jeudi, mai 21, 2015

François nous fait un bras d'Hollande

Vote à main levée, 49-3, décret publié dans la nuit : Hollande, faux gentil et vrai brutal

Pascal Bruckner : « Une forme de bras d'honneur à la nation française »

Tout se déroule, hélas, conformément à mes prévisions.

L'homme est un animal religieux

L'homme est un animal religieux

J'aime beaucoup Alain Besançon, c'est d'ailleurs chez lui que j'ai piqué l'expression « mitres molles » pour désigner un certain type d'évêques.

Je rappelle que Besançon met dans les trois tentations de l'Eglise l'islamisme.


Palmyre et martyrs

Les medias occidentaux et leurs relais au pouvoir se focalisent sur les vestiges antiques dégradés par les islamistes.

Il est difficile de ne pas y voir une fuite et une indifférence devant le martyre des chrétiens d’Orient, entre autres victimes des islamistes.

Ceux-ci savent parfaitement en jouer : ils concentrent l’attention sur Palmyre, d’importance stratégique mineure, alors que la bataille pour Ramadi, bien plus cruciale, est passée sous silence.

Prise de Palmyre par l'État islamique : pourquoi une telle inaction de la coalition ?


mercredi, mai 20, 2015

Pornographie et décivilisation

Attouchements au lycée Montaigne ou la «décivilisation» de la société

Il s’agit bien d’un problème de civilisation.

Certains sont tentés par le relativisme. Toute société « ferait civilisation ». Tout se vaut. C’est valable dans le temps comme dans l’espace. Dans l’espace : la civilisation du voisin vaut la mienne (problème réglé par Lévi-Strauss : toute culture doit s’estimer supérieure pour survivre. «La civilisation du voisin vaut la mienne» est suicidaire).

Dans le temps : la civilisation d’aujourd’hui vaut celle d’hier qui vaudra celle de demain. Cette idée invalide toute notion de décadence mais, aussi, de progrès.

Pourtant, selon le mot de Leo Strauss, si tout se vaut, l’anthropophagie n’est qu’une question de goût.

Alors ? Tout ne se vaut pas. En tant qu’occidentaux, nous pouvons porter un jugement occidental sur les autres civilisations. La réciproque est aussi vraie : que des musulmans jugent la civilisation occidentale décadente ne me choque pas. Mais, étant occidentaux, seul compte pour nous notre point de vue d’occidentaux, même si rien ne nous empêche d’écouter les autres civilisations.

Et nous ? Pouvons nous nous juger nous-mêmes par rapport à notre passé ?

Pendant un peu plus de mille ans, disons de Constantin à la Réforme, nous avons vécu dans une civilisation chrétienne et même catholique. Cette civilisation, bien que touchée, s’est prolongée jusque dans les années 1950. C’est ma référence.

Par comparaison, nous vivons une décadence (euthanasie des vieux, GPA, pornographie, nationalisation des cadavres, art contemporain, etc.).

La décadence romaine fut perceptible dans des indicateurs matériels : entretien des infrastructures et des bâtiments publics, distance des échanges, superficie des exploitations agricoles, qualité du bâti, alphabétisation, etc. Cela n’est pas encore très voyant chez nous, mais vient petit à petit. L’effondrement du niveau scolaire est un de ces signes de décadence.

Peine de mort et souveraineté

Tsarnaev condamné à mort : l'Amérique, l'Europe et la vengeance

Une contribution très intéressante (pas étonnant puisqu’elle part d’une idée de Pierre Manent).

mardi, mai 19, 2015

Ruine de l'école : Pompidou l'avait prédit !

Ruine de l'école : Pompidou l'avait prédit !

Cette énième querelle scolaire ne m'intéresse pas : c'est la continuation de la politique suivie depuis quarante ans par la gauche et par la droite et il n'y a aucune raison que cela change. A la fin, ce sont toujours les destructeurs qui gagnent.

Pour remonter cette pente infernale, il faudrait que les ténors politiques fussent capables de formuler leur opposition par autre chose que des «petites phrases» et des slogans faciles et concentrés sur l'accessoire.

Or, les Juppé, Bayrou, Sarkozy partagent les idées progressistes, utilitaristes et niveleuses des nihilistes de gouvernement, ils divergent juste sur les modalités et le rythme du naufrage. C'est la raison - avec la lâcheté face aux apparatchiks de la rue de Grenelle- pour laquelle il y a si parfaite continuité entre la politique éducative de la gauche et de la droite.

A vrai dire, il faudrait une révolution copernicienne dont je ne détecte pas la moindre trace dans le personnel politique.

Dans ces conditions, je ne vois pas pourquoi je m'intéresserais à un débat dont le résultat est connu d'avance.

En revanche, j'ai de l'estime pour Georges Pompidou, c'est pourquoi je vous fais part de ce texte.




lundi, mai 18, 2015

Un hommage à Simon Leys où il est question des «chrétiens maoïstes»

Vous savez que qu'une des lignes actuelles de ma réflexion tient aux «vertus chrétiennes devenues folles» dont nous devons l'analyse à Chesterton.

Ne voilà-t-il pas que, dans un texte d'hommage à Simon Leys (je ne vous dirais jamais assez tout le bien que j'en pense), je tombe sur un concept intéressant : les «chrétiens maoïstes». Je ne suis pas surpris d'y trouver Jean-Luc Domenach, père de Nicolas Domenach, que connaissent les amis d'Eric Zemmour.

