mardi, février 25, 2020

Coronavirus : ça va finir rapidement.

Didier Raoult sur le machin-truc-virus

Le 25 février 1429

Jeanne d'Arc rencontre le roi Charles VII au château de Chinon

La rencontre entre le roi Charles VII et Jeanne d'Arc dans la grande salle du palais de Chinon, figure parmi les scènes les plus fameuses de l'Histoire de France. Nous avons réuni ici quelques-uns des plus savoureux récits contemporains.

Dans la Chronique de la Pucelle, attribuée à Cousinot de Montreuil, on relève une tentative de tromper la Pucelle sur l'identité de son interlocuteur. La supercherie est  aussi évoquée  brièvement dans le Journal du siège d'Orléans et dans la Chronique de Jean Chartier, dont voici un extrait (légèrement modernisé) :

Et celle-ci venue devant le roy fist les inclinations et révérences acoustumées de faire aux roys comme si elle eust esté nourrie en sa cour. Et en sa soumission et salutation dist, en adressant sa parolle au roy : "Dieu vous donne bonne vie, gentil roy." Malgré qu'elle ne le congnoissoit pas et qu'elle ne l'avoit jamais veu, et qu'il y avoit plussieurs seigneurs pompeusement et richement vestuz et  mieux que ne l'estoit le roy. C'est pourquoi il respondit à ladite Jehanne : "Je ne suys pas celui qui suys roys, Jehanne." Et en luy monstrant l'un des seigneurs, dit : "Voilà le roy !" A quoy elle respondi : "A ! non ! gentil prince, c'estes vous, et non autres".
Une image d'Epinal
La version la plus colorée, celle dont nous avons tous lu ou entendu un jour ou l'autre une adaptation, est l'œuvre d'un greffier de l'hôtel de ville de La Rochelle. Il ne fut pas le témoin oculaire des faits qu'il rapporte, mais il en était indubitablement contemporain :

L'an de grâce mil quatre cent vingt et neuf fut maire de La Rochelle honorable homme sire Hugues Guibert. Item le XXIIIe jour dudit mois de febvrier, vint devers le Roy nostre seigr, qui estoit à Chinon, une Pucelle de l'âge de XVI à XVII ans, née de Vaucouleur en la duché de Laurraine, laquelle avoit nom Jehanne et estoit en habit d'homme : c'est assavoir qu'elle avoit pourpoint noir, chausses estachées, robbe courte de gros gris noir, cheveux ronds et noirs, et un chappeau noir sur la teste. Et avoit en sa compagnie quatre escuiers qui la conduisoyent. Et quant elle fut arrivée au lieu dit de Chinon où le Roy estoit, comme dist est, elle demanda parler à luy. Et alors on luy monstra Monsgr Charles de bourbon, feignant que ce fust le Roy. Mais elle dit tantost que ce n'estoit pas le Roy, qu'elle le recognoitroit bien si elle le voyait, malgré qu'elle ne l'eût jamais vu. Après on luy fit venir un escuier, feignant que c'estoit le Roy. Mais elle devina bien qu'il ne l'estoit pas. Et tantost après, le Roy saillit d'une chambre, et dès qu'elle le vit, elle dit que c'estoit luy et luy dit qu'elle estoit venue à luy de par le Roy du Ciel, et qu'elle vouloit parler à luy. Et dit-on qu'elle luy dit certaines choses en secret, dont le Roy fut bien esmerveillé.

Cette version n'est cependant pas systématiquement confirmée par les témoins de la rencontre interrogés à l'occasion du procès en réhabilitation, tels Maître Réginald Thierry, chirurgien du roi, ou le sire Raoul de Gaucourt. Voici une partie de la déposition de ce dernier :

Il la vit quand elle se présenta à la vue de la majesté royale avec grande humilité et simplicité, comme une pauvre petite bergère, et il entendit les paroles suivantes qu'elle adressa au roi en ces termes : "Très illustre sire dauphin, je suis venue envoyée par Dieu, pour porter secours à vous et au royaume".

Simon Charles, président de la Chambre des Comptes à l'époque de l'enquête, était ambassadeur à Venise au moment des faits. Il a toutefois bénéficié du récit de Jean de Metz, qui avait selon ses dires "conduit cette Jeanne au roi". Voici ce qu'il raconte :

Lorsqu'elle entra au château de Chinon, pour venir devant le roi, celui-ci hésitait encore, suivant l'avis des grands de sa cour, à s'entretenir avec elle ; mais alors on annonça au roi que Robert de Baudricourt lui avait écrit qu'il envoyait cette femme, et que celle-ci avait passé par les territoires des ennemis du roi, qu'elle avait traversé à des gués beaucoup de rivières, presque miraculeusement, pour arriver jusqu'au roi. Pour cette raison le roi fut poussé à l'entendre, et donna audience à Jeanne. Lorsque le roi sut qu'elle venait, il se tira à part, en s'écartant des autres ; mais Jeanne le reconnut bien et lui fit sa révérence. Elle s'entretint avec lui pendant un long espace de temps. Après l'avoir entendue, le roi paraissait joyeux.

Ainsi débuta la fulgurante carrière de Jeanne d'Arc.

Le Rougeyron de janvier.





Il est bien quand il ne nous fait pas son trip bolchévique immigrationiste (le gros dérapage du mois, c'est Souleymani « brave type»).




lundi, février 24, 2020

La mort par pénurie de médicaments, ça fait cher payé le T-shirt à 1 €.

Le coronavirus oblige les labos à réfléchir à relocaliser en Europe

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Depuis l’apparition du coronavirus, la crainte de pénuries de médicaments resurgit dans les pays occidentaux. Cette peur est légitime, la Chine étant l’un des principaux fabricants de principes actifs, c’est-à-dire de la molécule qui confère au médicament ses propriétés thérapeutiques ou préventives. Elle a beau être utilisée en très faible proportion, elle n’en est pas moins indispensable. Or, depuis vingt ans, la plupart des laboratoires pharmaceutiques ont fait le choix de délocaliser leur production dans des pays à bas coût de main-d’œuvre et soumis à des exigences réglementaires et environnementales moindres Aujourd’hui, 80 % des fabricants de principes actifs se situent hors de l’Union européenne, contre 20 % il y a trente ans. Environ 60 % de la production s’effectue en Chine et en Inde. Outre les principes actifs, une part importante des excipients - ces ingrédients qui facilitent l’absorption et la dissolution du médicament dans l’organisme - et des produits intermédiaires de synthèse y sont aussi produits. En Chine, la plupart de ces usines, environ 2500, situées surtout sur la côte Est, sont aujourd’hui à l’arrêt.
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Connaissant la corruption et le je-m'en-foutisme vis-à-vis du bien commun de nos dirigeants, je n'envisage pas qu'ils exigent quoi que ce soit des multinationales.

Coronavirus : je reste calme (pour l'instant)




Il est très difficile d'avoir des informations fiables sur l'épidémie de coronavirus. Voici ce que j'en retire avec de grosses précautions (conditionnel partout) :

1) L'origine artificielle (labo chinois) du virus semble assez vraisemblable. Et ce n'est peut-être même pas un accident : le pouvoir chinois est une boite noire. Certains opposants pourraient avoir estimé que c'est dans leur intérêt de foutre le bordel et de discréditer Xi Jiping (ne jamais oublier que Mao a déclaré que le Chine pouvait se permettre une guerre à 100 millions de morts, alors ...).

2) S'il y a bien un problème de contagion, la mortalité ne semble pas très élevée (si les chiffres sont fiables, ce qui n'est pas gagné). On va de 1% à 20%. 1% c'est une grippe très violente, 20%, ça commence franchement à sentir le roussi.

On peut aussi raisonner en termes politiques : 1%, c'est un gros mécontentement de la population. 20 %, c'est la révolution.

3) Je n'ai bien entendu aucune confiance dans le gouvernement français pour gérer correctement la situation dans l'intérêt du pays (mais dans l'intérêt de la caste et des laboratoires pharmaceutiques, faut voir). Il faut être fou comme un lapin de six semaines pour accorder la moindre confiance à ce gouvernement sur quelque sujet que ce soit.

Comme je ne suis pas le seul à le penser, ça va être un gros problème en cas d'épidémie : cela signifie qu'il n'y aura pas de réponse collective structurée. Chacun fera en fonction de ses opinions, en ignorant les consignes gouvernementales. On a déjà le phénomène avec les vaccins.

4) Il est vrai que la panique est asymétrique. Si vous avez tort, vous vous serez juste un peu ridiculisé. Si vous avez raison, elle vous sauve la vie.





4) Il est assez probable, comme l'a dit le camarade Donald, que l'épidémie ralentisse, voire disparaisse, avec l'arrivée du printemps dans l'hémisphère nord. Deux à trois mois à tenir.

5) Certains pensent qu'un des effets bénéfiques pourrait être une remise en cause de la mondialisation.

J'y crois peu de la part de nos gouvernants complètement azimuthés (quand tu vois le Macron, la Buzyn, le Philippe ou le Castaner et que tu te dis « Ces gens là sont-ils capables de se remettre en cause pour me sauver la vie ? », tu sais que tu es dans la merde grave). L'idéologie nie les réalités les plus meurtrières. Mais ils en profiteront toujours pour resserrer la vis des libertés.

