mercredi, février 20, 2019

Instrumentalisation de la judéophobie et des casseurs : Zemmour très bon.











Instrumentalisation de la judéophobie : toujours plus loin vers la tyrannie.

C'est bien malheureux ce qui est arrivé à Alain Finkielkraut (1).

Mais l'émoi médiatico-politique, spectaculaire, mis en scène, autour de cette agression est ridicule : la judéophobie musulmane n'est pas, ou on ne devrait pas être, une surprise. Pour personne.

On détecte tout de suite l'instrumentalisation quand on voit qui s'émeut : des gens qui n'ont jamais été avares de complaisances coupables vis-à-vis de l'islamo-gauchisme, par essence judéophobe.




C'est bien gentil de s'occuper des djihadistes, c'est très chrétien en un sens perverti, mais cela ne témoigne pas d'une hostilité farouche d'En Marche pour l'islamisme (comme d'autres indices le laissent penser, le « comique » Bellatar, le député Aurélien Taché), c'est le moins qu'on puisse dire.

Et ce sont ces gens-là qui versent dans les démonstrations grandiloquentes d'émotion après l'agression de Finkielkraut ?

S'ils étaient sérieux, ils feraient moins de bruit et plus de travail de fond.

Bien entendu, la lutte contre l'antisémitisme n'est qu'un prétexte. Ces pervers n'en ont rien à foutre, des juifs.

Le premier but est de salir les Gilets jaunes. Cela pose une fois de plus la question des tactiques à adopter par les GJ pour éviter ce genre de piège.

Le deuxième, plus profond, est d'alimenter une psychose pour pousser les pions liberticides, et ça marche, hélas :



La plupart des gens, pourtant nés avec la télévision, ne prennent aucun recul par rapport aux emballements médiatiques, qui ne sont jamais innocents, jamais sans but ni programme.

Pourtant, nous ne sommes vraiment pas loin des 4 conditions de Volkoff permettant de détecter la désinformation :

1) Tout le monde dit la même chose. L'Huma et le Figaro sont d'accord. Dans le monde réel, avec toutes ses complexités, c'est impossible. Nous sommes donc en face de la désinformation.

2) Nous sommes informés jusqu'à saturation d'un certain coté du problème et pas du tout des autres.

3) Tous les bons sont d'un coté et les méchants de l'autre.

4) L'acquiescement de l'opinion débouche sur une psychose collective.

Sur le 2) par exemple, je n'ai lu dans aucun journal un article sur les sources de la judéophobie musulmane. Cela semble un phénomène naturel sorti de nulle part.

En tout cas, c'est une bien belle manipulation.

Alors, ne vous emballez pas. Défendez les juifs calmement, sans effets de manche, sans vous en servir comme prétexte pour exhiber votre belle âme, avec une grande persévérance car c'est un combat de longue haleine. Et servez avant tout la Justice.

Addendum :

Antisémitisme: le rassemblement de ceux qui n’ont rien fait contre.A l'initiative du PS, le défilé organisé à Paris a tout du bal des hypocrites.

Voilà ce qui arrive quand on touche à la laïcité.

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(1) : je regrette d'avoir pensé et écrit que, en tant que personnage médiatique (et non en tant que juif -la judéité est une catégorie d'explication qui m'indiffère), il pouvait avoir provoqué cet incident (je me rappelais le précédent de Nuit Debout - deux fois les mêmes circonstances, ça me paraissait trop gros pour être vrai), sa réaction ultérieure politiquement incorrecte prouve que j'avais tort : Finkielkraut a juste un grand talent pour se faire pincer les doigts dans la porte. (Ca a au moins l'avantage d'être révélateur)

mardi, février 19, 2019

Syrie : une attaque à l’explosif passée sous silence a bien visé le QG du renseignement militaire francais à Raqqa.

Syrie : une attaque à l’explosif passée sous silence a bien visé le QG du renseignement militaire francais à Raqqa

Il faut fouiller loin pour trouver cette info (merci P).

C'est beau, l'information démocratique : le bruit des bottes a été remplacé par le silence des algorithmes.

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Cependant, des informations fiables venant du terrain indiquent que l’offensive en cours contre ce prétendu résidu de Daech piétine et se heurte à des difficultés croissantes.

Le départ ou plus exactement le redéploiement des forces US de Syrie en Irak représente un véritable casse-tête pour le gouvernement de Paris et l’ensemble des réseaux souterrains et mafieux de ce que l’on pourrait qualifier d’État profond français qui s’acharnent non seulement à saboter toute initiative de paix en Syrie mais à faire perdurer le conflit en créant de nouveaux clivages tout en continuant à soutenir la rébellion. Il devient évident que pour Paris, ce n’est plus une question de soutien inconditionnel à Israël ou celui, intéressé, au Qatar mais une tentative désespérée de ne pas perde la face et permettre à Bashar Al-Assad de narguer encore une fois l’État profond français.
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Voir aussi l'affaire Legrier.

Tout ceci s'inscrit dans un cadre plus global : Gilets jaunes et compagnie ... Nos technocrates ont complètement largué les amarres, ils sont en roue libre dans leurs obsessions idéologiques. Plus rien de concret, l'intérêt de la France, la stratégie, la réalité, ne les atteint.

Seuls les rapports de forces pour leurs petites magouilles comptent encore, pour la défense de leurs positions, surplombés qu'ils sont par des visions qu'ils ne maitrisent pas, qui les dirigent, et dont ils ne veulent pas changer.





La lâcheté intellectuelle et morale, même chez les juifs agressés

Sarcelles : deux adolescents tirent devant une synagogue

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Moïse Kahloun, le président de la communauté juive de Sarcelles, a dénoncé une agression d'abord motivée par la bêtise, d'après le quotidien. "Ce n'est pas une agression antisémite. Ce sont des enfants qui auraient tiré sur n'importe qui".
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Bien entendu, personne ne peut croire à cette fable : les adolescents n'ont pas tiré sur «  n'importe qui » et je suis prêt à parier un an de salaire qu'ils ne viennent pas de n'importe quelle « communauté » mais d'une « communauté » réputée pour son amour des juifs.