Pluie d’hommages à Simon Leys : La vérité contre les «sinologues»

Au fait, comment un chrétien peut-il se protéger de voir ses vertus devenir folles ? Simple : la bonne théologie est une excellente protection.



Islam : rififi au pays du Bien

Cette dame est gentille mais elle découvre que l’islam, c’est le communisme plus Dieu et que les socialos se sont toujours couchés devant les cocos et qu’il y en a toujours eu pour en être les idiots utiles.

Quand la gauche renoue avec le réel Les blasphèmes d’Alexandra Laignel-Lavastine

C’est beau, les gauchistes en action

Le gauchiste est généreux avec l’argent des autres. En revanche, avec le sien …

Charlie Hebdo: Le Juteux Commerce Du Blasphème




Petites nationalités, grandes nationalités

GH Soutou explique qu’une des questions qui a modelé l’élaboration du traité de Versailles dans le camp français est l’attitude irrésolue face aux questions des grandes nationalités et des petites nationalités.

Grande nationalité : yougoslave. Petite nationalité : serbe. Ou si vous préférez : grande nationalité : français, petite nationalité : corse ; grande nationalité : britannique, petite nationalité : écossais etc. Doit-on préférer les petites nations homogènes mais de peu de poids ou les grandes nations à problèmes irrédentistes ?

La question est toujours d’actualité.

Autant l’universalisme politique est totalement con et suicidaire (Hugo voulait que la France se fonde dans l’Humanité ! Il en aura racontées, des conneries, celui-là …), autant le nationalisme peut sombrer dans un séparatisme vétilleux ridicule. Corse du nord ou Corse du sud ?

Le bon choix n’est pas facile à faire : assimilation plus ou moins forcée, autonomie, indépendance.

Entrent en compte l’ethnie, la culture, l’histoire, la géographie et la politique. C’est à décider au cas par cas suivant les intérêts en jeu, c’est de la politique au sens noble.

Tout juste puis-je faire remarquer (raisonnement que mes fidèles lecteurs connaissent bien) que les technologies qui rendent l’information quasi-gratuite favorisent les petites entités homogènes capables de les exploiter avec agilité (Suisse, Singapour, Nouvelle-Zélande, .. .) plutôt que les grands empires bureaucratiques datant de l’ère de l’information rare. De plus, les petits pays sont plus aisément démocratiques : vus d’en haut, les citoyens sont encore des hommes et non des statistiques. Un grand pays n’est pas un petit pays en plus grand.

Petit, c’est mieux. Sauf, peut-être, quand il s’agit de la guerre, mais le destin de la Suisse interpelle.

Je suis curieux de voir comment vont s’en sortir les empires au XXIème siècle.

L’Union Européenne est une idée du XIXème siècle portée sur les fonts baptismaux par des hommes nés au XIXème siècle.

Les Etats-Unis, la Chine, l’Inde, le Brésil, la Russie ?

Broadway therapy

Le sujet : une call-girl passe une audition dans un théâtre pour un metteur en scène (dont l'actrice principale est l'épouse et l'acteur principal l'ex-amant de celle-ci) qui s'avère être un  de ses clients.

Bogdanovich se réclame de Lubitsch, il prétend que celui qui connaît par cœur les dialogues de Lubitsch ne passe jamais une nuit seul. Il ajoute que l’humour hollywoodien contemporain tourne toujours autour des fluides corporels et qu’il voulait changer.

D’excellents moments, de bons acteurs, mais l’ensemble a du mal à prendre. On notera que Broadway Therapy est le titre français, bonjour la francophonie !



BROADWAY THERAPY : Bande annonce VOST [2015] par Filmsactu

Valls mène-t-il une politique libérale ?

Un article très clair qui démêle des notions que ceux qui essaient de nous enfumer et de nous rackettés emmêlent à loisir :

Valls mène-t-il une politique libérale ?

dimanche, mai 17, 2015

Marchons, marchons ... comme des cons

J'ai assez dit, à propos des marches à Charlie, ce que je pensais de ces marches à la con.

Christian Vanneste est sur le même chemin :

La grande marche sur la tête

C'est moi qui souligne :

***********
La France est une République, comme on ne l’a jamais autant proclamé qu’aujourd’hui. C’est une grande démocratie, dit-on aussi. L’inflation des mots, comme celle d’une monnaie, en ruine la valeur. La démocratie est le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple. Dans un pays où l’oligarchie politique craint les référendums, où le microcosme et ses coteries imposent leurs préférences, et parviennent même à les faire admettre à un grand nombre par conformisme à l’opinion dominante… dans le médias, elle n’est plus qu’un décor devant lesquels jouent les « pros » du pouvoir. Quant à la République, ce devrait être la communauté des citoyens, attachée à ses valeurs et à ses institutions. C’est devenu une vieille idole qu’on encense par habitude, une mécanique de normes innombrables, complexes et contradictoires, qui loin de viser le Bien Commun, n’est plus qu’une mosaïque déformée par le temps, le piétinement des uns et des autres.

La seule marche qui devrait retenir notre attention est la grande marche sur la tête d’un pouvoir qui ne peut rien, de valeurs fondamentales qui ne valent plus un clou, d’un Etat qui ne protège plus, et d’une Nation qu’on pousse sans cesse à se renier. Deux fait récents illustrent ce constat accablant. A Rennes, les forces de l’ordre protègent une maison occupée par des squatteurs. Cette maison appartient a une dame de 83 ans, Maryvonne Thamin, qui veut logiquement l’habiter après le décès de la personne chez qui elle logeait. Mais le droit opposable au logement, type même de l’idée que la gauche impose à la mauvaise conscience de la droite, même quand celle-ci est majoritaire, exige que la propriétaire demande l’expulsion des occupants illégaux dans les 48 heures de l’occupation. Sans cela, c’est le vol qui devient légal.