En revanche, la pression des événements risque d'être très forte venant de la base.


dimanche, février 23, 2020

Au salon de l'hypocrisie

Au salon de l’hypocrisie

par maximetandonnet
Chaque année au mois de février le même rituel revient. Les dirigeants et responsables politiques se précipitent au salon de l'agriculture sous le feu des caméras de télévision. La France, vieille nation agricole. Il faut les voir déambulant entouré de leur escorte de gardes du corps, buvant le coup, prenant des airs intéressés et tâtant le cul des vaches. a la mode: le petit jeu de celui qui reste le plus longtemps, 8H, 9H... Pour l'occupant de l'Elysée, l'exercice médiatique est un moment fort de l'année. Les autres politiciens le suivent, de l'extrême gauche à l'extrême droite. Pendant toute une année, ils se moquent éperdument du mode agricole qui n'est pas dans leur priorités. 50% des exploitations agricoles ont un revenu brut de 1750 €, ce qui laisse entendre une rémunération pour l'exploitant bien en dessous du SMIC. Les agriculteurs ne partent pas en vacance, ont les pires difficultés pour scolariser leurs enfants. Ils sont victimes de l'insécurité. En 2016, 750 agriculteurs se sont suicidés, soit 30 à 40 fois plus que la moyenne des autres professions. Et tout le monde s'en fout, pas un geste, pas un mot sur cette détresse. Quel politique national, quel média s'est jamais rendu auprès d'une petite exploitation dans la misère? Et quand vient le salon de l'hypocrisie, le salon de l'agriculture, excusez-moi, sous le feu des caméras de télévision, ils sont tous là à se pavaner, à pérorer, à pavoiser comme des paons. Moyen comme un autre de grappiller des poins dans les sondages. Quant à M. Drouet, l'ancien leader des GJ, je me demande bien sur quelle base juridique ils l'ont évacué par la force. Nous sommes en République après tout, les hommes sont tous égaux, dès lors qu'il n'a pas commis de violence ni d'insulte, aucune infraction, il a autant le droit de se rendre dans un salon que n'importe quel politicien ou politicienne. En République, disiez-vous?
Maxime TANDONNET
Le fond de l'histoire, c'est évidemment que la paysannerie est tout ce que les macronistes détestent, la vieille France, l'enracinement, l'écologie réelle, et qu'ils s'emploient activement à tuer, au sens le plus physique du mot. Mais tant qu'il se trouvera suffisamment de connards pour donner une majorité à ces criminels, nous serons au rouet.

samedi, février 22, 2020

Quelque chose ne tourne pas rond en Amérique.

Quelque chose ne tourne pas rond en Amérique.


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Jeff Bezos, le patron d’Amazon, vient d’acheter une maison à Los Angeles pour vivre avec sa nouvelle petite amie. Coût : 165 millions de dollars. Ca ne colle pas. L’argent, il ne l’a pas volé, il l’a mérité, le problème n’est pas là.

Le type, commercialement, est le plus grand génie du 21e siècle. Mais personne n’a besoin de vivre dans une maison à 165 millions ! Ca ne colle pas. Un jet privé ; d’accord, des villas un peu partout dans le monde pour le week-end, d’accord. Des yachts dans les ports, OK. Des voitures, des motos, des salles de Home Cinéma chez lui, pas de problème. Pas 165 millions pour une maison.

Amazon paye moins que ça en impôts chaque année. Certains de ses employés vivent dans leur voiture parce qu’ils ne peuvent pas payer un loyer. Ca non plus ça ne colle pas.

Bezos est un homme de gauche, ça ne colle vraiment pas. Il veut que l’Etat prenne les citoyens en charge, les assume, les assure, paye leur retraite, leur éducation, et que sais-je encore. Ca ne colle pas. Imaginez tous ceux qu’il aurait pu aider avec 165 millions de dollars. Il est de gauche avec mon argent. C’est mon argent qu’il veut redistribuer, pas le sien. Le sien, c’est pour acheter une maison à 165 millions. Presque autant que le nombre d’Américains qui votent.

Mike Bloomberg a fait un débat désastreux – pour une fois, les médias sont unanimes. Ca ne le dérange pas : il ne compte pas sur le peuple pour se faire élire, mais sur l’argent. Il l’a gagné honnêtement son argent. Il l’a mérité, le problème n’est pas là. Le type a inventé un programme de bourse qui est devenu indispensable à Wall Street, et monté un groupe de presse puissant. A partir de rien.

Mais.

Sur les 2 milliards que Bloomberg veut dépenser pour se faire élire, il a déjà dépensé 500 millions. 500 millions pour se faire scalper par une fausse Indienne ! Juste après sa performance calamiteuse,


  • il a reçu le soutien de trois membres du Congrès
  • et sa cote n’a baissé que de 3 points.
Ca ne colle pas.

Bloomberg veut confisquer les armes des Américains. Il est entouré de gardes du corps, et oui, ils sont armés. Vous allez défendre ça ? Il est plus important que les autres ? Ca ne colle pas non plus. Pourtant, 17% des Américains sont prêts à voter pour quelqu’un qui leur dit que sa vie compte plus que la leur.
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Les jean-foutre qui nous gouvernent




Nos ancêtres les paysans : mais au fait combien de français ont encore une idée de la vie à la ferme ?

D'après une étude réalisé par l'IFOP et datée de 2018, 81% des Français estiment que la vie à la campagne représente le mode de vie idéal. La campagne séduit donc et pourtant de moins en moins de Français ont de liens réels avec le monde agricole.D'après une étude réalisé par l'IFOP et datée de 2018, 81% des Français estiment que la vie à la campagne représente le mode de vie idéal. La campagne séduit donc et pourtant de moins en moins de Français ont de liens réels avec le monde agricole.

Avec Sylvie Brunel


Atlantico : On parle de la France comme étant un pays agricole mais les Français savent-ils encore ce qu'est réellement la vie à la campagne ? Que savent-ils concrètement du quotidien d'un agriculteur ? Quel pourcentage de la population a encore des liens avec le monde agricole ?

Sylvie Brunel : En réalité, 95 % de la population française vit désormais sous influence urbaine et se fait de l’agriculture une image fantasmée, soit nostalgique, soit passéiste. Elle ne connaît rien ou presque de la technicité et du professionnalisme du monde agricole aujourd’hui, de l’ampleur des normes sanitaires, des obligations légales, des contrôles répétés, du nécessaire respect du droit du travail, des cahiers des charges draconiens des acheteurs… Aujourd’hui, pour avoir une exploitation agricole, il faut être bon dans tous les domaines. Mais pour l’opinion publique, le paysan reste toujours plus ou moins un « bouseux » qu’on peut sans scrupule renvoyer à la pénibilité, aux durs travaux à la main, à des revenus chichement comptés. Quand il gagne correctement sa vie, le voilà suspect ! Et tout le monde s’autorise à donner des leçons de nature aux paysans, ce qu’on ne ferait pas dans l’automobile, l’énergie ou l’architecture par exemple.

Quelles catégories socioprofessionnelles de la population entretiennent encore des liens avec le monde agricole ? Quelles sont les régions les plus touchées par cette déconnexion avec le monde agricole ?

Sylvie Brunel : En amont c’est-à-dire dans le secteur de fournitures des intrants, des machines, de la construction, comme en aval, dans celui de la transformation et de la distribution, on estime que l’agriculture et l’agro-alimentaire concernent 14 % de la population active, ce qui fait de ce secteur le premier employeur privé de France, avec l’artisanat. Mais j’ai pu observer que la connaissance du monde agricole est souvent cloisonnée, par régions et par filières. Les viticulteurs bordelais ne connaissent pas toujours les éleveurs de porcs bretons, pourtant ils ont également entamé une démarche de responsabilité sociétale et environnementale. Mais les préjugés et la stigmatisation existent même au sein du monde agricole, parce que sortis de leur domaine de compétence, les agriculteurs eux-mêmes vont reproduire les idées reçues transmises par les médias. Le pire à mes yeux, ce sont les élites urbaines éduquées et en quête de critères de distinction, qui ne jurent que par le bio, le local, le « sans pesticides », sans connaître les conséquences économiques et sanitaires de leurs partis-pris. Je crains beaucoup le retour des pénuries, des contaminations, de la nourriture chère, de la dépendance alimentaire de la France, qui en seront les conséquences à moyen terme si nous continuons dans cette lancée. De nombreux risques sanitaires graves, comme les mycotoxines, sont ignorés des citadins prêts à bannir tous les traitements sans même savoir à quoi ils s’exposent [comme vous le savez, je suis pour l’extermination de ses connards, écolos urbains  trottinette, vegans, animalistes comme priorité nationale].

Si l'on s'intéresse précisément aux jeunes (moins de 30 ans) sont-ils encore plus coupé de la réalité du métier d'agriculteur ?

Sylvie Brunel : Beaucoup de jeunes sont fascinés par le monde agricole, synonyme de nature et de liberté. A l’heure du chômage de masse, on recrute dans les campagnes ! Il y a de nombreux postes à pourvoir. Beaucoup de communes rurales voudraient voir se réinstaller des jeunes, synonymes de renaissance, de territoires vivants, pour les services ou l’école. Les nouvelles installations de jeunes agriculteurs montrent qu’ils sont plus diplômés, pour un tiers issu de milieux non-agricoles (« hors cadre familial »), tentés par le bio et la pluriactivité. Et un sur six est une femme. Il y a un renouvellement profond de la profession, d’autant plus nécessaire que la moitié des agriculteurs va partir à la retraite dans les dix ans. 

