lundi, avril 24, 2017

La droite est-elle majoritaire en France ?

J’ai toujours été perplexe sur l’affirmation que la droite était majoritaire en France. Mon doute était basé sur un ressenti : mes conversations me laissaient penser que les valeurs de droite n’étaient pas vraiment assumées. Pour caricaturer (à peine), on souhaite qu’il y ait moins de vols et moins de délinquance, plus d’ordre (valeur de droite), mais à condition que la police ne brutalise personne et fasse pas trop preuve d’autorité. On veut réduire l’immigration, mais sans faire de peine à personne. On veut être indépendant de l’UE mais sans en sortir. On se plaint des inconvénients de l’Euro, mais on ne veut pas retourner au Franc …

Christophe Guilluy, que j’ai tendance à croire, nous dit pourtant que les idées du Front National sont majoritaires. Que si l’on teste des idées frontistes sans en donner l’origine, elles sont approuvées par la majorité.

Alors ? Je pense que les Français sont, tout simplement, velléitaires. Guilluy a sans doute raison, mais au moment de voter pour leurs idées, les Français ont peur de s’engager pour un changement, ils s’auto-censurent.

C’est là qu’intervient la question de la France d’en haut : si des autorités levaient l’autocensure (et aussi les barrières très réelles dans les institutions), les Français seraient libérés et la droite gagnerait vraiment.

Je pense que c’est une des raisons de la victoire du Brexit : à savoir qu’il y avait une partie non négligeable de l’Angleterre d’en haut, disons un petit quart, qui était pour.

Dans la France d'en haut, pour une vrai politique de droite, il n'y a que quelques pourcents, probablement pas dix.


Présidentielles 2017 : le bras d’honneur de la France d’en haut à la France d’en bas

La première interprétation que je fais du score élevé d’Emmanuel Macron, c’est un bras d’honneur de la France qui va bien à la France qui va mal. « Vos préoccupations, vos problèmes, on s’en fout. Pour nous, tout va bien et on veut que rien ne change, que le politiquement correct et le bisounoursisme continuent comme avant. Certes, il y a des choses qui vous grattent mais tant que cela ne nous touche pas personnellement, démerdez vous tous seuls » .

Comme dit David Desgouilles, c’est la France des « on est gentil » contre la France des « on est chez nous ». Mais pour être « gentil », il faut avoir les moyens financiers de vivre une vie protégée.

Les jeunes plébiscitent Le Pen et Mélenchon, les cadres votent Macron

Macron-Le Pen ou le retour fracassant de la lutte des classes

Il n'y a d'ailleurs pas chez Macron et ses électeurs que de la gentillesse, ou plutôt, de la fausse gentillesse. Il y a aussi un intense mépris de classe, celui du marionnettiste de Macron pour les sans-dents. Les expéditions de Macron en France profonde ressemblaient à Tintin au Congo.

Seulement voilà, et, ce coup-ci, c’est Christophe Guilluy qui le dit : la France des très mécontents est sur la trajectoire pour devenir majoritaire et, si cette majorité ne trouve pas d’expression politique du fait du dysfonctionnement des institutions et de la médiocrité des hommes, la situation va devenir politiquement dangereuse, ouverte à toutes les folies, le score de Mélenchon le prouve.

En tout cas, Berlin est content. Le gauleiter qui avait sa préférence est en bonne voie d’être élu.

A l'Elysée, où l'on n'a aucun souci de la France, on doit bien se marrer d'avoir réussi à couillonner les Français, avec l'aide involontaire de cet âne de Fillon.





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Nota 1 : je pense que Marine Le Pen a peu de chances d’être élue. Elle a fait une campagne atone, sans thème majeur, quasi sans polémique. Mais il reste le scénario Galam, l’élection par surprise.

Nota 2 : ce vote où les Français ont refusé de prendre leur destin en mains (ce qu’aurait signifié un gros score de Le Pen, de Fillon ou, dans un autre genre, de Mélenchon) me conforte dans mon analyse. La France ne maitrise plus son destin : les choses, bonnes ou mauvaises, plutôt mauvaises pour le moment, nous sont imposées de l’extérieur et le seront de plus en plus.


dimanche, avril 23, 2017

Bilan du premier tour des présidentielles

Deux citations.

Chantal Delsol :

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L’incapacité d’agir, l’attitude qu’on dit velléitaire ou attentiste, aura les mêmes conséquences pour un peuple que pour un individu, pour un gouvernant que pour un particulier. Si votre enfant ne fait rien à l’école et que par pusillanimité ou par paresse ou par indifférence, vous ne tentez pas de réagir, ce sont les événements qui décideront à votre place : l’enfant sera finalement renvoyé, par exemple. Autrement dit, si vous ne menez pas votre destin, c’est votre destin qui vous mènera par le nez. Il en va de même pour un pays. A force de mettre au pouvoir des gouvernements attentiste et pusillanimes, il se produira je ne sais quelle catastrophe qui viendra pour ainsi dire tout résoudre.
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Bossuet :

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Dieu rit des prières qu'on lui fait pour écarter des maux dont on chérit les causes.
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C'est à dessein que j'emploie maintenant des citations dont j'ai déjà fait grand usage, car je pense que l'analyse n'a aucune raison de varier depuis des années. Les choses s'aggravent mais ne changent pas de nature.

