mercredi, janvier 16, 2019

Si les hommes occidentaux se laissent traiter comme des enfants, ils méritent de disparaître

#MeToo: une nouvelle publicité de Gillette fait polémique

La pub à la mode (je me suis renseigné), c'est maman et fifille (ou fiston) complices qui ridiculisent papa ringard. Bon, si ça vous plaît ...

J'ai réglé le problème, je n'ai pas la télé et j'écoute des radios sans pubs (en fait, je coupe la radio à chaque passage de pub).

mardi, janvier 15, 2019

Les violences policières sont tout à fait secondaires (la preuve par Google Trends)


Les Gilets jaunes doivent rester négatifs

C’est ma réflexion entamée il y a quelques jours.

Comme Bruno Bertez, je pense que les GJ doivent rester négatifs, dire ce qu’ils refusent. Mais les propositions sont du domaine des politiciens.

En politique, le négatif unit, le positif divise. C’est jouer dans la main du Système de s’engager dans des propositions.

Si les Gilets jaunes font des propositions, ils font se faire becquetarer tout crus par les grands requins de la vieille politique.

C’est pourquoi le RIC, qui me paraissait une excellente idée, ne me semble plus une revendication aussi géniale : pendant qu’ils se perdent là-dedans, la pression sur le gouvernement baisse.

Le RIC, ça serait bien de l'instaurer, mais par temps calme.

De plus, pour l’instant, ce mouvement fondamentalement de droite « Rendez des comptes sur l’usage de nos impôts » a été récupéré par la gauche « Rétablissez l’ISF ».

Rester dans le négatif me semble le plus sage. D’autant que cela permet plus d’humour !

Et puis, le « grand débat », c'est du foutage de gueule (en l'occurrence, c'est du foutage de notre gueule, à nous Français) :

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« On ne se refait pas », dit la sagesse populaire, et c’est vrai. La lecture de la lettre du président de la République publiée par l’ensemble des médias et destinée à lancer le « Grand Debat » ne nous apprend rien de bien nouveau sur notre président et ses idées. Ni sur la forme, ni sur le fond ce document ne marque une rupture avec le style, avec la pensée présidentielle. Tout juste peut-on y lire un effort surhumain pour montrer une humilité qui est souvent absente dans ses interventions. Mais pour le reste, rien que du classique. Y compris dans la pauvreté du style.
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Au fait, quelqu'un a entendu parler de Laurent Wauquiez ? Un type censé être dans l'opposition et soutien naturel des Gilets jaunes. Rassurez vous, je plaisante.



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Gilets Jaunes : un syndicat de police dénonce les ordres reçus et les méthodes de comptage des manifestants

Moins intéressant :



Et :

Lettre d’Emmanuel Macron : "un mea culpa" selon Éric Zemmour

Gilets jaunes : c'est beau, une grande démocratie en action

Je rappelle à ceux qui l'auraient oublié (c'est pardonnable, ça peut arriver, vu l'ambiance actuelle) que le droit de manifester est reconnu comme fondamental par une jurisprudence constante.

Je ne sais pas si les agissements ci-dessous sont légaux (il y a tant de lois si foisonnantes en France, corruptissima re publica plurimae leges) mais je suis sûr qu'ils ne sont pas légitimes.









lundi, janvier 14, 2019

La mort en service commandé : l'anti-macronisme

Hommage à ceux qui affrontent la mort pour nous garder en vie

Le macronisme est un égoïsme, forcené même. Le président de la république est avant tout un serviteur (ce qui ne signifie pas qu'il doit être servile). Les rois de France le comprenaient parfaitement. C'est hors d'atteinte des catégories mentales d'un adolescent narcissique comme Emmanuel Macron.

Hommage donc à ceux qui sont tombés dans l'exercice du devoir.

Gilets jaunes : quels modes d'action pour la suite ?

Je pense qu'il faut à la fois maintenir la pression et redonner le monopole (empoisonné) de la violence à l'Etat.

Je ne vois pas comment faire. Des idées ?

Violence et Gilets jaunes (4)

Une video très intéressante :












Si Charles Gave a raison, nous ne sommes pas au bout de nos peines, ni à la fin des Gilets jaunes :

Présidence Macron : les ennuis ne font que commencer

Et ça ne va pas être facile de trouver une issue, par manque de relais :

Journaliste, viens voir la vie en vrai. Pourquoi la plupart des gens n'aiment pas la plupart des médias.


dimanche, janvier 13, 2019

Le sparadrap de Macron

Gilets jaunes : éclats de grenades, brûlures, membres arrachés… retour sur 82 blessures graves

GILETS JAUNES : LA JUSTICE EST LÀ POUR RENDRE LA JUSTICE. PAS POUR RÉTABLIR L’ORDRE Nous sommes dans une pure lutte de pouvoir et Macron évite la seule solution légitime pour la trancher : le retour devant le peuple (référendum, démission ou dissolution, tournant style 1983 à l'envers). Il est beau, le nouveau monde. Dans l'ancien monde, cette politique portait un nom : la tyrannie.

Je pense que la répression politique actuelle aura la peau de Macron, je ne vois pas un tyran se maintenir longtemps. Sa victoire me paraît très momentanée.

Il va y avoir des procès, des appels, des cagnottes et des pétitions, des cas vont remonter jusqu’à la CEDH et la France va être condamnée. Le feuilleton va traîner des mois, des années, ça va poursuivre Macron comme le sparadrap du capitaine Haddock. Cela va complètement le pourrir.

Objection (et motif d'inquiétude) : la Grèce. Après leur révolte infructueuse, les Grecs sont complètement désespérés et anesthésiés.

Ca, c'est plus marrant :



que ça :




Violence et Gilets jaunes (3)

Les Gilets jaunes ont été en partie récupérés, puisqu’on est passé d’une révolte anti-fiscale « Qu’est-ce que vous faites de notre argent ? » à une demande socialiste de plus d’impôts « Rétablissez l'ISF ». Brillante récupération des gauchistes (certes très aidés par les merdias et le gouvernement). Il faut saluer ce brillant travail d’artiste.

Je ne suis pas Gilet jaune puisque je vis en région parisienne (dans ma province natale, j’aurais fait un tour sur le rond-point GJ -je me suis renseigné, il y en a un- depuis longtemps).

La sociologie des GJ telle qu’elle émerge est particulière : très peu de cadres, peu d’ouvriers, un quart de retraités, beaucoup de commerçants, d’employés et d’artisans (autant pour ceux qui y voient un ramassis de fainéants et de jaloux) ; globalement, des gens peu politisés. Ce qui explique qu’ils soient sortis spontanément des modes d’action habituels.

Maintenant que la représentation médiatique des GJ a été détournée vers un gauchisme classique qui arrange beaucoup la France d’en haut (les rouges meilleurs alliés de la haute bourgeoisie, c’est aussi un grand classique. La demande d’autorité anti-fiscale des GJ initiaux -ils voulaient que les politiciens fassent comme des grands leur boulot rigoureusement, sans se jeter dans des dépenses superflues comme l'immigration- était bien plus gênante pour le Système), les GJ vont devoir reprendre la main. Je ne sais pas comment.

Peut-être que la répression politique va changer la donne.

La politique est, en dehors des rares périodes d’accélération (nous n’y sommes pas encore) un phénomène à infusion lente (c’est pourquoi il est totalement inutile de s’informer en continu). Il y a deux ans, Zemmour et quelques autres (dont je m'enorgueillis d'être) vous avaient prédit que l’élection par le bloc bourgeois minoritaire, au terme d’une campagne électorale vicieuse, d’Emmanuel Macron, provoquerait des catastrophes : en ce moment, se déroule d’une certaine manière le débat politique qui a été évité lors de la campagne.

Voilà, mais il a fallu attendre deux ans.

Il se peut que la répression politique, qui ne fait pas la une des journaux complices, soit sur le long terme une conséquence déterminante du mouvement des GJ. C’est ce que ne comprend pas Emmanuel Macron (il a l’expérience du pouvoir mais pas de la politique. Encore une fois bravo, les génies qui l’ont élu) : les moyens de la victoire, ça compte, en politique.

Il a remporté la victoire électorale par des moyens vicieux (et aux yeux de tous, sauf de quelques imbéciles), ça lui retombe sur la tronche. Aujourd’hui, il se maintient au pouvoir par un moyen illégitime, la répression (la répression est légitime une fois la solution politique trouvée, pas pour l’éviter). Il est probable que cela lui retombera sur la tronche d’une manière ou d’une autre.

