jeudi, juin 29, 2006

Pour ceux qui croient que le libéralisme est, comme le socialisme, une idéologie et qu'il convient de renvoyer les deux dos à dos

J'ai retrouvé cet extrait de la Grande Parade de JF Revel.

La Grande Parade

MELUN BRIGADE CRIMINELLE

J'emprunte ceci à Rue Taranne, un blog libéral susceptible d'humour.

J'aurais aimé avoir écrit tout cela moi-même. Le plus gros défaut des libéraux actuels est le manque d'humour, JF Revel en avait pour plusieurs, malheureusement, il a du se résoudre à mourir.

Bien sûr, il y a plus chiant qu'un libéral, cela s'appelle un trotskiste : nous sommes alors dans le domaine de la religion, dans la haute sphère de l'idéal, très loin des faits et de la basse politique, et, comme chacun sait, les religieux ne sont pas réputés pour leur humour.

Les blagues de Staline et de Trotski ne provoquaient qu'un rire poli au fond des goulags.

Je précise, en ces temps de bien-pensance impérialiste où la sottise se fait envahissante, qu'il s'agit d'une sorte d'humour appelé dérision. Que ceux qui ne comprendraient pas ce qu'il y a de marrant me contactent immédiatement, je ferais de mon mieux pour les soigner.

Reconversion

Bloguer c’est bien gentil mais ça ne nourrit pas son homme. Or, comme chacun sait, les libéraux - et j’en suis un - ne vivent que pour le fric. J’ai donc choisi le média le plus porteur, à savoir la télévision, et le format le plus en vogue, la série. Quinze minutes de cogitation m’ont permis d’aboutir à un concept révolutionnaire, avec des personnages hyperréalistes et des intrigues bétonnées qui, j’en suis sûr, va faire un malheur. TF1 et France 2 m’ont d’ores et déjà fait savoir qu’elles étaient intéressées. J’en livre la primeur aux lecteurs de Rue Taranne, afin de les remercier de leur fidélité jamais démentie au cours de ces longues années de galère.

MELUN BRIGADE CRIMINELLE

Une série policière citoyenne et solidaire en six épisodes (pour l’instant) créee par Taranne.

Les personnages

Le capitaine Diquaide, un homme intègre, épris de justice, mari sans reproche et père idéal.Le lieutenant Anne Chlousse, une femme d’honneur et mère (célibataire) exemplaire, en butte aux préjugés machistes de ses collègues.Le lieutenant Abdallah Boudchou, un jeune flic exceptionnellement compétent, qui n’oublie pas qui il est ni d’où il vient.

Le lieutenant Géraldine Cottadomo, une jeune recrue prometteuse, lesbienne revendiquée et de tous les combats contre l’intolérance et la haine de l’Autre.

Les épisodes

1. Les marchands de peur

La ville de Melun est en proie à une véritable psychose après une vague sans précédent de vandalisme et d’agressions en tous genres. Chargés de l’enquête, Diquaide et ses hommes découvrent que ces actes sont commandités par un politicien désireux d’asseoir son discours sécuritaire…

2. Les soldats de la haine

Un jeune militant sans-papier est battu à mort et abandonné dans un terrain vague avec une croix gammée gravée sur son front. L’équipe du capitaine Diquaide remonte jusqu’aux meurtriers, une bande de skinheads et leur leader, un ancien collaborateur reconverti dans l’édition de livres négationnistes.

3. Les martyrs du profit

Deux inspecteurs du travail sont abattus à bout portant. Le coupable, un patron sanctionné pour les cadences infernales qu’il imposait à ses employés, est vite arrêté. Mais Diquaide le soupçonne d’avoir été téléguidé par une association proche de l’extrême-droite prônant l’abolition des lois sociales et un ultralibéralisme effrené…

4. Le droit de choisir

Un hôpital pratiquant des avortements est plastiqué, entrainant la mort d’une bénévole du Planning Familial. L’enquête s’oriente vers un mouvement intégriste anti-avortement financé par l’Opus Dei…

5. La semence maudite

Un célèbre biologiste est victime d’un attentat. Il était sur le point de révéler les effets cancérigènes d’une nouvelle variante de maïs génétiquement modifié mise au point par une multinationale américaine. Diquaide et ses hommes découvrent que la CIA pourrait n’être pas étrangère à l’affaire…

6. Mazel Tov

Un rabbin est roué de coups, et une synagogue incendiée. Les témoignages laissent à penser à des actes antisémites commis par des jeunes, mais Diquaide et ses hommes comprennent rapidement qu’il s’agit d’une manoeuvre orchestrée par le Mossad avec la complicité du CRIF à des fins de propagande pro-sioniste…

En cas de succès (et comment pourrait-il en être autrement) une deuxième saison est d’ores et déjà écrite, où Diquaide et son équipe affrontent les violences domestiques, l’homophobie, la pédophilie au sein de l’Eglise, le négationnisme pro-turc, l’industrie du tabac… Une série courageuse et engagée, dont on parlera à coup sûr!

mardi, juin 27, 2006

En garde à vue avec Karim, 17 ans, multirécidiviste

Dalrymple a publié un article sur le même thème en anglais It's this bad relatant des faits similaires en Angleterre, plus graves pour l'agressé (coma, séquelles cérébrales) mais pas pour l'agresseur et fait la même analyse que celle que je présente en commentaires entre [].

Les faits me semblent suffisamment révélateurs et leur signification suffisamment grave pour mériter la citation exhaustive.

En garde à vue avec Karim, 17 ans, multirécidiviste

LE MONDE 27.06.06 15h00 • Mis à jour le 27.06.06 15h00

Karim paraît bien sage, tassé sur sa chaise. Mais ce grand adolescent de 17 ans à la moustache naissante est aussi un délinquant, un "multirécidiviste", comme disent les policiers, arrivé dans le bureau les menottes aux poignets. Depuis près de vingt heures, ce jour de juin, Karim (son prénom a été modifié [touchante précaution : on remarquera que le nom de la coiffeuse accusée de discrimination à l'embauche -article d'il y a quelques jours- n'a pas été modifié]) est en garde à vue au commissariat d'Evry (Essonne) pour avoir "planté" un camarade avec un couteau de cuisine. Une nouvelle étape dans son parcours délinquant : ces trois dernières années, les policiers l'ont mis en cause pour une vingtaine d'infractions [et il était toujours libre jusqu'à l'aggression].

"On le voit quasiment tous les deux mois [ce qu'il y a de bien avec les habitudes, c'est qu'elles finissent par paraître normales]. Jusque-là, il faisait quarante-huit heures de garde à vue et il était libéré. Donc il nous prenait pour des cons [réaction justifiée si on se met à sa place]", se désole Christophe Capelle, 32 ans, lieutenant de police. Karim ou l'exemple-type, pour les policiers, des effets désastreux du sentiment d'impunité des mineurs délinquants [le mot "sentiment" est de trop : il s'agit d'une réelle impunité, or la transgression impunie appelle l'escalade]. Et donc de la nécessité, à leurs yeux [aux miens aussi], de réviser la justice des mineurs, notamment l'ordonnance de 1945, comme le préconise le ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy.