Retour des djihadistes : la solution,

Notre petit monde politico-médiatique se torture le cervelet à propos du retour des djihadistes, dont même eux, avec leur capacité infinie à mentir, n'arrivent pas à nier que c'est très dangereux.

Pourtant, il y a une solution simple et juste, et respectueuse du choix des djihadistes (1) : la peine de mort pour trahison.

Mais, évidemment, quand, par lâcheté, par pusillanimité, notre classe dirigeante refuse d'envisager la solution simple, juste et sûre, ils ne restent plus que les solutions compliquées, injustes et dangereuses.

Les djihadistes ont bien raison de nous prendre pour des lâches et des décadents, nous le leur prouvons tous les jours.

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(1) : les traiter comme des malades ou des délinquants, c'est se mentir sur ce qu'ils sont.

lundi, février 18, 2019

Le Schoupntz

Ce excellent film de Pagnol (1937) permet au talent de Fernandel d'éclater.





Lutter contre la judéophobie, c’est facile.

Au risque de surprendre, je pense que lutter contre la judéophobie (terme que je préfère au vague « antisémitisme ») est facile.

Si on ne le fait pas, c’est qu’on ne le veut pas vraiment, on veut juste, et encore, traiter la symptôme, pas la maladie. « On », ce sont nos gouvernants depuis plusieurs décennies.

La judéophobie a presque disparu de la masse du peuple français vraiment français (tous les sondages et toutes les études le montrent). Il ne reste plus que deux sources :

1) La culture musulmane.

2) Le sentiment de dépossession.

[Addendum : j'ai oublié : une école qui enseigne au lieu d'une école qui formate (ce n'est pas en répétant que la haine des juifs c'est mal qu'on combat la judéophobie. C'est en donnant les moyens intellectuels de comprendre le monde sans passer par la simplification du complot juif). Mais alors là ... autant croire au père Noël.]

Les deux se rejoignent dans l’islamo-gauchisme.

Il serait très facile, si nos gouvernants le voulaient, de traiter ces deux causes :

1) Zéro immigration musulmane, les Français ne demandent que cela (y compris d’ailleurs beaucoup de musulmans intégrés !).

2) Plus de démocratie et reprendre possession de leur pays, il me semble que cela fait trois mois que des centaines de milliers de Français manifestent pour cela.

Autrement dit, si les gouvernants voulaient vraiment éradiquer les causes sociales de la judéophobie (je pense qu'il y aussi des causes psychologiques, plus difficiles), ils auraient un soutien populaire qui renverserait tous les obstacles que la bien-pensance ne manquerait pas de leur opposer. Sortir de la CEDH ? De la CJUE ? Dénoncer les traités européistes qui nous ligotent ? Un référendum et c’est fait haut la main.

Pourtant, la triste vérité est que ceux qui poussent des cris de putois à la moindre insulte judéophobe sont bien contents d’avoir ce prétexte pour culpabiliser les vrais Français (qui n’y sont pas pour grand’chose). La chasse à la « mauvaise pensée » est devenue une méthode de répression arbitraire  (comment se défend-t-on de « Vous êtes antisémite même si vous ne le dites pas. Votre discours est connoté, je vous accuse de pensées antisémites dissimulées » ?  Doit-on se scier le crâne pour montrer ce qu'il ya dedans ?).


Nota : le père Finkielkraut m'en a bouché un coin, j'ai été injuste à son égard :






dimanche, février 17, 2019

Le carré politique : vive la nation !

La nation, réponse existentielle à la crise occidentale ? Pour la revue américaine de référence en matière de relation internationales, la réponse est oui.

Ce texte d’Edouard Husson ne surprendra pas mes fidèles lecteurs.

Je soutiens (sans aucune originalité, tant j’ai été précédé) depuis des années que forment un carré politique indépassable les réalités suivants : nation, peuple, souveraineté, démocratie ; qu’attaquer l’un affaiblit nécessairement les trois autres (1) . C’est ce qu’a fait la gauche depuis cinquante ans, attaquer tour à tour chacun des quatre piliers. Hors de la nation, il n’y a que l’empire ou la tribu, qui ne me plaisent pas plus l’un que l’autre.

Je comprends bien que ma préférence pour la nation dérange ceux qui s’imaginent couverts de droits et dépourvu de devoirs, des adolescents éternels (ce n’est pas une espèce abstraite : j’en connais quelques uns, je mets des noms et des visages sur cette notion, certains ont dépassé la soixantaine).

Mais l’avenir du monde est là : paix entre les nations ou guerre entre les empires, guerre entre les tribus.

La question se pose à chacun de nous de manière très concrète (et diffcile) : que suis-je prêt à sacrifier pour la France ? (Et ne répondez pas : « Je paye des impôts, c’est suffisant »).

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(1) : les 4 attaques gauchistes :
la nation => le mondialisme.
le peuple => le grand remplacement.
la souveraineté => l'UE.
la démocratie => la dénaturation de la constitution.



Finkielkraut insulté (le pôv' chou) : la descente aux enfers des Gilets jaunes continue.

Emmanuel Macron dénonce les injures antisémites à l'encontre d'Alain Finkielkraut

Comme d'habitude, Finkielkraut fait son petit cinéma de pleurnicheuse victimaire, avec sa tête de chien battu. L'antisémitisme est bien assez dégueulasse comme ça, c'est minable de l'instrumentaliser.

Quand on écoute la video, on perçoit des propos qui ne font pas très France périphérique, plutôt France banlieue. Mais puisqu'on vous dit que cette anecdote condamne l'ensemble des Gilets jaunes ....

Depuis plusieurs semaines, je pense que les Gilets jaunes ont tort de continuer à manifester, qu'il faut qu'ils trouvent un autre mode d'action, car Macron a réussi à retourner la situation, désormais, plus les manifestations durent, plus ça l'aide à installer sa tyrannie.

Nous sommes au rouet.














