lundi, juillet 06, 2020

Le crime-pensée est imprescriptible (2) (comment nous nous nazifions)

Commentaire de ce billet :

Le crime-pensée est imprescriptible.

La renaissance de l'occident (P. Herlin)

Opuscule de moins de deux cents pages, mais très dense d'idées.

J'ai souvent écrit sur ce blog qu'Hitler avait politiquement gagné la seconde guerre mondiale. Ce livre confirme mon intuition comme jamais.

Philippe Herlin nous dit qu'il l'a surtout gagnée philosophiquement (ce qui explique sa victoire politique) grâce à Martin Heidegger.

Le nazi Heidegger

On sait depuis toujours que Heidegger a adhéré au parti nazi, le NSDAP, en mai 1933, mais il a réussi à présenter après-guerre ce ralliement comme une simple marque d'ambition, peut-être excessive, mais sans conséquence philosophique. Il a aussi expurgé ses oeuvres.

Le fait qu'il ait eu pour élève et pour maitresse la juive Hannah Arendt l'a beaucoup aidé dans cette entreprise de dénazification.

Quelques rares vigilants, comme Leo Strauss (qui a été son élève), ont soutenu que la philosophie d'Heidegger, expurgée ou non, était fondamentalement nazie.

Seulement voilà : après sa mort en 1976, Heidegger a fait publier par son fils ses oeuvres complètes non-expurgées selon un calendrier rigoureux.

En 2014 (rappel de la première guerre mondiale qui a transformé l'Allemagne et permis l'avénement d'Hitler ? Vu le fétichisme des dates nazi, ce n'est pas impossible), sortent les « cahiers noirs », journal intime dont l'existence même était inconnue.

Plus aucun doute n'est permis, Heidegger l'a voulu ainsi.

Les juifs sont décrits comme porteurs d'une philosophie nocive qu'il faut faire disparaître physiquement. Heidegger et sa philosophie sont authentiquement nazis.

Gallimard, très hypocritement, traduit national-sozialismus par socialisme national,  c'est ridicule, ça ne trompe que ceux qui ont envie d'être trompés.

Humour noir d'Heidegger : tous les « cahiers noirs » n'ont pas encore été publiés, nous ne sommes peut-être pas au bout de nos surprises.

Une philosophie du nazisme

Que raconte la philosophie d'Heidegger ? Elle substitue les Existentiaux aux Universaux. Bon, OK, ce n'est pas super clair. C'est normal, c'est Heidegger.

Eclaircissons : à l'impératif kantien et chrétien « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas que l'on te fasse », Heidegger substitue l'impératif nietzchéen « Sois ce que tu es ». Inutile d'insister sur le potentiel de violence que recèle cet effacement de l'autre et ce recentrage sur soi.

Pour Heidegger, la Vérité platonicienne, universelle, comme but à la portée de l'effort de tous, n'existe pas. La Vérité est subjective, livrée à des initiés (nous sommes là en plein dans la gnose détectée par Jean-Louis Harouel comme le mal moderne. Voir ici et ), éventuellement par un gourou. Et si le gourou s'appelle Adolf, c'est un prénom comme un autre.

Mais s'il n'y a plus de vérité objective, argumentable rationnellement, comment décide-t-on qui a raison ? C'est simple : la loi du plus fort. Si j'ai réussi à te vaincre, c'est que j'ai raison. D'où l'exaltation de guerre (il y a une petite, très légère, contradiction : le nazisme a tout de même perdu physiquement la guerre, c'est donc qu'il avait tort). C'est tout l'objet du mouvement Black Lives Matter : on n'argumente pas, on casse.

La subjectivité enferme chacun en soi-même  et déclare la guerre aux autres.

Nous sommes dans les lourds systèmes philosophiques allemands qui séduisent tant les intellectuels français, avec le potentiel de de violence qui les accompagne. Si j'ai enfermé toute la connaissance dans mon système, tout ce qui le conteste est un ennemi à abattre.

L'avantage de parler obscurément

Heidegger s'exprime en charabia, c'est quasiment illisible. Il a des phrases à la con comme « L'homme est le berger de l'Etre » qui plaisent beaucoup aux pédants universitaires français.

Cet obscurité permet de rendre acceptables, car non comprises, des choses horribles. Ainsi, en 1947, il écrit une phrase alambiquée sur « l'attitude des jeunes Allemands face à la mort », qui apparaît, une fois décryptée, comme un éloge du nazisme et de ses atrocités.

Cette langue obscure, ésotérique, n'est pas un accident : puisqu'il n'y a plus de vérité, plus de logique, plus de raisonnement, ne restent plus que les mots, les jeux sur les mots, d'une langue qui s'oppose à toutes les autres langues. Si Heidegger avait été cohérent, il n'aurait pas fait traduire ses oeuvres, intraduisibles comme le Coran.

Et Hannah Arendt ?

Femme et juive, Hannah Arendt est une idole de notre temps, elle est intouchable. Hé bien, Herlin ose l'égratigner.

Plus que l'élève et la maitresse d'Heidegger, elle fut sa compagne intellectuelle, la passeuse de ses oeuvres. Une juive passeuse du philosophe du nazisme ? Oui, c'est l'ironie de l'histoire.

Arendt est fonctionnaliste, c'est-à-dire qu'elle considère que les nazis sont quasiment irresponsables, pris dans l'engrenage du fonctionnement du régime nazi. Ceci explique qu'elle fasse scandale avec Eichmann à Jerusalem, où elle parle de banalité du mal (pas au sens chrétien, où nous sommes tous pécheurs, mais au sens que, bien ou mal, pour les fonctionnaires, c'est indifférent).

Arendt dédouane les intellectuels (donc Heidegger) de toute culpabilité dans les totalitarismes : ces systèmes sont décrits comme la rencontre d'une bande mafieuse et du populisme. La dénonciation du « populisme » comme mal politique suprême vient de là.

Comme Heidegger, Arendt considère que la culture occidentale est morte et doit être jetée par dessus bord.

En conclusion, elle a beau être femme et juive, elle n'en justifie pas moins le philosophe du nazisme.

Heidegger, grand-père de la French theory

Il se trouve que la philosophie d'Heidegger a eu une énorme influence à droite, mais aussi et surtout à gauche entre, disons, 1945 et 1990. Il a influencé les destructeurs Sartre, Derrida, Foucault. Il est donc le père, ou plutôt, le grand-père, de la French theory qui règne aujourd'hui sur les universités occidentales.

L'oeuvre de la French theory a bien été de détruire toute universalité, toute objectivité, pour la remplacer par une subjectivité totale obsédée par le moi. Heidegger est l'inventeur du terme déconstruction. Il a donné une base philosophique au relativisme, dont je viens d'expliquer le potentiel de violence.

Au moins, sur un point, Heidegger ne cache pas sa pensée : un de ses buts est d'abattre Jésus-Christ (c'est bien sûr un pur hasard que ça soit un point commun avec Hitler). Comme dit Edouard Husson, ce qui définit le nazisme, c'est sa volonté d'abolir le commandement  « Tu ne commettras pas de meurtre ». Aujourd'hui, on veut abattre les statues de Jésus-Christ sous prétexte qu'il est Blanc. Et il est permis de tuer des blancs parce qu'ils sont blancs (regardez le deux poids deux mesures médiatique suivant que la victime est noire ou blanche). Il n'y a pas de hasard, c'est cohérent.

Herlin cite Allan Bloom qui, très finement, comme à son habitude, a compris vers quelle abime d'inhumanité nous emmenait la French theory, le relativisme et la mode de la déconstruction (aujourd'hui, les partisans de l'euthanasie reprennent le vocabulaire du décret d'Hitler sur le meurtre des handicapés mentaux en parlant de vie qui ne vaut pas la peine d'être vécue ! « Dans "euthanasie", il y a "nazie" » n'est pas seulement un jeu de mots, c'est une vérité profonde).

Digression pas si éloignée : l'une des grandes trouvailles du film L'œuvre sans auteur est d'avoir fait du médecin nazi le personnage le plus intelligent. Avec le nazisme et avec le COVID, beaucoup de médecins se sont éclatés : rendez vous compte, ils étaient des dieux avec droit de vie et de mort.

Je me souviens de mon professeur d'histoire de seconde dans les années 80, gauchiste à veste en peau de mouton retournée  et sandales, nous expliquant (le sujet était déjà d'actualité) que l'adhésion d'Heidegger au NSDAP n'avait aucun impact sur sa philosophie et que tout cela était monté en épingle par les méchants réactionnaires. On sait maintenant ce qu'il en est.

