dimanche, juillet 21, 2019

L'oeuvre sans auteur

Je ne comprends pas pourquoi ce film de 3h a été coupé en deux parties. C'est maladroit. Les spectateurs auraient très bien supporté de voir ce film d'une seule traite.

Sinon, vraiment très bien. Le méchant nazi est un pouième caricatural, puisqu'il pratique l'eugénisme jusque dans sa propre famille. Mais il est très intelligent. Ce film montre aussi la terreur qu'est un médecin sans conscience (les jeunes médecins d'aujourd'hui me terrifient : ce sont des petites bourgeoises, travailleuses et cupides, qui font carrière, sans culture, sans imagination, bref sans humanité. Dans 20 ans, elles n'auront aucun scrupule à m'euthanasier, avec les meilleures raisons du monde, pleines de compassion, bien entendu).

Les autres personnages sont attachants. On tombe évidemment amoureux de Paula Beer. Le personnage de la mère aurait peut-être mérité un développement.

Par le réalisateur de La vie des autres, c'est aussi original. Il y est question de nazisme, de communisme, d'art contemporain.

Je me permets de citer le Figaro : « Donnersmarck réussit le pari subtil de concilier un mélodrame grand public avec une réflexion très personnelle sur l’art et l’histoire ».

Et aussi l'euthanasie nazie et l'avortement. Ce qui fait bizarre juste après l'affaire Vincent Lambert et alors qu'on nous serine matin, midi et soir que l'avortement est le premier droit de la femme, celui qui surpasse tous les autres, le plus intouchable.

La fin est ... Vous verrez bien.

samedi, juillet 20, 2019

Notre société m'épouvante



Il faut encore débattre autour du cas de Vincent Lambert

L’agenda politique derrière l’affaire Lambert (suite)

par François Martin - 20 juillet 2019


Mon dernier article a suscité de nombreux commentaires, beaucoup de bonne qualité. Cela prouve que lorsqu’on n’a pas peur de développer clairement une argumentation, plutôt que de chercher à tout prix un consensus mou pour ne déplaire à personne, on a des réponses qui ne sont pas forcément d’accord, mais qui sont au moins, en général, respectueuses et argumentées.

Je voudrais revenir sur certains points de mon article, pour tenter d’être plus clair encore dans ma démonstration. Ma thèse est que la plupart des arguments que l’on cherche à développer, ou à faire développer, dans la presse et ailleurs, sont des fausses pistes, susceptibles de nous égarer par rapport à un agenda politique qui me semble, à moi, manifeste, mais qu’il est important, pour ceux qui tirent les ficelles, de masquer. A ce titre, je préfère qu’on me traite de complotiste plutôt que de naïf. D’ailleurs, les complots étant dans la nature des élites politiques, je crains même que l’accusation, si répandue aujourd’hui, de complotisme, n’ait été créée, bien souvent, que pour faire accuser ceux qui dévoilent les véritables complots… Lorsque l’on entend cela ressassé à longueur de journée, dans la presse en particulier, les grands Bob et Carl doivent se demander à quoi ils ont servi, et ce qu’est devenue leur profession. Parce que si la presse politique n’est pas là pour trouver les raisons cachées et les manipulations derrière les déclarations lénifiantes (ce que l’on appelle précisément les complots), c’est qu’elle est devenue la Pravda. Mais passons…

D’abord, l’idée comme quoi il faut « respecter » la mort et la douleur des familles, et par conséquent se garder de trop médiatiser sur ce sujet. C’est vrai, mais en même temps, les forces manipulatrices sont actives en permanence pour atteindre leurs objectifs. Lorsque certains écrivent qu’il s’agit d’un « crime d’Etat », rien ne permet de dire qu’ils doivent « respecter l’intimité et la douleur des proches », ni qu’ils ont a priori tort de le dire, ni qu’ils ont tort sur le fond, ni qu’ils sont excessifs. Rien ne devrait permettre de leur en faire le reproche, du moment que l’accusation est argumentée, car la politique ne s’arrête jamais. Le système médiatique moderne est ainsi fait que si l’on ne parle pas des affaires à chaud, personne ne s’y intéresse. Il n’y a rien d’indécent à vouloir dénoncer l’injustice qui est faite, si c’est le cas, à froid et aussi à chaud.