Et la civilité légendaire de la police française :




Et pour rigoler :




Addendum : Alain Finkielkraut a eu une réaction très mesurée en ne portant pas plainte et en n'accusant pas les Gilets jaunes dans leur ensemble. On peut au moins lui rendre hommage pour cela.

Je ne suis toujours pas d'accord avec ses analyses, mais il est plus honnête que les locataires ordinaires du PAF.






samedi, février 16, 2019

Abandonnés

Berthez est verbeux (1), mais il a raison :

EDITORIAL. LE GÉNOCIDE SOCIAL. LES INSURGÉS, LES MANIFESTANTS, LES CITOYENS SONT ORPHELINS, ILS SONT SEULS.

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Ce qui est recherché c’est le génocide symbolique de la partie de la population qui est non conforme.

Macron a dessiné un monde binaire, il a tracé une ligne : d’un côté les bien pensants de l’autre les barbares . Et il s’est mandaté avec ses sponsors et ses complices européens et européistes pour exterminer, mettre en déroute totale les populistes, les illibéraux. Macron fait une croisade. C’est une sorte d’illuminé. Macron ne l’oubliez pas s’est proclamé chef de guerre, on n’ y a pas assez porté attention quand il l’a fait car c’était à l’étranger, dans les pays dits de l’Est. C’est pour cela que les insurgés ne reçoivent aucune aide l’étranger sauf de l’Italie.

Le soutien des chaînes d’information russes est utile à Macron car il permet de dire que les Gilets sont manipulés par les ennemis de l’extérieur.
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Je suis très frappé de l'abandon des Gilets jaunes, et plus largement du peuple français dans sa partie qui veut rester française (les GJ en sont la manifestation). Pas un membre de la France d'en haut (à part, un peu, Houellebecq) pour parler pour eux. Les uns ont leur prolétariat de substitution, les immigrés ; les autres se foutent de tout ce qui n'est pas eux-mêmes.

Cela me dérange beaucoup. C'est inédit depuis la révolution : jusqu'à maintenant, il s'est toujours trouvé un Hugo, un Zola, un Mérimée, un Camus plus récemment, pour porter la misère, que ce soit celle des ouvriers ou des paysans, dans le débat public. Là, rien, personne.

Même les prétendus rebelles genre Finkielkraut leur tournent le dos.

Les seuls intellectuels qui parlent pour les Gilets jaunes, Michéa, Guilluy,  sont ceux qui, précisément, ont refusé de faire partie de la France d'en haut. Ils ne peuvent donc être le relais des Gilets jaunes dans cette classe sociale.

Première conséquence : il est impossible aux Gilets jaunes d'être efficaces politiquement.

Gilets Jaunes. La véritable révolution reste à faire.

Deuxième conséquence : une dérive tyrannique d'autant plus aisée que personne en haut ne s'y oppose. C'est à vomir.

FRANCE : PSYOP EN COURS POUR TRANSFORMER LA CONTESTATION SOCIALE EN MOUVEMENT TERRORISTE

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C’est le retour des opposants politiques emprisonnés et de la dictature à la dure sous un mince vernis de légalité de façade.
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Avec un peu de manipulation basique :

Le Canard affirme que le gouvernement a empêché des policiers d’intervenir contre des casseurs afin de monter l’opinion.

Je vous en présente mes excuses par avance : j'ai le goût de la liberté. Je sais,  c'est pas bien. Esclave obéissant comme tant d'autres, c'est mieux, ça dérange moins.

Mais je suis ainsi. Il ne me convient pas de vivre dans un pays où il faut s'auto-censurer, de peur de la censure tout court.

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Il s’est établi un système de liberté sur la vente des productions, qui s’étend même à celles de la presse ; et que, pourvu que je ne parle en mes écrits ni de l’autorité, ni du culte, ni de la politique, ni de la morale, ni des gens en place, ni des corps en crédit, ni de l’Opéra, ni des autres spectacles, ni de personne qui tienne à quelque chose, je puis tout imprimer librement, sous l’inspection de deux ou trois censeurs.
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Il ne me convient pas non plus de vivre dans un pays où on réprime la moitié de la population (puisque c'est l'évaluation du nombre de ceux qui partagent les soucis des Gilets jaunes), même si je ne suis pas directement concerné (on ne fait pas de la politique que pour soi).

Or, il se trouve que ce pays n'est pas la Perse lointaine gouvernée par un satrape. C'est mon pays, la France, où je suis aussi légitime qu'un Macron ou qu'un Castaner.

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(1) : c'est une question d'habitude. J'ai des collègues pareils, très amoureux du son de leur propre voix, qui s'écoutent parler, qui emploient 4 ou 5 mots là où un seul irait. Ca n'est pas grave : vous hochez poliment la tête tout en faisant autre chose, cette satisfaction d'amour-propre leur suffit et vous échantillonnez : tous les 4 ou 5 phrases, vous vérifiez qu'ils disent bien ce que vous pensiez qu'ils allaient dire (quand on parle beaucoup, on se répète souvent. Moi aussi, je radote beaucoup).

Le mystère des Résistants de juin

On connait bien les « Résistants de septembre », les arrivistes qui se sont déclarés Résistants en septembre 1944.

Plus intéressant : les Résistants de juin. 1940, évidemment.

Dans L'appel du 18 juin 1940, François Delpla dresse une liste désespérante de tous ces Français de Londres qui rejoignent New-York en juin 1940.

Il y a des traitres patentés, comme Jean Monnet (« un petit financier au service des Américains », disait De Gaulle, jugement sévère confirmé par les archives). Ceux-là sont finalement les plus faciles à comprendre. Il y a toujours eu des Iago, des tordus, des vicieux. Des sociopathes, comme on dit de nos jours. On peut citer un Alexis Léger (Saint-John Perse en poésie, l'homme qui a produit de faux documents pour son édition dans la Pléiade).

Il y a aussi les imbéciles, style Saint  Exupéry. J'ai beaucoup de respect pour l'homme et pour l'écrivain, mais ses analyses politiques ne sont pas éblouissantes (litote). Un homme qui avait beaucoup de courage physique mais pas un tempérament de guerrier. C'était un doux, et donc un inapte politique.

