mercredi, août 21, 2019

L'émeute du 6 février 1934 vue par William Shirer

Je continue ma lecture de The collapse of the third republic.

Comme correspondant du Herald Tribune, William Shirer a vécu l’émeute de 6 février 1934 en direct, d’abord au balcon du Crillon, où il a vu la victime d’une balle perdue tuée à côté de lui, puis dans les rues.

Rappelons que cette émeute oppose les ligues d'extrême-droite, massées place de la Concorde, échauffées par l'affaire Stavisky, à la police qui barre le pont de la Concorde pour les empêcher de prendre d'assaut le Palais Bourbon.

Les reproches faits par les ligueurs au régime sont loin d'être tous excessifs, puisque certains étaient très largement partagés dans tout le spectre politique. Ce qui n'empêchait pas le dit régime de repousser toute réforme.

Shirer fait plusieurs remarques intéressantes :

  • Les communistes ont manifesté aux cotés des fascistes pour renverser la république « bourgeoise ». Ils n’ont tiré aucune leçon du destin de la république de Weimar l’année d’avant en Allemagne. Ce n’est qu’au matin du 7 février qu’ils se sont dits qu’ils avaient peut-être fait une connerie et ont commencé la réflexion qui aboutit au Front Populaire.
  • Les politiciens ont été en-dessous de tout. Albert Lebrun sanglotait dans son bureau de l’Elysée, comme d’habitude (il avait la larme facile et recommencera en 1940). Certains parlementaires se sont déguisés pour ne pas se faire écharper. Ils ont été incapables, devant le péril, de surmonter leurs petites querelles. Même les conseillers de Daladier, chauds-bouillants, prêts à découdre, ont débandé dès qu’il a fallu passer à l’action. Tous les témoins de ces scènes, y compris d’éminents républicains, ont été écœurés.
  • Les policiers étaient fort mal commandés, sauf exception. Ils ont tiré dans le tas, 20 morts (dont des spectateurs) parmi les civils et 1 parmi les policiers. Shirer remarque l’orientation de la presse : elle en a fait des tonnes sur les morts de droite, beaucoup moins sur les morts d’une manifestation ouvrière quelques jours plus tard. L’orientation de la presse a bien changé, mais elle reste toujours très partisane.
  • L’échec de l’émeute ne vient pas de la force des défenseurs du régime mais de la faiblesse des chefs émeutiers. Les ligueurs ont manqué de coordination et d'impulsion venue d'en haut. Les Croix-de-Feu, les plus organisés et les plus habiles des manifestants (ils ont eu l’intelligence de ne pas passer par le pont de la Concorde où s’affrontaient la police et les émeutiers) sont arrivés à quelques centaines de mètres du Quai d’Orsay et du palais Bourbon, quasiment pas défendus, et ont alors reçu l’ordre de leur chef, le colonel La Rocque, de ne pas aller plus loin. Quant aux autres chefs, ils étaient aux abonnés absents. Maurras n’a appris les événements que le lendemain midi, il était occupé la nuit précédente à faire des vers (comme dirait Mangeclous). Bref, ces chefs nationalistes étaient braillards mais pas très sérieux dans leur volonté de renverser le régime : quand l’occasion s’est présentée, ils l’ont esquivée (comparez avec Hitler de l’autre côté du Rhin).




Mitterrand, qui est arrivé à Paris juste après cette émeute, a un jour engueulé Gaston Deferre, ministre de l’intérieur, parce que des manifestants étudiants avaient traversé le pont Alexandre III : : « Chacun sait depuis le 6 février 1934 que l'on ne doit jamais laisser les manifestants pénétrer dans le périmètre Palais Bourbon, Élysée, place Beauvau ».

J’ai mauvais esprit, mais je vois dans ces quelques constats de Shirer des rapprochements évidents avec notre crise des Gilets Jaunes.

Pour Shirer, les deux conséquences les plus néfastes à long terme de cette journée dramatique sont, d’une part, que Pétain, nommé dans le gouvernement Doumergue suite à l'émeute, s’est imaginé un destin politique (1) et, d’autre part, que Laval et lui, contre toute attente (le pacifiste exempté de guerre de 14 et le vainqueur de Verdun) se sont rapprochés.