Cette fois-ci, c'est une "histoire de banlieue" des plus banales qui a conduit le jeune homme à l'hôtel de police : une fille qui le regarde "mal" [on remarquera la sensibilité fantastique de cet ego aussi surdimensionné que vide : un simple regard, d'autant plus s'il est féminin, est une agression insupportable], une claque pour la remettre à sa place [ben voyons, si on te regarde, c'est normal que tu cognes], le copain de la fille qui le "traite" et Karim qui rentre chez lui, prend un couteau de cuisine et retourne sur la place poignarder le jeune homme [processus qui a du prendre un certain temps, le temps de se calmer par exemple, mais non, se calmer, c'est se comporter en adulte, en vieux, très loin des idéaux de notre époque qui se gargarise de tolérance]. A quelques centimètres près, le coup aurait pu être mortel mais la victime, majeure, s'en sort avec un passage aux urgences et dix jours d'interruption temporaire de travail (ITT).

Très calme [n'ayant aucune empathie, se considérant comme supérieur du haut de son vide, il ne peut ni mesurer ses responsabilités ni compatir], visiblement serein malgré vingt heures de garde à vue, Karim fait face au brigadier Fabien Bourat, 30 ans. Le policier l'interroge pour tenter de mesurer le caractère prémédité de l'acte : "Pourquoi tu l'as planté ?

- Vas-y. Il m'a énervé. Je sais pas ce qu'il voulait montrer à la meuf mais voilà. Je sais pas pour qui il s'est pris. Il m'a dit "casse-toi". Je l'ai planté. J'avais la rage [évidemment c'est une excuse : on ne peut pas, on ne doit pas, aller contre ses sentiments : il faut être spontané. C'est la doctrine de l'époque. Si sa spontanéité le pousse à égorger son voisin, c'est bien dommage, mais mieux vaut ça que d'être refoulé et frustré. Le contraire de cette attitude s'appelle être civilisé, cette mystérieuse manière d'être est expliquée dans de vieux livres poussiéreux que plus personne ne lit.]

- Ton but, c'était quoi ?

- Je voulais pas le planter. Je voulais me battre avec lui, j'avais la rage [re-excuse rageuse : je voulais, je voulais, mais l'autre en face, qu'est-ce qu'il voulait ? Etre "planté" ? En fait, l'autre ne compte pas, n'existe pas, sauf comme cible sur laquelle passer sa "rage"]."

Aucun regret exprimé [pourquoi regretter ?]. Au contraire même : ne supportant pas que la victime ait porté plainte, Karim menace de représailles [évidemment, la plainte est imméritée : Karim était en état de légitime défense rageuse suite à une odieuse agression oculaire. Cette plainte est une inadmissible remise en cause du droit à la spontanéité de Karim, une brimade de son être tout en sensibilité. D'ailleurs, l'existence d'autres hommes sur la planète de cet adolescent-Dieu est en soi une agression.]. Il s'inquiète parce que son frère a également été placé en garde à vue pour avoir tenté de faire pression sur la famille du jeune homme agressé. "Quand je sors, dit-il, je vais le défoncer. Moi, je suis enfermé comme un chien [non, pas comme un chien, comme un agreseur] et lui, il rigole dehors. Il fait trop la victime [on remarque que Karim, incapable de considérer autre chose que soi, ne peut réaliser que l'agressé est vraiment une victime ; tout doit tourner autour de lui, la victime joue donc un jeu dont l'unique but est de l'emmerder, lui, le centre du monde.]. Faut qu'il arrête, il est chelou."

La gardienne de la paix, Halima Merzouk, 28 ans, tente de le raisonner : "Si tu fais le con, tu vas prendre des années de prison." Son collègue Fabien Bourat insiste : "Si jamais tu ressors et que tu refais une connerie, c'est fini." Peine perdue, Karim s'énerve : "Vas-y. Il prend ma famille pour des pédés [comment ? Qu'ouis-je ? Qu'entends-je ? Que lis-je ? Une telle insulte et Karim n'est pas aussitôt accusé d'homophobie, crime bien plus grave qu'un malheureux dérapage coutelier sous l'emprise d'une légitime rage ? Vraiment, que fait la police ?], il dépose plainte, la retire, la remet... Si je vais pas en prison tout de suite, sur le Coran [expression à caractère identitaire qui n'indique nullement que le jureur ait lu le Coran, respecte le Coran ou même sache lire] je me le fais. Si c'est pas lui, c'est son frère ["Si ce n'est pas toi, c'est donc ton frère", il y a une fable de La Fontaine sur le sujet, je doute que Karim la connaisse. C'est dommage, il s'y verrait en loup parlant des moutons. Vu son complexe de supériorité, son culte de la force, son agressivité et son mépris du genre humain, je ne suis pas sûr que l'image lui déplaise]."

La victime craint visiblement les représailles : après avoir hésité, elle a retiré sa plainte [une superbe victoire de l'état de droit] en indiquant que, partageant sa confession musulmane et connaissant sa famille, elle pardonnait son agresseur. Les menaces de Karim sont également prises très au sérieux par les policiers : à Evry, début mai, un jeune homme est décédé après avoir été poignardé pour une histoire de rivalité entre quartiers. Des expéditions punitives avaient ensuite été organisées par des proches de la victime.

Pour les policiers, Karim est une caricature des mineurs récidivistes face auxquels ils se sentent désarmés. Les fichiers informatiques mentionnent une vingtaine d'infractions commises en trois ans, des vols avec violence, des dégradations, la détention illégale d'armes, des outrages, des violences sur agent. Depuis cinq ans, il a été écroué, en détention provisoire, une seule fois de janvier à mars 2006 pour vol à main armée.

En patrouille dans les quartiers sensibles d'Evry, les policiers de la BAC (brigade anticriminalité) du commissariat désignent du doigt de nombreux mineurs délinquants, interpellés à de nombreuses reprises mais pour lesquels aucune sanction n'a été prise. "Lui, on l'a déjà serré une dizaine de fois. Il est toujours dehors. Celui-là, il pèse 20 kilos tout mouillé et il a pas 15 ans mais a déjà fait plusieurs vols avec violence", raconte l'un des policiers. "Je dirais que 80 % des interpellations que l'on fait concernent des mineurs ou de très jeunes majeurs", relève Julien Martin, 32 ans, le lieutenant qui commande la BAC d'Evry. Le soir même, ses hommes interpellent un jeune de 11 ans impliqué, avec trois autres mineurs, dans un cambriolage. La "routine", la conséquence de l'"impunité", disent les policiers.