[…]

A Roubaix, c’est complémentaire. Une famille, celle de Philippe Godefroy, a dû quitter le logement qu’elle louait de façon légale, en raison du harcèlement que lui faisaient subir les voyous du quartier. La police n’est pas parvenue à assurer sa protection, ni celle de ses biens. La Mairie va les héberger à l’hôtel aux frais du contribuable. Le gendarme est mort, mais la nounou a pris sa place. Dans les deux cas, l’Etat, défini par Weber comme le détenteur du monopole de la violence légitime, laisse la violence illégale occuper le terrain.
***********

vendredi, mai 15, 2015

En France, on a vraiment des problèmes très très importants

Certains légumes en boîte ou surgelés Bonduelle et Cassegrain contiennent un arôme à base de viande, ce qui n'était, jusqu'à récemment, pas mentionné sur l'étiquette. Les végétariens s'insurgent.

Source : De la viande dans des légumes Bonduelle

Les pigeons de Charlie et la dictature qui s'insinue

« La Marche des lemmings / La deuxième mort de Charlie Hebdo » de Serge Federbusch

Vous lirez l'article, mais voici la conclusion :

******************
Q. Vous semblez dire dans votre livre qu’au fond les frères Kouachi ont gagné, que le pouvoir recule face au fondamentalisme ?

R. Depuis le 11 janvier, il y a eu au moins dix cas d’événements annulés, d’expositions amputées, de festivals écourtés par peur d’attentats. Quand, il y a cinq jours, Luz vous explique qu’il n’a plus envie de caricaturer Mahomet, vous sentez comme un parfum de dhimmicratie dans l’air…

[…]

Q. Et l’avenir ?

R. Franchement, il est sombre. Le Système politique et médiatique fera tout pour éviter d’affronter le problème du fondamentalisme musulman en face [d'où ma thèse qu'il faudra d'abord en passer par l'anarchie et la guerre civile qui fera éclater le système qui empêche les Français de se défendre]. Avez-vous remarqué que les voiles prolifèrent dans les rues depuis janvier ? Salafistes, wahhabistes et autres ultra-conservateurs semblent prendre le contrôle de la communauté. Les musulmans français cherchent de plus en plus à affirmer leur identité par une pratique religieuse régressive. C’est un retour catastrophique en arrière.

Dans ma jeunesse, j’ai eu plusieurs amies et quelques petites amies musulmanes qui adoraient le whisky, le rouge à lèvres et le slow langoureux. Sont-ce leurs filles qui portent le voile aujourd’hui ? J’ai peine à le croire et à comprendre comment nous sommes arrivés à ce désastre [moi, je le crois et je sais comment nous en arrivés là : en oubliant l'esprit. Mais, évidemment, ce n'est pas enseigné à l'ENA].
******************


The Abolition of Liberty in the Name of Security


******************
I often ask readers to answer this question.: How do you think a totalitarian regime could or would be installed in a free society such as ours? Is it more likely that it will arrive in some thunderclap, as black uniformed fanatics seize the state, or that it will grow in our midst by small and popular increments, introduced on the pretext of saving us from a supposed ‘terrorist’ threat?
******************

Et pour une fois, je vais traduire :

******************
Je demande souvent à mes lecteurs de répondre à cette question : comment pensez vous qu'un régime totalitaire pourrait advenir dans une société libre comme la nôtre ? Est-il plus probable qu'il advienne comme un coup de tonnerre avec des fanatiques en uniforme noir s'emparant de l'Etat ou qu'il grossisse en notre sein par des petites touches populaires, sous le prétexte de nous sauver d'une menace 'terroriste" supposée ?
******************

Et tout cela au nom des « valeurs anglaises », qui doivent ressembler de très près à nos chères « valeurs républicaines » et être aussi claires.

Mais c'est moins ridicule que d'hypothétiques « valeurs monarchiques » (de même que, tant qu'à rester dans les idées flous et les mots creux,  je préfèrerais « valeurs françaises  » à « valeurs républicaines»).

De toute façon, ne nous leurrons pas : toutes ces pseudo-valeurs sont d'authentiques ferments de décomposition.


Et puisque c'est mon jour de traduction : FASCISME, vous pensez vraiment que cela sera si évident ?

Pourquoi réagissons nous si peu ?

1) A cause du gradualisme, c'est le syndrome de la grenouille dans le mixer. Vous aussi vous pouvez jouer :

Joe Cartoon : frog in a blender

Non, il n'y a aucune ambiguité : la grenouille, c'est vous, c'est moi.

2) Le confort phénoménale des cinquante dernières années nous a limé les griffes.







jeudi, mai 14, 2015

Jean-Marie Le Pen condamne les homosexuels « qui chassent en meute »

Jean-Marie Le Pen condamne les homosexuels « qui chassent en meute »

C'est dégueulasse,  homophobe et patati et patata ?