Christophe Boutin dans Atlantico :

Après le succès de leur Acte 9, les Gilets jaunes face au défi du succès politique

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Remontent en effet à la surface, passant des réseaux sociaux aux titres de la grande presse, des questions sur les modalités de l’action répressive engagée par le gouvernement à l’encontre du mouvement. Les chiffres qui commencent à apparaître tendraient en effet à montrer que la violence des manifestants n’a pas été ce que l’on en a dit, tant en termes de dégradations commises que de blessés parmi les forces de l’ordre. Selon les chiffres de la gendarmerie par exemple, les manifestations de Gilets jaunes ont occasionné moins de 5% de ses blessés annuels en 2018 (335 sur 7.453) – et encore faudrait-il faire la part ici d’éléments extérieurs au mouvement venus « casser du flic ». Or, en face, le bilan est particulièrement lourd, avec sans doute plus de 1.500 blessés, dont 83 gravement – la perte d’un oeil par exemple –, des blessures graves essentiellement causées par les lanceurs de balles de défense (LBD) type Flash-ball.

Autant il est absolument nécessaire de punir toute agression des forces de l’ordre dans l’exercice de leur mission, autant il importe que ces dernières restent dans une riposte graduée qui tienne compte, comme le prévoient les textes, des « conditions de stricte proportionnalité et nécessité », comme des consignes d’usage des armes qui leur sont confiées.Et il est certain que les Gilets jaunes, bien sur, mais aussi les ONG de défense des droits de l’homme, ou le Défenseur des droits, auront bientôt leur mot à dire… ce qui pourrait bien in fine se retourner contre les forces de sécurité, en interdisant ou limitant l’usage d’armes qui sont pourtant nécessaires dans certaines circonstances,restant l’ultime recours avant l’usage d’armes létales.

Mais cette polémique qui naît sur le volet physique de la répression ne sera pas la seule qu’aura à affronter le gouvernement. L’autre question qui se fait de moins en moins sous-jacente porte cette fois sur la répression pénale du mouvement – une répression, disons le tout de suite, faite sur la base de textes légaux, à la suite de procédures légales et avec des peines légalement prononcées. Quoi qu’il en soit, et plus à Paris qu’en province si l’on en croit les quelques éléments statistiques fournis, certains juges semblent avoir eu et la main un peu forte, et fort peu de considération pour les prévenus qu’ils avaient devant eux. On les connaissait pourtant beaucoup plus amènes avec d’autres types de délinquants, qui repartent des prétoires libres et le sourire aux lèvres vers une nième récidive sans que cela semble troubler le sommeil de nos chats-fourrés.

Or ces deux questions conduisent à un même sentiment d’injustice. S’il n’est pas répréhensible en soi, et même souhaitable, que Justice et Police usent de poids et mesures différents selon les cas auxquels ils sont confrontés – c’est l’application du principe d’égalité, qui veut que l’on traite inégalement les situations inégales -, les critères retenus (ou supposés tels par ceux qui évoquent des disparités) finissent par faire perdre à une partie de la population toute confiance en ces services régaliens. On mesure ici la déstabilisation de la société qui peut en résulter et combien, à trop jouer sur ce volet répressif dans les semaines qui viennent, le gouvernement pourrait bien causer des dommages difficilement réparables.Et l’on mesure l’ampleur de la tache qui est la sienne pour restaurer cette confiance dans les semaines qui viennent
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Mon commentaire : « sentiment d’injustice ». Depuis le début, je pense que c’est le moteur des Gilets jaunes, bien plus qu’une revendication quelconque Ah, ils sont beaux, les connards bourgeois, versaillais ou autres (s’il pouvait n’y avoir de cons qu’à Versailles, la vie serait un paradis), qui disent « Qu’ils fassent charger les chevaux, tant pis s’il y a des morts ». Ils ne valent pas mieux que leurs ancêtres du XIXème siècle dont l’aristocrate Tocqueville disait que c’était la classe la plus féroce (je me marre comme une baleine de voir les gauchos libertaires vieux soixante-huitards ne pas être les derniers dans l’appel aux CRS).

En attendant, les policiers se ridiculisent :




Seulement, aujourd’hui, il n’y a pas (contrairement au siècle de Tocqueville) les chrétiens sociaux pour leur expliquer qu’il serait peut-être intelligent de mettre de l’eau dans leur vin (le vin, grande spécialité chrétienne). Donc ça craint un max. Bravo, les couillons : qui sème le vent … (bon, mais à part ça, c’est sûr que c’était vachement intelligent de voter Macron pour éviter Le Pen. Aucun doute, c’était un sommet de qualité dans l’analyse politique).

Et parce qu’on ne peut pas passer sa vie à tirer la tronche (je connaissais La Bajon, mais là elle est déchainée) :



Et :













Finalement, les Teurons sont encore plus fous que nous:

Allemagne : Anna épouse un migrant pakistanais pour empêcher son expulsion, le mariage tourne au cauchemar

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Anna épouse un jeune homme du Pakistan pour empêcher son renvoi. Mais le mariage fictif s’avère être un cauchemar. Maintenant, elle a elle-même besoin d’aide.

La copine d’Anna déclare qu’Abdul a fui les règles islamiques strictes au Pakistan. Mais étonnamment, il les respecte ici.

Si elle devait le faire à nouveau, Anna se marierait encore avec Abdul – et pourtant elle lutte avec sa situation.

Elle suit un traitement psychologique en raison de sa situation.
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Violence et Gilets jaunes (2)


Gilets jaunes : mobilisation en hausse, violences en baisse. Les médias en parlent moins.
CQFD (pour ceux pour qui cette démonstration était encore nécessaire)

Nota : un article d'un crimonologue expliquait en décembre, par comparaison avec l'Italie des années 70 gangrenée par la corruption de la démocratie chrétienne, que le destin des GJ face à un système verrouillé et autiste était que la majorité tombe dans l'apathie et le désespoir tandis qu'une minorité tournerait terroriste façon Brigades Rouges.


GJ, EM : Zemmour, Bauer





Duhamel, c'est juste la voix du Système pour entraver Zemmour.



Je reste sur mon analyse : E. Macron cherche délibérément l'escalade de la violence parce qu'il croit qu'il peut gagner cet affrontement. Ce n'est pas impossible, pour lui et à court terme. Mais pour la France (dont il se fout) et à long terme (dont il se fout aussi), c'est très douteux.

Amon avis, chez les vrais décideurs, ceux qui ont fait Macron, on parie qu'il ira jusqu'en 2022 et qu'il faudra alors sortir un remplaçant, genre le général de Villiers ou la petite Maréchal (qui ne leur fait pas peur).


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J'ai discuté assez longuement avec un serveur de café à Paris. Il était très remonté contre les Gilets jaunes. Le sempiternel argument individualiste (que j'ai déjà contredit) des anti-GJ : « Ils n'ont qu'à faire comme moi. Ils n'ont qu'à bosser ». Impossible de lui faire entendre que les GJ ne sont  pas tous des oisifs et qu'on n'est pas seul au monde, qu'il y a un contexte, une époque, des choix collectifs, bref une politique qui fait que l'ascenseur social fonctionne plus ou moins, qu'il est plus ou moins aisé de vivre de son travail et qu'à coté des décisions individuelles, il faut aussi regarder en face ces choix collectifs, et les remettre en cause si besoin, ce que font justement les GJ.

Je pense que ce monsieur a objectivement intérêt à être du coté des Gilets jaunes. Pourtant, c'est son coté parisien qui l'emporte.

Bizarrement (ou pas ?), la conversation a dérivé vers les mères célibataires qui ont du mal à joindre les deux bouts « Je ne les ai pas obligées à faire de gosses ». Là encore, les décisions individuelles sont orientées par le collectif, ne serait-ce que la morale.

Il n'était pas agressif mais buté. Je ne peux pas totalement le contredire. A la fin, chacun est responsable de sa vie. Tout de même :

No man is an island,
Entire of itself,
Every man is a piece of the continent,
A part of the main.


samedi, janvier 12, 2019

« Dégage vieille truie » : elle est belle, la police française.


Je ne serais absolument pas surpris si ce policier était originaire des fameux quartiers qui font la richesse de la France (je ne parle pas du 16ème arrondissement). Ces gens-là ont je ne sais quoi contre les porcidés.


France-Allemagne : pendant le spectacle des Gilets jaunes, le travail de l'oligarchie continue

Macron et Merkel signeront un nouveau traité de coopération franco-allemand

C'est un traité aussi peu contraignant que le pacte de Marrakech 😀.

Il est plus que temps qu'une victoire des Français fidèles survienne, mais on en est hélas encore loin.

Allez, on ne peut pas toujours être sombre. Au moins un point positif : la conscience politique des Gilets jaunes progresse à la vitesse grand V.




Les voeux du maire

Voeux du maire en présence de M. Devedjian et de Mme Pécresse.

Très instructif.

