mardi, mai 12, 2026

La bataille des cinq empires (Benoit Chenu)

Ce livre présente une thèse audacieuse, en partie basée sur les papiers du général de Castelnau, seul des grands généraux de la première guerre mondiale à avoir refusé obstinément de publier ses mémoires.  Et on comprend mieux pourquoi.

Cette thèse est la suivante : sans deux décisions malencontreuses, les Alliés auraient pu gagner la guerre à l'automne 1916.

Ces deux décisions funestes sont :

1) Une décision militaire. Ne pas poursuivre l'offensive de la Somme, au troisième jour, du côté où l'ennemi est le plus faible. Au lieu de quoi, l'offensive a été poursuivie au plus fort de l'ennemi et ça s'est mal passé.

Joffre et Foch sont de sanglants connards. L'étroitesse d'esprit des militaires n'est pas une légende. (Foch disait « L'avion, c'est zéro, c'est du sport » quand Castelneau faisait les premières expérimentations avec des avions). Mais, de loin en loin, des militaires comme Castelnau et Leclerc remontent le niveau. Après tout, la France est le pays qui a gagné le plus de batailles dans son histoire.

Les Russes, voyant que l'offensive franco-britannique s'enlisait, ont réduit leur propre attaque, qui aurait pu être décisive, les Autrichiens étant en sous-effectifs à ce moment.

2) Une décision politique. Pour des raisons peu flatteuses pour la raie-publique, l'entrée en guerre dans le camp allié de la Bulgarie a été refusée, alors que les Balkans étaient le ventre mou de la coalition austro-allemande.

C'est bien l'armée d'Orient, en conjonction avec l'Italie, qui gagnera la guerre en en faisant sortir l'empire austro-hongrois, mais en 1918.

Castelnau, Churchill et d'autres avaient l'idée que la guerre ne se jouerait pas là où l'ennemi était le plus fort, sur le front français, mais là où il était le plus faible, en Autriche-Hongrie.

L'entêtement stratégique dans de mauvaises idées contre cet avis éclairé a une cause.

Pendant les deux guerres mondiales, les Français et les Allemands ne parviennent pas à articuler efficacement le politique et le militaire, ils n'ont pas l'équivalent du cabinet de guerre britannique.

Les Allemands donnent tout le pouvoir aux militaires durant la première guerre mondiale et tout le pouvoir au politique, Adolf Hitler, pendant la deuxième guerre mondiale. Ça a spectaculairement foiré dans les deux cas (voir les excellents livres de Jean Lopez Barbarossa / Kharkov 1942 (J. Lopez / L. Otkhmezuri) et La Wehrmacht : la fin d'un mythe (sous la direction de Jean Lopez).)

Les suceurs de casques à pointe européistes de la Nouvelle Droite admirent une efficacité germanique totalement imaginaire. Ceux qui ont conquis le monde sont Les Portugais, les Espagnols, les Français, les Anglais, puis les Américains, pas les Allemands.

La spécialité allemande, c'est de se tirer une balle dans la tête puis d'essayer d'arrêter la balle (1517, 1914, 1933, Merkel). Vraiment pas de quoi prendre exemple. Le rôle stratégique de l'Allemagne depuis la fin du XIXème siècle est d'être le pion (quelquefois indocile) des Etats-Unis en Europe. Plus, c'est au-dessus de ses forces et de son intelligence.

Les Français font mieux mais leur articulation du politique et du militaire est tout de même boiteuse, d'où (entre autres raisons) notre défaite de 1940.

Un autre exemple : Verdun. Politiques et militaires français se mettent d'accord que ce n'est pas un secteur à défendre en cas d'attaque allemande, que mieux vaut reculer et réaligner le front. Mais dès que l'attaque commence, la gouvernement exige que Verdun soit défendue à tout prix (et c'est vraiment à tout prix) par peur des réactions de l'opinion et du parlement. Pas de décision réfléchie politico-militaire.

