samedi, avril 22, 2017

Européisme, Résistance et Collaboration : les 20 premières minutes sont un délice

Comme dit Charles Gave, mes ancêtres ne sont pas battus pendant 80 ans pour éviter l'Europe allemande pour que je l'accepte aujourd'hui.








Premier tour : mon souhait

Mon ordre pour le quatuor de tête :

1) Le Pen

2) Fillon

3) Mélenchon

4) Macron

Ce souhait n'est hélas pas une prédiction.

Folies immigratoires

Dalrymple, l'assassinat de l'Occident par la trahison bureaucratique :

Immigration Follies

Dalrymple se demande pourquoi les bureaucrates anglais de l'immigration privilégient, contre tout bon sens civique, les réfugiés musulmans par rapport aux réfugiés chrétiens et les immigrés peu qualifiés par rapport aux immigrés qualifiés.

La seule réponse qu'il finit après examen par tenir pour plausible, c'est qu'ils considèrent que, le nationalisme -au sens très étendu- étant mauvais, tout ce qui contribue à détruire leur pays est bon.

On connaît la racine de cette folie : la vanité moralisatrice (les vertus chrétiennes devenues folles) et l'intérêt des bureaucrates (tout particularisme qui donne à un pays sa chair est un obstacle au pouvoir bureaucratique, il convient donc de dissoudre les pays).

vendredi, avril 21, 2017

Les Français sont abandonnés à eux-mêmes

Attentats : après le syndrome de Stockholm, le syndrome de Paris

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Le syndrome de Stockholm … un grand classique de la psychologie collective : des otages partageant la vie de leurs geôliers développent une forme de sympathie pour leurs discours.

Avec la récurrence des attentats en France, nous avons droit à une sorte de version décalée de cet étrange phénomène qui pointe dans la presse de gauche. On n’est pas encore dans l’empathie mais on se croit malin en déjouant les arrière-pensées prêtées aux criminels. Il ne faut pas sur-réagir et combattre avec trop de force leurs auteurs et leurs instigateurs car ce serait tomber dans leur piège. Tel est le discours. Macron le ressasse ad nauseam.

L’angle mort logique et moral de cette pétition de principe est évident : si les assassins récidivent et récidivent encore, quand pourrons-nous faire autrement que de répliquer avec la férocité nécessaire ?

Puisqu’il s’agit de morale chrétienne mal interprétée, posons le problème autrement.

Si l’on te frappe sur la joue droite, tends la joue gauche, certes. Il ne s’agit en effet que d’atteinte à ton amour-propre. Mais si l’on te tue ou si l’on abat tes proches, alors la loi du talion retrouve son sens. Elle est la seule à pouvoir interrompre le cycle de la violence car la haine mortelle est incarnée dans celui qui a tué et qui recommencera s’il le peut. Jésus rappelait le talion pour ajouter « et » moi je te dis s’agissant des atteintes à l’orgueil. Il n’ajoutait pas « mais » moi je te dis quand il s’agit de mettre le criminel hors d’état de recommencer à tuer.

Le message de ces attentats est clair : une lutte à mort est engagée. Nous ne parviendrons à en éradiquer les causes qu’en relevant le gant. Nos ennemis sont prêts à perdre la vie. Ils sont animés d’une pulsion auto destructrice dont on ne peut les délivrer qu’en les supprimant. Cette conclusion simple n’est pas sommaire, elle est la traduction lucide d’un combat qui ne connaît que deux issues : la défaite ou la victoire.

Ce n’est pas Daech qui nous frappe. C’est l’islam intégriste, le fascisme coranique, le vrai néo-nazisme, instillés au plus profond de notre société et auxquels adhèrent en conscience des dizaines de milliers d’individus, fichés ou non fichés. Dans le meilleur des cas pour eux, ils doivent être expulsés au plus vite, peu importe le passeport qui les déclare d’une nationalité qu’ils méprisent.

Daech n’est qu’un précipité, un condensé de ce qui nous attend si nous ne réagissons pas et acceptons de finir d’ici quelques décennies comme les minorités religieuses d’Orient. Les Français ont oublié ce qu’était un ennemi mortel. L’actualité va se charger de le leur rappeler jusqu’à ce qu’ils comprennent.

Ces mots sont difficiles à écrire. Mais il faut bien que quelqu’un fasse le sale boulot intellectuel.
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Plus forts

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Cette résistance inattendue [de la population londonienne au Blitz] à une campagne massive de terreur a été étudiée, sur le moment même, par le Canadien John Mc Curdy qui a montré que cette expérience traumatisante avait en réalité des effets contradictoires. Elle détruisait des vies, en ravageait beaucoup d’autres parmi ceux qui avaient été touchés par la mort d’un proche ou par le spectacle de l’horreur. Mais elle avait aussi tendance à renforcer les autres, ceux qu’il appelait les « épargnés », qui développaient plutôt un sentiment d’invulnérabilité au fur et à mesure que la mort les évitait. L’étude de Mc Curdy est pleine de témoignages de peurs, d’abattements mais encore plus de solidarités, d’envies de vivre et même de joies. L’expérience a été très dure et tout le monde à a applaudi à la fin de la guerre, mais beaucoup, au moins parmi les « épargnés », ont rejoint les sentiments de soldats avec cette nostalgie de la force qu’ils avaient découvert en eux, de celle des rapports humains en situation difficile et du sentiment d’œuvrer ensemble pour un grand objectif. On ne sort pas forcément traumatisé d’une expérience collective traumatisante.

Mais si la population britannique a résisté dans son ensemble, c’est aussi parce qu’elle trouvait une réponse à ses attentes de la part de ses dirigeants. Elle voyait, physiquement avec les avions dans le ciel et les canons, que l’on ne se contentait pas de subir (la plus stressante des situations) mais que l’on combattait aussi fortement un ennemi qui subissait aussi de lourdes pertes, que l’on organisait la défense civile à laquelle elle participait souvent, que l'objectif était clair (la capitulation de l'Allemagne et la fin du régime nazi) et que l'on n'hésitait pas à exiger d'elle (« du sang, de la sueur et des larmes ») pour l'atteindre.

[…]

La mobilisation des esprits, si elle n’est que posture ou gesticulation et ne se concrétise pas visiblement aura tendance à créer du stress inutile. Rappelons-le, le stress modéré est un préalable très utile à l’action mais encore faut-il qu’il y ait de l’action. Si on ne veut pas agir vraiment, il est préférable de ne rien dire.
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Soyons clairs : les Français sont abandonnés par leurs dirigeants face au terrorisme islamique. Ils savent (au moins si l'on en croit les sondages) que les mesures fondamentales, disons stratégiques par opposition à tactiques, sont l'arrêt de la l'immigration musulmane et la reconquête des territoires perdus.

Or, pas un des candidats n'a placé ces thèmes au coeur de sa campagne, et c'est un euphémisme. Ni Marine Le Pen, ni François Fillon qui étaient les porteurs naturels de ce discours de combat.

D'où ce sentiment pesant de désespoir qu'on sent dans la société française : c'est comme si Churchill avait expliqué aux Anglais qu'il ne faisait pas donner la DCA pour ne pas provoquer encore plus la Luftwaffe.



jeudi, avril 20, 2017

UN PRÉSIDENT LÉGITIME LE 7 MAI ? C’EST TROP TARD

UN PRÉSIDENT LÉGITIME LE 7 MAI ? C’EST TROP TARD

Je suis entièrement d’accord avec cet article et c’est à noter puisque Régis de Castelnau, descendant direct du général, est un avocat qui se dit communiste.

Comme lui, je pense que la faute originelle est le « revote » du référendum due 2005 par le traité de Lisbonne, couvert par un certain François Fillon. Et que le président élu dans deux semaines sera illégitime.

Seul bémol : je crois qu’il se trompe lorsqu‘il écrit "tous ceux qui auront prêté la main à cet affaiblissement de la République devront un jour en rendre des comptes" : il n'y a pas de justice en politique. Très peu de responsables de la défaite de 1940 ont été jugés, encore moins condamnés, et beaucoup ont retrouvé par la suite de confortables places de maires, de députés, de sénateurs. Paul Reynaud s'est même offert l'indécence de s'opposer à De Gaulle par la suite.




