dimanche, novembre 08, 2009

La dénationalisation des bobos

Les bobos contre Zemmour

Il est intéressant dans cette video, emprunté à fdesouche, de voir la dénationalisation des bobos, phénomène dont je vous ai déjà parlé.

Ce que dit la blondasse est représentatif (à en juger d'après les bobos que je connais) de ce qu'ils pensent du peuple et de ses rapports avec l'identité nationale : le peuple pense d'abord à bouffer, les problèmes philosophiques d'identité, ce n'est pas son lot.

En réalité, c'est exactement le contraire : les bobos peuvent chanter à New-York et à Tombouctou, l'identité nationale n'a que peu d'impact sur leur destin. Il est normal qu'ils s'en foutent.

En revanche, considérez le couple qui est endetté pour vingt ans, dont les migrations familiales se sont limitées à la France depuis des générations, qui n'envisage pas de travailler à la grande ville d'à coté et qui espère que ses enfants ne seront pas obligés d'émigrer à Hong-Kong. Ce couple là est évidemment attaché à la France et à son devenir, la question de l'identité nationale n'est en rien secondaire pour eux, c'est leur assurance pour le présent et pour l'avenir.

Ils ne sont pas bien riches mais ils ont un pays où ils sont chez eux. Si ils se sentent étrangers dans leur pays, comme cela arrive de plus en plus fréquemment, c'est une catastrophe. Voilà ce qu'un bobo mondialisé ne peut pas comprendre.

Obama est-il un mauvais président des Etats-Unis ?

Je trouvai l'anti-bushisme primaire et l'obamania hystérique très modernes, c'est-à-dire ridicules jusqu'à ne plus avoir assez de larmes pour en rire. Je pensai que les espérances placées en Barack Obama n'avaient aucun fondement, ni dans la personnalité du candidat, ni dans son parcours, ni dans ses discours.

Maintenant, l'heure de ricaner méchamment d'Obama, comme le font certains, est-elle venue ?

A mon avis, non. Il est clair qu'Obama n'est pas génial, mais ce n'est pas non plus une tanche absolue.

Etre plus affirmatif m'est difficile.

samedi, novembre 07, 2009

Jean-Pierre jeunet sur la Russie et l'Europe ?

quelqu'un m'a laissé un commentaire me promettant de m'expliquer ce que pensait jean-Pierre Jeunet de la Russie de l'Europe. Comme Charles, j'attends.

vendredi, novembre 06, 2009

Sarkozy l'immobile

Nous avions Sarkozy l'agité. Maintenant, nous avons Sarkozy l'immobile.

Dans un style différent de Jacques, il se chiraquise. J'ai été très surpris d'entendre des commentateurs de BFM, point suspects d'extrémisme gauchiste (mais pas vraiment de droite non plus), louer ses importantes réformes. Lesquelles ?

Sur aucun sujet, absolument aucun, il n'est allé au fond des choses. Je ne parle pas de tout changer en un jour, contre-argument facile des gens de mauvaise foi, mais de points fondamentaux qui changent l'équilibre d'une situation.

Nulle part, il n'a fait ce type de réformes.

jeudi, novembre 05, 2009

La pensée est un outil pour affronter la réalité

La pensée est un outil pour affronter la réalité. Truisme ? Evidence ? Banalité ?

Pas du tout. Si vous lisez et écoutez attentivement les medias, vous vous apercevez que dans une très forte proportion, presque la totalité des cas, la pensée est utilisée pour éviter d'affronter la réalité, pour la contourner, l'amoindrir, la déguiser, la contourner, ou l'ignorer purement et simplement.

Xavier Raufer dans son livre Les nouveaux dangers planétaires développe cette thèse en faisant référence à Michel Maffesoli (compte-rendu à venir).

Jean-François Revel disait qu'il fallait beaucoup d'efforts intellectuels pour ne pas comprendre les causes du chômage en France. De même, il faut vraiment déployer des trésors de sophismes pour expliquer sans se sentir ridicule que les émeutes de banlieue sont sociales et non ethniques. Ou encore, pour nier le désastre éducatif et les méfaits du quasi-monopole étatique sur l'instruction. Mille exemples viennent à l'esprit.