Des conséquences concrètes

Ai-je besoin d'insister sur ce point ? Nous voyons tous les jours le fléau de cette philosophie, portée par les mammouths capitalistes mondialisés, par les universitaires, par les intellectuels médiatiques et par les groupes de pression minoritaires. Cette barbarie à la mode dans les universités a fait le désespoir d'Allan Bloom, l'un des esprits les plus fins et les plus cultivés de notre temps. Un honnête homme et un érudit à l'ancienne.

Samuel Huntington donne cinq signes qui manifestent le déclin moral de l'occident :

1) le développement des comportements anti-sociaux (drogue, violence, etc.).

2) le déclin de la famille (filles-mères, « familles » mono-parentales, divorces etc. Hé oui, le refus de s'engager pour la vie et de se marier est d'une profonde lâcheté morale). L'exaltation de l'homosexualité en fait partie.

3) le déclin de la vie sociale (tous collés devant la télé).

4) la faiblesse de l'éthique et la préférence pour la complaisance.

5) la désaffection pour le savoir et l'activité intellectuelle. L'effondrement du niveau scolaire.

Alors, bien sûr, l'exaltation du Noir contre le Blanc n'était pas prévue par Heidgger philosophe du nazisme. Mais ce sont des catégories mentales et même des comportements identiques.

Ionesco, qui a vécu l'avénement de la Garde de Fer nazie en Roumanie, disait qu'il ne voyait pas de différence entre les casseurs nazis de 1940 et les casseurs gauchistes de 1968. Le même type humain, le même profil psychologique, la même conception de la politique.

 

Deux ennemis : l'islamisme et l'écologisme

Inutile de s'attarder sur les affinités philosophiques et historiques entre l'islamisme et le nazisme, elles ont été maintes fois décrites. A titre d'anecdote : l'Iran et l'Egypte furent parmi les tout premiers pays à traduire Heidegger. Je rappelle que Mein Kampf se vend très bien  de nos jours dans les pays musulmans.

Et l'écologisme (j'ajoute le veganisme et l'anti-spécisme, tout ça, c'est la même tambouille anti-humaniste) ?

On irrite les végétariens quand on leur dit qu'Hitler était végétarien (et aussi le premier à avoir promulgué des lois de défense des animaux). Gandhi était végétarien et n'était pas un nazi. Pourtant, il y a bien un rapport.

S'il n'y a pas de Vérité, d'absolu, de nature humaine, mais seulement une condition humaine (La condition de l'homme moderne, titre d'Hannah Arendt), tout est relatif. Comme dit Leo Strauss, le cannibalisme n'est plus qu'une affaire de goût.

Le seul juge est alors l'histoire : je suis là parce que je viens d'où je viens et que j'ai l'histoire que j'ai. Mais alors, pourquoi mes idées et ma vie seraient plus pertinentes que celles d'il y a cent ans, mille ans, deux mille ans ? Parce que je vis une histoire exceptionnelle (construire le Reich de mille ans), que j'ai un projet exceptionnel (changer l'homme : communisme, végétarisme, veganisme, transhumanisme) ou parce que je vis une catastrophe exceptionnelle (écologisme, réchauffisme).

J'entends souvent Ivan Rioufol et Eric Zemmour s'étonner que l'écologie conservatrice de droite n'arrive pas à percer. C'est qu'ils prennent l'écologie au sérieux, ce que ne font pas les  « vrais » écolos. Pour eux, l'écologie n'est qu'un prétexte à assouvir leur haine anti-humaniste, ce que ne permet pas l'écologie conservatrice.

L'exemple de l'arrêt de la centrale de Fessenheim est flagrant : d'un point de vue écologique de premier degré, celui du discours des écolos, c'est une décision absurde. En revanche, du point du sous-texte anti-humaniste, bien plus puissant que le premier degré, c'est une évidence : y a-t-il plus représentatif du génie prométhéen de l'homme que l'industrie nucléaire ?

Le fond de l'écologisme, de l'anti-spécisme, du véganisme  est violemment anti-humaniste (j'insiste sur « violemment »). Les anti-spécistes les plus radicaux parlent de permettre « l'avortement post-natal », autrement dit, l'infanticide, jusqu'à l'âge de 3 ans !

Les connards (et les connasses, il y a beaucoup de petites merdeuses) de petits bourgeois qui sont végans pour suivre le mode, faire les hautes consciences en carton et se distinguer du populo, savent-ils à quelles horreurs ils ouvrent la voie ? Et s'en préoccupent-ils ?

Je dois tirer mon chapeau aux tordus qui ont réussi à mettre l'anti-spécisme et le veganisme à la mode. Certes, la cible était molle : les bourgeois, formés à l'ignorance par l'école et protégés des difficultés de la vie par leur famille (parents qui ont égoïstement refusé de transmettre l'essentiel, combien de fois ai-je entendu « Je ne lui parle pas de religion, il décidera quand il sera grand  » ?), sont des cons faciles à endoctriner. Mais tout de même, c'est une belle performance.

Quel remède ? Le droit naturel.

Cette expression  « droit naturel » est source de confusion. On imagine Cro-Magnon tapant sa Cro-Magnonne (ou l'inverse : il devait déjà y avoir des rouleaux à pâtisserie dans les cavernes), au fond de sa grotte enfumée. Il y a de ça, mais pas seulement ! Le droit naturel est celui qui découle de la nature humaine, il est invariable dans le temps, il n'a pas pour juge l'histoire.

La philosophie du droit naturel, le jusnaturalisme, est la philosophie classique depuis Platon. Elle a été abandonnée par les conservateurs sous le coup de la panique et sous l'impulsion de Burke (que j'aime pourtant beaucoup) pendant notre révolution, qui a bouleversé tant de choses.

Les progressistes et les conservateurs ont en commun de prendre l'histoire pour juge : les progressistes vers le futur, les conservateurs vers le passé. Et comme les progressistes sont dans le sens du courant, ce sont toujours eux qui gagnent à la fin.

Comme dit Chesterton, les progressistes font des erreurs et les conservateurs empêchent qu'elles soient corrigées. Ou, pour le dire encore autrement, les conservateurs sont des progressistes avec vingt ans de retard.

Comment s'en sortir ?

En étant orthogonal à ce piège historiciste, en refusant l'histoire comme juge. Pour cela, il faut affirmer des principes absolus, intemporels, combattre le relativisme.

Le simulacre de mariage pour les homosexuels, la location du ventre des femmes, c'est abject hier, aujourd'hui, demain, toujours, parce que c'est une atteinte à la dignité humaine.

Cela confirme mon intuition : on ne peut être vraiment conservateur qu'en étant chrétien, sinon on va droit à l'échec, on est piégé par les progressistes. Car le grand porteur du droit naturel sous nos latitudes, c'est l'Eglise (catholique ou orthodoxe, sur ce sujet, ça ne change pas grand'chose).

Une question annexe mais dont la réponse est éclairante : pourquoi y a-t-il tant de juifs (Arendt, Derrida et tant d'autres) parmi les déconstructeurs ? George Steiner, récemment décédé, répond : « Par révolte inconsciente contre la Loi ».

Il n'y a pas moins relativiste que le juif traditionnel : il peut passer des heures à discuter du Bien et du Mal. Hitler est passé par là et a traumatisé les juifs avec son judéocide industriel. La Loi aurait-elle menti ? Le Mal serait-il vainqueur ? D'où le relativisme des juifs après guerre (on peut contester : Freud n'est pas né après 1945). Cette explication renforce l'idée que, décidément, Hitler n'a pas tout perdu.

Le problème de la transcendance

Il ne peut y avoir de véritable droit naturel que s'il y a une transcendance qui donne une référence absolue, sinon c'est la porte ouverte au relativisme déchainé. Socrate le disait déjà (comme quoi ces problèmes ne sont nouveaux) : « Si l'homme est le mesure de toute chose, qu'est-ce qui mesure l'homme ? »

Ce n'est pas un hasard si les deux déclarations qui se rapprochent le plus du droit naturel (même si elles sont contestables), la déclaration d'indépendance américaine et le première déclaration des droits de l'homme française, font référence à Dieu et à l'Etre Suprême.

Ensuite, on a eu de cesse de supprimer cette transcendance et d'étendre ces droits à l'infini. Voir la déclaration des droits de l'homme de l'ONU.

Athènes et Jerusalem

Depuis Saint Paul prêchant en Grèce et et comparaissant devant l'aréopage d'Athènes (1), nous savons (de Marseille) que l'occident se définit intellectuellement comme la tension permanente entre la révélation et la raison, sans que jamais l'une ne l'emporte définitivement sur l'autre.

