Le lynchage est-il un droit ?
La problématique soulevé par cet article me soucie.
J'estime que la fracture béante entre les élites et les peuples rend nécessaire l'expression sans filtre d'une certaine voix du peuple (les internautes ne sont pas le peuple à eux seuls) à travers internet.
Alors même que dans les affaires Mitterrand et Polanski, je n'ai pas été avare de critiques et de jugements sévères, des réactions d'internautes m'ont choqué et même effrayé.
La cas Berlusconi est particulier : comme le note Rosenzweig, il est victime d'une tactique chère à la gauche (mais quelquefois pratiquée par la droite) consistant à déligitimer, par des attaques incessantes sur sa morale et son comportement, un élu qui n'a pas l'heur de lui plaire.
Je n'oublie pas que Ravaillac a peut-être agi seul mais que son esprit faible était préparé de longue date au régicide par une propagande incessante et très violente.
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vendredi, décembre 18, 2009
lundi, octobre 12, 2009
L'affaire Mitterrand et l'antisémitisme ?
Voilà un développement de l'affaire Mitterrand qui me cueille à froid. Je vous livre ci-dessous un dialogue sur I like your style.
Tout cela me plonge dans une grande perplexité : comme je l'écris dans le fil ci-dessous, associer la réprobation d'un ministre soupçonné de pédophilie et l'antisémitisme me semble le fait d'esprits malades.
Je ne suis pas antisémite pour deux sous (on m'a assez reproché de soutenir Bush et la politique israélienne) et pourtant je pense que plus tôt Frédéric Mitterrand démissionnera, mieux ça sera.
Il y a vraiment dans ce rapprochement entre deux domaines totalement déconnectés à mes yeux un mystère.
********************
Aquinus
A mon avis ça n’est pas tant la peur d’être aligné sur les positions du FN (les précédents Finkilkraut, Zemmour et surtout Sarkozy ont démontré que cette fable ne tenait plus – seuls le parti lui-même et le nom de Le Pen sont encore diabolisés, mais plus les idées) qu’une peur réelle d’une vague antisémite. Une peur panique, provoquant chez les intéressés des réactions sans queue ni tête qui risquent bien d’entraîner un effet désastreux. A long terme.
********************
Le 12/10/09 à 17:40
Franck Boizard
J’ai peut-être raté quelque chose, mais je ne vois pas bien le rapport entre désapprobation de la pédophilie et crainte d’une poussée d’antisémitisme.
Je crois surtout que l’analyse de Cyrano34 est juste. Ou pour le dire plus méchamment : les journalistes de Causeur restent tout de même des journalistes, avec tout ce que cela suppose de conformisme.
********************
Le 12/10/09 à 17:53
SK
“je ne vois pas bien le rapport entre désapprobation de la pédophilie et crainte d’une poussée d’antisémitisme.”
Non, non. La réaction débraillée de Finkie, le lien avec Polanski, le sketch attendu de BHL, le délire de Bénichou, le silence de Causeur etc… non rien.
********************
Le 12/10/09 à 18:18
Franck Boizard
SK,
Justement, je ne comprends pas.
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Le 12/10/09 à 19:05
Cyrano34
Je crois qu’Aquinus a raison. Parmi les “patates chaudes” j’ai oublié celle concernant Polanski et l’antisémitisme. Ce que semblent confirmer certaines interventions dans le débat qui se développe sur le texte de J. Leroy.
********************
Le 12/10/09 à 19:37
Mike Steve Donovan
Je n’arrive plus à accéder à Causeur, mais, par contre, sur le blog de Jérôme Leroy, oui, je m’aperçois avec stupeur que la question de l’antisémitisme est posée.
Je ne comprends toujours pas comment ils en sont arrivés là, mais, manifestement, eux, si.
********************
Le 12/10/09 à 19:50
Vertumne
“Mystère… ”
Oh que non, tout devient très clair bien au contraire. Les foules hargneuses et vengeresses d’Européens, torches et fourches à la main, sont LA terreur des Juifs, même intellectuels, même de droite, même “intégrés”. Les souvenirs de pogroms, chasses aux sorcières, et autres lynchages populaires sont encore bien vivaces, en particulier chez les Ashkénazes. D’ailleurs, ceux qui s’en sont pris à Mitterrand s’étaient attaqués initialement à Polanski, les deux affaires sont liées. Je ne vois aucune autre raison pour expliquer le soutien enfiévré et décousu de Finkielkraut à Polanski. La trouille, le vent du boulet.