Il faut que cela soit un Anglais qui nous le dise ...

Silence in Paris

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As every married person knows, silences can be pregnant with meaning, even if the meaning is not immediately clear. The silence in the French press about a recent startling event in Paris is surely pregnant with meaning. On Monday, April 3, an Orthodox Jewish woman, Sarah Halimi, a doctor aged 66, was thrown out of a window to her death by an African man aged 27. He was her neighbor in the flats where she lived. According to witnesses, whose testimony has yet to be confirmed, the man, who had been harassing her with insults for several days, shouted “Allahu akbar!” as he threw her.

[…]

But why the silence in the press ? The case was certainly dramatic enough to be worthy of a mention under the rubric of faits divers. I happened to learn of it only through a Parisian neighbor, a Jewish shopowner. The story had appeared in La Tribune juive, and probably caused a shudder among French Jews, all the greater because of the silence of the press about it.
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lundi, avril 17, 2017

La France, Marine et le Vel’ d’Hiv’: avant tout une question politique

La France, Marine et le Vel’ d’Hiv’: avant tout une question politique N’en déplaise à BHL…

Régis de CastelnauRégis de Castelnau est avocat.

Publié le 17 avril 2017 / Politique Mots-clés : BHL, Charles de Gaulle, Marine Le Pen, Vel d'Hiv, Vichy

Marine Le Pen a donc dit : « je pense que la France n’est pas responsable du Vel’ d’Hiv’… », ce qui a naturellement permis, en pleine campagne électorale, de lui tomber dessus à bras raccourcis, politique politicienne oblige. Fort normalement c’est à qui aura trouvé les mots les plus durs pour la vilipender. Négationniste, digne fille de son père, antisémite, de Christian Estrosi au gouvernement israélien, en passant par les sommets de niaiserie de Laurence Haïm, personne n’a fait dans la dentelle.

Vel d’Hiv : “Mes grands-parents ont été raflés” : la question personnelle de Gilles Bornstein à Marine Le Pen

Fort heureusement pour Marine Le Pen, le niveau lamentable du débat politique a trouvé à s’exprimer avec un nouvel épouvantail, Jean-Luc Mélenchon annoncé suffisamment haut dans les sondages pour faire peur aux bourgeois. Parmi toutes les âneries lues et entendues sur le sujet, l’une d’elles se détache, celle de BHL : «France et #Veldhiv: il n’y a PLUS de débat; les historiens ONT tranché; insulte, donc, aux victimes ET aux historiens; obscénité médiatique. »

Au-delà de la boursouflure habituelle dans le choix des termes, la partie intéressante est que l’histrion annonce que les historiens ont tranché et que par conséquent il n’y a plus de débat ! Le philosophe fait fort, mais ce n’est pas pour rien. À considérer ainsi qu’il existe une vérité historique ayant autorité de la chose jugée. N’importe quel étudiant en première année de licence d’histoire sait déjà que toute vérité historique est d’effet relatif. Et BHL sait depuis sa polémique d’il y a 40 ans avec Pierre Vidal-Naquet, que l’arbitre des débats historiques n’est plus l’opinion savante, mais l’opinion publique, c’est-à-dire, ceux qui la font, les médias. Au sein desquels il dispose de tous les verrous nécessaires. Et pourtant, on ne saurait trop lui conseiller la lecture de Quentin Skinner, penseur d’un autre calibre que lui, qui enfonce le clou dans le cercueil d’une « vérité historique » immuable : « le maximum que l’on puisse raisonnablement espérer dans les humanités, voire dans les sciences, est que ce que l’on dit apparaisse rationnellement acceptable à ceux qui se trouvent dans la meilleure position pour en juger. C’est assurément tout ce que j’entends affirmer, et il est préférable de rappeler que jusqu’à présent, le destin universel des explications historiques et même scientifiques fut d’être dépassées. C’est sur ce point que je souhaite m’arrêter : la factualité devrait être distinguée de la vérité. » (Quentin Skinner. La vérité et l’historien. 2012. Collection audiographie. EHESS)

On invoquera aussi le patronage de Marc Bloch disant« En vérité le proverbe chinois est sage qui énonce : les hommes ressemblent plus à leur temps qu’à leur pères ». Ajoutant que les faits historiques étaient par essence des faits psychologiques. (Marc Bloch, Apologie pour l’histoire, Armand Colin.) Alors si on le comprend, les usages du passé, prétendant le clarifier, ne seraient que politiques, et la mémoire le masque de l’idéologie ? Ce que nous confirme Michel Foucault selon lequel le passé nous réserverait toujours des surprises puisque qu’ « on montre aux gens non pas ce qu’ils ont été, mais ce qu’il faut qu’il se souvienne qu’ils ont été. » (Michel Foucault. Dits et écrits 1954 – 1988. Gallimard)

>> A lire aussi: Jérôme Leroy et Marine Le Pen victimes de l’hystérie électorale. Contre eux, les cons se déchaînent! Alors quel est donc le débat dont BHL prétend qu’il est clos parce que les historiens l’auraient tranché ? C’est tout simplement celui de savoir si le gouvernement de la France entre le 17 juin 1940 et le 25 août 1944 peut être considéré comme légitime et avoir agi au nom de la France, ou si au contraire c’était un gouvernement de rencontre, installé à cause de la défaite et par conséquent illégitime. C’est donc d’abord et avant tout une question politique. Depuis plus de 70 ans, deux vérités politiques s’affrontent, Charles de Gaulle suivi par Georges Pompidou et François Mitterrand a toujours considéré que « la France » qui est une entité indéfinie représentée par le gouvernement légitime d’un État nation territorial ne l’était pas par le gouvernement de Vichy. Les tenants de la collaboration et de la légitimité de « l’État français » de Pétain, dont ceux qui ont fondé le Front national, pensent et défendent la position contraire. Souillure à laquelle ce parti n’échappera jamais. On notera d’ailleurs avec amusement que, contrairement à ce qu’affirment les ignorants, Marine Le Pen soutient une position inverse à celle de son père depuis l’origine de sa carrière politique. Jacques Chirac, suivi par Nicolas Sarkozy puis François Hollande a adopté une position chantournée, qui, qu’on le veuille ou non abouti à identifier l’appareil d’État que Vichy avait récupéré, à « la France ». Ils ont été rejoints ces temps-ci par toutes une cohorte d’historiens amateurs ou de seconde zone, tout émoustillés de se sentir valeureux dans un combat antifasciste, à taper sur Marine Le Pen. Allant jusqu’à accepter qu’on titre leurs interventions: «Marine Le Pen se trompe, la culpabilité de la France est accablante».

Et l’on voit bien la dimension politique du propos, il est de nourrir la perception de « ce passé qui ne passe pas », comme celui d’une France de collabos, de délateurs, et qui doit expier. Je renvoie ici à la lecture de l’indispensable ouvrage de Pierre Laborie (Le chagrin et le venin, Bayard), qui décortique comment à partir des années 70 s’est construite une nouvelle vulgate sous prétexte d’abattre le mensonge gaulliste et de mettre les Français face à la réalité de ce qu’ils sont, comme dirait BHL, moisis et glauques. Il y avait urgence à se débarrasser de la fable de « l’honneur inventé d’une France résistante et héroïque, par le mensonge sublime du général De Gaulle offert en cadeau aux Français à la Libération. » Or c’est un prétexte, pour masquer l’objectif politique, de cette présentation aujourd’hui.

Il n’y avait pas de mensonge sublime, mais une vérité politique. Charles De Gaulle est parti à Londres parce qu’il avait compris que les puissances de l’axe perdraient la guerre et que la France malgré sa défaite de juin 40 devait être à la table des vainqueurs. Ce qui fut fait et reconnu par les alliés qui durent s’incliner devant cette réalité politique après le Débarquement en Normandie. Et ce n’est pas faute pour eux d’avoir essayé de faire autrement. L’Histoire a tranché.

