dimanche, juillet 22, 2018

Les amours du Socrate élyséen et de l'Alcibiade banlieusard : un texte presque bon de Michel Onfray

Je n'aime pas Michel Onfray, que je trouve faux, surnommé à raison « Michel Homais » par le regretté Philippe Muray. Mais je dois reconnaitre qu'il lui arrive (rarement, hélas) d'écrire des choses justes.

LE FAVORI DU ROI

*********
Dans la république monarchique qui est la nôtre, le président de la République court moins le risque d’être républicain que celui de devenir monarque. Le républicain sait qu’il est au service de l’Etat ; le monarque veut que l’Etat soit à son service.
*********

Ca commence fort puisqu'Onfray confond monarchie et tyrannie et verse dans un républicanisme qui n'a pourtant aucune leçon à donner à la monarchie (dois-je rappeler que nos rois ont fait la France alors que la république l'a plutôt défaite ?).

Je m'attends donc à du grand Onfray, mais non, ça s'améliore ensuite.

********
Cet homme qui voulait être Jeanne d’Arc se comporte comme l’évêque Cauchon, cette personne qui voulait être de Gaulle pense et agit comme René Coty, ce communicant qui avait promis une parole rare verbigère sous lui, ce modeste qui voulait être Jupiter n’est rien d’autre que Triboulet, le bouffon des Rois de Bruxelles.

Le voilà aujourd’hui monarque pour le moins glorieux de la monarchie : les vices de la cour, les prébendes offertes aux plus offerts, le règne des courtisans visqueux, l’attribution des passe-droits, l’octroi des faveurs, les privilèges accordés, les dépenses de l’argent des gueux en soirées privées et somptuaires, les fêtes avec des voyous payées avec l’argent du contribuable, les commandes de vaisselles précieuses ou la construction d’une vasque dans un château inscrit aux monuments historiques afin de recueillir les ablutions estivales du roi et de ses favoris…
********

Après une allusion, pour expliquer les rapports de Macron et de Benalla, à l'homosexualité de Gide, dont un ouvrage cohabite avec Les mémoire de guerre sur la photo officielle de la présidence (pour le coup, on ne peut pas dire qu'Emmanuel Macron cachait son jeu. Ceux qui n'ont pas compris ne voulaient pas comprendre), Onfray reprend :

********
Cet homme qui, avant Macron, était donc connu pour un licenciement motivé par un délit de fuite, a donc été choisi par Emmanuel Macron pour s’occuper de sa sécurité et ce au mépris de tout le dispositif républicain prévu à cet effet. Il existe en effet des gendarmes et des policiers de métier qui sont assermentés, formés, dévoués, républicains, qui n’ont aucun casier judiciaire ou aucun passé qui soit un passif de délinquant, et qui sont payés pour effectuer ce travail dont on les dispense puisqu’on en a chargé le Favori.

[…]

D’autres témoignages arrivent qui montrent que ce voyou n’en est pas à son coup d’essai : cet homme est brutal et violent, délinquant et imposteur, dangereux et agressif. Il ne se contente pas de taper un homme à terre, ou bien de molester un journaliste de LCP ici ou un militant de la jeunesse communiste là, il frappe aussi une femme – et j’attends que, dans la macronie, les féministes autoproclamées progressistes dénoncent ce passage à tabac d’une femme par un mâle blanc protégé par un casque. Marlène, on ne vous entend pas…
********

Tiens, ça c'est vrai, on ne l'entend pas la grande gueule de Schiappa. Evidemment, c'est plus facile de répliquer à Van Damme qu'à Macron. Courage, fuyons !

Certains efféminés sont aussi sensibles que certaines femmes aux charmes de la brutalité. On ne peut donc exclure que notre président soit séduit par les voyous (quand on a des moeurs déréglées, il faut assumer le bon sens de Pierre Dac : quand on dépasse les bornes, il n'y a plus de limites). Edith Piaf en fit des chansons.

