samedi, juillet 14, 2018

La mort de César (B. Strauss)

Barry Strauss présente la mort de César comme un roman policier, mais il exploite correctement les sources disponibles. Il majore le rôle de Decimus (le Decius de Shakespeare), le plus traitre de la bande, le plus proche de César, qui l'a incité malgré sa mauvaise santé, à se rendre au Sénat où il devait être assassiné.

Mais les meurtriers de César étaient pris dans une contradiction dont ils n'ont pas pu se sortir : pour arrêter le césarisme, c'est-à-dire la prise de pouvoir à Rome par des militaires, ils devaient faire appel aux militaires.

A ce jeu, Antoine et Octave ont été plus forts, parce que plus cohérents. Et puis, à 18 ans, Octave (le futur empereur Auguste) était déjà un génie politique, comme l'avait détecté César, qui en avait fait son héritier.

Auguste a bien su tirer les leçons des derniers mois de César, où il n'a cessé de heurter les pouvoirs en place : le premier empereur a conservé les formes anciennes, mais en les vidant très habilement de tout contenu.

C'est évidemment (le parallèle est frappant) ce qu'on fait nos présidents de la république depuis Pompidou : ils ont dénaturé la Vème République tout en gardant la forme extérieure. Les grandes étapes (renforcement du pouvoir du conseil constitutionnel, supériorité du droit supranational, cohabitation, quinquennat, refus du référendum, ridiculisation des élus locaux) s'enchainent aisément.

La tyrannie rampante établie par Emmanuel Macron n'est que l'aboutissement logique de cette démarche sournoise. Les vipères centristes anti-démocratiques ont gagné.

Si les Français ne savent pas plus que les Romains retrouver le chemin de la liberté, nous sommes condamnés à voir se continuer la pénible suite de dirigeants vaniteux, condescendants et incapables, qui sont notre ordinaire depuis quelques années (quand il s'agit d'en foutre plein la gueule à M. Moyen, ça y va les matamores et les rodomontades, mais dès qu'il faut affronter un vrai danger, genre Trump ou Xi Jinping, il n'y a plus personne).

On aura toujours la tirade de Marc Antoine pour nous consoler :


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