J'ai récemment été dépité par quelques conversations dans la France provinciale, non-mondialiste, (voir le billet Présidentielles : l'aventure ou la pourriture). La pusillanimité des propos m'a frappé. On sent bien que ça va mal, mais de là à voter pour un type qui s'est fait offrir des costumes ou pour la fille de Jean-Marie Le Pen, ah non ...

Alors, ne venez pas vous plaindre ensuite.

C'est pour cette raison que j'ai toujours pris la défense de François Hollande sur un point : tout grand menteur qu'il est, il n'a au fond pas trompé les Français. Il s'est comporté exactement comme on pouvait s'y attendre quand on avait réfléchi au personnage et à sa carrière. Tous ceux qui disaient « J'ai voté Hollande et je me suis fait avoir » sont soit des menteurs soit des  imbéciles.

Il en sera de même pour Macron. Il est l'homme du capitalisme de connivence, du multiculturalisme destructeur, du mondialisme et de la haine de la France. Aucune surprise possible.










samedi, avril 22, 2017

Européisme, Résistance et Collaboration : les 20 premières minutes sont un délice

Comme dit Charles Gave, mes ancêtres ne sont pas battus pendant 80 ans pour éviter l'Europe allemande pour que je l'accepte aujourd'hui.








Premier tour : mon souhait

Mon ordre pour le quatuor de tête :

1) Le Pen

2) Fillon

3) Mélenchon

4) Macron

Ce souhait n'est hélas pas une prédiction.

Folies immigratoires

Dalrymple, l'assassinat de l'Occident par la trahison bureaucratique :

Immigration Follies

Dalrymple se demande pourquoi les bureaucrates anglais de l'immigration privilégient, contre tout bon sens civique, les réfugiés musulmans par rapport aux réfugiés chrétiens et les immigrés peu qualifiés par rapport aux immigrés qualifiés.

La seule réponse qu'il finit après examen par tenir pour plausible, c'est qu'ils considèrent que, le nationalisme -au sens très étendu- étant mauvais, tout ce qui contribue à détruire leur pays est bon.

On connaît la racine de cette folie : la vanité moralisatrice (les vertus chrétiennes devenues folles) et l'intérêt des bureaucrates (tout particularisme qui donne à un pays sa chair est un obstacle au pouvoir bureaucratique, il convient donc de dissoudre les pays).

vendredi, avril 21, 2017

Les Français sont abandonnés à eux-mêmes

Attentats : après le syndrome de Stockholm, le syndrome de Paris

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Le syndrome de Stockholm … un grand classique de la psychologie collective : des otages partageant la vie de leurs geôliers développent une forme de sympathie pour leurs discours.

Avec la récurrence des attentats en France, nous avons droit à une sorte de version décalée de cet étrange phénomène qui pointe dans la presse de gauche. On n’est pas encore dans l’empathie mais on se croit malin en déjouant les arrière-pensées prêtées aux criminels. Il ne faut pas sur-réagir et combattre avec trop de force leurs auteurs et leurs instigateurs car ce serait tomber dans leur piège. Tel est le discours. Macron le ressasse ad nauseam.

L’angle mort logique et moral de cette pétition de principe est évident : si les assassins récidivent et récidivent encore, quand pourrons-nous faire autrement que de répliquer avec la férocité nécessaire ?

Puisqu’il s’agit de morale chrétienne mal interprétée, posons le problème autrement.

Si l’on te frappe sur la joue droite, tends la joue gauche, certes. Il ne s’agit en effet que d’atteinte à ton amour-propre. Mais si l’on te tue ou si l’on abat tes proches, alors la loi du talion retrouve son sens. Elle est la seule à pouvoir interrompre le cycle de la violence car la haine mortelle est incarnée dans celui qui a tué et qui recommencera s’il le peut. Jésus rappelait le talion pour ajouter « et » moi je te dis s’agissant des atteintes à l’orgueil. Il n’ajoutait pas « mais » moi je te dis quand il s’agit de mettre le criminel hors d’état de recommencer à tuer.

Le message de ces attentats est clair : une lutte à mort est engagée. Nous ne parviendrons à en éradiquer les causes qu’en relevant le gant. Nos ennemis sont prêts à perdre la vie. Ils sont animés d’une pulsion auto destructrice dont on ne peut les délivrer qu’en les supprimant. Cette conclusion simple n’est pas sommaire, elle est la traduction lucide d’un combat qui ne connaît que deux issues : la défaite ou la victoire.

Ce n’est pas Daech qui nous frappe. C’est l’islam intégriste, le fascisme coranique, le vrai néo-nazisme, instillés au plus profond de notre société et auxquels adhèrent en conscience des dizaines de milliers d’individus, fichés ou non fichés. Dans le meilleur des cas pour eux, ils doivent être expulsés au plus vite, peu importe le passeport qui les déclare d’une nationalité qu’ils méprisent.