Pourtant lisez cet article à propos du livre de Raphaëlle Bacqué, que personne ne peut soupçonner d'être « nauséabonde », sur Richard Descoings :

Balzac, Proust .. et Richard Descoings

C'est moi qui souligne :

**********
[Richard Descoings] n'est ni Bonaparte, ni Rimbaud, ni Mitterrand. Aucune œuvre en gestation. Pas de génie particulier. Il lui reste cependant une arme absolue : l'intrigue. Celle que Balzac expose en ces termes: «L'intrigue soulève moins de passions contraires que le talent, ses menées sourdes n'éveillent l'attention de personne (…). L'intrigue est d'ailleurs supérieure au talent : de rien, elle fait quelque chose ; tandis que la plupart du temps les immenses ressources du talent ne servent qu'à faire le malheur de l'homme.» L'univers de sa conquête est celui du Paris gay des années 1980. Une frénésie libertaire frappée de plein fouet par l'apparition d'une maladie épouvantable. Il découvre qu'il peut mettre en partage son secret d'adolescent. Un monde alors s'ouvre à lui.

Puissant, raffiné, discret, glauque et coruscant. On songe à Proust: «Une franc-maçonnerie bien plus étendue, plus efficace et moins soupçonnée que celles des loges, peut-on lire dans Sodome et Gomorrhe, car elle repose sur une identité de goûts, de besoins, d'habitudes, de dangers, d'apprentissages, de savoir, de trafic, de glossaire, et dans laquelle les membres mêmes qui souhaitent ne pas se connaître aussitôt se reconnaissent à des signes naturels ou de convention, involontaires ou voulus, qui signalent un de ses semblables au mendiant dans le grand seigneur à qui il ferme la portière de la voiture, au père dans le fiancé de sa fille, à celui qui avait voulu se guérir, se confesser, qui avait à se défendre, dans le médecin, dans le prêtre, dans l'avocat qu'il est allé trouver ; tous obligés à protéger leur secret, mais ayant une part d'un secret des autres que l'humanité ne soupçonne pas et qui fait qu'à eux les romans d'aventure les plus invraisemblables semblent vrais, car dans cette vie romanesque, l'ambassadeur est ami du forçat…» Les pantalons de cuirs ont remplacéles redingotes, les psychotropes, l'opium ; les lignes de cocaïne se mêlent désormais au champagne, Descoings danse comme Freddy Mercury, se consume comme Kurt Cobain. Chaque matin, pourtant, de cabinets ministériels en cours à Sciences Po, l'horizon de sa carrière s'éclaircit un peu plus. «C'est avant quarante ans qu'il faut un poste d'influence», répète ses amis. Il ne les a pas encore quand il devient le patron de l'école de la rue Saint-Guillaume. Roi d'une petite principauté, il pense y être visionnaire en ne faisant qu'adapter l'école aux canons des grandes business schools. L'argent coule à flots, les jeunes gens bichent, les ministres le craignent. Les élèves l'adulent, l'appellent «Richie». La discrimination positive ouvre les portes du VIe à la banlieue, les gender studies sont au programme: c'est l'Amérique! Tout est là et pourtant tout est vide. La chair est triste, hélas, et l'on ne lit plus de livres. Les corsets de Balzac et de Proust ont été jetés aux orties. Sur la palette de couleurs, il ne reste que le gris des costumes et le blanc de la poudre. Rastignac n'a plus d'allure, Rubempré perd ses cheveux et Charlus drague sur Facebook. Balzac et Proust, c'était mieux avant.
**********

Que les anormaux se tiennent les coudes et qu'ils se cooptent en fonction de leur commune anormalité, quelque soit cette anormalité, ça ne vole pas haut mais il n'y a rien là que de très humain. Après tout, les énarques et les polytechniciens font de même, ce qui est sans doute une manière de nous signifier à quel point ils se sentent anormaux.

En revanche, que la majorité ait à ce point perdu le sens des convenances qu'elle laisse son destin modelé par cette concurrence des minorités, là est la vraie catastrophe.

Et les minorités, en n'étant plus condamnées mais adulées, deviennent d'un ennui mortel.

On va finir par croire que la vraie minorité persécutée, qui n'est pourtant pas encore minoritaire, celle qui se reconnaît à des signes secrets et n'ose s'afficher au grand jour, est celle des Français de France, travailleurs, hétérosexuels et catholiques, raisonnablement patriotes, conservateurs et libéraux.


1914-1920 La grande illusion, quand la France perdait la paix (GH Soutou)

Livre passionnant, qui commence par une introduction fracassante qu'on peut résumer ainsi : la guerre vue d'en bas, qui est tellement à la mode, c'est bien gentil, mais c'est étroit, mesquin et, finalement, sans grand intérêt.

Les états d'âme du poilu Tartempion tels que rendus par ses carnets, la monographie sur la tranchée 22 du secteur 425 ou l'étude sociologique sur la petite cuillère comme arme de tranchée, ça va cinq minutes. C'est voyeur et, par définition, ça ne vole pas haut.

Pour comprendre la guerre, rien ne vaut d'aller voir là où tout se décide, dans les ministères et dans les chancelleries. Soutou assume crânement son parti-pris d'historien à l'ancienne.

Suivons-le.

Premier point, qui ne surprendra que les imbéciles, la France avait des buts de guerre. Il y a même eu une commission d'une trentaine de sommités politiques, universitaires et militaires qui fut chargée d'y réfléchir. Enfouis dans la poussière du Quai d'Orsay, ses rapports sont très intéressants et, sur certains sujets comme l'Ukraine ou les rapports des peuples slaves et de la Russie, étonnants d'actualité.