« Le 17 juin 1940 disparaissait à Bordeaux le dernier Gouvernement régulier de la France. » Il y a aussi une vérité juridique, celle d’un pouvoir illégitime installé par un double coup d’État, celui du 17 juin 1940 à Bordeaux avec la nomination de Philippe Pétain comme président du Conseil et celui du 10 juillet 1940, dans la confusion et sous la pression des armes allemandes, avec le vote de l’abolition de la République à Vichy. Dans son discours du Caire en 1941, Charles De Gaulle a formidablement décrit en quatre phrases cette réalité historique : « Le 17 juin 1940 disparaissait à Bordeaux le dernier Gouvernement régulier de la France. L’équipe mixte du défaitisme et de la trahison s’emparait du pouvoir dans un pronunciamento de panique. Une clique de politiciens tarés, d’affairistes sans honneur, de fonctionnaires arrivistes et de mauvais généraux se ruait à l’usurpation en même temps qu’à la servitude. Un vieillard de quatre-vingt-quatre ans, triste enveloppe d’une gloire passée, était hissé sur le pavois de la défaite pour endosser la capitulation et tromper le peuple stupéfait. Le lendemain naissait la France Libre.» Très rapidement, De Gaulle demanda à René Cassin de rédiger l’analyse qui établissait l’illégitimité du gouvernement de Vichy et la légitimité de la France libre. Et celle-ci se dota alors des organes juridiques d’un État régulier, quoique de formes provisoires en attendant la reconquête du territoire de la métropole. À la Libération toute la production normative de Vichy fut déclarée nulle et de nul effet. Les dirigeants de « l’État français » furent jugés pour haute trahison, condamnés, et pour les plus coupables d’entre eux passés par les armes.

Ils avaient fait le choix de profiter de la défaite militaire pour instaurer une dictature antirépublicaine et ont cherché grâce à une complaisance de tous les instants à plaire l’occupant dans l’espoir d’une place de choix dans l’Europe allemande. Et c’est bien là, que l’on voit se profiler l’enjeu politique de ce débat et de l’affrontement de ces deux thèses antagonistes. Car l’effondrement de juin 40 n’est pas dû au hasard, ou au refus de la troupe de combattre. Il est dû à la trahison des élites, et au choix de la défaite par la bourgeoisie dès 1936. Comme le demandait Marc Bloch en 1944 peu de temps avant sa mort : « Le jour viendra […] et peut-être bientôt où il sera possible de faire la lumière sur les intrigues menées chez nous de 1933 à 1939 en faveur de l’Axe Rome-Berlin pour lui livrer la domination de l’Europe en détruisant de nos propres mains tout l’édifice de nos alliances et de nos amitiés. » L’ouverture des archives permet aux historiens qui n’ont pas peur d’affronter la doxa d’étudier cet avant-guerre et de donner raison à De Gaulle qui disait en 1963 : «Heureusement, le peuple a la tripe nationale. Le peuple est patriote. Les bourgeois ne le sont plus ; c’est une classe abâtardie. Ils ont poussé à la collaboration il y a vingt ans, à la CED il y a dix ans. »

La vérité des héritiers de VGE

La mise en place de la vulgate de la France-collabo date du début des années 70, avec notamment la promotion du film : Le chagrin et la pitié, juste après le départ de De Gaulle, congédié par la bourgeoisie grâce à l’engagement de Valéry Giscard d’Estaing. Cette même bourgeoisie aujourd’hui adossée à des élites « dirigées » raffole de l’UE, outil de la domination d’une l’Allemagne qui les fascine toujours autant. Cette haine de soi s’exprime dans ce refus du débat sur la thèse de la France « responsable du Vel’ d’Hiv’ », car c’est celle qui justifie l’allégeance. Et qui fait que des candidats à la présidence de la République se précipitent sans honte à Berlin pour leur entretien d’embauche au poste de chef de district du länder France.

Pour ma part, je considère que non, la « culpabilité de la France » n’est pas accablante. Un gouvernement de trahison qui avait la main sur une partie de l’appareil d’État s’est mis au service du nazisme. Les 7000 gendarmes mobilisés en ce jour de juillet 1942, pour cette immonde et déshonorante opération ne représentaient pas leur pays, ils n’étaient pas la France. Ceux qui l’étaient à ce moment-là, c’était les 3700 soldats qui le mois précédent avaient tenu pendant 15 jours à 1 contre 50 la position de Bir Hakeim dans le désert libyen.



dimanche, avril 16, 2017

Pâques, le seul événement de l'Histoire



Prions pour les chrétiens persécutés, par les musulmans, par le gouvernement chinois, ...

Si la France est responsable de la rafle du Vel d'Hiv ...

Si La France est responsable de la rafle du Vel d'Hiv, la gouvernement de Vichy était légitime, le maréchal Pétain est le sauveur de la patrie, le général De Gaulle est un factieux justement condamné à mort, les résistants sont des rebelles et Jean Moulin est un traitre. Et les Justes qui ont sauvé des juifs sont aussi des traitres. Il faut débaptiser les rues de France qui portent leurs noms.

Cette opinion, qu'on appellera lecture chiraquienne de l'histoire (ça prouve, s'il en était besoin, que Jacques Chirac n'a jamais été gaulliste) peut se soutenir (mes lecteurs savent que ce n'est pas la mienne), elle est partagée par l'ensemble de notre classe jacassante ou presque, mais encore faut-il l'assumer (ce que font certains de mes lecteurs, au contraire de la racaille médiatique critiquant Marine Le Pen).

Evidemment, la cohérence n'est pas le fort de ceux qui causent dans le poste puisque, à tort à travers, en avant et en arrière, à droite et à gauche, leur seule constance est qu'il faut que, toujours et sans exception, la France soit coupable. Et encore plus quand c'est Marine Le Pen qui la défend.




La révolution Trump est-elle déjà finie ?

Il semble que Trump soit rentré dans le rang du Système, trahissant sa campagne et ses électeurs : renoncement au mur payé par les Mexicains, recul sur l'Obamacare, bombardements en Syrie (pour lesquels il a reçu les félicitations de la Clinton !) et, plus que tout, renvoi de Bannon.

Le problème de Trump a toujours été son absence de relais à Washington.

Et l'enjeu était clair : les Etats-Unis sont-ils encore une démocratie ? Le peuple américain  peut-il encore imposer sa volonté au Système ?

Aujourd'hui, nous avons la réponse : non.

Seul espoir, infime : Trump est retors.

samedi, avril 15, 2017

Le présent perpétuel : l'étouffoir médiatique

J'écoute (je ne regarde pas) Zemmour et Naulleau, sur Paris Première.

Suite à des interrogations de Zemmour, Nathalie Arthaud parle de Trotsky en 1917 et François Asselineau de De Gaulle en 1966. C'est justifié et intéressant : la politique est l'art de lier passé, présent et avenir pour surmonter les conflits irréductibles.

Si on reste dans un éternel présent, on est d'accord avec tout le monde et on vote Macron.

Or, que font la présentatrice et Naulleau dans un bel ensemble  ? "Tout ça c'est loin, revenons au présent". Aussitôt, le débat baisse d'un cran en intérêt.