Daech n’est qu’un précipité, un condensé de ce qui nous attend si nous ne réagissons pas et acceptons de finir d’ici quelques décennies comme les minorités religieuses d’Orient. Les Français ont oublié ce qu’était un ennemi mortel. L’actualité va se charger de le leur rappeler jusqu’à ce qu’ils comprennent.

Ces mots sont difficiles à écrire. Mais il faut bien que quelqu’un fasse le sale boulot intellectuel.
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Plus forts

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Cette résistance inattendue [de la population londonienne au Blitz] à une campagne massive de terreur a été étudiée, sur le moment même, par le Canadien John Mc Curdy qui a montré que cette expérience traumatisante avait en réalité des effets contradictoires. Elle détruisait des vies, en ravageait beaucoup d’autres parmi ceux qui avaient été touchés par la mort d’un proche ou par le spectacle de l’horreur. Mais elle avait aussi tendance à renforcer les autres, ceux qu’il appelait les « épargnés », qui développaient plutôt un sentiment d’invulnérabilité au fur et à mesure que la mort les évitait. L’étude de Mc Curdy est pleine de témoignages de peurs, d’abattements mais encore plus de solidarités, d’envies de vivre et même de joies. L’expérience a été très dure et tout le monde à a applaudi à la fin de la guerre, mais beaucoup, au moins parmi les « épargnés », ont rejoint les sentiments de soldats avec cette nostalgie de la force qu’ils avaient découvert en eux, de celle des rapports humains en situation difficile et du sentiment d’œuvrer ensemble pour un grand objectif. On ne sort pas forcément traumatisé d’une expérience collective traumatisante.

Mais si la population britannique a résisté dans son ensemble, c’est aussi parce qu’elle trouvait une réponse à ses attentes de la part de ses dirigeants. Elle voyait, physiquement avec les avions dans le ciel et les canons, que l’on ne se contentait pas de subir (la plus stressante des situations) mais que l’on combattait aussi fortement un ennemi qui subissait aussi de lourdes pertes, que l’on organisait la défense civile à laquelle elle participait souvent, que l'objectif était clair (la capitulation de l'Allemagne et la fin du régime nazi) et que l'on n'hésitait pas à exiger d'elle (« du sang, de la sueur et des larmes ») pour l'atteindre.

[…]

La mobilisation des esprits, si elle n’est que posture ou gesticulation et ne se concrétise pas visiblement aura tendance à créer du stress inutile. Rappelons-le, le stress modéré est un préalable très utile à l’action mais encore faut-il qu’il y ait de l’action. Si on ne veut pas agir vraiment, il est préférable de ne rien dire.
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Soyons clairs : les Français sont abandonnés par leurs dirigeants face au terrorisme islamique. Ils savent (au moins si l'on en croit les sondages) que les mesures fondamentales, disons stratégiques par opposition à tactiques, sont l'arrêt de la l'immigration musulmane et la reconquête des territoires perdus.

Or, pas un des candidats n'a placé ces thèmes au coeur de sa campagne, et c'est un euphémisme. Ni Marine Le Pen, ni François Fillon qui étaient les porteurs naturels de ce discours de combat.

D'où ce sentiment pesant de désespoir qu'on sent dans la société française : c'est comme si Churchill avait expliqué aux Anglais qu'il ne faisait pas donner la DCA pour ne pas provoquer encore plus la Luftwaffe.



jeudi, avril 20, 2017

UN PRÉSIDENT LÉGITIME LE 7 MAI ? C’EST TROP TARD

UN PRÉSIDENT LÉGITIME LE 7 MAI ? C’EST TROP TARD

Je suis entièrement d’accord avec cet article et c’est à noter puisque Régis de Castelnau, descendant direct du général, est un avocat qui se dit communiste.

Comme lui, je pense que la faute originelle est le « revote » du référendum due 2005 par le traité de Lisbonne, couvert par un certain François Fillon. Et que le président élu dans deux semaines sera illégitime.

Seul bémol : je crois qu’il se trompe lorsqu‘il écrit "tous ceux qui auront prêté la main à cet affaiblissement de la République devront un jour en rendre des comptes" : il n'y a pas de justice en politique. Très peu de responsables de la défaite de 1940 ont été jugés, encore moins condamnés, et beaucoup ont retrouvé par la suite de confortables places de maires, de députés, de sénateurs. Paul Reynaud s'est même offert l'indécence de s'opposer à De Gaulle par la suite.




Il faut que cela soit un Anglais qui nous le dise ...

Silence in Paris

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As every married person knows, silences can be pregnant with meaning, even if the meaning is not immediately clear. The silence in the French press about a recent startling event in Paris is surely pregnant with meaning. On Monday, April 3, an Orthodox Jewish woman, Sarah Halimi, a doctor aged 66, was thrown out of a window to her death by an African man aged 27. He was her neighbor in the flats where she lived. According to witnesses, whose testimony has yet to be confirmed, the man, who had been harassing her with insults for several days, shouted “Allahu akbar!” as he threw her.

