mercredi, octobre 17, 2018

DÉRIVES LIBERTICIDES : QUAND C’EST LE TOUR DE MÉLENCHON

DÉRIVES LIBERTICIDES : QUAND C’EST LE TOUR DE MÉLENCHON

Tout communiste (ou ex-communiste, on ne sait plus très bien) qu'il est, Régis de Castelnau est excellent (quand il s'abstient de nous faire part de son penchant pour les révolutionnaires sanguinaires) :

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Eh oui cher Jean-Luc Mélenchon, avec ce pouvoir et la partie de l’appareil judiciaire qui le suit, la perquisition, comme la guerre, est la continuation de la politique par d’autres moyens. Mais camarade, tout ceci était parfaitement prévisible. Le problème c’est que vous avez applaudi quand c’est Nicolas Sarkozy qui a connu ces méthodes indignes. Je vous renvoie aux dizaines d’articles écrits sur ce sujet dans ces colonnes. Vous avez pris un air pincé sans dire grand-chose sur celles infligées à François Fillon. Alors même que le raid médiatico-judiciaire lancé contre celui-ci a purement et simplement faussé l’élection présidentielle et permis l’accession au pouvoir d’un inconnu dont nous mesurons aujourd’hui la dangerosité. Certes Clémentine Autain a ensuite sauvé l’honneur en refusant de voter la mainlevée de l’immunité parlementaire de Marine Le Pen car elle avait compris le pourquoi des demandes utilisées contre celle-ci. Mais elle fut bien seule. Je pourrais multiplier les exemples qui démontrent que vous n’avez pas mesuré le danger de cette instrumentalisation de la justice à des fins politiques.

Ce qui est en cause n’est pas ce qui pourra arriver à la fin des procédures si celles-ci arrivent un jour à une fin. Le problème est celui de l’utilisation de la justice par des initiatives procédurales immédiatement médiatisées, prises en fonction des impératifs politiques du jour. Pourquoi croyez-vous que la perquisition dont vous avez été l’objet est intervenue le jour de l’annonce du remaniement ? Pourquoi croyez-vous que les procédures concernant Nicolas Sarkozy durent pour certaines depuis 25 ans comme l’affaire de Karachi ? N’hésitez pas à vérifier le contexte politique dans lequel sont répercutés telle mise en examen, telle perquisition, tel scoop relayé par la presse amie, telle publication de procès-verbaux trafiqués etc. etc. Pour avoir suivi tout cela de très près pendant des années, je sais à quel point c’est édifiant.

La liberté ne se divise pas Jean-Luc Mélenchon et je dois dire que je ne comprends pas pourquoi vous avez été muet face à l’énorme injustice dont a été victime Esteban Morillo. Comme sur le scandale toujours sans conséquence disciplinaire du célèbre « mur des cons ». Car cette partialité à l’encontre des adversaires politiques s’accompagne depuis l’arrivée de François Hollande à la présidence de la république d’une étonnante mansuétude pour ceux qui sont du côté du manche. Que sont devenues les affaires Arif, Lamdaoui, Le Roux ? Vous n’avez pas d’avis ? Et vous ne vous êtes pas beaucoup mobilisé non plus pour protester contre les protections étonnantes dont bénéficient aujourd’hui Emmanuel Macron et son entourage de la part du haut appareil judiciaire. Les comptes de campagne du petit roi, l’affaire du coffre de Benalla, la soudaine garde à vue et les poursuites à l’encontre d’une vingtaine de passants présents le 1er mai sur la place de la contrescarpe, l’impunité de Muriel Pénicaud malgré deux délits de favoritisme évidents, l’incroyable dépaysement à Lille de l’affaire Ferrand, la tranquillité assurée à Ismael Emelien malgré de lourds soupçons de recel des cassettes illégalement remises à Benalla, l’égale tranquillité d’Alexis Kohler, toute cette passivité étrange mériterait un traitement politique. Comme contre la façon dont Emmanuel Macron est intervenu dans la procédure de nomination du nouveau procureur du tribunal de grande instance de Paris.

On vous l’avait dit pourtant que viendrait votre tour. Et que l’oligarchie dont Macron est le fondé de pouvoir n’aurait aucune retenue pour instrumentaliser la justice à des fins politiques. Il ne sert à rien comme vous l’avez fait, d’interpeller Madame Belloubet qui n’est là que pour mettre en œuvre les décisions du Château.
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mardi, octobre 16, 2018

Comme c'est beau, la démocratie « nouveau monde » !

La macronie en action : tous les partis d'opposition décapités ou harcelés par la justice

Et une réflexion plus générale :

EDITORIAL : LES ÉLITES VEULENT LE MONOPOLE DU MENSONGE, LE MONOPOLE DE LA FAUSSE MONNAIE, LE MONOPOLE …

Et quelques remèdes :

BILLET. PLAIDOYER POUR LE RETOUR EN FORCE DES SYNDICATS ET POUR LE CLIVAGE DES GENRES ET DES SEXES ! CONTRE LA MASSIFICATION FASCISTE. CONTRE LE CENTRISME.



Un enfant de 12 ans tué à coups de barre de fer aux Lilas : la loi du plus fort

Je publie cet article par acquis de conscience. Je sais bien que rien de ce qui devrait être fait ne sera fait.

Ceux qui espèrent le contraire ne comprennent pas qui sont nos politiciens ni l’idéologie qui les meut.

Je suis toujours surpris quand on me dit que nos politiciens sont de purs carriéristes et n’ont aucune idéologie. C’est contraire à ce qu’on voit : toutes leurs actions sont imprégnées d’idéologie, aucune n’est rationnelle dans un système de principes et de valeurs classiques. Bien sûr, comme l’idéologie est ce qui pense à votre place, il n’y a pas besoin qu’ils en soient conscients, quoiqu’il ne faille pas exagérer l’excuse de l’inconscience : ils méritent tout de même d’être fusillés.

D'ailleurs, un autre article évoque le rôle de l'effacement des familles dans cette barbarie. Mais qui a oeuvré méthodiquement à la destruction de la famille depuis 60 ans, si ce n'est les tenants d'une certaine idéologie ?

Un enfant de 12 ans tué à coups de barre de fer aux Lilas : la loi du plus forts


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La terrible vérité est qu'en dépit de quelques discours guerriers et coups de menton destinés à rassurer les téléspectateurs, les pouvoirs publics ont bel et bien démissionné, faute de savoir quoi faire. Ceux qui nous gouvernent sont solidairement responsables de cette politique d'abandon, mais certains plus que d'autres. Rien de comparable entre un Nicolas Sarkozy qui n'a certes pas tenu sa promesse de karchériser les voyous, mais qui a tout fait pour, et un François Hollande qui s'est méthodiquement employé à désarmer notre pays sur le plan pénal. Il est sans doute encore un peu tôt pour juger Emmanuel Macron, mais un an après son élection, rien ne laisse penser qu'il ait pris la mesure du problème.

Le constat de Gérard Collomb est à la fois méritoire et affligeant. Pas seulement parce que c'est celui d'un ministre de l'Intérieur qui, la veille de sa déclaration, était encore aux affaires. Mais surtout parce qu'en 2018, nos dirigeants en sont toujours à diagnostiquer une situation qui n'est ignorée d'aucun Français depuis vingt ans, y compris au sommet de l'État.
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dimanche, octobre 14, 2018

Mesdames, messieurs, vous vous foutez de notre gueule !