Mais, comme le fait remarquer Dalrymple, les femmes qui sont intéressées par ce genre de personnages peu recommandables sont responsables de ce qui leur arrive ensuite (sans excuser le violent). Le malheur veut que la France subisse ce dérèglement, et non pas seulement un homme.

********
C’est cet homme que le président Macron a poussé en vue d’un poste de sous-préfet au tour extérieur. Face à la bronca du corps préfectoral, l’affaire est restée sans suite… La République est ici passée à côté d’un drame.

Par ailleurs : comment cet animal frappeur a-t-il pu obtenir ce statut de lieutenant-colonel de la réserve opérationnelle dans la gendarmerie alors que d’autres impétrants ne l’obtiennent qu’après de longues épreuves sélectives et, surtout, avec de l’ancienneté ? Qui expliquera comment il est parvenu à passer d’un seul coup du grade de brigadier à celui de lieutenant-colonel ?

Cessons-là. Le président Macron a menti pour couvrir cet homme. Il se tait pour le couvrir encore. Le silence de Gérard Colomb procède de cette couverture, tout autant que le silence de ceux qui savaient mais qui n’ont rien dit. Qu’est-ce qui peut bien expliquer pareilles faveurs ? Mystère… [Onfray est chattemite puisque tout son texte montre qu'il fait sienne l'hypothèse des relations homosexuelles entre les deux, pour l'instant sans preuves mais les salonards ont peut-être des informations à ce sujet que n'ont pas les vulgaires citoyens - c'était déjà le cas du temps de Mazarine].

Cette histoire soulève le voile et montre Emmanuel Macron sans fard pour ceux qui avaient encore besoin de points sur les « i ». Cet homme cynique n’aime que lui et ceux qui l’aiment. Narcissique à souhait, il aime donc par un effet de miroir : j’aime qui m’aime, même si cet autre n’est pas aimable. Et, de fait, Monsieur Benalla n’est pas aimable d’un point de vue républicain, et c’est fort fâcheux pour un président de la République de couvrir d’autant de faveurs un tel personnage. Mais Monsieur Benalla n’est pas aimable non plus d’un point de vue privé. Sauf à priser tout particulièrement ce genre de mauvais garçon.

Samedi 21 juillet, on apprenait fort opportunément dans l’après-midi qu’Alexandre Benalla devait se marier à la mairie d’Issy-les-Moulineaux. On aurait aimé connaître l’identité de l’heureux.se élu.e. Gageons que cette affaire ne fait que commencer. Nous ne sommes probablement pas au bout de nos surprises. Il va bien falloir finir par se rendre à l’évidence : il y avait bel et bien un candidat qui méprise la République au second tour des dernières présidentielles. J’aurais dû croire les médias du système…
********

 Onfray conclut ironiquement puisqu'il me semble qu'il a dit qu'il ne vote pas.

A tous les naïfs (ou hypocrites) qui me racontent qu'ils ont été « forcés » de voter Macron, je réponds qu'ils n'étaient forcés à rien, qu'ils auraient très bien pu aller à la pêche ou voter Le Pen sans mettre en péril d'un iota de plus notre cher et vieux pays. Il faut avoir le courage de la lucidité et d'admettre qu'il ne faut pas faire ce que le Système vous ordonne de faire.

Maintenant, je sens bien venir le second étage de la fusée : « notre bonne foi a été trompée », façon élection de Hollande (deux fois le même sketch, ça devient pénible).

Protestation de bonne foi à laquelle je répondrai sans pitié que s'ils ont été pigeonnés, c'est parce qu'ils y étaient consentants : j'avais les mêmes informations qu'eux et je ne me suis pas laissé avoir, pas plus que tous ceux qui se sont abstenus, ont voté blanc ou nul, ou Le Pen, qui ont compris qui était Macron et quels intérêts il représentait et qui, aujourd'hui, n'ont, eux, aucune raison de regretter leur choix.




Aucun commentaire: