jeudi, décembre 13, 2018

Post-vérité : quand les progressistes cèdent à leur tour au complotisme

Les bien-pensants m'ont particulièrement énervé ces derniers temps en répandant l'idée que les complotistes et les semeurs de nouvelles fallacieuses étaient exclusivement du coté de leurs ennemis.

Or, nous n'en finirions de recenser leurs mensonges, en général plus graves de conséquences que les théories du complot des « populistes » : « L'Euro nous protège », « L'immigration n'est pas massive » puis « L'immigration est massive mais ce n'est pas grave » puis « De toute façon, c'est trop tard » ou encore « Trump a été élu grâce aux Russes » ou « Les gilets jaunes ont exclusivement des revendications sociales », « Le niveau scolaire monte » ... Je continue ?

Cet article remet les choses en place :








Post-vérité : quand les progressistes cèdent à leur tour au complotisme


«La post-vérité est une réappropriation de la théorie du complot par la bourgeoisie bien-pensante mondialisée», estime Yves Mamou.


FIGAROVOX/TRIBUNE - Yves Mamou dénonce une gauche qui, mise en difficulté, préfère selon lui céder aux théories conspirationnistes plutôt que se remettre en question. Il l'observe en particulier au sujet de l'islam et de l'immigration.



Yves Mamou est un ancien journaliste du Monde. Il a également collaboré au Canard Enchaîné, à Libération et à La Tribune. Collaborateur régulier du site américain The Gatestone Institute, il est l'auteur de nombreux ouvrages dont Hezbollah, dernier acte (éd. Plein jour, 2013) et Le Grand abandonLes élites françaises et l'islamisme (éd. L'Artilleur), paru le 25 septembre 2018.



La «post-vérité» est le terme savant que les médias emploient pour désigner le «populisme», c'est-à-dire le comportement électoral erratique des classes populaires. Sidérées que leurs peuples ne savourent pas les beautés du multiculturalisme, les élites européennes expliquent le ressurgissement d'une extrême droite que l'on croyait quasi exterminée depuis la seconde guerre mondiale (Le Pen en France, l'AfD en Allemagne ou Salvini en Italie) d'une seule manière: dans le monde surmédiatisé qui est le nôtre, les faibles d'esprit, les sous-éduqués, les pauvres en diplômes sont forcément manipulés par des forces agissant de l'extérieur.
En 2015, on a pu lire dans The Guardian que les Britanniques avaient voté le Brexit parce qu'ils avaient été trompés par des fake news sur l'immigration. Aux États Unis, le procureur Mueller enquête depuis deux ans à Washington sur un «complot» russe qui aurait favorisé l'élection de Donald Trump.
Conscient des risques qui pèsent sur son éventuelle réélection, le président Emmanuel Macron s'est protégé en faisant voter une loi contre les fake news en mai 2018. Comme l'expliquait Françoise Nyssen, ministre de la Culture, qui portait le projet de loi, «renvoyer les citoyens à leur seule capacité de discernement serait céder à la démagogie».
Les tenants de la post-vérité jugent qu'un monde surmédiatisé rend le peuple peu fiable et sa cervelle - quand on lui en reconnaît une - apparaît menacée par toutes sortes d'humeurs conspirationnistes, forcément manipulées de l'extérieur.

« Renvoyer les citoyens à leur seule capacité de discernement serait céder à la démagogie », déclarait Françoise Nyssen.


L'idée que le monde soit piloté par des marionnettistes tirant les ficelles en sous-main a longtemps été une caractéristique de la pensée politique d'extrême droite. La post-vérité est une réappropriation de la théorie du complot par la bourgeoisie bien-pensante et mondialisée.
L'essayiste américain John Gray, dans un article récent de la revue The Spectator a narré sa stupéfaction au spectacle offert par l'intelligentsia de New York au lendemain de l'élection de Donald Trump. «La ville était possédée par des visions de conspiration. Personne ne s'intéressait aux raisons qui avaient poussé les partisans de Trump à voter comme ils l'avaient fait. Nombreux étaient ceux qui invoquaient la petite intelligence, la mauvaise éducation et les valeurs rétrogrades des 63 millions Américains électeurs de Trump. Le plus frappant était le nombre, parmi mes interlocuteurs, de ceux rejetaient le résultat. L'élection, ils en étaient convaincus, était le résultat d'une manipulation. Les défaillances de la société n'étaient pas en cause, seule une influence maligne avait pu bouleverser ainsi l'ordre politique américain».
Si la post-vérité est un complot pour dévier le bon sens des individus et des peuples, il n'est pas interdit de se demander si la bourgeoisie qui nous gouverne ne serait pas en réalité elle-même victime de la post-vérité qu'elle dénonce.
Sinon, comment comprendre les propos tenus par Angela Merkel, le 23 novembre dernier, au colloque de la Fondation Konrad Adenauer? S'exprimant à ce colloque consacré au rôle des parlements nationaux dans la mondialisation, Angela Merkel a estimé qu'ils ne devraient en avoir aucun. «Entre globalisation et souveraineté nationale, les États-nations devraient renoncer à plus de souveraineté encore…» a-t-elle déclaré. Ainsi, les mauvais coucheurs qui ne supportent pas l'insécurité physique et culturelle engendrée par une immigration incontrôlée n'auront donc plus de possibilités de l'exprimer démocratiquement par leur bulletin de vote. Les défaites électorales subies par son parti, la CDU, la quasi-rupture idéologique avec son clone, la CSU, la montée en puissance des Verts mais aussi l'entrée au Bundestag d'une droite dure incarnée par Alternative pour l'Allemagne deviennent ainsi autant de migraines que les nouveaux dirigeants supranationaux s'épargneront.

Les politiques libérales faites de bulles financières et d'immigration sans frontières sont la cause du «populisme».


Supprimons la démocratie et le bulletin de vote, faisons le bien des peuples malgré eux, ils nous remercieront plus tard.
Au même colloque de la Fondation Konrad Adenauer, Merkel a défini le nationalisme comme le fait de «penser que vous pouvez tout résoudre tout seul et ne penser qu'à vous-même». Si la chancelière allemande est animée par des dispositions aussi généreuses, pourquoi refuse-t-elle obstinément que les formidables excédents commerciaux de l'Allemagne soient utilisés à redresser la croissance des pays de l'Europe du sud, cela afin de rendre moins douloureux leurs nécessaires ajustements budgétaires? Si «le patriotisme inclut l'intérêt de l'autre» comme l'a encore ajouté Mme Merkel, quel peut bien être l'intérêt de paupériser la population de l'ensemble de l'Europe du sud?
Le traitement politique qu'Emmanuel Macron a réservé à l'affaire des «gilets jaunes» montre que, comme Angela Merkel ou les bobos de la côte Est des États Unis, face à une réalité inattendue, notre président se montre incapable de réévaluer ses propres présupposés. Dans le monde magique du locataire de l'Élysée, il est impensable que des centaines de milliers de Français, surgis de nulle part, entreprennent de bloquer routes et ronds-points contre une si évidente et nécessaire taxation des produits pétroliers. Cette insurrection populaire n'étant ni rationnelle ni acceptable, notre président a d'abord tenté de discréditer l'ampleur du mouvement en diffusant des chiffres fantaisistes sur le taux de participation aux blocages et manifestations. Comprenant que les «gilets jaunes» représentaient finalement un risque politique majeur, il a tenté de les criminaliser en imputant les décès des «gilets jaunes» aux «gilets jaunes» eux-mêmes. Il a aggravé cette tentative de criminalisation en laissant des bandes de voyous (banlieues, extrême gauche, extrême droite) parasiter la manifestation «gilets jaunes» de leurs scandaleuses violences. De pseudo cyber-études ont fini également par surgir pour étayer une manipulation des Gilets Jaunes par de fantomatiques et poutiniens comptes Twitter. Toutes ces tentatives de déréaliser une dure réalité n'ont cependant pas réussi à faire chuter la popularité du mouvement Gilet Jaune dans l'opinion publique. C'est alors que notre président Marie-Antoinette s'est résolu a jeter des morceaux de brioches Smic et CSG par la fenêtre télévisée de son palais de l'Élysée.

