Le grand plaisir de ce livre est que, contrairement à la quasi-totalité de nos penseurs politiques, Pompidou compris, l'auteur ne regrette pas que les Français soient français et non pas anglais.
La vie politique en France serait tellement plus simple si nous avions l'habeas corpus, une longue tradition de libertés locales et de liberté individuelle, un parlement séculaire, une habitude de l'opposition constructive et des ajustements judicieux ...
Mais non, nous sommes Français, de ce pays des crises politiques, « que la Providence a créé pour des succès achevés ou des malheurs exemplaires ». Et Patrice Gueniffey l'assume. Ca fait le plus grand bien.
Il sait que Napoléon a laissé la France plus petite qu'il ne l'a prise. Mais il ne compte pas pour rien la gloire de l'épopée. Napoléon sera toujours plus admiré que Parmentier.
Bien qu'il ne le dise vraiment que dans l'introduction, on sent tout au long sa préoccupation de la situation actuelle.
Il est clair : supprimer les grands hommes de l'enseignement de l'histoire préparait la suppression de cet enseignement, car l'histoire est faite, qu'on le veuille ou non, par les grands hommes. Il n'y a pas qu'eux, mais sans eux, il n'y a pas d'histoire.
Oubliez César, Jeanne d'Arc, Napoléon et De Gaulle et l'histoire change. Oubliez dix mille Marcel Duchemol, et l'histoire ne change pas.
Guéniffey ne dissimule pas les ombres de ses héros, les Cent-Jours pour Napoléon, l’Algérie pour De Gaulle, mais il les remet en perspective, en explique les raisons, à défaut de les approuver.
On a tendance à croire les grands hommes tout-puissants. Bien souvent, ils le sont sur leurs subordonnés, mais pas sur leurs partenaires, leurs ennemis et les événements. Napoléon a pu dire, avec un brin de coquetterie, qu’il avait été contraint par les circonstances, que jamais il n’avait été libre.
Guéniffey fait une remarque très judicieuse. Nous sommes la première génération dans l’histoire de France à n’être ni une génération de la guerre ni une génération d’après-guerre. Cela déforme notre perception de Napoléon et de De Gaulle. Nous n’avons plus qu’une perception livresque et très déformée de la guerre. Nous ignorons maintenant qu’on ne fait pas la guerre sans raisons (1), qu’elle n’est pas une fantaisie meurtrière, qu’il y a pire que la guerre, il y a la servitude.
Mais aussi que la guerre n’est pas qu’horreur, elle communique une exaltation qu’on ne trouve pas dans la paix. Apollinaire, Genevoix, Jünger, en parlent. Pour le cas qui nous intéresse, Marmont explique dans ses mémoires que les généraux du Consulat et du début de l’Empire étaient jeunes et fougueux et ne se souciaient pas trop du lendemain, rêvaient de gloire et vivaient à plein comme on ne vit que sous la menace de la mort. Rappelons quelques chiffres à propos de Napoléon : général à 24 ans, chef de l’armée d’Italie à 27 ans, premier consul à 30 ans, empereur à 35 ans. Ce qui était vrai pour les généraux n’était pas faux pour les soldats. C’est la citation de Chamfort par De Gaulle, dans l’un de ses discours les plus émouvants, celui de l’Albert Hall du 11 novembre 1942 : « Les raisonnables ont duré, les passionnés ont vécu ».
Nous ignorons aussi à quel point pèsent les contraintes de la guerre sur la politique intérieure et extérieure.
Il y a des oppositions nettes entre Napoléon et De Gaulle : l’un est porté par le peuple, l’histoire et les élites, l’autre s’est fait contre le peuple, contre l’histoire et conte les élites. Si l’intelligence de Napoléon est extraordinaire (le fameux « coup d’œil » qui fascinait Clausewitz), le caractère de De Gaulle dans l’adversité ne peut que forcer l’admiration.