[…]

But why the silence in the press ? The case was certainly dramatic enough to be worthy of a mention under the rubric of faits divers. I happened to learn of it only through a Parisian neighbor, a Jewish shopowner. The story had appeared in La Tribune juive, and probably caused a shudder among French Jews, all the greater because of the silence of the press about it.
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lundi, avril 17, 2017

La France, Marine et le Vel’ d’Hiv’: avant tout une question politique

La France, Marine et le Vel’ d’Hiv’: avant tout une question politique N’en déplaise à BHL…

Régis de CastelnauRégis de Castelnau est avocat.

Publié le 17 avril 2017 / Politique Mots-clés : BHL, Charles de Gaulle, Marine Le Pen, Vel d'Hiv, Vichy

Marine Le Pen a donc dit : « je pense que la France n’est pas responsable du Vel’ d’Hiv’… », ce qui a naturellement permis, en pleine campagne électorale, de lui tomber dessus à bras raccourcis, politique politicienne oblige. Fort normalement c’est à qui aura trouvé les mots les plus durs pour la vilipender. Négationniste, digne fille de son père, antisémite, de Christian Estrosi au gouvernement israélien, en passant par les sommets de niaiserie de Laurence Haïm, personne n’a fait dans la dentelle.

Vel d’Hiv : “Mes grands-parents ont été raflés” : la question personnelle de Gilles Bornstein à Marine Le Pen

Fort heureusement pour Marine Le Pen, le niveau lamentable du débat politique a trouvé à s’exprimer avec un nouvel épouvantail, Jean-Luc Mélenchon annoncé suffisamment haut dans les sondages pour faire peur aux bourgeois. Parmi toutes les âneries lues et entendues sur le sujet, l’une d’elles se détache, celle de BHL : «France et #Veldhiv: il n’y a PLUS de débat; les historiens ONT tranché; insulte, donc, aux victimes ET aux historiens; obscénité médiatique. »

Au-delà de la boursouflure habituelle dans le choix des termes, la partie intéressante est que l’histrion annonce que les historiens ont tranché et que par conséquent il n’y a plus de débat ! Le philosophe fait fort, mais ce n’est pas pour rien. À considérer ainsi qu’il existe une vérité historique ayant autorité de la chose jugée. N’importe quel étudiant en première année de licence d’histoire sait déjà que toute vérité historique est d’effet relatif. Et BHL sait depuis sa polémique d’il y a 40 ans avec Pierre Vidal-Naquet, que l’arbitre des débats historiques n’est plus l’opinion savante, mais l’opinion publique, c’est-à-dire, ceux qui la font, les médias. Au sein desquels il dispose de tous les verrous nécessaires. Et pourtant, on ne saurait trop lui conseiller la lecture de Quentin Skinner, penseur d’un autre calibre que lui, qui enfonce le clou dans le cercueil d’une « vérité historique » immuable : « le maximum que l’on puisse raisonnablement espérer dans les humanités, voire dans les sciences, est que ce que l’on dit apparaisse rationnellement acceptable à ceux qui se trouvent dans la meilleure position pour en juger. C’est assurément tout ce que j’entends affirmer, et il est préférable de rappeler que jusqu’à présent, le destin universel des explications historiques et même scientifiques fut d’être dépassées. C’est sur ce point que je souhaite m’arrêter : la factualité devrait être distinguée de la vérité. » (Quentin Skinner. La vérité et l’historien. 2012. Collection audiographie. EHESS)

On invoquera aussi le patronage de Marc Bloch disant« En vérité le proverbe chinois est sage qui énonce : les hommes ressemblent plus à leur temps qu’à leur pères ». Ajoutant que les faits historiques étaient par essence des faits psychologiques. (Marc Bloch, Apologie pour l’histoire, Armand Colin.) Alors si on le comprend, les usages du passé, prétendant le clarifier, ne seraient que politiques, et la mémoire le masque de l’idéologie ? Ce que nous confirme Michel Foucault selon lequel le passé nous réserverait toujours des surprises puisque qu’ « on montre aux gens non pas ce qu’ils ont été, mais ce qu’il faut qu’il se souvienne qu’ils ont été. » (Michel Foucault. Dits et écrits 1954 – 1988. Gallimard)

>> A lire aussi: Jérôme Leroy et Marine Le Pen victimes de l’hystérie électorale. Contre eux, les cons se déchaînent! Alors quel est donc le débat dont BHL prétend qu’il est clos parce que les historiens l’auraient tranché ? C’est tout simplement celui de savoir si le gouvernement de la France entre le 17 juin 1940 et le 25 août 1944 peut être considéré comme légitime et avoir agi au nom de la France, ou si au contraire c’était un gouvernement de rencontre, installé à cause de la défaite et par conséquent illégitime. C’est donc d’abord et avant tout une question politique. Depuis plus de 70 ans, deux vérités politiques s’affrontent, Charles de Gaulle suivi par Georges Pompidou et François Mitterrand a toujours considéré que « la France » qui est une entité indéfinie représentée par le gouvernement légitime d’un État nation territorial ne l’était pas par le gouvernement de Vichy. Les tenants de la collaboration et de la légitimité de « l’État français » de Pétain, dont ceux qui ont fondé le Front national, pensent et défendent la position contraire. Souillure à laquelle ce parti n’échappera jamais. On notera d’ailleurs avec amusement que, contrairement à ce qu’affirment les ignorants, Marine Le Pen soutient une position inverse à celle de son père depuis l’origine de sa carrière politique. Jacques Chirac, suivi par Nicolas Sarkozy puis François Hollande a adopté une position chantournée, qui, qu’on le veuille ou non abouti à identifier l’appareil d’État que Vichy avait récupéré, à « la France ». Ils ont été rejoints ces temps-ci par toutes une cohorte d’historiens amateurs ou de seconde zone, tout émoustillés de se sentir valeureux dans un combat antifasciste, à taper sur Marine Le Pen. Allant jusqu’à accepter qu’on titre leurs interventions: «Marine Le Pen se trompe, la culpabilité de la France est accablante».

