mardi, août 13, 2019

L’Allemagne, un cancer au centre de l’Europe

A review of Paul Lever's 'Berlin Rules' and Fritz Fischer's 'Germany's Aims in the First World War'

Je suis content de voir que Peter Hitchens ne tombe pas dans le panneau du mensonge historique martelé.

Pas plus que la France n’est responsable de la rafle du Vel d’Hiv, la première guerre mondiale n’est pas le fruit d’une mécanique infernale diffuse et fatale. Ces mensonges, causes de la première guerre mondiale et rafle du Vel d’Hiv, sont deux gestes de canine soumission des européistes vis-à-vis du maître allemand.

Non, les responsabilités des guerres mondiales ne sont pas vagues et embrumées. L’Allemagne est responsable.

La vérité est que l’Allemagne a voulu la guerre de 14 plus que les autres et a fait ce qu’elle pouvait pour la déclencher. Si vous avez encore un doute, souvenez vous des incidents de Tanger et d’Agadir, qui étaient sans ambiguïté des provocations à la guerre vis-à-vis de la France.

L’Allemagne a été au XXème siècle un cancer au centre de l’Europe. Elle l’est toujours. Deux raisons :

• la première, physique. Selon le mot de Kissinger, l’Allemagne est trop grande pour l’Europe et trop petite pour le monde. Ça reste vrai. La politique constante des rois de France a été d’empêcher l’unification des Allemagnes, grande sagesse. Nous avons renoncé en 1918 à exiger le démembrement de l’Allemagne, erreur funeste, avant-dernière occasion, ratée, de rééquilibrer la carte de l’Europe.

Après 1945, l’Allemagne a été divisée et le monde ne s’en est que mieux porté. Hélas, Mitterrand a favorisé une réunification hâtive.

• la seconde, plus importante, spirituelle. J’hésitais à écrire «  culturelle » ou « morale », mais c’est bien « spirituelle » qui convient. Il y a au fond de l’âme germanique quelque chose qui fait que le génocide et les philosophies psycho-rigides sont les spécialités allemandes comme d’autres ont pour spécialités la liberté et la cuisine immangeable. Le proverbe de nos amis anglais dit beaucoup « l’humour allemand, c’est comme l’humour juif ... l’humour en moins ». Il n’y a que des gens qui se prennent très au sérieux pour croire que leurs idées justifient de génocider des populations entières. Les idées des Allemands ont changé, pas la rigidité qui les rend politiquement inhumains.

D’autant plus que les Allemands ont une nette tendance à perdre les guerres mondiales qu’ils déclenchent. Leur sens stratégique est inversement proportionnel à leur sens tactique. Il y a des peuples qui se battent jusqu’à la victoire, les Allemands se battent jusqu’à la défaite.

Que doit faire la France ?

D’abord, cesser la politique folle, qui ressort, par bien des aspects, plus de la haute trahison que de l’erreur, poursuivie par tous nos présidents depuis Giscard, de soumission à l’Allemagne. Il n’y a pas de modèle allemand, on ne prend pas pour modèle un pays en voie de disparition. C’est un suicide français.

Ça ne nous empêche pas de garder de bonnes relations avec les Länder de l’ouest.

Ensuite, nous rapprocher de la Grande-Bretagne qui porte la culture de la liberté politique. A cause de l’extrême médiocrité de notre classe dirigeante, nous sommes en train de rater la chance offerte par le Brexit.

Enfin, la France n’a pas besoin de tuteur (idée absurde de beaucoup de nos dirigeants depuis le XVIIIème siècle) mais elle peut se faire le champion des petits pays. Non seulement la France n’a pas à choisir entre l’Allemagne, les Etats-Unis, la Russie et la Chine, mais elle doit venir au secours de ceux qui sont menacés par ces mastodontes.

Par exemple, la France n’aurait pas été mal aux côtés de la Grèce lors de la crise  (mais il fallait sauver les banques françaises. Cette considération particulière a prévalu sur l’intérêt national).

Vaste programme ! Mais qui est à la portée de la France pour peu qu’un homme d’Etat sache le lui expliquer. Mais d’hommes d’Etat, nous n’en avons pas plus que d’intelligence dans le gouvernement Macron.

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