Ensuite, l’idée comme quoi les choses sont trop « complexes » pour que l’on puisse prendre une position relativement simple, qui sera facilement, là aussi, décrite comme inhumaine ou même indécente. Je crois que c’est encore un leurre. La politique ne peut pas, sous ce prétexte, ne pas vouloir fixer des règles générales, mais traiter seulement des cas particuliers, parce que les choses sont trop « complexes ». Affirmer cela, c’est justement contribuer à « noyer le poisson » et faire le jeu des manipulateurs. On peut être certains, à ce titre, que derrière les cas particuliers, ceux qui veulent à tout prix, comme le précise Jean-Philippe Hubsch, le Grand Maître du Grand Orient de France, « faire évoluer notre droit pour permettre enfin le libre choix de la fin de vie dans le strict respect des appréciations et des conceptions métaphysiques de chacun » sauront faire en sorte que le « libre choix de la fin de vie » aille toujours dans le même sens, celui de la mort plutôt que celui du maintien en vie, même lorsque le grabataire n’est pas en fin de vie. Il n’est besoin que de voir l’acharnement dont ils ont fait preuve pendant des années pour faire passer Vincent Lambert de vie à trépas, alors qu’il était si facile de le transférer dans l’une des multiples entités qui étaient prêtes à le recevoir, pour s’en convaincre.

L’argument de la dépendance me semble également un leurre. Certains se sont offusqués du fait que, dans mon article, j’ai comparé la dépendance de Vincent Lambert et celle des nouveaux-nés. Ce que j’ai voulu dire, c’est que ce n’est pas la dépendance elle-même qui pose problème. Ceux qui s’offusquent de la dépendance font à mon avis un contresens. Ce n’est pas de la dépendance elle-même dont ils parlent, mais du sentiment qu’ils ressentent eux-mêmes et qu’ils présupposent chez le dépendant comme quoi la dépendance lui est insupportable, alors que c’est un sentiment subjectif : certains grands dépressifs se sentent totalement emprisonnées par la vie, alors qu’ils sont, objectivement, absolument libres, d’autres peuvent se sentir libres, même s’ils sont physiquement dépendants ou enfermés. Saint Jean de la Croix disait que c’est à l’extérieur de la clôture du monastère qu’il se sentait en prison, et à l’intérieur qu’il se sentait libre. Ma mère, personne très active et pleine de vie, a terminé sa vie, suite à un AVC, pratiquement grabataire, pouvant à peine se nourrir toute seule. Or la moindre chose, une fleur, une brise, une parole, un sourire, un bisou, la rendait heureuse. Jamais elle n’a donné l’impression de souffrir de son état, alors qu’elle passait bien des heures à « regarder le plafond ». On ne peut donc pas plaquer sur une personne dépendante son propre sentiment. Evidemment, la dépendance fait peur, surtout lorsqu’on est bien portant. Mais personne ne peut savoir ce qu’il ressentira si un jour, cela lui arrive.

Dans cette même perspective, la notion de Directive Anticipée (DA) est une autre fausse piste, créée évidemment pour pousser les personnes, mues par la peur, et c’est bien compréhensible, à dire qu’ils voudront, le moment venu, qu’on « abrège leurs souffrances » s’ils deviennent un jour dépendants, et sûrement pas le contraire. Mais personne ne sait en réalité si, le moment venu, ils souffriront ou non, ni s’ils voudront vraiment mourir. Par contre, on peut faire confiance à ceux qui ont fait inscrire cette disposition dans la loi pour influencer la pratique afin que ces personnes soient « débranchées » rapidement si elles ont édicté leurs DA. On ne cherchera pas, à cette occasion, à savoir « à tout prix » si elles ne souhaiteraient finalement pas, au fond, conserver la vie. Là aussi, voyons comme on s’est prévalu de prétendues volontés de Vincent Lambert pour lui appliquer le protocole fatal, alors qu’il n’avait même pas donné de DA formelle. A-t-on appliqué, dans ce cas, le « principe de précaution » ? A fortiori, les auteurs de DA seront évidemment les premiers condamnés.