Et l’on voit bien la dimension politique du propos, il est de nourrir la perception de « ce passé qui ne passe pas », comme celui d’une France de collabos, de délateurs, et qui doit expier. Je renvoie ici à la lecture de l’indispensable ouvrage de Pierre Laborie (Le chagrin et le venin, Bayard), qui décortique comment à partir des années 70 s’est construite une nouvelle vulgate sous prétexte d’abattre le mensonge gaulliste et de mettre les Français face à la réalité de ce qu’ils sont, comme dirait BHL, moisis et glauques. Il y avait urgence à se débarrasser de la fable de « l’honneur inventé d’une France résistante et héroïque, par le mensonge sublime du général De Gaulle offert en cadeau aux Français à la Libération. » Or c’est un prétexte, pour masquer l’objectif politique, de cette présentation aujourd’hui.

Il n’y avait pas de mensonge sublime, mais une vérité politique. Charles De Gaulle est parti à Londres parce qu’il avait compris que les puissances de l’axe perdraient la guerre et que la France malgré sa défaite de juin 40 devait être à la table des vainqueurs. Ce qui fut fait et reconnu par les alliés qui durent s’incliner devant cette réalité politique après le Débarquement en Normandie. Et ce n’est pas faute pour eux d’avoir essayé de faire autrement. L’Histoire a tranché.

« Le 17 juin 1940 disparaissait à Bordeaux le dernier Gouvernement régulier de la France. » Il y a aussi une vérité juridique, celle d’un pouvoir illégitime installé par un double coup d’État, celui du 17 juin 1940 à Bordeaux avec la nomination de Philippe Pétain comme président du Conseil et celui du 10 juillet 1940, dans la confusion et sous la pression des armes allemandes, avec le vote de l’abolition de la République à Vichy. Dans son discours du Caire en 1941, Charles De Gaulle a formidablement décrit en quatre phrases cette réalité historique : « Le 17 juin 1940 disparaissait à Bordeaux le dernier Gouvernement régulier de la France. L’équipe mixte du défaitisme et de la trahison s’emparait du pouvoir dans un pronunciamento de panique. Une clique de politiciens tarés, d’affairistes sans honneur, de fonctionnaires arrivistes et de mauvais généraux se ruait à l’usurpation en même temps qu’à la servitude. Un vieillard de quatre-vingt-quatre ans, triste enveloppe d’une gloire passée, était hissé sur le pavois de la défaite pour endosser la capitulation et tromper le peuple stupéfait. Le lendemain naissait la France Libre.» Très rapidement, De Gaulle demanda à René Cassin de rédiger l’analyse qui établissait l’illégitimité du gouvernement de Vichy et la légitimité de la France libre. Et celle-ci se dota alors des organes juridiques d’un État régulier, quoique de formes provisoires en attendant la reconquête du territoire de la métropole. À la Libération toute la production normative de Vichy fut déclarée nulle et de nul effet. Les dirigeants de « l’État français » furent jugés pour haute trahison, condamnés, et pour les plus coupables d’entre eux passés par les armes.

Ils avaient fait le choix de profiter de la défaite militaire pour instaurer une dictature antirépublicaine et ont cherché grâce à une complaisance de tous les instants à plaire l’occupant dans l’espoir d’une place de choix dans l’Europe allemande. Et c’est bien là, que l’on voit se profiler l’enjeu politique de ce débat et de l’affrontement de ces deux thèses antagonistes. Car l’effondrement de juin 40 n’est pas dû au hasard, ou au refus de la troupe de combattre. Il est dû à la trahison des élites, et au choix de la défaite par la bourgeoisie dès 1936. Comme le demandait Marc Bloch en 1944 peu de temps avant sa mort : « Le jour viendra […] et peut-être bientôt où il sera possible de faire la lumière sur les intrigues menées chez nous de 1933 à 1939 en faveur de l’Axe Rome-Berlin pour lui livrer la domination de l’Europe en détruisant de nos propres mains tout l’édifice de nos alliances et de nos amitiés. » L’ouverture des archives permet aux historiens qui n’ont pas peur d’affronter la doxa d’étudier cet avant-guerre et de donner raison à De Gaulle qui disait en 1963 : «Heureusement, le peuple a la tripe nationale. Le peuple est patriote. Les bourgeois ne le sont plus ; c’est une classe abâtardie. Ils ont poussé à la collaboration il y a vingt ans, à la CED il y a dix ans. »

