vendredi, mai 24, 2019

Thérèse ne laisse que des braises

Theresa May est restée 2 ans de trop.

2 bilans au lance-flammes :

The blunt truth is, Theresa May was a terrible Prime Minister, and we're better off without her.

This is a sorry end for a Prime Minister who never believed in Brexit.

Et en français :

Theresa May, la femme qui avait le mieux compris le défi politique du Brexit tout en se révélant incapable de le traduire en actes. (Husson est beaucoup trop indulgent pour May)

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Le plus étonnant, c’est que le Premier ministre ait accepté alors la grosse ficelle de l’Union Européenne consistant à agiter la question de la frontière irlandaise. Elle aurait dû rompre les négociations à ce moment-là, si elle ne l’avait pas fait plus tôt. Donald Trump lui a conseillé une méthode de négociation beaucoup plus dure mais elle n’a pas suivi le conseil.
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Surtout, le problème de fond n’est pas réglé : les 2/3 des parlementaires, y compris Tories, sont hostiles à un vrai Brexit. Et ils ne veulent pas dissoudre, par peur de Farage et de Corbyn. Et comme ce sont eux qui désignent le Premier Ministre … Johnson a très peu de chances. Les Anglais risquent de se récolter un mou qui ne fera guère mieux que May.

La leçon pour un Français qui rêve que son pays se libère de l'UE ? Après la trahison de Tsipras, le surplace d'Orban et de Salvini, l'échec de May, c'est très clair : la libération est un vrai combat où l'ennemi européiste se permet tous les mauvais coups. Bisounours s'abstenir.

Ce n'est pas un mignonnet comme Dupont-Aignan ou réciteur de traités comme Asselineau qui y arriveront. Il faut un guerrier et je n'en vois point à l'horizon.








Merkel, Macron, May : le gouvernement des abrutis (pour un monde d'abrutis)

Merkel, May et Macron s'accrochent au pouvoir, à rebours de tout esprit de service du bien commun, à rebours de tout esprit démocratique, avec des conséquences politiques désastreuses pour leurs pays, spécialement les deux derniers.

Ils s'appuient sur un légalisme pointilleux, dont le fond est clairement exprimé par le Français avec son « Qu'ils viennent me chercher », tout en sachant que c'est légalement impossible.

Par exemple, pour bien mesurer la trahison par Theresa May de la tradition britannique : quand Neville Chamberlain démissionne en mai 1940, dans des circonstances pas moins dramatiques que le Brexit, il est encore majoritaire, mais il considère que la diminution de cette majorité est un désaveu qui l'oblige. Theresa May, elle, a été mise en minorité trois fois de suite sans démissionner.

Mais il n'y a pas qu'à la tête des gouvernements qu'on trouve ce genre d'abrutis :

Emmaüs Gironde exclu du mouvement à cause de «l'opacité» de son fonctionnement

Une bonne partie des 320 salariés en veut au président Lafargue qui «s'accroche à son poste au lieu de sauver Emmaüs Gironde en démissionnant».



Pourquoi ? Il s'agit de personnes sans talent (à part celui de finasseur qui leur a permis d'arriver au pouvoir), sans grandeur, sans noblesse. Des Narcisse fragiles et opiniâtres.

Nous sommes tous coupables : c'est ce genre d'olibrius que nous portons au pouvoir, sous la ferme direction du Système. Un politicien avec une vraie personnalité, dévoué au bien public, n'a aucune chance : regardez le destin de Philippe Seguin, trop rugueux par rapport au « sympa » Chirac ou au lisse Juppé.

C'est à se demander si la démocratie peut encore fonctionner aujourd'hui.

La courageuse police française









mercredi, mai 22, 2019

Niki Lauda (1949-2019)

Je n'ai pas à me fatiguer à écrire un article, puisqu'il y en a un bon.

Niki Lauda en 10 grands prix

J'ai longtemps eu cette photo en fond d'écran :
















Niki Lauda est le premier pilote moderne : froid, calculateur, cupide, mais dans une Formule 1 à l'ancienne qui nécessitait encore des qualités à l'ancienne : courage, audace, talent. A coté, les Vettel et compagnie, même Hamilton, paraissent des nains.

mardi, mai 21, 2019

Et si on euthanasiait Michael Schumacher ?

Le décès de Nikki Lauda (je ferai peut-être un billet sur ce pilote symbolique) me fait penser que les situations médicales de Vincent Lambert et de Michael Schumacher sont assez similaires.

Alors, pourquoi ne pas appliquer aux deux le même raisonnement ?

Parce que la vie d’une vedette est plus précieuse que la vie d’un ambulancier ?

Gilets jaunes, Vincent Lambert : même combat ?

Le rapprochement semble excessif, surtout s’agissant d’une malheureuse affaire déjà trop exploitée.

Pourtant, j’ai l’impression que l’on est, dans les deux cas, en face du monde de la « ouine » qui cherche à éliminer, comme d’habitude de manière implacable, sans que rien ne le retienne, avec les armes des puissants, tout ce qui le nie : la faiblesse, la vulnérabilité, la dépendance, la mort, et, pire que tout, le refus de faire de la « ouine » la valeur suprême.


dimanche, mai 19, 2019

Enfin, Guilluy vint.

Sur les Gilets jaunes, la réponse lapidaire de Serge Federbusch (candidat de droite indépendant à la mairie de Paris) : « Que représentent les Gilets jaunes ? Le patriotisme ».

Un patriotisme, parfois idiot, souvent foutraque, mais patriotisme quand même, et fondamentalement bon. De plus, il y a une réponse politique aux Gilets jaunes : le gaullisme, c’est-à-dire un mouvement capable d’unir une grosse fraction du peuple et une grosse fraction de la bourgeoisie et qui se soucie vraiment de la France. C’est exactement ce qu’est en train de réussir Farage en Grande-Bretagne (sauf que lui ne se soucie pas de la France 😀).