*****************
(1) : non, le Pétain de 1940 n’est pas un sauveur sans ambition qui se sacrifie pour le pays. C’est un vieillard qui ressasse depuis des années sa frustration de pouvoir.

mardi, août 20, 2019

Politique : comment savoir qui a raison ? Comment faire passer la bonne politique ?

Je suis en train de lire The collapse of the third republic, de William Shirer, dont je vous ai déjà parlé.

C'est rageant : des hommes voient les dangers, les vrais, tels que la suite de l'histoire les révèlera et proposent des solutions pas idiotes mais ne sont pas écoutés, ou peu, dans le brouhaha des analyses et des propositions contradictoires.

Ils arrivent que certains soient à la fois dans l'erreur grave et dans la bonne analyse. C'est le cas de Winston Churchill : il a reconnu lui-même que son refus de dévaluer et son retour à l'étalon-or, en tant que Chancelier de l'Echiquier, étaient une faute gravissime et comptent parmi les causes majeures de la seconde guerre mondiale. En même temps, il a eu parfaitement raison, presque tout seul, à propos de l'Allemagne et de Hitler.

Or, le retour à l'étalon-or de Churchill est pour moi du même acabit qu'aujourd'hui le rafistolage permanent de l'Euro : une faute lourde à cause du refus de solder les comptes d'une politique qui a échoué. Les psycho-rigides veulent maintenir l'illusion. Ils refusent de renoncer à l'idée qui a fait leur carrière et leur fortune. Ils ne veulent pas se résoudre à prendre nos pertes : oui, si la Grande-Bretagne avait été forte, elle aurait pu retourner à l'étalon-or. Oui, si la fédération européenne était une bonne idée, il faudrait garder l'Euro. Mais la Grande-Bretagne n'était plus forte et la fédération européenne se révèle une mauvaise idée.

L'idée européiste de monnaie unique, on pouvait éventuellement y croire (après tout, j'ai voté pour, une erreur de jeunesse, avant que de m'en repentir). En tout cas, on essayé. Maintenant, il faut démonter l'édifice mal branlé et passer à autre chose.

Ma politique est simple : transformer l'Euro en monnaie commune en réintroduisant les monnaies nationales, faire banqueroute sur les dettes, arrêter l'immigration et remettre de l'autorité et de la transmission dans la vie (école, famille, justice). Les suites immédiates seraient terribles, mais ce n'est pas ma politique qui en serait la cause, ce serait les longues années de politique folle qu'il s'agit de solder.

Avant que d'en arriver là, se pose une question incontournable : comment faire passer cette politique de salut public qui fait peur (et je comprends bien pourquoi) ?

Arrivé à ce point, la lecture de Shirer pousse au désespoir. La bonne volonté et l'intelligence ne suffisent pas. Le caractère non plus. Il faut que tout cela soit réuni dans le même homme et qu'en plus il soit au bon endroit, au bon moment, avec les bons appuis.

Tardieu manque d'habileté, Daladier de caractère, Reynaud de conviction. Il y a bien un homme possédant toutes ces qualités. Mais Charles De Gaulle végète dans un poste subalterne.

Bref, pas riant, l'avenir.

Certes, tout n'est pas perdu :


lundi, août 19, 2019

La bourgeoisie française de l'entre-deux-guerres vue par un journaliste américain.

Il paraît que je suis trop sévère avec la bourgeoisie française. Je vous soumets donc (comme argument d'autorité !) le point de vue d'un Américain.

L'extrait est un peu plus étendu, il permet de se remémorer une partie de la lourde responsabilité des Américains et des Anglais dans la seconde guerre mondiale.

Pour vous permettre de rentrer dans l'extrait : le bas de la page 131 et le haut de la page 132 explique que, pour une nation, chercher la protection dans la subordination est une fausse bonne idée, que les nations sont naturellement égoïstes et ne peuvent compter que sur elles-mêmes quand l'essentiel est en jeu (d'où la note de bas de page 132 sur de Gaulle).