A lire aussi : Affaire Vincent Lambert: « On ne supporte plus la mort, on ne supporte plus la souffrance » La question de la conscience est aussi très ambiguë, piégeuse et dangereuse. En effet, il est clair, malgré les expériences effectuées sur les malades pour déterminer les différences, parfois infimes, entre les sortes de consciences « végétatives » ou « pauci-relationnelles », qu’il est pratiquement impossible de déterminer le degré véritable de conscience d’un grand handicapé cérébral. Et puis, le fait que le malade ne puisse pas communiquer ne veut pas dire qu’il n’a pas de conscience, au sens où il ne ressentirait pas les situations et les émotions. En vérité, on voit bien où ces investigations veulent nous emmener : ce qu’elles cherchent, là encore, c’est à créer de la complexité, de façon à nous faire perdre une vision simple des choses. Autrefois, tant que l’électroencéphalogramme n’était pas plat, tant que le malade n’était pas en état de mort cérébrale, on considérait que si son cerveau était actif, il était présumé pouvoir penser, et donc constituer un être humain vivant, et comme tel à respecter. Désormais, on va tenter, et de plus en plus, de nous faire croire que ses réponses, même si, comme le faisait Vincent Lambert, il répond aux sollicitations, tourne la tête au vu des personnes, pleure, ou gémit lorsqu’il a mal, ne sont que purs réflexes, et donc qu’il n’est plus à proprement parler un être humain, mais seulement un corps qui réagit. Jusqu’où pourrait-on aller dans cette direction ? Qu’en sera-t-il si, à une salutation, il répond, par exemple, « bonjour » ? Cela ne serait-t-il donc qu’un « réflexe », et non le fait d’une véritable conscience ? On voit bien où l’on nous emmène, et toujours dans le même sens : jamais dans la direction où le choix, dans le doute, serait de choisir qu’il vive, mais toujours qu’il faudra qu’il meure.

Michel Houellebecq a pris position

Enfin, la dernière des fausses pistes consiste à nous faire perdre, par des « complexifications » comme celles que nous avons analysées ci-dessus, la différence entre fin de vie et handicap. Au nom de la dépendance, de la « non-conscience », de « souffrance » réelle ou présumée, de « directives anticipées » même si elles ne sont pas formulées explicitement par écrit (ce qui devrait être le minimum !), on va nous faire « assimiler » un handicap à une fin de vie, faire « comme si c’était pareil », et appliquer au pauvre handicapé, que la loi devrait protéger, un protocole de fin de vie même si comme Vincent Lambert, il vivait depuis 10 ans avec une simple sonde gastrique, un instrument bien peu complexe inventé depuis 1846. En réalité, en théorie, il est simple et structurant de vérifier si la personne est ou non en fin de vie. Dans le premier cas, il faut l’accompagner, dans le deuxième, la protéger et la soigner. On a bien vu, à l’occasion de l’affaire Lambert, comment l’on avait tout fait pour nous faire confondre les deux choses, jusqu’à décider d’appliquer, de façon honteuse, une euthanasie par la faim et la soif à un patient handicapé pas du tout en fin de vie. Et qu’on ne dise pas que la « sédation profonde » (une autre fausse piste !) est susceptible de résoudre le problème : si un patient est un être humain, et pas en fin de vie, ce n’est pas le fait qu’on l’endorme qui donne plus le droit de l’euthanasier.

Et je n’ai même pas abordé d’autres questions pièges, comme celle de la souffrance, ou celle de la « dignité »…. Ce n’est pas vraiment nécessaire. Les clefs véritables de cette tragique affaire ont été données par deux articles remarquables :

L’un est celui de Michel Houellebecq, « Vincent Lambert, mort pour l’exemple », paru dans Le Monde du 12 juillet. Avec une grande concision, Michel Houellebecq montre qu’il n’est nullement dupe des « fausses pistes ». Il traite même, en quelques mots, la question de la souffrance, en expliquant qu’elle est souvent physique, et qu’elle est alors traitable, supprimant du coup la plupart du temps la souffrance morale. Il remarque surtout que c’est la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, qui a demandé le pourvoi en cassation, alors même que le président Macron avait déclaré vouloir rester en dehors de l’affaire. En agissant ainsi, la ministre savait qu’elle condamnait Vincent Lambert, car elle connaissait évidemment à l’avance ce que serait l’avis de la Cour. Pourquoi l’a-t-elle fait ? Parce que les forces pro-euthanasiques sont très puissantes dans notre pays, et que la révision, à l’automne prochain, des lois dites « bioéthiques » (alors qu’elles devraient être purement « biologiques », pas mort = vivant = être humain = respect de son corps et de sa vie) sera évidemment l’occasion, « souffrance » de Vincent Lambert aidant, d’introduire dans le processus de « fin de vie » des dispositions plus spécifiquement « actives » que le simple arrêt des soins. L’objectif ultime étant l’euthanasie, encore et toujours, on peut leur faire confiance pour pousser, autant qu’il sera possible, dans ce sens.