Cela ne provient pas tant d'une défaillance de l'intelligence que d'une perte de courage.

La vie est dure, la société conflictuelle, le monde dangereux. Il est plus confortable, plus aisé et moins éprouvant de se concentrer sur de faux problèmes et de fausses solutions.

Le monde imaginaire est toujours plus ordonné que le monde réel. Vous me direz à juste raison qu'il en a toujours été ainsi, alors qu'est-ce qui a changé ?

> l'entreprise d'abaissement des défenses immunitaires des pays occidentaux par les pays communistes et leurs alliés intérieurs a remarquablement réussi, à coups de culpabilisation anti-coloniale et de culpabilisation anti-richesse. Le stupéfiant «le prof dit pardon» du message témoigne de cette réussite. L'URRS est morte, mais les idées nocives qu'elle a instillées restent.

Elle n'est pas la seule cause de la dénationalisation des élites mais y a fortement contribué (ce n'est nullement par hasard si les élites russes sont beaucoup moins dénationalisées que les nôtres).

On remarquera que l'Eglise catholique s'y est mise également : l'éradication des saints et des cultes locaux par le concile Vatican II a contribué à détacher les croyances de la réalité bien prosaïque.

> le confort matériel et médical sans précédent qui se développe depuis les années 50 dans les pays occidentaux a amolli notre courage et notre détermination à affronter les difficultés de la vie.

> enfin, les décisions difficiles sont en contradiction avec notre société hyper-démocratique. Quand on veut en permanence recueillir l'adhésion de tous sur tout, la solution la plus pratique saute aux yeux : ne pas bouger, ne pas réagir, continuer comme avant. La passivité attire moins de critiques que l'action (1).

Une fois tout ceci mis bout à bout, on comprend qu'on utilise plus guère l'intelligence pour affronter la réalité mais au contraire pour la fuir.


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(1) : il convient de noter qu'il existe une alternative à cette passivité hyper-démocratique : le fascisme. Par bien des cotés le fascisme est précurseur de l'hyper-démocratie : primauté de l'émotion, négation ou maquillage des conflits d'intérêts au sein de la nation (rejet sur un bouc-émissaire), unanimisme, etc.

L'inflexible courage d'être riche

Jean Raspail, dans sa préface à la dernière édition Du camp des saints, c'est-à-dire il y a vingt ans, écrivait qu'il fallait choisir entre apprendre le courage résigné d'être pauvres et retrouver l'inflexible courage d'être riches.

Retrouver le courage d'être riches, c'est bien là notre problème. C'est bien parce qu'ils n'ont pas ce courage que les immigrationnistes nous expliquent qu'il faut accueillir toute la misère du monde.

On voit là les ravages de l'imprégnation marxiste : l'opposition riche/pauvre est automatiquement traduite en dialectique dominant/dominé. Dominer c'est mal et c'est de notre faute, donc nous devons avoir honte d'être riches et renoncer à nos richesses.

Le lavage de cerveaux est tellement réussi qu'une chose ne nous vient plus à l'esprit : que les pauvres puissent être responsables de leur pauvreté et que nous n'ayons aucune remords à avoir d'être riches mais au contraire que ce soit une réussite dont nous pouvons nous enorgueillir.

Certains se sentent probablement mal à l'aise avec cette idée, c'est normal : le «surmoi marxiste» a pris la succession directe de la culpabilisation chrétienne de l'argent, ça fait un lourd héritage à assumer.

Ils peuvent méditer l'image de Ronald Reagan : «Un marxiste, c'est quelqu'un qui, lorsqu'il voit un gros assis à coté d'un maigre, pense que le gros a volé le maigre.»

Pour ma part, je ne ressens vraiment aucune culpabilité de ce que la France soit riche. On peut estimer que cela nous crée certains devoirs, mais certainement pas celui d'accueillir 300 000 immigrés par an, d'autant moins si on considère qu'il s'agit pour une très large part d'une invasion (c'est le terme franc pour «immigration de peuplement») que nous avons toute légitimité à combattre énergiquement.

mercredi, novembre 04, 2009

«Il y a une horreur du pays d'accueil» et «le prof dit pardon»



Du Grain Moudre 22 septembre 2008


Tout ça, c'est sûrement de la faute du néolibéralisme prédateur et du racisme atavique des Français (et bien entendu du manque de «moyens», qui fait rire tous ceux qui ont déjà mis les pieds dans un collège de ZEP - comme dit une prof, ce n'est pas l'argent qui manque, c'est la discipline).

