourir plus vite ? Je suis perplexe.

Je pense que ça a un rapport avec le rapport à la mort (si je puis dire). Mais je n'arrive à le cerner.

Je sais que je suis mortel. Comme Montaigne, j'y pense probablement une fois par jour. Mais est-ce bien le cas de mes contemporains ?

Bref, si vous avez des idées, n'hésitez pas à m'en faire part.

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