L’autre est l’article de Jean-Marie Le Méné, « Pour l’Etat, tuer Vincent Lambert était un devoir », dans Valeurs Actuelles du 11 juillet. Avec l’attendu de l’arrêt de la Cour prononcé par le Procureur François Molins, « consacrer le droit à la vie comme une liberté à “valeur suprême” aurait aussi pour conséquence immédiate la remise en question de la loi dite Leonetti en faveur des malades et des personnes en fin de vie ou encore celle relative à l’interruption volontaire de grossesse », l’auteur dévoile la vraie raison idéologique : ce n’est plus la considération sur ce qu’est la vie humaine ni sa protection qui est l’important, mais le fait de sécuriser les dispositions concernant l’IVG d’une part et l’euthanasie d’autre part (c’est-à-dire, dans les deux cas, le pouvoir de certains hommes sur la vie des autres), contre toute remise en cause. Eh oui, nous en sommes là. C’est à proprement parler la société eugénique que l’on veut construire. En filigrane, on comprend aussi que l’exigence, dans un pays de plus en plus vieillissant, de se donner des moyens idéologiques, juridiques et médicaux pour éliminer les malades et les « vieux », alors même qu’on ne souhaite nullement remédier aux carences de notre natalité, est aussi un besoin économique essentiel.

De grâce, ne nous laissons pas embarquer dans les fausses directions et les traquenards du « jeu de l’oie » bioéthique, que l’on nous complique à loisir. Eux voient clair, pourquoi pas nous ?





Entre la naïveté et le prétendu complotisme, sachons au moins choisir.

jeudi, juillet 18, 2019

Quand une femme est d'accord avec vous, faut laisser faire ...

Visiblement, je ne suis pas le seul à penser que la pseudo-affaire de Rugy est une diversion :

Le massacre de Notre Dame de Paris va pouvoir commencer.

Flèche de Notre-Dame: l’idée d’un « geste architectural contemporain » pas écartée.

La loi ad hoc étant passée, le massacre macroniste de Notre Dame de Paris va pouvoir commencer.

Je n'ai aucun doute sur la question puisqu'Emmanuel Macron est l'anti-France personnalisée, le Destructeur (c'est pourquoi il n'y a jamais aucune excuse pour voter pour lui. En particulier, la droite-portefeuille qui se prétend catholique est à vomir).

Mais voici comment je verrais les choses si on me laissait faire :

1) Reconstruction à l'identique dans le dernier état avant l'incendie.

2) Chantier transformé en attraction touristique sur 10 à 15 ans.

3) Une statue avec la tête de Macron (ça ne trahirait pas la tradition).

Je ne serais pas étonné qu'on ait quelque chose comme ça, remplaçant le culte catholique parle le culte de la Nature, dans le silence complice de nos très veules évêques :




Une fois de plus, les Français seront abandonnés. Dans la caste d'en haut, la peur de passer pour ringard est si prégnante (le chantage à la ringardise gagne à tous les coups) que les partisans de la reconstruction à l'identique sont et seront très minoritaires.

Evidemment, au chantage à la ringardise, il est très facile d'opposer la modestie vis-à-vis de nos ancêtres, le respect de l'héritage reçu et le bon goût, bref, l'intelligence, mais pour cela, il faudrait être ... modeste, respectueux, connaisseur, intelligent.

Ce ne sont pas précisément les qualités de notre classe dirigeante.


mercredi, juillet 17, 2019

La nouvelle féodalité (et les imbéciles qui croient aux sornettes qu'on leur raconte)



Comme Aldo, je suis frappé, non pas que des enculés oppriment les pauvres pour se goberger de homard et de Chateau Yquem, mais que, à cause de la fabrique du consentement, les pauvres donnent dans le panneau qui leur est tendu pour qu'ils adhèrent d'enthousiasme à leur propre spoliation.