Ils ont peur des Gilets jaunes (« Méfiez vous des anarchistes qui exploitent la misère »), de la démocratie directe (lourde ironie) et de la proportionnelle (re-lourde ironie). Ils appellent à la répression sans état d'âme (« Le bleu marine va revenir à la mode »). On a eu droit à moultes leçons de bonne gestion.

Et  deux fines allusions : Mme Pécresse se verrait bien présidente de la république.

Détail : tout ce petit monde est censé être dans l'opposition.

Ca se passe de commentaire. A part celui-ci : j'ai été très intéressé, mais pas forcément dans le sens souhaité par les trois orateurs.

Gilets jaunes / Parti de l'Ordre : la guerre sans merci

Des déclarations des medias officiels hallucinantes :



La demoiselle Gilet jaune est impeccable. Le mot « guerre » est prononcé à raison.

C'est bien, dans cette histoire, que les masques tombent.

Sont révélées :

> la fausse opposition droite-gauche, ils sont tous d'accord pour tirer sur les Gilets jaunes.

> la fausse impartialité médiatique. Ils sont tous du même coté.

> la fausse générosité du politiquement correct qu'on opposait aux Gilets jaunes pour les traiter de «  fermés », d'égoïstes, bref d'australopithèques. Quand il s'agit de ne pas écouter les Gilets jaunes et de leur en foutre plein la gueule, il n'est plus question d'ouverture.

Bon, après ? Qu'est-ce qu'on fait ?

Si Luc Ferry continue à sévir sur les medias, comment ne pas prendre ça pour une insulte ? Si tous ceux qui ont appelés au meurtre ou à la répression la plus violente et la plus arbitraire restent impunis, comment pourrons-nous reformer une société ?

Comment fait-on le ménage ?  Jusqu'à quel point  ? La question se pose après toutes les guerres et après toutes les révolutions. Je n'ai pas la réponse, mais il faudra garder la question dans un coin de la tête.

En attendant, la guerre sociale n'est pas gagnée. Depuis le début, je dis qu'ils ont été complètement inconscients de mépriser un vieux peuple régicide. La bataille est engagée. Nous sommes au lendemain de la bataille de la Marne : nous avons cessé de reculer et l'ennemi a fait quelques concessions. Maintenant, il nous faut vaincre.

Et utiliser l'humour comme arme, c'est possible :



Elizabeth Lévy est un peu isolée :

Élisabeth Levy : « A propos des Gilets jaunes, on doit avoir le droit d'être partagé ».

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Élisabeth Lévy analyse le mouvement des Gilets jaunes, elle y voit une « révolte contre la révolte des élites », mais émet des réserves concernant la demande d'horizontalité qui émane du mouvement.
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L'impasse Macron vue par Jacques Sapir (et par moi)

Emmanuel Macron et le risque du Chaos

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Le problème aujourd’hui posé au gouvernement est donc de faire retomber la violence et de canaliser la colère. Il n’en prend pas le chemin avec ses provocations. Mais, que peut-il faire? La première des actions serait de reconnaître la légitimité des revendications des Gilets Jaunes. On voit bien ici poindre les problèmes politiques.

Pour les revendications politiques, comme l’établissement du scrutin à la proportionnelle et le référendum d’initiative citoyenne, ces innovations menacent de désarticuler le cadre qui assure à une petite minorité de pouvoir gouverner même face à des oppositions populaires majoritaires. On comprend alors pourquoi Emmanuel Macron voudrait vider ces innovations de leur contenu réellement démocratique en les cantonnant dans des domaines qui leur enlèveraient tout sens.

Quant aux revendications de justice fiscale, elles ne peuvent être satisfaites tant que la liberté des capitaux sera élevée au rang de principe. Car, c’est cette liberté de capitaux qui permet aux grandes fortunes et aux entreprises largement bénéficiaires de pouvoir jouer avec la loi. Or, les atteintes à la liberté des capitaux sont prohibées par l’Union européenne.

Sur le pouvoir d’achat, les mesures ici se heurtent à la trop fameuse « compétitivité internationale » de la France qui joue ici le rôle d’une règle de fer dans un pays qui ne peut plus déprécier sa monnaie. Car, il faut s’en souvenir, ce qui contraint toute politique de partage des richesses créées par le travail, c’est en réalité la monnaie unique, c’est l’Euro.
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Cette analyse est juste sur l'impossibilité du gouvernement Macron de satisfaire les Gilets sans un changement révolutionnaire (très peu probable) de politique. J'ajoute : Alerte Rouge : après la Chine, Donald Trump entend s’attaquer à l’Europe et voilàpourquoi la France serait bien inspirée de réagir au plus vite.

En revanche, Jacques Sapir se trompe radicalement, par incohérence, quand il écrit que « le problème aujourd’hui posé au gouvernement est donc de faire retomber la violence et de canaliser la colère ». Il est très naïf.

Non. E. Macron est plus conséquent. Il ne veut pas faire retomber la violence car il sait que le seul moyen d'y parvenir est de renier sa politique, de se renier lui-même (comme l'explique Sapir), ce qu'il ne veut pas.

Il est clair (à mes yeux, en tout cas) qu'il cherche au contraire à exacerber la violence pour y trouver un prétexte à réprimer les Gilets jaunes sans changer de politique. On appelle cela la politique du pire. Ce n'est pas la première fois dans l'histoire qu'elle est pratiquée et il arrive qu'elle fonctionne (au moins pour un temps), au profit du tyran et pour le plus grand malheur du peuple. Du point de vue d'Emmanuel Macron, c'est le bon choix, tout simplement parce que c'est le seul possible, tous les autres impliquant un mea culpa gigantesque.

Les déclarations que beaucoup prennent pour des maladresses sont en réalité des provocations délibérées.

N'ayons pas peur des mots, puisqu'il y a déjà eu des morts : cette politique est un crime de haute trahison et j'espère qu'Emmanuel Macron sera un jour puni comme il le mérite. Le crime étant politique, le procès devra être politique.









vendredi, janvier 11, 2019

Saint Thomas d'Aquin a aussi un avis sur les Gilets jaunes. Et Campagnol fait une video bien intéressante (Benalla sauveur de la patrie !).

Saint Thomas d'Aquin a un avis (question 42) :

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Conclusion :

Nous venons de le voir, la sédition s'oppose à l'unité de la multitude, c'est-à-dire à l'unité du peuple, de la cité ou du royaume. Or, S. Augustin dit que le peuple, selon le témoignage des sages, désigne " non point l'ensemble de la multitude, mais le groupement qui se fait par l'acceptation des mêmes lois et la communion aux mêmes intérêts ". Il est donc manifeste que l'unité à laquelle s'oppose la sédition est l'unité des lois et des intérêts. La sédition s'oppose ainsi à la justice et au bien commun. C'est pourquoi elle est, de sa nature, péché mortel, et d'autant plus grave que le bien commun auquel s'attaque la sédition est plus grand que le bien privé auquel s'attaquait la rixe.

Toutefois, le péché de sédition appartient d'abord et à titre de principe à ceux qui excitent la sédition. Ceux-là pèchent très gravement. Secondairement, à ceux qui les suivent, et qui troublent le bien commun. Quant à ceux qui défendent le bien commun en leur résistant, ils ne doivent pas être appelés séditieux ; pas plus que ceux qui se défendent ne sont coupables de rixes, nous l'avons dit.

Solutions :

1. Le combat qui est permis se fait pour l'utilité commune, nous l'avons vu plus haut. La sédition, au contraire, se fait contre le bien commun du peuple. C'est pourquoi elle est toujours un péché mortel.

2. La discorde au sujet de ce qui n'est pas manifestement un bien peut exister sans péché. Mais la discorde au sujet de ce qui est manifestement un bien ne le peut pas. La sédition est une discorde de cette espèce, puisqu'elle s'oppose à l'utilité du peuple, qui est manifestement un bien.

3. Le régime tyrannique n'est pas juste parce qu'il n'est pas ordonné au bien commun, mais au bien privé de celui qui détient le pouvoir, comme le montre Aristote. C'est pourquoi le renversement de ce régime n'est pas une sédition ; si ce n'est peut-être dans le cas où le régime tyrannique serait renversé d'une manière si désordonnée que le peuple qui lui est soumis éprouverait un plus grand dommage du trouble qui s'ensuivrait que du régime tyrannique. C'est davantage le tyran qui est séditieux, lui qui nourrit dans le peuple les discordes et les séditions, afin de pouvoir le dominer plus sûrement. C'est de la tyrannie, puisque c'est ordonné au bien propre du chef, en nuisant au peuple.
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Et Christian Combaz aussi (Benalla sauveur de la patrie !) :

Violence et Gilets jaunes

J'ai laissé ce commentaire chez Philippe Bilger :




Le peuple français supporte très bien le débat démocratique : vous l’insultez à tort. Dois-je vous rappeler qu’il s’est investi comme rarement dans un débat démocratique en 2005 avec le résultat que l’on sait ? Comme d’habitude, vous vous méprenez sur la politique (qui n’est pas un diner chez la marquise).