Martine Aubry a un avis sur l'identité nationale

Martine Aubry : «Nous pensons que l'identité de la France n'est pas ethnique, pas religieuse, pas culturelle mais, c'est l'appartenance à des valeurs communes».

L'identité française définie par le républicanisme le plus étroit.

Autrement dit, un habitant du Pérou républicain est français ? D'après la définition de Martine Aubry, oui. Ses mots ont-ils dépassé sa pensée ? Pas sûr du tout.

Martine Aubry est ce maire qui a réservé des horaires aux femmes à la piscine municipale (pas de caissiers, que des caissières à ces heures là). Rappelons aussi qu'elle est à la ville l'épouse de celui qui a été surnommé «l'avocat des islamistes», ce qui aide à comprendre bien des choses.

On comprend qu'elle a un rapport avec l'identité française assez particulier et non représentatif des Français.

On peut même se demander, à la lumière de l'histoire de la piscine, quelles sont les fameuses valeurs communes invoquées par Martine Aubry. Elles n'existent sans doute pas.

En restant dans la logique de ses déclarations et de son action, on peut alors compléter la phrase de Martine Aubry : «Nous pensons que l'identité de la France n'est pas ethnique, pas religieuse, pas culturelle mais, c'est l'appartenance à des valeurs communes qui n'existent pas. Donc, l'identité française n'existe pas

Notre malheur veut qu'elle soit secrétaire général du principal parti d'opposition.

mardi, novembre 03, 2009

Les syndicats responsables de coupure d'électricité cet hiver ?

Cet hiver, on va se les geler en République Démocratique Française

Ayant travaillé chez EDF il y a dix ans, je suis tenu à un certain devoir de réserve. Disons simplement que je ne vois rien pour contredire le texte en lien.

Métro : heureusement que ça a changé



(source : fdesouche)

Quelle horreur, cette absence de métissage et de diversité ! Mais c'est bien connu «première, deuxième, troisième génération, nous sommes tous des enfants d'immigrés», comme le prouve clairement ce film. Il montre aussi qu'avant l'enrichissement par la diversité apporté par les bienheureuses Chances pour la France, le métro était un enfer de saleté, d'impolitesse et d'incivisme.

Heureusement que les choses ont bien changé grâce à de salvatrices vagues migratoires qui ont remis dans le droit chemin de la civilisation ces barbares de Français.

lundi, novembre 02, 2009

Télévision : tous pourris ?

En commentaire d'une video de Jean Robin décrivant sa déception d'Eric Zemmour, j'ai écrit qu'a priori, tous ceux qui passaient à la télévision étaient pourris.

Sur mon propre blog, je peux m'expliquer un peu plus longuement.

Je précise tout d'abord mon cadre : je pense principalement aux célébrités télévisuelles dont, en France, Patrick Poivre d'Arvor était l'archétype.

On ne se séduit pas le public avec de belles qualités humaines mais, éventuellement, en en donnant l'impression, ce qui est très différent. Il ne faut jamais oublier que ceux qui passent dans les medias, même quand ils se mettent un masque de journaliste, sont avant tout des comédiens.

> les enjeux : ils sont énormes. Tout d'abord, les enjeux financiers : entre le journaliste qui présente le journal de minuit et celui 20h, il n'y a pas seulement quatre heures de différence, il y a quelques zéros sur la feuille de paye. Ne croyez pas les faux-jetons qui vous racontent qu'ils travaillent uniquement pour l'amour du métier, ils travaillent aussi, et surtout, pour l'argent. C'est humain.

L'enjeu du pouvoir, inutile d'y insister trop. La télévision est le quatrième pouvoir : on n'arrive pas au pouvoir avec l'honnêteté et la droiture. Celui qui rechigne à trahir et à poignarder est handicapé.