On n'arrête pas le progrès, comme on dit. Malheureusement, c'est le progrès dans l'arnaque.



mardi, juillet 16, 2019

De Rugy : intoxication au homard (c'est plus classe qu'à la crevette)

Je moque parce que ces personnages sont risibles, mais cette affaire me laisse sur une profonde insatisfaction.

Les causes de la démission de Rugy sont superficielles (je suis bien certain que, dans tous les palais de la république, on fait de telles agapes. Et Macron a fait bien pire sans être inquiété).

On ne peut invoquer comme motifs politiques à cette démission que le manquement au devoir d'exemplarité et la collusion avec les journalistes et les lobbys. C'est grave mais pas exceptionnel.

J'aurais préféré des motifs plus spécifiquement politiques, comme son action ou son inaction dans son ministère. Ou tant qu'à s'intéresser à des choses très générales, comme la vie à part et la collusion, qu'on réfléchisse à une perspective plus large.

Je persiste dans mon analyse : Plenel est, comme d'habitude, l'instrument d'une demi-contestation, d'une mise en cause personnelle qui ne va pas au fond des choses, complice du théâtre d'ombres d'une fausse démocratie.

On fait croire qu'il y a une vie démocratique en permettant les remises en cause et les attaques. Mais celles-ci sont toujours ad hominem et nullement critiques du système. Bref, elle participe de la mascarade de la fausse démocratie au lieu d'en dévoiler les mensonges.

Un ministre va être nommé pour remplacer de Rugy. Il ne sera ni meilleur ni pire, puisqu'il sortira du même moule, avec les mêmes idées et les mêmes pratiques. Rien n'aura vraiment changé, sauf le masque.

Merci Plenel !





lundi, juillet 15, 2019

Ce n'est que le début, la transgression balaie tout l'humain sur son passage.

Pris chez Bruno Bertez :



Cela vient à point nommé après l'assassinat de Vincent Lambert (analyse intéressante d'Ingrid Riocreux sur la complicité des journalistes et la préparation de la prochaine étape).

Vous connaissez mon opinion : nous vivons dans une société satanique, au vrai sens du terme.

C'est ce que ça veut dire, le vocabulaire ampoulé des connards, les cuistres subventionnés, « briser les codes, faire bouger les lignes », ça signifie « Je veux rendre hommage à l'assassin plutôt qu'à ses victimes, je veux appeler bien ce qui est mal, je veux rendre un culte au Mal, je veux vénérer Satan ».

Il n'y a pas à tourner autour du pot : cet état de fait (et Etat de fait, puisque l'Etat est l'instrument principal de ce culte satanique) est désespérant. Mais, quand on nomme les choses correctement, il est plus facile de trouver la solution.

En l'occurrence, la solution, c'est le Christ. Dans les textes sacrés et dans la tradition de l'Eglise, il y a toutes les réponses spirituelles, morales et philosophiques pour s'opposer à Satan.

dimanche, juillet 14, 2019

Un 14 juillet digne d'Emmanuel Macron

Les bons Français qui veulent voir le défilé sont repoussés par un bouclage digne du général Alcazar :



En revanche, un supporter algérien avec une tronçonneuse sur les Champs-Elysées, aucun problème.

Ce gouvernement était déshonoré avant même de parvenir au pouvoir, à cause de ses méthodes.

Désormais, la police l'est aussi.


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Ce délire de protection expose publiquement plusieurs problèmes :

1) L'idée pathologique que le protégé se fait de la valeur de sa personne.

2) Une profonde lâcheté. Rappelons que De Gaulle affrontait l'OAS avec quatre gardes du corps seulement ; que Henri IV avait refusé une protection supplémentaire au nom de ses devoirs. La lâcheté présidentielle manifeste un manquement gravissime à ses devoirs : le message est « Ma personne est plus précieuse que la disponibilité que je dois à mon peuple ».

3) Symétriquement à la surévaluation de la petite personne présidentielle, il y a un mépris cinglant du peuple, qui n'est plus considéré comme le souverain.

En résumé, un grand président préfère le risque d'un attentat au risque d'être coupé du peuple. Un petit président, c'est l'inverse. Nous n'apprenons rien : nous savons tous déjà depuis longtemps dans quelle catégorie se situe Emmanuel Macron.

Bien sûr, le fond du problème est, comme depuis que Macron est apparu sur la scène politique, la légitimité.