C'est un exemple, très démonstratif, de l'étouffoir médiatique des débats politiques. On coupe, on hache, on émince et les mêmes hypocrites verseront des larmes de crocodile sur la nullité de la campagne.

vendredi, avril 14, 2017

Les braises de Craonne

Les braises de Craonne

FRANÇOIS D'ORCIVAL
Une semaine avant le premier tour de la présidentielle, un mois avant de quitter l’Elysée, François Hollande aura accompli ce dimanche un ultime geste : commémorer le centenaire d’un désastre. Avant d’écouter comme un cantique, La Chanson de Craonne, l’hymne des déserteurs. Célébrer le sacrifice tout en honorant la désobéissance en temps de guerre… La braise des mémoires n’est pas éteinte. Fallait-il la ranimer ? Le Chemin des Dames, ce n’est pas Verdun, cette victoire de la ténacité française, c’est une affreuse défaite militaire et morale. Elle suit la révolution russe de février 1917, l’abdication du tsar, la désintégration de son armée ; elle fabrique les mutineries de deux régiments qui vont contaminer huit divisions, jusqu’à enflammer des ­humeurs de folie collective à l’Assemblée. Et c’est Pétain qu’on rappelle pour sauver de l’humiliation une armée de 2 millions d’hommes.
Est-ce bien cela que va célébrer le président de la République ? « Infime ou immense, l’humiliation est si douloureuse qu’on la juge pire que la douleur », écrit Michel Zink, le grand médiéviste, dans un beau texte sur l’humiliation dont il cherche les sources jusqu’au Moyen Age *. Dans le prologue de son propos, il cite le cas d’un ­déserteur de la Grande Guerre condamné à mort. « Le malheureux est une loque, il faut le traîner. Un général croise le sinistre cortège. Il s’arrête, fait venir le condamné et lui dit : le risque de voir l’armée se débander exige que les déserteurs soient exécutés. On vous envoie donc à la mort pour la défense du pays, comme on envoie à la mort les soldats qui sortent de la tranchée. Vous aussi, vous mourrez pour la France. » Alors, dit Michel Zink, le condamné affronta la mort « avec courage et dignité ». Que lui dirait-on aujourd’hui selon les ­canons de la pensée dominante ? « Mon cher, je vous gracie et je vous félicite » ? C’est cela que l’on fait en écoutant pieusement La Chanson de Craonne. Michel Zink conclut son anecdote en expliquant : « Dans le cadre des valeurs alors admises par tous [en 1914-1918], ce général avait fait pour ce malheureux le plus qu’il pouvait en effaçant l’infamie attachée à sa mort. »
C’est hélas ce dont on n’est plus capable, parce que l’honneur et le courage ne sont plus enseignés comme des vertus cardinales. Si l’armée sacrifiée au Chemin des Dames n’avait pas été finalement sauvée, au prix inhumain des « fusillés pour l’exemple », l’appel à Clemenceau, en novembre 1917, eût été vain.

Présidentielles : l'aventure ou la pourriture

J'hésite encore sur la question de savoir si les Français ont les politiciens qu'ils méritent. C'est une question fondamentale : si la réponse est négative, il suffit de remplacer les politiciens faillis, pas facile mais faisable. Si la réponse est positive, il n'y a plus guère d'espoir pour la France.

Or, depuis un mois, à cause des conversations de campagne électorale, je change peu à peu d'avis.

Tous sont d'accord pour se plaindre de la situation de notre pays, mais ensuite ?

Il y a d'abord la forte cohorte de ceux qui gobent ce que racontent les médias parce que, même en sentant qu'on leur bourre le mou, c'est trop fatiguant de penser par soi-même (pléonasme). Un interlocuteur me l'a avoué presque dans les termes que j'utilise. La paresse comme premier paramètre politique.

Ensuite, il y a ceux, beaucoup plus nombreux qui font une analyse lucide mais qui refusent d'en tirer les conclusions, par pusillanimité. "Voter Le Pen ? Voter Mélenchon ? M'abstenir ? Surtout pas !" Bin alors, ne te plains pas : en restreignant ton choix aux guignols Fillon et Macron, tu condamnes le pays à la politique dont tu réprouves les conséquences. Bossuet et compagnie : Dieu rit des prières qu'on lui fait pour écarter des maux dont on chérit les causes.

Jacques de Guillebon, dans Causeur, détourne une phrase de La Tour du Pin : les pays sans esprit d'aventure sont condamnés à mourir de froid. C'est la seule raison de voter Le Pen (ou Mélenchon) que je partage sans réserve : l'aventure. Le rivage des Syrtes à domicile : mieux vaut mourir d'un dernier sursaut que d'un coma.

Ou, comme disent les Tontons Flingueurs, quand ça change, ça change, faut pas se laisser démonter. Ou, plus adapté, une brute qui marche va plus loin qu'un intellectuel assis.


lundi, avril 10, 2017

Les paysans, les statistiques : les technos et la haine du peuple

Toute la politique française des quarante dernières années est résumée par la phrase de Brecht : « Le peuple vote mal ? Changeons de peuple ».

Le PCF, voyant que les ouvriers français avaient des rêves bourgeois, les a abandonnés  et s'est tourné vers ce prolétariat de substitution que sont les zimmigris.

Le capitalisme mondialisé détestant les paysans, (l'enracinement, c'est le mal), leurs complices technocrates les a transformés en esclaves prisonniers de leurs subventions et de leurs crédits agricoles.

Dans les deux cas, les technocrates ont été les zélés instruments de la destruction du peuple français.

Il y a donc complémentarité entre ces deux articles :


Isabelle Saporta:  « Comment peut-on avoir laissé tomber les paysans à ce point ? »

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Que vous inspire la campagne présidentielle ?

Nous sommes à la veille d'une élection cruciale pour la France. Il existe une angoisse abyssale de la part de nos concitoyens. Plutôt que de chercher à résoudre les causes de celle-ci, la seule réponse des politiques, c'est de culpabiliser les Français et notamment les agriculteurs en leur disant qu'ils ne sont pas assez productifs et peu compétitifs. En plus, il ne faudrait surtout pas qu'ils se trompent lorsqu'ils iront voter. C'est par exemple flagrant dans les territoires ruraux. Cela fait trente ans que les politiques les ont laissés tomber en fermant les uns après les autres les services publics. En donnant les clefs du commerce aux grandes surfaces sous couvert de la défense du pouvoir d'achat des ménages. Une politique suicidaire qui a tué le petit commerce, vidant les centres-bourgs. Mais qui a aussi éliminé les uns après les autres les agriculteurs, qui n'arrivent plus à vivre dignement de leur travail. Avec à la clef de nombreux emplois supprimés, remplacés par des postes précaires dans la grande distribution. Et quand ces mêmes agriculteurs veulent s'en sortir, l'administration leur met des bâtons dans les roues.

Avez-vous un exemple ?

Dans les Hautes-Pyrénées, où j'étais il y a deux semaines, des agriculteurs attachés aux produits du terroir, comme le porc noir de Bigorre, ont trouvé un accord avec la grande distribution sur un système de prix plus juste et rémunérateur. Ils se sont heurtés à l'administration, qui estime qu'il s'agit d'une entente illicite qui entrave le commerce.

[…]

Finalement, que faut-il faire pour sauver les agriculteurs ?

Il faut nouer un pacte historique entre la société et ses nourrisseurs, et arrêter de les brider. Le capital sympathie qu'ils ont avec la société est très fort. Comment peut-on avoir laissé tomber les paysans à ce point? Ce sont eux qui nous nourrissent. Après avoir abandonné ses ouvriers, la France va-t-elle faire la même chose pour ses paysans ? On sacrifie ce qu'il y a de mieux pour produire au moindre coût, mais, à ce jeu-là, on est toujours perdant.
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Contrairement à Isabelle Saporta, je ne m'interroge pas. Les raisons pour lesquelles « on » a laissé tomber les paysans à ce point sont parfaitement claires, comme je viens de m'en expliquer supra.


L'Élysée publie un manuel pratique des mensonges statistiques

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Quant aux chiffres, ils ont la réputation d'être la plaie du discours techno, sans chair et sans âme. Or ce poncif est le moindre grief qu'on puisse leur adresser. Les statistiques sont en réalité à la portée du premier venu et il n'y a pas d'instrument plus paresseux : cela évite l'effort d'intuition nécessaire pour comprendre et expliquer, quel que soit le sujet. Les chiffres font leur office de démonstration, croit-on, alors que personne n'est dupe de leur stérile abstraction.

Ce péché de l'esprit, car c'en est un, se constate à nouveau dans le bilan gorgé de nombres que publie actuellement la présidence de la République sur son site. Un quinquennat pour la France et les Français. Ces 76 pages illustrent la plupart des formes de mensonge que permettent les statistiques: approximation des termes, choix tendancieux des dates de référence, fausse corrélation, insignifiance des données.