Deuxième point, ces buts de guerre ont varié avec le déroulement des événements. C'est bête à écrire : à cause de notre savoir rétrospectif, nous oublions trop souvent que l'issue d'une guerre est toujours incertaine et que, pendant celle-ci, tout est subordonnée à l'atteinte de la victoire. En fonction des velléités de détacher l'Autriche de l'Allemagne ou de la peur que la Russie ne conclut une paix séparée, les positions françaises sur les découpages territoriaux à l'est ont fluctué. On a du mal à se projeter à un siècle quand on n'est pas sûr que demain ne sera pas le jour de la défaite.

Troisième point, conséquence direct du point précédent, les buts de guerre ne furent jamais fixés de manière définitive jusqu'à ce qu'ils soient gravés dans le marbre par les traités de «banlieue parisienne» (Versailles, Trianon, Sèvres, Saint Germain en Laye).

Une occasion pour une paix négociée s'ouvre fin 1916-début 1917. Les contacts furent beaucoup plus sérieux qu'on ne l'a dit par la suite (évidemment : comme cela s'est mal terminé, personne n'avait intérêt à se vanter de ces contacts). Mais l'effondrement russe restaure l'Allemagne dans l'espoir d'une victoire rapide et referme la fenêtre d'opportunité. Par cette occasion manquée, les Européens ouvrent la voie à l'hégémonie américaine.

Soutou analyse sous l'angle politico-militaire la désastreuse offensive Nivelle du printemps 17. Soutou ne cite pas Churchill mais il aurait pu : «Au sommet, politique et stratégie militaire sont une seule et même chose» (1).

Il voit trois tendances politiques dans les décideurs français : les défaitistes, les jusqu'au-boutistes et les modérés.

Les premiers veulent une paix blanche au plus vite avant que les Allemands ne gagnent la guerre. Ils sont très minoritaires.

Les seconds veulent un règlement de paix punitif pour l'Allemagne. Il faut éviter que les Américains ne s'en mêlent trop, donc il faut  donc une victoire rapide avant l'intervention américaine et, surtout, il faut devancer l'offensive allemande de printemps. Ils poussent à l'offensive Nivelle, à l'assaut frontal.

Enfin, les derniers veulent prendre des gages à l'Allemagne et obtenir des garanties mais dans une mesure acceptable pour les Américains. Ils se rallient à la stratégie prudente de Pétain : « J'attends les chars et les Américains ». Ils étaient également partisans de la stratégie périphérique.

Un pseudo-cabinet de guerre (Poincaré, jusqu'au-boutiste, est absent) prend le 3 avril 1917, le jour de l'entrée en guerre des Etats-Unis, une décision modérée et Nivelle accepte des objectifs très limités. Mais l'état-major, jusqu'au-boutiste lui aussi, parvient, avec l'aide de Poincaré, à renverser cette décision (2). Et c'est l'offensive Nivelle que nous connaissons.

Contrairement à ce qui s'est passé en 1914, quand l'état-major français n'avait pas du tout anticipé l'emploi des réservistes allemands dès le premier jour de la guerre, et malgré la surprise de l'effondrement de l'automne 1918, les Alliés ont une assez bonne évaluation de leurs ennemis en 1917.

Cependant, la rapidité de l'écroulement allemand surprend tout le monde. Les militaires se débrouillent remarquablement bien pour faire porter aux civils la responsabilité de l'armistice et du traité de Versailles, donnant naissance au mythe du coup de poignard dans le dos, qui aura le succès que l'on sait. En réalité, les militaires allemands géraient le pays depuis 1916 et portent pleinement la responsabilité de la défaite, mais la politique se nourrit parfois plus de mythes que de faits.

Les Allemands ne s'adressent qu'aux Américains et parviennent à diviser les Alliés. Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France arrivent à la table des négociations en n'étant d'accord deux à deux ni sur l'Allemagne ni sur la Russie. Peut-être est-ce de la vanité de ma part, mais il me semble que la position de la France, la plus méfiante, était la plus exacte.

On sombre dans les compromis bancals. De plus, en juin 1919, au moment de la négociation finale, les Alliés avaient commencé à démobiliser alors que l'armée allemande, réorganisée, était plus forte qu'en novembre 1918, ce qui empêchait les Français de montrer les dents.

Tout ceci fera dire à Jacques Bainville que le traité de Versailles est trop mou pour ce qu'il a de dur et trop dur pour qu'il a de mou. Pour Bainville, il fallait choisir : ou se réconcilier avec l'Allemagne, ou la démembrer. On a pris une voie intermédiaire qui cumule les inconvénients : une Allemagne hostile qui reste malgré tout puissante.

Remarquons que le démembrement de l'Allemagne est la voie qui fut suivie, par la force des choses entre 1945 et 1989, et que l'Europe de l'ouest ne s'en est pas plus mal portée. J'aime tellement l'Allemagne que je préfère quand il y en a deux.

En conclusion, lecture très intéressante, d'autant plus que certaines questions du début du siècle dernier redeviennent frappantes d'actualité.

On a beaucoup dit, dans les années1990-2000, que la guerre froide avait gelé en Europe les problèmes de nationalités, de minorités et de frontières et qu'ils revenaient du fond des glaces tels Hibernatus. On l'a dit, mais je ne suis pas sûr qu'on en ait pris toute la mesure.

La chute du mur de Berlin et la réunification allemande rendent obsolète et anachronique l'idée même d'Union Européenne. J'ai cru un temps, comme beaucoup, qu'il s'agissait juste d'un problème de modalités et de fonctionnement, mais non. La puissance allemande au centre de l'Europe rend impossible une union équilibrée de nations souveraines, l'idée d'union européenne est devenue invivable. On peut juste avoir une union de vassaux, un zollverein (3), bien connu des Allemands, puisque l'unification bismarckienne a commencé par un zollverein.