Quelles sont les projections pour l'avenir ? Cette déconnexion devrait-elle s'aggraver ?

Sylvie Brunel : La déconnexion actuelle entre les citadins et les paysans devrait donc s’inverser à terme. J’espère que ce n’est pas un vœu pieu : actuellement les néoruraux, attirés à la campagne parce qu’ils la trouvent belle grâce au travail des agriculteurs (lavande, tournesol, haies, chemins ruraux…), leur pourrissent la vie à peine installés, à cause du bruit, des mouches, des crottins ou des bouses sur les routes, des tracteurs, des traitements, toujours perçus comme illégitimes  [avant, ces connards faisaient chier à distance, à cause du pouvoir qu’ils ont. Maintenant, ils viennent faire chier à domicile. Comme dit plus haut, l’extermination des bobos me semble une excellente idée, j’ai les noms. Même si on peut considérer qu’un programme si vaste est utopique]. Les tensions sont innombrables dans le périurbain. Les zones de non-traitement risquent de multiplier les broussailles, les friches et le découragement, et de servir de sanctuaires aux bioagresseurs des cultures. Il faudrait que les maires cessent d’installer des maisons au milieu des champs pour que les agriculteurs puissent travailler sereinement. Reconnaître qu’ils sont d’intérêt général. Une espèce en voie de disparition à protéger en priorité. Les premiers défenseurs d’une nature sculptée, apprivoisée, nourricière, ce sont les paysans !

Pierre Brochand: « Face à l’immigration, la société des individus n’est qu’un magasin de porcelaine »

Pierre Brochand: «L’immigration est le défi le plus redoutable auquel nous sommes confrontés» (1/2)

Pierre Brochand: « Face à l’immigration, la société des individus n’est qu’un magasin de porcelaine» (2/2)

Les deux articles sont à lire : ça fait du bien qu'un haut fonctionnaire le dise (mais, comme d'habitude, quand il n'est plus en exercice, ce qui ne sert strictement à rien. On attend toujours le courageux ministre qui dira la même chose).


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La lucidité nous oblige d’en revenir à des constats, présumés révolus. À savoir qu’il existe, entre les hommes, des différences que ni le contrat, ni la monnaie, ni le dialogue, et encore moins le « patriotisme constitutionnel », ne parviennent à aplanir et que ces différences peuvent remettre en cause la paix civile, en particulier dans une société qui, se croyant immunisée, est aveugle à ce danger.

L’idéologie de la Société des individus, sous le règne de laquelle nous vivons, méconnaît, par construction, la réalité d’un tel risque et, a fortiori, la nécessité de le prévenir. En effet, son credo, hyper-moderne et post-politique, nous commande de ne voir partout que des individus semblables, là où il suffit d’ouvrir les yeux pour vérifier la persistance de groupes non substituables : « nations » modernes, historiques et politiques, « communautés » naturelles, pré-modernes et pré-politiques, « civilisations » de plus vaste portée.

[…]

J’estime, en premier lieu, qu’une véritable politique de l’immigration exige une déchirante révision, c’est-à-dire ne plus se résigner au traitement « ex-post » d’une prétendue fatalité, mais reprendre impérativement le contrôle « ex-ante » de flux, maîtrisables pour peu qu’on le veuille.

Et, en second lieu, je pense que cette politique devrait constituer une priorité : à quoi bon engager de vastes programmes sociaux et environnementaux, si une partie significative de ces dépenses est préemptée par un afflux incessant de bénéficiaires sans contrepartie immédiate (« free riders »), et, surtout, si la décomposition conflictuelle du pays en ruine les bénéfices attendus.

[…]

Tout débat sur l’immigration commence, et finit habituellement, par des chiffres. Pour ma part, j’ai considéré la cause entendue sur ce terrain (400 000 entrées par an, hors clandestins).

[…]

Je ne suis pas historien, mais comment soutenir, de bonne foi, que la France a « toujours » été une « terre d’immigration » ? À ma connaissance, pendant mille ans, entre les invasions germaniques et la fin du XIXème, rien de significatif ne s’est produit. Depuis, il est vrai, notre pays a connu au moins trois vagues d’immigration de masse. Deux sont en cours, alors que la première, achevée, offre un exemple admirable d’assimilation. Ce qui n’est pas le cas des deux autres.

[…]

Parmi les diverses manipulations auxquelles se prête le «politiquement correct » - et Dieu sait s’il y en a ! -, on veut nous persuader qu’il n’y a « rien de nouveau sous le soleil » et que nous absorberons les deux dernières vagues aussi aisément que la première, puisqu’au fond rien ne les différencie.

Je vous avoue que cette cécité volontaire me laisse pantois. Pour avoir un peu couru la planète, je peux vous confirmer, au cas où vous en douteriez, que l’Europe et l’Afrique n’appartiennent pas à la même aire de civilisation, que l’islam n’est pas le christianisme, que la colonisation n’a pas laissé que des bons souvenirs, que la xénophobie, sentiment universel s’il en est, s’accroît avec les signes ostensibles de dissemblance, etc. Je pourrais allonger la liste de ces lieux communs, dont nous ne voulons plus entendre parler, même s’il suffit de sortir de Saint Germain-des-Prés pour en vérifier l’actualité.

[…]

La Société des individus se perçoit comme le stade ultime de l’émancipation. Il faut mesurer ce que cela signifie: l’autorité de dernier ressort n’est plus la Religion, la Tradition ou l’État, mais l’individu vivant, doté à égalité de droits inaliénables et prééminents, et incité ipso facto à se défaire de tous ses liens hérités, non voulus.

[…]

Malgré son apparente cohérence, cet idéal-type n’est rien d’autre qu’un « magasin de porcelaines », hautement vulnérable à tout ce qui n’est pas lui-même. Et ce pour au moins trois raisons, qui sont autant de contradictions. La première est que cette cohabitation d’atomes est, par définition, constamment guettée par le chaos. Pour ne pas y sombrer, elle requiert une privatisation des préférences, une intériorisation des interdits, bref un surmoi, que seules peuvent susciter une forte proximité et une grande maturité culturelles.

[…]

En second lieu, et de ce fait, l’Histoire Évolution s’apparente à un couloir vertueux, dont nul ne doit sortir, sous peine de tout faire capoter. Mais, pour éviter ces « dérapages », la Société des individus ne dispose que d’un «fusil à un coup»: celui de la surveillance du langage - le «politiquement correct» -, orchestrée par la communication médiatique et confortée par un climat de peur et de culpabilité constamment entretenu. Faute de pouvoir emprisonner les corps, on paralyse les esprits, à coups d’injonctions et d’interdictions, tamisées par l’euphémisme et la périphrase. Mais cette arme prophylactique, relativement efficace à court terme, s’enraye lorsque la distorsion, entre l’idéologie matraquée et le réel vécu, devient trop manifeste. Point de rupture que nous avons, me semble-t-il, atteint, si l’on veut bien y voir, comme moi, l’une des causes majeures de la poussée du « populisme » en Occident.

Enfin, plus subtil sans doute. Bien qu’issue de lui, la Société des individus est engagée dans une guerre dialectique avec l’État National, qu’elle entend discréditer pour mieux le domestiquer. Ce refus de la continuité l’amène à commettre un péché majeur: alors que son programme vise l’émiettement général, elle y fait exception en légitimant des regroupements moléculaires, appelés « minorités », pour peu qu’ils agrègent les «victimes» de l’État oppresseur, en vue d’en obtenir réparation. Certaines de ces revendications - féministes ou homosexuelles, par exemple - restent dans le fil de l’Histoire Évolution. Mais d’autres, telles les quérulences communautaires des immigrés ex-colonisés, vont à rebours et mettent à mal la porcelaine du magasin.

On aurait pu imaginer que la Société des individus, consciente de sa fragilité, fasse le tri. Eh bien non! Piégée par ses dogmes - l’universalité des droits de l’homme et la transversalité du «respect», parfois qualifiée d’intersectionalité... - , elle met toutes les «victimes» dans le même sac et se tire une double rafale dans le pied: d’abord, en ouvrant sa porte à des populations dont les modes de vie sont en discordance temporelle avec le sien, ensuite en tolérant qu’elles se recoagulent selon ces modèles anachroniques.

Parlons franc. Attirés en France sur la base des droits accordés par la Société des individus, une part significative des immigrés ne se reconnaît pas en elle. Non seulement n’ont-ils, par définition, pas suivi le même cheminement historique que les natifs, non seulement sont-ils épargnés par le discours culpabilisant réservé à ces derniers, non seulement ce discours leur accorde, en miroir, un statut inconditionnel de persécutés, mais ils arrivent encombrés de lourds bagages, dont ils n’entendent pas se débarrasser. Qu’il s’agisse d’hétéronomie, d’endogamie, de rancœur, d’alternationalisme ou d‘usages dysfonctionnels, tous ces traits, hérités des sociétés d’origine, font l’effet d’un pavé jeté dans la mare de notre individualisme apaisé.