Nous ne serions pas la plus extraordinaire civilisation que la terre ait portée (seule la civilisation chinoise peut se comparer à la nôtre en durée, richesse et diversité et peut-être celle de l'Egypte ancienne. La civilisation de tel ou tel royaume africain ou océanien est bien intéressante à étudier, mais non, désolé, nous ne jouons pas dans la même cour) sans cette tension permanente qui la nourrit.

Le 26 février 1941 (avant l'entrée en guerre de l'URSS et des Etats-Unis), Leo Strauss (encore lui) donne une conférence à New-York sur le nihilisme allemand. Il n'a aucun doute : le nazisme finira par être vaincu (incidente sur un de mes dadas : vous voyez que le pétainisme ne tenait pas la route). Mais le nihilisme allemand renaitra, le nazisme n'en est que l'expression la plus cruelle (ça justifie mon rejet instinctif de l'Allemagne : je préférais de beaucoup quand il y en avait deux).

Ce n'est pas très flatteur pour les Allemands mais c'est fort bien vu.

NN Taleb

Que vient faire Nassim Nicholas Taleb dans cette histoire ? Un attrait de ce petit livre est qu'il cite des auteurs pour qui j'ai une grande estime.

Vous avez que je considère Taleb comme l'un des plus grands intellectuels vivants. Je tiens sa manière de faire enrager les intellectuels tamponnés, comme les universitaires couverts de diplômes, pour un des plaisirs de la lecture. 

Sa vision des effets d'échelle rétablit le droit naturel : puisqu'il est difficile pour un décideur de prévoir toutes les conséquences de ses décisions, la morale (pas la moraline) doit servir de guide.

Or, que dit la morale ? C'est fort bien exposé dans Jouer sa peau. La première règle morale est que le décideur doit subir les conséquences de ses décisions.

Taleb le dit et nous en avons l'expérience tous les jours : la bureaucratie est un mécanisme pour isoler le décideur des conséquences de ses décisions. Pas étonnant que le nazisme fut très bureaucratique, c'est dans sa nature.

De même pour les gauchistes sociétaux. C'est aussi inutile d'exposer à un immigrationniste les méfaits de l'immigration que de discuter avec un SS du malheur des juifs.

Vous connaissez la réaction des féministes aux crimes contre les femmes commis par des musulmans : elles les ignorent ou défendent les criminels. Parce que, pour elles, le but ultime n'est pas de défendre les femmes, mais, comme les écolos, de détruire l'occident. Le féminisme n'est qu'un moyen de cette destruction et l'immigration et l'islam sont encore plus efficaces donc ils ont priorité sur le féminisme.

Non, le nazisme n'est pas mort le 30 avril 1945, il a muté.

Contrairement à ce que je raconte souvent, le nazisme n'est pas mort le 30 avril 1945. Il a juste muté (comme l'avait d'ailleurs pressenti Hitler !).

Non, l'héritier du nazisme n'est pas la famille Le Pen. C'est l'islamo-gauchisme.

Retracer cette filiation intellectuelle est le grand mérite de cet ouvrage. La tache est assez facile, puisque Heidegger a voulu post-mortem que l'on n'ignore pas son nazisme philosophique, que les déconstructeurs n'ont jamais caché s'inspirer de sa philosophie et que nombre d'entre eux, dont Michel Foucault, ont exprimé leur admiration pour la révolution islamique iranienne. La généalogie qui lie l'islamo-gauchisme au nazisme est donc explicite.

Mais cette logique n'est pas dans le débat public, elle reste dans l'ombre car les hommes des medias ont les yeux de Chimène pour les déconstructeurs.

Rester droit et se battre

Le droit naturel, le jusnaturalisme, c'est un peu compliqué en politique. Le plus simple, c'est de se dire de droite.

Mais pas la droite conservateurs contre progressistes, combat qui finit toujours pas être gagné par les progressistes, comme nous l'avons vu.

Il faut être de la droite qui a des principes (et non des valeurs) intemporels.

Le premier combat est la natalité. Heidegger, toujours lui, dit que le sommet de la politique est d'amener l'ennemi à s'auto-exterminer. C'est exactement ce que font les occidentaux sous le prétexte de « sauver le planète ». 

Le deuxième combat est la langue, il ne faut pas se laisser imposer la langue de l'ennemi, il ne faut pas laisser dénaturer notre propre langue. Parler un bon français est un plaisir et une nnécessité.


L'éternel combat

Au fond, c'est l'éternel combat : le Mal contre le Bien, la gnose contre le Christ, Bourdieu contre Bossuet.

Les gauchistes se veulent des libérateurs. Comme Lucifer. Ils veulent nous libérer de notre humanité.

A nous de savoir leur répondre.


********************
(1) : Les Actes des Apôtres

Référence : Actes 17:16-34

Comme Paul les attendait à Athènes, il sentait au dedans de lui son esprit s'irriter, à la vue de cette ville pleine d'idoles.

17 Il s'entretenait donc dans la synagogue avec les Juifs et les hommes craignant Dieu, et sur la place publique chaque jour avec ceux qu'il rencontrait.

18 Quelques philosophes épicuriens et stoïciens se mirent à parler avec lui. Et les uns disaient : Que veut dire ce discoureur ? D'autres, l'entendant annoncer Jésus et la résurrection, disaient : Il semble qu'il annonce des divinités étrangères.

19 Alors ils le prirent, et le menèrent à l'Aréopage, en disant : Pourrions-nous savoir quelle est cette nouvelle doctrine que tu enseignes ?

20 Car tu nous fais entendre des choses étranges. Nous voudrions donc savoir ce que cela peut être.

21 Or, tous les Athéniens et les étrangers demeurant à Athènes ne passaient leur temps qu'à dire ou à écouter des nouvelles.

22 Paul, debout au milieu de l'Aréopage, dit : Hommes Athéniens, je vous trouve à tous égards extrêmement religieux.

23 Car, en parcourant votre ville et en considérant les objets de votre dévotion, j'ai même découvert un autel avec cette inscription : A un dieu inconnu ! Ce que vous révérez sans le connaître, c'est ce que je vous annonce.

24 Le Dieu qui a fait le monde et tout ce qui s'y trouve, étant le Seigneur du ciel et de la terre, n'habite point dans des temples faits de main d'homme ;

25 il n'est point servi par des mains humaines, comme s'il avait besoin de quoi que ce soit, lui qui donne à tous la vie, la respiration, et toutes choses.

26 Il a fait que tous les hommes, sortis d'un seul sang, habitassent sur toute la surface de la terre, ayant déterminé la durée des temps et les bornes de leur demeure ;

27 il a voulu qu'ils cherchassent le Seigneur, et qu'ils s'efforçassent de le trouver en tâtonnant, bien qu'il ne soit pas loin de chacun de nous,

28 car en lui nous avons la vie, le mouvement, et l'être. C'est ce qu'ont dit aussi quelques-uns de vos poètes : De lui nous sommes la race...

29 Ainsi donc, étant la race de Dieu, nous ne devons pas croire que la divinité soit semblable à de l'or, à de l'argent, ou à de la pierre, sculptés par l'art et l'industrie de l'homme.

30 Dieu, sans tenir compte des temps d'ignorance, annonce maintenant à tous les hommes, en tous lieux, qu'ils aient à se repentir,

31 parce qu'il a fixé un jour où il jugera le monde selon la justice, par l'homme qu'il a désigné, ce dont il a donné à tous une preuve certaine en le ressuscitant des morts...

32 Lorsqu'ils entendirent parler de résurrection des morts, les uns se moquèrent, et les autres dirent : Nous t'entendrons là-dessus une autre fois.

33 Ainsi Paul se retira du milieu d'eux.

34 Quelques-uns néanmoins s'attachèrent à lui et crurent, Denys l'aréopagite, une femme nommée Damaris, et d'autres avec eux.




dimanche, juillet 05, 2020

Le juppéisme, cette obsession gestionnaire des élites françaises tuée par Emmanuel Macron






CHOIX STRATÉGIQUE

Le juppéisme, cette obsession gestionnaire des élites françaises tuée par Emmanuel Macron

Atlantico.fr : Emmanuel Macron a-t-il mis fin au juppéisme ? En nommant Jean Castex souhaite-t-il tuer le sarkozysme ? 