Extrait de The collpase of the third republic

Nota : Shirer n'aime vraiment pas Pétain, car, contrairement à nos pétainistes contemporains, qui ne sont que des anti-gaullistes obsessionnels déguisés (voir ici, par exemple), il n'ignore pas que Pétain, par les différents postes qu'il a occupés et par son magistère moral et intellectuel tout au long des années 20 et 30, est le principal responsable militaire de la défaite de 1940.

Alors, le voir prendre le pouvoir à l'issue d'une défaite dans laquelle il a joué un rôle majeur, ça gratte un peu.

Il faudrait une bonne psychanalyse de l'anti-gaullisme contemporain. Venant de pieds-noirs, c'est idiot mais compréhensible. Mais de catholiques traditionalistes fervents ? C'est au moins le signe d'une légère déficience de la comprenette politique (ils devraient relire Richelieu, catholique sans doute aucun).

Je rappelle que le catholique pratiquant, dans la paire Pétain-De Gaulle, c'était le général, pas le maréchal.

Les histoires pétainistes de « don de sa personne à la France » ne sont que du bourrage de mou pour gogos disposés à se laisser gruger (au moment où il fait cette déclaration, le 17 juin 1940, il parie sur la victoire de l'Allemagne, qui ne paraît pas à ce moment irréaliste. Son don ne lui coûte donc rien. C'est comme nos modernes politiciens qui répètent « j'assume » : concrètement, ça veut dire qu'ils restent en poste continuent à se goberger).

Je parle de psychanalyse car, en raison, il n'y a plus de débat depuis longtemps : Pétain a parié sur la victoire de l'Allemagne, De Gaulle sur sa défaite, on sait sans ambiguïté qui a eu tort, qui a eu raison. François Delpla a montré comment Pétain avait été mené par le bout du nez par Hitler.

En revanche, en psychologie, c'est une autre histoire. Et les réactions face à Trump me paraissent éclairantes : on condamne non pas celui-ci qui divise le groupe, mais celui qui constate une division existante que tous s'efforçaient, avec de plus en plus de difficultés, de nier.

La souffrance et la peur du conflit se transforment en haine pour celui qui le met en lumière : on déteste à mort le messager parce qu'on ne supporte pas le message. Sans De Gaulle, il y aurait eu des Résistants, mais on en veut à mort celui qui a posé un choix clair, qui a tué l'espoir de concilier l'inconciliable, qui a dit qu'on était soit couché soit debout mais qu'on ne pouvait être les deux en même temps.

J'ai tout de même du mal à comprendre qu'il reste aujourd'hui des pétainistes. Péguy disait qu'il faut avoir le courage de voir ce que l'on voit. A l'évidence, certains manquent de ce courage.

Yann Moix : le gaucho dans toute sa splendeur.

Ca se passe de commentaire :

Sortie du roman choc, Orléans : le père de Yann Moix livre sa version de l'histoire familiale.





jeudi, août 15, 2019

Edouard Husson fait le point sur Hong-Kong (et c’est important pour la France)

Vous allez me dire que je fais une fixette (mais c’est juste parce que l’essentiel est ... essentiel), le mercantilisme allemand se révèle une fois de plus un poison économique et politique pour l’Europe.

Nous risquons de nous retrouver dans les prochains jours dans une configuration très classique : les Etats-Unis du côté de la liberté et l’Allemagne du côté de l’oppression. Mais chut ! On va m’accuser d’américanophilie naïve et de germanophobie (1) compulsive.

Les événements de Hong Kong marqueront-ils un tournant dans la politique très pro-chinoise (et de moins en moins libérale) de l’Occident ?