Cette analyse travaille certains Anglais et constitue le fond de leur euro-scepticisme. J'attends avec impatience que les dirigeants français prennent conscience de cette nouvelle donne qui était en germe depuis vingt ans et qui est en train d'éclore.

Vous me direz que certains politiciens français ont déjà franchi cette étape et ont déjà choisi. Malheureusement pour la France, ils ont choisi la vassalisation allemande.





***********
(1) : digression : ceux qui croient Hitler idiot feraient mieux de prendre au sérieux cette citation de son plus farouche ennemi, ils comprendraient que la plupart de ses décisions militaires aventureuses ont des motivations politiques réfléchies (par exemple, prouver aux occidentaux que l'Allemagne nazie est le meilleur rempart contre l'ours bolchévique).

(2) : ce renversement de décision se fait d'une manière qui n'étonnera pas les habitués des grosses organisations. La décision modérée du 3 avril, qu'on connaît par les témoignages, les correspondances et les carnets intimes, n'a pas été traduite immédiatement par un compte-rendu écrit et diffusé. Les jusqu'au boutistes continuent sur leur lancée, aucun des modérés ne prend le leadership pour rappeler la décision du 3 avril, qui tombe dans l'oubli.

(3) : union douanière

mercredi, mai 13, 2015

Zemmour : Todd, le terminus du prétentieux

Zemmour : Todd, le terminus du prétentieux

Comme d'hab avec Zemmour, ça décape.




Belkacem-Hollande-Valls : non possumus

Najat Vallaud-Belkacem vient de proposer de confier le destin du latin dans le système scolaire français à la commission des programmes, c’est-à-dire à ceux-là mêmes qui en ont proposé la suppression. C’est à la fois noyer le poisson et se foutre du monde.

Il faut bien comprendre le gouvernement Hollande : il est composé de nihilistes doctrinaires, d’idéologues fous avides de destruction, d'adolescents, attardés et cyniques, sans cesse à la recherche d'un père à tuer. Détruire est leur raison d’être politique.

Sur les sujets techniques, savoir s’il faut travailler deux ou trois dimanches, on peut discuter.

Mais dès qu’on entre en confrontation directe avec la doctrine, dès qu’on conteste le principe même de la destruction, plus aucune discussion n’est possible, le gouvernement envoie les CRS. On l’a bien vu avec la dénaturation du mariage : le gouvernement n’a pas cédé un pouce, il a tenu ferme face à des manifestations comme jamais aucun gouvernement depuis trente ans.

Cela sera exactement pareil avec les programmes. L’actualité dure une semaine, on tiendra deux. Les Finkielkraut et compagnie peuvent bien protester, on les amusera de commissions en concertations, on gagnera du temps, on changera quelques mots du texte pour faire diversion, mais, à la fin, le résultat ne changera pas : suppression du latin et de toutes les langues exotiques, suppression de l’histoire de France et propagande islamiste.

Et la droite est quasi-inexistante car elle n’a aucune réflexion sur l’éducation (d'ailleurs, la droite n'a de réflexion sur rien. Encéphalogramme plat). Elle ne remet pas en cause l’étatisation de l’instruction, qui condamne la France à avoir un système éducatif qui est une arme de propagande gauchiste massive.

Il suffirait pourtant de rendre déductibles des impôts les sommes engagées dans les établissements hors contrat. Cela serait une révolution.

En attendant, tout sera bon pour l'emporter, la gauche nihiliste ne reculera pas d'un pas :

Opération Belkacem : le cynisme indigne de la gauche morale

Êtes-vous un «pseudo-intellectuel» ?

Nota : il est de tradition, en informatique (même l'informatique a des traditions), que les messages des versions de développement soient des citations latines afin de ne pas les confondre avec des versions opérationnelles. Une fois le latin disparu, il suffira de les remplacer par des citations de François Hollande, ça promet : «Euh ... la finance ... euh ... euh ... mon ennemi ... euh sans visage».

Addendum du 18/05 :

Visiblement, je ne suis pas le seul à faire cette analyse : «Najat Vallaud-Belkacem est, avec Vincent Peillon, un des ministres les plus idéologues que nous ayons eus sous la Ve République.»


Les naufrageurs de l'école

Vivent les Anglais ! Pour la Grande-Bretagne, les migrants «devraient être renvoyés»

Pour la Grande-Bretagne, les migrants«devraient être renvoyés»Londres rejette le plan Juncker

************
« Les migrants qui tentent de gagner l’Union européenne en traversant la Méditerranée devraient être renvoyés », a affirmé dans les médias britanniques la ministre de l’Intérieur, Theresa May, reconduite dans ses fonctions par David Cameron après sa victoire aux législatives.

« Je suis en désaccord avec Federica Mogherini (le chef de la diplomatie européenne) quand elle soutient qu’aucun migrant ou réfugié intercepté en mer ne sera renvoyé contre son gré », a insisté Mme May, quelques heures avant la présentation du plan de Jean-Claude Juncker. « Une telle approche ne peut qu’encourager plus de gens à risquer leur vie », a-t-elle estimé. Le plan d’action adopté mercredi par la Commission européenne veut éviter les embarquements, secourir les migrants qui ont pris la mer et gérer leur accueil à leur arrivée dans l’Union européenne.
************

La solution de ces problèmes est simple, il suffit de le vouloir :

1) Renvoyer les bateaux de migrants sans les secourir, à l'australienne. Quelques corvettes suffisent.