Christophe Guilluy : «La classe moyenne occidentale ne veut pas et ne va pas mourir »










FIGAROVOX/ENTRETIEN - Pour le géographe, on aurait tort de vouloir trop rapidement refermer la page des «gilets jaunes». Selon lui, le mouvement n’est que le symptôme d’une recomposition populiste beaucoup plus large qui touche toutes les démocraties occidentales. Et la question du retour des peuples sera l’enjeu majeur des décennies, voire du siècle à venir…
L’auteur de «No society. La fin de la classe moyenne occidentale» (Flammarion) aurait pu passer ces six derniers mois 24 heures sur 24 sur les plateaux de télévision. En effet, avant tout le monde, Christophe Guilluy avait vu l’existence et la révolte de la France périphérique dont le mouvement des «gilets jaunes» a été l’incarnation vivante. Mais plutôt que de jouer les prophètes médiatiques, le géographe a préféré se taire. Pour mieux observer, mais aussi pour laisser enfin la parole aux «invisibles». Six mois après le début du mouvement, alors que celui-ci s’est essoufflé et abîmé dans la violence, il en dresse un premier bilan.
LE FIGARO. - Six mois après, quel regard portez-vous sur le mouvement des «gilets jaunes»?
Christophe GUILLUY. - Le mouvement a été l’incarnation charnelle du concept de France périphérique. La carte des ronds-points de novembre, c’est exactement la géographie de cette France-là, c’est-à-dire une géographie complètement dispersée. Ce n’est pas seulement la France rurale contre la France urbaine, ni la France du Nord et de l’Est contre la France du Sud et de l’Ouest, mais c’est bien tout cela à la fois: un phénomène plus large qui imprègne l’ensemble du territoire et est potentiellement majoritaire.
Ce que j’avais voulu montrer avec ce concept de France périphérique, c’est justement que nous n’arrêtons pas de travailler sur des marges, des fractions, des minorités sans nous intéresser à une catégorie beaucoup plus importante en termes de taille et de poids: les classes populaires, socle de l’ancienne classe moyenne. Ces classes populaires, ce sont à la fois les ouvriers, les indépendants, les paysans, des actifs, des chômeurs, des jeunes, des retraités: l’ensemble des catégories modestes.
Les «gilets jaunes» ne sont-ils pas devenus une tribu comme les autres dans une France en voie de balkanisation?
Depuis quarante ans, la société française est représentée comme une addition de minorités et analysée à partir de ces dernières. Le mouvement des «gilets jaunes» casse cette représentation et vient contredire ces analyses qui véhiculent l’idée qu’au fond la France et donc le peuple n’existe pas. On se rend compte, avec la vague des «gilets jaunes» en Francemais aussi la vague des brexiters au Royaume-Uni ou des trumpistes aux États-Unis, que le peuple existe et c’est d’ailleurs ce qui explique le soutien majoritaire des «gilets jaunes» dans l’opinion. Le peuple est en train d’imposer une vaste recomposition politique.
Car, sur les ronds-points, il y avait des ouvriers qui hier votaient à gauche, des paysans qui hier votaient à droite, des urbains et des ruraux, des jeunes, des actifs et, pour la première fois même, des retraités. Ils formaient hier le socle d’une classe moyenne occidentale intégrée. Celle-ci s’est totalement affranchie des appartenances gauche-droite traditionnelles. Le renversement est historique. Une part importante des deux Français sur trois de Giscard, hier intégrée économiquement et représentée politiquement et culturellement, ont basculé dans une contestation durable du modèle dominant. Tenter d’analyser ce mouvement comme un phénomène conjoncturel est une absurdité. Il est au contraire le produit du temps long et devrait s’inscrire durablement dans l’avenir.
Combien de temps pensez-vous que cela peut durer ?
Une centaine d’années ! De la même manière que les brexiters ne vont pas s’évanouir dans la nature. Les Britanniques ont cru qu’en gagnant du temps les classes populaires allaient abandonner. Et cela explique la percée spectaculaire du Brexit Party. Nigel Farage surfe sur le «gilet-jaunisme» britannique ! Farage, qui a créé un parti avec trois bouts de ficelle, pèse davantage en six mois que les tories et les travaillistes réunis, qui existent depuis des siècles. Cela veut dire qu’il s’appuie sur un socle et ce socle s’appelle le peuple. La question du morcellement est piégeante, c’est une lecture ultralibérale qui tend à justifier l’abandon du bien commun et in fine à invisibiliser un conflit vertical entre le haut et le bas. Évidemment que la société se communautarise et que c’est inquiétant, mais cela ne doit pas éluder le phénomène majeur du XXIe siècle, qui est la recomposition d’une majorité dont le socle est composé par les classes populaires et moyennes. Elles ont fait un diagnostic concernant la mondialisation. Après y avoir adhéré, elles ont pu constater que celle-ci les appauvrissait socialement et les fragilisait culturellement. Elles ne vont pas changer d’avis de sitôt .
Les «gilets jaunes» qui manifestent aujourd’hui ne sont plus qu’une petite minorité souvent violente…
Tout mouvement social depuis vingt ans génère malheureusement de la violence. Ce n’est pas le propre des «gilets jaunes». Certains «gilets jaunes» ont compris que cette violence faisait parti de la communication au XXIe siècle. Tout le monde la condamne, mais elle permet de faire la une du New York Times. Cependant, elle est d’abord et avant tout le fait des black blocs, qui viennent maintenant perturber toutes les manifestations depuis plusieurs années. Et qui sont ces black blocs ? Des enfants de la bourgeoisie ! Par ailleurs, si les «gilets jaunes» étaient réellement une tribu parmi d’autres, cela ferait longtemps que les médias n’en parleraient plus et ils n’auraient pas autant inquiété les politiques. Le soutien d’une très grande partie des Français encore aujourd’hui montre au contraire la profondeur de ce mouvement dans la société.