**********
Or, faire alliance avec le régime post-maoïste - et aujourd’hui néo-maoïste - a non seulement permis au quantitative easing américain de se déployer sans freins mais cela a aussi conduit à affaiblir la démocratie en Occident. Que les démocrates américains puissent, encore aujourd’hui, passer leur temps à mettre en cause la légitimité de Donald Trump, a beaucoup à voir avec leur fréquentation assidue du régime chinois ; que l’Union Européenne, Allemagne en tête, puisse développer un mépris tel de la démocratie que le moindre « non » majoritaire à un référendum sur la politique européenne soit immédiatement disqualifié par la bureaucratie bruxelloise et les gouvernements nationaux, est indéniablement le résultat d’une fascination pour le « bolchevisme consultatif » qui caractérise le même régime chinois, que le leader s’appelle Mao, Deng ou Xi.

Tout se tient : en même temps que nous avons rétréci nos marchés intérieurs, la mondialisation poussant le pouvoir d’achat des classes moyennes à la baisse, nous avons aussi réduit nos libertés politiques. Nous voici donc à un tournant. Sommes-nous capables de voir dans les événements de Hong Kong l’incitation à un changement radical de la politique occidentale ? Il s’agit de mettre fin à la parenthèse oligarchique prochinoise (mais que pouvait-on attendre d’autres des soixante-huitards arrivant au pouvoir?) qui a rongé de l’intérieur nos démocraties durant trente ans. Il s’agit de redécouvrir le secret de l’Occident: liberté économique et liberté politique sont inséparables si nous voulons avoir une chance que nos démocraties reviennent à la stabilité et prospèrent. Il est temps de mettre fin à notre fascination pour un régime qui a encore une très longue marche à entreprendre vers la liberté.
**********

**********
(1) : le plus marrant est que j’aime beaucoup les Allemands avec qui je travaille, plus que les Anglais. Mais c’est toujours le problème du passage de la micro à la macro. Ce n’est pas parce je préfère 3 Allemands à 3 Anglais que je préfère 30 millions d’Allemands à 30 millions d’Anglais.

Lénine est encore plus un enculé que Staline.

La thèse qui prévaut aujourd’hui est que le bolchévisme et son fondateur étaient bons et que le stalinisme est une malheureuse dérive.

C’est entièrement faux. Cette thèse idiote est un pur produit de la propagande soviétique. C’est même le sujet du livre Le montage, de Volkoff : un éditeur agent soviétique exige d’une jeune universitaire qu’elle change toutes ses mises en cause de Lénine en attaques contre Staline. Celle-ci refuse car c’est contraire à la vérité. Impressionné par sa droiture, l’éditeur-agent se réfugie chez elle quand il a des ennuis avec son officier-traitant.

En commentaire du billet précédent, L’Allemagne, un cancer au centre de l’Europe, un gentil commentateur m’envoie cet article triplement instructif :

Lenin’s free ride

Instructif sur l’immonde raclure qu’était Lénine, instructif sur le rôle catastrophique de l’Allemagne dans sa prise de pouvoir, instructif sur la capacité d’aveuglement encore actuelle.



mardi, août 13, 2019

L’Allemagne, un cancer au centre de l’Europe

A review of Paul Lever's 'Berlin Rules' and Fritz Fischer's 'Germany's Aims in the First World War'

Je suis content de voir que Peter Hitchens ne tombe pas dans le panneau du mensonge historique martelé.

Pas plus que la France n’est responsable de la rafle du Vel d’Hiv, la première guerre mondiale n’est pas le fruit d’une mécanique infernale diffuse et fatale. Ces mensonges, causes de la première guerre mondiale et rafle du Vel d’Hiv, sont deux gestes de canine soumission des européistes vis-à-vis du maître allemand.

Non, les responsabilités des guerres mondiales ne sont pas vagues et embrumées. L’Allemagne est responsable.

La vérité est que l’Allemagne a voulu la guerre de 14 plus que les autres et a fait ce qu’elle pouvait pour la déclencher. Si vous avez encore un doute, souvenez vous des incidents de Tanger et d’Agadir, qui étaient sans ambiguïté des provocations à la guerre vis-à-vis de la France.