Ce n’est pas moi qui le dis, mais j’approuve à 100 % :

La violence, c’est mal ! (titre ironique)

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Il ne faut pas confondre la République avec une dictature élective. Tous les cinq ans, nous élisons un président de la République qui dispose normalement d’une majorité au Parlement. Mais cela ne lui donne pas le droit de faire ce qu’ils veut, ni même d’appliquer son programme sans discussion pendant cinq ans. Pendant tout leur mandat président, députés et sénateurs restent des représentants. Et il leur faut justifier de cette représentativité chaque jour. Pour cela, ils doivent en permanence prendre le pouls du pays, écouter son peuple, et s’assurer que les politiques qu’ils mettent en œuvre ont un large soutien. C’est à cette seule condition que les institutions seront solides, et les conflits arbitrés pacifiquement. Lorsque le gouvernement se cache derrière la légitimité électorale d’un jour pour ne pas écouter les citoyens, lorsqu’il refuse de tenir compte des protestations pacifiques, il pousse les citoyens à la violence, puisque celle-ci apparaît comme la seule façon de sortir le gouvernement de son autisme.
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Quand on a à faire à des autistes, on ne débat pas, on gueule. Puis, si on n’est toujours pas entendu, on frappe. C’est pareil dans toutes les démocraties du monde. C’est logique et même sain. Si on faisait autrement, cela voudrait dire que le peuple néglige sa souveraineté.

Je regrette que nous en soyons là. Encore, une fois, à qui la faute ? Qui a trahi ses devoirs et oblige le peuple à les lui rappeler ? Qui fait son devoir en rappelant l’ordre juste et qui fait défaut en n’écoutant pas ce rappel ?

Relisez Choses vues. Victor Hugo avait un jugement plus aiguisé que le vôtre sur le partage des responsabilités dans la violence populaire.

Non, la violence des Gilets jaunes n’est pas inadmissible : elle est nécessaire.

Toujours extrait du même site :

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Arrêtons un instant, et rembobinons un peu le film. Pendant deux semaines le mouvement des « gilets jaunes » a été, à quelques incidents près, essentiellement pacifique. Sans casser ni brûler, il a mis presque 300.000 personnes dans la rue le 17 novembre, et pouvait compter sur le soutien ou sur la sympathie de quatre français sur cinq. Et qu’a-t-il obtenu ? Rien, absolument rien. Le Premier ministre a proclamé qu’il ne dévierait pas de sa route, et les députés LREM (du moins ceux qui débitent sagement leurs éléments de langage, c’est-à-dire presque tous) l’ont soutenu sans le moindre état d’âme. Edouard Philippe s’est même permis de rejeter avec mépris la main tendue d’un Laurent Berger, pourtant peu suspect de radicalité.

Un samedi de violence, avec un monument national endommagé, des boutiques saccagées, des voitures brûlées a fait ce que deux semaines de manifestations pacifiques n’avaient pas pu faire. Le Premier ministre inflexible et « droit dans ses bottes » est tout à coup devenu un Premier ministre sensible, plein d’empathie, prêt à écouter et à concéder. Les ministres, les députés LREM (du moins ceux qui débitent sagement leurs éléments de langage, c’est-à-dire presque tous) ont déclaré à qui mieux mieux qu’ils « écoutaient et comprenaient » cette même colère qui, quelques jours plus tôt, les laissait parfaitement insensibles. C’est tout de même fou ce que quelques graffitis, quelques voitures brûlées, quelques boutiques saccagées peuvent rendre les gens perceptifs…
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CQFD.

Et si les Gilets jaunes s’arrêtaient d’être violents, la classe d’en haut cesserait aussitôt de s’occuper d’eux.

Je regrette cette violence autant que vous, peut-être plus. Car je suis hanté par la crainte de l’escalade, la princesse de Lamballe dépecée.

Mais je remets les responsabilités là où elles sont. Les initiateurs de la violence sont dans la classe d’en haut, qui depuis trente ans a un comportement de colonisateur vis-à-vis de la France d’en bas.

« l'effervescence sans cause » dites vous. Sans cause ! Etes-vous sûr de vivre sur la même planète que les Gilets jaunes ?

Trente ans de politique où on les a trainés dans la boue, insultés de toutes les manières possibles (dois-je vous rappeler Sollers les traitant de « moisis » et BHL de « rances » ?), où on a laissé entendre qu’ils allaient rapidement disparaître dans les poubelles de l’Histoire multicuturelle, ouverte, bisous-bisous, ne sont-ce pas à vos yeux des justifications amplement suffisantes à une « effervescence » ?

Comme vous, je pense qu’une fois le mouvement bien lancé (c’est le cas aujourd’hui) , il y a un appétit pour la catastrophe (dont je ne suis pas totalement exempt) parce que ça met un peu de sel dans la vie. Après, on pourra dire « J’y étais ».

Mais quoi ? La politique est l’art de l’irréversible. Il est bien temps de se plaindre que le cheval est emballé quand on n’a cessé de le fouetter. Il fallait y penser avant. Avant de voter Macron, par exemple (nous savions que Macron allait provoquer des catastrophes –sans nécessairement savoir lesquelles).

J'espère de tout mon coeur que la violence cessera d'être légitime parce qu'Emmanuel Macron aura pris une des trois mesures suivantes qui prouveraient son écoute des Gilets jaunes :

1) Démission.

2) Dissolution de Assemblée Nationale après un changement de loi électorale pour introduire la proportionnelle (ça paraît compliqué).

3) Changement de politique (anti-technocratie, anti-impôts, anti-immigration, anti-européiste, bref, pro-France).

D'ici ce jour béni, je continuerai à la fois à juger la violence des Gilets jaunes légitime et à la redouter.

Bien à vous.

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J'aurais pu ajouter :

Oui, on peut comprendre les violences en marge du mouvement Gilets Jaunes

On remarquera que, comme d'habitude, les gens qui sont absolument scandalisés, outrés, par la violence des Gilets jaunes passent régulièrement sous silence celle de la racaille des banlieues.

Or, la première est porteuse d'un désir politique pour la France alors que l'autre est sécessionniste.

jeudi, janvier 10, 2019

Deux France irréconciliables

Plus je discute, plus je trouve qu'il y deux France irréconciliables. Je me suis amusé, très technocrate, à faire un tableau comparatif :


Gilets jaunes
Anti-Gilets jaunes
Mon commentaire, mon positionnement
Sociologie
France de Guilluy.
Bagage secondaire et/ou financier.
Anti-GJ
Effectif
Actifs : entre 30 000 et 100 000

Soutien population autour de 50 %.
30 % ?
Très difficile d'avoir des chiffres fiables.
Économie
Perdants de la mondialisation.
Gagnants de la mondialisation.
Gagnant en apparence (par comparaison avec les vrais perdants), perdant en réalité (par comparaison avec mon équivalent avant la mondialisation).
Politique
Souverainistes, anti-immigration, anti-globalisation.








Réclament plus de démocratie directe.
Pas forcément satisfaits mais encore plus peur du changement que de la continuité.

Pas forcément macronistes.

La démocratie est là pour les approuver. Se défient dès que le peuple les contredit.

En fait, ils ne sont pas tout démocrates.


GJ










C'est le V d'adhésion à la démocratie : aujourd'hui, on est démocrate aux deux extrêmes et tyrannique tendance techno au centre.

Moteur psychologique
Réaction plus que revendication.

Injustice.

Deux poids, deux mesures généralisé : fiscalité (GJ, évadés fiscaux), justice (GJ, racaille), influence (GJ, minorités), aménagement du territoire (campagnes, banlieues) …
Préservation de la position sociale. Trouille sociale.
 GJ
Violence
Nécessaire pour se faire entendre, comme le prouve l’expérience.

La violence n’est jamais assez forte pour réprimer les GJ. Entendu : « Il faut faire charger les chevaux et tant pis s’il y a des morts ».

Voir l’appel au meurtre de Luc Ferry.
GJ

On m’a dit : « La violence policière contre les racailles de banlieue te gêne beaucoup moins ».

D’abord, il n’y a pas de violence policière en banlieue puisque la police n’y va plus.

Et puis les racailles de banlieue se présentent comme mes ennemis et comme les ennemis de la France, alors que les GJ, c’est mon peuple, qui chante la Marseillaise en agitant un drapeau tricolore.
Attitude
Renoue les liens sociaux.

Inventivité.

Egoïsme forcené

(Entendu : « Ils n'ont qu'à faire comme moi ».