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En somme, les immigrés extra-européens importent du « plein » collectif, là où la Société des individus ménage du «vide» individuel.

[…]

Le pire est que s’en trouve affecté ce socle minimal de la vie commune qu’est la confiance sociale, fondement de tout altruisme et même de toute coopération au-delà de la cellule familiale.

[…]

Plus grave encore, cette coexistence, sans arbitre reconnu, entre configurations communautaires et individualistes, non seulement mine la confiance, mais produit spontanément la défiance, car il n’existe pas d’état intermédiaire entre les deux, comme l’ont implacablement démontré les travaux de Robert Putnam.

Résultat des courses : notre société baigne dans d’effarantes contradictions. Par principe ouverte aux flux extérieurs de toutes origines, elle demande aussi un fort conformisme culturel pour ne pas éclater.


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Cette notion de « distance culturelle » me paraît infiniment plus appropriée, pour comprendre ce qui nous arrive, que le discours officiel, qui lui préfère celle de « diversité », soit le miracle par lequel l’altérité ne produirait jamais de conflit.

À vrai dire, il s’agit d’une question de bon sens, critère auquel je tente de me cramponner contre vents et marées. Est-il raisonnable de penser que des comptables scandinaves et des guerriers pachtouns, des ouvriers britanniques et des pasteurs somaliens, sont aptes à faire société, vivre en harmonie, encourager le métissage de leurs enfants ? Je réponds non, mais les dogmes en vigueur ne cessent de nous susurrer, tel le souffleur du théâtre, qu’il faut répondre oui.

[…]

À défaut d’être mesurable scientifiquement, cet écart peut être comparé. D’où ces lapalissades que l’on a honte de devoir énoncer. Par exemple, que les immigrés de la première vague étaient culturellement plus «proches» des autochtones que ceux des suivantes, car, faut-il le rappeler, le décalage est minimal au sein d’une même aire de «civilisation», soit un espace regroupant des cultures qui partagent une même généalogie, et dont l’Occident autrefois chrétien, l’Islam arabe ou le monde chinois offrent des exemples accomplis. Entre ces entités, les distances peuvent d’ailleurs évoluer. Ainsi, à l’époque contemporaine, l’Occident et l’Asie, bien que rivaux, partagent un socle plus large qu’avec l’Islam arabe : l’admirable réussite de l’immigration sino-vietnamienne en témoigne.

À l’évidence, la question de l’islam, porte-étendard de la rétroaction du Refus, est un axe central de la dissonance culturelle, question suffisamment traitée dans vos colonnes pour qu’il soit utile de beaucoup y insister. Disons seulement qu’il s’agit, à mes yeux, d’une religion devenue à nulle autre pareille, car fortement contestataire du monde tel qu’il va, aussi bien en Occident, où elle est importée, que dans le Second Monde, où elle se présente comme l’unique altermondialisme digne de ce nom: ce n’est pas un hasard si 85 à 90 % des crises chaudes y impliquent des musulmans. Jeune et dynamique mais aussi archaïque et littéraliste, elle n’est plus, si elle le fut jamais, l’homologue du christianisme, sorti du même moule gréco-latin que son frère ennemi, l’État National, et pour lequel notre laïcité a été taillée sur mesure.


L’islam, on le sait, ne se limite pas au for intérieur, mais requiert des conduites fédératives, visibles dans l’espace public, dont le respect est socialement observé et dont certaines - l’endogamie féminine, l’interdiction de l’apostasie - parachèvent la clôture communautaire. Ce chevauchement du public et du privé en fait non seulement un foyer ostensible d’hétéronomie collective, en achoppement orthogonal avec l’individualisme ambiant, mais aussi, à l’échelle mondiale, un agent historique de première grandeur, en quête de revanche. C’est pourquoi je crains que l’islam «de France» ne soit qu’une vue de l’esprit, puisque l’islam «en France» reproduit, en abyme, toutes les facettes et frustrations d’une foi et d’une loi insatisfaites.


Nous savons intuitivement que, pour certaines grandeurs « non-scalables », dont l’immigration fait partie, un accroissement de quantité provoque des sauts de qualité. D’où le concept de « seuil », devenu tabou, mais qui, pourtant, respire, lui aussi, le bon sens: au-delà d’une masse critique, les règles du jeu se modifient et ce qui était possible avant ne l’est plus après. Qui peut soutenir que l’arrivée d’un immigré afghan dans 100 villages de 1000 habitants a le même impact que l’installation de 100 Afghans dans un seul de ces villages, ou que les «bienfaits de la diversité» obéissent à la loi des rendements croissants, qui voudrait que l’introduction de 200 immigrés dans ce même village en double les avantages ?

[…]

Il me semble qu’après 50 ans d’influx massif de populations du Second Monde, l’honnêteté intellectuelle nous oblige à constater que ces flux ont créé infiniment plus de problèmes qu’ils n’en ont résolus, y compris sur le plan économique, souvent mis en avant pour les justifier. Dans ces conditions, il n’est rien moins que stupéfiant que, pour le seul motif de complaire à une idéologie, les politiques publiques se soient bornées à traiter des conséquences, sans jamais oser remonter à la cause . Est-il vraiment sérieux de prétendre agir contre le communautarisme, le séparatisme, l’islamisme, la partition, la sécession, que sais-je encore, sans même examiner la possibilité de réduire l’immigration ( « containment » ) et les « stocks » diasporiques qu’elle a contribué à accumuler ( «roll back » ) ?

Virage héroïque, que nos dirigeants, pas davantage que leurs prédécesseurs, ne semblent prêts à prendre. Selon l’expression consacrée, l’Histoire jugera, mais je crains que son verdict ne soit sévère.
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Au moins, la situation de la France a le mérite de la clarté : la remigration ou la mort.

Ah, quel enrichissement culturel, les superstitions des amateurs de chèvres !

vendredi, février 21, 2020

Les anonymes de la Résistance en France": 1940-1942 Motivations et engagements de la première heure (L. Yagil)

L'édition de ce livre est lamentable, il pullule de fautes grossières qui témoignent d'une absence de relecture. C'est dommage car le contenu vaut le détour.

Les premiers engagés dans la Résistance, les Rémy, Fourcaud, Loustanau-Lacau (dont le nom a  été refusé à une promotion de Saint-Cyr ! Ô bêtise ! Triste époque que la nôtre), m'ont toujours intéressé.

Car ils sont fils de la petite fille Espérance de Péguy. A part quelques extra-lucides, comme De Gaulle (et encore), peu font un calcul rationnel.

La réaction tient du « Ah ! C'est trop bête ! Perdre comme ça ... La partie ne peut pas s'arrêter là. Ca doit continuer » de De Gaulle.

L'auteur essaie de répertorier les actes de résistance individuels, ceux qui ne demandent aucune organisation, couper les poteaux téléphoniques (1), détourner les panneaux routiers, semer des clous sur la route, imprimer et distribuer des tracts. Actes qui peuvent tout de même coûter la peine de mort.

Une Résistance précoce

Un des premiers actes répertoriés date du 20 juin 1940 : Etienne Achavanne, 48 ans, coupe les câbles téléphoniques entre la kommandantur de Rouen et la base aérienne de Boos, facilitant ainsi un bombardement anglais. Il est arrêté et fusillé.

Le directeur de l'usine Schneider du Creusot organise lui-même les sabotages (évidemment, on n'est jamais mieux servi que par soi-même !). Les ouvriers de Montbéliard passent leur matériel en Suisse, pour être incapables de travailler.

Les premiers chapitres tracent le portrait d'une France du « non-consentement », cette France en-dessous du radar de la Résistance armée.

On est loin des « 40 millions de pétainistes » d'Henri Amouroux, qui, comme a dit une méchante langue, voulait se sentir moins seul (si son engagement dans la Résistance est pour le moins douteux, son comportement, dans la poche de Royan, par la suite fut courageux). Et loin également des élucubration paxtoniennes, qui ont un prisme officiel et prennent pour argent comptant ce que les vichystes disent d'eux-mêmes.

Je ne suis pas étonné de ce portrait d'une France qui refuse l'Occupation dès 1940.

En effet, si une petite minorité seulement passe à l'action, tous savent assez rapidement que l'hypothèse fondamentale du gouvernement Pétain « l'Angleterre aura le cou tordu comme un poulet » a du plomb dans l'aile.

Le premier acte de résistance qui entre dans la grande histoire est la manifestation étudiante du 11 novembre 1940.

Des militaires cons comme des balais

Les vichysso-résistants furent également précoces, même si leur position politique est stupide.

Mais la Résistance dans l'armée était dérisoire par principe : ce n'est pas quand on a chié dans son froc qu'il faut serrer les fesses, ce n'est pas quand on perdu la guerre qu'il faut commencer à avoir de l'imagination et de la combativité.

Le haut commandement français, Gamelin, Weygand, Georges, Huntziger, est peuplé d'imbéciles : on peut véritablement dire qu'ils sont bêtes à manger du foin, ils sont mauvais comme des cochons (2). Weygand s'aperçoit en septembre 1940 que la guerre va continuer, mais, mon coco, c'était en juin qu'il fallait t'en apercevoir. C'est toute la différence d'intelligence avec De Gaulle (plus je connais Weygand, plus je comprends le mépris dans lequel le tenait De Gaulle). Jean Monnet, qui conseillait Giraud, se désespérait de sa bêtise.