Ils ont en commun d’entretenir une ambition qui dépasse leur personne. Si on fait un bilan technocratique de l’épopée napoléonienne, c’est un désastre, la France amoindrie, les morts, les sacrifices. Mais le monde n’est pas technocratique, c’est même l’inverse.
Guéniffey exécute Raymond Aron. Il n’a pas compris grand’chose à Napoléon et rien à De Gaulle. Comme la plupart des libéraux centristes, il est procédurier, ce qui revient toujours à de la mollesse. Il privilégie la quiétude pour la quiétude, sans prendre en compte qu’il y a des situations exceptionnelles où la quiétude n’est pas pertinente (voir par exemple aujourd’hui Bayrou ou Bilger, qui ont le même tropisme). Comme tous les libéraux, il est incapable de considérer les dimensions collectives, passionnelles et tragiques du pouvoir. La politique n’est qu'une partie de bridge entre grands bourgeois (voir mon explication sur les bourgeois et la violence).
Si De Gaulle avait agi suivant les recommandations d’Aron, il n’aurait rien fait. Aron était assez intelligent pour reconnaître ses erreurs, mais il n’avait pas une conception assez juste de la politique pour ne pas les faire.
Guéniffey insiste aussi, à raison me semble-t-il, sur la supériorité intellectuelle de Napoléon et de De Gaulle, sur leur capacité, fascinante pour leurs subordonnés qui n'étaient pas des médiocres, à aller à l'essentiel. La visite de De Gaulle, dont tout le monde convient qu'il n'était pas un savant atomiste, au CEA est frappante. On retrouve, sous une forme administrative, le coup d'oeil napoléonien.
D'où leur facilité pour attirer, choisir et exalter les talents. Gaudin, ministres des finances de Napoléon, explique qu'il a refusé les offres du Directoire mais qu'il a senti qu'avec Bonaparte, cela valait le coup. Debré, homme de réel talent sous De Gaulle, redevient un politicien ordinaire sous Pompidou.
Il y a, sous ses hommes exceptionnels, une émulation des talents comme il y a sous Hollande une émulation des médiocrités et des bassesses.
Et les problèmes apparemment insolubles qui trainaient depuis des années sont soudain résolus sans effort.
Puis, cette énergie concentrée, cette convergence des talents, finit par se défaire avec le temps, une fois que les drames les plus pressants sont enfin dénoués.
La boucle est alors bouclée. La voie française de la politique, si différente de la tradition anglo-saxonne de la démocratie parlementaire, a produit son effet : médiocrité, drame, sauveur, dictature ou quasi-dictature, problème résolus, grandeur, épuisement, retombée dans la médiocrité. Et ainsi de suite.
Le problème, c'est que nous n'avons aucune garantie qu'il surgira toujours un grand homme au bon moment. L'histoire de France depuis la révolution est une partie de poker permanente (Jean Dutourd : « Tant que le principe monarchique était préservé, il pouvait arriver malheur aux Français, mais pas à la France. Depuis que quelques têtes chaudes et la trop grande mollesse d'un roi ont changé cela, le principe est inversé : il peut arriver que les Français soient heureux, mais la France est condamnée au malheur et à l'instabilité »).
Pour l'instant, le miracle a toujours fini par se produire, mais nous ne sommes sûrs de rien. Le 8 mai 2017, nous aurons un vote dont nous savons déjà que le résultat sera catastrophique. Pour l'instant, aucun signe d'un sauveur à l'horizon.
Quelle leçon j'en tire ? Qu'il ne sert à rien de regretter toujours que les Français ne soient pas des Anglais. J'ai, comme d'autres, souvent ce regret mais il n'est d'aucune utilité. Favorisons, au risque de nous fourvoyer, l'émergence du sauveur, puisque telle est la voie française, insatisfaisante, périlleuse, mais la seule qui existe vraiment.
Mais le temps des grands hommes est passé, les valeurs qui faisaient les héros sont en dormition, remplacées par les valeurs féminines, avec leur cortège d'anarchie et de dissolution.