Nos bourgeoisies libérales seront-elles assez raisonnables pour éviter d'imposer par la force leurs chimères ?


Est-il si difficile de penser que les politiques libérales faites de bulles financières et d'immigration sans frontières menées depuis trente ans en Europe sont la cause de l'avènement du «populisme» ou de «leaders illibéraux»? Faut-il recourir à de ridicules conspirations russes ou chinoises pour s'éviter le déplaisir de réévaluer ses présupposés? Emmanuel Macron ne voit-il pas la contradiction qui peut exister entre une distribution de pouvoir d'achat aux «gilets jaunes» et la signature le même jour d'un Pacte de Marrakech qui ouvre les frontières de la France à une main-d'œuvre africaine et nord-africaine qu'il faudra loger, financer et soigner aux frais du contribuable?
Les réformes douloureuses qu'Emmanuel Macron inflige aux Français pour complaire aux mythes anti-inflationnistes allemands sont-ils raisonnables en l'absence d'inflation?
Le traitement du terrorisme par le gouvernement n'est pas moins irréel que le traitement réservé aux «gilets jaunes». Sur France Inter, Laurent Nunez, co-ministre de l'Intérieur a estimé que l'attentat de Strasbourg par un musulman, fiché S, connu pour des actes de délinquance - soit toutes les caractéristiques du djihadiste classique - ne pouvait être qualifié «d'attentat, parce que le tireur n'a jamais essayé de se rendre en Syrie». La question n'est pas de savoir si nos ministres croient ce qu'ils racontent, mais s'ils continuent de penser que les Français croient encore en leurs messages.
Se pourrait-il, après la chute du mur de Berlin, qu'une bourgeoisie tout aussi dogmatique que celle qui prévalait à Moscou sous Brejnev, se soit installée aux commandes des économies occidentales? La bourgeoisie soviétique fut somme toute assez raisonnable pour jeter l'éponge en 1989 estimant que le divorce entre la réalité et les chimères du communisme avait assez duré. Nos bourgeoisies libérales seront-elles assez raisonnables pour éviter d'imposer par la force leurs chimères à des populations qui, en nombre croissant, ne les gobent plus?







En France, tout se termine par des chansons

Les gilettes jaunes

Ces femmes « gilets jaunes » qui ont investi les ronds-points

La France d’en haut, c’est vraiment des enculés.

De tout temps, la classe supérieure a eu des moeurs plus dissolues que celle d’en dessous. Mais, pour la première fois, depuis mai 68, elle a fait tout ce qu’elle pouvait pour transmettre ses moeurs dissolues.

Résultat : divorce de masse, couples non mariés, familles décomposées, mères célibataires généralisées. Seulement, quand on est une mère-célibataire bourgeoise, on vit. Quand on est une mère célibataire ouvrière, on survit, à peine.

Alors, j’en ai entendu des vertes et des pas mûres : « Ils font des fautes d'orthographe » (qui a saboté l’école ?), « C’est quand même des beaufs », « On ne devrait pas leur donner le droit de vote » (le peuple, ce pelé, ce galeux)...

Mais, vous, messieurs-dames, si hautains, si sûrs de votre supériorité, si durs pour des Français qui gagnent cinq fois moins que vous, qui oubliez si souvent d’où vous venez, qu’avez vous fait de vos devoirs envers ces gens, devoirs imposés par votre supériorité supposée ? Les gilets jaunes sont peut-être tout ce que vous dites, mais vous, vous êtes de beaux salauds !

Charles Gave a raison : l'intransigeance, l'égoïsme et l'autisme de la France d'en haut (je peux en témoigner) préparent la guerre civile. Il suffit d'un peu de temps et de beaucoup de mépris (les bourgeois urbains en ont des grandes réserves) pour transformer la lueur de colère dans les yeux des gilets jaunes en lueur de meurtre. Et vous savez quoi ? Ca finira par être justice, à force de mépris.

Jeanne d'Arc pleurait « la grande pitié qui est au royaume de France ». Bourgeois, cessez donc d'avoir le coeur endurci envers vos compatriotes, la pitié pourrait vous sauver la vie. Mais je doute que vous ayez cette intelligence du coeur.

mercredi, décembre 12, 2018

Le problème des gilets jaunes ? Le peuple français est souverain un jour tous les cinq ans (et encore, pas tout à fait)

Le problème des gilets jaunes ? Le peuple français est souverain un jour tous les cinq ans. Et encore, pas tout à fait, puisqu'il ne peut choisir que parmi des candidats fléchés par divers moyens (médias, financement).



Gilets jaunes : ce n'est qu'un combat, continuons le début

Les Français se sont enfin souvenu qu’ils étaient un peuple guerrier, car il y a un peu de furia francese dans la manière dont les Gilets jaunes sont revenus manifester quatre samedis de suite malgré toute la pression médiatique, politique et policière en sens contraire.

Xavier Raufer rappelle (dans un autre article que celui en lien), avec un bon sens politique qu’on aimerait trouver au gouvernement, qu’il ne faut pas trop jouer avec les nerfs d’un vieux peuple régicide. Je pense que Macron risque sa tête, pas symboliquement, et qu’il n’en a aucune conscience (pas tout de suite, mais il a encore trois ans à tirer, ça peut être long).

Comme Michel Onfray et d’autres qui se sont penchés sur les revendications des Gilets jaunes, je suis étonné de leur maturité et de leur pertinence.

Inversement, ceux qui leur montrent du mépris (« Analphabètes, beaufs, bourrins, abrutis par la télé, arriérés, bouseux, assistés, quémandeurs, socialistes, jaloux … », j’ai entendu une liste assez longue ces derniers jours) ne me semblent pas comprendre grand’chose au film, alors qu’ils se croient supérieurement instruits et intelligents. Notamment, leur inaptitude à une analyse systémique m’interroge. Mais peut-être est-ce simple hypocrisie de leur part : une analyse systémique les obligerait à avouer qu’ils sont les gagnants (ou qu’ils croient être les gagnants, point fondamental) d’un système profondément injuste et anti-démocratique et que les Gilets jaunes le mettent en péril et, donc, les mettent en péril.

Ils ont aussi la vue bien basse : incapables de reconnaître le peuple, et non telle ou telle catégorie, quand il descend dans la rue. Pourtant, il ya des signes distinctifs qui ne hantent pas toutes les manifestations : drapeau tricolore et Marseillaise. Peut-être les bourgeois anti-Gilets jaunes sont-ils daltoniens et un peu sourds ?

Je sens que ce round-ci est fini. La victoire des Gilets jaunes est incontestable : Macron résiste encore et, comme un animal blessé, comme l’abruti borné et arrogant qu’il est, il reste redoutable et doit déjà préparer sa vengeance, mais, pour cette fois, les « Gaulois réfractaires » ont montré qu’ils pouvaient faire reculer le monstre technocratique, le parti de l’étranger, ces gens de l’administration qui se comportent vis-à-vis de la France et des Français comme des colons en terrain conquis.

Ensuite ? Il faut mettre en avant la revendication d'un vrai referendum d'initiative populaire, c'est-à-dire avec un seuil assez bas et sans contrôle ni parlementaire ni de constitutionnalité.

De toute façon, la situation est retournée, le temps jouait pour Macron, désormais le temps joue pour les Gilets jaunes : les déficits italiens vont se creuser, les déficits français vont, grâce aux Gilets jaunes, vont aussi se creuser et les Allemands vont se retrouver face à la question « Voulez vous vraiment partager une monnaie avec ces gens ? ». Bruno Berthez envisage une « japonification », déjà en route : un océan de dettes financé par la planche à billets qui englue l'économie, qui ne va ni bien ni mal. Sauf que le Japon est une nation, pas l'Euroland : cette politique économique provoquera des tensions politiques.