Et Darlan, le pire de tous ? Comme dit Churchill, il passait avec sa flotte du coté anglais en juin, il devenait le sauveur de la France et de l'Europe, De Gaulle en plus grand. Au lieu de ce destin grandiose, il fait encore plus carpette devant les Boches que Laval. Quand on est minable ...

Avec des branques pareils, c'est compréhensible que nous ayons perdu la guerre en 40.

Le truc le plus intelligent que pouvait faire un militaire de l'époque, c'était de rejoindre la France Libre et ils ne se sont pas bousculés au portillon.

Filons les filières

Plus longue est la mise en place de réseaux d'évasion d'aviateurs abattus : c'est la mission la plus complexe dans la clandestinité (3). Il faut nourrir, habiller, loger, transporter des gens qui ne parlent pas français. C'est le film La grande vadrouille mais en plus difficile et en vrai, avec la peine de mort et la déportation au bout du chemin.

Le réseau Comète comprenait 3 000 membres et a fait évader 800 personnes. On estime qu'un quart des aviateurs alliés abattus arrivés vivants au sol ont pu regagner l'Angleterre (le plus célèbre d'entre eux est Chuck Yaeger, le premier homme à passer le mur du son, qui a gardé des liens avec les familles françaises qui l'ont recueilli), c'est une performance loin d'être négligeable, qui suppose de nombreuses complicités actives et passives, un halo protecteur. Ca rend absurde la thèse des Français tous salauds.

Mon a curé a du réseau

Autant les évêques sont plutôt maréchalistes (il paraît que l'Enfer est pavé de crânes d'évêques), autant le bas clergé et les congrégations sont Résistants. La Trappe des Dombes cache 280 tonnes de matériel : armes, essence, camions ! On a même des curés et des révérends pères chefs de maquis ou de groupes de combat.

Je suis surpris de cette omniprésence des religieux au niveau de base de la Résistance. On note également pas mal de chatelains : il faut de la place pour héberger les fugitifs.

On glisse souvent du caritatif à la lutte armée : on commence par recueillir des évadés, puis on cache des armes et on finit par faire le coup de feu.

Les maquis

Mais n'oublions pas (ce n'est pas le sujet du livre) non plus la grande flambée patriotique de l'été 44.

On a beaucoup moqué les RMS, les Résistants du Mois de Septembre, mais ceux qui sont morts en juin, juillet août, ne se sont pas relevés. Les dizaines de milliers d'hommes (on chiffre autour de 50 000) qui sont partis au maquis exprimaient le cri de libération d'un peuple sevré d'humiliations et de privations.

Quel est l'effet militaire de la Résistance ?

S'agissant de la résistance armée, il est quasiment nul : dix mitraillettes Sten en face d'une mitrailleuse MG42, c'est la mitrailleuse qui gagne.  Et les troupes employées à mater les maquis étant de second ordre, elles n'ont pas manqué sur le front de Normandie. Eisenhower a eu la gentillesse de dire qu'il représentait 15 divisions, c'est de la blague pour faire plaisir à un pays allié.

Et puis, il y a le fait que beaucoup d'officiers de carrière se retrouvent à commander des maquis et veulent venger la défaite de 1940 par de jolies batailles rangées pas du tout adaptées à ce genre de troupes. Gilbert Joseph a écrit un livre décapant sur le maquis du Vercors.

En revanche, toute la partie renseignements a eu un poids très fort en donnant aux Alliés de l'assurance dans leurs choix.

La partie sabotage du transport, qu'il est difficile d'isoler de la campagne de bombardement alliée, a eu probablement une certaine efficacité.

Nous sommes passés du mythe résistantialiste, « tous Résistants », au mythe collaborationniste « tous collabos », encore plus faux, et beaucoup plus nocif.

Mitterrand, qui savait de quoi il parlait, disait que ceux qui propagent ce mythe collaborationniste n'aiment pas la France.

Et il n'y a pas que de douteux métèques, ces nouveaux arrivants qui passent leur temps à nous donner des leçons de France, à propager ce mythe destructeur, il y a de purs Français de souche, dont certains présidents de la république.

En fait, comme je l'expliquais dans la recension du livre de PF Paoli, il s'agit pour les vrais coupables de collaboration, notamment les intellectuels et les artistes, de faire un amalgame de manière à ce que, la faute retombant sur tout le peuple français, elle ne retombe plus sur personne en particulier. Quand tout le monde est coupable, plus personne ne l'est.

Alors, rétablissons la vérité : il y eut des Résistants précoces, plus qu'on ne le dit, et des Résistants tardifs, mais authentiques (l'espérance de vie d'un Résistant fin 1943 était de 6 mois), très nombreux.

D'ailleurs, il faut bien mal connaître les Français pour soutenir les thèses repentantes. Hélas, c'est le cas : nos élites urbaines connaissent fort mal les Français (l'entourage de Sarkozy comprenait quelques descendants de collabos issus de la bourgeoisie parisienne). Quiconque a de la famille a la campagne connaît quelqu'un qui a aidé des évadés ou des maquisards.

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(1) : ça m'a fait penser aux Gilets Jaunes avec les radars !

(2) : les Anglais (surtout) et les Américains ont eu le même problème de mauvaise qualité des généraux. Une des hantises d'Hitler était de faire la guerre avant que les Allemands basculent dans ce qu'on n'appelait pas encore la société de consommation et se désintéressent de l'armée. Probablement que ce processus était plus entamé dans d'autres pays.

(3) : la Belge Andrée de Jongh monte à seulement 25 ans le réseau d'évasion Comète (elle sera la seule femme chef de réseau avec Marie-Madeleine Fourcade). Elle est infirmière au Congo dans les années 60, la RAF apprend que sa mère est malade en Belgique, elle met aussitôt un avion à sa disposition pour qu'elle puisse aller la visiter. Les Anglais ne sont pas toujours ingrats.

La campagne anti-Branco est lancée à fond.

Je n’aime pas le personnage, mais il y a 8 articles sur lui dans le Figaro en 2 jours et tous perfides. Il doit quand même déranger des gens puissants ! Genre du coté du chateau.

A moins, bien sûr, que la presse soit indépendante (c’est ma plaisanterie pour fêter le week-end).

Sur Wikipédia, les vies rêvées de Juan Branco

Encore et toujours la maxime de Bernard Lugan : il y a pire que la presse de gauche, il y a la presse de droite bourgeoise.

L'écologisme est une foutaise suicidaire

Il n'y a pas d'urgence climatique dans le monde (même si la température globale montait de 4° C en un siècle, qu'est-ce qu'on en a à foutre ?).

Et pas de problème écologique grave en France (qui ferait autant de morts que la grippe par exemple).

Pour ce fantasme, nous allons bazarder notre mode de vie et revenir deux siècles en arrière.

THE REAL WESTERN CIVILISATION EMERGENCY

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The “climate emergency”, which we are told threatens the imminent collapse of civilisation and the extinction of humanity, is a dogma being enforced by a culturally totalitarian tyranny. Threatening the living standards of millions, permitting no challenge and wrecking the livelihoods and reputations of any who dares dissent, it has been created by a repudiation of science, humanity and reason: the very markers of modernity and the west. This is the real emergency.
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Dédiée à Juan Branco, à Daniel Cohn-Bendit, à Jean-Luc Mélenchon, Clémentine Autaine, et à tous les rentiers de la rebellitude ...

Souverainistes, ne soyons pas les bigots de l'étatisme !

Guillaume Bigot : « La violence verbale de Nicolas Sarkozy révèle la faiblesse du projet européiste »






Beaucoup de souverainistes, la plupart même, Zemmour, Le Pen, Asselineau, ne comprennent pas que le cercle vicieux, qui lie depuis les années 70 l'Etat et la dissolution de la France, n'est pas seulement idéologique mais fonctionnel.

1) Moi, l'Etat, j'organise l'abolition des frontières, le Petit (culturel) et le Grand (démographique) Remplacements.

2) Cette politique crée des problèmes économiques et sociaux énormes. Notamment, une dissolution du lien social, de l'affectio societatis.

3) Toujours moi, l'Etat, je me propose pour résoudre les problèmes que j'ai créés. J'accrois ainsi mes pouvoirs, en particulier, mes pouvoirs d'immixtion dans les relations sociales. Les liens sociaux, remplacés par les interventions de l'Etat, s'atténuent encore plus.

4) Bien sûr, les problèmes sociaux s'aggravent. Le cercle vicieux est enclenché.

5 ) l'Etat je-me-mêle-de-tout-et-surtout-de-ce-qui-ne-me-regarde-pas ayant accru hors de proportion ses pouvoirs, il est libre de laisser entrer autant de futurs assistés qu'il veut, qui justifieront son assistanat intrusif.

6) Le pli est pris : à chaque problème, une intervention supplémentaire de l'Etat, qui dissoudra encore plus les liens sociaux. L'Etat est une machine infernale froide, qui a pris son indépendance et règne sur un territoire et des sujets, sans considération d'incarnation et d'identité.