"Des types comme Karim, on les arrête, ils passent devant le juge des enfants. Ils sont placés en foyer, ils s'enfuient et ils recommencent", souligne Christophe Capelle. Le groupe de cinq policiers chargé des vols avec violence - deux par jour en moyenne sur la circonscription d'Evry (90 000 habitants) - y voit une des raisons de la participation fréquente de jeunes mineurs à des agressions crapuleuses, souvent commises en groupe, souvent très violentes.

Le commissaire principal, Jean-François Papineau, évoque des "gamins dressés au vol dès 5 ans" qui connaissent parfaitement les rouages de la justice. Karim en fait partie, qui connaît très bien les rôles respectifs des policiers, du juge des enfants, du procureur ou bien du juge des libertés et de la détention. [Tout cela n'est pas bien grave : puisque l'Etat, malgré de lourds impots, abdique sa mission d'enfermer les gêneurs, ce sont les riches qui vont s'enfermer chez eux, dans des quartiers réservés, pour se protéger des gêneurs en liberté. Le processus est déjà commencé. Quant aux pauvres, qui n'ont pas les moyens de payer barrières, caméras et gardiens, ma foi, ils n'ont qu'à être plus riches. Cela s'appelle la République. ]

Dans sa cellule de garde à vue, il demande aux policiers quand il peut espérer sortir. La réponse tombe plus tard : estimant que le geste est grave et que sa remise en liberté comporte des risques de trouble à l'ordre public, le procureur a requis la mise en détention provisoire, ce que le juge des libertés et de la détention a accepté. Une information judiciaire a été ouverte pour tentative d'assassinat.

Karim a peut-être commis l'acte de trop mais la prison ne l'inquiète visiblement pas [c'est même un honneur, comme une blessure de guerre, d'y aller]. En défendant son honneur [??] au couteau, relèvent les policiers, il privilégie la loi de la cité sur tout le reste. "Karim comprend très bien sa situation. Mais, même devant nous, c'est la loi de la cité, celle qu'il vit vingt-quatre heures sur vingt-quatre, qui le commande. La loi de la police et de la justice, il ne la croise que de temps en temps. Donc il n'a pas peur de nous dire qu'il va se venger", explique Fabien Bourat.

Le seul aspect qui semble gêner Karim, c'est le regard de sa mère [même les pires abrutis ont une mère, la piété filiale n'est pas une garantie de savoir-vivre.]. "La mettez pas en panique", demande-t-il aux policiers. Pendant une conversation plus informelle, le lieutenant Capelle lui demande s'il a souffert de sa première expérience carcérale : "Normal", "pas de souci". Il sait qu'il y retrouvera des copains de la cité. Et que son statut, dans le quartier, en sortira renforcé. Bien plus que s'il demeure dans son emploi, au fond des cuisines d'un fast-food. [et ce n'est pas les 35 h qui vont rendre le travail plus honorable]

[ Je suis un salaud qui ne comprends pas que Karim est une pauvre victime de la société (plus précisément du libéralisme, ultra, forcément ultra. Je plaisante : si Karim est bien victime de quelque chose dans la société, c'est de l'assistanat, authentique fabrique d''irresponsables, pourvus d'une foultitude de droits-créances et d'aucun devoir). Je pense que Karim est un loup -et encore, c'est une insulte pour le loup.

Cependant, tout loup qu'il est, Karim est parfaitement réprésentatif de l'idéal de notre société : adolescence perpétuelle, expression de soi, éloge de la spontanéité, sentiment supérieur à la raison, égoïsme absolu (perte de la relativité des choses et de moi-même), culte du corps et de la force.

Qu'en conclure ? Qu'il faut vous dépêcher de devenir riches pour pouvoir vous réfugier dans des quartiers protégés. Ensuite, bien à l'abri, vous aurez tout loisir pour vous apitoyer sur la condition des pauvres qui vivent dans la peur ("jouer sur le sécuritaire" : être de droite) ou les oublier totalement ("ne pas faire le jeu de la droite" : être de gauche), au choix.]

Luc Bronner

Article paru dans l'édition du 28.06.06

lundi, juin 26, 2006

Une petite leçon pour la "solidarité" à la française ?

En France, où on croit majoritairement que la solidarité est une redistribution étatique de fonds extorqués, on ferait bien de réfléchir à la dépêche suivante :


Warren Buffett donne plus de 80 % de sa fortune à des œuvres caritatives

Warren Buffett, deuxième fortune du monde, a annoncé, dimanche 25 juin, son intention de donner quelque 37 milliards de dollars, soit 29,6 milliards d'euros, à des organisations caritatives dirigées par son ami Bill Gates et par des membres de sa propre famille. Cette décision, qui porte sur plus de 80 % de sa fortune, constitue la plus grosse donation individuelle jamais réalisée aux Etats-Unis

Cars



FF

Début laborieux mais ensuite ça tient la route.

Et en plus, ô joie, ô bonheur, il n'y a pas l'habituelle blague pour adultes à la Disney, pas de clin d'oeil "entre grands", de fausse familiarité (Disney et moi n'avons pas élevés les trois petits cochons ensemble).

C'est un film "sérieusement" pour les petits. Mais les grands peuvent le voir avec plaisir.

Dans la peau de Jacques Chirac


F
Quelques juxtapositions d'archives désopilantes, sinon un peu court sur les analyses.
Allez voir si vous n'avez rien d'autre à faire, même si ça donne la sensation de tirer sur l'ambulance.

Marie-Antoinette


F
Quelques méchantes langues ont surnommé ce film Barbie-Antoinette.

Disons que ça se laisse voir sans atteindre la qualité des précédents films de Sofia Coopola.

Il semblerait que la miss ait quelques difficultés à traiter de l'âge adulte, ce qui fait que le film se dégrade à mesure qu'on s'éloigne de l'adolescence.

La jeunesse est un naufrage

La jeunesse est un naufrage : les jeunes sont immatures, irréfléchis, la plupart du temps incultes, inexpérimentés, influençables, prompts aux exaltations grégaires. Ce n'est pas par hasard que les plus terrifiantes dictatures ont fait un usage abondant de la jeunesse. En restant en France, il suffit de songer aux manifestations contre le CPE pour constater à quel point la jeunesse peut être ridicule (j'admets que les manifestants furent très bruyants mais minoritaires).

Cependant, et jusqu'à ce que les avancées de la science nous rendent immortels, il faut bien convenir que, les jeunes d'aujourd'hui étant les vieux de demain, la jeunesse est l'avenir.

C'est pourquoi on peut toutefois décider de ne voir de la jeunesse que ses bons cotés. Je préfère la compagnie d'un jeune intelligent à celle d'un vieux con.