Contrairement à la légende, il n’y a pas eu d’Union Sacrée, la gauche radicale-socialiste a largement dominé les gouvernements entre 1914-1918. Comme d’habitude, l’« Union Sacrée » n’est allée que de la gauche à l’extrême-gauche. C’est-à-dire que le gouvernement rad-soc est resté obsessionnellement anti-catholique. Ce ne fut pas sans conséquence.

Ne jamais oublier : jusqu’à Clemenceau, l’obsession du gouvernement de la raie-publique est de sauver le gouvernement de la raie-publique. Briand a même dit « Si Castelnau n’allait pas à la messe, les Allemands seraient depuis longtemps hors de France », montrant ainsi que ce gaucho était un criminel conscient de son crime. Une phrase qui pèse des centaines de milliers de morts français.

Briand, influencé par sa maitresse (comme Reynaud en 1940), est partisan de la Roumanie, qui n'a aucun intérêt militaire, comme la suite le prouvera malheureusement, et fera échouer la tentative de rapprochement avec la Bulgarie.

Les naïfs sous-estiment toujours à quel point la gauche est nocive et satanique.

Les Britanniques, eux, persisteront dans l'analyse juste que dans les Balkans se trouvent la clé de la guerre mais échouent à concrétiser dans les Dardanelles cette bonne idée.

Les Jeunes Turcs

Joffre a tout de même conscience d'être une nullité. Plutôt que de démissionner, il s'entoure d'un écran de forts en thème (Saint Cyr, Polytechnique) qui pensent pour lui et le protègent, surnommés les Jeunes Turcs : Renouard, Buat, Berthelot, Gamelin ...

Ils ont tous les défauts du genre : hautains, dogmatiques, rigides, irréalistes. Les officiers de terrain les détestent. Les Anglais aussi. La France leur doit les offensives catastrophiques de 1915 et 1916, mais le premier responsable est celui qui leur a donné trop de pouvoir, Joffre et, indirectement, le gouvernement.

Il y a une animosité réciproque entre Castelnau et eux. Buat, en particulier, fait une véritable obsession de la critique de Castelnau. Après la guerre, Buat restera un partisan de l'offensive à outrance, la lecture de ses mémoires stupéfiera les gens compétents (environ 8 millions de Français).

Le scandale Sarrail

« Le scandale Sarrail », c'est ainsi que l'auteur titre ce chapitre.

Maurice Sarrail est un mauvais général mais un « bon républicain », franc-maçon jusqu'au slip et faisant la chasse aux officiers catholiques.

Chaque fois qu'un ministre essaie de le débrancher (car sa nocivité est de notoriété publique), l'aile gauche du parlement menace de renverser le gouvernement et cela ne se fait pas.

Les Anglais, qui savent bien ce qui se passe chez nous, sont scandalisés. Ils soupçonnent même que les Français maintiennent le corps expéditionnaire à Salonique pour donner un commandement à Sarrail (qui, comme à son habitude, fait des dégâts). Or, ce théâtre d'opérations compte plus aux yeux des Anglais qu'aux nôtres.

Cela signifie que des occasions stratégiques sont gaspillées et les relations avec nos alliés dégradées.

La toute première décision de Clemenceau arrivant au pouvoir est de limoger Sarrail, à la grande satisfaction des Anglais. Il a fallu attendre trois ans une décision que l'évidence imposait depuis le début de la guerre.

 L’offensive Broussilov

En juin 1916, les Russes attaquent la partie sud du font de l’est, tenue par les Austro-Hongrois. Cette offensive est originale à plus d’un titre :

1) L’ennemi est surpris, alors que la plupart des offensives de la première guerre mondiale sont « téléphonées ». Broussilov a su induire en erreur son adversaire.

2) L’ennemi est attaqué à son point faible.

3) L’attaque a lieu en fin d’après-midi, surprenant complètement les défenseurs.

4) Les contre-attaques des défenseurs sont bien anticipées.

C’est un désastre complet pour les Autrichiens, on atteint le million de pertes ! (environ 700 000 Austro-Hongrois, 300 000 Allemands), un recul de 50 km, l’empire des Habsbourg est fragilisé comme jamais. 