L’addition des minorités ne fait pas une majorité





La stratégie du monde d’en haut est toujours la même. Quand un phénomène populiste se produit, il est présenté comme accidentel et minoritaire. Les brexiters ? «Des vieux retraités xénophobes du Yorkshire !» Sauf que c’est la majorité du peuple britannique qui a voté pour le Brexit! On a utilisé exactement les mêmes procédés rhétoriques pour les «gilets jaunes»: «fumeurs de clopes qui roulent en diesel», «poujadistes», «peste brune» et enfin «nouveaux barbares attaquant les hôpitaux».
Depuis les années 80, une certaine bourgeoisie morcelle et «minoritarise» pour mieux invisibiliser les classes moyennes et populaires majoritaires (comme hier la bourgeoisie traditionnelle mettait en avant les pauvres pour mieux minorer le prolétariat). Mais l’addition des minorités ne fait pas une majorité. C’est ce qui explique la défaite de Clinton face à Trump même si ce dernier n’a gagné qu’avec une majorité relative. (Une majorité relative sera toujours plus puissante que l’addition de minorités…) Ce n’est pas un hasard non plus si Macron s’effondre en six mois dans les sondages tandis que Trump se maintient. La victoire de Macron est une construction intellectuelle «terranovesque» qui repose sur du sable tandis que Trump bénéficie d’une base solide. Je pense que, paradoxalement, nous sommes en train de sortir de la société liquide.
Les observateurs ont beaucoup insisté sur le caractère disparate des revendications des «gilets jaunes»…
Je crois au contraire que la France périphérique qu’on ne voulait pas voir est apparue physiquement. Ce qu’on voit très bien se mettre en place en Occident, c’est cette recomposition. Un phénomène incroyablement collectif. Cela fait quarante ans qu’on nous parle du «vivre ensemble», du «bien commun», des «valeurs de la République»… Mais cela ne fonctionne pas comme cela dans la vie réelle. Dans la vie réelle, il y a des gens qui vivent sur les mêmes territoires et qui partagent ou non des choses.




«Macron avait imaginé que la France périphérique serait le cimetière de la classe moyenne française»





Or ce qu’on a vu, c’est que, contrairement à ce qu’on disait, les classes populaires ne se réduisent pas à des catégories atomisées, individualistes, sans volonté politique ou sans énergie. Tout cela est faux. On a vu des gens se réunir avec une même perception des effets du modèle mondialisé dans leurs villes, leurs villages, leurs vies réelles. Et cette perception, c’est que ce modèle ne marche pas. Et ça, c’est irrépressible. On peut faire tous les grands débats du monde, leur point de vue ne changera pas car cela fait quarante ans qu’ils vivent la mondialisation et c’est sur ce vécu qu’il fonde leur diagnostic. Ce diagnostic n’est pas spécifique à la France: c’est celui des classes populaires dans l’ensemble des pays développés. Cela passe par le Brexit en Grande-Bretagne, par Trump aux États-Unis, par Salvini en Italie, par les «gilets jaunes» en France. Cela prend des formes différentes dans chaque pays, mais cela se fera car c’est le mouvement réel de la société.
Macron avait imaginé que la France périphérique serait le cimetière de la classe moyenne française, comme Clinton avait imaginé que l’Amérique périphérique serait le cimetière de la classe moyenne américaine. Ils pensaient que nos territoires allaient se transformer en zone touristique avec des assistés sociaux qui remplieraient leur caddie au hard discount du coin. Mais la classe moyenne occidentale ne veut pas et ne va pas mourir. En cela, le mouvement des «gilets jaunes» est d’abord un mouvement existentiel et c’est pourquoi il ne rentre pas dans la case «mais quelles sont vos revendications ?». C’est un mouvement qui dit une chose simple: «nous existons». La question de la démocratie et de la représentation est centrale. Il faut enfin faire exister cette France-là qui, encore une fois, est majoritaire. Pas pour annihiler la France d’en haut, mais parce qu’il est impossible de faire société sans le peuple.
Mais reconnaissez que le mouvement semble avoir changé de nature depuis novembre…
Au début, ce qui était frappant sur les ronds-points, c’est qu’il y avait des «gilets jaunes» de droite, de gauche, d’extrême droite et d’extrême gauche et des abstentionnistes. Le peuple tel que nous le connaissons en famille, où l’on peut s’engueuler à l’apéro mais où on termine le repas ensemble.
La question des minorités est d’ailleurs intéressante. On a beaucoup dit que le mouvement était «blanc». Les «minorités» n’étaient pas majoritaires sur les ronds-points car elles ne le sont pas dans la France périphérique, mais elles étaient bien présentes. Simplement, elles ne sont pas venues en portant leur identité en étendard. Elles n’étaient pas imprégnées de l’«idéologie universitaire». Elles faisaient partie de la famille, du peuple. Personne ne s’est jamais interrogé sur la couleur ou l’identité de Priscillia Ludosky, qui a pourtant lancé le mouvement. Elle-même n’y a jamais fait référence.
Mais, à partir du moment où un mouvement issu de la France périphérique, qui se déroule sur les ronds-points, est aspiré par les grandes métropoles, il devient autre chose. Le mouvement des «gilets jaunes» a ainsi été imprégné par la sociologie des grandes métropoles. Il est d’abord devenu beaucoup plus politique. Car les grandes métropoles sont les lieux où le politique s’exerce encore et où le clivage droite-gauche existe toujours, c’est d’ailleurs pourquoi le monde journalistique ou universitaire y croit encore. Certains habitants des grandes métropoles sont devenus acteurs des manifestations, notamment des gens qui travaillent dans la fonction publique, qui sont traditionnellement plus proches de la gauche ou de l’extrême gauche. Les manifs des «gilets jaunes», qui à l’origine étaient des manifs de la France périphérique, sont ainsi devenues des manifs de gauche.




«Que Macron arrive en tête ou en deuxième position aux élections européennes, cela ne changera rien aux fondamentaux de la société française.»