Quelle légitimité a un président français qui ne peut sortir de son bunker pour acheter une baguette sans être escorté par un porte-avions ? Evidemment, aucune.



samedi, juillet 13, 2019

Divertissons, divertissons ... Le homard amuse.

Nous sommes sur la même longueur d'onde.

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Si la question du politique reste cantonnée à la moralité de l'action politique et à l'optimisation de son coût, ne risque-t-on pas de désarmer les politiques face aux pouvoirs économiques ? Et d'encourager les pratiques politiques qui consiste à viser un poste après son mandat ?

Edouard Husson : J’ai pour ma part un reproche beaucoup plus important à faire à François de Rugy: il était président de l’Assemblée Nationale lorsqu’une commission d’enquête parlementaire a été mise en place sur Alexandre Benalla. Or les travaux de cette commission ont tourné court sur pression de l’Elysée - à la différence des travaux de la commission du Sénat. Pour le fonctionnement des institutions, c’est beaucoup plus grave.


Médiapart est d’ailleurs assez représentatif des limites des médias, même quand ils cherchent à ennuyer le pouvoir. En 2018, on sort des articles sur l’affaire Benalla. Puis en 2019, on lance une affaire « Rugy ». En 2020, il y en aura une autre. Et l’on cherchera à provoquer l’indignation des Français à chaque fois, sans parler de la seule chose qui devrait nous intéresser concernant des politiques : font-ils leur travail ... politique ?

Il y a un mélange de naïveté, d’ignorance et de lâcheté des médias concernant les relations entre la classe politique et le secteur privé : on va, pendant plusieurs jours ou plusieurs semaines, s’acharner sur François de Rugy pour son comportement personnel ; en revanche, personne n’enquête sérieusement sur les décisions d’Emmanuel Macron lorsqu’il a traité le dossier Alstom, à l’époque où il était ministre ; ni ne se demande quel est le plus grand désastre du dossier Renault-Nissan : les abus de Carlos Goshn ou l’action calamiteuse du même Emmanuel Macron lorsqu’il a voulu modifier les équilibres entre la participation de l’Etat et le reste de l’actionnariat de l’alliance Renault/Nissan.
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Je voudrais juste rappeler que, moi aussi, je suis apte aux plus hautes fonction politiques.






Le homard rugit

Soyons clairs : l'hystérie autour de l'affaire de Rugy prend des proportions ridicules. Nous perdons tout sens de la mesure.

Si on me demande quelle est la meilleure cave de France, j'hésite entre celle du restaurant la Tour d'Argent et celle de l'assemblée nationale. Il n'est donc pas étonnant que le président de cette dernière boive de d'excellentes bouteilles.

Le choquant de cette affaire est que les diners en question ne sont pas professionnels mais du réseautage personnel entre copains-coquins, politocards et journalopes. Et aussi cette attitude de parvenu méprisant, qui passe son temps à faire des leçons de morale tout en profitant à donf et sans guère de discrétion.

François de Rugy, l’arroseur arrosé

S'il y a un scandale de Rugy, c'est sa personne même et sa carrière : comment un type aussi minable et aussi dégoûtant peut-il occuper de hautes fonctions ?

Bref, nos politiciens et nos journalistes sont la lie de notre société. La belle nouvelle !

Il y a, en macronie, des scandales bien plus importants, ceux liés au bradage, sous toutes les formes, de la France et de son patrimoine, dont les journaux ne parlent pratiquement pas.

Bref, l'affaire de Rugy est une diversion de plus.

D'ailleurs, nous vivons dans un monde de diversions :

L’héroïsme de pacotille des nouvelles égéries progressistes



Ca permet d'éviter furtivement les vrais problèmes politiques :

Crise du logement: « Les métropoles sont devenues de véritables châteaux-forts »

Nous ne sommes pas loin de l'affaire de Rugy : le monde des gouvernants qui ignorent et méprisent le monde des gouvernés, c'est aussi le monde de ceux qui vivent dans des métropoles mondialisées inabordables pour le commun des mortels.

La solution fondamentale, c'est la fin de la mondialisation (et du pouvoir excessif des banques centrales qui va avec).