Malheureusement, les pertes russes sont également très importantes, du même ordre de grandeur que celles de leurs adversaires : comme souvent dans cette guerre, Broussilov n’a pas su s’arrêter. Les lignes logistiques de l’attaquant s’étirent, celles du défenseur raccourcissent, les pertes de l’attaquant augmentent sans profit.

Ces pertes pèseront lourd dans la fin de l’empire tsariste, même si c’est une victoire.

Cette victoire ne devient pas stratégique parce que l’exploitation n’en a pas été pensée, mais les puissances centrales ont senti le vent du boulet.

J’apprends au passage qu’il y avait dans l’offensive russe un escadron d’auto-mitrailleuses/canons belge, qui, après la révolution d’Octobre, a mis presque un an à traverser la Russie d’ouest en est jusqu’à Vladivostok, il est arrivé aux Etats-Unis en juin 1918. Mais comme ce ne sont pas des Américains, Hollywood n'en a pas fait un film.

La Somme 

Tout le monde connaît la catastrophe : 1er juillet 1916, 30 000 morts en 30 minutes (en réalité, c’est plutôt 20 000 morts et 30 000 blessés, mais à ce stade, est-ce que les chiffres comptent encore ?), des villages anglais entiers privés de la fine fleur de la jeunesse (Arrington : 580 morts sur 700 engagés).

Comment en est-on arrivé là ?

1) Les Français souffrent énormément à Verdun, même s’ils tiennent. L’état-major a fait ses calculs : l’armée française perd plus de forces qu’elle ne parvient à en reconstituer. Pour soulager leur allié, les Anglais attaquent un à deux mois avant d’être prêts.

2) L’armée anglaise est inexpérimentée et sa tactique totalement inadaptée.

3) L’ennemi est attaqué dans son secteur le plus fort.

Pourquoi attaquer le point fort ? Parce que Joffre et les Jeunes Turcs font toujours la même erreur de raisonnement depuis fin 1914. « Si nous perçons à cet endroit, nous capturons des routes/nœuds routiers et ferroviaires/chemins de fer stratégiques ».

Le problème est que l’ennemi faisant le même raisonnement, ses vulnérabilités stratégiques sont aussi ses points forts tactiques.

D’autres, dont Castelnau est le plus connu, commencent à réfléchir autrement : « Rien ne sert de de tirer des plans stratégiques sur la comète si nous ne parvenons pas à percer. Attaquons l’ennemi là où il est faible même si ce n’est pas stratégique. Mieux vaut une petite victoire qu’une grande défaite ».

C’est ce qu’a fait Broussilov et on voit qu’à partir d’un certain niveau de « petite » victoire, elle peut devenir stratégique.

Cet état d’esprit finira par aboutir à la trouvaille de Foch en 1918 : il n’est pas nécessaire de percer pour obtenir un résultat stratégique, il faut multiplier les coups jusqu’à ce que l’ennemi recule partout. Mais, à ce moment-là, l’armée française était la meilleure du monde, elle était capable d’enchainer les offensives d’une manière inimaginable en 1916 (entre 1914 et 1918, le temps de préparation d’une offensive a été divisé par dix, alors que les moyens engagés, camions, chars, avions, artillerie lourde, sont plus complexes).

La victoire, enfin ?

L'artillerie française, gérée par les Polytechniciens, est remarquable : le matériel est inférieur à celui des Allemands, mais l'utilisation des feux est très en avance. Avec l'aide de l'aviation, les Français sont capables de contrebattre et d'annihiler toute résistance en quelques minutes.

Les Français réussissent une percée dans le sud de la Somme pendant que les Anglais patinent. Mais cet imbécile (moins que Joffre, tout de même) de Foch a exigé de ses subordonnés une approche « scientifique », c'est-à-dire, en réalité, de s'en tenir strictement au plan, il a bien insisté.

Seuls les subordonnés, notamment les troupes coloniales, qui osent désobéir (évidemment, peu nombreux) exploitent cette percée. Bien entendu, les Allemands profitent de ce manque d'initiative français pour boucher les trous, mais Verdun est sauvée, les Allemands étant obligés d'en retirer des troupes.

