lundi, juillet 16, 2018

Grand entretien de juillet de PY Rougeyron

PY Rougeyron est un branleur mais je l'aime bien quand même. Ses analyses sont globalement bonnes.














Macron est-il si clairvoyant ?

C'est un plaisir un peu vain que je me fais. Ci-dessous un article (gratuit) de Roland Hureaux dans Causeur, dont je souligne les passages les plus importants.

Mes fidèles lecteurs qui savent dans quel mépris je tiens le guignol qui nous sert de président ne serons pas surpris.

Macron est-il si clairvoyant ?

Il est à côté de la plaque et il ne s'en rend pas compte

par Roland Hureaux- 16 juillet 2018

Vanté pour son intelligence politique, le président Macron est-il conscient de la situation de la France ? De nombreux signes laissent penser, au contraire, qu’il ne s’en rend pas compte.

Depuis qu’il a été élu président de la France, il virevolte avec ce qui semble du brio. Ses discours, comme celui qu’il a récemment prononcé devant le Congrès réuni à Versailles, ont du style.

Beaucoup de Français pensent que notre pays est mieux représenté par lui.

Il a, à un degré caricatural, l’assurance bien connue des hauts fonctionnaires français – qui, sur la scène internationale, ne plait pas à tout le monde et ne signifie pas non plus qu’il ait des idées. 

L’OPA magistrale qu’il a réalisée sur la France au printemps 2017 était assurément le signe d’une certaine intelligence. En ce temps de confusion de toutes les valeurs, avoir contourné les règles républicaines fondamentales qui tiennent chez nous les juges éloignés des processus électoraux passe non pour une faute mais pour un exploit : bravo l’artiste, dit-on ! La subversion du clivage gauche-droite qu’il a opérée n’est pas nouvelle mais jamais elle n’avait été poussée aussi loin.

Un président psychorigide ?

Macron fait preuve d’une incontestable habileté politicienne. Il est vrai que la bêtise d’une certaine droite, contaminée par les logiques techniciennes, lui facilite la tâche : en lançant des réformes qui plaisent à celle-ci comme celle du code du travail ou de la SNCF ou encore la sélection à l’entrée des universités, il conduit une partie de l’opposition républicaine à l’approuver et, dès lors, les Français à se demander à quoi elle sert.

Il reste que l’intelligence, la vraie intelligence politique, ce n’est pas de savoir vibrionner au jour le jour ou de gérer sa « com », c’est la capacité à s’adapter au monde tel qu’il est.

Ses nombreux faux-pas diplomatiques, tant à l’égard des Etats-Unis que de l’Italie ou des pays du groupe de Višegrad, tout comme le conformisme de ses réformes, amènent à douter que le nouveau président soit vraiment aussi clairvoyant qu’on le dit et qu’il le croit.

Or sur ce plan, Macron donne, il faut bien le dire, des signes inquiétants de psychorigidité. D’abord, sur l’Europe. Discours après discours, il présente un plan de relance de l’Europe supranationale, d’un idéalisme exalté, sans paraître voir que cela n’intéresse plus personne : ni aucun de nos partenaires, ni personne en France. Le président en est resté sinon à Jean Monnet, du moins aux années 2000, au temps des grands débats sur la Constitution européenne et il n’a sûrement jamais compris pourquoi le non l’avait emporté en 2005. Depuis, il y a eu le Brexit qu’il n’a pas avalé non plus ; et il y a l’opposition forcenée du groupe de Višegrad à tout approfondissement : loin de tendre la main à ces vieux pays, amis historiques de la France, il les insulte et se les met à dos. La classe politique allemande, paralysée, s’arc-boute pour empêcher la montée de l’AFD, parti eurocritique. Les Italiens viennent de montrer qu’ils ne veulent pas de l’Europe de Bruxelles : Macron les rappelle à l’ordre avec arrogance, ignorant visiblement combien les Italiens détestent les leçons de morale venues de France – surtout après avoir été contraints d’accueillir seuls près de 800 000 réfugiés. Irrité de voir que les choses ne vont pas comme il le souhaiterait, il ressort la vieille rengaine que l’Europe n’aurait pas dû être élargie, et va même jusqu’à qualifier de « lèpre » le « populisme » de ceux qui résistent au projet européen. Demain des « vipères lubriques » ? On le dit ouvert mais il refuse le pluralisme, moderne, mais il refuse l’histoire.

Macron, le dernier des européistes

L’évolution de l’opinion publique n’est pas le seul signe de l’usure du projet européen : pour maintenir l’euro à flot, la Banque centrale européenne (BCE) poursuit sa fuite en avant inflationniste (c’est le sens du quantitative easing) : jusqu’où ? Le vaisseau Europe fait eau de toute part ; Macron seul ne semble pas s’en apercevoir : est-ce le fait d’un homme éclairé ? Dans la défunte Union soviétique nul doute que Macron aurait été plutôt du côté de Brejnev (ou de Souslov !) que de Gorbatchev.

Le projet européen de Macron pourrait intéresser l’Allemagne sous un seul angle : la récupération de notre industrie de défense. Après le démantèlement d’Alstom dont il porte largement la responsabilité et au motif de faire l’Europe de la défense, le GIAT (le char Leclerc), la DCN (le Charles de Gaulle) sont en train de passer subrepticement sous pavillon allemand. Aveuglement ou volonté délibérée de laminer la singularité française ? Beaucoup se le demandent. Même oubli de l’intérêt national au bénéfice de l’idéologie dans les rapports avec la Russie : si le front ukrainien semble un peu calmé – grâce à Trump plus qu’à Macron -, les sanctions à l’encontre de la Russie que Fillon voulait lever ne sont pas près de l’être et lèsent toujours autant les intérêts de la France. Si les Russes avaient apprécié l’invitation surprise du nouveau président à célébrer la visite du tsar Pierre le Grand à Versailles, par-delà les ronds de jambe, rien n’a changé quant au fond dans la relation franco-russe : les Russes s’en sont certainement aperçus.

Macron le continuateur

Les changements à la tête d’un Etat ont toujours servi à corriger la ligne politique d’un pays quand elle était mal engagée, sans que le nouveau président ait à se désavouer. Or elle l’avait été rarement aussi mal qu’en Syrie sous Sarkozy et Hollande : la rupture totale des relations diplomatiques, le soutien constant aux milices djihadistes, les mêmes qui se félicitaient bruyamment des attentats en France (quand elles ne les avaient pas organisés), la diabolisation hystérique et – infantile quand on sait comment se manipule aujourd’hui l’opinion internationale – du gouvernement syrien, tout en constituant une trahison des chrétiens d’Orient, nous ont aliéné inutilement un pays, ancien mandat français, qui avait été au cours des deux dernières décennies un partenaire précieux. Or Bachar a aujourd’hui pratiquement gagné la guerre, les augures du Quai d’Orsay (la « secte » néoconservatrice) qui prédisaient en 2011 sa chute en huit jours en sont pour leurs frais. Visiblement, Macron reste sur la même ligne que ses prédécesseurs ; au lieu de s’adapter à la nouvelle donne, il laisse son ministre des Affaires étrangères, le médiocre Le Drian, accuser Assad de massacrer son peuple. Des forces spéciales françaises, armées d’hélicoptères, sont présentes dans le nord de la Syrie, on se demande pour y faire quoi : même Sarkozy et Hollande n’étaient pas allés jusque-là. Alors que Trump retire ses forces du pays, Macron y augmente les siennes ; prétendant de manière ridicule avoir convaincu Trump de rester, il s’attire un démenti cinglant. Tout aurait pu changer sur ce front et rien ne change. Loin de déplacer les lignes, comme Trump a su le faire à sa manière avec la Corée du Nord, Macron reste sur le même rail.