Et tout cela, malgré le fait que Marine le Pen n’ait jamais fait preuve du moindre antisémitisme! En tout cas, il ne faudra pas oublier que TOUS les Juifs médiatiques (à l’exception du formidable Eric Zemmour), ainsi que tous les philosémites d’internet ou d’ailleurs se sont systématiquement rangés du côté de Polanski/Mitterrand. Aucune espèce d’exception. Comme un grand naïf, je pensai que nous pourrions, nous, Européens et Juifs de droite, nous réunir sur un certain nombre de valeurs mais je vois que les natios Européens ont été bel et bien lâchés par pur réflexe ethnocentrique de nos “amis”. On n’oubliera pas. On ne pardonnera pas.
********************
Le 12/10/09 à 19:58
Nicolas
“je ne vois pas bien le rapport entre désapprobation de la pédophilie et crainte d’une poussée d’antisémitisme.”
Parce qu’il existe toute une imagerie, encore très vivace chez les antisémites américains par exemple, qui a été importante en Europe, de juifs tripotant des petites filles. Tailleurs à la main baladeuse, dentistes à gros nez chloroformant les très jeunes filles, médecins introduisant leurs clystères sans raison dans les jeunes postérieurs innocents, etc. Il n’est pas si rare, même dans la bourgeoisie instruite mais un peu réac, d’entendre encore dire que Freud était un vieux dégoûtant obsédé.
La liaison et la réaction qu’elle entraine, est donc en elle même compréhensible : c’est une crainte, sans doute, de voir ressurgir ces stéréotypes à la faveur de ce fait, difficilement niable, que Polanski est juif.
Ce qui est incompréhensible c’est l’aveuglement sur le fait qu’ici leur attitude même ne peut qu’alimenter ces stéréotypes. Le seul résultat de cela quant à l’antisémitisme c’est que le pékin de base aura vu défendre Mitterrand et Polanski le plus nauséeusement essentiellement par :
- Kouchner,
- Benichou,
- Lévy,
- Levaï,
- Finkielkraut,
et je dois en oublier un autre bien en vue. Ne pas comprendre que cela va exactement produire l’effet qu’ils redoutent, ou du moins le renforcer chez des gens qui y sont prédisposés, c’est curieux de la part de personnes professionnellement rompues à la communication.
********************
Le 12/10/09 à 20:03
Franck Boizard
J’en suis comme deux ronds de flan.
Il faut vraiment être tordu pour associer réprobation de Frédéric Mitterrand et antisémitisme. C’est le fait d’esprits malades.
Je comprends l’association foule = pogroms mais elle est totalement infondée. Heureusement que la foule ne sort pas de chez elle que pour bruler des juifs.
Les foules de la révolution, c’était de l’antisémitisme ? Les foules de l’été 1944, c’était de l’antisémitisme ? etc …
Tout cela me plonge dans une grande perplexité : comme je l'écris dans le fil ci-dessous, associer la réprobation d'un ministre soupçonné de pédophilie et l'antisémitisme me semble le fait d'esprits malades.
Je ne suis pas antisémite pour deux sous (on m'a assez reproché de soutenir Bush et la politique israélienne) et pourtant je pense que plus tôt Frédéric Mitterrand démissionnera, mieux ça sera.
Il y a vraiment dans ce rapprochement entre deux domaines totalement déconnectés à mes yeux un mystère.
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Aquinus
A mon avis ça n’est pas tant la peur d’être aligné sur les positions du FN (les précédents Finkilkraut, Zemmour et surtout Sarkozy ont démontré que cette fable ne tenait plus – seuls le parti lui-même et le nom de Le Pen sont encore diabolisés, mais plus les idées) qu’une peur réelle d’une vague antisémite. Une peur panique, provoquant chez les intéressés des réactions sans queue ni tête qui risquent bien d’entraîner un effet désastreux. A long terme.
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Le 12/10/09 à 17:40
Franck Boizard
J’ai peut-être raté quelque chose, mais je ne vois pas bien le rapport entre désapprobation de la pédophilie et crainte d’une poussée d’antisémitisme.