Bon, les traitres et les imbéciles, c'est facile.

Mais que dire des Geneviève Tabouis, Henri Guéraud, Henri de Kérillis (1) ? Ni vicieux, ni bêtes, anti-nazis précoces, il se sont carapatés à New-York.

Bien sûr, il y a l'explication sociologique : ce sont des établis, des importants, ils ont quelque chose à perdre : réputation, position sociale et patrimoine.

Mais je crois que l'essentiel est une question de caractère : ils n'avaient pas le tempérament aventurier, don-quichottesque (raison pas contradictoire avec l'explication sociologique). Peut-être aussi se prenaient-ils trop au sérieux ? Quand je lis les Mémoires d'un agent secret de la France libre de Rémy, je suis frappé par l'humour qui court tout du long.

Et ils n'avaient peut-être pas non plus l'esprit de sacrifice.

Peut-être aussi ont-ils manqué de jugeote sur De Gaulle : beaucoup l'ont pris pour un apprenti dictateur, avec, comme Albert Lebrun, un attachement excessif, ridicule en de telles circonstances, au respect des formes (ce qui est, bien sûr, de la pusillanimité sophistiquée, autrement dit, une incapacité à s'élever à la hauteur des circonstances).

Je ne sais.

Pour suivre De Gaulle, il fallait les trois courages : physique, intellectuel, moral. Il y eut peu d'élus.

Bien sûr, il est plus facile pour les jeunes, les Messmer, les Lefranc, les Poype, de partir à l'aventure. Mais, en 1940, Rémy avait 36 ans et 4 enfants, Marc Bloch 54 ans.

Si la question des motivations des premiers Résistants m'intéresse, c'est qu'il est à nouveau dangereux d'avoir des idées patriotiques de résistance à l'Europe allemande et de défense de la liberté nationale (Amazon met à la porte des salariés pro-Gilets jaunes).



ALAIN JUPPÉ AU CONSEIL CONSTITUTIONNEL : UNE GRANDE EXPÉRIENCE DU DROIT PÉNAL …

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Conclusion

L’arrivée d’un politicien incompétent et au lourd passé judiciaire au Conseil Constitutionnel est un scandale de plus pour ce pouvoir. Qui témoigne répétons-le d’une totale absence de principe et d’une volonté d’instrumentaliser notre cour suprême. Et cette mesure est soutenue voire applaudie, par tous ceux qui avaient fait des gorges chaudes contre la nomination à la cour suprême des États-Unis par Donald Trump d’un magistrat respecté, à qui on reprochait sans preuve des paroles soi-disant inconvenantes prononcées 50 ans plus tôt, à l’âge de 17 ans dans une surprise-partie.

Ces gens-là sont prêts à tout.
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Bien sûr, je me suis assez moqué des Résistants-avec-70-ans-de-retard pour ne pas jouer le même sketch (d'ailleurs, où sont-ils passés, quand il y a des coups à prendre ?), mais nous dérivons tout de même vers une authentique tyrannie. Certes « le silence des algorithmes a remplacé le bruit des bottes », mais cela ne change rien au fond de l'affaire.

Il est instructif de méditer les précédents. Le Résistant est isolé, car la Résistance n'est pas un sport de masse (jusqu'à ce que la victoire se dessine), mais rarement seul : la solidarité des rares qui s'embarquent dans l'aventure n'est pas un vain mot.

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(1) : Kérillis est un cas intéressant. Ancien combattant, intelligent, ayant compris très tôt qu'Hitler n'était pas un imbécile. Gaulliste au début puis s'éloignant assez vite, il tourne anti-gaulliste farouche en 1943 (il est évidemment giraudiste) quand il s'aperçoit que le projet de De Gaulle est politique et pas seulement militaire. Il finit par mettre la mort de son fils, tué par la milice, sur le dos de De Gaulle, personnellement, ce qui montre à quel point il a quitté le domaine du rationnel.

La droite Figaro en action



Ce n'est pas eux qu'on retrouvera au coté du peuple.

jeudi, février 14, 2019

A380 : on ferme !

Airbus arrêtera de produire l'A380 en 2021.

Voici ce que j'écrivais en 2007 (12 ans déjà) :

Le retour du blog de JP Chevallier

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Il s'agit là de l'opinion de JP Chevallier et je suis agnostique sur le sujet. Par contre, il est vrai que ce raisonnement correspond très exactement à ce qui s'est passé pour l'A380, que j'ai suivi de près.

1) Les Européens hésitaient à lancer l'A380.

2) Boeing a fait semblant de préparer un très gros porteur.

3) Les Européens ont répondu qu'ils ne pouvaient pas laisser le monopole du marché des très gros porteurs aux Américains. Ils ont méprisé les « financiers » (il faut déjà être un peu bêbête pour prendre le mot « financier » pour une insulte) qui leur conseillaient de ne pas lancer l'A380, trop risqué.

4) Aussitôt l'A380 fermement lancé, les Américains ont remisé leur projet de gros-porteur (avec le recul, on sait qu'il n'a jamais été sérieux) et se sont mis au Dreamliner, qui fait depuis un tabac.

5) L'A380 est une catastrophe financière et commerciale, il ne rapportera jamais un sou, bien heureux si il ne coule pas la boîte, et gèle les capacités d'investissement et d'innovation d'EADS pour quelques années.
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Suis-je supérieurement intelligent ou doté d'une boule de cristal méga-atomique ? Hélas non. J'ai juste de la culture aéronautique.

Les Américains nous ont fait le même coup dans les années 60 avec le projet SSST (dont on apprendra ensuite qu'il n'a jamais été sérieux lui non plus) pour nous encourager à lancer le dispendieux gouffre Concorde (surnommé « gobe-millions » par Mongénéral) pendant qu'ils préparaient en douce le 747.