2) Rétablir la nationalité héréditaire par opposition au droit du sol (« On n'appelle pas une vache cheval parce qu'elle est née dans une écurie ») et durcir les conditions de naturalisation jusqu'à la rendre impossible pour les immigrants de première, voire de deuxième génération, sauf par le sang versé ou autre insigne service rendu à la France. Une loi suffit, on en vote des centaines tous les ans.

3) Réserver les aides sociales aux nationaux. Une loi suffit, on en vote des centaines tous les ans.






Cuba libre peut-être un jour (mais pas grâce à François ni à la gauche)

Rigoulot : pourquoi Saint-Germain-des-Prés a cru aumythe de «la fête cubaine»

Les demi-mensonges de François Hollande sur Cuba



mardi, mai 12, 2015

Déconfiture dans la culture

Suppression des humanités : la réforme du collège vue du Québec

Alain Finkielkraut : «La réforme du collège n'est pas progressiste, elle est destructrice»

Apprentis sorciers



Les catholiques-zombies, cette horreur politique

Il y a un point où je suis en accord avec Emmanuel Todd, c’est lorsqu’il décrit François Hollande comme un «catholique zombie» (mes commentaires entre crochets) :

****************
L'homme se pense sans doute de gauche [n'en déplaise à Todd, François Hollande est sans conteste socialiste, tendance étatiste, européiste et clientéliste], et ne saurait facilement admettre que ses valeurs profondes demeurent celles de son enfance [Todd est-il totalement libéré des valeurs de son enfance ? Qu'y a-t-il de mal à garder les valeurs de son enfance ?]: hiérarchie, obéissance, matriarcat peut-être [j'ai déjà expliqué que François Hollande est une femme dans un corps d'homme ou un castrat]. Le dernier catholicisme fut en effet une religion de la mère, centrée sur le culte de la Vierge Marie, particulièrement dans l'ouest de la France.

Ce simple coup d'oeil à la carte d'identité religieuse du Président nous permet de comprendre bien des choses. Placé à la tête d'une nation en difficulté, le Président s'obstine à ne rien faire, à ne pas décider, à ne pas être grand, à rester, en conformité avec l'éducation qu'il a reçue, humble. Mais c'est bien cette modestie qui, dans sa version originelle, avait permis aux catholiques de l'armée française de ne pas trop gravement désobéir à la République durant l'affaire Dreyfus, ou à l'état-major de la Royale de saborder la flotte à Toulon le 27 novembre 1942. L'incapacité à décider ne vient pas, à l'Elysée, ainsi qu'on le suggère parfois, du radical-socialisme. Elle a une origine culturelle, collective, mais ce n'est en fait que l'une des virtualités de la subculture catholique, magnifiquement transmise à François Hollande, catholique zombie archétypal. Comme tant d'autres avant lui, il est né poussière, il redeviendra poussière [sauf que le catholique authentique, à l'inverse du catholique zombie, aura entretemps fécondé la terre de sa foi].
****************

Je rappelle que Staline était un ancien séminariste, comme quoi un chrétien (orthodoxe, je l'admets) zombie peut décider.

Les bretons aussi sont des catholiques zombies.

L’analyse des catholiques zombies a été faite il y a un siècle. Todd n'invente vraiment rien. C’est facile à comprendre en joignant Chesterton (1908 : Orthodoxie) et Le Bon (1905 : Psychologie du socialisme). Les vertus chrétiennes sont devenues folles, au sens où elles se sont détaché les unes des autres (la charité sans la foi).

Les socialistes catholiques zombies, à la Hollande ou à la bretonne, ont gardé l’idée de faire la charité et l’idée de l’universalisme, mais ils ont perdu d’autres idées : la charité est individuelle et non pas collective, le paradis n’est pas de ce monde, l’amour du prochain commence par l’amour concret autour de soi plutôt que l’amour lointain et abstrait de l’Autre, l’homme est pécheur la bonne conscience ne s’achète pas même par un vote socialiste,  la vie est un combat pour la Foi et le Salut  etc.

Il y a la sensibilité et le sentiment, mais il y a aussi la raison et la fidélité. Dis autrement : il y a Saint François d’Assise et Sainte Thérèse de Lisieux, mais il y a aussi Saint Thomas d’Aquin, Sainte Jeanne d’Arc et Saint Louis.

L’Eglise contemporaine est tellement faible en matière de doctrine qu’il arrive que des catholiques dont on n’a pas de raison de douter de la sincérité confondent l’Eglise avec une ONG et se comportent comme des catholiques zombies. Voir Koz, par exemple, qui (par hasard ?) est breton. Ceux-ci sont très irritants, car ils trahissent l’Eglise (de bonne foi ? Expression intéressante dans ce contexte). L’ennemi intérieur est toujours plus difficile à combattre.

Ces considérations ne concernent pas que les catholiques (1), désormais quelques pourcents de la population qui vit en France (je n’ose écrire «française»).

Nous vivons dans un pays de culture catholique. Son histoire, ses paysages, sa langue, ses traditions sont modelés par le catholicisme. En comprendre les dérives et les dévoiements est indispensable.


************************
(1) : bien entendu, par «catholique», j’entends «catholique pratiquant». La notion de «catholique non pratiquant» est absurde. Plus juste est l’expression «de culture catholique».

lundi, mai 11, 2015

Emmanuel Todd, le faux prophète

Emmanuel Todd, le faux prophète

La conclusion de l'article, qui perd soudain toute rigueur, est niaise. Pour le reste, ça tient la route.