Je crois surtout que l’analyse de Cyrano34 est juste. Ou pour le dire plus méchamment : les journalistes de Causeur restent tout de même des journalistes, avec tout ce que cela suppose de conformisme.
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Le 12/10/09 à 17:53
SK
“je ne vois pas bien le rapport entre désapprobation de la pédophilie et crainte d’une poussée d’antisémitisme.”
Non, non. La réaction débraillée de Finkie, le lien avec Polanski, le sketch attendu de BHL, le délire de Bénichou, le silence de Causeur etc… non rien.
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Le 12/10/09 à 18:18
Franck Boizard
SK,
Justement, je ne comprends pas.
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Le 12/10/09 à 19:05
Cyrano34
Je crois qu’Aquinus a raison. Parmi les “patates chaudes” j’ai oublié celle concernant Polanski et l’antisémitisme. Ce que semblent confirmer certaines interventions dans le débat qui se développe sur le texte de J. Leroy.
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Le 12/10/09 à 19:37
Mike Steve Donovan
Je n’arrive plus à accéder à Causeur, mais, par contre, sur le blog de Jérôme Leroy, oui, je m’aperçois avec stupeur que la question de l’antisémitisme est posée.
Je ne comprends toujours pas comment ils en sont arrivés là, mais, manifestement, eux, si.
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Le 12/10/09 à 19:50
Vertumne
“Mystère… ”
Oh que non, tout devient très clair bien au contraire. Les foules hargneuses et vengeresses d’Européens, torches et fourches à la main, sont LA terreur des Juifs, même intellectuels, même de droite, même “intégrés”. Les souvenirs de pogroms, chasses aux sorcières, et autres lynchages populaires sont encore bien vivaces, en particulier chez les Ashkénazes. D’ailleurs, ceux qui s’en sont pris à Mitterrand s’étaient attaqués initialement à Polanski, les deux affaires sont liées. Je ne vois aucune autre raison pour expliquer le soutien enfiévré et décousu de Finkielkraut à Polanski. La trouille, le vent du boulet.
Et tout cela, malgré le fait que Marine le Pen n’ait jamais fait preuve du moindre antisémitisme! En tout cas, il ne faudra pas oublier que TOUS les Juifs médiatiques (à l’exception du formidable Eric Zemmour), ainsi que tous les philosémites d’internet ou d’ailleurs se sont systématiquement rangés du côté de Polanski/Mitterrand. Aucune espèce d’exception. Comme un grand naïf, je pensai que nous pourrions, nous, Européens et Juifs de droite, nous réunir sur un certain nombre de valeurs mais je vois que les natios Européens ont été bel et bien lâchés par pur réflexe ethnocentrique de nos “amis”. On n’oubliera pas. On ne pardonnera pas.
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Le 12/10/09 à 19:58
Nicolas
“je ne vois pas bien le rapport entre désapprobation de la pédophilie et crainte d’une poussée d’antisémitisme.”
Parce qu’il existe toute une imagerie, encore très vivace chez les antisémites américains par exemple, qui a été importante en Europe, de juifs tripotant des petites filles. Tailleurs à la main baladeuse, dentistes à gros nez chloroformant les très jeunes filles, médecins introduisant leurs clystères sans raison dans les jeunes postérieurs innocents, etc. Il n’est pas si rare, même dans la bourgeoisie instruite mais un peu réac, d’entendre encore dire que Freud était un vieux dégoûtant obsédé.
La liaison et la réaction qu’elle entraine, est donc en elle même compréhensible : c’est une crainte, sans doute, de voir ressurgir ces stéréotypes à la faveur de ce fait, difficilement niable, que Polanski est juif.
Ce qui est incompréhensible c’est l’aveuglement sur le fait qu’ici leur attitude même ne peut qu’alimenter ces stéréotypes. Le seul résultat de cela quant à l’antisémitisme c’est que le pékin de base aura vu défendre Mitterrand et Polanski le plus nauséeusement essentiellement par :
- Kouchner,
- Benichou,
- Lévy,
- Levaï,
- Finkielkraut,
et je dois en oublier un autre bien en vue. Ne pas comprendre que cela va exactement produire l’effet qu’ils redoutent, ou du moins le renforcer chez des gens qui y sont prédisposés, c’est curieux de la part de personnes professionnellement rompues à la communication.