Christian Combaz republie malicieusement cette chronique d'avril 2017 :

Hillary et Donald : moi aussi, je me suis trompé

Charles Gave regrette de s'être trompé, moi aussi :

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A deux reprises déjà, j’ai entretenu les lecteurs de l’IDL des difficultés judiciaires que risquaient de connaitre le parti Démocrate aux Etats-Unis. Et là, je dois confesser un peu de naïveté. Je m’attendais à ce que le tir soit concentré sur madame Clinton, tant elle avait commis de crimes et de fautes.

En réalité, ce n’est pas ce qui s’est passé.

Dans les faits, monsieur Trump s’est rendu compte que les trois grandes organisations qui contrôlent la vie judiciaire aux USA, c’est-à-dire le Ministère de la Justice, le FBI et la CIA avaient été soigneusement noyautées par l’administration Obama, selon les bons vieux principes de ses maitres Trotskystes, Frank Marshall Davis, Saul Alinsky et Bill Ayers.

A l’évidence, ces trois organisations travaillant en étroite collaboration les unes avec les autres avaient monté une vraie opération de commando, d’abord pour empêcher monsieur Trump d’être élu (raté) et ensuite, une fois leur ennemi élu, pour l’empêcher de gouverner et si possible pour le faire révoquer au nom d’une soi-disant entente avec la Russie grâce a la procédure de « l’impeachment ».

Semblent être compromis dans cette opération, l’ancienne ministre de la Justice du Président Obama aux USA, les numéros deux et trois du même ministère, les numéros un deux, trois et quatre du FBI, l’ex numéro un de la CIA (un ancien membre du parti communiste américain) et pas mal de petit fretin.

Déjà, les numéros un du FBI et de la CIA ont été virés de leurs positions et seraient l’objet d’enquêtes diverses et variées. Le numéro deux du FBI a lui aussi été viré, et a perdu tous ses droits à la retraite, tout en étant l’objet d’une enquête judiciaire qui risque de l’amener en prison pour au moins vingt ans, le numéro trois vient d’être viré, le numéro quatre, chef des services juridiques a donné sa démission, mais serait en train de témoigner à charge (plea- bargain) contre ses anciens complices devant un Jury spécial qui aurait été installé à l’intérieur même du DOJ.


Bref, ça sent le sapin. Watergate va apparaitre comme de la roupie de sansonnet car cette fois ci, il s’agit non pas de quelqu’un qui cherche à couvrir maladroitement des malversations de ses subordonnés mais bel et bien de la première tentative de coup d’Etat dans l’histoire des USA.

Je ne sais pas si le lecteur a remarqué, mais personne ne parle de tout cela en France. On se demande pourquoi ?
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Je croyais que Trump faisait exprès de laisser pisser les enquêtes sur sa prétendue collusion russe pour que celles-ci finissent par déboucher sur la mise en cause d'Hillary Clinton (qui a beaucoup trempé dans ces histoires) pile-poil pour les élections de mi-mandat. Je me suis trompé.

Je m'aperçois que non, que le problème est encore plus grave que ce que je pensais. Trump a presque tout l'appareil d'Etat américain contre lui.

Prenant le temps de lire des journaux anglais et américains, je confirme que Charles Gave ne se trompe pas sur les faits.

La suite ? C'est une question de temps pour que les vrais conservateurs reprennent la main sur l'Etat profond, c'est pourquoi les démocrates transforment chaque élection, chaque nomination (on l'a encore vu récemment avec Kavanaugh) en une bataille à mort : chaque mois gagné par Trump est un coup sur les doigts pour leur faire lâcher le manche. Et les mois passent.

Prochaine étape : les élections de mi-mandat.

Les enjeux sont clairs : Trump (ce fou qui ne sait pas ce qu'il fait, si l'on en croit la presse française. Mais bon, si vous croyez la presse française, vous avez l'âge mental d'un enfant qui croit au Père Noël) veut démondialiser, considérant d'une part que la mondialisation ne profite plus à l'ouvrier américain, d'autre part que la mondialisation profite trop à la Chine, le grand rival, et qu'il faut lui couper l'herbe sous le pied avant qu'il soit trop tard (pas étonnant que les analyses les plus subtiles de Trump nous viennent de Chine. L'Europe étant vassale des Etats-Unis, elle n'a plus aucune stratégie, donc plus besoin d'analyses, les caricatures suffisent). On notera que le mouvement de démondialisation a commencé sous Obama (depuis 2008, les échanges internationaux de biens ont diminué d'un tiers, plus qu'après la crise de 1929).

Les ennemis de Trump sont la petite coterie d'hyper-milliardaires (ceux qui ont fait élire Macron en France) qui profite réellement de la mondialisation et la bourgeoisie mondialisée, beaucoup plus nombreuse, qui croit en profiter (j'en ai plein autour de moi. Vous savez, ceux qui envoient leurs enfants étudier à l'étranger).

Le match n'est pas tranché et va durer encore longtemps. Pour l'instant, la démondialisation a le vent en poupe dans les opinions publiques mais cela tarde à se traduire par des pertes de pouvoir effectives des mondialisateurs. Nous vivons des temps intéressants (en Italie aussi, ce qui se passe est intéressant. Par contre, en France, nous sommes en retard sur les événements).







samedi, octobre 13, 2018

« Vous n'avez pas honte ? J'espère que le pays ne vous le pardonnera pas ! »



Il ne faut pas se cacher la part de démagogie dans les propos de Ruffin.

Cependant, je crois qu'il exprime le ras-le-bol d'une bonne partie du pays devant les macronistes. Ils allient la médiocrité et la condescendance ; l'inefficacité et le mépris de classe ; le pouvoir absolu et la morgue. Et il ne faut pas réfléchir longtemps pour y ajouter la trahison. Ca commence tout de même à faire beaucoup.

Il se peut que les blessures d'honneur soient plus cruelles que les plaies d'argent, qu'on supporte moins le mépris des grands que leurs taxes.

Un gouvernement de trahison

Vous connaissez mon analyse de la situation.

Emmanuel Macron est un président de la république française, élu par la bourgeoisie mondialisée, suite à un coup d'Etat médiatico-judiciaire, au service d'intérêts qui ne sont pas ceux de la France. Au sens exact du terme, c'est un traitre. Il devrait au minimum être évident aux yeux de tous que c'est le président des Autres.

Ceci se lit dans ses décisions et dans son comportement.

Il est impossible de justifier la privatisation d'Engie, de la Française des Jeux et d'Aéroports de Paris par des arguments d'intérêts de la France, même quand on est libéral. Cet article l'explique très bien :

« Privatiser la Française des jeux et Aéroports de Paris est inutile et dangereux ! »

En revanche, il est très facile de comprendre ces décisions en faisant intervenir deux explications :

1) l'appétit de destruction de la France. La volonté de créer des situations irréversibles qui privent peu à peu la France de ses atouts. Cette interprétation est bien étayée par le bradage d'Alstom, la fusion des chantiers navals français avec Fincantieri (qu'on va peut-être éviter parce que cela intéresse peu les Italiens) ou le projet de partage de notre siège au conseil de sécurité de l'ONU avec l'Allemagne.

Il est toujours difficile de croire qu'un gouvernement trahit, qu'il est sciemment anti-français. On préfère évoquer l'incompétence, c'est moins inquiétant. Mais non, d'ailleurs Emmanuel Macron a la franchise (et le mépris) de nous dire quasiment tous les jours qu'il n'aime ni la France ni les Français. Il faut vraiment faire de gros efforts pour ne pas l'entendre. Prenez le au mot, croyez ce qu'il s'échine à vous dire.