Je me console en me disant qu'en France, il y a eu des hommes de cette trempe :

Les grands essais du XXe siècle : Notre jeunesse, de Charles Péguy


Vous nous voyez marcher, nous sommes la piétaille.
Nous n’avançons jamais que d’un pas à la fois.
Mais vingt siècles de peuple et vingt siècles de rois,
Et toute leur séquelle et toute leur volaille

Et leurs chapeaux à plume avec leur valetaille
Ont appris ce que c’est que d’être familiers,
Et comme on peut marcher, les pieds dans ses souliers,
Vers un dernier carré le soir d’une bataille.

jeudi, juillet 11, 2019

De Rugy : quelle horreur !


On a évoqué le fait que François de Rugy mange ses homards avec du Chateau Yquem (ce que n'infirme pas la photo : la forme de la bouteille correspond).

Quelle erreur ! Quelle horreur !

Dévastation ! Effondrement de la voute céleste !

Donc, non seulement c'est un arriviste corrompu et profiteur (comme tous nos politiciens), mais, en plus, c'est un parvenu sans éducation, un bling-bling qui boit n'importe quoi pourvu que ça soit cher et aux frais des moutontribuables (comme la plupart de nos politocards).

Je ne serais pas surpris d'apprendre qu'ajoutant l'insulte à l'infamie, il a aspergé ses homards de ketchup.

Finalement, le plus énervant est que ces gens, sans morale, sans intelligence, sans goût et sans culture, qui sont la lie de notre pays, se permettent de nous prendre de haut.

Nota : le plus simple pour les homards en cette saison, c'est en salade, avec un Chablis ou un Chassagne Montrachet.




mercredi, juillet 10, 2019

Liberté (de parler, de penser, de vivre)

Un article qui s’applique fort bien à notre quotidien de la France de 2019 :

Freedom of Speech, under a Cloud

I have heard many inspiring lectures about the heroes of freedom of speech – great men like Thomas More, Vaclav Havel, George Orwell, and Alexander Solzhenitsyn.

After one such lecture, a questioner asked the speaker whether he thought we had similar problems today. “Well, yes, I think we do.”  With that, he stopped and said no more. A friend turned to me and said, “He dodged the question.” Of course, he had to. This speaker speaking about freedom of speech knew the topics he wasn’t allowed to speak about in the modern university.

Talking about freedom of speech at a conference in a modern university is like talking about the freedom of religion at a conference in the old Soviet Union. Many inspiring phrases may be uttered, but no one wants to point out the 300-pound gorilla in the room. We’re talking about a certain freedom as though we possessed it, when everyone present knows we don’t. And the fact that we can’t say openly that we lack the freedom is the most obvious evidence of its absence.
I don’t blame this lecturer.  He was an invited speaker giving at talk at someone else’s university.  Why make trouble, especially if the trouble would come down on the heads of others?  He would leave the next day. And what kind of mess would he be leaving behind for others to have to clean up?

But in his famous essay “The Power of the Powerless,” Czech writer and dissident Václav Havel uses the example of a greengrocer who refuses to put up a sign in his store window that says, “Workers of the world unite” as a model of a crucial form of resistance to ideological totalitarianism.  The state functionaries will punish this man, says Havel, not because they care about the workers of the world. They will punish him because of his refusal to show obedience to the reigning ideology. It is for this reason, says Havel, that ideology is a “specious way of relating to the world.”

Notice, however, that the anger expressed against this man is likely to come not only, and perhaps not primarily, from state authorities – but also from his neighbors, either those who are eager to show their solidarity with the ideological elites, or those who simply wish not to have “trouble.”  And so this one grocer who refuses to put up the required sign, the one who is “living the truth,” in Havel’s words, will be asked repeatedly, even by some of his closest friends and neighbors, “Why are you making trouble?”

I have no wish to compare the courage it would have taken to be this greengrocer in a communist country with the courage it would take to exist in a modern university.  The comparison I wish to make is between the greengrocer’s neighbors and the colleagues of that one person in the university who refuses to use the approved pronouns or the gender-neutral language according to which “she” must be referred to as “he,” “xe,” or “they.” Or of that one cranky colleague who says publicly that the “inclusion and diversity” training required by the administration is silly and a fraud.

We all know such people.  They are an irritant.  We might admire them, but they cause trouble.  We fear for them.  We want to protect them.  And yet, we want them not to make trouble for the rest of us who have resolved to “go along and get along.”