C'est pourquoi, contrairement à ce que croient les souverainistes cités plus haut, il ne suffira pas de prendre le pouvoir puis l'Etat tel qu'il est et de l'orienter dans une nouvelle direction. Il faudra casser la logique étatiste, il faudra casser l'Etat-nounou, sinon l'administration finira toujours par être la plus forte, par avoir les politiques à l'usure.

Autrement dit, il faudra être libéral en interne, quitte à être protectionniste vis-à-vis de l'extérieur, ce qui était la politique de De Gaulle, tout bêtement.

Boris Johnson et Dominic Cummings l'ont bien compris en Grande-Bretagne. Ils ont un programme ambitieux pour casser la bureaucratie tentaculaire.





Guillaume Bigot : « La violence verbale de Nicolas Sarkozy révèle la faiblesse du projet européiste »

Guillaume Bigot : « La violence verbale de Nicolas Sarkozy révèle la faiblesse du projet européiste »

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Nicolas Sarkozy est coutumier des rodomontades non suivies d’effets. Mais à la rage de l’impuissance en général, s’ajoute celle propre à toute idéologie confrontée à un réel qui refuse de se conformer à ses prédictions et oukases.

À cet égard, l’européisme, comme tout système de nature idéologique se révèle incapable de s’adapter, d’admettre ses échecs, de reconnaître ses erreurs, bref, de composer avec le réel.
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mercredi, février 19, 2020

Etrange (pas si étrange ?) attitude du Figaro.

Dans l'affaire Griveaux, le Figaro traine dans la boue avec une grande violence les pieds nickelés de l'équipe Branco, avec ce coté faux-cul qu'on leur connaît : un adjectif péjoratif par ci, une remarque sur le physique par là, un éditorial à charge, un portrait débordant de négativité et de mesquines allusions ...

Un parti-pris macroniste aussi flagrant étonne. Ou pas. Comme dit Bernard Lugan, il y a pire que la presse de gauche, il y a la presse de droite bourgeoise.

Il se dit (que vaut la rumeur ?) que c'est la panique en macronie, que Branco pourrait détenir des videos bien plus compromettantes que Griveaux se tripotant le poireau.

Quand il y a un vrai péril pour le Système, les oppositions factices disparaissent et le Figaro se retrouve d'accord avec le Monde et Libération.

Mon pronostic est que tout cela va finir en eau de boudin : le Système a une capacité extraordinaire à étouffer les coups, à faire édredon.

Est-ce que Branco est définitivement grillé ? Bien sûr que non : c'est un faux rebelle, ces types là savent toujours jusqu'où ne pas aller trop loin. Il va suivre une trajectoire à la Cohn-Bendit : rebébelle à 30 ans, établi à 40, pilier du Système à 60. Branco ne sera dangereux pour Macron que lorsque le Système aura trouvé un remplaçant au mari de Brizitte et enverra le signal à Branco qu'il peut se lâcher.

Et on en revient à la politique : Branco est un gauchiste, donc ses idées ne sont pas dangereuses pour le Système, qui sait parfaitement les absorber comme il a absorbé les Cohn-Bendit et les Mélenchon. Les seuls vrais dangers sont le patriotisme et le protectionnisme, que ne plaide pas Branco.

Alerte chaude mais pas vitale.

mardi, février 18, 2020

Quand tu t'aperçois que t'es con (et que tu continues à être con).



Zemmour l'a très bien expliqué l'autre jour face à Cambadelis : ces gens là ont une conception fausse de l'homme (rousseauiste et universaliste, ce qui nous ramène à notre sujet). Ils font donc de mauvaises analyses et prennent de mauvaises décisions, puis ne peuvent que constater 30 ans plus tard la justesse de ce que leur disaient ceux qui avaient la bonne conception de l'homme (conservatrice et enracinée) dès le départ, sans être écoutés.

Ensuite, comme ils ne se remettent pas en cause leur conception fausse de l'homme, ils repartent pour un cycle de 30 ans d'erreurs.

Le drame, c'est qu'ils ne font pas ça tous seuls dans leur coin, ils ne peuvent pas s'empêcher d'imposer leurs conneries à des gens qui ne leur demandent rien.

Le suicide européen par la technocratie

On prend les technocrates pour de froids penseurs rationnels. Mais c’est faux (voir l’URSS) : ils remplissent le creux qu’ils ont à la place de l’âme par l’idéologie la plus folle (qui implique généralement le sacrifice des pauvres bougres).




L'interdiction du moteur thermique d'ici 2035 en Grande-Bretagne et ailleurs en Europe est réellement un suicide. Même si ça finit par ne pas se faire tellement c'est débile, cela aura orienté l'industrie automobile européenne dans une impasse mortelle.

Le plus navrant, c'est qu'une part non négligeable de la population accueille ce suicide avec enthousiasme. Mais je ne doute pas non plus une minute de l'enthousiasme des lemmings.




Petit retour sur l'affaire Matzneff

Gabriel Matzneff et la meute des faux-culs

Anne-Marie Le Pourhiet, considère, comme moi, que les hypocrites qui hurlent bien tard contre Matzneff ne remettent absolument pas en question les causes de cette affaire : forclusion du père (1), immoralisme élitiste, relativisme, dépravation sexuelle.

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(1) : au contraire, on rajoute une couche de disparition de l'autorité paternelle avec la GPA/PMA. Si Vanessa Springora avait eu des parents, et notamment un père, dignes de ce nom, il n'y aurait pas d'affaire. Matzneff recommandait aux pédophiles de s'attaquer aux familles décomposées.

Affaire Griveaux : insupportable solidarité de caste.

A l'occasion de l'affaire Griveaux, le monde politico-médiatique nous a  fait un numéro hallucinant de solidarité de caste.

On apprend d'un coup, dans une extraordinaire démonstration de deux poids-deux mesures, que les si compliquées expulsions quand il s'agit de terroristes peuvent se faire en trois jours  quand un membre (c'est le cas de le dire !) de la caste est concerné et que diffuser les videos d'un imbécile se branlant met la démocratie en danger s'il est membre (bis) de la caste, alors que le dévoilement de la vie privée fut très bien supportée par ses êtres ultra-sensibles en d'autres circonstances, l'affaire Fillon par exemple, et que les 120 attaques au couteau quotidiennes ne mettent absolument pas la démocratie en danger.

Même Philippe Bilger, qui ne passe pas vraiment pour un révolutionnaire le couteau entre les dents, s'en est ému :

Affaire Griveaux : et soudain, LREM se met à réclamer des reconduites à la frontière !

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Il y a quelque chose de malsain dans cette indifférence au sort de notre pays, avec une politique migratoire aboulique, et cette focalisation frénétique sur un individu qui n’a pas ma sympathie mais qu’on ne parviendra pas à faire passer pour un dangereux subversif à éliminer à tout prix. Il y a de plus en plus d’événements en France - le dernier est la désignation de la girouette ministérielle Agnès Buzyn en remplacement de Benjamin Griveaux - qui non seulement rendent ridicule ou cynique la promesse d’un nouveau monde en 2017, mais rappellent combien celui-ci est caricatural et saumâtre.
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J'espère que ces gens seront un jour punis comme ils le méritent (c'est-à-dire le petit matin blême face au peloton dans les fossés de Vincennes).

lundi, février 17, 2020

Aux sources du malaise identitaire français (valeurs, identité et instinct de collaboration) PF Paoli

J'ai souffert d'un gros biais de confirmation en lisant ce livre, j'y retrouve toutes les obsessions de ce blog !

Un directeur de chaine de télévision nationale, à qui on demandait ce qu'était l'identité de la France, a répondu « la déclaration universelle des droits de l'homme », sans, à l'évidence, réaliser que sa réponse était absurde. L'universel ne peut, par définition, pas constituer une identité.

Soit on est tout le monde, soit on est soi. Entre universel et identité, il faut choisir.

Là est le grand crime (car c'est un crime) de notre classe dirigeante : entretenir exclusivement (suivant en cela cet enfoiré de Victor Hugo) l'absurdité que la France serait universelle et, donc, lui dénier, par la force de la logique, toute identité.

Avec une telle prémisse, nos gouvernants ne peuvent rien protéger de ce qui fait la France, ils sont même condamnés à la brader dans tous ses aspects : territoire, peuple, langue, culture, histoire. Et c'est bien ce que nous voyons concrètement et quotidiennement : tout est liquidé, territoire, peuple, langue, culture, histoire, souvent sans contrepartie, avec juste la jouissance nihiliste de la destruction.

Victor Hugo avait au  moins le mérite de la franchise : il a proclamé plusieurs fois que la France devait disparaître, s'effacer dans l'Humanité. Cela permettait au moins de se protéger de ce fou furieux. Notre classe dirigeante criminelle n'est point si honnête.

On nous casse les couilles avec les prétendues « valeurs républicaines » censées nous définir. Aucun peuple ne peut se définir par ses valeurs. C'est absurde. Je m'étonne même qu'il se trouve une masse conséquente d'imbéciles pour raisonner ainsi. Vous prenez n'importe quel peuple dans l'histoire et vous voyez que ses valeurs ont varié, et parfois très vite.

Les Américains du Sud et ceux du Nord ne partageaient pas les mêmes valeurs, ils n'en étaient pas moins tous des Américains. Et les Allemands de 1945 sont passés très vite du nazisme au soviétisme, d'un coté, au libéralisme de l'autre, sans jamais cesser d'être des Allemands. Joseph Darnand était-il moins français que Jean Moulin ?