2) la corruption. Personne, dans ce gouvernement de narcissiques matérialistes qui s'affranchissent si facilement de la déontologie, ne retirerait d'avantage sonnant et trébuchant à ces privatisations ? Laissez moi rire.

Bien sûr, le gouvernement Macron trahit aussi la démocratie, c'est dans l'ordre des choses :

« La présidence Macron ne sera pas plus transparente que les précédentes »

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N'ayant pas de connaissances du monde parlementaire (le chef de l'État n'a concouru pour aucune élection à part celle de la fonction suprême), Emmanuel Macron a voulu limiter au maximum le débat d'idées dans le groupe parlementaire En Marche, au risque de transformer l'hémicycle en une simple « machine à voter » les lois proposées par le gouvernement. Le travail parlementaire s'est malheureusement réduit à cela en début de quinquennat: les députés se sont vus uniquement comme des législateurs, négligeant parfois le travail de terrain en circonscription et le lien qu'ils sont censés faire entre les territoires et l'hémicycle.

[…]

Il est donc évident que le début du mandat du chef de l'État prouve un fait : non, Emmanuel Macron ne fera pas un «quinquennat plus transparent» que ses prédécesseurs. Si l'on s'en tient strictement aux faits, la comparaison est même cruelle. En quinze mois de présidence, sept ministres, dont trois régaliens, ont quitté le gouvernement. Pire que François Hollande à la même époque ! Le quatrième personnage de l'État, Richard Ferrand, est mis en cause dans l'affaire des mutuelles de Bretagne. Trois juges d'instructions ont été désignés en milieu de semaine pour instruire l'affaire ! Ce même Richard Ferrand qui, il a y quelques semaines, a affirmé qu'il ne démissionnerait pas de sa fonction de président de l'Assemblée s'il était mis en examen. Et on parle de moralisation de la vie publique ?

[…]

Les débuts ont été extrêmement compliqués : des nouveaux députés lisant mot pour mot ce que leur assistant parlementaire leur avait écrit sur une fiche, des relations sous tension entre « ancien » et «nouveau» monde, ce dernier étant accusé d'être souvent suffisant, pour ne pas dire arrogant … De plus, les parlementaires ayant déjà eu l'expérience d'au moins un mandat ont cet avantage d'être rodés à l'exercice. Quand on arrive dans un lieu dont il faut maîtriser les codes très vite pour se mettre au travail rapidement, que les mots « amendement », « suspension de séance»  ou « commission » vous sont étrangers, c'est normal qu'il y ait des ratés. Ce qui est moins normal, en revanche, c'est le ton et les propos de certains parlementaires fraîchement élus à l'égard des « anciens ». Une attitude parfois condescendante, l'air de dire, « poussez-vous, vous êtes ringards, nous on sait mieux faire ».

Beaucoup de députés l'ont très mal vécu. Ces blessures d'ego infligées, de plus, sont révélatrices de la doctrine d'En Marche, où tout ce qui aurait été fait avant n'est pas digne d'intérêt, et que ce renouvellement inédit dans une législature sous la Ve République allait révolutionner le travail parlementaire en mieux. Avec d'autres néo-députés -qu'importe le parti !- il n'y a jamais eu ces attitudes parfois hautaines ou légèrement méprisantes …

[…]

Peu de Français ont conscience de la gravité de la « loi anti fake-news » que le gouvernement et les parlementaires En Marche sont en train d'examiner. Il faut faire très attention à la définition des mots. Car, à nouveau, tout est question de mesure: où met-on le curseur entre vérification et contrôle, voire censure de l'information ? On joue à un jeu très dangereux dès lors que l'État et la puissance publique, ou le pouvoir judiciaire, interviennent pour réguler l'information et, de facto, le travail journalistique.
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Au fait, qui a financé la campagne de Macron ? Il faut aller sur site italien pour trouver :

Chi finanzia Macron – George Soros: 2.365.910,16 €, David Rothschild: 976.126,87 €, Goldman-Sachs: 2.145.100 €.

jeudi, octobre 11, 2018

L'Eglise de François Zéro : drogue, orgie et sodomie, tout va plus que bien.

Au Vatican

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LifeSiteNews rapporte que selon « une source haut placée » au Vatican (trois prêtres différents, en fait), le cardinal Coccopalmerio participait en personne à l’orgie de drogués invertis dans l’appartement de Mgr Luigi Capozzi, secrétaire du cardinal, et que François était au courant. Il s’agit de cette orgie particulière, tellement bruyante, au printemps 2017, que la gendarmerie vaticane avait dû intervenir. Les gendarmes demandèrent au cardinal de partir immédiatement avant de procéder aux arrestations, tandis qu’ils emportaient à l’hôpital Mgr Capozzi, drogué à mort…

Ces révélations sont d’autant plus plausibles qu’elles corroborent ce que l’on savait déjà.
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Le problème est profond (c'est le cas de le dire), il a été révélé (plus que que provoqué) par le concile Vatican 2 : à partir du moment où ne croit plus ni à l'Enfer, ni au Diable, ni au péché, les obligations de l'Eglise deviennent de simples recommandations, dont chacun peut juger par soi-même et certains ont la conscience très compréhensive pour eux-mêmes.

Au moins les Borgia, eux, avaient la classe : « Aimant s'entourer d'œuvres d'art et d'objets précieux, Alexandre VI fut un mécène généreux ; il protégea les artistes (Pinturicchio, notamment, à qui il commande le célèbre décor des appartements Borgia, au Vatican) et montra de grandes capacités dans la remise en ordre de l'administration de l'Église. »

On disait : Rome, sous le pape Alexandre VI, ne connaît « ni loi, ni divinité ; [mais] l'or, la violence et l'empire de Vénus ». On pourrait transposer : sous le pape François Zéro, Rome ne connaît ni loi, ni divinité ; [mais] l'or, la violence et l'empire de Sodome.

Je ne cite pas l'or par hasard. Le laxisme qui a bénéficié aux prélats sodomites américains s'explique beaucoup par l'or qui affluait d'outre-Atlantique dans les caves du Vatican et dont ils avaient eu la bonne idée de se faire les collecteurs.

Pour votre édification, la peine réservée en Enfer aux sodomites, vue par Dante, est de marcher sans pouvoir s'arrêter jamais sous une pluie de feu (charmant). Dante leur adjoint les usuriers qui, eux aussi, contreviennent à l'ordre naturel.



Les simoniaques sont enfermés dans des trous qui rappellent des bourses ; seules les jambes dépassent et sont brulées éternellement. On notera que Dante, parmi les simoniaques, met un pape. Nil novi sub sole.



Tout cela serait très rigolo si l'Eglise de François Zéro n'était pas aussi et surtout l'Eglise du Christ.




Virgile guide Dante aux Enfers.

mardi, octobre 09, 2018

Destin français (E. Zemmour)


Un billet plus long qu'à l'habitude, mais Zemmour le vaut bien.


Dans Destin français, après une introduction personnelle sans précautions excessives, où il compare les banlieues qu'il a connues et les banlieues actuelles, lisant dans cette différence la décomposition de la France, Eric Zemmour nous offre une galerie de portraits historiques.