Sous-entendu :« Je me suis fait tout seul. Je ne dois rien à personne, ni à mon environnement, ni à mon époque, ni à la politique en vigueur au moment de mon ascension sociale.

Donc je n'ai aucun ascenseur à renvoyer, aucune gratitude à avoir,  aucun devoir vis-à-vis de mes compatriotes.

Qu'ils crèvent, ces gueux ! »)

Conformisme.

Je suis frappé par le manque d’empathie des anti-GJ.
Prévision
Ca va mal se terminer.
Ca va mal se terminer.
Ca va mal se terminer.


Il se peut que ce tableau vous paraisse partial, mais, le moins que je puisse dire, c'est que je ne suis pas ébloui par l'intelligence des anti-Gilets jaunes. Le conformisme et probablement la trouille induisent une pensée très pauvre.

Même s'ils s'expriment moins bien, Les Gilets jaunes me semblent faire preuve de plus de bon sens et d'inventivité.

Comment éviter la catastrophe qui vient ? Très simple. Le virage de Mitterrand en 1983 en sens inverse : anti-impôts, anti-européiste, anti-immigration. Mais nous savons tous que cela n'arrivera pas.






mercredi, janvier 09, 2019

Au fond de l'impasse Macron, la guerre civile des mondialisés contre les Français ?

Dans le vaste nombre de ceux qui pensent qu'Emmanuel Macron nous mène vers la guerre civile, un noyau, dont je suis (voir les commentaires sous ce billet), se demande s'il ne le fait pas délibérément, alors que la plupart invoquent la bêtise, l'arrogance et l'incompétence.

En effet, Emmanuel Macron est de toute façon un président par effraction. Le mépris de la démocratie, c'est son truc. Alors, après tout, envenimer les désordres actuels et profiter du chaos pour instaurer progressivement la dictature, c'est possible (quand on a pour soi les politiques, les médias, les juges) et ça ne doit pas lui faire peur.

Un parfait représentant de la grande bourgeoisie, bien puant (je sais, les comparaisons olfactives rappellent les zeures ...), courtisan à tous les râteliers, donne la méthode : Gilets jaunes Luc Ferry appelle les policiers à utiliser « leurs armes », Jean-Luc Mélenchon s’insurge.

Gilets Jaunes : les images étonnantes d’un policier avec un marteau et de CRS qui jettent des pavés.

Rappelons que la tyrannie progressive et légalisée, c'est la méthode de l'empereur Auguste. Macron n'inventerait vraiment rien.

mardi, janvier 08, 2019

Jaunisse

Je n'avais jamais regardé une video de Gilets jaunes aussi longue. Franchement, c'est plein de bon sens.



Un point m'intrigue : aucune de ces personnes ne met en cause, au premier rang de leurs préoccupations, les vrais soutiens de Macron, les Drahi, les Niel, les Henrot et compagnie.

Pourtant, ce sont eux qui tirent les ficelles, ce sont eux qui peuvent forcer Macron à démissionner. Ca serait marrant que les Gilets jaunes appellent à boycotter SFR et Free. On rigolerait cinq minutes.

lundi, janvier 07, 2019

Ca y est, le grand débat de Macron est déjà fini

Ca y est, le grand débat de Macron est déjà fini :


Un article du 4 décembre, plus que jamais d'actualité :

L'incroyable faillite du maintien de l'ordre macronien

Pour résumer, cet article explique que la politique d'escalade sécuritaire du gouvernement, tout dans la confrontation violente, enseigne aux Gilets jaunes à devenir violents.

En effet, la violence suppose certaines techniques. C'est pourquoi les casseurs arrêtés n'avaient aucun casier judiciaire : les casseurs entrainés sont bien plus difficiles à attraper. Aujourd'hui, je suis sûr que les Gilets jaunes les plus hargneux ont appris et qu'ils ne se feraient plus prendre aussi facilement qu'il y a un mois.

Arnaud de Benedetti constate que la bêtise du gouvernement est en train de transformer une révolte en révolution :

*********
Le processus que nous vivons depuis quelques semaines est quasi révolutionnaire.

Révolutionnaire pour au moins deux raisons : parce qu'il exprime un recul spectaculaire et inquiétant de l'adhésion au cadre « légal rationnel », pour reprendre la formule de Max Weber, à l'intérieur duquel nous interagissons ; parce qu'il entraîne en retour une réaction, ou plutôt une sorte de néo-réaction qui coagule dans un irrépressible mouvement d'autodéfense les forces politiques, intellectuelles, administratives, économiques les plus intéressées, accrochées à la sauvegarde et protection de leurs positions.

De part et d'autre, la trajectoire est une montée aux extrêmes. Au regard des bienséances civiques, l'écart que s'autorisent les parties prenantes de cette confrontation, constitue le signal d'une évidente dégradation du socle institutionnel fondateur du régime. Certains manifestants, pas tous loin de là, n'hésitent pas à recourir à l'affrontement violent avec les forces de l'ordre ; l'exécutif de son côté active une sémantique, des postures explicitement clivantes, voire autoritaires peu susceptibles d'apaiser un climat inquiétant.

[…]

Parce qu'ils relèvent aussi d'une blessure démocratique, celle toujours non-cicatrisée du référendum déchiré de 2005, les gilets jaunes sont la première entreprise populaire de délégitimation de la doxa technocratique dont Maastricht demeure l'expression la plus achevée. Il aura fallu une taxe de trop, une incompréhension gouvernementale de ce qui se levait, une pincée de mépris communicant pour que s'ouvre sous nos yeux une époque dont nous percevons la genèse mais n'entrevoyons pas l'issue, nonobstant un débat national qui en laissant hors champ les questions européenne et migratoire montre que l'exécutif n'entend rien concéder de ce qui fait l'essentiel de sa vision du monde. 

*********

Les révolutions arrivent toujours de la même façon, on l'a vu cent fois depuis la guerre d'indépendance américaine : c'est une révolte qui est traitée trop durement avec des concessions trop tardives et insuffisantes. Puis, les révoltés prennent conscience de leur force face à un gouvernement qui finit quand même par céder tout en réprimant et ils exigent non plus des concessions mais un changement de régime.

Comme éviter qu'une révolte ne se transforme en révolution ? En cédant tout de suite plus que ce qui est demandé, quitte à reprendre la main quelques mois après.

Comment distinguer une révolte qui a un potentiel révolutionnaire d'une autre qui ne l'a pas ? C'est tout l'art du gouvernement, qui ne s'apprend pas, à ce qu'on dirait, à l'ENA.

Dans le cas des Gilets jaunes, il y avait dès le début des signes qui auraient du mettre la puce à l'oreille d'un gouvernement non-autiste :

1) la sociologie : les Gilets jaunes, ce sont les oubliés de l'histoire depuis trente ans, cette France qui n'est ni des grandes métropoles ni de leurs banlieues. Cette France représente 50 % à 60 % de la population, donc le réservoir de Gilets jaunes potentiels est immense, ce ne sont pas les 140 000 cheminots de la SNCF. J'aurais été gouvernant, rien que cet aspect quantitatif m'aurait foutu les jetons (il semble bien que les vieux de la vieille, style Bayrou et Le Drian, aient tenté d'alerter Jupiter, mais quand on est con ...).

2) la présence inhabituelle dans les manifestations des ronds-points de femmes et de personnes âgées. Il est impossible que cette présence féminine sur les ronds-points n'ait pas été remontée par les préfets. Quand les femmes participent à la révolte, danger : la révolution n'est pas loin (là encore, un minimum de culture historique ...). C'est d'ailleurs en lisant un article sur les femmes des ronds-points que j'ai envoyé un message à une amie parisienne « Va voir une manif de Gilets jaunes, il se peut que tu assistes à un événement historique que tu raconteras à tes petits-enfants ».

3) La persistance. Les petits rigolos qui argent que quelques dizaines de milliers de Gilets jaunes, ce n'est pas grand'chose et donc qu'il faut leur rentrer dans le lard, oublient la sociologie exposée en 1) mais aussi qu'on n'a jamais vu une telle obstination, ça fait deux mois que ça dure.

Que des bons bourgeois, bien incultes, bien stupides, ne sachent qu'afficher mépris social (« Ils font des fautes d'orthographe »), craindre pour leurs biens et leur position sociale et appeler le gouvernement à la répression la plus dure (j'ai entendu ce matin : « Il faut faire charger les chevaux et tant pis s'il y a des morts »), sans aucun sens historique (au passage, s'il y a une analogie, c'est avec 1848, pas avec 1934) ni politique, ma foi, c'est navrant mais pas très surprenant. Voltaire les appelait les boeufs-tigres : « Bêtes comme des boeufs, féroces comme des tigres ».