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Le 12/10/09 à 20:03
Franck Boizard
J’en suis comme deux ronds de flan.
Il faut vraiment être tordu pour associer réprobation de Frédéric Mitterrand et antisémitisme. C’est le fait d’esprits malades.
Je comprends l’association foule = pogroms mais elle est totalement infondée. Heureusement que la foule ne sort pas de chez elle que pour bruler des juifs.
Les foules de la révolution, c’était de l’antisémitisme ? Les foules de l’été 1944, c’était de l’antisémitisme ? etc …
samedi, octobre 10, 2009
Faut-il faire un autodafé de Proust, Nabokov et autres pervers ?
Voici l'argument d'Alain Finkielkraut sur France Inter : l'affaire Mitterrand-Polanski est une chasse aux hommes, une revanche de la populace et de la médiocrité sur ceux qui sont différents, plus intelligents, plus sensibles, plus artistes.
Ils ne sont pas conspués à cause de leurs crimes mais de leur qualité.
De plus, la chasse au pédophile sort du raisonnable et devient obsession. Derrière cette chasse au pédophile se profile la chasse au fantasme et à la conquête, c'est-à-dire à la sexualité masculine. Une fois de plus, nous sommes soumis à la camisole du maternalisme (je rappelle que tant dans l'affaire Poloanski que dans l'affaire Mitterrand on est loin du manichéisme hommes mauvais - femmes bonnes : il y a des mères qui s'y entendent pour exploiter leurs enfants).
Si l'on suit la logique démente de la foule en colère, il faudrait faire un autodafé de Proust, Nabokov et autres pervers.
Je suis entièrement d'accord avec cette analyse. J'ai déjà dit tout le mal que je pense de l'hystérie anti-pédophile et je déteste les réactions de la populace moderne, qui oscille toujours entre excès d'honneur et excès d'indignité, et, en tout cas, qui vise toujours au rabaissement de ceux qui lui sont supérieurs.
Je suis donc d'accord avec l'analyse de Finkielkraut. A un détail près. C'est que ni Polanski ni Mitterrand ne répondent d'une morale d'exception ni d'une justice particulière.
Dans cette petite divergence, git une action bien différente de la passive indulgence de Finky. Je ne conteste pas l'arrestation et l'extradition de Polanski, je demande à ce qu'il ait un procès équitable, mais procès tout de même. Je ne veux pas que Mitterrand soit poursuivi ou banni, je veux qu'il ne soit plus ministre parce qu'il nous fait honte.
Est-ce si difficile à comprendre ? En quoi est ce fasciste, nauséabond, populiste etc. ?
Ils ne sont pas conspués à cause de leurs crimes mais de leur qualité.
De plus, la chasse au pédophile sort du raisonnable et devient obsession. Derrière cette chasse au pédophile se profile la chasse au fantasme et à la conquête, c'est-à-dire à la sexualité masculine. Une fois de plus, nous sommes soumis à la camisole du maternalisme (je rappelle que tant dans l'affaire Poloanski que dans l'affaire Mitterrand on est loin du manichéisme hommes mauvais - femmes bonnes : il y a des mères qui s'y entendent pour exploiter leurs enfants).
Si l'on suit la logique démente de la foule en colère, il faudrait faire un autodafé de Proust, Nabokov et autres pervers.
Je suis entièrement d'accord avec cette analyse. J'ai déjà dit tout le mal que je pense de l'hystérie anti-pédophile et je déteste les réactions de la populace moderne, qui oscille toujours entre excès d'honneur et excès d'indignité, et, en tout cas, qui vise toujours au rabaissement de ceux qui lui sont supérieurs.
Je suis donc d'accord avec l'analyse de Finkielkraut. A un détail près. C'est que ni Polanski ni Mitterrand ne répondent d'une morale d'exception ni d'une justice particulière.
Dans cette petite divergence, git une action bien différente de la passive indulgence de Finky. Je ne conteste pas l'arrestation et l'extradition de Polanski, je demande à ce qu'il ait un procès équitable, mais procès tout de même. Je ne veux pas que Mitterrand soit poursuivi ou banni, je veux qu'il ne soit plus ministre parce qu'il nous fait honte.