Dans les affaires intérieures, beaucoup louent le dynamisme du nouveau président, ses multiples efforts pour faire « bouger la France ». Il donne le vertige par la multiplication des projets de réforme. Mais quelles réformes ? La vérité est que loin d’être originaux, les projets de Macron étaient tous dans les cartons des ministères et ne sont que le prolongement des réformes effectuées au cours des quinze ou vingt dernières années, lesquelles ont si bien réussi à la France comme on sait !

Au titre de la réforme de la fonction publique, il annonce la rémunération au mérite des fonctionnaires ; sait-il qu’elle a été instaurée dès 2001 par une loi bien connue appelée « Lolf », mise en œuvre par Sarkozy et dont on connait déjà les effets pervers ? Faute de critères de rendement fiables, la porte a été ouverte à l’arbitraire, parfois à la promotion canapé, l’ambiance s’en est trouvée détériorée et le zèle découragé. Les deux piliers de l’Etat que sont le ministère des Finances et la représentation locale de l’Etat ont été gravement désorganisées. Macron veut aller encore plus loin…

Les Ordonnances travail, auxquelles certains trouvent cependant quelques aspects positifs, sont-elles autre chose qu’une mise aux normes européenne ? Comme l’est l’adhésion au Ceta, laquelle intervient au moment où un Jacques de la Rosière, ancien patron du FMI, remet en cause une partie des dogmes libre-échangistes.

Le spectacle permanent

La réforme de la SNCF est la transposition mécanique d’un règlement de Bruxelles. Déjà affaiblie par la séparation, économiquement absurde mais imposée par le dogmatisme de la commission, des réseaux et de l’exploitation, la SNCF le sera plus encore.

En décembre dernier, le gouvernement s’est réuni au grand complet à Cahors pour marquer son intérêt pour la « France périphérique ». Il n’en est pas sorti une seule idée. Est annoncée, au contraire, la fermeture de milliers d’écoles rurales pour renforcer les ZEP et sans doute celle de nombreuses petites lignes de chemin de fer. L’abaissement de la limitation de vitesse à 80 km à l’heure, va d’abord toucher ces zones.

La réforme annoncée du bac est dans les cartons du ministère depuis des années. Elle s’inscrit dans la progressive déconstruction du système éducatif : course à la facilité, dilution de la notion de discipline scientifique, notes de gueule. Il est vrai que, par exception, l’enseignement primaire semble géré par le ministre Blanquer plus intelligemment que par ses prédécesseurs : il faudrait voir dans ce retour au bon sens l’influence de Brigitte Macron. Dommage qu’on ne la voie pas ailleurs !

De cette réformite sans imagination, deux lectures. Celle de l’oligarchie économique, médiatique, technocratique, des think tanks libéraux qui tous font chorus : la France a besoin d’être réformée ; tout le monde sait quelles réformes il faut faire. Si on ne les a pas encore faites, c’est que les gouvernements successifs ont manqué de « courage ».

L’autre lecture se réfère à Guy Debord : la société du spectacle (disons de communication) dans laquelle nous sommes entrés a besoin de s’étourdir de réformes, lesquelles, au point où nous en sommes, ne sauraient faire aller les choses que de mal en pis : « La société du spectacle dans sa phase avancée (…) n’est plus pour l’essentiel réformable. Mais le changement est sa nature même, pour transmuter en pire chaque chose particulière ». Dans cette optique, la réforme est d’abord un produit de communication (de « spectacle »).

Macron ne comprend pas la France

Les réformes de type technocratique ne font que suivre les logiques de celles qui les ont précédées et qui sont précisément les causes des problèmes. Avec Macron, nous les voyons à l’œuvre de manière caricaturale. Comment espérer trouver les remèdes aux maux de l’Education nationale dans les cartons d’un ministère qui est le responsable de ces maux ? La technocratie française élabore des projets de réforme qui, chacune dans son domaine, suit un schéma simple, voire simpliste, ignorant la complexité des choses, en général le même depuis quarante ans : regrouper les communes, fusionner les services, étendre le mode de gestion privé, flexibiliser l’emploi, mettre aux normes européennes ou internationales (celles de l’OCDE pour le bac).

Face aux résistances, jamais, au grand jamais, leurs initiateurs se demanderont si dans ces résistances, il n’y aurait pas quelque chose de légitime. On se contente d’y voir l’effet de l’archaïsme, de la routine, d’un conservatisme « bien français ». Nul n’imagine que ce pourrait être à la technocratie de s’adapter. Penser qu’il pourrait y avoir de bonnes et de mauvaises réformes comme il y a de bons et de mauvais remèdes, est une question hors du champ épistémologique de ceux qui nous dirigent, comme dirait Foucault. Réformer est devenu intransitif comme communiquer ou changer. Face à ces blocages, « enfin Macron vint », selon une expression dont on peut penser qu’elle était ironique. Cette fois, ça passe où ça casse.

Macron, c’est jusqu’à la caricature l’incapacité à critiquer à partir d’une connaissance du terrain (qu’il n’a pas) ou d’idées neuves (qu’il n’a pas non plus) les projets des administrations que la plupart du temps, le gouvernement avalise. Loin d’apporter la touche du vrai chef (« l’œil du maitre ») comme le faisait par exemple un Pompidou, homme supérieurement intelligent, lui, et critique lucide des logiques technocratiques, Macron ne doute pas que les services aient, sur tous les sujets, raison. Comme en politique étrangère, il est sur les rails et il y reste.

Erreur sur la personne ?

Tragique malentendu : les Français étaient las d’une classe politique usée, et en réalité d’une technocratie dont les projets étaient avalisés passivement par les politiques. Voulant du nouveau, ils élisent quelqu’un qui ne propose rien d’autre que de donner un coup d’accélérateur aux réformes qu’inspire ladite technocratie.

Or la France d’aujourd’hui rencontre des problèmes graves qui, comme jamais jusqu’ici, conditionnent son avenir. Ces problèmes : démographie, désindustrialisation, dépenses publiques excessives, justice et insécurité, déliquescence de l’Education nationale. Il y a là de quoi être inquiet : Macron, prisonnier des logiques du passé, ne semble armé intellectuellement pour se saisir sérieusement d’aucun de ces problèmes. Bien au contraire, la plupart de ses projets font craindre leur aggravation.

Comment s’étonner qu’au bout d’un an, s’installe le doute sur la capacité de Macron à vraiment réformer la France. Les Français ne vont pas tarder à comprendre, avant lui sans doute, qu’il se situe aux antipodes de ce qu’ils attendent. Il y a, disaient les Romains, pour chacun, un sommet, une acmé, un moment de la vie où il atteint sa pleine réussite. Pour le jeune Macron, ce fut ses années Sciences po-ENA-Inspection des finances, sous l’égide d’un Richard Descoings à l’heure de sa gloire. La plupart des thèmes évoqués plus haut, de l’Europe supranationale à la privatisation des services publics et à la philosophie libérale-libertaire, connaissaient alors leur plus grande faveur, ils étaient si évidents que bien peu osaient les remettre en cause surtout s’ils voulaient sortir dans les premiers de l’ENA, temple du politiquement correct. Typique de cette école, la rhétorique balancée du « en même temps ». Le mépris ostensible de la francophonie qui pousse Macron à faire ses discours en anglais avait déjà entrainé la multiplication des cours en anglais à la rue Saint-Guillaume, sans que la cote de l’école y ait d’ailleurs gagné. Dans le milieu fermé qu’il fréquentait alors, la criminalisation de la France coloniale, familière aux universités américaines, ce n’était pas une provocation, c’était une évidence.