Il restera tout de même que la vénération excessive de la jeunesse sous toutes ses formes, même les plus rassises, que pratique notre société est une marque de décadence.

dimanche, juin 25, 2006

Le monde qui vient

Voici quelques considérations :

> je touve le mariage homosexuel ridicule et l'adoption par des couples homosexuels néfaste.

> je ne considère pas que toutes les cultures et toutes les opinions se valent.

> le métissage ne m'apparaît pas comme le souverain Bien.

> L'anti-racisme tel que pratiqué aujourd'hui en France par les associations qui s'en réclament n'est pas une attitude morale mais un comportement totalitaire destiné à culpabiliser et à réduire au silence la majorité, comptentueusement baptisée "petits blancs".

La meilleure preuve en est qu'aucune de ces associations n'a porté plainte lorsque des bandes de banlieue ont exprimé ouvertement et physiquement leur racisme anti-blanc lors des manifestations contre le CPE. Il faut traquer, disséquer à la pince à épiler, le moindre propos d'un blanc pour y déceler la plus petite trace d'un insupportable racisme mais quand un noir dit (voir article du Monde sur le CPE) : "Les blancs sont des tapettes qui ne savent pas se battre.", ce n'est pas du racisme, c'est un problème sociologique exprimé par une pauvre victime "avec ses mots à lui".

> se préoccuper des animaux et de la nature, pourquoi pas, mais les hommes d'abord.

> il ne m'est jamais venu à l'idée de faire un procès à quelqu'un qui m'insultait ou qui me choquait.

> je ne me sens pas appartenir à aucun groupe, à part peut-être celui des Français.

> le savoir a une valeur en soi et le transmettre suppose de la méthode.

> un homme n'est pas une femme comme les autres.

> L'égalitarisme sous toutes ses formes est criminel : les hommes ne sont égaux ni en talents, ni en capacités, ni en désirs. L'égalité ne peut se faire que d'un point de vue partiel, partial, et par la médiocrité.

> le rolleriste, surtout en troupeau, me semble être un point bas de l'intelligence.

> le sport m'intéresse peu et le sport qui passe à la télé pas du tout.

> La télé elle-même m'ennuie profondément ; d'ailleurs depuis quelques temps, je m'en passe sans souffrance (seule exception, je regarde quelquefois "C dans l'air" sur internet).

> Je suis capable, avec un peu d'attention, d'écrire sans fautes d'orthographe ni de grammaire.

Bref, tout ceci étant dit, je peux poser cette question : suis-je adapté au monde qui vient ?

Il est vrai que cela n'a guère d'importance : le monde qui vient est sur la pente d'un suicide accéléré, ce qui finira bien par prouver que trop de ridicule peut tuer.

Il sera temps alors d'immigrer aux USA, de se construire une cabane au fin fond de la Pennsylvanie ou du Nevada, avec quelques étagères pour les livres, Homère, Montaigne, Cervantes, Shakespeare, pourquoi pas une Bible, et puis voilà.

samedi, juin 24, 2006

Hé hop ! Un peu d'européano-centrisme

Je suis mûr pour me faire traiter de "réac" par la bien-pensance "festive" et "solidaire", autant enfoncer le clou en vous citant une chronique d'Ivan Rioufol dans Ll Figaro :

Égalité des cultures ?

Lu, entendu : la Joconde n’aurait rien à envier à tel superbe masque rituel du Musée des arts premiers du quai Branly, inauguré mardi. Inutile de braver cet unanimisme, en faisant remarquer que la beauté de l’oeuvre de Vinci est le résultat d’un art abouti. Jacques Chirac a tranché : « Il n’existe pas plus de hiérarchie entre les arts et les cultures qu’il n’existe de hiérarchies entre les peuples. » L’idéologie multiculturelle ne dit pas autre chose.

Pour elle, toutes les cultures étant égales, l’Occident n’a pas vocation à s’affirmer, même devant ses hôtes. C’est ce que soutiennent les immigrationnistes, qui ont demandé au président de faire un « geste » pour empêcher l’expulsion des enfants africains, vus comme étant « les descendants » des créateurs de ces arts premiers. Hélas, le chef de l’État partage ce relativisme culturel et ce goût pour la flagellation.

Or la dévalorisation de l’Occident, qui n’incite déjà plus l’école à transmettre un héritage méprisé, relève d’une analyse contestable. Même l’ethnologue Claude Lévi-Strauss en est convenu : « Ce que les pays insuffisamment développés reprochent aux autres n’est pas de les occidentaliser, mais de ne pas leur donner assez vite les moyens de s’occidentaliser. Il ne servirait à rien de vouloir défendre l’originalité des cultures humaines contre elles-mêmes » (« Bloc-Notes » du 27 mars 2004).

« Montrez-moi le Proust des Papous ou le Tolstoï des Zoulous, et je le lirai », avait déclaré le romancier américain Saul Bellow, avant d’être accusé de racisme. Son tort : avoir estimé que certaines cultures étaient plus avancées et avaient davantage enrichi la civilisation. Mais n’est-ce pas ce que pensent de l’Occident les immigrés eux-mêmes, quand ils choisissent de rejoindre des nations chrétiennes, plus riches, plus développés ?

Homoparentalité : et si on pensait aux enfants ?

Ces histoires d'homosexuels revendiquant l'adoption est honteusement égoïste, un peu comme les couples divorcés pratiquant la garde alternée : des adultes se font plaisir, assouvissent leur désir, résolvent leurs problèmes, sur le dos des enfants.

Tout cela est un avatar du confusionisme contemporain qui essaie de transformer les hommes en femmes, les adultes en enfants, les rolleristes en artistes et les étrangers en Français (1).

(1) : par d'ambiguité sur ce point : comme je crois, naïf que je suis, à une certaine universalité de la France, je trouve très bien qu'un étranger veuille de lui-même devenir français. Par contre, la naturalisation automatique ou en charettes décrétée dans une administration sous la pression d'associations "solidaires", c'est niet.

D'ailleurs, à force de déguiser sous les noms de "solidarité" opu de "tolérance", leurs pulsions, leurs opinions, leurs préférences afin de les imposer aux autres par la force d'un chantage moral voire légal (cf les lois contre les diverses "phobies"), ces groupuscules vont finir par me faire détester ces jolis mots.


L'homoparentalité, une triple discrimination pour les enfants

Xavier Lacroix (dans Le Figaro)

Il est surprenant que des enjeux aussi consistants que le mariage ou l'adoption soient abordés seulement sous l'angle de l'égalité, comme c'est le cas cette année avec le slogan de la Gay Pride. Comment a-t-on pu en venir à oublier ce qui est en question dans l'objet de la revendication ? Cela a-t-il un sens de revendiquer un égal accès à une réalité alors que la position à l'égard de celle-ci est foncièrement différente ? Or, face au mariage et à la parenté, les couples homosexués ne sont pas, de fait, dans la même situation.