Roland Hureaux a tout compris à Macron :

Gilets jaunes : « je ne vous ai pas compris ! »

Charles Gave a tout compris aux Gilets jaunes :



Et un petit coup de Campagnol :






Gilets jaunes et attentat de Strasbourg : tout est lié

Folie taxatoire et immigration incontrôlée sont liées (Yves Mamou l'explique très bien), immigration incontrôlée et attentats musulmans sont liés : tout est lié. En signant le pacte de Marrakech et en réprimant les gilets jaunes avec une violence qu'il n'emploie pas contre les racailles, E. Macron a montré qu'il n'avait aucune intention de remettre en cause cette politique d'ensemble (voir aussi Le faux « tournant » d’Emmanuel Macron).

L'attentat de Strasbourg est donc une raison de plus pour les gilets jaunes de ne pas céder.

Mais, bien entendu, la classe traitresse, bourgeoisie Figaro bourgeoisie Le Monde unies, ce faux dur de Wauquiez en tête, appellent  une fois de plus les gilets jaunes à se montrer « raisonnables ». les bien-pensants font dans leur froc.

J'espère de tout mon coeur que les gilets jaunes vont se montrer le plus « déraisonnables » possible.

Quoi qu'il en advienne prochainement, c'est un combat de longue haleine. Il y aura d'autres épisodes.

mardi, décembre 11, 2018

Macron / Gilets jaunes : état des lieux

D'abord réglons le compte des petits-bourgeois parisiens dont je suis cerné et qui n'ont pas de mots assez méprisants pour les gilets jaunes. Voici un commentaire que j'ai laissé chez P. Bilger à un certain Zonzon qui disait trouver bien souvent les Gilets jaunes plus intelligents que leurs contradicteurs huppés :

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Mon pauvre vieux, avec un jugement pareil, vous allez vous faire allumer par « les intelligents », « les raisonnables », « les adultes » (par contre, « les humbles », y en a pas lourd) de ce blog.

Tous ces gens sont bien hypocrites. Ils diraient « Je déteste les Gilets jaunes parce qu'ils remettent en cause le fonctionnement d'une société où je suis plutôt du bon côté du manche », ça aurait au moins le mérite de la franchise. Et cette franchise pourrait laisser place à un peu d'empathie, qui manque beaucoup ici.
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Moi aussi, comme Zonzon et Aurélien Marq, je suis fier des gilets jaunes : j'ai entendu (et souvent lu, puisque je n'ai pas la télévision) des propos idiots ou absurdes, mais, dans l'ensemble, c'est remarquable de bon sens et pertinence, venant de gens qui n'ont pas l'habitude des médias et ne sont pas des experts tamponnés. On aimerait que les pontes fassent aussi souvent preuve de bon sens.

Je suis frappé de la violence des propos de gens qui gagnent, quatre ou cinq fois plus (voire beaucoup plus encore) que les gilets jaunes. Les sachant pas spécialement courageux (litote), je juge que c'est l'effet d'une peur sociale intense, la frousse, la chiasse, comme Atlantico hier, la grande peur des bien-pensants.

Edouard Husson m'a ouvert les yeux sur la répression : est-ce volontaire de la part du gouvernement ? La réponse d'Husson est simplissime et lumineuse : les arrestations en masse ont lieu le matin, les casseurs arrivent le soir. Donc oui, il y a bien une double volonté du pouvoir de réprimer violemment les gilets jaunes et de laisser faire les casseurs. Question réglée.

Réglons aussi le cas du discours macronien d'hier (encore un commentaire laissé chez P. Bilger) :

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C'est très simple de comprendre le discours d'E. Macron :

1) les Gilets jaunes demandaient à payer moins d’impôts et "que faites-vous de notre argent ?" => la technocratie perd du pouvoir (moins de taxes = moins de pouvoir) et doit rendre des comptes.

2) Macron distribue de l'argent : la technocratie gagne du pouvoir (plus de distribution = plus de pouvoir).

1 et 2 sont donc politiquement opposés.

Ceux qui disent que 1 et 2 sont équivalents sont soit des imbéciles qui voient pas plus loin que le matériel (alors qu'il y a évidemment dans la révolte des Gilets jaunes un enjeu de pouvoir : qui est le souverain ? Les Français d'en bas ou les technocrates d'en haut ?), soit des hypocrites (qui soutiennent Macron sans l'assumer).

Il n'est pas innocent que la limite des 80 km/h, ressentie dans toutes les campagnes comme une brimade par les urbains, ait été maintenue.

Donc Macron n'a rien réglé sur le fond et sans doute ne le pouvait-il pas, puisque c'est ce qu'il est, ce qu'il représente (le technocrate, français renié, mondialisé), qui pose problème.

Je ne sais pas ce qui va se passer dans les semaines qui viennent. Mais dans les mois qui viennent, c'est très clair : les problèmes non réglés vont resurgir, probablement sous une autre forme.

C'est le trilemme de Pareto. Lorsqu'un pays affronte un problème grave, il resurgit de loin en loin, chaque fois plus grave que la précédente jusqu'à ce que :

1) La classe dirigeante règle le problème.

2) On change de classe dirigeante jusqu'à ce qu'une classe dirigeante règle le problème.

3) Le problème n'est pas réglé, la classe dirigeante n'est pas changée : le pays disparaît.

Le problème de fond, c'est le mondialisme, en France dans sa manifestation européiste, et encore plus précisément, l'Euro.

Macron est le parfait représentant du 3) : il ne veut pas régler le problème (qui, pour lui, n'en est pas un) et ne veut pas partir.
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David Desgouilles pose la question de fond, le mondialisme tendance européiste, mais y apporte une réponse trop gentille :

Macron a-t-il choisi la France ? Le président sort le chéquier, Bruxelles ne va pas aimer.

Yves Mamou est beaucoup plus sévère. Emmanuel Macron pourrait financer les promesses aux gilets jaunes en faisant des économies sur la politique migratoire. S'il ne procède pas ainsi, c'est qu'il fait semblant d'avoir entendu les Gilets jaunes mais qu'en réalité, il est bien décidé à continuer comme avant, en étant juste un peu plus hypocrite :

Pourquoi Bercy aura du mal à financer les mesures promises aux gilets jaunes

Où en sommes nous ?

Le mouvement des Gilets jaunes va probablement faiblir, ne serait-ce qu'à cause de la fatigue, mais comme le problème de fond (qui est le souverain ? Le peuple français ou les technocrates mondialisés à travers leur marionnette Macron ?) n'est pas réglé, il reviendra d'une manière ou d'une autre.

Pour Alain de Benoist, les Gilets jaunes ont déjà gagné.

Notons que beaucoup d'acteurs comprennent bien la lutte de pouvoir engagée :




La probabilité que le coeur de la contrainte européiste, la prison des peuples, à savoir l'Euro, soit remis en cause, augmente à mesure que le temps passe (c'est le point Macron, analogue du point Godwin).

Je serais Gilets jaunes, je mettrais en avant comme principal revendication un vrai référendum d'initiative populaire (c'est-à-dire sans validation parlementaire).

lundi, décembre 10, 2018

Mgr Ginoux, un évêque avec les Gilets jaunes

Mgr Ginoux, un évêque avec les Gilets jaunes

Communiqué de Mgr le Prince Louis de Bourbon, Duc d'Anjou à l'occasion du mouvement des Gilets jaunes

Je ne suis pas un royaliste militant, mais, tout de même, ça a plus de gueule que tout ce qu’on a pu entendre jusqu’à maintenant. Et puis, que Monseigneur évite l’insupportable « Françaises, Français (Belges, Belges) » est doux onguent à mes oreilles vieilles françoises écorchées vives par le sabir technocratique.