Macron est comme un animal parfaitement adapté à un certain milieu mais inadaptable ailleurs. Dans ce milieu, il peut certes faire preuve de brio. Mais il détonne dès que l’environnement change un tant soit peu. Le nouveau président est aussi déphasé aujourd’hui que l’était Mitterrand en 1981 avec son lourd programme de nationalisations. Mais Mitterrand, vieil animal politique, avait su s’adapter. On ne voit pas à ce jour, le moindre indice que Macron en soit capable. Comprendra-t-il que ce qu’il a appris à l’Institut d’études politiques de Paris il y a vingt ans est complètement à côté de la plaque dans une planète dominée par Poutine, Trump, Xi et qui voit partout la révolte des peuples contre les logiques technocratiques et le retour des stratégies nationales ? On peut craindre que non.

dimanche, juillet 15, 2018

La soumission globale, par Bruno Bertez

La soumission des pays européens à l'islam est évidente. Elle saute aux yeux de qui s'en sert encore pour voir et non pour s'aveugler. Nos Etats ont décidé de se soumettre et nous avec. Mais Bertez a raison : la soumission est plus globale.

LES SOMMETS, LA COUPE : VOUS REPRENDREZ BIEN UN PEU DE SOUMISSION !

Mon seul point de désaccord majeur avec lui, c’est quand il prend Trump pour un imbécile qui ne sait pas ce qu’il fait.

Je crois, au contraire, au vu de sa trajectoire passée, qu’il sait très bien ce qu’il fait et et que ses déclarations à tort et à travers dressent un écran de fumée auquel se laissent prendre les gogos (et les bobos) et que ça l’amuse d’enfumer ceux qui le prennent pour un con.

Le coup de génie de la manipulation moderne, c'est qu'elle n'est pas coercitive. La soumission est consentie, la plupart du temps inconsciente.

Je me suis intéressé aux manipulateurs d'opinion professionnels, les as de la fabrique du consentement (E. Bernays, R. Cialdini, et compagnie). Ils donnent tous la même règle fondamentale : adressez vous à l'émotion plutôt qu'à la raison, à l'inconscient plutôt qu'au conscient.

Cela se décline en règles pratiques que nous subissons tous : transformez les problèmes politiques et sociaux en problèmes personnels et psychologiques (est-ce qu'Angela aime Emmanuel ? Est-ce que Vladimir s'entend avec Donald ? Est-ce que Donald est fou ? etc). Abordez toujours les problèmes par le petit bout de la lorgnette (est-ce que la femme de Donald était mieux habillée que Theresa ?) Empêchez que les problèmes soient posés clairement, fragmentez, présentez toujours les choses par le biais qui vous arrange, par le petit bout de la lorgnette, détournez l'attention sur des futilités.

La seule manière d'y échapper vraiment, c'est de réduire au maximum l'exposition (message que j'ai beaucoup de mal à faire passer !). Je suis, par exemple, totalement immunisé de l'hystérie footballistique, sans aucun effort ni frustration, tout simplement parce que je n'ai pas la télé et que je n'écoute pas autre chose que la musique à la radio.

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Ce qui se passe ces jours ci est au plus haut point symbolique ; la plèbe grisée, vautrée dans football, la bière et les pizzas et les chefs, au sommet, entre eux, qui font ou défont l’ordre du monde.

[…]

Vous noterez que depuis plusieurs mois l’activité diplomatique internationale, au sommet , est très intense, mais que quasi rien d’important ne transpire au dela des communiqués bidons. Vous constatez les évènements et ce sont pour ainsi dire autant de coups de théatre.

L’absence de continuité, l’absence de logique contribuent à confirmer les impressions, justifiées, que l’on a d’un monde chaotique.

Simplement on ne peut que constater le résultat:  une certaine détente. Nous sommes loin de la fin 2017 ou les néocons semblaient tenir le haut du pavé, époque ou les agressions fusaient, tous azimuts.

[…]

Et puis il y a les négociations souterraines sur les embargos et sanctions et les droits de douane.

Plus que jamais les peuples et leurs pantins de représentants sont tenus à l’écart des grands problèmes géopolitiques alors qu’en fait ce sont ces problèmes qui sont les déterminants de leur avenir.

Pour les peuples c’est le pain et le cirque, en clair les aumones de la redistribution et la coupe du monde de football.

Nous ne dirons jamais assez tout le mal que nous pensons de cette coupe du monde, non en raison de son aspect sportif, si il en comporte encore un ; mais en raison de sa récupération par les élites et leurs médias.

Il suffit de regarder la télé Bouygues pour comprendre que le foot et la coupe sont utilisés au profit de l’endoctrinement, de l’ouverture et de l’inclusion. Le foot dans sa mise en scène vous vend de la pseudo-unité, du pseudo-collectif, mais de la vraie globalisation.

Il vous pointe de façon aveuglante la structure de ce monde à deux ou trois vitesses, avec l’argent mal gagné et la hierarchie fondée sur les titres et non sur le droit. Il vous vend de … la soumission puisque les « grands », les chefs sont en haut, sur les gradins dans le réel tandis que vous vous êtes devant le succédané, devant le spectacle auquel vous croyez participer tout en étant relégués, devant votre télé. Vous êtes dans la Fête, pas la vraie mais devant celle de l’homo festivus de Muray. Les dominants ont le vrai, dans tous les domaines, les richesses, les femmes, les stars et vous les « images », la pornographie !

Dans mon excessive indignation j’irai jusqu’à prétendre que ne pas participer à ces spectacles répugnants, voire obscènes est un acte politique. En fait le prmier acte politique dans le monde moderne et ses pseudo jouissances consommatrices c’est d’accepter la frustration.

La consommation, y compris celle des images est à la racine de l’aliénation qui produit la soumission.
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Chronique des cinglés : les handicapés mentaux ne sont pas tous où on croit

Le gouvernement veut le droit de vote "inconditionnel" des personnes handicapées

J'ai vérifié que nous n'étions pas le 1er avril.

Remarquez bien que les Marseillais et les Corses ont une longueur d'avance : ça fait longtemps qu'ils font voter les morts.

samedi, juillet 14, 2018

La mort de César (B. Strauss)

Barry Strauss présente la mort de César comme un roman policier, mais il exploite correctement les sources disponibles. Il majore le rôle de Decimus (le Decius de Shakespeare), le plus traitre de la bande, le plus proche de César, qui l'a incité malgré sa mauvaise santé, à se rendre au Sénat où il devait être assassiné.

Mais les meurtriers de César étaient pris dans une contradiction dont ils n'ont pas pu se sortir : pour arrêter le césarisme, c'est-à-dire la prise de pouvoir à Rome par des militaires, ils devaient faire appel aux militaires.

A ce jeu, Antoine et Octave ont été plus forts, parce que plus cohérents. Et puis, à 18 ans, Octave (le futur empereur Auguste) était déjà un génie politique, comme l'avait détecté César, qui en avait fait son héritier.

Auguste a bien su tirer les leçons des derniers mois de César, où il n'a cessé de heurter les pouvoirs en place : le premier empereur a conservé les formes anciennes, mais en les vidant très habilement de tout contenu.

C'est évidemment (le parallèle est frappant) ce qu'on fait nos présidents de la république depuis Pompidou : ils ont dénaturé la Vème République tout en gardant la forme extérieure. Les grandes étapes (renforcement du pouvoir du conseil constitutionnel, supériorité du droit supranational, cohabitation, quinquennat, refus du référendum, ridiculisation des élus locaux) s'enchainent aisément.

La tyrannie rampante établie par Emmanuel Macron n'est que l'aboutissement logique de cette démarche sournoise. Les vipères centristes anti-démocratiques ont gagné.

Si les Français ne savent pas plus que les Romains retrouver le chemin de la liberté, nous sommes condamnés à voir se continuer la pénible suite de dirigeants vaniteux, condescendants et incapables, qui sont notre ordinaire depuis quelques années (quand il s'agit d'en foutre plein la gueule à M. Moyen, ça y va les matamores et les rodomontades, mais dès qu'il faut affronter un vrai danger, genre Trump ou Xi Jinping, il n'y a plus personne).

