mardi, août 28, 2007

Le grand traumatisme du bizutage

Depuis que Ségolène Royal a été ministre, nous savons que le bizutage dans les classes préparatoires est un profond traumatisme qu'il faut à tout prix empêcher (prière de ne pas rire).

Dans la même veine larmoyante, un auteur a cru bon de faire un livre complet sur ce fameux traumatisme (si, si, on n'arrête pas le progrès).

Inutile de s'attarder sur les raisons pour lesquels nos journaux bien-pensants répandent ces mièvreries, elles sont évidentes : les classes préparatoires sont encore le symbole de l'élitisme, de l'ambition et de la compétition, toutes choses qu'il est urgent d'abolir au nom de la sainte égalité dans la médiocrité.

Mais il y a autre chose : toutes les sociétés jusqu'à maintenant ont considéré que le monde était dur et, en conséquence, le passage de l'âge puéril, protégé et dépendant, à l'âge adulte, exposé et responsable nécessitait un rite. Le bizutage, pas très intelligent il faut le reconnaître, faisait partie de ces rites de passage.

Il me semble que notre société, toute à sa prétention de s'être faite toute seule et de n'avoir à respecter rien qui vient du passé tente, d'inverser la logique.

Si le bizutage est ignoble, c'est qu'il n'y a pas de raison de faire une coupure entre l'âge puéril et l'âge adulte (tous les adultes sont de grands enfants), c'est donc que le monde n'est pas si dur que le pensaient les anciens.

La réalité se venge et se charge du démenti.

Il n'est pas étonnant que Ségolène Royal dont le fond de la philosophie est l'abolition les distinctions et barrières traditionnelles (entre privé et public, entre homme et femme, entre enfant et adulte, entre Français et étrangers, entre couples homosexuels et couples normaux, etc ...) se soit retrouvée en pointe de ce combat là.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Je parle d'une chose que je n'ai pas eu à subir (je ne fais pas partie de l'élite donc)...

Vu de l'extérieur je pense qu'il en est des bizutage comme du reste ...
On va supprimer pour le plus grand nombre des réjouissances (si si ça doit faire de bon souvenir j'en suis sur !)par la faute des quelques uns qui vont au delà de la limite du raisonnable.

On va supprimer 100% des bizutages en prétextant qu'il y en a 2% qui ont causé des accidents graves (voir mortels) et les 10% de chochottes qui ne supportent pas d'être un peu bousculé de leurs bouquins ! On met en avant la minorité contestataire au détriment de la majorité de silencieux (qui ne dit mot consent).

On pourrait lancer le débat sur le contenu du bizutage en terme de rite de passage à l'age adulte ??? je comprends que l'on impose au bizut africain d'aller tuer un lion pour montrer sa virilité dans les sociétés traditionnelle mais je ne retrouve pas forcement de signification forte d'aller faire le zazou en tenue ridicule dans les rue de la ville à vendre des feuille de PQ ou autre réjouissance... mais c'est là un autre débat (je ne dois pas comprendre étant étranger à ce rite => tiens au fait je n'ai pas subit de rite de passage à l'age adulte suis je pour autant un adulescent ? )

Par contre je ne retrouve pas la même véhémence lorsque l'on supprime les droits type sécu du plus grand nombre pour les abus commis par quelques uns (faux arret maladie et autres arnaques). Je regrette un peu cet aspect !

fboizard a dit…

Je proteste depuis longtemps contre cette logique liberticide (2 % de déviants, 100 % de loi contraignante).

Le bizutage ne mérite ni excès d'honneur, ni excès d'indignité : j'en garde un bon souvenir, mais je n'en aurais pas eu que je n'aurais rien regretté.

Il faut arrêter de monter en épingle des choses sans importance. Je comprends que certains puissent être traumatisés par le bizutage, mais, quand on est sensible à ce point-là, on peut être traumatisé par n'importe quoi. Ca n'aurait pas été le bizutage, ça aurait été autre chose (le travail en prépa, les échecs aux concours, etc).

A l'époque où les écoles d'ingénieurs étaient encore dans Paris, l'une d'entre elles avaient un bizutage fort simple et sans violence : ramener en ticket de pesée de la balance du coin de la rue. Il fallait juste y aller nu, et dans l'ordre alphabétique.

J'ai oublié de dire que parmi les fonctions du bizutage, il y en a une qui n'est pas sans mérite : ramener à la modestie certains dont la tête et les chevilles sont si enflées qu'ils passent les portes de biais.