Paul-François Paoli : Je ne sais pas dans quelle mesure Emmanuel Macron a une stratégie, autrement dit une direction claire et pensée en amont. J'ai plutôt l'impression qu'il navigue à vue dans une situation de quasi naufrage politique puisque son parti vient de subir une défaite évidente qui entame très fortement sa légitimité. Il n'est pas question de juger d'avance l'homme qui vient d'être nommé. Critiquer un nouveau premier ministre avant même qu'il ait ouvert la bouche est peut être le rôle des politiciens mais celui des analystes ou des observateurs est plutôt d'être prudent. Personnellement je n'ai aucune opinion concernant Mr Castex. Par contre j'en ai une concernant le juppéisme qui n'est rien d'autre que la version gestionnaire du chiraquisme qui a symbolisé ni plus ni moins la liquidation du gaullisme historique. Alain Juppé n'est plus gaulliste, il le reconnait lui même; il est chiraquien. On peut d'ailleurs se poser la question de savoir s'il a jamais été gaulliste. Ayant lu le livre qu'il a réalisé voici quelques années avec Serge July sur son parcours, j'en doute depuis assez longtemps. Je crois que Juppé est un libéral marqué par la pensée de Montesquieu, ce qui est d'ailleurs très estimable. Mais il n'a jamais eu, à mon sens, la fibre gaulliste.

L’obsession gestionnaire de la droite est-elle l’un des symptômes de son agonie ? 

C'est une des possibles expressions de son agonie historique mais l'autre expression de son agonie est son discours inepte sur les "valeurs". Ce n'est pas parcequ'elle refuse tout rapprochement avec le RN, qui n'est plus le FN d'autrefois, que cette prétendue droite est morale. Mittérand a fait alliance avec le PCF quand celui ci en 1972 était le plus stalinien d'Europe et personne à l'époque ne l'a diabolisé. Le parti de G. Marchais justifiait la dictature léniniste du prolétariat! Il niait jusqu'à l'existence même du Goulag et recevait des fonds de l'Urss. Tout cela était connu de ceux qui voulaient bien savoir. Mittérand a quand même fait l'alliance avec un parti qui restait sous l'emprise d'une puissance étrangère.  Il a gagné son pari et a même réussi à faire changer le PCF qui est devenu en quelques années un parti réformiste. Voilà ce qu'est un grand politique et voilà ce qui manque aujourd'hui à la droite.

La situation à Marseille est-elle un bon exemple pour comprendre le problème des élites chez Les Républicains ? 

L'affaire marseillaise est emblématique pour qui la connait un peu, ce qui est mon cas. Marseille qui était le prétendu laboratoire du multiculturalisme français tant vanté par un  Frantz Olivier Giesbert est devenu une des vitrines du malheur français et de son impossible vivre ensemble. Chacun sait que Marseille est une cité extrèmement marquée par les clivages ethniques qui recouvrent aussi des clivages sociaux. Quand Martine Vassal répend ses stéréotypes sur Stéphane Ravier candidat de la "Haine et de l'exclusion" elle amuse la galerie. Comme si elle était elle la candidate de l'Amour avec comme parrain Jean Claude Gaudin dont chacun sait à Marseille qu'il se contrefiche depuis des années du sort de ces quartiers populaires où il ne met jamais les pieds. Gaudin a t'il jamais fait un tour à la Castellane ou à Air Bel pour voir ce que subissent les habitants soumis à l'emprise des Caids magrebins qui dirigent le narco traffic ? Vont t'ils nous faire croire, eux qui vont à la plage au Prado, qu'ils sont l'âme de Marseille? Stéphane Ravier, quoiqu'on pense de lui, est né dans les quartiers populaires et il parle de ce qu'il connait. En réalité s'il n'y a pas d'alliance entre la droite prétendue "propre" et le RN à Marseille c'est parceque LR est devenu, là comme ailleurs, un parti de notables. Un parti bourgeois en somme. Là voilà la vraie raison: elle est sociale elle n'est pas morale. Et c'est bien un des effets du juppeisme que d'avoir  embourgeoisé la droite alors que le gaullisme était profondément populaire.

LÂCHES, CYNIQUES ET/OU AVEUGLES Cet esprit de Munich qui affaiblit la démocratie face à une illusion d’efficacité écologique











LÂCHES, CYNIQUES ET/OU AVEUGLES

Cet esprit de Munich qui affaiblit la démocratie face à une illusion d’efficacité écologique

Atlantico.fr : Les nouveaux maires EELV élus dans les grandes villes comme à Bordeaux et à Lyon ont déjà eu des prises de positions plutôt radicales au nom de la planète (vers une interdiction de la voiture à Bordeaux, suspension du projet de LGV entre Lyon et Turin) dans une indifférence quasi générale. Comment expliquer l'absence de réaction ?   

Yves Roucaute : Votre question appelle une réponse un peu longue, je le crains. Je n’ai pas écrit « L’homo creator face à une planète impitoyable », c’est-à-dire l’humanité face à une planète impitoyable, sous-titré « 7 millions d’années contre l’idolâtrie de la nature », sans raisons majeures. La défaite du camp du progrès face aux écologistes archaïques était prévisible et ce qui suit tout autant. Le refus de la voiture individuelle ou des lignes de chemin de fer qui permettraient pourtant de limiter la pollution ne sont que des épiphénomènes. Avec leur idolâtrie de la planète, leur volonté d’en finir avec l’individualisme prétendument « bourgeois » et leur refus de la croissance, nous avons affaire à une idéologie obscurantiste sans précédent qui séduit, faute d’opposants éclairés. 

Car, à l’exception de quelques-uns, le personnel politique républicain est dépourvu de charpente culturelle pour répondre aux ennemis du progrès. Comme la plupart des journalistes, il ne lit même plus. Et il n’est plus même capable de voir les signaux d’alerte pourtant clairement perceptibles dans une jeunesse déprimée par les écologistes, condamnée à la mauvaise conscience et « dégouttée » de l’avenir pour reprendre un mot du nouveau maire de Bordeaux qui s’en réjouit. 

La première réaction du nouveau maire de Lyon après les élections nous montre pourtant la signification de cette prétendue « rupture écologiste ». C’est une rupture avec le progrès et un terrible recul en arrière dans l’histoire de l’humanité. Il a proclamé en anglais « Make the Planet great again ». En anglais évidemment, car il doit penser que cela fait plus sérieux pour vendre des fantasmes. Ce qui peut se traduire par « faire la planète merveilleuse ou grande à nouveau ».

Pour ces prétendus écologistes emportés par une pensée magico-religieuse vieille de plusieurs centaines de milliers d’années, la planète est un être. Elle doit être protégé contre les méfaits de l’humanité qui la menace par ses interventions. Tout ce qui advient contre l’humanité, des intempéries aux changements climatiques serait de la faute des humains. On a même vu les nouveaux chamanes à petits pieds, les Nicolas Hulot et Yannick Jadot, prétendre que le covid-19 serait une vengeance d’une prétendue déesse Gaïa-La-Terre. A les en croire, virus, bactéries, cancers n’attaqueraient pas les humains si l’humanité n’attaquait pas eux-mêmes le prétendu écosystème. L’humanité serait responsable de ses malheurs. La planète la punirait. Les esprits de la forêt amazonienne se vengeraient (rire). Il faudrait pour retrouver l’harmonie perdue, une rupture écologique.

Le caractère païen invraisemblablement niais de ce que l’on ose appeler une pensée ne trouve pourtant pas de réponse. Face à cette défaite de la pensée, au lieu d’une bataille idéologique, on trouve une pensée défaite.  Le Président Macron lui-même n’a rien trouvé à redire. Plus encore, il admet lui aussi que l’humanité serait coupable de crime contre la planète, d’ « écocide ». Et il remercie de cet éclairage ces gens plein de bonne volonté, manipulés par des idéologues comme à la belle époque du stalinisme, qui ont pondu au nom d’une « convention citoyenne » abracadabrantesque, un rapport grotesque. Si j’en juge par la première sortie du nouveau Premier ministre qui reprend à son compte ce simulacre, je crains que celui-ci ne soit pas plus capable de résister aux appels des esprits de la forêt. (rires). Le pays des Lumières est-il devenu le pays des « gobe-mouches », comme disait l’auteur comique grec Aristophane qui se moquait, à Athènes, de ses compatriotes prêts à gober les propositions les plus ridicules des démagogues ?