Il suffisait de s'en souvenir. Visiblement, c'était au-dessus des capacités des millionnaires dirigeants d'Airbus. Ils auraient mieux fait de me donner les millions.

Bien sûr, on pourriez me dire qu'à force de prédire des catastrophes, certaines finissent par arriver. Mais, tout de même, ça n'était pas mal vu (je suis assez content de moi !).

Pour bien enfoncer le clou, un article d'Aéro Buzz :

Airbus annonce l’arrêt de l’A380

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Cette sortie de piste de l’A380 est d’autant plus douloureuse qu’elle survient au moment où, non seulement Boeing, mais le monde entier, commémore le cinquantième anniversaire du premier vol du 747. Cinquante ans après, le Jumbo jet de Seattle continue à se vendre. Boeing a enregistré en 2018, 24 commandes nettes et réalisé 6 livraisons. Désormais, Boeing ne produit plus que des cargos. Les quadriréacteurs gros-porteurs n’ont pas la côte. Les compagnies leur préfèrent les gros biréacteurs, voire les monocouloirs à long rayon d’action [dont Boeing s'est fait une spécialité].
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Cet arrêt de l'A380 arrive à un moment où Airbus est en péril (Renaud Girard: « Airbus attaqué sur deux fronts »).

Bien sûr, Airbus ne va pas faire faillite l'année prochaine. Mais, dans cette industrie à cycles longs, il faut raisonner à 20 ans, et, à cet horizon, les nuages s'amoncellent et Airbus risque de perdre son rang.

Une république exemplaire, d'accord, mais de quoi ?

Deux repris de justice (Fabius et Juppé) au conseil constitutionnel.

Dettinger en prison et Benalla libre.

17 éborgnés.

Une opposition inexistante.

Des médias menteurs.

C'est certain : la république est exemplaire. Mais j'hésite à dire de quoi.


mercredi, février 13, 2019

Un gouvernement au mépris de la justice

Condamnations de Gilets jaunes : la curieuse approche quantitative de la justice mise en avant par Édouard Philippe

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Atlantico : ce mardi 12 février, le premier ministre, Edouard Philippe, a déclaré devant l'Assemblée nationale : "Depuis le début de ces événements, 1796 condamnations ont été prononcées par la justice et 1422 personnes sont encore en attente de jugement" (...) "plus de 1300 comparutions immédiates ont été organisées et 316 personnes ont été placées sous mandat de dépôt". Comment comprendre de tels chiffres, faut-il y voir une excessive sévérité, ou traitement "juste" de la situation eu égard aux événements ?

Régis de Castelnau : Ces chiffres sont proprement ahurissants. Il s’agit donc, et c’est assumé comme tel, d’une répression de masse. C’est-à-dire qu’on a mobilisé l’appareil judiciaire depuis trois mois pour faire ce qui ne peut plus s’apparenter à une justice normale, mais à une justice d’exception, à une justice de masse.

[…]

Le président de la république a fait le choix, non pas du maintien de l’ordre mais celui d’une répression brutale du mouvement des gilets jaunes. Que la justice souvent parquet et juges du siège ensemble ait accepté d’exécuter les ordres de l’Élysée et de la place Vendôme est une régression qui nous renvoie des dizaines d’années en arrière. Désormais lorsque les syndicats de magistrats nous parleront d’indépendance et d’impartialité ils se feront rire au nez. Surtout que dans le même temps, et l’affaire Benalla est là pour le démontrer, la même justice est d’une complaisance surprenante avec les délinquants qui entourent le chef de l’État.
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Au fond, cette affaire de Gilets jaunes est un problème de justice : justice sociale, justice économique, justice politique, justice juridique.

Comme l'ont compris mes fidèles lecteurs, je vis dans un milieu où on a beaucoup plus le sens de ses intérêts que celui de la justice. A 90 %, les réactions aux Gilets jaunes ont été (suivant le mot de Chantal Delsol, qu'on ne peut accuser d'être une dangereuse révolutionnaire) répugnantes.

Je l'ai expliqué ailleurs : ce sont des gens d'en haut (ou qui croient, les naïfs, être en haut) totalement étrangers à l'idée qu'ils ont des devoirs vis-à-vis de ceux d'en bas et chacune de leur saloperie contre les GJ se retourne contre eux, en marquant un devoir auquel ils ont manqué (exemple : « Ils font des fautes d'orthographe » certes, mais qui a détruit ou laissé détruire l'école ? Qui s'est contenté de sauver ses enfants en se foutant des enfants de pauvres ?). Bref, quand on est en haut, on est responsable, donc on évite de critiquer ceux d'en bas.

Mais, à l'inverse, quelques réactions m'ont étonné en bien. De lointains ricochets du « c'est pas juste » enfantin.







Si vous doutez encore que Trump est intelligent, la preuve par l'atome. Et nous sommes fous.

Ça fait trois ans que je pense que Donald Trump est supérieurement intelligent.

Cet article est amusant parce que NN Taleb (vous savez, Le cygne noir, Antifragile, Jouer sa peau …) tient (voir les raisons dans l’article ci-dessous) pour un signe d’intelligence supérieure d’être obsédé ou, au moins, très soucieux, de la possible catastrophe ou guerre nucléaire.