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Communiqué de Mgr le Prince Louis de Bourbon, Duc d'Anjou à l'occasion du mouvement des Gilets jaunes

"Français, mes chers compatriotes,

Alors que se développe de semaine en semaine, sur toute l’étendue du territoire national, le mouvement de protestation et de contestation des « Gilets Jaunes », je tiens à exprimer ma solidarité et ma profonde compassion pour ceux qui souffrent, dénués de ressources, écrasés de charges, humiliés et privés d’Espérance, et qui n’ont d’autre moyen d’expression que de se lever comme un seul homme pour manifester leur déception, leur angoisse et leur colère. Ces Français, c’est la majorité silencieuse qui se tait depuis des décennies et dont certains avaient oublié l’existence. Aujourd’hui c’est le peuple de France qui se dresse pour défendre son mode de vie et sa dignité. Il est essentiel de l’entendre, essentiel de prendre en compte ses légitimes aspirations.

Bien sûr, il faut condamner et bannir le recours à la violence de certains groupes extrêmes qui cherchent à exploiter ce mouvement profondément populaire pour déstabiliser l’Etat. Cette violence coupable et stérile ne peut que favoriser la cause de ceux qui ne veulent pas entendre le cri de tout un peuple.

En ce jour de l’Immaculée Conception, je confie la France à Notre Dame qui est la vraie Reine de France.

Que Dieu protège la Fille aînée de Son Eglise, que Dieu vienne en aide aux Français malheureux, démunis et souffrants. Qu’Il leur rende l’Espérance et la foi en l’avenir de notre pays qui doit se relever et renouer avec tout ce qui en a constitué la grandeur autant que la paix des cœurs et la douceur de vivre."

Louis, Duc d’Anjou
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Les gilets jaunes : un excellent détecteur de mensonges (et de connards)

Les gilets jaunes sont un excellent détecteur de mensonges (et de connards), vous pouvez faire l'expérience dans votre entourage.

Mais, à tout seigneur tout honneur, reconnaissons avec Barbara Lefebvre qu'Emmanuel Macron a commencé :

1) son élection a dévoilé le mensonge de l'UMPS, la fausse alternance droite-gauche.

2) son attitude de franc mépris a dévoilé l'hypocrisie de ses prédécesseurs, comme le « sympa » Chirac, qui clamaient leur amour des Français sur tous les tons mais faisaient une politique violemment anti-française similaire à celle du en-marcheur.


Pourquoi les «Gilets jaunes» chantent-ils la Marseillaise ?

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Seule la Marseillaise paraît être le « slogan » unitaire de ce mouvement quand il manifeste comme un seul homme.

À cet égard, il ne peut y avoir de confusion entre les « gilets jaunes » et les agitateurs professionnels: elle ne sortira jamais de la bouche d'un Black-block, d'un soutien de Dieudonné ou d'un pillard de banlieue semant le désordre dans les cortèges. Ce chant que même l'Internationale, chant ô combien populaire tout au long de la première moitié du 20e siècle, ne parvint jamais à détrôner dans le cœur des classes populaires, le chant de guerre de la Révolution.

[…]


La Marseillaise des «gilets jaunes» chantée des dizaines de fois d'affilée dans les cortèges est ce qu'elle a été dès ses origines: la voix du peuple quand la patrie est en danger. L'envahisseur n'est ni prussien, ni autrichien. Dans l'esprit des manifestants, les tyrans coalisés contre la Nation ne sont plus les monarques européens, mais les commissaires européens de Bruxelles à qui nos dirigeants ont cédé notre souveraineté politique, économique, budgétaire, culturelle. Ils ne sont pas élus. Ils n'ont aucune autre légitimité démocratique autre que celle qu'ils se sont arrogée, à coups de traités et de normes depuis plus de trente ans. L'Union Européenne ne concède plus qu'un seul levier à nos gouvernants pour orienter une politique qui reste dans les clous du pacte budgétaire imposé par Bruxelles: la taxe. Baisser ou augmenter les impôts semble être devenu la seule politique d'ajustement de nos dirigeants.

[…]

Emmanuel Macron est devenu l'objet de la détestation parce qu'à la différence de ses prédécesseurs, il n'a pas essayé de paraître ce qu'il n'est pas.

« L'ancien monde » ce n'est pas une autre politique que celle que fait M. Macron, c'était simplement une autre façon de communiquer, d'embobiner le citoyen-électeur de base. C'est aussi ce qui explique la détestation générale à l'égard de la classe politique. Les prédécesseurs d'Emmanuel Macron avaient, au moins, l'habileté de donner quelques gages pour paraître proches du peuple, sensibles à ses aspirations. Emmanuel Macron n'a pas voulu jouer cette comédie du pouvoir post-démocratique. Il n'a pas voulu jouer maladroitement de l'accordéon comme le vieil aristocrate de Chamalières, ni se prétendre socialiste tout en favorisant la gauche bobo et les années-fric, ni taper le cul des vaches en Corrèze tout en actant la cession de la souveraineté nationale à Bruxelles, ni balancer des «casse-toi pauvre con» ou promettre de se débarrasser de la racaille tout en détruisant la fonction publique, ce dernier lien entre le peuple et l'État, ni annoncer «mon ennemi c'est la finance» pour prendre un virage libéral en faisant des cadeaux fiscaux aux grands patrons.

La vérité est que la communication politique de « l'ancien monde » servait à faire tenir le système aussi affaibli fut-il.
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D'autres encore se distinguent favorablement :

Bruno Berthez, dont je n'aime pas le ton volontiers péremptoire et condescendant, mais dont l'analyse est juste.

A l'inverse, GW Goldnadel, qui ne fait pas la différence entre les Gilets jaunes et les casseurs que B. Lefebvre a, elle, très bien comprise, révèle son intellect limité :

Goldnadel : « Sous l'influence des médias, les Gilets jaunes sont devenus une foule déchaînée »

De même, Jacques Sapir, qui n'arrête pas de nous seriner ses lubies gauchistes (la France Insoumise, qu'est-ce qu'on en a à foutre ?) :

Facebook de Jacques Sapir

Et les syndicats, nous savons désormais sans le moindre doute dans quel camp ils se trouvent.

Les bien-pensants ont peur :

« La colère des “gilets jaunes” suscite la “grande peur des bien-pensants ” dont parlait Bernanos »

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La com' du pouvoir visait d'abord et exclusivement l'immédiat, à impacter la fièvre du « tout-info », en s'efforçant d'imposer sa représentation du théâtre des opérations. Tout l'enjeu consistait à délivrer une interprétation des événements qui puisse signifier que la gestion de l'ordre avait permis d'échapper à une quasi-insurrection. Il y avait là de quoi redonner un peu d'oxygène à un exécutif, qui, quelques jours auparavant, avait reculé en abandonnant la hausse des taxes sur le carburant pour 2019. Cette petite victoire, Castaner et le Premier ministre l'ont mise en scène afin que dès les premières heures post-manifestations s'installe et s'instille une tonalité générale qui les crédite de cet étrange succès. Mais les bénéfices médiatiques ne résistent pas à l'heure des réseaux et de l'info en continu, à la pression du réel qui vient tester, fouiller, et si besoin démentir le récit officiel. Les images des rues de Paris et d'autres villes de Province ont eu vite fait de contredire l'irénisme de Beauvau. Plus que jamais, la com' s'est fracassée sur la résistance de la réalité. En moins de 24 heures, nonobstant la lecture optimiste du pouvoir, un autre angle, moins heureux, s'est imposé, confrontant l'éphémère «réussite gouvernementale» à un terrain qui lui renvoyait les cicatrices d'une folle journée. La misère de la com' ne masquera jamais le désarroi du politique.
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Mais vous pouvez tout cela beaucoup plus près de chez vous. J'entends de la France d'en haut un mépris cinglant qui est, sous l'effet de la grande peur des bien-pensants, en train de se transformer en haine. J'entends des propos véritablement ahurissants.

Vous avez une bonne échantillon de haine et de condescendance dans les commentaires de ce blog :

Blog de Philippe Bilger

La fermeture intellectuelle des élites parisiennes que décrit Todd, je la vis tous les jours. A propos des gilets jaunes, il n'y a que deux groupes, les ouvertement condescendants et méprisants (« Ils font des fautes d'orthographe ». Hé banane, si ta classe sociale n'avait pas systématiquement fui ses devoirs et saboté l'école, ils en feraient moins) et les taiseux. Mais de défenseurs des gilets jaunes, point (à part un ou deux kamikazes comme votre serviteur). De compassion, d'empathie, pas l'ombre d'un carat.



Je ne sais pas si Todd a raison de craindre un coup d'Etat légal. Mais ça ne sent pas bon.

dimanche, décembre 09, 2018

La répression : un choix politique du gouvernement Macron ?



En voyant cette video de CRS qui s'acharnent à frapper des gens à terre, il me vient une question dont je n'ai pas la réponse : s'agit-il d'un énervement collectif comme il peut s'en produire dans ce genre de situation ou ont-ils reçu des consignes plus précises du genre « Allez y à fond, on vous couvre » ?

Autrement dit, y a-t-il une volonté répressive et violente du gouvernement (car, dans la situation actuelle, ce genre de décisions remonte au gouvernement) à l'inverse de ses bonnes paroles de dialogue ? Un « je fais l'inverse de ce que je dis » ? Ca correspondrait  bien à leur autisme habituel « j'ai tous les diplomes, j'ai raison, vous avez tort ». Ca prouverait que le mois écoulé ne leur a toujours pas appris à respecter les Français, ce qui ne serait pas étonnant de la part de vaniteux pareils.

Xavier Raufer, dans ses différentes interventions, n'est pas très affirmatif car il fait une large part à l'incompétence de Micron, de Castatrophe et de leur orchestre. Mais, quand on écoute bien ce qu'il dit, il est clair qu'il n'est pas loin de considérer qu'il y a une volonté du gouvernement de jouer la tension par la répression.

Jacques Sapir et Régis de Castelnau sont plus affirmatifs, mais ce sont des gauchistes qui voient toujours de la répression partout et pour qui elle est toujours mal.

Bruno Berthez, qui n'est pas un gauchiste même s'il lui arrive de puiser ses textes chez eux, a cependant la même analyse (il cite François Cocq, récemment expulsé de chez Mélenchon : La répression comme ferment de l'unité nationale).

Ce genre de videos interroge aussi :



Pour ma part, j'hésite encore.

Mais, de toute façon, le champ de bataille va se déplacer : de la réalité des faits à l'opinion publique.

Pour l'instant, le discours officiel est servilement relayé par les medias collabos « Samedi s'est plutôt bien passé puisqu'il n'y a pas eu de morts, Macron va annoncer des trucs et tout va rentrer dans l'ordre (sous-entendu : rentrez chez vous, bonnes gens) ».

Cependant, les Gilets jaunes ont montré jusqu'à maintenant une forte surdité à la parole bénie. Ce n'est donc pas gagné pour Macron. On notera qu'une pétition anti-BFM (1) circule.

Le risque pour Macron est simple. De même qu'il y a le point Godwin, il peut apparaître un point Macron (ou point Salvini) : plus une révolte populaire européenne se prolonge, plus la probabilité que l'UE et l'Euro soient mis en cause se rapproche de 1. On notera que des gilets jaunes bruxellois (ça existe !) ont tenté d’entrer dans le bâtiment de l’UE.

Et les mandants de Macron vont faire les gros gros yeux. Après quoi, ils le remplaceront par le général de Villiers.

Nota : le conseil municipal de Cagnes-sur-mer vote la mise à disposition de toilettes chimiques sur un rond-point occupé par les Gilets jaunes. Ailleurs, J'ai entendu :

Journaliste : votre rond-point est bien organisé.

Gilet jaune : c'est M. le maire qui nous a aidés.

Si j'en crois mes antennes du fin fond de la province, ce n'est pas qu'anecdotique. Il y a un vrai ras-le-bol des élus locaux vis-à-vis de l'arrogance technocratique que Macron incarne trop bien.


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(1) : BFM = Broadcast For Macron 😀




Lundi 10 décembre : le jour où les Gilets jaunes se font couillonner ?

A cause de la stupéfaction face au mouvement des Gilets jaunes, la machine gouvernementale à brouillard a connu une sérieuse panne.

Bon, il semblerait qu'elle ait fini par être réparée par les ingénieurs du gouvernement. Elle projette de nouveau un dense brouillard de mots : « nouveau pacte social, concertation avec les partenaires sociaux, problème de méthode, mesures de pouvoir d'achat ... ». (dans ces derniers mots est l'essentiel, le tour de passe-passe : on a remplacé une revendication fiscale, donc anti-étatique, par une distribution de subventions).




Bien sûr, il s'agit de dévier vers le social habituel les enjeux de pouvoir soulevés par les Gilets jaunes : pour qui gouverne Macron : pour Paris, pour les immigrés et pour Merkel ou pour les Français ?

En parlant d'autre chose, en détaillant les problèmes en commissions, sous-commissions et sous-sous-commissions, on essaie de noyer le poisson, de gagner du temps et de sauver les trois piliers du régime : le pouvoir de la technocratie, l'immigrationnisme et l'européisme.

D'ordinaire, j'aurais dit que cette technique rodée allait fonctionner, elle a déjà fonctionné si souvent. Mais nous ne sommes plus en temps ordinaires.

Alors, espérons que les Gilets jaunes ont bien compris et qu'ils ne molliront pas.

Gilets jaunes : 3 textes éclairants

Gilets jaunes : pourquoi les manifestations se sont mieux passées ce samedi que le précédent (et ce que ça nous apprend par ailleurs)

Jours de colère : qui du gouvernement ou des Gilets jaunes a marqué le plus de points ce samedi ?

Consentement au pouvoir : les 4 mensonges auxquelles la France ne fait plus semblant de croire


« Ce pays crève de ne pas être réformé (par un bon gestionnaire) »

Les réformes, ça sert à s'adapter à un cadre. Ces réformes, pour faire court, elles donnent lieu à deux phénomènes : une concentration des revenus accrue et, surtout, une diminution du pouvoir d'achat. Le deal que l'on propose aux gens consiste à dire : vous aurez du travail mais moins bien payé. Si vous acceptez d'être moins payés, ou de percevoir moins de prestations sociales, dans un cas comme dans l'autre, que ce soit des revenus du travail moins importants ou un arrêt des transferts sociaux avec moins de remboursement obligeant au recours à des assurances privées, cela revient au même : votre pouvoir d'achat se verra réduit. Evidemment les gens réagissent en disant : « Non mais attendez le niveau de l'eau est juste sous nos narines, et vous nous expliquez qu'il faut encore qu'on s'enfonce ? On va vraiment mourir noyés ! ». Voilà l'interprétation que l'on peut donner à ces mouvements de colère : les gens ne sont pas idiots, ils voient bien ce qu'on leur propose sous la forme de réformes.

Les réformes gestionnaires ne peuvent s'appréhender qu'à l'intérieur d'un cadre orthonormé et ce cadre c'est celui des traités européens, et de l'ouverture des marchés à la concurrence telle qu'on la connait aujourd'hui. Dans ce cadre, logiquement, mathématiquement presque, la seule solution est de baisser le pouvoir d'achat, avec un espoir, qui est la dialectique libérale : que ce qui aujourd'hui baisse, demain va remonter. On croit qu'avec la concentration des revenus se produira le fameux effet de ruissellement : si on laisse les riches avoir plus d'argent, ils vont de toute façon le dépenser, et ce sera la marée qui fera monter tous les bateaux, comme disait le consensus de Washington. Sauf que les gens voient bien que le FMI, la Banque mondiale, ont renoncé eux-mêmes à cette théorie du ruissellement. La théorie du choc l'offre, de l'ajustement par les prix, du remboursement de la dette, et des privatisations, ça ne fonctionne pas. Si les économistes libéraux du FMI ou de la Banque mondiale eux-mêmes ont des doutes, on ne peut pas traiter les « Gilets jaunes » de populistes incultes, c'est un peu court. Cette théorie, à laquelle Macron croit si fortement est en fait une théorie des années 1970-1980. Or les gens qui la contestent sont renvoyés à leur analphabétisme économique, au fait qu'ils ne comprennent pas : c'est ce que croit le gouvernement, il le dit quand il affirme qu'il n'a pas fait assez de pédagogie. Mais les gens ont repéré que c'est le cadre qui pose problème, et qu'il est en train de sauter à travers sa remise en question.