La trahison des élites

Eric Zemmour écrit plutôt bien et la ligne directrice de son propos me semble juste : les élites françaises ont une tendance spécifique à la trahison dans les périodes difficiles. Je me suis souvent interrogé ici même sur ce trait saillant de l'histoire de France.

Certains de mes aimables commentateurs ont contesté que l'esprit de trahison fût une spécificité des élites françaises. Au moins ai-je un argument d'autorité : Eric Zemmour est d'accord avec moi. Mais, comme il s'agit précisément de critiquer Zemmour, ça n'a pas grande valeur !

Le dernier avatar de cette pente à la trahison des élites françaises est le vote Macron. Il faut bien peu penser au destin national, à ce que devrait être la France dans vingt, trente ou cinquante ans, pour voter Macron. D'ailleurs, pour voter Macron, il ne faut pas penser du tout, il faut juste défendre d'instinct les intérêts patrimoniaux de la bourgeoisie mondialisée.


Les portraits

Le parcours de Zemmour à travers une série de portraits recèle quelques pépites.

Ses exécutions de la de Staël ou du couple Sartre-Beauvoir sont particulièrement réjouissantes.

Zemmour étrille aussi cet empaffé de Voltaire.

Mais le chapitre le plus remarquable est celui sur Catherine de Medicis.


Catherine, Nicolas et Erasme

Zemmour nous délivre, enfin, enfin, de l'anachronisme voltairien et anti-clérical des gentils huguenots persécutés par les méchants catholiques, dirigés par la Jezabel machiavélique, Catherine de Médicis. J'ai d'autant plus plaisir à vous en causer que c'est un des portraits que Causeur a critiqués : mon esprit de contradiction y trouve satisfaction.

J'en veux au très remarquable Fortune de France, de Robert Merle, de s'être fait le propagandiste de ce mensonge (je vous conseille tout de même de le lire -en gardant à l'esprit son penchant pro-huguenot : il n'y a que douze tomes et les personnages sont attachants).

Zemmour remet les choses à leur place.

Catherine de Médicis n'était pas une machiavélique, mais, au contraire, une pacifiste qui, comme tous les pacifistes, réagit beaucoup trop tard et provoque les guerres les plus cruelles. Les huguenots étaient des fouteurs de merde qu'il aurait fallu réprimer beaucoup plus fort dès le début, mais uniquement avec des motifs politiques.

Il m'a fallu une lecture assidue de Montaigne pour le comprendre. Il passe à la fois pour un modéré et un proche des ultra-catholiques du marquis de Trans. Il est consulté pour sa modération et ne cache pas son admiration pour le duc de Guise, tandis que son portrait d'Henri IV est nuancé. Sa seule allusion probable au massacre de la Saint Barthélémy est terrible : « Le bien public requiert qu’on trahisse et qu’on mente et qu’on massacre ». Le bien public requiert qu'on massacre !

Montaigne répugne cependant à le faire lui-même : « Résignons cette commission à gens plus obéissants et plus souples ».

Le fond des choses est donné par Péguy : « L'ordre, et l'ordre seul, fait en définitive la liberté. Le désordre fait la servitude ».

Autrement dit, pour Montaigne, il faut ce qu'il faut. L'ordre juste prime tout car il n'y a pas pire que le désordre. Ce qu'Henri IV lui-même disait ainsi : « Il n'y a pire perte que la perte de l'Etat ». Et comme Montaigne, il savait de quoi il parlait. Montaigne reproche implicitement à Catherine de Médicis d'avoir trop louvoyé.

Nul doute que Montaigne et Henri IV condamneraient avec une extrême sévérité les gens qui, au nom de bons sentiments frelatés, laissent s'installer le désordre en France (immigration, délinquance, islamisme, corruption, abus de pouvoir,  « Europe »...). Pour qu'il n'y ait pas d'ambiguïté, « extrême sévérité » sous ma plume, c'est la peine de mort. Les fossés de Vincennes au petit matin glacial pour quelques énarques soigneusement choisis feraient le plus grand bien à la France.

On comprend alors que nos modernes imbéciles à la Macron (les diplômes ne font rien à l'affaire, au contraire), qui croient pouvoir faire un islam de France, réhabilitent Catherine de Médicis : ils pratiquent la même politique, faussement machiavélique et faussement intelligente, mais vraiment lâche et vraiment funeste.

Nous connaissons donc la fin de l'histoire : Louis XIII et Richelieu, mains de fer dans gants de fer, rétablissent l'ordre d'abord et, en position de force, sur les cadavres des huguenots qui ont refusé de rentrer dans l'obéissance au roi, accordent une certaine tolérance et la paix civile.



Conclusion ?

Si on me disait « Pour rétablir l’ordre français dans les banlieues perdues, il faut quelques milliers de morts, d’un côté et de l’autre », je répondrais « C’est bien dommage, mais il faut ce qu’il faut, y compris si je fais partie des morts. C’est mieux que la guerre civile dans vingt ans et ses centaines de milliers de morts. Ou la servitude. ».

Les lâches, ceux qui refusent toujours de voir les choses en face, argueraient que la situation n’est pas si grave et qu’il faut continuer à procrastiner. C’est ainsi : justement, on redevient maitre de son destin à l’instant même où on cesse d’écouter ces gens.


Napoléon Bonaparte

Zemmour est bonapartiste, plus exactement napoléonien. Je le trouve excessif mais il se défend bien.

Préliminaire : les Français ont totalement intégré la propagande anglaise, l’Ogre Corse et tout le toutim. C’est pourquoi on a aujourd’hui plus de bonapartistes en Angleterre qu'en France : eux ne se laissent pas prendre à leur propre propagande.

Le Napoléon zemmourien est visionnaire. Il a compris avant tout le monde que le temps des nations européennes moyennes finissait, que le temps des empires arrivait, que la France était sur le déclin et qu’il fallait lui bâtir un empire avant qu’il ne soit trop tard.

« Napoléon a été le héros des classes populaires »

Bonaparte est coupable non pas d’avoir fait la guerre mais d’avoir fait la paix chaque fois trop tôt : il n’a pas démantelé la Russie, il n’a pas démantelé l’Autriche, il n’a pas démantelé la Prusse, il n’a pas mis à genoux l’Angleterre, alors qu’après chaque victoire, il en a eu l’occasion.

C’est l’erreur de Clemenceau en 1918 de ne pas avoir démembré l’Allemagne (digression : après l’écroulement de l’Autriche grâce à la victoire italienne de Vittorio Veneto –aucune contribution américaine-, l’armée d’orient avait la voie de Berlin ouverte -les Autrichiens laissaient libre passage- par Budapest, Vienne et Prague, c’est Clemenceau qui a arrêté Franchet d’Espérey. Pétain, lui, avait une offensive toute prête en Lorraine. Quand Foch a annoncé que Clemenceau refusait, Pétain en a pleuré ! Les vainqueurs de 1945 retiendront la leçon et n’auront aucun scrupule à diviser l’Allemagne, ce cancer au centre du continent). Le tsar Alexandre a trahi Napoléon au profit de l’Angleterre alors que l’encre du traité de Tilsitt n’était pas sèche. Joséphine : « Vous humiliez trop et vous ne punissez pas assez ».




Après 1815, c’est fini. Le sceptre continental est définitivement tombé des mains de la France. Désormais, la France vivra dans la peur de ne pouvoir se débrouiller seule et passera son temps à se chercher un tuteur et un protecteur.