Nucléaire, l'apocalypse oubliée

La bombe nucléaire est notre nouveau sacré, en ce sens qu'elle contient la violence: elle est la violence et elle l'empêche.
FIGAROVOX/LECTURE - Dans La guerre qui ne peut pas avoir lieu, le philosophe Jean-Pierre Dupuy démonte la mécanique infernale de «l'équilibre de la Terreur».
- Crédits photo : Desclée de Brouwer
«J'ai toujours beaucoup réfléchi à la question de la guerre nucléaire. C'est un sujet qui a beaucoup d'importance dans la manière dont je pense. C'est la catastrophe ultime, extrême, le monde n'a pas de défi plus important à relever, et pourtant personne n'analyse les mécanismes qui y mènent. Personne ne veut en parler. Je crois qu'il n'y a rien de plus stupide que de croire que ça n'arrivera jamais juste parce que tout le monde sait que les armes nucléaires ont un immense pouvoir de destruction et qu'on va donc se garder de les utiliser.»
L'auteur de cette tirade, mise en exergue dans le livre de Jean-Pierre Dupuy La guerre qui ne peut pas avoir lieu, va vous étonner: il s'agit de Donald Trump, dans une interview donnée à Playboy en 1990. De l'aveu du philosophe, il aurait pu la signer, tant le futur président américain dévoile là la réalité crue des armes de dissuasion. C'est qu'il faut peut-être être un fou pour dire la vérité de la folie nucléaire.
La catastrophe nucléaire, centrale pendant la guerre froide, est devenue une préoccupation secondaire
Cette «guerre qui ne peut avoir lieu», c'est la guerre atomique, évidemment. Celle, qui, selon le mot d'Einstein, serait suivie par l'âge des pierres et des frondes. Celle que plus personne ne pourra raconter. Devant ce trou noir que constitue la possibilité pour l'humanité de s'autodétruire, l'esprit s'arrête, incapable de penser le pire. Comme le lanceur d'alerte Daniel Ellsberg (l'analyste qui a provoqué la «fuite» des Pentagon Papers) demeura interdit lorsqu'il apprit que les plans qu'il contribuait à concevoir pourraient coûter la vie à 600 millions de personnes. Cent Holocaustes. Un chiffre proprement inconcevable.
Est-ce pour cela que nous nous en désintéressons? La catastrophe nucléaire, centrale pendant la guerre froide, est devenue une préoccupation secondaire, passant derrière l'effondrement écologique. Et pourtant. Après la période de désarmement qui avait suivi la fin de l'URSS, la prolifération est repartie de plus belle. L'horloge de l'Apocalypse, horloge conceptuelle créée par des scientifiques pour mesurer la menace nucléaire, est revenue à un stade équivalent au pire moment de la guerre froide: minuit moins deux, minuit figurant l'apocalypse nucléaire. Le récent désengagement des États-Unis et de la Russie du traité de désarmement INFvient confirmer le retour de cette menace un temps oubliée.
Seul un fou pourrait appuyer sur le bouton nucléaire
Malgré tout, peut-on justifier éthiquement l'existence de la bombe? Dans ce livre qui oscille entre théorie des jeux, métaphysique pure et analyses psychologiques, l'auteur de Pour un catastrophisme éclairé démonte la mécanique infernale de la rationalité instrumentale qui structure «l'équilibre de la Terreur», en anglais «Mutually Assured Destruction» (destruction mutuelle assurée) ou MAD, c'est-à-dire «fou». La guerre nucléaire, non seulement en finit avec les règles de la guerre juste (discrimination entre cibles civiles et militaires, proportionnalité), mais les assimile désormais à une utopie pacifiste. Pour être efficace, la guerre nucléaire s'appuie sur la déraison des acteurs: seul un fou pourrait appuyer sur le bouton nucléaire, il faut donc que cette folie soit plausible pour que la dissuasion soit efficace. Dupuy s'attaque aussi à l'argument ressassé selon lequel la dissuasion nucléaire prouverait son efficacité par l'absence de guerre conventionnelle ou nucléaire. Rien ne saurait démontrer en effet qu'en l'absence de la bombe une guerre aurait éclaté entre les grandes puissances.
Disciple de René Girard, et comme lui enseignant à Stanford, le philosophe connaît bien les relations entre la violence et le sacré mis au jour par l'auteur du Bouc émissaire. La bombe est notre nouveau sacré, en ce sens qu'elle contient la violence: elle est la violence et elle l'empêche. Nous devons vivre avec cette idole sanguinaire. Notre époque aime à ricaner des prophètes de malheur, mais Jean-Pierre Dupuy assume son pessimisme. Il nous invite à regarder en face l'«abomination» éthique que constitue la bombe, sans nous rassurer par de prétendus arguments moraux. Depuis le 6 août 1945, l'humanité est entrée dans «l'ère du délai» (Günther Anders) et l'Apocalypse est notre avenir.
La guerre qui ne peut pas avoir lieu, Jean-Pierre Dupuy, Desclée de Brouwer, 226 p., 17,90 euros




Éric Zemmour : « Encore un effort pour être antique ! »



Ne le répétez pas : je méprise de plus en plus les femmes qui se veulent modernes, car elles correspondent exactement à la description de Zemmour :

Ainsi va notre jeune Italienne, entre ingénuité et moralisme, anachronisme et aveuglement, sentimentalisme et manque d'envergure intellectuelle : bref, une Occidentale typique, de son époque, de son milieu, de sa génération.






Éric Zemmour : « Encore un effort pour être antique ! »





CHRONIQUE - Une balade avec Jason à la recherche de la Toison d'or. Par une jeune Italienne à la mode, Andrea Marcolongo, plus moderne qu'elle ne le croit.
Andrea Marcolongo fut une adolescente pénible. Les parents vous diront qu'elles le sont toutes. Notre jeune Italienne avait des excuses: sa mère était morte alors qu'elle n'était qu'une enfant. Souffrant d'anorexie, elle teignait en noir sa belle chevelure blonde, et se tatouait la peau, comme pour mieux torturer ce corps qu'elle avait pris en grippe. Elle exaspérait ses camarades de classe en commençant toujours ses phrases par des «Cela vient du grec» ou des: «À mon avis, cela se disait en latin…».
L'arrogance de la première de la classe rend rarement populaire. On connaît la suite. Notre adolescente en souffrance a suivi le fameux conseil de Cocteau: «Ce qu'on te reproche, cultive-le, c'est toi!» Son premier livre, La Langue géniale(Les Belles Lettres), à la gloire du grec ancien, lui a valu un succès aussi inattendu qu'international.
Enhardie, elle entame cette carrière d'écrivain, dont elle avait rêvé, avec un nouvel ouvrage. Sans doute pour se rassurer - et ne pas effaroucher ses lecteurs - elle confine son inspiration dans les parages de la Grèce Antique ; mais elle évite les destinations trop balisées de l'Iliadeet l'Odyssée, et jette son dévolu sur la - un peu moins - célèbre histoire de la Toison d'or: la quête de Jason, et de ses compagnons de voyage en mer, les Argonautes, qui, après moult aventures initiatiques, reviendra avec le morceau de tissu si précieux, ayant conquis l'amour de la belle et indomptable Médée.