Le mariage n'est pas un objet neutre, convoitable indépendamment de son contenu. Ni hétérosexuel ni homosexuel, il n'est pas seulement «la reconnaissance sociale de l'amour», selon la formule de Noël Mamère, mais, par définition et de fait dans notre droit, la fondation d'une famille. Qu'il soit possible de fonder une famille autrement ou que certains couples mariés soient stériles n'enlève rien à cette finalité intrinsèque. Certains groupes de pression minoritaires dans la société ont tenté de contourner cette difficulté en créant de toutes pièces la notion d'«homoparentalité». Une telle notion n'est possible qu'en dissociant la «parentalité» de la «parenté», le premier terme désignant l'exercice de fonctions, le second restant lié à l'engendrement.

Que, dans des situations de fait, une telle disjonction puisse avoir lieu est une chose dont il faut tenir compte. Mais qu'une telle dissociation soit érigée en principe et a fortiori instituée, en est une autre, moralement discutable. En instituant la parenté monosexuée sous prétexte de lutter contre une prétendue discrimination entre les adultes, on en créerait une autre, bien plus réelle et bien plus grave, entre les enfants. Des milliers d'enfants seraient en effet privés par le droit, a priori donc, de trois biens fondamentaux.

Tout d'abord de la différence entre deux repères identificatoires, masculin et féminin, dans l'univers de leur croissance intime. Qu'il soit garçon ou fille, l'enfant a besoin, pour la découverte de son identité, d'un jeu subtil d'identifications et différenciations avec ses deux instances paternelle et maternelle. Cela a été étudié avec minutie par une littérature scientifique surabondante. Mais, par un étrange phénomène d'amnésie, certains discours font froidement table rase de tout cet acquis.

Le second bien élémentaire pour l'enfant est, lorsque cela est possible, la continuité ou au moins l'analogie entre le couple procréateur et le couple éducateur. La quête douloureuse de leur origine par les enfants nés «sous X», les difficultés propres à l'adoption indiquent bien que les ruptures dans l'histoire, les dissociations entre les différentes composantes de la parenté, sont autant de complications dans la vie de l'enfant. Dès lors, il est souhaitable qu'à la discontinuité liée à l'adoption ne vienne pas s'ajouter une seconde discontinuité, à savoir la perte de l'analogie entre le couple d'origine et le couple éducateur. C'est a fortiori parce qu'il est adopté qu'un enfant a besoin d'un père et d'une mère.

Enfin, l'enfant a besoin d'une généalogie claire et cohérente, lisible. Nous sommes dans un système généalogique à double lignée, ce qui ne manque pas de sens. Les bricolages de la filiation proposés par certains lui ôtent toute lisibilité. L'adoption n'a pas pour objet l'éducation seulement, mais la filiation. Elle ne définit pas seulement par qui l'enfant sera élevé, qui aura sur lui l'autorité parentale, mais de qui il est fils ou fille. Si l'adoption simple était accordée aux partenaires homosexuels, l'enfant, bénéficiant par ailleurs d'une filiation naturelle, pourrait avoir trois lignées paternelles ou maternelles !

Au fil des mois, il apparaît de plus en plus clairement que c'est la dissociation entre parentalité et parenté qui est au coeur du débat. Cette dissociation va de pair avec la déconnexion entre procréation et éducation. La négation de la place de la différence sexuelle dans la parenté ne fait qu'un avec la négation de l'importance du corps dans la filiation. Coupés de leur ancrage charnel, les mots voient leur sens se diluer. Le langage devient fou. On verra une femme demander un «congé de paternité», on se demandera même s'il est indispensable que le père soit nécessairement de sexe masculin. Mieux, l'on remplacera le terme «père» par l'expression : «auteur de l'apport de forces génétiques» comme dans le Code civil québécois. Ce qui conduit, dans le même code, à envisager la situation exotique suivante : «Lorsque l'apport de forces génétiques se fait par relation sexuelle...» ! Où il apparaît que l'articulation du corps et de la parole, du verbe et de la chair est une tâche pour toute éthique qui ne cède pas aux vertiges du fantasme et de la volonté de puissance.

* Directeur de l'Institut des sciences de la famille de Lyon. Auteur de La Confusion des genres : réponses à certaines demandes homosexuelles sur le mariage et l'adoption.

Retraites : la catastrophe par répartition

Vous trouverez au lien ci-dessous un article expliquant pourquoi il est urgent de passer de la retraite par répartition à la retraite par capitalisation.

La solidarité entre les générations a-t-elle un avenir?

On nous vante la soi-disant solidarité du système par répartition ; en sous-entendant évidemment un chantage moral : celui qui trouve le sytème par répartition néfaste est un égoïste opposé à la "solidarité". C'est un détestable mensonge : la solidarité est par essence volontaire et en mesure de s'adapter aux circonstances.

Le système par répartition est obligatoire et rigide. Il n'a aucune qualité morale. C'est le système qui a été choisi après-guerre parmi d'autres possibles, voilà tout.

Aujourd'hui, il n'est plus adapté puisqu'il revient, du fait de la pyramide des âges, à appauvrir les jeunes, sans leur consentement explicite, pour maintenir le niveau de vie des vieux (Jacques Marseille a calculé que, compte-tenu de son espérance de vie et du calcul des retraites très avantageux des fonctionnaires, il touchera probablement, sur l'ensemble de sa vie, plus de pension de retraite que de revenus d'activité) ; perspective contraire à tout progrès.

Si nous restons dans ce système, nous nous enfermons dans un dilemme dramatique :

> soit les jeunes finissent par ne plus vouloir payer et ne tiennent plus les promesses faites aux vieux et le magnifique système censé être solidaire aura abouti à créer une fracture générationnelle qui ira bien au-delà de la question des retraites. Succés sur lequel il n'est pas besoin d'épiloguer.

> soit les vieux maintiennent leur niveau de vie aux dépens des jeunes et du pays et ils auront trahi leur mission de passeurs.

Par dogmatisme, par paresse intellectuelle et, pour les plus cyniques, par intérêt bien compris, nous nous refusons à remettre en cause un système mauvais alors que des solutions existent (voir l'exemple du Chili).

vendredi, juin 23, 2006

Sarko, je le voyais venir de loin ...

Voici un extrait du discours de Nicolas sarkozy à Agen :

«Ce n'est pas le déficit qui crée le chômage, mais le chômage qui crée le déficit. [Il faut] refuser une logique absurde qui conduit à augmenter les impôts, à couper dans les investissements publics et à tailler dans les dépenses sociales quand la croissance ralentit et le chômage augmente [...] Je propose l'augmentation du pouvoir d'achat»

Ne dirait-on pas un discours de François Hollande ou de Marie-George Buffet ?

Il est maintenant évident que N. Sarkozy est un étatiste forcené, comme les autres, qu'il n'a rien de libéral (1) et, comble de bêtise, qu'il croit à la relance par la dépense (aux frais du contribuable bien entendu) dont on connaît l'inefficacité économique depuis les malheureuses expériences des années 30.

Vous pourriez rétorquer qu'il ment, qu'il s'adapte à son public.

Hélas, de nombreux indices me conduisaient auparavant à penser que NS n'est pas un libéral, ce discours vient comme une confirmation, non comme une surprise.

Je ne sais pas si c'est le chomage qui crée le déficit ou le contraire, mais je sais une chose : tous les pays qui ont résolu leurs problèmes de chomage ont commencé par réduire la dépense publique, mais il est vrai qu'en France nous sommes si supérieurement intelligents que nous pouvons toujours arguer que les autres n'ont rien compris.

(1) bien sûr, je donne un sens précis au mot "libéral", je ne suis pas un gauchiste qui baptise "libéral" à tort et à travers tout ce qui ne lui plaît pas.

jeudi, juin 22, 2006

En lisant Commentaire : la double oligarchie à la française

La livrason d'été de Commentaire est arrivée. C'est un grand moment de plaisir.

Voici un article sur la mise en coupe réglée de la France par la double oligarchie syndicats -fonctionnaires (mes commentaires entre crochets et passages sélectionnés en bleu)

La double oligarchie

L'antiracisme persécuteur

C'est l'histoire d'une coiffeuse qui ne voulait pas d'une employée noire.

Huguette Rivaud voulait quelqu'un "de son cru" pour travailler avec elle

Ce n'est pas très sympa, me direz vous, mais les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas, c'est son salon, elle embauche qui elle veut.

Hé bien pas du tout, malheureux ! Elle commet là une infraction qui va sans doute lui valoir condamnation.

Suis-je le seul à trouver cela absurde ? Suis-je le seul à penser qu'une coiffeuse dans son salon a le droit d'embaucher qui elle veut, de ne pas aimer les noires, les blondes, les fumeuses, les petites, les grandes ?

C'est d'autant plus stupide que l'ensemble de critères permettant d'embaucher ou non un candidat est suffisamment étendu pour qu'on puisse toujours dissimuler le racisme sous un autre motif, la loi contre la discrimination est en soi idiote : on ne peut pas découper un candidat en tranches pourvues de différentes identités (identité religieuse, ethnique, professionnelle, générationnelle, etc.)

La condamnation viendra en punition non du racisme mais de ne pas avoir eu l'intelligence de le dissimuler.

En lisant cet article, ce n'est pas la plaignante qui m'inspire pitié, c'est l'accusée, sommée, en public et par la force de la loi, d'avouer comme au confessionnal ses vilaines pensées contre le gentil peuple métissé, festif, antiraciste et bien-pensant.

Ne trouvez vous pas que ça ressemble aux procès de Moscou en encore plus grotesque ?

Aucun des ridicules poncifs à la mode ne nous est épargné : le "testing", le procureur, père la vertu, qui fait les gros yeux au mot de "racisme" le "stage de citoyenneté" (là encore, ça ne vous rappelle rien ? Des camps de rééducation de sinistre mémoire par exemple ?).

On goutera particulièrement aussi la mention du citoyen lambda où l'on retrouve le mépris des branchés pour les ploucs.

On vit vraiment une époque formidable.

Question subsidiaire : quand on ne peut plus exprimer son racisme publiquement, on le dissimule et il y a un endroit tout exprès conçu pour la dissimulation. Ca s'appelle un isoloir. Je vous fais un dessin ?

Mais ne vous inquiétez pas : afin d'améliorer la moralité générale, l'isoloir va bientôt disparaître et les élections se feront en public et à main levée.

Peut-être même que les résultats seront conçus à l'avance et pour le bien du peuple-enfant par les plus hautes autorités morales du pays, bien entendu auto-proclamées et rigoureusement sélectionnées après un féroce pugilat où toutes les bassesses seront permises (cette structure institutionnelle s'appelle une "démocratie populaire").

Décidément, le progrès fait rage.

Mme Royal parle au Monde : "il faut renforcer l'Etat pour que la France n'ait plus peur de la mondialisation"

C'est tout bonnement désespérant : le problème de la France, en général et dans la mondialisation en particulier, est l'Etat obèse, excessif, maternant, déresponsabilisant à force de pseudo-protections.

"Renforcer l'Etat" serait un pas de plus dans le maternage étatique et dans la course sans fin à la protection du risque.

Cela ne peut au final que renforcer les peurs en toute logique : si l'Etat se renforce pour me protéger de la mondialisation, c'est qu'elle est dangereuse, j'ai donc raison d'en avoir peur.

On ne peut que rappeler la phrase de bon sens d'Einstein :

"Il ne faut pas compter sur ceux qui ont créé les problèmes (dont Mme Royal fait partie) pour les résoudre."

mercredi, juin 21, 2006

En ce jour festif d'horrible tintamarre obligatoire, dit "Fête de la musique"

Piqué sur le blog de Zek

Tribunal populaire, Cour Suprême, Paris.Vendredi 19 octobre 2012.

La Cour Suprême du Tribunal populaire, par requête officielle du parquet public, a fait l'objet de demande de jugement immédiat pourl'affaire Zek contre Ville de Paris, pour qu'il soit fait de ce cas un exemple devant être porté au-devant de la scène publique, à l'attention de tous les citoyens de la République populaire de France;

La Cour, réunie autour de son Président Karl Z. en assemblée plénière, statue sur l'affaire opposant le Sieur Zek à la Ville de Paris ;

Vu le Code de Procédures Pénales en Période de Vigilance Citoyenne, Vu les articles 225-12-1 alinéa 2 et 225-12-3 du chapitre XXVIII du Code de Comportement Humain en Période Festive,

Vu le chapitre V du Code des festivités ;

Sur le moyen unique, en sa première branche;

Attendu qu'à la suite d'une juste dénonciation conforme au très nouveau Code de Procédures Pénales en Période de Vigilance Citoyenne, la Ville de Paris a assigné au Tribunal d'instance populaire de Paris le Sieur Zek pour violation des dispositions légales prévues au chapitre XXVIII du Code de Comportement Humain en Période Festive.

Attendu, ainsi que l'a rapellé le procureur public Dieudo dans le premier jugement de l'affaire le 13 août 2012, qu'il est reproché à Sieur Zek d'avoir manqué à l'exécution conforme de ses devoirs citoyens lors de la fête nommée "nuit blanche" du 01 mai 2012.