Est-ce si difficile à comprendre ? En quoi est ce fasciste, nauséabond, populiste etc. ?
jeudi, octobre 08, 2009
20 000 / 800 000
C'est la soirée des chiffres : celui concerne l'affaire Mitterrand (je rappelle qu'à la sortie de son livre FM a soutenu qu'il avait vécu les histoires de prostitution qu'il raconte).
20 000, c'est le nombre de prostitués majeurs estimés en Thaïlande et 800 000, le nombre de prostitués au total, (toujours une estimation).
On peut donc penser qu'il y avait 1 chance sur 40 que les prostitués de Mitterrand fussent majeurs.
Tirez en vos propres conclusions.
J'arrête là sur ce sujet : il ne vaut pas qu'on s'en préoccupe plus, c'est trop minable.
**************
Correction : utilisant un article tronqué, je croyais que 800 000 était le nombre total de prostitués.
En fait, c'est le nombre de mineurs prostitués. Avec l'article complet, je comprends qu'il y a 8 millions de prostitués en Thaïlande et 800 000 mineurs. Ca prouve au moins que que n'ai pas fait de tourisme sexuel en Thaïlande, moi !
Bien entendu, ça invalide complètement mon argument probabiliste et me ridiculise plus qu'un peu, d'autant qu'un brin de recul m'aurait permis de m'en rendre compte de mon erreur.
Cependant, sur le fond de l'affaire, je ne crois toujours pas un seul mot des explications de Frédéric Mitterrand : c'est invraisemblable, ça jure avec le texte qu'il a lui-même écrit. On voit bien qu'il est pédéraste, qu'il a des fantasmes de pédéraste et il avait en Thaïlande les moyens de les assouvir.
De plus, rappelons que l'objet du débat n'est pas de faire un procès en bonne et due forme à M. Mitterrand, mais de savoir si il est digne d'être ministre. Ma réponse est toujours aussi fermement négative. Je suis même affligé qu'il faille tant de débats devant une telle évidence.
20 000, c'est le nombre de prostitués majeurs estimés en Thaïlande et 800 000, le nombre de prostitués au total, (toujours une estimation).
On peut donc penser qu'il y avait 1 chance sur 40 que les prostitués de Mitterrand fussent majeurs.
Tirez en vos propres conclusions.
J'arrête là sur ce sujet : il ne vaut pas qu'on s'en préoccupe plus, c'est trop minable.
**************
Correction : utilisant un article tronqué, je croyais que 800 000 était le nombre total de prostitués.
En fait, c'est le nombre de mineurs prostitués. Avec l'article complet, je comprends qu'il y a 8 millions de prostitués en Thaïlande et 800 000 mineurs. Ca prouve au moins que que n'ai pas fait de tourisme sexuel en Thaïlande, moi !
Bien entendu, ça invalide complètement mon argument probabiliste et me ridiculise plus qu'un peu, d'autant qu'un brin de recul m'aurait permis de m'en rendre compte de mon erreur.
Cependant, sur le fond de l'affaire, je ne crois toujours pas un seul mot des explications de Frédéric Mitterrand : c'est invraisemblable, ça jure avec le texte qu'il a lui-même écrit. On voit bien qu'il est pédéraste, qu'il a des fantasmes de pédéraste et il avait en Thaïlande les moyens de les assouvir.
De plus, rappelons que l'objet du débat n'est pas de faire un procès en bonne et due forme à M. Mitterrand, mais de savoir si il est digne d'être ministre. Ma réponse est toujours aussi fermement négative. Je suis même affligé qu'il faille tant de débats devant une telle évidence.
Le fossé et l'honneur perdu de Frédéric Mitterrand
J'ai lu les extraits de Mauvaise vie, le livre de Frédéric Mitterrand qui fait scandale, parce qu'il y étale complaisamment sa pédérastie (il n'y donne pas l'âge de ses partenaires, mais il faut être de très mauvaise foi pour ne pas se rendre compte qu'il ne veut surtout pas le savoir, car il est attiré par les très jeunes adolescents et on ne va pas en Thaïlande pour y chercher des prostitués majeurs qu'on trouve dans le bois de Boulogne).