L’empire colonial fut une distraction permise par le suzerain anglais, comme l’ont bien compris les anti-colonialistes les plus cyniques : la conquête coloniale gaspillait des ressources bien plus utiles pour reconquérir l’hégémonie continentale.


Talleyrand

Talleyrand est l'anti-Napoléon. Zemmour le déteste et il a bien raison. Son portrait de Talleyrand est aussi sévère que celui qu'en fit De Gaulle.

Notre époque l'adore, spécialement nos technocrates. C'est l'évidence, ils en partagent les vices : immoralisme, venin, absence de vision. Grandes habiletés, petite intelligence.

Petite intelligence, Talleyrand ? Oui, dans cet ordre des choses. Napoléon a compris que le temps des mastodontes arrivait et il a voulu faire à marche forcée de la France l'un d'eux. Talleyrand n'a rien compris, il en est resté à la vision royale (et dépassée) de l'équilibre entre nations de taille raisonnable. Résultat, la France a été écrasée successivement par l'Angleterre, par l'Allemagne et par les Etats-Unis.

Comme nos dirigeants se complaisent dans cette vision servile où la France est toujours dominée par quelque autre puissance, au nom de la raison et de l'équilibre, qui ne sont que de veules prétextes pour éviter le combat, ils vouent un culte au diable boiteux.

Le changement de notre vision de ce sinistre personnage est symptomatique. Tant que la France entretenait l'illusion d'être une puissance, il était fort mal vu. Quand la France a abdiqué sa grandeur, il est devenu un modèle.

De cette soif masochiste de soumission, De Gaulle se moquait en ridiculisant ceux qui sautent comme des cabris en criant « L'Europe ! L'Europe ! ».

Je la connais bien, je la vis au quotidien. Je vois la profondeur de la faille psychologique des élites françaises à ceci : quand je dis à des gens d'en haut que « l'union fait la force » est une illusion, que j'émets l'argument imparable que la Suisse et la Suède sont moins grosses que la France et pourtant plus indépendantes (et je ne parle pas de nos amis anglais qui reprennent leur liberté), ce qui prouve bien que la taille ne fait rien à l'affaire et que l'argument justifiant l'union européenne par la taille est spécieux, on me répond « Oui, mais ... ».

Ce « mais » est tout, il signe la barrière psychologique, le rejet spontané, irréfléchi (la réflexion ne vient qu'après, est un habillage d'une décision déjà prise, celle de refuser le combat), il signifie « Je n'arrive pas à répondre de manière honnête à tes arguments, mais ce n'est pas le problème, ma soumission vient de plus profond que des arguments, elle vient de la veulerie de ma classe sociale depuis des générations, de l'habitude de faire passer les intérêts patrimoniaux individuels avant toute chose, de la trahison que nous avons dans le sang, que nous avons apprise sur les bancs de l'école et dans les repas de famille ».

La sentence de Chateaubriand à propos de Talleyrand s'applique très bien à nos énarques et autres brillants sujets : « Il signait les événements mais ne les faisait pas ».


Le comte de Chambord et le tricolore

Les républicains, fidèles à leur nature, ont été des salopiauds avec la mémoire du comte de Chambord. Ils l'ont ridiculisé en accréditant le mythe qu'il n'était pas devenu roi de France par refus du drapeau tricolore. Ce n'était qu'un prétexte.

Le fond de l'histoire, c'est que le roi était national, catholique et belliciste. Tandis que les républicains étaient devenus pacifistes, car ils avaient besoin de paix pour consolider leur parti (toujours ça la gauche : faire passer les intérêts partisans avant les intérêts de la patrie) et par conséquent germanistes (Gambetta devenu copain comme cochon -comme Cauchon ?- avec l'ambassade d'Allemagne. Mais, vieux débat sur ce blog, qu'attendre d'autre d'un métèque ambitieux ? Qu'il ait la France aux tripes ?) et anti-catholiques.

Bismarck ne s'y est pas trompé, qui a donné l'ordre pressant à son ambassadeur de favoriser les républicains, comme meilleur parti pour empêcher le retour de la France à la grandeur (ce sont les arguments mêmes du chancelier casque-à-pointe).

Le comte de Chambord a refusé de prendre le pouvoir pour pratiquer la politique de grandeur qu'il appelait de ses voeux car il sentait que les Français ne le suivraient pas. C'est un peu plus profond qu'un bout de chiffon blanc.

Zemmour a évolué sur la question de la république. Il n'y a vu longtemps qu'un régime parmi d'autres, celui qui, au moins, avait fait la victoire de 1918 (mais la défaite de 1940). Il réalise aujourd'hui que, pour la France en position de faiblesse, l'universalisme républicain est un virus mortifère. Ce n'est pas un hasard que le discours parle aujourd'hui d'une vague république, mise à toutes les sauces, en oubliant « française ». « République française », ça vous dit quelque chose ?

De plus, il constate que, tout au long de son histoire, la république a été transie d'admiration et pétrifiée de complexe d'infériorité devant l'Allemagne. Ce n'est pas par hasard que le livre anti-napoléonien de Germaine de Staël s'intitulait De l'Allemagne. Même la IIIéme république préparant la revanche prenait modèle outre-Rhin.

Et Zemmour sait bien que le parti-pris germaniste de nos élites élites exaltées de soumission (vous savez le fameux couple franco-allemand qui n'existe que ce coté du Rhin. Si c'est un couple, il est sado-maso) est le pire envisageable pour la France.


La Simone

Ah ! Simone ! De Beauvoir, évidemment.

Zemmour a le courage de dire ce qu’il pense : le féminisme est une lubie de société riche et décadente, c’est la vérole qui finit de désarmer une société suicidaire, ayant perdu l’envie de se battre pour vivre.

Quand vient le temps de la misère et de la guerre, les femmes ont toujours besoin des hommes pour les défendre, parce qu’ils sont plus forts, plus agressifs, parce qu’il faut neuf mois de gestation et quelques années d’éducation pour faire un petit d’homme. La réalité n’est pas féministe. C’est pourquoi les féministes pet-au-casque font un effort désespéré pour détacher leur théorie débile de toute réalité physique.

Zemmour note aussi avec amusement que Simone de Beauvoir, lorsqu’elle tombe amoureuse et trouve une satisfaction sexuelle qu’elle ignorait avec Sartre, pas vraiment monté comme un étalon, jette le féminisme par-dessus les moulins et se comporte avec son amant comme n’importe quelle femme traditionnelle.

De toute façon, le bon sens dit ce que nous n’avons plus le droit de dire : le féminisme militant est un truc de gouines et de mal-baisées. Bien entendu, on naît femme (ou homme), on ne le devient pas puis on apprend à vivre avec. Et les femmes occidentales vivent depuis des siècles dans une culture où elles savent trouver leur place et faire sentir leur pouvoir. Elles n’ont pas attendu nos modernes féministes.


De Gaulle-Pétain

Je ne suis pas d’accord avec Zemmour mais je n’en parlerai pas : la classe jacassante, obsédée par la question juive, qui n’était qu’une question parmi d’autres à l’époque, a pourri ce débat par anachronisme. Je ne veux pas en rajouter sur une polémique convenue.

Zemmour, avec ses erreurs, reste cent fois plus intelligent que ses contradicteurs.


Nommer l'ennemi

Les ennemis d'Eric Zemmour sont toujours les mêmes : l'Europe (l'empire) contre la France, l'universalisme contre le la nation. Et les classes qui portent à travers notre histoire ces ennemis : les féodaux et les bourgeois.

