dimanche, février 18, 2018

Sida mental

Cette réflexion a commencé avec le dialogue ci-dessous.

La discussion s'engage à propos de l'évêque de Canterbury, Mgr Welby, qui ne voit pas d'inconvénient à ce que le prince George, futur defensor fidei, se convertisse un jour au bouddhisme (il n'y a pas que l'islam dans la vie).

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Bien entendu, je suis prêt à le parier, Welby ne sait probablement rien de vraiment précis sur les bouddhismes (les journées n’ont que 24 h), en sorte que, peut-être, il serait tenté de penser que toutes les religions sont sympa. Et des espèces de christianisme exotiques.
Il est au surplus devenu banal de confondre le respect des personnes avec l’approbation spontanée et globale de leurs modes de pensée et de comportement.




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      Les anglicans sont encore plus affligeants que les catholiques.
      De plus, il y a bien souvent chez les clercs une tendance à la veulerie.
      Il est clair que cet archevêque est un escroc : il ne croit pas en ce qu'il affiche comme étant sa raison de vivre ("Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi" : c'est très clair, le bouddhisme est inférieur, du point de vue du Salut, au christianisme).
      Ce genre d'escroquerie est particulièrement fréquente chez ceux qui font profession de vivre de leurs idées et de leurs croyances : universitaires, politiciens, évêques etc.




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          Disons que c'est un enfant du siècle.
          Pour la petite histoire biographique, Welby n'est pas vraiment un produit de serre chaude ecclésiastique ou universitaire. Après des études d'histoire et de droit, il a travaillé 11 ans dans des compagnies pétrolières, dont 5 ans chez Elf-Aquitaine. Ce n'est qu'ensuite qu'il s' est découvert une vocation ecclésiastique.
          Tous les milieux sont atteints.
          J'ai eu des échanges sympathiques mais désespérants avec tel homme du monde des affaires sur l'islam. Et qui n'était certainement pas un imbécile. Ayant fréquenté ses pairs du Proche-Orient, qui lui ont paru hautement modernes et civilisés et qui l'ont assuré du caractère innocent de l'islam, il n'a jamais voulu croire à mes mises en garde. D'ailleurs, j'étais "essentialiste", chose très grave (cet adjectif sert d'argument choc). Il n'y a pas un islam, mais des islams, etc.




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              J'ai beaucoup de mal à comprendre cette lâcheté (je suis intimement persuadé qu'il s'agit de lâcheté et non d'aveuglement, même si les deux se recoupent) intellectuelle et même psychologique (certains ont vu leur épouse ou leur fille assassinées par des djihadistes et ont continué à défendre le multiculturalisme, on n'est plus dans l'intellectuel à ce stade, on est dans la maladie mentale).
              C'est à proprement parler un sida mental, un effondrement des défenses immunitaires.
              Toutes les explications qui me viennent à l'esprit me semblent partielles. Je vois bien sûr qu'il y a une forte composante sociale, le peuple d'en bas est beaucoup moins touché par cette folie, mais je n'ai pas d'explication qui me satisfasse.
              Pourtant, je me dis que ce phénomène est si répandu et si particulier que l'explication doit être évidente et que je ne la vois pas.




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          L'expression « sida mental » me vient évidemment de Louis Pauwels, dont il est utile de rappeler l'éditorial du 6 décembre 1986 :

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          Ce sont les enfants du rock débile, les écoliers de la vulgarité pédagogique, les béats nourris de soupe infra idéologique cuite au show-biz, ahuris par les saturnales de « Touche pas à mon pote ». Ils ont reçu une imprégnation morale qui leur fait prendre le bas pour le haut. Rien ne leur paraît meilleur que n’être rien, mais tous ensemble, pour n’aller nulle part.

          Leur rêve est un monde indifférencié où végéter tièdement. Ils sont ivres d’une générosité au degré zéro, qui ressemble à de l’amour mais se retourne contre tout exemple ou projet d’ordre. L’ensemble des mesures que prend la société pour ne pas achever de se dissoudre : sélection, promotion de l’effort personnel et de la responsabilité individuelle, code de la nationalité, lutte contre la drogue, etc, les hérisse.

          Ce retour au réel leur est scandale. Ils ont peur de manquer de moeurs avachies. Voilà tout leur sentiment révolutionnaire. C’est une jeunesse atteinte d’un sida mental. Elle a perdu ses immunités naturelles ; tous les virus décomposants l’atteignent. Nous nous demandons ce qui se passe dans leurs têtes. Rien, mais ce rien les dévore.

          Il aura suffi de cinq ans pour fabriquer dans le mou une telle génération. Serait-ce toute la jeunesse? Certainement pas. Osons dire que c’est "la lie avec quoi le socialisme fait son vinaigre."
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          Ce sida mental est très répandu (on le retrouve ici ou ), il s'étend de la complicité active à la simple incapacité à accepter une défense radicale de nos moeurs.



          Et je ne comprends pas la cause de ce sida mental. J'ai des explications, (télévision, espérance de vie, matérialisme, ...) mais elles me paraissent toutes partielles.

          La seule explication « totale » que je connaisse est celle de Chesterton : la peste noire. Elle a diminué le vivier de clercs, faisant baisser la qualité des théologiens, d'où la Réforme, d'où la division dans l'Eglise, d'où le sida mental. Ca me semble un peu tiré par les cheveux.

          Et vous ? Une explication pour le sida mental ?










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