On aura toujours la tirade de Marc Antoine pour nous consoler :


Censure rampante : fin de la chronique d'Eric Zemmour

RTL arrête la chronique d’Eric Zemmour

Les vraies raisons du dépeçage d’Alstom, par Leslie Varenne (et les conclusions qu'il faut en tirer)

Les vraies raisons du dépeçage d’Alstom, par Leslie Varenne

Tous ceux qui se sont intéressés à la question ont compris pourquoi, avec la collaboration des traitres à fusiller (Macron, Gaymard, Kron, Hollande et compagnie - je ne plaisante pas, je pense vraiment qu'ils méritent le peloton d'exécution (1). Je ne crois pas que cela arrivera pourtant c'est amplement mérité) qui nous servent de dirigeants, les Américains de General Electric ont forfait à leurs promesses et dépecé Alstom, profitant d'un complot dirigé par le ministère de la justice américain.

Parce qu'Alstom s'apprêtait à collaborer sur des techniques stratégiques avec les Chinois, contre lesquels les Américains s'estiment en guerre larvée, ou, du moins, en lutte pour la domination mondiale. Et c'est aussi pourquoi Airbus, qui a une chaine d'assemblage d'A320 en Chine, est dans le collimateur.

Je ne blâme pas les Américains : ils poursuivent la stratégie qu'ils estiment la meilleure pour leur pays. En revanche, les mots les plus durs siéent à nos dirigeants qui trahissent au profit des intérêts et des objectifs d'une puissance étrangère (actions passibles de la Haute Cour, passons).

On demande aux Français des efforts destinés à satisfaire des ambitions étrangères, qui sont à Berlin, à Washington ou dans la zone dénationalisée de Bruxelles.

Quelle valeur nationale et, par la suite, internationale, auraient les efforts des Français, si ces efforts étaient dispersés ou noyés à titre d'auxiliaires dans la puissance de leurs alliés ? Non, non. Les services des Français ne sont dus qu'à la France.

Charles De Gaulle, 11 novembre 1942

Et maintenant ?

La stratégie doit être la dédollarisation, puisque le dollar sert de levier aux diktats américains. On nous avait présenté l'Euro comme une solution. C'était une tromperie. Sortons de cette impasse et exigeons de payer nos importations en monnaie nationale, y compris le pétrole. Certes, il sera plus cher. Et alors, si c'est le prix de la liberté ?



Quand on a les bonnes conceptions, tout est simple.

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(1) :  un des motifs d'accusation (et donc de condamnation à mort) de Pierre Laval était d'avoir bradé les mines de Bor aux Allemands.

vendredi, juillet 13, 2018

La semaine liberticide (et la bêtise collective)

Régis de Castlenau fait le bilan d'une semaine dramatique pour les libertés publiques  et politiques :

La manœuvre liberticide pour noyer le Rassemblement national. La semaine liberticide (épisode 1/3)

Conseil constitutionnel : la souveraineté populaire, pour quoi faire? La semaine liberticide (épisode 2/3)

Vote de la loi « fake news »: l’hiver vient. La semaine liberticide (épisode 3/3)

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Existent au sein des élites dirigeantes des pays concernés, de forts courants fermement décidés à combattre la « lèpre populiste » à partir de l’application du principe « la fin justifie les moyens ». 

Habités souvent par une idéologie du camp du bien confronté à une populace égarée, ils ne sont pas du tout gênés devant l’utilisation de mesures attentatoires aux libertés ou illégales. L’épisode qui vient de se produire en Italie en est une nouvelle preuve. L’on apprend que la Cour de cassation, à l’instar du Pôle financier français, cherche à mettre sous séquestre la somme de 40 millions d’euros appartenant à la Ligue du Nord en garantie de sommes qui pourraient être dues par un ancien dirigeant de ce parti pour des faits remontant à 2008, et alors même qu’aucune condamnation définitive n’a été prononcée.

Ensuite, la faiblesse de la culture des libertés publiques au sein des élites politiques les amènent à des formes de complaisance avec cette tentation autoritaire, dès lors qu’elles pensent pouvoir en retirer un petit intérêt politicien. Le plus bel exemple en est l’absence totale de véritables réactions politiques au grossier raid judiciaire qui a permis l’élimination de François Fillon de la présidentielle et l’élection d’Emmanuel Macron. Et que dire aujourd’hui devant celle de Laurent Wauquiez, par exemple, qui semble se frotter les mains de ce qui arrive au parti de Marine Le Pen ? Sans mesurer que s’ils ne se tiennent pas tranquilles, les Républicains seront les prochains sur la liste. Ou celle de Guillaume Tabard dans Le Figaro qui juge la mesure prise par les magistrats du Pôle financier « parfaitement légale » ? Affichant ainsi un surprenant manque de vigilance devant ce qui saute aux yeux du praticien qui connaît un peu le fonctionnement de la boutique « pôle financier ».

Si l’on ne veut pas des heures sombres, il faut être attentif au côté où s’accumulent les nuages.
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Et on peut ajouter un quatrième épisode qui ne dépare pas dans la funeste série :

Comment Macron veut menotter les maires. Le président recentralise les pouvoirs.

Parmi bien des explications, il y a celle-là :

Malaise dans la civilisation

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L’intelligence n’est pas individuelle, elle est collective. L’inintelligence aussi. Nous vivons des temps de profonde bêtise.

Ce ne sont pas les premiers, mais à des étapes antérieures, il y avait des contrepoids. Par exemple, France, milieu des années 1870. À la terrasse du Café Riche, Monsieur Homais fait le panégyrique de Sainte-Beuve, mort vers la fin de l’Empire — le grand homme des Lettres pour tous les imbéciles. À une table voisine Adolphe d’Ennery et Eugène Cormon fêtent l’immense succès des Deux orphelines, un mélo d’une niaiserie magistrale, l’un des plus grands succès du siècle. William Bouguereau, tout près, parle art et décorations avec Ernest Meissonier. C’est la fête à la Bêtise.

Mais en même temps, l’époque allumait ses contre-feux. Dans un cabinet particulier du Lapérouse, quai des Grands Augustins, Flaubert à demi-ivre allume un cierge à Saint Polycarpe, comme chaque matin, en soupirant : « Ah mon dieu, dans quel siècle m’avez-vous fait naître ! » Il a beau se plaindre (« Je sens contre la bêtise de mon époque des flots de haine qui m’étouffent. Il me monte de la merde à la bouche comme dans les hernies étranglées. Mais je veux la garder, la figer, la durcir ; j’en veux faire une pâte dont je barbouillerai le dix-neuvième siècle, comme on dore de bouse de vache les pagodes indiennes, et qui sait ? cela durera peut-être ? »), il produit Bovary, Salammbô, l’Education. Pas mal en un siècle bête.

Et aujourd’hui ? Jean Echenoz, probablement le plus grand écrivain français vivant, n’est jamais invité chez Ruquier — ce lieu de toutes les élégances de l’esprit. Ni chez Ardisson. Ni chez Nagui. Vous imaginez, Echenoz chez Cyril Hanouna ?

Et nous apprenons incidemment que le Quotient intellectuel serait en baisse globale — la faute aux pesticides, aux nano-particules, à Philippe Meirieu et autres catastrophes. Cela ne nous laisse guère d’espoir sur les discussions intelligentes du siècle à venir — sauf agitation fécondante sur Sirius ou bonnes intentions des myriapodes de Bételgeuse.
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jeudi, juillet 12, 2018

La parité, c'est bien ... parce que c'est bien.

Conversation entre pilotes : Air France préfère embaucher des femmes, à cause de la parité.

Je laisse la conversation se développer, puis, sournoisement, je profite d'un creux pour glisser :

_ Mais pourquoi Air France préfère embaucher des femmes ?

_ Bin, on te l'a dit : à cause de la parité.

_ Oui mais pourquoi ?

_ (silence interloqué).

Je reprends : _ Pourquoi la parité c'est bien ? Pourquoi c'est bien d'avoir la parité dans un cockpit ?