[…]

Le tâcheron de l'Élysée, auteur de ce fatras pour son patron, n'a aucune idée de la nature des choses. Il est certes légitime d'établir des bilans pro domo, mais une telle absence d'objectivité est autodestructrice. «Tout ce qui est excessif est insignifiant», selon l'adage français. Pour parler comme pour chanter juste, il faut d'abord se mettre au bon diapason, celui des réalités.
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Euro et inertie antidémocratique

Il y a des gens, comme Charles Gave et Jean-Jacques Rosa, qui ont dit dès le début que l'Euro était un monstre idéologique et une aberration économique. D'autres font le même constat aujourd'hui. Par une honnêteté intellectuelle qui les honore, ils voient ce qu'ils voient.

Je me suis trompé en votant "oui" en 1992 et en 2005, je n'en suis pas fier. Mais, du moins, j'ai compris,

Les articles de ce type se multiplient :

Euro : pour un passage de la monnaie unique à la monnaie commune

Pourtant, rien ne change : l'Euro est toujours régi par les mêmes règles qu'au premier jour.

C'est que les eurocrates ont trouvé la recette miracle : pour que rien ne change, il suffit ... de ne rien changer !

L'inertie comme réponse à toutes les revendications et à toutes les interrogations. Et un peu de manipulation pour faire passer tout cela, comme on le voit dans la campagne électorale en cours. Cause toujours, je continue à forer droit.

C'est si simple que c'est brillant.

Cette stratégie fonctionne très bien parce qu'elle est en phase avec l'époque. Nous vivons à l'époque de l'inertie. Nous communiquons et nous nous déplaçons de plus en plus vite, mais nous prenons les décisions de plus en plus lentement. Le temps pour décider de la construction d'un aéroport ou d'une pissotière a quintuplé en cinquante ans.

Cela fait dix ans que les Français se sont fait mettre par le traité de Lisbonne inversant leur vote de 2005. A une autre époque, il y aurait déjà deux révolutions et un coup d'Etat. Là, rien.

La suite, qui me fait très peur, est connue : quand une caste fige un système, empêche les micro-ajustements, un macro-ajustement qui résout tout, sur le mode « maladie soignée, malade mort » tombe d'un coup : révolution, banqueroute, guerre, invasion, etc.


















dimanche, avril 09, 2017

Bientôt sur vos écrans, le suicide de la droite molle

Le suicide de la droite molle est la prochaine étape de la décomposition politique française.

Si nous avons un deuxième tour Macron-Le Pen, les élus de la droite molle appelleront à voter Macron tandis que leurs électeurs voteront Le Pen ou s'abstiendront. La droite molle sera devenue un parti d'élus sans électeurs, comme le centre de Bayrou.

Si Fillon est battu par Le Pen, explosion du parti.

Si Fillon gagne, le suicide sera plus lent mais tout aussi inéluctable (sauf si un autre pays fait éclater l'Euro, prenant la décision que la droite molle est incapable de prendre), car Fillon échouera, plus ou moins rapidement, mais il échouera : il ne veut pas rompre les liens qui nous entravent (Euro, UE, Schengen, OTAN).

Tout cela est d'une logique implacable, il y a une justice immanente : puisque la droite molle se soumet aux oukases de la gauche, autant voter directement pour la gauche, c'est ce qui fait le succès de Macron, ou pour la vraie droite, c'est ce qui fait le succès de Le Pen.

En mai 2017, les Français auront le président qu'ils méritent.

Non pas à cause de cette élection en particulier. On admet qu'il peut y avoir tromperie sur une élection. Les électeurs de Mitterrand en 1981 ou ceux de Sarkozy en 2007 ont de bonnes raisons de s'estimer floués.

Cependant, sur la durée, la tendance est nette. Cette élection est la huitième depuis Giscard d'Estaing, il y a unanimité pour considérer que chaque président est pire que le précédent. Mais, à chaque fois que les Français ont eu l'occasion de renverser la tendance, ils ne l'ont pas saisie.

 Il y a toutefois des Français qui ont plus de responsabilité que les autres dans ce désastre : les élites. Elles ont constamment cherché à fausser les élections. Le problème de fond est là : une partie des Français, la plus élevée, a divorcé de la France.

Notons, comme Zemmour, comme Camus, comme d'autres, que les traitres ont atteint leur but : si la campagne électorale en cours est atroce, c'est parce qu'il n'y a plus de peuple français, mais des communautés, plus ou moins françaises, de plus en plus segmentées, qui ont chacune leur candidat. Prochaine étape : le scénario Houellebecq.

samedi, avril 08, 2017

Céline les emmerde

Effacer Céline ? Une enquête tente de le résumer à son seul antisémitisme

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L’information est passée presque inaperçue : le 23 février 2016, la ministre de l’Éducation Najat Vallaud-Belkacem inaugurait à Villeurbanne, sur le territoire de sa future circonscription, un collège Louis-Ferdinand Céline, presque quatre-vingts ans après la tragique disparition de l’auteur. Elle saluait la mémoire du grand écrivain, mort dans un accident de la circulation, le 20 mai 1936 à Londres, quelques jours après la parution de son second et dernier roman, Mort à crédit.

Najat Vallaud-Belkacem célébrait dans son discours, en la personne de Louis-Ferdinand Céline, un écrivain qui, par son pacifisme intégral, son anticolonialisme virulent, sa dénonciation de la misère sociale et de l’enfance malheureuse, son sacerdoce de médecin des pauvres, demeurait une des grandes consciences littéraires de son temps à l’image d’un Victor Hugo ou d’un Émile Zola, dont la ministre rappelait que Céline avait prononcé l’éloge à Médan le 1er octobre 1933. Najat Vallaud-Belkacem citait d’ailleurs un extrait de cet hommage célinien qu’elle estimait capital : « L’œuvre de Zola ressemble pour nous, par certains côtés, à l’œuvre de Pasteur si solide, si vivante encore, en deux ou trois points essentiels. Chez ces deux hommes, transposés, nous retrouvons la même technique méticuleuse de création, le même souci de probité expérimentale et surtout le même formidable pouvoir de démonstration, chez Zola devenu épique. » La ministre concluait alors sur la chance qu’auraient les futurs élèves de ce nouveau collège Louis-Ferdinand Céline de s’émanciper grâce à l’école de la République sous le patronage de cette figure incontestée de l’humanisme, du progressisme et de l’antiracisme.


Les paragraphes qui précèdent sont évidemment une fiction, ou plus précisément une uchronie. Céline n’est pas mort écrasé par une voiture à Londres le 20 mai 1936 mais à Meudon le 1er juillet 1961 à l’âge de 67 ans. Il n’est pas simplement l’auteur de Voyage au bout de la nuit et de Mort à crédit mais aussi de huit autres romans et de quatre pamphlets dont trois sont ouvertement antisémites et toujours interdits de publication, notamment sous la pression de la veuve de Céline, Lucette Destouches qui, à l’heure où nous écrivons, est toujours vivante et a atteint l’âge de… 104 ans ! Il s’agit de Bagatelles pour un massacre (1937), L’École des cadavres (1938) et Les Beaux Draps (1941).
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Ah, comme Céline les emmerde !

Ca cause, ça bavasse, ça déblatère, ça écrivaillonnne. Est-ce que Céline il est-il un écrivain devenu antisémite ou est-ce que le Destouches il est-il un antisémite devenu écrivain ? Et patati et patata. Et que je t'en rajoute. Et que je te pétitionne. Et que je te pamphlète. Et que je te recherche les micro-chiures de mouches dans la correspondance du maudit. Comment un tel cador du plumier peut-il tourner bouffe-youpin ? Et est-ce qu'il faut le donner à lire aux petites filles entre deux visionnages de sodomie et de fist-fucking sur You Porn ? etc. Et que je te tartine sur son humanisme et que, gaspation, foutre-dieu, damnation, horreur, enfer, je ne comprends pas comment un si doux agneau peut être antisémite rabique (pas rabbinique, hein !).

Vous allez me dire, les bavasseurs, c'est fait pour bavasser, et on n'est pas obligé de les écouter. On a mieux à faire, un steak-frites ou une poularde demi-deuil.