Il y a un enjeu qui à la longue qui est encore plus important : l'ego. On peut transposer pour les créatures télévisuelles le sombre constat de Jean Guéhenno à propos des écrivains sous l'occupation, prêts à toutes les compromissions pour voir leur nom imprimé sur une couverture dans une devanture de librairie.

> le «feedback» : on peut faire une analyse assez proche pour les politiciens. Cependant, il y a une différence fondamentale : dans le cas des politiciens, il y a une boucle de retour, aussi imparfaite soit-elle. Ils ne vivent pas seulement de leur caractère et de leur image, mais aussi de leur action (telle que rendue par l'image, cependant).

Au contraire, les professionnels de la télévision ne vivent que de leur image. Sauf événement exceptionnel comme l'affaire Botton ou les bébés irakiens, rien ne vient jamais la démentir. Ils peuvent se comporter indéfiniment comme des putois dans la vie et des gentils dans l'affreux cyclope.

> le goût : c'est la raison principale de mon aversion pour les vedettes du petit écran. La télévision est un media vulgaire, dont la pente naturelle est de faire appel aux plus bas instincts. L'homme qui en fait profession est donc irrémédiablement entaché à mes yeux du soupçon de bassesse et de vulgarité.

> le microcosme : aux maux universels précédemment décrits, s'ajoute une particularité française qui les renforce, le microcosme parisianiste. Tous ces aigrefins de la lucarne grenouillent dans un petit monde, quelques arrondissements, plus Boulogne-Billancourt et Issy-les-Moulineaux. Ils se marient entre eux (ou avec des politiciens). Ca sent la consanguinité, le renfermé, le fennec. On y devine les sordides querelles de village qui volent plus bas que terre.

Vous comprenez maintenant mon jugement des vedettes de télévision.

Il se ramène au fond à : «Si c'était quelqu'un de bien, il ne passerait pas régulièrement à la télévision». Et c'est valable pour Eric Zemmour, bien qu'il propage quelquefois des idées qui ne me sont pas toujours étrangères.

dimanche, novembre 01, 2009

A-t-on encore le droit d'employer le mot «tarlouze» ?

A-t-on encore le droit d'employer le mot «tarlouze» ? On se le demande.

Louis Nicollin, président du club de football de Montpellier, a traité le capitaine d'Auxerre de «tarlouze».

Le plus navrant dans cette histoire navrante, c'est que les militants homosexuels (qui commencent à me les briser menues) ont réagi plus fortement que l'insulté.

Je ne vois pourtant pas de problème : «tarlouze» est une insulte tout ce qu'il y a de plus française. Ca devrait donc se régler entre l'insulteur et l'insulté. Pour ma part, je continuerai dans mes moments d'énervements extrêmes à employer «pédé», «enculé», «tarlouze», entre autres.

Ca rend les homosexuels malheureux ? Ils seraient donc si fragiles ? Qu'ils en prennent leur parti et qu'ils assument leur homosexualité.

Où va-t-on si l'on aseptise la langue française pour ne pas froisser tel ou tel lobby ?

Rappelons que «con», «connard», «connasse» ne sont pas flatteurs pour les femmes, «salaud», «salopiot» pour les gens qui n'ont pas l'eau courante, «minus», «nabot» pour les gens de petite taille, etc.

Il y en a marre de ces histoires ridicules mais néanmoins chiantes. Va-t-on être obligé de jeter en enfer les trois quarts des films dialogués par Audiard ?

Et puis, on ne m'ôtera pas de l'idée que les pédés sont des enculés, et j'attends celui qui me prouvera le contraire !

Banqueroute de l'Etat français : le choix dans la date (2)

Comme dans un précédent message, j'avais prophétisé la date de la banqueroute de l'Etat français, il convient que j'y revienne de temps en temps pour faire le point.

Hé bien, je maintiens ma prévision de faillite de l'Etat français pour 2017.

La crise actuelle pourrait rapprocher la banqueroute (la croissance est très inférieure aux taux d'intérêt donc l'Etat s'endette mécaniquement). Mais elle ouvre des occasions de taxation sans révolution.

Je persiste donc à penser que la démographie apportera le coup de grâce à l'étatisme français (et qu'on n'aille pas me dire que des immigrés incultes paieront nos retraites) si aucune véritable réforme (1) n'est faite d'ici là.