_ (long silence gêné, que j'ai savouré autant que Pascal celui des espaces infinis)

Rappel à la loi

Simple rappel à l’ordre pour un vol de camion de pompier : une étincelle de laxisme judiciaire dans un baril de poudre régalien

Des solutions efficaces existent pourtant (ce dessin est intitulé Efficacité. Les méthodes de Marsault sont comme son humour : simples et de bon goût) :








mardi, juillet 10, 2018

Comprendre l’imbroglio du Brexit

David Davis, ministre du Brexit, vient de démissionner, suivi par Boris Johnson et quelques autres. Cela peut paraître compliqué, mais c’est en fait très simple.

Pour comprendre, il faut revenir à l’opposition du brexiter Peter Hitchens au référendum.

Son argument était clair et fondamental : dans le régime parlementaire britannique, le référendum ne sert à rien (il n’a pas force de loi), la seule manière d’imposer une politique, c’est qu’un parti la propose aux électeurs et qu’il gagne les élections. Ce n’est pas le cas du Brexit puisque UKIP, le parti qui le proposait, n’a jamais été en mesure d’obtenir une majorité.

Après le référendum, les deux principaux partis ont inscrit le Brexit dans leurs programmes électoraux, sans trop de détails. Tout simplement, ils n’y croient pas.

D’où la situation actuelle :

1) Les Britanniques ont voté pour le Brexit par référendum à une majorité assez confortable.

2) Ils ont envoyé au parlement des gens qui, en majorité, ne croient pas Brexit, voire sont de farouches opposants.

La majorité des parlementaires (et la majorité du gouvernement May) meurent d’envie de désavouer le référendum, mais ils ne peuvent le faire que de biais, sans que cela se voit trop (sinon, ils désavoueraient à la fois le référendum et leurs propres programmes. C'est embêtant, mais il n'y a rien là qui terrifie à l'excès un politicien moderne), d’où le sac de nœuds. La situation est inextricable et cela ne peut que mal finir.

Les Brexiters espèrent que Barnier et son orchestre seront tellement abrutis qu’ils finiront par faire basculer les mous dans leur camp. Ce n'est pas impossible, mais quand on en est à compter sur les fautes de l’adversaire …

En attendant, les Brexiters se rassurent comme ils peuvent, en se disant que des gens qui ont vaincu Napoléon et Hitler ne sont pas impressionnés par Michel Barnier. Hélas, en réalité, l'ennemi est intérieur.


lundi, juillet 09, 2018

UE, Euro : la déliquescence plutôt que l'explosion

Des scénarios crédibles de fin de l'UE et de l'Euro commencent à apparaître et certains de leurs éléments sont déjà en action.

UE : aucune sortie formelle, mais des pays qui choisissent de plus en plus d'en faire à leur tête. Qui participent à telle action commune, mais pas à telle autre. Qui transposent les directives à leur façon. Qui financent à géométrie variable. Qui reprennent leur parole, etc. Et le cercle vicieux s'auto-entretient : moins les pays participent aux actions communes, moins cela vaut le coup de faire l'effort d'y participer. Le bilatéralisme revient. Tuant de fait l'UE.

Euro : c'est plus dur, mais, là encore, un scénario graduel se met en place. Sous le choc de la prochaine crise, des pays s'affranchissent de plus en plus des règles communes, jusqu'au jour où l'un d'eux introduit une monnaie parallèle.

dimanche, juillet 08, 2018

Leçon d'immigration japonaise

Réflexions sur les époux Shoji

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Nous avions oublié ce que cela pouvait être qu’un comportement respectueux de la loi et de l’autorité. Dans un pays où chaque décision fait désormais l’objet d’une contestation de plus en plus bruyante et vulgaire, souvent appuyée sur des affects qui n’ont que peu à voir avec le bien commun, il semble presque invraisemblable qu’on puisse attribuer à un jugement public une objectivité et une légitimité qui dépassent le ressenti personnel que chacun peut avoir. C’est pourquoi j’ai ressenti une surprise assez peu commune en lisant, à la fin d’un article concernant le cas des époux Shoji, vignerons japonais menacés d’expulsion dans le cadre de procédures tatillonnes comme la France sait les inventer, que les intéressés déclaraient : « Si la France ne veut pas de nous, alors nous partirons. »

Pas même une tentative de plaider sa cause, de se révolter verbalement contre ce qui est, de toute évidence, une injustice invraisemblable : M. et Mme Shoji se savent étrangers sur le sol français, et savent, eux qui viennent du Japon, qu’on ne saurait contester à un pays sa légitimité à décider qui peut résider sur son sol : que ce droit de chaque pays relève de la raison d’état, et dépasse, dans sa visée qui est le bien commun, les particularités relatives à chaque individu qui demande un titre de séjour. Ils savent que la collectivité a sa légitimité propre, et qu’elle ne saurait se plier aux exigences personnelles de tout un chacun sans s’abolir dans son principe-même ; ils savent aussi qu’une collectivité est avant tout un ordre naturel, qui prend, qui a presque toujours pris, racine dans l’appartenance à un même peuple, à une même identité généalogique. Et que par-là, un Japonais ne sera jamais chez lui en France, en Catalogne, à Banyuls-sur-Mer, que s’il est accepté par la communauté installée là depuis des siècles, et qui connait ses propres besoins et ses propres capacités d’accueil. M. et Mme Shoji se sont donc, dignement, contentés de se soumettre au jugement qui devait être rendu par les autorités françaises.

[…]

Comment ne pas s’interroger sur l’incohérence qu’il y a à ergoter sur la faisabilité de l’expulsion d’individus dangereux, qu’ils soient des djihadistes ou tout simplement des caïds violents, pendant que la préfecture de Perpignan invoque des motifs lunaires, comme l’ont rapporté les journaux, pour refuser un titre de séjour à un couple aussi exemplaire ?

[…]

Reconnaissant spontanément la valeur de la contribution de ce couple qui s’est si admirablement intégré à elle, la communauté locale (leurs clients, des confrères vignerons, peut-être des voisins) s’est elle-même dévouée pour protéger ceux qu’elle considère désormais à raison comme les siens, contre les abus d’autorités distantes et vraisemblablement animées par des vues peu louables, en tout cas incompréhensibles. Ici, c’est le collectif qui a pris soin de l’un de ses membres, et qui, en protégeant un des individus qui le composent, a permis de rétablir un ordre juste en son sein. Pour une fois, l’autorité n’a pas cédé au tapage organisé autour de l’individualité devenue centre de l’attention moderne, elle a concédé à une communauté locale ce que celle-ci demandait pour l’un des siens mais aussi et surtout pour elle-même. L’ordre politique, dans une France qui marche beaucoup sur la tête en ces temps étranges, semble, brièvement, furtivement, avoir fonctionné comme il se doit, et rétabli un semblant de raison.
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C'est marrant, les medias du Système d'habitude si prompts à monter en épingle les cas d'expulsion individuelle pour nous faire la morale sont restés bien silencieux sur cette affaire. Seraient-ils racistes ? J'en ai bien peur.

Il est vrai que les Japonais sont le produit d'une haute civilisation. On ne peut pas en dire autant des journalistes du Système et de leurs protégés, d'où une certaine incompréhension, cela les dépasse.






Crise de 2008 : nouveau monde ou dernière crise du XXème siècle ?

Adam Tooze (dont j'explore en ce moment le blog) prépare un livre sur le changement de monde économico-financier. Je n'ai pas réussi à aller jusqu'au bout de son précédent (The wages of destruction) pourtant passionnant (1), mais trop abscons.

Tooze remarque que la crise de 2008 est la faillite de la macro-économie classique et des comptes nationaux. En effet, la crise n'est absolument pas venue des déséquilibres entre nations (déficit budgétaire américain, excédents allemands et chinois, ...) comme s'y attendaient à tort les macro-économistes.

La crise est venue du système financier mondialisé qu'il est impossible d'analyser correctement à travers les comptes nationaux. Une banque peut avoir des actifs à New-York et des dettes à Hong-Kong, les deux interagissent d'une manière que ne peuvent pas prendre en compte les agrégats nationaux (PIB, balance commerciale et compagnie).