De mon côté, je ne m’y résous pas. Les faits sont sans appel. Je le prouve dans mon livre : retrouver l‘harmonie perdue ? Il n’y en a jamais eu. Il n’y a jamais eu de prétendu « écocide » mais des holocaustes humains produits par la planète. Les humains apparaissent il y a 7 millions d’années environ. 4 millions d’années plus tard, ils ne sont que 100 000 survivants. Puis, de cette période d’il y a 3,2 millions d’années au début du néolithique, il y a 12 000 ans, il reste seulement 500 000 survivants. En 7 millions d’années 500 000 survivants seulement ! Les autres ? Tués par la fumeuse Gaïa-La-Planète-bienheureuse. Il ne reste rien des individus du type Shelanthropus apparu au Tchad, auquel appartenait Tournaï, le plus ancien de nos ancêtres connus, il y a 7 millions d’années. Rien des Orrorin Tugensensis du Kenya, d’il y a 5,9 millions d’années. Rien des Ardipithecus ramidus du Kenya et d’Éthiopie, d’il y a 5,8 millions d’années. Rien des Kenyanthropus tchadensis, ces « hommes à face plate » du Sahel tchadien, disparus il y a 3,5 millions d’années. Rien des Australopithèques, d’il y a 4,2 millions d’années. Rien des trois espèces de Paranthropes.  Et le genre Homo ? Il en existait 23 espèces, une seule a survécu, la nôtre. La gentille nature a détruit toutes les autres.

Et comment a survécu la nôtre ? En attaquant cette planète disharmonieuse mieux que les autres, en dominant, domestiquant, assujettissant, en créant des outils, des armes, des habitats. Un combat quasi biblique (rires) car dominer la planète et non la vénérer n’est-ce pas ce qu’aurait dit Dieu aux humains dans la Bible que vénèrent juifs, chrétiens et musulmans ? N’est-ce pas ce que disaient les Marx et les Jaurès dont les héritiers sont passés d’une ode à la créativité humaine à la génuflexion devant les mottes de terre ? Un combat que je raconte dans mon livre. Une Odyssée terrible pour enfin trouver une terre moins inhospitalière.

Il en fallait de la volonté de piller et transformer la nature pour survivre face aux tremblements de terre, aux éruptions volcaniques, aux tsunamis. Ainsi, de quoi a péri le célèbre Selam, mort il y a 3,3 millions d’année, un bébé de trois ans ? D’une inondation. Gaïa la planète trouvait sans doute avec Nicolas Hulot qu’il polluait l’atmosphère. Le pire ? Les glaciations. 17 en 2,3 millions d’années. Imaginez ce que pouvait être la vie humaine quand les glaces arrivaient. Quand Gaïa-la-Merveilleuse gelait le sol et détruisait des tribus humaines entières qui crevaient de froid et de faim. Les réchauffements étaient aussi nombreux, car les forces qui jouent sur le climat de la planète sont titanesques et ce n’est pas un aérosol qui empêche les explosions nucléaires du soleil, les changements de l’angle de l’orbite et de l’axe de rotation terrestre, les bouleversements de l’atmosphère elle-même qui n’a jamais réussi en 4,5 milliards d’années à équilibrer les effets de serre du dioxyde de carbone et du méthane, au point où le premier réchauffement monstrueux climatique eut lieu dès la naissance de la terre et où il y eut au moins trois épisodes de terre entièrement gelés.

Ces écologistes archaïques mentent et affabulent pour obtenir du pouvoir. Ainsi, ils croient que la disparition des éléments mous du corps, foi, intestins, cœur, cerveau, durant le paléolithique pouvaient permettre de faire croire aux gogos qu’avant la transformation de la planète, les maladies ne touchaient pas les humains. Ah, le bon vieux temps où l’on se régalait auprès des virus et des bactéries sympa.  Leur principe ?  « Pas vu, pas pris ».

Les faits. Les cancers existent depuis au moins 1,95 million d’années, comme le montrent le site de Malapa, en Afrique du sud ou celui de Swartkrans, daté de 1,7 million d’années, avec des cancers des os. Le nombre de cancers prouvés au paléolithique supérieur est important, le site de Lazaret montre même l’existence d’un cancer du cerveau.

Les virus et bactéries n’ont pas attendu l’industrialisation. Sur le site de Kocabas, un crane daté de 510 000 ans montre un individu atteint par la tuberculose. Or, la tuberculose, est une bactérie naturelle, Mycobacterium tuberculosis. Il existait des infections mycobactériennes non tuberculeuses, et le bacille de la lèpre, vieux de 20 millions d’années, a touché les humains dés le paléolithique moyen en Afrique de l’Est, et sans doute bien avant. L’ensemble des maladies produites par les tréponèmes, comme la syphilis ou la pinta, sont apparues il y a 1,5 millions d’années. La coqueluche (bacille Bordetella pertussis) ?  Il y a 2 millions d’années. Les humains sont infectés « naturellement » par leurs contacts avec les animaux porteurs, tel le virus T-lymphotropique qui peut causer la leucémie, présent dès le paléolithique en Afrique de l’Est.

Aurais-je la cruauté de rappeler que plus près de nous, la typhoïde, les cancers du foie, de la rate, de la prostate, la malaria, les maladies cardiovasculaires sévissaient en Égypte antique il y a 3500 ans, comme le prouvent les momies ? Ou bien pour ne pas fâcher nos cancres, devrais-je oublier les épidémies, comme la fameuse « peste antonine », en vérité une variole, avec 10 millions de morts sur 64 millions dans l’empire romain entre 165 et 190 après J.-C. ? Une vengeance de Gaïa qui aurait trouvé insupportable les deux roues tirées par des mulets pollueurs ?

Alors pourquoi l’absence de réaction ? L’ignorance appuyée sur la démagogie. Ce qui conduit à l’incapacité de concevoir une vraie écologie, celle qui est fondée sur la défense de l’ « oikos », qui veut dire non pas « planète «  comme le croient ces écologistes qui sont aussi fâchés avec le grec, mais « maison ». Et chez les grecs la maison n’a jamais été un produit naturel mais une construction artificielle fabriquée à partir de matériaux arrachés à la nature, des bois, des peaux d’animaux, des os… pour se préserver de la nature, des intempéries aux animaux sauvages.

La vraie écologie est celle du progrès qui libère la créativité humaine pour qu’elle produise des artifices qui lui permettent de survivre et de mieux vivre.

2. Quels sont les dangers cette absence de réaction laisse-t-elle craindre pour notre démocratie, voire pour le pays ?

Yves Roucaute : Le défi est gigantesque et l’aveuglement des politiques préoccupant. Si on continue à laisser les écologistes archaïques imposer leur vision du monde, alors, faute de croissance pour financer les nouvelles technologies, la France est condamnée non seulement à ne pas trouver de solutions aux problèmes environnementaux et sociaux mais aussi à devenir une province arriérée des États-Unis, de la Chine, du Japon et de tous ces pays qui avancent dans le sens du progrès et qui, eux, se préparent à mettre en œuvre des solutions appropriées.

La dynamique de l’écologie positive c’est croissance, d’où financement des innovations, d’où solutions aux problèmes, d’où croissance qui permet plus d’innovations, d’où de nouvelles solutions… Une dynamique créatrice qui conduit, grâce aux brevets, à des emplois, grâce aux innovations, à un meilleur bien être général pour tous, une amélioration du corps humain avec la traque des maladies, y compris des 600 maladies génétiques offertes par Dame nature, et à des solutions environnementales durables. Avec, la cerise sur ce gâteau, une plus grande influence de la France.

La dynamique de l’écologie punitive c’est la décroissance, donc moins de moyens pour les technologies, donc moins d’emplois, donc moins de bien-être, donc plus de dépendance envers les pays innovants. Donc aussi plus de cerveaux français qui vont partir dans les pays où l’idolâtrie est limitée à quelques politiques et universitaires en mal de reconnaissance.

Un exemple : le fameux CO2. La solution des archaïques est de s’attaquer à la liberté individuelle de circuler en voiture, d’imposer le voiturage et le transport collectifs, de formater nos vies pour traquer et punir ceux qui dérogent à leurs milliers de règlements « écologistes ».

La solution de l’écologie que je défends, est de financer les nouvelles technologies, par exemple les nanotechnologies qui ont déjà permis d’inventer des solutions d’avenir. Et, au lieu d’attaquer la liberté et de tenter de vivre sur la mauvaise conscience produite, de financer la liberté de recherche.

Ainsi a-t-on découvert la feuille artificielle qui piège le cO2 à l’institut de nanotechnologie de Waterloo et à l’université d’Etat de Californie. Cette feuille artificielle imite les vraies feuilles avec ses particules d’oxyde de cuivre construites pour rejetter de l’oxygène et du méthanol. Mieux encorel’UFC de Floride a réussi à transformer le gaz à effet de serre en air pur et énergie en couvrant la paroi d’un piège à CO2 de LED imitant la longueur d’onde bleue du soleil, agissant comme un photo réacteur. Ils brisent la molécule de dioxyde de carbone. On a réussi à transformer le cO2 en éthanol par procédé catalytique avec des nanoparticules de cuivre dans des nano aiguilles de graphènes… et j‘en passe sur ces découvertes financées apr toujours plus de croissance, de la NASA qui fabrique du carburant à partir du CO2, de la lumière d soleil et d’oxyde métallique jusqu’à l’Institut Max Planck qui utilise des enzymes pour une nouvelle voie de fixation du carbone…Et j’en passe aussi sur les découvertes au MIT, avec une jonction des biotechnologies et des nanotechnologies, pour stimuler l’absorption d’énergie lumineuse des plantes grâce aux nanotubes en carbone. En France même nos créatifs, malheureusement contraints souvent de partir aux Usa faute de financements, ne sont pas de reste comme ceux de Jussieu du laboratoire moléculaire qui mériterait un soutien massif. 