« Le 15 mai 1796, le Général Bonaparte fit son entrée dans Milan à la tête de cette jeune armée qui venait de passer le pont de Lodi, et d’apprendre au monde qu’après tant de siècles César et Alexandre avaient un successeur ... »
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(1) : nous oublions que la première victime la guerre est la vérité. La crédulité des medias est extraordinaire.
Vous trouverez une recension ici.
Affichage des articles dont le libellé est Napoléon. Afficher tous les articles
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samedi, mars 04, 2017
jeudi, février 23, 2017
Le Napocharles de Guéniffey
Je suis en train de lire le Napoléon et De Gaulle. Deux héros français de Patric Guéniffey. C'est un livre très juste, le plus intelligent que j'ai lu depuis longtemps (même si j'ai relevé quelques erreurs, personne n'est parfait).
Je vous en parlerai. J'ai un peu le trac, je ne suis pas sûr d'en rendre la finesse.
En attendant deux liens :
Les « Napoléon » de François Furet
PATRICE GUENIFFEY : NAPOLÉON, DE GAULLE ET LA QUESTION DU GRAND HOMME
Je vous en parlerai. J'ai un peu le trac, je ne suis pas sûr d'en rendre la finesse.
En attendant deux liens :
Les « Napoléon » de François Furet
PATRICE GUENIFFEY : NAPOLÉON, DE GAULLE ET LA QUESTION DU GRAND HOMME
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vendredi, avril 03, 2015
Berezina (S. Tesson)
Pour le bi-centenaire, Sylvain Tesson a refait à l'hiver 2012 le parcours de la Grande Armée depuis Moscou en side-car russe. On ne comprend pas bien s'il y a plus de litres de Vodka ou plus de litres d'essence engloutis dans cette odyssée.
Ce va-et-vient entre passé et présent donne un livre agréable. De plus, il est réconfortant qu'il reste encore d'authentiques farfelus dans notre monde aseptisé. Qu'il faille les chercher du coté de la Russie n'a vraiment rien pour surprendre.
Voici les articles du Figaro sur le sujet :
Le Figaro sur Berezina
Des extraits que j'ai choisis «philosphiques» pour ne pas vous dévoiler les péripéties de la glaciale aventure :
Extraits de Berezina
L'album photo
Ce va-et-vient entre passé et présent donne un livre agréable. De plus, il est réconfortant qu'il reste encore d'authentiques farfelus dans notre monde aseptisé. Qu'il faille les chercher du coté de la Russie n'a vraiment rien pour surprendre.
Voici les articles du Figaro sur le sujet :
Le Figaro sur Berezina
Des extraits que j'ai choisis «philosphiques» pour ne pas vous dévoiler les péripéties de la glaciale aventure :
Extraits de Berezina
L'album photo
dimanche, décembre 01, 2013
Napoléon et Jésus
J'ai trouvé ce texte sur le Salon Beige.
J'éprouve des sentiments ambivalents vis-à-vis de Napoléon Bonaparte : son bilan est catastrophique, il a saigné et réduit la France. Mais son intelligence était indéniable et il a laissé une gloire sans pareil et, surtout, le Code Civil (que nous avons réussi à détruire en quarante ans d'efforts acharnés. Ouf, nous voilà enfin sauvés du pénible devoir d'être intelligents).
Ironie de l'histoire, ses plus grands admirateurs sont souvent britanniques.