Broussilov relance son offensive début juillet, cette fois contre les Allemands venus en renfort des Autrichiens, et les met en grande difficulté. Mais il n'est pas soutenu par les autres groupes d'armées russes, les pertes sont énormes. L'armée russe est encore plus mal commandée que l'armée française, les questions de titres et de rang y tiennent plus de place que l'efficacité opérationnelle, le régime tsariste entre en agonie terminale.

Les neutres remarquent que les Alliés ont enfin réussi à se coordonner et que l'armée allemande n'est pas invincible. L'optimisme allié monte.

L'Allemagne est attaquée sur (presque) tous les fronts et n'a plus de réserves. Ludendorff dira qu'avant août 1918 (8 août 1918 : « jour de deuil de l'armée allemande »), ce fut la seule période où l'Allemagne faillit perdre la guerre.

Une diplomatie romantique

Briand et les crétins du Quai d'Orsay mènent une diplomatie totalement irréaliste (les diplomates en poste s'en plaignent amèrement) :

> ils ont les yeux de Chimène pour la Roumanie qui n'a aucun intérêt ni diplomatique ni militaire. Les militaires français et anglais sont unanimes (pour une fois) sur ce point : le pays stratégique, intéressant, à faire basculer dans notre camp, c'est la Bulgarie. La Roumanie serait un handicap, plus qu'une alliée. La suite prouvera qu'ils avaient raison au delà de toutes leurs craintes.

Hélas, le gouvernement Briand ne veut rien entendre. Rigolo : les ministres traitent les militaires de « rêveurs » !

> le milieu politique français en pince pour « la petite Serbie », sans se rendre compte que les Serbes sont les fouteurs de merde de la région, qu'ils jouent leur propre jeu sans aucune solidarité avec les alliés et que s'entendre avec eux, c'est bloquer toute entente avec les autres.

La présence de Sarrail à Salonique, qui pourrit tout ce qu'il touche, aggrave la situation.

La victoire s'éloigne

Hélas, les succès n'ont pas lieu où ils étaient anticipés, ne correspondent à aucun plan d'exploitation et il faut improviser.

À cette occasion, l'incapacité stratégique de Joffre devient rédhibitoire. Il n'y a plus de temps pour les plans longuement discutés avec ses conseillers plus imaginatifs que lui. Il doit décider en chef et ça se passe mal. On imagine Bonaparte et son coup d'œil génial dans une telle situation, mais Joffre est tout sauf génial. Usé (malgré mon aversion pour Joffre, je prends en compte qu'il subit une pression énorme depuis des mois), il perd ses nerfs, fait une scène très pénible et engueule les Britanniques, les accusant de vouloir le lâcher en arrêtant leur propre offensive parce qu'ils soutiennent l'exploitation de la réussite du côté français de la Somme.

Il prend la pire décision : il décide de ne rien décider. Foch et Fayolle, tout à leur obsession de suivre les plans, ne sont pas mieux (c'est là qu'on voit que les Teutons sont meilleurs en tactique : on n'imagine pas un général allemand moyen, sans parler d'un Manstein, laissant passer une telle occasion). 

Les Allemands obtiennent un répit inespéré.

Le gouvernement français, composé de médiocres rad-socs, est incapable d'aider Joffre. Briand en est toujours à son obsession roumaine (la Roumanie se révélera être une nullité militaire. Comme prévu).

Début 1917, Lyautey, éphémère ministre de la guerre (3 mois), essaiera de tirer les leçons de cet échec en établissant l'unité de commandement entre politique et militaire. Mais il sera contré par les parlementaires de gauche, qui craignent un nouveau Bonaparte.

Ne jamais oublier : pour un gauchiste, le salut de sa raie-publique de merde est toujours prioritaire sur le salut de la France. Et si les deux sont contradictoires, c'est très souvent le cas, il choisit sa raie-publique de merde contre la France.

Les quatre jours d'hésitation françaises sur la Somme (la « course à la mer » à l'automne 1914 s'est joué à une journée et demi) ont des conséquences stratégiques : les Français ne remportent pas de victoire décisive, les Anglais piétinent et les Russes choisissent de ne pas persister dans leur effort (ils auraient pu attaquer les Allemands plus vigoureusement dans la partie nord du front de l'est et soutenir Broussilov, après la claque des Autrichiens au sud), le régime tsariste tombe dans un désespoir dont il ne sortira qu'avec une balle dans la nuque et la Bulgarie ne bascule pas dans le camp de l'Entente.