Mais aller faire boire un âne qui n’a pas soif…Contre les vendeurs d’apocalypse, j’ai écrit l’an dernier Le Bel Avenir de l’Humanité pour éclairer sur les avancées prodigieuses des technologies, les biotechnologies, les nanotechnologies, de l’intelligence artificielle. Calmann-lévy a relancé pour moi la collection célèbre de Raymond Aron, la liberté de l’esprit, et à publier ce livre avec un ouvrage d’Hannah Arendt et un de Raymond Aron. J’y démontre pourquoi le progrès est la clef du développement social, de la justice sociale, de la libération des femmes. Mais rien n’a changé dans la politique gouvernementale. Sans doute aussi parce que j’ai démontré que l’étatisme n’avait pas d’avenir… 

Nous sommes trop souvent gouvernés par des borgnes dans une classe d’aveugles.

Doit-on s'attendre à de nouvelles mesures liberticides de la part des maires EELV ?

Yves Roucaute : Bien entendu. Leur idolâtrie les conduit logiquement à des mesures coercitives car ils développent une vision schizophrène du monde, retrouvant celle que je décris dans mon dernier livre s’agissant des populations du paléolithique et des dernières tribus nomades. 

Ils prétendent qu’en arrêtant la croissance et la domination de la nature, nous vivrons en harmonie avec la planète. Mais, évidemment, l’histoire des 7 millions d’années de vie de l’humanité comme celle des dernières populations nomades que j’ai étudiées démontrent que cela ne se peut pas. Quand bien même nous arrêterions par folie la recherche de la croissance, il y aura encore des tsunamis, des tremblements de terre, des tornades, des  petites et grandes glaciations, des réchauffements, des animaux féroces, des virus, des bactéries. Donc, il va falloir idolâtrer une planète qui va continuer à produire ses effets létaux. Et, à chaque fois que des malheurs vont arriver, il faudra se culpabiliser de ce qui arrive et punir les humains pour ce qui leur arrive.

Ainsi, le but de ces écologistes magico-religieux est, comme l’était celui des chamanes, d’imposer que l’on aime ce qui nous frappe, de nous contraindre à briser le miroir de nos œuvres en les maudissant, et, à l’horizon, de mettre en œuvre des sacrifices humains. Et comme nous sommes contraints, ne serait-ce que pour survivre, de développer les sciences et les techniques, ils sont conduits à toujours plus de punition, toujours plus de sacrifices. D’où, derrière leur apparente bonhomie, quasi stalinienne, leur haine féroce des riches, des bourgeois, des intellectuels, des scientifiques, des technologies, du progrès… 

Contre cette schizophrénie, le camp du progrès doit célébrer et favoriser la puissance créatrice des individus dans leurs œuvres, développer la fraternité par la diffusion universelle des bienfaits des innovations, et, au lieu de coasser « Green, green green, la planète d’abord, la planète d’accord », chanter l’air de la liberté qui est celle de la véritable écologie : « l’humanité d’abord, l’humanité d’accord ». 

vendredi, juillet 03, 2020

Une contre-révolution de la classe ploutocratique.


This ‘revolution’ isn’t what it looks like. We’re really witnessing a counter-revolution of the neoliberal class.

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But when national institutions bow (or kneel) to the street fighters’ demands, it should tell us that something else is going on. We aren’t dealing with a Maoist or Marxist revolt, even if some protagonists spout hard-leftish rhetoric. Rather, what’s playing out is a counter-revolution of the neoliberal class — academe, media, large corporations, ‘experts’, Big Tech — against the nationalist revolution launched in 2016. The supposed insurgents and the elites are marching in the streets together, taking the knee together.

They do not seek a radically new arrangement, but a return to the pre-Trump, pre-Brexit status quo ante which was working out very well for them. It was, of course, working out less well for the working class of all races, who bore the brunt of their preferred policy mix: open borders, free trade without limits, an aggressive cultural liberalism that corroded tradition and community, technocratic ‘global governance’ that neutered democracy and politics as such.
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jeudi, juillet 02, 2020

JD Michel : un peu de sang-froid dans un monde de fous

Covid-19 et évolution du virus, ce qu'on peut dire fin juin 2020

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Viendra bien un jour où il faudra posément reprendre et analyser l'hallucination collective qui prévaut dans le gestion de cette épidémie comme nous en avons connues tant d'autres. Mais le temps de la raison n'a pas l'air de commencer à vouloir pointer le but de son nez ...
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mercredi, juillet 01, 2020

Le drame de 1940 (A. Beaufre)

André Beaufre (1902-1973) est un général intellectuel, un penseur militaire. Il est l'auteur d'un traité de stratégie. Mais il lui manque le petit plus de caractère qui fait les grands chefs, le grain de folie qui fait les visionnaires, le non-conformisme qui fait les créateurs : giraudiste plutôt que gaulliste (mais Résistant quand même), avec De Lattre plutôt qu'avec Leclerc, IVème république plutôt que Vème.

En 1961, il est écarté du poste de chef d'état-major, pour lequel il était pressenti, par De Gaulle qui le trouve trop atlantiste. Bref, ce n'est pas Leclerc. Le préfacier peint d'ailleurs un portrait au vitriol de l'auteur, ce qui est assez inhabituel.

Ces préliminaires étant posés, son témoignage est passionnant. Il était capitaine en 1940, adjoint de Doumenc, le major-général de l'armée française. Un général très dynamique, inventif, un organisateur né, au fait des techniques. La Voie Sacrée en 1916, c'est une idée et une organisation de Doumenc. La victoire de 1918 doit beaucoup à la logistique de Doumenc (chaque offensive française était alimentée par 5 ou 6 « voies sacrées », permettant, enfin, aux mouvements des armées de s'affranchir des voies ferrées).

Doumenc est aussi le premier à avoir proposé le concept de division blindée, avec une composition très proche de ce que sera la réalité.

Beaufre est donc bien placé pour témoigner.

Les deux mamelles du désastre

Beaufre examine plusieurs causes au désastre de 1940, mais il les résume en deux principales :

♘ La très grande cohérence allemande entre la tactique, la stratégie et la politique. Beaufre a lu Mein Kampf. Il comprend mieux le génie maléfique d'Hitler que beaucoup d'historiens de 2020.

Les Français étaient loin de la cohérence germanique. Comme dit Audiard dans Un taxi pour Tobrouk : « Si vous n'aimez pas la guerre, pourquoi signez vous des alliances avec des pays qui sont en guerre tous les vingt ans ? ». Foch et Clemenceau avaient élaboré un réseau d'alliances et de garanties, qui formait un tout, qu'Hitler a patiemment détricoté sans opposition française.

Nous nous sommes donc retrouvés seuls (la contribution terrestre anglaise était quasi négligeable) avec une armée qui était incapable d'affronter seule l'Allemagne. Au contraire des Allemands, nous étions incohérents.

♘ La médiocrité du haut commandement français. Gamelin et Weygand étaient les seconds de Joffre et de Foch et on les a nommés au poste suprême dans la croyance magique qu'ils apporteraient avec eux le secret de la victoire de leurs anciens chefs. Mais ils n'étaient que des seconds et ils se sont comporté comme des seconds.

Beaufre est encore plus sévère avec Pétain, dont l'influence écrasante a formé l'armée de la déroute : « Un esprit étroit incapable de sortir de l'hexagone ».

En attendant l'orage

Muté à Paris en 1925, Beaufre découvre un état-major entièrement défensif, non seulement vis-à-vis des Allemands, mais aussi vis-à-vis du ministère des finances, du parlement, du ministre, de l'administration etc. L'obsession générale est le papier bien rédigé, la note de synthèse impeccable, qui dissimule le but véritable : décider le moins possible.

Il trouve Pétain à la fois borné et hypocrite. Il explique que cette connaissance personnelle du grand homme ne sera pas pour rien dans son passage sans état d'âme à la Résistance.