Mustapha Kemal a admirablement résumé ce qu'est l'identité d'un peuple : « Nous les Turcs ne ressemblons qu'à nous-mêmes ».

Or, par le Grand Remplacement et par l'acculturation (ce que Renaud Camus nomme le Petit Remplacement), notre classe dirigeante s'efforce depuis cinquante ans de dissoudre le peuple français et elle y est parvenue dans une large mesure : la citation de Kemal transposée à la France de 2020 est largement absurde. Etre Français est, de plus en plus, une simple situation administrative.

Pour résumer le problème, citons Paoli : «  L’américanisation de la France déplorée par Régis Debray et son islamisation partielle procèdent en fin de compte du même phénomène : un pays qui n’a plus de référent commun devient l’objet de toutes les dérives. »

La révolution des fous

A l'origine de cette folie universaliste suicidaire ? Les fous de la révolution, qui se seraient bien vus exporter la révolution  ... jusqu'en Chine. Et pourquoi pas en Inde aussi ? Je ne rigole pas, il y a vraiment des députés qui ont dit ça à la tribune.

Nul doute que, chez ces esprits brouillons, fiévreux et abstraits, bouillonnants de théories délirantes, le pouvoir soit monté à la tête, loin des réalités concrètes qu'il implique habituellement. Ce phénomène de délire de gens qui n'étaient pas préparés pour le pouvoir a été fort bien décrit par Taine.

Nous avons versé dans une pathologie narcissique absurde. La France avait vocation à se fondre dans l'humanité, mais, réciproquement, chaque homme avait vocation à devenir français. Imagine-t-on le gouvernement chinois proclamant que chaque homme a vocation à devenir chinois  et quelle serait notre réaction ? Qu'il suffit de poser le pied sur le sol chinois pour avoir le droit, à brève échéance, de devenir chinois ?

La néfaste IIIème république

La IIIème république n'a pas été néfaste dans tout ce qu'elle a fait, mais elle a été fondamentalement néfaste en figeant et en institutionnalisant notre délire narcissique universaliste, dans un positivisme anti-clérical tout aussi délirant (il faut lire Comte et Buisson, c'est à tomber sur le cul. On se demande véritablement s'ils étaient sains d'esprit).

Cela nous a donné l'horrible (horrible pour la France) messianisme colonial, qui n'est pas pour rien dans nos ennuis actuels. Si la colonisation a été un phénomène européen, nul pays ne s'est senti une mission civilisatrice au point de la France.

La IIIème république a pérennisé la vérole universaliste. De cela, nous souffrons toujours une grave blessure, qui pourrait bien être mortelle.

Je songe à Jean Dutourd : « Sous l'ancien régime, il arrivait que les Français fussent malheureux mais la France n'était pas menacée. Sous la république, c'est l'inverse : il arrive que les Français soient heureux mais la France est sans cesse en danger ».

Dans le désert spirituel

Nous vivons dans un désert spirituel, la religion républicaine a tué la religion catholique puis s'est écroulée sous le poids de son absurdité.

Ne reste plus qu'un extrémisme égalitariste purulent détruisant toute possibilité de vie en société, puisque même les différences le plus naturelles, comme celles entre les sexes, y sont combattues.

Petite pause comique :




Les héritiers de la trahison

Nos politiciens sont les héritiers de cette trahison universaliste de la France. D'ailleurs, ils ne parlent jamais de la France, ils évitent à tout prix ce beau nom. Ils parlent sans cesse, avec des tremolos dans la voix, de la « raiepublique » et, « dans c'pays », l'histoire a commencé en 1789. Ce sont des traitres, que nous avons grand tort de ne pas traiter suivant leurs mérites.

L'atroce « l'immigration est une chance pour la France » n'est que de l'universalisme en sens inverse : toujours cette idée que les hommes sont interchangeables, qu'on peut les balader un peu partout sur notre planète.

Mais progressisme et individualisme sont exclusifs. Soit on est individualiste radical et on considère que tous les choix individuels se valent,  de la femme en burqa à la lesbienne de la Gay Pride, soit on est progressiste et on considère qu'il y a un sens de l'histoire et la femme en burqa va disparaître.

Notez bien, une fois de plus, que l'individualisme radical détruit toute possibilité de vie en société, ce que ses penseurs assument sans se poser la question de savoir si, par hasard, la vie en société ne serait pas un besoin fondamental de l'homme.

Certains juifs (Attali, Minc) continuent à vouloir détruire la France pour lui faire payer sa catholicité historique. D'autres (Zemmour, Finkielkraut), plus intelligents, ont bien compris que le catholicisme a perdu ses crocs et que l'ennemi (mortel) des juifs, c'est l'islam.

Dans cette rubrique de la rémanence historique, on peut se demande si les cathos à babouches qui penchent violemment vers l'islam (vu de l'extérieur, c'est souvent ahurissant) ne le font pas par communion judéophobe.

Briser le tabou universaliste

Puisque l'universalisme nous tue, il faut briser ce tabou pour nous sauver.

Un Français est un blanc de culture française. Il peut y avoir des Français non-blancs, mais à condition qu'ils restent une infime minorité, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, et qu'ils adoptent la culture française, ce qui n'est pas non plus le cas.

Si des millions de blancs, même pacifiques (au moins au début) s'installaient au Mali, trouverait-on ça très bien, parce que le racisme, c'est mal ? Et dire qu'il y a trop de noirs à la télévision sénégalaise ?

Cette transposition permet de se rendre compte à quel point notre idéologie volontairement aveugle aux races des autres (mais obsédée raciale dès qu'il s'agit de mettre en accusation les blancs) est folle.

Donc, oui, il faut revenir à ce qui est naturel depuis que l'humanité existe : une politique d'immigration et de remigration par pays. Tous les hommes ne sont pas nos amis. C'est particulièrement difficile pour les Français, qui n'ont pas la fibre raciste, mais il faut savoir ce qu'on veut : préserver abstraitement et égoïstement sa belle âme ou sauver notre pays.

Le relativisme, voilà l'ennemi

Un bébé ne naît pas dans un monde neuf. Il arrive dans un monde déjà vieux et il en hérite. C'est cela la vérité d'un peuple, qui fait que les êtres humains ne sont pas interchangeables. Pour un Français, la France n'est pas un pays parmi d'autres, c'est son pays.

Paoli cite un couple de bobos parisiens dont le fils a fait ses études aux Etats-Unis. Celui-ci veut revenir en France. Ses parents, pour expliquer sa décision, ne sont capables de nommer que des causes matérielles, comme si tout le non-matériel n'existait pas. Paoli en a été frappé.

Il se fait un petit plaisir au passage en étrillant Régis Debray, le penseur qui comprend toujours tout avec 30 ans de retard (en cela, il est le pendant intellectuel de Jean-Pierre Chévènement). Anti-gaulliste, sous De Gaulle, il écrit un très gaulliste A demain De Gaulle 30 ans plus tard. Sbire du Mitterrand de SOS Racisme, il écrit contre le multi-culturalisme 30 ans après.

Un peu comme Sartre, quand on s'est autant trompé, on devrait avoir la décence de la fermer.

Aujourd'hui, Debray critique l'américanisation. Il est bientôt temps !

Zemmour l'a très bien expliqué l'autre jour face à Cambadelis : ces gens là ont une conception fausse de l'homme (rousseauiste et universaliste, ce qui nous ramène à notre sujet). Ils font donc de mauvaises analyses et prennent de mauvaises décisions, puis ne peuvent que constater 30 ans plus tard la justesse de ce que leur disaient ceux qui avaient la bonne conception de l'homme (conservatrice et enracinée) dès le départ, sans être écoutés.

Ensuite, comme ils ne se remettent pas en cause, ils repartent pour un cycle de 30 ans d'erreurs.

A propos de Jean-Pierre Chevènement : en tant que ministre de l'intérieur, il a été tenté de faire avec les musulmans ce que Napoléon a fait avec les juifs, c'est-à-dire les contraindre par des questions à se mettre en conformité avec la société dans laquelle ils vivent, mais, faute de courage,  la question « Faut-il tuer les apostats ? » a été retirée, vidant l'exercice de sa substance.

Comme Debray, Chevènement est une fausse valeur.

Psychanalyse d'une trahison

Pour les intellectuels français (je pense plutôt qu'il s'agit des bourgeois. Paoli est plus restrictif que moi), le salut vient toujours de l'Autre. Soit qu'on le colonise, soit qu'on est colonisé par lui : c'est toujours la même logique, la France ne doit pas compter exclusivement sur elle-même.

Le seul homme politique du XXème siècle qui a tenté de compter sur les seules forces de la France, De Gaulle, a été trainé dans la boue par tous les intellectuels, de Sartre à Revel, dont l'anti-gaullisme était le seul point commun.

Paoli dresse la trop longue liste des fascinations étrangères de notre intelligentsia (là encore, je dirais au sens plus large, de notre bourgeoisie).

Il insiste sur la Collaboration : elle est la plus enthousiaste dans les milieux intellectuels et artistiques (voir Arletty par exemple).  A contrario, au printemps 1941, dix mille mineurs du Nord font grève plusieurs semaines.