L'histoire de France est tout entière dans ce dilemme : elle est à la fois universaliste et nationale. Soit la nation transcende l'universalisme et cela donne Saint Louis et les soldats de L'an II. Soit l'universalisme dissout la nation, attise les discordes et cela donne les guerres civiles et les défaites honteuses. Et notre état actuel. C'est ainsi qu'il faut comprendre la célèbre phrase de De Gaulle :

« Le côté positif de mon esprit me convainc que la France n’est réellement elle-même qu’au premier rang ; que, seules, de vastes entreprises sont susceptibles de compenser les ferments de dispersion que son peuple porte en lui-même ; que notre pays, tel qu’il est, parmi les autres, tels qu’ils sont, doit, sous peine de danger mortel, viser haut et se tenir droit. Bref, à mon sens, la France ne peut être la France sans la grandeur. »

Mais, comme la grandeur et le destin sont pénibles à porter, il suffit que je donne un coup de pied dans une poubelle ou que je sorte de mon bureau pour trouver cinquante Français qui vont m'expliquer qu'au nom de la générosité, il faut être gentil (c'est-à-dire en réalité se soumettre) avec les Anglais, avec les Allemands, avec les Américains, avec les Serbo-Croates, avec les Australopithèques et avec qui sais-je encore. C'est tellement plus facile d'être citoyen du monde ou de l'Europe que de s'assumer français.

Que veut dire s'assumer Français aujourd'hui ? Par exemple, militer pour l'éclatement de l'Euro, au risque d'y perdre, personnellement, son patrimoine ou sa retraite. Ou accepter de former des médecins français plutôt que de faire venir des Roumains. Ou mettre le prix pour que les poubelles soient ramassées par des blancs plutôt que par des noirs. Les sacrifices ne sont pas tous sur le champ de bataille.


Censurons, censurons, il en restera toujours quelque chose

Hélas, ce tour de d'horizon ne serait pas complet si on oubliait de signaler la vague de bêtise et l'appel à la censure que ce livre a provoqués dans les medias. Slate a publié une critique avouant benoîtement ne pas avoir lu l'ouvrage :  Zemmour, c'est le Mal, alors pourquoi prendre des gants avec pareil personnage ?

Zemmour est banni du service public, pourtant payé avec nos redevances. On ne saurait mieux donner à voir que la télévision de l'Etat français n'est pas la télévision de la France et que l'intérêt de l'Etat français diverge de celui de la France.

Les optimistes arguent que ce déchainement de haine anti-Zemmour, qui ne prend même plus la peine de se cacher, montre que les salauds sont aux abois. Les pessimistes, dont je suis, en l'occurrence, pensent au contraire que le paysage médiatique est tellement dévasté et unilatéral que les enculés n'ont plus besoin de se cacher.

Alors, bien sûr, on peut répéter en consolation « où croît le péril, croît le remède ». Mais, pour l'instant, si le discrédit des médias ne fait aucun doute, on tarde à voir émerger une concurrence fiable et puissante.

Enfin, une critique radicale de Zemmour par Bruno Bertez (Bertez est un des fondateurs du journal La Tribune, pas un mélenchoniste le couteau entre les dents) (1).


Conclusion

Une série d'excellents portraits, et quelques faiblesses gravissimes. Le bonapartisme de Zemmour est excessif mais je reconnais qu’il le défend très bien.

Je n'apprécie pas totalement sa ligne générale, très pessimiste parce que trop mécanique, trop démographique. Cependant, PY Rougeyron et J. Sapir se trompent en niant la dimension religieuse et démographique de nos problèmes actuels (de toute façon, PYR, louant Zemmour pour son portrait positif de Robespierre et le condamnant pour son portrait négatif d'Hugo, deux totems de la gauche, montre ses limites, les méandres de sa pensée lui cachent les évidence les plus simples : l'universalisme de la gauche joue contre la France en position de faiblesse. PYR préfère le snobisme de se prétendre de droite tout en critiquant son camp, c'est une satisfaction d'amour-propre un peu minable).

Sur ce point, Zemmour a raison : l'islam est une maladie mortelle pour la France.

Je vais même plus loin : Zemmour n’est pas assez raciste (ou racialiste, je ne sais pas. Ces mots sont tellement piégés que j’hésite sur le mot juste). Il dit que la France n’est pas une race, c’est faux et archi-faux.

Ce qui est vrai est que, contrairement à l’Allemagne, et si on met Gobineau et quelques autres de côté, la France ne s’est jamais pensé en termes raciaux.

C’est tout simplement que l’homogénéité raciale était telle qu’elle allait de soi, qu’il n’y avait même pas besoin d’y penser, c’était une donnée. Mais cela ne signifie pas qu’elle n’existait pas et qu’elle n’avait aucune importance, bien au contraire.

Toutes les histoires de Zemmour « cette nation, qui n'est ni une race, ni une ethnie, ni même une géographie, est une construction tout artificielle, toute politique, qui doit tout aux hommes et rien aux éléments » ne prennent pas en compte que, dans l’ancienne France, la race allait de soi. On ne parlait pas de race, non point parce qu’on y avait pensé et qu’on avait conclu que ça ne comptait pas, mais parce que la question ne se posait pas et qu’on n’y avait pas pensé.

Or, l’hétérogénéité raciale porte la violence sociale (cf le Brésil et les Etats-Unis) voire la guerre civile, comme la nuée porte l’orage. C’est humain. La race est un facteur plus fondamental que n’importe quelle politique, surtout quand les différences raciales sont aussi des différences culturelles.

Il faut donc compléter la phrase de Zemmour : « cette nation, qui n'est ni une race, ni une ethnie, ni même une géographie, est une construction tout artificielle, toute politique, qui doit tout aux hommes et rien aux éléments à condition qu’elle soit peuplée en proportion écrasante de blancs catholiques ».

De Gaulle et sa fameuse phrase tant citée « nous sommes un peuple de race blanche, de culture gréco-latine, de religion catholique … » était plus lucide.

En fouillant sur internet pour trouver une critique solide de Zemmour, je tombe sur ceci : La France se fonde-t-elle sur une ethnie ? Sur une erreur majeure d'Eric Zemmour. J’en ai profité pour remanier un peu les quelques lignes ci-dessus.

Le livre de Zemmour est peu vulnérable sur le style et sur le contenu. Il est très agréablement écrit, il a un style, lui,  dont je comprends que ces collègues écrivassiers, journalistes ou politocards, soient jaloux. Sur les faits, il fait son travail très sérieusement. On peut, en revanche, critiquer la ligne générale, comme je viens de le faire.

E. Zemmour va répétant qu'il fait de la politique puisqu'il mène la bataille des idées politiques. Mais on dirait qu'il n'y croit pas vraiment. En effet, il parle finalement assez peu des grandes idées politiques. Il croit que la démographie est tout.

Or, la France a toujours été aussi une idée, celle de la monarchie de droit divin, le nouvel Israël, le royaume du fils ainé de l'Eglise. Eric Zemmour n'a visiblement pas assez réfléchi à ce que représente le lys.