Priscillia Ludosky l’a compris. C’est pour cela qu’elle a dit qu’il fallait relocaliser le mouvement dans la France périphérique, que c’était là que se trouvait sa légitimité. Elle a parfaitement raison et c’est là aussi qu’il est le plus puissant car il est dispersé. Un mouvement est faible lorsqu’il est concentré. La concentration dans les grandes métropoles l’a affaibli. Mais même en région parisienne, même dans les grandes métropoles, beaucoup de «gilets jaunes» sont conscients de cette récupération et ne souhaitent pas, par exemple, que La France insoumise ou la CGT noyautent le mouvement. Cela montre que les «gilets jaunes» ne sont pas manipulables et pas arrêtables. Cela rend le mouvement très complexe pour le gens de gauche, mais aussi pour les gens de droite. Il n’entre dans aucune des représentations traditionnelles, qui sont en train de s’effondrer.
Cela reflète aussi la recomposition politique actuelle avec une incapacité de la droite et de la gauche à s’adresser aux marges populaires. Notamment parce qu’il est absurde de séparer le social et le culturel, comme le font la gauche et la droite aujourd’hui. Le mouvement est à la fois social et culturel. Et les gens ne reviendront vers les partis traditionnels que si cette double dimension est prise au sérieux. De même que Macron arrive en tête ou en deuxième position aux élections européennes, cela ne changera rien aux fondamentaux de la société française.
Justement, que pensez-vous des réponses apportées par Macron?
Macron me semble peu crédible car il a des représentations et un logiciel hérités des années 80. L’idée que la société est un patchwork de communautés, que le libéralisme va faire ruisseler de la richesse sur tout le monde. Lors du grand débat, il est apparu comme un Bernard Tapie qui aurait fait l’ENA. Nous sommes pourtant en train de sortir des années 80. Maintenant, il va falloir penser un modèle alternatif qui passera notamment par le développement de la gouvernance locale.
À long terme, c’est le seul moyen de sortir de la crise des «gilets jaunes». Cela ne sera pas simple. Cela fait quarante ans qu’on massacre les classes populaires, ce n’est pas en quatre mois qu’on va trouver les réponses. D’autant que nous avons une classe politique qui a été conçue pour représenter une classe moyenne intégrée. C’est long de réécrire des programmes politiques en répondant à une demande nouvelle qui est la demande sociale, territoriale et culturelle d’un monde d’en bas qui n’est plus représenté. Les partis ont tendance à représenter quelque chose qui n’existe plus. D’où la fin du Parti socialiste et la difficulté pour la droite de dépasser les 15 %. Il faut commencer par accepter un diagnostic simple: il existe un peuple en Grande-Bretagne, il existe un peuple aux États-Unis et, même, il existe un peuple en France.
Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 20/05/2019.

Rougeyron, c'est intéressont










1) Notamment, je suis turlupiné par son passage sur le libéral-conservatisme qui ne peut pas être français.

En effet, si on me demande ce que je suis politiquement, je réponds « libéral conservateur ». Mais, depuis les Gilets jaunes, j'ai de plus en plus de doutes. J'ai vu de prétendus libéraux-conservateurs appeler hystériquement à taper sur le peuple façon Flaubert.

Pour moi, un libéral conservateur aujourd'hui, c'est un crétin qui va se faire baiser par Bellamy comme il s'est fait baiser par Sarkozy.

Sarko, j'ai donné une fois et demi (en 2007, j'y croyais à moitié. En 2012, c'est juste que je ne pouvais pas blairer Hollande - je ne me souviens plus bien, je ne suis même pas sûr de ne pas m'être abstenu. C'est dire si j'étais à fond).

Mais bon, se faire baiser à répétition, ce n'est plus un viol, c'est qu'on aime ça.

Bref, libéral-conservateur, c'est peut-être un autre manière d'être européiste et mondialiste, non par enthousiasme comme les macronistes, mais par désespoir.

Je suis de plus en plus sur la ligne gaulliste : « Le seul vrai révolutionnaire, c'est moi ». La révolution aujourd'hui, c'est d'être nationaliste.

2) Je partage ses doutes sur Salvini, qui tarde à concrétiser son opposition à l'UE au-delà des gesticulations, au point que j'en viens à m'interroger, et son admiration de Farage (2ème partie Grand entretien à partir de 15'). Depuis les débuts de ces affaires de Brexit, malgré les déceptions qui s'accumulent, je fais toujours, envers et contre tout, confiance aux Anglais pur se libérer.

3) PYR répond (2ème partie, 28') à la question qui me hante. Pourquoi la bourgeoisie française ne cesse-t-elle de trahir (1815, 1870, 1940, 1992, 2007, 2017) ?

4) Je suis d'accord avec lui (2ème partie, 35') que la société civile est le faux-nez du féodalisme. L'Etat est l'armature de la France. L'Etat, pas l'administration, pas la bureaucratie. Quelle est la différence ? L'Etat, c'est le pouvoir politique qui décide et l'administration qui exécute, dans l'intérêt de la France. L'idéal étant le duo Louis XIII et Richelieu.

Bonus

Polony n'atomise pas Bellamy, mais elle met bien en évidence qu'il est l'imposture symétrique de Macron (JY Le Gallou : Bellamy parle comme Orban mais votera comme Soros) :



Nota

PYR y fait allusion. Si vous ne connaissez pas Albert Roche : cultivateur, puis cantonnier, il est le soldat le plus décoré de la guerre de 14.

Régulièrement en première ligne, il se retrouve un jour être le seul survivant de sa position, une tranchée au Sudel en Alsace, tous ses camarades ayant été tués. Il positionne alors tous les fusils des morts avec lesquels il tire alternativement faisant croire à l’ennemi à la résistance d’une garnison, mettant ceux-ci en déroute.

Il a fait 1 180 prisonniers à lui tout seul ! La dernière de ses huit citations suffit :

Chasseur dont la bravoure est légendaire au bataillon. Fait preuve, dans les circonstances les plus difficiles d'un mépris absolu du danger ; conserve un calme absolu aux moments les plus critiques, donne à ses camarades l'exemple de l'entrain, exalte leur courage, est pour ses chefs un auxiliaire précieux. Pendant les opérations du 31 août 1918, a réussi comme agent de liaison à transmettre à toutes les sections de sa compagnie les ordres du commandant, n'hésitant devant aucun danger, triomphant des difficultés de toutes sortes, montrant un rare esprits de décision, une conscience au dessus de tout éloge. Médaillé militaire pour faits de guerre (sept citations).