En revanche, que des gouvernants ne soient pas plus évolués que ces imbéciles, c'est plus que navrant, c'est dangereux.

Le gouvernement a choisi l'escalade répressive, espérant faire de la peur du désordre son alliée en s'appuyant sur sa majorité parlementaire et médiatique, pour instaurer une tyrannie de fait qu'il lui permettrait de ne pas remettre en cause sa politique. C'est pure folie : on ne gouverne pas en réprimant les angoisses existentielles de la moitié du peuple.

Si j'étais Macron, je réglerais le problème autrement :

« Mes chers compatriotes.

J'ai pris mes résolutions. Je demande aujourd'hui au gouvernement de présenter une loi introduisant une dose de proportionnelle dans les modalités des élections législatives, afin que tous les partis soient représentés de manière plus juste. Il n'est pas démocratique d'exclure des partis, même s'ils sont extrêmes. Je demande à tous les partis politiques, en tenant compte de l'urgence nationale, de travailler pour que cette loi soit adoptée au plus vite, tous les retardataires assumeront leurs responsabilités devant les Français.

Une fois cette loi adoptée et promulguée, avant la fin de ce mois, je dissoudrai l'assemblée nationale et la parole sera au peuple. Vive la république ! Vive la France ! ».

Je crains que, même pour cette mesure radicale, il commence à être trop tard. Bientôt, il ne restera plus à Emmanuel Macron que la démission (un suicide à la romaine, ça serait encore plus classieux, mais je doute que son goût du théâtre le pousse jusqu'à ce point).

Pour vous faire rire :






Et le sieur Combaz :










dimanche, janvier 06, 2019

« Bien taillé. Maintenant il faut coudre ». Mais quand on a cassé la machine à coudre ?

Je suis bien d'accord que les revendications des Gilets jaunes partent dans tous les sens et qu'il est difficile d'en tirer une politique.

Mais, depuis quarante ans, la France d'en haut a corrompu les corps intermédiaires et sapé leur crédibilité, pour ne pas avoir à entendre ce qu'ils auraient pu dire de la part de la France d'en bas.

Un journal qui vit de subventions est soulagé du souci d'avoir à séduire des lecteurs.

Pour un politicien, c'est plus facile d'espérer une retraite au sein d'un organisme supra-national non élu ou d'une grosse boite que de se battre pour la France (même le FN profite de l'argent européiste).

Un syndicaliste est beaucoup plus à l'aise quand il vit de magouilles sur fonds publics que de l'argent des cotisations.

Les subventions délivrent les associations d'avoir à convaincre des adhérents de leur utilité.

Bref, la destruction de la crédibilité des corps intermédiaires ne sort pas de nulle part. Elle a été voulue, à coups d'argent public et de petits arrangements, parce qu'elle apportait des avantages à la France d'en haut.

Alors, c'est fort de café d'entendre ceux qui y ont oeuvré ou leurs héritiers se plaindre d'un état de fait qu'ils ont activement recherché.

Vous avez chanté tout l'été ? Hé bien, maintenant, dansez.

Il y a idéalement une réponse : que le gouvernement comprenne les raisons de fond de la révolte des Gilets jaunes et décide de lui-même d'une politique adéquate. Mais je ne vois pas par quel miracle ce gouvernement d'incapables, sans antennes et sans relais, remettrait en cause trente ans de politique destructrice.

C'est, comme dit Charles Gave, un gouvernement de colonisateurs et nous sommes les colonisés.

Il n'y a eu que Lyautey pour proposer aux colonisés autre chose que la répression. Macron n'est pas Lyauyey (même s'ils partagent certains goûts 😀).

Benjamin-le-radical : alors, ça va, la courante, la chiasse ?

« Gilets jaunes » : Benjamin Griveaux évacué après une intrusion dans son ministère

Ah, Griveaux, cette grande lumière de la pensée !

Ca m'agace parce que je pense que cette escalade de la violence ne peut que mal finir pour la France, mais tout de même, comment vous cacher mon vif plaisir de voir encore un Tartarin du gouvernement "se replier sur des positions préparées à l'avance" , comme on disait en 1940, la queue entre les jambes, la mine chiffonnée, sous la pression des Gilets jaunes ?

Il y a un coté Guignol bastonnant le gendarme qui ne peut que réjouir les âmes simples comme moi.

C'est du vaudeville. Macron dit : "Qu'ils viennent me chercher", les Gilets jaunes répondent : "Vos désirs sont des ordres, M. le président, on vient vous chercher". Griveaux dit : "Soyons radicaux". Les Gilets jaunes répondent : "D'accord. On va être radical. On va te casser la gueule".

Depuis le début, je redoute que Macron utilise les troubles des Gilets jaunes pour imposer une tyrannie de fait (on voit bien l'appel au parti de l'ordre (1)) et je me demande comment empêcher ça.

Les Gilets jaunes sont peut-être en train d'apporter la réponse : le ridicule. On combat la tyrannie en ridiculisant le tyran.

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(1) : sous le magistère de Péguy, il faut faire la différence entre l'ordre apparent et l'ordre juste, le seul vrai.

Emmanuel Macron est en apparence le garant de l'ordre, mais, en réalité, parce qu'il a été élu au terme d'une campagne électorale biaisée, injuste, c'est lui le plus gros facteur de désordre.

jeudi, janvier 03, 2019

Gilets jaunes : il est trop tôt pour parler de pacification démocratique

Ran Halévi : « “Gilets jaunes”, le succès et l'impasse »

Ran Hélvi a raison : il faudra un jour que les GJ s'exprime à travers un processus démocratique.

Mais c'est trop tôt.

D'où vient le, désormais fameux, déficit démocratique (qui fait que 60 % du peuple français n'est pas représenté et que des politiques largement majoritaires comme l'arrêt de l'immigration ne sont  pas appliquées) ?

D'une capture des institutions par l'oligarchie mondialisée à travers divers moyens : gouvernement des juges et des traités, perversion de la Vème république (extension des pouvoirs du CC, quinquennat, non-respect du référendum de 2005, abandons de souveraineté) ...

Or, cette cause fondamentale n'étant pas traitée, l'oligarchie mondialisée s'accrochant toujours autant au pouvoir, la réintégration précoce du processus démocratique par les GJ conduirait inévitablement à une défaite et n'aurait de démocratique que les apparences.

La vraie démocratie consiste d'abord à faire lâcher le manche à l'oligarchie, par tous les moyens,  et à créer une vraie alternative. Et ensuite seulement, les électeurs auront le choix et la démocratie pourra fonctionner.

C'est pourquoi la démission de Macron me paraît toujours une exigence sensée.



mercredi, janvier 02, 2019

Macron et les Gilets jaunes : Pharaon aussi avait le coeur endurci

Emmanuel Macron a fait le choix de la répression des Gilets jaunes. Bruno Bertez le voit également ainsi :

La voiture grillée, une spécialité bien française !

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Emmanuel Macron n’a pas finassé à l’occasion de la présentation de ses vœux. Que ce soit dans ses attitudes et dans ses paroles le message était clair. Au-delà des insultes habituelles adressées aux six à sept Français sur dix qui souffrent de sa politique et s’y opposent, il a confirmé que la seule solution à la crise de légitimité qui le frappe de plein fouet serait le recours à la répression. Flanqué d’une police qui a démontré sa capacité à la brutalité et la violence excessive et surtout une magistrature aux ordres, il est fermement décidé à un tournant autoritaire.

[…]

Effectivement, on peut dire « bizarre » en apprenant que pour la Saint-Sylvestre les racailles de banlieues auraient brûlé plus de 1000 véhicules. C’est-à-dire largement 20 fois plus que les « gilets jaunes » pendant toute la durée du mouvement depuis le 17 novembre dernier. On peut dire aussi « bizarre » en apprenant le bilan des arrestations suivies de procédure judiciaire pour ces incendies volontaires dont il faut pourtant rappeler qu’ils sont qualifiés « crime » dans le Code Pénal. Zéro arrestation de ce type dite donc ! En effet bizarrement toujours, les 100 000 policiers récemment mobilisés contre les couches populaires étaient invisibles, voire d’une mansuétude étonnante. Il fallait probablement qu’ils se reposent car il faut reconnaître qu’ils n’ont pas chômé quand il s’est agi de taper sur le populo des ronds-points.