Dans le programme des « Gilets jaunes », sans qu'il n'y ait bien sûr d'élaboration macro-économique (ils ne sont pas économistes !), si vous mettez bout à bout ces demandes, il est certain qu'à l'intérieur d'un cadre juridique qui est celui de l'UE d'un cadre macroéconomique libéral néoclassique, cela ne peut pas marcher. On ne va pas encore jusqu'à former une politique alternative, mais les demandes qui sont formulées, par exemple que l'État puisse réserver des aides uniquement aux entreprises françaises ou à celles qui créent de l'emploi, sont incompatibles avec le cadre. Le gouvernement n'est pas complètement franc du collier là-dessus, mais Aurélien Taché a vendu la mèche en disant : on veut transférer la souveraineté à l'échelle européenne. Si vous raisonnez à l'échelle européenne, avec cette idéologie, vous considérez que tout le monde doit aller trouver du boulot…en Allemagne, c'est le STO quoi !

« Les pauvres en France bénéficient du meilleur système de sécurité social au monde »

Les Français refont aujourd'hui l'analyse qui consiste à repérer un angle mort, ce que l'on appelle les trappes à pauvreté, ou les working poors dans le monde anglo-saxon. A force de dire à l'extérieur que le système français est formidable parce qu'il offre un matelas ou des filets de sécurité, on finit par ne plus voir que l'on peut être complètement asphyxié en bossant avec un salaire au SMIC et en étant quand même matraqué fiscalement. Si ce n'est pas direct, sous la forme de l'impôt sur le revenu, c'est un indirect. Cela, les « Gilets jaunes » le dénonce, mais c'est une analyse qui avait déjà été faite. Il est assez nouveau en revanche qu'on s'achemine vers une dénonciation généralisée de ce que l'on peut appeler le traitement social du chômage. La thérapie libérale européiste, celle qui consiste à rester dans l'ordo-libéralisme européen que propose Macron, ne résout pas économiquement le chômage, et par conséquent elle ne résorbe pas la pauvreté. Pour s'attaquer au chômage structurel, il faut 3 à 4% de croissance économique. A travers cela, est dénoncé le fait que le système social coûte extrêmement cher, c'est le problème de la fiscalité, et que plus on augmente les taxes pour essayer de financer un système social, plus on alourdit l'économie. Cela est dit très clairement aujourd'hui. Le mouvement des « Gilets jaunes » ne témoignent pas d'un anticapitalisme débile, comme on le dit parfois, bien que la France insoumise s'agite en vain pour le récupérer. On ne dit pas qu'il faut casser la fabrication des richesses et taxer à mort, pas du tout, on dit simplement qu'on ne peut pas faire vivre les gens péniblement de transferts sociaux, parce que ce n'est pas viable. Cela rejoint donc la question de la fiscalité et celle de l'endettement. Qu'est ce qu'il se passe ? Une double mécanique infernale est à l'oeuvre, qui est aussi une double contradiction dans le système : premièrement, en traitant socialement le chômage vous vous empêchez de le traiter économiquement et vous ralentissez la croissance ; mais de la même façon plus vous vous acharnez à rembourser la dette, plus vous augmentez les impôts, moins vous pouvez rembourser la dette et plus vous vous endettez… Il y là un cadre que ceux que l'on appelle nos élites favorisent aveuglément. Il faut juger un arbre à ses fruits. Si c'est pour mettre le France à genoux, en arriver à une telle paupérisation et autant de recul dans la part de l'économie mondiale, qui n'est qu'un critère parmi d'autre, on peut se demander si ce sont bien des champions.

Le traitement social du chômage par ponctions fiscales et transferts sociaux très élevés n'est pas viable, alors que les gens disent qu'ils sont à la limite de la survie. C'est spécialement vrai pour ceux qui sont obligés de travailler et ne bénéficient pas des allocations. Mais même ceux qui en bénéficient ne s'en sortent pas. Le discours vraiment scandaleux qui consiste à dire que les gens seraient des fainéants, contents de vivre grâce aux allocations, s'est banalisé. Non, on ne vit pas des minimas sociaux, on vivote, ce n'est pas la même chose. Aujourd'hui les Français ne disent pas qu'ils ne veulent pas travailler, ils estiment en revanche que le cadre macroéconomique actuel ne permet pas de propulser de la croissance, de créer de la richesse et de trouver du boulot, c'est très simple comme message.

« L'immigration est une chance pour l'économie et l'échange entre les cultures »

J'ai été très surpris de la clarté et du bon sens qui s'exprime dans le programme des « Gilets jaunes » tel qu'il a été transmis en début de semaine. Tous ces gens qui n'ont a priori pas fait d'études longues font remonter quand même un programme tout à fait ajusté. En matière d'immigration, la demande est très claire : ces Français ne veulent pas d'une fermeture totale, notamment à l'égard du droit d'asile auquel ils semblent attachés. Il n'y a pas chez eux de volonté de rejeter les principes universalistes. Ce n'est pas parce que ces valeurs sont caricaturées en laxisme relativiste par les classes dirigeantes depuis une quarantaine d'année qu'il faut jeter le bébé avec l'eau du bain. En revanche, ils appellent à reconduire en masse les déboutés du droit d'asile. Cela rompt avec l'idée paradigmatique que la reconduction massive des gens qui sont en situation irrégulière serait comparable à Auschwitz et aux rafles de Vichy. Les « Gilets jaunes » ont une approche du problème à la fois très pragmatique et dés-idéologisée : il y a toujours un droit d'asile pour protéger ceux qui sont persécutés, conformément aux valeurs de la République française, mais ceux qui ne correspondent pas à cela, il faut les reconduire, et les reconduire tous, à la frontière, sans parlotte.

Finalement, les élites partagent assez largement un point de vue communautariste sur la question migratoire, que ce soit le Rassemblement National, Laurent Wauquiez, ou l'option mainstream qu'incarne Macron. Dans un cas comme dans l'autre, on finit par considérer que les gens ont le droit de se déplacer chez nous en restant chez eux, qu'ils ont le droit de changer de géographie sans changer d'histoire. On considère que le travail seul suffit à permettre l'intégration, sans qu'il soit besoin de changer de culture. Et ensuite on débat pour savoir s'il y a « Grand Remplacement » ou non. Les « Gilets jaunes » ne tombent pas dans le panneau : ils acceptent que des gens viennent immigrer chez nous mais, dans ce cas, là il faut que ceux-là deviennent Français, qu'ils parlent Français, qu'ils respectent les moeurs et la culture française. C'est une position incroyablement réaliste, lucide, et mesurée. Par contraste ce qui apparait généralement comme la position raisonnable est dénoncé comme étant une gigantesque tartuferie et une mascarade ; tandis que les solutions extrêmes sont elles-aussi rejetées.