Selon le procureur Dieudo, "que la violation de ses devoirs est caractérisée par une attitude désinvolte à l'égard de la manifestation festive de rue. Que l'intéressé mis en cause aurait manqué de joie de vivre et d'humeur festive à la fin d'un concert de banjos-accordéons-tamtam, caractérisée par un soupir de résignation face à la prestation musicale en l'espèce. Que l'intéressé a par la suite manqué d'applaudir à la fin du concert. Que l'intéressé serait rentré chez lui avant minuit, sans avoir fait le tour de toutes les manifestations proposées, à fortiori sans passer toute la nuit dans la rue.

Qu'il est prévu par les articles 225-12-1 alinéa 2 et 225-12-3 du dit Code que "toute attitude manifestement négative en l'occasion de manifestations publiques festives telles que prévues par le chapitre V du Code des festivités est punie de 5 ans de remise en question civique en centre spécialisé public."Que, dès lors, il convient de condamner le prévenu Zek en conformité avec ces dispositions légales." (fin de citation)

Attendu que dans le jugement en cause, le Sieur Zek ne tente pas de nier ces agissements tel qu'ils ont été rapportés par le juste dénonciateur, mais justifie son comportement, qu'il reconnaît illégal, par des problèmes affectifs et personnels.

Qu'ainsi, selon lui, il aurait reçu un coup de téléphone l'avertissant d'un grave accident de son cousin vers 22h ce soir-là, ce qui expliquerait son attitude renfermée et triste. Qu'à son crédit il précise qu'il est resté le plus de temps possible dans la rue festive, même en connaissant les malheurs qu'il est arrivé à son proche. Qu'ainsi, pour Zek, les circonstances liées à son attitude caractérisent une cause réelle et sérieuse d'acte pouvant atténuer les disposition légales, et qu'ainsi le Sieur Zek demande la clémence de la justice envers sa personne.

Que le Sieur Zek, à titre subsidiaire, demande la garde de son enfantde 12 ans retenu actuellement dans les écoles sociales laïques à développement strict. Mais attendu qu'aucun motif personnel, à fortiori tels que ceux présentés en l'espèce, ne sauraient constituer une atténuation à la Nouvelle Loi telle que prescrite par le Comité Public d'Aide à laFraternité entre les Citoyens (CPAFC).

Qu'ainsi aucune cause réelle et sérieuse ne peut être présentée devant la justice pour tenter d'échapper à ses obligations légales et à fortiori n'est présente en l'espèce.

Qu'ainsi, dans l'absolu, chaque citoyen se doit de rester joyeux et guilleret en toutes circonstances lors de cérémonies publiques organisées par le Secrétariat d'Etat aux Manifestations Publiques, car il en va de la préservation de l'intérêt général et compte tenu du risque encouru, par cette tristesse, de troubler l'innocence d'un enfant joyeux et le marquer à jamais.

Que le risque de décevoir les musiciens intermittents présents est aussi à prendre en compte, ce qui implique la sécurité publique de la République populaire entière.

Dès lors, la Cour du Tribunal populaire condamne le prévenu Zek à 5 ans de remise en question civique en centre spécialisé public, tel que requis par le Procureur public Dieudo.

Quant à la demande à titre subsidiaire du Sieur Zek ;

Attendu que les écoles sociales laïques à développement strict ne doivent être vues comme une sanction mais comme une chance pour l'enfant de se développer conformément à la doctrine mise en place parle CPAFC, l'enfant devra suivre une éducation dans cette institution ;

Qu'ainsi la demande de remise de son enfant par le Sieur Zek est rejetée

Ca fait vraiment mauvais genre !

Où l'on reparle de la féminisation du langage.

Un aimable lecteur me signale le site suivant :

Egalité des sexes et développement

La dame tenant ce site (je n'ai pas dit la maquerelle) ne cache pas ses intentions : éradiquer à travers la révolution du langage l'oppression que subissent les femmes depuis des siècles. Elle n'envisage donc nullement de masculiniser certaines formes féminines exprimant le neutre (une sentinelle, une vigie, une personne, une victime, etc.)

Ce qu'elle veut, c'est une réforme langagière de combat (évidemment, le bon combat est féministe ; il ne s'agit pas du combat de Jacqueline de Romilly -tiens une femme- pour que le Français ne perde pas ses racines classiques).

Si il faut que cette réforme soit imposée, donc par la force, ce n'est pas grave puisque c'est pour le bien de l'humanité, notamment de sa partie féminine, victime forcément victime, du mâle libidineux et dominateur, voire poilu.

Allez voir ce site : comme beaucoup des propos des chatreuses féministes, des éradicatrices d'inégalités, des paritaristes fanatisées, c'est soit à s'en péter la rate de rire, soit à s'effondrer en pleurs, suivant l'humeur du moment.

Pour ma part, j'ai choisi d'en rire et j'ai quelques raisons pour cela : le langage ne se laisse point mener par le bout du nez et les essais de réforme du langage par décret comptent plus d'échecs que de réussites.

De plus, toute cette bien-pensance en action, armée en guerre, prête à l'assaut contre les phallus de toutes sortes, est assez fade et l'on revient vite aux classiques, qui ne se posaient pas tant de questions et qui versent délicieusement, en toute bonne conscience, dans le machisme honni.

La notion même suivant laquelle les femmes seraient les victimes millénaires d'un hypothétique patriarcat est hautement comique.

Il me semble, jusqu'à preuve du contraire et en attendant les avancées fabuleuses de la science, qu'il faut la conjonction d'un homme et d'une femme pour obtenir un enfant. Je ne vous fais pas un dessin, bien que certains couples homosexuels en mal d'enfant en auraient sans doute besoin.

Il est donc hautement douteux que, si oppression de l'homme sur la femme il y avait eu, l'espèce humaine serait arrivée jusqu'à nous.

Des centaines d'oeuvres théatrales et littéraires sont là pour nous montrer que dans les sociétés dites patriarcales, les femmes savent très bien y faire.

Revenons à nos matonnes du langage. La féminisation des noms de fonction participe d'une entreprise terroriste (au sens où celui qui s'y oppose est menacé d'insultes graves : misogyne, phallocrate, réactionnaire, etc ...) plus globale de brouillage des identités, sexuelles ou autres, tout en surdéterminant les individus.

On mélange les genres, on brouille vie privée vie publique, sentiments et raisonnements.

Confondre genre et sexe accentue cette confusion.

Le sexe du ministre ne dit rien sur sa compétence. Je me fous de savoir que LE ministre est une femme. Par contre, ceux qui disent LA ministre considèrent que le fait d'être une femme influe sur son exercice du ministère, si ce n'est pas du sexisme ...

Ce double mouvement (brouillage des identités, surdéterminisme) n'est contradictoire qu'en apparence, la cohérence est donnée par la lutte contre l'individualisme et par la promotion du panurgisme.