Il faut rappeler la visite de Goering à Paris, le 17 janvier 1942 (la date importe : la Wehrmacht vient d'échouer devant Moscou et les Etats-Unis d'entrer en guerre). Il n'y a pas beaucoup d'absents dans le tout-Paris qui se presse pour le saluer. Les intellectuels français montrent un appétit de soumission, qu'on retrouve aujourd'hui vis-à-vis de l'islam, qui n'est pas entièrement justiciable du débat d'idées.

Quand cet enculé de BHL met en accusation toute la France, c'est bien plutôt son milieu pourri qu'il devrait accuser. C'est la même technique d'amalgame que les militaires en 1940 : plutôt que d'assumer ses fautes, on met en accusation tout le pays.

Pour Paoli, l'anti-intellectualisme des Gilets jaunes est parfaitement justifié : les intellectuels français ont, tout simplement, trop trahi, depuis trop longtemps.

De Gaulle

De Gaulle a rétabli la grandeur perdue de la France en restant ambigu sur l'universalisme.

Mais nous avons toutes les raisons de penser qu'il n'était pas universaliste.

Etrangers dans mon pays lui-même

Comme Paoli, je suis absolument effarés de constater comment, en deux générations, les Français ont été acculturés.

C'est bien simple : quand je discute avec des jeunes, dont certains ont fait des études, je m'aperçois qu'ils ne connaissent vraiment pas grand chose de la France, de sa langue (quel massacre !), de sa culture, de son histoire, quant à sa religion ... à part les croisades sous le jour le plus noir et l'inquisition ... Et Kevin n'est pas un prénom plus français que Mohammed.

Paoli est clair : ou on aime un pays et ce qui le constitue ou on ne l'aime pas et l'on n'est pas obligé d'y vivre. La France n'est pas à tout le monde, elle est aux Français de coeur.

Plus que la grandeur de la France, c'est sa beauté qu'il faut exalter (il n'est pas anodin que les Destructeurs, dont Macron, s'acharnent à la bousiller à coups de zones commerciales, d'immeubles laids et d'éoliennes. Ici comme ailleurs, ils veulent rendre le naufrage irréversible. Toujours le nihilisme).

Beauté physique, beauté littéraire.

La beauté de la France, vaste programme !





Décès de Michel Ragon

J’ai bien aimé Le marin des Sables (sur les pirates partis de Vendée), La mémoire des vaincus (sur les anarchistes) et Les mouchoirs rouges de Cholet (sur les chouans).

Il était anarchiste et ne supportait pas les communistes, qu’il appelait (on se demande bien pourquoi, n’est-ce pas ?) « les fusilleurs ». Cela le faisait rire jaune (mais il n’était pas surpris) que les petits bourgeois de merde style Besancenot se réclament de Trotsky, encore plus sanguinaire (si c’est possible) que Staline.

C’était un des très rares intellectuels contemporains pour qui « ouvrier » et « paysan » n’étaient pas des gros mots. J’aurais bien aimé savoir ce qu’il a pensé des Gilets Jaunes mais je m’en doute : à peu près le contraire de mes chers amis parisiens, de Mélenchon et de Martinez (marrant qu’ils se retrouvent dans le même camp. D’un autre coté, c’est logique. Ils ont en commun d'être des bourgeois matérialistes et égoïstes) qui les ont traités de « fascistes », « d’analphabètes », « à tirer dans le tas » et « qui m’empêchent de faire mes courses de Noël avec mes filles » .

Entre Vendéens, Michel Ragon s’était trouvé des convergences avec Philippe de Villiers.

C’est un parcours absolument inimaginable dans le naufrage scolaire actuel.





Je ne pense pas que cette video de Patrick Buisson soit déplacée (vous remarquerez qu'elle date d'avant les Gilets Jaunes et les anticipe bien) :





dimanche, février 16, 2020

Revenons aux fondamentaux.

Breezy

Troisième réalisation de Clint Eastwood, 1973.

Le film n'a pas très bien marché, ce qui prouve que le public n'a pas toujours bon goût. Eastwood pense que le studio a décidé que le film ne marcherait pas et a saboté sa diffusion.

Une jeune hippie, peut-être mineure (le film est ambigu), et un promoteur immobilier à la cinquantaine bien avancé tombent amoureux à Los Angeles.

Eastwood sait installer une atmosphère. Quelques touches réalistes empêchent de tomber dans le romantisme sirupeux. Les deux acteurs sont excellents et font beaucoup pour rendre cette histoire crédible (les couples avec 20 ou 30 ans d'écart entre un vieil homme et une jeune femme sont rares mais pas inconnus, parce qu'ils ne trompent pas la nature, ils peuvent avoir des enfants).

La touche politiquement incorrecte d'Eastwood : alors que d'autres histoires d'amour plus classiques échouent, celle-ci, qui est peut être illégale, fonctionne et se termine bien. Pas de punition divine hollywoodienne d'avoir brisé un tabou.

Les histoires de pédophilie qu'on nous fait en ce moment ajoutent à l'audace de ce film  (par la complexité des sentiments, il montre à quel point les notions d'emprise et de consentement sont idiotes, comme si tout amour n'impliquait pas des formes d'emprise et de consentement).




Les traitres (I. Rioufol)

Ce livre est excellent.

Non pas qu'il contienne une seule révélation, mais pour la première fois un journaliste grand public écrit ce que nous savons tous, avec clarté, sans tourner autour du pot.

Nos politiciens connaissent les maux de la France (islamisation, Grand Remplacement, violence, anarchie, atomisation, bureaucratie, effondrement éducatif, effondrement des missions régaliennes, tiers-mondisation ...). Les confidences de François Hollande et de tant d'autres, toujours officieuses, off, ne laissent aucun doute : ils ne peuvent pas plaider l'ignorance.

Ce sont donc des traitres au plein sens du mot : ils connaissent leur devoir mais font en toute conscience le contraire.

Ils doivent être jugés et condamnés. Ivan Rioufol en appelle à un procès des décideurs du Grand Remplacement.

Ensuite, Rioufol préconise un libéralisme raisonnable : libéralisme intérieur pour se défaire de la mauvaise emprise de l'Etat sur nos vies et protections extérieures.

C'est la grande force de ce livre : aller à l'essentiel, sans peur et sans reproche.


samedi, février 15, 2020

Il se confirme que Juan Branco est un enculé de gauchiste.




J'avais bien détecté le fond du personnage : un gauchiste comme les autres.

De toute façon, Jean Raspail nous a donné le critère il y a bien longtemps : le politicien qui vaudra le coup qu'on le suive sera un homme d'honneur, un type qui se tient droit, et qui préfère servir plutôt que se servir. Bref, honneur et patrie.




2P2M



C'est le grand crime, qui mérite procès et condamnation, de nos politiciens, tous partis confondus : se révolter contre le peuple, faire sécession, appliquer au peuple des règles qu'ils ne s'appliquent pas à eux-mêmes.

Mémoires (M. Druon)

Je les avais déjà lus, mais je pensais qu'il y avait une suite. Hé bien non. les mémoires de Druon s'arrêtent en 1945.

Maurice Druon est vaniteux comme un paon, mais ce défaut passe toujours assez bien car on y sent l'enfant abandonné par le suicide de son père.

Il fut pris dans une polémique avec François Bayrou.

Elle lui donna l'occasion de ce jugement (en 2004) que la suite des temps a pleinement validé : « M. François Bayrou, personnage secondaire et destiné à le rester, n'est remarquable que par sa persévérance à desservir les intérêts supérieurs de la France. »

Le début, les origines familiales, est laborieux. Le milieu, la vocation littéraire, aussi. Mais la fin, jeune officier de cavalerie pendant le désastre puis la vie à Londres, est bien enlevée.

Druon comprend que la cause militaire de la défaite est l'incompétence des généraux (Weygand est, à juste titre, particulièrement éreinté) et la cause politique la pusillanimité du personnel politique, incapable de s'élever à une vue globale sur la stratégie mondiale (comme beaucoup de jeunes, Druon a été irrité par la voix chevrotante du vieillard Pétain).

A l'instar de tous ceux qui ont été recueillis à cette époque, il en garde une reconnaissance éternelle aux Anglais.

Druon n'est pas un héros, il ne le prétend d'ailleurs pas, mais il a vécu.

Et puis, d'avoir été co-auteur du Chant des Partisans (notre troisième hymne national, avec la Marseillaise et le Chant du Départ), on est éternel (sans doute ce qui excitait la jalousie du minable Bayrou), bien plus que d'avoir été secrétaire perpétuel de l'académie française.

De ce chant rédigé en une après-midi, le 30 mai 1943, comme la Marseillaise le fut en une nuit, les auditeurs comprennent immédiatement qu'ils tiennent quelque chose.

Il est utilisé comme indicatif par la BBC, puis les paroles sont diffusées par les parachutages.

Je lis qu'il n'a été connu qu'à la Libération (mesquinerie de diminuer la Résistance ? Rage de  « démythifier » ?). C'est totalement faux. Les témoignages abondent.

Il sert de signal partout où il y a la Résistance, sifflé par les mendiants du métro, sifflé par les tabors marocains au passage du Garigliano, chanté par les maquis, dans les rues de Paris, dans les prisons et devant les pelotons d'exécution.