Face à ce Super-Dupont, Captain America peut effectivement aller se rhabiller.



Vincent Lambert : la saloperie par bienveillance.

Personne ne sait ce que ressent Vincent Lambert. Son médecin a annoncé l'arrêt des traitements à partir du 20 mai.

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Tous ces gens bienveillants…

Pourquoi ? Pourquoi tant de gens bienveillants, médecins, juges, ministre de la Santé, veulent-ils autant que cet homme, le plus vulnérable d’entre tous les citoyens français, soit mis à mort ? Parce qu’il est insupportable de ne pas comprendre, de ne pas savoir, de ne rien maîtriser à son état ? Parce que ça coûte trop cher ? Sommes-nous entrés dans l’ère de la mise à mort comptable ? De la gestion administrative et financière de la vie humaine ? Sommes-nous redevenus des barbares ?
On va procéder au lent assassinat de Vincent Lambert. C’est le premier d’entre nous à qui ce traitement est officiellement infligé, avec le concours et le soutien de l’Etat. Les gens bienveillants continueront, et petit à petit, on commencera à se faire à l’idée qu’il est bon et raisonnable de faire disparaître d’autres gens inutiles. Ce meurtre programmé est une honte, un scandale sans fond, comme parfois sont les actes des gens trop bienveillants. Ou le sont-ils vraiment ?

Changer de comportement ?

Elle est gentille, Chantal Delsol : changer de comportement, mais en sont-ils capables ?

Sans sortir de mon bureau, j’ai entendu des propos ahurissants de mépris. Maintenant que les GJ sont en perte de vitesse, que la grande peur bourgeoise s’éloigne momentanément, on retrouve son masque de civilité parce que l’hypocrisie a toujours été instinctive au dominant, mais je suis bien sûr que le mépris et la férocité débridés resurgiront instantanément si le peuple a l’audace de redresser la tête et de faire de nouveau peur aux bourgeois.


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L’un des thèmes centraux de la crise démocratique est celui de la «trahison des élites». L’opposition aux élites est-elle constitutive de la démocratie?
Chantal Delsol : Toute société connaît cette opposition, qui prend à certaines époques une tournure de guerre civile au propre ou au figuré. En démocratie, les élites acceptent d’obéir aux élus du plus grand nombre, ce qui occasionne nombre de frustrations dont on voit aujourd’hui certains effets : les élites polonaises, par exemple, sont meurtries de voir au gouvernement des gens moins civilisés qu’elles.
Une élite démocratique est celle qui représente réellement le peuple qui l’a élue, comprenant et traduisant ses attentes et ses craintes. Le problème que nous rencontrons aujourd’hui est celui d’un peuple qui ne s’estime pas vraiment représenté par ses élites: il a l’impression que celles-ci constituent une caste à part, vivant dans un autre monde où elle trouve ses projets et ses relations. Le sentiment de «trahison» dont vous parlez provient de ce fossé: l’élite est devenue dans nos pays citoyenne du monde, d’où son éloignement ressenti. Elle n’a plus vraiment les mêmes problèmes que le peuple, resté, lui, citoyen de son quartier et de sa ville. Aux moments où apparaît et se développe ce genre de conflit délétère, c’est toujours à l’élite de faire le premier pas, car elle a davantage de moyens, et pour commencer davantage de mots. Elle doit tenter de comprendre (au lieu d’injurier), se mettre elle-même en cause (au lieu d’accuser un bouc émissaire réduit ad hitlerum) et changer de comportement. Faute de quoi, on en arrive à des guerres de classes carrément ignobles, comme lorsque, avant Solon, chez les Athéniens, les oligarques prêtaient ce serment à leur entrée en charge: « Je jure de faire au peuple tout le mal que je pourrai… »

samedi, mai 18, 2019

Narcissisme et légitimité



En plus de la video supra du Buisson chauve, je vous ai mis en note des extraits d'un article d'Atlantico (1). Ils n'apportent rien de nouveau par rapport à ce que je raconte depuis des mois et même des années. Ce sont juste des arguments d'autorité pour assommer les inconscients qui me prendraient pour un con !

Contrairement à Buisson, je pense que le problème de la légitimité est posé en France depuis fort longtemps. Mon carré politique magique, peuple, souveraineté, nation, démocratie (2),  fonde la légitimité politique.

Or, ce carré n'a qu'un seul ennemi, mais très puissant : le narcissisme. Si valent seule ma petite personne, ses désirs, ses pulsions, ses besoins, si rien ne transcende mon petit moi, alors, il n'y a plus ni peuple, ni nation, et donc, ni souveraineté, ni démocratie.

Même la souveraineté sur soi disparaît : il est insupportable dans un monde où seul l'ego compte que mon moi se heurte à un autre moi, il ne me reste donc plus comme ressource pour éviter les frictions que de penser, de dire et de faire comme tout le monde.

Le problème de la légitimité politique se pose donc depuis que le narcissisme travaille à devenir le seul critère de vie. Autrement dit, il n'est pas abusif de penser que le référendum perdu de 1969 est en France la première attaque post-moderne contre la légitimité politique, puisque le Non était clairement une envie infantile d'envoyer balader la politique pour se consacrer sans entraves à la société de consommation.

Remarquons que le problème traverse tout l'Occident: les Anglais ne sont pas empêtrés dans le Brexit sans raison.

Pour l'instant, seul Trump a affronté de face ce problème, puisqu'une de ses déclarations de campagne les plus marquantes est « La question du mur à la frontière, c'est la question de savoir si nous avons un pays ou pas. Si nous n'avons pas de frontière, nous n'avons pas de pays ». Autrement dit, il rétablit la souveraineté, la nation et le peuple en les enfermant par une frontière, au détriment du désir individuel de l'immigré, de l'autochtone qui en aurait profité et du narcissisme de celui qui s'exalte sur l'immigration.