La vérité des héritiers de VGE

La mise en place de la vulgate de la France-collabo date du début des années 70, avec notamment la promotion du film : Le chagrin et la pitié, juste après le départ de De Gaulle, congédié par la bourgeoisie grâce à l’engagement de Valéry Giscard d’Estaing. Cette même bourgeoisie aujourd’hui adossée à des élites « dirigées » raffole de l’UE, outil de la domination d’une l’Allemagne qui les fascine toujours autant. Cette haine de soi s’exprime dans ce refus du débat sur la thèse de la France « responsable du Vel’ d’Hiv’ », car c’est celle qui justifie l’allégeance. Et qui fait que des candidats à la présidence de la République se précipitent sans honte à Berlin pour leur entretien d’embauche au poste de chef de district du länder France.

Pour ma part, je considère que non, la « culpabilité de la France » n’est pas accablante. Un gouvernement de trahison qui avait la main sur une partie de l’appareil d’État s’est mis au service du nazisme. Les 7000 gendarmes mobilisés en ce jour de juillet 1942, pour cette immonde et déshonorante opération ne représentaient pas leur pays, ils n’étaient pas la France. Ceux qui l’étaient à ce moment-là, c’était les 3700 soldats qui le mois précédent avaient tenu pendant 15 jours à 1 contre 50 la position de Bir Hakeim dans le désert libyen.



dimanche, avril 16, 2017

Pâques, le seul événement de l'Histoire



Prions pour les chrétiens persécutés, par les musulmans, par le gouvernement chinois, ...

Si la France est responsable de la rafle du Vel d'Hiv ...

Si La France est responsable de la rafle du Vel d'Hiv, la gouvernement de Vichy était légitime, le maréchal Pétain est le sauveur de la patrie, le général De Gaulle est un factieux justement condamné à mort, les résistants sont des rebelles et Jean Moulin est un traitre. Et les Justes qui ont sauvé des juifs sont aussi des traitres. Il faut débaptiser les rues de France qui portent leurs noms.

Cette opinion, qu'on appellera lecture chiraquienne de l'histoire (ça prouve, s'il en était besoin, que Jacques Chirac n'a jamais été gaulliste) peut se soutenir (mes lecteurs savent que ce n'est pas la mienne), elle est partagée par l'ensemble de notre classe jacassante ou presque, mais encore faut-il l'assumer (ce que font certains de mes lecteurs, au contraire de la racaille médiatique critiquant Marine Le Pen).

Evidemment, la cohérence n'est pas le fort de ceux qui causent dans le poste puisque, à tort à travers, en avant et en arrière, à droite et à gauche, leur seule constance est qu'il faut que, toujours et sans exception, la France soit coupable. Et encore plus quand c'est Marine Le Pen qui la défend.




La révolution Trump est-elle déjà finie ?

Il semble que Trump soit rentré dans le rang du Système, trahissant sa campagne et ses électeurs : renoncement au mur payé par les Mexicains, recul sur l'Obamacare, bombardements en Syrie (pour lesquels il a reçu les félicitations de la Clinton !) et, plus que tout, renvoi de Bannon.

Le problème de Trump a toujours été son absence de relais à Washington.

Et l'enjeu était clair : les Etats-Unis sont-ils encore une démocratie ? Le peuple américain  peut-il encore imposer sa volonté au Système ?

Aujourd'hui, nous avons la réponse : non.

Seul espoir, infime : Trump est retors.

samedi, avril 15, 2017

Le présent perpétuel : l'étouffoir médiatique

J'écoute (je ne regarde pas) Zemmour et Naulleau, sur Paris Première.

Suite à des interrogations de Zemmour, Nathalie Arthaud parle de Trotsky en 1917 et François Asselineau de De Gaulle en 1966. C'est justifié et intéressant : la politique est l'art de lier passé, présent et avenir pour surmonter les conflits irréductibles.

Si on reste dans un éternel présent, on est d'accord avec tout le monde et on vote Macron.

Or, que font la présentatrice et Naulleau dans un bel ensemble  ? "Tout ça c'est loin, revenons au présent". Aussitôt, le débat baisse d'un cran en intérêt.

C'est un exemple, très démonstratif, de l'étouffoir médiatique des débats politiques. On coupe, on hache, on émince et les mêmes hypocrites verseront des larmes de crocodile sur la nullité de la campagne.