Ce texte est non seulement exhibitionniste, une tare de notre époque, mais également sordide, vulgaire, minable, de très mauvais goût. Et franchement immoral. Ah, la morale, c'est «facho». Vous parlez morale et aussitôt on vous accuse d'être un partisan de «l'ordre moral», ce qui dans la novlangue des têtes de linotte modernes équivaut à nazi. Sauf que, point de détail, sans morale, il n'y a plus de société, il n'y a qu'une jungle.
Mais déjà on, c'est-à-dire les medias et les politiques, s'apprête à passer l'éponge, sous divers prétextes, aussi fallacieux les uns que les autres. On ignorera (j'allais écrire «on feindra d'ignorer» : mais non, on est au fond des égouts moraux, on se roule dans la fange : on ignorera vraiment) on ignorera, donc, que les puissants ont un devoir d'exemplarité qui balaye toutes les arguties, tous les coupages de cheveux en quatre, des salonards.
Vous remarquerez le talent des medias, quand ça les arrange, pour tout niveler, tout affadir, pour relativiser, pour noyer le poisson : un scandale de mœurs devient un sujet à débats, à palabres sans fin, et au bon du compte, de ce qui était à vomir ne reste qu'une simple affaire d'opinions, qui, comme chacun le sait, se valent toutes (0).
Il ne faut pas s'y tromper : les importants médiatico-politiques peuvent bien nous marteler leurs arguments, les répéter en boucles abrutissantes, il y a des limites au bourrage de crâne. Il me suffit de discuter autour de moi : Dupont et Durand sont prêts à pardonner à l'homme Mitterrand (ce qui est déjà beaucoup d'indulgence), quitte à le trouver minable, mais le garder comme ministre ? Certainement pas, ils auraient trop honte (1).
Jamais, je ne le dis pas à la légère, jamais le fossé entre les élites et le peuple français (du moins ce qu'il en reste) n'a été aussi profond. Aux époques les plus dures de la féodalité, les seigneurs et leurs serfs partageaient souvent la même église et vivaient dans le même pays. Plus tard, la morale dont Bossuet foudroyait Louis XIV n'était pas différente de celle du curé de campagne.
Aujourd'hui, les élites, prétendues mondialisées (2), n'ont plus de pays et vivent selon une morale qui leur est très particulière. D'ailleurs, est-ce bien une morale ? Car enfin, une morale qui trouve scandaleux un prêtre pédophile et bénin un ministre pédophile est fort étrange.
Et, au fait, Berlusconi, c'est bien ou non qu'il se tape des petites jeunes ?
Allons, je dévoile le pot-aux-roses, le secret de cette morale à géométrie variable. Vous comprendrez tout quand vous connaîtrez son vrai nom : elle s'appelle le gauchisme. On est de gauche, on est absous de toutes ses turpitudes par le simple fait d'appartenir au camp du Bien. On est de droite, on est coupable de tout, rien ne saurait être pardonné.
Frédéric Mitterrand est de gauche, il est sauvé.
********************
(1) : F. Mitterrand est un homme de télévision. Nul doute qu'il saura retourner l'opinion comme une crêpe grâce à des tartines de pathos. Mais il continuera à être méprisé de ceux qui ont une tête pour réfléchir et juger. De plus, une fois le choc du sentimentalisme dégoulinant passé, les gens reviendront à leur jugement initial.
(1) : vous l'imaginez, ministre de De Gaulle ?
(2) : mondialisées ? Quand ça les arrange. Je connais des pays du monde où de tels faits n'auraient pas attiré l'indulgence des élites.
Ce texte est non seulement exhibitionniste, une tare de notre époque, mais également sordide, vulgaire, minable, de très mauvais goût. Et franchement immoral. Ah, la morale, c'est «facho». Vous parlez morale et aussitôt on vous accuse d'être un partisan de «l'ordre moral», ce qui dans la novlangue des têtes de linotte modernes équivaut à nazi. Sauf que, point de détail, sans morale, il n'y a plus de société, il n'y a qu'une jungle.
Mais déjà on, c'est-à-dire les medias et les politiques, s'apprête à passer l'éponge, sous divers prétextes, aussi fallacieux les uns que les autres. On ignorera (j'allais écrire «on feindra d'ignorer» : mais non, on est au fond des égouts moraux, on se roule dans la fange : on ignorera vraiment) on ignorera, donc, que les puissants ont un devoir d'exemplarité qui balaye toutes les arguties, tous les coupages de cheveux en quatre, des salonards.