Notre jeune femme d'aujourd'hui vante l'initiation virile du jeune homme d'antan, sans comprendre que les valeurs qu'elle admire sont exactement celles que notre époque vomit comme «virilité toxique»



Notre auteur reprend la méthode qui avait fait son succès. Son livre n'est ni un roman, ni un essai ; plutôt une série de réflexions, anecdotes, commentaires, harmonieusement agencés, des allers-retours permanents entre hier et aujourd'hui, entre l'Antiquité et la postmodernité, entre les héros de la mythologie et le prosaïsme de nos contemporains, entre le charme persistant de la découverte des étymologies et la banalité des morales qu'elle en tire ; un style clair et propre, sans audace ni jargon, plat et scolaire.
Andrea Marcolongo s'attache à un récit au style épique alors qu'elle en manque singulièrement. C'est tout l'intérêt paradoxal de cet objet de grande consommation: l'auteur prétend (et sans doute est-elle sincère) «porter sur le présent le regard antique qui oriente ma vie et mes choix», alors qu'elle fait - peut-être sans le savoir - l'exact contraire, portant sur l'Antiquité, un regard contemporain qui imprègne sa vie et ses choix.
Dès le début, elle nous explique qu'elle a choisi l'histoire de Jason et de ses amis, les Argonautes, et non celle des héros d'Homère, car «comparés à Ulysse ou à Hector, ils sont fragiles, et toutefois plus forts, parce que leurs travaux ne sont pas dictés par la guerre ni la vengeance, mais par le besoin de se mettre avant tout eux-mêmes à l'épreuve». Tout le livre peut être résumé par cette phrase. Les étymologies, anecdotes, récits sont antiques, mais le regard est contemporain, et plus particulièrement féminin ; on baigne dans la religion de l'Amour qui domine l'Occident aujourd'hui ; l'héroïsme guerrier des Anciens est transformé en quête intérieure des Modernes ; l'Antiquité grecque revue et corrigée par le christianisme, la presse féminine et les livres américains de développement personnel.
Andrea Marcolongo confond l'essentiel et l'accessoire: elle croit que la véritable quête de Jason et de ses amis argonautes est l'amour, et non la Toison d'or ; alors que la conquête des femmes - et de la femme - est la récompense de l'exploit de l'homme. C'est bien parce qu'elle se réjouit d'être le trophée que la femme - en l'occurrence Médée - fait tout pour aider son soupirant à remporter la victoire.
Notre jeune femme d'aujourd'hui vante l'initiation virile du jeune homme d'antan, sans comprendre que les valeurs qu'elle admire - force, audace, transgression, indépendance - sont exactement celles que notre époque vomit comme «virilité toxique», pour les femmes et même pour la planète. On se demande même parfois si elle comprend bien cette Antiquité qu'elle dit chérir.


Ainsi va notre jeune Italienne, entre ingénuité et moralisme, anachronisme et aveuglement, sentimentalisme et manque d'envergure intellectuelle : bref, une Occidentale typique, de son époque, de son milieu, de sa génération



Quand elle vante l'hospitalité grecque de jadis pour mieux dénoncer le rejet des migrants d'aujourd'hui (on suppose qu'elle vise l'Italie de Salvini), elle oublie seulement que les «étrangers» qu'on accueillait avec «hospitalité» repartaient chez eux très vite. Et que ses chers Grecs antiques considéraient tous les étrangers comme des «barbares» méprisables. Les anecdotes qu'elle raconte elle-même peuvent d'ailleurs être retournées aisément contre sa démonstration humaniste. Ainsi, ramenés (par un vent capricieux) sur une île qu'ils venaient de quitter, les Argonautes massacrent les habitants qui les avaient pourtant accueillis avec générosité. Comme un avertissement à tous les peuples ouverts et généreux?
De même, sur l'île de Lemnos, les femmes avaient exterminé leurs hommes, bien décidées à les remplacer en tout. Elles n'avaient pas besoin d'eux pour vivre, prétendaient-elles. Mais, lorsque les Argonautes débarquent, elles se jettent au cou de ces étrangers, afin de combler leur fringale sensuelle. Ne demandez pas à notre auteur, pourtant si soucieuse de rapprochement avec notre époque, d'y voir le reflet, il est vrai peu avantageux, des féministes occidentales qui n'ont jamais fini de combattre un patriarcat blanc tandis qu'elles ne soufflent mot lorsque les brutalités, voire les violences, sont le fait d'hommes issus de l'immigration.


- Crédits photo : Les Belles lettres

Ainsi va notre jeune Italienne, entre ingénuité et moralisme, anachronisme et aveuglement, sentimentalisme et manque d'envergure intellectuelle: bref, une Occidentale typique, de son époque, de son milieu, de sa génération. Qui se croit délicieusement passéiste alors qu'elle est furieusement moderne ; qui se croit originale et élitiste alors qu'elle est désespérément banale. Mais qui nous a d'avance pardonné en précisant l'étymologie du mot critique: «Perçue (aujourd'hui) comme une agression, une attaque personnelle, une infamie, la critique signifie simplement savoir diviser les idées avec précision pour mieux les connaître et donc les juger. La critique est donc une attitude profondément humaine qui comporte sagesse, amour, intelligence, scepticisme et surtout prise de responsabilité.» L'étymologie, vous dis-je !




Pendant que les Gilets jaunes s'amusent, les travaux de démolition continuent.


La violence « gratuite » des policiers : une inquiétante dérive milicienne (2)

L’accumulation de témoignages de violences policières produit un effet désastreux, on ne peut plus accuser des dérives individuelles.

Prenons un angle différent des violences physiques. Pour changer.