vendredi, avril 14, 2017

Les braises de Craonne

Les braises de Craonne

FRANÇOIS D'ORCIVAL
Une semaine avant le premier tour de la présidentielle, un mois avant de quitter l’Elysée, François Hollande aura accompli ce dimanche un ultime geste : commémorer le centenaire d’un désastre. Avant d’écouter comme un cantique, La Chanson de Craonne, l’hymne des déserteurs. Célébrer le sacrifice tout en honorant la désobéissance en temps de guerre… La braise des mémoires n’est pas éteinte. Fallait-il la ranimer ? Le Chemin des Dames, ce n’est pas Verdun, cette victoire de la ténacité française, c’est une affreuse défaite militaire et morale. Elle suit la révolution russe de février 1917, l’abdication du tsar, la désintégration de son armée ; elle fabrique les mutineries de deux régiments qui vont contaminer huit divisions, jusqu’à enflammer des ­humeurs de folie collective à l’Assemblée. Et c’est Pétain qu’on rappelle pour sauver de l’humiliation une armée de 2 millions d’hommes.
Est-ce bien cela que va célébrer le président de la République ? « Infime ou immense, l’humiliation est si douloureuse qu’on la juge pire que la douleur », écrit Michel Zink, le grand médiéviste, dans un beau texte sur l’humiliation dont il cherche les sources jusqu’au Moyen Age *. Dans le prologue de son propos, il cite le cas d’un ­déserteur de la Grande Guerre condamné à mort. « Le malheureux est une loque, il faut le traîner. Un général croise le sinistre cortège. Il s’arrête, fait venir le condamné et lui dit : le risque de voir l’armée se débander exige que les déserteurs soient exécutés. On vous envoie donc à la mort pour la défense du pays, comme on envoie à la mort les soldats qui sortent de la tranchée. Vous aussi, vous mourrez pour la France. » Alors, dit Michel Zink, le condamné affronta la mort « avec courage et dignité ». Que lui dirait-on aujourd’hui selon les ­canons de la pensée dominante ? « Mon cher, je vous gracie et je vous félicite » ? C’est cela que l’on fait en écoutant pieusement La Chanson de Craonne. Michel Zink conclut son anecdote en expliquant : « Dans le cadre des valeurs alors admises par tous [en 1914-1918], ce général avait fait pour ce malheureux le plus qu’il pouvait en effaçant l’infamie attachée à sa mort. »
C’est hélas ce dont on n’est plus capable, parce que l’honneur et le courage ne sont plus enseignés comme des vertus cardinales. Si l’armée sacrifiée au Chemin des Dames n’avait pas été finalement sauvée, au prix inhumain des « fusillés pour l’exemple », l’appel à Clemenceau, en novembre 1917, eût été vain.

Présidentielles : l'aventure ou la pourriture

J'hésite encore sur la question de savoir si les Français ont les politiciens qu'ils méritent. C'est une question fondamentale : si la réponse est négative, il suffit de remplacer les politiciens faillis, pas facile mais faisable. Si la réponse est positive, il n'y a plus guère d'espoir pour la France.

Or, depuis un mois, à cause des conversations de campagne électorale, je change peu à peu d'avis.

Tous sont d'accord pour se plaindre de la situation de notre pays, mais ensuite ?

Il y a d'abord la forte cohorte de ceux qui gobent ce que racontent les médias parce que, même en sentant qu'on leur bourre le mou, c'est trop fatiguant de penser par soi-même (pléonasme). Un interlocuteur me l'a avoué presque dans les termes que j'utilise. La paresse comme premier paramètre politique.

Ensuite, il y a ceux, beaucoup plus nombreux qui font une analyse lucide mais qui refusent d'en tirer les conclusions, par pusillanimité. "Voter Le Pen ? Voter Mélenchon ? M'abstenir ? Surtout pas !" Bin alors, ne te plains pas : en restreignant ton choix aux guignols Fillon et Macron, tu condamnes le pays à la politique dont tu réprouves les conséquences. Bossuet et compagnie : Dieu rit des prières qu'on lui fait pour écarter des maux dont on chérit les causes.

Jacques de Guillebon, dans Causeur, détourne une phrase de La Tour du Pin : les pays sans esprit d'aventure sont condamnés à mourir de froid. C'est la seule raison de voter Le Pen (ou Mélenchon) que je partage sans réserve : l'aventure. Le rivage des Syrtes à domicile : mieux vaut mourir d'un dernier sursaut que d'un coma.

Ou, comme disent les Tontons Flingueurs, quand ça change, ça change, faut pas se laisser démonter. Ou, plus adapté, une brute qui marche va plus loin qu'un intellectuel assis.


lundi, avril 10, 2017

Les paysans, les statistiques : les technos et la haine du peuple

Toute la politique française des quarante dernières années est résumée par la phrase de Brecht : « Le peuple vote mal ? Changeons de peuple ».

Le PCF, voyant que les ouvriers français avaient des rêves bourgeois, les a abandonnés  et s'est tourné vers ce prolétariat de substitution que sont les zimmigris.

Le capitalisme mondialisé détestant les paysans, (l'enracinement, c'est le mal), leurs complices technocrates les a transformés en esclaves prisonniers de leurs subventions et de leurs crédits agricoles.

Dans les deux cas, les technocrates ont été les zélés instruments de la destruction du peuple français.

Il y a donc complémentarité entre ces deux articles :


Isabelle Saporta:  « Comment peut-on avoir laissé tomber les paysans à ce point ? »

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Que vous inspire la campagne présidentielle ?