Vous remarquerez le talent des medias, quand ça les arrange, pour tout niveler, tout affadir, pour relativiser, pour noyer le poisson : un scandale de mœurs devient un sujet à débats, à palabres sans fin, et au bon du compte, de ce qui était à vomir ne reste qu'une simple affaire d'opinions, qui, comme chacun le sait, se valent toutes (0).
Il ne faut pas s'y tromper : les importants médiatico-politiques peuvent bien nous marteler leurs arguments, les répéter en boucles abrutissantes, il y a des limites au bourrage de crâne. Il me suffit de discuter autour de moi : Dupont et Durand sont prêts à pardonner à l'homme Mitterrand (ce qui est déjà beaucoup d'indulgence), quitte à le trouver minable, mais le garder comme ministre ? Certainement pas, ils auraient trop honte (1).
Jamais, je ne le dis pas à la légère, jamais le fossé entre les élites et le peuple français (du moins ce qu'il en reste) n'a été aussi profond. Aux époques les plus dures de la féodalité, les seigneurs et leurs serfs partageaient souvent la même église et vivaient dans le même pays. Plus tard, la morale dont Bossuet foudroyait Louis XIV n'était pas différente de celle du curé de campagne.
Aujourd'hui, les élites, prétendues mondialisées (2), n'ont plus de pays et vivent selon une morale qui leur est très particulière. D'ailleurs, est-ce bien une morale ? Car enfin, une morale qui trouve scandaleux un prêtre pédophile et bénin un ministre pédophile est fort étrange.
Et, au fait, Berlusconi, c'est bien ou non qu'il se tape des petites jeunes ?
Allons, je dévoile le pot-aux-roses, le secret de cette morale à géométrie variable. Vous comprendrez tout quand vous connaîtrez son vrai nom : elle s'appelle le gauchisme. On est de gauche, on est absous de toutes ses turpitudes par le simple fait d'appartenir au camp du Bien. On est de droite, on est coupable de tout, rien ne saurait être pardonné.
Frédéric Mitterrand est de gauche, il est sauvé.
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(1) : F. Mitterrand est un homme de télévision. Nul doute qu'il saura retourner l'opinion comme une crêpe grâce à des tartines de pathos. Mais il continuera à être méprisé de ceux qui ont une tête pour réfléchir et juger. De plus, une fois le choc du sentimentalisme dégoulinant passé, les gens reviendront à leur jugement initial.
(1) : vous l'imaginez, ministre de De Gaulle ?
(2) : mondialisées ? Quand ça les arrange. Je connais des pays du monde où de tels faits n'auraient pas attiré l'indulgence des élites.
«On ne va pas demander la démission d'un ministre pour une affaire de moeurs»
Pierre Moscovici a déclaré au Figaro : «On ne va pas demander la démission d'un ministre pour une affaire de moeurs».
Concept intéressant dont on peut trouver tout plein de déclinaisons aussi instructives les unes que les autres :
«On ne va pas demander la démission d'un ministre pour une affaire de corruption»
«On ne va pas demander la démission d'un ministre pour une affaire de fraude électorale»
«On ne va pas demander l'emprisonnement d'un pédophile pour une affaire de moeurs»
«On ne va pas demander l'emprisonnement d'un violeur pour une affaire de moeurs»
«On ne va pas demander» est une variante du J'Vois Pas Pourquoi™ qui justifie à peu près toutes les conneries modernes.
Nota : il semble que la machine du militantisme homosexuel se met en marche pour défendre «son» ministre. Vive le communautarisme.
Concept intéressant dont on peut trouver tout plein de déclinaisons aussi instructives les unes que les autres :
«On ne va pas demander la démission d'un ministre pour une affaire de corruption»
«On ne va pas demander la démission d'un ministre pour une affaire de fraude électorale»
«On ne va pas demander l'emprisonnement d'un pédophile pour une affaire de moeurs»
«On ne va pas demander l'emprisonnement d'un violeur pour une affaire de moeurs»
«On ne va pas demander» est une variante du J'Vois Pas Pourquoi™ qui justifie à peu près toutes les conneries modernes.
Nota : il semble que la machine du militantisme homosexuel se met en marche pour défendre «son» ministre. Vive le communautarisme.