Une critique sévère de Castelnau

L'auteur fait une sévère critique de Castelnau, que j'ai déjà faite. Castelnau a tout vu et tout compris, il est le meilleur général français, de loin, celui qui allie le mieux la tactique, la stratégie et la décision. Et la citation de Briand prouve que les politiques en sont conscients.

Mais il refuse d'intriguer pour prendre la place de Joffre, il ne veut pas « casser des vitres ». C'est tout à son honneur mais, dans sa situation, c'est aussi ne pas remplir pleinement son devoir. La détestation entre lui et les gauchistes du gouvernement est mutuelle, mais il n'a fait aucun effort pour la surmonter, alors qu'en passant par son vieil ennemi Clemenceau, il y avait peut-être une possibilité.

Poincaré (un homme néfaste à tout point de vue) s'en débarrasse en l'envoyant en Russie, où ses qualités sont stérilisées : Castelnau vivra la révolution russe en spectateur.

Uchronie

Eté 1916, la victoire est à portée de main, deux décisions catastrophiques l'éloignent :

1) l'arrêt de l'offensive de la Somme côté français pendant 4 jours pleins.

2) la pression mise sur la Roumanie pour qu'elle entre en guerre, aux dépens de la Bulgarie.

Les Allemands ne sont pas mieux gouvernés. Le raisonnement de leur gouvernement militaire pour 1917 est le suivant : les Français sont épuisés, les Russes sont KO debout, le seul ennemi à redouter est la Grande-Bretagne, faisons lui une guerre sous-marine à outrance pour la couper de ses ressources. Tant pis si cela provoque l'entrée en guerre des Etats-Unis, les Ricains arriveront trop tard.

On connait la suite.

Si la première guerre mondiale avait pris fin en 1916, pas de révolution russe, pas d'entrée en guerre des Etats-Unis, pas d'épuisement de la France et de l'Angleterre, pas d'effondrement de l'empire austro-hongrois. Les cinq empires (français, anglais, allemand, autrichien, russe) seraient restés intacts.

Le bellicisme germanique aurait probablement persisté, mais la face du monde aurait beaucoup changé, par rapport à ce que nous avons connu.

Un historiographie indulgente car oublieuse

Pourquoi l'historiographie n'a-t-elle pas fusillé symboliquement ce salaud de Briand (Joffre, lui, y a quand même eu droit) ? Je n'ai même pas osé regarder les statistiques (je les ai) pour voir combien une victoire en 1916 nous aurait épargné de morts.

Tout simplement parce l'historiographie française n'a toujours pas de vision stratégique du conflit (à part quelques exceptions comme HG Soutou), elle préfère s'intéresser à la fourchette à escargot comme arme de tranchée et elle est trop focalisée sur le front occidental.

Les conseils restreints n'ont pas laissé de minutes. On ne sait ce qui s'y est dit que par des témoignages plus ou moins fiables et toujours très fragmentaires.

Je pensais que le gouvernement français entre 1914 et 1917 avait été médiocre, voire franchement mauvais. Mais je n'avais pas réalisé que c'était dû, tout simplement, au fait qu'il était de gauche.

La médiocrité

Les gouvernants français n'ont pas su s'élever au-dessus de leur condition de médiocres avocats (il est rare que ceux qui sont vraiment bons dans une profession perdent leur temps à faire de la politique s'ils n'y sont pas obligés). Ils n'avaient ni le réalisme ni la décision pour une guerre mondiale. Ils étaient inféreurs à leur mission de plusieurs coudées. La France en a payé le prix du sang, ô combien.

Quant aux militaires, laissons la parole à Castelnau, qui a perdu trois fils :

« Dans cette guerre, seuls les combattants ont été admirables. Nous, les généraux, ne méritons pas les honneurs mais les remords, pour ne pas leur avoir donné la victoire plus tôt. »

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Une video qui résume assez bien :

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