Cette armée apathique est celle d'un pays divisé contre lui-même. Les institutions empêchent la stabilité. La mauvaise qualité des hommes politiques ne laisse aucune chance à l'émergence d'un sauveur.

Beaufre, en tant qu'adjoint de Doumenc, fait partie de la délégation de négociation d'un accord franco-anglo-soviétique à l'été 1939. Cette négociation vitale (c'était vraiment une question de vie ou de mort de mettre l'URSS de notre côté) est plombée par l'illusion (savamment entretenue par Hitler) de certains anti-communistes, notamment anglais, que l'on pourra jeter l'une contre l'autre l'Allemagne et l'URSS et que la France et l'Angleterre tireront les marrons du feu, ni vu ni connu j't'embrouille. Ce machiavélisme à la petite semaine sous-estime gravement Hitler et Staline.

Vous connaissez la suite : le pacte germano-soviétique. La France  se retrouve quasiment seule face à l'Allemagne hitlérienne aux mains libres. Comme trop souvent depuis 1918, L'Angleterre a joué un rôle très funeste dans le destin de la France (sans les excuser, il ne faut pas oublier ce point pour comprendre l'anglophobie des Pétain, Weygand, Darlan et consorts. C'est une preuve de l'intelligence de De Gaulle d'avoir mis son mouchoir par là dessus).

On discute souvent de la question « En juin 1940, fallait-il demander l'armistice ou continuer la guerre en Afrique du Nord ? ». Mais, dans un monde idéal, c'est dès 1939, suite à l'échec des discussions avec les Soviétiques, qu'il aurait fallu étudier les plans de ce grand déménagement. Bien sûr, cette réflexion est anachronique de ma part, mais c'est le propre des très grands chefs que d'avoir ce genre d'intuitions. Nous n'en avions pas, ni grands chefs, ni intuitions.

L'autre « solution » pour ne pas faire exactement ce qu'Hitler voulait aurait été de ne pas déclarer la guerre à l'Allemagne à propos de la Pologne. C'est ce que soutient Peter Hitchens. C'était aussi l'argument du procès de Riom. Crétin. Ca témoigne d'une incompréhension totale de la stratégie hitlérienne : si certains naïfs, comme William Shirer, ont pu croire qu'Hitler a été surpris par notre déclaration de guerre, cela prouve juste le talent de comédien de tonton Adolf.

Hitler la voulait, cette guerre, et à ce moment là. Adam Tooze explique très bien pourquoi. Il se serait démerdé pour nous la déclarer d'une manière ou d'une autre.

Beaufre ne tombe pas dans cette erreur. Il comprend que la guerre est impossible à éviter dès lors que le pacte germano-soviétique est rendu public.

La drôle de guerre

A notre stratégie défensive (étrangler l'Allemagne par le blocus), correspond concrètement une inaction déprimante : puisque le temps joue pour nous, il ne faut rien faire qui provoquerait l'ennemi à passer à l'action. Le seul résultat, c'est que le moral de nos troupes, déjà pas bien haut, s'effondre.

Encore une fois, Beaufre décrit un Gamelin mettant toute son intelligence à ne pas décider (Gamelin caresse ses mains l'une sur l'autre comme Mitterrand). Le malaise à Vincennes est profond. Au point que deux aides de camp audacieux ont glissé au général en chef une note sur le thème « Ne pas décider engage autant l'avenir que décider ».

Les politiciens sont bien conscients du problème Gamelin, mais Gamelin est l'homme de Daladier et les radicaux sont indispensables pour constituer une majorité, donc, eux aussi décident de ne pas décider.

Nous avons si peu décidé que même le temps, censé jouer pour nous, a favorisé l'Allemagne. Comme nous avons fait des plans mirifiques d'armement, nous éprouvons beaucoup de mal à mettre en route les mammouths industriels qui en résultent et les usines allemandes produisent plus d'armes que nous.

Avant même que le combat s'engage, nous avons déjà quasiment perdu.

Dans l'épreuve

A propos des événements de Norvège (Narvik et compagnie), Beaufre a un commentaire qui me frappe par son évidence mais que je n'avais jamais lu : la nullité des forces franco-anglaises a rassuré Hitler juste avant qu'il lance son offensive de printemps.

Citons : « On constate déjà les faiblesses qui nous serons fatales : manque de matériel moderne [il pense aux radios, par exemple], de DCA, influence morale décisive des bombardements aériens [Marc Bloch, qui n'est pas soupçonnable de lâcheté, écrit qu'on se sentait personnellement visé par les Stukas], passivité de la troupe, cependant d'élite, commandement sans résolution. A la première épreuve, notre système militaire apparaît terriblement démodé ». 

Une fois l'offensive allemande lancée, Beaufre écrit ce que nous a déjà raconté Marc Bloch : après 9 mois d'inertie, les généraux dépassés par la rapidité de l'offensive allemande se réfugient dans la procédure, le « beau papier », puis tombent dans l'apathie et dans la dépression. Et dans le défaitisme.

C'est Beaufre qui nous livre la scène reprise par tous les historiens : dans la nuit du 13 mai (après le passage de la Meuse à Sedan par les Allemands), l'énergique Doumenc débarque chez Georges, commandant le front nord-est, et trouve celui-ci en train de sangloter dans un fauteuil du QG aux allures de sépulcre. Il le secoue, il lui remonte le moral et ils imaginent ensemble une contre-attaque ... que Georges n'exécutera pas.

Re-belote le 15 mai au soir, Gamelin suggère (c'est bien dans ses manières de « suggérer ». On imagine Bonaparte « suggérant ») un plan de contre-attaque mais ne donne pas suite.

Citons encore une fois Beaufre : « Le 13 mai au soir, l'armée française est pratiquement intacte. Mais, déjà, le commandement a vu son moral brisé. Il ne le retrouvera plus jusqu'à la fin ». Trois jours ont suffi à briser le moral du commandement de l'armée française : quel commandement est-ce là ?

Dès le 16 mai, il est évident que la bataille est perdue en métropole. Prépare-t-on la suite de la guerre ? Non, on pense à rendre les armes.

Weygand

Beaufre est un admirateur de Weygand, beaucoup plus énergique que Gamelin,  mais pour quel résultat ?

Bizarrement, Beaufre pense que Weygand avait raison de masser toutes ses forces sur la Somme en un rideau défensif (on a de sérieuses raisons de penser que c'était une manière de rendre la défaite irréversible).

J'écris « bizarrement » car Beaufre ne peut ignorer quand il écrit en 1961 que les expériences ultérieures ont montré que ce qui fonctionne contre les chars, c'est plutôt la défense en profondeur (bon d'accord, Koursk était un terrain très préparé).

En revanche, je laisse le bénéfice du doute à Beaufre sur un point : on sait aujourd'hui que la situation logistique des armées allemandes était très tendue à la mi-juin. Comme en 1914, la rapidité foudroyante de leur avance met les Allemands dans une situation vulnérable (ils auront le même problème dans les plaines russes : les Américains sont bien meilleurs dans ce domaine, même si Patton est tombé en panne sèche fin 1944).

Le défaitisme comme seule issue d'une impasse intellectuelle et morale

Beaufre décrit son propre désarroi face à des événements qu'il a pourtant mieux anticipés que d'autres. L'avalanche quotidienne de mauvaises nouvelles a un effet d'assommoir (qui use Paul Reynaud par exemple). On sent encore mieux l'intelligence de Charles De Gaulle, qui se dit qu'il faut prendre de la distance physique  pour retrouver les idées claires.

Le commandement est absolument incapable de reprendre la main, il subit les événements. Weygand, déjà résigné à la défaite quand il prend son poste, n'est pas meilleur que Gamelin.

Les Français ont fait des sacrifices réels, dignes de leurs ainés (60 000 morts militaires en 6 semaines), mais sans stratégie, sans coordination, sans ligne directrice. De résistance acharnée en résistance acharnée, tel bataillon a retenu les Allemands quelques heures, telle division une journée. Pour quoi ? Pour presque rien, puisque ce n'était pas au service d'une vision d'ensemble non-défaitiste.

Bien sûr, l'idée non-défaitiste évidente, c'était le repli en Afrique du Nord, mais Pétain et Weygand ont décrété que ce n'était ni faisable ni souhaitable et aucun politicien n'a eu les couilles de contredire ces deux vielles badernes.

La défaite de 1940 est une défaite du manque d'intelligence et du manque de courage, c'est pourquoi elle fait encore si mal. Nous avons été moins intelligents que les Allemands et nous avons rendu les armes avant d'avoir tout essayé.