L’Allemagne a été au XXème siècle un cancer au centre de l’Europe. Elle l’est toujours. Deux raisons :

• la première, physique. Selon le mot de Kissinger, l’Allemagne est trop grande pour l’Europe et trop petite pour le monde. Ça reste vrai. La politique constante des rois de France a été d’empêcher l’unification des Allemagnes, grande sagesse. Nous avons renoncé en 1918 à exiger le démembrement de l’Allemagne, erreur funeste, avant-dernière occasion, ratée, de rééquilibrer la carte de l’Europe.

Après 1945, l’Allemagne a été divisée et le monde ne s’en est que mieux porté. Hélas, Mitterrand a favorisé une réunification hâtive.

• la seconde, plus importante, spirituelle. J’hésitais à écrire «  culturelle » ou « morale », mais c’est bien « spirituelle » qui convient. Il y a au fond de l’âme germanique quelque chose qui fait que le génocide et les philosophies psycho-rigides sont les spécialités allemandes comme d’autres ont pour spécialités la liberté et la cuisine immangeable. Le proverbe de nos amis anglais dit beaucoup « l’humour allemand, c’est comme l’humour juif ... l’humour en moins ». Il n’y a que des gens qui se prennent très au sérieux pour croire que leurs idées justifient de génocider des populations entières. Les idées des Allemands ont changé, pas la rigidité qui les rend politiquement inhumains.

D’autant plus que les Allemands ont une nette tendance à perdre les guerres mondiales qu’ils déclenchent. Leur sens stratégique est inversement proportionnel à leur sens tactique. Il y a des peuples qui se battent jusqu’à la victoire, les Allemands se battent jusqu’à la défaite.

Que doit faire la France ?

D’abord, cesser la politique folle, qui ressort, par bien des aspects, plus de la haute trahison que de l’erreur, poursuivie par tous nos présidents depuis Giscard, de soumission à l’Allemagne. Il n’y a pas de modèle allemand, on ne prend pas pour modèle un pays en voie de disparition. C’est un suicide français.

Ça ne nous empêche pas de garder de bonnes relations avec les Länder de l’ouest.

Ensuite, nous rapprocher de la Grande-Bretagne qui porte la culture de la liberté politique. A cause de l’extrême médiocrité de notre classe dirigeante, nous sommes en train de rater la chance offerte par le Brexit.

Enfin, la France n’a pas besoin de tuteur (idée absurde de beaucoup de nos dirigeants depuis le XVIIIème siècle) mais elle peut se faire le champion des petits pays. Non seulement la France n’a pas à choisir entre l’Allemagne, les Etats-Unis, la Russie et la Chine, mais elle doit venir au secours de ceux qui sont menacés par ces mastodontes.

Par exemple, la France n’aurait pas été mal aux côtés de la Grèce lors de la crise  (mais il fallait sauver les banques françaises. Cette considération particulière a prévalu sur l’intérêt national).

Vaste programme ! Mais qui est à la portée de la France pour peu qu’un homme d’Etat sache le lui expliquer. Mais d’hommes d’Etat, nous n’en avons pas plus que d’intelligence dans le gouvernement Macron.

lundi, août 12, 2019

Nous ne bougerons pas.

Côté Système, le discours est à l’impuissance. Côté anti-Système, la révolte hong-kongaise est vue comme pilotée façon Soros. D’accord pour ne rien faire.

Volkoff disait : quand tout le monde est d’accord, il y a probablement une désinformation.


Pauvres Hong-kongais !



Buisson con

Pour des raisons dont je comprends qu’elles tiennent beaucoup à des rancœurs personnelles, Patrick Buisson passe de la stratégie dite d’union des droites à la stratégie d’union populaire droite-gauche.

C’est tout simplement stupide. Même en Italie, cette stratégie est en train d’échouer.

Je ne comprends pas cette attraction suicidaire de certains droitiers pour la gauche (PY Rougeyron, par exemple). A mes yeux, cela prouve un manque de profondeur qui n’est pas seulement politique. Quels principes faut-il avoir pour ne pas être dégoûté par les héritiers de la Terreur et de Staline ? Et ce n’est pas seulement une question d’héritage. Leur doctrine est fausse.

On cite souvent De Gaulle. Mais où voit-on qu’il a passé une alliance électorale avec les communistes ?