Sur toutes les videos que j’ai vues cette semaine (je dirais, une douzaine), les policiers (je ne crois pas avoir vu de gendarmes) tutoient les civils, passants ou manifestants (ça commence quelquefois par le vouvoiement et se termine par le tutoiement).

Anecdotique ? Pas du tout.

Quand une personne en situation de force, ce qui est évidemment le cas d’un policier (ou d’un président de la république), tutoie, c’est automatiquement une marque de mépris : ça insiste sur l'infériorité de l'interlocuteur. Quand, en plus, c’est pour donner des ordres, cela devient révoltant : on ne s'adresse plus à un citoyen mais à un sujet. C’est cela, justement, le passage de la police au service de la collectivité à la police au service d’intérêts particuliers, à commencer par le sien propre. Le passage de la police à la milice.

Comme quoi, de simples mots sont révélateurs.

Ces violences marqueront durablement la considération (ou son absence) pour la police, car elles n’arrivent pas à n’importe quel moment. Elles arrivent au moment où une partie des Français se réinvestit dans la politique. Et c’est précisément à ce moment que beaucoup de policiers se comportent comme des cow-boys agressifs et méprisants.

Et les syndicalistes policiers, dont ça serait le boulot de dénoncer ce qui doit l'être, motus ...

Allez donc après cela faire pleurer les Français sur les suicides de policiers, les orphelins de la police ou le « manque de moyens ». Va falloir sortir les rames.




De grands vicieux (et de grands malades ?)

JM Blanquer, ci-devant ministre de l’éducation nazionale, impose de mettre un drapeau français dans les classes. Jusque-là, pas grand'chose à dire (à part que c'est ridicule, au vu de la destruction de la France par l'EN).

Mais il y ajoute le drapeau européen, ce qui a été refusé par les Français en 2005 et est inconstitutionnel.

Bien entendu, venant de gens pour qui la France n’existe pas et qui souhaitent la victoire de l’Allemagne (1) préfèrent la langue allemande, nul doute que le premier est un simple accessoire pour faire passer le second.

Le vice à ce point, c’est pathologique. Et comme Blanquer n’est pas le plus con, ce n’est pas le moins vicieux.

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(1) : digression. Il y aurait une psychanalyse à faire sur cette fameuse phrase de Laval : « Je souhaite la victoire de l'Allemagne parce que, sans elle, le bolchevisme, demain, s'installerait partout ! ». Elle date du 22 juin 1942. Les Etats-Unis sont entrés en guerre depuis six mois. La victoire de l’Allemagne est devenue quasi-impossible, Laval ne peut l’ignorer. Son entourage, y compris sa fille adorée (grande copine d’Arletty, mais c’est un autre histoire), l’a supplié de la retirer, comprenant bien qu’elle pesait son poids de plomb.

mardi, février 12, 2019

Gustave a de l'imagination et de l'intelligence

Ca a tout de même une autre gueule qu'un discours d'énarque !





La ligue des cons (le « mur des cons » des journalistes)

« Ligue du LOL » : la bande des « harceleurs » qui vous font la morale.

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La magistrature avait son « mur des cons », le milieu hype de la presse branchée a donc aussi le sien, plus actif, plus venimeux, plus bête et plus méchant puisqu’il s’en prenait directement aux personnes afin de les déstabiliser. Dans les deux cas, pourtant, c’est le même ressort psychologique et idéologique : le sentiment d’avoir tous les droits, d’être au-dessus des autres, le sentiment qu’appartenant au camp du Bien on peut tout se permettre, y compris fouler des victimes et des personnes rendues vulnérables au pied.

Que dire, aussi, de cet aspect ricanant propre aux adulescents, en permanence agressif, cynique et tournant tout en dérision, une dérision facile pour jeunes bobos parvenus, où l’on reconnaît par exemple le petit crochet de Vincent Glad, le fondateur de cette ligue des imbéciles malfaisants et désormais journaliste à Libération (spécialisé récemment dans l’activité des gilets Jaunes sur les réseaux sociaux, encore et toujours les réseaux sociaux) – dont il a été mis à pied, hier, à titre conservatoire – et par le Grand Journal de Canal +, grand pourvoyeur d’adulescence devant l’Eternel ?

[…]

Ce petit monde de l’entresoi médiatico-mondain, qui se déclare constamment progressiste, fustigeant sans cesse ceux qu’il jugera insuffisamment féministes ou trop réactionnaires sur les questions sociétales, se retrouve nu. Et, nu, il s’aperçoit, ô surprise, qu’il est comme tous les autres, habité de violence, que l’homme est plutôt naturellement mauvais, animé de pulsions basses. Le même qui critiquera volontiers la morale politique, selon lui douteuse, de ses adversaires, va soudainement découvrir ou feindre de découvrir que l’homme est un loup pour l’homme, enfin, surtout pour la femme, et qu’en meute il est aussi lâche que malveillant. Sale coup pour le progressisme ; LOL pour les autres, qui étaient moins naïfs, moins sournois ou moins hypocrites.
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Notre camarade serial-commentateur Curmudgeon trouve que cette affaire est au-delà du simple vice, que c’est de la perversité.

Je ne conteste pas. Mais les journalistes bien-pensants (1), comme ceux impliqués dans cette affaire, sont déjà tellement enfoncés dans mon mépris que je n’arrive pas à m’en émouvoir.

C’est comme si on me disait qu’Hitler battait son chien (ce qu’il ne faisait pas, d’ailleurs), ce n’est pas gentil mais par rapport à ses autres crimes, c’est négligeable.

Nous parlons de gens qui promeuvent ardemment la destruction de notre société, c’est-à-dire qui travaillent à pourrir la vie de millions de gens. A côté de cela, le harcèlement plus particulier de quelques-uns pâlit un peu. Il faut plutôt regarder la lune que le doigt.

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(1) : il ne faut pas oublier ce qu'est un journaliste en activité en 2019 : un enfoiré qui a un QI d'huitre mazoutée et qui ne recule devant aucun mensonge. Les autres sont au chômage.