« Les élites politiques sont les garantes des principes républicains et du liberté égalité fraternité »

Les élites se sont auto-constituées comme les garants de l'état d'esprit républicain et des institutions démocratiques. S'en prendre à leur paradigme, c'est attaquer la démocratie. C'est en réalité l'inverse : les élites s'attaquent au marteau piqueur et de toute part au socle républicain. Elles l'ont attaqué sur le plan éducatif avec le pédagogisme ; avec des programmes d'histoire qui transforment les Français en Français malgré eux. Sous couvert d'avoir une distance critique, ce qui est tout à fait louable, à l'égard de ce que l'on appelle le roman national, on est passé d'un excès à un autre, d'une histoire d'Épinal où la France était « la madone aux fresques des murs » comme disait le général de Gaulle, à une espèce de putain qui torturait, lynchait les enfants juifs, etc. Un pays qui était considéré comme étant au centre du monde jusque dans les années 1960, est devenu un pays qui ne compte pour rien. A lire les manuels scolaires d'histoire et de géographie, les bras vous en tombent. Il ne reste plus que l'Europe et la mondialisation, et la France a totalement disparu. On n'en est même plus à dire du mal de la France : ce serait encore considérer qu'elle existe ! Les élites ont attaqué le socle républicain en développant une vision de l'Etat de droit contre l'expression de la volonté générale et du suffrage universel : que ce soit dans le domaine migratoire ou de la sécurité, et là ce n'est plus une affaire de droite ou de gauche, les demandes de maîtrise et de répression de la délinquance et des violences contre les personnes, demandes en croissance continue depuis les années 1990 ont constamment été ignorées. Tous les gouvernements, une fois arrivés au pouvoir, ont toujours renforcé les droits de la défense à travers une protection continue des minorités, tandis que les élus locaux profitent largement les communautarismes, comme le dénonce Malek Boutih. Sur le plan de l'indépendance nationale en matière militaire, il y a eu la réintégration malheureuse au commandement militaire intégré de l'OTAN. On constate aujourd'hui l'effet des coupes dans les effectifs des forces de l'ordre. Les exemples sont nombreux qui montrent que le poisson pourrit complètement par la tête.

Mais le fond de l'affaire c'est que la classe dirigeante française chercher à détacher les droits de l'homme du citoyen. On a voulu faire en sorte que les droits de l'homme soient l'apanage des juges européens, et que la protection relève des marchés et des technologies, et qu'en conséquence, tout ce qu'il y aurait à faire, ce sont des startups. On veut faire en sorte que l'homme soit détaché d'une nation, détaché d'un Etat et de la force publique, détaché de l'expression du suffrage universel, déraciné en somme, dans l'éther. Mais les droits de l'homme sont inconcevables sans les droits des citoyens. S'il n'y a pas d'État, il n'y a pas de droits de l'homme. La sûreté est le premier des droits de l'homme, le premier chronologiquement. Si la sûreté n'est pas assurée, aucun des droits de l'homme ne l’est.





samedi, décembre 08, 2018

Les gilets jaunes sont peut-être des bouseux mais ils ont oublié d'être cons


Et une récupération par ces enculés de gauchistes qui tourne en eau de boudin, une !

Il n'y a pas que la France qui déconne, l'Eglise aussi : une triste première

Yves Daoudal :



Les gilets jaunes vus par Xavier Raufer



J'aime bien le passage : « Le type, il voit Castaner à la télé, il se retourne vers sa femme et dit "Germaine, va chercher les pavés" ».

Les gilets jaunes vus par Charles Gave



Charles Gave fait une remarque de bon sens : tous les connards qui nous prêchent le « vivre-ensemble » font bien gaffe d'y échapper grâce aux prix de l'immobilier exorbitants des quartiers où ils habitent. Ils vivent pas trop loin de leurs domestiques immigrés (mais pas avec). Ils les subventionnent grâce aux impôts qu'ils prélèvent sur les Français d'en bas, qui eux vivent loin.

C'est le noeud du problème : jamais dans l'histoire de France, il n'y avait eu cette séparation physique. Montaigne râle contre ses gens, explique que ce qui l'énerve le plus, ce sont leurs mensonges butés, contre l'évidence, quand ils ont fait une connerie, mais il vit avec eux.

Je suis convaincu qu'il n'y a peut-être jamais eu en France autant de mépris social (la disparition du christianisme y joue aussi son rôle). J'entends dans mon milieu de bourgeoisie parisienne des propos ahurissants et tranquilles, qui ne se rendent même pas compte. Mais c'est difficile à mesurer. Par contre, il est très facile de mesurer la séparation spatiale.

Une dernière remarque : les manifs de gilets jaunes commencent tôt, on sent les gens habitués à se lever le matin ! Ca change de certaines autres manifs de crasseux, en général l'après-midi, sans parler des feignasses de Nuit Debout.








Le destin des gilets jaunes est de se faire couillonner

Le destin des gilets jaunes est de se faire couillonner. Pourquoi ?

Réponse courte. Parce que les peuples se font toujours couillonner.

Réponse longue. Les conditions de vie se sont améliorées de manière constante depuis le XVIIIème siècle et les peuples en été plus maitres de leur destin. Mais ce mouvement est inversé depuis quarante ans (ce n'est pas sans raison que Philippe Seguin a dit que Maastricht serait la revanche de 1789). Les peuples occidentaux, en particulier le peuple français, ont été dépossédés de leurs instruments de pouvoir  :

♘ le vote :  conformément à la phrase de Maurras, « la démocratie est ce régime où les démocrates décident qui a le droit d'être élu », on a laissé le choix aux Français entre blanc bonnet et bonnet blanc, avec, pour pimenter le tout, la quille du système, l'épouvantail, le ou la « nazi » de service.

♘ la grève : coincé entre l'ouvrier chinois et l'éboueur malien, le salarié français peut faire grève autant qu'il veut, tout le monde s'en fout.

♘ : la représentation : plus un écrivain, plus un politicien, ne parle pour ceux d'en bas (à part, éventuellement, Houellebecq). La fonction de gardiennage du Système des journalistes est parfaitement rodée, ça marche comme sur des roulettes.

Bref, les gilets jaunes sont couillonnés d'avance. Je reviens à mon analyse de base : ayant cédé notre souveraineté, nous ne pouvons espérer d'acte décisif que de l'extérieur, notre destin n'est plus entre nos mains. Mais cette affaire de gilets jaunes prouve quand même que le peuple français n'est pas aussi mort qu'on le dit.

De tout ça, il restera aussi une mode sympa :





Panique chez les incultes au pouvoir

J-1 avant l’acte IV des Gilets jaunes, « des dirigeants paniqués, des propos exagérés »

Je suis frappé par l'inculture et la déconnection de l'équipe macronienne.

Un article d'Atlantico disait récemment qu'ils ne connaissaient pas les Français et ne donnaient pas l'impression d'avoir vraiment envie de les connaître.

Regardez l'air ahuri du député Amélie de Montchalin face à un gilet jaune :



Qui est Amélie de Montchalin ? Une jeune bourgeoise urbaine comme il y en a tant, très sûre de ses privilèges, arrogante, mais qui ne connait rien de la vie et encore moins des Français, et sans doute pas grand'chose de l'histoire de France, à part quelques slogans genre les zeures les plus sombres (et elle est censée avoir travaillé, on ne sait pas si elle l'a eue, à une licence d'histoire !). Hors de son milieu protégé, elle est comme un poisson hors de son bocal.

Et tout le gouvernement est sur ce modèle.

Alors que ceux qui ont de la mémoire ont immédiatement pensé à 1830 et à 1848, nous sommes gouvernés par des technocrates qui ne connaissent rien avant 1940 (le traitement du centenaire de la première guerre mondiale en témoigne). Il est logique qu'il soient dépassés par les événements. Des gens qui croient que le monde commence avec eux ont quelques difficultés à gouverner un peuple millénaire.



Xavier Raufer rappelle qu'il y a trois peuples régicides (les Anglais, les Français, les Russes) et que c'est une très mauvaise idée pour un gouvernant de les exciter.

Maintenant, c'est trop tard : à force d'astiquer la lampe à coups de « gens qui ne sont rien » et de « Gaulois réfractaires » encore plus que de taxes, Macron a fini par faire sortir le mauvais génie. Bon courage pour le faire rentrer : les manifestations d'aujourd'hui mettront peut-être fin au premier épisode mais le feu continuera à couver.