*

I can imagine the friends of Havel’s greengrocer asking him, “Is this really the hill you want to die on – this business with the sign about the workers? Look, we will sacrifice with you,” they will likely say, reasoning calmly, “but when the time is right; not on something silly like this.  Let’s wait for the right thing.” What the “right” thing would be is rarely clear.

How often are people like Havel’s greengrocer told by friends and confidants – sometimes sternly, usually under the pretense that the person scolding them is “caring for their welfare” – that they should “stop making trouble” or that their comments were “not helpful” and that it would be best to deal with these matters “quietly,” “in negotiations through the proper channels”?

If there is one touchingly naïve faith that you can guarantee will be shared by nearly all those associated with a bureaucratic system, it’s that petty injustices by those in power are best handled “quietly,” “behind the scenes,” despite repeated evidence that people in power have little patience or use for “dialogue.”

And what if Havel is right, that the power of the powerless must come from insisting on speaking the truth and living in the truth in numerous small ways every day? Perhaps we ourselves don’t have the courage, but if someone else does, what should be our response? All it takes for evil to dominate is for good people to do nothing.

Perhaps we must finally face up to the fact that the ones really “making trouble” are those who insist on forcing everyone to live a lie, and that we have the responsibility to protect the people with the courage to do what should be done. Will we choose to “live in the truth” or remain quislings?

Speaking of quislings, the major guilds of the academic disciplines – groups like the Modern Language Association, the American Philosophical Association, and the American Academy of Religion – have done their part to enforce the fads of the new linguistic fascists, but they have yet to do anything serious to bring about basic justice for adjunct faculty or to stem the tide of the corporatization of the academy, bloated bureaucracies, ever-increasing tuitions costs, and the ever-increasing use of non-tenure track faculty.

This makes them worthy of the sort of contempt with which we now view the bureaucracies of the former Eastern European communist governments. The sooner they are dissolved in favor of something like Poland’s Solidarity labor union, the better.
*Image: Václav Havel (1936-2011) waves to supporters in Prague in 1989. Havel, who had been jailed by the communists, led the “Velvet Revolution” and became the Czech Republic’s president in 1993. [Photo by Petar Kujundzic/Reuters]



Article sur une falsification, tenez vous bien, de la Bibliothèque Nationale :

 Si être au centre du cosmos avait été, pour la terre et les hommes qui la peuplaient, une gloire, cette gloire aurait dû encore augmenter au fur et à mesure qu’on s’approchait du centre de la terre elle-même. Or, sous la terre ne se trouvait pas le paradis, mais l’enfer. À l’extrême centre du monde : Satan. Une enluminure du XIIIe siècle, empruntée à un livre de Gossuin (ou Gautier) de Metz intitulé L’Image du monde, en offre une illustration spectaculaire. Au centre, la gueule du diable avale les damnés. Autour, viennent les quatre éléments qui constituent le monde terrestre – la terre (beige), l’eau (vert), l’air (bleu), le feu (orange) –, les orbes célestes (lune, soleil, planètes, étoiles), le séjour des anges, le tout coiffé par la figure du Christ.
Gossuin de Metz, L'Image du monde
Cette image a exposé les responsables de Chroniques, le magazine de la Bibliothèque nationale, dont le numéro avril-juillet met l’exposition « Le monde en sphères » en vedette, à un dilemme. D’un côté, l’image semblait trop belle pour ne pas être reproduite. D’un autre côté, un monde surmonté par la figure du Christ… il ne fallait pas y songer. Une solution fut trouvée : accorder à l’image une pleine page, en quatrième de couverture, mais la décaler vers le haut, afin de faire disparaître l’élément gênant. Il suffisait d’y penser ! Forclusion du Christ (qui pourtant donnait tout son sens à l’image à l’époque où elle fut réalisée). 
Chroniques.
Un tel procédé de falsification (il n’est nullement signalé, dans la légende, que l’enluminure présentée n’est pas complète), lamentable en toute circonstance, l’est particulièrement de la part d’une institution comme la Bibliothèque nationale qui, par essence, devrait respecter les sources au lieu de les bricoler pour complaire à l’esprit des temps.

Cela étant, il faut reconnaître aux éditeurs du magazine un mérite : en dénaturant de la sorte l’image médiévale, ils ont réussi à donner une image assez fidèle du monde contemporain. L’ange déchu et dévorateur est toujours là, et ce qui permettrait d’échapper à sa voracité est oublié.