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jeudi, octobre 05, 2017

Anne Wiazemsky est morte

Anne Wiazemsky est morte aujourd'hui d'un cancer, à 70 ans.

Socialement et politiquement, elle est tout ce que je déteste. Pourtant, je l'aime bien. Il n'y a pas de vulgarité en elle.

Et puis, qui a vu Au hasard Balthazar comprendra.



Il est facile de comprendre pourquoi les hommes la trouvaient séduisante.





Anne Wiazemsky, une femme debout dans son siècle

dimanche, octobre 01, 2017

Le Redoutable

Un film sur mai 68 décapant. Et même authentiquement subversif. D'autant que, retournant les armes du gauchisme culturel contre lui, il est parodique et grinçant.  Et drôle.

Jean-Luc Godard y apparaît bourgeois, raseur, phraseur, même antisémite de gauche (c'était un avant-gardiste !), mesquin, malhonnête et, plus que tout, égocentrique, égoïste, autiste. Bref, un soixante-huitard.

Les réalisateurs ont parfois des tendresses pour les méchants du film. Là même pas : le mépris d'Hazanavicius atteint le point qu'il ne se fatigue pas à prendre Godard au sérieux.

J'ai une tendresse, malgré tout, pour Anne Wiazemsky.

Le Godard d'Hazanvicius fait penser à une parodie des surréalistes de Céline (1) : « C'est un bourgeois qui se prend pour un rebelle ».



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(1) : les surréalistes d'après Céline : « Ce sont des crétins qui se prennent pour des fous ».

mardi, juin 06, 2017

La Chinoise

Ayant lu un livre d’Anne Wiazemsky par le plus grand des hasards, j’étais intéressé par ce film où elle tient la vedette.

Il y a une certaine esthétique, mais c’est à se pisser dessus de rire. Entendre tous ces bourgeois au chaud disserter sur la révolution (une révolution dont il faut rappeler qu'elle pataugeait dans le sang de millions de Chinois), c’est d’un grotesque. En même temps, c’est désespérant parce que, cinquante ans après, nous savons que ce sont eux qui ont pris le pouvoir et ont mis notre monde dans le sale état où il est. Comment a-ton pu laisser le manche à des abrutis pareils ?

Anne Wiazemsky, qui ne paraît pas la plus débile de la bande, qui semble garder du recul, de la réserve, a l’honnêteté d’écrire que la seule personne vraiment intéressante (je me demande si elle n'écrit pas « intelligente ») de sa famille est son grand-père, François Mauriac. On peut le lui accorder.


samedi, mai 27, 2017

Jeune fille (A. Wiazemsky)

Dans ce faux roman, Anne Wiazemsky raconte ses débuts au cinéma à dix-huit ans sous la direction de Robert Bresson.

Des millions de jeunes filles rêvent de faire du cinéma, pas elle. Mais elle est la petite-fille de François Mauriac, la nièce de Claude Mauriac, la copine d'école d'Antoine Gallimard. Le cinéma vient à elle. Ensuite, elle ira foutre le bordel chez les pauvres avec ses copains Cohn-Bendit et Godard.

Cette bourgeoisie des notoires et des notables, qui n'a tellement pas de vrais problèmes qu'elle s'en crée, qui s'ennuie tellement que, pour se désennuyer, elle a saccagé notre civilisation, devrait susciter ma colère, mais non, ces gens me font plutôt pitié. Car l'homme devient homme par ce qu'il affronte. Que sont ceux qui n'ont rien à affronter à part les problèmes qu'ils créent eux-mêmes par ennui ? Ce sont des vides, des riens.

On trouve confirmé une fois de plus que l'art, le cinéma en l'occurrence, est plus grand que ceux qui le font. Le milieu du cinéma est peuplé de dégénérés, comment pourrait-il en être autrement pour des gens qui vivent d'images et de faux-semblant ? La tragédie est qu'on les donne en exemples.

Ghislain Cloquet, le directeur de la photographie, dit : « Robert Bresson est un génie du cinéma. Mais, jamais, jamais, jamais, je ne lui confierais ma fille ».

Que restera-t-il d'Anne Wiazemky ? Le premier rôle dans un chef d'oeuvre, oublié de tous sauf des cinéphiles, tourné par un vieux pervers.