L'honneur de Frédéric Mitterrand
L'honneur de Frédric Mitterrand
J'ai me bien Philippe Bilger, il garde de sa carrière de magistrat une certaine rectitude :
«J'ai lu "La mauvaise vie" et j'ai d'emblée perçu ce qu'il y avait de nauséeux à la fois dans le récit et dans l'accueil complaisant qui lui était fait. Les critiques littéraires littéralement énamourées - je pense notamment à celle de Jean-Paul Enthoven [un des multiples amants de la présidente de la république]- qui ont célébré ce livre m'ont paru plus, dans leur excès, saluer le sulfureux que le talentueux, le transgressif que la qualité de l'écriture. Parfaite illustration de ce "copinage" culturel et médiatique qui sans cesse diffuse ses méfaits en égarant les esprits et en dénaturant les goûts. J'avais été étonné alors par l'absence de la moindre voix discordante comme s'il fallait - j'insiste sur l'obligation - porter aux nues Frédéric Mitterrand. Il y a des devoirs que le snobisme impose et qui apparemment peuvent durer.
[...]
Je ne me fais aucune illusion. En dépit de Benoît Hamon, Marine Le Pen servira de repoussoir et Christine Boutin, qui désapprouve aussi, de prétexte. L'UMP, décidément méconnaissable et progressiste en diable, est venue en renfort du ministre. Cette controverse qui n'est pourtant pas dérisoire va s'éteindre, étouffée par cette philosophie ironique et compréhensive, marque de l'identité de notre temps, qui postule qu' il n'y a rien de grave, rien d'interdit et que le gouvernement de la France a le droit de mêler qui il veut en son sein puisque le Pouvoir peut tout. S'il fallait une preuve pour justifier ce pessimisme, il suffirait de voir à quel point les "grands" médias ont été discrets - sauf au journal de France 2 - sur cette affaire et comme le Net, une fois de plus, a été décisif. Marianne 2, notamment, a souligné cette grave carence et pallié les manques. Gérald Andrieu, en expliquant l'indulgence à l'égard de Frédéric Mitterrand par le fait qu'il est "un membre éminent de la caste des mondains parisiens", fait preuve d'une pertinence qu'on souhaiterait davantage partagée.»
J'ai me bien Philippe Bilger, il garde de sa carrière de magistrat une certaine rectitude :
«J'ai lu "La mauvaise vie" et j'ai d'emblée perçu ce qu'il y avait de nauséeux à la fois dans le récit et dans l'accueil complaisant qui lui était fait. Les critiques littéraires littéralement énamourées - je pense notamment à celle de Jean-Paul Enthoven [un des multiples amants de la présidente de la république]- qui ont célébré ce livre m'ont paru plus, dans leur excès, saluer le sulfureux que le talentueux, le transgressif que la qualité de l'écriture. Parfaite illustration de ce "copinage" culturel et médiatique qui sans cesse diffuse ses méfaits en égarant les esprits et en dénaturant les goûts. J'avais été étonné alors par l'absence de la moindre voix discordante comme s'il fallait - j'insiste sur l'obligation - porter aux nues Frédéric Mitterrand. Il y a des devoirs que le snobisme impose et qui apparemment peuvent durer.
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Je ne me fais aucune illusion. En dépit de Benoît Hamon, Marine Le Pen servira de repoussoir et Christine Boutin, qui désapprouve aussi, de prétexte. L'UMP, décidément méconnaissable et progressiste en diable, est venue en renfort du ministre. Cette controverse qui n'est pourtant pas dérisoire va s'éteindre, étouffée par cette philosophie ironique et compréhensive, marque de l'identité de notre temps, qui postule qu' il n'y a rien de grave, rien d'interdit et que le gouvernement de la France a le droit de mêler qui il veut en son sein puisque le Pouvoir peut tout. S'il fallait une preuve pour justifier ce pessimisme, il suffirait de voir à quel point les "grands" médias ont été discrets - sauf au journal de France 2 - sur cette affaire et comme le Net, une fois de plus, a été décisif. Marianne 2, notamment, a souligné cette grave carence et pallié les manques. Gérald Andrieu, en expliquant l'indulgence à l'égard de Frédéric Mitterrand par le fait qu'il est "un membre éminent de la caste des mondains parisiens", fait preuve d'une pertinence qu'on souhaiterait davantage partagée.»
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