On me cite l'exemple du Japon pour prouver qu'un Etat peut s'endetter indéfiniment.

L'Etat japonais s'endette auprès des Japonais en monnaie japonaise. C'est donc un mauvais contre-exemple : la France s'endette pour moitié auprès d'étrangers dans une monnaie qu'elle ne contrôle pas.

Par contre, je crois à l'inventivité des technocrates français pour trouver des ficelles pour retarder l'heure de vérité.

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(1) : je rappelle aux oublieux ce que j'appelle véritable réforme : retraites par capitalisation, assurances sociales privatisées, un tiers de moins de fonctionnaires.

samedi, octobre 31, 2009

Identité nationale : le communiqué du parti de In-nocence

Sur le prétendu débat sur l'identité nationale

Je souscris à chaque mot. Je suis particulièrement scandalisé par la réduction de la France au républicanisme et au droit-de-l'hommisme.

vendredi, octobre 30, 2009

Ma pierre au débat sur l'identité nationale

Un gouvernement français qui invite les Allemands aux cérémonies du 11 novembre est depuis longtemps dénationalisé.

Le 11 novembre, c'est une cérémonie intime, entre membres de la famille française. Les morts qu'on y honore sont les nôtres. Les noms qui sont sur les monuments aux morts, ce sont nos noms.

Les Allemands, on les aime bien, mais les cérémonies du 11 novembre, ce n'est ni le lieu ni le moment pour le leur montrer.

Voilà ma pierre (jetée sur le gouvernement) au débat sur l'identité nationale.

De la tenue

Extrait du site dédié à Jean Raspail

DE LA TENUE

Un grand merci à Christophe Vannier, qui nous a communiqué ce texte

S'il existe en français, pour s’adresser à autrui, deux pronoms personnels de la deuxième personne, l’un au singulier, TU, l’autre où pluriel, VOUS, appelé pluriel de politesse, c’est que notre langue se plaît à certaines nuances qui sont les bases de la civilité. Il ne s’agit pas là de code, de formalisme de classe, de snobisme, de règles mondaines, mais simplement d’usages naturels, qui se perdent et qui faisaient, entre autres, le charme et l’équilibre de la France et le plaisir d’être Français.

Ce plaisir-là s’émousse. On me dira que d’autres motifs plus graves et plus irritants y concourent, d’autres lésions de civilisation, et que c’est considérer les choses par le petit bout de la lorgnette, mais dans ce seul domaine de la civilité, de petites causes peuvent entraîner de grands effets dévastateurs.

La Révolution française, jusqu’à l’avènement du Directoire, savait ce qu’elle faisait en imposant le tutoiement général et en interdisant l’emploi des vocables Monsieur et Madame qui marquaient au moins une déférence réciproque : elle égalisait au plus bas niveau, celui du plus grand dénominateur commun de la familiarité.

Aujourd’hui, ce sont d’abord nos enfants que nous voyons condamnés à être partout tutoyés, comme sous la Révolution. Je ne m’en prends point au tutoiement naturel d’affection et d’intimité (la famille, les amis), ou de solidarité (les copains, les camarades,), mais à celui que leur infligent systématiquement les adultes, comme si l’enfant n’avait pas droit au respect et à la liberté de choisir selon son coeur et ses humeurs qui a, ou qui n’a pas, le loisir de le tutoyer.

D’une façon significative, et qui ne doit rien au hasard, cela commence dès l’école, où plus un instituteur ne prend la peine de vouvoyer (ou voussoyer) un enfant. Au premier jour de classe, l’ex-maître devenu enseignant par banalisation de la fonction et refus de cette sorte de sacerdoce qu’elle représentait autrefois, ne demande plus à l’enfant dont il fait connaissance: « Comment vous appelez-vous ? », ce qui serait au moins du bon français, mais : « C’est quoi, ton nom ? »

Sans que l’enfant en ait conscience, le voilà déjà rabaissé, marqué comme un élément de troupeau. On lui eût dit « vous » d’emblée, ainsi qu’à ses camarades, qu’ils en auraient retiré, tous ensemble, l’impression d’être considérés et appelés à de grands destins, ce qui est faux, naturellement, pour la plus grande partie d’entre eux, mais représente quand même un meilleur départ dans la vie que d’être ravalés dès l’enfance au matricule du tutoiement.