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La conversion de Napoléon Bonaparte
Un aspect inconnu de la personnalité de Napoléon nous vient d'Italie, à travers un recueil de conversations impromptues avec ses compagnons d'exil, alors qu'il était à Sainte-Hélène. Le livre est préfacé par le cardinal Biffi, archevêque émérité de Bologne. Benoit-et-moi a traduit un artice de présentation ainsi que la préface. Extraits :
"Ceux qui pensent à un Napoléon toujours plongé dans des stratégies, plans de bataille, manoeuvres politiques sur les scénarios nationaux et étrangers, seront surpris de trouver un homme très cultivé qui maîtrisait l'histoire, la philosophie et même la pensée de son temps. A un [général] Bertrand qui est surpris de sa religiosité et qui, en bon positiviste, lui propose le refrain habituel du Christ comme «grand homme» à l'égal d'Alexandre le Grand, César, Mahomet, il répond: «Je connais les hommes et je vous dis que Jésus n'était pas un homme. Les esprits superficiels voient une ressemblance entre le Christ et les fondateurs d'empires, les conquérants et les dieux des autres religions. Cette similitude n'existe pas: entre le christianisme et les autres religions, il y la distance de l'infini».
Bertrand, respectueusement, se permet d'insister et Napoléon lui dit qu'il regrette presque de l'avoir fait général: «Vous, général Bertrand, parlez de Confucius, Zoroastre, Jupiter et Mahomet. Eh bien, la différence entre eux et Christ est que tout ce qui concerne le Christ dénonce la nature divine, tandis que tout ce qui touche aux autres dénonce leur nature terrestre».
Il poursuit: «le Christ a confié tout son message à sa propre mort, comment cela peut-il être l'invention d'un homme?». Mais Bertrand n'est toujours pas convaincu et continue de bégayer sur César et Alexandre. Et l'ex-empereur, impatienté: «Mais l'empire de César a duré pendant combien d'années? Combien de temps Alexandre a-t-il été porté par l'enthousiasme de ses soldats? (...) Les peuplent passent, les trônes s'écroulent, mais l'Église reste. Alors, quelle est la force qui maintient debout cette Église assaillie par l'océan furieux de la colère et du mépris du monde?». À ce point, Napoléon continue tout seul comme un torrent en crue: «Il n'y a pas de juste milieu: ou le Christ est un imposteur ou il est Dieu (...). Il est vrai que Jésus offre à notre foi une série de mystères, dont le premier est la déclaration énigmatique suivante: 'Je suis Dieu', par laquelle il creuse un fossé infranchissable entre la sienne et toutes les autres religions». [...]
Un autre sujet d'émerveillement pour Napoléon : «Après Saint-Pierre, les trente-deux évêques de Rome qui lui ont succédé furent tous, sans exception, martyrisés. Donc, pendant au moins trois siècles, le Siège romain fut synonyme de mort certaine pour ceux qui y montaient (...). Dans cette guerre, tous les pouvoirs de la terre, se sont retrouvés coalisés contre qui ? Des hommes et des femmes pauvres, misérables et sans défense». Et pourtant, le christianisme a triomphé de Rome et du monde entier. Jésus, juste un «grand homme»? Napoléon secoue la tête: «Mon armée m'a déjà oublié, alors que je suis encore en vie (...). Voilà ce qu'est notre pouvoir à nous, grands hommes ! Une seule défaite nous désintègre et l'adversité emporte tous nos amis»."
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J'éprouve des sentiments ambivalents vis-à-vis de Napoléon Bonaparte : son bilan est catastrophique, il a saigné et réduit la France. Mais son intelligence était indéniable et il a laissé une gloire sans pareil et, surtout, le Code Civil (que nous avons réussi à détruire en quarante ans d'efforts acharnés. Ouf, nous voilà enfin sauvés du pénible devoir d'être intelligents).
Ironie de l'histoire, ses plus grands admirateurs sont souvent britanniques.