Il émet donc deux hypothèses de travail :

1) Le schéma classique « L'économie "réelle" provoque une crise financière qui en devient le symptôme aggravé » est devenue faux. La crise de 2008 est une crise de financiers entre eux qui s'est transmise à l'économie "réelle", et non l'inverse.

2) Ce qui compte, ce n'est pas la macro-économie entre nations mais les relations entre ensembles économiques indépendamment des frontières (relations des assureurs avec les banques par exemple). Il propose donc d'inventer une nouveau terme : « macro-finance ».

C'est nouveau. Mais c'est aussi l'ancien monde, celui de Bretton Woods : cette internationalisation de la finance qui se rit des frontières pourrait bien être à la fin de son histoire et non à son début.

Si, comme on leur en prête l'intention, la Chine et la Russie détrônent le roi-dollar, les comptes nationaux retrouveront leur importance classique.


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(1) : sa thèse est que le calendrier hitlérien a eu comme fil directeur les contraintes économiques. En 1939, la politique allemande de réarmement atteignait ses limites, il fallait entrer en guerre avant que les Alliés ne rattrapent leur retard. Une fois la France soumise et exploitée, il était nécessaire de conquérir les ressources russes pour faire face aux empires britannique et américain.

samedi, juillet 07, 2018

1648, 1815, 1945. Hélas, pas 1923. Et pas 1990 ...

Making a bitter peace

Adam Tooze fait cette remarque : en 1648, 1815 et 1945, à la fin de guerres européennes, les gouvernements ont fait bien attention à empêcher l'unification de l'Allemagne.

Hélas, de 1918 à 1923, sous l'impulsion désastreuse de Woodrow Wilson, on n'a pas eu cette sagesse.

On a laissé les Allemands sortir de la guerre sans les accabler de la défaite totale qui était nécessaire à ce qu'ils ne recommencent pas (en 1918, au Congrès américain, il y a eu des accusations de trahison contre Wilson, parce qu'il commençait à négocier avec les Allemands avant qu'ils ne soient complètement vaincus). Il ne faut pas oublier qu'en 1918, l'armée allemande à son retour au pays fut accueillie par le peuple et par le gouvernement comme invaincue. Ceci explique la facilité avec laquelle Hitler entretint ensuite les mythes du coup de poignard dans le dos et des traitres de novembre.

L'Allemagne a été, très partiellement, occupée, mais ni envahie ni dissoute.

Les Allemands ont réussi dans la paix la stratégie qu'ils avaient ratée dans la guerre : profiter des divisions des alliés.

Les Français avaient bien songé à démanteler l'Allemagne, mais cela ne s'est pas fait.

L'Allemagne unifiée est un cancer politique au centre de l'Europe. Elle est trop grosse et trop conquérante pour être en bonne paix avec ses voisins. Aujourd'hui comme hier.

Si seulement :

Cette pute me fera mourir ...

Anthologie des meilleurs passages des mémoires du duc de Saint Simon.

Bien qu'écrit a posteriori, son ouvrage conserve un style étrange, à mi-chemin entre le littéraire et la prise de notes. Beaucoup d'ellipses et de raccourcis qui gênent la lecture. Mais il y a tout de même du plaisir dans les situations.

Saint Simon arrive à Versailles alors que le roi est vieillissant, que l'époque glorieuse est derrière et les épreuves devant. Le portrait  du roi n'est pas très flatteur. Pour ma part, je préfère son père, Louis XIII.

C'est Dallas en beaucoup plus classieux et en français.

Le titre vient bien sûr de la déclaration sans ambiguïté (!) de la reine Marie-Thérèse sur Madame de Montespan.


La guerre civile commence quand les policiers prennent parti

C'est de plus en plus fréquent :

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Alors qu’un couple de policiers s’est fait violemment agresser mercredi soir à Aulnay-sous-Bois, six individus âgés d’une vingtaine d’années ont été interpellés le même jour et placés en garde à vue pour des faits similaires.

C’est une scène collective d’une extrême violence qui s’est déroulée le week-end dernier dans l’Ain. Un policier a été roué de coups, à son domicile, par une quinzaine d’individus.
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Quelqu'un qui a l'expérience de ces choses me disait que la guerre civile commence le jour où les policiers décident de protéger d'abord leur famille et prennent parti.

Or, les policiers sont comme tous les Français : ils savent bien que notre classe dirigeante n'a ni la volonté ni la capacité intellectuelle de les protéger ; qu'aucune des mesures fondamentales (1) ne sera prise, ni même envisagée, par pusillanimité, par idéologie et, surtout, par manque d'empathie pour le peuple français.

Que se passera-t-il le jour où, après avoir manifesté comme c'est déjà arrivé, les policiers rentreront chez eux après la distribution de susucres au lieu de rentrer au commissariat ?

Certains islamistes espèrent que le bordel leur profitera. C'est possible, mais j'en doute.

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(1) : arrêt de l'immigration musulmane, reconquête policière des quartiers perdus, sévérité de la justice pour les fouteurs de merde, transmission à l'école etc.

Addendum :

Dans une logique clanique, les émeutiers s'en prennent aux infrastructures de l'État

vendredi, juillet 06, 2018

En 1940 déjà, certains Français voyaient l'Allemagne avec les yeux de Chimène ...

Éric Zemmour : « Angela Merkel, une passion française »

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Si tout le monde, ou presque, abandonne la chancelière dans son pays, elle bénéficie d'un soutien indéfectible en France, en tout cas parmi les élites. Dans les médias de gauche comme de droite, on continue à lui tresser des louanges ou à lui trouver toutes les excuses du monde. A l'Elysée, on l'assure de notre solidarité face à l'offensive des pays de l'Est. Même dans l'opposition, LR ne touche pas à un cheveu de Merkel ; et lorsque Mélenchon ose se réjouir de la défaite de l'équipe de football allemande, la presse le tance sévèrement. Germanophobe est, dans la hiérarchie de la « cage aux phobes » de notre système médiatique, une insulte presque aussi grave qu'« islamophobe » ou « homophobe ».

On peut s'interroger sur cette passion des élites françaises pour Angela Merkel.
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Ce tropisme d'une certaine bourgeoisie française pour la trahison, que je fais remonter à l'anglophilie de Voltaire, est pour moi un mystère.

J'en comprends la ligne, qui est toujours la même : « La France est trop petite. C'est folie que de vouloir rester indépendants. Trouvons nous un maître qui nous protégera et soumettons nous y avec sagesse ». Seul le nom du maître change, et encore, pas tant que ça. On tourne toujours entre Berlin, Londres et Washington, plus rarement Moscou. Aujourd'hui, le nom du maître est Angela, demain ça sera un autre.

Si je comprends le raisonnement de cet esprit de trahison, j'ai le plus grand mal à en comprendre les racines et la persistance.





jeudi, juillet 05, 2018

Vie publique et professionnelle : les femmes dégradent-elles tout ce qu'elles touchent ?

Le titre de ce billet m'est inspiré par le récit d'un collègue.

Son épouse prend un rendez-vous chez le médecin et, ô surprise, le délai habituel de trois semaines passe à deux mois. Explication, son vieux médecin, homme, est parti à la retraite et a été remplacé par une femme, qui, visiblement, n'a pas que ça à faire.

Je connais moi aussi un vieux médecin. Il ne faut pas trop insister pour qu'il dise tout le mal qu'il pense de la féminisation de la profession.

Je connais également une directrice d'école primaire qui trouve que ses institutrices se comportent comme des « mamans » et que c'est mauvais pour le murissement de ses élèves.

Quant à la justice et à la politique, n'en parlons pas. Il y a corrélation (et causalité ? C'est toute la question) entre l'effondrement et la féminisation.

Alors, à la question qui fait le titre de ce billet, je réponds positivement pour beaucoup de professions, les professions d'hommes, non seulement par la force physique, qui compte de moins en moins, mais surtout, désormais, par la psychologie.