[…]

Avec ce pouvoir d’Emmanuel Macron, le lumpen des quartiers peut y aller tranquille. D’ailleurs, comme on le sait puis Karl Marx et ses « Guerres civiles en France » le lumpenprolétariat est toujours utilisé par les dominants. Si jamais, par extraordinaire, un incendiaire ou n’importe quel autre délinquant se fait attraper par la police, il aura droit d’abord à une visite du président de la république dans sa chambre et ensuite à une belle pétition « urgence la police assassine » des « artistes » et des « intellectuels », tous ceux qui sont restés obstinément muets face à la révolte des pauvres et la répression violente qu’ils ont subie. Ensuite il y a toutes les chances que la seule conséquence judiciaire pour le délinquant, soit une mention sur le casier judiciaire qui figurera aux côtés de la ribambelle de celles qui y sont déjà. Pas un seul jour de prison, celle-ci est réservée aux gilets jaunes qui ont osé se promener avec des lunettes de piscine. « Classes laborieuses, classes haineuses, classes dangereuses ! » Macron nous l’a bien expliqué dans ses vœux. La feuille de route est bien celle-là, les couches populaires après les avoir insultées, on va leur taper dessus.
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D'après ce que je lis, les Gilets jaunes ont parfaitement compris  le message de Nouvel An macronien : « Ils sont répressifs avec nous et laxistes avec les racailles ».

L'intransigeance de Macron trouve sa source dans son milieu social.

Je suis très inquiet de la dureté des commentateurs du Figaro (et de mes collègues, c'est la même population). Aucune empathie, aucune compréhension : un appel pur à la répression « Il faut leur mettre des amendes, il faut les foutre en prison ». Les édouard-philippards ne veulent pas céder un pouce de leurs privilèges pour apaiser la situation.

Leur ancêtre Louis-Philippe était plus raisonnable. Il a dit « La république a bien de la chance : elle peut faire tirer sur le peuple. Moi pas ». Et il a laissé la place sans trop d'effusion de sang.

Or, suivant les estimations, la sociologie des Gilets jaunes (les gens qui partagent les mêmes préoccupations) varie entre 40 % et 60 % de la population française.

On ne gouverne pas en réprimant les angoisses existentielles de 40 % de la population (si on prend l'estimation la plus basse). C'est de la folie furieuse ! Ca ne peut que très mal finir.

Même si 100 % de l'entourage de Macron est d'accord avec cette politique répressive, comme les commentateurs du Figaro, le bons sens politique (s'il en a) et l'instinct de conservation devraient lui conseiller de ne pas les écouter.

Alors, je sais. Je connais le raisonnement des partisans de la politique du pire : «  Youpi ! Plus Macron fera l'erreur d'être répressif, plus il précipitera l'épreuve de force et plus vite il sautera ».

J'aimerais partager ce bel enthousiasme.

Je suis un pacifique (mais certes pas un pacifiste) : je crains le déchaînement de violences incontrôlables. Je ne suis pas sûr que les partisans de la politique du pire réalisent vraiment la cruauté des forces dont ils espèrent la libération. Si la situation dégénère, je ne serais pas surpris qu'il y ait des gens brûlés vifs ou coupés en rondelles. Ca s'est déjà vu en France, pas dans une lointaine contrée exotique.

Et je ne crois pas que les bourgeois mondialisés qui s'arcboutent sur la politique les favorisant aient plus conscience de la tempête qui grossit sur leur tête.

C'est l'éternel problème de la boite de Pandore : une fois qu'un imbécile l'a ouverte, pour la refermer, il faut ramer très fort, au milieu des pleurs et des grincements de dents.

Prélèvement à la source : la preuve que l'Etat a perdu la tête

Le prélèvement à la source est à la fois inutile et très risqué.

Les 5 raisons pour lesquelles le prélèvement à la source est une absurdité

Peut-on faire plus fou que quelque chose inutile et très risqué ? Voilà où en est l'administration française, prétendument super-compétente, archi-technique, tellement elle vit dans son monde irréel.

Tout cela finira mal.

mardi, janvier 01, 2019

Bertez : un triste anniversaire, 20 ans d'Euro.

Bertez : un triste anniversaire, 20 ans d'Euro.

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La Construction monétaire européenne est une erreur.

Léon, le bon vieux et sanguinaire Léon Trotsky disait :

« Les erreurs théoriques conduisent aux catastrophes pratiques ».

Il disait aussi : « Seule la vérité est efficace ».

Ce jour est le 20ème anniversaire du lancement de l’Euro en tant que monnaie unique de la zone.

Il est évident que cet anniversaire devrait être l’occasion d’un Grand Débat, un débat à plusieurs niveaux, niveau national, niveau européen, niveau international. Car la question du succès ou de l’échec est omniprésente. Politiquement, économiquement, financièrement, monétairement, socialement. Et peut être un jour, militairement je le crains.

Au lieu des cérémonies bidon, des mascarades ce serait faire oeuvre historique plus utile que de lancer, conduire, éclairer ce débat.

Hélas, l’Euro a été conçu comme une vilenie, comme une manoeuvre honteuse, pour mettre les peuples devant le fait accompli d’une intégration dont ils ne voulaient pas et on continue sur la lancée qui est celle de l’obscurantisme. Ou si on veut pour parler vulgairement : la lancée de la charrue avant les boeufs. Les boeufs étant bien sûr les peuples !

L’Euro est marqué du sceau de la honte, du caché, du mensonge ne l’oubliez pas dans vos réflexions.
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Pendant ce temps, Les Echos continuent leur propagande habituelle, ça en devient franchement comique (un dernier sursaut de bon sens leur a fait supprimer la possibilité de commenter) :

L'euro, notre bien le plus précieux

C'est bon de rire.

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La zone Euro est-elle le cancer de l’UE ?









2019 : on prend les mêmes et on recommence



Savoureuse, la comparaison de Jean-Clause Trichet et de l'évêque Cauchon.

C'est, pour moi, une grande énigme.

Je tiens que les élites françaises sont plus traîtresses que la moyenne des élites nationales (mais pour des raisons plus intellectuelles que les élites compadores d'Amérique du Sud) et je ne comprends pas très bien pourquoi.

Je sais bien la raison souvent invoquée : l'alliance de l'universalisme chrétien et de l'hétérogénéité française conduirait nos élites à chercher ailleurs le salut, en trahissant leur pays. La France souffrirait d'être un oxymore : un particularisme universaliste. Mais ça ne me paraît très éthéré, comme explication.

2 articles pour attaquer 2019, année intéressante

2 articles sur les thèmes qui formeront probablement l'année 2019.

A l'international.

L'économie internationale redevient ce que l'idéologie mondialiste dissimulait derrière son bla-bla : un rapport de forces.

Trump déploie le potentiel révolutionnaire qui est le sien et que j'ai analysé depuis le début de sa campagne électorale (merci Scott Adams, Emmanuel Todd, Christophe Guilluy et compagnie).

Je m'en réjouis puisque cela change l'ordre d'un monde que j'estime profondément injuste pour la France et  pour le peuple français (et pour toutes les nations et pour tous les peuples, en général).

Mais je ne me fais aucune illusion. Les révolutions indolores sont aussi rares que les poissons volants. Il y aura des morts, qui ne se relèveront pas à la fin (on n'est pas à Hollywood), et des gens jetés à la rue. Il se pourrait que j'en fasse partie : aucun décret divin ne me protège des soubresauts de l'histoire.

Pourquoi une crise économique américaine en 2019 pourrait signifier la fin du néolibéralisme

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L'administration Trump ne cesse de souffler le chaud et le froid en matière commerciale. Tantôt elle menace ses partenaires commerciaux d'une hausse unilatérale de droits de douane, tantôt elle annonce la conclusion d'un accord ou d'une trêve, lorsqu'elle parvient à obtenir quelques concessions chez la partie adverse. La stratégie commerciale américaine est en réalité loin d'être erratique. Depuis qu'il est au pouvoir, Donald Trump applique une politique déterminée qui consiste à négocier en position de force avec la Chine et l'Union européenne à tour de rôle. Cette stratégie fonctionne dans la mesure où ni les autorités européennes ni la Chine ne parviennent pour l'instant à lire clairement les objectifs américains de long terme qui semblent varier en fonction des circonstances.

[…]

Le mythe d'une économie mondiale qui serait organisée autour de règles décidées en commun a vécu. La gestion contemporaine de l'économie en revient à un ordre mondial originel, bien éloigné de celui anticipé par George Bush senior en 1990. Ainsi, le nouvel ordre mondial qui émerge n'est pas celui de la règle mais celui d'un ordre fondé sur la logique des rapports de force, qui pousse chaque pays à mettre ses armes économiques au service de ses seuls intérêts. Ce passage d'une gestion par la règle à une gestion par la force suppose le retour du pouvoir politique et de sa capacité à agir de manière discrétionnaire.

