vendredi, mai 08, 2020

Et le bunker était vide (F. Bouthillon)



L'argument est simple : Fabrice Bouthillon prend au sérieux le testament d'Hitler (le vrai, celui du 29 avril 1945, pas le recueil de propos qui porte ce titre trompeur) négligé par les historiens. Ce livre a été publié au moment de la sortie du film La chute pour en contester l'image d'un Hitler perdu dans ses rêves.

Que dit-il ? Qu'Hitler meurt volontairement, puisqu'il se suicide, mais qu'il transmet le flambeau du nazisme en nommant des successeurs. Il est toujours dans la stratégie de division des Alliés, qu'il mène depuis -au moins- 1942 (et que la plupart des historiens ne comprennent toujours pas). Hitler admet que sa personne fait obstacle, qu'il unit les Alliés contre lui, et fait place nette en se suicidant. C'est pourquoi il nomme Dönitz pour négocier avec l'ouest et Himmler avec l'est (les raisons du « suicide » d'Himmler par les Anglais restent mystérieuses, mais elles sont sans doute liées à cette politique). L'intuition de De Gaulle était juste : Hitler a bien jusqu'au bout gardé le contrôle de lui-même et s'est comporté en stratège machiavélique.

La réalité de ce mouvement de bascule hitlérien entre l'ouest et l'est est incontestable. Les soviétiques n'ont cessé d'être en contact avec les nazis par l'intermédiaire de Stockholm, notamment en 1943. Même De Gaulle (il le raconte dans ses mémoires) a été contacté par Himmler. Il doit probablement à cela la survie de sa nièce, Geneviève Anthonioz, déportée à Ravensbrück. Peut-être le plus machiavélique est l'idée, qui sent à plein la patte hitlérienne, de promettre, par l'intermédiaire du Vatican, que les juifs de Hongrie seraient épargnés si les Américains livraient des camions dont les nazis promettaient qu'ils ne seraient utilisés que contre les Soviétiques.

Bouthillon fait une remarque fort intéressante pour aujourd'hui, et qui explique selon lui l'aisance des nazis dans ce jeu de bascule : le nazisme est un centrisme puisqu'il rassemble le national (droite) et le socialisme (gauche).

Il y a donc deux sortes de centrismes : le centrisme qui allie les extrêmes et le centrisme qui refuse les extrêmes. On a longtemps cru (c'est moi qui commente) que le centrisme français à la Giscard-Bayrou-Macron était du second type. Mais le centrisme actuel montre un tel fanatisme nihiliste qu'il pourrait bien être, comme le nazisme, du premier type. Bien sûr, on ne le reconnaît pas comme tel parce qu'il manque la composante anti-juive, mais l'empressement avide avec lequel notre gouvernement a profité du COVID pour étendre l'avortement et pour ordonner (circulaire du 19 mars) de tuer les vieux malades aurait été applaudi par les nazis.

Autres points communs fondamentaux entre le nazisme et le macronisme : le culte du chef, le scientisme, l'anti-catholicisme, l'idée qu'il y a des êtres supérieurs (« les premiers de cordée »), l'obsession raciale (inversée par rapport à Hitler), l'hygiénisme, l'écologie, l'européisme, la primauté de l'Allemagne. Avec le confinement généralisé  et la surveillance panoptique du COVID, nous avons encore franchi une étape du rapprochement avec le nazisme. Ca commence à faire beaucoup plus que de fâcheuses coïncidences (bien sûr, il y a des différences, mais je ne suis pas sûr qu'elles soient très significatives). Et c'est très simple à expliquer, pas besoin de se faire de noeuds au cerveau : tous les auteurs du XXème siècle traitant du sujet (de Chesterton à Pie XI en passant par Huxley, et puis, tout simplement, Hitler lui-même dans Mein Kampf) avaient prévu, les uns pour le souhaiter, les autres pour le déplorer, que le recul du christianisme, spécialement sous sa forme catholique, amènerait ce type de sociétés.

L'inversion de l'idéologie hitlérienne (racisme anti-blancs et anti-national) nous cache que nous vivons dans un monde qui ressemble très fort aux uchronies imaginant qu'Hitler a gagné la guerre et qu'il est mort de vieillesse dans son lit. Il y a un texte très dérangeant de Jacques Ellul, en août 1945, où il explique qu'Hitler a certes perdu militairement la guerre mais qu'il l'a gagnée politiquement puisque cette guerre qu'il a voulue et provoquée a contraint les démocraties à adopter sa vision des rapports de l'homme et de l'Etat pour la mener.

Le macronisme (qui, bien sûr, a porté un autre nom et en trouvera un autre quand Macron sera passé) est politique au sens le plus élevé, c'est une vision du monde et de l'homme. C'est une vision qui me fait horreur, déshumanisante, criminelle, pour dire le mot juste, satanique. Voter Macron, c'est voter pour un Hitler mou (et anti-blancs au lieu d'être anti-juifs). Cette mollesse n'est pas anecdotique : elle pèse son poids d'horreurs et de morts en moins, mais elle n'annule pas les convergences. L'autre vraie différence, c'est que Macron n'est qu'une marionnette alors qu'Hitler était un politicien exceptionnel.

Bien sûr, les imbéciles qui ont voté Macron au premier ou au second tour (1) sont très loin de cette analyse. Et pourtant ...

C'est pourquoi je dis souvent (je ne suis guère compris mais tant pis ... à temps et à contretemps) : « Vous n'aimez pas Hollande ? Vous n'aimez pas Macron ? Remplissez les églises le dimanche. L'Eglise est au Christ, pas au pape François ». La réponse est, en général, quand il y en a une « Je peux pas, j'ai piscine ». Bon, alors de quoi vous plaignez vous ? Continuez à voter Macron. Nous vivons à une époque d'âmes molles. Les âmes ardentes, pas en stock.

Et nous en revenons à Fabrice Bouthillon et à Hitler. Il pense que l'Adolf se vivait en Anti-Christ : le titre de son livre est un rappel du « Et le tombeau était vide » du matin de Pâques. Il faut hélas reconnaitre que, de ce point de vue aussi, Jacques Ellul a raison : Hitler a gagné.

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(1) : au premier ou second tour, peu importe. Il y a une différence de degré dans ces votes, non de nature.

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