vendredi, avril 21, 2017

Les Français sont abandonnés à eux-mêmes

Attentats : après le syndrome de Stockholm, le syndrome de Paris

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Le syndrome de Stockholm … un grand classique de la psychologie collective : des otages partageant la vie de leurs geôliers développent une forme de sympathie pour leurs discours.

Avec la récurrence des attentats en France, nous avons droit à une sorte de version décalée de cet étrange phénomène qui pointe dans la presse de gauche. On n’est pas encore dans l’empathie mais on se croit malin en déjouant les arrière-pensées prêtées aux criminels. Il ne faut pas sur-réagir et combattre avec trop de force leurs auteurs et leurs instigateurs car ce serait tomber dans leur piège. Tel est le discours. Macron le ressasse ad nauseam.

L’angle mort logique et moral de cette pétition de principe est évident : si les assassins récidivent et récidivent encore, quand pourrons-nous faire autrement que de répliquer avec la férocité nécessaire ?

Puisqu’il s’agit de morale chrétienne mal interprétée, posons le problème autrement.

Si l’on te frappe sur la joue droite, tends la joue gauche, certes. Il ne s’agit en effet que d’atteinte à ton amour-propre. Mais si l’on te tue ou si l’on abat tes proches, alors la loi du talion retrouve son sens. Elle est la seule à pouvoir interrompre le cycle de la violence car la haine mortelle est incarnée dans celui qui a tué et qui recommencera s’il le peut. Jésus rappelait le talion pour ajouter « et » moi je te dis s’agissant des atteintes à l’orgueil. Il n’ajoutait pas « mais » moi je te dis quand il s’agit de mettre le criminel hors d’état de recommencer à tuer.

Le message de ces attentats est clair : une lutte à mort est engagée. Nous ne parviendrons à en éradiquer les causes qu’en relevant le gant. Nos ennemis sont prêts à perdre la vie. Ils sont animés d’une pulsion auto destructrice dont on ne peut les délivrer qu’en les supprimant. Cette conclusion simple n’est pas sommaire, elle est la traduction lucide d’un combat qui ne connaît que deux issues : la défaite ou la victoire.

Ce n’est pas Daech qui nous frappe. C’est l’islam intégriste, le fascisme coranique, le vrai néo-nazisme, instillés au plus profond de notre société et auxquels adhèrent en conscience des dizaines de milliers d’individus, fichés ou non fichés. Dans le meilleur des cas pour eux, ils doivent être expulsés au plus vite, peu importe le passeport qui les déclare d’une nationalité qu’ils méprisent.

Daech n’est qu’un précipité, un condensé de ce qui nous attend si nous ne réagissons pas et acceptons de finir d’ici quelques décennies comme les minorités religieuses d’Orient. Les Français ont oublié ce qu’était un ennemi mortel. L’actualité va se charger de le leur rappeler jusqu’à ce qu’ils comprennent.

Ces mots sont difficiles à écrire. Mais il faut bien que quelqu’un fasse le sale boulot intellectuel.
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Plus forts

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Cette résistance inattendue [de la population londonienne au Blitz] à une campagne massive de terreur a été étudiée, sur le moment même, par le Canadien John Mc Curdy qui a montré que cette expérience traumatisante avait en réalité des effets contradictoires. Elle détruisait des vies, en ravageait beaucoup d’autres parmi ceux qui avaient été touchés par la mort d’un proche ou par le spectacle de l’horreur. Mais elle avait aussi tendance à renforcer les autres, ceux qu’il appelait les « épargnés », qui développaient plutôt un sentiment d’invulnérabilité au fur et à mesure que la mort les évitait. L’étude de Mc Curdy est pleine de témoignages de peurs, d’abattements mais encore plus de solidarités, d’envies de vivre et même de joies. L’expérience a été très dure et tout le monde à a applaudi à la fin de la guerre, mais beaucoup, au moins parmi les « épargnés », ont rejoint les sentiments de soldats avec cette nostalgie de la force qu’ils avaient découvert en eux, de celle des rapports humains en situation difficile et du sentiment d’œuvrer ensemble pour un grand objectif. On ne sort pas forcément traumatisé d’une expérience collective traumatisante.

Mais si la population britannique a résisté dans son ensemble, c’est aussi parce qu’elle trouvait une réponse à ses attentes de la part de ses dirigeants. Elle voyait, physiquement avec les avions dans le ciel et les canons, que l’on ne se contentait pas de subir (la plus stressante des situations) mais que l’on combattait aussi fortement un ennemi qui subissait aussi de lourdes pertes, que l’on organisait la défense civile à laquelle elle participait souvent, que l'objectif était clair (la capitulation de l'Allemagne et la fin du régime nazi) et que l'on n'hésitait pas à exiger d'elle (« du sang, de la sueur et des larmes ») pour l'atteindre.

[…]

La mobilisation des esprits, si elle n’est que posture ou gesticulation et ne se concrétise pas visiblement aura tendance à créer du stress inutile. Rappelons-le, le stress modéré est un préalable très utile à l’action mais encore faut-il qu’il y ait de l’action. Si on ne veut pas agir vraiment, il est préférable de ne rien dire.
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Soyons clairs : les Français sont abandonnés par leurs dirigeants face au terrorisme islamique. Ils savent (au moins si l'on en croit les sondages) que les mesures fondamentales, disons stratégiques par opposition à tactiques, sont l'arrêt de la l'immigration musulmane et la reconquête des territoires perdus.

Or, pas un des candidats n'a placé ces thèmes au coeur de sa campagne, et c'est un euphémisme. Ni Marine Le Pen, ni François Fillon qui étaient les porteurs naturels de ce discours de combat.

D'où ce sentiment pesant de désespoir qu'on sent dans la société française : c'est comme si Churchill avait expliqué aux Anglais qu'il ne faisait pas donner la DCA pour ne pas provoquer encore plus la Luftwaffe.



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