La police à l'école



Voici le commentaire que j'ai laissé au Figaro :



L'attitude idiote et très actuelle consistant à se plaindre de malheurs dont on a tout fait pour qu'ils arrivent à le don de m'irriter.

vendredi, décembre 07, 2018

Et maintenant, place à …

Emmanuel Macron est fini, Laurent Wauquiez est fini aussi puisque ses idées sont celles de Macron, Marine Le Pen est dépassée et Jean-Luc Mélenchon cornerisé.

Il y a un nom que je n’ai pas cité, pour ne pas lui porter la poisse. Je sais que beaucoup y pensent formant comme Montaigne « des vœux pour votre succès lors même qu’il m’en fallait confesser à mon curé ». Il lui faudrait l’audace de Bonaparte, puisqu’elle en a l’âge, et l’esprit rebelle de De Gaulle, et l’intelligence manœuvrière des deux réunis, autant dire que son avènement est très improbable. On me dira que je déraille complètement ? Certes.

Mais, d’âge en âge, la France surprend le monde, et se surprend elle-même.

Et, pour vous détendre, Domenach toujours aussi con :

Qui se radicalise ? Qui dérive vers la violence ? Les gilets jaunes ou le gouvernement ?

La presse officielle (1) nous serine la peur de la « radicalisation » et de la « violence » des gilets jaunes. Quand on met autant en scène une peur, c’est qu’on espère que les événements qu’on dit craindre arrivent : « Chéri ! Fais moi peur ! ». C’est ç’ui qui dit qui i’est.
 
Il y a un signe qui ne trompe pas : si Macron voulait désamorcer, il parlerait aujourd’hui en annonçant qu’il se couche. Or, il va parler lundi et Ferrand nous dit que c’est « pour ne pas jeter de l’huile sur le feu » qu’il ne parle pas immédiatement. Autrement dit, lundi, il s’apprête à jeter de l’huile sur le feu ou, au moins, à ne pas désamorcer, ce qui revient au même.
 
Un vrai signe qu’ils ont changé ? Facile : revenir sur les 80 km/h (2) et ne pas signer le pacte de l’ONU sur les migrations (3). On en est loin.
 
En fait, le gouvernement reste fidèle à son impasse : droit dans mes bottes, je cède le minimum, sans reconnaître mes torts, et j’espère pourrir et discréditer à l’usure les gilets jaunes. Bref, ils sont toujours dans l’épreuve de forces.
 
J’ai peur. Pas eux, ou pas assez. Ce sont des abrutis de technocrates irresponsables qui ne connaissent rien à l’histoire, des enfants qui jouent avec des allumettes au-dessus d’un bidon d’essence. Ils se croient plus malins, ils risquent une très mauvaise surprise.
 
Moi, je serais à l’Elysée, je commencerais à pousser les meubles le long des vitres, à vérifier que l’hélicoptère peut se poser dans le jardin et à lire quelques prospectus sur la vie en Argentine. On ne sait jamais.
 
 
***********************
(1) : je peux à bon droit la baptiser officielle vu la masse de subventions qu’elle reçoit.
 
(2) : on peut se demander s’il n’y a pas un concours national officieux (par départements) de saccage des radars sur les routes secondaires. Le-Puy-de-Dôme tient la tête mais le Nord-Pas-de-Calais ne lâche rien. Forza Loiret !
 
(3) : l’analyse statistique des réseaux sociaux montre l’immigration dans le peloton de tête des préoccupations des gilets jaunes.
 
 
 

jeudi, décembre 06, 2018

[Edito] : l’avis du sociologue Michel Maffesoli sur le mouvement Gilets Jaunes et la révolte des peuples

[Edito] : l’avis du sociologue Michel Maffesoli sur le mouvement Gilets Jaunes et la révolte des peuples

C'est de la prose de chiottes de sociologue (encore un qui ne sait pas écrire un français élégant et limpide -pléonasme) mais, sur le fond, je suis d'accord.

Ce pays est mon pays, ce peuple est mon peuple. Je n'en ai pas d'autres.

Ce peuple et ce pays veulent que leurs dirigeants s'intéressent à eux, à leur pays, qu'ils cessent de leur parler du monde et de l'Europe et jamais de leur pays, qu'ils arrêtent de saisir toutes les occasions de dire combien ils nous méprisent et nous sommes idiots, qu'ils cessent de se comporter comme des colonisateurs en terrain conquis.

Et comme ce respect n'est pas spontané, les gilets jaunes ont décidé de le provoquer par l'épreuve de force.


Prairie adieu mon espérance
Adieu belle herbe adieu les blés
Et les raisins que j'ai foulés
Adieu mes eaux vives ma France
Adieu le ciel et la maison
Tuile saignante ardoise grise
Je vous laisse oiseaux les cerises
Les filles l'ombre et l'horizon
J'emmène avec moi pour bagage
Cent villages sans lien sinon
L'ancienne antienne de leurs noms
L'odorante fleur du langage
Une romance à ma façon
Amour de mon pays mémoire
Un collier sans fin ni fermoir
Le miracle d'une chanson
Un peu de terre brune et blonde
Sur le trou noir de mon chagrin
J'emmène avec moi le refrain
De cent noms dits par tout le monde
Adieu Forléans Marimbault
Vollore-Ville Volmerange
Avize Avoine Vallerange
Ainval-Septoutre Mongibaud
Fains-la-Folie Aumur Andance
Guillaume-Peyrouse Escarmin
Dancevoir Parmilieu Parmain
Linthes-Pleurs Caresse Abondance
Adieu La Faloise Janzé
Adieu Saint-Désert Jeandelize
Gerbépal Braize Juvelise
Fontaine-au-Pire et Gévezé
Que je respire Et je respire
Ces étoiles dans ma gorge y
Font une lueur de magie
Trompe l'exil mon faux empire
Il faut reprendre ô saoulerie
Ce déroulement implacable
Et boire et boire les vocables
Où flambe et tremble la patrie
Aigrefeuille-d'Aunis Feuilleuse
Magnat-l'Étrange Florentin
Tilleul-Dame-Agnès Dammartin
Vers-Saint-Denis Auvers Joyeuse
Cramaille Crémarest Crévoux
Crêches-sur-Saône Aure Les Mars
Croismare Andé Vourles Vémars
Amarens Seuil Le Rendez-Vous
L'Ame Sommaisne Flammerans
Sore Sormonne Sormery
Sommeilles La Maladrerie
Bussy-le-Repos Sommerance
Mon pays souffre mille maux
S'en souvenir monte à la tête
Ah démons démons que vous êtes
Versez-moi des mots et des mots
Il reste aux mots comme aux fougères
Qui tantôt encore brûlaient
Cette beauté de feu follet
Leurs architectures légères
Angoisse Adam-les-Passavant
Bors l'Aventure Avril-sur-Loire
La Balme-d'Épy Tréméloir
Passefontaine Treize-Vents
Adieu le lieudit I'Ile-d'Elle
Adieu Lillebonne Ecublé
Ouvrez tout grands vos noms ailés
Envolez-vous mes hirondelles
Et retournez et retournez
Albine Alise-Sainte-Reine
Les Sources-la-Marine Airaines
Jeux-les-Bards Gigors Guéméné
Vers Pré-en-Baille ou Trinquetaille
Vers Venouze ou vers Venizy
Lizières Lizine Lizy
Taillebourg Arques-la-Bataille
Albans-Dessus Albans-Dessous
Planez lourds aiglons des paroles
Valsemé Grand-Cœur Grandeyrolles
Jetés au ciel comme des sous
Adieu Caer et Biscarosse
Poignards que vous avez d'éclat
O Saint-Geniès-de-Comolas
Adieu Néronde Orny Garosse
Pas un qui demeure sur cent
Villages aux noms de couleur
Villages volés mes douleurs
Le temps a fui comme du sang
Musiques s'il n'est pas trop tard
Parfumez le vent parfumé
Sanglotez les cent noms aimés
Que j'écoute au loin vos guitares

Printemps 1943