mardi, novembre 06, 2007

Un étrange blocage français


Alors que se profile la crise d'une économie française déjà fragile, le gouvernement se débat avec les histoires de pouvoir d'achat et, dans une moindre mesure, de chômage.

Yves de Kerdrel rappelle qu'Henri Guaino, le pousse-au-crime du gouvernement, avait proposé de remettre au goût du jour l'indexation des salaires sur les prix ! Pourquoi pas rétablir le contrôle des prix, pendant qu'on y est ?

Ainsi, en économie, la France essaie tout ce qui ne marche pas et rien de ce qui marche.

Car la solution des problèmes de pouvoir d'achat est absolument limpide, ne recèle aucun mystère, elle est parfaitement connue et profite d'abord aux plus pauvres :

> libérer le travail (cumul emploi-retraite, heures supp., etc ...)

> diminuer les impôts grâce àune diminution proportionnelle des dépenses et des effectifs publics

Quelquefois, on nous dit savoir quelle réforme il faut faire mais pas comment la faire. Dans le cas présent, la question ne se pose même pas : une loi pour abroger les articles du code du travail qui gênent et le non-remplacement des départs à la retraite de fonctionnaires suffisent.

Alors pourquoi continue-t-on à se trifouiller la cervelle pour trouver des idées tordues qui ne résoudront pas un problème dont la solution est simple et universellement connue ?

Tout simplement parce que la solution en question a deux graves défauts :

> elle revient à constater que, oui, nous vivons dans une économie de marché

> l'Etat ne fait plus, ne touche plus à tout, mais se retire

Bref, la France préfère vivre dans l'illusion d'une «autre politique» et du maternage étatique. Peu importe que cette illusion soit payée au prix du chomâge et d'une économie stagnante.

Qui a dit que les Français étaient matérialistes ? Pour entretenir un mirage, ils sont prêts à subir des déboires bien réels.

J'ironise, car le mécanisme est lui aussi connu et un rien sordide : chacun refuse que l'Etat, qui nous conduit à la faillite collective, recule car chacun espère en profiter et «après moi, le déluge».

Certains vont même jusqu'à affirmer, au nom d'une vision du monde dont, je le dis gentiment, la pertinence reste à démontrer, que le vrai coupable est le capitalisme et non pas l'Etat français. Ben voyons ! Et en attendant que cette proposition indémontrable soit démontrée, on ne touche à rien. Grandiose !

8 commentaires:

Anonyme a dit…

La peche artisanale est condamné à moyenne echéance (en l'état en tout cas)....
-> on promet pour retarder l'echeance des exemptions de cotisation sociale (ce matin)

Les stations de basses altitudes manque de neige
->on subventionne les canons à neige plutot que la reconversion

Sans être aussi radical que de supprimer les articles du code du travail ne pouvons nous commencer par arreter de négocier des subventions à tous les vents, des augmentations d'effectifs public, de créer des "régimes spéciaux " pour contenter un lobby ou un autre (sachant que les + importants sont bien ceuyx de la fonction publique elle même) ?

Aujourd'hui les pecheurs ...
demain les routiers (ils consomment aussi du gasoil non ?)
Les motards aussi
Et puis apres à qui le tour ?

Arretons la gabegie de l'Etat et bien des maux seront réglé. Arretons de créer des commisions d'enquete parlementaire des qu'un ministre baille ...n'avons nous pas mieux à faire alors que tout concorde à dire que nous sommes en situation de crise financiere avancé (voir la dette publique) ...
Arretons de détourner les gens des vrai problème !
L'etat devrait être géré en "bon pere de famille " et j'entends par là :
1- on dépense l'argent que l'on a déjà et pas plus
2- on veille à la santé et au bien être de tous (dans la mesure de ses moyens (voir 1)
3- on epargne quand ça va bien afin de pouvoir passer les temps difficile avec un peu plus d'aisance
4- on s'adapte à l'environnement environnant et on essaye d'améliorer la situation (sans le faire au détriment des 3 premiers points)
5- on peut investir pour des lendemain plus beau mais sans mettre en péril la partie "vitale" de son budget !

En tout cas je pense que j'énonce ici quelques évidence que nous devons (pour la plupart ) appliquer au quotidien ...alors pourquoi personne ne l'EXIGE de nos dirigeants ?
nous avons les dirigeant que nous méritons !!! Sachons faire cette simple demande non ?