On peut retourner la boutade d'Eric Zemmour à propos d'éducation : « On demande aux hommes de se comporter comme des mères-bis et, bien sûr, ils le font moins bien que les femmes ».

On peut dire : « Les femmes veulent faire les professions des hommes et, bien sûr, elles le font moins bien que les hommes ».

Seule lueur d'espoir : dans les pays « avancés », comme la Norvège, les femmes n'ont plus le sentiment d'avoir des conquêtes à faire et retournent naturellement aux infâmes « stéréotypes de genre ». Les infirmiers norvégiens sont très majoritairement des femmes et les camionneurs des hommes.

Au fait, n'est-ce pas la récente panthéonisée Simone Veil qui a inventé le numerus clausus des études médicales ?

Marcel Gauchet : « À l'heure de la révolution du féminin, que devient la spécificité masculine ? »

C'était mieux avant. Pour les hommes. Et pour les femmes.

Un autre point de vue sur l'attentat du Bataclan ... qui est en fait le même

Bataclan

Si Michel Goya diffère sur certaines analyses de détail de Georges Fenech, (voir ce billet), il conclut :


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Le vrai scandale des attaques du 13 novembre est qu’au niveau le plus élevé, on n’y était pas préparé malgré les évidences et tous ceux qui disent qu’il était impossible de prévoir une telle combinaison d’attaques sont des menteurs et des lâches devant leurs responsabilités.

[…]

Quelle misère du côté de l’Intérieur de voir un ministre freiner toute enquête et toute critique, comme si les critiques étaient des traîtres à la patrie (alors qu’en général, ils cherchent plutôt à mieux éliminer ces derniers).

[…]

Il aurait peut-être fallu considérer aussi nos ennemis pour ceux qu’ils sont, c’est-à-dire justement des ennemis et non des criminels, des politiques rationnels dans un cadre idéologique particulier et non de simples psychopathes. Cela aurait peut-être aidé à privilégier l’action en profondeur et sur la durée (ce que l’on appelle une stratégie) à la réaction gesticulatoire. Beaucoup de progrès ont été accomplis mais à quel prix.
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Pour ma part, je concluais :

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Bref, nous sommes loin du tableau présenté par la propagande médiatique « On a fait ce qu’on a pu, et plutôt bien, dans une situation difficile ». Non, il y a eu des défaillances lourdes de conséquences et qu’on ne peut imputer à la fatalité et à la malchance, des fautes graves d’organisation, de préparation et surtout de commandement.

Le fin mot de l’histoire est éminemment politique : l’attentat de Charlie Hebdo a été traité comme un événement exceptionnel qui ne se reproduirait pas et aucune leçon concrète n’en a été tirée. Ceci fait que dix mois plus tard se sont produites des fautes très évitables. Je ne peux m’empêcher de voir là l’effet de la réticence des politiciens français à considérer l’islamisme comme un véritable ennemi intérieur (ils préfèrent la psychiatrisation).
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Conclusions très proches, comme vous le voyez.

J'ai écrit à chaud que la démission de Cazeneuve était le minimum et celle de Valls souhaitable. Il n'y a eu ni l'une ni l'autre. Mais les analyses à froid ont venues renforcer la pertinence de mon exigence.

De nos jours, un ministre français ne démissionne pas, à plus forte raison s'il s'est montré défaillant, nous en avons encore eu un superbe exemple ces derniers jours.

De nos jours, un ministre coupable glapit « J'assume ! J'assume ! », antiphrase qui signifie « Je m'accroche à mon poste comme un morpion en attendant que l'orage passe et je vous emmerde, bande de cons ! ».

Je rappelle aux jeunes qui n'ont pas connu cette époque lointaine qu'au temps où les ministres se foutaient un peu moins de la gueule du monde « J'assume » signifiait, précisément, démissionner. D'ailleurs, on disait, plutôt que ce langage pseudo-psycho, « Je tire les conséquences de ... ».

Après, l'autre lapin-crétin du mondialisme peut bien nous parler de la « lèpre » populiste et nationaliste. La vraie lèpre, c'est quand les dirigeants se payent à répétition la fiole de leurs mandants.

Le « populisme » ne croît pas de Le Pen ou de Mélenchon. Mais de Chirac, Sarkozy, Hollande, Macron, Cazeneuve, Valls, etc.








mardi, juillet 03, 2018

Cela fait déjà longtemps que nous ne sommes plus en démocratie

Le redécoupage électoral affole les députés

En gros, nous ne sommes plus en démocratie depuis 1974, quand la « communication », pseudonyme de la manipulation des foules, a pris le pas sur la politique. Ca commence à faire un bail.

lundi, juillet 02, 2018

Les Suédois sont cinglés, ils nous font rire ... jaune.

Yves Daoudal tient une chronique des cinglés. Cette nouvelle y est légitime :

Et le bon docteur Cadell (pardon, la bonne docteuse) a élaboré depuis 2006 (comme quoi la Suède est franchement « en retard ») le formulaire adéquat (on notera la méticulosité des « FDA approved condoms ») :

Sexual Consent Form & Right of Privacy Agreement

Une fois qu'on s'est payé une tranche de rire, qu'on s'est bien foutu de la gueule de ces connards de Suédois, des Ricains et de tous ces mal-baisés puritains, notre futur est tout de même incertain.

D'un coté, avec de pareilles pratiques, ils ne sont pas près de se reproduire en masse, ce qui est un motif de réjouissance sans mélange. Moins il y a de connards sur terre, mieux on se porte. D'un autre coté, ce genre de saloperies a tendance à arriver en France un jour ou l'autre et nous aurions tort de croire que nos traditions gauloises nous protègent beaucoup, il y aura toujours des gens pour nous expliquer que « c'est le progrès », contre lequel, c'est bien connu, il est inutile de lutter.


Ne sous-estimez pas les européistes

Il souffle un certain vent d'optimisme chez les conservateurs européens, qui sentent bien que le sens de l'histoire (auquel ils sont censés ne pas croire) souffle dans leur sens.

Mais, quand on regarde la dure réalité, le recul de l'européisme est minime, pour ne pas dire inexistant : quelle directive, quelle procédure importante, quel fondement du pouvoir européiste a été changé ? Aucun. Même le Brexit n'est toujours pas effectif et tous les signes pointent vers un échec.

C'est pourquoi la mise en garde d'Edouard Husson est salutaire :

A tous ceux qui croient que le sommet européen des 27, 28 et 29 juin a été un échec

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Tant que Giuseppe Conte ne met pas en cause l’architecture de la BCE, il est utile : il aide à canaliser les populismes ; il peut s’allier avec la Bavière ou la Hongrie qui sont plus rigoureuses budgétairement parlant que l’Italie. Pendant ce temps, le débat ne porte pas autant qu’Emmanuel Macron le voudrait sur l’avenir de la zone euro. Mais n’est-ce pas dangereux de trop parler des choses ; au lieu de les traiter à huis clos et de les sortir du chapeau du Conseil ou de la Commission quand c’est opportun ?

Le refus de donner prise au débat sur les questions qui sont au coeur de l’appareil de pouvoir européen reste une très grande force de l’Union Européenne. Qui décide ? Comment ? Quelle est l’efficacité réelle des politiques mises en place ? Personne n’est capable de le dire mais, jusqu’à maintenant, la capacité à résister à tous les assauts jugés démagogiques a rassuré les marchés. 

J’entends bien monter les mécontentements, je vois bien que Madame Merkel, en déstabilisant l’espace Schengen, a mis ses confrères chefs de gouvernement dans une situation délicate. Mais il ne faut pas sous-estimer les ressources dont dispose encore la bureaucratie que nous appelons « bruxelloise » par facilité. Les dirigeants européens, à Bruxelles, Francfort ou dans les gouvernements nationaux, peuvent considérer qu’ils ont le temps pour eux, que la zone euro est « too big to fail ». C’est en tout cas la carte qu’ils ont l’intention de jouer encore durant plusieurs années.  