Voilà qui permet de mieux comprendre les tensions actuelles entre Donal Trump et la Fed. En effet, derrière le conflit relatif au niveau des taux d'intérêt se trouve une question bien plus fondamentale : une banque centrale doit-elle être indépendante du pouvoir politique ? Lorsque vendredi 21 décembre, Bloomberg annonce que le président américain a demandé à ses conseillers s'il était possible de démettre Powell de ses fonctions, la presse américaine et la plupart des économistes ont crié à l'hérésie. Interrogé par le Washington Post, le Sénateur démocrate Mark Warner, membre de la Commission bancaire sénatoriale, a parfaitement résumé le sentiment général: « Ce que le Président ne comprend pas, c'est que la politique monétaire doit être séparée de la politique. Toute mesure prise pour démanteler l'indépendance de la Fed serait non seulement inappropriée, mais menacerait les institutions qui protègent notre État de droit. »

[…]

Mais dans un monde où les règles s'affaiblissent et où les rapports de force deviennent prédominants, ne serait-ce pas Trump qui aurait raison ? La doctrine selon laquelle la banque centrale doit être strictement indépendante du pouvoir politique repose sur l'idée qu'il faut à tout prix éviter l'interférence du politique sur l'économie. C'est une doctrine d'obédience libérale qui consiste à mettre la politique monétaire sur une sorte de pilotage automatique confié à un comité d'experts chargés de créer un cadre favorable à l'épanouissement des marchés.

Mais dans un monde où l'incertitude domine et où la gestion économique est un important levier d'action, on ne peut plus gérer la politique monétaire en s'extrayant de toute considération politique.

[…]

Ce qui est sûr c'est que l'affaiblissement des règles et le retour de la souveraineté politique sur les marchés impliquent de reconsidérer l'ensemble des vérités établies auxquelles nous nous sommes habitués. Car c'est une véritable gouvernance économique illibérale qui est en train d'émerger aux États-Unis, mais également en Chine et en Russie.

[…]

C'est la raison pour laquelle le prochain retournement économique n'aura rien à voir avec ceux de 2001 et de 2008. Les principes libéraux qui ont tracé les grandes lignes de l'économie mondiale au cours des dernières décennies sont en train de voler en éclat. La politique qui avait été mise à distance de la sphère économique et des marchés au nom d'une gouvernance d'experts d'inspiration libérale est en train de faire son grand retour. Aussi, si une crise économique apparaît aux États-Unis en 2019 elle ne manquera pas d'ouvrir une nouvelle ère dont la gestion marquera le grand retour des politiques économiques souveraines. C'est une ère à laquelle l'Union européenne, avec son système institutionnel extrêmement rigide, figé dans l'idéologie des années 80 et 90, n'est absolument pas préparée.
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En France.

Je continue (plus que jamais) à prendre ceux qui ont voté Macron au second tour pour des crétins bêtes. Je l'ai répété sur tous les tons à mon entourage et j'ai saoulé un certain nombre de personnes (je trouve un plaisir facile à faire chier le monde 😀).

Je regrette moins que jamais mon vote Le Pen du second tour.

Il est des situations où la sagesse n'est pas de temporiser et de choisir le moindre mal, mais de crever l'abcès. Et je crois que nous sommes dans une de ces situations : laisser pourrir rendra l'explosion d'autant plus violente. Il me semble que Charles Gave, qui dit qu'il faut cesser de voter utile et désormais voter intelligent, est sur la même ligne.

Le vote Macron était (et sera, car je n'ai guère de doutes que ceux qui ont voté Macron en 2017 referont la même erreur avec les mêmes arguments en 2022) de la fausse sagesse et de la vraie lâcheté.

Je suis obsédé par le destin des aristocrates d'ancien régime. Ils n'ont cessé de retarder les réformes indispensables (pour nous, c'est dire « Merde ! » aux contraintes européistes), puis ils ont encouragé une révolution qu'ils croyaient pouvoir maîtriser (suis-je dans ce cas ?) pour finalement être éjectés de l'histoire.

Je ne dis pas comme François-René « Levez vous, orages désirés ! ». Je constate juste que les orages qui crèvent précocement sont moins violents que les orages qu'on laisse gonfler et j'en tire les conséquences.

François Bazin : « Macron a ouvert la voie à un nouveau monde qui n'était pas celui qu'il disait »

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Macron a cru qu'il était la solution d'une crise démocratique dont il n'était en fait que l'expression. On peut même aller plus loin en avançant l'idée que son élection, passé un moment de sidération, a été l'accélérateur d'une crise qui vient de loin et qui est appelée à durer. Quelques esprits imaginatifs ont prétendu que Macron, au lendemain de son triomphe, c'était « l'esprit du monde », un peu comme Napoléon passant à Iéna sous les fenêtres de Hegel. Pareilles références mériteraient d'être pour le moins discutées et si j'avais pour ma part à en choisir une, je me tournerais plutôt vers Victor Cousin, père de l'éclectisme du temps de la Monarchie de Juillet. Cela étant, on est en droit de se demander, à la lumière de ce qui se passe aujourd'hui, si le vrai rôle de Macron n'a pas été de nourrir ce que l'on pourrait appeler « une ruse de la raison populiste ». Pour le dire autrement, ne fallait-il pas qu'il advienne, qu'il s'impose puis qu'il échoue à ce point pour que le populisme dont il prétendait être l'ennemi principal puisse désormais se déployer sans complexe ni résistance ?

Le nouveau monde, pour vous, c'est le populisme ?

On peut le craindre [Pourquoi le craindre ? Il faut l'espérer, au contraire]. Macron a liquidé ce qui restait d'un vieux monde qui ne s'en remettra pas. Il a ouvert la voie à un nouveau qui n'était pas celui qu'il disait. En ce sens, il n'est peut-être qu'un passeur destiné à être bientôt dévoré par plus barbare que lui.

C'est la seule lecture que vous faites du mouvement des gilets jaunes ?

C'en est en tout cas une lecture possible. Une autre, plus modeste mais pas moins inquiétante, serait de penser, comme Tocqueville, qu' « un régime n'est jamais aussi fragile qu'au moment où il commence à se réformer ». Tocqueville, je le rappelle, parlait là de la situation de la France à la veille de la Révolution …

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Le quinquennat d'un an et demi, par nature, ça n'existe pas et il ne suffit pas de scander « Macron démission » sur les ronds-points pour que cela se produise. Ce qui me frappe surtout, si l'on compare la situation du Président à celle de ses prédécesseurs en butte à des épreuves comparables, c'est d'abord le caractère très personnel de la détestation dont il est l'objet. Normal, dit-on souvent, à l'ère de l'hyperprésidence. Sauf que Sarkozy qui la pratiquait plus que quiconque au point d'électriser l'ensemble du champ public, polarisait à l'extrême contre lui mais aussi avec lui. Là est la vraie différence avec Macron qui, dans l'adversité, semble incapable de constituer un bloc politique et électoral suffisamment compact pour résister aux tempêtes. C'est la lecture en tout cas que je fais des événements de ces six derniers mois qui vont du début de l'affaire Benalla à la crise des gilets jaunes. Quand l'opinion bouge désormais, c'est de manière homogène dans une contestation directe ou indirecte du pouvoir élyséen. Quand ce dernier met un genou à terre, c'est à chaque fois les fidélités que l'on pensait assurées qui défaillent. Quand il est faible - et Dieu sait s'il l'est aujourd'hui - Macron me paraît bien seul. Sa disparition de la scène médiatique au lendemain de Noël me paraît hautement symbolique, même si je ne confonds pas les plages tropéziennes et la lande irlandaise ou Brigitte avec tante Yvonne.

L'absence d'alternative crédible est-elle, à vos yeux, l'ultime bouée du pouvoir macronien ?

Telle a été, en 2017, la formule de sa victoire face à Marine Le Pen. Ce peut être en 2019 et ensuite celle de sa survie à ceci près qu'à force de couler à plein bord, le populisme peut finir un jour par briser les digues qui l'ont jusque-là contenu. Pour le moment, c'est vrai que la gauche, tous courants confondus, est divisée comme jamais et que son potentiel électoral, dans les récents sondages, est à un niveau de faiblesse historiquement inégalé. La droite de gouvernement ne vaut guère mieux et ce qu'a réussi le mieux Macron, depuis son élection, est de trouver en son sein des alliés de fortune. Hier Juppé et ses amis après que l'on a fait - déjà ! - des appels du pied à Bertrand. Demain, Sarkozy et les siens ? Ce n'est pas l'aspect le moins étonnant de l'affaire Benalla que de montrer par la bande - si on ose dire - combien des poutres travaillent encore dans ces secteurs de la droite.

Mais pour quoi faire ?

Rien, précisément, si ce n'est durer en attendant l'embellie. Vu la nature des institutions, on peut imaginer un Président impuissant et indéboulonnable à la fois. Cela dit, je ne vois pas comment, dans le contexte actuel, une telle situation pourrait ne pas provoquer à la longue une crise sociale et politique à côté de laquelle celle des « gilets jaunes » apparaîtra comme de la petite bière.
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