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La conversion de Napoléon Bonaparte
Un aspect inconnu de la personnalité de Napoléon nous vient d'Italie, à travers un recueil de conversations impromptues avec ses compagnons d'exil, alors qu'il était à Sainte-Hélène. Le livre est préfacé par le cardinal Biffi, archevêque émérité de Bologne. Benoit-et-moi a traduit un artice de présentation ainsi que la préface. Extraits :
"Ceux qui pensent à un Napoléon toujours plongé dans des stratégies, plans de bataille, manoeuvres politiques sur les scénarios nationaux et étrangers, seront surpris de trouver un homme très cultivé qui maîtrisait l'histoire, la philosophie et même la pensée de son temps. A un [général] Bertrand qui est surpris de sa religiosité et qui, en bon positiviste, lui propose le refrain habituel du Christ comme «grand homme» à l'égal d'Alexandre le Grand, César, Mahomet, il répond: «Je connais les hommes et je vous dis que Jésus n'était pas un homme. Les esprits superficiels voient une ressemblance entre le Christ et les fondateurs d'empires, les conquérants et les dieux des autres religions. Cette similitude n'existe pas: entre le christianisme et les autres religions, il y la distance de l'infini».
Bertrand, respectueusement, se permet d'insister et Napoléon lui dit qu'il regrette presque de l'avoir fait général: «Vous, général Bertrand, parlez de Confucius, Zoroastre, Jupiter et Mahomet. Eh bien, la différence entre eux et Christ est que tout ce qui concerne le Christ dénonce la nature divine, tandis que tout ce qui touche aux autres dénonce leur nature terrestre».
Il poursuit: «le Christ a confié tout son message à sa propre mort, comment cela peut-il être l'invention d'un homme?». Mais Bertrand n'est toujours pas convaincu et continue de bégayer sur César et Alexandre. Et l'ex-empereur, impatienté: «Mais l'empire de César a duré pendant combien d'années? Combien de temps Alexandre a-t-il été porté par l'enthousiasme de ses soldats? (...) Les peuplent passent, les trônes s'écroulent, mais l'Église reste. Alors, quelle est la force qui maintient debout cette Église assaillie par l'océan furieux de la colère et du mépris du monde?». À ce point, Napoléon continue tout seul comme un torrent en crue: «Il n'y a pas de juste milieu: ou le Christ est un imposteur ou il est Dieu (...). Il est vrai que Jésus offre à notre foi une série de mystères, dont le premier est la déclaration énigmatique suivante: 'Je suis Dieu', par laquelle il creuse un fossé infranchissable entre la sienne et toutes les autres religions». [...]
Un autre sujet d'émerveillement pour Napoléon : «Après Saint-Pierre, les trente-deux évêques de Rome qui lui ont succédé furent tous, sans exception, martyrisés. Donc, pendant au moins trois siècles, le Siège romain fut synonyme de mort certaine pour ceux qui y montaient (...). Dans cette guerre, tous les pouvoirs de la terre, se sont retrouvés coalisés contre qui ? Des hommes et des femmes pauvres, misérables et sans défense». Et pourtant, le christianisme a triomphé de Rome et du monde entier. Jésus, juste un «grand homme»? Napoléon secoue la tête: «Mon armée m'a déjà oublié, alors que je suis encore en vie (...). Voilà ce qu'est notre pouvoir à nous, grands hommes ! Une seule défaite nous désintègre et l'adversité emporte tous nos amis»."
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dimanche, décembre 23, 2012
Quand les législateurs n'étaient pas encore des crétins incultes et vaniteux : les interventions de Bonaparte sur la famille au Conseil d'Etat
Si ces débats peuvent être vus comme rudement misogynes (mais la misogynie était-elle un défaut ou une marque de lucidité ?), ils étaient animés de bon sens et du louable souci de préserver la société.
Les interventions de Bonaparte au Conseil d'Etat
Aujourd'hui, nos législateurs sont mus (certains sans même s'en rendre compte, ce qui est encore plus grave) par une inextinguible soif de nihilisme et de destruction. C'est terrifiant : ils ouvrent un gouffre sous nos pieds.
Les interventions de Bonaparte au Conseil d'Etat
Aujourd'hui, nos législateurs sont mus (certains sans même s'en rendre compte, ce qui est encore plus grave) par une inextinguible soif de nihilisme et de destruction. C'est terrifiant : ils ouvrent un gouffre sous nos pieds.
mercredi, décembre 19, 2012
Napoléon chef de guerre (J. Tulard)
Très déçu.
