samedi, avril 08, 2017

Céline les emmerde

Effacer Céline ? Une enquête tente de le résumer à son seul antisémitisme

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L’information est passée presque inaperçue : le 23 février 2016, la ministre de l’Éducation Najat Vallaud-Belkacem inaugurait à Villeurbanne, sur le territoire de sa future circonscription, un collège Louis-Ferdinand Céline, presque quatre-vingts ans après la tragique disparition de l’auteur. Elle saluait la mémoire du grand écrivain, mort dans un accident de la circulation, le 20 mai 1936 à Londres, quelques jours après la parution de son second et dernier roman, Mort à crédit.

Najat Vallaud-Belkacem célébrait dans son discours, en la personne de Louis-Ferdinand Céline, un écrivain qui, par son pacifisme intégral, son anticolonialisme virulent, sa dénonciation de la misère sociale et de l’enfance malheureuse, son sacerdoce de médecin des pauvres, demeurait une des grandes consciences littéraires de son temps à l’image d’un Victor Hugo ou d’un Émile Zola, dont la ministre rappelait que Céline avait prononcé l’éloge à Médan le 1er octobre 1933. Najat Vallaud-Belkacem citait d’ailleurs un extrait de cet hommage célinien qu’elle estimait capital : « L’œuvre de Zola ressemble pour nous, par certains côtés, à l’œuvre de Pasteur si solide, si vivante encore, en deux ou trois points essentiels. Chez ces deux hommes, transposés, nous retrouvons la même technique méticuleuse de création, le même souci de probité expérimentale et surtout le même formidable pouvoir de démonstration, chez Zola devenu épique. » La ministre concluait alors sur la chance qu’auraient les futurs élèves de ce nouveau collège Louis-Ferdinand Céline de s’émanciper grâce à l’école de la République sous le patronage de cette figure incontestée de l’humanisme, du progressisme et de l’antiracisme.


Les paragraphes qui précèdent sont évidemment une fiction, ou plus précisément une uchronie. Céline n’est pas mort écrasé par une voiture à Londres le 20 mai 1936 mais à Meudon le 1er juillet 1961 à l’âge de 67 ans. Il n’est pas simplement l’auteur de Voyage au bout de la nuit et de Mort à crédit mais aussi de huit autres romans et de quatre pamphlets dont trois sont ouvertement antisémites et toujours interdits de publication, notamment sous la pression de la veuve de Céline, Lucette Destouches qui, à l’heure où nous écrivons, est toujours vivante et a atteint l’âge de… 104 ans ! Il s’agit de Bagatelles pour un massacre (1937), L’École des cadavres (1938) et Les Beaux Draps (1941).
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Ah, comme Céline les emmerde !

Ca cause, ça bavasse, ça déblatère, ça écrivaillonnne. Est-ce que Céline il est-il un écrivain devenu antisémite ou est-ce que le Destouches il est-il un antisémite devenu écrivain ? Et patati et patata. Et que je t'en rajoute. Et que je te pétitionne. Et que je te pamphlète. Et que je te recherche les micro-chiures de mouches dans la correspondance du maudit. Comment un tel cador du plumier peut-il tourner bouffe-youpin ? Et est-ce qu'il faut le donner à lire aux petites filles entre deux visionnages de sodomie et de fist-fucking sur You Porn ? etc. Et que je te tartine sur son humanisme et que, gaspation, foutre-dieu, damnation, horreur, enfer, je ne comprends pas comment un si doux agneau peut être antisémite rabique (pas rabbinique, hein !).

Vous allez me dire, les bavasseurs, c'est fait pour bavasser, et on n'est pas obligé de les écouter. On a mieux à faire, un steak-frites ou une poularde demi-deuil.

C'est vrai quoi, le problème est simplissime :

1) Le prétendu humanisme de Céline consiste en un désespoir métaphysique qui méprise tous les hommes à égalité. Il n'y a donc aucune contradiction avec l'antisémitisme. De toute façon, les types qui aiment trop les animaux sont des zinzins. Céline est très moderne, c'est un homme sans Dieu, perdu dans sa haine de la vie et des hommes. Un anti-Saint-François d'Assise.

2) Où avez vous vu que le pisseur de prose, le chieur de romans, était un être à part ? S'interroge-t-on pour savoir si on peut être menuisier de génie et antisémite ou plombier-zingueur de talent et judéophobe ? L'oeuvre est séparable de son auteur. Céline est un salaud et on s'en fout, on s'en tamponne, on emmerde les pères-fouettards de la moraline à deux balles et on le lira quand même. Comme Brasillach, comme Bardèche, comme Karl Marx ...

Evidemment, c'est plus facile de faire le justicier de salon pour soixante-huitardes ménopausées et liftées en s'attaquant aux morts qu'aux vivants qui, les cons, pourraient se défendre. Courageux mais pas téméraires ...

Ces intellos, qu'est-ce qu'ils nous prennent le chou pour rien. Là où on se fait baiser, c'est qu'il y a beaucoup de ces parasites qui vivent de nos impôts. Rigolez pas. Il y a des cons qui écrivent des centaines de pages sur ce sujet qui tient en un billet, et encore, en tirant à la ligne.

Céline les emmerde car il dévoile leurs vilains petits secrets : l'intellectuel n'est pas un être supérieur et la modernité est une saloperie. Alors, on noie le poiscaille dans l'encrier bio-équitable et plein d'amour.


1 commentaire:

Blogger a dit…

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