Nous sommes à la veille d'une élection cruciale pour la France. Il existe une angoisse abyssale de la part de nos concitoyens. Plutôt que de chercher à résoudre les causes de celle-ci, la seule réponse des politiques, c'est de culpabiliser les Français et notamment les agriculteurs en leur disant qu'ils ne sont pas assez productifs et peu compétitifs. En plus, il ne faudrait surtout pas qu'ils se trompent lorsqu'ils iront voter. C'est par exemple flagrant dans les territoires ruraux. Cela fait trente ans que les politiques les ont laissés tomber en fermant les uns après les autres les services publics. En donnant les clefs du commerce aux grandes surfaces sous couvert de la défense du pouvoir d'achat des ménages. Une politique suicidaire qui a tué le petit commerce, vidant les centres-bourgs. Mais qui a aussi éliminé les uns après les autres les agriculteurs, qui n'arrivent plus à vivre dignement de leur travail. Avec à la clef de nombreux emplois supprimés, remplacés par des postes précaires dans la grande distribution. Et quand ces mêmes agriculteurs veulent s'en sortir, l'administration leur met des bâtons dans les roues.

Avez-vous un exemple ?

Dans les Hautes-Pyrénées, où j'étais il y a deux semaines, des agriculteurs attachés aux produits du terroir, comme le porc noir de Bigorre, ont trouvé un accord avec la grande distribution sur un système de prix plus juste et rémunérateur. Ils se sont heurtés à l'administration, qui estime qu'il s'agit d'une entente illicite qui entrave le commerce.

[…]

Finalement, que faut-il faire pour sauver les agriculteurs ?

Il faut nouer un pacte historique entre la société et ses nourrisseurs, et arrêter de les brider. Le capital sympathie qu'ils ont avec la société est très fort. Comment peut-on avoir laissé tomber les paysans à ce point? Ce sont eux qui nous nourrissent. Après avoir abandonné ses ouvriers, la France va-t-elle faire la même chose pour ses paysans ? On sacrifie ce qu'il y a de mieux pour produire au moindre coût, mais, à ce jeu-là, on est toujours perdant.
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Contrairement à Isabelle Saporta, je ne m'interroge pas. Les raisons pour lesquelles « on » a laissé tomber les paysans à ce point sont parfaitement claires, comme je viens de m'en expliquer supra.


L'Élysée publie un manuel pratique des mensonges statistiques

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Quant aux chiffres, ils ont la réputation d'être la plaie du discours techno, sans chair et sans âme. Or ce poncif est le moindre grief qu'on puisse leur adresser. Les statistiques sont en réalité à la portée du premier venu et il n'y a pas d'instrument plus paresseux : cela évite l'effort d'intuition nécessaire pour comprendre et expliquer, quel que soit le sujet. Les chiffres font leur office de démonstration, croit-on, alors que personne n'est dupe de leur stérile abstraction.

Ce péché de l'esprit, car c'en est un, se constate à nouveau dans le bilan gorgé de nombres que publie actuellement la présidence de la République sur son site. Un quinquennat pour la France et les Français. Ces 76 pages illustrent la plupart des formes de mensonge que permettent les statistiques: approximation des termes, choix tendancieux des dates de référence, fausse corrélation, insignifiance des données.

[…]

Le tâcheron de l'Élysée, auteur de ce fatras pour son patron, n'a aucune idée de la nature des choses. Il est certes légitime d'établir des bilans pro domo, mais une telle absence d'objectivité est autodestructrice. «Tout ce qui est excessif est insignifiant», selon l'adage français. Pour parler comme pour chanter juste, il faut d'abord se mettre au bon diapason, celui des réalités.
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Euro et inertie antidémocratique

Il y a des gens, comme Charles Gave et Jean-Jacques Rosa, qui ont dit dès le début que l'Euro était un monstre idéologique et une aberration économique. D'autres font le même constat aujourd'hui. Par une honnêteté intellectuelle qui les honore, ils voient ce qu'ils voient.

Je me suis trompé en votant "oui" en 1992 et en 2005, je n'en suis pas fier. Mais, du moins, j'ai compris,

Les articles de ce type se multiplient :

Euro : pour un passage de la monnaie unique à la monnaie commune

Pourtant, rien ne change : l'Euro est toujours régi par les mêmes règles qu'au premier jour.

C'est que les eurocrates ont trouvé la recette miracle : pour que rien ne change, il suffit ... de ne rien changer !

L'inertie comme réponse à toutes les revendications et à toutes les interrogations. Et un peu de manipulation pour faire passer tout cela, comme on le voit dans la campagne électorale en cours. Cause toujours, je continue à forer droit.

C'est si simple que c'est brillant.

Cette stratégie fonctionne très bien parce qu'elle est en phase avec l'époque. Nous vivons à l'époque de l'inertie. Nous communiquons et nous nous déplaçons de plus en plus vite, mais nous prenons les décisions de plus en plus lentement. Le temps pour décider de la construction d'un aéroport ou d'une pissotière a quintuplé en cinquante ans.

Cela fait dix ans que les Français se sont fait mettre par le traité de Lisbonne inversant leur vote de 2005. A une autre époque, il y aurait déjà deux révolutions et un coup d'Etat. Là, rien.

La suite, qui me fait très peur, est connue : quand une caste fige un système, empêche les micro-ajustements, un macro-ajustement qui résout tout, sur le mode « maladie soignée, malade mort » tombe d'un coup : révolution, banqueroute, guerre, invasion, etc.