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dimanche, juillet 13, 2008

EADS s'enfonce dans la crise

Thomas Enders, PDG d'Airbus a fait des déclarations tout en finesse :

Le patron de l'avionneur européen Airbus, Thomas Enders, a estimé que l'enquête sur les délits d'initiés présumés contre les dirigeants de EADS était un "procès joué à l'avance", lors d'un séminaire ce week-end, avant le Salon de Farnborough qui s'ouvre lundi.

"C'est un procès joué à l'avance. C'est du mauvais théâtre. Je pense que cela doit être dit très clairement. Point", a dit en anglais l'Allemand Thomas Enders, devant plus d'une centaine de journalistes.


C'est bien connu que d'aller expliquer à la presse que le procès est joué d'avance, c'est le meilleur moyen de se concilier les juges !

Hélas, trois fois hélas, mon diagnostic maintes fois répété se confirme : les problèmes graves d'EADS deviennent mortels à force de ne pas être réglés.

Comme je le répète aussi depuis des années, la conjoncture ascendante permet toutes les fautes, le moment de vérité se produit au retournement de cycle, qui finit toujours par arriver dans l'aéronautique : c'est là qu'on voit si la période de vaches grasses a été mise à profit pour se préparer la période de vaches maigres. Or, j'ai bien peur que dans le cas d'EADS, on ne voit pas grand'chose.

Et le retournement de cycle pointe à l'horizon.

Ce qui sauverait EADS, c'est un nettoyage des écuries d'Augias : le rachat par un actionnaire libre de tout lien avec des Etats européens (1). Et ça n'arrivera pas.

(1) : même si il est toujours bon de faire des efforts à la base, les comptes montrent qu'un ouvrier d'EADS n'est pas moins productif qu'un ouvrier de Boeing. Le problème est celui des choix stratégiques, le poisson pourrit par la tête. Or, les incompétents (et sur ce plan de l'incompétence, je ne fais pas de différences entre Français et Allemands) qui dirigent EADS sont protégés pour des raisons politiques.

Nous avons un admirable étalon de bonne gestion aéronautique en France : Dassault Aviation. Les liens avec l'Etat y sont forts, mais ni l'administration ni la politique ne s'immiscent dans la gestion et dans le choix des hommes.

Ce n'est pas un hasard si DAv ressemble plus à un Boeing en miniature qu'à un EADS en réduction.

Les gens de DAv peuvent avoir l'impression d'être devenus une bureaucratie et que l'esprit pionnier des années 50 a disparu, mais qu'ils se rassurent, ils ont la même impression chez Boeing et c'est pire ailleurs !

vendredi, mars 23, 2007

Vendre EADS à un LBO ?

Je vous joins cet article, car en rédigeant pour ce blog une analyse à propos d'EADS, j'ai songé que la meilleure solution pour rétabir cette société serait un LBO. Mais je n'ai pas osé l'écrire, pensant que, dans le contexte actuel, je serais pris pour un fou.

Et voilà que Jacques Marseille, lui, n'hésite pas à l'écrire, même si c'est sous forme de boutade !

Bien sûr, nous parlons d'un vrai LBO, pas d'un LBO "à la française" entre copains de promotion de l'X ou de l'ENA.

La finance mode d'emploi