Le jeune élève va être vite conditionné. Dès qu’il saura lire et écrire, ses premiers livres « d’éveil » lui poseront leurs premières questions sous la forme autoritaire du tutoiement : « Dessine ici un arbre, une vache.... » ou encore : « Ecris les noms des fleurs que tu connais… » Ce n’est pas bien méchant, mais c’est ainsi que le pli se prend.

Au catéchisme, devenu catéchèse, l’accueil en TU n’es pas différent, mais ses effets en sont plus marquants, car il s’agit de choses plus graves : c’est l’âme qui se fait tutoyer d’entrée. L’ouvrage « Pierres vivantes » qui fit couler tant d’encre à cause de certaines énormités qu’il contient, distille son enseignement par le biais d’une complicité, et non d’un magistère, que le tutoiement impose à l’enfant.

Tout cela semble si bien admis, que c’est un aspect des choses que personne, à ma connaissance n’a jusqu’à présent souligné. On pose pour principe que l’enfant s’y trouve plus à l’aise. C’est sans doute vrai eu premier degré. Cette pente-là est facile et semble toute naturelle C’est justement pourquoi l’on devrait s’en méfier...

Car dans cet immense combat de société qui divise le pays depuis déjà longtemps, et qui est loin d’être terminé, quelles que soient ses péripéties politiques, nos enfants sont un enjeu formidable : ils représentent l’avenir. Tout se tient et c'est au nom de l'égalitarisme et de l'uniformité larvée qu'on prive ainsi l'enfant de la déférence élémentaire et du respect qu'on lui doit.

Le tutoiement qui sort de la bouche d'un instituteur, fût-il de l'enseignement privé, et de la plupart de ceux qui font profession de s'occuper des enfants, est d'abord un acte politique, même s'il est inconscient. Cela fait partie du dressage, et cela donne des résultats. Déjà, une bonne partie de la France adulte, et toute la France juvénile, se tutoient, dans un grand dégoulinement de familiarité, qu'on appelle aujourd'hui la CONVIVIALITÉ, mot de cuistre, alibi de cuistre, camouflage de cuistre. De la convivialité à la vulgarité, le pas est vite franchi.

Dans de nombreux milieux du travail, le tutoiement devient un passeport obligatoire, dont on ne saurait se passer sous peine de déviationnisme bourgeois, alors que, chez les compagnons d'autrefois, c'était le vouvoiement qui marquait l'esprit de caste. De CASTE, pas de classe.

Au sein du parti communiste, comme du parti socialiste, dans la "République des camarades", le tutoiement est de rigueur. Seul François Mitterrand y faisait exception lorsqu'il était premier secrétaire de son parti. Il détestait qu'on le tutoie, et allait jusqu'à l'interdire, ce qui montre assez bien, à mon sens, que son socialisme était seulement d'ambition et non de conviction...

Mais, pour le commun des Français, aujourd'hui, il importe de ne pas être FIER, car ce mot-là, justement, par ce qu'il entraîne de dignité et de sentiment élevés, est devenu l'un des nouveaux parias de notre vocabulaire.

Cela peut paraître sympathique, amical, empreint de simplicité. En réalité, ce n'est qu'un piège. Quand les convenances du langage tombent, l'individu perd ses défenses naturelles, rabaissé au plus bas niveau de la civilité. N'a pas d'autre but non plus la destruction de la langue française préparée dans les laboratoires subversifs de l'Education nationale, et dont on mesure déjà les effets...

Pour ma part, j'ai été dressé autrement. Je me souviens de la voix du maître qui tombait de l'estrade : «Raspail! Vous me copierez cent fois...» ou : «Raspail! Sortez!»

J'avais neuf ans. C'était juste avant la guerre, dans une école laïque de village. Plus tard, au lycée (et ce n’est pas pour rien qu’on a cassé certaines façons, là aussi), les professeurs nous donnaient naturellement du MONSIEUR sans la moindre dérision : « Monsieur Raspail, au tableau ! » On se vouvoyait entre condisciples, réservant le tutoiement à un nombre restreint de camarades choisis.