***************
Sa pensée peut se résumer ainsi : Emmanuel Todd analyse deux règles d'héritage qui co-existaient en France et en Europe dans le passé : d'un côté le droit romain qui divise l'héritage en part égale entre les frères, de l'autre le droit germanique qui favorise seulement l'aîné. En bon sociologue, Todd en déduisait que les régions où l'héritage égalitaire était dominant donnaient lieu aux idéologies égalitaires et universalistes, dont notre République est l'héritière, alors que les régions dominées par le droit germanique donnaient naissance à des idéologies inégalitaires, différentialistes et réactionnaires.

Sa théorie fonctionne assez bien pour la France d'hier : les régions françaises identifiées comme «égalitaires» (le Sud, l'Auvergne et le Bassin parisien) ont dans le passé maintes fois voté en faveur de la République et plus tard en faveur de la gauche. Les régions «inégalitaires» (le Grand Ouest et l'Est) avaient plus tendance à voter contre la République, comme par exemple lors du référendum de 1852 qui a proclamé empereur Napoléon III.

Seulement, depuis une quarantaine d'année, sa théorie n'est plus valide. La droite est maintenant dominante dans le Bassin parisien et dans le Sud, tandis que l'Ouest est farouchement socialiste. Au lieu de déclarer forfait, Todd a publié en 2013 Le mystère français, qui explique que sa théorie n'a rien de farfelu, mais que la France est mystérieuse. Le grand égarement du sociologue commence ici : tous les maux de la France, la paralysie de son système politique, la méfiance des citoyens envers les institutions, proviennent, selon Todd, de cette divergence entre son modèle et réalité. La France devrait confirmer les prédictions du modèle toddien ; comme elle ne le fait pas, elle est malade (c'est le terme utilisé dans ses livres).

Nombre de lecteurs, à l'éducation et à l'esprit scientifiques, doivent se demander avec effroi comment il est possible d'exposer un modèle sociologique qui ne fonctionne manifestement pas. Que ces lecteurs soient avertis : Emmanuel Todd n'est certainement pas le seul dans ce cas.

Avant lui, il y avait Marx. Comme l'expliquait très bien Raymond Aron, dès les premiers chapitres, la théorie exposée dans Le Capital devient incohérente avec elle-même : par exemple, rien ne permet de déduire la paupérisation du prolétariat au sein de la théorie marxiste. Que fait Marx ? Il la postule tout simplement. De toute façon, peu importe ces détails, car tout conflit est l'expression d'une lutte des classes mondiale ! Postuler un schéma réducteur pour que la réalité ainsi tordue colle avec la théorie est la clé d'une certaine sociologie non quantitative. Un autre exemple : Michel Foucault, qui affirme que l'essence de toute institution est de normer l'individu. Un hôpital soigne en premier lieu les malades ? Peu importe, c'est la normalisation des patients qui compte !
***************

Todd est symptomatique de l'esprit de Polytechnique (en français dans le texte) dont parle Hayek : «J'ai fait tous les calculs dans mon cerveau surpuissant. Si la réalité dément mes calculs, c'est la réalité qui a tort». D'où la blague : la différence entre le train et le polytechnicien, c'est que le train, quand il déraille, il s'arrête. Dernier exemple en date : Anne Lauvergeon.

Bien sûr,  cette maladie de l'esprit ne touche pas que les polytechniciens, ça serait trop beau. Je connais un magnifique exemple d'esprit de Polytechnique qui ne sort pas de cette prestigieuse école.

Remarquez bien que cette tournure d'esprit est apte à faire des bourreaux de classe mondiale. Ce n'est peut-être pas totalement un hasard si Pol Pot a été formé en France.


Commémoration du 9 mai: Poutine tout seul ?

Commémoration du 9 mai: Poutine tout seul ?

************
Dans le quartier de Lefortovo à Moscou, se trouve le cimetière de Wedensk qui comprend le carré des pilotes Français de Normandie Niémen tués en opération. Régulièrement fleuri, il n’aura pourtant pas la visite de François Hollande le 9 mai prochain. Qui s’en moque. Lors des obsèques aux invalides d’un des plus illustres d’entre eux, le Compagnon de la Libération Roland de la Poype en octobre 2013, le gouvernement français ne s’était pas fait représenter. Le gouvernement Russe si, accompagné des Choeurs de l’Armée Rouge. Il faut croire que ces moujiks, ont le sens des convenances.

L’absence de François Hollande, il est probable que Vladimir Poutine s’en moque. Pire, cela doit l’arranger et le conforter que celui-ci se dispense de venir rendre hommage à des soldats français. Et à travers eux à tous ces soldats soviétiques, les «frontovikis », les guerriers du froid dont les énormes sacrifices ont permis, qu’on le veuille ou non, de sauver la civilisation. Accomplir ce geste, tout en maintenant l’expression de ses désaccords, aurait eu une belle portée politique.

L’historien Yves Donjon venu à Moscou en mai 2011 à l’occasion des célébrations consacrées au Jour de la Victoire avait pris un taxi. Quand le chauffeur appris pour quelle raison il était là, il refusa d’accepter de l’argent du trajet, disant simplement : « Merci de vous souvenir ». Encore faut-il avoir de la mémoire.
************

Vous avez compris que tout cela est, de la part de Hollande, un mélange peu ragoutant de servilité (faire le caniche des Américains), de bassesse (pas de respect pour les morts) et d'inculture crasse (l'histoire se résume à des clichés erronés et de toute façon mal digérés).

Gnougnafier un jour, gougnafier toujours.