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(1) :
Yves Michaud : La séquence du grand débat a été de la poudre aux yeux. Les dés étaient pipés d’avance. En plus la manière dont Macron s’est imposé dans ce débat a été calamiteuse et a mis en évidence tous ses défauts – narcissisme, « je sais tout », « je découvre le fil à couper le beurre », « je ne savais pas ce qu’il en était ». J’ai été frappé, et je ne suis pas le seul, par la naïveté avec laquelle il a dit découvrir des choses qu’il aurait du savoir s’il avait fait un peu de terrain et s’il avait des conseillers qui ne soient pas des olibrius pas très savants comme Emelien, Castaner ou Griveaux.

Ajoutons ses défauts psychologiques personnels (narcissisme, monsieur « je sais tout », arrogance, ambiguïté des comportements privés – Benalla, les doigts d’honneur des beaux rappeurs) et son manque de formation de terrain (énarque, cabinets, réseaux financiers) et cela donne le rejet vertigineux dont il fait l’objet. Il a tout pouvoir, il n’est pas sympathique et ne connaît ni le job, ni le pays.
Quelle solution serait envisageable ? Pour lui, je crois que c’est désespéré.

Chantal Delsol : Nous sommes aujourd’hui, et je le regrette, dans une logique de classes et même de lutte des classes. Elle est due clairement, et les observateurs l’ont bien montré, à la naissance d’un nouveau « monde » (les mondes étrangers de la mondialisation) dans lequel se sont installées les élites. De cette manière, les élites et les peuples n’appartiennent plus au même « monde ». La situation est analogue à celle vécue par certains pays aux siècles passés (par exemple la Russie, la Roumanie), dans lesquels l’élite parlait quotidiennement une langue étrangère considérée comme plus civilisée (le Français, l’Allemand), pendant que le peuple ne parlait que la langue vernaculaire. Entre l’élite française des grandes villes, polyglotte et voyageuse, et le peuple des villes moyennes, les centres d’intérêts et les aspirations ne sont plus les mêmes – les mots ne sont plus les mêmes. C’est la souffrance de se trouver abandonné en des lieux moins enviables, qui provoque la colère des « gilets jaunes ».
Chantal Delsol : Les Français n’ont jamais été aussi démocrates que les Anglais, les Américains ou les Suisses. La France est toujours davantage une république qu’une démocratie. Aujourd’hui, on peut constater tous les jours que nos élites ne croient plus à la démocratie : elles pensent qu’il faut donner le pouvoir aux compétents, et que le bon peuple ne comprend rien. D’ailleurs l’expression populaire n’est pas vraiment respectée en France. Il est assez inutile de parler du RIC quand on voit que le referendum de Notre-Dame des Landes a été aussitôt retoqué par le gouvernement, quand on se souvient de quelle manière le vote français anti-Maastricht de 2005 est passé par perte et profits, ou quand on entend une partie de l’élite française souhaiter à grands cris que les Anglais votent à nouveau sur le brexit…
Yves Michaud : Je n’utiliserais pas l’expression de « démocratie censitaire », mais celui de confiscation du pouvoir par une oligarchie, une élite de pouvoir (le livre The Power Elite de C.W. Mills fut publié en 1956), qui fonctionne en réseau (Ena, milieux d’affaires, postes politiques avec cumul des mandats, régimes spéciaux de retraite, de primes, d’avantages financiers. Lisez le Who’s Who et voyez les déjeuners du club le Siècle !). Sauf que cette élite de pouvoir  - le terme d’élite devant être relativisé quand on voit l’inintelligence de la plupart de ses membres - est maintenant contestée directement et immédiatement par les moyens d’expression dont bénéficie le peuple – réseaux sociaux, pétitions, informations (y compris fausses), cagnottes, conseils juridiques, etc. Le plus malin sur ce plan a été Trump qui s’est mis à la tête de son propre réseau social en tweetant comme un malade et en court-circuitant totalement les médias dits sérieux. Pour tout dire, je suis très pessimiste sur la suite. Je pense que le commencement du début d’une solution viendra avec la prise au sérieux des mouvements populistes un peu partout en Europe. Ici encore Trump a été « génial » - il est le populiste par excellence. Au lieu d’anathématiser, il faut prendre au sérieux ces mouvements et voir quelles sont leurs revendications authentiques et justifiées. Condamner, par exemple, avec mépris les populismes des pays de l’ex-zone soviétique est une insulte et une sottise : ils ont vécu 60 ans d’une expérience politique totalitaire sans commune mesure avec la notre… Les invectives macroniennes hystériques et surjouées sont ridicules. On verra le 26 mai au soir mais je doute vraiment que ce soit réjouissant pour lui.
(2) : les 4 attaques gauchistes :

la nation =>; le mondialisme.

le peuple => le grand remplacement.

la souveraineté => l'UE.

la démocratie => la dénaturation de la constitution.

Le cas Vincent Lambert

Le neurologue Xavier Ducrocq rétablit la vérité médicale sur le cas Vincent Lambert

Vous rendez vous compte que l'administration se bat pour qu'on ne puisse rien faire pour empêcher un homme de mourir ?

De toute façon, je n'attends rien de cette bureaucratie inhumaine qui est la nôtre, sauf broyer des vies arbitrairement.


Des nouvelles du Brexit

La situation n'a pas bougé d'un pouce depuis la catastrophique dissolution de 2017.

Dans la démocratie parlementaire britannique, pour qu'une certaine politique soit pratiquée, il faut une majorité parlementaire qui approuve cette politique.

Or, il n'y a pas, et de loin, de majorité parlementaire pro-Brexit (le rapport de force est de 3/4-1/4). Même un Premier Ministre très pro-Brexit ne pourrait renverser un tel rapport de forces, ce n'est pas une poignée de pour-cents à faire basculer.

La dissolution est une voie bouchée : des raisons très pratiques (mode de scrutin, découpage des circonscriptions, implantation des partis) font qu'on ne peut espérer la victoire d'un parti pro-Brexit avant plusieurs années.