Bien sûr, le but est de réunir politiquement ce qui reste du peuple français et la part (petite) la moins pourrie de la bourgeoisie (1). Mais cela n’implique nullement de mélenchoniser : la stratégie Philippot, même rebaptisée Buisson,  se terminera dans une cabine téléphonique.

Il faut parler de la nation, avec les implications sociales qui découlent de la solidarité entre compatriotes. Pas faire des concessions aux idioties marxistes. Autrement dit, il faut une droite de combat chrétienne (rien avec le dégueulasse centrisme démocrate-chrétien).

Je mesure à quel point la raideur de Péguy isole.

***********
(1) : je continue à lire Shirer à propos de la chute de la IIIème république. Ce qu’il dit de la bourgeoisie française des années 20-30 est encore plus péjoratif que ce que j’ai écrit sur ce blog.

samedi, août 10, 2019

Stavisky est re-mort

Jeffrey Epstein (que les journalopes présentent comme un ami de Trump alors qu’il l’était des Clinton -on n’est plus à ça près) s’est « suicidé » dans sa cellule. Nul doute que le combat pour le réanimer n’a du être bien farouche.

La mort de ce faux financier et vrai maître-chanteur pédophile (1) doit arranger beaucoup de monde. Le « ouf  » de soulagement de New-York et de Hollywood s’entend d’ici.

**********
(1) : encore une preuve que notre monde est fou. On fait de la pédophilie un crime atroce mais, en même temps, on promeut sans limite la pornographie et la pédérastie qui sont de vraies incitations à la pédophilie.

vendredi, août 09, 2019

Ingrid soutient ze Donald et flambe les journalopes

Et le lobby des jeux vidéo ?

Les jeunes sont cons (mais ce n'est pas totalement de leur faute : on ne choisit pas ses parents, ni la non-éducation qu'ils vous donnent).

Un article pour dire que les Millenials (les crétins nés dans les années 2000) hyper-maternés sont prêts à la dictature :

Mollycoddled, militaristic millennials are yearning for a new age of enlightened dictatorship

Analyse peu surprenante : des psys ont déjà analysés le nazisme comme la politique des enfants sans père (tués à la guerre, estropiés ou dégradés par le chômage).

Les enfants privés de père se cherche à la fois un père de substitution dans le dictateur et mère de rechange dans l’Etat-mamma parce qu’aucun père ne leur jamais appris à se passer de maman. Le plus marrant et le plus navrant, c’est que les gens qui ont systématiquement (regardez ces publicités où les enfants et la mère complices ridiculisent le père forcément ringard) détruit la figure du père depuis les années 50 voulaient (les plus conscients en tout cas) arriver exactement à ce résultat d’une population malléable.

Remarquez bien qu’il n’y a pas besoin d’être « millenial » : je connais plein de gens autour de moi qui qui ne sont plus dans la prime jeunesse et sont prêts à se soumettre à n’importe quel chef. Pouf, pouf (heil, heil, devrais-je dire). Passons.

Nous avons déjà un avant-goût de dictature jeuniste avec Sainte Greta. Qu'est-ce qu'on va s'emmerder !

Le monde qui rend fou




Julien Rochedy est un branleur parfois irritant mais, sur un point, je suis entièrement d’accord : nous vivons dans un monde qui rend fou.

Fou psychiatriquement, c’est la multiplication des maladies mentales et la consommation ahurissante de psychotropes, légaux ou non.

Fou anthropologiquement, avec des attitudes et des comportements qui sont à l’opposé de la nature humaine.

Vivre dans des villes de verre et de béton, toujours en train de courir, cernés par des millions d’étrangers, sans cesse stimulés par des bruits, des images, des écrans est trop différent de la vie en petites tribus dans des cavernes qui nous a fait.

Or, le plus souvent, l’homme pense comme il vit, c’est-à-dire qu’il adopte des pensées, des valeurs, qui justifient la façon dont il vit. C’est pourquoi vivre follement fait penser follement.

Des évidences aussi basiques qu’aimer sa famille, se méfier des étrangers, tenir à distance les inconnus, défendre les siens sont devenues des fautes, pire, des péchés. La traduction politique de cette folie, c’est le progressisme.