Je ne dis pas que les partisans du réel soient condamnés à affronter en vain les défenseurs de l’utopie européiste. L’histoire de l’Europe est un cimetière de mauvais gouvernements, renversés pour ne pas avoir tenu compte de la réalité. Mais les illusions ont la vie longue. Machiavel sert à tous ceux qui veulent entretenir la manipulation. Et il faudra beaucoup de réalisme aristotélicien pour ébranler son assise. 

Si vous avez décidé de porter le fer dans les failles de la cuirasse de votre adversaire,  préparez-vous à un combat long et, au départ, asymétrique. Cuirassez-vous comme il faut vous-même. Acceptez d’être un temps ostracisé. Soyez constant et patient.
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On ne sortira pas de cette vérité toute simple : l'européisme est la prison des peuples et les barreaux de cette prison sont faits d'Euros. Tout ce qui n'attaque pas l'Euro est dommageable diversion, resserre en douce les noeuds de la camisole.

dimanche, juillet 01, 2018

France, le moment politique (H. Juvin)

Commençons par un bon point : ce n’est pas trop écrit avec les pieds. J’avais été dégouté par un précédent livre de Juvin à cause de son style illisible. Pour l'occasion, il a fait un sérieux effort de clarté. Il y a même de beaux moments.

Son amour de la France paraît sincère.

Il écrit parfois d’énormes conneries. Lorsqu’il raconte que la France est menacée par des températures de 50°C ! Ou quand il nous dit que la France participe au au programme F35 ! Sans compter les fautes d'orthographe ou typographiques. Et la couverture est horrible, elle mériterait à son auteur une peine sévère, style audition des oeuvres complètes de Dave. Bref, c'est un livre outrageusement bâclé.

Mais on lui pardonne, au nom de son intelligence d'ensemble. Et puis, il est partisan du nucléaire, ce qui est la seule position écologique et raisonnable en matière de politique énergétique.

Que dit-il ?

Que la France n’est pas une abstraction et que les dirigeants mondialistes conspirent à faire disparaître cette réalité gênante, à la dissoudre dans des abstractions (l’UE, « la communauté internationale » …). La France qui ne serait plus qu’un terrain administratif où passent des flux humains, matériels et financiers ne seraient plus la France.

La menace est qu’on nous laisse des bribes de folklore pour consoler notre identité blessée et que nous nous en contentions.

Hélas, l’important n’est pas de pouvoir continuer à manger du cochon, mais que nous continuions à avoir collectivement du pouvoir, c’est-à-dire que la nation française continue à exister souverainement.

C’est bien à cette disparition du caillou dans la chaussure de la mondialisation que travaillent Emmanuel Macron et ses marionnettistes.

Juvin insiste sur le fait que la nation est le bon périmètre pour exercer le pouvoir, pour prendre des décisions concrètes et porteuses d'avenir.

Comme Bruno Bertez et d'autres, Juvin pense que la protection des libertés individuelles contre les manipulations des GAFA offre l'occasion d'un retour de l'Etat régalien. Je doute que celui-ci la saisisse.

Juvin se laisse emporter, certaines de ses idées sont mauvaises, mais tout cela est rattrapé par deux grandes forces :

♘ : son amour de la France est éclatant. Il est évident qu'il parle de héros, de villages, de gens avec le coeur, que ce n'est pas une acrobatie littéraire, tout simplement parce qu'il y raccroche des souvenirs personnels, que cela le concerne personnellement. Ah si, les Wauquiez, Macron et compagnie pouvaient cesser d'être des comédiens, mais la tripe, c'est justement ce qui leur manque.

♘ son idée directrice est juste. Hors de la nation, c'est l'individu et la tribu.

L'un des très grands mérites de ce livre est, de manière de plus en plus rare, de parler sans tabou (de l'immigration, de l'islam, de la soumission à l'Allemagne, du consumérisme, de la beaufitude, les éoliennes, la corruption et les paysages etc).

Juvin pense que le retour du politique (par opposition à l'économisme et au juridisme. Les libertés collectives par opposition à l'extension indéfinie et folles des libertés individuelles) est rendu inéluctable par l'urgence écologique au sens large (environnement, populations, cultures, ...). Il pense que la folie individualiste actuelle n'est possible que dans un contexte de croissance continue, pour en atténuer les effets humains néfastes à l'aide d'un raz-de-marrée de matériels et que cette croissance continue touche à sa fin.

C'est la parti la plus faible de son ouvrage : le futur n'est jamais écrit d'avance.

Il a raison : depuis le XVIIIème siècle, l'extension de l'individualisme se nourrit de la dissolution des solidarités permise par l'empire technique. Mais de là à penser que la date de la fin de ce processus est fixée, il y a un pas que je refuse de franchir. Comme il parle sans tabou, il aborde la question de l'effondrement de l'intelligence des occidentaux, mais sans en tirer les conséquences politiques : la révolte pas des idiots-bêtes est plus difficile.

Juvin établit enfin et tout de même, après tant d’attente, un manifeste conservateur pour la France. Ça manque de concret mais l’esprit est là. Il suffirait de quelques politiciens pour transformer ce manifeste en programme mais, hélas, les hommes, à droite ... comment dire ...

La recension de Zemmour :

Éric Zemmour : « Plaidoyer pour une écologie identitaire »

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(1) : Le programme de Juvin n'est pas une politique de Bisounours. Il assume et combat ses ennemis. « Certaines ONG, certains groupes de pression, certaines entreprises multinationales, certaines Églises ou sectes comptent aujourd'hui parmi les pires ennemis de la France. » Il rompt avec des allégeances qu'on ne remet plus en cause: «La justice est rendue au nom du peuple français. Pas au nom du droit, de la Cour de justice européenne, de cours et de conseils tous plus éminents les uns que les autres…» Il dénonce l'Otan à la manière gaullienne, pour ne plus être entraînée dans des expéditions militaires américaines qui ne sont pas dans l'intérêt de la France ; une politique gaullienne qui aurait eu la chance d'être débarrassée des boulets de la guerre froide et de la menace communiste: «Trente ans après la chute du mur de l'Est à Berlin, la chute du mur de l'Ouest, celui de la colonisation américaine qui coupe l'Europe du continent et interdit l'alliance avec la Russie et la Chine, est la première mission de l'Europe des libertés.»

Sa critique de l'Europe et de l'euro est plus argumentée que celle de Marine Le Pen pendant la campagne électorale.

[…]

« Tout conduit la France à être administrée par un manager américain. Tout la pousse à être gérée par un comptable allemand.» Au moins, Hervé Juvin, comme d'autres, aura essayé de l'arracher à ce destin funeste mais qui semble inéluctable. En vain. Jusqu'à quand ?
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Bernard Lugan : Réflexions sur la migration africaine dans une Europe « terre à prendre »

Réflexions sur la migration africaine dans une Europe « terre à prendre »

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Une chose est donc certaine, le credo du « développement » ne freinera pas le déversement du surplus démographique africain sur l’Europe. Comment en serait-il d’ailleurs autrement alors que rien ne peut être entrepris sans un strict contrôle des naissances que les Africains refusent d’envisager et que l’Europe n’est pas en mesure de leur imposer ?

Vue d’outre-Méditerranée, l’Europe continuera donc d’être considérée comme une terre à prendre. D’autant plus facilement qu’elle est peuplée de vieillards repus ou épuisés, d’hommes s’interrogeant sur leur virilité, de femmes n’enfantant plus et dont les dirigeants sont soumis au diktat permanent de l’émotionnel …

Bernard Lugan

25/06/2018
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On rappellera Jean Raspail dans le Camp des Saints : « Il nous faudra apprendre le courage résigné d'être pauvre ou retrouver l'inflexible courage d'être riches. Dans les deux cas, la charité dite chrétienne se révélera impuissante. Ces temps-là seront cruels. »