Même un second référendum ne serait qu'un pis-aller : faire re-voter jusqu'à ce que le peuple vote « bien » est antidémocratique et laisse des traces de long terme (sauf quand on est con comme un Hollandais).

Bref, comme en France, l'opposition entre ceux d'en haut et ceux d'en bas rend un pays occidental ingouvernable.


Un général pour Notre-Dame

Un général pour restaurer Notre-Dame.

Quel cinéma ! Pourquoi est-on allé cherché un général qui n'y connaît rien (ce n'est pas son métier) alors qu'il y a fouletitude d'architectes des bâtiments de France ? Pourquoi une loi spéciale ? Quel cirque là où il devrait y avoir sérénité et recueillement.

Après « un fait divers, une loi », on va avoir droit à « une catastrophe, un général ». Nous sommes dans la pure com, la manipulation émotionnelle, donner l'impression qu'on prend les choses à bras le corps, qu'il y a urgence, que, vite, vite, il faut faire quelque chose, n'importe quoi, mais quelque chose. La course du poulet sans tête.

La saine réaction : un pas en arrière. Y a-t-il urgence ? Non. Y a-t-il besoin d'un général ? Non. Une procédure d'exception se justifie-t-elle ? Non.

La vie étant ce qu'elle est, le général sans objet et la procédure d'exception sans justification risquent de provoquer plus de conneries que de miracles. Quand on fait les mauvaises choses pour de mauvaises raisons ...

La France de 2019 est un naufrage.

vendredi, mai 17, 2019

80 km/h : les abrutis qui nous gouvernent

Le roi radar est nu. La technocratie aussi. Edouard Philippe également ... mais ça ne changera rien, car nos gouvernants sont des abrutis complets, des sourds-dingues, des crétins vaniteux qui croient tout savoir parce qu'ils ont lu des livres (même pas tous) et passé des concours.


Cela a évidemment un étroit rapport avec mon billet précédent : Le problème des élites.

Mais, tout de même, dans le genre abruti autiste qui mérite un bon coup de boule plus quelques gifles et un coup de pied au cul, Edouard Philippe occupe une place à part que seule Theresa May semble en mesure de lui disputer.

Et maintenant que le gouvernement revient sur les 80 km/h [c'est faux, voir l'article suivant], quels éléments pour garantir une meilleure sécurité routière ?

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La plupart du temps, les périodes d’augmentation et de diminution de la mortalité depuis l’entrée en vigueur de cette loi sont liées à la météo. Le beau temps fait augmenter la circulation et donc les accidents, et la limitation à 80 ou 90 km/h ne change rien sur ce point. La limitation est une marotte des personnes de la sécurité routière pour compenser le mauvais état des routes - nous y reviendrons. Il y a nombre de route où on ne peut simplement pas rouler à 80 km/h aujourd’hui. A mon avis, c’est une mesure qui montre une forme d’inutilité parce que les zones qui sont passées à 80 sont moins accidentogènes que prévu. On ne peut pas tirer de bilan hâtif, car il faut plusieurs années pour isoler les causes d’accident. On constate cependant que si la mortalité semble avoir baissé, le nombre d’accident a augmenté.

On a voulu prendre une mesure sans tenir compte des acteurs locaux. Il leur appartient, eux qui doivent gérer l’aménagement des routes, d’apprécier les limitations. Ce sont eux qui sont le mieux placé. Ils connaissent tous les points noirs de leurs secteurs, et peuvent à défaut d’aménager, réduire la vitesse. Ce n’est pas une mauvaise mesure dans le fond, quand c’est fait en connaissance des situations particulières. Le problème vient quand elle est déconnectée des réalités.

Les statistiques annoncent régulièrement une baisse des morts sur la route, mais j'en doute fortement. A titre d'exemple, alors que les autorités avaient annoncé qu'entre 2003 et 2013, 36 000 vies avaient été sauvées grâce aux radars ; l'Insee a déclaré -pour sa part- que les radars n'avaient épargné qu'un millier de vies… Ainsi il en va de même pour les variations de limitation de vitesse : elles ajoutent bien plus aux risques qu'elles n'en retirent. Modifier sans cesse les limitations de vitesse prévues par le code de la route n'apporte aucune réponse en matière de sécurité routière. Bien au contraire, comme je le disais plus haut, ce type de variations perturbent le conducteur, le déconcentrent devenant ainsi la source d'accidents supplémentaires. Aujourd'hui, il y a des réelles mesures à prendre. Encore une fois, il s'agit d'améliorer l'état des routes et d'augmenter le nombre de policiers et des gendarmes postées sur celles-ci. Or à présent, alors que notre réseau routier est l'un des plus mauvais d'Europe, rien de concret n'est fait. Les mesures technocrates s'accumulent mais les résultats ne sont tristement pas à la hauteur. Il convient donc de repenser tout ceci.
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La polémique sur le 80 km/h rebondit

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Par le biais de ce nouvel amendement qui devrait être adopté, c’est la ligne d’Édouard Philippe qui s’impose. En dépit de quelques déclarations laissant croire à un fléchissement, le premier ministre a toujours défendu le 80 km/h qui doit sauver 400 vies par an, selon les experts. « Je ne me résigne pas à abandonner cette ambition en matière de sécurité routière », avait-il déclaré en avril.
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Le 80 km/h attise à nouveau les colères

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Pour embrouiller encore un peu plus les automobilistes au sein d’un millefeuille de limitations et rendre encore un peu plus incompréhensible la réglementation, des abaissements ponctuels à 70 km/h seront possibles dans les zones jugées dangereuses des départementales.