L'individu est par excellence quelqu'un qui, grâce à une identité claire, a une volonté, donc qui n'est jamais complètement déterminé (par son sexe, son origine, etc ...). Parce que je sais qui je suis, je sais d'où je viens et ce que je veux.

Si je n'ai pas une identité affirmée et surtout assumée, je suis (du verbe suivre) le groupe, je suis la foule.

Il n'est donc pas étonnant que la pression pour la féminisation des noms de fonction, entreprise confusioniste, vienne de la gauche, où l'on privilégie le groupe, sous ses divers noms (le peuple, les masses, les classes, le genre, la société) sur les individus.

Arrêtons là ces bêtises : il y a bien des femmes opprimées. Cependant, ce n'est pas par le Mâle en général, principe de tout Mal, mais par tel ou tel homme, par telle ou telle coutume, par telle ou telle misère.

La destruction très orwellienne de la langue traditionnelle par une féminisation de combat est donc inutile, car elle combat abstraitement ce qui est de l'ordre du concret, et néfaste, car le peu qui sera détruit ne pourra être reconstruit.

Déjà, l'ignoble "auteure" envahit les journaux de bien-pensance.

mardi, juin 20, 2006

Renards libres dans poulailler libre ?

J'ai trouvé ce texte sur le site de Bertrand Lemennicier :

Beaucoup d’hommes politiques n’hésitent pas, lors de débats publics, à invoquer contre l’existence d’un marché libre ou d’une mondialisation sans contrôle étatique la phrase suivante :

«Le libéralisme, c'est le renard libre dans le poulailler libre. » i.e. supprimer l'État reviendrait à laisser les criminels agir au détriment des honnêtes citoyens alors sans défense.

L’homme politique ou celui qui affirme une telle proposition endosse une vision de l’Etat ou les individus sont réduits en esclavage.

Reproduisons la réponse à cette métaphore telle que l'expose de manière magistrale François René Rideau.

Cette métaphore en dit long sur la façon dont les étatistes considèrent les individus.

Tout d'abord, voyons ce que signifie cette métaphore, quant au rôle de cet État qui se trouve soudain supprimé. Au vu de cette métaphore, alors les individus honnêtes sont des poules dans un poulailler. Qui protège, habituellement, les poules contre les agressions extérieures? Un fermier, l'État, remplit ce rôle; C'est censé être un être supérieur aux poules. [On retrouve là l'argument de Bastiat comme quoi, pour que l'Etat remplisse le rôle que les étatistes lui assignent, il faudrait que les hommes de l'Etat aient des capacités d'analyse et de connaissance suopérieurs à celles du commun des mortels ; ce qu'ils croient sans aucun doute mais qui est faux, il n'y a pas de surhommes, même à l'ENA.]

Mais il ne faut pas s'arrêter en si bon chemin. Si cette métaphore s'applique, alors il faut accepter de voir dans les individus des bêtes d'élevages, soumises au bon vouloir d'un État fermier. Or ce fermier peut et va à loisir contrôler leur reproduction, voler leurs œufs, les engraisser et les égorger. Le poulailler, c'est l'exploitation des poules par le fermier. Entre le renard et le fermier, il n'est pour les poules que le choix entre deux prédateurs.

L'État n'est pas plus l'ami des citoyens que le fermier n'est l'ami des poules ; comme le fermier exploite ses poules, l'État exploite les citoyens honnêtes. Le criminel, tel le renard, use d'une violence subite, extraordinaire, tandis que l'État use d'une violence ordinaire, permanente; il enferme ses poules de citoyens dans un poulailler, une prison faite de lois et gardée par des chiens-policiers.

Il leur offre un avenir tout fait, où ils seront gavés par diverses subventions mais constamment dépouillés des œufs de la richesse qu'ils créent; ils sont des esclaves durant toute leur vie, jusqu'à ce que l'État les abatte et se nourrisse de leurs dépouilles, confisquant leur héritage.

Les poules libres ne vivent pas dans un poulailler. Elles vivent au grand air. Elles nidifient dans des hautes herbes. Elles sont loin d'être aussi dodues que les poules d'élevage, mais c'est à elles et non pas à un dîneur que profitera la graisse et les muscles qu'elles accumuleront. Elles courent vite, sautent loin par dessus les obstacles pour échapper au renard; au besoin, elles donnent des coups de bec féroces pour se défendre ou protéger la fuite des leurs. Elles ne pondent pas quotidiennement et en vain pour le plaisir des prédateurs humains, mais à fin de reproduction seulement.

Elles ne sont pas enfermées dans une clôture, mais libres de suivre leurs aspirations, et de traverser les routes sans avoir à en répondre à quiconque.

[Comme quoi il faut se méfier des métaphores, elles révèlent quelquefois des pensées secrètes. Le contrôle étatique et la liberté s'opposent.

Mais, bien entendu, ceux qui demandent le contrôle par l'Etat espèrent toujours être du bon coté du manche, celui des contrôleurs, plutôt que celui des controlés. C'est pourquoi ils peuvent jurer les grands dieux qu'ils ne cherchent pas attenter à la liberté, mais ils pensent, quelquefois inconsciemment, à la leur, à leur liberté de contrôleurs, ce sont comme l'écrivait l'excellent P. Muray, des "matons de Panurge".]

lundi, juin 19, 2006

Comment Le Monde voit le monde

Un article sur les déboires d'ATTAC m'a donné l'occasion de me livrer à un petit calcul.

L'association Contribuables Associés a 136 000 membres. L'association ATTAC en compte 25 000, qui certes font du bruit, se divisent et se disputent comme, au moins ,136 000 (c'est l'inconvénient d'être gauchiste, c'est-à-dire de ne jamais rien comprendre à la démocratie représentative : on est condamné soit au foutoir, soit à la dictature. A ATTAC, il y a les deux !).

Ces deux associations font la promotion d'idées qui sont politiquement antagonistes.

En faisant un tour rapide dans le moteur de recherche du Monde, j'ai trouvé Contribuables Associés 57 fois et ATTAC 82 fois.

Le nombre d'articles rapporté au nombre d'adhérents indique qu'ATTAC est 7.8 (82*136000/57*25 000) fois mieux traité que Contribuables Associés.

De plus, un sondage dans les articles permet de constater que Contribuables Associés n'y est signalé qu'en passant, dans le corps de l'article, alors que dans les deux tiers des cas, ATTAC est le sujet principal de l'article la citant.

Au final, en tenant compte de cet aspect qualitatif, on obtient un "coefficient lévogyre (1)" pour le journal Le Monde de 11.7 (7.8*3/2).

C'est édifiant pour un journal, qui, sans cacher ses opinions, se veut de référence.

(1) : les molécules lévogyres dévient la lumière polarisée vers de la gauche.