Choisir, tout est là ! Ne rien se laisser imposer sur plan des usages, ni le tutoiement d’un égal, ni à plus forte raison celui d’un supérieur.

Il y avait une exception, de ce temps-là : le scoutisme. Je me souviens de ma surprise quand je m’étais aperçu, à onze ans, qu’il me fallait tutoyer cet imposant personnage en culottes courtes qui devait bien avoir trente ans, et qui s’appelait le scoutmestre, et qu’à l’intérieur de la troupe tout le monde se tutoyait aussi avec une sorte de gravité. Mais il s’agissait là d’une coutume de caste, d’un signe de reconnaissance réservé aux seuls initiés, comme la poignée de main gauche, l’engagement sur l’honneur, et les scalps de patrouille, car le scoutisme avait alors le génie de l’originalité, une soif de singularité forcenée, dont nous n’étions pas peu fiers. On se distinguait nettement de la masse, on s’élevait par degrés à l’intérieur de cette nouvelle chevalerie, mais il fallait s’en montrer digne.

En revanche, on vouvoyait Dieu. Cela nous semblait l’évidence même. La prière scoute chantée commençait ainsi: « Seigneur Jésus, apprenez-moi à être généreux, à Vous servir comme Vous le méritez... » C’est la plus belle prière que je connaisse. Il m’arrive encore de m’en servir. Voit-on comme la musique des mots eût été différente à la seconde personne du singulier, et comme elle parlerait autrement à l’âme: « ... A Te servir comme Tu le mérites. » ? C’est sec, cela n’a pas de grandeur, cela ne marque aucune distance, on dirait une formalité. Et cependant, aujourd’hui, c’est ainsi que l’on s’adresse à la Divinité, on lui applique le tutoiement le plus commun en français. Et le reste a capoté en série: la liturgie, le vocabulaire religieux, la musique sacrée, le comportement de la hiérarchie, la laïcisation du clergé, la banalisation du mystère, si l’on s’en tient aux seules lésions apparentes. Dieu est devenu membre du parti socialiste. L’usage est de le tutoyer.

Au chapitre des habitudes, ou plutôt des attitudes, j’ai conservé celle de vouvoyer aussi les enfants qui ne me sont pas familiers, et d’appeler Monsieur ou Mademoiselle les jeunes gens que je rencontre pour la première fois. La surprise passé, ils me considèrent avec beaucoup plus de sympathie, et j’ai même l’impression qu’ils m’en sont reconnaissants. Nous tenons des conversations de bien meilleure venue, et les voilà qui se mettent à surveiller leur langage, c’est-à-dire à s’exprimer correctement en français, comme si d’avoir été traités avec déférence leur donnait des obligations nouvelles et salutaires. Les négations et les liaisons réapparaissent miraculeusement dans la phrase (je n’ai pas, au lieu de j’ai pas, c’est-t-un an lieu de c’est-h-un, etc.), la prononciation se redresse (je suis pour chuis, je ne sais pas pour chais pas, etc.), le goût de l’élégance verbale ressuscite. Faites vous-même l’essai, vous verrez. La dignité du langage et la dignité de la personne se confondent le plus souvent. Voilà pourquoi l’on parle si mal en ce moment…