Gustave Le Bon avait bien compris, dès 1905 (Psychologie du socialisme), que le socialisme n’était une opinion politique comme une autre, mais la traduction politique d’une maladie psychologique. Avec le progressisme, nous passons au stade supérieur de folie (1).

Je pense, comme Rochedy, que le seul moyen de lutter contre cette folie, c’est de ne pas vivre follement. C’est cohérent avec mon pronostic des taches de léopard : survivront des ilots de culture occidentale bien à l’écart de la folie des villes.

Vous pouvez me répliquer que c’est un paradoxe : pour décider de ne plus vivre follement, il faudrait déjà ne plus être fou. Mais je pense que notre vie est tellement éloignée de l’humanité que beaucoup de gens sont disponibles pour un retour à une vie plus humaine, je pense que c’est aussi ce que signifie la mode de l’écologie (même si celle-ci est également folle dans son expression).

*************
(1) : il y a une expérience rigolote qui prouve que les progressistes sont malades.

Si vous demandez à un conservateur déclaré de se mettre à la place d'un progressiste et de répondre à une série de questions comme répondrait un progressiste, il réalise un assez bon score en comparaison des vraies réponses des progressistes déclarés.

Si vous tentez l'expérience inverse avec un progressiste, le score est nettement plus mauvais. Le progressiste éprouve beaucoup de difficultés à donner de réponses conservatrices réalistes.

Cette incapacité à se mettre à la place de l'autre signe la socio-pathologie.




Anti-trumpisme : une mise au point


jeudi, août 08, 2019

Grande-Bretagne : le principe monarchique à l'épreuve.

Une monarchie bien conçue doit pouvoir survivre à la stupidité du monarque.

La France a passé l'épreuve pendant des siècles (tous nos rois n'étaient pas des lumières) mais a échoué à partir du XVIIIème siècle.

La Grande-Bretagne approche de cette épreuve : les princes Charles, William et Harry sont de parfaits crétins (consanguinité ?), tous plus cons les uns que les autres, politiquement corrects en diable, ce qui sape le principe de leur légitimité (la monarchie n'est pas politiquement correcte). Ils n'ont même pas la prudence de ne pas avoir d'opinion (même si partager les idées stupides de leur petit milieu de jet-setters n'est pas la preuve d'opinions bien solides).

Dans les années qui viennent, nous allons donc assister à cette ordalie.

Peter Hitchens a pronostiqué que William serait le dernier roi britannique, ce qui laisse encore quelques décennies.


mercredi, août 07, 2019

Le prix de l'instabilité gouvernementale

Beaucoup d'imbéciles mettent nos maux politiques actuels sur le dos du caractère personnel de la Vème république et souhaitent un régime d'assemblée, sans vouloir reconnaître, d'une part, que la constitution gaullienne a été patiemment dénaturée alors qu'elle représentait justement cet équilibre aujourd'hui perdu et appelé de leurs voeux par les amnésiques, et, d'autre part, que le régime d'assemblée a déjà été tenté en France, avec le succès que l'on sait, ou que l'on devrait savoir.

Je suis en train de lire The collapse of the third republic, de William Shirer (qui écrit par ailleurs quelques solides conneries). La tristesse et la stupeur d'un Américain  francophile devant notre instabilité gouvernementale nous rappellent à quel point ce régime était dommageable.

On dit souvent que la stabilité ministérielle (les gouvernements tombaient mais se reformaient, dans un jeu de chaises musicales, avec presque les mêmes ministres. Aristide Briand a été ministre 25 fois !) compensait l'instabilité gouvernementale. C'est vrai, mais très insuffisant. Rien ne remplace des gouvernements durables.

Comme ce régime parlementaire est une lubie de gauche, elle permet au moins de détecter les faux droitiers.

Pourtant, n'enlevons pas tout à la troisième république : si elle a commencé la guerre en 1914 dans des conditions désastreuses, elle a fini par la gagner ... au prix d'un million quatre cent mille morts.