C'est vrai quoi, le problème est simplissime :

1) Le prétendu humanisme de Céline consiste en un désespoir métaphysique qui méprise tous les hommes à égalité. Il n'y a donc aucune contradiction avec l'antisémitisme. De toute façon, les types qui aiment trop les animaux sont des zinzins. Céline est très moderne, c'est un homme sans Dieu, perdu dans sa haine de la vie et des hommes. Un anti-Saint-François d'Assise.

2) Où avez vous vu que le pisseur de prose, le chieur de romans, était un être à part ? S'interroge-t-on pour savoir si on peut être menuisier de génie et antisémite ou plombier-zingueur de talent et judéophobe ? L'oeuvre est séparable de son auteur. Céline est un salaud et on s'en fout, on s'en tamponne, on emmerde les pères-fouettards de la moraline à deux balles et on le lira quand même. Comme Brasillach, comme Bardèche, comme Karl Marx ...

Evidemment, c'est plus facile de faire le justicier de salon pour soixante-huitardes ménopausées et liftées en s'attaquant aux morts qu'aux vivants qui, les cons, pourraient se défendre. Courageux mais pas téméraires ...

Ces intellos, qu'est-ce qu'ils nous prennent le chou pour rien. Là où on se fait baiser, c'est qu'il y a beaucoup de ces parasites qui vivent de nos impôts. Rigolez pas. Il y a des cons qui écrivent des centaines de pages sur ce sujet qui tient en un billet, et encore, en tirant à la ligne.

Céline les emmerde car il dévoile leurs vilains petits secrets : l'intellectuel n'est pas un être supérieur et la modernité est une saloperie. Alors, on noie le poiscaille dans l'encrier bio-équitable et plein d'amour.


Premier tour 2017 : mes prédictions (2)

Pour rappel : mes prédictions de la semaine dernière.

A deux semaines du scrutin :

Le Pen 27 % en baisse parce que, bien qu'étant favorite au premier tour, elle ne parvient pas à imposer un thème de campagne. Le temps qui passe l'use.

Fillon : 15 % : décidément, il n'arrive pas à embrayer une dynamique victorieuse. Lui non plus, il n'arrive pas à imposer ses thèmes. Bien sûr, il a les medias contre lui, mais je finis par croire qu'au fond, il n'a pas grand'chose à dire aux Français (à une batterie d'ordinateurs, ça serait différent).

Macron : 17 % : les salauds qui ont intérêt à ce que rien ne bouge et les imbéciles qui se laissent prendre au miroir aux alouettes de ce gendre idéal pourraient bien faire sa victoire. J'attendais son écroulement, il ne vient pas. Peut-être va-t-il réussir, comme Hollande, à repousser l'écroulement, inéluctable, après le vote. Nous aurons alors droit à ce classique en formation : « Nous avons été trompés. Nous ne voulions pas cela ». Nous pourrons traiter cette excuse à deux balles avec le mépris qui convient.

Hamon : 7 %

Remontée des "petits" candidats, le vote protestataire sans engagement.

Plus que jamais, pour Macron et Fillon, la question est la dynamique. Je pense qu'on commencera à avoir une idée solide (je ne parle évidemment pas des fadaises de sondages dont on nous bourre le mou) des qualifiés au second tour le jeudi soir.

Pourquoi je préfère rester chez moi (B. Duteurtre)

J’aime beaucoup Benoît Duteurtre, il a de la finesse.

C’est une sorte de Zemmour qui aurait une sensibilité artistique.

Il prend les choses par le bout de la lorgnette et ouvre des perpectives avec ces petits faits vrais.

Musicologue, amateur d'opérettes, il déplore l’abandon par les scènes officielles et subventionnées du répertoire français antérieur à 1940 pour des auteurs étrangers prétendument à l’avant-garde. On sait ce que c’est : rien ne sombre plus vite dans le ridicule snob qu’une avant-garde.

Pour lui, c'est une manière inconsciente (ou peut-être consciente, d'ailleurs) de punir la France de la défaite de 1940 et de Vichy en oubliant ce qui a existé avant. Il rappelle que Maurice Chevalier était connu aux Etats-Unis et qu'on serait bien en peine de trouver l'équivalent aujourd'hui.

L'usage de l'anglais, langue qui ne sera bientôt plus parlée par aucun pays de l'UE (sauf l'Irlande), comme langue de travail de l'européisme, prouve que l'UE est un mensonge : pas une construction européenne mais un mécanisme de soumission aux Etats-Unis. C'est dans les colonies que la langue commune est une langue étrangère. Ces histoires de langues ne sont pas anecdotiques, souvenez vous du « Volapük intégré ».

Si l'UE était conforme à l'esprit européen, elle serait scandalisée d'utiliser une langue étrangère et ne rechignerait pas au coût, certes conséquent, de la multi-traduction. Ou alors, elle prendrait comme langue commune le latin, ça aurait de la classe.

Il y a aussi un article très bien vu sur la baisse de qualité du son à cause du numérique. Le son du portable et du CD ne vaut pas celui du téléphone analogique et du e vinyle. Duteurtre tire vers la critique du low-cost : le service auparavant considéré comme normal devient une option de luxe. Il en profite pour latter les cars Macron. Bref, le service moyen s'est dégradé. Il aurait pu ajouter tous les inconvénients de la liseuse électronique par rapport au bon vieux livre. Autrement dit, le « progrès » est plutôt, ces derniers temps, une dégradation.

Pour vous dire à quel point Duteurtre est un vicieux à rééduquer d'urgence, il faut vous avouer une chose horrible : c'est un fumeur.

Au fait, pourquoi préfère-t-il rester chez lui ? Parce que, dans notre monde d'autistes narcissiques, l'art de la conversation se perd, on entasse les monologues à plusieurs.

Allez, pour le plaisir : la table du livre.

Je suis Maxime Tandonnet avec une certaine fascination.

Je suis Maxime Tandonnet avec une certaine fascination, car il est symptomatique de ce qui ne va pas dans notre haute administration.

Ex-conseiller immigration de Nicolas Sarkozy, il écrit des articles dans le Figaro et tient un blog.

Il est arrogant : il ne tolère la contradiction qu'à la condition qu'elle ne le contredise pas vraiment ! Je connais au moins deux personnes (Curmudgeon et moi) qui se sont fait censurer pour des commentaires argumentés qui n'avaient pas l'heur de plaire à monsieur. Il m'arrive d'être soupe-au-lait, mais je connais assez Curmu pour savoir que ce n'est pas son cas.

Il se trompe sur tout. Non pas qu'il ait tort sur chaque point de détail, mais sa vision globale est fausse. Par exemple, il critique l'hyper-présidentialisation sans comprendre qu'au contraire, les Français sont en manque d'autorité et que le retour aux poisons et délices du régime des partis, qui, en tant que membre de la caste, le fait bander, ne donnera pas aux Français ce qu'ils attendent, c'est-à-dire un président responsable. Et ainsi du reste.

Il est lui-même responsable, voire coupable. C'est bien beau de trouver délirant que les Français veuillent voter Le Pen ou Mélenchon. Mais on a envie de lui dire : « Dis donc, mon coco, ce n'est pas toi qui faisais partie de l'équipe au pouvoir et qui as contribué à tromper les espoirs des Français, sur l'immigration par exemple, et leur a donné envie de voter pour n'importe qui d'autre que toi et les tiens et tous ceux qui leur ressemblent de près ou de loin ? Alors, avant de prendre les choses de haut, tu devrais te regarder dans le miroir ».