Beaufre pense que, pour nous remettre de ce traumatisme, il aurait fallu que nous aplatissions les Allemands aussi violemment qu'ils nous avaient aplatis, ce qui n'a pas été possible puisque le boulot a été fait par les Russes et par les Américains.

Conclusion

En bon giraudiste, Beaufre ne comprend rien au gaullisme.

Il pense que la défaite était impossible à éviter en 1939-1940 (sauf si nous avions eu un général qui profitant en septembre 1939 que les Allemands étaient occupés en Pologne). Il ne comprend pas les forceurs de destin comme Jeanne d'Arc, Napoléon ou De Gaulle.

Il ne s'étend pas sur la question de l'armistice, pourtant intéressante : pourquoi la France est-elle le seul pays vaincu à avoir conclu un armistice avec les Allemands ?

On en revient aux réserves du préfacier.


Mais je suis d'accord avec lui que la guerre a été véritablement perdue en mars 1936, quand la France a laissé remilitariser le Rhénanie sans réagir. A partir de là, Hitler avait le feu vert pour détricoter notre système d'alliances, ce qu'il a su faire avec son talent maléfique.

Beaufre conclut que c'est la qualité de sa classe dirigeante qui sauve un pays. Je ne m'étendrai pas trop sur les noires réflexions pour la France de 2020 que cette pensée m'inspire.

En politique, c'est l'ennemi qui nous définit. Si on nous dit : « Tu es mon ennemi et je vais te tuer (ou te réduire en esclavage) », ce ne sert à rien de répondre « No war, please. I am a pacifist ». Et un pays est toujours menacé. S'il ne l'est pas, au moindre signe de faiblesse, il le sera.

Vu les flèches qui nous dirigent, on n'a pas fini de rire. Mais avec beaucoup d'humour noir.

Leur humanisme

La chloroquine, ce remède dont personne ne veut

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Aucun corps de métier n'a plus échoué que les médias lors de l'épidémie de Coronavirus - et cela inclut les pouvoirs publics. Il suffit de voir les titres du début d'année pour le comprendre. Mais le plus étrange est de voir tout ces gens, principalement à gauche, pris d'une joie sauvage lors de la moindre nouvelle qui pourrait mettre en doute l'efficacité de la molécule. Il suffit de lire les commentaires des articles, les éditoriaux, les qualificatifs venimeux employés par les journalistes ... Leur haine semble sans limite.

C'est comme si ces gens se réjouissaient que l'Humanité ne dispose pas d'un remède contre la Covid-19.

La chloroquine semble être un remède efficace, peu coûteux, facile à produire et accessible au plus grand nombre, en particulier pour les populations des pays pauvres. Et ceux qui prétendent s'inquiéter le plus de ces gens-là prennent l'existence de ce médicament comme une mauvaise nouvelle ? À l'épreuve des faits, leur humanisme est impossible à distinguer de la pure hypocrisie. Il n'y a pas plus vendu aux intérêts particuliers que ceux qui brandissent comme un étendard leur prétendu engagement pour le bien commun.

La chloroquine semble pour l'instant un des meilleurs traitements dont nous disposons contre le coronavirus. Et donc personne n'en veut, sauf les malades.

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lundi, juin 29, 2020

Parisiens, bonsaïs humains.


Enfin une bonne nouvelle :

Seule contre tous

Municipales : le suicide français continue.

Avec les élections municipales, le suicide français continue :

1) Forte abstention qui laisse le pouvoir aux minorités les plus folles.

2) Urbains totalement azimuthés et de moins en moins français (vous connaissez ma thèse : la vie moderne rend fou, littéralement) qui votent pour ce que l'anti-France a de plus méchant, de plus sectaire et de plus dangereux.

Faut-il en être surpris ? Bien sûr que non. Si vous l'êtes, c'est que vous n'avez pas compris l'ampleur de la maladie mentale qui frappe la France.

Faut-il s'en lamenter ? Même pas. Nous savons que nous avons un long combat devant nous. Ca ne sert à rien de se lamenter aprèd chaque folie qui confirme notre analyse. Bien sûr, nous préférerions avoir tort et que les nouvelles fussent, mais c'est ainsi meilleures.

Et puis, pour ceux qui auraient besoin de se remonter le moral, on peut voir un élément positif dans l'abstention : les Français ne sont plus dupes de cette comédie faussement démocratique.

Ca ouvre la porte à quelques solutions radicales qui ne sont pas toutes bonnes (thèse Houellebecq : les Français laissent un islamiste prendre le pouvoir pour remettre de l'ordre dans le bordel). Mais la France peut aussi avoir de la chance et tomber sur un De Gaulle.

Heureusement pour le Système que les militaires de 2020 sont des couilles molles, sinon le coup d'Etat ne faisait pas un pli. Mais, les militaires étant ce qu'ils sont, Macron peut dormir sur ses deux oreilles (et la queue).

dimanche, juin 28, 2020

L'ombre de Staline

Film sur l'Holodomor et Gareth Jones, le courageux journaliste qui l'a dénoncé. Aussi, un portrait de Walter Duranty, le journaliste du New York Times corrompu par le gauchisme et qui a menti comme un arracheur de dents pour son idéologie (rien de nouveau sous le soleil).

Puisque le temps des massacres revient (je ne sais pas encore si les noirs vont massacrer les blancs ou l'inverse, mais il y a de ça dans l'air), mieux vaut s'informer.


vendredi, juin 26, 2020

Conservateurs contre progressistes : un faux combat qui mène toujours à la victoire des progressistes ?

Cette vidéo fait écho à mes préoccupations. Je sens que le combat conservateurs contre progressistes ne peut que tourner à l'avantage des progressistes, que le terrain est mal choisi, que, si nous voulons vraiment vaincre (pour certains, j'en doute), il faut se décaler, changer de terrain.

Cet entretien met des mots sur mon doute :

jeudi, juin 25, 2020

Citation du jour

« Voltaire se brise sur Jeanne d'Arc ».

Victor Hugo

L'enjeu de la campagne anti-Raoult

Cet article :

Confinement ou traitement ? (2) Posté le 24 juin 2020 par Gérard Maudrux

situe l'enjeu de la campagne anti-Raoult : les mesures gouvernementales (« Un Doliprane et au lit ») ont aggravé l'épidémie de COVID. Si on avait laissé les généralistes libres de prescrire, on s'en serait mieux sorti.

Donc, il est hors de question que Raoult ait eu raison puisque, dans ce cas, la prison se rapproche dangereusement pour certains. Il faut absolument que les salopards à la Salomon-Véran puissent dire qu'il y avait un doute.

De plus, Raoult a enfin attaqué dans le dur : la corruption systémique, dénoncée aussi par JD Michel. On notera que les députés ont fait la sourde oreille.

Il est donc compréhensible que, pour eux, il soit l'homme à abattre.

Et pour nous, l'homme à défendre.

Campagne anti-Raoult : c'est beau le journalisme déontologique en action

Dans une pub de l'Express ce matin :



Bien entendu, chers amis habitués du journalisme « moderne », vous sentez la poloche, vous connaissez la technique occultation/exaltation. Jamais l'Express n'a fait d'article aussi pinailleur sur Gilead et les conflits d'intérêt au gouvernement et dans la bureaucratie de la santé. L'Express défend le Système.

Jean-Yves Le Gallou démontre toutes les semaines que le « fact checking » (cet horrible anglicisme suffit, au fond, à juger ceux qui l'emploient) est un instrument de manipulation.

Soyons clairs : l'Express fait campagne contre Raoult. Après, chacun jugera les raison qu'il a pour agir ainsi.

Mais, c'est un plaisir de voir que Raoult ne se laisse pas faire. Par contre, dans la classe dirigeante, il est très seul : c'est toujours le même problème, elle se fout des Français, elle se fout des résultats, la seule chose qui l'intéresse est de se préserver et de préserver son pouvoir.

L'envie de pénal des roquets

 

 On sent toute la hargne des minables du Système contre quelqu'un qui, quels que soient ses défauts, leur est supérieur. On sent aussi toute la hargne des causeurs contre les faiseurs.

Ne vous y trompez pas : ils sont ridicules, risibles, mais comme pouvaient l'être les grandiloquences de Robespierre et de Fouquier-Tinville, ils sont de la même race, celle des bourreaux et des tricoteuses de guillotine. Ils en ont la haine vigilante et exterminatrice, qui ne laisse rien passer, qui ne pardonne rien, qui ne trouve jamais de circonstances atténuantes.

Et ce qui m'inquiète, c'est qu'ils tiennent le haut du pavé (pas par hasard s'il y a en tête une journaliste du Figaro). Ne vous faites aucune illusion : s'ils en ont l'occasion, ils ne ne nous rateront pas.