jeudi, janvier 17, 2019

Taper comme des sourds

Les Gilets jaunes s’en tamponnent du « grand débat » macronien et ils ont bien raison. Ce n’est qu’un piège pour gagner du temps.

Ce refus de « dialoguer » choque beaucoup nos éditocrates. Évidemment que ça les choque : ils défendent le pouvoir et ses ficelles à deux balles. Ça les choque que les Gilets jaunes ne soient pas dupes.

Un authentique dialogue suppose des conditions de liberté et de réciprocité qui ne sont absolument pas réunies.

Pourtant, même si la volonté de dialogue du gouvernement était sincère, les Gilets jaunes auraient encore raison de refuser.

En effet, depuis trente ans, la classe d’en haut a sciemment verrouillé tous les canaux (élections, corps intermédiaires, médias, ascenseur social) qui auraient permis aux problèmes d’en bas de l’atteindre. Elle a refusé non seulement le dialogue, mais tout simplement d’entendre (en répétant sans en penser un mot «  J’entends la colère des Français »).

Et maintenant que la classe d’en haut est inquiétée par la révolte d’en bas, il faudrait vite, vite, sans perdre une seconde, « ouvrir le dialogue » ? De qui se moque-t-on (oui, je sais, de nous) ? C’est trop facile.

Non, d’abord leur rentrer dans le lard tant qu’on peut, les faire chier au maximum. Ne pas relâcher la pression. Bref, taper comme des sourds.

Ensuite seulement, quand les nerfs, la vengeance et un peu de justice seront passés, peut-être dialoguer avec les survivants (s’il y en a).

Plus que jamais « Macron démission ! ». Après, on verra. Chaque chose en son temps.


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