Le gouvernement s’est placé dans une impasse. Le voici de nouveau contraint de gérer une nouvelle polémique, faute d’avoir tiré les leçons de la colère des Français dont l’origine se trouve dans la limitation à 80 km/h. Une mesure qui devait, selon les éternels experts cités par la sécurité routière, économiser 400 vies par an. Cette évaluation est-elle fondée ? Malgré la destruction de la grande majorité des radars par les gilets jaunes fin 2018, aucune explosion de la mortalité routière n’a été constatée depuis. Le roi-radar serait-il nu ? Pendant ce temps, les chirurgiens orthopédiques n’en peuvent plus d’opérer les blessés consécutifs aux accidents de trottinettes.
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Le problème des élites

Ce problème me hante.

La classe dirigeante ploutocratique (dont E. Macron est un specimen), issue de l’hyper-classe mondialisée, a échoué à remplir ses devoirs vis-à-vis des peuples. Ces gens-là se sont révélés être de fausses élites.

Un pays ne peut vivre sans vraies élites.

Les Gilets jaunes butent sur cette question : on voit bien qu’il est très difficile de faire émerger de nouvelles élites de la société.

Une explication rassurante serait que les anciennes élites n’ont pas encore fait place nette et que la nouvelle élite ne peut apparaître.

Hélas, je n’y crois pas beaucoup. Je privilégie une autre explication beaucoup plus inquiétante : l’effondrement de l’éducation au sens large, à la fois familiale et sociale, fait que le réservoir d’élites cachées est très restreint.

L'élite doit être morale et intellectuelle.

Pour la morale, je n'ai pas trop d'inquiétude. Il y a toujours eu des hommes au caractère supérieurement généreux et courageux. Malgré le narcissisme ambiant, tous les Français ne sont pas des arrivistes ridicules comme Macron ou des escrocs sordides comme les Niel, Pinault, Drahi.

Par contre, je ne vois pas d'où pourrait provenir l'élite intellectuelle. L'instinct ne suffit pas. Il y faut toute une organisation alliant avec subtilité rigueur et liberté. Cela a été détruit, la transmission est coupée. De mon temps, un instituteur faisant des fautes d'orthographe était un scandale et une exception. Aujourd'hui, les institutrices (puisque le métier est devenu presque exclusivement féminin) écrivant sans fautes sont très rares.

Il y a trente ans, le niveau des élèves baissait. Conséquence logique, c'est aujourd'hui le niveau des professeurs qui a baissé.

Dans ces conditions, entre une fausse élite faillie et une vraie élite introuvable, nous ne sommes pas à la sortie du tunnel.

Certes, nous ne sommes pas les seuls à avoir ce problème :

Pour Frans Timmermans, vice-président de la Commission européenne, l’islam fait partie de l’Europe « depuis 2000 ans ».

Ca ne me console pas.


jeudi, mai 16, 2019

Un jeune homme plein de bon sens




Et un touit de Maïsto :





Que contestent les Gilets jaunes ? Les bobards qu’on nous raconte depuis quarante ans : l’Europe c’est bien, « les nationalismes » c’est mal (alors qu’il n’y a que le nationalisme allemand qui pose problème parce que l'Allemagne est trop grosse par rapport à ses adversaires européens) ; l’immigration c’est bien le « repli » c’est mal ; « les religions » c’est mal (alors qu’il n’y a qu’une religion qui pose problème : l’islam) ; la mondialisation c’est le pied, la France c’est moisi ; il faut se serrer la ceinture pour payer nos dettes ; hors de l’Euro, point de salut, l’écologie doit punir les habitudes des pauvres ; l’égalité hommes-femmes est un vrai problème etc.

Or, tout cela est une question de pouvoir brut : si la classe dominante perd le pouvoir de définir le Bien et le Mal, le pouvoir d’imposer son vocabulaire, elle perd le pouvoir tout court. Il est donc essentiel, les bourgeois ne se trompent pas, d’éclater la gueule des Gilets jaunes pour qu’ils la ferment.








mercredi, mai 15, 2019

Vide intérieur et kapos du politiquement correct

Il me semble que c'est Bertrand Vergely dans Atlantico qui faisait cette remarque très juste : les déchristianisés qui font la police de la pensée n'ont plus de vie intérieure, plus de recul, donc tout ce qui est extérieur, ce qui se passe à la surface d'eux-mêmes, les atteint dans toute leur profondeur puisqu'ils n'ont plus qu'une vie d'apparence, qu'ils n'ont plus aucune profondeur.

D'où leurs crises d'hystérie pour des choses qui apparaissent aux sages comme futiles.

Notons que l'islam, tout en extériorité (à part quelques tendances groupusculaires comme le soufisme), est une religion très adaptée à ces abrutis, ce qui, vu leur nombre, ne laisse pas de m'inquiéter.

Mon épineux problème de style en littérature

J’aime lire Hugo, Stendhal, Duteurtre, Gracq … Ce sont des stylistes. Mais je ne sais pas définir le style.

Je n’aime pas Genevoix (sauf Ceux de 14) parce qu’il y a trop d’adjectifs (souvent abscons) et trop d’adverbes. Ni Proust : les phrases à rallonge m’endorment encore plus vite qu’un discours de Macron. Ce sont des exceptions : en général, j’ai du mal à définir précisément pourquoi je n’aime pas le style de tel ou tel auteur. Je ne suis jamais vraiment intéressé à la question du style.

Dans une démarche scientifique, j’ai vaguement essayé de mesurer la longueur des phrases ou des mots, mais ce n’est pas cela.

Bref, mystère.

mardi, mai 14, 2019

Une époque formidable

Une émission anglaise à succès est arrêtée. Elle consistait à retourner le couteau dans la plaie des secrets de famille à coups de tests ADN et de détecteur de mensonge. Un invité s'est suicidé.

Et après, on me dira « Meuh non, tu exagères, nous ne vivons pas une époque d'atroce décadence et de répugnante immoralité ».

Houellebecq et Duteutre sont tombés d'accord (dans l'entretien à propos des vaches) pour dire que les hommes d'aujourd'hui ne sont peut-être pas pires et certainement pas meilleurs que leurs ascendants, mais qu'ils sont sans doute aucun moins intéressants. Ils auraient tout de même pu ajouter que la société s'ingénie à promouvoir les hommes et les instincts les plus bas.