Il ne paraît pas pire qu'un autre, il a au moins le mérite de tenir un blog avec sincérité, et c'est en cela qu'il est intéressant, symptomatique ... et inquiétant. En le lisant, on se dit qu'on est gouverné par une belle bande d'autistes. Sauf que les vrais autistes ne sont pas condescendants.


mercredi, avril 05, 2017

La vie après la mort existe, cette campagne électorale le prouve

Macron, Fillon, débat présidentiel : Philippe Muray avait tout vu


Je ne résiste pas au plaisir de la citation intégrale (au risque de nombreuses années de prison au nom du droit d'auteur) :

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On ne risque pas de le voir sur BFMTV, moins encore de lire ses tweets. Il est pourtant l'analyste indispensable de cette campagne présidentielle. Philippe Muray nous a quittés il y a onze ans et certains jours il nous semble qu'il est là pour tenir le stylo. Se plonger dans ses chroniques, c'est retrouver à chaque ligne l'actualité que l'on voulait fuir et on imagine aisément l'inventeur des Mutins de Panurge écrire devant un meeting d'Emmanuel Macron: « Un bataillon de “helpers” et de “coworkers” distribue des pancartes “Bougeons les lignes” à chacune et chacun des participants. Ils les brandissent quand passe le prophète de bonheur. Les lignes bougent avec lui, son projet est un cri. Le sky est blue. La France frileuse, enfin, pense Printemps. » Ouvrons ses Exorcismes spirituels et suivons ce précieux guide dans le brouillard de cette campagne. Qui est système, antisystème ? « Le nouveau rebelle est très facile à identifier: c'est celui qui dit oui (…) c'est un héros positif et lisse. » Sa révolte? «C'est le langage de l'entreprise qui se veut moderne.»

Mais pourquoi ce jeune rebelle sourit-il sans cesse ? «C'est un sourire près de chez vous, un sourire qui n'hésite pas à descendre dans la rue et à se mêler aux gens», poursuit Muray : « C'est un sourire qui descend du socialisme à la façon dont l'homme descend du cœlacanthe, mais qui monte aussi dans une spirale de mystère vers un état inconnu de l'avenir où il nous attend pour nous consoler de ne plus ressembler à rien. »

Muray ne nous renseigne pas seulement sur Macron, il nous éclaire aussi sur la violence médiatique du « Penelopegate ». Le choc entre l'atmosphère chabrolienne de la vie de François Fillon et la morale scandinave qui s'installe dans notre pays rejoint toute sa réflexion sur la disparition du romanesque. Le roman, expliquait-il, est rendu impossible par l'installation de « l'empire du Bien » qui trie le bon grain de l'ivraie et dissipe le clair-obscur par un éclairage sans ombre. Pas de Balzac, sans secret (« Nos études sont des égouts qu'on ne peut curer », dit le notaire Derville dans Le Colonel Chabert ), sans arrangements discrets, sans persienne.

Dans Purification éthique, il y a vingt cinq ans, Muray écrivait: « Par le dévoilement des turpitudes de la vieille société (en l'occurrence de “la classe politique”) -, l'homme de l'époque actuelle se découvre encore plus propre qu'il ne croyait, encore plus beau, plus sain, plus réconcilié, plus colorisé, plus innocent et plus moral (…). La télé est pure, nous sommes purs. Vous êtes formidables. Quelques salauds, pour le contraste, défilent sur l'écran. C'est la grande purge. »

Mais c'est surtout cette incroyable profusion de débats qui réalise sa prophétie. Ces débats où les intervenants débattent de la question de savoir si le deuxième débat était à la hauteur du premier et s'il est nécessaire d'en organiser un troisième. « Le débat est devenu une manie solitaire qu'on pratique à dix », écrivait-il dans un célèbre texte intitulé « Il ne faudrait jamais débattre ». Il dénonçait un univers où l'on proclame le dialogue et la controverse mais où l'insulte - Christine Angot face à François Fillon -, la dérision - le passage obligé des candidats devant comiques et imitateurs - l'emportent sur la réflexion. Des pratiques démocratiques, équitables et qui pourtant évacuent les inquiétudes qui nous hantent. Le système éducatif qui « dénature complètement les idéaux de l'école républicaine et qui ne transmet plus rien de la France » (Augustin d'Humières*) ? 

Vous avez une minute trente. Les perturbateurs endocriniens et le terrorisme islamiste, la construction européenne et le statut des attachés parlementaires… Allez ! On enchaîne: sans transition et sans hiérarchie. On se contentera du coup d'éclat de Philippe Poutou ou d'un trait de Jean-Luc Mélenchon. On se demandera si cette « punchline » aura de l'influence sur les prochains sondages dont on remettra en cause, lors d'un débat, la fiabilité.

Et l'école, la culture, l'intégration, les villes moyennes qui s'éteignent une à une ? Rien ou si peu. Le réel est toujours reporté à une date ultérieure. Muray encore une fois: « On convoque les grands problèmes et on les dissout au fur et à mesure qu'on les mouline dans la machine de la communication. Et plus il y a de débat, moins il y a de réel. Il ne reste, à la fin, que le mirage d'un champ de bataille où s'étale l'illusion bavarde et perpétuelle que l'on pourrait déchiffrer le monde en le débattant ; ou, du moins, qu'on le pourra peut-être au prochain débat. »

*Un petit fonctionnaire (Grasset).
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Allons plus loin que Vincent Trémolet de Villiers.

Certes, Philippe Muray avait tout vu. Mais, en réalité, c'est lui qui organise toute cette campagne depuis là-haut, et il doit bien rigoler.

Donc cette campagne électorale 2017, par ailleurs désastreuse, a eu moins une utilité : elle prouve qu'il y a une vie après la mort. C'est déjà pas mal.

mardi, avril 04, 2017

Le charme de Macron et la grande pitié des politiciens

Macron, le séducteur fantôme. L’homme-tout-et-rien

Je comprends qu'on puisse trouver du charme à Emmanuel Macron.

C'est souvent le cas de certains types à la sexualité ambigüe (on n'est pas obligé de croire la mise en scène de son hétérosexualité avec une femme qui pourrait être sa mère). Marlon Brando avait ce genre de charme quasiment irrésistible qui a lui permis de collectionner les coups d'un soir (ce n'était pas un sentimental) tant avec des hommes qu'avec des femmes par centaines. Bien sûr, il n'y a qu'une certaine humanité qui s'y laisse prendre.

Le problème, c'est que personne n'a jamais envisagé Brando comme président de la république.

C'est ce hiatus de la forme sans fond qui fait à la fois la popularité de Macron et sa grande fragilité. Je n'ai aucun doute qu'un jour, une majorité écrasante de Français seront convaincus que ce type est creux, comme aujourd'hui ils le sont pour Hollande. La seule question est : ce jour arrivera-t-il avant ou après le 23 avril 2017 ?

La première video a été retirée de Youtube à la demande de LCI suite à une plainte de Macron, mais comme internet ne perd jamais rien, elle a resurgi (bien sûr, à faire tourner sans modération) :







Meeting Macron Marseille : Fuite massive du... par LMDB5


Mais Dalrymple fait un article sur le cercle vicieux politique. Plus les politiciens sont nuls, plus les hommes de bien fuient la politique, plus etc. Et, en plus, les politiciens ont une vie difficile par certains cotés.

Pity the Poor Politicians







lundi, avril 03, 2017

4 des 10 premières fortunes de France soutiennent Macron, c’est beau le progrès ploutocratique !

Dans l’ordre : Bernard Arnault (n° 1), François Pinault (n° 4), Patrick Drahi (n° 5), Xavier Niel (n° 9). Serge Dassault (n° 3) ne se prononce pas mais dit le plus grand bien d’Yves Le Drian qui soutient Emmanuel Macron. On peut y ajouter Pierre Bergé propriétaire de presse.

Comment dit-on ? Ah oui, ploutocratie : la ploutocratie (du grec ploutos : richesse et kratos : pouvoir) consiste en un système de gouvernement où la richesse constitue la base principale du pouvoir politique.

Pourquoi cette intervention explicite des ploutocrates dans le processus électoral, ils sont d'habitude plus discrets ?

Pour une raison fort simple : tous ces gens ont besoin que le capitalisme de connivence continue (attribution des fréquences de téléphone, facilités pour les fusions-acquisitions, circuits mondialisés, contrats d’armements, subventions à la presse, arrangements fiscaux, …). Ce mouvement démarre avec le « tournant de la rigueur » en 1983. Il est intimement lié à l’européisme.