Le sujet est passionnant (ce vaniteux de Chateaubriand n'a rien trouvé de mieux à écrire sur Napoléon que c'était "un gagneur de batailles, mais, qu'à part cela, beaucoup de généraux lui étaient supérieurs" !) et j'aime beaucoup Jean Tulard.
Or, ce livre est court et plat (une queue de castor ?). Son seul intérêt est dans sa bibliographie, pour aller voir dans d'autres livres.
Alors ? Probablement une commande alimentaire, pour payer une pension à une divorcée vorace ou un arriéré d'impôts, le fisc étant encore plus vorace que les femmes.
mercredi, juin 06, 2012
La Grande Armée (G. Blond)
Je trouve que George Blond Ècrit plaisamment.
Il ne cache rien des turpitudes de la Grande Armée, les viols, les pillages, les désertions, la conscription, la corruption de l'intendance, le manque de moyens des services de santé, l'avidité des maréchaux.
Mais dans l'ensemble, on ne peut qu'être admiratif des exploits de ces hommes.
L'Empereur savait galvaniser ses soldats. Il Ètait l'objet d'un véritable culte.
La guerre était encore considérée, au moins en partie, comme une noble activité. Le basculement de la guerre des rois à la guerre des peuples, qui atteindra son paroxysme en 1914, et les progrès techniques finiront par totalement discréditer l'idéal guerrier, mais du temps de Napoléon, nous ne sommes encore qu'au début cette évolution. L'Empereur y aura d'ailleurs contribué par la saignée qu'il fit subir à l'Europe.
Son génie guerrier, est-il besoin d'en parler ? Austerlitz est un chef d'oeuvre d'intelligence : il a compté que l'ennemi allait l'imiter. A Friedland, il saisit en quelques minutes la situation. A cinq heures du soir, il ordonne l'attaque contre l'avis des maréchaux qui veulent reporter au lendemain. «On ne surprend pas l'ennemi deux fois en pareille faute». Trois heures plus tard,la campagne est finie sur une victoire écrasante.
Mais pensons d'abord aux soldats : s'affrontaient lors de ses batailles sur un ou deux jours plusieurs dizaines de milliers d'hommes. Les conditions étaient dantesques ; le bruit, la fumée, le sang. Et pourtant, il restait toujours un carré pour faire face et charger.
Rendons nous bien compte que la Grande Armée de 1812 est allée plus vite à Moscou que la Wehrmacht motorisée (partiellement) de 1941. Même les Marie-Louise de la terrible campagne de France de 1814 surprennent. Au Chemin des Dames (déjà), ils attaquent et l'ennemi recule.
Mais le plus grand hommage va à Larrey et à Percy, les chirurgiens de la Grande Armée. En pleine bataille de Waterloo, Wellington repère Larrey s'activant dans un secteur, il se penche vers son adjoint «Qui est-ce ?» : «M. Larrey, Milord». Il ordonne de suspendre le tir des canons momentanément dans ce coin : la réputation de Larrey était telle que ses ennemis le connaissaient et le respectaient.
La technique la plus courante était l'amputation. Sur un général, Larrey a pratiqué une amputation de la cuisse en deux minutes ! Ce n'est pas seulement une question d'exploit gratuit : plus l'opération était rapide, plus le choc opératoire était faible.
Terminons sur une anecdote. Sur ses vieux jours, le maréchal Lefebvre (l'époux de «Mme Sans-Gêne») reçoit un importun qui lui reproche son hotel particulier. Surement encore un qui devait dire : «Je l'avoue, je n'aime pas les riches». Lefebvre lui propose le marché suivant : «Je vous vends cet hotel au prix coutant : je vous tire soixante fois dessus et, si vous êtes encore vivant, cet hotel est à vous». Le fâcheux déguerpit sans demander son reste.
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