Epicier vénéneux a dit…

C'était mardi ou mercredi dernier vers 13h sur BFM ; je tombe sur une fin d'interview de Henri Guaino :

"- Henri Guaino, pour conclure ?
- Eh bien pour conclure, je dirais que je suis surpris de l'opposition à la politique dans les milieux industriels qui fonctionnent très bien ; je ne parle pas d'une opposition technique, car ce paramètre est adaptable, mais d'une opposition de principe. La phrase qui revient sans cesse est 'mais vous savez combien cela va coûter ?'. Je pense que ces industriels-là devraient un peu plus infléchir leur position et accepter que la volonté politique revienne au centre."


Je vous présente Henri Guaino, conseiller spécial du Président.

Anonyme a dit…

tellement plus facile de dépenser l'argent des autres ....

fboizard a dit…

Il y a une analyse optimiste du comportement sarkosyste :

> il sait où il veut aller

mais il pense que si il le disait de but en blanc, ça serait le bordel : d'où :

> il occupe la scène avec sa propre personne (qu'il aime beaucoup) pour détourner l'attention (technique blairiste : je submerge les medias pour qu'ils n'aient pas le temps de s'intéresser à autre chose. Comme les journalistes ne sont pas des flèches, ça marche.)

> il fait volontairement dans le brouillon, le confus et l'inachevé pour qu'on ne distingue pas où il veut en venir.

C'est interprétation me laisse dubitatif :

> nous n'avons pas d'éléments pour en juger la pertinence

> Même si elle est juste, le choix ainsi fait me semble mal venu : l'incertitude renforce l'angoisse, l'angoisse nourrit la phobie de la nouveauté.

A mon sens tout s'est joué pendant la campagne électorale : c'est à ce moment qu'il fallait en coulisses préparer les projets et en public préparer le terrain.

Faute de cette préparation, aucune réforme rapide et significative n'était possible, cela laisse aux opposants le temps de s'organiser, c'est foutu ou presque.

Anonyme a dit…

Il y a une autre interprétation, moins trouducutée, moins subtile, moins optimiste et plus vraisemblable.

1) Sarkozy hésite entre le libéralisme et l'étatisme bienveillant, type gaulliste de gauche. Un jour il croit à l'un, un jour à l'autre.

2) Il sait les Français conservateurs, étatistes et versatiles. Aussi, bien que sa campagne électorale ait été le summum du politiquement incorrect libéral par rapport aux repères français, et malgré son score enviable, il pense que les Français peuvent facilement se retourner contre lui en cas de coup de tabac.

3) Par conséquent, il embauche l'opposition, y va mollo sur la forme et multiplie les concessions de fond sur tous les dossiers chauds.

4) Il parie sur le fait que rendus au point de blocage où on en est, il n'y a que le premier pas qui coûte. Donc peu importe qu'on réduise les effectifs des fonctionnaires de 10 000 ou de 30 0000, l'important c'est de dire qu'on va les réduire, de les réduire et puis de dire: voyez, on les a réduits.

5) Du coup, l'hydre syndicale et gauchisante apparaîtrait aux yeux dessillés du peuple ébahi pour ce qu'elle est vraiment: un tigre de papier.

6) Toute l'incertitude, alors, consisterait à savoir ce qui va se passer après. Les glorieuses forces d'invasion du libéralisme vont-elles s'engouffrer en masse par la porte pulvérisée par le commando des forces spéciales de la joie et de la mondialisation réunies?

Ou bien le pain de plastic du lieutenant Sarkozy va-t-il lamentablement faire pschitt? Ou encore, les répugnantes hordes étatistes et socialisantes, planquées de l'autre côté, vont-elles rebarricader la porte vite fait?

[Merci à Daniel "Le libéralisme pour les nuls" Tourre pour le style.]

http://www.dantou.fr/liberalisme.htm

fboizard a dit…

"Trouducutée" : je suis curieux d'une explication de texte !

Anonyme a dit…

Je suis un gros naïf et crois ce que Sarko me dit : "tout se tient et on ne peut pas faire les choses les unes à la suite des autres; sinon on va perdre un temps fou et les réformes entamées n' auront aucune efficacité."
Et je partage les points 4 et 5 de Robert. Je prendrais plutôt l' image de la petite fuite dans la digue du conservatisme qui grandit pour devenir une brèche.

Erick

Anonyme a dit…

Ah oui, mille excuses, Franck: la traduction d'interprétation trouducutée en français correct figure dans mon texte juste après: interprétation subtile. Excessivement subtile.

Pensez aux mouches et à ce que d'aucuns peuvent faire avec.

On peut dire aussi: chiadée, de derrière les fagots, raccrochée aux branches, pas piquée des vers, vernie au tampon...

(OK, celle-là, je viens de l'inventer.)