Tous les autres pays ont pour symbole des animaux agressifs, lion, ours, aigle, léopard ... La France, c'est le lys, cette fleur fragile et immaculée, interprétée comme un symbole christique. Zemmour qui, bien évidemment, ne l'ignore pas, aurait du plus y songer : on n'abat pas le royaume des lys facilement, parce que rien n'est résistant comme l'humilité. Comme le disait Chesterton, il est facile de vaincre une armée où tous se prennent pour César, c'est plus difficile de vaincre une armée où chacun est prêt à se sacrifier pour la victoire.

Les Français d'aujourd'hui ne sont plus capables de sacrifice ? Pas si sûr : il manque une voix qui les y appelle. C'est au final ce qui manque à Zemmour. Toutes les critiques que j'ai lues ou entendues me convainquent peu : ce livre est bien écrit et les portraits sont excellents. En revanche, il lui manque d'ouvrir des perspectives entrainantes, qui existent toujours. Il a en partage le noir pessimisme de De Gaulle mais sans qu'il soit compensé par le génie de l'action.

Or, l'action, pour la France d'aujourd'hui, consiste à s'arracher à la mélasse européiste, à regarder vers le grand large. Zemmour ne nous soumet aucun plan en ce sens. Pourtant, il en existe un : abandonner l'Allemagne à ses turpitudes, abndonner l'Euro, refaire une politique mondiale ...

Conclusion de la conclusion : lisez Zemmour. Je ne suis pas d’accord avec tout, mais c’est fort bien écrit (il ne fréquente pas les meilleurs auteurs en vain) et profond. Il y a une vraie réflexion personnelle sur le destin français. On est loin des poncifs médiatiques.






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(1) : Bruno Bertez  :

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Je n’aime pas Zemmour car c’est un rebellocrate au sens de Muray. Il fait profession d’être rebelle. Et puis j’ai passé l’âge d’être chevènementiste, même si j’ai une tendresse pour Jean Pierre. Pour moi la souveraineté c’est pas celle de la Nation mais celle du peuple, celle des individus concrets, ceux qui existent. La réification de l’Idée de Nation, très peu pour moi.

Je n’apprécie guère les gens qui glosent sur le monde mais contribuent au maintien de ce que j’appelle le désordre, l’ordre pervers actuel qui fait marcher les gens à côté de leurs pompes, les aliène. Les rend étrangers à eux mêmes.


Je me plais cependant à répéter que je n’ai aucun ennemi du côté des contestataires du système.


Le gros problème de ces gens que j’ai cité est qu’ils croient tous que l’on peut lutter contre le système en profitant des facilités qu’il offre. Ils s’attendent tous à ce que le système les laisse utiliser la logistique qu’il a construite, pour lui même pour se reproduire et se maintenir. C’est pure naïveté, le système sait que nous sommes en guerre, une guerre « soft » d’accord, mais une guerre à mort: lui lutte pour sa survie et il a tout à perdre. Ces contestataires quasi officiels voudraient qu’il , le système, les laisse se servir de ses propres armes pour le détruire! Les médias, la culture, l’audiovisuel public, France Culture etc.


Marine et Mélenchon partagent la même naïveté: croire que le système va leur offrir une Tribune pour autre chose que les utiliser à son profit!


Michel Clouscard a bien analysé le phénomène autour duquel je tourne : le système produit les propres moyens de sa reproduction. Il produit le peuple qui lui convient, la société civile qui permet sa reproduction et au passage il annexe sa propre contestation. Il vit, il dure de sa dénonciation. Le système est composé à la fois de ceux qui en font la louange et de ceux qui le critiquent. C’est une médaille à deux faces.


J’ai souvent reproché à tous ces gens d’être des intellectuels, des spiritualistes à la Berkeley, qui croient que la vérité s’impose d’elle même. Ils parlent, écrivent, critiquent mais croient que la vérité s’impose d’elle même par un pouvoir magique, ce fut très net pour le chevènementisme qui a dégénéré en une fonction tribunitienne.


Lénine a résolu le problème de l’impuissance des intellectuels en considérant qu’il faut que la vérité pratique, la praxis soit incarnée dans des groupes sociaux, des fers de lance. On a vu de quelle façon cette philosophie politique a débouché sur une réalisation historique nomenklaturiste encore pire que celle qu’elle était censé combattre.


Je n’ai bien sur pas la solution, mais au moins je suggère que le problème se pose: comment faire de la politique, comment contester efficacement à notre époque ?

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Mes fidèles lecteurs reconnaîtront une vieille critique que je fais à Zemmour (voir ce billet de 2010), même si je ne l'ai pas rappelée depuis quelques années : quiconque passe à la télévision entretient l'illusion que le Système laisse des espaces de liberté et qu'il est réformable (alors qu'il ne peut être que combattu à mort et détruit, ce qu'a très bien compris Trump) : Zemmour est, qu'il le veuille ou non, un pilier du Système, il est absorbé par lui et le sert.

Les vrais ennemis du Système ne participent pas à ses médias, ils les court-circuitent (Trump avec Twitter) ou les concurrencent (TV Libertés).

Alors, ceux qui veulent censurer Zemmour feraient-ils une erreur stratégique, ? Ne feraient-ils pas mieux de le laisser parler pour entretenir le mythe que nous vivons en démocratie ? Je le crois.

Pour conclure, j'ai un point de désaccord avec Bruno Bertez :

Je ne suis pas d'accord, dans le cas particulier de la France, pour mettre le peuple au-dessus de la nation. Sans nation française, il n'y a plus de peuple français, les ferments de divisions sont trop forts. Sans nation française, il n'y a plus que des Bretons et des Basques, des Savoisiens et des Corses et aussi des Noirs et des Blancs, des Chrétiens et des Maures.

C'est d'ailleurs ce qui est en train d'advenir : l'effacement de la nation française nous conduit à la guerre civile des communautés.

Alors, mettre le peuple au-dessus de la nation, c'est une idée. Mais la pratique risque de se solder par des rivières de sang. Bien sûr, comme les Français ont oublié que l'histoire est tragique, je vais me faire traiter de fada.

Mais c'est oublier que si j'avais dit à un Français de 1530 que trente ans plus tard, la France serait à feu et à sang, il m'aurait aussi pris pour un fada.







dimanche, octobre 07, 2018

Les Marcheurs : des connards bourgeois qui n'ont aucun savoir-vivre

Gastronomie : changement de régime au Palais Bourbon

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Le député de Charente-Maritime non inscrit est l'un des rares à avoir conservé son siège face à la déferlante LaREM. Il a assisté à l'arrivée de la nouvelle génération « qui voulait changer le monde ». Il a vu les serveurs un peu «désarçonnés» par les demandes, constaté le remplacement du « vin rouge-entrecôte frites », plat phare de la buvette, au profit du « coca-menu végétarien ». Il a eu vent des tentatives de selfies vite refrénées. « Photographier la buvette fait partie des derniers tabous. » Il a aussi entendu la remise au pas, après des rumeurs de fête «s ans respect pour ce lieu de la République qui n'est ni un food truck, ni une boîte de nuit ». Mais ce qu'il déplore le plus dans ce «nouveau monde» LaREM, c'est « l'absence de convivialité ». Olivier Falorni se souvient avec nostalgie du temps où droite et gauche confondues dînaient ensemble quand les débats se prolongeaient. L'occasion de « faire tomber la température après le chaudron de l'Hémicycle. La République est née de la table, des grands buffets républicains », rappelle-t-il.
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En même temps, on ne peut pas dire que c'est la surprise du siècle.