Le problème pour les ploutocrates est que l’inverse est vrai. Toute régression de l’européisme et tout retour du protectionnisme mettent à mal leur construction pour pomper les peuples occidentaux. Je ne vous fais pas un dessin : Trump, Brexit, ça chauffe pour eux. Panique à bord. Adieu discrétion. Il y a donc une alliance assez voyante, profitable pour les deux parties, entre les politiciens européistes (« l’européisme est la dernière conviction des politiciens qui ne croient plus à rien ») à la Hollande et les ploutocrates.

Le scénario idéal pour ces gens est évidemment de gagner cinq ans en poussant au pouvoir leur marionnette Macron, jeune et immature, manipulable à souhait (plus que le pourtant pas très farouche Fillon).

Pourquoi cette manœuvre cousue de fil blanc ne rencontre-t-elle que peu d’opposition ?

1) Marine Le Pen espérant affronter Macron au second tour, elle n’a pas intérêt à sortir l’artillerie tout de suite. Elle ne veut pas mouiller sa poudre.

2) La droite molle trempant dans ce système (voire espérant le prolonger à son profit), elle est peu crédible pour le dénoncer. Au besoin, quelques dossiers envoyés au Canard Enchainé calmeraient le jeu. D’ailleurs ça n’est même pas nécessaire, l’auto-censure suffit.

3) Les journalistes sont en-dessous de tout.

Bref, comme d’habitude, le peuple français est seul, abandonné par sa classe dirigeante.

Cependant, les ploutocrates ont trois ennemis. Je ne suis pas sûr qu’ils parviennent à les vaincre : l’usure (ça fait maintenant 35 ans que la politique les favorise, j’ai cru comprendre que les peuples n’en étaient pas entièrement satisfaits), la mode (qui est au changement, conséquence de l’usure), la défiance (les peuples obéissent de moins en moins aux prescriptions de ceux qui parlent dans le poste).

Bien sûr, les ploutocrates comptent sur l’apathie : peu importe que les gens soient désespérés si cela les incite à s’abstenir, l’abstention joue pour la continuation de leur système. Mais les sondeurs voient apparaître les « plus rien à foutre » : les gens prêts à voter aux extrêmes en se foutant de conséquences immédiates.

Qui sème le vent récolte la tempête. Depuis le référendum de 2005, la politique française devrait être à la re-nationalisation. Par divers artifices, la ploutocratie alliée à la technocratie européiste a empêché cette expression démocratique, en arguant plus ou moins ouvertement que le peuple était con de vouloir ce qu’il voulait et qu’on allait continuer à faire comme avant. Si ça lui pète à la gueule, qui la plaindra ?

Là où ça devient marrant, c’est que les riches se sortent toujours des changements de politique, alors qu’ils ne se sortent pas toujours des révolutions. Pour éviter un changement de politique, ils prennent le risque d’une révolution, ça n’est pas très rationnel de leur part. Il est vrai que la culture historique ne doit pas faire partie des choses qui alourdissent un Arnault ou un Drahi.

Mais, bon, s’il y a deux ou trois ploutocrates pendus au réverbère, je n’irai pas les pleurer.

De saines lectures :

Macron, Estrosi, Unedic: les élites françaises au bord de la crise de nerf

Le vrai scandale Macron : l’argent sale des inspecteurs des finances, par Sébastien Laye

François-Xavier Bellamy: « Le discours inquiétant de Macron à Marseille »


dimanche, avril 02, 2017

Fillon, le "cabale-héros"

Petit billet juste pour clarifier un point que certains semblent avoir du mal à comprendre :

1) Oui, il y a bien une cabale contre François Fillon. La preuve en est publique et visible de tous : le timing des révélations et des poursuites. Rappelons que nous parlons d'affaires qui remontent à plusieurs années.

Il n'y a même pas besoin de complot en bonne et due forme : la justice et la presse étant outrageusement partisanes, l'impulsion initiale suffit à lancer la machine. La presse et la justice pourraient être discréditées de se laisser ainsi instrumentaliser pour saper la sincérité d'une élection, mais, heureusement, cela fait bien longtemps qu'elles ont perdu tout crédit.

Il n'empêche que, et ce n'est pas contradictoire :

2) Fillon a été mauvais comme un cochon :

a) En se rendant vulnérable par cupidité. Ce n'est pas parce que beaucoup le font que c'est bien.

b) En ne déminant pas. Stéfanini a reconnu une grosse faute. Pourtant, un tweet de Rachida Dati il y a quelques mois aurait du leur mettre la puce à l'oreille (c'est ce tweet qui a servi ensuite à détourner de l'Elysée les soupçons des crétins).

c) En réagissant mollement et avec un grand retard. Le manque de préparation et de combativité était patent. Sur ce sujet, Marine Le Pen lui a donné une leçon.

d) En faisant de sa prétendue probité (Mongénéral mis en examen ...) un argument contre Sarkozy.

Il n'y a pas de contradiction entre 1 et 2 mais, hélas pour Fillon, complémentarité.

Premier tour 2017 : mes prédictions

Puisque nous sommes à trois semaines du premier tour, voici mes prédictions (que j'essaie de distinguer de ce que je souhaite) :

Le Pen   30 %

Fillon 20 % C'est la grosse inconnue, Fillon peut autant faire 20 que 10. Mon pari est risqué : pour qu'il atteigne 20 %, il faudrait que Fillon soit bon et ce qu'il nous a montré jusqu'à maintenant ... Il manque à Fillon l'instinct électoral d'un Chirac ou d'un Sarkozy.

Macron 15 % Je ne crois pas à Macron. Il a toutes les caractéristiques de la bulle médiatico-sondagière et on sait ce que deviennent ces bulles en ce moment. Certes, il a un socle électoral constitué par les bobos, crétins (qui ne voient pas que c'est un Hollande-bis) ou malhonnêtes (qui font semblant de ne pas voir que c'est un Hollande-bis ou qui sont contents de Hollande), mais je doute que cela suffise.

Mélenchon 15 %.

Hamon 10 %.



samedi, avril 01, 2017

Je n'arrive pas à détester Stendhal

Je n'arrive pas à détester Stendhal.

C'est assez étrange car Henri Beyle a tout pour me déplaire : nombriliste, vain, précieux, pour ne pas dire maniéré, snob, sentencieux, poseur, souvent ridicule, aux idées politiques et religieuses stupides (je vais être voué à l'enfer par les beylistes), petit bureaucrate, il n'a guère de qualités qui le rachètent à mes yeux.

Son oeuvre ? Ses romans sont inachevés, fourmillent d'invraisemblances et ne sont pas toujours très bien construits.

Alors ?

D'abord, il y a le style, le goût du mot juste, de la phrase parfaite.

Le 15 mai 1796, le général Bonaparte fit son entrée dans Milan à la tête de cette jeune armée qui venait de passer le pont de Lodi, et d'apprendre au monde qu'après tant de siècles, César et Alexandre avaient un successeur.

Remplacer successeur par héritier jure . Ou inversez César et Alexandre, ce qui correspond à la chronologie, et la phrase dissone.

Julien Gracq est aussi un styliste (lui qui se courrouçait qu'on pût contester l'existence de Jésus alors qu'il y a dans les Evangiles un style Jésus que, selon Gracq, seuls les grossiers sont incapables de reconnaître) et c'est, ma foi, bien agréable.

Mais, il y a chez Stendhal, des traits sociaux inégalés :

Il fut bien étonné quand Coffe lui dit :

« Vous les avez mécontentés, ils vous trouveront de la hauteur.

— De la hauteur ? dit Leuwen étonné.

— Sans doute. Vous avez eu des idées, ils ne vous ont pas compris. Vous avez eu cent fois trop d’esprit pour ces animaux-là. Vous tendez vos filets trop haut. Attendez-vous à des figures étranges à déjeuner. Vous allez voir mesdemoiselles de Riquebourg. »


Stendhal n'est pas mon auteur préféré, mais il y a une connivence entre les amis de Montaigne, de Stendhal et de Saint-Exupéry, qui sont des auteurs manquant de profondeur mais ni d'agrément, ni d'intelligence. On retrouve dans cette confrérie Jean Prévost et Simon Leys (quoique j'ignore son opinion de Saint Exupéry).