Oserai-je avouer ici que mes enfants me vouvoient, et vouvoient également leur mère ? Cela depuis leur plus jeune âge, et sans aucun traumatisme. Sans vouloir convertir personne à ce qui peut paraître une ostentation, là aussi il faut constater que le langage courant au sein de la famille s’en trouve naturellement affiné. Et même dans les affrontements, qui ne manquent pas, un jour ou l’autre, vers la fin de l’adolescence, d’opposer les enfants à leurs parents, le vouvoiement tempère l’insolence et préserve de bien des blessures. Il en va de même entre époux, encore que ce vouvoiement-là soi devenu aujourd’hui une sorte de curiosité ethnographique, et Dieu sait pourtant les services de toutes sortes qu’il rend. Je le pratique depuis trente-cinq ans que je suis marié. C’est un jeu divertissant, dont on ne se lasse jamais. Même dans le langage le plus routinier, l’oreille est toujours agréablement surprise. Les scènes dites de ménage, fussent-elles conduites avec vigueur, s’en trouvent haussées à du joli théâtre. On a envie de s’applaudir et de souper ensemble au champagne après le spectacle. Toutes les femmes qui ont compté dans ma vie, je les ai toujours voussoyées, et réciproquement, pour l’honneur de l’amour en quelque sorte. Puis-je espérer, sans trop, y croire, que, tombant sur cette chronique, un jeune couple s’en trouvera convaincu, au moins curieux de tenter l’expérience ? En public, ils étonneront les autres, ce qui est déjà une satisfaction en ces temps d’uniformité où se nivellent médiocrement les convenances sociales. En privé, ils s’amuseront beaucoup aux mille et une subtilités, du vous, et je prends le pari qu’ils ne rebrousseront pas chemin de sitôt.

Dans un tout autre domaine, j’assistais récemment aux obsèques d’un ami cher, Christian, de son prénom, mais il avait aussi un nom, fort joli nom d’ailleurs. Eh bien, le prêtre, qui l’avait jamais vu vivant, qui ne l’avait même jamais vu du tout, le trairait à tu et à toi, selon les piètres dispositions du nouvel office des morts : « Christian, toi qui.. Christian, toi que... Christian, Dieu te... et ta famille... » Exactement comme pour les enfants sans défense ! En vertu de quoi, au nom de quoi, la familiarité doit-elle répandre ses flots visqueux jusque sur les cercueils ? Bossuet tutoyait-il les princes en prononçant leurs oraisons funèbres ? Or chaque défunt est un roi, enfin couronné, et sacré à jamais. Quant au nom patronymique de Christian, celui sans lequel le prénom de baptême n’est rien, il ne fut pas une seule fois prononcé ! Et pourquoi pas la fosse commune obligatoire, dans la même foulée...

Car me frappe tout autant, l’emploi généralisé du prénom seul, en lieu et place du patronyme précédé on non du prénom, et cela dans toutes les circonstances de la vie où il n’est pas nécessaire de présenter une carte d’identité : « C’est quoi, ton nom? Serge. Moi, c’est Jocelyne... » Serge qui ? Jocelyne qui ? Les intéressés eux-mêmes semblent ne plus, s’en soucier. Il y a des dizaines de milliers de Serge, des dizaines de milliers de Jocelyne, alors qu’il n’existe qu’un seul Serge X., qu’une seule Jocelyne Z. Mais on se complaît dans l’anonymat. On y nage à l’aise, on s’y coule avec délices, on n’y fait pas de vague, semblable aux milliers de milliers, on n’éprouve pas le besoin de faire claquer son nom comme un drapeau et de brandir ce drapeau au dessus de la mêlée.

Qu’on se rassure, toutefois. Il nous restera au moins à chacun, le numéro matricule de la Sécurité sociale. Celui-là, on y tient.

J’en connais même qui se battront pour ça...

Jean Raspail

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Nota : je vous ai déjà parlé de l'orthocivisme, le civisme qui consiste à se tenir droit.

Vous ne serez donc pas étonnés que j'apprécie ce texte.

FB

L'occupation du 18ème

On n'est plus en France mais ce traitre d'Hervé Le Bras reste négationniste (1) : il nie que l'immigration soit un problème.



Il se trouve que je connais la rue Myrha : j'ai un ami breton, peut-être le seul blanc de la rue, qui y habite.

La rue Myrha, c'est un rêve de multiculturaliste : il n'y a qu'un blanc au milieu de noirs !

C'est pittoresque (sauf pour les femmes non voilées) quand tout va bien, mais ce n'est pas la France. Et, souvent, ça va mal : batailles de gangs, agressions par des junkies, vols. Sans compter les petits désagréments du quotidien, le bruit et l'odeur pour reprendre le mot d'un ancien président de la république.

Et si il se trouve des belles âmes qui s'offusquent, qu'elles aillent d'abord passer quelques jours, pas quelques heures, rue Myrha.

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(1) : cette allégation de négationnisme est une plaisanterie : un clin d'oeil aux méthodes de débat des réchauffistes.