Que les députés "marcheurs" soient des crétins vaniteux et égocentriques, sans aucun savoir-vivre, au sens littéral, on a connu révélation plus radicale. Ils sont à l'image de leur maitre et, pour ce que j'en connais, de leurs électeurs.

Ce n'est qu'une étape dans le mouvement de sélection inversée qui fait que nos politiciens sont des abrutis méprisables qui ne présentent aucune espèce d'intérêt.

La justice divine existe (au moins à Montpellier)

Montpellier : elles se font attaquer par des migrants mineurs en revenant du rassemblement pour le bateau de migrants Aquarius



Les mini-drones rendent-ils l'arme atomique obsolète ?

Bien entendu, nous avons de grands stratèges qui réfléchissent à tout ça. Faites leur confiance, ça va bien se passer.

Ce film est de la science-fiction, hélas très vraisemblable :




Kavanaugh à la Cour Suprême

Après des manoeuvres gauchistes qui font honte à tout démocrate digne de ce nom,  Brett Kavanaugh est enfin nommé à la Cour Suprême américaine. Je n'aime pas particulièrement ce personnage mais c'est ainsi.

Sur le plan de la politique intérieure américaine et de la guerre culturelle entre progressistes et conservateurs (qui, hélas, puisque nous sommes une colonie américaine, a des répercussions chez nous), le mandat de Donald Trump est fini, il a accompli sa mission.

Rappelons que les conservateurs conséquents donnaient à Donald Trump deux missions : empêcher l'élection d'Hillary Clinton et le mandat démocrate de trop ; faire basculer durablement (les juges sont nommés à vie) la Cour Suprême du coté conservateur. Carton plein des deux cotés. Le reste, les élections de mi-mandat, la lutte contre l'Etat Profond, c'est du bonus.

Les Américains ayant sacralisé leur constitution et ne la faisant plus évoluer, le pouvoir d'interprétation de la Cour Suprême est devenu un enjeu essentiel (probablement à l'opposé des idées des pères fondateurs). Toutes les damnables innovations « sociétales » de ces cinquante dernières années ont un rapport avec une décision de la Cour Suprême.

Si vous ne le comprenez pas, il y a des gens qui l'ont bien compris : les ennemis (à ce stade de violence, on ne dit plus adversaires) de Trump.

samedi, octobre 06, 2018

Le président des Autres

Macron-De Gaulle : le coup d’Etat ne fait pas le moine

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Emmanuel Macron a donc fait le pèlerinage de Colombey. Sans attendre le mois de novembre et le 47ème anniversaire de la mort du connétable, il a préféré marquer le coup de façon incongrue, avec le 60ème anniversaire de la promulgation de la Constitution de la Ve République. Où qu’il soit, en France ou à l’étranger, le président se sent obligé de manifester son aversion pour les Français et de s’en plaindre.
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Sur TV Libertés, Jean-Yves Le Gallou ne cesse de répéter qu'Emmanuel Macron est le président des Autres. C'est très bien vu.

Jean Raspail, dans la préface à réédition du Camp des Saints, explique que nous sommes désormais fliqués par Big Other,  l'Autre absolutisé, abstrait, sans rapport avec la réalité, qui a ses grands prêtres, son service de désordre et ses cours d'injustice, féroces.

Emmanuel Macron est le président du braqueur noir qu'il enlace contre le garçon blanc qu'il engueule (ce deux poids-deux mesures fait les gorges chaudes d'internet), de l'homosexuel contre l'homme normal, de l'immigré contre l'autochtone, de la bourgeoisie mondialisée contre le peuple enraciné, de la finance contre le travail, du rappeur contre le chansonnier, du luthérien contre le catholique ... La liste est interminable.

On peut psychanalyser Manu-pet-au-casque (quoique je pense que la vioque est encore plus atteinte, elle n'a pas officiellement le pouvoir) mais le résultat politique est là : Emmanuel Macron est le président des Autres. Pas étonnant dans ces conditions que sa côte de popularité s'écroule chez les Nôtres qui, tout franchouillards abrutis que les pense Jupiter. ont bien compris le message.

Tout cela n'est possible que parce qu'Emmanuel Macron est l'élu de la bourgeoisie mondialisée, de droite et de gauche, elle-même apatride et traitresse.

C'est aussi ce qui fait sa fragilité : Macron est l'élu du passé, le dernier avatar du giscardisme. Il termine un cycle. La mondialisation se referme, la bourgeoisie mondialisée, c'est le passé.

Mais les bons Français auraient bien tort de croire qu'il y a un sens de l'histoire et qu'il suffit de se laisser porter. La pression de la mode politique est contre le mondialisation mais le basculement n'a pas encore eu lieu et la bourgeoisie mondialisée détient tous les leviers.

Il faut se battre pour les lui faire lâcher. Et c'est une bataille sans quartiers, il n'y a pas de prisonniers. Il faut penser en stratèges pour gagner et c'est le plus difficile. Et pour commencer à parler stratégie, faut-il accepter le manichéisme de la position macronienne, même si nous sommes de l'autre coté ? N'est-ce pas un mauvais combat ? Quel est notre vrai combat ?

J'avoue ma tentation, ma réflexion, mon interrogation : ne vaut-il pas mieux se ré-orienter vers le grand large, mais nationalement, en ayant une politique de puissance nationale ?





La suite de l'article de Castelneau :

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Grâce à la stratégie du barrage au FN, et à une abstention massive, la France s’est trouvée ainsi dotée d’un président de la République parfaitement inconnu, sorti de nulle part, et à qui l’élection partiellement entachée de fraude donnait une légitimité faible. Pour avoir suivi en détail tout ce processus et en particulier l’opération judiciaire dont j’appréhende tous les détails, je considère que cette présentation et ce constat ne sont pas factuellement contestables. J’ai toujours eu cependant la surprise de me heurter à un surprenant déni, parfois véhément, souvent assorti par les imbéciles de l’accusation de complotisme. Comme si, après le calamiteux mandat de Hollande, l’envie de faire confiance au jeune roi amenait à refouler et conjurer cette tare initiale dans son avènement. Le problème est que l’opinion publique a découvert la réalité de la personnalité de son nouveau président jusque-là inconnu. Au-delà de l’amateurisme politique parfois confondant, des traits de caractère inquiétants sont apparus. Narcissisme, instabilité, tendance aux caprices, désinvolture méprisante, et fascinations surprenantes brossent le portrait d’un homme à qui il n’est pas possible de raisonnablement faire confiance. Et c’est là que le déficit criant de légitimité juridique et politique initiale revient en force et peut devenir insurmontable. Les difficultés qu’il rencontre dans la conduite de l’État et la violence des mises en cause dont il est l’objet en sont à mon sens le symptôme, comme si la rage qui s’exprime à chacun de ses manquements, chacune de ses foucades était le fruit du sentiment de s’être fait avoir. Et sur ce point, on voit mal comment il pourrait échapper au sentiment d’imposture qu’il provoque.

Quoi que lui-même et ses soutiens les plus niais essaient de nous faire croire, il n’a non seulement pas l’étoffe de l’homme d’État qu’il devrait être, mais la comparaison avec De Gaulle est simplement ridicule. Le problème est que nous sommes en début de mandat et qu’il est impossible, pour l’instant, d’apercevoir la moindre perspective politique.

Il est à craindre que nous gardions encore un moment ce président-boulet. Avec Alain Juppé Premier ministre ? [C'est déjà le cas : Philippe, c'est Juppé avec la barbe.]
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